Chapitre 7

L'aube de ce jour de Noël était lumineuse et claire. Harry était, par habitude, un lève-tôt, et il s'était levé à temps pour apprécier le levé du soleil. Il adorait la sensation de paix et de calme qu'il ressentait en regardant les rayons du matin repoussaient le ciel noir et couvrir les paysages gelés.

Ce serait le premier Noël qu'Harry passerait sans Greg depuis des années. Il sourit et s'assit les jambes croisées sur son lit en encerclant de ses mains sa tasse de café pour se tenir chaud et se perdit dans ses propres souvenirs. Harry était fort. Il était maintenant capable de regarder les souvenirs qu'il avait de son amant comme source de réconfort et de plaisir et non comme une source de douleur et de peine. Le souvenir de Greg ne méritait pas d'être traité de cette façon.

Harry était assis dans une douce rêverie depuis si longtemps que si son estomac n'avait pas grogné, il n'aurait pas réalisé qu'il était l'heure du petit déjeuner. Avec un soupir, il renvoya sa tasse de café dans la cuisine d'un simple geste de la main et de quelques mots doucement prononcés. Il se pencha pour prendre la photo de Greg et de lui qui demeurait sur sa table de chevet et avec un petit sourire, il murmura, « Joyeux Noël Greg. » Il reposa ensuite la photo et se dirigea vers son armoire pour s'habiller et aller déjeuner.

Ils avaient toujours porté de bruyants et larges vêtements de Noël en ce jour très particulier. Il ne voyait aucune raison pour abandonner cette tradition, il se décida donc à s'habiller un peu différemment. Il fouilla son armoire jusqu'à ce qu'il trouve la chemise que Greg lui avait offert pour Noël, l'année précédente. Elle était rouge vif et deux rênes étaient au centre et dansaient le tango. L'un avait une rose entre les dents. Le père Noël se tenait sur un côté et jouait du violon. La chemise était spéciale, le nez des rênes, celui du Père Noël et tous les boutons s'allumaient quand il pressait un petit bouton dans son col. C'était une chemise absolument ridicule et elle irait très bien pour cette journée. Albus va l'apprécier, s'il n'y a personne d'autre. Pensa Harry d'un air narquois.


La silhouette agenouillée n'osa pas lever la tête en apportant les nouvelles à son Seigneur et Maître. Son Maître n'allait pas être content.

« Mon Seigneur, nous avons été vus. »

Il y eut un bref silence puis la voix de son Maître répondit d'un ton plus doux qu'elle n'y était, « Comment ? J'ai souligné qu'il vous fallait être discret et que vous deviez vous dissimuler, n'est ce pas ? »

Le sorcier agenouillé se tendit. Son Maître ne recevait pas, en général, de mauvaises nouvelles calmement et il se prépara à subir les conséquences pour avoir déplu à son Seigneur, « Vous l'avez fait, mon Seigneur. Mais une femme est simplement venue vers nous…elle… » Il prolongea le moment, effrayé de présenter à son maître la suite des informations. « Je crois qu'il s'agissait d'un professeur de Poudlard. »

« Comment as-tu pu permettre à un professeur de Poudlard de venir vers vous ! » Son Maître hurla et bougea avec colère derrière l'écran. La silhouette agenouillée grimaça alors que la pièce vibrait en réponse à la colère de son Maître et la silhouette qui était debout à côté de lui leva sa baguette en réponse à l'ordre silencieux de son Maître.

« Endoloris ! » Le porteur de la mauvaise nouvelle fut projeté sur son dos et hurla. Son corps était parcouru de spasmes de douleur. Une fois la douleur apaisée, le sorcier tremblant, rampa, jusqu'à l'écran, s'agenouilla et baissa la tête dans une révérence appropriée.

La silhouette derrière l'écran tremblait de colère et la pièce continua à résonner et à trembler en réponse à l'humeur de son Maître. Après un moment, la silhouette calma ses mouvements et observa les sorciers et sorcières devant lui. « Le professeur a certainement averti le vieux fou qui se mêle toujours de tout. Il n'y a aucun doute, ils vont bientôt se mettre à notre recherche. Mais nous sommes allés trop loin pour interrompre nos activités. Continuez comme nous l'avions prévu. Si ça se reproduit, je veux le savoir immédiatement. »

« Oui, mon Seigneur » Répondirent les figures agenouillées, rassurées que la réunion avec leur Maître se soit aussi bien passée. »


Ron et Hermione n'étaient pas là quand il arriva pour prendre son petit déjeuner. Il avait acheté un petit cadeau à chacun d'eux, un livre de Quidditch pour Ron et un livre sur la défense par la magie pour Hermione, lors de sa dernière visite au Chemin de Traverse et avait espéré leur donner ce matin. Quand il remarqua leur absence, il réduisit les livres et les mit dans sa poche. Il leur donnerait plus tard, quand il les verrait. Il fit le tour de la salle des yeux et vit qu'Albus le regardait. Pensant qu'il regardait sa chemise, il se redressa pour lui permettre de mieux la voir.

«Excusez-moi de vous avoir flashé, Monsieur le directeur ! » Lui dit Harry avec un sourire espiègle lié à sa blague boiteuse.

« Pas du tout Professeur Green, j'admirais simplement votre costume. Je regrette seulement que le mien ne soit pas aussi remarquable que le vôtre. » Albus riait. Il se leva et se tourna pour montrer à Harry sa propre chemise. Elle représentait plusieurs rênes femelles en colère qui tenaient des piquets sur lesquels on pouvait lire, « nous travaillerons pour plus d'argent ! » Sur le dos de la chemise, on pouvait voir le Père Noël essayer d'entrer par la cheminée mais il était coincé. Dessous était inscrit, « Le Père Noël n'aura pas besoin de ses gâteaux, je les mangerai à sa place. »

Harry rit. Le sens de l'humour plutôt…excentrique d'Albus lui avait manqué. « Le vôtre est assez impressionnant, Monsieur le directeur. »

La paire festive, avait attiré l'attention du reste de la salle et plusieurs personnes riaient avec eux. Le Professeur Snape leva les yeux au ciel, un regard de pure répugnance sur son visage face à cet étalage idiot qui se déroulait devant lui. Minerva annonça à voix haute qu'elle achèterait, elle aussi, une chemise humoristique l'année prochaine et elle insista qu'Harry la flashe une fois de plus. Une fois les frivolités du moment terminées, il s'assit pour prendre son petit déjeuner. Cette matinée lui rappelait les nombreuses vacances de Noël qu'il avait passées à Poudlard quand il était enfant. Les Dursley n'avaient jamais voulu qu'il retourne chez eux pour les vacances et Harry n'avait jamais souhaité y retourner. Albus avait toujours fait en sorte que Poudlard soit un lieu de réconfort pour tous ceux qui restaient pour les vacances. Il pouvait voir que ça n'avait pas changé depuis tant d'années. Des biscuits et des plats de fêtes remplissaient les deux tables.

Harry était perdu dans ses pensées et n'avait pas remarqué que Theresa Chan faisait de grands signes avec ses bras pour attirer son attention.

« Jason, je pense que Miss Chan souhaiterait vous parler. » Minerva se pencha et lui murmura à l'oreille. Elle le sortit brutalement de son hébétement.

« Oh, merci Minerva. »

Minerva haussa un sourcil. Les étudiants n'avaient pas le droit de s'approcher de la table des professeurs, il prit donc son assiette et se déplaça vers la table des élèves. Il arrêta les flashes avant d'arriver jusqu'à elle parce qu'il ne voulait pas déclencher une crise.

Theresa était assise seule en bout de table. Harry s'assit en face d'elle. Normalement, les professeurs ne devaient pas s'asseoir avec les élèves mais il n'était pas inhabituel qu'Harry s'asseye ainsi avec ses élèves. Il leur expliquait alors un point de son cours ou discutait simplement avec eux, de choses légères comme par exemple les matchs de Quidditch entre maisons ou la prochaine sortie à Pré au lard.

« Je suis désolé Professeur, je ne voulais pas interrompre votre petit déjeuner. Je voulais simplement vous demander de venir me voir avant de partir. Je voulais vous parler. Euh, maintenant, que j'y pense, je ne sais pas comment j'aurais pu faire ça, peut-être en faisant un geste des mains et en désignant l'extérieur…J'ai pensé que je pourrais écrire un mot mais ça aurait été une grande note, je crois… Mais vous êtes déjà là et c'est trop tard… » Theresa s'excusa, quelque peu embarrassée et regarda la table, en se frappant mentalement de parler ainsi à un professeur.

Harry lui sourit, « Ce n'est rien Miss Chan. Vous ne m'avez pas interrompu, je flashais simplement divers professeurs avec ma chemise. »

« J'aime bien votre chemise. » Lui dit sa jeune élève avec un petit sourire.

« Merci. Je l'apprécie beaucoup moi-même. »

Theresa se remettait de son embarras et de son babillage incohérent. Maintenant que l'attention de son professeur était focalisée sur elle, elle avait complètement oublié ce qu'elle voulait dire. Harry décida de remplir les vides de la conversation en attendant qu'elle lui dise de quoi elle voulait lui parler.

« Alors, vous ne passez pas Noël chez vous ? » L'interrogea-t-il.

Theresa leva les yeux, « Euh, non. Mes parents sont morts, il y a plusieurs années et je vis avec mon frère aîné, mais sa petite amie ne m'aime pas beaucoup alors j'ai décidé de rester ici pendant les vacances. » Dit-elle doucement.

Harry se serait frappé. Lui, entre tous savait que la décision de passer ses Noëls à Poudlard ne venait en général pas d'une raison joyeuse. Il aurait dû savoir que c'était un sujet sensible. Allons Potter. Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler !

« Je suis désolé d'entendre… »

« Ce n'est rien Professeur. Ca m'est égal. En fait, c'est presque la raison pour laquelle je voulais vous parler. Je me demandais- et je sais que c'est beaucoup vous demander parce que vous avez probablement d'autre projet pour la journée, je veux dire- qui n'en a pas, mais si vous avez un peu de temps libre, est-ce que ça vous dérangerez de me donner un cours de Défense Contre les Forces du Mal ? »

« Oh, et bien - »

« Vous avez dit que vous m'aideriez à rattraper mon retard, et nous n'avons pas encore eu de cours. Aujourd'hui serait aussi bien qu'un autre, non ? »

Harry devait admettre qu'il n'avait aucun plan pour la journée. Il avait refusé l'invitation de Tony de passer la journée avec sa famille et avait prévu de continuer ses recherches et expérimentations pour développer un médicament pour Theresa.

« Je n'ai rien prévu pour aujourd'hui, mais vous ne voulez sûrement pas passer le jour de Noël à faire des devoirs pour l'école, si ? »

« Monsieur, le jour de Noël est un jour comme les autres pour moi, et j'aimerais vraiment rattraper mon retard. »

Elle avait l'air absolument sérieux, alors Harry acquiesça. « Bien sûr. Finissons notre petit déjeuner, ensuite nous irons dans ma salle de classe et nous commencerons, d'accord ? » Suggéra-t-il.

« D'accord. » Theresa s'illumina et retourna à son petit déjeuna pendant qu'Harry buvait son jus d'orange. Il regarda Theresa un moment avant de lui demander.

« Puis-je vous parler de vos médicaments ? »

« Bien sûr, Professeur. »

« Trouvez-vous qu'ils agissent ? »

« Oui. Je n'ai pas eu de crises depuis que j'ai commencé à les prendre. Pensez-vous, cela ne fait que quelques jours, donc je suppose que je ne peux pas vraiment savoir si ça marche vraiment ou non. »

« Bien. Pensez bien qu'il ne s'agit que d'un médicament générique. Pour avoir de meilleurs résultats, vous devez voir un médecin moldu qui vous prescrira des médicaments dont le dosage vous correspondra. Si vous n'avez jamais été voir de médecin moldu avant, vous devriez y aller avec un professeur. Je demanderai au directeur la permission de fabriquer vos médicaments. Strictement parlant, je ne suis pas censé en fabriquer puisque je ne travaille pas en tant que pharmacien, mais si le directeur le permet vous n'aurez pas besoin d'aller dans une pharmacie moldue pour les acheter. J'ai quelques ingrédients dans mes quartiers que j'utilise pour mes recherches et que je peux utiliser pour fabriquer vos médicaments, mais vous devrez d'abord aller les chercher dans une pharmacie parce qu'ils ont les médicaments pré-emballés et sous la main. J'aurais par contre besoin d'un peu de temps pour trouver les bons ingrédients et la bonne marche à suivre. »

Harry sortit des pilules de sa poche et les posa sur la table entre lui et Theresa. « Peu après votre sortie de l'infirmerie, Mme Pomfresh et moi avons discuté avec le directeur. Je lui ai parlé des médicaments que je vous avais donnés et il vous laisse prendre celles-ci pour l'instant. Ce devrait être suffisant pour le mois. Prenez-les une fois par jour et faites attention à les garder en sécurité. »

« Bien sûr Professeur. Et merci beaucoup. »

« Il y a de petites choses que vous devez savoir… » Harry et Theresa continuèrent à discuter en prenant leur petit déjeuner.


« Désolé, nous sommes en retard, Monsieur le directeur. Nous venons tout juste de revenir. »Dit Hermione, légèrement essoufflée en entrant dans la Grande Salle. Elle était passée par la porte réservée au personnel.

« Pas du tout, comment va votre frère ? » Interrogea Albus.

« Bien, il sera fatigué quelques jours. Il a une vilaine brûlure. » Répondit Ron en enlevant son écharpe et en prenant un siège. Il remarqua le siège vide à côté d'Hermione, « A propos, où est Jason ? »

« Il est assis avec une élève. La jeune Miss Chan, » Lui répondit Minerva en désignant le professeur et l'élève assis au bout de la table des étudiants.

« C'est inconvenant. Les professeurs ne devraient pas dîner avec leurs élèves. » Commenta le Professeur Snape d'un ton tranchant. « Aucun de nous ne le fait. La distinction de rang devrait être respectée. »

« Severus, le Professeur Green aide souvent ses élèves à leur table. Je ne vois rien de mal ou d'inconvenant à cet arrangement. » Observa gentiment Albus.

« J'aide aussi mes élèves, Albus, mais je ne vais pas dîner à leur table. » Renifla Snape.

« Chacun fait comme il l'entend, Severus. » Le rabroua le directeur.

Harry choisit, par hasard, de donner la bouteille de médicaments à Theresa à ce moment précis. Le Professeur Snape n'avait aucune expérience au sujet des médicaments moldus et comme il ne faisait pas confiance au professeur Green, s'outragea de ce dont il était témoin.

« Monsieur le directeur, il va trop loin. Il donne de la drogue à un élève ! Ce genre de chose ne devrait pas être toléré. Qui sait quelle substance il est en train d'offrir à cette fille. » Explosa-t-il.

« Severus, calmez-vous. Je crois que Pompom peut nous expliquer la situation. » Lui proposa Albus.

Pompom expliqua ce qui s'était passé lors de la dernière crise de l'élève et ce qu'Harry lui avait appris sur les médicaments moldus. Ils pourraient la soulager alors que la potion n'en était pas capable. Le personnel fut choqué d'avoir été trompé aussi habilement et inquiet pour leur élève. La plupart d'entre eux soutenaient la proposition d'Harry de lui fournir des médicaments.

« Comme c'est gentil de sa part, » Approuva Hermione, « Bien entendu, il a proposé son aide. C'était ce qu'il fallait faire. »

« Monsieur le directeur, nous n'avons aucune expérience dans le domaine de la médication moldue. Pouvons-nous être sûr qu'il donne à cette élève un médicament préventif ? » Demanda prudemment le Professeur Snape. Il semblait hésiter sur la manière de poser la question.

« Professeur, j'étais là quand elle a pris la première dose et il n'y a pas eu d'effet secondaire. Je crois que le Professeur Green était et est encore, sincère dans son offre de l'aider. » Le défendit Pompom.

« Pompom, il vient de lui donner une nouvelle bouteille. Peut-être que cette bouteille ne contient pas la même médication que celle qu'elle a prise sous votre surveillance. » Contra le Maître des Potions.

« Severus, le professeur a constamment démontré qu'il avait un réel intérêt dans le bien-être de ses élèves, comme nous tous. Et en tant que tel, je ne crois pas qu'il mettrait un seul d'entre eux en danger. Je lui suis vraiment reconnaissant d'avoir offert son aide et je serai heureux de soutenir tout effort qui pourrait la soulager. » Les paroles du directeur ne toléraient aucun argument. Il se tourna vers Pompom et lui demanda, « Avez-vous dit qu'elle devait consulter un médecin moldu? »

« Oui, Albus. »

« Je vais prendre les arrangements nécessaires moi-même. Je connais quelques excellents médecins. Maintenant, si vous voulez bien m'excusez. » Il quitta la salle en allongeant le pas et jeta un regard plein de compassion en direction de la jeune fille et du professeur, qui, étaient eux-aussi prêt à quitter la table et à commencer leur leçon.

De sa position à la table du personnel, le Professeur Snape regarda Harry et Theresa partir et décida soudainement de les suivre. Pour s'assurer que son comportement n'était pas suspicieux, il les laissa prendre de l'avance puis les suivit, curieux de savoir pourquoi un professeur et une élève déjeunaient et quittaient ensemble la salle en ce jour de Noël.


« Mon Seigneur, nous avons à nouveau été découverts. »

« Comment cela se peut-il ? Je vous ai ordonné de vous cacher ! » Hurla leur maître. Les murs vibrèrent et du plâtre tomba du plafond. L'air devint décidemment froid et les silhouettes agenouillées devant leur Seigneur tremblèrent d'anticipation face au courroux de leur maître.

« M- Mon Seigneur, ce n'était pas de notre faute. C'est comme s'ils nous cherchaient. »

Un grand personnage debout à la gauche de leur maître, leva sa baguette et la pointa sur la silhouette agenouillée devant eux. « Endoloris! » Le cri emplit l'air et les quatre hommes s'affalèrent sur le sol, tremblants et épuisés.

« Etait-ce un Professeur de Poudlard ? »

« Oui, mon Seigneur, ils étaient en groupe. »

« Tout n'est pas perdu. Capturez l'un d'eux. Découvrez ce qu'ils savent et comment ils nous ont découverts. »

« Comment en capturerons-nous un, mon Seigneur, s'ils se déplacent en groupe ? »

« Vous êtes disgraciés, » Leur Maître siffla d'un ton doux et glacial. « Si vous ne pouvez pas trouver une sorcière ou un sorcier à capturer, vous n'avez rien à faire ici ! » La silhouette sans forme acquiesça à la figure en robe qui se tenait à côté de lui. Il pointa automatiquement sa baguette sur les figures lâches devant lui.

« Endoloris ! »

« Ce sera fait, mon Seigneur. » Quatre petites voix accablées de douleur répondirent.

« Et concernant notre plan immédiat… »

« Oui, mon Seigneur ? »

« J'ai changé d'avis. Je veux que vous trouviez un moyen de l'envoyer à Poudlard. »


Ca faisait une heure qu'Harry jetait des sorts sur Theresa pour qu'elle essaie de se défendre toute seule. Elle n'en avait pas encore repoussé un seul et devenait de plus en plus frustrée. Harry ne lui lançait que des sorts mineurs pour ne pas risquer de blesser son élève, si elle ne parvenait pas à dévier le charme.

« D'accord. Je pense voir ce qui ne va pas. Le 'protego' est un sort qui sert à produire un bouclier. Il crée un bouclier devant votre corps. Il me semble que vous essayez d'utiliser votre baguette comme si c'était une batte pour essayer de dévier le sort. Il ne fonctionne pas de cette façon. Essayez de visualiser un bouclier et concentrez cette intention sur votre baguette -»

Ils furent interrompus quand on frappa à la porte. « Excusez-moi, pouvez-vous me dire où je peux trouver le directeur ? Un très petit homme nous a dit que c'était par ici. » Deux hommes apparurent dans l'encadrement de la porte. Un grand tableau flottait entre eux.

« Il était dans la Grande Salle la dernière fois que je l'ai vu. La directrice adjointe saura où il est. Son bureau est à l'étage au-dessus, troisième porte sur votre droite. Frappez à la porte, elle saura que vous êtes là. »

« Merci. Joyeux Noël à tous les deux. »

« Joyeux Noël » Harry les salua puis retourna s'occuper de son élève.

« Essayez une nouvelle fois. » Suggéra Harry, et il lança un nouveau charme dans la direction de Theresa.

« Protego ! » Cria-t-elle. Cette fois, elle parvint à dévier le sort. « J'ai réussi ! » Dit-elle d'une voix perçante.

Finalement, pensa le Professeur Snape, qui les observait du couloir depuis qu'ils avaient commencé. Il s'était caché quand les deux hommes portant le tableau étaient apparus. Il avait suivi le professeur et l'étudiante et était resté pour les surveiller. Il voulait s'assurer qu'il ne se passait rien d'inconvenant et de non professionnel entre ces deux là. Après tout, on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'un professeur et une élève révisent des cours un jour de Noël. Donc, leur départ de la Grande Salle avait éveillé sa suspicion. En fait, s'il devait être honnête, il devait admettre qu'il les avait suivis, parce qu'il ne faisait pas confiance au Professeur Green.

Mais il devait admettre qu'il se sentait rassuré que ce cours entre Harry et Theresa soit tout à fait correct. Il continuait pourtant à les surveiller maintenant, longtemps après. Ce n'était plus nécessaire, mais il était curieux, professionnellement parlant. Il avait demandé le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal cette année et sa demande avait une fois de plus été rejetée. Il s'était senti trahi quand le poste avait été donné à un idiot l'année précédente : il le soupçonnait fortement de ne pas pouvoir faire la différence entre un Endoloriset un Imperium même si ça vie en dépendait. Il avait simplement pensé qu'Albus donnait le poste au premier crétin qui le demandait avant, de le lui donner. Et Severus voulait savoir si c'était le cas ici. Son intégrité professionnelle et sa dignité ne subiraient pas un coup si sévère si le Professeur Green méritait cette année le poste. Il attendait donc et regardait.

« Excellent. » L'encouragea Harry, « Encore » Ils répétèrent le même exercice encore et encore et à un certain moment, Theresa lâcha sa baguette après avoir exécuter le sort. Oh mon Dieu, je pense que je déteins peut-être sur elle. Je pensais être le seul à faire ça, pensa Harry en grimaçant. Alors qu'elle se penchait pour la ramasser, Harry se rappelait de la bagarre avec les quatre sorciers dans la ruelle du Londres moldu.

« Ne la ramassez pas. Si vous laissez tomber votre baguette devant vos adversaires, la façon la plus facile de vous blesser ou de vous faire tuer est de vous baisser pour la ramasser. Pour commencer, vous détournez le regard de votre adversaire. Et deuxièmement, vous vous placez de vous-même dans une position convenable pour que votre adversaire vous donne un coup dans la tête. »

« Que dois-je faire ? Je ne peux simplement pas la laisser là ? »

« Non, vous ne pouvez pas. Même si parfois, il est possible que vous n'ayez pas le choix. Le moyen le plus facile de ramasser votre baguette est de prendre quelque chose autour de vous, n'importe quoi, le couvercle d'une poubelle, un bâton, votre chaussure et le leur jeter. Ils devront l'éviter, le dévier ou l'arrêter et ça vous donnera le temps de ramasser votre baguette. Ne détournez jamais les yeux de vos adversaires. Jamais. Même si vous avez une ouverture pour la ramasser, ne quittez pas vos adversaires des yeux. Vous ne pourrez pas vous défendre si vous ne pouvez pas voir ce qu'ils font. »

« Et qu'est-ce que je fais si je n'ai rien autour de moi que je peux jeter ? Ou si ça ne marche pas ? »

« Eh bien, le mieux que vous puissiez faire est d'esquiver le sort suivant ou la prochaine attaque dirigée contre vous et d'en profiter pour récupérer votre baguette. »

Theresa semblait confuse, alors Harry essaya de s'expliquer. « Regardez, si vous esquivez une attaque, vous pourrez vous baisser suffisamment bas pour la ramasser, ou tomber et rouler par terre pour la récupérer. Vous combinez deux mouvements en un, et vous coupez ainsi le temps qu'il vous faudrait normalement pour les exécuter. Votre adversaire n'aura pas eu le temps de se remettre de sa dernière attaque pour réagir suffisamment vite et vous empêcher de récupérer votre baguette. »

Hmm…Peut-être peut-il enseigner le sujet, après tout, lui accorda le professeur Snape, non sans chagrin, en écoutant très attentivement de sa position dans le couloir. Il se sentait un peu mieux. Sa dignité professionnelle demeurerait quelque peu intacte cette année. Mais il s'était quand même vu refuser le poste et sa dignité ne pourrait pas être préservée de cela. Il continua à regarder Harry instruire patiemment son élève.

Ils s'entraînèrent jusqu'à l'heure du déjeuner, puis Harry termina le cours. Il était content des progrès de Theresa. Elle avait appris à dévier, se protéger et esquiver. La force de son bouclier s'était aussi améliorée au cours de la leçon. Elle n'était pas une très bonne élève, mais elle essayait vraiment et c'est tout ce qu'on pouvait lui demander.

« Professeur, » Commença Theresa prudemment, pendant qu'elle aidait Harry à remettre la pièce telle qu'elle était auparavant. Ils avaient placé tous les bureaux et les chaises d'un côté de la salle pour avoir un espace de travail raisonnable. « Il y a aussi cette matière dans laquelle je suis vraiment en dessous du niveau. Je risque d'échouer. Je voulais vous demander si vous pensiez que le professeur de cette matière pourrait considérer me donner des cours en dehors des heures normales. Si vous pensez qu'il puisse ne pas accepter, je ne lui demanderais pas. »

Harry arrêta ce qu'il était en train de faire et regarda son élève « Dans quelle matière avez-vous des problèmes ? »

Il y eut une courte pause puis elle répondit d'une voix terne, « Potions »

Ca attira l'attention du Professeur Snape. Il était conscient de ne pas être un professeur très populaire, mais si un élève avait un problème dans sa matière, il devrait venir le voir à ce sujet. Il serait vraiment très agacé si le Professeur Green lui proposait de lui donner des cours de soutien dans sa matière.

Harry éclata presque de rire. Il pouvait très bien comprendre pourquoi elle ne voulait pas demander au Professeur Snape des cours de soutien. Mais Harry savait par expérience, que le Maître des Potions aidait les élèves qui lui demandaient. Peu de personnes le faisaient. Il n'était pas vraiment réputé pour être…approchable. Il reprit ce qu'il faisait et lui demanda simplement, « Pourquoi ne vous aiderait-il pas ? »

« Eh bien, Snape ne semble pas vraiment gentil. Il pourrait me crier après pour échouer ou pour avoir demandé. » Répondit Theresa nerveusement.

« Professeur Snape, Miss Chan. » La corrigea Harry avant d'ajouter, « Il vous aidera, demandez-le-lui simplement. » Harry n'aimait peut-être pas le Maître des Potions, mais devant les étudiants et les autres membres du personnel, il lui donnerait le respect dû à un professeur de Poudlard. On ne lui reprocherait pas de faire cette faute.

« Mais… »

« Ecoutez, prenez votre courage à deux mains et demandez-le-lui. Je vous promets qu'il ne vous criera pas après. » Son élève semblait encore dubitative.

« Etes –vous sûr ? Il ne paraît très…eh bien…gentil. »

Harry devait admettre qu'elle avait un très bon point, mais si elle avait vraiment besoin de cette aide supplémentaire, il devait la convaincre d'aller lui demander. « Peut-être a-t-il tant de qualités qu'il n'y a pas de place pour d'autre, et 'gentil' est mis de côté. » Lui suggéra Harry plaisamment. Ouais, bien. Trouve-en une autre, Potter ! Renifla-t-il.

« D'autres qualités ? » Répéta Theresa en haussant les sourcils.

« Eh bien, il est très intelligent. C'est une qualité, non ? »

« Eh bien, oui, mais il est évident qu'il n'est pas très gentil avec vous, Monsieur, je ne vois donc pas pourquoi vous êtes si généreux. Nous le voyons toujours vous observer avec un regard noir et une fois, en classe, on a posé au Professeur Snape une question sur l'un de vos cours, sur les potions qui étaient développées pendant la guerre. Il a juste grogné entre ses dents, et dit, 'Eh bien, il doit avoir raison alors' de son ton très sarcastique. »

Harry riait maintenant, « Je dois admettre que j'ai un talent pour ne pas me faire apprécier du Professeur Snape. Mais puisqu'il ne m'apprécie pas, je pense qu'il aurait été impoli de ne pas lui retourner la faveur, n'êtes-vous pas d'accord ? Ecoutez, que je sois ou non son meilleur ami, ne devrait pas influer sur votre décision de lui demander de l'aide. »

« Et s'il dit 'non' ? »

« Je lui parlerai si ça se passait, mais ce ne sera pas le cas, alors allez-y et demandez-le-lui. Dès que vous le pourrez. Tout le monde est de bonne humeur à Noël, essayez de lui poser la question ce soir après le dîner. »

« D'accord. » Répondit-elle nerveusement puis elle ajouta sur un ton plus léger, « Merci pour le cours d'aujourd'hui professeur. Pouvons-nous nous revoir demain pour un autre cours ? »

« Bien sûr. Même heure, même endroit Miss Chan. Bonne journée. »

Et son élève partit. Elle n'avait pas vu le Professeur Snape sur son chemin parce qu'il s'était dissimulé parmi les ombres dans le couloir.

Harry quitta la salle peu après son élève. Il resta dans l'encadrement de la porte et repensa à sa question. Il secoua la tête et sourit, « Mon garçon, elle doit être vraiment désespérée, si elle veut avoir des leçons supplémentaires avec lui. » Marmonna-t-il en sortant de la salle, inconscient que le sujet de sa discussion était suffisamment proche de lui pour l'entendre.

Le Professeur Snape se dirigea vers la Grande Salle. Il a réussi à conserver la paix, sans pour autant me défendre. Intelligent, très intelligent, pensa Snape en partant.


« C'est fait, mon Seigneur. » La figure en robe et agenouillée était satisfaite de faire son rapport de son poste au fond d'une salle sombre et humide.

« Excellent. Je veux savoir quel véhicule vous avez utilisé, » Dit son Maître avec une voix plate sans émotion.

« Mon Seigneur, on m'a donné un tableau de Poudlard à restaurer. Je l'ai utilisé comme véhicule. Avez-vous une cible en tête ou sera-ce n'importe qui ? » Demanda la figure en robe, anxieux de plaire à son Seigneur.

Un silence pensif suivit la question, « Oui. » La silhouette sans forme communiqua silencieusement avec le sorcier debout à ses côtés qui acquiesça simplement de la tête et récita une simple incantation. Il fit un geste de sa baguette dans la direction du sorcier agenouillé devant eux. Une image floue fut créée dans la pièce.

« C'est la cible. » Siffla son Maître.

« Ce sera un plaisir, mon Seigneur. Quand voulez-vous que se passe, mon Seigneur ? »

« Le jour de Noël ira très bien, je pense. Après tout, je devrais avoir quelque chose à célébrer pour Noël moi aussi, ne pensez-vous pas ? » Répondit le Maître d'un ton malicieux et réjouit.

« Bien sûr, mon Seigneur. Quand ? »

La forme indéfinissable s'arrêta, momentanément plongé dans ses pensées, « Ce soir. Arrange-toi pour que ça arrive après le dîner. Ils seront certainement détendus après avoir mangé. »

« Ce sera fait, mon Seigneur. »

« N'échoue pas. Je veux absolument que ce soit fait. » L'instruisit le Maître.

La figure agenouillée pâlit aux implications de ses instructions, « Bien sûr, mon Seigneur. » Bégaya-t-il, il se courba et se retira de la salle.


Harry rencontra, par hasard, Ron et Hermione en allant à ses quartiers.

« Jason, nous allions justement te voir. » Lui dit Ron quand il l'eut rejoint.

« Ah ? Que se passe-t-il ? Quand êtes-vous revenus tous les deux ? Je vous ai cherchés ce matin mais j'ai pensé que vous passiez la journée avec le frère de Ron et sa famille. » Les salua Harry joyeusement.

« Nous sommes revenus pour prendre notre petit déjeuner dans la Grande Salle ce matin, et mon frère passera la journée avec sa famille. Le reste de la famille est à l'étranger. Nous avons appelé les parents d'Hermione et sommes passés les voir tôt ce matin. Ma sœur et son mari viendront dans la soirée nous rendre visite. Ils ont été étudiants ici, ils nous rejoindront dans la Grande Salle comme ça, ils pourront discuter avec Albus et les autres membres du personnel. » Lui répondit Ron.

« Nous voulions simplement te demander si tu voulais te joindre à nous pour déjeuner dans nos appartements. » Lui proposa Hermione. Harry lui avait mentionné la semaine passée qu'il n'avait pas vraiment de plans pour Noël et qu'il espérait passer une journée calme à lire et à faire des recherches. Hermione avait d'autres plans pour Jason. Elle savait qu'il avait perdu une personne très spéciale pour lui et elle ne voulait pas qu'il soit seul pour Noël. Ron ressentait la même chose et c'est lui qui avait eu l'idée d'inviter Harry à se joindre à eux pour déjeuner au lieu d'aller simplement dans la Grande Salle.

L'invitation fut une plaisante surprise pour Harry. Il avait simplement pensé que ses amis passeraient la journée avec leur famille, et que si ce n'était pas le cas, il pourrait les voir dans la Grande Salle. Ron et Hermione n'étaient pas suffisamment proche de Jason, pour qu'il puisse s'attendre à une invitation le jour de Noël. Il les regarda attentivement. Ron semblait enthousiaste et les yeux d'Hermione étaient emplis de sentiments et de douce inquiétude. Il pensa donc avoir une très bonne idée de ce qui avait motivé leur proposition. Ca lui rappelait vivement ses années d'études, quand Ron et Hermione s'arrangeaient pour rester à Poudlard pendant les vacances de Noël et être avec lui. Ainsi il n'était pas tout seul pendant ce jour particulier de l'année. Leur amitié dévouée et leur support manquaient vraiment à Harry et cette proposition le lui rappela.

« Ca me semble vraiment bien. Merci. »

« Nous sommes heureux que tu te joignes à nous. » Sourit Hermione.

« Nous devons faire un détour par la cuisine pour aller chercher de quoi manger. Nous avons demandé aux elfes de maison si ça ne les dérangeait pas de nous mettre de quoi manger dans un panier. » Expliqua Ron, en se dirigeant vers la cuisine. Jason voyait bien que les elfes de maison appréciaient Ron et Hermione, et il était content de voir que Dobby travaillait toujours là, même s'il ne voyait Winky nulle part. On dirait qu'Hermione a finalement arrêté d'essayer de libérer les elfes de maison de Poudlard. Je me demande si elle a abandonné la S.A.L.E. Je pense que c'est trop demander, pensa Harry, avec un sourire affectueux en se souvenant d'où était venue l'obsession d'Hermione pendant leur quatrième et cinquième année.

Alors qu'ils partaient des cuisines et se dirigeaient vers les quartiers du couple, Hermione ferma les yeux et soupira tristement. Sans la regarder, Ron parla.

« Non, Hermione. »

« Ils travaillent si durs, s'ils acceptaient un salaire. » Dit Hermione tristement.

Ron secoua la tête. Il se tourna vers Harry et lui expliqua, « On peut lui répéter souvent, des gens comme des elfes de maison, elle pense sincèrement que les sorciers gardent les elfes de maison dans une sorte d'esclavage, et elle essaie de les libérer. »

« Ils ne sont pas tous heureux de leur sort, n'est-ce pas Ron ? Souviens-toi de Dobby ? Il était traité de manière épouvantable jusqu'à ce qu'il soit libre. » Répondit Hermione passionnément.

L'expérience avait appris à Ron qu'il n'était jamais vainqueur dans ce genre d'argument. Lui et Hermione avaient eu cette discussion assez souvent pour savoir comment ça se terminait. Pourtant, il restait bêtement optimiste et espérait qu'Hermione abandonne un jour ce sujet.

« Ils ne veulent pas tous être libres. »

« Alors je dois simplement trouver ceux qui le veulent. » Déclara Hermione d'un ton qui ne tolérait aucuns arguments.

« Jason ? » Le pria Ron, « Un peu d'aide ? »

Ron et Hermione s'arrêtèrent de marcher et le regardèrent avec un air d'attente. Harry n'avait jamais voulu participer à ces discussions passionnées entre ses deux meilleurs amis quand ils étaient étudiants et il n'allait pas commencer maintenant.

« Oh…Eh bien… Je- Oh Albus, bonjour ! » L'appela Harry, un peu trop enthousiaste, en voyant le directeur. Il essayait de diriger la conversation vers un autre sujet.

Albus arrêta ce qu'il était en train de faire, pour saluer ses professeurs, « Ron, Hermione, Jason, bonjour. Hum, corrigez-moi si je me trompe, mais la Grande Salle n'est-elle pas dans l'autre direction ? »

« Nous avons prévu de déjeuner dans nos appartements, Albus, mais nous vous rejoindrons dans la Salle pour le dîner . Ginny et Drago seront là également. » Lui expliqua Hermione.

« Oui, j'attends cela avec impatience. »

« Hum, Albus, pouvons-nous vous aider? » Lui demanda Ron.

Albus semblait en train de redécorer, l'un des grands murs du château. Une grande toile était posée contre le mur et le directeur, apparemment déplaçait tous les autres tableaux de la pièce pour faire de la place.

« Non, non, mais je vous remercie de l'avoir proposé. Ca ne devrait pas me prendre trop longtemps. » Il reprit son travail pendant qu'il parlait aux professeurs.

« Ne serait-il pas plus facile de la mettre sur un autre mur, où il y aurait plus de place, Albus ? » Suggéra Harry poliment en regardant les efforts du directeur.

« Oui, ce le serait, mais ce tableau appartient à ce mur. Je l'ai fait récemment restaurer et il est revenu ce matin. Quand je l'ai enlevé du mur, j'ai dû déplacer les autres pour couvrir le trou, mais maintenant qu'il est revenu, je dois réorganiser les tableaux pour que chacun regagne sa propre place. Je n'ai pas grand-chose à faire, en fait. »

Pendant qu'Albus parlait à Jason, Hermione regardait la toile. Elle représentait un très arrogant Salazar Serpentard debout, les mains dans les poches de sa robe et à ses pieds se trouvait un elfe de maison à moitié courbé. Il lui tendait docilement un chapeau.

« Je n'avais jamais remarqué ce tableau avant. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous dire ça, mais cette toile est certainement,… eh bien… elle est définitivement… hum… imposante. » Parvint-elle finalement à dire, par manque d'autre mot. Il s'agissait d'un tableau de Poudlard, et elle ne pouvait pas vraiment dire qu'elle pensait que cette toile était la plus repoussante qu'il lui eut été donné de voir. « Et le message qu'elle délivre aux élèves n'est pas celui qu'il devrait être. On ne devrait pas traiter les elfes de maison de cette façon là ! » Commenta-elle avec plus de force.

Ron grogna, « Oh, encore les maudits elfes de maison ! »

« As-tu regardé la toile, Ron ? »

Ron et Harry tournèrent leur attention vers le tableau, « Oh, bon point. » Lui concéda Ron, « L'homme a l'air extrêmement fier, non ? »

« Salazar Serpentard était un homme très fier. » Les informa Albus.

« C'est Salazar Serpentard ? » Demanda Ron, incrédule. « Eh bien, ça explique pourquoi il paraît si acide, non ? » Observa Ron.

« Oui, » Lui répondit-il calmement.

« Honnêtement Ron, si tu avais lu, L'histoire de Poudlard, tu l'aurais su. » Hermione admonesta Ron de sa voix professorale et pencha la tête pour insister sur ce point.

En fait, Harry avait aussi reconnu l'homme de la peinture, mais ce n'était pas dû à un livre aussi plaisant que l'histoire de Poudlard. Il avait vu des images le représentant pendant les cours de Magie Noire qu'il avait lors de ses années d'entraînement isolé. On lui avait demandé de lire un grand nombre de livres illégaux pour qu'il comprenne les cours.

« Tu dois être la seule personne vivante qui ait lu ce livre. » Marmonna Ron.

« En fait, je l'ai lu moi-aussi. J'ai par ailleurs, ma propre copie. » Répondit Albus en essayant de réprimer un sourire. Il se tourna ensuite vers Hermione et ajouta, « Et je suis assez d'accord avec votre appréciation de ce tableau. C'est la raison pour laquelle, vous le remarquerez, il est dans le coin où il passera le plus inaperçu. »

« Si vous n'appréciez pas cette toile pourquoi la mettre, Albus ? » Lui demanda Hermione, perplexe. Elle se demandait pourquoi la peinture méritait une telle attention.

« Phineas Nigellus a embauché un artiste très connu pour faire cette peinture pour lui et il a fait cadeau de l'œuvre à l'école quand il était directeur ici. Il l'avait placé au centre du mur, je crois. » Il leur désigna le mur, « et le directeur qui a pris sa succession, l'a déplacée un peu, jusqu'à ce qu'elle arrive dans le coin. Et c'est là qu'elle réside depuis, et c'est là que j'ai l'intention de la remettre. » Et pour preuve, le directeur souleva la toile et la mit sur le mur. Il jeta ensuite un sort pour la coller. Il se tourna pour faire face à Hermione. « Donc, vous voyez, il ne serait pas bien de simplement se débarrasser de la peinture. D'une part ce serait une marque d'irrespect face à l'un de nos anciens directeurs, et d'autre part, Salazar Serpentard était un fondateur de l'école. Ce serait donc terriblement irrespectueux pour lui aussi. » Albus regarda à nouveau la toile, « Il ne réside pas toujours ici. » Dit-il en levant sa baguette à nouveau. « Parfois, il visite les autres tableaux, dans d'autres places et institutions. »

Albus jeta un sort de rajeunissement pour 'réveiller' la peinture. Elle avait été placée sous un sort standard pour qu'elle soit inanimée pendant qu'elle était décrochée. Ainsi, les occupants ne pouvaient pas bouger pendant la restauration. Maintenant qu'elle était entièrement restaurée, Salazar et son elfe de maison étaient à nouveau libre de se déplacer.

« Merci, Monsieur le directeur. » Dit Salazar froidement, mais poliment.

« Vous avez l'air beaucoup mieux. » Commenta Albus.

« Je me sens mieux. »

« A plus tard. » Albus s'excusa poliment à la peinture.

« Allons-y Jason, » L'appela Ron alors que le reste du groupe avait commencé à avancer. Harry examinait le tableau en fronçant les sourcils.

« Il y a quelque chose à propos de ce tableau… Je ne l'aime pas. Il me donne…des frissons. » Marmonna t-il quand Hermione le prit par le bras.

« A toi et à moi, Jason. Mais Albus a dit que c'était ainsi qu'était Salazar Serpentard. Arrogant et fier. Espérons que peu de personnes le verront. » Répliqua Hermione doucement. Elle avait mal comprit ce qu'il voulait dire.

Harry haussa les épaules et suivit les autres dans le couloir. Ils étaient dans le couloir suivant à chercher des idées sur les compétitions entre les maisons, quand Harry trébucha et tomba sur le sol dur, il se souvint juste à temps de mettre les mains par terre pour éviter de se blesser. Bon travail Potter, c'est une bonne chose que tu ne te sois pas cogné la tête contre le sol. Le château n'a pas besoin de plus de trous dans la pierre.

Albus présuma que le fait qu'il boite constamment avait provoqué l'accident et dit avec exaspération, « Jason, cette cheville provoque plus d'ennui que nécessaire. Je suis sûr que Madame Pomfresh pourrait vous la guérir. »

« Je vais bien Albus, merci. Je ne regardais pas où je mettais les pieds. » Harry soupira et se redressa. Il vérifia qu'il n'avait rien perdu. Albus profita de l'occasion pour tourner le dos à Harry et prit rapidement Ron et Hermione à part. Il leur parla instamment avec un ton calme.

« Lors de leur dernière visite à Londres, Minerva et Severus ont maîtrisé une agression d'une grande ampleur, et ils ont vu des sorciers dans une ruelle près de l'incident en question. » Ron et Hermione écarquillèrent les yeux. Ils ne pensaient pas qu'Harry leur avait menti quand il leur avait dit avoir vu un sorcier pousser un moldu dans une ruelle à Londres et jeter un sort sur eux, mais ils avaient espéré qu'il se soit trompé. « Il est important que vous essayiez de découvrir si notre ami a vu ou sait quoi que ce soit de plus. Je n'ai pas besoin de vous dire d'être discret. »

Harry, malgré tous ses talents, n'avait pas entendu cela parce qu'une autre voix avait attiré son attention. Elle était froide et autoritaire.

« Vous là ! Je ne peux pas vous voir, mais je sens votre présence. Vous n'êtes pas d'ici. Partez immédiatement ! »

« Et si je refuse ? Vous n'êtes pas en position de faire quoi que ce soit, pour l'instant, n'est-ce pas ? » Une voix rêche et rauque lui répondit.

« Je devrais le notifier au directeur. Je ne pense pas qu'il soit très loin. »

Le possesseur de la voix rêche et rauque s'arrêta, comme s'il réfléchissait à ces mots puis répondit, « Ce ne sera pas oublié. Je reviendrais pour vous sermonner-longuement- sur votre manque d'hospitalité. »

Quand il fut à nouveau sur ses pieds, Harry se déplaça rapidement vers l'endroit d'où venaient les voix, incertain de ce qu'il pourrait trouver. Qui n'est pas d'ici ? Et comment est-il entré ? pensa Harry.

« Jason, où vas-tu ? » L'appela Hermione alors qu'il s'éloignait d'eux. Harry ne répondit pas. Il arriva rapidement à l'endroit d'où il pensait avoir entendu les voix, mais fut surpris de ne trouver personne. Albus, Ron et Hermione, le rattrapèrent et le virent regarder autour de lui avec confusion.

« Si tu aimes tant ce tableau, peut-être qu'Albus te laissera l'accrocher dans tes quartiers. » Le taquina Ron, alors que lui, Hermione et Albus venaient d'arriver dans la salle où Albus venait d'accrocher le tableau de Salazar Serpentard.

« J'ai cru entendre quelque chose, mais peut-être l'ai-je imaginé. » Dit Harry presque pour lui-même. Il se détourna de la peinture et les suivit dans le couloir. « Peut-être me-suis-je cogné la tête quand je suis tombé et quelque chose s'est desserré, » Plaisanta Harry. Il savait qu'il n'avait pas imaginé la conversation qu'il avait entendue, mais il ne pouvait pas donner un sens à cela.

Il remarqua qu'Albus le regardait avec des yeux perçants, il sourit donc de façon espiègle pour insister sur l'humour de sa dernière observation. Le regard d'Albus s'adoucit alors et il s'adressa au trio.

« Je dois vous prier de me pardonner. Je n'avais pas réalisé l'heure. Je suis attendu dans la Grande Salle pour le déjeuner mais je vous verrai au dîner. » Il partit et discuta avec les tableaux quand il passait devant.

Harry, Ron et Hermione prirent une autre direction et se dirigèrent vers les appartements du couple.

« Hé, Jason, je sais que nous ne nous connaissons pas depuis très longtemps, mais nous avons un cadeau pour toi, et nous espérons que tu ne te sentiras pas tout chose à l'accepter. » Ron parla à toute vitesse, comme s'il ne savait pas vraiment quoi dire.

Vous, les gars ne m'avez jamais laissé sans cadeau quand nous étions à l'école et vous me sauvez encore cette année. Vous n'avez pas du tout changé. Songea Harry. « Vous savez, j'allais dire la même chose parce que j'ai aussi un cadeau pour vous. »

Ils s'arrêtèrent pour se regarder fixement, et rirent parce qu'ils avaient eu la même idée. Ils reprirent leur chemin d'un air réjouit.


La créature de l'ombre se cachait dans les endroits sombres et les ombres que les nombreuses décorations de Noël fournissaient à la Grande Salle. Elle avait suivi sa future victime dans la salle et l'avait regardée prendre un siége. Elle la regardait parler occasionnellement avec les professeurs près d'elle et elle la regardait manger lentement son repas, la tête penchée vers la table, absorbée par un livre.

« Oui…bientôt… très bientôt… vous mourrez, et je serai récompensé. Maître sera content. Maître me gardera même comme animal de compagnie. » Murmura la créature de l'ombre.

'Jason' avait été présenté à Drago et à Ginny avant qu'ils ne s'assoient et il passa le reste du repas à discuter librement avec eux. Drago avait considérablement changé depuis qu'ils avaient été élèves. Harry avait perdu contact avec lui quand il était allé suivre son entraînement, mais avait appris qu'il avait suivi les traces du Professeur Snape et était devenu un espion pour Albus après avoir été forcé à prendre la marque noire. Et depuis, il respectait énormément son ennemi d'autrefois.

« Albus, nous a donné des appartements pour quelques jours. Si vous n'avez rien d'autre à faire, venez vous joindre à nous pour boire un verre après le dîner. Vous aussi, Hermione, Ron, » Les invita Drago qui appréciait énormément la compagnie du Professeur Green. Il avait l'impression de parler à un ami perdu depuis longtemps. L'esprit vif du professeur et sa grande intelligence rendait leur conversation animée et vivante.

« Je ne voudrais pas m'imposer. De plus, ce ne serait plus vraiment une réunion de famille si je suis là. »

« S'il vous plaît, j'insiste. »

« Oui, s'il vous plait, Jason, joignez-vous à nous après dîner. Nous aimerions discuter un peu plus, et on ne peut pas vous connaître correctement en si peu de temps. » Ginny était d'accord avec son mari.

« Dans ce cas, je serais ravi de me joindre à vous. Merci. »

« Excellent. » dit Drago.

Minerva cria, tout le monde se retourna et vit un canari jaune à la place qu'elle avait occupée une minute avant.

« Oh, les crèmes canari de vos frères, Ginny. Comment avez-vous réussi à en glisser un devant Minerva ? » Demanda Albus qui pleurait de rire.

« Albus, j'ai appris des meilleurs. Fred et George ont été de très bons professeurs. » Répondit-elle en riant.

Minerva réapparut soudainement dans un 'pop'. Elle cligna des paupières plusieurs fois puis rit avec eux. Pendant cette distraction, Harry remarqua que Theresa Chan lui faisait de grands signes. Avant qu'il ne puisse se lever, elle éleva de grands signes sur lesquels étaient inscrits, « IL A DIT OUI ! » Harry rit et Theresa fit de même. Il était d'humeur joueuse. Il créa donc un signe de sa baguette qui disait, « JE VOUS L'AVEZ DIT ! » La paire attira rapidement l'attention de toute la salle.

« Euh, Jason, qu'est-ce que cela ? Qui a dit oui ? » Lui demanda immédiatement Ron en comprenant de travers la situation. Harry savait que Ron pensait que l'élève référait à une histoire un peu plus romantique que ce qui se passait effectivement et il ne fit rien pour détromper Ron.

« Le Professeur Snape a dit 'oui'. Mais ce n'est pas à moi de dire quoi que ce soit. Donc je te laisse lui poser la question. » Répondit Harry avec sa meilleure expression innocente. Il essaya de ne pas rire quand il vit l'information faire le tour de la table et que toutes les têtes se tournèrent vers le professeur non averti.

« Quoi ! » S'exclama on choqué, il s'étouffa avec son jus de fruit. Il fallut plusieurs minutes au Professeur Snape pour expliquer qu'il avait seulement 'consenti' à donner des cours supplémentaires en potions à Miss Chan qui risquait de ne pas réussir les examens en cette matière.

« Des cours supplémentaires, » Dit Drago légèrement, « c'est ainsi qu'ils appellent cela maintenant, Severus ? C'est assez osé pour un étudiant de poser cette question à son professeur, quand même. De mon temps, ça ne se passait pas ainsi. Les filles ne faisaient pas de proposition à des personnes représentant l'autorité. C'était le contraire. » Drago sourit à son ancien professeur et ami.

« Drago, j'ai beaucoup de choses dans mon placard qui pourraient coller définitivement ton élégante bouche. » Dit le professeur Snape en regardant son ami avec des yeux noirs. « Mais tu serais le second sur ma liste. » Dit-il en déplaçant son regard vers Harry, qui le regarda simplement avec de grands yeux innocents.

Drago regarda Harry et secoua fermement sa main, « Toi et moi allons très bien nous entendre. »

« Oh, fais attention. » Marmonna Ginny en levant les yeux au ciel.


Les professeurs furent les derniers à quitter la Grande Salle, inconscients d'être suivis. Eh bien tous, à l'exception Harry. Il avait un sentiment de picotement et avait l'impression que ses cheveux se dressaient sur sa tête mais il ne comprenait pas pourquoi. Il ne mit pas pour autant de côté ce sentiment. L'expérience lui avait appris à faire confiance à ses instincts. Il se prépara donc et affecta un état d'esprit défensif, sans changer son comportement extérieur.

Alors qu'ils avançaient, aucun d'eux ne remarqua que quelque chose se déplaçait juste à côté d'eux. La créature se mouvait le long du mur parmi les autres ombres. Mais elle était plus qu'une ombre. Elle n'était pas contrainte à apparaître dans les ombres le long des surfaces reflétées par la lumière, elle pouvait bouger indépendamment de la lumière et n'était pas obligée de rester le long des surfaces. Elle pouvait se dégager des ombres et bouger librement.

Ginny, Drago et les professeurs étaient en train de se souhaiter 'bonsoir' et 'joyeux Noël' quand la créature s'éleva tel un cobra se préparant à une attaque. Sa victime se trouvait juste devant elle, son dos contre le mur, exactement où elle voulait qu'elle soit. Lentement, elle glissa plus haut sur le mur, étendit les bras, lentement…lentement…lentement…

…et bondit.

Elle bougea si rapidement que personne ne vit ce qui s'était passé. Un instant, ils discutaient tranquillement ensemble et se préparaient à se séparer, le suivant, ils voyaient le Professeur Snape maintenu contre le mur par une chose qu'ils ne pouvaient pas voir. Aussi rapide qu'un éclair, la créature avait saisi l'opportunité et avait sorti ses bras pour agripper le professeur par le cou l'attirant vers elle et épinglant son dos contre le mur. Une main griffue le maintenait par le cou, et l'autre tirait sur ses cheveux pour exposer davantage sa gorge. Les jambes de la créature avaient encerclé le haut des bras et la poitrine du professeur pour l'empêcher de bouger. Assez bizarrement, on aurait dit que seuls les bras, les jambes et la tête de la créature étaient sortis du mur. Le reste en faisait toujours parti, comme une ombre le ferait. Cela signifiait que le professeur ne pouvait ni bouger ni frapper la créature contre le mur pour lui faire perdre sa prise. Il était effectivement épinglé au mur.

« Prépare-toi à recevoir la punition de ta trahison ! » Dit hargneusement une voix râpeuse.

Le reste du groupe était choqué et stupéfié. Snape avait été pris si rapidement qu'ils avaient à peine eu le temps d'enregistrer ce qu'il s'était passé. Ils ne pouvaient rien faire à part regarder le professeur. Celui-ci avait une expression stupéfaite mais une lueur inébranlable dans le regard. Il se débattait contre la prise de la créature, mais ça ne servait à rien. Il ne pouvait pas bouger. La créature avait plus de force que lui et sa prise écrasante le marquait avec plus que quelques bleus. Il souffrait aussi des côtes à cause de la pression exercée sur sa poitrine.

Le groupe se reprit rapidement et certains des professeurs avaient sorti leur baguette et essayaient d'immobiliser la créature, mais ils cessèrent leurs efforts quand ils réalisèrent que leurs sorts n'avaient aucun effet.

De façon assez surprenante, aucun des sorts ne frappa le Professeur Snape.

L'esprit d'Harry s'était préparé à l'action presque aussitôt après avoir quitté la Grande Salle et cela voulait dire que ses réactions avaient été plus rapides que celles du reste du groupe, qui était parfaitement détendu au moment de l'attaque. Il voyait le Professeur Snape mais ne pouvait pas voir la créature, et s'il ne pouvait pas la voir, il ne pouvait pas la détruire. Alors Harry prit une torche et l'approcha du Professeur. Elle dispersa toutes les ombres sauf celle qui le retenait et Harry put la voir correctement.

Il remarqua qu'elle était très petite. Elle avait le profil d'un gobelin même si elle ne pouvait pas en être un. Ses jambes, bien que courtes, n'étaient pas courtaudes, elles étaient simplement trop maigres. La silhouette semblait très familière à Harry. Son esprit travaillait très rapidement. Les autres venaient d'arrêter de lancer leurs sorts quand les pièces du puzzle prirent forment.

La créature ressemblait à l'ombre d'un elfe de maison. Elle était de la bonne corpulence et de la même taille. Harry avait des raisons de croire qu'il s'agissait de l'ombre de l'elfe de maison du tableau de Salazar Serpentard qu'il avait vu plus tôt dans la journée. Il se souvenait avoir entendu des voix venant de la pièce dans laquelle se trouvait le tableau, quand il était tombé. A ce moment là, il avait trouvé étrange qu'une personne dise à une autre qu'elle pouvait la 'sentir', même si elle ne pouvait pas la 'voir' et qu'elle devrait partir parce qu'elle n'appartenait pas à ce lieu. Il comprenait maintenant, mais il espérait qu'il pourrait agir à temps.

Pendant son entraînement, il avait étudié toutes sortes de créatures malveillantes, et celle-ci était la créature de l'ombre. Elles n'étaient pas naturelles et étaient le résultat d'un sort très puissant et très mauvais. Des choses que normalement ne peuvent pas faire les ombres projetées, elles, le pouvaient. Et la personne qui avait jeté le sort pouvait lui donner toutes les caractéristiques qu'il voulait. Les créatures des ombres étaient dangereuses parce qu'il était difficile de les voir, elles pouvaient se cacher dans les ombres et l'obscurité. Elles pouvaient aussi se cacher à l'intérieur des objets qui avaient servi à les projeter et rester hors de vue puisqu'elles faisaient parti de l'objet lui-même. Et elles étaient difficiles à détruire.

Il s'était demandé pourquoi les sorts des autres professeurs ne faisaient aucun mal à la créature, même les très puissants sorts et charmes d'Albus qui devaient paralyser et mutiler étaient inutiles contre le monstre. Il se rendit compte, que ce n'était pas leurs sorts qui manquaient de pouvoir, ils jetaient simplement les mauvais sorts et visaient les mauvais objets. Les sorts même compliqués et puissants, ne pouvaient pas détruire une créature de l'ombre.

Le temps lui manquait. La créature tirait brutalement sur les cheveux du professeur pour que sa tête soit tirée en arrière, que son visage regarde le plafond et que sa gorge soit totalement exposée. La créature enleva la main de son cou et sortit une griffe tranchante. Elle se préparait à trancher la gorge du professeur d'une oreille à l'autre.

Harry vit le regard sur le visage du professeur. Il avait un regard d'acceptation mélangé à de la détermination, de la fierté et de la dignité. Il ne supplierait pas la créature de lui épargner la vie. Il mourrait avec honneur.

Il se décida à agir. Il leva sa baguette et fit venir le tableau vers lui. Pendant qu'il attendait qu'il arrive, il lança plusieurs rapides sorts successifs, pour lier la créature malveillante.

La créature avait déjà commencé à couper profondément la gorge du Professeur Snape, quand sa tête fut projetée puis attachée contre le mur par une bague de lumière étincelante. L'ombre fut prise par surprise. Ses mains essayèrent de retirer le lien mais Harry saisit l'opportunité pour lier les mains de la même façon qu'il avait attaché son cou, maintenant qu'elle avait libéré la tête et le cou du professeur. La créature donnait des coups de jambes contre le mur derrière elle pour essayer de se libérer, mais Harry lui lia également les jambes. Les yeux du Professeur Snape, qui étaient fermés quand la créature avait essayé de lui trancher la gorge, s'ouvrirent quand il réalisa qu'il avait été libéré de la prise de la créature. Severus s'effondra contre le mur de soulagement mais Minerva attrapa rapidement son bras et le ramena près du groupe. Elle le soutint et lui permit de s'appuyer sur elle.

Harry devait jeter deux sorts successifs pour lier la créature. Il devait les jeter presque simultanément. Il fallait qu'on croie qu'il n'avait en fait jeté qu'un seul. Mais Harry avait un petit problème : il n'avait jamais lancé ce sort avec une baguette et il ne pensait pas que c'était le bon moment pour tenter une expérience et utiliser une technique différente. Il ne pouvait pas, non plus, ne pas utiliser sa baguette parce que des personnes comme le professeur Snape ou Albus savait qu'Harry Potter maîtrisait la magie sans baguette et avait utilisé cette technique lors de la bataille finale. Or, Harry Potter ne voulait pas sortir de l'ombre, il fit donc la seule chose à laquelle il put penser. Il attira l'attention de tous sur sa baguette et la pointa sur la créature uniquement en démonstration. Pendant ce temps, sa main libre, libérait un sort très puissant à l'aide d'un geste à peine perceptible.

Il choisit de lier la créature avec la lumière, parce que le contact de la lumière était douloureux pour une créature créée par le mal et la malveillance. C'était une chance que le Professeur Snape ait les yeux fermés et qu'il ne les ait pas ouverts avant que la créature ne soit totalement liée. Autrement, il aurait pu être temporairement aveugle pour avoir regardé directement dans une lumière aussi vive.

Un sort de restreinte n'aurait pas dû être suffisant pour empêcher la créature de bouger. C'était une créature née de la magie et en tant que telle, elle n'était pas facilement affectée par la magie. Elle aurait pu facilement enlever ses menottes, si elle ne les avait pas déjà déviées au début. Harry avait surpris la créature et elle n'avait pas eu le temps de dévier la magie dirigée contre elle. Un deuxième sort était requis pour renforcer le premier et une seconde après qu'Harry ait jeté le sort pour la lier, il jeta un sort de purification et nettoya le lien.

Puisque la créature avait été crée par le mal, il n'aurait pas dû être possible de la purifier, mais la combinaison de sorts ne permettait aucune augmentation du niveau de magie noire de la créature. Cela voulait dire qu'elle ne pouvait pas accroître son énergie parce qu'en tant que créature née de la malveillance, son énergie était issue de la magie noire. La créature avait effectivement été restreinte et liée.

Le groupe suivit la direction du sort et regarda Harry avec incrédulité avant de s'écarter de lui pour lui laisser plus d'espace vers la créature, qui se tortillait contre le mur et criait de douleur et de frustration. Harry était reconnaissant envers Minerva d'avoir jeté un sort d'insonorisation autour du couloir quelques temps avant afin que les occupants du château ne soient pas alertés par ce qui se passait. Harry ne bougea pas. Il attrapa simplement le tableau quand il arriva finalement. Il jeta un sort de lévitation sur lui pour qu'il reste à hauteur de sa baguette. La créature parut comprendre ce qu'Harry était en train de faire parce qu'elle s'écarquilla les yeux de terreur. Le sorcier présentait un visage parfaitement calme et fixait froidement la créature, son masque glacial bien en place.

« NON ! » Cria-t-elle, « Tu n'as pas le droit ! »

Le seul moyen pour détruire une créature de l'ombre était soit de détruire l'objet duquel il provenait soit de le purifier et de le nettoyer, presque comme une imitation des exorcismes moldus. La créature était liée à cet objet et n'importe quelle purification qui enlèverait le mal enlèvera les liens et la créature cessera d'exister.

« Monsieur, vous et votre elfe de maison devriez aller dans un autre tableau quelques temps. » Dit Harry calmement aux occupants du tableau sans jamais quitter des yeux l'ombre.

« Je serais très mécontent si vous détruisiez mon tableau, jeune homme. J'aime beaucoup celui-ci. » Répondit Salazar froidement avant de disparaître.

« Qui t-a envoyé ? » Lui demanda Harry d'une voix inébranlable. La créature ne répondit pas. Elle continua à se tortiller contre ses chaînes.

Harry plissa les yeux. « Si tu coopères, je ferai en sorte que ce soit rapide. Dis-moi qui t'a envoyé. » La créature ne dit rien.

« Pourquoi es-tu ici ? » Lui demanda Harry. Il savait que les autres membres du groupe pensaient qu'il demandait pourquoi le Professeur Snape avait été désigné comme cible. Jason ne savait pas que le Professeur Snape était un ancien mangemort qui était devenu l'espion d'Albus. Mais il demandait vraiment à la créature pourquoi il avait attaqué le Professeur Snape dans un endroit aussi public, où il y avait une chance, même petite, qu'il soit sauvé. Et il voulait savoir s'il y avait un lien avec les choses bizarres qui se déroulaient à Londres.

La créature demeura silencieuse.

Harry regarda le monstre quelques instants puis secoua la tête et soupira, « Nous n'allons nulle part. » Il pointa sa baguette sur le tableau et l'enflamma. Ce n'était pas des flammes ordinaires. C'était un feu spécial, tout en chaleur, mais les flammes n'étaient qu'illusion. L'important était que le sort de purification soit dirigé sur le tableau immédiatement après le premier sort.

Au premier regard, on devait croire qu'il n'avait lancé que le sort de purification et ne s'était pas embêté à jeter le premier. Mais Harry avait appris, de la manière dure, que le deuxième sort devait être le premier à atteindre le point. Harry regarda la créature crier de douleur et le supplier d'arrêter, mais il avait l'air de glace alors que la créature souffrait. On aurait dit qu'il n'était pas touché par ce qu'il faisait et ce qu'il voyait. Mais à l'intérieur, il avait l'impression de se noyer dans son propre dédain et sa propre douleur. Personne n'aurait soupçonné cela parce que son masque d'indifférence était bien en place.

« Il n'y aura pas de pitié, » Dit Harry aussi froidement qu'il le put. « Ton maître n'aurait jamais dû essayer de tuer un professeur de Poudlard. Si tu t'en prends à l'un de nous, tu t'en prends à chacun de nous. J'espère qu'ils auront retenu la leçon. Si ça se reproduit, nous ne serons pas aussi gentil. »

« Mon maître vous tuera ! Il vous tuera tous ! » Elle cria puis disparut. Ses liens disparurent également.

« Eh bien, ils devront faire mieux que ça. » Marmonna Harry pour lui-même. Il enleva les sorts de purification placés sur le tableau qu'il renvoya d'où il venait et se tourna pour faire face aux autres professeurs. Ils le regardaient avec un mélange de surprise, de peur et de respect. Même Albus était sans voix. Il savait qu'ils avaient beaucoup de questions auxquelles il ne pourrait pas répondre, alors il parla avant tout le monde pour essayer repousser l'interrogatoire.

« Je suis le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Ce ne serait pas normal, si je ne connaissais rien aux créatures du mal, non ? » Demanda-t-il en essayant de jouer sur la situation.

« Où as-tu… comment as-tu appris… à faire ça ? » lui demanda Hermione timidement.

Harry relâcha un profond soupir, « Je l'ai lu dans un livre. Je peux vous donner le nom si vous le voulez vraiment. » Il regarda le groupe et leva les yeux au ciel. « Et arrêtez de me regarder comme ça. Il n'y avait rien de spectaculaire. Si vous aviez lu ce livre, vous auriez su ce qu'il fallait faire, vous aussi. » Mais vous auriez dû vous entraîner un peu avant d'y parvenir. Croyez-moi, pensa Harry avec le ton de quelqu'un qui avait appris par expérience.

« Merci, Professeur Green. Et si ça ne vous dérange pas, j'aimerais beaucoup connaître le nom de ce livre. » Dit Albus en serrant fermement la main du jeune homme.

« Il s'appelle Les Forces Maléfiques de la Magie Noire et son auteur est Errol Fetherstone. » Récita Harry de tête.

« Ca m'a l'air d'une magie très puissante. » Remarqua calmement le professeur d'astronomie.

« Ca ne l'est pas en fait. Il n'y avait rien d'extraordinairement puissant. Ce n'est pas très habituel, c'est tout. » Il soupira et la regarda en passant ses mains dans ses cheveux, « Je ne suis pas dangereux, si c'est ce que vous pensez. Vous remarquerez que j'ai dirigé tous les sorts contre cette… chose…et non sur aucun d'entre vous, ou sur les élèves. Je l'ai déjà dit et je le dis à nouveau : je n'ai pas l'intention de mettre qui que ce soit en danger. Je suis seulement ici pour enseigner le cours de Défense Contre les Forces du Mal et c'est tout. » Il savait qu'il devait les laisser seuls, il remit donc sa baguette dans l'élastique de son pantalon et quitta le groupe. Il s'arrêta quand il entendit quelqu'un l'appeler.

« Professeur Green, » Commença le Professeur Snape, sa voix était à peine au-dessus d'un murmure, épuisée alors qu'il se levait pour se tenir tout seul. Drago s'était déplacé pour être à côté du Professeur Snape afin de s'assurer que son ami et ancien professeur aille bien. Il avait placé une main sur son bras dans une offre de soutien. Quand Harry se retourna, Snape continua, « Je veux… vous remercier…pour votre aide. J'aurais été très…malchanceux…si vous n'aviez pas été là. » Harry absorba ces mots. Il n'avait, en fait, jamais entendu le Professeur Snape remercier qui que ce soit avant, et il imaginait que ce devait être très difficile pour lui de le faire. Il savait que ça devait être particulièrement difficile pour le professeur de remercier Harry, puisqu'ils n'étaient pas en très bon terme depuis son arrivée.

Il regarda sérieusement Snape et acquiesça de la tête en signe de reconnaissance. Il jeta un regard critique sur ses blessures et dit, « Vous devriez faire examiner cela Professeur. Vous allez ruiner vos vêtements si vous continuez à saigner autant. »

Drago laissa Severus dans les mains de Madame Pomfresh et se dirigeait rapidement vers Harry dans le but de l'arrêter avant qu'il n'aille pas plus loin. « Hé, où vas-tu ? Ecoute, je voudrais ajouter mes remerciements à ceux de Severus. Et tu vas définitivement venir boire avec moi maintenant. Je veux écrire le nom de ce livre que tu as mentionné et tous les autres livres que tu as lus, sur le sujet. » Cria Drago. « Bois-tu du firewhiskey… » Continua Drago en discutant avec Harry tout en allant vers sa chambre. Ron, Hermione et Ginny les suivirent. Hermione était encore troublée. Elle ne pouvait pas supprimer l'image du froid détachement d'Harry de sa tête. Ca la glaçait jusqu'aux os et elle et fut soudain effrayée de ce que cet homme pouvait être capable de faire si on le poussait suffisamment loin.

Albus les regarda fixement, « Minerva, avez-vous entendu parlé de ce livre ? »

« Non, Albus. »

« Je vais faire une enquête dès maintenant. Quel genre d'école apprend à ses élèves ce genre de chose ? Quel genre de professeur ferait cela ? »