Chapitre 8

Harry était allongé dans son lit et regardait le plafond, les mains derrière sa tête. Il rejouait sans cesse dans sa tête les évènements de la soirée précédente, et ça l'empêchait de dormir.

« Si je ne l'avais pas aidé, Snape aurait été tué, mais…devais-je vraiment détruire cette chose ? »

Et voilà ce qui troublait le cœur d'Harry. Il détestait, méprisait absolument, devoir tuer. Chaque fois qu'il le faisait, il pouvait presque sentir une part de lui-même, la part qui le rendait humain, mourir également. Un profond sentiment de culpabilité et de mépris pour sa personne avait menacé de le submerger pendant les heures sombres de la guerre. C'est seulement le sens du devoir et de la responsabilité, profondément implantés en lui, qui le sauva de ce qui le menaçait : la folie. Il était prédit qu'il serait la seule personne capable de vaincre Voldemort. Un grand nombre de personnes dépendaient de lui, demandaient à ce qu'il les sauve du sorcier Noir. Il avait besoin d'être fort parce qu'il ne pouvait pas les laisser tomber. Il se ferma et fit de son mieux pour sceller ses émotions.

La voix de la raison fit intrusion dans les pensées du jeune homme. C'était la voix de l'un de ses instructeurs, il y avait des années de cela : « Quelque fois c'est tuer ou être tué. Quand on en vient à cela, et l'on est en guerre, alors on y arrivera, n'hésite pas et ne laisse pas ton ennemi voir que ça te dérange. Je ne te suggère pourtant pas d'avoir l'air d'aimer cela.

« Ne vous inquiétez pas, ça n'arrivera jamais. » Avait dit Harry à son instructeur, d'un ton grave.

« Je sais, mais s'ils voient une faiblesse, ils l'exploiteront et cela pourraient te tuer toi ou les personnes qui t'entourent. Reste calme et détaché. Tu dois comprendre que nous sommes en guerre et dans les guerres, les gens meurent. »

Même s'il laissait la raison de côté, la veille au soir, il avait complètement détruit un être vivant. Et la vérité était qu'Harry avait laissé une part de lui-même, qu'il avait cru enterrée et laissée derrière. Pendant ces terribles années, il avait craint, plus que tout autre chose, même plus que tout ce que Voldemort aurait pu lui faire, de s'habituer à la mort et au chaos de la guerre, que ça devienne une part de lui et qu'il commence à s'en nourrir. Il avait peur de perdre cette part qui le rendait humain et de devenir comme Voldemort. Il avait si peur de cela qu'après avoir vaincu Voldemort, il avait fui tout ce qui pouvait lui rappeler le genre de personne qu'il pensait devenir.

Bien, il pensait avoir laissé tout cela derrière lui, mais il était revenu dans ce monde, et quand il avait vu son collègue menacé, il n'avait pas pensé deux fois avant de la tuer.

Il passa furieusement sa main dans ses cheveux et tourna la tête pour regarder la photo qui reposait sur sa table de nuit. Tu n'as aucune idée du genre de personne avec laquelle tu étais liée, Greg, pensa-t-il tristement.


Un petit groupe de sorcières et sorciers entrèrent dans la pièce, tremblants de peur. Ils se laissèrent rapidement tomber sur un genou et posèrent leurs yeux sur le sol devant eux. « M-Mon Seigneur, la c-c-réature a échoué. »

« Quoi ? » Tonna le personnage qui demeurait caché derrière un grand écran. La pièce sembla secouée en réponse à la voix chargée de colère.

La forme tremblante se tendit, certaine d'être punie pour son échec mais incertaine de la punition qu'elle allait recevoir. « La c-créature a éch -»

Le grand sorcier, celui qui restait aux côtés de son Maître, leva sa baguette en réponse à l'instruction silencieuse et la pointa sur le sorcier qui avait donné la nouvelle. « Avada Kedavra ! » Une lumière verte et un cri emplirent la pièce. L'homme était mort devant son Maître. « Je n'ai que faire des gens incompétents. Je veux un Professeur de Poudlard. De préférence notre petit espion ou son protégé. Je veux des informations. »

« Oui, mon Seigneur. » Le petit groupe changea nerveusement de position. Ils se regardèrent les uns les autres, ils ne savaient pas si l'information suivante serait ou non bien accueillie s'ils considéraient l'humeur de leur Maître. « Le Ministère nous a donné l'emplacement du corps, mon Seigneur, » Lui dit calmement l'un des jeunes sorciers.

« Excellent. Quand l'aurais-je ? » Demanda avec impatience la forme derrière l'écran.

« Quand le Ministre nous dira quels sorts le protégent et comment nous pouvons les passer, mon Seigneur. C'est un idiot. Sa langue se délie avec de la flatterie et de faux compliments. » Lui répondit rapidement la figure agenouillée.

« Ne soyez pas durs, » Leur dit la silhouette informe derrière l'écran en l'admonestant doucement. « Même les idiots ont leur utilité. »

« Bien sûr mon Seigneur. » La figure acquiesça, garda son regard bas et attendit que son Maître lui donne la permission de partir.


Le matin suivant, quand Harry rencontra Theresa pour sa séance de tutorat, son esprit dériva vers la conversation qu'il avait eue avec Ginny ce matin, et sourit. Drago et Ginny n'avaient eu l'intention de rester au château que l'espace de quelques jours pour les vacances de Noël, mais ils s'étaient tellement amusés qu'ils avaient décidé de rester jusqu'à ce que les cours reprennent. Harry s'était rapidement lié d'amitié avec eux et il était vraiment désolé de les voir tous les deux partir. J'adorerais voir l'expression de Drago s'il savait qu'il s'était soûlé et avait parlé à Harry Potter du problème d'impuissance qu'il avait eu à l'âge de 20 ans. Harry sourit en se souvenant de cette conversation.

« Ne pouvait simplement pas se dresser. Qu'importe ce que je faisais. Ginny a été assez mécontente à ce sujet. Elle a appelé ça -»

« Ah, je pense que tu as trop bu Drago. Beaucoup trop. »

« Nnnnnnaaannnnnn. Pas encore. Ce n'est pas près de mes limites. Ron continue encore et s'il peut continuer, moi aussi. Ouais, de toutes façons, mes outils ne fonctionnaient pas correctement, j'en ai donc parlé à Severus et il avait lu quelque chose- si je me souviens bien, c'était un peu louche, franchement, pourquoi lirait-il quelque chose comme ça ? Mais il est tout le temps en train de lire, non ? Donc il a lu cet article et il a rapidement fait quelque chose. »

Harry eut un mouvement de recul intérieur. Il croyait personnellement qu'on ne devait jamais mentionner dans le même souffle Severus et érection.

« Alors tout va bien maintenant ? Tout fonctionne normalement ? »

« Mieux, que ça ne devrait. Je peux surpasser Gin maintenant. Je veux dire, elle a l'habitude de -»

« Stop ! »Ginny était comme une petite sœur pour lui et il ne voulait pas connaître sa vie sexuelle. Il ne voulait définitivement pas connaître celle de Drago, mais il tenait Drago et essayait de le reconduire à sa chambre. S'il l'avait laissé, Drago aurait passé la nuit sur le sol d'un étage du château. Même si c'était tentant, Harry ne pouvait pas faire cela à son nouvel ami. Mon gars, je suis parfois trop gentil. Merci Drago, je ne pourrai pas dormir ce soir.

Harry sourit. Il se sentait vivant quand il était avec eux. Il ne s'était pas senti vraiment vivant depuis si longtemps. Il adorait passer ses soirées à regarder Drago et Ron essayer de se surpasser l'un l'autre sur n'importe quel sujet, les échecs, la boisson, le Quidditch…et parler avec Ginny et Hermione de tout et de rien. Ron, Hermione et Ginny portaient avec eux une grande part de l'histoire d'Harry, et ça renforçait l'amitié qui se liait entre eux.

« Euh, Professeur, est-ce que vous allez bien? » L'interrogea Theresa poliment, en sortant Harry de ses songes.

« Oh, oui. Je vais bien. Désolé, j'étais ailleurs pendant une minute. Très bien, vois si tu peux me désarmer. » Lui ordonna-t-il en continuant la leçon.


« …et je pense qu'il serait une précieuse recrue dans l'Ordre, Albus. Qu'en pensez-vous ? » Demanda Ron.

Albus était profondément plongé dans ses pensées. Il avait vu peu des talents de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Mais d'après ce qu'il avait vu, il était persuadé qu'il serait une recru valable. Il n'avait découvert aucune raison de douter de la loyauté de son professeur, mais il n'avait aucune raison de lui faire confiance. Il ne connaissait le Professeur Green que depuis six mois et en ce laps de temps, la seule chose qu'il avait été capable de déterminer avec certitude était que ce jeune homme s'enveloppait de secrets, comme beaucoup de personnes en ces jours et âge. Les instincts d'Albus lui disaient qu'il pouvait faire confiance à ce jeune homme, mais sa raison lui disait qu'il ne pouvait pas lui faire confiance implicitement, en tout cas pas maintenant.

« Je pense que ce serait peut-être imprudent. » Commenta calmement le Professeur Snape.

« Comment pouvez-vous penser cela ? » Cria Ron. « Il vous a sauvé la vie, Severus, quand personne d'autre ne le pouvait. Et pour être totalement honnête, vous ne lui avez pas donné beaucoup de raisons de le faire, n'est ce pas ? »

Le Professeur Snape ignora la pointe dirigée contre lui et répliqua froidement, « C'est exact. Personne d'autre n'a pu aider. Même le directeur n'a pas pu détruire cette créature. Je dis seulement que ça me paraît une étrange…coïncidence…il n'est ici que depuis six mois et il m'a déjà sauvé d'une créature, dont la magie n'était connue que de lui seul. »

« Ne pensez-vous pas que vous devriez être un peu plus reconnaissant, » Marmonna Ron.

« Vous ne m'avez pas compris. Je ne suis pas ingrat. Je lui ai présenté mes remerciements le soir en question. »

« Je me sentirais mieux si j'en savais un peu plus à son sujet. » Souffla le Professeur Sinistra.

« Je suis sûr que nous y serions tous, mais il a été très clair : ses secrets sont ses affaires et comme nous l'avons appris, il ne sert à rien de l'interroger. Aucune question n'apportera de réponses s'il n'a pas envie de nous répondre. »

« Nous nous sommes, Drago et moi, proposés de le faire boire afin de lui poser des questions personnelles, mais il n'a pas été soûl. Il a bu, mais pas suffisamment. » Commenta Ron pensif.

« Eh bien, c'est un soulagement d'entendre que vous ne l'avez pas encore corrompu. » Dit Ginny d'un air renfrogné.

« Je pense qu'il est droit. Je sais qu'il a des secrets sur son passé, mais je respecte cela parce que je garde aussi une grande part de mon passé secrète. » Dit Drago en soutien à son ami. « Mais je me demande où il a appris ces obscures pièces de magie. Où iriez-vous pour apprendre ce genre de chose ? Le livre dans lequel il a appris le sort utilisé pour sauver Severus est si rare que j'ai des difficultés à mettre la main sur une copie, et j'ai le nom et la fortune des Malfoy derrière moi. Je ne parviens pas à avoir un exemplaire, même avec 'des dessous de table' et mes contacts ont des difficultés. » Leur reporta Drago en fronçant les sourcils.

« Je n'ai eu aucun mal à me procurer un exemplaire, Drago, » Lui dit Hermione.

« Quoi ? » S'exclama Drago, Ron, Severus et Albus en échos. Ils avaient apparemment eu le même problème.

« J'ai simplement demandé à Jason si je pouvais emprunter son exemplaire. Il était content de me le prêter. Il m'a même donné le nom de quelques autres livres. »

Ils la regardèrent tous fixement.

« Je n'y peux rien si vous les garçons cherchaient la méthode la plus difficile. Ginny et moi avons lu ce livre il y a plusieurs jours maintenant. » Pépia Hermione, gentiment.

« Ginny, »Dit Drago avec frustration.

« Tu ne me l'as pas demandé, » Lui retourna Ginny avec désinvolture.

« Donc, euh, quel genre de livre est-ce Hermione ? » Lui demanda Ron précautionneusement.

Hermione regarda attentivement son mari puis expira bruyamment et répondit, « Oui, Ron, c'est un de ces livres, un de ceux que personne ne confessera posséder parce qu'il est illégal de l'avoir imprimé. Mais je suis d'accord avec Jason. On ne peut pas se défendre contre la magie noire, si on ne sait rien à son sujet. »

La pièce tomba dans le silence. « Je pense que nous devrions lui demander de se joindre à nous. » Dit Drago.

« Moi aussi. » Dit Hermione pour le soutenir.

« Je suis d'accord, » Dit Albus ce qui choqua toutes les personnes présentes. « Mais, je pense qu'on devrait l'admettre à un niveau de sécurité pour commencer, donc assez bas. Les renseignements qu'il nous a fournis nous ont été très utiles, et il a apparemment des talents et des connaissances qui nous seront précieux, s'il souhaite nous aider. Mais je ne me sentirais pas tout à fait à l'aise à l'idée de lui donner toutes les informations que nous avons aussi tôt. »

Albus sortit une plume et du parchemin de son tiroir et écrivit une courte note. « Si vous voulez bien m'excuser, je crois qu'il a quitté ses appartements. Il est en ce moment en cours avec Miss Chan et ça prendra certainement un peu de temps. Pendant que nous attendons qu'il se joigne à nous, je crois que nous devons discuter de quelque chose. » Albus se tourna vers le Professeur Snape puis observa, « Quand la créature vous a attaqué, l'autre soir, elle a dit que vous étiez puni pour votre trahison. Est-ce que ça veut dire ce que je crois ? » Lui demanda Albus.

Severus soupira. « Je le pense aussi. Ce fut difficile de rester discret pendant la bataille, mais j'ai essayé. J'étais conscient des conséquences qu'il y aurait, si on découvrait que j'avais trahi le Seigneur Noir. »


En retournant dans ses quartiers après son cours avec Theresa, Harry découvrit un rouleau sur la porte de ses appartements. « S'il vous plait, veuillez participer à une réunion dans mon bureau. Nous y serons toute la journée. Venez dès que vous serez prêt. Albus.

Harry arracha le parchemin de la porte et le froissa. Bon sang, qu'est-ce qu'il y a maintenant ? Si j'avais su que j'aurais autant de problèmes en sauvant Snape, j'aurais laissé cet idiot mourir, fulmina Harry. Eh bien, ils peuvent très bien attendre jusqu'à ce que je sois prêt. Albus, j'ai arrêté de chanter à chacun de vos tons, il y a longtemps, pensa-t-il froidement en entrant dans ses quartiers. Il prit le livre que Ron et Hermione lui avaient offert pour Noël. C'était un livre sur les potions défensives et il avait donné à Harry quelques idées intéressantes pour de futures leçons. Il parvint à passer quelques heures à étudier tranquillement jusqu'à ce qu'il soit interrompu par quelqu'un qui frappait à sa porte. Les sorts placés sur sa porte l'avaient averti qu'on s'approchait mais il les avait ignorés comme il le faisait le plus souvent, parce que les gens passaient simplement devant sa porte. Il était très rare que l'on s'arrête.

« Professeur, j'espère que je ne vous dérange pas. » Bégaya Theresa quand Harry ouvrit la porte.

« Non. Que puis-je faire pour vous ? » Lui demanda-t-il poliment.

« Monsieur, le directeur s'est arrangé pour que je voie un médecin moldu samedi et il a dit que je devrais y aller avec un membre du personnel. Il a dit que je pouvais choisir qui je voulais, je voulais donc vous demander si ça ne vous dérangez pas de venir avec moi voir ce docteur. » Lui demanda-t-elle rapidement. « Je veux dire, si vous n'avez pas d'autres projets, bien entendu… C'est simplement parce que je n'ai parlé à personne d'autre à part vous et Mme Pomfresh de mon épilepsie et vous semblez très bien connaître les docteurs moldus et les médicaments. En plus, je n'ai jamais parlé à un médecin avant alors j'ai peur et je ne sais pas à quoi m'attendre… » Débita-t-elle.

« Je n'ai pas d'autres projets pour samedi, donc, oui, je viendrai avec vous. » Répondit Harry, plaisamment.

« Euh, Monsieur, le directeur a dit que quelle que soit la personne, je devrais lui demander d'aller lui notifier la décision. »

Oh, vous êtes doué, Albus. C'était rusé, je dois l'admettre. Vous en avez marre d'attendre, hein ? « Bien, Miss Chan. Je vais le faire dès maintenant »

« Merci Professeur, je dois me dépêcher. Le professeur Snape a dit qu'il allait me poser des questions lors de ma prochaine leçon avec lui, je dois donc aller étudier » Lui dit-elle en partant.

« Bien. A quoi devons-nous nous attendre cette fois ? » Se demanda Harry en se dirigeant vers le bureau d'Albus pour assister à sa réunion.


Les silhouettes encapuchonnées s'agenouillèrent devant leur Maître, en gardant leur regard bas, en signe de soumission.

« Déclenchez le piège dès que vous le pourrez. J'ai besoin de cette information avant que nous puissions continuer » La silhouette derrière l'écran donna les ordres aux sorciers et sorcières devant lui.

« Mon Seigneur, le piège est prêt. Nous attendons simplement que celui que vous désirez vienne et le déclenche » Dit prudemment l'un des jeunes sorciers volontaires.

« Excellent. C'est un simple fait. Donc ne me décevez pas. » Leur dit leur Maître en les prévenant.

« N-non, mon Seigneur. » Bégaya nerveusement la silhouette agenouillée.


Harry frappa poliment à la porte et attendit la permission d'entrer dans le bureau. Il pensait rencontrer Albus, et peut-être Minerva et Severus. Il ne s'attendait pas à voir douze personnes, en incluant Ron, Hermione, Drago et Ginny. Harry remarqua qu'une chaise était vide au bord du groupe, près de la porte. Il sourit, en se souvenant que la dernière fois qu'il avait assisté à une réunion dans le bureau d'Albus, il avait choisi de s'asseoir près de la porte, en ignorant tous les autres qui s'attendaient à ce qu'il s'asseye au milieu de la salle. Il s'est souvenu. Je suis touché.

« Albus, vous vouliez me voir. » Le salua Harry, en se dirigeant vers le siège près d'Albus.

« Oui, je voulais vous faire une proposition, mais je souhaiterais d'abord savoir quelques petites choses. » Lui dit Albus calmement, mais quand il vit Harry froncer les sourcils de frustration, il ajouta immédiatement, « Vous ne serez pas obligé de répondre si vous ne le souhaitez pas. Je pose simplement ces questions par sécurité »

« Albus j'aime travailler ici, mais je suis vraiment fatigué d'être invité ici pour subir un interrogatoire sur mon passé ou mes actes, tous les mois ou à peu près. » Répliqua Harry en regardant le directeur avec suspicion. Maintenant, que voulez-vous ? Pensa-t-il. Albus regardait toujours Harry avec attente, le jeune homme soupira et continua, « Si ces questions sont vraiment une question de sécurité, je ferai de mon mieux pour y répondre. »

Albus pointa sa baguette sur la porte de son bureau et murmura plusieurs incantations dans sa barbe, certainement pour s'assurer que personne ne puisse entendre ce qui est dit même si le bureau paraissait sécurisé aux yeux de Harry. Il remit sa baguette à sa place, dans sa robe, s'arrêta et demanda finalement, « Que savez-vous de la guerre contre Voldemort ? »

Vous n'avez pas de questions plus générales que ça, non ? « Eh bien, je suppose que j'en sais suffisamment pour savoir que je ne veux pas en voir une autre. » Il n'était pas sûr de savoir quel genre de réponse Albus voulait, mais il se dit que la réponse qu'il avait donnée était sûre.

« Etiez-vous impliqué dans la guerre ? »

Où voulez-vous en venir avec ça, Albus. « Tout le monde a été impliqué, d'une manière ou d'une autre, non ? Nous avons tous été contre ou avec lui, non ? »

« C'est vrai. »

« Etiez-vous -» Commença Albus, mais fut interrompu par Severus.

« Entendre son nom ne vous dérange pas, » Remarqua le professeur Snape prudemment en plissant les yeux.

« Corrigez-moi si je me trompe, Professeur, mais Voldemort est mort. Il a été vaincu lors de la bataille finale, il y a huit ans. Avoir peur d'un nom n'a pas de sens, si ? Mais je n'ai pas besoin de vous dire cela, parce qu'aucun de vous n'a même cligné des yeux quand Albus a dit son nom. » Répliqua Harry.

« Je ne vous ai jamais entendu prononcé son nom avant. Je ne vous avais entendu faire référence à lui que sous 'Vous Savez Qui'. Pourquoi feriez-vous cela si ça ne vous dérange pas ? » Lui demanda Snape en le poussant pour recevoir plus d'informations.

« Ce n'est pas commun de rencontrer des gens qui ne sont pas dérangés par le nom. La plupart se sentent mal à l'aise et sont même effrayés, quand ils l'entendent. J'utilise le nom 'Vous Savez Qui' ainsi personne ne s'énerve. Je ne savais pas que vous étiez tous à l'aise avec ce nom. » Répondit Harry sincèrement. Personne ne pourrait trouver d'erreurs dans son raisonnement, donc le professeur se tut.

« Etiez-vous directement impliqué dans la guerre ? » Demanda Albus.

Harry choisit ses mots avec soin. Il ne perdit pas de temps avec de longues pauses. Il avait été invité à des 'réunions' dans le bureau d'Albus assez souvent pour savoir qu'il devait être sur ses gardes quand il parlait, donc son esprit travaillait très rapidement. Avec un visage qui ne laissait rien deviner de ses sentiments, il répondit, « Il y avait des soulèvements et des mouvements occasionnels qui soutenaient les mangemorts et Voldemort dans la zone où je vivais. J'ai souvent aidé à mater ces mouvements. » C'est probablement la réponse la plus honnête que j'ai donné à Albus jusqu'à présent. Il se félicita silencieusement.

Beaucoup de personnes semblèrent apprécier sa réponse. Il avait donné l'impression que son implication avait été similaire à celle d'un membre de la résistance française pendant la seconde guerre mondiale. Ils n'avaient aucune idée que son implication ressemblait plus à celle d'un soldat anglais balayant l'Europe avec le reste des armées alliées derrière et devant lui.

« Quelles sortes d'activités cela impliquaient-t-il ? » Le pressa Albus.

« Pourquoi avez-vous besoin de savoir cela ? » Contra Harry. Il n'allait pas les laisser penser qu'ils pourraient le presser comme une orange pour obtenir des informations en échange de promesses dérisoires sur une sorte de proposition.

« Je suis simplement curieux. Bien entendu, vous n'êtes pas obligé de répondre si vous ne le voulez pas. » Répondit Albus perplexe.

Après une pause, Harry répondit à la question. Comment exprimer cela. Hmm… « Je rassemblais des informations, parfois j'étais impliqué dans de petites confrontations ouvertes…Ce genre de choses. » Harry les soupçonnait soit de vouloir découvrir où il avait appris la magie dont il s'était servi pour sauver la vie du Professeur Snape et souhaitaient lui faire une proposition en échange de cette information, soit ils voulaient lui demander de rejoindre l'Ordre du Phœnix, et cela le rendait très prudent.

Ce fut au tour d'Albus de s'arrêter. Il voulait en savoir un peu plus sur ce jeune homme, mais il savait qu'il refuserait de répondre à des questions directes. Il espérait que ses questions semblaient suffisamment innocentes pour que le jeune homme ne soit pas trop sur ses gardes et donne de lui-même quelques renseignements personnels. Il ne savait pas qu'Harry avait déjà deviné ce qu'Albus voulait lui demander et qu'il était définitivement sur ses gardes. « Pensez-vous que la guerre est terminée ? » Lui demanda Albus habilement.

Quel genre de questions est-ce là ? Songea-t-il silencieusement pendant qu'il réfléchissait à une réponse. Il était maintenant certain qu'Albus voulait lui demander de se joindre à l'Ordre et il grogna intérieurement parce qu'il ne voulait pas vraiment en faire parti. Il s'était promis qu'il ne s'impliquerait pas dans ce qui était en train de se passer.

« Je crois que Voldemort est mort, mais je ne crois pas que la bataille contre ce qu'il représentait et ce qu'il défendait se termine un jour. »

« Oh Seigneur, pas une autre discussion philosophique. Hermione, rentre à la maison. Allez va-y,» Grogna Ron qui fut récompensé par un coup de Hermione et de Ginny qui étaient assises à côté de lui.

« Oh ? Ignore mon idiot de mari et continue s'il te plaît. » Lui dit Hermione, vivement intéressée.

« Eh bien, comme Ron l'a dit, ce n'est que de la philosophie et ce n'est pas vraiment intéressant, toutes choses considérées, si ? » Répondit Harry. Il réfléchissait à ce genre de choses depuis qu'il était très jeune et elles touchaient quelque chose de très personnel. Cette réflexion, parmi d'autres l'avait aidé à comprendre pourquoi il était si important qu'il joue son rôle dans la guerre, et ça l'avait aidé à s'investir dedans.

« S'il vous plait, Professeur Green. J'en ai discuté de nombreuses fois avec le directeur et nous serions très intéressés d'entendre votre opinion sur la question. » Dit Snape calmement d'un coin de la pièce en regardant Harry avec intérêt.

Harry s'arrêta pour organiser ses pensées, quelque peu incertain de la raison pour laquelle il désirait tellement entendre sa réponse, mais il était sûr que c'était pour déterminer où repose sa loyauté. « Voldemort s'est levé pour défendre les préjugés, la haine et le mal. Il n'a pas inventé ces sentiments et concepts. Il a simplement rallié un grand nombre de personnes qui avaient les mêmes idées et croyances que lui sous une même bannière. Je sais que depuis qu'il a été vaincu, nous vivons tous en paix, mais l'attaque contre le Professeur Snape l'autre soir, nous a montré que les forces malveillantes sont encore présentes.

Harry s'arrêta et regarda pensif, par la fenêtre du bureau, « Vous n'avez pas nécessairement besoin de Voldemort pour avoir une guerre. Il était un personnage prestigieux, mais nous ne nous débarrasserons jamais de la méchanceté, du mal et de toutes ces choses qu'il a défendues. » Il se tourna vers le directeur et poursuivit. « Donc, pour répondre à votre question, Albus, non. Je ne crois pas que la guerre soit terminée. Parce que tout ce qu'il faut est une personne ou quelques personnes, avec les talents appropriés pour que ça recommence. »

« Vous nous dites donc, que nous ne gagnerons jamais notre combat ? » Demanda calmement le Professeur Sinistra. Ses épaules étaient légèrement affaissées.

Harry secoua la tête. « Je suis désolé. Vous ne m'avez pas compris. Nous vivons en paix en ce moment, et je dirais que c'est une victoire en soit. Je pense que le mal peut-être supprimé, il peut être intimidé et réduit à se cacher, mais la guerre contre tout ce que Voldemort avait rallié ne sera jamais terminé. » Dit Harry sur un ton de fait.

Tous les yeux s'étaient tournés vers Harry. Des mots plus vrais n'avaient jamais été prononcés et ils venaient tous de découvrir en lui une profondeur qu'ils n'auraient pas suspectée. Drago brisa le silence. « J'aimerais te poser une question, et tu n'es pas obligé de me répondre si tu ne le veux pas. » Commença-t-il d'une voix douce. « Penses-tu que tout soit toujours 'bon ou mauvais' ? » Drago avait dû prendre la marque noire parce que son père avait insisté, mais il avait travaillé pour Albus pendant la guerre. En conséquence, Drago était constamment incompris. Beaucoup de personnes ne savaient pas si elles pouvaient lui faire confiance puisqu'il avait épousé une Weasley et était souvent vu en compagnie d'Albus ou s'il fallait le regarder avec suspicion puisqu'il avait la marque noire sur son bras.

Harry comprenait parfaitement la question qui lui était posée, et la question qu'il n'avait pas posée, mais il devait être prudent, parce que 'Jason' ne devrait pas comprendre ce que Drago impliquait derrière cette question, « Non. »

« Pourquoi pas ? » Lui demanda Drago avec ferveur

« Les 'mauvaises personnes ne sont pas les seules haineuses et méchantes. Beaucoup de 'bonnes personnes' qui se sont opposées à Voldemort sont probablement capables d'être aussi méchantes et haineuses à l'occasion si on les pousse. La méchanceté, la haine, le mépris sont toutes des émotions et des réponses humaines, mais je crois que les gens qui ont suivi Voldemort se sont laissées consumer par cela. Les gens qui se sont opposés à lui, savaient que c'était inacceptable. Le mal est nécessaire. C'est juste l'absence de bien. Nous ne pouvons pas avoir l'un sans l'autre, et nous ne pouvons pas réellement apprécier celui que nous préférons à moins d'avoir vu les deux. »

Drago acquiesça, et parut pensif. Harry savait qu'il pensait à sa famille et aux sacrifices qu'il avait lui-même fait. Ginny tenait la main de Drago, le regarda et lui serra la main un peu plus fort en signe de soutien. Harry prétendit ne pas l'avoir vu et poursuivit.

« Et parfois, des gens biens doivent faire de mauvaises choses. » Harry vit Drago hocher la tête. « La guerre fut sanglante, et aucun des côtés n'était gentil avec l'autre, si ? A la fin, Voldemort fut tué. Le meurtre n'est pas le genre de choses que font les gens bien en général. Mais ça devait être fait, non ? Pour débarrasser le monde de Voldemort, Harry Potter a le tuer. Est-ce que ça fait de lui un monstre ? Est-ce que la fin justifie les moyens ? » Harry dut s'arrêter là. Tout le monde pensa qu'il n'avait plus rien à dire, mais la conversation devenait trop personnelle. La même question l'avait hanté depuis qu'il était un petit garçon et elle continuait à le hanter aujourd'hui. Il avait fait tant de choses pendant la guerre qui avait souillé son âme qu'il pensait se noyer dans la culpabilité et le dégoût.

Il était resté en apparence parfaitement calme. A l'intérieur, il s'admonestait pour s'être mis dans une telle situation de vulnérabilité. Harry regarda les autres personnes. Drago regardait Harry avec une telle ferveur qu'il se tortilla sur sa chaise. Merde, dans quoi me-suis-je fourré ? Drago lâcha lentement la main de Ginny, se leva et se dirigea vers la chaise de Harry. Il lui offrit ensuite sa main, dans un geste de respect et d'amitié. Harry se leva et la secoua. Les deux hommes se regardèrent simplement.

Chez le jeune professeur, Drago voyait un homme qui comprenait, comprenait vraiment, quelque chose sur la vie qu'il avait mené et les choix qu'il avait dû faire que peu de personnes comprenaient. Il se demandait ce que cet homme avait dû traverser pour atteindre une telle compréhension, mais il serait fier de le respecter et travailler avec lui. Du coin de l'œil Harry vit le Professeur Snape se tenir un peu plus droit sur son siège, les deux mains serrées appuyées contre son menton, il semblait perdu dans ses pensées.

Drago utilisa sa baguette pour déplacer sa chaise et s'asseoir à côté de Harry. Ginny, Ron et Hermione firent de même. Albus le regarda avec intérêt. Cette déclaration avait permit au Professeur Green de gagner le respect de Drago, Ginny, Ron et Hermione et il avait rendu le Professeur Snape sans voix- un fait en lui-même. Albus était un homme intelligent et il pouvait lire entre les lignes comme tout le monde. Il savait que le jeune homme venait d'admettre candidement une chose au sujet de son passé à toutes les personnes présentes qui l'avait écouté. Il avait admis que parfois les gens bons- peut-être comme lui- étaient obligés de faire de terribles choses et que la guerre en était responsable.

« Jason, j'aimerais vous faire une proposition, et j'espère sincèrement que vous accepterez. Pendant la guerre, j'ai travaillé avec un nombre raisonnablement important de personnes, l'Ordre du Phœnix. Nous nous opposions à Voldemort et à ses partisans. Je travaille toujours avec ce groupe pour maintenir la paix et nous assurer que toutes les activités malveillantes sont supprimées avant que nous ne puissions plus les contrôler. J'aimerais vous proposer une place dans l'Ordre. Vous êtes de toute évidence talentueux, intelligent et pragmatique. Je crois que vous serez une très bonne addition à notre groupe. »

Harry entendit un grognement de l'autre côté de la pièce. Il se tourna et croisa le regard méfiant du Professeur Snape.

Merde. Pensa Harry. Je ne veux pas m'impliquer. Ils peuvent se débrouiller sans moi, non ? Ils ont été très bien sans moi jusqu'à présent.

« Monsieur le directeur, je suis seulement Professeur de Défense Contre les Forces du Mal pour cette année. Je ne me suis pas lié pour une période plus longue que -»

« Vous pouvez peut-être changer d'avis. » Lui dit Albus plaisamment.

« Je pourrais, mais peut-être pas. Il ne me semblerait pas normal de m'impliquer dans quelque chose que je risque de quitter dans six mois. » Tâtonna Harry.

« Si vous ne voulez pas, libre à vous ; mais nous aimerions tout de même vous avoir dans l'Ordre aussi longtemps que vous souhaitez le rester. » Le pressa Albus.

Le Professeur Snape n'avait décidément pas l'air d'apprécier qu'Albus pousse Harry à se joindre à l'Ordre. Harry le remarqua et décida de s'en servir pour refuser la proposition. Normalement il ne serait pas si provocateur, mais il était désespéré et ne savait pas quelle excuse donner pour ne pas rentrer dans l'Ordre sans créer plus de suspicion autour de lui en simplement refusant la proposition. « Monsieur le directeur, je pense que je suis arrivé trop récemment pour pouvoir travailler correctement dans un groupe aussi bien établi que le vôtre. Certains membres ne voudraient peut-être pas travailler avec moi, ou me faire suffisamment confiance. »

« Oh, nous y revoilà. » Grogna Ron.

« Pourquoi ? Que se passe-t-il ? » Demanda Drago, vraiment perplexe.

« Jason et Severus ne…s'apprécient pas vraiment. Ils semblent être en désaccord. Souvent. Et lui faire confiance…pose problème à Severus…ce qui n'arrange pas la situation. »

« Mais Jason a sauvé la vie de Severus ! » S'exclama Drago doucement.

« Je ne pense pas que cela signifie quelque chose pour l'un comme pour l'autre. » Dit Ron en secouant la tête.

« Professeur, pensez-vous être capable de travailler avec moi ? » Harry s'adressa au Professeur Snape.

« Albus pense que vous serez une précieuse recrue. Je suis sûr de ne pas avoir de problème avec cela. » Répondit Snape de façon froide et factuelle.

Harry le regarda attentivement. « Vous ne savez pas quoi faire de moi, Professeur. Je sais cela. Vous vous méfiez de moi depuis le début, mais vous avez été déstabilisé par ce qui s'est passé l'autre soir. »

Le Professeur Snape dévisagea le jeune homme. « Je ne veux pas paraître ingrat, si c'est ce qui vous impliquez. »

« Je ne parle pas de cela et je ne me soucie pas de votre reconnaissance. Je vous ai entendu me remercier la première fois. Vous me soupçonnez depuis que j'ai commencé à travailler ici, et maintenant que je vous ai sauvé la vie, vous êtes confus. En y pensant, qui ne le serait pas ? J'ai voulu vous étrangler moi-même en de nombreuses occasions. » Quelques personnes sourirent à cela. « Mais je vous ai effectivement sauvé la vie et vous ne savez pas si je l'ai fait sans raison ou si j'essayais de vous endormir en m'attirant votre confiance tout en me préparant à autre chose. Ai-je raison ? »

Le maître des potions regarda simplement Harry et dit, « Je n'aurais aucun problème à travailler avec vous, si vous décidiez de vous joindre à l'Ordre, Professeur Green. »

Merde ! Il n'était pas censé être d'accord. Si on ne peut pas compter sur Snape pour être désagréable, sur qui peut-on compter ? pensa-t-il tristement. Harry ne parvenait pas à trouver d'autres excuses, il dit simplement, « J'y penserai et je vous le ferai savoir, Albus. »

« Très bien. Laissez-moi vous parler du genre de choses que vous feriez si vous décidiez de vous joindre à nous… » Commença Albus.


Les membres de L'Ordre quittèrent un par un le bureau d'Albus.

« Nous devons aller voir rapidement Albus pour lui donner quelque chose. » Dit Drago à Harry alors que lui et Ginny retournaient dans le bureau. « Attends-nous. Nous irons dans nos quartiers ensemble. Nous voulons te montrer quelque chose. »

« D'accord. » Harry s'appuya contre le mur en dehors du bureau et se mit à l'aise.

Le Professeur Snape émergea du bureau et le regarda en passant devant lui. Harry leva les yeux au ciel et secoua la tête. L'homme le vit. Il s'arrêta alors et se tourna pour faire face à Harry.

« Vous avez été impressionnant. » Observa-t-il doucement.

Harry soupira. « Je n'essaye pas de vous tuer, Professeur. »

L'expression de l'homme plus âgé ne changea pas. Mais il plissa les yeux de suspicion. « Même vous, devez admettre que tout ceci a très peu l'air …d'une coïncidence… je n'ai pas été attaqué avant votre arrivé mais soudainement, je le suis; et par chance, vous êtes capable de détruire une créature alors qu'aucune des personnes présentes ne le pouvaient. » Dit le professeur prudemment.

« Je vous ai déjà dit que si vous aviez lu ce livre, vous auriez su ce qu'il fallait faire, vous aussi. Et vous avez raison, Professeur. Ca a l'air d'une…coïncidence. Mais, allons, vous êtes un homme intelligent. Ca a un peu trop l'air d'une coïncidence, non ? Si j'avais voulu endormir vos soupçons pour que vous me fassiez confiance, je ne me serais pas préparé de façon si évidente. M'arranger pour être celui qui vous rejoint à temps aurait été un peu moins évident, non ? J'aurais pu arranger une situation que j'aurais aidée à régler au lieu d'être le seul capable de la régler. Ca aurait été un peu plus subtil. »

Le maître des potions devait bien admettre que Harry avait touché un point sensible. Il avait rapidement pensé le pire au sujet du professeur. Mais sa prudence et ses soupçons exagérés lui avaient permis de rester en vie de nombreuses années, quand il jouait son rôle d'espion, et il n'allait pas revenir sur ses doutes aussi vite. « Peut-être » fut tout ce qu'il dit avant de tourner les talons pour regagner ses quartiers.


« Veux-tu me répéter ça ? Tu t'es un peu trop apitoyé sur toi-même. Je n'ai pas compris la première fois. » Lui dit Tony en buvant sa bière. Harry avait émergé de la réunion avec Albus et le reste de l'ordre un peu plus qu'épuisé. Il était grincheux, énervé et généralement en rogne. Les seules personnes avec qui il passait vraiment du temps à Poudlard étaient Ron, Hermione, Drago et Ginny, mais pour l'instant, il n'avait aucune envie de voir des membres de l'Ordre. Il quitta la réunion et se dirigea vers ses quartiers pour étudier ou se détendre, mais il était si énervé et si plein de « pourquoi moi ? » qu'il était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. Il décida donc de sortir du château pour voir si Tony voulait aller boire quelque chose.

« Tu cherches juste souffrir un peu, tu sais ça, non ? » Lui dit Harry avec rage en tenant sa choppe de bière.

« Ouais, ouais. Tout ce que j'ai compris c'est que tu n'es demandé que pour une seule chose, ce qui en toute franchise ne me semble pas trop mal, » Lui dit Tony, en haussant un sourcil à son ami et en souriant de façon suggestive, « Et tu l'as déjà fait auparavant, ce qui me semble un peu douteux, et tu voulais dire au chef du groupe d'aller se faire voir, mais tu ne le pouvais pas -et je ne sais pas comment prendre cela, si je réfléchis à tout ce que je viens d'entendre. »

« Tu es malade, » Lui dit Harry en le regardant affectueusement. Il pouvait toujours compter sur Tony pour regarder les choses d'un œil nouveau quand son humeur était au plus bas.

« Eh bien, oui, mais je pensais que tu le savais déjà. Alors aide-moi. Qu'est-ce qui t'arrive ? »

Harry prit une profonde inspiration et recommença, « J'avais l'habitude de travailler pour ce groupe. Euh… je développais des drogues expérimentales et je faisais de la recherche, ce genre de chose. Certaines des choses que nous faisions, et les, euh, méthodes que nous utilisions étaient -» Harry cherchait avec difficulté le terme approprié. Attirantes, illégales, effroyables, terrifiantes à un énième degrés ? Pensa-t-il d'un air sombre. « - sans éthique. » Pour dire le moins pire, ajouta-t-il silencieusement. Il s'arrêta pour regarder son ami, qui le regardait droit dans les yeux, perplexe.

« Et ? » L'encouragea Tony.

« Et, eh bien, je ne suis pas fier des choses que nous avons faites. Certaines peuvent même certainement être considérées comme illégales, je pense. »

« Alors pourquoi les as-tu faites ? » Lui demanda Tony, sérieusement.

« Ils semblaient réellement vouloir aider les gens, et je voulais aussi les aider. »

« Alors pourquoi as-tu arrêté ? »

« Parce que je n'étais pas d'accord avec leurs méthodes, je crois. Je pense que c'est toute cette histoire : est-ce que la fin justifie les moyens. »

« Est-ce que ce groupe aide vraiment les gens, ou le prétendent-ils seulement ? Ce que je veux savoir c'est s'ils cherchent vraiment à développer de nouveaux médicaments pour aider les gens ou si c'est simplement une couverture pour des trafiquants de drogue ou quelque chose comme ça ? » Lui demanda Tony prudemment. Il était ami avec Jason depuis un certain temps maintenant et il savait qu'il était un homme de bon sens, mais il ne pouvait s'empêcher d'être un peu inquiet. Il n'était plus lui-même depuis qu'il avait perdu Greg.

« Non, » Répondit Harry en buvant. « Ils essayent vraiment d'aider du mieux qu'ils peuvent. »

« Et ton problème est… ? » Lui demanda Tony avec une expression confuse.

Comment dire cela… « J'ai été assigné à une tache spéciale, quand je travaillais pour eux. C'était parce que j'étais un expert en cette matière. » Le dire ainsi est un peu grossier. J'avais effectivement un talent particulier, j'étais le seul à pouvoir tuer Voldemort. Je me demande où l'on peut mettre ça sur un CV, pensa Harry avec amusement. « C'était assez désagréable. Si j'ai pu terminer la tache, c'est parce que je savais que j'allais aider beaucoup de personnes, mais si je n'avais pas pu continuer, beaucoup de personnes qui auraient pu être aidées, ne l'auraient pas été. » Harry attira l'attention du barman et commanda une autre boisson pour lui et pour Tony.

« L'as-tu fait ? »

« Ouais, mais je ne suis pas fier de la manière dont je l'ai fait. J'ai violé grossièrement toutes les règles éthiques que nous avons apprises à l'uni. Et je me suis senti vraiment très mal. » Leurs boissons arrivèrent et Harry prit fermement la sienne dans sa main. « Et maintenant ils veulent à nouveau que je travaille pour eux à cause de ce 'talent particulier' » D'un geste de la main, il fit des guillemets pour renforcer ces deux mots, « qui leur sera utile et précieux. Ils me veulent simplement pour ça. »

« Tes 'talents particuliers', ils te veulent juste pour ça ? Ce n'est pas étonnant que mon esprit soit dans le caniveau. Tout ce à quoi je pouvais penser était toi et les maisons closes, » Lui dit Tony pour alléger son humeur. Harry renifla simplement et laissa tomber.

« Qu'en penses-tu ? » Lui demanda Harry calmement.

« Donc, tu es d'accord avec leurs objectifs, mais pas avec leurs méthodes, c'est cela ? » Lui demanda Tony.

« Je crois. »

« Comment te sentirais-tu si tu retournais travailler pour eux ? »

« J'aimerais aider, mais je me détesterais pendant que je ferais le travail, je crois. » Lui dit Harry sincèrement.

« D'accord. » Dit lentement Tony, en regardant Harry avec un regard pénétrant. « Etait-ce vraiment si mal ? »

« Ouais, ça l'était. »

« Bien. Comment te sentirais-tu, si tu ne travaillais pas pour eux sur le projet sur lequel ils veulent te voir travailler ? » Quand Harry ne répondit pas, Tony le pressa, « Ils te veulent parce que tu as un talent particulier, c'est ça ? Je ne peux pas les blâmer pour cela. Tu es vraiment bon dans ce que tu fais. Comment te sentirais-tu si tu ne leur faisais pas bénéficier de ton talent, que le projet échoue et que les personnes qui ont besoin de cette aide ne l'aient pas ? » Lui demanda Tony, avec une perspicacité qu'il montrait rarement.

Harry le regarda fixement. C'était là, le cœur de son combat interne. Il ne voulait pas se joindre à eux. Il avait travaillé pour eux et il avait encore l'impression qu'il allait se noyer dans son propre mépris à cause de ce qu'il avait fait et de ce qu'il avait vu. D'un autre côté, des choses étranges se passaient autour de Londres ; et le Professeur Snape, un des espions d'Albus avait été attaqué à cause de sa trahison. Quelque chose se passait, mais il ne savait pas de quoi il s'agissait. Harry savait qu'il avait des talents que les autres professeurs ne possédaient pas et qui pouvaient les aider. Il savait qu'il ne serait plus capable de vivre s'il se passait quelque chose, qu'il aurait été en position d'aider mais n'avait rien fait. Son cœur et son sens des responsabilités étaient en guerre depuis qu'il était un jeune homme. Harry absorba silencieusement le conseil de Tony.

Tony regardait derrière Harry, sur le mur de l'autre côté de la salle, lui aussi réfléchissait à la situation. « Tu n'es pas stupide Jason. Nous savons tous les deux qu'il n'y aura jamais de limites claires et bien définies dès qu'il s'agit d'éthique. Ce n'est peut-être pas éthique d'utiliser des méthodes peu orthodoxes et interdites dans notre domaine, mais ne serait-ce pas non plus manquer d'éthique de ne pas aider quelqu'un alors que tu le peux ? Puisqu'ils sont tous les deux à la limite de l'éthique, l'un est-il plus éthique que l'autre ? »

Harry réfléchit à ce que Tony venait de lui dire. « Le moins pire de deux maux. » Marmonna-t-il.

« J'en ai bien peur. Et si ça ne fonctionne pas, tu sais que tu peux toujours avoir cette maison close, » Tony sourit en disant cela effrontément. Harry lui donna un coup de poing.

« Je ne saurai jamais comment tu fais pour dévier tous les sujets en sur une conversation cochonne. » Marmonna Harry.

« C'est un don. Je suis capable de ramasser une conversation cochonne dans un rayon de cinq milles mètres, je crois. En parlant de cela, » il pencha sa tête sur sa gauche, « Ils ont une conversation très cochonne. »

« Tony. » Dit Harry avec incrédulité en secouant la tête.

« Sérieusement, écoute. » Il imita alors les voix des deux hommes assis non loin d'eux, « Si lui et son protégé se montrent dans la ruelle samedi, emmène-les tous les deux dans ma chambre d'hôtel. J'ai réservé la chambre toute la journée et ils vont me faire passer un très bon moment. Ils ont quelque chose que je veux, et j'ai toujours ce que je veux. » Il remua les sourcils de façon suggestive pendant qu'il disait la dernière déclaration, « Wow, j'aimerais être aussi chanceux. »

« Tony, arrête ! Ils vont t'entendre. Je ne peux t'emmener nulle part, » Il rit. Harry se sentait beaucoup mieux que lorsqu'il était arrivé et il apprécia la présence de Tony le reste de la soirée.


Le jeune sorcier tremblait quand il se mit sur un genou devant son Maître.

« Qu'est ce qui prend autant de temps ? » Siffla son Maître, énervé.

« M-Mon Seigneur, les sorts sont difficiles à briser. Nous avons déjà perdu de nombreuses personnes -»

« Je m'en fous ! » Retentit la voix de la silhouette derrière l'écran. Le sorcier agenouillé grimaça. « Je veux le corps. Dépêchez-vous. Je perds patience ! »

« O-oui, mon Seigneur. » Bégaya le jeune sorcier en se hâtant de sortir de la pièce sombre tout en conservant son regard bas.

« Ce ne sera plus très long maintenant, » Dit doucement le Maître au sorcier debout à côté de lui, un sourire cruel sur son visage.


Harry essaya de penser à d'autres excuses à utiliser pour ne pas rejoindre l'Ordre ; mais à la fin, son sens des responsabilités prit le dessus et il se dit que puisqu'il savait que des choses étranges se déroulaient, ce serait égoïste de ne pas aider Albus quand il était en position de le faire. Soupirant profondément, il informa Albus de sa décision de se joindre à l'Ordre le vendredi après-midi. Albus avait été ravi et lui avait promis de le présenter à quelques-uns uns des membres de l'Ordre, quand le temps le permettrait. Ah, seulement quelques membres, Albus ? Alors vous voulez mes talents, mais vous n'êtes pas prêt à me faire confiance. Bien, ça marche dans les deux sens Albus. Je veux vos informations, mais je ne suis pas prêt à vous faire entièrement confiance, moi non plus. Je ne danserai pas stupidement à votre rythme, comme autrefois. Jamais plus, pensa-t-il amèrement.

Et c'est avec un moral bas qu'il accompagna Theresa à son rendez-vous chez le médecin samedi matin. Il s'assit avec elle dans le cabinet médical et patienta pendant qu'elle et le médecin discutaient de son état. Quand le médecin mentionna les médicaments appropriés, Harry se réveilla et fit attention. Theresa ne connaissait pas suffisamment les médicaments moldus pour être capable de se souvenir en détail de tout et il devrait sûrement lui réexpliquer plus tard. Il interrogea le docteur sur la posologie dont elle aurait besoin, puis après lui avoir expliquer qu'il était pharmacologue, il l'interrogea sur les avantages de ce médicament par rapport à d'autres existants sur le marché. Il voulait être capable de mélanger le médicament pour Theresa, il voulait donc connaître précisément pourquoi il utilisait certains ingrédients plutôt que d'autres. Le docteur l'avait beaucoup aidé et n'était pas du tout offensé d'être ainsi interrogé.

« Vous devez être le professeur dont Albus m'a parlé. » Observa le docteur alors qu'ils allaient quitter le bureau.

« Euh, oui. » Harry pensa que c'était bizarre de dire une telle chose pour un moldu.

« Oui, Albus est un de mes grands amis. Ma tante, Emmaline Vance, était une sorcière et elle avait pris l'habitude de me parler de Poudlard tout le temps. Ca me rendait jaloux. J'aurais donné n'importe quoi pour vivre dans un vrai château et de pouvoir jeter des sorts. » Dit-il avec mélancolie. « Eh bien. Bonne chance et revenez me voir s'il y a un problème, d'accord Theresa ? Oh et pendant que j'y pense, si à la pharmacie on vous demande si vous voulez un substitut chimique, refusez. En fait, ce sera mieux, je l'écris. » Il ajouta une courte note et leur tendit l'ordonnance. « Dites bonjour à Albus de ma part, voulez-vous ? Au revoir. » Leur dit-il alors qu'ils sortaient du cabinet.

« Oui, Monsieur, » Répondit-elle en serrant l'ordonnance. C'était son ticket vers une vie à peu près normale, et elle ne le laisserait tomber pour rien au monde.

Quand ils furent dehors, Theresa regarda son professeur avec interrogation, « Professeur Green, qu'est-ce qu'une pharmacie ? »

« C'est un magasin dans lequel on vend des médicaments. Certains médicaments soignent des maladies très particulières. Ils sont dangereux si les gens les prennent alors qu'ils ne sont pas malades. Donc pour avoir ces médicaments, vous avez besoin d'un docteur. Il donne à la pharmacie la permission par écrit qu'elle peut te les vendre. C'est ce que font les ordonnances. »

« Hmm. Allons-nous chercher les médicaments maintenant ? » Lui demanda Theresa.

« Oui. Il y a une petite pharmacie dans la rue. Nous allons aller là. » Harry fut heureux d'avoir la possibilité d'aller à nouveau dans sa pharmacie. Elle était amicale, et bien rangée. Elle avait eu plusieurs récompenses pour bon service depuis qu'il en était devenu propriétaire. Sa fierté et sa curiosité se mélangèrent et il voulut s'y rendre en tant que client. Personne ne le reconnaîtrait, parce qu'il portait son sort de dissimulation. Il remercia sa chance. Son charme dissimulait aussi le ton et la voix.

« Est-ce la pharmacie dans laquelle vous avez travaillé ? » Lui demanda Theresa avec curiosité.

« Non, si nous y allions, nous ne pourrions plus partir. Nous serions obligés de nous arrêter et de discuter avec tout le monde. Celle-ci a une bonne réputation, donc ça ira. » Lui assura Harry. Il se sentait un peu coupable de devoir mentir à Theresa.

Albus leur avait donné l'emplacement de plusieurs Porte au loin qu'ils pourraient prendre à Londres. Ils traversèrent une place tranquille qui n'était pas très éloignée de la rue et marchèrent le reste du chemin. Ils furent surpris de voir les Professeurs Weasley, MacGonagall et Snape accompagnés de Drago et Ginny, se balader dans la rue. Vous plaisantez. Est-ce qu'ils sont encore en train de patrouiller dans cette zone ?


« Vous plaisantez ! » S'écria Drago avec un léger étonnement. « Pourquoi est-ce que l'on ne nous en a pas parlé ? » Demanda Drago en faisant référence à lui-même et à Ginny.

« Nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de vous en parler. Nous n'avons pas eu de réunion depuis Noël et toi et Ginny avaient été plus ou moins tout le temps occupés depuis que vous êtes arrivés, et c'est assez normal, puisque vous n'êtes pas venus nous voir souvent. » Dit Hermione d'un ton apaisant.

« Alors, est-ce vrai ? Avez-vous vérifié ? » Demanda Drago qui sembla satisfait.

« Oui. » Acquiesça le Professeur Snape. « Minerva et moi avons surveillé cette zone de si près que l'un d'entre eux a même reconnu Minerva. »

Ginny fronça les sourcils, pensive. « Mais vous surveilliez cette zone de très près depuis un certain temps déjà, non ? »

« Oui ! » Lança Ron avec exaspération, « Et si nous devons continuer à la surveiller plus longtemps, je crois que je vais démissionner. » Personne ne dit rien, mais Hermione regarda son mari avec des yeux noirs.

« Je me demande comment il a pu voir ces sorciers alors qu'aucun de vous n'a pu. » Dit Ginny perplexe.

« Je me pose la même question, moi-même. » Offrit doucement le Professeur Snape. « Il a dit qu'il était de l'autre côté de la rue et qu'il avait une vision plus large que nous. Il a tout vu du coin de l'œil. »

« Severus, il a vraiment pu être capable de voir davantage s'il était de l'autre côté de la rue quand l'assaut a commencé et non au milieu de la foule. C'est une chance qu'il ait pu voir cela, autrement nous ne serions pas aussi avisé. » Le défendit Hermione.

Le Professeur Snape haussa un sourcil, « Oui, une chance. »

« Ne vous tournez pas, écoutez-moi attentivement. Vous êtes surveillés. » Une voix calme les interrompit.


Harry et Theresa donnèrent l'ordonnance au pharmacien- Tony était de service aujourd'hui. Theresa était fascinée par les cosmétiques moldus et demanda à regarder.

Harry était content que l'un des assistants en pharmacie soit venu lui demander si elle avait besoin d'aide. Il était fier que son personnel soit si attentionné et courtois. Les deux filles étaient en pleine discussion sur les produits alors Harry tourna son attention vers les cinq sorcières et sorciers qui étaient dans la rue qui jouxtait sa pharmacie. Il se demanda s'il devait sortir, leur dire bonjour et leur demander ce qu'ils faisaient là. Après tout, ça ne semblerait pas étrange. Les moldus rencontrent souvent des gens dans la rue. Il avait quelques minutes à perdre, il vérifia que Theresa était bien occupée puis sortit.

Alors qu'il se dirigeait vers eux, il vit Goyle junior marcher vers le groupe des cinq et hocha de la tête en les désignant tout en regardant un autre homme, qui pensa Harry, devait se trouver à sa gauche. Il se tourna et regarda les personnes qui se trouvaient dans les environs. Il reconnut certaines des personnes qui se cachaient derrière des journaux et magazines comme des anciens mangemorts et des personnes qui étaient à l'école avec lui. Certains étaient assis à une table, d'autres se promenaient dans la rue, comme il le faisait, mais il remarqua que tous observaient le groupe ou leur jetaient des coups d'œil fréquent sans attirer l'attention.

Harry se tendit et ses instincts se réveillèrent. Pour ne pas éveiller les soupçons, il se dirigea vers le groupe et se baissa en prétendant refaire les lacets de ses chaussures. Il murmura suffisamment fort pour que les cinq sorcières et sorciers l'entendent. « Ne vous tournez pas, écoutez-moi attentivement. Vous êtes surveillés. »

Il entendit Ron expirer difficilement et sentit tout le groupe se tendre immédiatement. « La plupart des hommes assis le long de la rue lisant des journaux ou des magazines, vous surveillent depuis un certain temps. C'est eux que j'ai vus, il y en a certainement davantage que je n'ai pas vu. » Dit Harry très doucement, en prétendant refaire maladroitement ses lacets. « Je pense que ce serait une bonne idée de retourner à l'école et de dire à Albus que vous avez été reconnu. » Sans rien dire de plus, 'Jason' se leva et retourna dans la pharmacie.


Le groupe des cinq était préparé pour une telle urgence. Avant chacune de leur mission, Albus donnait à chacun de ses professeurs (et à cette occasion, Drago et Ginny) des fioles remplies de la potion appelée metamorphagus. Elle avait été concoctée par le professeur Snape puisque Albus ne faisait confiance qu'à lui. Le groupe se dirigea rapidement vers les toilettes les plus proches et burent leur fiole dans l'intimité de leur toilette. Ca n'avait pas d'importance si on les avait vus entrer parce qu'on ne pourrait pas les reconnaître quand ils sortiraient. Le Professeur Snape avait rendu la potion un peu plus forte qu'elle ne l'était légalement permise et elle était capable de modifier leur aspect extérieur, mais aussi la forme du corps pendant une période donnée, un peu comme le fait le polynectar. Ils n'avaient plus ensuite qu'à jeter un sort sur leurs vêtements et ne pourraient ainsi plus être reconnus par les personnes qui les espionnaient.

Dans l'ensemble, la potion était très efficace, mais les crampes résiduelles et les autres effets secondaires étaient assez forts et vraiment déplaisants, ce qui expliquait pourquoi ils n'utilisaient pas cette potion plus souvent, mais c'était mieux qu'être blessé ou tué. Ils étaient capables d'identifier les autres grâce à une série de signaux arrangés préalablement. Une fois fait, ils se dirigèrent vers la pharmacie pour parler à Jason, certains de ne pas être reconnus.

« Maintenant que je regarde, je peux voir que nous sommes surveillés par certaines des personnes assises sur les bancs mais pourquoi n'avons-nous rien remarqué avant ? Maintenant que j'y pense, ça me parait un peu bizarre qu'il y ait tant de personnes assises là à lire le journal. » Marmonna Hermione.

« J'ai seulement vu des gens assis derrière leur journal, et j'avais l'impression que beaucoup de moldus s'assoient pour lire. » Observa le Professeur Snape.

« Eh bien, oui, ils le font, mais ce n'est pas normal d'en voir autant, je pense. » Répondit Hermione en regardant prudemment autour d'elle.

« C'est une bonne chose que Jason nous ait prévenu, mais que fait-il ici ? » Demanda Ron.

« Il nous a dit hier, qu'il devait emmener Theresa chercher ses médicaments aujourd'hui. » Lui rappela Hermione en levant les yeux au ciel. Elle remarqua que Ginny et Drago avaient l'air perdu et elle leur expliqua l'état de santé de Theresa et le rôle qu'avait joué Jason.

« Regardez, il est là, » Minerva le désigna discrètement. Harry se tenait devant une étagère de vitamines se trouvant à l'entrée de la pharmacie. Il pouvait ainsi garder un œil au dehors et voir ce qui se passait. Il ne voyait plus Drago, Ginny et les professeurs, mais cela ne voulait pas dire qu'ils étaient retournés à l'école, et c'est ce qui l'inquiétait. Les mangemorts étaient à nouveau actif et s'il en jugeait par le comportement de ceux qui surveillaient le petit groupe, il soupçonnait que ce qu'ils préparaient aujourd'hui les impliquaient.

Il fut surpris quand un petit groupe composé de cinq personnes, qu'il ne connaissait pas, l'approcha. Au début, il pensa qu'il s'agissait de ceux qui espionnaient le groupe venu de Poudlard. Il crut qu'ils l'avaient vu leur parler malgré sa prudence, mais il fut rapidement convaincu de leur identité quand ils leur donnèrent des détails que seuls Drago, Ginny, Severus, Minerva, Ron et Hermione pouvaient savoir. Une fois qu'il fut assuré qu'ils étaient bien qui ils proclamaient être, il leur demanda pourquoi ils étaient ensemble dans le Londres moldu, prétendant ne pas connaître les réponses. Albus ne lui avait pas donné cette information, ni tous les desseins et objectifs de leur mission, et il n'était pas censé connaître quoi que ce soit à ce sujet, mais il voulait voir s'il pouvait obtenir quelques informations de l'un d'eux.

« Eh bien -»

« Theresa Chan, » appela Tony. Theresa regarda Harry puis se dirigea vers le pharmacien pour prendre les médicaments.

« Excusez-moi, » dit Harry en rejoignant Theresa au comptoir. Une fois que Tony eut découvert que Theresa n'avait jamais pris ces médicaments avant, il lui expliqua la bonne posologie et les effets indésirables dont elle pourrait faire l'expérience. Tony était une personne amicale et il mit Theresa immédiatement à l'aise. Harry était content d'avoir laissé sa pharmacie dans des mains aussi compétentes. Il alla même jusqu'au comptoir avec elle et calcula sa note lui-même.

« Ce n'est pas souvent qu'une jolie jeune fille m'appelle 'monsieur'. Je vais enregistrer moi-même votre facture. »

« Vous êtes pharmacien et vous êtes capable d'utiliser une caisse enregistreuse. Vous êtes un homme de talent. » Rit facilement Harry.

« Oui, eh bien, je devrais vous le faire mettre par écrit, comme ça je le montrerai à mon patron. Je ne pense pas qu'il se rende compte à quel point je suis précieux. En fait, je lui rappellerai à quel point je suis un employé de valeur la prochaine fois que je le verrai. Et peut-être pourrais-je lui demander une augmentation, qu'en pensez-vous ? » Lui demanda Tony, en plaisantant facilement avec Harry et Theresa.

Ils n'arrivèrent jamais devant la caisse enregistreuse parce qu'un groupe d'hommes armés d'automatiques et de semi-automatiques défoncèrent la porte principale et ouvrirent le feu sur la pharmacie. Les réflexes d'Harry entrèrent immédiatement en action et dès que les hommes firent feu, il fonça sur Theresa et la jeta derrière le comptoir devant lequel ils se tenaient. Elle était ainsi protégée, puis sauta à son tour derrière le comptoir pour la rejoindre. Sans réfléchir, il s'accroupit devant elle et se servit de son corps comme bouclier. Certaines personnes avaient plongé pour se cacher et d'autres étaient restées debout sous le choc. Harry avait peur que ces personnes soient trop effrayées pour bouger, mais il vit qu'elles furent rapidement tirées par d'autres personnes déjà à plat ventre.

Les sorts qu'Harry avait placés sur sa pharmacie l'alertèrent que ses occupants étaient en danger. Entre l'alarme qui résonnait dans ses oreilles, Theresa qui criait et pleurait hystériquement, les autres clients de la pharmacie qui eux aussi criaient et le bruit des balles tout autour de lui l'empêchaient de réfléchir. En regardant autour de lui, il remarqua que Tony était accroupi entre deux comptoirs, non loin de lui, sur sa gauche. Drago, Ginny et les quatre professeurs s'étaient cachés à quelques mètres de lui, sur sa droite. Ils étaient avec un petit groupe de femmes et d'enfants.

Même si personne ne faisait attention à lui, il ne pouvait pas se servir de la magie parce que les balles ricochaient dans toutes les directions et qu'il était dangereux de se montrer. Il avait besoin de voir ses cibles. Quand Harry osa jeter un œil, il eut l'impression que les hommes cherchaient plus à endommager les murs qu'à faire du mal aux gens. Il rentra rapidement la tête quand une nouvelle rafale de balles vint dans sa direction, mais il la releva quand il entendit Tony crier. Il était tombé face contre sol. Harry voyait une tache rouge sombre se former sur la blouse du pharmacien où une balle s'était logée dans son épaule gauche. Merde !

« Theresa, » Dit Harry en secouant son étudiante pour qu'elle fasse attention. Elle ne remarqua pas Harry et continua à crier. « Theresa ! » dit Harry un peu plus fort, mais ça ne servait à rien. Il soupira d'exaspération, attrapa son menton entre deux doigts et l'obligea à le regarder.

« Theresa, » Dit-il plus fort, au-dessus du bruit des balles, « quelqu'un a été blessé et je dois aller voir s'il va bien. Reste là. D'accord ? Reste par terre. »

Theresa pleurait et secouait la tête, ses yeux écarquillés par la peur. Elle entendait les balles, tirées de quelque part sur sa gauche.

« Non, professeur -»

« Theresa. Vous irez bien. Restez par terre. Ne vous relevez pas avant que je vienne vous voir et vous le dise, d'accord ? Restez. Par. Terre. » Harry fit signe au professeur MacGonagall, en tout cas, il pensait que c'était le professeur MacGonagall, qu'il allait vérifier l'état de l'homme blessé et qu'elle devrait rester avec Theresa. Il n'y avait aucun moyen que le professeur MacGonagall, ou qui qu'elle soit, puisse venir où ils étaient. Ils étaient cachés avec un groupe de femmes hystériques et d'enfants qui se tenaient à eux comme si leur vie en dépendait et ne pouvaient bouger, même s'ils le voulaient. Elle haussa les épaules et secoua la tête, elle ne pouvait rien faire.

Il jura, marmonna un sort compliqué et créa de façon discrète un bouclier autour de Theresa pour la protéger pendant son absence. Il bougea de telle sorte que son corps cachait les petits gestes qu'il effectuait pour enlever le sort jeté sur sa pharmacie. Il s'admonesta silencieusement. J'aurais dû faire ça tout de suite ! Tu perds définitivement ton talent. Il était satisfait de voir que son élève était en sécurité, il se dépêcha de se rendre aux côtés de Tony en faisant attention à rester bas pour éviter d'être touché par une balle perdue.

« Comment tenez-vous le coup ? » Lui demanda Harry quand il eut rejoint Tony.

« J'ai été mieux, » Répondit Tony en serrant les dents. Il était dans un monde de douleur. « Je ne comprends pas. Comment ai-je été touché ? Je suis resté à terre et tout. »

« Une balle doit avoir ricochée sur la table derrière vous. Je sais que c'est douloureux mais je veux voir si la balle a traversé le corps, d'accord ? »

« Etes-vous docteur ? » Lui demanda Tony quand Harry souleva son épaule pour voir s'il y avait une blessure sur sa poitrine qui serait en correspondance avec celle de son dos.

« Non. Mais je me suis déjà occupé de blessures légères, » Répondit Harry sans manquer un battement. « Ouaipe, elle est ressortie. » Il reposa Tony.

« Je dois vous dire que je suis hémophile, je crois donc que j'ai quelques problèmes, hein ? » Dit Tony en serrant sa mâchoire pour gérer la douleur.

Harry connaissait l'état de Tony, ce qui était la raison pour laquelle il était si inquiet, « Tenez bon jusqu'à ce que nous puissions faire venir une ambulance ici, d'accord ? » Répondit Harry, pendant qu'il remontait sa longue manche et pressait sur la blessure pour ralentir l'écoulement de sang. En le faisant, il fit passer un sort standard entre ses doigts pour réduire la douleur, en colère que son ami ait été blessé et espérant pouvoir lui apporter plus de soulagement. Il devait sortir Tony de là rapidement.

« Professeur ! » Cria Theresa quand une lumière au-dessus d'elle éclata et que les éclats lui tombèrent dessus.

Bien que le verre tomba sur elle, il ne la toucha pas. Les débris semblaient tomber à quelques centimètres de sa peau, comme le voulait le sort de protection qu'Harry avait jeté sur elle. Elle avait si peur d'être coupée et brûlée qu'elle ne réalisa pas qu'elle n'était pas blessée.

« Theresa. Tu vas bien. Reste où tu es. » Harry essaya de la rassurer mais elle ne pouvait pas l'entendre et elle cria, d'un cri perçant et l'appela à nouveau.

« Professeur ! »

Harry allait quitter Tony et retourner vers Theresa quand une voix non familière cria :

« STOP ! ARRETEZ DE TIRER ! »

Les hommes s'arrêtèrent instantanément en entendant l'ordre, mais il fallut un peu plus longtemps pour que les personnes dans la pièce qui criaient, y compris Theresa, se taisent. Entre temps, le grand blond qui donnait les ordres pencha sa tête d'un côté, écoutant leurs cris et hurlements alors qu'ils s'arrêtaient graduellement et se dirigea vers le comptoir derrière lequel Harry, Theresa et Tony se cachaient, et ne s'arrêta que lorsqu'il atteignit la section dans laquelle Theresa se cachait.

« Quelqu'un a appelé son professeur, et je crois que c'était toi, » Dit-il d'un ton menaçant en passant la main sous le comptoir. Theresa avait vu la main et s'était reculée.

Il resta où il était et la regarda d'un air menaçant. « Je veux savoir qui est ton professeur, petite fille. Dis-moi. » Harry ne voulait pas se révéler en tant que sorcier s'il n'y était pas obligé, mais il devait définitivement faire quelque chose. Il regarda les sorcières et sorciers pour voir s'ils pouvaient faire quelque chose, mais les femmes et enfants qui étaient cachés les tenaient toujours, ils étaient effrayés. Ils n'étaient pas en position de faire quoi que ce soit. Son esprit travailla rapidement.

« Allons, petite fille. Où est ton professeur ? » Theresa ne répondit pas, ses yeux agrandis par l'effroi, elle secoua la tête en un 'non' silencieux tout en se reculant, jusqu'à ce que son dos touche le mur. L'homme blond s'impatientait et il contourna le comptoir pour se rapprocher d'elle, ses yeux s'illuminèrent et sa main se tendit vers elle. Il tendit la main pour l'attraper, mais sa conscience éclata dans une explosion de sang et de douleur. Il regarda avec choc sa main pleine de sang. Il s'évanouit.

Tout le monde fut momentanément stupéfait. Harry avait agi avec une telle rapidité que personne ne comprenait vraiment ce qui était arrivé. Accroupi à côté de Tony, Harry se demandait s'il devait ou non se révéler en tant que sorcier à l'homme qui essayait d'attraper Theresa. En cherchant à prendre sa baguette, il se rappela rapidement que Tony lui avait dit que maintenant qu'il y avait tant de violence liée aux gangs aux alentours de Londres, il avait commencé à porter un petit couteau dans la poche arrière de son pantalon, pour sa propre protection.

« Un couteau, Tony ? »

« Eh bien, oui. Je pense que ça devient nécessaire. Même ma fleuriste porte un couteau sur elle ces derniers temps. C'est devenu aussi mauvais, Jason. »

« Ouais, mais sais-tu au moins t'en servir correctement ? »

« Est-ce vraiment si difficile ? Ce n'est pas comme si c'était vraiment un gros couteau. Tu vises et tu lances, non ? »

« Oui, mais, sais-tu viser et lancer ? Tu sais, tu étais toujours le dernier à être pris dans les équipes à l'école. »

« Ouais… »

Quand Harry vit l'homme essayer d'attraper Theresa, il avait pris le couteau de Tony sans y penser une seconde fois, sortit le couteau et le lança - et il se logea de lui-même dans la paume de l'homme qui essayait d'avoir son élève. L'homme fut projeté en arrière par le choc et la douleur. Pendant que l'attention de tout le monde était portée sur l'homme blond, Harry concentra rapidement sa magie et jeta un simple sort paralysant sur lui avec de simples gestes de la main. Il tomba sur le sol comme s'il s'était évanoui.

Harry profita du choc momentané et de la confusion pour courir vers l'homme le plus proche de lui et lui arracher son arme avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il se passait..

Harry savait que ces hommes n'agissaient sûrement pas sous l'influence de l'imperium et leur demander de baisser leurs armes serait une perte de temps, il laissa donc échapper une rafale de balles sur le sol devant eux ; au même moment il jeta discrètement un sort pour les stupéfier. Puisque l'attention de tout le monde était focalisée sur ce qu'il faisait avec le revolver, personne ne regardait son autre main qu'il gardait à côté de sa jambe pendant qu'il libérait sa magie. Harry avait espéré être capable de les stupéfier avant qu'ils ne reviennent à eux et lui tirent dessus, mais il ne fut pas assez rapide. L'un d'eux parvint à tirer une série de balles avant d'être stupéfié. L'une d'elles frappa l'épaule d'Harry et trois la poitrine.

Une personne raisonnable n'aurait pas pensé moins d'Harry pour ne pas avoir éviter toutes les balles, puisqu'il essayait de faire plusieurs choses en même temps, mais Harry ne pouvait pas se le pardonner. Merde ! Je dois être devenu plus lent. Ca n'aurait pas été un problème lors des vieux jours, pensa-t-il en s'allongeant sur le dos. Où est la police ? Pensa Harry. Il tourna la tête et vit ce qui ressemblait à un camion de CRS. Ils avaient encerclé la pharmacie et attendaient une opportunité pour pouvoir entrer. Super les gars, où étiez-vous, bon sang, il y a deux minutes ? Pensa Harry douloureusement.

Il grimaça en se levant et fit le tour de la pièce des yeux pour voir si une autre personne avait été blessée. Voyant que personne n'avait l'air blessé, il retourna voir Theresa et Tony. Theresa était seulement sous le choc, mais Tony avait perdu beaucoup de sang. Son sang n'avait pas encore commencé à coaguler autour de la blessure, malgré les efforts d'Harry pour ralentir l'épanchement de sang.

Les CRS, qui n'entendaient plus les tirs, entrèrent dans la pharmacie, et ils en profitèrent pour prendre d'assaut le bâtiment. Ils entrèrent par équipe et se déplacèrent pour qu'il y ait plusieurs hommes dans toute la pièce.

Dans toute cette confusion, Harry entendit deux cracks. Deux anciens mangemorts qui étaient assis dehors à surveiller les professeurs, Drago et Ginny, apparurent dans un coin de la pièce. Avant qu'il ne puisse réagir, la pièce s'était remplie d'une épaisse fumée. Les CRS n'en étaient pas responsables. Ils hurlaient des instructions les uns aux autres dans la confusion, mais Harry pouvait entendre plusieurs voix autour de lui.

« Lève-le. Nous ne pouvons pas laisser les moldus le trouver. »

« As-tu vu Snape ou Malfoy dans les environs ? »

« Non. Je n'ai pas vu MacGonagall n'ont plus. Dépêchons-nous avec ça. »

« J'essaie ! portus !… Allons, tire-le de manière à ce qu'il touche ceci. Merde. Nous sommes dedans cette fois. »

« Professeur ! Professeur ! Est-ce que vous allez bien ? » Harry déplaça son regard alors que la voix de Theresa le ramena à la conscience.

« Jason ! Nous devons partir maintenant. Nous pouvons gérer cela à l'école, nous n'avons rien sur nous pour vous aider, mais Pompom pourra vous guérir plus rapidement que des moldus. »

« Hein ? Non, attendez, je dois vérifier -»

« Professeur Green, nous devons partir immédiatement. Notre implication ne peut pas être découverte. » Ce doit être Snape, pensa Harry en entendant le ton de la voix. Il sentit qu'on le soulevait pour qu'il se mette debout puis on le soutint.

« Je peux tenir debout tout seul. Je vais bien -» Commença-t-il à dire, mais fut rapidement coupé.

« Restez bas. Nous devons utiliser le brouillard pour partir. Il y a une porte arrière. » Dit l'une des personnes de leur groupe é alors qu'ils le soutenaient toujours.

Ils coururent à moitié, chancelèrent à moitié jusqu'à l'arrière de la pharmacie. Il y avait tant de personnes qu'ils ne pouvaient pas tous les éviter, et l'un d'eux envoya rapidement des sorts de stupéfiction sur les gens qu'ils croisaient, et en utilisant le brouillard pour cacher le fait qu'ils tenaient une baguette.

« Attendez une minute ! » Cria Harry en se débattant pour se dégager de la personne qui le tenait et le tirait en même temps.

« Nous devons nous dépêcher ! » Siffla l'un d'eux.

« Non, laissez-moi prendre quelque chose. Nous en aurons besoin, je pense. » Dit-il en chancelant et en passant devant eux. Ils se trouvaient dans une petite kitchenette à l'arrière de la pharmacie et Harry avança d'un pas trébuchant vers le garde manger pour prendre quelque chose. Ses mains tombèrent sur une cuillère, il la prit donc et retourna vers le groupe. Albus avait dit à Harry qu'il y avait un Porte au Loin dans une ruelle à l'autre bout de la rue principale, mais il saignait assez abondamment et il attirerait un peu trop l'attention en allant jusque là à pied. Les deux hommes qui avaient transplané à l'intérieur de la pharmacie avaient un Porte au Loin, et Harry était décidé à suivre leur exemple.

« Dépêchez-vous ! » Murmura de façon urgente l'un des membres du groupe en sentant quelqu'un tenir à nouveau son bras.

« Sortons d'ici, » Dit Harry alors que le petit groupe se dirigeait vers la porte arrière, qui donnait sur un petit chemin rempli de poubelles et d'autres déchets.

Il était vrai que Harry souffrait mais il avait appris à surmonter la douleur et à la gérer pendant la guerre. On lui avait expliqué qu'il était possible d'endurer même la douleur la plus insoutenable et c'était grâce au pouvoir de la volonté, de l'endorphine et de l'adrénaline. Il disait la vérité au groupe quand il disait qu'il pouvait marcher tout seul. Il savait par expérience qu'il était capable de gérer la douleur et faire ce qu'il avait à faire. Il devait admettre cependant qu'il était bon d'avoir des personnes décidées à l'aider. Harry arrêta donc de se débattre et permit au groupe de l'aider à sortir de la pharmacie.

« Ici, » Dit Harry en donnant la cueillere à l'une des personnes de leur groupe.

« C'est pour quoi faire, Professeur ? » Demanda Theresa nerveusement.

« Nous avons besoin d'un Porte au Loin pour partir d'ici, » Expliqua Harry.

« Bien sûr, » Dit l'une des personnes en jetant le sort qui transformerait la cueillere en dit Porte au Loin. Harry aurait pu le faire lui-même, mais il y avait une très bonne raison pour laquelle il ne le proposa pas. Quand on lui avait mentionné que Mme Pomfresh prendrait soin de ses blessures, il se rappela qu'une fois sa chemise enlevée, elle verrait les cicatrices qui décoraient son torse, son dos et ses bras. Elle en parlerait inévitablement à quelqu'un et se poserait encore plus de questions. Et il ne voulait vraiment pas s'occuper de cela pour l'instant.

Pendant que l'un des professeurs, Ginny ou Drago, il ne pouvait pas le dire, jetait le sort Portus, il jeta lui-même un charme de dissimulation qui se combinerait avec celui qu'il portait déjà et qui dissimulerait ses cicatrices mais laisserait visible les blessures qu'avaient provoqué les balles. Pour avoir plus de temps, il prétendit avoir une crise de toux (assez douloureuse). En faisant cela, il se concentra sur son apparence. Il savait de quoi il avait l'air et il se concentrait maintenant pour modifier cette image. Il enleva toutes ses cicatrices, sauf quelques-unes, juste pour l'effet. Pendant que les professeurs essayaient de l'aider à s'asseoir confortablement sur le sol, il libéra discrètement sa magie.

Il avait laissé sa surchemise à manche longue à Tony, dans la pharmacie et ne portait qu'une chemise fine à manche longue. Même s'ils n'étaient qu'en janvier, il prétendit avoir chaud et releva ses manches, pour vérifier que le sort ait fonctionné. Il était assez confiant sur sa capacité à manipuler sa propre magie, mais ça ne faisait aucun mal de vérifier. Il soupira de soulagement quand il vit que ça avait fonctionné.

« Jason, laisse-moi guérir ces blessures un peu, » Lui demanda l'une des personnes du groupe. « Je ne suis pas guérisseuse, mais je peux ralentir l'épanchement de sang en refermant un peu la blessure. »

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Les balles devront sortir et si tu fermes les blessures, Pompom devra les rouvrire, » Répondit Harry, en respirant bruyamment. « Douloureusement, j'imagine. » Dit-il en grimaçant.

« Je les fermerai légèrement. Je ne pourrais pas les refermer entièrement même si j'essayais, je ne suis pas guérisseuse. Tu perds trop de sang, et il y a encore une grande distance entre l'endroit où nous arriverons grâce au Porte au Loin et le château.

Harry était de son avis et deux personnes, il ne pouvait pas dire qui, ce qui était assez énervant, ouvrirent sa chemise et fermèrent légèrement les blessures. Il les sentit se plisser et vit que le sang coulait moins librement maintenant.

« Merci, » Dit Harry, encore essoufflé. Ses mains maniaient maladroitement les boutons qu'il voulait rattacher pour restaurer sa dignité. Le groupe tout entier regardait fixement sa poitrine et ses blessures, grimaçant de façon compatissante à la douleur qu'il devait ressentir, toutes ces choses énervaient Harry et les personnes qui le regardaient fixement était en haut de la liste. Il y avait eu suffisamment de personnes qui le dévisageaient ainsi quand il était plus jeune et ne le supportait plus maintenant. L'un des membres du groupe s'activa et attacha les boutons de la chemise d'Harry à sa place, frappant ses mains tremblantes pour les éloigner pour le faire.

« Bien, allons-y, » Dit le mystérieux sorcier, qui avait transformé la cuillère en Porte au Loin. Ils s'avancèrent tous pour le toucher, et ils se sentirent transportés dans un petit village aux portes de Poudlard, ce qui était le plus proche du château qu'ils pouvaient l'être. Il était possible de prendre un Porte au Loin pour sortir de Poudlard, mais impossible de voyager par Porte au Loin pour entrer au château.

Quand ils arrivèrent, Harry vit qu'on avait conjuré un brancard pour lui.

« Oh, bon sang, non ! Il n'en est pas question ! Je peux marcher, » Dit-il. Des années plus tôt, il ne s'était jamais permis d'être porté sur un brancard à moins d'être inconscient, et ainsi incapable de protester. Et de ce point de vue, il n'avait absolument pas changé. Ses yeux perçants aperçurent un de leur membre lever sa baguette et rapide comme une flèche, il sortit la sienne. « Ne pensez même pas à me stupéfier, parce que je ne vous laisserai pas faire. C'est simplement une affaire de fierté, alors laissez tomber. Je suis sûr que certains d'entre vous pourront comprendre cela. Mes blessures ne menacent pas ma vie et nous avons avancé si rapidement que je n'ai pas perdu suffisamment de sang pour avoir des problèmes. En tout cas, vous avez ralenti l'écoulement de sang, ce n'est donc pas encore un réel danger.

« Nous comprenons. »

« Merc -» Commença Harry. Il ne put pas finir sa phrase parce que Theresa avait sortit sa baguette et avait stupéfié son professeur par derrière, désespérée de ne pas être capable de l'aider.

« Merci, Miss Chan, » Dit l'un des professeurs en pointant sa baguette sur Harry et en lançant un sort pour déplacer le jeune homme sur le brancard. Deux des membres du groupe utilisèrent leur baguette pour guider le brancard jusqu'au château.