« Bon sang, que s'est-il passé ? » S'écria Pompom alors qu'elle se hâtait vers le groupe et leur faisait signe de déposer Harry sur un lit. « Et qui êtes-vous ? » S'exclama-t-elle en levant sa baguette vers les étrangers quand elle réalisa qu'elle ne reconnaissait aucune des personnes qui accompagnaient Harry.
« Pompom, c'est moi, Minerva, » Répondit le professeur avec impatience en faisant le signal qui lui permettait d'être reconnue en tant que professeur de Poudlard. Les autres firent le même geste à Pompom qui hocha de la tête et retourna vers son patient.
« Que lui est-il arrivé ? » Demanda-t-elle brusquement alors qu'elle se déplaçait rapidement vers une étagère remplie de potions et revint avec plusieurs flacons. Elle déversa un peu du contenu d'une fiole dans plusieurs tasses et les offrit à tous les membres du groupe, sauf à Theresa, qui regardait toujours avec inquiétude son professeur, allongé sur le lit. Il respirait avec difficulté, son torse et ses vêtements étaient couverts de sang. Les cinq sorcières et sorciers burent la potion, qui dissiperait l'illusion créée par la potion metamorphagus.
« On lui a tiré dessus, à plusieurs reprises, » Répondit l'un des membres du groupe. L'illusion commençait à s'effacer et les cinq personnes ressemblaient un peu plus à ce qu'elles étaient sans la potion. Le processus prendrait quelques minutes avant de leur rendre totalement leur apparence originale.
« Seigneur tout puissant, » S'écria surprise Madame Pomfresh, en courant vers son étagère de potions. Elle revint avec plusieurs flacons. Elle ranima Harry qui se mit immédiatement à hurler contre toutes les personnes du groupe pour avoir fait quelque chose d'aussi méprisable que de le stupéfier alors qu'ils venaient de lui assurer qu'ils ne le feraient pas. Il aurait dirigé ses commentaires contre la personne responsable, mais il ne savait pas qui l'avait stupéfié.
« Vous l'avez stupéfié ? Bon sang, pourquoi ? » Demanda l'infirmière en essayant de calmer son patient.
« Madame Pomfresh, » Dit Minerva assez fort et de façon soudaine, « Avez-vous une potion qui pourrait calmer la jeune Miss Chan ? Elle a traversé pas mal de chose et je suis sûre que se reposer lui ferait le plus grand bien, » Dit Minerva avec un regard perçant. Le groupe se rassembla ensuite autour d'elle. Cette conversation attendrait que leur élève soit endormie. Une fois que Pompom l'eut installée dans un lit de l'autre côté de la salle, assez loin du groupe, elle leur demanda instamment de baisser la voix. Drago revint sur leur conversation.
« Nous l'avons stupéfié parce que Capitaine Borné ne nous a pas laissé le mettre sur le brancard. Et, Jason, aucun de nous n'a dit que nous ne le ferions pas. Minerva a simplement dit qu'elle comprenait ce qui tu disais, c'est tout. » Lui dit Drago avec ferveur.
« Elle n'a pas très bien compris, si elle a permis que cela arrive, » Répondit Harry froidement.
« De toute façon, tu aurais dû nous laisser faire » Lui dit Ron en prenant la défense de Minerva. « Ca n'aurait pas dû être si important. »
Harry le regarda quelques instants, puis répondit très calmement et sérieusement. « C'est personnel. Tu ne comprendrais pas. » Il s'allongea sur le lit et détourna son regard du groupe. Le silence était tendu et dans le but de réduire le malaise, madame Pomfresh alla voir Drago, Ginny et chacun des professeurs qui s'étaient allongés près du lit d'Harry. Les effets secondaires de la potion metamorphagus allaient commencer et ils allaient avoir besoin de potion pour apaiser la douleur et pour dormir. Ils avaient besoin de se reposer le reste de la journée et la nuit.
« Et pour vous, » Dit-elle quand elle revint auprès d'Harry, « ces balles doivent sortir. Je suis désolé, mais ça va être douloureux, » Dit Pompom d'une voix ferme et professionnelle en s'approchant d'Harry avec sa baguette. Harry grogna.Comme autrefois, comme autrefois, il soupira intérieurement.
Harry regarda et grimaça un petit peu, quand Pompom ouvrit ses plaies et murmura un sort d'extraction pour faire sortir les balles. C'était encore douloureux, même s'il avait pris la potion pour endormir la douleur que Pompom lui avait donnée. Il la regarda guérir les dommages faits au tissu et nettoyer les plaies. Elle parlait d'une voix douce et rapide. Elle s'arrêtait à peine pour respirer. Ses mains se déplaçaient avec une adresse qui venait d'années de pratique, et une gentillesse qui parlait plus de son souci de ses patients qu'aucun mot ne le pouvait. « Voilà. Maintenant restez immobile pendant que je…là, » Dit-elle alors qu'elle raccordait les blessures et les nettoyait avant de les faire entièrement disparaître, ne laissant rien d'autre qu'une légère cicatrice.
« Maintenant écoutez, » Dit-elle plus sérieusement. « Je n'étais pas très contente qu'un professeur vous ait stupéfié, mais maintenant je le suis. » Harry voulut protester, mais elle leva une main pour l'intimer au silence. « Outre le fait que les balles logées dans votre épaule aient abîmé certains de vos ligaments et muscles, l'une des balles logées dans votre poitrine frôlait le poumon. Les dommages furent facilement réparables…cette fois. Mais si vous aviez essayé de marcher jusqu'au château, ça aurait été pire, et si ça avait été le cas, j'aurais été très en colère contre vous. »
« Pompom, je -»
« Je ne veux rien entendre, » L'infirmière parla à Harry. « Je vais vous donner des potions pour soigner les dommages faits à votre épaule, une autre pour reconstituer votre sang et une dernière pour vous faire dormir. Vous avez besoin de vous reposer un peu. Une fois que les effets des potions se seront dissipés, je vous examinerai à nouveau, mais je pense que vous pourrez partir. Il n'y a pas de dommages irréparables, mais ce n'est pas grâce à vous. »
« Merci Pompom, j'apprécie. » Et Harry appréciait vraiment. Il avait passé de nombreuses heures, soigné par Pompom quand il était plus jeune et aucune des infirmières qu'il avait rencontrées après avoir quitté Poudlard, ne lui avaient donné l'impression d'être aussi bien soigné. Elle partit mais revint rapidement avec une chemise puisque l'autre ne pouvait plus être portée, et les bras chargés de potions. Oh mon garçon, ça fait remonter des souvenirs. J'ai déjà été sur cette route avant. Il accepta la chemise avec reconnaissance mais protesta sur le goût des potions, plus par habitude qu'autre chose. Pompom partit en secouant la tête, légèrement exaspérée.
« Cet homme s'est fait tirer dessus, les larmes de dieu seules savent combien de ligaments ont été ont été touchés, une balle a frôlé son poumon, il a répandu du sang un peu partout sur mon sol, mais il rouspète contre le goût des potions parce qu'elles le dérangent. J'abandonne ! »
« Merci Pompom ! » Cria Harry. La potion commençait à faire effet et il s'endormit.
« Dites-moi tout, » Dit Albus doucement aux membres de l'Ordre en s'approchant d'eux, à l'infirmerie. Albus les trouva assis sur leur lit. Ils discutaient calmement entre eux. Aucun d'eux n'avait pris la potion qui les ferait dormir et ils ne la prendraient pas avant le soir parce qu'ils savaient qu'ils auraient besoin d'elle pour dormir toute la nuit.
Il fallut à Minerva un peu plus de quarante cinq minutes pour expliquer tout ce qui s'était passé. Mais elle n'avait pas tout vu et elle ne pouvait donc pas en informer Albus. Elle ne pouvait pas lui dire qu'au milieu de la confusion et de la fumée, deux sorciers étaient apparus dans la pharmacie et avaient secouru l'homme blond qui avait menacé Theresa.
« Où a-t-il trouvé le couteau ? » Demanda Albus avec curiosité. « Etait-ce le sien ? »
Ron haussa les épaules, impuissant, « Je n'en ai aucune idée. Ca devait être le sien. »
« Pourquoi a-t-il lancé un couteau quand -» Commença à demander Albus.
« Je ne sais pas. » Répéta Ron. « Je regardais l'homme blond. On aurait dit qu'il allait attraper Theresa…Je ne pouvais pas supporter de rester là sans rien faire, Albus. J'ai essayé d'aider, mais je ne pouvais pas sortir ma baguette. Les gens avec lesquels j'étais caché s'étaient accrochés à moi et je ne pouvais pas les secouer…Je pense que c'est parce que j'ai fait l'erreur de leur dire de ne pas s'inquiéter et qu'ils iraient bien aussi longtemps qu'ils resteraient bas. Ils ont dû penser que j'étais le parangon de la sagesse parce qu'après cinq personnes se sont accrochées à moi… » Ron se tut. Il semblait embarrassé de n'avoir pas été capable d'aider.
« C'était pareil pour chacun d'entre nous, Albus. Nous essayions d'aider les gens avec lesquels nous étions et ils se sont…simplement…accrochés. » Expliqua Hermione. « Nous étions vraiment collés. »
« Je suis désolé. Si vous m'aviez laissé finir, j'allais vous demander pourquoi il a lancé un couteau quand il aurait pu lancer un sort ? C'est un sorcier après tout. »
Après un temps, Ginny parla, « Peut-être ne voulait-il pas s'exposer en tant que sorcier. »
« Y avait-il suffisamment de temps pour réfléchir dans ce genre de situation ? » Demanda Albus en fronçant le front.
« Eh bien, non, mais… » Personne ne pouvait faire d'autres suggestions, alors ils se regardèrent.
« Et bon sang, pourquoi a-t-il attaqué l'homme avec un revolver, au lieu d'utiliser sa baguette ? Je pense que dans ce genre de situation, on lui aurait pardonné de s'être révéler en tant que sorcier, non ? »
« Mais si nous nous étions révélés, nous n'aurions pas pu lancer le sort d'oubliette sur toutes les personnes présentes dans la pharmacie. La police est arrivée très rapidement après cela. »
« C'est vrai, mais nous aurions mis quelque chose au point. »
« Peut-être, » Dit le Professeur Snape, qui était demeuré silencieux jusque là, « qu'il aurait utilisé la magie s'il n'avait pas eu d'autre option, mais ne souhaitait l'utiliser qu'en dernier ressort. Quand nous pensons résoudre une situation, nous réagissons en terme de magie et non avec des méthodes moldues. D'après ce qu'il nous a dit, il a passé quelques temps dans le monde moldu. Peut-être réagit-il en utilisant les deux méthodes : moldue et sorcière. Albus, il a réagi très rapidement. Peut-être est-il capable de voir une opportunité de reprendre en main une situation sans utiliser la magie grâce au temps qu'il a passé avec des moldus. » Snape proposa son explication avec hésitation. Il n'était pas sûr de savoir quoi croire, mais c'était la seule façon d'expliquer le comportement du Professeur Green.
« Jason nous a dit que nous étions observés, et il s'est avéré que c'était exact. » Dit Ron instamment à Albus.
« Ouais, et à la pharmacie, Theresa hurlait et réclamait le Professeur Green, et l'homme blond semblait très intéressé par cela. Il voulait savoir où il était. Je pense qu'ils cherchaient l'un de vous ou vous tous. » Dit Ginny en regardant son frère, ses yeux écarquillés par la peur. « Je pense que vous ne devriez plus patrouiller autour de Londres dorénavant. C'est apparemment devenu trop facile de vous repérer. Et je ne pense pas que vous trouviez une seule personne qui acceptera de continuer s'il faut en prendre ces horribles potions. J'ai des crampes à des endroits dont je n'avais même pas conscience. » Gémit-elle.
« Des sorts de dissimulation ? » Proposa Hermione. Elle fronça les sourcils en réfléchissant.
« Ils sont trop éphémères. Ils ne durent pas suffisamment longtemps, et, si vous connaissez le bon sort, vous pouvez voir à travers. » Dit Ron tranquillement, en secouant la tête.
« Je ne parlais pas de ceux-là. Je voulais parler de ceux sur lesquels ils travaillaient, il y a des années. Ceux que l'on peut utiliser sans que l'on voie à travers et avec lequel on peut vivre jusqu'à ce que l'on soit prêt à l'enlever. » Dit Hermione rapidement.
Minerva creva tout espoir que Hermione pouvait entretenir quand elle dit, « Ils ne furent jamais complètement développés. Il y avait trop de défauts qui ne pouvaient pas fonctionner avec le sort. »
« Oh, » Dit Hermione, déçue.
Après un court silence, Albus s'adressa à eux, « Je pense que nous devrions attendre de découvrir ce que Jason pourra nous dire avant d'en discuter davantage. Entre temps, je vais vous laisser vous reposer pendant que je parlerai à Theresa. » Les cinq regardèrent Albus se diriger vers le lit de la jeune fille.
« Faites attention, les gars, » Leur dit Ginny doucement, en regardant dans les yeux, son frère et sa belle-sœur.
Harry fut réveillé par le bruit de voix près de son lit.
« Je vous ai renvoyé dans votre dortoir tout à l'heure, Theresa. » Dit Madame Pomfresh d'une voix raisonnable.
« S'il vous plait, Madame Pomfresh…s'il vous plait. Je veux juste voir si le Professeur Green est réveillé. Je dois vraiment lui dire quelque chose. »
« Vous pouvez certainement attendre le matin pour lui dire ce que vous avez à lui dire. »
« Eh bien, je suppose, mais, eh bien…Je- Je voulais lui dire quelque chose avant de perdre le courage de le faire. Euh, j'ai fait quelque chose qui l'a mis en colère, et je dois vraiment m'excuser…et, et bien…j'ai simplement pensé que ce serait plus facile si je le voyais maintenant au lieu d'attendre de le voir après l'un de mes cours. » Dit Theresa d'une voix tremblante.
« Qui est là ? Il fait encore noir…bien trop tôt pour se lever, » Dit Ron, groggy. Il avait été réveillé par les voix.
« J'ai l'impression que je viens juste de m'endormir. » Se plaignit Drago. Il regarda le lit à côté du sien et vit sa femme s'étirer également.
« Voudrais-tu arrêter de faire autant de bruits Ron ? » Demanda Hermione, en baillant.
« Ce n'est pas moi ! C'est eux ! » S'écria Ron en désignant Theresa et Madame Pomfresh qui n'étaient pas très loin de leurs lits.
« Pour l'amour de Merlin ! Allez-vous cesser de bavarder pour que je puisse dormir un peu ? Vous vous comportez tous comme si c'était votre première soirée pyjamas. ! » Dit le Professeur Snape, énervé.
Minerva ignora son éclat de colère mais baissa tout de même la voix. « Je me demande ce qu'elle peut bien vouloir à une telle heure de la nuit. »
« Matin, » Murmura Drago aigrement. « A cette heure du matin. Il est 00h30. »
« Theresa, je dois insister pour que vous -» Commença madame Pomfresh mais fut interrompue.
« C'est bon Pompom, je suis réveillé. » Harry se leva et s'assit dans son lit.
« Et nous aussi. Merci. » Marmonna Ron, mais seul sa femme et sa sœur furent à portée d'oreilles pour l'entendre.
« Shh » Siffla Hermione.
«Que puis-je faire pour vous, Miss Chan? » Demanda Harry en étouffant un bâillement et fit un geste vers Theresa pour qu'elle prenne un siège près de son lit.
Madame Pomfresh les regarda tous les deux puis secoua la tête et se dirigea vers une autre partie de la salle où elle pourrait s'asseoir et garder un œil sur eux. Elle marmonna entre ses dents, quelque chose sur 'les professeurs bornés qui ne font pas ce qu'on leur dit'.
Harry lui sourit effrontément avant qu'elle ne parte et se tourna vers son étudiante qui regardait la pièce nerveusement et qui se tordait les mains.
« Euh, Monsieur ? Euh, eh bien…, j'ai quelque chose à vous dire. Mais vous n'allez pas aimer. Et je crois que…eh bien…je voulais vous le dire pendant que vous êtes ici comme ça vous ne pourrez pas crier trop fort, on est après tout, dans une infirmerie, » Dit Theresa rapidement, se reculant déjà.
« Ca devrait être intéressant, » Murmura Ron avec excitation. Il se pencha en avant pour mieux entendre la conversation.
« Ssh. J'essaie d'écouter, Ron, » Murmura Ginny sans honte.
« Moi aussi, » Ajouta Drago qui essayait de tendre le cou pour entendre la conversation. En fait, tous dans l'infirmerie, Severus compris, qui avait abandonné tout espoir de pouvoir se rendormir rapidement, essayait d'écouter la conversation. Ils étaient tous curieux de savoir ce que Theresa pouvait avoir à dire à son professeur à une telle heure du matin.
Harry regarda Theresa avec attention. Elle était au bord des larmes. « M'avez-vous déjà entendu crier après quelqu'un ? » Demanda-t-il sérieusement à son élève.
« Euh, eh bien, un peu plus tôt aujourd'hui quand madame Pomfresh vous a réveillé après qu'on vous ait emmené à l'infirmerie, vous nous avez crié après… »
« Oh, d'accord, vous avez raison. Mais, je venais de me faire tirer dessus et mon adrénaline est montée quand nous étions dans la pharmacie. Je n'avais pas eu le temps de me calmer quand je me suis réveillé. Et en plus de cela, j'étais grincheux parce que personne ne m'a écouté quand j'ai parlé avant que je ne sois stupéfié. » Il avait un peu modifié la vérité. Il avait été blessé de nombreuses fois pendant la guerre, et il était capable de penser et d'agir au moins de façon semi-rationnel, même quand il aurait préféré ne rien faire d'autre que de s'évanouir de douleur ou quand l'adrénaline lui prenait tant d'énergie qu'il pouvait entendre son propre cœur battre bruyamment dans ses oreilles. Harry s'arrêta et regarda son élève. « M'aviez-vous entendu crier contre quelqu'un avant aujourd'hui ? » Lui demanda-t-il gentiment.
Theresa réfléchit à la question. « Non, Monsieur. Mais je pense quand même que vous allez me crier après. » Dit-elle en rapprochant sa chaise d'Harry, qui soupira et s'appuya contre ses oreillers.
« Et si je vous promets de ne pas crier ? » Lui demanda Harry pour l'encourager à lui dire ce qu'elle devait.
« Euh, en êtes-vous sûr ? » Lui demanda-t-elle prudemment.
« Oui. »
« Vous promettez ? »
« Je promets. Sérieusement. Maintenant dites-moi tout. »
« Eh bien, vous savez, vous étiez grincheux parce qu'on vous a stupéfié aujourd'hui ? » Commença Theresa prudemment.
« Oui, » Dit Harry lentement, se demandant où elle voulait en venir.
« Eh bien…C'est moi qui vous aie stupéfié. » Lui dit Theresa calmement.
« Vient-elle de lui que c'est elle qui l'a stupéfié ? » Demanda Ron, qui n'avait pas bien entendu la dernière phrase.
« Ouaipe, » Dit Drago qui tendait toujours l'oreille pour écouter.
« Oh les gars. Il était en colère parce qu'il pensait que nous lui avions fait ça, » murmura Ron en secouant la tête.
« Eh bien, il a dit qu'il ne lui crierait pas après. » Offrit Drago.
« Non. Il la tuera, à la place. » Murmura Ron en essayant de se pencher davantage hors de son lit.
« Vous l'avez fait ? » Lui demanda Harry calmement, en regardant fixement Theresa.
« Monsieur, j'étais inquiète à votre sujet. Vous étiez blessé et vous perdiez tant de sang. En plus vous chanceliez un peu et j'ai pensé que vous ne devriez pas retourner au château en marchant. » Expliqua-t-elle très rapidement, comme si c'était moins mal ainsi. « Et puis, un professeur a essayé de vous stupéfier pour vous porter au château mais vous ne l'avez pas laissé faire. J'ai pourtant pensé que c'était une bonne idée. Je ne voulais pas que vous vous blessiez davantage, et c'est ce qui serait arrivé si vous aviez essayé de marcher…Professeur, je suis désolé. Je n'avais aucun droit de faire cela. » Theresa ne pouvait pas continuer parce qu'elle pleurant tant, qu'il lui était impossible de parler.
Harry ne dit rien. Pour n'importe quel spectateur, on aurait dit qu'Harry avait réagi de façon excessive. Après tout, Theresa et les autres avaient essayé de l'aider en le portant jusqu'au château. Personne ne savait qu'en le portant, contre sa volonté, ils violaient quelque chose de très personnel. Il avait pris la décision, il y a longtemps de cela, de faire face à n'importe quoi, debout, comme son père. Debout comme un homme, à la fin. Le monde avait pris tant à Harry qu'il était déterminé à ce que personne ne lui prenne cela. Et aujourd'hui, ils l'avaient fait. Personne n'était conscient de ce qu'ils avaient violé et Harry n'allait pas leur dire. Il serra et desserra les dents plusieurs fois, prit plusieurs profondes inspirations pour se calmer puis tourna son regard vers Theresa qui regardait par terre.
« Merci. »
« Quoi ! » Haleta Ron. « On aurait dit qu'il allait nous tuer mais il la remercie ! »
« Chut Ron » Claqua Hermione.
« Parfois, je suis un peu trop têtu pour mon propre bien. » Dit Harry gentiment. Theresa avait cru bien faire ; la vérité est qu'il était assez touché qu'une élève pense suffisamment de bien de lui pour vouloir l'aider, puis lui dire ce qu'elle avait fait, même si elle savait qu'il allait être en colère.
Theresa releva la tête, surprise. « Vraiment ? »
« Vraiment. Et vous l'avez vraiment très bien lancé. Vous vous êtes entraîné. » Lui dit-il avec encouragement.
« Eh bien, ouais. Monsieur, je suis vraiment désolé. Je comprendrai si vous ne vouliez plus me donner de leçons de soutien. »
« Nous ne pouvons pas arrêter maintenant. Vous avez vraiment fait des progrès. Maintenant, dites-moi, vous étiez encore sous le choc après avoir voyagé par Porte au Loin ? » Lui demanda Harry en passant au mode professoral.
« Oui, » Répondit Theresa honnêtement.
« Alors pouvez-vous me dire comment vous avez réussi à concentrer votre magie alors que vous étiez apeurée ? »
« Je ne sais pas, Monsieur. J'ai des difficultés à me concentrer sur les sorts pendant les cours mais je ne crois pas avoir réellement réfléchi sur ce que j'étais en train de faire et à la manière dont je devais lancer le sort. Je l'ai simplement fait… »
« Alors, il nous crie après, mais il est gentil avec elle ? » Demanda Ron qui était encore un peu irrité qu'on lui ait crié après.
« Eh bien, je m'y attendais. C'est une élève, après tout. Crierais-tu contre l'une de tes élèves ? » Lui demanda Hermione sagement.
Ron y réfléchit et concéda le point avec réticence. « Assez normal. »
« Lui donne-t-il également des cours de soutien ? » Demanda Drago en souriant largement. « Elle en a de la chance. Des cours supplémentaires avec les Professeurs Green et Snape. » Il se tourna vers le Maître des Potions qui le regarda avec des couteaux dans les yeux.
« Je ne comprends pas, » Continua Ron. « Pourquoi est-ce si important ? Nous voulions seulement l'emmener au château. Si on m'avait tiré dessus, je serais assez content qu'on me porte. »
« Je n'ai aucun doute à ce sujet, grand frère. » L'interrompit Ginny, pince sans rire.
« Mais, il avait vraiment l'air prêt à nous tuer. Je ne comprends pas… » Ron se tut, perdu dans ses pensées.
Le Professeur Snape regarda dans la direction d'Harry et de Theresa qui discutaient calmement des sorts et contres sorts. « Il a dit que c'était une question de fierté. »
« Ouais, mais -»
« La fierté peut être très différente selon les gens. » Offrit le Professeur Snape calmement, il parlait presque pour lui-même.
« Parfois c'est tout ce que l'on a. » Dit Drago d'un air absent. Lui aussi regardait l 'échange.
Harry se réveilla et trouva Albus assis dans la chaise qu'avait occupé Theresa quelques heures avant.
« Bonjour. Comment vous sentez-vous, Jason ? »
« Bien, Monsieur le directeur. En fait, je pense que je vais rejoindre tout le monde dans la Salle pour le petit déjeuner. »
« Bien, bien. Je suis content que toute cette excitation n'ait pas diminué votre appétit. » Il quitta alors son expression plein d'humour et dit, « Mais avant de partir, et si ça ne vous dérange pas, j'aimerais vous poser de petites questions sur ce qu'il s'est passé hier. »
« Je pensais que vous en aviez déjà parlé avec les membres de l'Ordre, » Répondit-il en bougeant les draps et en essayant de deviner ce qu'Albus savait déjà.
« Oui, j'ai discuté avec eux, mais il y a de gros trous dans leur histoire et j'espérais que vous puissiez les remplir. » Le directeur croisa ses mains confortablement sur ses genoux en attendant qu'Harry commence.
Harry décrivit tout ce qu'il avait vu et entendu. Il ne pensait pas devoir lui cacher quoi que ce soit. Bien sûr, il ne lui dit pas qu'il avait stupéfié plusieurs personnes ni qu'il avait crée sans baguette, un bouclier autour de Theresa pour la protéger. Harry avait fourni à Albus un grand nombre d'informations que les autres membres de l'Ordre, qui dormaient dans leurs lits à l'infirmerie, ne lui avaient pas donné.
« Les autres ont éveillé ma curiosité la nuit dernière quand ils m'ont raconté ce qu'il s'est passé, j'espère que vous pourrez m'éclaircir. Pourquoi avez-vous lancé un couteau sur l'homme ? »
« Il allait attraper Theresa. » Expliqua Harry.
« Oui. Mais pourquoi lancer un couteau quand vous auriez pu jeter un sort ? Je comprends que vous ne vouliez pas vous exposer en tant que sorcier, mais dans de telles circonstances ça aurait été raisonnable, ne croyez-vous pas ? » Lui demanda Albus en faisant une nouvelle tentative. Il voulait avoir la réponse à cette question qui le perturbait depuis que les autres membres de l'Ordre lui avaient fait leur rapport, le soir précédent.
Pourquoi suis-je constamment en train d'expliquer mes actions ? Si j'avais utilisé ma baguette, je parie que tout le monde m'aurait quand même questionné et m'aurait passé un savon parce que je me serais découvert en tant que sorcier. Je ne peux pas gagner, pensa Harry. Il soupira profondément avant de répondre.
« J'allais lui jeter un sort, Albus. J'allais prendre ma baguette, mais quand j'ai vérifié l'état du pharmacien pour voir s'il allait bien, je l'ai soulevé et j'ai regardé son dos pour voir si la balle était ressortie. Quelque chose dans sa poche arrière le gênait et il m'a demandé de l'enlever pour qu'il soit plus confortable. C'était un couteau, Albus. Un couteau à petite lame. Donc, quand j'ai commencé à chercher ma baguette, je me suis souvenu que le pharmacien avait un couteau sur lui et j'avais toujours un bras dans son dos. Je l'ai simplement pris et lancé. »
« Je suis surpris que vous ayez eu suffisamment de temps pour faire cela, si l'homme était en train d'attraper Theresa, » Remarqua Albus.
« Le gars bougeait lentement. Comme…Oh, je ne sais pas…comme un tigre chassant sa proie. Il bougeait lentement. J'ai donc eu suffisamment de temps pour changer d'avis. » Lui répondit Harry sincèrement. Il savait que ça avait l'air boiteux, même à ses propres oreilles.
« Pourquoi avez-vous changé d'avis, Jason ? Pourquoi ne pas avoir lancé un sort ? » Lui demanda Albus, curieux.
« Parce que ça aurait été un travail d'enfer d'effacer la mémoire de tout le monde. Je ne savais pas quand la police arriverait et il nous aurait fallu retrouver tout le monde, et il y avait pas mal de personnes qui se cachaient dans la pharmacie, et il aurait fallu leur courir après pour effacer leur mémoire. Et si des personnes regardaient de dehors, par la vitrine et m'avaient vu jeter un sort, il aurait aussi fallu les retrouver. Nous n'aurions pas été capables de le faire avant l'arrivée de la police. Je voulais vraiment éviter cela. »
Albus acquiesça pendant qu'Harry parlait. Il était d'accord avec son raisonnement. Il regarda Harry avec attention et dit, « D'après ce que les autres m'ont dit, c'était un lancé très précis. J'imagine qu'il faut du talent pour être capable d'une telle précision. »
« J'ai subi un entraînement militaire. » Répondit Harry doucement. Vous devriez le savoir, vous et votre Ordre. Vous m'avez envoyé m'entraîner…Je me demande si vous savez à quel point j'ai été bien entraîné et à quel point je le suis encore, Albus ?
« Ah oui. Vous avez passé un certain temps avec des moldus. » Se rappela Albus.
« Oui, » Répondit Harry, perdu dans ses pensées.
« Y'a-t-il une autre raison pour laquelle vous vous êtes occupé des autres hommes sans utiliser la magie ? » Lui demanda Albus prudemment.
« Le même genre de raison. J'aurais utilisé ma baguette, mais personne n'a bougé quand l'homme blond qui a essayé d'attraper Theresa s'est évanoui. J'ai vu une opportunité et je l'ai saisie. Hum, malheureusement, je n'ai pas agi suffisamment vite. Je ne voulais pas les blesser trop gravement. »
« Avez-vous blessé l'un d'entre eux ? »
« Je ne pense pas. J'ai tiré par terre devant eux. »
« Je suis un peu confus. Pourquoi se sont-ils simplement évanouis ? J'aurais pensé qu'ils supportaient le bruit des armes à feu et la proximité des balles puisqu'ils l'ont fait peu de temps avant. » Lui demanda Albus. Il regarda Harry avec des yeux perçants.
Harry le regarda droit dans les yeux et répondit d'un ton calme et perplexe, « Je n'en ai absolument aucune idée. »
Les deux hommes restèrent assis en silence jusqu'à ce qu'Albus reprenne la conversation.
« Donc, deux hommes ont transplané dans la pharmacie, et ont emmené l'homme blond avec eux en partant ? »
« Oui. »
« Les avez-vous reconnus ? »
« Non, j'étais allongé sur le sol et je n'ai pas pu regarder correctement. Mais je les ai clairement entendus transplaner dans un coin de la pharmacie. Le 'Crack' était assez bruyant. »
« Savez-vous si une autre personne les a vus ? »
« Ils sont apparus dans un des coins de la pharmacie. J'étais allongé près d'eux, je pouvais donc les voir, mais je ne sais pas si quelqu'un d'autre les a vus parce qu'ils avaient crée de la fumée très épaisse quand ils sont arrivés. Elle s'est répandue assez rapidement et quand nous sommes sortis, elle remplissait totalement la pharmacie.
« Et vous êtes sûr qu'ils ont parlé du Professeur Snape et de Drago ? »
« Oui, ils ont dit, 'As-tu vu Snape ou Malfoy dans les parages ?' »
Albus fronça les sourcils. Il était inquiet. « Ont-ils dit pourquoi ils les cherchaient ? »
« Non. Ils n'ont rien ajouté de plus sur l'un ou sur l'autre. » Le directeur et le professeur se turent.
« Je ne connais pas très bien ni Drago ni le professeur Snape, mais pourquoi les chercherait-on, eux, particulièrement ? » Il avait une idée de la raison pour laquelle ils étaient visés. Mais ça n'avait tout de même aucun sens. Puisque des mangemorts étaient impliqués dans l'incident, il était presque certain qu'on les cherchait parce qu'ils avaient travaillé en tant qu'espion pendant la guerre. Mais elle était terminée depuis huit ans maintenant. S'ils étaient pris pour cible parce qu'ils étaient des espions, ils l'auraient fait bien avant. Et leur rôle d'espion avait été bien gardé. Il aurait fallu préparer un sale tour pour le découvrir.
« Je ne sais pas. » Murmura Albus, toujours perdu dans ses pensées.
Vous ne me le diriez pas, même si vous saviez, n'est ce pas ? Comme autrefois. Pensa Harry amèrement. Pendant la guerre, on lui cachait constamment des informations sous prétexte qu'il n'avait pas besoin de savoir, ou que la connaissance risquait d'affecter ses missions. Et il détestait ne pas savoir. Ca aurait été un signe de respect mutuel de lui permettre de connaître quelques informations confidentielles, surtout que lui donnait des renseignements à l'Ordre et qu'on avait besoin de lui pour tuer Voldemort. Mais on le lui refusait. Harry détestait être traité comme un enfant, quand il n'était apparemment pas un enfant dans le sens ordinaire du terme, pendant la guerre. Et il détestait cela. Il remua sur son lit et serra les dents de frustration.
« Je n'essayais pas de vous prier, Monsieur le directeur. Je vous posais simplement la question parce que j'ai été capable de vous fournir des informations et j'ai mis mes talents à votre disposition à plusieurs reprises maintenant. Je pensais que ce serait normal de savoir s'il y a une raison pour laquelle je mets ma vie continuellement en danger quand des gens semblent apparemment vouloir s'en prendre à Drago et/ou au Professeur Snape. » Dit Harry entre ses dents.
Albus regarda Harry qui jouait avec les couvertures de son lit quand il continua. « Apparemment je suis un membre de l'Ordre du Phœnix maintenant. Drago et le Professeur Snape y sont également. Si vous autres savez quelque chose que je ne sais pas, je pense avoir acquis le privilège de savoir puisque j'ai été directement impliqué dans ces incidents deux fois déjà. » Même si sa conscience ne le laisserait pas rester debout sans rien faire et laisser la personne être blessée s'il pouvait l'empêcher, une attaque contre l'un de ces deux hommes paraissait personnel et il voulait être capable de les aider. Le Professeur Snape avait sauvé sa vie à de nombreuses occasions et était devenu espion malgré les énormes risques qu'il prenait. Drago avait défié sa famille entière et tous ses amis quand il s'était porté volontaire pour espionner pour le compte d'Albus, et avait également couru des risques considérables. Chacun d'eux portait une grande part de son histoire avec eux, même si cette histoire évoquait des souvenirs très peu plaisants. Harry les aiderait s'il le pouvait.
Harry arrêta de jouer avec les couvertures et regarda Albus. Ce dernier lui rendit calmement son regard.
« Vous avez raison. Vous avez gagné ce privilège. Je ne peux rien vous dire pour l'instant parce que je ne connais pas les réponses. Je peux faire des hypothèses mais je dois demander la permission au Professeur Snape et à Drago avant de pouvoir vous en parler. »
Harry accepta son raisonnement. Il s'allongea et appuya sa tête contre son oreiller et attendit qu'Albus poursuive.
« Finalement comment avez-vous su que les membres de l'Ordre étaient observés depuis la rue ? Ils ont tous dit qu'ils ne s'étaient aperçus de rien avant que vous ne les préveniez, » Lui demanda Albus. Il était apparemment très intéressé par sa réponse.
« Eh bien, je les ai vus de la pharmacie et j'ai pensé sortir et les saluer. Je les regardais encore quand j'ai vu ce type, cette armoire à glace. Il avait des yeux de cochon et pas de cou. Il est passé derrière le groupe. Je crois qu'il regardait quelqu'un parce qu'il a désigné le groupe et a hoché la tête. Quand je me suis retourné pour voir ce qu'il en était, j'ai vu de nombreuses personnes assises qui lisaient des journaux et des magazines et ils jetaient des regards de temps à autre aux membres de l'Ordre. Je n'avais rien vu avant cela. »
« Et vous leur avez dit de retourner à Poudlard ? » Lui demanda Albus.
« Oui. Ils avaient été repérés et trop de personnes les observaient pour que ce soit une reconnaissance amicale. Je leur ai simplement suggéré de revenir ici et de vous aviser de la situation. Je ne savais pas qu'ils n'allaient pas m'écouter ou qu'ils pouvaient changer d'apparence. »
« Hmm…Oui, ils peuvent être têtus quand ils ont décidé de faire quelque chose. » Dit Albus plaisamment.
« Qui est têtu, alors ? » Demanda Ron. Il s'étira et se frotta les yeux avec l'une de ses mains.
« Bien. Vous êtes tous réveillés. » Albus s'adressa à eux joyeusement. Ceux qui étaient réveillés, réveillèrent les autres.
« Vous savez, je ne dors pas bien quand on parle de moi, Albus, » Dit Drago d'un air taquin en réveillant sa femme.
« Je suis surpris que tu puisses dormir, dans ce cas. » Marmonna Ron.
« J'espère que vous vous joindrez tous à moi pour prendre le petit déjeuner, » Dit-il en passant devant eux. Il alla chercher Madame Pomfresh et revint un instant plus tard accompagné de l'infirmière.
« Severus, Drago, j'aimerais vous voir tous les deux dans mon bureau après le petit déjeuner. »
Les deux hommes se regardèrent. Ils acquiescèrent quand ils virent l'expression grave du directeur.
Albus tourna une nouvelle fois son regard vers Harry, hocha la tête et sortit. Harry ne le remarqua pourtant pas. Il était trop occupé à regarder le professeur Snape et Drago. Les deux hommes avaient suivi le regard du directeur et l'observaient silencieusement, confus et perplexes. Harry, lui, était inquiet. Il fut le premier à briser le contact visuel et regarda dehors à travers les barreaux de la fenêtre, songeur.
Madame Pomfresh envoya les autres prendre leur petit déjeuner puis retourna son attention sur Harry.
« Et je ne veux pas que vous fassiez d'effort. J'ai fait tout ce que j'ai pu mais votre corps a besoin de temps pour s'ajuster aux dommages et se remettre de ce qui lui a été fait. Il a besoin de quelques jours sans effort, » Lui dit-elle sévèrement. Elle se rapprocha de lui et pointa sa baguette sur sa poitrine tout juste soignée. « Si je découvre que vous vous fatiguez, vous aurez à en répondre devant moi, jeune homme. Maintenant allez prendre votre petit déjeuner. »
Harry sourit. Elle parvenait toujours à lui donner l'impression d'être un petit garçon, même après toutes ces années.
« Ai-je fait quelque chose qui vous aurez contrarié, Pompom ? » Lui demanda-t-il avec une innocence exagérée. La médicomage le dévisagea puis éclata de rire. « Allez-y. » Lui dit-elle en le poussant vers la porte à l'aide de sa baguette.
Il se retourna et l'appela, « Merci Pompom ! Vous êtes la meilleure ! » L'infirmière le suivit des yeux avec un sourire puis se cacha le visage avec les mains et grogna quand il trébucha après avoir fait deux pas dans le couloir.
« Tout va bien Pompom. Je vais bien. Rien à voir par ici. » Lui dit-il. Il grimaça légèrement, se remit debout et épousseta ses vêtements. « Comment est-ce possible que ce soit le même homme qui ait fait toutes ces choses à la pharmacie hier ? Il est un danger pour lui-même ! » Marmonna—t-elle en retournant dans l'infirmerie.
Après le petit déjeuner, le groupe qui avait patrouillé la veille dans la grande rue, décida d'aller voir Albus, ce qui permit à Harry de quitter le château. Il était inquiet pour Tony depuis qu'il avait quitté la pharmacie. Il n'avait aucun doute, que la police lui ait apporté l'assistance médicale dont il avait besoin, mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Et il était en colère de ne pas avoir pu empêcher Tony d'être blessé et de n'avoir pu lui fournir que les premiers secours.
Puisque Drago, Ginny et les professeurs étaient en réunion avec Albus, Harry était certain qu'on ne le chercherait pas pendant quelque temps. Il lui fut aisé de découvrir dans quel hôpital il avait été conduit. Il sortit du château avec un petit sac rempli de choses qu'il voulait donner à Tony. Il transplana et apparut dans une rue tranquille derrière l'hôpital. Il se rappela d'enlever son charme de dissimulation juste avant d'entrer dans l'hôpital. Bon sang ! Cette double identité est difficile à gérer parfois !
Tony était dans une chambre particulière. Assis sur sont lit, il regardait la télévision.
« N'es-tu pas trop vieux pour regarder des dessins animés ? » Lui demanda son ami de la porte d'entrée.
« Pas du tout. On n'est jamais trop vieux pour ce genre de choses. C'est une télévision de qualité que nous avons là…Entre, » Dit-il.
Harry entra dans la chambre et tira un siège qu'il installa à côté du lit. « D'abord, comment te sens-tu ? Et ne me mens pas. Je ne veux pas entendre ce que tu dis aux infirmières. Je veux savoir comment tu vas vraiment. » Lui demanda Harry sérieusement.
Tony regarda son ami quelques instants puis dit, « Je vais bien. Vraiment. J'ai été mieux. Beaucoup mieux, mais ça ne va pas trop mal. »
« On t'a tiré dessus. Comment est-ce que ça pourrait ne pas aller trop mal ? » Lui demanda Harry avec amusement.
« Eh bien, c'était un tir net. Entré. Sorti. Aucun morceau n'est resté à l'intérieur et j'ai été transfusé hier. Je ne suis donc plus en danger. Les médecins doivent venir me faire une prise de sang et voir si j'en ai besoin d'une autre. Ils ont dit qu'il y avait de forte chance pour que je n'en aie pas besoin d'une seconde, mais tout dépend... Comment as-tu su que j'étais ici, de toute façon ? » Lui demanda Tony. « J'étais assez groggy hier, mais je ne me souviens pas leur avoir dit de t'appeler. »
« J'ai vu ce qui s'est passé à la télévision et je t'ai téléphoné pour voir si tu allais bien. Tu n'as pas répondu de toute la nuit alors j'ai simplement appelé tous les hôpitaux et je t'ai trouvé ici. » Mentit Harry.
Tony cligna des yeux. « Wow Jason. Je souhaite vraiment être gay pour que tu sois mon petit copain. Ainsi je pourrais rentrer à la maison et avoir une personne au petit soin pour moi tous les jours. Merci mon pote. »
« C'est quand tu veux. Maintenant, j'ai quelques petites choses pour toi, » Lui dit Harry en ouvrant son sac.
« Oh non, » Grogna Tony. La dernière fois que son ami était venu le voir à l'hôpital, il lui avait acheté de la nourriture venant de Mac Donald parce qu'il était convaincu que l'hôpital ne servait rien de décent. Inutile de dire qu'il avait eu beaucoup d'ennuis quand on l'avait découvert.
« Plus de fast food. La dernière fois, j'ai eu trop d'ennuis… »
« Non, je n'ai pas de nourriture, bien que j'aurais dû acheter quelque chose en venant. Ce n'est pas bien que tu doives avaler ces ordures qu'ils appellent 'nourriture'. Des œufs reconstitués ne sont pas de la 'nourriture', mon ami. De toute façon, j'ai autre chose pour toi. Regarde. » Dit-il en faisant un grand geste alors qu'il sortait plusieurs fioles de son sac.
Les yeux de Tony sortirent pratiquement de leurs orbites. « Bon sang ! Jason, qu'est-ce que cette histoire. Nous sommes dans un hôpital ! Tu ne peux pas apporter ce genre de chose ici. Comment es-tu parvenu à passer l'accueil ? Attends, ce ne sont pas des drogues, si ? » Demanda-t-il nerveusement.
« Non ! Ce ne sont pas des drogues ! Quel genre de personnes penses-tu que je sois ? » Lui demanda Harry, légèrement offensé que son ami puisse penser une telle chose.
Tony cligna des yeux. « Un pharmacologue ? »
« Oh, ouais. Eh bien, en tout cas, ça vient de la 'thérapie alternative' dont je t'ai parlé, » Lui dit Harry en guise d'information.
« Jason, » Commença Tony d'un ton désapprobateur, « Tu sais que ce bel établissement est appelé un hôpital, hein ? Et à l'hôpital, il y a des médicaments en quantité. Et les médecins ne prennent pas très bien le fait que leurs patients se soignent eux-même avec une 'thérapie … alternative'. »
« Fais-moi confiance, mon pote. Ca t'aidera. Vraiment. Je te le promets. T'ai-je déjà laissé sur le carreau dans le passé ? » Lui demanda Harry. « Ecoute. Je ne vais pas te demander de toutes les prendre. Je les ai simplement emmenées parce que je ne savais pas comment tu te sentais aujourd'hui. Nous en essaierons seulement quelques-unes. Tu n'auras qu'à les prendre une fois et ce sera terminé. Je te le promets. Et les médecins ne le sauront pas. Je te le jure. » Plaida Harry avec sincérité. Allons Tony. Laisse-moi t'aider. Je me sens suffisamment mal comme ça. Harry priait silencieusement son ami.
« …Très bien. » Accepta Tony.
« Excellent. Maintenant, prends celle-ci en premier. Ca va aider ton sang à se reformer. » Expliqua Harry à Tony en lui donnant la potion pour reconstituer le sang. « Avec de la chance, tu n'auras pas besoin d'une seconde opération. » Tony avait déjà été transfusé et avait attrapé de vilaines infections plusieurs fois.
Tony but le contenu de la potion et rendit la fiole vide à Harry. « Je suis content que ce ne soit pas aussi mauvais que ça en a l'air. »
« Non, il y a du glucose à l'intérieur pour que le goût ne soit pas trop mauvais. » Dit Harry à son ami. Pendant son temps libre, il avait préparé un stock des potions les plus communes. Le Professeur Snape préparait régulièrement des potions pour l'infirmerie, mais contrairement au maître des potions, Harry incluait des ingrédients pour améliorer la saveur des potions. Il avait passé une grande part de ses jeunes années à l'infirmerie, et il se rappelait encore très clairement l'arrière goût des potions qu'il avait alors prises. « Bien, maintenant, celle-ci est un simple anti-douleur. Je sais que l'on te donne des comprimés pour ça, mais, contrairement à eux, tu ne te sentiras pas nauséeux, et tu n'auras pas la tête qui tourne. »
Tony vida le contenu du verre et le lui rendit sans un mot. Il fut rapidement remplacé par un autre. « Celui-ci est très important. Il va stimuler les muscles et tissus pour accélérer leur reconstitution et leur régénération. » Dit-il à son ami qui but la potion.
« Arrg. Celle-ci est vraiment amère, » Lui dit-il en s'essuyant la bouche avec sa manche.
« Bon sang. Quel âge as-tu ? Trois ans ? Tu es un grand garçon. Tu ne devrais pas te plaindre du goût. » Attends une seconde, je ne pense pas être en position pour dire quoi que ce soit. Je me plains du goût à chaque fois !
« Alors, que s'est-il passé ? Comment es-tu parvenu à te faire tirer dessus ? » Lui demanda Harry plus par politesse qu'autre chose. Il aurait paru bizarre qu'il ne demande pas ce qui s'était passé à son ami. Il écouta patiemment Tony lui raconter sa version des faits, légèrement inexacte.
« Oh mon gars, je pensais que si un jour tu te faisais tirer dessus, ce serait à cause de ta grande gueule, et non parce que tu étais au mauvais endroit, au mauvais moment. » Tony rit facilement à la blague de son ami fait à ses dépends.
« Ouais, c'est ça. » Répliqua Tony. Il grimaça légèrement. La douleur se réveilla quand il rit. « Donc, qu'y a-t-il de nouveau ? Qu'as-tu décidé à propos de cette compagnie ? Tu sais, celle qui ne te veut que pour 'une seule chose', » Lui demanda Tony en remuant les sourcils de façon suggestive.
« Eh bien. J'ai finalement décidé de travailler pour eux… » Harry et Tony passèrent le reste de la matinée à discuter calmement. Harry laissa son ami seul quand l'infirmière lui dit que les heures de visite n'incluaient pas les heures de repas et que Tony avait besoin de manger sans distraction.
« Ouais, tu auras besoin de concentration pour être capable d'ingurgiter cette nourriture. Nous ne voudrions pas distraire son attention des œufs reconstitués, n'est-ce pas ? Je devrais aller au KFC en bas de la rue et ramener quelque chose ici. » Murmura Harry à son ami en se levant de sa chaise, prêt à partir. Tony regarda Harry avec des yeux noirs qui auraient pu rivaliser avec ceux du Professeur Snape. Harry sortit rapidement de la chambre en faisant son plus charmant sourire à l'infirmière qui elle aussi le regardait avec des yeux noirs. Il se laissa tenter par la nourriture industrielle et pesa ses options en sortant de l'hôpital.
Hmm…KFC ou MacDonalds. Choix difficile, pensa-t-il en souriant en allant déjeuner.
Harry passa par l'entrée du château et retourna à sa chambre. Son déjeuner un peu trop gras, lui pesait lourdement sur l'estomac. Il réfléchit à la manière dont il pourrait passer le reste de la journée; et il fut plus que légèrement surpris de voir le Professeur Snape attendre patiemment devant la porte de ses quartiers, un gros livre dans les mains.
« Professeur, que puis-je faire pour vous ? » Lui demanda Harry après avoir repris ses esprits, une fois passé le choc initial.
« Professeur, » Le salua le Maître des potions. Il leva le livre pour qu'Harry puisse le voir. « J'ai lu ce livre que j'ai emprunté à Mme Weasley, qui je crois vous l'a emprunté. J'espère que ça ne vous dérange pas, » Dit-il avec calme.
« Pas du tout, » Répliqua Harry, qui reconnut le livre comme étant celui qu'il avait prêté à Hermione. Les sorts de purification complexes qu'il avait utilisés pour faire disparaître la créature noire qui avait attaqué le Professeur Snape, se trouvait dans ce livre.
Le maître des potions regarda Harry quelques instants puis poursuivit. « J'ai quelques…questions en ce qui concerne les sorts de purification et …j'espérais…que vous pourriez y répondre, » Déclara avec réticence le maître des potions. Il avait une expression étrange sur le visage.
Devoir demander de l'aide à Harry était un énorme coup à sa fierté. Harry pensa qu'il devrait peut-être s'asseoir après avoir entendu cela. Snape me demande de l'aide ? J'adorerais voir son visage s'il savait qu'il demandait de l'aide à Harry Potter. Si c'est une expression comme celle que je dois avoir sur mon visage maintenant, ça doit être risible ! pensa Harry amusé.
Toutes choses considérées, le Maître des Potions avait mis en danger sa fierté en approchant Harry aujourd'hui. Le Professeur Snape était un homme très fier de son talent dans tout ce qui concerne la pratique de la Défense Contre les Forces du Mal. Il était doué, d'abord parce qu'il s'y intéressait et d'autre part parce que ça avait été une nécessité. Il avait constamment affûté sa défense depuis qu'il avait décidé d'espionner Voldemort. La menace d'une mort lente entre les mains de Voldemort et la douloureuse mort de ceux qu'il avait protégés l'avait motivé à développer de tels talents. Il avait été impuissant quand il avait été attaqué par la créature de l'ombre. Ni lui ni aucun des autres professeurs, à l'exception d'Harry, ne savaient comment vaincre la créature. Et s'il y avait une chose que le professeur méprisait, c'était de se sentir impuissant et de ne pas avoir le contrôle.
Depuis lors, il avait fait tout son possible pour découvrir tout ce qu'il pouvait sur les créatures de l'ombre et les sorts capables de les vaincre. Il n'avait pas trouvé grand chose jusqu'à ce qu'il emprunte le livre sur la magie noire qu'Harry avait prêté à Hermione et à Ginny. Mais même en lisant les chapitres pertinents, il avait encore besoin de l'aide professionnelle du Professeur Green. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter. Lui, Severus Snape, était réduit à demander à un jeune…arriviste…d'au moins vingt ans son cadet, et qui venait d'entrer dans l'enseignement de…l'aide. Son air revêche faisait penser à Harry qu'il venait d'avaler un citron.
« Je suis désolé, Professeur. » S'excusa Harry après une légère pause. « Mais je suis surpris. Nous n'avons jamais été capables de discuter poliment, n'est-ce pas. Enfin, ce n'est pas que je m'en soucie, mais, vous m'avez toujours donné l'impression que vous pensiez que je n'étais pas qualifié pour enseigner mon sujet. »
« Je vous demande simplement un avis professionnel, d'un collègue à un autre, » Répliqua le Professeur Snape. Il ne pouvait nier la véracité des paroles d'Harry. Aucune de leur conversation n'avait été civile. En fait, la plupart avaient même été hostiles. Et il avait vraiment pensé qu'Harry n'était pas qualifié pour enseigner ce sujet quand il était arrivé. Mais il avait progressivement changé d'avis. Il avait observé le Professeur donner un cours de soutien à Theresa Chan le jour de Noël et il devait admettre, bien qu'avec réticence, qu'il connaissait son sujet. Il avait fait preuve d'une grande patience et avait encouragé son étudiante. Il lui avait appris à éviter de se faire blesser par un potentiel ennemi, à l'aide de stratégies simples. De plus, seul un idiot douterait de ses capacités quand il avait calmement chassé la créature qui l'avait attaquée le même soir, et il s'était occupé de ses propres mains de ce qu'il s'était passé à la pharmacie.
Le Professeur Snape avait dû réévaluer son jugement professionnel sur les capacités du Professeur Green, mais lui demander de l'aide ne sembler par le ravir.
Harry acquiesça aux observations du Professeur Snape et commença discrètement à déverrouiller, et à 'désarmer' sa porte avant de répondre, « Bien sûr, Professeur. »
« Excusez-moi, mais je préférerai que nous ne discutions pas de cela dans vos quartiers, » Déclara le Professeur Snape froidement. Harry se tourna vers lui. Son visage était sans expression et ne révélait rien.Ca n'avait pas d'importance. Il pouvait facilement deviner ses raisons. Le Professeur Snape était par nature, un homme intelligent et prudent. Il avait dû apprendre à survivre en tant qu'espion parmi les mangemorts de Voldemort, mais Harry savait depuis longtemps qu'il ne lui faisait pas confiance, en fait, la plupart des professeurs avaient encore des doutes sur lui. Il soupçonnait encore qu'Harry lui avait sauvé la vie pour endormir ses craintes et lui donner un faux sentiment de sécurité dans un but sinistre. Il était donc compréhensible que le Professeur ne souhaite pas discuter seul avec lui dans de telles circonstances.
« Vous avez raison. Ce serait trop facile pour moi de vous tuer là dedans, » Observa Harry d'un ton léger. « Pourquoi n'allons-nous pas dans la salle des professeurs ? C'est une jolie pièce publique et il me sera difficile de tenter quoi que ce soit avec des gens proche de nous. »
« Je n'ai rien dit de tel -» Objecta le Professeur Snape dans le but d'être poli. Il était venu demander de l'aide à Harry, il ne voulait donc pas l'insulter.
« Professeur, nous sommes au-delà de ça. Vous ne me faites pas confiance Je le comprends. Je ne vous le reproche pas. Vous seriez idiot de faire confiance à quelqu'un dont vous connaissez si peu de choses. Laissez-moi simplement poser mon sac, je reviens. » Lui dit Harry en entrant dans ses quartiers. Il jeta le sac dans le salon et ressortit. Il replaça discrètement les sorts sur sa porte.
Le jeune homme regarda le Professeur Snape. « Après vous, Professeur, » Offrit-il. Ils se dirigèrent tous les deux vers la salle des professeurs.
Les deux hommes marchèrent avec raideur. Ils n'étaient pas à l'aise face à la présence de l'autre. Quand ils arrivèrent dans la salle des professeurs, Minerva était assise à côté de la cafetière. Elle préparait ses cours pour le lendemain. Elle leva les yeux quand elle entendit les deux professeurs entrer et écarquilla les yeux quand elle les vit.
« Bonjour…euh…Severus…Jason…. » Bégaya-t-elle, en essayant, mais sans succès, de masquer sa surprise.
Le Professeur Snape la salua d'un signe de la tête mais Harry lança un joyeux « Salut » en se servant une tasse de café. Il suivit ensuite le Professeur Snape dans un coin reculé de la salle où tous deux s'assirent avec raideur, le livre placé sur la table entre eux. Harry prit le siège opposé à celui du professeur et attendit qu'il commence.
L'autre professeur prit le livre et l'ouvrit à une page marquée. Il avait placé un marque-page à divers endroits pour retrouver facilement ses références. Il allait commencer à poser ses questions quand il fut interrompu par Minerva.
« Pardonnez-moi cette interruption mais est-ce que tout va bien ? Devrais-je m'inquiéter de quelque chose ? » Demanda Minerva, sa voix légèrement plus aiguë que d'habitude.
Harry s'empêcha d'éclater de rire. Elle s'inquiète pour note sécurité ! Ou peut-être pour sa sécurité ! Nous sommes des grands garçons, bon sang ! « Euh, oui. Merci. Nous allons bien. »
« Très bien. Si ça ne vous dérange pas, pourrais-je savoir ce que vous faites ici ? » Les interpella-t-elle prudemment.
« Nous discutons du livre du Professeur Green, et nous vous serions reconnaissants de nous laisser continuer ou du moins commencer, » Claqua le Maître des Potions.
Minerva fut incapable de répondre pendant quelques instants. « Il n'y a que vous deux ici ? »
« Oui, » Répondit Harry plaisamment.
« Et vous discutez ? » Dit-elle en yeux en les regardant tous les deux les yeux plissés.
« Oui. » Répondit Harry innocemment. Le professeur Snape la regarda avec des yeux énervés. Le Professeur de Métamorphose se demanda si elle pouvait poser d'autres questions. Elle leur lança un autre regard prudent, rassembla ses affaires et s'installa à un bureau de l'autre côté de la pièce, aussi loin d'eux qu'elle le put, mais d'où elle pouvait encore les voir. Elle voulait garder un œil sur eux.
Le Professeur Snape renifla quand il vit le comportement de Minerva et Harry se battit pour ne pas sourire au professeur de Métamorphose.
« Maintenant, Professeur, j'ai remarqué dans ce paragraphe que l'incantation est utilisée pour élever l'objet dans lequel la créature est imprimée, mais l'incantation finale… » Harry se pencha en avant pour mieux voir le livre et les deux collègues passèrent quelques heures à discuter. Le jeune homme comprenait la confusion de Snape. Quand il avait étudié le sujet lors de son entraînement, il s'était également senti confus par certains passages du livre et son instructeur avait passé la majeure partie de deux journées à lui expliquer la théorie et les recherches. Harry lui expliqua du mieux qu'il put d'après ce dont il se souvenait. L'autre homme prenait de copieuses notes.
Des personnes habillées en robe s'agenouillèrent dans la salle humide et sombre, devant l'écran qui cachait leur Maître.
« On m'a informé que vous aviez échoué hier, » Siffla la voix de façon à la fois douce et menaçante.
« Mon Seigneur, » L'un de ceux qui tremblaient de peur, répondit, « Un homme à la pharmacie nous a surpris. Nous-»
« Silence ! » Gronda la voix. La pièce sembla résonner autour d'eux. « Je n'accepterai pas d'excuses. Dites-moi comment vous avez été blessé, » Demanda la silhouette derrière l'écran. Il remuait, très énervé.
« Un homme de la pharmacie a lancé un couteau et -» Répondit la figure apeurée, il n'osa pas lever les yeux.
« Vous avez permis à un sale moldu de vous blesser ! Vous êtes une source d'embarras, non seulement pour moi, mais pour la race des sorciers tout entière. » Le Maître acquiesça à la silhouette qui se tenait à ses côtés. Elle leva sa baguette et la pointa sur l'homme qui venait de parler et cria, « Endoloris ! »
Quand le sort frappa l'homme bond, la silhouette derrière l'écran parla à nouveau. « Que cela vous serve de leçon. Je ne récompense pas l'échec. Maintenant partez. Je ne veux plus vous voir. » Les sorciers et sorcières se levèrent légèrement, faisant des révérences régulièrement jusqu'à ce qu'ils soient sortis.
Snape relut ses notes pendant qu'Harry remplissait sa tasse de café. Il avait apprécié la discussion intellectuelle qu'il avait eue avec le jeune professeur, même s'il ne l'admettrait jamais parce qu'il était encore gêné d'avoir été réduit à lui demander de l'aide. Il avait presque admit que ça valait le coup de mettre de côté sa fierté pour discuter du livre avec le professeur de Défense Contre les Forces du Mal parce que celui-ci connaissait bien le sujet. Minerva avait quitté la pièce depuis longtemps et ils étaient seuls depuis quelques temps déjà. Hmm,… Peut-être l'ai-je sous-estimé. Il a l'air de bien connaître son sujet…peut-être un peu trop bien. Où peut-on apprendre quelque chose comme ça ?…Pourquoi a-t-il appris cela ?
« Avez-vous d'autres questions, Professeur ? » Lui demanda Harry en remuant sa boisson d'un air absent.
L'autre homme releva les yeux et le regarda. « Non…Merci…pour votre temps. »
Remercier les gens n'était pas facile pour Snape et c'était la deuxième fois qu'il avait à remercier le jeune professeur.
« Ne le répétez pas, » Répliqua-t-il. Il prit sa tasse de café, souffla dessus, but une gorgée et regarda l'autre homme avec un regard interrogateur quand il se rendit compte qu'il le regardait.
L'homme le plus âgé se pencha en avant, une douloureuse expression sur le visage. « En fait, j'ai une autre question. » Dit-il. Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure.
« Oui ? »
Il s'arrêta brièvement avant de commencer. « Pourquoi m'avez-vous sauvé l'autre nuit ? Vous auriez pu très facilement me laisser mourir, et personne n'aurait été plus malin. Après tout, personne ne semblait capable de réagir et vous avez dit vous-même vouloir 'me tordre le cou' un certain nombre de fois. Je suis curieux de savoir pourquoi vous l'avez fait. » Le Maître des Potions avait débattu cette question depuis le soir de Noël. Il était suffisamment honnête pour admettre qu'il avait rendu la vie du jeune homme très difficile depuis son premier jour à l'école. Il l'avait ouvertement accusé d'être venu ici parce qu'il avait de noirs desseins. Et là résidait le cœur du problème.
Le professeur Green était arrivé avec de maigres références et le Ministère de la Magie n'avait pas de dossier prouvant son existence. Ajouter à cela qu'il connaissait très bien la magie noire, incluant les enseignements obscurs qui datait du Moyen Age et qu'il était illégal d'enseigner aujourd'hui. Au sommet de tout cela, il avait un certain nombre de textes interdits en sa possession. Il y avait certains stigmates attachés aux personnes trop versées dans la magie noire. Les personnes de ce type qu'il avait rencontrées dans sa vie, n'étaient pas dignes de confiance. Elles étaient lunatiques, calmes, rusées et fascinées par la magie noire. Voldemort était l'une de ces personnes, mais le jeune professeur ne semblait pas du tout être fasciné par le sujet. Il en avait la connaissance mais n'était pas…obsédé. Le jeune homme était certainement une énigme.
Pour toutes ces raisons, le Professeur Snape se demandait pourquoi il lui avait sauvé la vie. Se préparait-il pour quelque chose de plus élaboré ? Ce serait justement le genre de chose que ferait un sorcier ténébreux et il ne se laisserait pas prendre. Il y avait une raison pour laquelle il avait réussi à survivre en tant qu'espion aussi longtemps. Il était un homme excessivement suspicieux, mais sa prudence et sa méfiance lui avait sauvé la vie plus d'une fois et il ne parvenait pas à faire confiance au Professeur Green et ce depuis son arrivée.
Bon sang, s'il avait un tel problème avec toute cette affaire, il aurait dû simplement me dire d'aller me faire foutre quand j'ai sorti ma baguette et je l'aurais laissé, si c'est ce qu'il voulait. Harry regarda sa boisson, s'arrêta puis répondit. « C'était la chose à faire. »
« En êtes vous sûr ? » Contra l'autre homme, sans manquer un battement.
« Je vous demande pardon ? » Lui demanda Harry. Il ne comprenait pas les implications de la question.
Le professeur Snape s'adossa à sa chaise, ses notes sur la table devant lui et ses doigts sous son menton. « Je vous demandais si vous étiez sûr que c'était la chose à faire. Toutes choses considérées professeur, vous ne savez rien à mon sujet. Pour ce que vous en savez, j'aurais pu avoir élevé la créature, et j'aurais pu lui avoir donné pour instructions d'attaquer un élève. Mais elle n'aurait pas compris mes instructions et m'aurait attaqué à la place. Si ça avait été le cas, pensez-vous que vous auriez pris la bonne décision en me sauvant ? »
« Je ne sais pas. » Répondit Harry avec hésitation.
« Donc, je vous pose à nouveau la question, êtes-vous sûr d'avoir ce qu'il fallait ? » Le professeur Snape regarda tranquillement Harry et attendit une réponse.
Harry y réfléchit avant de répondre. « Si j'avais été attaqué par la créature, et que vous étiez en position de m'aider, m'auriez-vous sauvé ou m'auriez-vous laissé mourir ? »
L'autre homme prit le temps de réfléchir attentivement à la question. « Je vous aurais sauvé. » Répondit-il finalement.
Il haussa un sourcil et le regarda avec surprise. « Oh, pourquoi ? Il est pourtant évident que vous ne me faites pas confiance et, disons-le, nous ne nous entendons pas très bien. Pourtant vous m'auriez tout de même sauvé la vie. Pourquoi cela professeur ? Etes-vous sûr que vous auriez fait ce qu'il fallait ? » Demanda-t-il en provoquant le professeur pour qu'il s'explique.
« Je préfère sauver la vie d'un homme qui ne le mérite pas plutôt que de laisser un homme bon mourir. » Répondit le professeur Snape en regardant Harry sans broncher. Harry lui rendit son regard et acquiesça pour lui indiquer qu'il comprenait.
« Exactement. » Harry avait subtilement renversé la situation. Harry connaissait le Professeur Snape, aussi bien que tout le monde pouvait le connaître, et il savait qu'il était essentiellement un homme bon, possédant de terribles talents ! Le problème était que 'Jason' ne connaissait pas du tout le Professeur Snape. Il le laissa donc penser que ses actions le soir de Noël répondait à la question : pourquoi une personne sauverait une autre personne, même si elle ne la connaît pas très bien. Il préféra cette question à l'autre : pourquoi le Professeur Green a-t-il sauvé l'agaçant et revêche Professeur Snape qui favorise sa propre maison. Ainsi, il était parvenu à diminuer légèrement ses soupçons.
Il y eut un court silence. Les deux hommes réfléchissaient aux implications de leur conversation, puis Harry finit son café et utilisa sa baguette pour envoyer la tasse vide sur l'évier où elle serait lavée plus tard.
« S'il n'y a rien d'autre que je puisse faire pour vous aujourd'hui professeur -» Commença Harry.
« En fait, il y a.. autre chose que j'aimerais…vous…demander…si ça ne vous dérange pas, bien sûr. » Dit le professeur Snape par à coups, essayant de ravaler sa fierté pour la seconde fois en une journée. Il ramassa ses notes, le livre d'Harry et se leva. « Voudriez-vous… me montrer… comment jeter le sort que vous avez utilisé pour dissiper la créature ? »
Harry grogna intérieurement. Oh Seigneur, j'ai déjà passé trois heures avec Snape. Et maintenant il veut passer encore plus de temps avec moi ? Je suis puni, je sais que je le suis. C'est une punition cruelle et peu commune. De l'extérieur, il paraissait perplexe. « Ca ne me dérangerait pas Professeur, mais je dois vous prévenir que certains des sorts sont vraiment difficiles à faire. Je vous le dis simplement parce que c'est bientôt l'heure du dîner, et vous préféreriez peut-être vous exercer le week-end prochain, quand nous aurons plus de temps. »
Le Maître des Potions le regarda avec des yeux froids. « Professeur Green, je suis un sorcier bien entraîné, et j'ai des talents en défense. Nous pouvons voir cela aujourd'hui, si vous êtes d'accord. »
« Très bien, mais nous ne pouvons pas faire cela ici. Nous avons besoin de plus de place. Que pensez-vous de ma salle de classe ? » Quand Harry remarqua l'expression de l'autre homme, il leva les yeux au ciel et ajouta, « Et je vous promets que je n'essaierai pas de vous tuer pendant que nous serons là-bas. »
L'autre homme renifla en entendant le sarcasme et se dirigea vers la classe de Défense, laissant Harry derrière, qui dû le rattraper.
« Salut les gars. Avez-vous une minute à nous consacrer ? » Demanda Ginny à Ron et à Hermione.
« Nous avons toujours du temps pour vous. Entrez. » Hermione ouvrit la porte pour laisser entrer Ginny et Drago. Ron et Hermione étaient en train de préparer leurs cours du lendemain. En fait, Hermione vérifiait simplement ce qu'elle avait déjà fait. Ron, d'un autre côté, avait attendu la fin des vacances pour préparer ses cours et il était maintenant poussé par le temps.
« Ronald Weasley, ne me dis pas que tu fais encore les choses à la dernière minute, » Lui dit Ginny en secouant la tête d'un air désapprobateur.
Ron ne leva pas la tête mais lui répondit d'un ton énervé. « Si maman, je le fais encore, alors que voulez-vous ? »
Ginny s'assit à côté de son mari sur le canapé et se tourna vers Hermione. « J'ai pensé que tu aurais brisé cette mauvaise habitude depuis le temps. »
Hermione s'assit sur un fauteuil. « J'ai essayé, Merlin le sait, j'ai essayé. » Elle soupira, exaspérée. Pour appuyer ses paroles, elle leva les bras et secoua la tête. « A chaque fois que je lui fais une suggestion, il me dit de le laisser tranquille parce qu'il travaille mieux quand il est sous pression et que ça a toujours été ainsi. Autrement, qu'est-ce qui vous amène ici ? Vous n'avez pas besoin d'excuse pour passer, mais vous ne passez pas souvent. »
« Ron, peux-tu venir par ici, s'il te plait ? » Lui demanda Ginny sérieusement.
« Ne vois-tu pas que je suis occupé ? » Lui demanda-t-il en lui lançant un regard grincheux par-dessus le bureau. Il s'effaça quand il vit l'expression grave sur le visage de sa sœur.
« S'il te plait, Ron. » Le pria-t-elle.
« Euh, oui. Juste une seconde, » Répondit-il. Il mit son matériel d'un côté du bureau ainsi que sa plume et son encre puis s'assit sur le canapé, près de sa femme.
« Que se passe-t-il Ginny ? » Demanda Ron. Il était inquiet par le comportement grave de Ginny.
« Nous voulions partir ce soir, mais…nous avons changé nos projets. » Commença Drago en regardant Ginny.
« Qu'est ce qui a changé ? Que s'est-il passé ? » Demanda Hermione très inquiète au sujet de ses amis.
« Ce n'est rien de trop mauvais, je crois. » Lui assura Ginny rapidement.
« Non. Vous souvenez-vous que ce matin Albus nous a dit que Jason avait entendu deux hommes dans la pharmacie parler de Severus et de moi ? » Leur demanda Drago, simplement pour remettre les choses dans leur contexte.
« Bien sûr. » Répliqua Ron rapidement.
« Eh bien, après la réunion, Ginny et moi sommes restés pour discuter avec Albus et il était d'accord avec moi : il vaut mieux que nous restions ici, à l'école quelques temps, jusqu'à ce que nous trouvions ce qui se passe et savoir qui est après moi, » Expliqua Drago à son beau-frère et à sa belle-sœur. Ron et Hermione se regardèrent, puis déplacèrent leur regard vers Ginny et Drago.
Ils ne dirent rien pendant quelques instants, mais Hermione finit par s'éclaircir la voix et dit. « Je suis d'accord. Je vous ai déjà dit que j'étais inquiète que des gens vous recherchent. Je suis contente que vous preniez ces nouvelles sérieusement.
« Ce n'est pas vraiment pour moi. » Se hâta d'expliquer Drago. « Je suis plus inquiet pour Ginny. » Il regarda sa femme affectueusement..
« Drago… » Commença Ginny avec le ton « Ne sois pas idiot ».
« Non, Ginny. Ecoute. J'ai un joli profil. Je gère de nombreuses compagnies et je suis le directeur d'autres. Donc, je ne suis jamais longtemps au même endroit. Mais si on me cherche vraiment, il n'est pas difficile de me trouver. Je dois être à l'un de ces endroits n'importe quand dans la journée. Si quelque chose m'arrivait et que personne n'est avec Ginny, elle essaierait de me chercher ou elle ferait quelque chose de stupide…et elle finirait par se blesser-ou pire. Je ne veux pas que ça arrive. Et Ginny travaille avec moi ou avec son père au Ministère, beaucoup de personnes le savent. Ginny ne se déplace pas autant que moi, elle est donc très facile à trouver. Je ne veux pas qu'ils lui fassent du mal pour m'avoir. » Leur expliqua Drago.
« Merci Drago, » Murmura Ron en regardant Ginny. Elle était sa petite sœur et il ne pourrait pas supporter qu'il lui arrive quoi que ce soit.
« Ne dis rien, Ron. Je l'aime aussi. » Il prit la main de sa femme qui était sur sa cuisse et embrassa gentiment le dos de la main.
« Alors, qu'allez-vous faire pendant que vous êtes ici ? Je sais que vous détestez rester assis à ne rien faire, » Leur demanda Hermione, toujours à chercher le côté pratique de toute chose.
« Eh bien, nous sommes venus ici pour vous proposer nos services. Nous allons voir tous les professeurs et nous leur proposons de les aider dans leur cours. Je pensais que je pourrais peut-être vous aider à faire des recherches ou à corriger des copies, des choses comme ça. Nous pensions proposer nos services dans un premier temps à vous, à Severus et à Jason, » Répondit Ginny.
« Eh bien, maintenant que tu en parles, je travaille sur plusieurs choses pour l'université et je vous serai reconnaissante si vous acceptiez de corriger mes copies et peut-être de me remplacer dans quelques-unes de mes classes pour que je puisse terminer les articles de journaux que je suis en train d'écrire. »
« Euh, Hermione, aucun de nous n'a étudié l'arithmomancie, » Lui rappela Drago, les yeux écarquillés. Il espérait éviter d'avoir à donner des cours sur l'un des sujets les plus ennuyeux et les plus difficiles qui puissent exister.
« Oh, ne t'inquiète pas pour ça. J'ai tout écrit, vous n'aurez donc plus qu'à lire mes notes. C'est facile. »
« Oh, bien. » S'étouffa Drago. Il sourit légèrement et se maudit mentalement d'avoir proposer son aide à Hermione.
« Entre temps, toi et moi allons terminer de préparer tes notes pour demain. » Dit Ginny sévèrement. Elle se leva et tira Ron jusqu'au bureau sur lequel il écrivait avant leur arrivée.
« Wow, tu es d'accord, Ginny ? Merci ! Allons, tu sais que tu es ma sœur préférée, hein ? » Bégaya Ron en se laissant tirer par sa sœur de l'autre côté de la pièce.
« Idiot, » Marmonna Ginny dans sa barbe.
Drago regarda sa femme et son beau-frère plaisanter. Il remercia Merlin de lui avoir permis de se marier et d'entrer dans une famille si merveilleuse et aimante. A contrecœur, il détacha son regard de sa merveilleuse femme et dit, « Je dois voir Jason, donc je vais y aller. Mais je vous verrai au dîner. »
« A plus tard, chéri. » L'appela Ginny du bureau où elle se tenait à côté de son frère pour l'aider.
« Nous te verrons au dîner, » Lui dit Hermione en le raccompagnant à la porte.
« Je vous ai dit que ce ne serait pas facile, » Lui rappela Harry. Le Professeur Snape ne parvenait pas à lancer le sort de purification compliqué. Le Maître des Potions s'entraînait à jeter ce sort, sous la supervision d'Harry depuis plus de deux heures. Il était de plus en plus énervé et grincheux après chaque échec. « Nous devrions arrêter et reprendre plus tard, quand… » Suggéra Harry, mais se tut quand l'autre homme lui jeta un regard particulièrement venimeux. Il soupira, exaspéré et dit, « Je suggère simplement cela parce qu'utiliser sa magie sans arrêt pendant plusieurs heures sans pause, fatiguerait n'importe qui. C'est tout.»
« Je vais bien et peux continuer. Qu'ai-je mal fait ? Je lance les deux sorts mais ils ne fonctionnent pas comme ils le devraient. » Claqua le Professeur Snape en essuyant la sueur de son front.
« D'accord. Les sorts doivent être lancés pratiquement simultanément. L'un directement après l'autre. Ils ne doivent se succéder que d'une seconde. Vous avez vous-même dit, avoir pensé que je n'avais utilisé qu'un seul sort pour faire disparaître la créature, et c'est la manière dont ça doit avoir l'air. Vous ne jetez pas votre second sort suffisamment vite. Vous ne pouvez pas donner une seconde d'avance au premier sort parce qu'il n'est pas important. Le second l'est, mais le premier doit servir de guide, ou de point de focalisation.
« Je ne pense pas pouvoir jeter les sorts plus rapidement que je ne le fais déjà. Comment puis-je faire une telle chose ? » Lui demanda le Professeur Snape. Il respirait encore bruyamment à cause de l'effort qu'il fournissait depuis quelques heures.
Harry réfléchit à cela. Il était difficile d'expliquer exactement comment il faisait quelque chose parce qu'il le faisait, c'est tout. C'était un talent de compréhension et il ne pensait pas attentivement à cela.
« D'accord. Je pense que vous visualisez encore ce que vous faites comme deux sorts séparés. Ai-je raison ? »
Le Maître des Potions croisa les bras sur sa poitrine, baguette en main et réfléchit à la question. « Je crois que oui. Mais je lance deux sorts sont séparés, comment peut-on les penser autrement ? »
« Imaginez très clairement dans votre tête ce que vous voulez qu'il se passe, mais au lieu de les visualiser en deux parties distinctes, pensez-y comme un seul mouvement fluide. Un mouvement séparé en deux. Deux parts pour un but. Maintenant une fois que vous aurez récité le premier sort, ne le relâchez pas, récitez simplement le second. Quand vous aurez presque terminé, relâchez le premier sort. Une fois cela fait, vous devriez finir l'incantation du second sort, et vous pourrez relâcher le tout. Ca doit être fait très rapidement, il faut donc vous exercer un peu pour avoir le bon timing. »
L'autre homme acquiesça et pensa aux instructions.
« Oh, mais vous divisez votre magie entre les deux sorts. Pensez à eux comme deux parts d'un même…je ne sais pas…mécanisme. » Ajouta Harry. « Si vous pensez à eux comme à un seul sort, votre magie répondra à votre intention et elle divisera votre énergie en deux sorts. »
Le Professeur Snape acquiesça, pour montrer qu'il avait compris les instructions et regarda Harry avec des yeux noirs.
« Quoi ? » Demanda-t-il énervé.
« Pourquoi ne m'avez-vous pas dit cela, avant ? Nous sommes ici depuis un certain temps et cette information aurait été très utile plus tôt. » Claqua le Professeur Snape en se déplaçant pour aller au milieu de la pièce et recommencer.
Harry leva les yeux au ciel et répondit, « J'essaie de vous expliquer cela depuis la dernière heure et demie. Si vous avez choisi de l'ignorer, c'est votre problème. »
L'autre homme leva sa baguette et dit par-dessus son épaule, « Vous n'étiez pas clair jusqu'à maintenant. »
« Peu importe, » Marmonna Harry dans sa barbe alors que Snape faisait les mouvements.
Ils furent interrompus par quelqu'un qui frappait à la porte. « Hé, est-ce que j'interromps quelque chose ? » Demanda Drago en passant la tête dans l'entrebâillement de la porte.
« Non, » Dit Harry en même temps que le Professeur Snape répondait « Oui ». L'homme le plus âgé regarda le jeune homme avec des yeux noirs mais celui-ci se contenta de lever les yeux au ciel et regarda Drago.
« Cherchais-tu le Professeur Snape ? » Demanda Harry poliment.
« En fait, je te cherchais, mais je devais aussi parler à Severus. » Dit-il en s'avancer vers eux. « Je dois avouer qu'avec tout ce que j'ai entendu et vu, je ne pensais pas vous trouver dans la même pièce sans supervision. »
« As-tu une raison d'être ici, Drago, ou cherchais-tu simplement une excuse pour exercer ton esprit juvénile ? »
« Es-tu sûr que je n'interromps rien, Jason ? Vous avez vraiment l'air d'être au milieu de quelque chose, » Observa Drago.
Avant qu'Harry ne puisse répondre à la question quI lui était posée, le Professeur Snape s'adressa à Drago, « Le Professeur Green me montre comment lancer le sort utilisé pour dissiper la créature qui m'a attaquée, il y a trois semaines. »
Drago haussa un sourcil et regarda Jason. « Comment ça se passe ? »
Harry jeta un œil à l'autre homme qui croisa simplement les bras sur sa poitrine et le regarda avec des yeux noirs et avec agacement. « Ca va. Le professeur à simplement besoin de s'exercer un peu plus. Je suis sûr qu'il y arrivera. »
« Oh, » Dit Drago en observant le Maître des Potions qui avait l'air frustré, « Penses-tu pouvoir me montrer ? »
« Euh, oui. Nous avons besoin d'une demi-journée. Mais nous devrons attendre que tu reviennes nous voir, non ? » Lui demanda Harry.
« En fait, c'est de cela dont je viens vous parler…Albus nous a dit que lorsque nous étions dans la pharmacie hier, tu as entendu dire que Severus et moi étions recherchés, je voulais juste te faire savoir que puisque c'est ainsi, Ginny et moi resterons au château un peu plus longtemps. Albus et moi pensons que ce sera plus prudent. »
« Je suis d'accord, » Dit Harry. « Mais pourquoi vous cherchent-ils tous le deux ? »
Drago jeta un rapide coup d'œil dans la direction de Severus qui secoua imperceptiblement la tête. Il ne voulait pas parler à Jason de leurs hypothèses. « Euh, nous n'en sommes pas totalement sûr, » Dit Drago vaguement. « En tout cas, » Se dépêcha-t-il d'ajouter pour apaiser son embarras, « je voulais te dire que Ginny et moi avons déjà préparé des soirées et toutes sortes de choses qui te concernent. » Sourit Drago.
« Oh, et bien, les cours vont bientôt reprendre et je pense que nous allons -» Commença Harry, mais il fut rapidement interrompu par Drago.
« Ouais, ça me fait penser, nous n'aurons pas grand chose à faire pendant que nous sommes là, alors nous proposons de servir d'assistants aux professeurs. Ginny et moi voulions demander à Ron, Hermione, Severus et toi si nous pouvions faire quelque chose pour vous avant de demander aux autres professeurs. »
« Je n'ai pas besoin d'aide pour l'instant, » Répondit le professeur Snape. « Je pourrais te demander de trouver certains ingrédients de temps à autre, si ça ne te dérange pas. »
« Bien sûr, » Accepta Drago avant de se tourner vers Harry. « Et toi ? »
Harry réfléchit très attentivement à la proposition de Drago. « En fait, si ça ne te dérange pas, et si ce n'est pas trop de travail pour toi, j'aurais besoin d'une deuxième personne pour mes cours pratiques. »
« Vraiment ? » Demanda Drago très intéressé.
« Ouais. C'est marrant que tu demandes ça parce que je pensais donner aux élèves un cours de duel. La plupart commence à savoir utiliser les sorts et contre sorts que nous avons étudiés, mais ce serait bien qu'ils aient un nouveau moyen de pratiquer ces sorts. Et avoir une deuxième personne pour les aider et m'aider à corriger leurs erreurs pendant les cours de pratique serait vraiment utile. En général les leçons ne sont pas assez longues pour voir tout le monde et je devrais étendre les cours sur deux heures au lieu d'une seule. Est-ce que ça vous dérangerez, Ginny ou toi ? » Demanda Harry.
« Pas du tout. En fait, je m'intéresse à la Défense alors je suis volontaire avant que ma femme ne puisse l'être. » Dit Drago avec un réel intérêt.
« La moitié de mes cours sont pratiques. Ne te sens pas obliger de venir à tous. Viens quand tu veux. »
« Je ne pense pas avoir beaucoup d'autres choses à faire, je serai donc heureux de t'aider avec tous les cours auxquels je pourrais assister. »
« Vraiment ? Alors, viens dans mes quartiers tout à l'heure, et nous verrons les changements nécessaires à apporter au cours que j'avais prévu pour demain. »
« D'accord. Si tu veux bien m'excuser, j'aimerais dire un mot à Severus. »
« Oh, et bien, je vais aller dans la Grande Salle pour dîner. Je suis affamé. Je vous verrai plus tard, » Et il sortit de la salle.
Drago le regarda partir et se tourna vers le Professeur Snape. « Pourquoi n'as-tu pas voulu que je le lui dise ? Je ne le dis pas en général, mais il est membre de l'Ordre maintenant et il nous a sauvé la peau hier. Non seulement cela, mais en plus, Ginny, Ron, Hermione et Minerva étaient avec nous alors que nous étions surveillés. Et si quelque chose était arrivé à l'un d'eux ? Si Jason ne nous avait pas prévenu que nous étions observés, qui sait ce qui ce serait passé. »
« Malgré ce que tu dis… cette…information…n'est pas à partager avec légèreté, » Siffla l'homme plus âgé. Il regarda autour de lui pour être sûr que personne n'était suffisamment près pour les entendre et jeta un puissant sort de silence autour de la pièce. « Il n'a pas besoin de savoir, et je ne souhaite pas que tu lui dises. »
« Je sais que nous ne le connaissons pas depuis très longtemps. En fait, tu le connais depuis plus longtemps que moi, mais te souviens-tu de ce qu'il a dit pendant cette réunion dans le bureau d'Albus, juste après Noël ? Il a dit que rien n'était 'bon' ou 'mauvais', et que ce n'étaient pas des concepts isolés. Il a aussi dit que parfois les gens bien peuvent faire des choses considérées comme mal et vice versa. Il comprend la nature humaine et la nature du bien et du mal que très peu de personnes comprennent vraiment, Severus. » Argumenta Drago.
« Tu es encore naïf, Drago. Peut-être a-t-il simplement répété ce qu'il avait lu dans un livre. » Railla Severus. Il avait pourtant lui aussi, été affecté par ce qu'Harry avait dit lors de cette réunion. « Peut-être travaille-t-il secrètement afin d'obtenir notre confiance et qu'il a d'obscurs projets. Ce n'est pas aussi tiré par les cheveux que ça en a l'air. Toi et moi avons fait la même chose pendant la guerre, si mes souvenirs sont bons. »
Drago réfléchit aux paroles de son ancien professeur. « Peut-être. Mais je ne pense pas que ça soit le cas. Je suis assez doué pour savoir quand on me ment, Severus, mais il a l'air sincère. »
« La confiance aveugle te fera tuer. » Dit le professeur d'un ton menaçant.
« Je ne fais pas confiance aveuglément. Je n'allais pas tout lui dire. Je voulais simplement lui dire que nous avions été des espions. Je n'aurais rien dit de plus. » Répliqua Drago tout aussi sérieusement.
« Je ne pense pas que soit sage. Nous ne sommes pas certains de ses intentions et… » Commenta le professeur Snape, mais avant de pouvoir poursuivre, Drago avait déjà répondu.
« Nous n'en avons pas nécessairement besoin. Il nous a déjà sauvé la vie au moins une fois, et il s'est presque fait tuer hier à la pharmacie, en aidant son élève. Il a peut-être des secrets, et il a peut-être un passé en dents de scie, Severus, mais nous ne sommes pas vraiment en position de le montrer du doigt, si ? Nous sommes considérés comme les deux personnes les moins fiables de la planète, mais toi et moi savons que ce n'est pas entièrement vrai. »
L'homme le plus âgé pesa ses mots et dit prudemment, « Ce que tu dis peut être vrai, mais une chose ne me semble pas…juste à son sujet. Et je garde ma position. Je ne souhaite pas que tu lui parles de notre ancien…statut…ou même aborde le sujet. »
Drago soupira. « Très bien. Je ne suis pas si borné. Je peux donc admettre que tu as un point. En tout cas, il se fait tard et j'ai faim. » Le professeur Snape enleva son sort et Drago lança la conversation sur un autre sujet. « Donc, tu prends des cours de Défense Contre les Forces du Mal ? J'ai lu les chapitres de ce livre et je crois que j'étais encore plus confus après avoir fini de le lire qu'avant. Je pensais qu'il n'y avait qu'un sort alors qu'il y en avait deux… »
Les deux hommes quittèrent la pièce avec le livre de Harry et les notes de Severus.
« Je ne vous ai pas appelé. Pourquoi êtes-vous ici ? » Interrogea la silhouette sans forme, derrière l'écran.
« Mon Seigneur, nous avons brisé les sorts entourant le corps et les arrangements sont en train de se faire alors que nous parlons. » Dit l'homme avec excitation. Il était agenouillé devant l'écran.
Son Maître remua et siffla, lui aussi excité. « Excellent. Que le corps soit amené dans cette pièce et je ferais les préparations nécessaires. »
« Oui, mon Seigneur. »
« Il y a une chose que je dois faire avant d'utiliser le corps. »
« Oui, mon Seigneur ? » Interrogea la figure agenouillée.
« Trouvez les traîtres et tuez-les ! Ils sauront, et ils risquent de ruiner mes plans. Et cela ne serait pas tolérable, » Dit le Maître sur un ton froid et inébranlable. »
« Bien sûr, mon Seigneur. »
« Et n'échouez pas. » Siffla son Maître.
« Non, mon Seigneur, » Dit l'homme en faisant une révérence avant de quitter la pièce.
