Chapitre 10
La semaine avait été longue pour Drago, et il était content que ce soit vendredi après-midi. Il avait respecté sa parole et avait aidé Harry toute la semaine dans ses leçons pratique. S'il était honnête, Drago devait admettre avoir deux motifs pour vouloir aider Harry. D'abord, il était intéressé par tout ce qui concerne la Défense et était plutôt doué dans ce domaine. Il avait une bonne raison de s'y intéresser : il n'aurait jamais survécu en espionnant le cercle de mangemorts de Voldemort s'il avait été complètement inepte. Et deuxièmement, et peut-être était-ce la raison essentielle, en passant autant de temps à aider Jason, il n'aidait pas Hermione à faire ses recherches pour son article sur les nouveaux développements de l'arithmancie, ce qui, à son avis provoquait des ronflements.
Pour dire la vérité, Drago appréhendait un peu le contact avec les élèves. Sa famille était très connue dans le monde sorcier, pour beaucoup de mauvaises raisons, et même s'il ne se souciait pas de ce que les autres pensaient de lui, il ne voulait pas que certains élèves posent des problèmes à Jason parce qu'il l'avait choisi en tant qu'assistant. Harry avait passé la journée du lundi à menacer les étudiants de leur donner un devoir écrit supplémentaire dont le sujet serait : pourquoi les commérages ne peuvent-ils pas être tolérés dans une salle de classe ? Et ce, pour que les commérages autour de Drago cessent. Inutile de dire que la perspective de faire des devoirs supplémentaires eut un effet magique sur sa classe presque immédiatement.
Le culot de l'ancien espion et son espièglerie avaient déjà réussi à surmonter l'hostilité de certains élèves. En fait, il appréciait affronter Harry dans son domaine autant que de l'aider dans ses cours. Par exemple, la veille, lui et Harry avaient fait la démonstration d'un duel sorcier. Doués tous les deux, ils s'étaient fatigué assez vite de se lancer de simples sorts et pour rendre les choses plus intéressantes, ils avaient incorporé des sorts sauvages et bizarres et avaient fini par se lancer et se défendre avec des charmes chatouilles.
Pourtant dans leur enthousiasme, ils avaient mis trop de puissances dans leurs charmes et avaient ri aux éclats pendant au moins une demi-heure et comme c'était contagieux, tous les élèves avaient ri aussi. Beaucoup d'élèves étaient devenus, à la suite de cela, plus amicaux. Après tout, une personne capable de jeter un charme hautement risible et d'imiter la poule pour déstabiliser son adversaire ne peut pas être si mauvais, si ?
A un autre moment, Harry et Drago se préparaient à montrer aux Sixième Année comment lancer et se défendre contre un sort qui provoque de vilaines brûlures.
« Donc, quand je dis 'go' , M. Malfoy lancera le sort et je me défendrai contre lui. Ca ira très vite, alors regardez attentivement quand je dirai 'go'- hé ! » S'écria Harry quand il vit le sort frôler son bras. « Pourquoi me l'as-tu lancé ? » Demanda-t-il à Drago qui essayait de réprimer un rire. Drago avait profité de la situation pour alléger l'humeur. Harry expliquait ce qui allait se passer depuis plus de quinze minutes et l'ancien espion voyait que le regard des élèves devenait vitreux. Il avait observé Harry en tant que professeur. Il connaissait son sujet, mais il avait tendance à être un peu trop prudent et donc à expliquer les choses une fois de trop. Il avait sauté sur cette occasion en or pour jouer un petit tour à Harry. Il lui avait jeté un sort alors que celui-ci ne s'y attendait pas et avait délibérément raté sa cible.
« Que veux-tu dire ? » Demanda-t-il, les yeux écarquillés et feignant l'innocence. Je n'ai fait que ce que tu m'as dit de faire. »
« Je ne t'ai pas dit d'essayer de m'avoir pendant que j'avais le dos tourné. » S'écria Harry faussement outragé. Il avait aperçu la lueur malicieuse dans les yeux de Drago.
« Tu as dit que je devais lancer le sort au moment où dis 'go' et tu as dit 'go'. »
« Je ne voulais pas dire que tu devais le lancer, alors. »
« Mais tu as dit 'go'. »
« Mais je ne voulais pas que tu me jettes le sort à ce moment là »
« Comment suis-je censé savoir ce que tu veux dire ou non ? » S'écria Drago. Il souriait maintenant ouvertement et bougeait ses bras autour de lui avec une exaspération moqueuse.
« Ils savent que je ne voulais pas le dire, il n'y a donc aucune raison que toi tu ne l'aies pas su également. » Lui dit-il en désignant ses élèves. Ceux-ci suivaient l'échange avec beaucoup d'amusement. Certains essayaient même de retenir leurs éclats de rire.
Drago se tourna vers la classe et leur demanda, « Il a dit 'go', vous êtes d'accord ? »
Un élève se porta bravement volontaire « Euh, professeur, je dois avouer que vous l'avez dit. » Tous éclatèrent alors de rire et leur rire résonna dans les murs.
La dernière classe de la journée allait se terminer et il aidait Harry à ranger le matériel.
« As-tu lu le journal ce matin ? » Lui demanda Drago en faisant voltiger un bureau pour le remettre à sa place, de l'autre côté de la salle.
« Non, j'ai manqué le petit déjeuner. » Répondit Harry.
« Apparemment ces moldus qui ont tiré dans la pharmacie samedi dernier ont dit qu'ils avaient été placés sous une sorte de sortilège qui les obligeait à agir. Personne ne leur a effacé la mémoire et maintenant les moldus pensent qu'il s'agit d'une grande blague. Mais le Ministère les surveille de près pour pouvoir effacer leurs souvenirs. Apparemment ils auraient tous été placés dans un 'asile' afin de les protéger et pour que le Ministère puisse les retrouver plus facilement.
« Je pense ça a fait foirer le plan de ceux qui ont fait ça. Est-ce que le Ministère a déjà fait quelque chose à ce sujet ? » Lui demanda Harry en regardant les élèves regagner leurs sièges.
« Eh bien, les représentants du Ministère ont dit qu'ils s'en occupaient mais connaissant Fudge, il a simplement dû mettre le problème sous le tapis en espérant qu'il s'en aille. »
« Ils doivent tout de même se rendre compte que c'est important. Ca fait un petit moment maintenant que des sorciers font des choses comme ça, non ? » Répondit Harry. Ses yeux se plissèrent. Il était vraiment inquiet. Certainement même cette espèce de bac de pâte à cerveau de lard peut voir que s'il ne va pas au bout de cette affaire, elle pourrait vraiment prendre des proportions énormes ! Peut-être que je donne à cet homme trop de crédit. Tout dans le ventre et rien dans la tête, celui-là.
« Le Ministère est aussi ridicule que cela. » Commenta Drago d'un air désinvolte.
« Ouais, ils doivent l'être. Oh, au fait, merci pour ton aide, cette semaine. Les élèves apprennent tellement plus vite quand nous sommes deux pour les aider à comprendre comment utiliser les sorts. »
« Ne t'inquiètes pas. J'aime ça et tu m'as réellement rendu un service en me gardant occupé ici. »
Harry se tourna pour renvoyer sa classe. « Bien, comme devoir, je veux que vous écriviez un essai sur les forces et les faiblesses de ce sort. Je veux que vous vous concentriez essentiellement sur la manière dont vous pouvez exploiter ses forces en tant que lanceur du sort, et comment exploiter ses faiblesses en tant que cible du sort. Ce sera tout pour aujourd'hui. Profitez bien de votre week-end. »
« Tu donnes souvent ce sujet, non ? » Observa Drago alors que les élèves quittaient la salle.
« Ouais, à chaque fois qu'ils apprennent un nouveau sort. Je pense que s'ils comprennent les forces et les faiblesses de chaque sort alors ils pourront les jeter et s'en protéger avec plus d'efficacité. Eh bien, en tout cas, c'est ainsi qu'on me les a enseignés. » Répondit Harry en rassemblant ses notes. « Alors comment Ginny s'occupe-t-elle ? » Demanda Harry à Drago en sortant de la salle.
Harry avait passé une grande partie de son temps libre à rechercher des ingrédients qu'il pourrait utiliser pour fabriquer un médicament pour Theresa qui serait totalement efficace, homologue à la potion. Il avait appris que c'était la racine de tonga qui rendait la potion totalement efficace. Il testait donc différents composants chimiques moldus en espérant tomber sur un composant qui aurait des propriétés similaires a la racine de tonga, mais sans succès jusqu'à présent.
Il avait pratiqué d'autres tests ce matin et espérait avoir de meilleurs résultats. Après sa dernière classe de la semaine, il avait donné rendez-vous à Drago pour le voir pendant le week-end afin de préparer leurs prochains cours. Il était ensuite rapidement retourné dans ses quartiers pour vérifier les résultats, mais fut déçu et énervé de s'être à nouveau heurté à un mur de briques.
Une fois qu'il eût vidé le contenu des fioles dans l'évier, il enleva ses lentilles et s'assit sur le bureau de sa salle d'étude, se frotta les yeux de frustration et de fatigue puis prit son collyre. Il portait normalement des lentilles qu'il pouvait mettre pendant plusieurs jours, mais il avait poussé les limites. Il les portait depuis presque une semaine et demi, et maintenant il en subissait les conséquences. Ses yeux étaient rouges et enflés, son collyre était la seule chose qui le soulageait.
Il avait ressorti tous ses livres de biochimie et de biomédecine d'une malle et les avait mis sur son bureau afin de les avoir à portée de main pendant qu'il travaillait sur le médicament de Theresa. Il soupira bruyamment, en prit un particulièrement volumineux, le posa brutalement sur la table et l'ouvrit au chapitre qu'il espérait utile. Bien, voyons voir si ça marche.
Quinze jours plus tard, Harry n'avait toujours pas trouvé ce qu'il cherchait. Madame Pomfresh avait approché Harry discrètement la veille au soir, et lui avait dit que Theresa avait eu une crise pendant la journée. Elle n'était pas aussi mauvaise que les précédentes et elle avait été capable d'aller jusqu'à l'infirmerie avant que sa crise ne soit réellement commencée. Elle l'avait informé que Theresa devait retourner voir le médecin pendant le week-end et Harry lui assura qu'il l'accompagnerait à nouveau.
Il était énervé parce que ses recherches et expérimentations qui visaient à résoudre le problème de Theresa se heurtaient à un mur de briques. Il jeta la fiole qu'il tenait dans ses mains dans l'évier et sentit monter une bouffée de satisfaction après cette colère qu'il savait pourtant être puérile. Il avait regardé dans tous ses livres et ils s'étaient tous montrés inutiles. Peut-être ai-je trop l'habitude de penser comme un moldu. Peut-être devrais-je chercher un ingrédient de potion qui pourrait être utilisé à la place de la racine de tonga. Hmm… peut-être aurais-je dû y penser d'abord. Il se réprimanda silencieusement, enleva sa robe de professeur et se dirigea vers la bibliothèque
Une nouvelle assistante le salua et lui désigna l'endroit où étaient rangés les livres de potions. Malgré ses protestations- il savait déjà comment se servir de la bibliothèque- elle lui expliqua comment se servir du catalogue, retirer les livres et souligna certaines règles.
« Le sort 'accio' ne doit s'employer qu'en dehors de la bibliothèque. Il ne faut sous aucun prétexte l'employer à l'intérieur. Ce serait trop dangereux. »
« Je peux imaginer. » Harry acquiesça en essayant de ne pas rire : il imaginait les élèves frappés à la tête par des livres volants.
Elle retourna ensuite à son bureau et il put travailler tranquille. Il trouva une grande table dans la section des potions et commença à lire.
« Qu'est-ce qu'un professeur aussi gentil que toi fait dans un lieu comme celui-ci ? » Le questionna Drago implacablement quelques temps plus tard. Le professeur Snape et lui l'avaient trouvé enterré sous une pile de volumineux livres et absorbé par trois livres à la fois. L'intrusion soudaine de Drago surpris Harry : il leva rapidement la tête et prit automatiquement sa baguette. Il se détendit visiblement quand il réalisa de qui il s'agissait.
« Bon sang ! Ne fais pas ça ! Tu m'as fait peur ! » S'écria Harry.
« Alors, tu n'as pas répondu à ma question, qu'est-ce qu'un professeur aussi gentil que toi fait dans un lieu comme celui-ci ? »
« Quoi, tu veux dire une bibliothèque ? Où vont les professeurs quand ils veulent augmenter leurs connaissances pour répondre aux questions que posent leurs élèves et mériter leur salaire ? Ce genre de lieu ? » Répliqua Harry pour plaisanter. Il frotta ses yeux fatigués et cligna plusieurs fois des yeux pour concentrer à nouveau son attention.
« Ouais. Certains des pires jours de ma vie se sont déroulés à la bibliothèque. Rien de bien ne peut venir d'endroit comme celui-là. Ils encouragent les mauvaises habitudes, » Observa Drago sagement. « Mais maintenant que nous t'avons trouvé, nous avons un message pour toi. »
« Un message ? De qui ?»
« Notre très estimé directeur aimerait t'inviter à un…rassemblement demain soir dans son bureau. Il y a certaines choses dont il nous faut discuter. » Drago regarda Harry d'un air entendu, en lui donnant le message. Harry, de son côté, sembla confus et énervé. Qu'est-ce qu'il y a encore ? Je ne peux sacrément pas bouger de cet endroit sans devoir par la suite subir un interrogatoire.
« Quelles choses ? Qu'ai-je fait cette fois ? » Demanda Harry en fermant brutalement le livre et en levant les bras au ciel.
« Sshht ! » La jeune bibliothécaire les réprimanda de son bureau.
Le professeur Snape haussa un sourcil face à la colère d'Harry. « Avez-vous fait quelque chose ? Si vous n'avez rien fait, alors il n'est pas nécessaire de vous sentir concerné. » Observa-t-il avec un air méprisant.
Harry le regarda avec des yeux noirs, mais ce dernier ne sembla absolument pas affecté. « Peu importe ce que j'ai fait ou non, à chaque fois que je fais un mouvement, on me demande des comptes, comme vous le savez. » Le regard d'Harry parlait pour lui. Bien sûr le professeur le plus âgé le savait puisque c'était lui qui posait la plupart des questions à Harry dans le bureau du directeur en essayant de prouver qu'il n'était pas digne de confiance et qu'il devait être renvoyé de l'école.
« Ces choses ne peuvent pas être discutées…ici, » Lui signala le professeur Snape en faisant discrètement le tour de la bibliothèque des yeux.
Harry comprit immédiatement. Albus réunissait l'Ordre. « Bien sûr. » Il acquiesça pour montrer qu'il avait compris et essaya d'étouffer un bâillement, mais échoua lamentablement. « Excusez-moi. Il doit être plus tard que je ne le pensais. »
« Je dirai que la bibliothécaire mis à part, nous sommes seuls ici. Nous t'avons cherché dans tes appartements mais comme tu n'y étais pas, nous voulions te voir demain pour te parler. C'est par hasard que nous t'avons trouvé ici. Severus voulait regarder rapidement quelque chose pour ses cours, nous sommes donc venus. » Lui expliqua Drago alors que le professeur Snape regardait les étagères.
« En parlant de cela, que fais-tu ici ? » Lui demanda Drago en se rapprochant pour mieux voir les livres.
« Je fais simplement…des recherches. » Répondit Harry en se levant. Il ferma les livres qui étaient ouverts devant lui et marqua attentivement le nom des livres et les pages dans un carnet qu'il avait apporté avec lui. « Mais je vais arrêter pour ce soir. Il se fait tard et je crois que je ne peux plus rien lire de toute façon. »
« Euh, corrige-moi si je me trompe, et j'espère que ce n'est pas le cas parce que sinon ça voudrait dire que je marche les yeux fermés depuis trois semaines, mais tu enseignes la Défense Contre les Forces du Mal, non ? » S'enquit Drago. Il s'était assis sur le bureau pendant qu'Harry rangeait et feuilletait un livre.
« A ton avis, tu m'aidais à faire quoi ces trois dernières semaines ? » Répondit Harry d'un air narquois.
« Je voulais simplement vérifier, à cause de tout cela, » Drago s'arrêta et fit un geste qui désignait les livres étalés devant lui. « Ce sont des livres sur les potions. Et ils ne semblent pas parler de potions défensives. Tu dois réellement t'intéresser au sujet pour en lire autant. »
Snape arrêta de regarder les livres sur les étagères et retourna son attention sur les deux jeunes hommes qui étaient à côté de lui. « Peut-être avez-vous le livre que je recherche. » Il s'approcha de la pile de livres devant Harry et les regarda. « Ah, oui. C'est celui-ci. Puis-je ? » Demanda-t-il en désignant le livre.
« Oui, de toute façon, j'ai terminé. » Lui dit Harry en essayant de rassembler ses notes et griffonna quelques mots de dernières minutes.
« Je suis moi aussi curieux de savoir pourquoi vous lisez autant de choses sur ce sujet, » Remarqua le professeur Snape sur le ton de la conversation tout en regardant le livre qu'il avait prit de la pile.
« L'êtes-vous ? » Dit Harry en rangeant les livres sur les étagères appropriées.
Cette réflexion lui valut le regard surpris de Drago et du professeur Snape.
« Bien sûr, ça vous regarde. » Remarqua le professeur Snape après un court silence en continuant calmement à regarder le livre.
Harry soupira. Il retourna vers la table et prit une autre pile de livre dans ses bras pour les ranger. « Ecoute, pour répondre à ta question Drago, oui, les potions sont une sorte de divertissement. J'aime beaucoup les potions, ce qui n'est pas trop difficile à croire. Si tu t'en rappelles, je suis pharmacologue, ce qui est en quelque sorte, l'équivalent d'un Maître des potions. Mais je ne lis pas cela pour mon plaisir. Je cherche quelque chose.
« L'as-tu trouvé ? » Lui demanda Drago en prenant quelques livres pour les ranger.
« Non. »
Le seul son entendu pendant quelques minutes fut le bruit des livres rangés sur les étagères et celui des pages tournées. Le silence fut brisé par le Maître des Potions. « Qu'est-ce que vous cherchez ? »
Harry s'arrêta et se tourna vers l'homme plus âgé. « Excusez-moi ? »
« Je vous demandais simplement ce que vous cherchiez. Après tout, je suis un Maître des potions, je serai peut-être capable de vous orienter vers des livres plus utiles. »
Harry plissa les paupières, suspicieux. Il réfléchissait à sa proposition innocente.
« Que savez-vous sur les racines de tonga ? » Demanda Harry au professeur.
« C'est un ingrédient généralement utilisé dans les états à la fois solide et liquide. Je ne peux pas vous donner de réponse plus précise à moins que vous ne me donniez plus de renseignements. »
Harry réfléchit aux renseignements qu'il voulait vraiment donner à l'autre homme sur la maladie de Theresa. « Savez-vous que Theresa Chan est épileptique ? » Demanda-t-il en hésitant. Il décida de voir ce qu'il savait avant de lui en dire plus.
« Oui. J'ai cru comprendre qu'elle ne pouvait pas prendre la potion utilisée pour contrôler cette maladie et que vous lui aviez fourni des médicaments moldus. »
« Eh bien, c'est quelque chose comme ça, oui. Theresa est allergique à la racine de tonga. Pompom m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu ou vu de personnes qui y étaient allergiques. De toute façon, j'ai pensé que s'il y avait des cas documentés sur cette allergie, ils citeraient peut-être une potion que ces personnes pourraient prendre. Mais il n'y a aucun cas documenté, alors je me retrouve seul. Quand vous m'avez surpris tout à l'heure, j'étais en train de chercher un ingrédient qui pourrait avoir des propriétés semblables à celle de la racine de tonga et que je pourrai substituer à celle-ci….Mais je n'ai rien trouvé. »
Drago s'était arrêté et s'était appuyé contre une étagère pour écouter la conversation. « Ne le prends pas mal, mais… Pourquoi fais-tu tout ceci pour Theresa ? » Drago se hâta de poursuivre avant qu'Harry ne puisse dire quoi que ce soit. « Je ne dis pas que tu ne devrais pas, mais écoute et laisse-moi t'expliquer. Tu as dit toi-même que tu n'as pas trouvé de cas documenté semblable à celui de Theresa et qu'il est difficile de penser à un moyen de contourner son allergie. Hermione nous a tout expliqué à Ginny et à moi dimanche dernier. Donc, d'après ce que j'ai compris, elle a maintenant des médicaments moldus qui sont presque aussi efficaces que la potion. Beaucoup de moldus vivent avec une telle maladie et ils vont bien du moment qu'ils prennent leurs médicaments préventifs. Ils vont bien et elle ira bien. Alors…pourquoi passes-tu autant de temps à faire cela ? » Lui demanda t-il en désignant le bureau d'Harry et les livres sur les étagères.
Harry ne dit rien. Il prit les derniers livres et les rangea. « Est-ce que le professeur Snape t'a demandé de me poser cette question ou est-ce la tienne ? »
« Severus n'a rien à voir avec cette question. C'est ma propre curiosité qui parle. »
« Alors où veux-tu en venir avec ta question ? Ou dois-je le deviner ? » Demanda-t-il doucement sans regarder aucun des deux hommes.
« Eh bien, tu ne fais cela que pour une élève. Je suis certain que les élèves ont également leurs propres problèmes… »
Harry se tourna pour faire face à Drago. « Et ? »
« Pour moi, et garde en tête que je ne suis qu'un simple observateur, on dirait que tu montres…plus d'attention envers une élève. » Dit Drago franchement.
« C'est cela ? » Lui demanda Harry calmement.
« C'est simplement…Je vois bien que c'est une jolie jeune fille et d'après ce que j'ai vu, elle semble t'apprécier. Dis-le-moi simplement, d'une manière ou d'une autre. » Dit Drago sans mauvaise intention. « Euh, ignore Severus pendant une minute. Je suis sûr que se boucher les oreilles pendant une minute ne le dérangera pas. »
Severus renifla et resta concentré sur son livre.
« Ma relation avec Theresa est strictement professionnelle. »
Drago avait l'air d'avoir du mal à le croire.
« Très bien, » Commença Harry. « Quand je l'ai trouvé, elle était au milieu d'une …crise. Avez-vous déjà vu une personne en pleine convulsion ? »
Drago secoua la tête, mais le Maître des potions ne répondit pas.
« Elle était en train de se blesser. Elle se frappait la tête par terre et elle se mordait la langue. Je voulais l'aider mais je n'ai rien pu faire avant qu'elle ne se soit calmée. Et alors, elle était couverte de bleus et elle était en sang. Ca avait l'air horrible…Je ne souhaite de vivre cela à personne, et encore moins à une jeune fille seule. Il existe une potion qui pourrait contrôler entièrement cette maladie et empêcher d'autres crises. Et après avoir vu ce que j'ai vu, je ne veux pas que Theresa ou qu'une autre personne manque l'opportunité d'être complètement guéri si c'est possible. Je ne crois pas une seconde que Theresa soit la seule personne à souffrir de ce problème. Je parie que d'autres ont le même problème mais ne disent rien. »
« Je comprends, mais penses-y une seconde. Dans l'ensemble, c'est une chose insignifiante. Pourquoi perdre du sommeil à cause de cela ? Je ne suggère rien. Je suis simplement curieux. » Lui demanda Drago prudemment.
« Tout ce que nous faisons n'a pas pour but de bouleverser le monde, si ? Toutes les grandes choses ont commencé par de petites, et pour moi, du moins, elles comptent. Dans tous les cas, j'aime faire des choses comme celles-ci. Quand j'étais à l'université, j'appartenais à un groupe de recherches et nous faisions des expérimentations et des recherches pour trouver un moyen d'aider les gens qui ne pouvaient pas avoir les médicaments nécessaires. »
Severus leva les yeux de son livre, une expression curieuse sur le visage.
« De plus, Pompom m'a fait savoir que la nuit dernière Theresa a eu une autre crise. Elle n'était pas aussi mauvaise que les autres et elle a pu sortir de l'infirmerie. Je retourne avec elle voir le médecin moldu ce week-end. Elle ne prend ces médicaments qu'à titre expérimental, jusqu'à ce qu'on trouve la posologie qui lui convient…si on la trouve un jour. Tout le monde ne peut pas bénéficier de médicaments préventifs. » Dit Harry.
Drago regarda Harry quelques instants puis prit d'autres livres pour les ranger. « Je suis désolé d'avoir suggéré quelque chose d'incorrect. Je suis déjà volontaire pour t'assister dans tes cours, donc si je peux t'aider, je le ferai. Même si ça signifie passer du temps dans une…bibliothèque. » Finit-il. Il grimaça d'un dégoût feint à la pensée de passer autant de temps dans une bibliothèque.
« Merci, mais tu n'es pas obligé de… »
« Ce n'est rien. Je le veux. De plus, je t'ai déjà que je devais rester occupé pendant que je suis au château, suffisamment occupé pour ne pas avoir le temps d'aider Hermione dans ses recherches d'arithmancie. » Dit Drago en haussant les épaules.
Le professeur Snape choisit ce moment pour les interrompre. « Il existe…une organisation…clandestine qui développe des potions expérimentales, un peu dans le même genre, j'imagine, que votre groupe de recherches à l'université. Je les contacterai pour voir s'ils peuvent apporter un peu de lumière sur le sujet. »
« Je n'ai jamais entendu parler de ce groupe. » Observa Drago.
Severus renifla. « C'est pourquoi il s'agit d'un groupe clandestin. »
Harry s'arrêta quand le Maître des Potions mentionna l'organisation secrète. « Quels genres de choses font-ils ? »
« Ils font essentiellement de la recherche et des expériences, mais, certaines de leurs méthodes n'ont pas été…'approuvées' par le Ministère et c'est la raison pour laquelle ça reste un groupe clandestin. »
« Comment avez-vous rencontré ce groupe ? En faisiez-vous parti ? » Lui demanda Harry, réellement intéressé.
« J'en ai fait parti pendant un temps. » Dit Severus en remuant comme s'il était mal à l'aise. « Je n'ai plus le temps pour cela. Mais je suis resté en contact avec certains membres. Leurs recherches sont très utiles. »
« Ca en a l'air. » Harry était de son avis.
« D'après ce que j'en sais, » Dit le professeur Snape, en ramenant leur conversation sur le sujet, « la racine de tonga a des propriétés uniques. Comme je le disais, elles sont couramment utilisées comme ingrédients dans les potions, parce qu'elles ont de nombreuses propriétés. Ce sont les interactions entre toutes ces propriétés qui la rendent si unique… Laissez-moi y réfléchir. » Snape paraissait perdu dans ses pensées, réfléchissant au problème. Si la vérité devait être connue, il réfléchissait à la conversation que Drago et Harry venaient d'avoir.
Pourquoi fait-il autant de choses pour une seule personne ? Pourquoi fait-il réellement cela ? Il avait vu Harry et Theresa ensemble plusieurs fois et il n'avait jamais observé de conduite incorrecte ni de l'un ni de l'autre. Il avait lui-même passé de nombreuses soirées en compagnie de Theresa pour ses cours de soutien et il n'avait pu observer chez elle rien d'autre que de la timidité et une grande volonté d'apprendre et de réussir. De son côté, il était sûr que s'il avait trouvé Theresa en pleine crise, il l'aurait aidé à trouver la meilleure potion…ou le meilleur médicament…utilisable pour soigner sa maladie, mais il n'était pas certain qu'il aurait cherché à développer une nouvelle potion pour elle alors qu'elle pouvait prendre un médicament moldu.
Il devait cependant admettre que sa curiosité professionnelle avait été piquée, et il était maintenant vraiment curieux de savoir s'il existait un ingrédient qui pourrait se substituer à la racine de tonga. Il était si profondément encré dans ses pensées que Drago dut frapper des mains plusieurs fois devant lui pour attirer son attention : s'il avait fini de lire, alors, ils pouvaient aller se coucher.
Harry leur souhaita une bonne nuit et rejoignit ses quartiers. Est-ce que j'entends des voix ou Snape m'a-t-il proposé de faire quelque chose d'utile ? Peut-être se sent-il professionnellement insulté parce que je fais des recherches dans son domaine. Harry leva les yeux au ciel à la puérilité d'une telle implication et rit à l'idée que le formidable Maître des potions puisse se mettre en colère pour une chose aussi insignifiante.
Harry entra dans la Grande Salle le jour suivant à l'heure du petit déjeuner et trouva un grand nombre de journalistes et divers représentants du Ministère dispersés dans la Salle. Les autres professeurs lui lancèrent des coups d'œil furtifs et beaucoup d'élèves le regardaient du coin de l'œil. Les élèves déjeunaient tard les week-ends et seulement la moitié d'entre eux étaient présents. Il s'installa à son siège habituel et se tourna vers Ron et Hermione et leur demanda ce qui se passait.
« Jason, tu ne devrais pas être ici pour l'instant…mais je veux que tu saches que ni Ron ni moi ne croyons un seul mot de cela. » Lui dit Hermione en murmurant.
Harry était perplexe. « Ne pas croire un mot de quoi ? » Lui demanda-t-il en prenant le journal et en regardant la première page. Hermione le lui prit des mains et l'ouvrit à la page trois.
« Qu'est-ce -»Commença-t-il à demander. Mais Hermione l'interrompit en jetant un regard rapide vers les journalistes.
« Lis ça. »
La page trois de La Gazette du Sorcier était intitulée, 'Quelle éducation Poudlard offre-t-elle ?' Harry serra les dents en lisant l'histoire. L'article racontait qu'il avait abusé de sa position de professeur à Poudlard pour séduire Theresa Chan, une jeune fille de seulement quatorze ans. L'article signalait qu'il s'était présenté pour le poste sans référence et que le directeur lui avait accordé, malgré cela, sa confiance.
« Aucun d'eux ne sait qui tu es. Ils n'ont qu'un nom, pas de photo. Tu es nouveau par ici alors peu de personnes sont capables de t'identifier. » Murmura Hermione instamment. « Donc, n'attire pas l'attention sur toi. »
« Hermione, tous les élèves et les professeurs dans la pièce sont capables de m'identifier. Qui a écrit ce tissu de mensonge ? » Lui demanda Harry d'un ton glacial.
« Mais personne ne t'a désigné. Regarde. » Remarqua Ron. Il avait raison. En fait, on aurait dit que les gens essayaient de ne pas le regarder du tout, par peur qu'on l'identifie accidentellement.
« Je voudrais que vous alliez tous à l'arrière de la salle, dans le corridor. Nous vous rejoindrons dans peu de temps. » Demanda Albus aux journalistes d'une voix forte en se levant de son siège. « J'ai peur de devoir insister. »
« Nous avons le droit de savoir qui il est ! » Cria un journaliste.
« Vous le rencontrerez dans peu de temps. Maintenant laissez mes élèves et mon personnel terminer leur petit déjeuner. » Les ordonna le directeur. Il avait légèrement monté la voix. La plupart des journalistes avaient baissé leur caméra et leurs plumes. Ils commençaient à sortir.
« Je n'y crois pas. » Marmonna Harry avec colère. « Ce sont des balivernes. Est-ce qu'on exige que les journalistes soient des connards sans principe qui ne diraient pas la vérité même si on leur mettait sous les yeux pour entrer à la Gazette du Sorcier ?» Demanda Harry, les dents serrées. Un éclat de magie surgit en réponse à sa colère, et le journal dans sa main, se mit à fumer. Il le remarqua rapidement et mit sa serviette dessus pour l'éteindre.
Ses précédentes expériences avec les journalistes avaient cimenté son dédain envers toutes les personnes travaillant dans cette profession. Il n'avait pas rencontré un seul journaliste qu'il appréciait et il devait se retenir pour ne pas jeter des sorts sur ceux présents dans la pièce.
La seule chose qui le retint fut le souvenir de Greg. A chaque fois qu'il était en colère, il lui disait :
« Se mettre en colère ne résout rien. »
La mâchoire de Harry devenait douloureuse à force de se serrer et de se desserrer. Ca ne résout peut-être rien mais je me sentirais bien mieux.
« Albus leur a déjà dit qu'on en discuterait après le petit déjeuner. Nous sommes trop nombreux pour discuter de cela dans son bureau, nous irons dans la salle de classe de Minerva. » L'informa Hermione.
« Tout cela est vraiment très bien, mais je ne suis pas le seul affecté, regardez. » Dit-il en montrant de la tête Theresa assise en bout de table. Elle semblait malheureuse et essayait désespérément de se débarrasser de trois journalistes qui lui tournaient autour.
« Oh » Marmonna Ron, « Eh bien, ils -»
« LE PROFESSEUR GREEN SE TROUVE A COTE DE LA BRUNETTE ET DU ROUX ! » Cria un élève qui venait d'entrer dans la salle. Le silence emplit la salle pendant au moins dix bonnes secondes avant que les journalistes ne se tournent vers la grande table et se mettent en ligne devant Harry. Tous parlaient en même temps. Harry, de son côté, s'éloigna de la table, sortit sa baguette et créa un cercle de feu autour de lui : personne n'était assez courageux pour le franchir.
« Il va mettre le feu à la salle ! » Cria un journaliste. Il avait l'air inquiet.
« En fait, non. » Dit tranquillement le professeur Snape à Drago qui était assis à côté de lui. « Ce n'est qu'une chaleur et un feu illusoire. »
« Comment le sais-tu ? » Lui demanda Drago en lui jetant un regard curieux.
« Je lui ai demandé de me montrer comment jeter les sorts qu'il a utilisés pour faire disparaître la créature de l'ombre, et celui-ci est l'un des sorts utilisés. Le feu est normalement de couleur orangée or ici, il est davantage rouge. Et tu remarqueras qu'il n'y a pas de fumée s'élevant au-dessus des flammes. »
« Oui, je le vois maintenant. Dis-moi, es-tu parvenu à lancer ce sort ? Tu m'as dit qu'il était très difficile à réaliser. »
« J'ai progressé… » Grommela le Maître des potions, sans regarder Drago. Les deux hommes tournèrent à nouveau leur attention vers l'autre bout de la table où quelques journalistes essayaient de se rapprocher du feu qui entourait Harry. Mais avant qu'ils ne puissent bouger, Albus se leva de son siège.
« STOP ! » Le directeur levait rarement la voix et quand il le faisait, tout le monde savait que sa patience avait atteint ses limites et qu'il valait mieux faire exactement ce qu'il voulait. Tous les visages se tournèrent vers Albus qui ne ressemblait plus du tout au directeur plaisant et sage. Il avait l'air d'un sorcier très en colère.
« Merci. En dépit de mes efforts, il nous faut apparemment régler cela maintenant. Les enfants, prenez votre temps pour déjeuner, » Leur ordonna-t-il. Ceux-ci acquiescèrent et mangèrent, ou du moins, essayèrent. Ce qui se passait dans la salle était bien plus intéressant que la nourriture qu'il y avait dans leur assiette.
Il tourna son regard vers les journalistes et remarqua, « Quand je vous ai laissés dans la salle de classe de Minerva ce matin avec la promesse de répondre à toutes vos questions, je ne m'attendais pas à ce que vous soyez aussi mal-élevés, que vous interrompiez notre petit déjeuner et qui vous harceliez un de mes professeurs et un de mes élèves. » Des journalistes remuèrent mal à l'aise après avoir entendu la réprimande du directeur et baissèrent les yeux d'un air coupable. « Il y a une porte sur votre droite. Vous attendrez gentiment dans la première salle sur la droite dans le couloir. » Les journalistes obéirent silencieusement à l'ordre d'Albus. Chacun d'eux regarda Harry qui était toujours en sécurité dans son cercle de feu.
« J'aimerais que vous vous joigniez à eux, vous aussi, » Albus s'adressait au frère de Theresa, Duncan et à sa fiancée Sarah, qui étaient arrivés à l'école avec les journalistes.
« Bien sûr, Monsieur le directeur, » Acquiesça Duncan poliment. « Theresa ! Viens ! » Il appela sa sœur.
« Non, il n'est pas nécessaire que Theresa vous accompagne. » Le réprimanda Albus avec fermeté, en regardant son élève.
« Mais, Monsieur, je veux y aller, » Dit-elle en se levant et en regardant le directeur en faisant preuve d'assurance.
Albus cligna des yeux. Il était surpris. « Vous n'avez aucune raison d'y assister, mon enfant. J'ai peur de devoir insister pour que vous restiez ici. On s'occupe de tout. »
« Non Monsieur. Je veux être présente. Le professeur Green n'a rien fait. IL N'A RIEN FAIT ! Je veux être sûre qu'ils le sachent. » Cria Theresa en regardant dans la direction dans laquelle se trouvaient les journalistes, ils étaient encore dans la salle, et vers son frère et sa fiancée. Theresa était en temps normal une jeune fille très timide et détestait attirer l'attention sur elle, mais elle avait trouvé de l'assurance et du courage. Le professeur Green lui avait apporté un soutien inébranlable, en tant que professeur et en tant qu'ami depuis qu'il l'avait trouvé dans ce couloir. Il avait été la première personne à reconnaître sa maladie pour ce qu'elle était et la première personne à lui offrir l'espoir d'une thérapie ou d'un soulagement médical. Et elle ne pouvait pas oublier la manière dont il s'était occupé d'elle à la pharmacie au détriment de sa propre sécurité.
Elle ne serait jamais capable de le remercier correctement pour tout ce qu'il avait fait pour elle, mais elle pouvait certainement faire tout ce qu'elle pouvait pour que tout le monde sache que son professeur préféré n'aurait jamais, jamais, fait une chose aussi méprisable que ce dont la Gazette du Sorcier l'accuse.
Les journalistes avaient finalement quitté la Salle et Harry avait terminé son sort.
« Nous pouvons régler cela sans vous Theresa. J'insiste pour que vous fassiez ce qu'Albus a suggéré. » Lui dit Harry calmement. Theresa acquiesça puis se rassit avec colère en croisant les bras sur sa poitrine.
« Professeurs Green, Snape, MacGonagall, Weasley, Weasley…M. et Mme Malfoy. Suivez-moi s'il vous plait. » Albus les invita à le suivre en dehors de la salle. Le bout de la table vers lequel s'asseyait en général Harry était prés de la porte que les journalistes, le frère de Thérésa et sa fiancée venaient de franchir. Ce qui voulait dire que le professeur Snape et Drago, qui étaient assis à l'autre bout, terminaient la file quand ils suivirent Albus.
Aussi rapide qu'un chat et désespérée de ne pouvoir venir en aide à son professeur favori, Theresa sauta de sa chaise et se précipita vers Drago pour lui parler.
« M. Malfoy. M. Malfoy. Monsieur. » Dit-elle à voix haute.
Drago se retourna dés qu'il entendit son nom. Le professeur Snape fit de même.
« Vas-y. Dis-leur que j'arrive là dans une seconde, d'accord ? »
Le professeur de potions regarda attentivement Theresa, hocha simplement la tête, tourna les talons et accéléra le pas pour rattraper les autres qui sortaient de la salle.
« Je dois vous parler, Monsieur. » Lui dit Theresa avec urgence.
Drago fit le tour de la pièce des yeux, la tira dans un coin tranquille, à la table des professeurs et attendit qu'elle commence.
« Monsieur, vous êtes un ami du professeur Green, n'est-ce pas ? Je veux dire, vous vous entendez bien en classe… » Commença Theresa.
« Oui, je le suis. »
« Bien. Monsieur, le professeur n'a pas fait toutes ces choses qu'ils disent qu'il a fait. Je le jure. Je -»
« Tout va bien. » L'interrompit Drago doucement. « Je ne pense pas non plus qu'il ait fait toutes ces choses. »
« …Mais ce que l'on dit n'a pas d'importance parce que les journalistes ne croiront que ce qu'ils veulent croire. Ils ne s'en soucient pas. » Theresa s'arrêta et reprit amèrement. « Je leur ai dit toute la matinée que cette histoire n'était pas vraie, mais ils continuaient à sourire en me tapotant la tête. Ils disaient qu'ils s'attendaient à ce que j'essaie de le défendre et qu'il dirait probablement la même chose pour me protéger…Ils ont déjà décidé de ce qu'ils vont écrire. Ils sont simplement ici pour prendre des photos pour le déshonorer. »
« Oh, ce n'est pas bon, » Marmonna Drago en réfléchissant.
« Monsieur, le père de ma meilleure amie travaille au Département de l'Education au Ministère. Je sais que l'on est samedi, mais elle pourrait peut-être lui demander de venir avec quelques personnes travaillant avec lui pour assister à la réunion. Ils traiteront cette affaire comme un interrogatoire officiel et s'ils pensent que les journalistes n'interrogent pas le professeur Green correctement, ils le feront eux-même en utilisant du veritaserum pour être certain que les réponses soient vraies. »
Drago la regarda. « Je vois pourquoi vous êtes à Serdaigle, mais vous ne feriez pas non plus une mauvaise Serpentard. Vous pensez à cela depuis combien de temps ? »
Theresa rougit sous les compliments. « Ma meilleure amie est abonnée à la Gazette du Sorcier et elle m'a montré l'histoire dés que je me suis levée. Nous en avons discuté quand elle a mentionné que son père ferait certainement sa propre inspection dès lundi matin. »
Drago y réfléchit. « C'est une idée réalisable…et c'est la seule que nous ayons. Attends une minute, le professeur Snape objectera certainement sur l'utilisation du veritaserum. Il parlera probablement de courtoisie professionnelle. Je vais aller voir ce que je peux faire, d'accord ? Attendez-moi ici, j'en ai pour une minute. »
« Euh, monsieur, le professeur Green et le professeur Snape…ne s'aiment pas beaucoup… » Expliqua Theresa avant que Drago ne parte.
« Je sais. Mais cette fois c'est différent. Ils ont attaqué le professeur Green en tant que professeur de Poudlard, et quand ça arrive, tout le personnel se rapproche et s'occupe les uns des autres. Je reviens. »
« Excusez-moi, Monsieur Malfoy devait s'occuper de quelque chose. Il a demandé à ce qu'on l'attende avant de commencer la réunion. » Informa le professeur Snape poliment en entrant dans la pièce. Il referma la porte derrière lui.
Albus et le professeur Snape échangèrent un regard entendu puis Albus acquiesça.
« Comment osez-vous toucher ma sœur, espèce de -» Commença Duncan violemment.
« NOUS ATTENDRONS ! » L'interrompit le directeur d'une voix forte. « Que Monsieur Malfoy nous rejoigne et que nous puissions commencer la réunion. » Albus termina plus doucement. Son ton n'admettait aucune discussion, « Si vous ne pouvez pas tenir votre langue, vous pouvez partir. »
Duncan se tut mais regarda Harry avec des yeux noirs. Celui-ci défia son regard coléreux avec le sien. Aucun des deux hommes ne détourna le regard et une éternité sembla s'être écoulée avant que Duncan ne tourne les yeux en marmonnant dans sa barbe. Harry s'appuya nonchalamment contre le mur.
« Sommes-nous les seuls à nous rendre compte du caractère absolument ridicule de cette histoire ? Cet homme est gay. Il ne ferait pas ça avec une jeune fille. » Murmura Ron à sa femme.
« Ron ! Shhut. On peut t'entendre, » Le réprimanda Hermione en regardant Harry qui se trouvait de l'autre côté de la salle. Elle remercia sa chance que son mari, Severus et elle soient les seuls de ce côté de la pièce.
« Mais pourquoi ne dit-il rien ? L'affaire serait éclaircie en deux secondes. » Expliqua Ron.
« Peut-être que cette information est d'ordre privé et qu'il ne désire pas la partager avec les lecteurs de la Gazette du Sorcier, » Murmura le professeur Snape. Il était près d'eux quand Ron avait laissé échapper l'information. Il s'était ensuite rapproché pour leur parler.
« Tu as de la chance que nous soyons seuls par ici, ou ton commentaire aurait pu être entendu par d'autres personnes que moi. »
« Oups. Tu as raison, je n'aurais pas dû dire quoi que ce soit. Euh, ne dis rien à Jason, d'accord ? Je sais que vous ne vous entendez pas très bien tous les deux mais ce n'était pas à moi de le dire et je ne pensais pas qu'on puisse m'entendre. »
« Parfois tu ne réfléchis pas du tout, hein ? » Murmura Hermione avec colère.
« J'étais simplement curieux et je ne comprenais pas pourquoi il n'essayait pas de laver son nom. » Rougit Ron en regardant l'autre homme avec curiosité. « Tu n'as pas l'air surpris par ces nouvelles. »
« Le devrais-je ? Son orientation sexuelle est son problème, non ? »
« Ah, euh, oui, bien sûr. »
« Hé, est-ce qu'il va bien ? » Demanda Hermione doucement en regardant Harry qui était appuyé contre le mur. Il semblait avoir des problèmes pour respirer. « Il n'a vraiment pas l'air bien, si ? » Remarqua-t-elle en regardant Harry attentivement. Il se redressa et passa rapidement devant eux pour sortir.
Tous les journalistes présents protestèrent immédiatement. Certains voulurent même le suivre, mais Ron et Hermione se dressèrent devant eux pour bloquer l'accès. « Nous allons le chercher. » Ils leur proposèrent rapidement de prendre la situation en main.
« Merci. Personne d'autre ne quittera cette pièce. » Dit Albus froidement. Il était bien connu qu'Albus était le seul sorcier que craignait Vous Savez Qui et personne ne voulait le mettre suffisamment en colère pour découvrir pourquoi. Personne ne se dirigea donc vers la porte, mais le professeur Snape se tint devant, baguette en main, bras croisés sur sa poitrine et une expression menaçante sur le visage.
Ron et Hermione trouvèrent Harry juste derrière la porte, pale, tremblant et haletant.
« Est-ce que tu vas bien ? » Hermione lui posa la question mais la réponse était évidente.
« Ouais. » Haleta-t-il. « Je …n'aime…simplement…pas être…entouré par trop de monde.Ca me…rend …très anxieux. » Répondit Harry entre deux souffles. La simple pensée d'être au milieu des journalistes lui avait déclenché une crise. Rien de cela n'est jamais arrivé quand j'étais entouré par un groupe de mangemorts, mais dés qu'il s'agit d'un groupe de personnes qui désire me parler, je ne peux plus respirer…. Oh mon vieux, j'ai de sérieux problèmes. Tony a raison, j'ai vraiment besoin que l'on examine ma tête.
Hermione le regarda habilement se concentrer sur sa respiration.
« Il ira bien, Ron. » Dit Hermione à son mari en transformant son mouchoir en sac en papier pour Harry. « J'ai lu des petites choses sur la psychologie moldue et les moldus appellent cela de l'agoraphobie, de l'angoisse sociale ou encore de la phobie sociale. »
« Alors lequel est-ce ? » Lui demanda Ron.
« Je pense que c'est un peu des trois, vraiment. » Commenta Harry calmement en se concentrant pour respirer dans le sac et se calmer.
« Ils décrivent tous la même condition. » Ajouta Hermione en regardant Harry attentivement.
« Euh… Bon sang, qu'est-ce qu'il fait ? Qu'as-tu fait-tu avec ce sac ? » Demanda Ron à sa femme. Il fronçait le front tant il était confus.
« Quand les moldus ont des crises de panique, ils se sentent tremblants et ils se mettent à haleter. Ils n'expirent pas complètement avant d'inspirer et quand ils inspirent, ils essayent d'inspirer trop profondément, donc à la fin, ils ont le souffle coupé. On leur fait souvent respirer dans un sac en papier pour qu'ils puissent respirer le dioxyde de carbone qu'ils gardent en expirant. Ca a un effet calmant. Regarde ? » Expliqua-t-elle à son mari. Harry avait commencé à se calmer.
« Oh. Hé, il est vraiment utile de t'avoir dans les environs, ma douce, » Il sourit à sa femme.
« Merci, chéri, » Dit-elle en rougissant joliment.
« Merci, » Lui dit calmement Harry en lui rendant son sac.
« Tu peux le garder. Tu risques d'en avoir besoin avant que nous ayons fini aujourd'hui. » Lui offrit-elle sagement.
Harry acquiesça simplement et le mit dans une poche de son pantalon.
« Euh, je suis curieux de savoir…Pourquoi ne leur dis-tu pas que tu ne ferais rien à Theresa parce que tu- tu sais, danses de l'autre côté ? Ca te laverait de tout soupçon, non ? » Lui demanda Ron doucement.
« En effet, mais ce ne serait pas le cas. Et de toute façon, c'est une information plutôt personnelle, tu ne trouves pas ? Et je pense que ça empirerait les choses. » Répondit Harry. Il regarda autour de lui pour être sûr que personne n'était dans les parages pour les entendre.
« Comment ? » Lui demanda Ron réellement perplexe.
« Eh bien, il n'y a aucune garantie qu'ils me croient. Ils pourraient penser que je leur ai cuisiné une bonne excuse pour éviter de faire face à leur 'enquête'- et j'utilise ce mot négligemment, en passant. De plus, ils se mettraient sûrement à raconter des histoires qui expliqueraient pourquoi les jeunes garçons ne devraient pas m'être confiés. »
« Alors, que vas-tu faire ? » Lui demanda Ron.
« J'y travaille encore, » Admit Harry, en fronçant les sourcils.
« Eh bien, tu ne peux pas retourner là dedans. Laisse-moi aller chercher Albus. » Lui proposa Hermione. Elle entra dans la salle, laissant Ron et Harry seuls. Elle réapparut un instant plus tard avec Albus, Minerva, Snape et Ginny derrière elle.
« Je suis désolé, j'ai complètement oublié votre-problème. »
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Quel problème? » Demanda Ginny avec curiosité, « Ce n'est rien de grave, n'est-ce pas ? »
« Non, je n'aime pas me sentir… encerclé par des gens, c'est tout. En temps normal, ce n'est pas un problème. » Marmonna Harry, réellement embarrassé.
« Avez-vous besoin d'une potion calmante ? » Lui demanda le Maître des Potions.
« Non, j'ai un sac, ça ira. » Lui répondit Harry encore essoufflé. Le professeur Snape le regarda comme s'il était devenu fou.
« C'est un truc moldu. » Lui expliqua Hermione rapidement.
« Où doit-être tenue la réunion ? Pas là j'espère, » Demanda Harry. Il savait déjà où la réunion aurait lieu mais il voulait suggérer qu'un changement serait le bienvenu.
« J'ai pensé que nous pourrions nous installer dans ma salle de classe. » Dit Minerva.
« Euh…Y-a-t-il une pièce plus grande dans laquelle nous pourrions faire la réunion. Je me sentirais mieux avec plus de place. » Demanda Harry.
« Que pensez-vous de ma salle de classe ? La salle d'Etudes Moldues est la plus grande que nous ayons. Nous avons des voitures, des frigidaires et pleins de choses dans cette pièce. Ce ne sera pas long de la vider et nous aurons beaucoup de place. » Proposa Ron.
« Excellent, » Albus était d'accord. Il se tourna vers Harry. « Qu'en pensez-vous ? »
« Je ne l'ai jamais vu mais si c'est la pièce la plus grande, alors ça ira. Il y a tout de même quelques petites choses. Je ne veux as être assis au milieu comme si on faisait mon procès. Je pense que tous les journalistes devraient être devant. Je veux m'asseoir tout à côté de la porte, je ne sais pas où vous voulez tous vous asseoir, mais je pense que si vous vous mettiez sur les côtés vous pourriez regarder ce qui se passe. »
Albus y réfléchit. « Ca me paraît une bonne idée. Ron et vous devriez aller préparer la salle. Nous dirons aux journalistes que Ron garde un œil sur vous et nous attendrons que l'un de vous vienne nous dire que tout est prêt. »
« Hé, qu'est-il arrivé à tous les journalistes ? Eh bien, quand vous disiez que vous 'alliez vous occuper d'eux', vous ne plaisantiez pas, hein ? Rappelez-moi de ne jamais vous ennuyer. » Commenta Drago en parlant au directeur alors qu'il s'approchait du groupe.
« Oh bien, tu es revenu -» Commença Ron.
« Je suis désolé de vous avoir retenu ici, mais j'avais une chose importante à faire. J'ai presque fini. En fait, je suis venu chercher Severus. Je ne serai pas trop long, promis. » S'excusa Drago.
Ginny plissa les yeux et regarda son mari d'un air suspicieux. Elle le connaissait depuis des années et chaque fois que Drago mentionnait qu'il faisait 'une chose importante', il s'agissait d'une chose sournoise et tortueuse. Drago regarda sa femme avec des yeux implorants qui disaient, 'je te le dirai tout à l'heure', puis regarda le professeur Snape.
« Ce ne sera pas très long. » Répéta Drago en regarda son ami.
« Bien entendu. Ron et Jason vont préparer la salle pour la réunion, nous restons un peu par ici. » Lui assura Albus. Il avait l'impression que Drago préparait quelque chose, mais il lui faisait suffisamment confiance pour savoir qu'il ne mettrait pas en jeu ce qu'il faisait.
« Merci. » Lui dit Drago sérieusement. Il partit ensuite, suivit du professeur Snape.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Lui demanda-t-il alors que Drago le conduisait vers Theresa. Il lui raconta ce que la jeune fille lui avait dit un peu plus tôt.
« Je n'apprécie pas l'idée que les membres du ministère utilisent leur propre veritaserum. » Observa le professeur Snape.
« Monsieur, je ne pense pas qu'ils fassent confiance à quelqu'un d'autre. » Lui dit Theresa nerveusement.
Le professeur renifla. « Je ne ferais pas confiance au leur. Dans tous les cas, j'aimerais au moins le tester. »
« Je pense que tu le pourras. » Lui affirma Drago en hochant la tête.
« Vous devriez savoir qu'il y a un problème avec votre idée. » Leur dit le professeur Snape.
« Quel problème ? » Demanda Drago réellement confus.
« Le professeur Green ne sera jamais d'accord pour le prendre. »
« Quoi ? » S'exclama Drago en essayant de ne pas parler trop fort. Il y avait encore des personnes dans la salle. « Et pourquoi pas, merde ? »
Le professeur Snape lança un regard vers Theresa avant d'énoncer délicatement. « Le professeur a… des raisons personnelles… de ne pas vouloir prendre le veritaserum. » Pendant les premiers mois après l'arrivée d'Harry, Severus avait découvert que le ministère n'avait pas de registre concernant l'existence de 'Jason Green' et il l'avait confronté lors d'une réunion en compagnie d'Albus et de quelques membres du personnel. Il avait suggéré qu'Harry pourrait répondre aux questions sous veritaserum pour s'assurer de la vérité de ses assertions, mais celui-ci avait catégoriquement refusé. Il avait dit à toutes les personnes présentes qu'il ne leur faisait pas confiance pour ne pas poser d'autres questions et de ne pas aller à la pêche aux renseignements. Le professeur Snape pouvait parfaitement comprendre cela. Il y avait des choses qu'il ne voulait pas divulguer et s'il était à sa place, il ne prendrait pas non plus le veritaserum, même si ça contribuerait à prouver son innocence. C'est la raison pour laquelle, il savait, avec une certitude absolue qu'Harry ne prendrait pas le veritaserum aujourd'hui.
Theresa réfléchit rapidement. « Il ne leur prendra peut-être pas, mais je le prendrai. »
« Vous êtes trop jeune et ça pourrait s'avérer dangereux pour vous- » Commença le professeur Snape en regardant Theresa avec un regard sévère.
« Ca n'a pas d'importance, » L'interrompit Theresa. « Vous ne comprenez pas. Je lui dois tant…Je n'ai rien à cacher, professeur. Il n'a rien fait de mal, et personne ne devrait penser le contraire. Laissez-moi le faire, je vous en prie. » Elle avait la tête droite et regardait le professeur Snape dans les yeux. « Si vous ne me laissez pas le faire, dès lundi j'irai au ministère et demanderai à une personne travaillant au département de l'éducation de me l'administrer et ainsi je pourrai leur faire ma déclaration directement. »
« Vous devenez têtue. Personnellement je pense que vous passez trop de temps avec les professeurs Snape et Green. » Observa Drago d'un ton espiègle en faisant sourire Theresa malgré la sévérité de la situation.
Après un long moment, son maître des potions céda. Il admira silencieusement sa résolution et son courage. « Très bien. Mais j'insiste pour tester et superviser l'administration du veritaserum. »
« Merci Monsieur, et vous aussi, Monsieur Malfoy. »
« Pouvons-nous utiliser le réseau de cheminée pour contacter le père de l'amie de Theresa en si peu de temps ? » Demanda Drago à son ami.
« Je ne vois pas pourquoi. La salle de classe de M. Weasley a une cheminée et je suis sûr qu'elle est connectée au réseau.
« Theresa, nous ne voulons pas impliquer ton amie davantage qu'elle n'y est déjà, mais nous aimerions qu'elle écrive un mot à son père pour nous. Nous avons besoin qu'elle lui explique ce qui se passe, et lui demande un service. D'accord ? Nous pouvons envoyer le mot par la poudre de cheminette, ce sera plus rapide que par hibou. Le professeur Snape et moi-même devons régler quelques petites choses mais viens nous rejoindre aussi vite que tu le peux, d'accord ? »
« Oui, monsieur. » Lui dit Theresa puis partit en courant voir son amie.
« Penses-tu qu'Albus laissera Theresa prendre le veritaserum ? » Demanda Drago nerveusement à Severus.
« Oui. Il aura un problème plus grand sur les bras si la situation n'est pas résolue. » Répondit Severus.
« En parlant de cela, je pense qu'Albus voudra parler à ce garçon qui a désigné Jason. »
« Je suis certain qu'il le fera dès que cette affaire sera réglée. Le directeur ne négligerait pas quelque chose comme ça, » Lui dit le Maître des Potions.
« Est-ce que tu la crois ? » Demanda Drago à l'homme plus âgé quelques instants plus tard alors qu'ils sortaient de la Grande Salle.
« Oui- mais si elle n'était pas prête à prendre du veritaserum j'aurais été enclin à réserver mon jugement une fois que tous les faits sont connus. »
« Réponse typiquement Snape-ienne, » Marmonna Drago.
« La confiance aveugle te fera tuer. »
« Je n'accorde pas ma confiance aveuglément. »
« Mais tu es naïf. »
« Je peux être bien des choses, mais je ne pense pas que 'naïf' soit l'une d'elles. »
« Nous organisons la réunion dans la salle d'Etudes Moldues alors attendez-nous dans le corridor derrière la tapisserie qui est dans le coin de la porte. Nous viendrons vous chercher quand nous aurons besoin de vous, d'accord ? » Dit Drago à Theresa quand lui et Severus retournèrent dans la Grande Salle. Theresa hocha de la tête et quitta la salle.
« Allons-y. » Suggéra Drago.
« Désolé d'avoir été si long. » S'excusa Drago quand ils entrèrent dans la pièce.
« Ce n'est rien, je viens d'arriver. Je voulais vous prévenir que la salle est prête. » Expliqua Ron.
« Nous avons besoin d'un peu de votre temps, » Murmura le professeur Snape au directeur quand tous les autres étaient prêts à quitter la salle.
« Bien sûr. Allons par ici. » Le directeur indiqua un coin de sa main.
Les deux hommes lui expliquèrent rapidement ce qu'ils proposaient de faire et Drago répondit aux objections du directeur. « Je ne pense pas que nous puissions laisser une si jeune fille prendre du veritaserum. » Protesta Albus.
« Il n'y a pas d'autres moyens de prouver ce qui se passe. Jason ne le prendra jamais et ça pourrait très rapidement dégénérer. Le Ministère voudra enquêter et les journalistes ne seront contents que s'ils peuvent faire les gros titres pendant quelques semaines avec ça. Nous devons régler cela aujourd'hui et je ne parviens pas à penser à un autre moyen. En tout cas, elle nous a déjà dit qu'elle ferait une déclaration personnelle au Ministère de l'Education lundi sous veritaserum si elle ne peut pas le faire ici. » Lui expliqua Drago rapidement.
« Elle a dit ça ? Elle est assez déterminée pour le faire alors. » Remarqua le directeur, plus pour lui que pour les autres. « Malheureusement, je n'arrive pas à trouver une autre solution pour l'instant. Très bien, Severus, quand vous 'testerez' le veritaserum du Ministère, je veux que vous le remplaciez par le vôtre. Je fais davantage confiance à vos potions qu'aux leurs. » Il complimenta le Maître des potions. « Et je veux que vous supervisiez son administration, si possible, j'aimerais que vous le lui donniez vous-même. »
« Bien sûr, Monsieur le directeur. » Acquiesça le professeur Snape.
« Messieurs, avez-vous des doutes sur la sincérité de Theresa ? » Leur demanda Albus.
« Non, » Répondit Drago après y avoir réfléchi.
« Elle semble déterminée à aller jusqu'au bout, je n'ai donc pas de doutes. » Admit le professeur Snape.
« Je dois dire que ce comportement ne lui ressemble pas. » Remarqua Albus.
« Je suis d'accord. » Dit Severus.
« Très bien, Drago. Allez en avant avec Ron et donnez la lettre de Miss Washington à son père par le réseau de cheminée qu'il y a dans sa salle de classe. Demandez-lui de venir aussi vite que possible. Il ne devrait lui falloir que quinze minutes pour arriver ici. Nous devons les faire patienter aussi longtemps que nous le pouvons. »
« Hé, maintenant que j'ai trouvé mon beau-frère préféré, j'ai un service à te demander… » Commença Drago en conduisant Ron vers la porte.
« Je crois que le directeur a exigé que tout le monde fournisse trois pièces d'identité, pas deux. » Dit le professeur Snape à la journaliste devant lui.
« C'est absolument ridicule. Je n'ai pas trois pièces d'identité sur moi, » Gémit la sorcière en fouillant dans son sac.
« Alors, Vous ne pouvez pas assister à la réunion. Vous serez escorté jusqu'aux limites de l'école dans peu de temps, si vous voulez gentiment attendre ici… » Répondit le Maître des Potions en faisant un geste en direction d'un autre côté de la pièce.
« Allons, allons. Oh, je ne sais pas, peut-être que j'ai une carte de membre d'un club de gym avec moi ou quelques choses dans ce genre-là… » Marmonna-t-elle avec colère.
Le professeur Snape réprima un sourire. Il appréciait énormément cela. « Professeur Dumbledore ! Pourquoi faisons-nous cela ? C'est absolument ridicule. Je n'ai jamais dû présenter trois pièces d'identité de toute ma vie avant aujourd'hui. Qu'est-ce que ça signifie ? J'exige une réponse, Monsieur ! » Cria un journaliste taillé comme une armoire à glace.
« Mon cher Monsieur, je suis sûr que vous comprenez notre besoin d'assurer la sécurité. Après tout, ceci est une école et je ne veux pas mettre la vie de mes élèves en danger. Ce n'est rien de plus qu'une mesure de sécurité, » Répondit Albus plaisamment en regardant Hermione, Ginny, Minerva et Severus intimider les journalistes en exigeant les pièces demandées et prendre leur temps pour les vérifier les unes après les autres. Ca devrait nous laisser suffisamment de temps, pas vrai Drago ?
« C'est un outrage, Monsieur. Un outrage. Je n'ai jamais été aussi insulté de toute ma vie ! » Cria d'une voix forte un journaliste.
« Non, Severus, » Minerva le prévint quand elle vit le Maître des potions ouvrir la bouche pour faire un commentaire. Il la referma brutalement et regarda Minerva, les coins de sa bouche s'étiraient et il menaçait de sourire.
« Tu as raison. C'est trop facile. L'effort n'en vaut pas la peine. » Il vit Minerva retourner son attention au journaliste outragé et essaya, mais ce fut difficile, de ne pas rire, alors que celui-ci continuait de crier.
« Ne pouvons-nous pas aller plus vite ? » Demanda Sarah d'un air vexé.
« Nous avançons aussi rapidement que nous le pouvons. Mais nous devons finir cela, après tout, c'est une question de sécurité. Et je n'ai que quatre enseignants avec moi. Ca ne prendrait pas aussi longtemps si vous n'étiez pas aussi nombreux, mais vous… » Dit Albus d'un ton désemparé, tout en leur indiquant que ce problème était de leur propre faute.
« Bien, à qui le tour ? » Demanda Ginny. Elle venait d'en terminer avec l'un d'eux.
« Moi ! » Hurla Sarah en s'avançant tout en tirant Duncan.
« Excusez-moi Monsieur le directeur, puis-je vous parler ? » Demanda Drago poliment.
« Bien sûr, » Répondit-il en suivant Drago en dehors de la pièce. Il ferma la porte derrière lui.
« Bon sang, qu'est-ce que vous faites ? » Demanda Drago, même s'il pouvait plus ou moins deviner en entendant les bribes de conversation.
« Vérification, mon garçon. Très minutieux mais aussi très lent. » Répondit Albus en regardant Drago d'un air entendu.
« Oh, » Répondit-il. Il avait compris et essayait de ne pas sourire.
« Albus Dumbledore, voici Jonathon Washington. »
«Oui, c'était un excellent élève quand il était ici, » Observa-t-il pour Drago.
« Merci, professeur Dumbledore. »
« S'il vous plaît, appelez-moi Albus. Vous n'êtes plus à l'école. Drago vous a-t-il expliqué ce qu'il se passe ici ? »
« Oui. J'ai la lettre de Jane avec moi. Je sais ce qu'il se passe et on m'a dit que vous vouliez que je mène une enquête ici dés maintenant. J'ai demandé à des personnes qui travaillent avec moi de m'accompagner, ainsi tout sera officiel. »
« Je me rends compte que faire une enquête un samedi n'est pas très orthodoxe, mais je suis sûr que vous comprenez que nous voulons résoudre cette affaire aussi rapidement que possible, d'une manière ou d'une autre. » Lui fit observer Albus.
« Je suis d'accord. Quand voulez-vous que je commence ? »
« Euh, nous sommes en pleine mesure de sécurité et les vérifications viennent de commencer. Pourquoi ne vous installez-vous pas dans la salle en attendant que nous vous rejoignions ? »
« Ca me va. »
« Excellent. Nous revenons rapidement. » Lui dit Albus en retournant dans la pièce.
« Pour l'instant, voyons le veritaserum. Notre Maître des Potions voudra le tester en premier, courtoisie professionnelle, vous comprenez, rien de plus… » Lui expliqua Drago en se dirigeant vers la classe d'Etudes Moldues.
« C'est bizarre . J'étais certain qu'ils étaient plus nombreux. » Observa Harry en s'asseyant sur une table à l'arrière de la salle, près de la porte. Tous les journalistes venaient d'entrer.
« Certains d'entre eux, n'ont pas passé notre…vérification de sécurité. » Répondit Ginny d'un air parfaitement sérieux. Plusieurs personnes la regardèrent avec des yeux noirs et Harry décida que quel quelle qu'ait été cette vérification, elle n'avait pas dû être plaisante.
« Pourquoi sommes-nous tous entassé devant ? » Se plaignit l'un des journalistes.
« Ecoutez, ce sont les arrangements. Si vous ne les aimez pas, vous pouvez partir. » Lui dit Ron.
« Pouvons-nous finalement commencer ? » Demanda Sarah à voix haute « Nous avons passé toute la matinée avec eux quand c'est vous que nous venions voir. » Se plaignit-elle en désignant Harry qui la regarda d'un air perplexe.
« J'avais compris. »
« Niez-vous la vérité de cet article, professeur Green ? » L'interpella l'un des journalistes.
« Il n'y a aucune vérité dans cet article. » Répondit calmement Harry.
« Menteur ! »
« Et qui êtes-vous ? » Demanda Harry avec l'intention évidente d'être impoli.
« Je suis Sarah Walters, la fiancée de Duncan. » Répondit-elle hautaine, en levant le nez.
« Hm hm. Alors qui est Duncan ? » Demanda Harry, impoli.
« Je suis le frère de Theresa, » Répondit-il en colère. Il s'était levé.
« Et que faites-vous ici tous les deux ? »
« Nous sommes venus chercher des explications. » Répondit Sarah.
« Bien. Je crois que vous avez déjà vos idées faites, alors je me demande pourquoi vous avez pris la peine de venir ici. » Observa Harry. « Et Mme Walters, j'entends très bien, vous n'avez pas besoin de crier. Si vous ne pouvez pas parler normalement, je vous ferai sortir de la pièce. Est-ce clair ? » Lui demanda Harry en la regardant d'un regard d'acier.
« Je ne suis pas l'une de vos élèves. Comment osez -»
« Asseyez-vous ! » Claqua Harry sur un ton énervé. Il se tourna vers Duncan. « Il ne s'est rien passé d'incorrect entre votre sœur et moi. Je vous en donne ma parole, si vous l'acceptez. »
« Je ne l'accepte pas. »
« Qu'est-ce qui vous fait penser que je mens ? » Lui demanda Harry en essayant de le raisonner.
« Elle m'a écrit à votre sujet. » Lui dit Duncan en sortant des lettres que Theresa a écrites.
« Le professeur Green est le meilleur professeur que j'ai eu. Je comprends vraiment ce que je fais en classe. J'aime tous les autres sujets, mais la Défense est mon préféré, je crois.
« Le professeur Green me donne aussi des cours de soutien, alors je peux rattraper mon retard. Il est redoutable. Il y a très peu de questions auxquelles il ne peut pas répondre et sait faire des choses que je n'avais vues dans aucun livre. Il m'a appris à frapper comme les moldus. Attends de voir, la prochaine fois que tu m'embêteras !
« Le professeur Green a fait une chose redoutable pour moi aujourd'hui. Je n'ai pas le droit de te dire ce dont il s'agit parce que le directeur m'a fait jurer de garder le secret, mais il a été blessé et c'est à cause de moi. Il est vraiment cool, Duncan. Et devines quoi, il m'a convaincu de prendre des cours de soutien en potions et le professeur Snape vient de me dire que j'avais eu la meilleure note lors du dernier contrôle. N'est-ce pas redoutable ? Et en potions, en plus !
« Dites-moi professeur, pourquoi ne devrais-je pas penser que vous mentez ? Des cours de soutien ? Vous lui avez fait quelque chose et elle jure de garder le secret ? N'ai-je pas de raisons d'être soupçonneux ?
« Je suis sûr que tout ceci pourra s'expliquer. » Le raisonna gentiment Albus.
« Bien sûr que je le peux. » Répondit Harry impatiemment. « Ses notes ont augmenté depuis que je lui donne des cours de soutien. En regardant tout le travail qu'elle a fourni, je suis surpris que vous puissiez penser qu'il restait du temps pour faire autre chose. »
« Peut-être que ses notes ont augmenté parce qu'elle vous aime beaucoup. » Le contra Sarah avec un sourire en coin.
« Eh bien, si tel est le cas, je pense que vous n'avez pas écrit l'article sur le bon professeur. Il est vrai qu'elle a fait beaucoup de progrès dans ma matière, mais ses notes ont encore plus augmenté en potions. Si l'on suit votre raisonnement, ça voudrait dire qu'elle aime le professeur Snape plus que moi. » Le professeur Snape regarda Harry avec des yeux noirs.
« S'il continue à dire des choses comme ça, ta réputation de Maître des potions sans cœur va s'en aller en fumée. » Observa Minerva en parlant à Severus qui sourit simplement à son commentaire.
« La raison vient peut-être de son caractère…intimidant. » Dit le journaliste avec un sourire méchant.
« La raison vient peut-être du fait que c'est un très bon enseignant. » Claqua Harry avec colère. Severus haussa les sourcils. Il était visiblement surpris. « Revenons au sujet. Vous avez provoqué suffisamment de problèmes en insultant un professeur de Poudlard, n'essayez pas d'empirer les choses en en insultant deux. Nous ne sommes pas ici pour nous appeler par nos noms et je ne serai pas interrogé par vous. Il est évident que vous allez écrire ce que vous voudrez, malgré ce que je dirai. Je vais donc commencer par vous poser des questions, et je commencerai par…vous. » Dit Harry en désignant un jeune sorcier qui se situait sur la première rangée.
Les professeurs étaient impressionnés par la manière dont Harry était parvenu à contrôler la situation. Il était maintenant l'interrogateur et non plus l'interrogé. Plusieurs professeurs sourirent ouvertement. Ginny donna voix à un rire particulièrement mauvais et le professeur Snape acquiesça d'approbation et d'admiration face au talent d'Harry.
« Qui vous a donné l'histoire ? » Lui demanda Harry directement.
« Je ne comprends pas. »
« Qui vous a donné les 'faits' pour que vous puissiez écrire l'histoire ? Qui avez-vous interrogé ? Qui est venu vous voir et vous a dit que j'avais un comportement qui n'était pas approprié envers un élève ? » Lui demanda Harry posément.
« Comment savez-vous que je l'ai écrit ? » Demanda-t-il.
« J'ai vu votre nom sur votre plaque, malin, non ? »
Ginny renifla et essaya de déguiser son rire en faisant croire qu'elle avait une crise de toux.
« Oh, et bien, je n'ai pas le droit de révéler ma source. »
« En avez-vous seulement une ? » Lui demanda Harry, « Parce que, -» Harry s'interrompit quand on entra dans la pièce. Drago était parti un peu plus tôt, mais Harry avait simplement pensé qu'il était allé aux toilettes ou était allé chercher une boisson. Il fut donc surpris quand il le vit revenir accompagné d'un homme, qu'il ne le connaissait pas et de Theresa qui avait l'air d'une jeune fille très en colère.
« Theresa, viens-là -» Commença Duncan.
« Laisse-moi tranquille ! » Cria Theresa. Plusieurs personnes sursautèrent en entendant son ton. Elle se tourna vers le professeur MacGonagall et demanda, « Professeur, croit-il, lui-aussi, cette histoire ? »
« J'en ai peur, ma chérie. »
« Espèce de pauvre idiot ! Tu ne m'as même pas posé la question, » Dit-elle froidement. Elle lui tourna ensuite le dos. Beaucoup de journalistes les regardaient avec intérêt et certains commencèrent même à prendre des notes sur leur dispute. »
« Tu aurais nié pour le protéger. » Contra Duncan avec colère.
« Il est suffisamment grand pour se protéger tout seul. Et si quelque chose c'était vraiment passé entre le professeur et moi, tu serais la première personne à qui j'en aurais parlé. Laisse-moi corriger cela, aurais été. » Lui répondit-elle, glaciale.
« Que se passe-t-il ? » Lui demanda un journaliste situait au fond de la salle.
« En fait, j'aimerais le savoir moi-aussi. » Dit Harry froidement, les bras croisés sur la poitrine, les sourcils haussés, il regardait Drago, Theresa et le gentilhomme qui était entré avec eux.
« Excusez-moi. Jonathon Washington, directeur du département ministériel de l'Education. » Jonathon se présenta de lui-même à Harry et avança pour lui serrer la main. « Mon département est responsable de l'enquête sur ce genre de plainte et je l'aurais commencé lundi, mais j'ai cru comprendre que nous serions tous intéressés par une résolution rapide de cette affaire, je vais donc commencer mon enquête aujourd'hui. Voici mes collègues, Tom Black et Amy Shire. Je connais déjà la nature de la plainte. Je commence normalement en mettant tout le monde dans la même pièce pour que nous puissions discuter du problème un petit peu, mais pour aller plus vite, je commencerai par le veritaserum dés maintenant. Oh et vous ne pourrez pas écrire vos histoires là-dessus,» Il s'adressa aux journalistes. « Mon collègue vient du département des relations publiques et elle présentera son propre article à vos magazines. Vous connaissez tous les règles. »
« Ah, excusez-moi. Je ne prends pas de veritaserum. » Déclara Harry posément.
« Ah, ah, pensez-vous encore qu'il soit innocent ? » Demanda une sorcière à la voix particulièrement stridente à Albus.
« Ce n'est pas une admission de culpabilité. J'exerce simplement mon droit de ne pas prendre de veritaserum. Je pense que vous trouverez, si vous vérifiez, la loi qui me le permet. » Remarqua Harry d'une voix d'avocat.
« Oh, c'est bon professeur. Le veritaserum n'est pas pour vous, il est pour moi. » Répondit Theresa déterminée, derrière Drago.
Harry écarquilla les yeux de surprise. « Theresa, je vous ai demandé de ne pas vous en mêler. » Lui dit-il fermement mais sa résolution vacillait.
« Et je lui en ai donné la permission. Vous voyez la situation difficile dans laquelle se trouve Miss Chan, elle doit désobéir à l'un de nous, et puisque je suis directeur, j'ai peur qu'elle doive m'écouter moi. » Albus avait dans les yeux son habituelle lueur. « Professeur Snape, si vous voulez bien tester la potion, s'il vous plait. »
Le Maître des potions vérifia la potion du ministère sur un banc et dans le même temps, l'échangea discrètement par son propre sérum. Après avoir déclaré qu'il était authentique, il tendit la fiole à Jonathon qui prit quelques gouttes et les ajouta à du jus de fruit pour que Theresa le boive.
« La dose que prend Theresa devrait agir pendant une heure. Les lois liées aux enquêtes sont appliquées ici, je vous demanderai donc de ne pas parler pendant qu'elle subit les effets du veritaserum. » Leur ordonna Jonathon alors que Theresa buvait la potion et que le professeur Snape la surveillait.
« Si une personne brise cette règle, je serai forcé de prendre des mesures. » Les menaça Albus. Certaines personnes déglutirent en réponse à cette menace. Albus était on ne peut plus content et fit un clin d'œil à Theresa et un sourire encourageant.
« D'accord. S'il vous plait, donnez-moi votre nom complet ; » Jonathon commença son interrogatoire.
« Theresa Kai Lun Chan. »
Jonathon regarda Duncan, qui hocha de la tête. C'était bien son vrai nom.
« C'est un très joli nom. »
« Merci. »
« Dans quelle maison êtes-vous ? »
« Serdaigle. »
« Est-ce que le professeur Green est votre professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? »
« Oui. »
« Est-il un bon professeur ? »
« Oui. »
« Qu'est-ce qui fait de lui un bon professeur ? »
« Nous apprenons les forces et les faiblesses de chaque sort que nous étudions et nous apprenons aussi leur origine. Ainsi on se rappelle plus facilement comment l'utiliser et quelle en est l'incantation. Avant, quand je devais apprendre un sort, je l'apprenais par cœur et on peut facilement les confondre après un temps. »
« Est-ce que le professeur Green vous donne des cours de soutien ? »
« Oui. »
« Que faites-vous pendant ces cours ? »
« Nous révisons les sorts que j'ai appris et nous revoyons toutes les choses qui me posent problème. Dernièrement nous avons fait beaucoup de duels. »
« Avez-vous ou avez-vous eu une relation romantique avec le professeur Green ? »
« Non. »
« Vous a-t-il déjà touché ? »
« Eh bien, quand je tombe pendant les leçons il m'aide quelque fois à me relever, et quand il m'a appris comment donner des coups de poings, il m'a montré comment fermer mon poing et bouger mon poignet. »
« Vous a-t-il déjà embrassé ? »
« Non. »
« A-t-il déjà discuté avec vous de la possibilité d'avoir une relation romantique avec vous ? »
« Non. »
Duncan tendit la lettre de Theresa à Albus qui la donna à Jonathon pour qu'il puise poser davantage de questions et que Duncan n'ait plus de soupçons.
« Avez-vous parlé à votre frère du professeur Green, dans une lettre ? »
« Oui. »
« Vous avez dit qu'il était merveilleux, fantastique et un professeur absolument génial. Est-ce vrai ? »
« Oui. »
« Trouvez-vous le professeur Green attirant ? »
« Oui. »
« L'aimez-vous ? »
« Je pense qu'il est l'un des professeurs les plus gentils que j'ai rencontré…et il est vraiment mignon…mais je ne l'aime pas d'une manière romantique. Je l'aime comme j'aime mes autres amis. »
« Qu'est-ce qui le rend aussi 'merveilleux' et 'fantastique' ? »
« D'abord il est génial en tant que professeur. On apprend facilement grâce à sa méthode parce qu'il ne se concentre que sur ce que nous devons savoir pour utiliser le sort. Savoir qui a inventé un sort ou quelque chose d'aussi inutile ne l'intéresse pas.
« Il est aussi une personne absolument géniale. J'ai souffert d'épilepsie toute ma vie et je ne peux pas prendre la potion préventive parce que je suis allergique à un ingrédient. Au début, je n'avais de crises qu'une fois de temps en temps. Elles étaient rares et maman gardait un œil sur moi. Mais depuis que je suis à Poudlard, j'en ai assez souvent. Peut-être est-ce les lumières des baguettes, je ne sais pas. J'ai essayé de le cacher parce que, eh bien, je ne voulais pas que l'on me voie au milieu d'une crise. Je ne sais pas si vous en avez déjà vu une, mais c'est assez humiliant et douloureux.
« Le professeur Green m'a trouvé au milieu d'une crise alors que j'essayais de me cacher dans les couloirs près d'un placard. J'étais si embarrassée quand lui et Mme Pomfresh ont compris que je leur avais menti sur le nombre de crises que j'avais. J'ai pensé que j'aurais des ennuis, mais il m'a donné des médicaments moldus et ça semble marcher. J'étais censé aller voir le docteur aujourd'hui avec le professeur Green pour voir s'il fallait changer les médicaments mais je ne peux plus maintenant parce que le cabinet médical sera sûrement fermé quand nous aurons terminé ici. Je devrai donc attendre la semaine prochaine, je pense. »
Certains journalistes remuèrent mal à l'aise sur leur siège en entendant cela et le professeur Snape sourit méchamment.
« Je ne me suis pas senti en aussi bonne santé depuis des années. Je fais plus d'exercice maintenant et je pense essayer d'entrer dans l'équipe de Quidditch l'année prochaine.
« Je ne manque pratiquement plus les cours et mes notes sont bien meilleures qu'avant. J'ai de l'aide dans les deux matières qui me posent le plus de difficultés et je pense que je me débrouille plutôt bien. Le professeur Snape m'a dit l'autre jour que j'avais compris les potions de quatrième et de cinquième année alors que j'étais en train d'échouer . »
Theresa s'arrêta pour boire un verre plein de jus de fruit.
« Theresa vous avez mentionné que le professeur Green avait fait quelque chose de redoutable pour vous mais le directeur vous a fait jurer de conserver le secret. Qu'est-ce qu'il a fait ? »
« Nous étions à la pharmacie il y a quelques semaines pour prendre mes médicaments et des gens sont arrivés et se sont mis à tirer partout dans la pharmacie. J'ai eu si peur que je ne pouvais pas bouger, mais il m'a tiré et m'a caché derrière un comptoir pour que je ne me fasse pas toucher par des balles. Un homme a essayé de m'attraper. Je me suis éloignée de lui autant que j'ai pu, mais il se rapprochait. Le professeur Green a alors jeté un couteau sur la main de l'homme avant qu'il ne puisse m'attraper et il s'est évanoui. Le professeur Green a été blessé en essayant de nous aider.
« Alors, l'histoire racontée dans le journal n'était pas vraie. »
« Non ! Ce ne sont que des mensonges. Le professeur Green est merveilleux et il est un parfait gentleman…et vous pouvez tous aller en enfer avant que je ne vous laisse croire autre chose ! »
Jonathon regarda sa montre. « La potion doit commencer à perdre ses effets, alors je laisse le professeur Snape vous emmener dehors. Peut-être pourra-t-il vous donner une potion pour dormir si vous voulez vous reposer. » Suggéra Jonathon.
« Oh mon dieu, » Marmonna Duncan, la tête entre les mains.
« Oh wow, » Dit Hermione doucement pendant que Ginny tapotait ses yeux avec un mouchoir.
« Eh bien, c'était bien. » Commenta Drago.
« Theresa, » commença Harry « euh…merci. » Les paroles de son élève l'avaient chamboulé.
« Non, professeur, merci à vous, » Lui répondit-elle en lui montrant toute la gratitude qu'elle ressentait pour lui dans un sourire. Elle se leva et attendit que le maître des potions se lève pour pouvoir sortir. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se lever, Sarah avait sauté de sa chaise et pointait sa baguette sur Harry.
« Legillimens ! » Cria-t-elle de sa voix stridente.
Harry avait fini de parler avec Theresa et n'était qu'à moitié sur ses gardes, mais grâce à la rapidité de ses réflexes il fut capable d'écarter l'attaque. Aucune pensée importante ne traversa son esprit. La force du sort poussa Sarah sur sa chaise.
Tout se passa très vite et personne n'avait eu le temps d'empêcher Sarah d'agir.
« Bon sang, que fais-tu ? » Lui demanda Duncan. Il semblait très incertain.
« Non ! J'ai besoin de savoir ! Legilimens ! » Cria-t-elle désespérément en jetant le sort une nouvelle fois. Une fois de plus, Harry évita son attaque.
Il regarda Sarah dans les yeux et lui dit, « Il n'y a pas de place pour le travail mal fait en charme. C'est ainsi que vous devez faire. » La sermonna Harry en pointant sa baguette sur elle, et dit calmement, "Legilimens!"
