Chapitre 12

« QUOI ? » S'exclama Ginny.

« Cet homme sur la gauche est le frère de Sarah Walters. Je ne sais pas qui sont les autres. » Leur dit Harry. Il était toujours debout et regardait les invités d'Albus avec des yeux noirs. Ceux-ci n'osaient pas réagir.

« C'est absurde ! » Protesta l'une des personnes qui accompagnait le Ministre. « Avez-vous une idée de ce que vous avez fait, jeune homme ? »

« Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? » Lui demanda Albus doucement.

« Ils utilisent un sort de dissimulation standard, » Répondit Harry sans détourner les yeux du groupe devant lui.

Plusieurs élèves murmuraient entre eux. Mais ils se turent quand ils virent le regard sérieux du directeur.

« J'ai moi-même jeté un sort de révélation ce matin avant de leur permettre d'entrer dans l'école et je n'ai décelé aucun charme de dissimulation. »

Un invité ranima 'le Ministre Fudge' qui se débattait pour pouvoir se relever. « Comment osez-vous ! » Bafouilla-t-il.

« Vérifiez-vous-même maintenant. » Suggéra Harry doucement à Albus. Il reprit sa baguette des mains d'Hermione. Elle vérifiait l'identité des invités.

« Que faites-vous ? » Murmura Drago aux professeurs qui étaient à côté de lui. Le message était passé rapidement : tous les professeurs savaient que les hommes qui se tenaient devant eux n'étaient pas ceux qu'ils prétendaient être.

« Qui êtes-vous ? » Exigea de savoir Hermione.

« Je suis le Ministre de -»

« Non, vous ne l'êtes pas. Qui êtes-vous ? » Leur demanda Hermione d'une voix froide en levant sa baguette pour menacer les hommes devant elle. Rusard avait commencé à faire sortir les élèves silencieusement de la Salle, poussé par l'impression qu'il se passait quelque chose d'important. Tous les professeurs s'étaient levés et pointaient leur baguette sur le Ministre et sa délégation. Dans peu de temps, il serait dangereux de se trouver dans la Grande Salle, il en avait le sentiment.

« Allons, dépêchez-vous, » Leur dit-il afin de les presser un peu.

Les cinq invités se rendirent compte que mentir ne servirait à rien, ils firent donc la seule chose qu'ils pouvaient faire : ils se jetèrent sur les élèves qui se mirent à crier et à courir dans tous les sens. Les professeurs ne pouvaient plus attaquer leurs adversaires.

« Essayez de nous lancer un sort maintenant ! » Les défia l'un d'eux.

« D'accord, » Dirent quelques-uns des élèves plus jeunes. Ils voulaient se rendre utiles et jetaient des sorts contre les imposteurs. Certains touchèrent leurs cibles, mais d'autres les manquèrent et des élèves furent touchés.

« Foutus gamins ! » Grogna l'un des hommes en se frottant le bras. « Bien, c'est ainsi ! » Dit-il en attirant vers lui une élève. Il la tourna vers les sorciers et sorcières qui se trouvaient vers la Grande Table pour qu'ils voient la peur peinte sur le visage de la jeune fille. Il l'empêcha de bouger en lui encerclant le cou de son bras. De l'autre il tenait sa baguette pointée sur sa poitrine. Il fit un geste de la tête en direction de ses camarades, qui firent de même avec d'autres élèves se créant ainsi des boucliers humains.

« C'est ainsi que nous allons procéder. Nous ne voulons que certains d'entre vous, les autres peuvent partir- n'y pensez pas ! » S'écria-t-il brusquement. Le professeur d'herbologie avait levé sa baguette et s'apprêtait à jeter un sort aux hommes. « Nous ne voulons pas qu'il arrive quelque chose à cette jolie frimousse, n'est-ce pas ? » Lui-dit-il en parlant de la jeune fille. « Baissez vos baguettes. Maintenant. »

Tous baissèrent lentement leur baguette.

« Bien. Maintenant, je veux que tous les élèves sortent de la Salle immédiatement. Je me fiche de savoir où vous allez, sortez…et si je vois une personne qui ne ferait que penser à nous ensorceler, ces enfants le recevront, » Les menaça l'imposteur.

Les élèves se précipitèrent vers la sortie. Même les plus arrogants obéirent aux ordres. La voix de l'homme ne laissait aucun doute : il mettrait ses menaces à exécution. Il pensait chaque mot qu'il avait prononcé.

« Allons, déguerpissez ! Je voudrais en finir avec cela aujourd'hui ! » Cria l'homme qui avait parlé jusqu'à maintenant. Les élèves se hérissèrent et accélérèrent l'allure, se poussant dans une course folle vers la sortie.

Une fois que les élèves eurent quittés la salle, les cinq représentants factices du Ministère resserrèrent leur prise sur leurs otages et se tapirent derrière eux pour se cacher autant que possible derrière leur bouclier. Les professeurs restèrent tous dans la salle, leurs yeux rivés sur les imposteurs. La colère se dessinait sur leur visage. Ils tenaient leur baguette le long du corps et la serraient fermement de frustration.

« Je pense que nous devons compter les points, » Dit Walter. C'est lui qui avait pris la place de Cornélius Fudge. « Ce n'était pas censé se passer comme ça, vous savez. Nous aurions dû avoir une petite réunion et attirer certains d'entre vous à l'écart. Les choses auraient dû se passer ainsi. Rien n'est jamais facile, n'est-ce pas ? C'est une bonne chose que nous soyons venus avec un plan de réserve. Vous nous avez obligés à faire les choses de la manière la plus difficile. » Il s'arrêta pour resserrer sa prise sur la fille qu'il étranglait et qui se débattait. « Nous voulons Snape, Malfoy et Green. Les autres peuvent partir. »

« Quel Malfoy voulez-vous ? » Demanda Ginny avec ferveur.

« Nous n'avons rien à faire avec vous….pas encore en tout cas. » Dit l'un des hommes qui était resté silencieux jusqu'à maintenant. Il ponctua sa phrase en regardant la rouquine de la tête au pied de façon suggestive. « C'est ce chien de renégat que vous avez pour mari que nous voulons. »

« Si vous levez une main sur elle, je -» Commença Drago avec fureur. Il combattit le désir de l'attaquer à mains nues.

« Ah-ah-ah, Du calme. Nous ne voulons pas que cette jeune femme… ait à souffrir de vos actions, n'est-ce pas ? »

Drago se retint, mais fulmina silencieusement contre les calomnies portées contre sa femme. Pendant quelques instants, Drago, Ginny et les professeurs regardèrent avec des yeux noirs les imposteurs qui leur rendirent leur regard.

« Ils ne partent pas, » Dit un homme en grognant contre Walter.

« Non, ils ne partent pas, si ? » Demanda-t-il rhétoriquement. Il regarda l'élève qu'il tenait et dégagea les cheveux de son visage. Son sourire sinistre et son affection moqueuse ne servirent qu'à accentuer le malaise des professeurs.

« Je pensais bien qu'il en fallait plus pour vous faire partir. Regardez-vous- tous collés les uns aux autres. C'est beau, tout simplement. » Dit Walter d'une voix traînante et sarcastique. Il prétendit essuyer une larme. « Non pas que vous deux, » Il s'arrêta pour désigner de la tête Snape et Malfoy, « méritiez ce genre de loyauté, puisque vous ne savez pas ce que ce mot signifie. »

En exhalant un long soupir, il continua. « Ca n'a pas d'importance. Je suis presque certain que vous aurez changé d'avis quand je vous dirai qu'en ce moment deux trolls- pas un, mais deux- se promènent autour du château. Je les ai laissés entrer il y a environ dix minutes, alors ils peuvent être n'importe où à l'heure qu'il est. » Il pencha la tête pour entendre des signes de leur présence.

«Le martèlement vient d'eux. » Dit Harry à voix haute.

« Oui, très bien professeur, vous êtes le meilleur de la classe. » Walter se moqua de lui.

Drago, Ginny et les professeurs se regardèrent avec alarme bien que certains semblaient avoir des doutes sur la véracité des dires de Walter. « Comment êtes-vous parvenus à les faire entrer. » Leur demanda le professeur Sinistra. Quand elle fut moins confuse, elle s'avança vers la table pour reprendre sa place. « Je ne vous ai pas quitté de la journée, vous avez été surveillés tout le temps, sauf quand vous étiez aux toilettes, mais je ne pense pas que vous ayez pu les faire venir de là ! »

L'homme sourit et resserra sa prise sur la jeune fille. « C'était une chose si facile. Quand j'ai utilisé l'un des hiboux de l'école tout à l'heure, je vous ai dit que j'envoyais un message au Ministère, mais en fait j'ai envoyé un message à un collègue. Je lui ai dit que notre plan avait échoué et que nous devions utiliser le plan B pour suivre les ordres. Il s'est gentiment arrangé pour qu'un couple de trolls des montagnes soit envoyé à l'école. »

« Comment sont-ils entrés ? Votre collègue n'aurait pas été capable de les faire entrer s'il n'était pas dans les limites de l'école et vous ne pouviez pas le faire, parce que vous étiez surveillés! » S'écria le professeur Sinistra.

« Je ne les ai pas fait entrer, vous l'avez fait, juste avant d'entrer ici. » Dit-il au professeur d'astronomie.

« Moi ? Je n'aurais jamais fait une chose pareille. » Elle écarquilla les yeux de protestation.

« Oh, mais vous l'avez fait et vous avez même été très coopérative sous l'Imperium. »

« Je ne me souviens -»

« Bien sûr que vous ne vous en souvenez pas. Pensiez-vous vraiment que nous allions vous laisser vous rappeler ce genre de chose ? Nous vous avons lancé le sort d'oubliette. »

Le professeur perdit l'usage de la parole quelques instants. « Je suis si désolé, » Murmura-t-elle quand elle retrouva sa voix, incapable de regarder qui que ce soit.

« Vous n'avez aucune raison de vous excuser. Vous ne pouviez pas faire autrement qu'exécuter leur ordre, si vous l'avez vraiment fait. » La rassura Albus.

« J'ai laissé des trolls entrer dans l'école. » Continua-t-elle. Sa voix était à peine audible.

L'homme qui se faisait passer pour le Ministre remarqua le regard échangé par certains professeurs. Il leva les yeux au ciel. « Vous n'êtes pas obligés de me croire, si vous ne le voulez pas, mais je suis certain que vous ne voulez pas mettre la vie de vos élèves en danger, s'il y a ne serait-ce qu'une possibilité pour que je puisse dire la vérité. »

Albus rassembla son personnel autour de lui. « Je ne lui fais pas le moins du monde confiance. Pourtant, s'il y a la plus petite chance pour qu'il dise la vérité, nous devons penser à la sécurité des élèves. J'ai besoin que certains d'entre vous viennent avec moi pour vérifier les faits, contenir les trolls et s'assurer que les élèves aillent bien. J'aimerais aussi que certains d'entre vous restent avec Severus, Drago et Jason, » Demanda Albus à son personnel.

« Ne réduisez pas le nombre de personnes qui pourrait vous accompagner. Vous aurez besoin de toutes les personnes disponibles pour contenir les trolls et les élèves, » Dit Drago au directeur.

« Nous avons définitivement besoin d'équilibrer les charges, » Dit Ginny à son mari avec une féroce détermination.

« Je reste, » Ron se porta volontaire.

« Moi aussi, » Ajouta Hermione.

« Comptez définitivement sur moi, » Leur dit Ginny les dents serrées.

« Ginny- non, » Plaida Drago.

« N'y compte pas, je ne te quitte pas, » Lui dit-elle fermement.

« Je reste, » Déclara le professeur MacGonagall.

« Minerva, je pense que j'aurai besoin de votre aide pour coordonner nos efforts avec les trolls. Je ne sais pas qui est le plus en danger pour l'instant, Severus, Drago et Jason ou les élèves. »

« Mais Albus -» Protesta-t-elle mais elle fut interrompue par des cris venant de l'extérieur.

« Les élèves ont besoin de vous, » Maintint le professeur Snape tout en gardant un œil sur les hommes en face d'eux. Albus regarda Severus comme s'il allait lui demander s'il le laissait avec suffisamment d'aide, celui-ci hocha simplement la tête.

« Ils n'ont pas l'air ravi, hein ? » Demanda sarcastiquement l'un des hommes de la fausse délégation.

« Allons-y. Venez nous rejoindre quand vous en aurez terminé ici. J'ai des questions qui attendent réponse. » Dit Albus par-dessus son épaule en conduisant le reste du personnel en dehors de la salle.

« Vieil homme, ils ne seront pas capables de venir vous rejoindre, » Observa Walter d'un ton suffisant.

« Nous verrons. » Répondit Albus. Avant de quitter la Salle, il jeta un dernier regard derrière lui. « Lâchez mes élèves maintenant. Vous n'avez plus besoin d'eux. »

Les cinq imposteurs se regardèrent et comme un, libérèrent leurs otages.

« Expelliarmus ! » Harry jeta le sort contre Walter en tentant sa chance. Il n'attendit pas que les élèves soient complètement libérés pour lancer le sort. La baguette de Walter atterrit dans les mains de Harry et il la cassa immédiatement. D'autres suivirent son exemple et essayèrent de désarmer les hommes, mais après avoir vu leur camarade perdre sa baguette, les autres avaient resserré la prise sur la leur.

Les cinq hommes ne s'attendaient pas à une attaque aussi rapide mais l'attaque de Harry avait incité tout le monde à agir. Drago, Ginny, et les professeurs bombardaient de sorts leurs adversaires qui se servirent des tables comme couverture. Les professeurs qui étaient derrière la Grande Table en profitèrent pour la renverser et se cacher derrière.

« Merde ! » Marmonna Ron quand il entendit l'un des hommes verrouiller la porte magiquement.

« Hé ! » Cria Harry. « Pourquoi n'enlevez-vous pas ces costumes ridicules ? Nous savons que vous prétendez seulement être des représentants du Ministère, alors c'est inutile maintenant, ne trouvez-vous pas ? »

La suggestion d'Harry ne rencontra que le silence.

« Si c'était moi, ce serait une question de fierté de combattre mes adversaires avec mon visage et non caché sous un déguisement. » Leur dit Harry. Oh mon garçon, c'est toi qui dis ça « Jason », s'admonesta-t-il silencieusement.

Les faux représentants se regardèrent, haussèrent les épaules, pointèrent leur baguette sur eux et enlevèrent le charme de dissimulation, mais Harry n'avait pas fait cette suggestion parce qu'il voulait voir leur visage. Pendant qu'ils étaient occupés à enlever le sort, il lança les ustensiles et couverts qui étaient tombés sur le sol vers eux.

« Que fais-tu ? » Lui demanda Ron, perplexe.

« C'est plus facile d'atteindre la cible en lançant des objets au-dessus des tables qu'avec les sorts. » Répondit Harry sans s'arrêter.

Certains professeurs suivirent son exemple et quand les faux représentants du Ministère eurent repris leur apparence initiale, ils avaient des bleus et des contusions parce qu'ils avaient été touchés par les couverts et les ustensiles volants.

« Des amis ? » Demanda Ron en baissant la tête derrière la table.

« En commençant par la droite, il y a Blair, David, Francis, Mitchell et nous connaissons l'autre, Walter. De vieilles connaissances, » Répondit froidement Drago.

« Par les boules de Merlin ! » Cria Francis, « Nous sommes des sorciers. Nous ne nous battons pas avec des tasses et des assiettes, nous combattons avec de la magie, comme ça ! » Cria-t-il en se dressant juste au-dessus de la barrière pour pouvoir utiliser sa baguette.

« Wingarium Leviosa ! » Cria-t-il. Il fit léviter l'une des tables en exposant Ginny aux sorts de Blair et David qui crièrent 'Stupefix' ensemble.

Elle fut projetée en arrière sous le coup des deux sorts combinés.

« Ginny ! » S'écria Drago. Il savait qu'il ne pouvait pas aller vers elle, c'était trop dangereux pour le moment.

« Reste où tu es. Elle est suffisamment éloignée pour être en sécurité, pour l'instant. » Lui ordonna le professeur Snape.

« Peut-être, » Répondit Drago en serrant et desserrant les dents avec colère. « Mais un bon tour en mérite un autre, n'es-tu pas d'accord ? » Demanda-t-il à Severus en serrant fermement sa baguette.

L'homme le plus âgé regarda son jeune camarade avec des yeux perçants. « Effectivement. »

Comme un, Drago et Severus se levèrent légèrement et lancèrent un sort puissant contre Blair et David. Leur sort combiné fut si puissant que la table derrière laquelle leurs adversaires étaient cachés se fendilla et les deux hommes furent projetés contre le mur.

« Nous avançons, protège, nos arrières. » Demanda Drago à la personne qui était à ses côtés, avant que lui et Severus ne sautent au-dessus de la table.

« Avada -» Commença Francis, mais il fut interrompu par Hermione.

« Expelliarmus ! » S'écria-t-elle mais elle ne parvint pas à le désarmer.

« Pas cette fois, mon ange, » Il sourit d'un air satisfait en renvoyant un sort contre Hermione. Le sort frappa la table derrière laquelle la jeune femme se cachait et fit un trou dedans. Hermione ne perdit pas de temps et retourna la faveur en détruisant son propre bouclier de bois.

« Salope ! » Cria l'homme. Hermione et lui échangèrent des sorts et contre-sorts. Il était difficile de dire qui avait le dessus. Hermione repoussait Francis grâce à la force de ses sorts mais il parvenait toujours à la repousser.

« Fais attention, Hermione ! » L'interpella Ron. Elle évita de peu un sort. Ron ne pouvait que jeter des coups d'œil momentanés sur le combat de sa femme puisque lui-même était occupé avec le collègue de Francis, Mitchell.

Hermione avait au départ, essayé de désarmer son adversaire, et Ron avait essayé de stupéfier le sien. Un sorcier sans sa baguette est moins menaçant qu'un sorcier avec une, mais un sorcier inconscient ne peut plus faire aucun mal. Malheureusement Mitchell avait roulé pour éviter le sort et avait dévié le sort suivant.

« Honte à toi. Je n'ai même pas encore essayé de te combattre. » Renifla Mitchell en déviant un autre sort. Il avança en courant, engageant Ron dans un duel si intense qu'ils semblaient perdus au milieu des sorts qu'ils se lançaient.

Hermione cria et Ron tourna la tête. Elle avait gagné la première manche du duel mais elle avait mal jugé son adversaire. Il avait feint de lui envoyer un sort et Hermione avait réagi immédiatement pour le dévier alors qu'il n'en avait pas lancé. Son adversaire en profita et lui jeta un sort qu'elle fut incapable de bloquer et qui la fit voltiger à travers la pièce. Sa tête frappa le bout d'une table et elle tomba dans les pommes immédiatement.

Hermione avait peut-être été prise au dépourvu mais Ron brisa la Règle d'Or du duel : il détourna les yeux de son adversaire. Mitchell en profita pour lui jeter le doloris et il tomba sur le sol en criant de douleur. Une fois libéré du sort, Mitchell empêcha Ron de bouger à l'aide d'un sort. Ce dernier ne pouvait plus rien faire.

« Maintenant reste en dehors de mon chemin, espèce de pathétique excuse de sorcier. » Grogna-t-il.

Il fit rapidement le tour de la pièce des yeux à la recherche d'une autre cible. Blair et David semblaient avoir l'avantage, mais Walter avait laissé son adversaire avoir le dessus.

« Par ici ! » L'appela Walter. Il était coincé sous Harry.

« J'aurais du savoir que tu réussirais à faire échouer cette mission aussi. » Marmonna Mitchell dans sa barbe avant d'aller secourir son camarade.


Harry avait vu Drago et Severus envoyer Blair et David contre le mur derrière eux et il regarda les hommes s'effondrer douloureusement sur le sol. Ouh, ça fera des bleus demain, sourit Harry.

Il entendit un bruit venant de l'extérieur de la Grande Salle suivit par des cris. Il pria silencieusement en espérant que les professeurs et les élèves aillent bien. Il retourna ensuite son attention à ce qui se passait devant lui. Ron et Hermione se battaient contre des hommes et Drago et Severus étaient occupés avec David et Blair. Harry se demandait où était Walter.

Il n'eut pas besoin d'attendre longtemps parce que deux mains lui encerclèrent la gorge et il fut projeté sur le sol, un poids lourd au-dessus de lui. Harry ne pouvait pas voir qui l'avait attaqué mais il le sentait. Il essaya de dégager les mains de sa gorge, mais ne put rien faire. La personne qui avait emprise sur lui avait deux avantages : la surprise et la gravité. Il était facile à son adversaire de l'étrangler, allongé comme il l'était. Harry était sérieusement désavantagé, et essayait de se relever pour se défendre et rééquilibrer les forces.

Le cerveau d'Harry passa une vitesse : il sortit sa baguette et visa la personne assise sur lui. Les mains autour de son cou se resserraient et il avait l'impression que ses yeux allaient sortir de leurs orbites à cause de la pression. Sa tête le martelait et il était sûr de devenir bleu. Il parvint pourtant à prononcer, « Incendio, »

Quelque chose prit feu et il sauta rapidement loin de Harry, roula par terre pour essayer d'éteindre le feu. Harry recula, prit des bouffées d'air et éteignit le feu qui avait pris sur sa manche. Il mit ses mains contre sa gorge qui avait gonflé : il sentait déjà des bleus.

« Fils de pute ! » Gronda Walter en regardant avec chagrin les cendres de ce qui étaient autrefois sa cape d'invisibilité.

« Je me demandais où vous étiez. » Remarqua Harry d'une voix enrouée. Il essayait encore de reprendre son souffle. Il agrippa sa baguette, se leva et regarda froidement l'homme devant lui. « C'était intelligent l'idée de la cape et l'attaque surprise. Je dois bien le reconnaître. »

« La ferme ! Tu m'as coûté ma cape ! »

« C'est vraiment très mal, » Dit Harry. Il évita l'assiette que Walter lui avait jetée et bloqua facilement le coup qui suivit.

« Il y a encore quelque chose qui ne va pas dans cette image, » Renifla-t-il.

« Ah ? » Demanda Harry avec suspicion.

« Ouais, » Répondit-il. Et il se pencha pour donner un coup dans la mâchoire de Harry qui l'évita facilement, mais atteignit son poignet. Sa baguette voltigea et atterrit sur le sol. Elle roula bien trop loin pour qu'il ne puisse la récupérer. Harry s'était attendu à une attaque corporelle, mais pas sur son poignet. Stupide Potter ! Tu aurais dû le voir arriver à des kilomètres à la ronde ! Ton foutu cerveau s'empâte !

Les deux hommes se tournèrent autour. Walter était en colère et agité. Harry de son côté paraissait calme. Il avait appris depuis longtemps que s'énerver dans une bataille empêchait de penser correctement et la colère pouvait le conduire, lui ou les personnes autour de lui, à se faire tuer.

« Tu vois ça ? » Lui demanda Walter en levant sa main pour que Harry puisse la voir.

« Quoi, votre main ? » Lui demanda Harry pince sans rire. Il aimait embêter l'autre homme.

« Non, la cicatrice au milieu. Elle devrait te paraître familière, puisque c'est toi qui me l'as faite. »

« Oh, oui. » Répondit Harry sur le ton de la conversation en se remémorant ce qui s'était passé à la pharmacie quand Walter avait essayé d'attraper Theresa et que Harry avait lancé un couteau dans sa main pour l'arrêter. La cicatrice était le résultat de la blessure, et celle-ci était impressionnante.

« Oh, et ne pense pas que je ne sais pas ce que tu as fait à ma sœur. Je l'ai vu juste avant qu'elle ne vienne te voir et quelques heures plus tard, je reçois un hibou de Sainte Mangouste m'annonçant qu'elle a été admise dans leur service. Peu importe ce que tu lui as fait, tu vas le regretter, » Walter ponctua sa déclaration en ramassant un couteau qui gisait par terre et courut sur Harry, déterminé à le poignarder.

Harry regarda le blond s'agiter. Il était content que Walter soit une personne bavarde. Il lui était ainsi beaucoup plus facile de prédire quand il allait l'attaquer. Les gens bavards ont tendance à ponctuer leur déclaration par des actions et utilisent toujours un ton particulier avant d'attaquer. Alors, Harry était prêt. Il avait attrapé la lame entre ses deux mains. Il était difficile de dire qui gagnerait ce combat de force. Les deux semblaient sur le point de bouger, mais Harry faisait de son mieux pour la garder loin de lui et Walter faisait de son mieux pour la rapprocher de lui et pouvoir le poignarder.

Avec un cri d'effort, Harry déplaça ses mains sur sa gauche et bougea le reste de son corps vers la droite. La lame lui coupa les mains mais il était capable de supporter une petite blessure si ça pouvait l'empêcher de se faire tuer. Quand le couteau ne fut plus pointé sur son corps, il relâcha sa prise et son adversaire perdit momentanément contenance, Harry lui donna un coup de point dans les côtes, ce qui le fit valser. Son adversaire lâcha le couteau et Harry donna un coup de pied dedans pour qu'il soit hors de porté.

Il aurait pu utiliser la magie, mais il trouvait plus satisfaisant de combattre son adversaire sur le sol. Walter avait été une épine bien implantée qui refusait de partir, même s'il l'ignorait du mieux qu'il pouvait. D'abord il y avait eu l'incident à la pharmacie, puis la tentative de Sarah de l'utiliser en tant que planche à découper et enfin cet incident, ce qui avait provoqué pour lui et pour les personnes qui l'entouraient, divers degrés de douleur et de blessure. Harry n'était pas énervé, il était royalement en colère.

Walter recouvra ses esprits rapidement et donna un coup de pied dans les jambes de Harry qui tomba par terre.

« Tu n'es pas le seul à être agile, » Walter sourit d'un air satisfait et triomphal. Il bondit sur Harry et l'épingla de tout son poids, Harry essaya en vain de rouler et avant qu'il n'ait le temps de se remettre, il reçut un fort coup de poing dans la mâchoire. Sa tête fut projetée en arrière et il reçut un autre coup.

Il entendit un crack après le second coup et ses yeux s'humidifiaient. « C'est la deuxième fois que tu me tiens ainsi. Les gens vont commencer à raconter des histoires, si tu ne fais pas attention, » Observa Harry d'un ton entendu en faisant référence à leur position actuelle.

Walter devait être plus lourd que Harry, mais ce dernier était plus fort. Une fois qu'il eut libéré ses jambes, il s'en servit pour encercler le dos de l'homme, ce qui lui donnait l'appui dont il avait besoin pour se retourner complètement et être au-dessus de Walter. Il enfourcha sa taille et tint ses poignets sur le sol avec ses genoux en mettant tout son poids sur eux pour être sûr que Walter ne puisse pas le frapper.

Harry aurait pu terminer le combat en stupéfiant son adversaire, mais sa tête résonnait à cause des coups qu'il avait reçus et il décida que Walter méritait le même traitement.

Crack ! Harry donna un fort coup sur le visage de son adversaire. « Ca c'est pour ce qui s'est passé à la pharmacie. »

Thwack ! Harry lui donna un coup sur l'autre joue. « Ca c'est pour avoir envoyé votre sœur ici avec un couteau. » Lui dit calmement Harry.

Crunch ! Harry envoya son poing dans la mâchoire de l'autre homme. « Ca c'est pour ce que vous avez fait ici aujourd'hui. »

Smack ! Harry lui donna un coup de l'autre côté de la mâchoire. Walter saignait et le sang s'écoulait par terre et sur le bras de Harry. « Et ça c'est pour avoir envoyé des trolls après des enfants. »

La tête de Walter se balança et il regarda la salle avec un regard voilé, il essayait de savoir où était le reste de ses camarades. Il remarqua que Francis et Mitchell avaient vaincu leurs adversaires et les appela.

« Par ici ! » S'écria-t-il d'une voix faible.

« Merde ! » Marmonna Harry en lui donnant un coup sur la tempe. Il le mit K.O.

« Putain, qu'est ce que tu fous ? » Cria Francis en envoyant un sort contre Harry qui s'écarta rapidement de Walter.

Harry évita le sort qu'on lui avait lancé et courut récupérer sa baguette. Il plongea et roula quand il toucha le sol. Il se retrouva à genoux devant ses adversaires. Il se rendit compte qu'il aurait dû créer un bouclier défensif avant de récupérer sa baguette, parce qu'il évita de justesse de vilains sorts quand il se retrouva face à eux. Il n'y avait pas beaucoup de temps pour réfléchir pendant un combat et tout le monde est un géni quand on prend du recul.

Pendant que Mitchell essayait de stupéfier Harry, Francis ramassa un couteau qui était tombé quand les tables des élèves avaient été retournées et le tint de manière à ce qu'il tienne la lame entre le pouce et l'index. Il le lança contre Harry qui se déplaça rapidement et l'évita. Malheureusement, il fut frappé par le doloris que lui envoya Mitchell au moment même où Francis jetait le couteau.

Harry fut projeté sur le dos et il lâcha sa baguette. Son corps entier tremblait et ses yeux roulaient au-dessus de sa tête. Il cria, la douleur se propageait dans toutes les parties de son corps et ses yeux se remplirent de larmes. Lentement, la douleur diminua et quand il regarda autour de lui, il remarqua que quelqu'un, mais il ne pouvait pas dire qui, avait sa baguette pointée sur Drago et Severus, prêt à leur jeter un sort.

« Oh, merde ! » Marmonna Harry en cherchant sa baguette. Sa main atterrit sur un couteau et le tint par la lame, essayant de voir exactement qui il visait. Concentre-toi Potter, pensa-t-il en expirant profondément puis il lança le couteau.

« Avada -» Commença Mitchell.

« Oh non, tu ne le feras pas. Endoloris ! » Cria Francis quand il vit Harry lever le couteau, mais il ne fut pas suffisamment rapide et Harry eut le temps de lancer le couteau avant que Francis ne jette le sort. Francis lança son sort et Mitchell tomba face contre terre.

Harry était allongé sur le dos, il tremblait et haletait pour respirer après avoir subi le second doloris. Il n'était pas certain d'être parvenu à arrêter Mitchell parce qu'il essayait encore de reprendre contenance quand il avait jeté le couteau.

Quand il parvint à se concentrer et que la douleur diminua, il se remit difficilement sur pied et aussi rapidement qu'il le put, récupéra sa baguette. Il était à moitié debout, à moitié courbé, mais il tenait d'une main experte sa baguette malgré les spasmes qui secouaient son corps, effets secondaires des sorts. Francis regardait bouche bée son collègue couché sur le sol, le manche du couteau était visible entre ses omoplates. Il n'était pas nécessaire de vérifier, il était mort. Francis se rendit compte pour la première fois qu'il connaissait très peu son adversaire, il avait peut-être fait une erreur en le sous-estimant.

Merde ! Merde ! Merde ! Harry grogna intérieurement, mais il n'avait pas le temps de se faire des reproches. Francis lui avait jeté un nouveau sort qu'il esquiva et répondit en lui lançant deux puissants sorts, l'un suivant l'autre d'à peine une seconde de manière à ce que l'on pense qu'il n'y en avait qu'un. Son adversaire dévia le premier mais ne vit pas le second avant de reculer sous son impact. Il toucha sa joue, il avait maintenant une large entaille. Il regarda Harry avec confusion en se demandant ce qui venait de se passer.

Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées et jeta un regard dans la direction de Hermione qui était étendue par terre près de lui. Il regarda Harry avec un sourire mauvais et pointa sa baguette sur elle.

« Avada -» Harry lui lança un sort pour le stupéfier mais il parvint à l'éviter et se retourna pour pointer sa baguette sur Harry. Ce dernier écarquilla les yeux quand il vit que son adversaire avait changé d'avis, mais aussi parce qu'il vit le professeur Snape jeter une jardinière dirigée sur la tête de Francis. Malheureusement Harry était aussi sur son chemin. Francis entendit Snape approcher. Il évita l'attaque et par chance, Harry aussi.

L'imposteur ne perdit pas de temps et termina le sort. « Kedavra ! » Cria-t-il et lança le sort contre Harry.


Drago et Severus s'étaient retrouvés sérieusement désavantagés dès le début de leur combat parce que leurs adversaires donnaient le meilleur d'eux pour les tuer. D'un autre côté, les anciens espions essayaient simplement de les stupéfier. Leurs adversaires pouvaient rester où ils étaient, dévier les sorts et jeter des sorts impardonnables comme il leur convenait.

« Meurs déjà simplement ! » Renifla David en évitant les sorts du professeur Snape avant de lui en lancer un à son tour.

« Nous devons faire quelque chose. Je ne sais pas si je peux tenir encore longtemps. Si nous ne trouvons pas bientôt une ouverture, ce sera une autre affaire. » Dit Drago à son ami, qui était près de lui.

« Avada -» Ils entendirent les mots venir de derrière eux, suivit d'un bruit sourd. Comme ils ne voulaient pas détourner complètement leur regard de leurs adversaires, ils se tournèrent à moitié et virent l'homme que Drago connaissait sous le nom de Mitchell face contre terre, le manche d'un couteau de l'école ressortait de son dos. Il y eut une courte pause pendant laquelle les quatre hommes enregistraient ce qui venait de se passer.

« Fils de pute ! » Cria Blair alors que lui et son camarade reprenaient leurs attaques.

Severus plongea par terre à côté de Drago. « J'ai une idée. »

« Bien. » Approuva Drago. Le professeur Snape prit une page du livre du professeur Green et lança une simple bague de lumière contre son adversaire. Elle trouva rapidement sa cible et la lia au mur. Blair tourna le dos à Drago et au professeur Snape et vit ce qui s'était passé, il donna aux deux hommes l'ouverture dont ils avaient besoin.

« Stupefix, » Crièrent-ils presque à l'unisson. Les deux hommes sombrèrent dans l'inconscience avant de réaliser ce qu'il s'était passé.

« Aauggh ! Merde ! » Cria Drago mettant ses mains devant ses yeux et en tombant à genoux.

« Que t'arrive-t-il ? » Lui demanda le professeur Snape inquiet.

« Mes yeux ! » Parvint à dire Drago.

« Tes yeux ? Que t'a-t-il – » Le maître des potions soupira. Il réalisa ce qu'il s'était passé et se massa le front de sa main libre. « Ce sont des bagues de lumière, pourquoi les as-tu regardées directement ? »

« J'étais curieux de savoir ce que tu faisais, c'est tout, » Lui dit Drago en essayant de se défendre contre ce manque de bon sens. Il se leva et essaya de se diriger vers son ami, mais il trébucha contre lui et tous les deux tombèrent à terre. Severus lâcha sa baguette qui roula loin de lui.

« Arrête de bouger. Arrête. Je me lève et après je t'aiderai à te lever. Qu'est-il arrivé à ma baguette ? » Demanda Severus, énervé.

« Qu'est-ce que cela ? » Demanda Drago.

« C'est ta baguette. »

« Oh. »

« Comment va Jason ? »

« Il va bien. Il- Reste là, » Lui dit son aîné en essayant de se lever.

« Quoi ? Que se passe-t-il ? » L'interpella Drago, mais il ne reçut aucune réponse.

Le professeur Snape leva les yeux et vit Francis éviter l'un des sorts de Harry puis pointer sa baguette sur la forme inconsciente de Hermione. Lui et Drago ne se battaient pas très loin de Harry et Francis et il avait entendu Francis commencer le sort mortel.

Merde ! Pensa-t-il. Il n'avait pas encore retrouvé sa baguette, mais il pouvait utiliser les objets qui étaient par terre.

Il se rapprocha et vit Francis se retourner pour pointer sa baguette sur Harry. C'était un piège. Il avait l'intention de lui jeter le sort dès le début ! Réalisa Severus. Il s'arrêta et jeta une lourde jardinière sur la tête de Francis.

Mais Francis l'avait entendu et s'était retourné suffisamment tôt pour voir l'attaque et l'éviter. Francis ne perdit pas de temps et termina le sort.

Harry n'était pas certain de pouvoir éviter l'attaque. Il soupira bruyamment, se préparant à bouger, mais le professeur Snape lui sauta dessus. Tous deux se retrouvèrent au sol, et le sort de Francis leur passa au-dessus la tête.

Une seconde après que lui et Severus aient touché le sol, il lança deux sorts. Il jeta le deuxième, une seconde après le premier. Francis fut capable de dévier le premier mais pas le second. Il atterrit sur le dos et sa baguette roula loin de lui.

Harry continua à regarder Francis et quand il vit qu'il ne se relèverait pas tout de suite, il soupira de soulagement et laissa sa tête retomber contre le sol.

« Merci, » Dit-il au professeur Snape en essayant de retrouver son souffle.

« Il n'y a pas de quoi… » Commença le professeur en regardant le jeune homme pour la première fois. Il n'avait jamais rien vu de particulier dans le physique du jeune professeur, mais quand il le regarda dans les yeux et qu'il vit toutes ces émotions vives, il eut le souffle coupé.

« Hé, est-ce que vous allez bien ? Que se passe-t-il ? » Leur demanda Drago. Il n'avait pas bougé, et était toujours assis par terre, ses coudes sur ses genoux levés et sa tête dans ses mains.

Harry rendit au professeur son regard dont les yeux continuaient à chercher les siens, mais il était si intense que Harry sentit un frisson lui parcourir le dos.

« Les gars ! Est-ce que vous allez bien ? » Leur demanda à nouveau Drago, un peu plus inquiet.

Harry cligna des yeux plusieurs fois et replaça ses barrières. Il cacha ses émotions conflictuelles derrière un masque impénétrable. Severus soupira de cette perte. « Nous allons bien, » Dit-il à Drago en se relevant, il était encore allongé sur Harry. Le jeune homme le regarda prudemment.

« Je pense que Severus et moi te devons des remerciements. » Dit Drago à Harry.

« Et moi je vous dois les miens, » Dit-il doucement au professeur Snape en essayant encore de récupérer son souffle. Ses membres tremblaient légèrement, mais il n'était pas certain que le doloris fut le seul responsable de cela.

« J'ai perdu le compte de qui devait remercier qui aujourd'hui. En tout cas, vous n'avez pas à me remercier, » Répondit doucement Severus qui lui aussi essayait de récupérer son souffle.

Harry acquiesça et se releva pour pouvoir faire le tour de la pièce des yeux.

« Est-ce votre sort ? » Demanda Harry à Severus en désignant de la tête la lumière vive. Mais il fit attention à ne pas la regarder directement.

« Oui. »

« Est-ce que ça vous dérangerez d'enlever la lumière ? Ca n'arrange pas mon mal de tête. »

« Ou le mien. » Se plaignit Drago en se tenant la tête.

« Je n'ai pas ma baguette avec moi, alors je ne peux pas. » Admit Severus.

« Est-ce que ça vous dérange si je… » Harry se tut mais fit un geste vague en direction de la lumière avec sa baguette.

« Pas du tout. » L'invita Severus.

« Oh pour l'amour de dieu ! Ne lui demande pas et enlève simplement cette maudite lumière ! » S'écria le jeune homme blond.

« Ce n'est pas poli de défaire le sort d'un collègue sans lui demander la permission, » Expliqua Harry à Drago pendant qu'il enlevait la lumière des bagues qui liaient les imposteurs.

« Il est aussi impoli de changer la couleur des cheveux d'un ami et de les colorer en bleu alors que celui-ci a trop bu. »Dit Drago. Il regarda l'endroit où il pensait voir Harry avec des yeux noirs.

« C'était différent, » Lui rétorqua Harry. Il se dirigea vers son ami et s'assit à côté de lui. « Que s'est-il passé ? Non, laisse tomber, ne me le dis pas. Tu as regardé la lumière, hein ? »

« Je ne le voulais pas et je ne l'ai pas regardé, j'ai juste jeté un coup d'œil quelques secondes. »

« Eh bien, tu verras que d'ici une demi-heure tu iras mieux, mais tu vas avoir un mal de tête du tonnerre. » Lui expliqua Harry.

« Trop tard, » Marmonna Drago.

« Le professeur doit avoir quelque chose contre ça, alors tu iras bien. » Le rassura Harry.

Harry examina les dommages causés à la salle et ses yeux tombèrent sur le corps de Mitchell. La voix de son vieil instructeur résonna dans sa tête. Parfois c'est tuer ou être tué…

« Laisse tomber, on penserait que tu y es habitué maintenant, toutes choses considérées. » Grommela-t-il très doucement pour lui.

« Hmm ? » Lui demanda Drago en se demandant ce que disait Harry, mais celui-ci ne lui répondit pas. Il se mit simplement sur ses pieds et se dirigea vers le corps, s'accroupit et vérifia son pouls, mais il savait déjà qu'il n'en trouverait pas.

« Je pense qu'on peut dire qu'il est mort, » Observa le professeur Snape de l'autre côté du corps.

« Oui. » Répondit Harry en enlevant le couteau du corps et en le posant sur le sol à côté.

« Il a essayé de jeter le sort mortel sur vous et sur Drago pendant que vous aviez le dos tourné. » Lui expliqua Harry.

« Je ne vous demande pas vos raisons. »

« Je le sais, mais je ne veux pas qu'il y ait de doutes : je n'avais pas l'intention de le tuer- Je voulais simplement le détourner de ce qu'il allait faire. »

« Vous n'avez pas besoin de vous expliquer. » Lui dit le professeur Snape.

« Peut-être pas, mais je le voulais. » Lui dit Harry avant de lui tourner le dos pour aller aider Ginny, Ron et Hermione. Il semblait vaciller un peu sur ses pieds.

« Combien de fois avez-vous reçu le doloris ? » Lui demanda le professeur Snape en le regardant attentivement.

Harry s'arrêta. « Deux fois, » Admit-il en se tournant pour lui faire face.

« Venez dans mes appartements quand nous aurons terminé ici, j'ai une forte potion calmante qui pourrait vous aider. Je donnerai aussi à Drago une potion contre le mal de tête. »

« Doux soulagement ! » Soupira Drago. « Oh, en passant, Severus, j'ai trouvé ta baguette, »Ajouta-t-il en la tirant de sous sa jambe. Il la lui tendit.

Harry acquiesça au professeur et regarda la porte. « Je n'entends plus rien venant de dehors, et vous ? » Leur demanda Harry en penchant la tête afin de mieux entendre les bruits venant des professeurs, des élèves ou même des trolls.

« J'entends les élèves, mais je n'entends plus de cris, c'est bon signe. » Observa Drago.

« Je ranime Ron, Hermione et Ginny si le professeur Snape veut ouvrir à Albus et aux autres professeurs. » Lui dit Harry.

« Attends ! » L'interpella Drago.

« Quoi ? » Demanda Harry. « Quelque chose ne va pas ? »

« Oh… rien…vraiment…mais je pense…que je te dois une explication. »

« Nous en avons déjà parlé, » Dit doucement le professeur Snape à Drago.

« Nous avons mis sa vie en danger aujourd'hui et probablement en d'autres occasions, et c'est normal qu'il sache pourquoi. »

« Je ne suis pas d'accord. » Répondit Severus succinctement.

« Nous étions visés à cause de ce que nous étions, et il nous a sauvé la vie- encore. Il est impliqué maintenant, et l'est depuis qu'il t'a sauvé la vie le soir de Noël. Il devrait savoir pourquoi nous mettons sa vie en danger. »

« Il était lui aussi, une cible aujourd'hui. »

« Mais il a tout de même sauvé au moins une vie aujourd'hui, la tienne ou la mienne et il a subi le doloris- deux fois. Il a également été impliqué d'autres fois quand on nous cherchait. »

« Nous n'avons pas demandé son aide, » Severus savait qu'il n'était pas juste, mais le Serpentard en lui se battait pour protéger sa vie privée.

« Non, c'est vrai. » Lui répondit Drago en le regardant avec reproche. « Mais il nous l'a tout de même donné. » Severus se détourna de Drago. Il refusait d'admettre qu'il avait raison. « Ecoute, il est un membre de l'Ordre maintenant. Les autres savent déjà, alors pourquoi pas lui ? »

« Comment sais-tu que nous pouvons lui faire confiance ? »

« Nous ne sommes peut-être plus en pleine guerre, mais il est clair que des gens nous recherchent. S'il doit être associé à nous et travailler avec nous dans l'Ordre, il a besoin de savoir. De toute façon, il a risqué sa peau pour nous qu'il le veuille ou non. Je pense qu'une explication s'impose. »

« Tu n'as pas répondu à ma question. » Lui rappela le professeur Snape.

« Bien. Je ne suis pas sûr à cent pour cent de pouvoir lui faire confiance, mais je pense que je le peux. Il comprend des choses que peu de personnes comprennent vraiment, je pense donc qu'on peut lui faire confiance. De plus, nous savons tous les deux qu'il est capable de garder des secrets, non ? » Dit Drago à son ami sur un ton léger.

« Je ne suis pas ravi de ta décision, mais je ne discuterai pas davantage, »

« Je te conseille de t'asseoir, tu vas en avoir besoin. » Drago interpella Harry qui se tenait à quelques distances de là pendant que les deux hommes discutaient.

« Oh, alors vous avez fini de parler de moi, hein ? » Lui rétorqua Harry. La douleur et la fatigue détérioraient son humeur. Il se dirigea vers les deux hommes et s'assit sur un banc normalement occupé par les élèves pendant les repas.

« Où est-il ? » Demanda Drago à Severus.

« Il est à environ deux mètres devant toi. » Lui répondit Harry avec malice.

« Il y a quelque chose que tu dois savoir. » Dit Drago à son ami en lançant un sort d'insonorisation dans la Salle. Severus en ajouta également un.

Harry regarda Drago relever la manche de sa chemise et lui montra son avant-bras. Harry savait déjà que Drago avait été un mangemort et la révélation ne le surpris pas. Ce qui le surprit par contre, fut le fait qu'il lui offre une explication et que Severus le laisse faire. Le Drago avec lequel il était ami maintenant, n'avait rien à voir avec celui dont il se souvenait et il était curieux de connaître les raisons de ce changement.

Harry cligna des yeux. « Et ? » Demanda-t-il.

« Et tu n'es pas choqué, dégoûté, stupéfié- tout en même temps ? » Lui demanda Drago. Il n'était pas préparé à cette réaction.

Harry soupira. « Certaines rumeurs circulent dans l'enceinte de l'école depuis quelques temps maintenant. Je ne suis pas sourd et il m'est difficile de ne pas entendre les élèves papoter devant moi… Je suspectais qu'ils n'avaient peut-être pas tort, mais je n'étais pas sûr. »

« Alors maintenant tu en es sûr. »

« Oui. Je pense que le professeur Snape doit avoir la même marque sur sonbras. »

« Oui. » Répondit froidement son aîné.

« Les hommes qui sont venus ce soir étaient tous des mangemorts et ils sont venus pour nous tuer parce que nous n'avons pas fait preuve de 'loyauté' envers le Seigneur Noir. Tout le monde ne sait pas que nous avons espionné pour le compte d'Albus. Après la destruction Voldemort de nombreux mangemorts ont proclamé avoir commis une erreur. Nous sommes restés discrets et avons laissé les gens penser que nous avions fait de même. Les seules personnes qui savent que nous avons été espions, sont les membres de l'Ordre. » Lui expliqua Drago.

« Mais Voldemort a été vaincu il y a des années maintenant. Pourquoi vous attaquer maintenant ? Pourquoi pas plus tôt ? » Lui demanda Harry.

« Nous ne savons pas. » Répondit le professeur Snape sombrement.

« Vous ne travaillez plus pour les mangemorts maintenant, n'est-ce pas ? » Leur demanda Harry, plus pour faire la conversation que pour une autre raison. Il connaissait déjà la réponse.

« Non, » Lui dit fermement Drago. « Absolument pas, ni l'un ni l'autre. Je suis sûr que tu es curieux de connaître les raisons pour lesquelles je les ai rejoints et pourquoi j'ai ensuite changé d'avis. »

« Eh bien, oui, mais ce ne sont aucunement mes affaires. » Répondit Harry avec franchise.

« Tu es impliqué maintenant, alors ce sont tes affaires, » Le rassura Drago. Il s'arrêta, inspira profondément puis reprit. « Je pense que j'ai pris la marque parce que je croyais que c'est ce que je cherchais parce que c'est ce qu'on attendait de moi. Les Malfoy sont des sorciers et sorcières de sang pur, tous. J'étais simplement comme mon père, fier et arrogant. Nous méprisions tout le monde, et pas seulement les sang-mêlés ou ceux d'origine moldus. Mon père était un mangemort mais quand il a été envoyé à Azkaban, j'ai été invité à les rejoindre. Les gens étaient effrayés par les mangemorts et je pensais que je voulais les rejoindre et que je voulais que les gens me craignent. Je pensais qu'il fallait que je saisisse cette opportunité pour atteindre le pouvoir et que l'on me respecte vraiment. Je ne prétendrai pas que certaines des choses que j'ai faites en tant que mangemort n'étaient pas terribles, voire horribles, mais ce genre de choses venait avec le pouvoir, si on n'était pas capable le supporter, on ne méritait pas d'être un mangemort.

« Travailler pour Voldemort n'était pas vraiment un pique nique, tu dois comprendre que l'échec est toujours sévèrement puni, mais c'était le prix que j'étais prêt à payer pour faire parti de ce groupe que j'admirais mais qui m'effrayait aussi.

« Je ne sais pas vraiment ce qui m'a fait changer d'avis. Ca peut être un grand nombre de choses, mais personnellement, je pense que c'est Ginny. »

« Ginny ? » Lui demanda Harry en se sentant confus.

« Ouais. Il y a eu cette fois où j'ai trouvé Hermione assise seule près du lac et j'ai été un vrai abruti avec le fait qu'elle était d'origine moldue. Hermione a toujours suivi les règles de l'école et elle n'allait certainement pas me jeter de sort à moins que je ne commence, ce que je n'avais aucunement l'intention de faire. J'avais simplement prévu d'être un peu dur avec elle. Ginny nous a trouvés et quand elle a vu ce que je faisais, elle n'a pas essayé de sortir sa baguette, elle m'a tout simplement mis un coup de poing dans la mâchoire. Tu serais surpris par sa force. J'ai cru que ma tête allait se détacher de mes épaules.

« Je lui ai demandé ce qu'elle pensait avoir fait et elle m'a dit qu'elle s'assurait que je ne puisse pas lever une nouvelle fois la main sur son amie. Quand je lui ai dit qu'elle allait le regretter, elle m'a simplement regardé avec des yeux noirs, m'a dit qu'elle n'en avait rien à faire et que je ne devrais pas être aussi sûr de moi. » Expliqua Drago.

Ca ressemble bien à ce que Ginny ferait, pensa Harry en se souvenant qu'elle avait acquis une volonté de fer au cours de sa quatrième année.

« Ron, Hermione et Ginny, étaient amis avec Harry Potter et ils semblaient vraiment dévoués les uns aux autres. Il y avait ce…lien je pense…et je n'avais jamais rien vu de semblable. Mes parents n'avaient jamais ressenti cela pour moi et les mangemorts n'étaient loyaux envers personne, et certainement pas entre eux. Ils donnaient leur loyauté à Voldemort par peur, mais pendant les vingt ans pendant lesquelles on a cru que Voldemort était mort, et quand il est vraiment mort il y a huit ans, beaucoup l'ont trahi pour se protéger. En fait, je suis presque certain que si mon père avait pu trouver un moyen de me faire enfermer à Azkaban, il l'aurait fait.

« J'ai observé Ginny et ses amis se protéger mutuellement pendant des années et quand j'y ai pensé, j'ai découvert que c'est ce que je voulais. Mes parents ne m'avaient pas aimé comme ça, je n'avais pas d'amis, et les sentiments que je commençais à avoir pour Ginny n'aidaient pas. Ils étaient un groupe si uni, mais finalement ils m'ont laissé entrer et j'ai arrêté d'agir comme un abruti et de penser que les sang-purs étaient meilleurs que ceux d'origine moldus. Hermione est né de parents moldus et je ne pouvais pas demander une plus merveilleuse belle-sœur.

« De toute façon, peu de temps après le jour où Ginny m'a donné son coup de poing, je suis allé voir Albus et je lui ai tout raconté. Je lui ai demandé s'il savait comment je pouvais quitter le cercle des mangemorts sans pour autant mourir. Il a appelé Severus et j'ai pris du veritaserum pour répondre à leurs questions. Albus m'a demandé si j'étais d'accord pour lui fournir des informations sur les plans de Voldemort. J'ai été choqué et je lui ai demandé pourquoi il ne me tournait pas le dos parce que je ne méritais rien d'autre. Il m'a dit qu'il n'y avait aucune raison de juger les gens sur ce qu'ils ont fait, ce qui est important ce sont leurs intentions. Il a dit que j'étais quelqu'un de bien et que j'avais fait le bon choix en venant le voir. »

Drago s'arrêta et regarda Harry. « Je n'ai pas honte d'admettre avoir pleuré. Avec toutes les choses que j'avais faites, je ne méritais pas cela, je ne méritais pas que l'on ait une bonne opinion de moi. Il m'a dit qu'il ne savait pas comment je pourrais quitter les mangemorts, mais il m'a proposé de lui transmettre des informations.

« Personne n'avait jamais pensé à moi en bien avant, jamais, et je voulais désespérément mériter sa bonne opinion. Alors j'ai accepté et j'ai rejoint Severus en tant qu'espion de l'ordre. »

« Alors vous étiez un espion vous aussi ? » Demanda Harry à son aîné, plus pour l'effet que pour autre chose, parce que 'Jason' ne pouvait pas le savoir.

« Oui, il espionnait déjà depuis des années quand je me suis joint à lui. » Lui expliqua Drago.

« Si longtemps, vous deviez être vraiment très bon, » Observa Harry.

« Je l'étais. » Répondit-il simplement.

Harry joua avec sa baguette, la faisant tourner entre ses mains tout en absorbant l'information que Drago lui avait donnée un plein gré.

« J'avoue que je me demandais pourquoi tu les avais rejoints, mais j'aurais respecté ta vie privée, si tu avais refusé de me le dire. Tout ce dont j'avais besoin de savoir est que vous avez tous les deux étés des mangemorts mais que vous étiez devenus des espions pour Albus. » Lui dit Harry.

« M'aurais-tu cru ? » Lui demanda Drago.

« J'aurais pu. » Répondit brièvement Harry.

« J'ai pensé qu'il y avait plus de chance que tu crois que nous avions travaillé pour Voldemort, si je n'essayais pas de cacher autre chose. Toutes les personnes de l'ordre savent ce que tu sais, enfin, la part importante- ils ne savent pas pour Ginny- donc il me semblait normal que toi aussi, tu sois au courant. »

Harry acquiesça.

« Je comprends que tu ne saches pas quoi penser de nous en ce moment, mais j'ai été complètement honnête. Si tu veux t'éloigner de moi, je comprendrai. J'ai simplement pensé que tu devrais savoir. » Soupira Drago.

« Donc, si j'ai bien compris, tu as rejoint les mangemorts quand tu étais encore à l'école. »

« Oui. »

« Mais tu t'es finalement rendu compte que ce n'était pas ce que tu voulais alors tu t'es battu aux côtés de l'Ordre et tu t'es opposé à Voldemort. »

« Oui, » Murmura Drago, les yeux baissés.

« En prenant des risques considérables, j'imagine. » Harry regarda Drago avec attention. Ce dernier garda les yeux au sol, il n'osait pas lever la tête.

« Me croiriez-vous si je vous disais que je crois que vous avez été honnête et que je n'ai aucun doute que vous êtes tous les deux loyaux à Albus ? » Leur demanda Harry sérieusement.

« Je crois. Il est évident que certaines personnes veulent notre mort, et ça prouve que je ne mens pas, hein ? » Lui demanda Drago d'une voix faible.

« Ecoute, je crois que je l'ai déjà dit, mais je ne pense pas qu'il soit possible de choisir un camp sans avoir essayé les deux. Ne te fais pas de soucis pour quelque chose qui s'est passé il y a des années et des années. Tu es revenu à la fin, non ? »

« Je crois, mais -» Commença-t-il.

« Non, je viendrai encore vous voir toi et Ginny dans vos quartiers, chaque fois que j'en aurais l'occasion, si je suis toujours le bienvenu. Tes sessions de beuveries avec Ron sont beaucoup trop divertissantes pour que je les manque, et ne pense même pas à ne plus venir m'aider dans mes cours, » Lui dit Harry d'un ton qui se voulait plein de bon sens.

« Et vous, » Dit-il en se tournant vers le Professeur Snape, « J'irai dans vos appartements quand nous aurons terminé ici pour cette potion que vous m'avez promise. » Le professeur Snape leva simplement les sourcils et acquiesça, il n'était pas certain de ce qu'il devait faire avec ce jeune homme.

« Hé, tu sais quoi ? J'aime cet homme, vraiment, » Dit doucement Drago à son ami. Ses yeux commençaient à le piquer.

« Et-ce ainsi ? » Lui demanda le professeur Snape.

« Il …fait …sens … » Essaya de lui expliquer Drago.

« Hmm… » Lui dit Severus peu engagé mais perdu dans des pensées qui le menait à l'énigme qu'était le professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Harry ranima Ron, Hermione et Ginny. Il écouta les histoires de chacun pour déterminer ce qui s'était passé. Harry évita de répondre aux questions en se portant volontaire pour aller chercher Albus. Il déverrouilla la porte avec un 'déverrouilleur' similaire à celui que son parrain lui avait offert pour ses quinze ans et ouvrit la porte. Albus et quelques professeurs étaient rassemblés autour et essayaient apparemment d'écouter ce qui se passait à l'intérieur.

« Nous ne vous entendions plus. Nous avons pensé que vous aviez terminé mais nous n'en étions pas sûrs. » Lui expliqua Minerva. Elle avait l'air un peu débraillé et ses vêtements étaient pires encore.

« Ah, il y a un charme d'insonorisation dans la pièce, » Expliqua vaguement Harry.

« Oh. » Albus et les professeurs entrèrent dans la salle et fermèrent la porte derrière eux.

« Les étudiants vont bien ? Qu'est-il arrivé aux trolls ? » Leur demanda Harry dès que la porte fut fermée.

« Les élèves vont bien et sont surveillés pour la nuit. Les trolls ne sont plus une menace pour les élèves. En fait, ils ne sont plus une menace pour l'école. Ne vous inquiétez pas pour nous, nous allons bien. Nous n'avons que des blessures mineures et Pompom s'en occupe à l'heure qu'il est. » Le rassura Albus.

« Mon dieu, » S'exclama Minerva. Elle mit la main devant la bouche en regardant les sorciers et sorcières dans la salle.

« Nous allons bien, » Lui dit Ron. Il était assis sur le sol et tenait sa tête dans ses mains.

« En êtes-vous sûr ? » Lui demanda-t-elle.

« Ouais. » Répondit-il.

« Dites-moi tout. » Albus s'avança dans la salle et s'adressa à ceux qui étaient restés à l'intérieur.


« …et si Jason n'avait pas attaqué ce gars, il aurait tué ou Severus ou moi, » Expliqua Drago au directeur. La vision de Drago était revenue mais il était encore très sensible à la lumière et il plissait encore des yeux en parlant au directeur.

« Alors sa mort était accidentelle ? » Demanda Albus à Harry en le regardant avec des yeux perçants.

« Oui. » Répondit Drago en jetant un regard vers Harry qui était assis dans une muraille de silence.

« C'est malheureux mais nous ne pouvons pas toujours contrôler ce genre de choses. » Observa Albus. « Qu'est-il arrivé à cet homme ? » Il désignait Francis.

« Le professeur Green et moi sommes parvenus à le maîtriser, » Répondit le professeur Snape. Il ne pensait pas qu'Albus ait besoin de connaître les détails et savoir comment ils l'avaient stupéfié. Harry ne cligna même pas des yeux aux réponses vagues que fournissait le Maître des potions. Je pensais que vous parleriez de tout ce qui est important, allons Snape, vous m'avez sauvé la vie ! Mais encore, il ne faut pas que l'on pense que vous avez un bon côté, n'est-ce pas ? Pensa Harry sèchement.

Albus regarda la pièce d'un air grave. « Nous avons besoin d'informations. Ca devient sérieux, il nous faut agir. » Il hocha la tête en regardant Severus qui quitta rapidement la pièce.

« Avez-vous dit qu'il y avait un charme d'insonorisation dans la salle ? » Demanda Albus à Harry.

« Oui- il y en a deux en fait. »

Albus acquiesça, apparemment satisfait. « Ca fera parfaitement l'affaire. »

Minerva fit venir quatre chaises en bois solide et à l'aspect sévère et Albus lévita les imposteurs et les attacha solidement avec une corde qu'il fit apparaître de sa baguette.

« Nous devrions les interroger un à la fois, pour éviter qu'ils discutent entre eux ou s'entraide » Pensa Albus à voix haute.

« Ca prendra certainement un certain temps. » Soupira Hermione, d'un air las. « Nous devrions commencer maintenant. »

« Je suis d'accord. Nous commencerons dès que Severus reviendra avec le veritaserum. » Lui dit Albus.

Harry se mit à l'aise sur un banc et se prépara pour la longue nuit qui l'attendait. Il jeta un sort standard sur les bleus et les contusions qu'ils avaient au visage et à la gorge et attendit.


« On perd notre temps, » Marmonna Ron énervé après l'interrogation du troisième homme.

« Pas entièrement, » Albus n'était pas d'accord. Il stupéfia l'imposteur qu'ils venaient d'interroger. « Ils ont tous confirmé qu'ils étaient venus pour essayer de tuer Severus et Drago parce qu'ils ont trahi les mangemorts et Voldemort. Ils se regroupent à nouveau et redeviennent actifs. » Dit Albus en prenant une gorgée du verre que Minerva venait de lui apporter.

« Puisqu'ils ont tous dit que Walter les avait approchés pour leur demander de venir ici ce soir, il devrait se révéler plus utile que les autres. » Remarqua Drago.

« Je suis d'accord. » Albus ranima le quatrième homme. « Comme vous pouvez le voir, vous êtes attaché, alors essayer de courir est inutile, » Dit-il au captif. « Nous pensons que vous détenez des informations que vous devriez partager avec nous. »

« Je ne dirai rien ! » Protesta Walter.

« Oh, je pense que vous le ferez, » Lui dit le directeur calmement. Severus de son côté mettait quelques gouttes de veritaserum dans une tasse et l'approcha de lui.

Walter serra fermement les dents et tourna la tête sur le côté.

« Pourquoi choisissez-vous toujours de faire les choses de la manière la plus difficile les gars? » Lui demanda Ron en secouant la tête.

« Nous pouvons rendre les choses beaucoup plus difficile si vous ne coopérez pas. Vous avez réussi à m'énerver, alors personnellement, j'espère que vous ne coopérerez pas. J'aimerais…vous apprendre…les vertus de la coopération. » Le menaça Drago. Tous les sorciers et sorcières présents acquiescèrent et quelques-uns levèrent leur baguette.

Walter garda les lèvres clauses. Le professeur lui boucha le nez pour qu'il ne puisse plus respirer et tira dessus pour qu'il lève la tête en arrière. Quand il ouvrit finalement la bouche pour respirer, Severus lui déversa la potion dans la gorge.

L'imposteur recracha le tout sur le vieil homme et Drago lui jeta quelques sorts piquants comme réprimande pour avoir insulter son ami. « Les autres n'ont pas été aussi difficile. » Murmura Drago à Harry.

« Je ne boirai pas cela, je me fiche de ce que vous faites. »

Harry leva les yeux au ciel face au ton mélodramatique qu'utilisait l'homme et descendit du banc sur lequel il était assis. « Monsieur le directeur, j'ai quelque chose qui pourrait vous aider. Je reviens dans une minute. » Dit-il avant qu'on ait le temps de dire quoi que ce soit.

Albus cligna des yeux, surpris, mais enleva simplement le sort qui verrouillait la porte pour que le jeune professeur puisse sortir. Il ne fallut pas longtemps à Harry pour trouver ce qu'il cherchait dans sa chambre et revenir dans la salle.

« Puis-je ? » Demanda-t-il en faisant un geste en direction de l'imposteur.

« Allez-y. » L'invita Albus.

« Merci. » Répondit-il poliment en s'arrêtant devant Walter.

Le professeur Snape se tenait d'un côté de Walter et se souvenant de certaines choses que 'Jason' avait faites, il commença à se déplacer, mais Harry l'arrêta.

« Professeur, si ça ne vous dérange pas, pourriez-vous mélanger un peu de veritaserum dans une petite quantité d'eau. »

Son aîné acquiesça silencieusement et se mit à la tâche. Il se demandait ce que le jeune professeur avait en tête.

Harry regardait Walter froidement. « Le directeur est un homme patient, mais je ne le suis pas, » L'informa-t-il doucement d'une voix qui donnait froid dans le dos. « Je n'ai ni le temps, ni l'envie d'être poli avec vous. »

Il gardait le poing serré depuis qu'il était entré dans la salle et quand il l'ouvrit, Walter put voir ce qu'il tenait. « Savez-vous ce que c'est ? C'est une seringue, une aiguille hypodermique, » Lui expliqua Harry en enlevant la capsule. « Les moldus les utilisent tout le temps. Ils la remplissent d'une solution, font un trou dans la peau et dans la veine puis injecte la solution dans le sang. Donc, vous avez raison, il n'est pas nécessaire que vous buviez le veritaserum, mais vous le prendrez d'une manière ou d'une autre. » Le menaça-t-il.

« Ca ne marchera pas. Le veritaserum ne fonctionne pas ainsi, il faut le boire, » Lui dit Walter, d'un ton désespéré, incapable de détourner les yeux de l'aiguille.

Harry ignora les regards surpris des autres professeurs, il s'avança vers le banc sur lequel le professeur Snape s'était installé avec la seringue et la potion. « En fait, ça marchera. Le sérum doit atteindre votre cerveau et c'est ce qui compte vraiment. » Dit-il calmement à Walter. « Je dois admettre que je ne sais pas comment je vais être capable de trouver une de vos veines puisque vous êtes attaché, mais ça ne m'inquiète plus. » Harry attrapa violemment l'homme par les cheveux et tira sa tête sur le côté en exposant son cou. « Vous avez une jolie veine juste là, dans votre cou, » Dit le jeune professeur, et fit courir un doigt le long de sa veine pour insister. »

L'homme serrait fermement les yeux et haletait.

« Je crois que le seul vrai problème est que la solution est un peu plus épaisse que les médicaments normalement injectés, » Lui dit Harry. Sa voix était calme et il avait sur le visage un masque impassible. « Votre cœur aura quelques difficultés au début à faire couler le sérum dans votre corps. Qu'en pensez-vous professeur ? » Demanda Harry au professeur Snape en se tournant pour le regarder.

Son aîné n'avait pas survécu aussi longtemps en tant qu'espion sans avoir appris à dissimuler sa surprise et à improviser.

« Ce n'est qu'une petite quantité. Je ne pense pas que son cœur lâche. Mais si son pouls est rapide, ça augmentera l'effort que doivent fournir les muscles et il est possible qu'il s'évanouisse avant que le sérum n'ait été totalement absorbé par le courant sanguin, » Répondit-il en regardant d'un air malicieux Walter pâlir et remuer légèrement sur sa chaise.

Harry prétendit réfléchir à ce que venait de dire le professeur. « Oui, je suis d'accord avec vous. Bien sûr, s'il y a une bulle dans la solution, il s'éteindra comme une bougie dès qu'elle aura atteint son cœur. »

Walter laissa échapper un petit cri en entendant cela. « Maintenant, allez-vous prendre le veritaserum ou préférez-vous découvrir ce qu'il se passera si je vous l'injecte ? » Lui demanda Harry d'un ton menaçant. Il tenait toujours d'une main la tête de Walter pour qu'elle soit penchée, de l'autre, il tenait la seringue contre la large veine de son cou.

Walter tremblait mais ne répondit pas. « Vous ne le ferez pas. » Geignit-il.

« Oh, est cela ? Savez-vous ce qui est arrivé à la dernière personne qui m'a ennuyé ? » Lui demanda Harry d'une voix doucereuse à l'oreille et lui désigna Mitchell. Son prisonnier déglutit et écarquilla les yeux. « Ne testez pas ma patience, alors que faisons-nous ? » Il plaça la seringue contre son cou à nouveau.

« Je-préfère- la- boire. » Bafouilla Walter.

Le professeur Snape arriva avec la solution. Harry déplaça sa main pour la poser à la base de son crâne et laissa le professeur tirer la tête de l'homme en arrière et déverser la solution dans sa gorge. Une fois qu'il eut avalé le sérum, Harry éloigna la seringue de son cou et vida la solution dans un verre vide qui était sur le banc du Maître des potions, puis remit le capuchon sur l'aiguille et retourna sur son banc en ignorant les regards étonnés dirigés vers lui.

« Il devrait être prêt maintenant, » Dit Severus à Albus qui regardait Harry attentivement. Harry lui rendit son regard silencieusement.

« Euh, très bien, » Bégaya Albus en regardant toujours Harry étrangement. « Nous savons pourquoi vous êtes ici et ce que vous êtes venus faire ici. Dites-moi, qui vous a envoyé ? » Lui demanda Albus.

« Le Seigneur Noir, m'a envoyé. » Répondit Walter d'un ton neutre mais éreinté.

La tête de Harry se releva et il regarda Walter avec attention.

« Voulez-vous dire Voldemort ? » Lui demanda Albus avec appréhension.

« Oui. »

C'est impossible ! Il est mort ! Pensa Harry. Le choc résonnait dans toutes les fibres de son être.