Chapitre 13

« Non, ce n'est pas possible » Murmura Ginny. « Voldemort a été tué il y a huit ans maintenant. »

« Mon Seigneur a pris des précautions. Il est sous la protection de sorts et d'enchantements qui le protégent des sorts mortels. Tout le monde a cru que Harry Potter a tué mon Seigneur quand il n'était qu'un bébé, mais mon Maître est revenu. Le monde sorcier pense que Harry Potter l'a détruit il y a huit ans, mais il vit. »

Ca ne peut pas être possible ! Il doit y avoir une erreur, pensa Harry avec désespoir.

« Impossible. Je l'aurais senti s'il était encore en vie, » S'écria Drago en levant la manche de sa chemise en montrant la marque sur son bras.

« Harry Potter a détruit son corps, mais le Seigneur Noir est toujours vivant. »

« Comment compte-t-il revenir ? » Lui demanda Albus.

« Il a trouvé un corps convenable alors il va pouvoir nous revenir. »

Plusieurs personnes présentes dans la salle haletèrent mais la plupart restèrent silencieuse. Ils essayaient de comprendre les implications de ce qu'ils entendaient.

« Quel corps a-t-il choisi ? » Le pressa le directeur.

« Je ne sais pas. »

« Voldemort a-t-il des secrets qu'il ne partage pas avec ses mangemorts ? »

« Il nous dit ce que nous devons savoir. »

« Est-ce pour cela que les trois autres ne savaient pas qui avait ordonné l'attaque de ce soir ? »

« Oui. Il est rare que le Seigneur Noir communique directement avec les mangemorts de bas rang. »

Albus s'arrêta quelques instants pour rassembler ses idées. « Quand Voldemort a-t-il prévu de réapparaître ? »

« Bientôt. »

« Pouvez-vous être plus précis ? Que voulez-vous dire par 'bientôt'? »

« Je ne sais pas. »

Non, Harry secoua la tête. Impossible. Il ne restait rien de lui. Le sort a été développé pour détruire plus que son corps. Rien n'a pu survivre, pensa-t-il anxieusement. Il se rappelait très vivement les évènements qui s'étaient déroulés, huit ans auparavant quand il avait finalement débarrassé le monde de Voldemort. Ce n'est pas le genre de chose qui s'oublie facilement.

« Oui. J'ai brisé ta mère et ton père avant de les tuer. Maintenant prépare-toi à les rejoindre ! »

« Aucune chance, Avacillius ! »

« Potter, tu te rends certainement compte que tu ne peux pas- qu'est-ce … ? Qu'as-tu fait ? AARRRGGGHH ! »

« Brûle en enfer, fils de pute. »

Harry secoua la tête pour s'éclaircir les idées.

« Où Voldemort vous réunit-t-il ? » Demanda-t-il en interrompant l'interrogatoire d'Albus.

« Je…ne peux…pas…vous le dire. »

« Est-ce que l'effet du sérum s'estompe ? » Demanda Ron.

« Pourquoi ne pouvez-vous pas nous le dire ? » Le pressa Harry.

« Je ne suis pas le gardien du secret de notre lieu de rendez-vous. »

« Est-ce que quelqu'un comprend ce qu'il dit ? » Demanda Ron, confus.

« Le Charme de Fidélité. Seul le gardien du secret peut divulguer l'emplacement de leur lieu secret. Les autres ne peuvent pas révéler ce secret, même sous veritaserum. » Expliqua Albus.

« Oh. Merde. » Dit Ron.

« D'autres attaques ont-elles déjà été prévu? » Continua Harry.

« Je n'en connais pas d'autres. On nous a seulement ordonné de tuer Snape et Malfoy avant que le Seigneur Noir ne nous revienne. »

« Alors pourquoi vous-en –êtes vous pris à moi ? »

« J'essayais de vous tuer pour des raisons entièrement personnelles. »

Albus reprit son interrogatoire. « Qui d'autres travaillent pour Voldemort ? »

Walter récita une liste de noms mais Harry ne faisait plus attention. Je lui ai donné tout ce que j'avais et je n'ai pas pu le battre. Merde, qu'est-ce que je vais faire maintenant ?


« Pourquoi n'ai-je pas détecté votre charme de dissimulation quand vous êtes entrés dans l'école ? » Lui demanda Albus par curiosité.

« Au début, nous avons utilisé du polynectar pour prendre l'apparence de cinq personnes travaillant au Ministère. Il a fallu plus de temps que nous ne l'avions prévu pour mettre le plan à exécution. Alors avant que les effets de la potion ne se dissipent, nous nous sommes jetés un charme de dissimulation pour continuer la mission sous le même déguisement.

« Avez-vous d'autres questions à poser à notre…invité ? » Albus leva les sourcils en regardant les autres sorciers et sorcières. Quand il ne reçut aucune réponse, il stupéfia donc Walter.

« Et bien, ça a été….fructueux. Qu'allons-nous faire d'eux ? » Demanda Ron en désignant les quatre imposteurs.

« J'appellerai des aurors pour qu'ils viennent les chercher dès que j'en aurais fini ici et je m'arrangerai pour qu'on emmène le corps à Sainte Mangouste. » Lui répondit Albus.

Tout les autres demeurèrent silencieux. Ils n'avaient pas connu cette peur depuis des années.

« Nous devons réunir l'Ordre. Je prépare une réunion au quartier général pour demain. » Dit doucement Albus au groupe.

« Ne voulez-vous pas dire aujourd'hui ? » Lui demanda Drago avec humeur. « Il est déjà plus de minuit. »

« Nous avons maintenant un gros problème. Voldemort est de retour et nous ne savons pas où est Harry. » Observa Ron doucement.

« C'est vrai. Nous ne pouvons pas faire grand chose sans lui. » Ajouta Hermione.

Bien sûr. Pourquoi quelqu'un d'autre devrait-il se tenir devant le plus grand sorcier que la terre ait connu quand ils peuvent m'y envoyer ? Pensa Harry avec colère.

« Oui, nous avons besoin de Harry. C'est lui qui est censé le détruire. » Ajouta Ginny.

Et j'ai fait du bon boulot jusqu'à présent, hein ?

« Qu'allons-nous faire ? » Demanda Ginny d'une voix douce.

Vous n'avez besoin de moi que pour vous cacher derrière moi. Je n'ai vu personne se tenir à côté de moi la dernière fois que j'ai fait face à Voldemort.

« Nous ferons ce que nous pourrons. » Dit Albus gravement.

S'ils avaient regardé attentivement, ils auraient remarqué que Harry était devenu aussi blanc qu'une feuille de papier et qu'il tremblait légèrement. Il continuait à écouter le petit groupe dire à quel point ils avaient besoin qu'Harry revienne. Et sa peur fut partiellement remplacée par la colère.

« Vous devez avoir une idée de l'endroit où il se trouve, » Implora Ron en regardant Albus. « Je ne sais pas si vous préserviez son intimité avant, mais maintenant vous savez que nous avons besoin de lui. »

« En toute sincérité, je ne sais pas où est Harry. Il a extrêmement bien couvert ses traces, » Dit Albus en secouant la tête.

« Je me demande s'il sait dans quoi il nous a mis en disparaissant ainsi, » Marmonna Ron sur le ton de la colère.

Le vent de panique fut interrompu par un 'bang' bruyant. Harry, de plus en plus en colère, avait sans le vouloir laisser un peu de sa magie s'échapper et elle brûla le sol juste devant Drago. Le jeune homme blond se trouva alors la cible de regards étranges.

« Euh, désolé les gars. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Euh, je pense que j'ai dû lancer des étincelles avec ma baguette…ou quelque chose comme ça. » Leur dit Drago, vraiment confus.

Harry ne savait pas s'il était plus en colère qu'effrayé ou le contraire mais il savait qu'il devait quitter la salle. S'il entendait encore une personne dire qu'on avait besoin de lui, il était presque sûr de lui jeter un sort. Ils semblaient tous très occupé à discuter entre eux et il en profita pour sortir de la salle sans qu'on le voie. Il retourna à grands pas à ses quartiers.

Il ferma la porte derrière lui et s'appuya contre elle. Oh mon dieu, il est de retour. Il est vraiment de retour… et je suis mort de peur. Comment vais-je pouvoir lui faire face à nouveau ? Pensa-t-il désespérément. Ses genoux le lâchèrent : il glissa le long de la porte et tomba par terre dans un bruit sourd.


Harry étala sans cérémonie sa grande collection de livres et de matériel liés à la magie noire dans le salon, ne se gardant qu'une petite place sur le tapis devant la table à café. Il avait décidé de ne pas révéler sa véritable identité avant d'avoir bien réfléchi. Il était encore trop secoué pour faire cela. Entre temps, il était consumé par le besoin de découvrir le défaut du sort, qui, il en était certain avait tué Voldemort, et pourquoi le sort n'avait pas fonctionné comme il le devait.

Sa concentration désespérée fut interrompue par l'alarme : des personnes approchaient de ses quartiers et frappèrent à la porte. Il n'était pas d'humeur à avoir de la compagnie alors il l'ignora.

Mais la personne était tenace. Après avoir frappé pendant plus de cinq minutes, Harry ouvrit la porte, certain de ne pas connaître la tranquillité tant qu'il ne l'aurait pas fait.

Il ouvrit brusquement la porte et regarda les deux hommes qui se tenaient devant lui.

« Oh, j'espère que nous ne te dérangeons pas, » S'excusa Drago, mais il n'avait pas l'air le moins du monde désolé. « Pouvons-nous entrer ? »

« Il est deux heures du matin. Est-ce important ? » Demanda Harry aigrement en se frottant les yeux.

« Oui, ça l'est. »

Harry regarda Drago et le professeur Snape avec des yeux noirs, mais se déplaça pour les laisser entrer. Il était trop fatigué pour discuter.

« Euh… » Observa Drago intelligemment en regardant le désordre qui régnait dans la pièce.

« J'ai votre potion relaxante. » Lui indiqua le Maître des Potions en tendant le flacon à Harry. Ce dernier fit de la place sur le canapé pour ses invités.

« Merci, mais je n'en ai pas besoin. » Lui dit Harry. Il voulait qu'ils partent, il voulait être seul.

Son aîné le regarda avec des yeux perçants puis répondit. « Si, vous en avez besoin. »

« Ecoutez, j'ai pu en avoir besoin tout à l'heure, mais maintenant je vais bien. »

« Je ne suis pas d'accord. Dans tous les cas, les effets du doloris peuvent durer longtemps, et affecter votre sommeil et votre appétit. Nous avons tous besoin de repos, je vous recommande donc fortement de prendre la potion. »

Harry regarda le professeur qui soutint son regard. Il quitta ensuite la pièce pour aller se chercher une tasse.

Severus détourna son regard du jeune homme et plissa le front.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » Lui demanda Drago doucement.

« Rien. » Mentit Severus. Les yeux du jeune professeur semblaient si gardés et si froids comparés à ce qu'il avait vu quand il avait surpris le jeune homme alors qu'il n'était pas sur ses gardes seulement quelques heures auparavant. Le contraste était frappant…et un peu perturbant.

« Vous avez dit que vous aviez une potion pour moi ? » Harry surprit Severus, qui était encore dans ses pensées.

« Oui. » Répondit Severus en reprenant ses esprits rapidement. Il mélangea la potion. « Elle est plus forte que celle que Pompom garde à l'infirmerie et elle fera effet beaucoup plus rapidement. Je vous l'aurais donnée plus tôt, mais vous avez quitté la Salle avant tous les autres. »

« Pourquoi es-tu parti avant que nous ayons eu le temps de décider de ce que nous allions faire aujourd'hui ? » Lui demanda Drago par curiosité. »

« Vous parliez de Harry Potter. Je ne pensais pas pouvoir apporter une contribution utile à cette conversation puisque je ne l'ai pas connu. Je suis donc revenu ici. J'avais des choses à faire de toute façon. » Expliqua Harry. Il avala rapidement la potion et retourna dans sa petite cuisine pour rincer la tasse. La potion du professeur Snape avait un…arrière… goût, et il ne voulait pas que la saveur reste dans la tasse.

« Je ne pense pas pouvoir te dire beaucoup de choses à son sujet. Je ne le connaissais pas très bien. Ron, Hermione et Ginny pourraient te parler de lui pendant des jours, ils étaient très proches. » Lui dit Drago. Severus renifla avec dérision et Drago le regarda avec un regard sévère.

Harry leva les yeux au ciel quand il vit l'attitude de son aîné. « Pourquoi est-il si important que vous le retrouviez de toute façon ? Ce n'est qu'un homme, et vous êtes si nombreux dans l'Ordre ? » Leur demanda Harry en revenant dans le salon. Il s'assit parmi ses livres.

« Je trouve ça un peu bizarre que vous ne vouliez pas le voir revenir. » Commenta Severus.

Zut ! Pourquoi doit-il être si sacrement intelligent ? « J'ai entendu des histoires sur lui, mais je pense qu'elles ont été grossièrement exagérées. Je ne crois pas qu'il soit possible de faire le genre de chose que l'on raconte. Je ne sais pas de quel genre d'homme il s'agit, mais il n'est qu'un homme, non ? Et il reviendra certainement de lui-même. Je ne pense pas que le retour de Voldemort puisse être gardé secret très longtemps, si ? »

Un silence tendu emplit la pièce, Harry soupira. « En tout cas, je ne pense pas avoir raté grand chose en partant de bonne heure. J'ai entendu Albus dire qu'il y aurait une réunion aujourd'hui, je pense donc qu'on m'aurait donné les détails plus tard, » Leur dit Harry en feuilletant un livre. Donnez-moi simplement les détails et laissez-moi seul, les pressa-t-il silencieusement.

« Je voulais te demander quelque chose, en fait, nous étions tous curieux, de savoir comment tu savais que les représentants du Ministère étaient en fait des mangemorts. Je sais que tu as jeté un sort de révélation, mais je ne comprends pas pourquoi tu as ressenti le besoin de le faire alors que tu aurais dû savoir qu'Albus l'avait déjà fait avant de leur permettre d'entrer dans l'école, » Lui dit Drago en changeant de sujet.

Harry arrêta de feuilleter le livre et regarda longuement et durement le jeune home. « Es-tu en train de suggérer que je détenais des renseignements sur ce qu'il s'est passé aujourd'hui et que je les ai gardés pour moi, parce que si c'est que -»

« Non, » L'interrompit Drago rapidement. « Je suis simplement curieux, c'est tout. »

Harry soupira et frotta ses yeux fatigués. « Mon professeur de Défense Contre les Forces du Mal avait pour habitude de jeter des sorts de révélation sur tout le monde. La guerre l'avait rendu nerveux et il a inculqué cette habitude à ses élèves. Les vieilles habitudes sont difficiles à perdre, je crois. »

« Votre professeur avait l'air d'un homme plein de bon sens. » Remarqua le professeur Snape.

« Il l'était. » Répondit Harry. « Alors qu'a-t-il été prévu pour demain ? »

« Euh, en fait, il va bien y avoir une réunion de l'Ordre au quartier général…mais il y a encore quelques membres que tu n'as pas encore rencontrés et Albus s'est arrangé pour que tu protéges l'école pendant que nous sommes à la réunion et que nous leur expliquions qui tu es. Après la réunion de demain, nous pourrons te présenter aux autres. »

« C'est ainsi ? » Demanda-t-il froidement.

« Euh… Ce n'est pas un manque de confiance, c'est -»

« Je ne suis pas offensé, » L'interrompit Harry. Bien sûr que c'est une question de confiance, mais je m'en fiche aussi longtemps que vous me laissez tranquille.

« C'est -» Commença Drago, mais il fut interrompu quand on frappa à la porte.

« Quoi maintenant ? Grogna Harry en se levant pour aller ouvrir la porte. « Professeur Chourave, Theresa…euh… c'est une surprise. »

« Miss Chan ne nous croyait pas quand nous lui avons dit que tout le monde allait bien mais nous n'aurions pas pu dormir tant qu'elle n'aurait pas vérifié si vous, le professeur Snape et Monsieur Malfoy alliez bien. » Soupira le professeur d'herbologie.

« Oh. Euh, merci, mais vous n'aviez pas à vous inquiéter. Je vais bien. »

« En êtes-vous sûr ? » Demanda Theresa en tordant ses mains.

« Oui, vraiment certain, » Répondit-il gentiment. « Le professeur Snape et Monsieur Malfoy sont ici aussi. Entrez et regardez par vous-même. »

« Nous allons bien. C'est vrai… Mais merci de vous inquiéter. » Dit Drago. Il était flatté qu'une jeune fille n'appartenant pas à Serpentard se soit inquiétée pour lui, un Malfoy !

Drago et Severus se regardèrent avec surprise. Ils savaient que Theresa aimait beaucoup le professeur Green, ils avaient déjà vu son inquiétude pour son professeur de Défense contre les Forces du Mal avant, mais ils furent surpris qu'elle les cherche également pour être sûre qu'ils n'aient rien.

« Nous allons tous bien. Nous sommes juste un peu fatigués pour l'instant. » La rassura Harry. Il mit une main sur son épaule et la serra légèrement.

« En êtes-vous sûr ? Vous ne dites pas cela simplement pour que je ne m'inquiète pas, n'est-ce pas ? » Demanda Theresa. Elle se détendait visiblement.

« Non, » Harry secoua la tête. « Bien sûr que non. »

« D'accord. Je voulais simplement en être certaine. » Ajouta Theresa, soulagée qu'ils n'aient rien, mais un peu embarrassée d'avoir fait une telle scène devant des professeurs et des élèves dans la Salle Commune.

« Merci. » Dit simplement Harry. « Pourquoi n'allez-vous pas essayer de dormir un peu ? En fait, je pense que nous devrions tous essayer de nous reposer. »

« Merci. » Le professeur d'herbologie soupira profondément et poussa Theresa vers la porte. « Maintenant peut-être pourrions-nous tous aller dormir. »

« C'était sympa, » Observa Drago. « C'est une jeune fille adorable. »

« Ouais, » Répondit-il en soupirant. Il allait regagner sa place par terre quand il se prit les pieds dans un livre et se cogna contre la cheminée. Une photo de Greg tomba par terre. Il la ramassa rapidement.

« Est-ce l'un de tes amis ? » Lui demanda Drago par curiosité. Il regarda Harry faire léviter la photo et la remettre sur le manteau de la cheminée.

Harry se rassit et retourna son attention sur la photo. « Désolé, je ne voulais pas te prier. » Grommela Drago en sentant le malaise du professeur.

Harry soupira et passa une main dans ses cheveux, trop fatigué pour se disputer avec Drago ou pour gérer les excuses de celui-ci. « Il était… mon partenaire. »

« Quoi, tu veux dire un partenaire de recherche ou, euh,-oh, » Drago s'arrêta quand il réalisa que Harry ne parlait absolument pas de partenaire de recherche.

Je n'en avais aucune idée ! Et je suis simplement rentré dedans en l'accusant d'avoir une aventure avec Theresa Drago se frappa mentalement en regardant Harry remettre la photo. « Ca …doit être difficile d'être professeur, tu es à l'école tout le temps, » Bafouilla Drago. Il n'avait pas entendu Harry référait à lui au passé.

« Il est mort, juste avant que je ne commence mon professorat. » Lui-dit-il mécaniquement en fermant ses livres et en notant les pages.

« Oh mon dieu. Je suis vraiment désolé. » Drago se maudit.

Le professeur Snape plissa les yeux.

« Ce n'est rien. Je vais bien. Ne t'inquiète pas pour cela. »

« Si tu as besoin de…tu sais… Parler ou de boire avec quelqu'un- n'importe quand- tu sais où je suis, hein ? » Lui dit Drago sincèrement.

« Merci, mais je pense que nous devrions tous essayer de dormir quelques heures. Je pense que la potion agit un peu trop bien, » Leur dit Harry en espérant qu'ils comprennent et partent.

« Venez me voir si vous avez besoin d'autres potions, » Lui dit Severus d'un ton qui n'admettait aucun désaccord.

« Nous te verrons demain, » lui dit Drago.

« D'accord. » Leur dit Harry en leur montrant la porte. Il la ferma derrière eux. Enfin !


« Il est gay, » Observa Drago.

« C'est ce qu'il semble. »

« Je n'aurais jamais deviné. »

« Nous ne marchons pas avec un signe au-dessus de notre tête. Tu n'es pas censé pouvoir nous montrer du doigt. » Dit Severus à son ami en haussant un sourcil.

« C'est si triste qu'il ait perdu son partenaire avant de venir ici. Je pense que travailler a été la meilleure chose pour lui, tu sais- lui donner quelque chose à faire pour qu'il ne passe pas la journée à penser à lui. Et il se passe suffisamment de choses par ici pour le faire penser à autre chose qu'à son partenaire. » Remarqua Drago.

« Effectivement. »

« Il a l'air d'aller bien la plupart du temps, non ? Je pense que ça explique pourquoi de temps en temps il se promène avec des valises sous les yeux, mais je n'aurais jamais deviné qu'il avait perdu quelqu'un s'il ne me l'avait pas dit. »

« C'est assez bizarre d'ailleurs. Si ta femme mourait, je suis certain que je devrais te clouer au lit et te surveiller vingt quatre heures sur vingt quatre et il faudrait un certain temps pour que tu continues à vivre sans te faire de mal. Pourtant, je n'ai rien remarqué dans son attitude qui aurait pu me faire penser qu'il avait perdu son partenaire. Je peux me rappeler de faits mineurs, mais ils ne semblaient pas importants à ce moment là. »

« Tout le monde gère ses émotions de façon différente. Ce que je veux dire, c'est que tu n'es pas une personne très émotive, en fait, tu ne souris même que rarement. Peut-être est-il comme toi. »

« Peut-être. » Murmura-t-il, incapable de chasser de son esprit, ce qu'il avait vu dans les yeux du jeune professeur.

« Autre chose, t'a-t-il semblé, je ne sais pas…énervé… ? Je sais que tout cette affaire sur …son …retour a retourné tout le monde, mais je ne sais pas. Il semblait… en colère. » Observa Drago.

« Oui, c'est vrai. » Acquiesça son aîné.

« Tu ne penses pas qu'il prenne toute cette histoire sur le fait de ne pas être invité à une réunion de l'Ordre trop personnellement, si ? » Lui demanda Drago.

« C'est peu probable. Il n'a pas l'air de prendre ce genre de choses personnellement. »

« Depuis la bataille de la nuit dernière, il a l'air sur les nerfs. Penses-tu qu'il s'en veut encore d'avoir tué Mitchell ? »

« Peut-être. »

« Il est un peu trop dur envers lui-même. C'était visiblement pour se défendre. » Murmura Drago en suivant son ami. Ils retournaient tous les deux dans leurs quartiers. « Te souviens-tu de ce que je t'ai dit la nuit dernière ? Que l'une des raisons pour lesquelles j'aime autant Jason c'est parce qu'il fait sens ? »

« Vaguement. »

« Eh bien, j'ai changé d'avis. Il est aussi confus que l'enfer. » Marmonna Drago.

Severus sourit en coin et poursuivit son chemin en prenant un couloir sombre.


Drago, Ginny et les membres de l'Ordre quittèrent l'école après le petit déjeuner pour leur réunion en laissant la protection de l'école entre les mains de Harry. Il avait demandé à Albus pourquoi il ne confiait pas cette mission à l'un des doyens, il lui avait répondu que ses talents étaient plus que recommandés pour cette mission que ceux de ses aînés.

Il avait décidé de corriger les copies de ses élèves dans la Grande Salle au lieu de le faire dans ses quartiers pour que l'on puisse le trouver facilement si on avait besoin de son aide.

C'est là, qu'il fut interrompu par une jeune Serdaigle qui arrivait en courant dans la Salle. Elle s'arrêta essoufflée devant lui.

« Professeur ! Professeur ! S'il vous plait, venez vite ! »

« Que se passe-t-il ? » Lui demanda Harry. Il se leva et renversa la pile de copies en le faisant.

« Il y a une bagarre- dans le couloir. S'il vous plait, dépêchez-vous monsieur. Venez vite avant qu'elle ne soit blessée, » Le supplia la jeune fille.

« Qui ? » Lui demanda Harry. Il jeta un sort pour que personne ne puisse toucher à son travail et suivit la jeune fille.

« Theresa. Theresa Chan. C'est ma meilleure amie, s'il vous plait dépêchez-vous monsieur. » Cria la jeune fille. Elle conduisit rapidement Harry à travers les couloirs du château.

Harry tourna dans un couloir près de sa salle de classe et s'arrêta brusquement. Une foule s'était rassemblée devant sa salle de classe, mais elle était trop dense pour qu'il puisse voir quoi que ce soit.

« Merde ! » Marmonna-t-il avant de jeter le sonorus pour que tout le monde puisse l'entendre. « TRES BIEN ! CA SUFFIT ! »

Les bruits s'arrêtèrent presque immédiatement. Personne n'osa bouger quand ils virent qui les avait découverts. Le jeune professeur était l'un des professeur préférés des élèves mais ils savaient qu'il ne tolérait pas les bêtises. Or, ils étaient en train de se battre dans les couloirs de l'école quand il est arrivé. Personne ne voulait accentuer sa colère.

« C'est mieux. » Dit-il en enlevant le sort. « Maintenant, dites-moi, ce qu'il se passe ici ? » Leur demanda-t-il. Les élèves se décalèrent quand il s'approcha et révélèrent Theresa et un Cinquième Année. Tous deux avaient leur baguette sortie et chacun pointait sa baguette sur l'autre. Theresa avait une grosse marque sur la joue gauche et son adversaire en avait une sur le menton.

« Si vous ne répondez pas à ma question, vous allez immédiatement servir une détention avec moi. » Les menaça-t-il.

Les élèves échangèrent des regards inquiets.

« Vous connaissez les règles : les bagarres dans l'enceinte de l'école sont interdites. Nous ne vous enseignons pas la magie pour que vous vous blessiez en vous battant les uns contre les autres. » Leur dit sévèrement Harry quand aucun d'eux ne répondit.

Finalement l'un des élèves prit la parole. « Euh… monsieur…ah…. Matthew était, euh, disait des choses sur le fait que Theresa était…inquiète… , qu'elle avait peur que vous soyez blessé et qu'elle voulait s'assurer que vous, le professeur Snape et Monsieur Malfoy alliez bien hier soir. »

« Vraiment ? » Demanda doucement Harry en regardant l'adversaire de Theresa qui remuait nerveusement. Lui et quelques autres élèves paraissaient vraiment tendus. « A-t-il dit autre chose ? »

« Euh…en bien… il a donné des raisons… pour lesquelles… elle pourrait avoir été aussi inquiète. » Bégaya l'élève.

Harry devinait où cette histoire menait et il plissa dangereusement les yeux. Plusieurs élèves reculèrent quand ils virent son expression. « Quels genres de choses a-t-il dites ? »

« Mon-monsieur, il a dit que… ce n'était pas normal de s'inquiéter autant pour des professeurs … et puisqu'elle passe tant de temps avec vous et le professeur Snape… elle devait être inquiète parce que…parce que… »

« Oui ? » Le pressa Harry.

« … Parce qu'elle a une liaison avec vous deux. ». Il grinça des dents à l'idée de ce que le professeur pourrait faire maintenant qu'il avait entendu cela.

Matthew tremblait visiblement maintenant et il regarda le professeur avec terreur.

« Je veux voir tout le monde dans ma salle de classe, immédiatement. » Ordonna Harry en ouvrant magiquement la porte de la salle. Il se tint sur le côté et les laissa tous entrer.

Tous les élèves entrèrent dans la salle. Harry les suivit puis ferma bruyamment la porte derrière lui. Les élèves sursautèrent. Il s'appuya contre la porte et croisa les bras sur la poitrine. Il regarda les élèves sérieusement. « J'avais espéré avoir mis un terme à ces histoires ridicules, mais apparemment j'espérais beaucoup trop. Je ne vous ai pas appris ces sorts pour que vous les utilisiez les uns contre les autres. Je vous les ai appris pour que vous puissiez les utiliser en cas de besoin. Vous avez tous les deux enfreint les règles de l'école. Je peux comprendre pourquoi vous vous êtes battue, Miss Chan, mais les règles sont les règles, et elles sont faites pour protéger tout le monde.

Theresa acquiesça solennellement.

« Toutes vos actions ont des conséquences. Vous auriez pu blesser quelqu'un avec un sort mal dirigé. Ou vous auriez pu vous blesser plus sérieusement que vous ne l'auriez voulu. Comprenez-vous ? »

Matthew hocha la tête.

« Oui monsieur, je comprends. » Répondit Theresa d'une voix douce.

« Et vous autres, » Commença Harry en regardant les élèves, « les avez encouragés à se battre. »

Les élèves remuèrent nerveusement. Ils regardaient le sol.

« Discutons maintenant de la raison pour laquelle vous vous battiez. Pensez-vous que l'histoire que vous racontiez est vraie ? » Demanda Harry en regardant sévèrement Matthew.

« No-non monsieur, » Bégaya le jeune homme en fléchissant sous le regard de son professeur.

« Je ne veux pas que vous me disiez ce que vous pensez que je veux entendre, je veux que vous me disiez la vérité. Qu'est-ce qui vous fait penser que le professeur Snape et moi-même avons profité de notre élève ? » Demanda Harry en montant la voix ce qui fit tressaillir Matthew.

« Vous avez raison, Miss Chan a des cours de soutien avec le professeur Snape et avec moi, mais je pensais que ses notes parleraient pour elle, non ? »

« Ou-oui, monsieur. »

« Croyez-vous ces histoires ridicules ? »

« Non, monsieur. »

« Alors pourquoi vous disputiez-vous à ce sujet? » Lui demanda Harry en augmentant le ton une fois de plus et en regardant ses élèves tressaillir. « Vous êtes suffisamment grand pour comprendre que tout ce que vous faites à des conséquences. Propager des rumeurs sur une de vos camarades et deux de vos professeurs peut avoir de sérieuses conséquences. Ce sont de sérieuses allégations. N'avez-vous rien appris quand les journalistes sont venus il y a quelques semaines ? Avez- vous pensé à ce qui serait arrivé si des gens avaient fait pression sur le Ministère pour faire un autre interrogatoire ? »

Matthew tremblait et regardait partout sauf son professeur. « Le professeur Dumbledore et les autres professeurs n'ont aucun doute au sujet de ces fausses accusations et ils seraient très fâchés qu'une élève et deux professeurs soient à nouveau victime d'un interrogatoire et victime des allégations du public. Les gens n'oublient pas ce genre d'histoires, qu'elles soient vraies ou fausses. Même si on prouve qu'elles sont fausses, les gens continuent à vous dévisager et à se poser des questions. » Dit Harry durement. Il se souvenait de ce qu'il avait ressenti quand l'école toute entière avait pensé qu'il était l'héritier de Serpentard et qu'il donnait des ordres au basilic pour attaquer les autres élèves. Finalement l'héritier de Serpentard était Tom Jedusor et il avait travaillé à travers de Ginny pour donner ses ordres au basilic, mais Harry avait pu voir la manière dont les gens le regardaient quand ils pensaient qu'il ne les voyait pas.

Le jeune professeur se déplaça et entra d'un pas lent dans la salle en regardant durement ses élèves qui firent de leur mieux pour ne pas être sur son chemin.

« Avez-vous pensé que tout cela devait être très embarrassant pour Theresa ? A votre avis, qu'aurais-je ressenti en entendant ma réputation entachée par un élève ? » Claqua Harry. Il n'était en général pas aussi sévère avec ses élèves, mais il était peu patient depuis le soir précédent et le comportement de ses élèves avait grandement contribué à détériorer son humeur.

Il soupira profondément. « Vous avez de la chance que le professeur Snape ne soit pas là. Je ne pense pas qu'il aurait pris le temps de vous expliquer pourquoi il est si important de penser quelles conséquences vos actions peuvent avoir sur les autres. Je suis certain qu'il vous aurait donné à tous une détention pendant laquelle vous auriez appris à respecter vos professeurs et vos camarades. Vous aurez tous une détention ce soir avec moi après le dîner.

Harry prit une plume et un parchemin vierge de son bureau et les tendit à l'élève qui se tenait le plus prés de lui.

« Inscrivez votre nom sur le parchemin pour que je sache qui viendra ce soir. Ne pensez pas à mettre le nom d'une autre personne ou ne pas le mettre du tout parce que si je découvre que l'un de vous a fait cela, il aura davantage de détentions. » Leur dit-il. Il alla ensuite ouvrir à la porte. Il se remit rapidement de sa surprise : devant lui se tenait Albus, Severus, Minerva, Ron, Hermione, Drago et Ginny.

« Je ne vous attendais pas avant plusieurs heures. » Dit Harry.

« Un élève nous a dit que nous devrions vous trouver dans cette partie du château. Nous devons discuter de certaines choses, quand vous aurez le temps, » Lui dit doucement Albus.

« Bien sûr. » Le jeune professeur acquiesça rapidement en fermant la porte derrière le groupe.

« Euh, tu dois être motivé pour donner un cours supplémentaire, même de Défense Contre les Forces du Mal, un dimanche. Les temps ont bien changé depuis la fin de ma scolarité. Ils ont l'air terrifié ! Je n'ai jamais eu ce regard là, dans aucun de mes cours et aucun de mes élèves n'a jamais quitté la salle avec cette expression, même si je l'ai déjà vu sur le visage de certains élèves du professeur Snape. » Ron sourit à Harry, mais ne vit pas le regard noir que Severus lui lança.

« Je ne donne pas vraiment un cours. » Marmonna Harry.

« Dans ce cas, que faites-vous ? » Lui demanda Albus calmement.

Harry soupira et expliqua la raison pour laquelle il avait réuni un groupe d'élèves dans cette pièce.

« Je pensais que tout cela était derrière nous. » Dit le directeur doucement.

« Moi aussi. » Dit Harry.

« Ce n'est pas la peine de se demander pourquoi ils ont l'air aussi inquiet. Je le serais aussi, si j'étais eux. » Dit Ron posément en regardant les élèves qui remuaient mal à l'aise sous les yeux noirs des professeurs.

« Je pense que vous leur avez donné une détention. » Demanda le professeur Snape à Harry tout en observant le groupe devant lui avec une expression menaçante.

« Oui, ils viendront me voir ce soir. »

« Puisque je suis moi-aussi sujet de cette rumeur, je leur donne également une semaine de détention et elle commencera demain à 20h. Puisque Miss Chan est aussi victime de cette folle rumeur et qu'elle a déjà une détention avec vous, elle sera excusée de la mienne. » Les élèves n'osèrent pas protester mais ils se regardèrent avec une expression inquiète.

« Et en lumière de ces faits, permettez-moi de remarquer que Miss Chan a fait des progrès en duel. » Le professeur de potions sourit en regardant de ses yeux pénétrants le menton de Matthew.

« Je suis tout à fait d'accord avec le professeur Snape, » Dit Harry.

Theresa rougit, de fierté et d'embarras. Elle regarda ses pieds.

« Je ne prends pas ce genre de choses à la légère, » Le directeur s'adressait aux élèves. « Je crois que vous serez bien puni quand vous aurez terminé vos détentions avec les professeurs Snape et Green. »

« C'est aussi mon avis. » Murmura Ron.

« Alors je n'ajouterai pas d'autres punitions. N'insultez jamais plus l'un de mes professeurs ou l'un de mes élèves. Ai-je été clair ? » Les élèves pâlirent en entendant le ton du directeur. Il était visiblement en colère.

« O-oui monsieur. » Marmonnèrent-ils tous ensemble.

« Bien. Professeur Green. Quand vous aurez un moment. »

« Bien sûr. Puisque vous êtes tous là, nous pouvons parler maintenant. Je dois simplement ranger la salle. » Suggéra Harry.

« Ca nous va très bien. » Acquiesça Albus.

« Avez-vous tous mis votre nom sur la liste ? » Demanda Harry aux élèves en les obligeant à se dépêcher. « Une fois que ce sera fait, je veux que vous remettiez les tables et les chaises à leur place, pour que la salle soit prête pour mon premier cours lundi matin, et je veux que vous le fassiez sans magie, » Leur ordonna Harry en s'appuyant contre un bureau.

« Comment se sent-on quand on sait qu'un élève s'est battu pour défendre son honneur? » Murmura Drago à Severus d'un ton entendu.

« Ne sois pas absurde. Ce n'est pas pour moi qu'elle l'a fait, » Claqua le professeur de potion d'un ton agacé.

« Peut-être que ce n'était pas que pour toi, mais je pense qu'après la nuit dernière -eh bien peut-être était-ce ce matin -il est clair que tu es l'une des raisons pour lesquelles elle s'en est pris à quelqu'un qui fait presque deux fois sa taille. Je dois dire, que de mon temps, les hommes défendaient les femmes qui en voulaient à leur honneur, et pas le contraire. »

« Je croyais t'avoir déjà dit que j'avais quelques petites choses dans mes placards qui pourraient sceller définitivement ta bouche. »

« Tu as effectivement dû m'en parler une ou deux fois, » Railla Drago. Il fut tenté d'en dire plus mais il se tut quand Theresa s'approcha d'eux.

« Excusez-moi professeur, » Commença-t-elle nerveusement. « Euh, puisque vous surveillerez les détentions quand je devais avoir un cours de soutien avec vous, je me demandais si vous seriez d'accord pour déplacer ce cours. Je préfère ne pas le manquer, mais je comprendrais si vous étiez trop occupé pour cela. »

Severus observa la jeune fille attentivement. « Miss Chan, je n'ai aucune objection à déplacer votre cours de soutien. Cependant, je pensais que vous n'étiez plus nerveuse en ma présence, que vous aviez dépassé ce stade. »

« Euh… » Bégaya-t-elle, en remuant mal à l'aise. « Je…euh… »

« Si vous pensez avoir causé des problèmes aujourd'hui, ne vous inquiétez, » Lui dit gentiment Drago en comprenant l'expression de chagrin sur son visage. Il lisait en elle comme dans un livre ouvert.

Theresa se tourna vers le jeune homme, surprise. « Je ne voulais vraiment pas- »

« Vous n'avez rien fait qui puisse provoquer ma colère. Je pensais avoir été clair. » Dit le professeur de potion.

« Je croyais… eh bien…j'ai enfreint les règles. Le professeur Green nous a expliqué que toutes nos actions ont des conséquences et que nous devrions y penser avant de faire des choses comme celle-ci. Et je n'ai vraiment pas pensé à cela, mais je suis d'accord pour dire que c'était idiot de me battre dans un couloir… »

« En tant que membre du personnel, je ne peux pas commenter ce fait, » Lui dit Severus en prenant des précautions. Il regarda son ami qui jeta un regard furtif dans les environs pour être sûr qu'Albus ne puisse pas entendre.

« Je ne suis pas un membre du personnel, donc techniquement, je peux faire tous les commentaires que je veux, tant que le directeur ne m'entend pas. » Dit Drago en faisant un clin d'œil à la jeune fille.

Theresa gloussa doucement.

« Le professeur Green devait vous donner une détention parce que vous vous êtes battue, les règles de l'école l'obligeaient à le faire. De plus, il avait raison. Chaque action a des conséquences, et dans ce cas très particulier, quelqu'un aurait pu se faire très mal. En tant que professeur de Poudlard, il ne pouvait pas vraiment encourager ce comportement et ni moi ni le professeur Snape ne le pouvons. » Lui expliqua Drago. Il jeta un regard vers son ami qui se tenait stoïquement derrière lui. « Faites-moi confiance, aucun des professeurs ici, ni par ailleurs Mme Malfoy ou moi-même ne sommes en colère contre vous. »

« En êtes vous certain ? Même le professeur Green ? » Demanda la jeune fille avec une petite voix en jeta un œil en direction de son professeur préféré.

« Bien sûr. Il était plus ennuyé que vous vous soyez retrouvée impliquer et rien d'autre, comme nous autre. Vous êtes aussi victime de ces rumeurs ridicules, et ça doit être fatigant pour vous de vous défendre contre ces accusations, sans parler de l'embarras qu'une jeune fille telle que vous doit ressentir. » La rassura Drago.

Severus s'éclaircit la gorge pour l'avertir que le directeur s'approchait.

« Si ça vous convient, nous pourrions programmer le cours de soutient pour samedi matin. » Dit le maître des potions avant que Drago ne puisse dire autre chose.

« Theresa, » La salua Albus. « Si vous voulez aller voir Mme Pomfresh, elle pourra refermer cette entaille sur votre joue. »

« Merci monsieur. » Dit-elle doucement sans croiser le regard du directeur. « Et merci professeur. Cette heure me convient parfaitement. » Elle jeta un coup d'œil rapide vers son professeur.

« De rien. » Le professeur Snape baissa la tête. Il avait toujours du temps pour les élèves qui désiraient apprendre et Theresa était réellement intéressée par le sujet et il appréciait cela.

« Je suis certain qu'entre le professeur Green et le professeur Snape, les élèves auront des détentions …suffisamment éducatives et qu'ils n'oublieront pas la leçon de si tôt. Une fois que les autres élèves entendront parler de ces détentions, je pense qu'ils seront peu désireux de continuer à faire des hypothèses sur la nature de vos relations avec les professeurs. » La rassura Albus.

Theresa regarda le directeur. Elle était soulagée. Mais ce sentiment ne dura guère. L'inquiétude revint avec force quand elle entendit Drago siffler et le vit agripper son avant bras, les dents serrées. Elle remarqua que le professeur Snape faisait de même. Elle voyait qu'il essayait de faire croire que tout aller bien, mais les muscles de sa mâchoire se contractaient, et le trahirent.

Les autres professeurs les regardaient, effrayés de ce que leurs gestes signifiaient. Un petit groupe d'élèves observait les deux hommes avec intérêt, et murmurait entre eux. Theresa regarda les deux hommes, confuse, mais sa confusion se transforma rapidement en énervement quand elle remarqua que les élèves les désignaient déjà et commençaient à propager des rumeurs. Elle se plaça délibérément et se mit devant les deux hommes pour les cacher.

Avant que le directeur ne puisse mettre les élèves dehors, un grognement surgit dans la salle suivit par un bruit sourd : le formidable professeur de Défense Contre les Forces du Mal s'était évanoui.


Les trois meilleurs maîtres des potions que possédait le Seigneur Noir et deux de ses plus grands jeteurs de sorts finirent d'habiller le corps en silence. Ils firent léviter le corps pour qu'il repose sur une table, installée dans la pièce sombre et humide. Le Seigneur Noir avait eu besoin de ces cinq sorciers pour régénérer son corps conservé depuis des années au Musée des Mystères et de la Magie. Il avait l'intention de se servir de ce corps comme nouvelle demeure. Il contenait difficilement son anticipation. Quand ses partisans eurent terminé, ils se reculèrent de la table.

« Mon Seigneur, il est prêt. » Dit doucement l'un des sorciers.

« Excellent. » Siffla leur Maître en jetant un regard appréciateur sur le corps. Les lignes étaient proéminentes et anguleuses. Et le corps était un témoin de force et de puissance. Ce serait merveilleux d'habiter le corps de cet homme.

« Le sort, jetez-le ! » Leur ordonna-t-il avec ferveur. « Maintenant ! »

« Advantes Restorum ! » Cria un sorcier en lançant un puissant sort sur la masse informe. Inconsciemment, tous les sorciers se reculèrent quand ils virent la forme de leur Maître s'effacer jusqu'à n'être plus qu'un filet de fumée, flottant au-dessus de la table et au-dessus du corps. Rien ne se passa pendant plusieurs minutes. Les sorciers regardaient prudemment le corps en se demandant si leurs efforts n'avaient pas été futiles. Soudain, le corps s'étira. Ses yeux s'ouvrirent et la poitrine se souleva. Il remua et toucha son nouveau corps pour être sûr qu'il soit réel.

« Mon Seigneur ? » Lui demanda prudemment un sorcier.

« Ca fait huit ans, huit longues années pendant lesquelles j'ai été forcé de me cacher. Mes dévoués serviteurs, qui ont veillé à mon bien-être n'auront rien à craindre, votre fidélité sera récompensée. » Il se mit à l'aise, en bougeant les membres et les muscles qui n'avaient pas été utilisés depuis des siècles. « Cependant ceux qui m'ont trahi et qui ont travaillé afin de m'éliminer pour éviter ce qui doit être seront punis. N'ayez crainte, Voldemort réclamera son dû. » Il étira les lèvres. « Et, comme je chérirai ce prix. »

« Oui, mon Seigneur, et cette fois-ci, Harry Potter ne se tiendra pas sur votre chemin. »

« Et pourquoi dis-tu cela ? » Siffla Voldemort.

« On n'a pas entendu parler de lui et il n'a pas été vu depuis la dernière bataille, mon Seigneur. »

« Idiots ! Il est vivant. Je le sens. Nous… Comment pourrais-je dire cela ? Partageons un lien, une connexion et je peux le sentir. » Il plissa ses yeux rouges dangereusement. « Il a eu de la chance jusqu'à maintenant. Je suis responsable de l'avoir sous-estimé trop souvent, mais il n'est rien pour moi. Je peux m'occuper de lui, quand je le souhaite. »

Voldemort admira son nouveau corps dans le miroir qui avait été placé contre un mur de la pièce.

« J'ai attendu cet instant si longtemps, et le seul corps qui pouvait me convenir est celui de mon ancêtre, le grand Salazar Serpentard. » Il regarda son reflet pendant un long moment puis se tourna lentement vers les cinq sorciers présents avec lui dans la pièce. « Pourtant, malgré votre admirable dévotion… vous avez échoué. Je vous avais dit de tuer les traîtres avant mon retour. »

« Mon Seigneur nous- nous sommes désolés, » Dit l'un des sorciers en gardant ses yeux bas, en signe de soumission.

« Je ne tolère pas l'échec. » Siffla-t-il. « Tends ton bras, » Ordonna-t-il à l'homme qui obéit immédiatement. Nerveusement, il lui tendit son bras gauche. « Mais il n'y a rien que nous ne puissions faire pour l'instant. » Siffla-t-il doucement mais sur un ton menaçant. Il toucha la marque noire sur le bras de son partisan. Elle brûla et devint noire : ses partisans furent alertés de son retour. Dans peu de temps, ils allaient apparaître à ses côtés.

« Je pense que je vais offrir un cadeau à Potter pour lui montrer que je pense toujours à lui. » Railla Voldemort. Il leva ses mains dans les airs et libéra une vague d'énergie noire et malveillante, la salle trembla. Il rit méchamment. « Apprécie cela, Potter ». Il sourit d'un air satisfait en baissant les bras. « Je sais que moi j'apprécie. »


Harry était à genoux, une main appuyée sur la cicatrice sur sa tête et l'autre sur le sol pour essayer de se stabiliser. La douleur était atroce et semblait venir par rafale. Il était en enfer.

« Oh mon dieu ! Faites que ça s'arrête, faites que ça s'arrête, faites que ça s'arrête ! » Pria-t-il, les dents serrées. Il respirait bruyamment et essayer d'écarter la douleur.

« Professeur ! » Cria Theresa, mais avant qu'elle ne puisse s'approcher de lui, Harry l'arrêta.

« Ne vous approchez pas ! » Cria-t-il sans lever les yeux.

« Mais -»

« Non… C'est trop dangereux. » Gronda Harry. Il fut submergé par une vague de douleur. « FILS DE P- ARRGGGGHHHH- PUTE. TU DEVRAIS ETRE MORT ! » Cria-t-il. Il agrippa sa tête désespérément d'une main et frappa du poing de l'autre.

Tout le monde était paralysé par ce qu'ils voyaient. Les yeux passaient de Harry, qui tenait sa tête et criait, aux professeurs Snape et Malfoy qui tenaient toujours leur avant bras. Soudain, Albus écarquilla les yeux et inspira profondément. « Harry ! »

« Quoi ? » Plusieurs personnes eurent le souffle coupé. « Ce n'est pas possible ! »

« Pas Harry Potter! »

"Il était ici tout ce temps ? »

Drago regarda Harry avec surprise et Severus siffla tant la situation lui paraissait difficile à croire.

« Non. » Murmura-t-il. Il secoua la tête et recula.

« Severus, » Dit Drago doucement mais fermement.

A cet ordre simple son aîné secoua la tête et reprit son comportement stoïque.

« Vous devez partir- allez-vous en- maintenant ! » Haleta Harry. La sueur due à l'effort tombait sur le sol.

« Mais -»

« Je ne peux pas- Je ne peux pas-MAINTENANT ! » S'écria-t-il en levant les yeux vers eux pour la première fois. Il vit le choc et la peur sur leur visage.

« Professeur -» Commença Theresa.

« Allez ! » Cria-t-il. La plupart des élèves quittèrent la salle en courant et la plupart des professeurs étaient prêts à faire de même.

« Allons-y… » Dit Drago à Theresa. Il la prit par le bras et la tira au loin. Elle hurla quand elle entendit un cri déchiré sortir de la gorge de Harry. Elle sentit ensuite quelqu'un la jeter au sol.

Les contraintes qu'il exerçait sur sa magie se libérèrent et certaines personnes furent prises dans le souffle et projetées au sol, les objets éclatèrent spectaculairement. Elle envoya les débris à l'autre bout de la salle, obligeant les gens à rester au sol. Heureusement, par chance, un grand objet frappa Harry et le mit KO, sa magie retomba.

Chacun resta à sa place, personne n'osait bouger. Lentement, un par un, ils commencèrent à se reprendre en main. Quand ils sentirent qu'ils ne risquaient plus rien, ils se levèrent, se dépoussiérèrent et se frayèrent un chemin parmi les débris.

Theresa se libéra de la prise de Drago et se dirigea vers son professeur préféré.

« Theresa, non ! » S'écria Drago. Mais elle s'échappa avant qu'il n'ait le temps de reprendre ses esprits. En fait, il tremblait encore.

« C'est beaucoup trop dangereux de s'approcher de lui pour l'instant. » L'interpella le professeur Snape en se relevant.

La jeune fille ne sembla pas les entendre et elle courut loin d'eux. « Oh Seigneur, » Murmura-t-elle quand elle fut à côté de lui. Sa chemise était trempée et il était blanc comme un linge, sans compter les marques qu'il s'était faites en tenant son front si serré.

« Trouvez Pompom, immédiatement. Racontez-lui ce qu'il s'est passé et demandez-lui de venir ici. Je pense qu'elle aura besoin d'aide pour porter certaines choses, des potions entre autres. » Ordonna Albus à Minerva. Elle avait les yeux écarquillés et était pâle, mais elle acquiesça et partit immédiatement.

« Je pense que vous n'avez pas compris de qui il s'agissait, » La prévint Drago quand il fut à côté d'elle.

« Je sais quel est son nom, mais ça n'a pas d'importance. Il n'est pas dangereux. Il n'est même pas éveillé. » Dit-elle à Drago et aux professeurs quand ils arrivèrent.

Ginny et Hermione rejoignirent Theresa et ensemble, elles roulèrent gentiment Harry pour qu'il soit allongé sur le dos. Aucun mot ne fut nécessaire. Elles partageaient toutes la même inquiétude pour le jeune homme étendu devant elles. Ginny leva avec précaution la tête de Harry et Theresa mit une robe pliée sous lui pour que sa tête ne soit pas sur le sol dur. Le reste du personnel forma discrètement un cercle autour d'elles, les protégeant contre les élèves et leur curiosité.

« Bon sang, qu'est-ce que c'était que cela ? » Demanda Ron. Ses yeux avaient l'air légèrement écarquillés.

« Cela était Harry… Je pense, » Dit Albus doucement. Il était encore trop choqué pour pouvoir parler davantage.

« Alors vous me dites que 'Jason' est Harry-notre Harry- depuis le début ? »

« C'est ce qu'il me semble. »

« Sainte merde ! »

« Je suis d'accord, » Murmura Ginny. Elle caressait gentiment les cheveux de Harry.

Albus se rapprocha de Drago et de Severus. « Votre réaction et celle d'Harry ne laisse aucun doute, si ? » Demanda-t-il suffisamment fort pour qu'eux seuls entendent.

« Aucun, » Répondit Severus gravement.

« Je vois. » Albus baissa la tête, il réfléchissait ?

« Je ne peux pas croire, qu'il était ici, » Dit Hermione doucement en tenant la main de Harry. Elle était au bord des larmes. « J'aurais dû le remarquer. Maintenant que j'y pense, il y avait une centaine de petites choses qui auraient pu me le révéler, chaque jour… mais je n'ai rien vu. Il a tant changé. »

Ron grogna. Il se débattait pour accepter l'idée que Harry était étendu devant lui. Ca ne pouvait pas être une coïncidence, le professeur Green est tombé à terre, au moment même où l'avant bras de Severus et de Drago commençaient à les brûler. La connexion était évidente à faire et un conflit d'émotions faisait rage en lui. « Il a peut-être changé, mais il n'y a aucun doute, c'est vraiment lui- et je vais le tuer ! »

Theresa le regarda, alarmée, mais elle décida de ne rien dire quand elle aperçut l'expression de violence sur le visage du professeur d'Etudes Moldues.

« Pourquoi nous aurait-il menti ? Nous étions ses meilleurs amis. » Pensa Hermione à voix haute.

« J'ai l'intention de lui poser la question dés qu'il se réveillera, » Lui dit Ron sur un ton grave.

« Il n'y a plus aucun doute maintenant, » Murmura Ginny en traçant avec son pouce la cicatrice à peine visible.

Theresa se pencha et plissa les yeux pour essayer de mieux la distinguer. Toutes les personnes vivant dans le monde sorcier avaient entendu parler de la cicatrice de Harry Potter. Elle avait vu des photos, mais c'était la première fois qu'elle remarquait une cicatrice sur le front de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

« Je pensais qu'elle serait plus foncée que ça. »

« Elle l'était, » Lui dit Ginny. Elle était perplexe.

« Oh, mon dieu ! » S'écria Madame Pomfresh quand elle entra dans la pièce. Elle interrompit ainsi la conversation entre les deux sorcières.

La médicomage aurait mis une main devant sa bouche si ses bras n'avaient pas été plein de bandages et autres objets de premier secours que Minerva, qui la suivait, était incapable de porter. Quelques personnes avaient été blessées ou s'étaient évanouies dans l'explosion et la salle était couverte de débris de meubles qui avaient explosés.

« Pompom- bien, » La salua Albus. Il ferma magiquement la porte derrière elle et la verrouilla.

« Bon sang que s'est-il passé ici ? » Demanda-t-elle brusquement. Elle se dirigea vers un élève inconscient et posa par terre ses ustensiles.

« Il est revenu, » Lui répondit Albus très doucement. Madame Pomfresh était l'une des médicomages de l'Ordre, et elle était informée des activités de l'Ordre.

« C'est possible, mais ça n'explique pas ce qu'il s'est passé ici. » Lui répondit-t-elle en débouchant quelques flacons.

Le directeur hésita. Il ne savait pas comment lui expliquer ce qu'il s'était passé. « Harry Potter est lui aussi revenu. »

Elle était en train de transvaser le contenu d'une fiole dans une autre quand il lui annonça le retour de Harry. Elle se figea et ouvrit la bouche en regardant le directeur. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre contenance. « Eh bien, ça explique ce qu'il s'est passé ici, je suppose. Mais -»

« Je vous expliquerai tout quand j'aurai obtenu quelques réponses. Il semblerait que notre professeur Jason Green soit en réalité notre très estimé Harry Potter. »

« Non ! Mais…comment… » Baffouilla-t-elle.

« J'aimerai le savoir. » Remarqua Albus sur un ton grave.

Elle fit une moue désapprobatrice. « Où est-il ? S'il est à l'origine de tout cela, peut-être devrais-je le soigner en premier. »

« Il avait l'air d'énormément souffrir puis il s'est évanoui, mais tout semblait être lié à sa cicatrice. » L'informa Albus. Il regarda rapidement le jeune homme.

« Je vois. Dans ce cas, il lui faut du repos. Je pourrai lui donner quelques potions quand il se réveillera, mais je ne peux rien faire avant, » Elle soupira et s'occupa de l'élève qui était devant elle.


« Excusez-moi, ma chère, » Dit Pompom de son ton professionnel, en s'affairant autour de Harry. Elle portait avec Minerva une de ses machines.

« Faites attention, vous savez comment il avait l'habitude d'être quand sa cicatrice le démangeait. » Les interpella Ron

« Merci Monsieur Weasley, je sais ce que je fais, » Le réprimanda-t-elle brusquement. Elle s'agenouilla et remonta ses manches.

La médicomage murmura quelques sorts puis rassembla ses affaires et se leva. « C'est tout ce que je peux faire pour lui maintenant, j'en ai peur. »

« Mais il est toujours inconscient. » Dit Theresa confuse.

L'infirmière la regarda avec un air grave. « Ma chérie. J'ai de l'expérience avec ce…genre de chose et rien de bon n'arrivera si on essaye de le réanimer à l'aide de la magie. Il a besoin de revenir à lui tout seul. Il doit donc aller à l'infirmerie. Laissez-moi simplement nettoyer et ranger mes affaires. »

« A votre avis, dans combien de temps se réveillera-t-il ? »

« C'est difficile à dire. Il est simplement épuisé pour l'instant, c'est tout. Il ne faut pas vous inquiéter. »

« Si, » Murmura Theresa, on ne l'entendit presque pas. Elle était incapable de chasser de son esprit l'image de son professeur en train de crier et de se serrer la tête entre les mains.

« Peut-être devrions-nous l'installer dans une chambre privée. Nous aurons besoin de lui parler quand il se réveillera. » Suggéra Albus à l'infirmière.

« Peut-être cela sera-t-il mieux. »

« Et peut-être devriez-vous l'enfermer comme ça nous serons sûrs qu'il ne s'enfuira pas. » Suggéra Ron avec colère.

« Je suis d'accord, » Ajouta Hermione. Ses yeux étaient rouges et gonflés parce qu'elle avait pleuré.

« Ron, Hermione, » Les réprimanda Ginny en regardant de façon entendue Theresa.

« Pensez-vous vraiment qu'enfermer Harry l'obligera à rester ? Je pense qu'il vaut mieux que quelqu'un le surveille jusqu'à ce qu'il se réveille et nous avertisse à ce moment là, » Objecta Albus en caressant sa barbe.

« Est-ce une bonne idée ? Je veux dire, et s'il décide de le faire…encore… ? » Demanda Ron méchamment.

« Oh allons ! » S'écria Ginny, « Vous savez qu'il n'a pas simplement décidé de faire quelque chose comme ça. Et… ce qui l'a terrassé… » Dit vaguement Ginny en regardant Theresa du coin de l'œil, « Ne se produit pas tous les jours, si ? Il y a peu de chance que ça se reproduise. »

« Il n'est pas étonnant qu'il n'ait pas voulu prendre le veritaserum, » Observa Drago sur un ton grave. Severus acquiesça.

« Voulez-vous arrêter de parler de moi comme si je n'étais pas là ? » Grogna Harry. Sa voix était rêche parce qu'il avait crié. Il tremblait encore et avait la tête qui tournait légèrement. Il se leva difficilement. Une fois qu'il fut parvenu à se mettre debout, Ron s'avança et le frappa en plein visage avant qu'il n'ait eu le temps de reprendre son équilibre. Harry chancela et tomba sur le sol dans un bruit sourd. Il soupira et se frotta la mâchoire puis se remit debout.

Plusieurs personnes retinrent leur souffle et Theresa mit ses mains devant sa bouche. Elle était stupéfiée.

« Celui-ci était gratuit, » Dit Harry. Il se remit debout mais était encore chancelant. Il se frotta la mâchoire et regarda Ron droit dans les yeux. « Ne refais jamais ça. » Lui dit-il sur un ton qui donnait froid dans le dos. Ron lui rendit son regard, il tenait fermement sa baguette dans sa main.

« Est-ce qu'il y a des blessés ? » Demanda Harry. Il fit le tour de la pièce des yeux. Il était inquiet.

« Tout le monde va bien, mon cher. » Le rassura Madame Pomfresh.

Il acquiesça lentement, apparemment satisfait. « Les élèves doivent partir, tout de suite, »

Albus s'arrangea pour que Madame Pomfresh emmène les élèves à l'infirmerie et les garde jusqu'à ce qu'il ait une chance de parler avec eux puis déverrouilla la porte et les fit sortir.

« Il a raison, » Dit Drago d'une voix douce à Theresa. Elle voulait protester.

« Je ne suis pas un quelqu'un de gentil, » Dit-il en regardant Theresa. Elle écarquilla les yeux de surprise et de peur. « Et il est trop dangereux pour vous d'être prêt de moi, demandez simplement à l'un d'eux. » Dit-il en désignant de la tête le groupe d'adultes devant lui. « Ils vous le diront. »

La jeune fille se tourna pour regarder Harry avant de partir. « Vous avez tort, vous savez. Si vous n'étiez pas gentil, vous ne vous seriez pas soucié de savoir si quelqu'un avait été blessé. »

Harry regarda attentivement toutes les personnes présentes dans la pièce. Il n'avait aucune chance de s'échapper sans recevoir quelques sorts. Il créa un simple bouclier d'un mouvement du poignet. Il était déjà faible et il lui fallut beaucoup d'énergie pour faire cela, mais il serait ainsi défendu contre les sorts qu'on pourrait lui jeter. Cependant il ne le protégeait pas d'un autre coup de poing de Ron, s'il décidait de recommencer.

« Harry ? Est-ce vraiment toi ? » Lui demanda Ginny. Harry acquiesça légèrement de la tête.

Ron essaya de plongea à nouveau sur lui, mais Drago et Ginny interceptèrent ses bras. « Espèce de foutu salaud ! » Cria-t-il. Il essaya de jeter des sorts contre lui, mais ses sorts furent déviés par le bouclier sans lui faire le moindre mal. « Maudis sois-tu, huit ans ! Tu as disparu pendant huit ans ! Nous ne savions pas où tu étais ni même si tu étais encore en vie. »

Harry soupira et s'effondra contre le mur le plus proche, s'appuya avec lassitude contre et passa ses mains dans ses cheveux. « Je suis désolé. Je le suis vraiment. Mais je devais partir. Vous n'auriez pas pu comprendre, » Dit-il à moitié pour lui. Il était incapable de les regarder.

« Que veux-tu dire ? Tu devais partir ? » Demanda Ron méchamment.

« Je ne voulais pas que vous découvriez la vérité ainsi. J'allais vous le dire… je suis parti pour que vous soyez en sécurité. » Grommela Harry.

« Tu avais tué Voldemort, ou du moins le pensions-nous, et nous avons combattu les mangemorts pendant que toi tu étais parti, alors dis-moi exactement de quoi nous protégeais-tu? »

« Penses-tu que Voldemort soit la seule chose dont vous ayez eu à vous inquiéter ? » Harry frotta ses yeux fatigués. « Je savais que vous seriez en colère, mais je n'avais pas d'autre choix. »

« Tu aurais au moins pu nous dire ce que tu avais l'intention de faire ou l'endroit où tu comptais aller. Nous étions tes meilleurs amis et tu ne nous as rien dit ! A ton avis, qu'avons-nous ressenti ? As-tu pensé ce que tu nous as fait endurer ? »

Harry regarda ses amis avec attention. « Croyez-vous que je n'ai pas pensé à vous ? Il ne s'est pas écoulé une journée depuis que j'ai commencé mon entraînement après ma cinquième année sans que je n'aie pensé à vous, les gars. Je vous aimais. Vous étiez ma famille. »

« Si tu nous aimais, tu as une drôle de façon de nous le montrer. Un membre d'une famille ne quitte pas les autres. Les membres d'une famille reste en contact les uns avec les autres- »

« Les membres d'une famille s'occupent des uns des autres, » Harry interrompit Ron, sa colère augmenta. « Et pendant que nous parlons des gens qui s'occupent les uns des autres, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. Je ne vous ai pas quittés. On m'a laissé derrière. »

« Tu dois plaisanter ! Tu nous as tous laissés. En fait, la dernière fois que Hermione et moi avons entendu parlé de toi, fut deux mois avant que nous ne commencions notre Sixième Année. »

« Quand je vous ai dit qu'Albus voulait m'envoyer au loin pour être entraîné, vous m'avez dit que ce serait une bonne idée, que j'augmenterai mes chances de survie contre Voldemort et que je devrais partir. »

« Eh bien, c'est vrai non ? » Lui demanda Ron.

« Je n'ai jamais revu aucun de vous ! » Cria Harry. « J'ai pris un Porte au Loin qui m'a conduit à un terrain d'entraînement et on m'a laissé avec un tas d'instructeurs. Je ne vous ai jamais revu, ni toi ni Hermione. Je n'ai jamais eu de nouvelles de vous. J'ai pourtant eu des nouvelles d'Albus. Trois mois après le début de mon entraînement, Albus a demandé à ce que je commence le travail de terrain- des 'expéditions d'exploration', hein ? » Demanda-t-il au directeur froidement. De ses yeux noirs, il le fixait. Il se souvenait très bien de ce que ces 'expéditions d'exploration' et 'de ces missions de rassemblements d'informations' avaient consisté. Albus détourna les yeux, incapable de supporter la douleur de son regard.

« Tu n'étais pas le seul à avoir ces ordres. » Lui dit Albus d'une voix douce.

« Non, je pense que non, mais à chaque fois que je commençais à me sentir… submergé ou si j'étais légèrement en colère, on me donnait des potions pour dormir, me calmer ou des élixirs qui m'engourdissaient. Quels biens font-elles à un enfant, pour l'amour du ciel ? Comment avez-vous pu retirer à un enfant toutes les personnes auxquelles il tenait et le laisser se débrouiller tout seul dans une pièce remplie de potions ? »

Certains des sorciers et sorcières eurent le souffle coupé et écarquillèrent les yeux tant ils étaient choqués. Même Severus, qui ne se choquait pas facilement, haussa un sourcil. Seules quelques personnes triées sur le volet avaient su ce qui était arrivé à Harry, et il n'avait pas été l'une d'entre elles. Il ne voulait pas non plus savoir, parce qu'on ne pouvait pas l'obliger à dévoiler ce qu'il ne savait pas.

« J'avais des responsabilités -»

« La seule chose qui m'aidait à conserver toute ma tête était l'école et mes amis, et vous me les avez enlevés. » Harry serra les dents.

« Tout le monde savait de qui tu étais proche, ce n'était pas un secret, et j'ai pensé qu'il était plus prudent qu'ils n'aient aucune idée de l'endroit où tu aurais pu être, avec qui tu aurais pu être, ou ce que tu aurais pu faire, s'ils se faisaient capturer ou torturer pour informations. Ils n'auraient rien pu révéler. »

« J'aurais été prudent ! »

« Tu as dit toi-même que tu avais eu besoin d'un ami pendant ces années là. Je n'ai aucun doute que tu aurais essayé d'être prudent, mais tu aurais inévitablement laissé passer quelque chose et je ne pouvais pas courir le risque. »

« Leur sécurité n'a jamais été en jeu. Ils auraient pu être capturés à n'importe quel moment et ils auraient été capables de révéler des informations importantes. Nous avons passé l'été précédent notre Cinquième Année au quartier général et nous savions bien plus de choses que vous ne le pensez. »

« Mais la sécurité du reste du monde était en jeu. Si Voldemort avait découvert que tu étais entraîné, il aurait accéléré ses plans, et nous n'aurions pas été prêts. »

« On ne peut jamais être prêt pour quelqu'un comme lui, » Marmonna Harry froidement.

« Nous ne voulions pas te laisser, » Lui dit Hermione doucement. « Et nous ne savions pas que nous ne te reverrions jamais. Albus nous a dit, après ton départ que nous ne devions pas te contacter ni même essayé de savoir où tu es parti parce que si on avait découvert que tu avais disparu, on nous aurait surveillés pour voir si nous pouvions les conduire à toi puisque nous étions tes meilleurs amis. »

« Nous avions l'habitude de faire des choses tous les trois qu'Albus nous avait dits de ne pas faire » Dit Harry en plissant les yeux.

« Tu n'es pas raisonnable ! Nous ne voulions pas que tu te fasses tuer !»

« C'est risible. J'étais plus inquiet à l'idée de combattre Voldemort que de me faire tuer. »

« Alors pourquoi es-tu parti ? Nous sommes allés directement à l'hôpital après la bataille et tu n'étais pas là. Personne ne savait où tu étais parti, » Lui demanda Ron violemment. Il le regardait encore avec des yeux noirs.

« Je te l'ai déjà dit. C'était pour votre bien. Je -»

« Je me fiche que l'on fasse des choses pour mon bien, surtout quand on prétend -»

« Moi aussi ! » S'écria Harry. Il était en colère. « Mais on a fait des choses pour mon bien- J'ai dû faire des choses pour mon propre bien- toute ma vie. C'est énervant, hein ? Bienvenu dans mon monde ! »

« Oui, mais -» Commença Ron, mais il s'arrêta quand il vit l'expression de fureur sur le visage de Harry.

« Je continue à penser que tu aurais dû rester. » Dit Hermione d'une voix calme. « Ne prends pas la mouche, mais j'ai écouté tout ce que tu as dit et je continue à penser que tu aurais dû rester ou au moins, nous contacter parce que nous voulions te retrouver, malgré le danger qui existait pour nous d'après toi. Nous t'aimions Harry. Nous n'avons pas cessé de t'aimer juste parce que nous ne t'avons pas vu pendant trois ans. Nous ne t'avons pas contacté pendant ton entraînement parce que Albus et l'Ordre nous en empêchaient et nous ne voulions pas conduire Voldemort à toi, mais personne ne nous a empêchés de te retrouver à la fin de la guerre, sauf toi. Etais-tu vraiment obligé de quitter le monde sorcier ? »

Harry soupira. « J'ai… attiré pas mal d'attention et je détestais cela. Depuis toujours. Ca aurait empiré si j'étais resté. » Harry s'arrêta et regarda autour de lui pour voir si on le croyait. Eh bien, c'est la moitié de la raison en tout cas, pensa-t-il sombrement.

« Ce n'est la véritable raison pour laquelle vous êtes partis, si ? » Lui demanda le professeur Snape. Il scrutait le visage de Harry.

Harry le regarda attentivement. Soyez maudit Snape ! Pourquoi devez-vous être si sacrément intelligent ? Je n'aimais pas ce que j'étais en train de devenir…qui je devenais. » Murmura-t-il. « J'ai fait des choses…et vu… » Commença-t-il en s'essayant d'arrêter les images qui défilaient devant ses yeux, des images de personnes torturées et tuées. Il inspira profondément et secoua la tête pour s'éclaircir les idées. Il essaya à nouveau. « J'aime Jason. Il est l'homme que j'aurais aimé devenir. Harry était…différent. On ne lui a pas permis d'être comme Jason. »

Intéressant… pensa Severus.

« Ils étaient nécessaires pour -» Commença Ron. Il essaya de lutter contre ce que Harry venait de dire mais ce dernier le coupa.

« Ne me fais pas la leçon : nous faisons tous des sacrifices qui nous sont demandés. J'ai fait…beaucoup…de choses parce qu'on m'a demandé de les faire. Quand ai-je eu le droit d'aller voir ailleurs et de faire ce que j'avais envie de faire ? Quand pourrais-je avoir ce que je veux ? » S'écria-t-il avec colère. Il choqua toutes les personnes présentes dans la pièce et le silence retomba.

« Que veux-tu ? » Plaida Hermione.

« Je ne sais pas. » Répondit-il sincèrement en adoucissant la voix. « Je ne sais vraiment pas. Je pensais l'avoir, mais je l'ai perdu avant de me réveiller un matin. » Dit Harry doucement.

Harry se tourna et se dirigea d'un pas chancelant vers la porte. « Où vas-tu ? » S'écria Ginny.

« Ne me dis pas que tu t'enfuis encore. Pour quelqu'un qui est censé avoir suffisamment de courage pour être sortit de Gryffondor et faire face à Voldemort, tu es certainement très bon pour t'enfuir ! » Dit Ron furieusement.

Harry s'arrêta, la remontrance de son meilleur ami avait touché un point sensible. « Pourquoi ne veux-tu pas dégager ! Tu n'as aucune idée de ce dont tu parles. » Quelques personnes retinrent leur souffle. Ce n'était pas ce qu'il venait de dire qui les avait choqués, mais le ton froid sur lequel il avait parlé. Et d'autres haletèrent quand il déverrouilla la porte sans sa baguette. « Je ne m'enfuis pas pour des choses comme celles-ci. Je ne peux pas me le permettre. »

« Je -» Commença Ginny.

« Ecoute, je suis fatigué et j'ai un mal de tête de la taille de Londres, alors si tu veux bien m'excuser, je suis un peu énervé. Pour l'instant, je vais me chercher un lit- et une potion pour la tête. »

« Eh bien, après -» Albus essaya de parler mais il fut coupé.

« Je ne vais nulle part, Albus, » Dit Harry amèrement. « Je dois rester dans le monde sorcier maintenant que Voldemort est de retour, alors autant rester ici. Laissez-moi un peu seul. J'ai juste besoin de…réfléchir. »

« Je -» Commença à nouveau Ginny.

« Quoi ? » Demanda-t-il rapidement. Il commençait à perdre patience.

Ginny eut un mouvement de recul. « Je- je voulais juste savoir- ce n'est pas ton véritable visage, hein ? J'ai jeté un sort de révélation sur toi il y a quelques temps, mais- tu ne ressembles pas à Harry, » Dit-elle d'une petite voix.

Harry la regarda fixement, un peu honteux de son comportement avec la jeune femme qu'il avait toujours considéré comme une sœur. « Je porte un sort de dissimulation, mais il n'est pas comme ceux que vous avez l'habitude de voir, » Répondit-il. « Je porte des lentilles de contact aussi parce que, eh bien, tout le monde sait de quelle couleur sont mes yeux et sans lunettes, je suis aussi aveugle qu'une taupe, » Dit-il plus doucement. « Je préfère ne pas l'enlever maintenant. Je veux simplement aller m'allonger. »

Ginny acquiesça. Il se tourna, ouvrit la porte et sortit de la salle de classe. Il se dirigea directement dans ses appartements et chercha une potion dans son étude. Il trouva rapidement celles dont il avait besoin : des potions pour la tête. Il chancela jusqu'à sa chambre. Il posa les fioles sur sa table de nuit et tomba sur le lit sans cérémonie. Il massa son front et se prépara à prendre la potion.

Penser que ses amis le méprisaient lui faisait aussi mal que de devoir faire face à nouveau à Voldemort, et cette pensée le surpris. Il avait toujours pensé qu'il pouvait tout affronter du moment que ses amis étaient derrière lui et le soutenaient. La pensée qu'il serait seul quand il affronterait à nouveau le monstre était plus qu'il ne pouvait en supporter. Il ne put empêcher les larmes silencieuses de couler.

C'est entièrement de ta faute, tu sais. C'est de ta faute si Voldemort n'est pas mort, et c'est certainement de ta faute, s'ils sont en colère contre toi. Tu serais toi aussi très en colère si tu étais à leur place.

Après cette pensée, il s'allongea contre l'oreiller, prit une fiole et la déboucha d'une main tremblante. Il tremblait tant qu'il s'éclaboussa les bras, les vêtements et les couvertures, mais il ne s'en souciait pas. Il vida la fiole d'un trait. Il fit de même avec les autres et tomba : conséquence de l'épuisement mais aussi des potions.