Si vous voulez lire le slash NC17 HP/SS écrit pas Catrina (elle voulait s'essayer au NC17 avant de l'écrire dans All I Crave), voustrouverez l'adresse du site où je l'ai postée dans ma bio.

Chapitre 14

« Mon cher enfant, que t'est-il arrivé ? » Murmura Albus. Il ne parlait à personne, en particulier. Harry était déjà sorti de la salle de classe.

« Au moins, Potter est toujours fidèle à lui-même. Il a annoncé son arrivé en fanfare. Nous ne pouvions pas nous attendre à moins de la part du fils de James Potter, si ? » Railla Severus.

« Severus ! » L'admonesta Albus. « Ca suffit. »

Severus bouillonna intérieurement, mais ne dit rien.

« Ginny, s'il vous plait, faites savoir à Remus qu'Harry est revenu et qu'il est ici, au château, » Lui ordonna le directeur.

« Vous savez qu'il voudra venir le voir tout de suite, n'est-ce pas ? » Lui demanda la jeune fille doucement. Elle tremblait encore légèrement.

« Oui, dites-lui de ne pas venir maintenant. Je lui expliquerai tout plus tard. »

Ginny acquiesça et allait partir quand le directeur la rappela.

« Ah oui, et demandez-lui de préparer une réunion avec l'Ordre au complet pour demain. »

« Demain, c'est lundi. Où trouverez-vous suffisamment de professeurs pour remplacer ceux qui participeront à la réunion ? » Demanda Ginny en fronçant les sourcils.

« J'annulerai simplement les cours de demain. Ceci est plus important que tout le reste, pour le moment. » Lui dit Albus sérieusement.

« Les gars ! Je crois que qu'il m'a cassé la jambe ! » Se plaignit Ron à voix haute.

« Qui ? » Lui demanda Hermione.

« Jason, ou Harry, ou la personne qu'il est devenu, » Grimaça Ron en se frottant la jambe.

« C'est Harry. Il a toujours été Harry, » Lui dit simplement Hermione. « Et comment aurait-il pu te casser la jambe ? Tu l'as frappé. »

« Un morceau de bois a frappé ma jambe quand il a eu sa crise de furie tout à l'heure. »

« Il est devenu très puissant, non ? » Hermione haussa les épaules. « Il a toujours été fort quand nous étions à l'école, et je sais qu'il doit être très puissant pour vaincre Voldemort, mais si ce n'était qu'une explosion de magie, vous rendez-vous compte de la puissance qu'il doit posséder ? »

« Imaginez devoir porter ça à l'intérieur de vous. C'est presque effrayant. Comment fait-il ? » Murmura Ginny. Elle avait contacté Remus par le réseau de cheminée et était revenue. Elle s'attendait à ce que le dernier des maraudeurs soit excité de savoir où était Harry. Après tout, il avait été le seul à continuer à chercher Harry activement, alors que les autres s'étaient depuis longtemps résignés au fait que le jeune homme ne veuille pas être retrouvé. Il avait pourtant paru vague et distant, ce qui inquiéta la jeune femme.

« Je pense que c'est la raison pour laquelle il est destiné à combattre Voldemort jusqu'à la mort, pas nous. » Lui dit Drago sérieusement.

« Il pourrait vraiment blesser quelqu'un. Il pourrait faire du mal à quelqu'un sans le vouloir, hein ? » Demanda Ron lentement.

« Où veux-tu en venir, Ronald Weasley ? » Demanda Hermione à son mari, légèrement suspicieuse quant à la signification de ses paroles.

« Je veux juste dire que… Eh bien… si nous nous entraînons à combattre ensemble avec des sorts comme nous en avions l'habitude, et qu'il finit par blesser l'un d'entre nous -» Commença Ron à expliquer, mais il fut interrompu assez fermement par le directeur.

« Je crois que Harry a davantage de contrôle sur sa magie que vous ne le pensez. »

« Vous savez, j'ai toujours pensé que 'Jason' était un peu trop bien entraîné pour que son histoire soit vraie. Combattre Voldemort en Australie n'est pas très vraisemblable. Ils ont à peine su qu'il y avait une guerre. » Marmonna Hermione. Elle fronça les sourcils, elle réfléchissait. Cette expression rappelait toujours à son mari ses années d'études, quand ils étudiaient ensemble. « Mais il est différent. Nous l'avons vu se battre à plusieurs reprises quand nous étions encore à l'école et ça ne ressemble en rien à ce qu'il fait aujourd'hui. Il a l'air si…dur…maintenant. Vous souvenez-vous de la manière dont il s'est débarrassé de la créature des ombres qui avait attaqué Severus à Noël ? Ou de la manière dont il a menacé Walter avec la seringue hypodermique la nuit dernière ? Il a l'air aussi froid que de la glace. Je ne me souviens pas avoir vu Harry arborait une telle attitude. Jamais. »

« Avez-vous suivi les progrès de Harry quand il s'entraînait ? » Demanda Ginny au directeur. Elle le regardait avec des yeux perçants.

« Non, pas directement. Je ne voulais pas pouvoir les conduire à lui. Je contactais ses instructeurs régulièrement pour m'assurer qu'il se débrouillait bien. »Leur expliqua Albus. Il paraissait mal à l'aise.

« Et se débrouillait-il bien ? » Lui demanda Hermione rapidement.

« Ses instructeurs me disaient qu'il allait bien- un peu seul et effrayé, mais il fallait s'y attendre. »

« Savait-il que nous n'avions pas la permission de le contacter ? D'après ce qu'il a dit, on dirait qu'il pense que nous avons choisi de ne pas le faire. » Le pressa Hermione.

« Je lui ai expliqué avant qu'il ne parte qu'il serait livré à lui-même pendant un temps, mais que c'était nécessaire. Il a dit qu'il comprenait. En tous les cas, je l'ai laissé avec des personnes en qui on pouvait avoir confiance pour prendre soin de lui. » Expliqua Albus calmement.

« Nous n'étions pas avec lui et il venait de perdre Sirius, » Pensa Ginny à voix haute. « Il n'est pas étonnant qu'il soit en colère. Un groupe d'instructeurs n'aurait pas pu l'aider. Il avait besoin de ses amis. »

« Malheureusement, c'était trop dangereux, » Leur dit Albus tristement.

« En tout cas, d'après ce que j'ai vu, il a été très bien entraîné. Etait-ce ainsi que vous le vouliez ? » Demanda Hermione au directeur.

« Pas tout à fait. Je voulais qu'il aiguise ses talents, certainement, mais j'ai laissé à ses instructeurs le soin de lui enseigner ce qu'ils pensaient qu'il devait savoir. Je comprends pourquoi ils lui ont enseigné tant de choses sur la magie noire. Voldemort pratiquait la magie noire et on ne peut pas s'en défendre si on ne connaît pas les bases. » Répondit Albus en caressant sa barbe.

« Jason-je veux dire Harry- a dit la même chose. » Haleta Hermione.

« Oui, je sais. Pourtant, je ne connais pas les détails de son entraînement. D'après ce que j'ai compris, à un moment ou à un autre, il a pris son entraînement en main et ne faisait appel à ses instructeurs que quand il avait besoin d'eux. On m'a informé qu'il avait demandé à acquérir une collection de livres, dont la plupart étaient- et sont encore- illégales. Ils ont donné une dimension à son entraînement qu'il n'avait pas jusque là. Pour être tout à fait honnête, j'ai pris la décision de ne pas connaître en détails le déroulement de l'entraînement de Harry. Voldemort rassemblait beaucoup trop de forces. Si je me faisais capturer, je ne voulais pas pouvoir lui donner de renseignements sur ce que faisait Harry. » Admit le directeur.

« Si c'est ainsi, pourquoi l'avez-vous envoyé faire ces expéditions ? Il était si jeune ! » Voulut savoir Ginny.

« Il était peut-être jeune, mais il était l'égale des autres dans cette tâche. Je lui ai moi-même donné des leçons avant qu'il ne parte et si j'avais eu des doutes, je ne lui aurais pas assigné ces missions, je vous l'assure. »

« Je comprends pourquoi il est si en colère…Mais je ne suis pas contente qu'il soit parti, » Soupira tristement Hermione.

«Moi non plus. » Fulmina Ron.

« Avant que vous ne lui parliez de tout cela, je vous en pris, faites en sorte que je ne sois pas dans la pièce. Je n'ai aucune intention d'être à nouveau témoin des sautes d'humeur de Potter, si ça ne vous dérange pas, » Railla Severus malicieusement. Il frottait, sans s'en rendre compte la marque noire.

« Severus, j'ai dit que ça suffisait. » Lui rappela Albus.

« Je pense qu'il est clair, que ni Severus ni moi ne serons capable de recueillir des informations du cercle du Seigneur Noir. » Observa doucement Drago.

« Oui, cela est certain. » Dit Albus.

« Dans ce cas, que pouvons-nous faire ? » Drago pâlit.

« Vous ferez ce que vous pouvez, comme nous autres. Allons, venez, il n'est plus l'heure de discuter de cela. Nous avons encore beaucoup de choses à préparer. » Leur ordonna Albus. Il termina la conversation et les conduisit hors de la salle de classe.


Il était plus de minuit et Theresa ne parvenait toujours pas à trouver le sommeil. Elle ne parvenait pas à chasser de son esprit l'image de Harry en train se tenir le front en criant. Et elle avait dû mal à assimiler le fait que son professeur préféré soit en fait Harry Potter. Elle sortit discrètement de son lit pour ne pas réveiller ses camarades, mit une robe de chambre et alla marcher pour s'éclaircir les idées. Elle décida de faire le tour du lac.

La lune brillait, mais elle était trop préoccupée pour le remarquer, ou l'apprécier. En fait, elle ne remarqua même pas la silhouette solitaire assise sous un grand chêne près du lac, avant d'être presque sur lui. Par contre, la personne qui était là, l'aperçut.

« Lumos ! »

Theresa prit une brusque inspiration sachant qu'elle aurait des problèmes si elle était aperçue dehors après le couvre-feu. Mais elle savait qu'il était trop tard pour se cacher.

« Theresa ? » Demanda Harry. Sa gorge était encore un peu fatiguée et sa voix rauque. Il portait les mêmes vêtements que la veille, mais étaient froissés parce qu'il avait dormi avec. S'il avait été moins inquiet et plus alerte, il aurait été embarrassé. Mais si ça avait été le cas, un élève ne l'aurait pas surpris.

« Professeur Green ? » Bafouilla Theresa. Elle était soulagée que ce soit le professeur Green et non le professeur Snape qui l'ait surpris dehors après le couvre-feu. Elle était aussi un peu embarrassée qu'il l'ait vu avec son pyjama en flanelle.

« Que faites-vous dehors à cette heure de la nuit ? »

« Ah, monsieur, je ne pouvais pas dormir. Je ne voulais pas vous déranger… »

Harry soupira. « Vous ne me dérangez pas. »

Il éteignit la lumière et s'appuya contre l'arbre. Il regardait le ciel. « Voyez-vous le groupe d'étoiles, à droite ? Et celle près de la lune ? C'est Sirius, l'étoile du chien. On la voit toujours clairement quand c'est bientôt la pleine lune, » Observa Harry, tristement.

« Oh, je ne savais pas. C'est une grosse constellation, non ? » Demanda Theresa en s'asseyant près de Harry.

Elle regarda pensivement son professeur quelque temps puis détourna le regard pour observer le lac. « J'ai découvert qui vous étiez hier, alors j'ai pensé qu'il serait normal que vous sachiez qui je suis en vérité. Mon nom n'est pas Theresa 'Chan'. Enfin, pas vraiment. Mes parents ont changé de nom quand j'étais vraiment jeune. Papa était le frère du Ministre Cornélius Fudge. Nous sommes partis vivre parmi les moldus quand j'avais deux ans. C'est là que nous avons changé de nom de famille. Nous avons pris le nom de jeune fille de ma mère, 'Chan'. Quand j'ai été en âge de comprendre, il m'a expliqué qu'il ne voulait pas que nous soyons associés au ministre et qu'il était fatigué de ne pas avoir de vie privée. Si j'avais été Theresa 'Fudge', les gens se seraient attendus à ce que je me comporte différemment, mais puisque je suis Theresa 'Chan', je peux agir comme je le veux, ou avoir les amis que je veux. »

« Je ne savais pas que vous étiez apparenté au Ministre. » Dit Harry en la regardant avec attention.

« Peu de personnes le savent et s'ils le savaient, ils ne verraient probablement que cela. » Dit la jeune fille. Elle observait toujours la lune se refléter sur le lac. « Papa avait l'habitude de dire que s'appeler 'Chan' était libérateur. »

Je comprends ce qu'il veut dire, pensa Harry mélancoliquement.

« J'- J'ai vu que le professeur Weasley était furieux contre vous parce que vous êtes venu ici en tant que 'professeur Green' et non que 'Harry Potter', mais si je réfléchis à tout ce que j'ai lu sur vous, je comprends pourquoi vous avez fait cela. J'aurais fait de même, » Dit Theresa nerveusement. Elle espérait que Harry ne lui en voudrait pas de commenter ce qui était un sujet privé entre deux hommes.

Harry était touché par sa compréhension et sa compassion qui contrastait énormément avec la réaction colérique de ses amis les plus proches.

« Merci. » Lui dit-il doucement.

« Euh, monsieur, vous devez savoir que d'autres élèves ont aussi entendu les professeurs vous appeler Harry Potter pendant que nous étions dans la salle. Ils l'ont dit à des amis qui l'ont dit à des amis, et …eh bien… tout le monde à l'école sait qui vous êtes. » Lui expliqua Theresa nerveusement.

« Terrifiant. » Marmonna Harry pour lui-même.

« Mais la plupart des élèves pensent que c'est cool que vous soyez notre professeur de Défense Contre Les Forces du Mal. Beaucoup de personnes ont changé de nom après la guerre et ont pris celui de 'Harry Potter', et nous avons eu quelques 'professeurs Potter' mais il est évident que ce n'était pas leur vrai nom parce que, eh bien, ils ne nous ont rien appris. »

Harry leva une main sur son front et massa sa cicatrice. Theresa le regarda avec intérêt. Sous la lumière de la lune, la jeune fille voyait que son professeur était bien trop pâle et qu'il avait de grands cercles sous les yeux.

« Vous n'allez pas nous quitter, si ? » Lui demanda-t-elle, à demi effrayée par la réponse.

Le jeune professeur prit son temps avant de répondre à la question. « J'ai pensé à partir, mais je crois que cet endroit est tout aussi bien qu'un autre. Alors non, je ne vais nulle part. » La rassura-t-il finalement.

« Bien, » Acquiesça-t-elle. Elle relâcha le souffle qu'elle n'avait pas conscience de retenir. « Je pense que je devrais retourner me coucher. Je ne voulais pas vous déranger, Monsieur, » Dit-elle. Elle se sentait un peu moins en colère maintenant qu'elle savait que son professeur préféré ne quittait pas Poudlard. Elle voyait maintenant son professeur comme un grand frère. Il ne se comportait pas comme l'archétype du professeur, il agissait plus comme une personne de leur âge, et il traitait ses élèves comme des amis, des égales plutôt que comme des enfants. Elle aurait été triste de le voir partir, et beaucoup d'autres auraient ressenti la même chose.

« Connaissais-tu de bonnes blagues, Sirius ? Je pourrais en avoir besoin d'une ce soir, » Marmonna Harry en regardant le ciel, une fois que Theresa fut partie.


Harry avait passé toute la nuit près du lac et il n'était retourné dans ses quartiers que lorsque le soleil s'était levé. Il venait de prendre une douche quand il entendit frapper à la porte.

« Partez ! » Cria-t-il. Il irrita davantage encore sa gorge rauque. Il savait très bien que le sort de silence qu'il avait jeté dans ses appartements empêchait la personne qui avait frappé de l'entendre. Mais leur avoir crié après, l'avait soulagé. La douche chaude n'avait pas eu beaucoup d'effet sur son épuisement. Quand il se regarda dans le miroir, il eut l'impression qu'il venait de sortir de l'enfer. Les potions qu'ils avaient prises la veille l'avait aidé, mais l'expérience lui avait appris que les potions avaient peu d'effet lorsque sa cicatrice était douloureuse. Elles étaient toutefois mieux que de ne rien prendre. Dans tous les cas, il avait encore besoin d'une potion pour la tête.

« Oh, merde ! » Cria à nouveau Harry quand on frappa à nouveau. Il mit ses lunettes puis ouvrit la porte. Il était certain de ne pas retrouver la paix avant d'avoir découvert ce qu'on lui voulait. Il ouvrit brusquement la porte pour dire à la personne ce qu'il pensait, mais arrêta tous jurons quand il vit Theresa. Elle avait l'air d'avoir un peu rougi et elle avait dans les bras des potions et un thermos gris.

« Je-je suis désolé, professeur, j'espère que je ne vous dérange pas et que vous n'êtes pas en colère, mais je pensais- wow, » Elle s'arrêta pour regarder Harry bouche bée. « Vos yeux, ils sont… » Bafouilla-t-elle. Elle jura mentalement pour sa stupidité.

« Ah ouais, » Marmonna Harry. Il remit ses lunettes droites.

La jeune fille secoua la tête pour revenir au présent. « Excusez-moi de vous déranger. Je- eh bien, vous n'aviez pas l'air bien hier soir, alors je vous ai apporté ceci. J'ai quelques potions et du thé au miel pour votre gorge. » Dit-elle rapidement en tendant les bras pour qu'il voie ce qu'elle portait. Ce faisant, elle renversa presque tout.

Harry cligna des yeux de surprise. « Vraiment ? »

« Oui, » Répondit-elle timidement en regardant ses pieds.

Harry allait prendre les potions et le thermos mais s'arrêta. S'il n'avait pas entendu son admission candide sous veritaserum qu'elle n'avait aucun sentiment romantique pour lui, il serait très inquiet par son comportement. Mas elle était la seule personne qui ne l'avait pas jugé durement pour sa décision de revenir dans le monde sorcier sous un déguisement. Il refusait de prendre les fioles et de lui claquer la porte au nez.

« Pourquoi ne vous joindriez-vous pas à moi pour une tasse de thé dans ma salle de classe ? Laissez-moi simplement prendre des tasses. » Suggéra-t-il. Il sortit sa baguette de sa ceinture et fit venir deux tasses à café.

« J'aurais dû penser à en prendre. » Admit Theresa.

« Laissez-moi prendre cela. » Lui proposa le jeune professeur. Il verrouilla la porte derrière lui et se dirigea vers sa salle de cours, tout en faisant léviter devant lui le thermos et les fioles de potions.

Je suis nulle. J'aurais dû penser à prendre cela ! Se réprimanda-t-elle en courant pour rattraper Harry.


Harry et Theresa poussèrent deux tables et posèrent les tasses, le thermos et les potions dessus.

« J'ai apporté les potions calmantes et celles pour la tête que Mme Pomfresh nous a données hier. Personne ne vous en a donné pendant que j'étais là et je ne suis pas certaine qu'ils vous en aient donné après. » Admit la jeune fille en cherchant les fioles. « Je suis venu vous voir hier soir après le dîner mais vous n'avez pas répondu alors j'ai pensé que vous deviez certainement dormir. Euh, vous n'aviez toujours pas l'air bien quand je vous ai parlé près du lac alors j'ai pensé descendre et venir voir si vous vouliez en prendre… » Dit Theresa rapidement.

« Merci, » Dit Harry sincèrement en avalant une potion pour la tête. Il grimaça à cause du goût. Son élève réprima un rire et lui tendit une tasse de thé.

« J'ai jeté un charme pour garder le thermos chaud avant de venir vous voir, alors il est encore chaud, » Lui expliqua-t-elle en soufflant sur son thé et en le buvant prudemment.

Harry souffla doucement sur la sienne et but une gorgée. « C'est vraiment très bon, » Dit-il en lui faisant un petit sourire, son vrai premier sourire depuis que sa couverture était tombée.

Ils burent leur thé dans un silence confortable, ni l'un ni l'autre ne souhaitant parler et ni l'un ni l'autre ne remarquèrent les silhouettes qui les observaient près de la porte.

« Est-ce que je vois ce que je pense voir ? » Demanda Drago à Severus en regardant attentivement le professeur et l'élève. « Elle a dit sous veritaserum qu'il n' y avait rien entre eux, non ? »

« Elle l'a dit, » Affirma Severus.

« Devons-nous parler à Theresa ? Découvrir de quoi il retourne ? » Suggéra Drago.

« Peut-être devrions-nous attendre et voir ce qu'il se passe d'abord, » Répondit le professeur le plus âgé sans jamais quitté des yeux la paire devant lui.

« Très bien, ce sera pour le mieux, » Acquiesça Drago à contre cœur.


Harry remarqua que Theresa l'observait pendant qu'il massait sa cicatrice. « Ce n'est rien, elle me démange, c'est tout. »

« Hier dans la salle de classe, quand vous, eh bien, quand vous vous êtes évanoui, Madame Malfoy me l'a montrée et elle a dit qu'elle devrait être plus sombre. Lui est-il arrivé quelque chose parce que maintenant je peux à peine la voir ? » Demanda Theresa avec précaution. Elle ne voulait pas être mal élevée, mais était tout de même curieuse.

« Vraiment ? » Lui demanda Harry en prenant une gorgée de thé. « Il ne s'est rien passé, » Dit-il évasivement.

« Je ne voulais insister, » Theresa rougit d'embarras.

« Non, vous savez qui je suis vraiment, alors je crois qu'il est naturel que vous remarquiez ces petites choses. Ma cicatrice est bien connue et très reconnaissable. Et je le suis à cause d'elle. » Grimaça Harry.

« Beaucoup de photos de vous ont été prises, » Dit la jeune fille avec compassion.

« Ne m'en parlez pas. Il ne sert à rien de changer de nom, si on est encore capable de me reconnaître, alors j'ai aussi changé d'apparence. Ma cicatrice ne peut pas disparaître entièrement, elle est composée de trop de magie, mais je pense avoir fait du bon travail en la cachant. Elle n'est plus qu'une fine ligne et il faut regarder très attentivement pour la voir. Personne ne l'a remarqué avant hier. » Lui expliqua Harry.

« Alors, ressemblez-vous aux photos que l'on voie dans les livres de classe et dans les magazines- avec les cheveux noirs et les lunettes ? » Lui demanda Theresa. Sa curiosité prenait le dessus.

« Je suis un peu plus vieux que sur les photos. J'en ai vu quelques-unes et elles ont l'air d'avoir été prises quand j'étais encore à l'école, mais les cheveux sont les mêmes- malheureusement. » Soupira Harry.

Theresa acquiesça et but son thé. Etre sûre que son professeur prenne une potion anti-douleur n'était que l'une des raisons pour lesquelles elle voulait le voir ce matin. Elle devait le lui montrer avant qu'il n'aille dans la Grande Salle.

« Euh, professeur, je me demandais… avez-vous vu la Gazette du Sorcier ce matin ? » Lui demanda-t-elle. Elle était incapable de le regarder.

« Pas encore. Je pensais le lire plus tard. »

« Euh, avant de faire autre chose, vous devriez regarder cela, » Dit-elle nerveusement. Elle prit son exemplaire du journal et le lui tendit. Sur la page de garde, on pouvait lire : Celui Qui a Survécu est revenu à Poudlard- Héros bon retour parmi nous.

« Bon sang, » Grogna Harry en lisant l'article qui mentionnait qu'il avait révélé son identité hier après avoir enseigné plusieurs mois sous le pseudonyme de 'Jason Green', professeur Contre les Forces du Mal.

Il serra et desserra les dents, inconsciemment en lisant l'article.

« Vous étiez l'unique sujet de conversation hier après-midi. Certains ont certainement écrit à leurs parents et parlé de vous. L'un d'eux a dû contacter la Gazette du Sorcier pour leur dire. J'ai pensé qu'il valait mieux que vous lisiez l'article par vous-même avant de le découvrir de la bouche de quelqu'un. » Lui dit sérieusement Theresa.

« MAUDITS-SOIENT-ILS. » Cria-t-il en frappant du poing sur la table, ce qui fit sursauter Theresa.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? » Le professeur Snape les interrompit. Il entra dans la salle suivit de Drago. Ils n'avaient pas entendu toute la conversation, mais il avait été témoin de l'explosion de colère de Harry et étaient un peu inquiets de laisser une élève avec Harry Potter, surtout s'il était énervé. Le souvenir de la veille était encore frais dans leur mémoire.

« Avez-vous vu cela ? » Leur demanda Harry en désignant le journal. Severus le prit des mains de Harry et parcourut l'article.

« Juste une autre colonne à ajouter à votre collection, Potter, » Lui dit froidement le Maître des potions en haussant un sourcil en regardant son ancien élève.

Harry soutint le regard de son aîné, qui en apparence, n'en était absolument pas touché. D'un geste de la main, Harry mit le feu au journal. Il observa le papier brûler et mit les cendres dans un verre. Les autres regardèrent avec des yeux écarquillés l'œuvre de la magie sans baguette.

« Waou ! » Souffla Theresa.

« Je ne peux pas dire mieux. » Ajouta Drago en secouant la tête pour s'éclaircir les idées. « Est-ce que vous allez bien ? » Demanda-t-il à Theresa.

« Oui, monsieur. Je prenais simplement une tasse de thé avec le professeur. »

« Prenez-vous souvent le thé avec le professeur ? » Lui demanda Drago quelque peu surpris.

« Non, mais j'ai pensé que sa gorge devait être un peu fatiguée après… hier… alors je lui ai fait un peu de thé au miel. »

« C'est très gentil de votre part. » Lui dit Drago gentiment. « Mais vous savez qui il est, non ? »

« Oui, monsieur, je le sais. » Répondit-elle d'une voix ferme. Elle remarqua qu' Harry se dirigeait vers la porte et l'appela pour le prévenir. « Professeur ! Si vous allez dans la Grande Salle, sachez qu'il y a certainement une centaine de journalistes et je ne pense pas qu'ils partiront avant d'avoir eu une chance de vous parler. »

« Fantastique. Pourquoi Albus les a-t-il laissés entrer ? » Demanda Harry en levant les bras au ciel.

« C'est évident. Si le directeur ne les avait pas laissés pas entrer, on aurait pu croire qu'il vous cachait. » Dit Severus en reniflant. « J'aurais pensé que ce genre de chose serait dans vos compétences. »

Harry regarda son ancien professeur avec des yeux noirs puis retira le charme de dissimulation d'un murmure et d'un geste du poignet.

« C'est vraiment toi, » Souffla Drago. « Mais tu as l'air différent. Je pense que onze ans apportent quelques changements, ne crois-tu pas Severus ? » Le comportement du maître des potions fut suffisant pour faire taire le jeune homme blond. Il n'était pas certain de la manière dont il fallait réagir fasse au comportement de son ami. Severus avait considérablement pâli. Il serrait et desserrait les muscles de sa mâchoire si rapidement qu'on aurait dit qu'il avait des spasmes. Les narines du formidable professeur de potions se dilatèrent, menaçantes. Il respirait bruyamment et ses mains se contractèrent pour former un poing.

« Euh… » Commença Drago. Il essaya désespérément de penser à un moyen d'éviter le désastre qu'il voyait arriver.

Severus plissa les yeux et regarda Drago avec des yeux noirs. Ce dernier ferma la bouche et préféra dépenser son énergie à réfléchir à un moyen d'annoncer à Albus qu'il devrait chercher deux nouveaux professeurs parce que Harry et Severus se sont entretués et ont détruit au passage une grande part du couloir et de la salle de classe.

Le verre que Harry avait métamorphosé éclata en une centaine de morceaux.

« Severus, souviens-toi de l'endroit où tu te trouves, » Lui dit doucement Drago. Il indiqua Theresa d'un signe de la tête. La jeune fille était toujours dans la pièce et son ami ne devait pas l'oublier.

Le maître des potions hocha la tête et se détendit visiblement.

« Fier de vous, Potter ? » Renifla-t-il. Il fut finalement capable de verbaliser sa réaction quant à la dramatique apparition de son adversaire d'antan. Mais par déférence pour Theresa, la question manquait de son venin habituel et on sentait qu'il se retenait.

« Je ne pensais pas que vous seriez si facilement impressionné, » Lui dit Harry froidement. « Je n'ai plus aucune raison de conserver mes charmes de dissimulation. »

Theresa regardait les yeux écarquillés et avec stupeur Harry reprendre son visage. Elle pouvait faire le lien avec les photos qu'elle avait vues. Elle croisa finalement son regarda et hocha de la tête comme si elle voulait dire 'Oui, c'est bien mieux comme ça.'

« Je ne pense qu'aller dans la Grande Salle soit une bonne idée. » Lui dit Harry. « Restez loin des journalistes et des questions. Je ne veux pas que vous soyez impliquer dans cette…idiotie ! »

« Très bien. » Acquiesça la jeune fille. Elle savait reconnaître une invitation à partir quand elle entendait une, et elle rassembla prudemment les fioles de potions et le thermos qu'elle avait apportés avec elle.

« Si vous laissez tout cela ici, je les rétrécirai et les verrouillerai dans mon bureau. Venez me voir plus tard et je vous les rendrai. »

Elle regarda une dernière fois les trois hommes et sortit silencieusement de la salle.

« M'espionniez-vous ? » Demanda Harry à Severus et à Drago, une fois qu'il fut sûr que Theresa ait quitté le couloir. « Je n'apprécie pas que l'on m'espionne. »

Severus le regarda avec des yeux noirs. « Ce que vous aimez ou n'aimez pas, ne me concerne pas. »

Harry plissa les yeux et soutint le regard de son ancien professeur sans broncher. « Parle-t-il pour tous les deux ? » Demanda Harry en déplaçant rapidement son regard vers Drago.

« Euh… je n'ai rien à voir avec ceci. Severus parle pour lui. Mais j'ai encore beaucoup de choses auxquelles je dois réfléchir. » Lui dit Drago. Il avait été surpris par la dureté de l'expression de Harry. Il avait vu le jeune homme en colère de nombreuses fois pendant qu'ils étaient à l'école, mais il ne l'avait jamais vu ainsi et ça l'effrayait un peu.

Harry soupira profondément et rangea les tasses et la thermos de Theresa dans son bureau. « Ainsi, nous en sommes revenus là, hein ? » Demanda-t-il doucement à Severus.

« Si vous espérez un traitement de faveur, vous devrez chercher ailleurs, Potter ! Je n'ai jamais cru que vous étiez un cas à part et mon opinion n'a pas changé. » Siffla Severus.

Sentant que la conversation devenait de moins en moins amicale, Drago ferma la porte et jeta un sort d'insonorisation sur toute la salle et se recula pour ne pas être accidentellement pris à parti dans cet argument.

Harry cligna des yeux. Il était surpris. « Vous vous trompez, professeur. Je n'ai jamais demandé de traitement de faveur. Je n'en voulais pas- je ne l'ai jamais voulu. »

Drago remarqua l'expression de surprise qui se dessina momentanément sur le visage de Harry et il se demanda pourquoi les propos de Severus le surprenaient. Le Maître des Potions l'avait dit en de nombreuses occasions, que Harry soit là ou non.

« Il est évident, que vous faites erreur. Vous vous êtes toujours vu comme une célébrité. Dès votre premier jour à l'école, vous vous êtes considéré au-dessus des règles et vous avez fait ce que vous vouliez. Il est évident que rien n'a changé. »

« Vous devez plaisanter, » Lui dit Harry en frottant ses yeux fatigués.

« Non. Vous avez passé des mois parmi nous à vous pavaner sous votre déguisement. Très bien. Félicitation, Monsieur Potter, vous nous avez tous trompés. Pourtant, si vous pensez que vous êtes intelligent, laissez-moi vous assurer que vous vous trompez. » Cracha son aîné.

« C'était nécessaire. » Dit Harry doucement.

« Ce furent les actions d'un lâche ! Vous avez choisi de vous cacher plutôt que de faire face au monde comme un homme, et vous avez continué à vous cacher même lorsque vous avez appris que le Seigneur Noir était toujours en vie, et ce malgré le rôle que vous avez à jouer dans cette bataille, celui qui vous a été réservé avant votre naissance ! »

« Vous n'avez pas besoin de me rappeler quel est mon rôle dans cette bataille- ce n'est pas quelque chose que je peux oublier. » Lui dit Harry sur un ton froid.

« Je pense -» Commença Severus.

« Et comment osez-vous me parler de lâcheté ! » Poursuivit Harry en ignorant l'interruption.

« Si la lâcheté n'a pas suscité la décision de vous cacher, alors dites-moi, d'où vient-elle ? »

« Ce n'était pas une question de se cacher. C'était une question de protection. »

« C'est la même chose. »

« Quelle affirmation ridicule surtout venant d'une personne telle que vous, professeur. C'est deux mondes à part et j'avais pensé que vous seriez la dernière personne à me censurer parce que j'ai prétendu être quelqu'un que je ne suis pas. Après tout, c'est une chose à laquelle vous êtes particulièrement doué si l'on en croit votre bonne étoile, vous êtes toujours vivant alors que vous avez espionné Voldemort. »

« Il ne pourra jamais y avoir de comparaison entre moi et vous -»

« Et je ne me comparerai jamais à vous, » L'interrompit Potter. « Je dois dire que j'ai pensé à la manière dont tout le monde réagirait si je revenais, mais jamais, je ne m'étais pas attendu à ce que vous soyez comme…ça. Je pensais que vous seriez un peu déçu que je sois toujours en vie, mais à la lumière du retour de Voldemort, peut-être n'êtes-vous pas trop déçu après tout. Et je savais que vous seriez très en colère que j'ai interrompu votre monde 'sans Potter' , mais je pensais que nous reprendrions où nous en étions, peut-être à nous lancer occasionnellement des insultes, comme nous avions l'habitude de le faire quand j'étais encore votre élève, et comme vous et 'le professeur Green en aviez l'habitude quand j'ai commencé à enseigner ici. »

Severus haussa un sourcil et lança des poignards à Harry.

« Je savais que vous étiez un salaud, mais je ne m'attendais pas à une argumentation ouverte et … hostile… salaud, » Clarifia Harry. Il se massait le front sans y faire attention.

« Je n'apprécie pas d'être déçu, Potter. »

« J'espère que je ne suis pas le seul dans la pièce qui puisse voir l'ironie de ce commentaire, » Dit Harry. Il regarda avec attention l'homme devant lui pendant un moment. « Alors c'est la raison pour laquelle vous êtes si ennuyé ? Parce que je suis parvenu à vous infiltrer ? J'admets que vous êtes un sorcier très talentueux, tous les deux l'êtes, mais j'ai reçu une éducation très…intéressante. Si je ne veux pas être trouvé, on ne me trouvera pas, peu importe le temps que vous me chercherez ou le talent que vous avez. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, » Le jeune homme déverrouilla la porte et quitta la salle pour aller faire face au cirque qui l'attendait dans la Grande Salle.

« Ne le prends pas si durement, » Lui dit Drago quand il retrouva sa voix. Il brisa ainsi le silence qui s'était établi entre eux depuis le départ de Harry.

« Je te demande pardon ? » Claqua Severus en haussant un sourcil.

« Il t'a trompé, mais qu'importe ce qu'il a fait, c'était fantastique, parce que je ne connais pas une seule personne qui ne s'y est pas laissée prendre. Même Ginny, Ron et Hermione se sont laissés piéger et ils étaient ses meilleurs amis, » Lui dit Drago, les yeux plissés.

« Et ce fait, en lui-même soulève de nombreuses questions, non ? » Demanda le formidable professeur de potions. Il tourna ensuite les talons et sortit de la salle de classe.


Les journalistes gardaient un œil sur la porte d'entrée de la Grande Salle. Il leur fallut un moment pour reconnaître Harry, quand il entra. Cela faisait des années que personne ne l'avait vu. Une fois qu'ils se furent rendus compte qu'il était là, un groupe de journalistes et de photographes se ruèrent sur lui et tous posaient des questions et prenaient des photos.

Les yeux de Harry se remplirent de larmes sous les flashs des appareils photos et sa poitrine se comprima quand il vit le nombre de personnes qui se dirigeaient vers lui. « Immobilis ! » Cria-t-il. Il jeta le puissant sort sur le groupe et les arrêta. Il eut la place pour respirer.

Ni les élèves, ni le personnel ne bougèrent. D'un côté, ils voyaient que Harry avait pris les choses en main mais de l'autre, ils étaient un peu effrayés qu'Harry leur jette un sort s'ils venaient vers lui. Tout le monde avait entendu les histoires de ce dont Harry était capable et personne ne voulait subir son humeur.

Les journalistes et les photographes n'étaient pas blessés mais ils ne pouvaient pas bouger un muscle. Ils pouvaient entendre et voir ce qu'il se passait. Harry pouvait donc leur parler.

« Je n'aime pas être harcelé par des journalistes. Je détestais cela quand j'étais à l'école et c'est toujours le cas aujourd'hui. Je sais que vous allez être une épine dans mon pied tant je ne vous aurai pas donné quelque chose à écrire, alors voilà ce que vous pourrez imprimer. Je n'ai pas 'disparu' après la guerre, j'ai voyagé. J'ai toujours voulu visiter l'Europe, l'Amérique, le Canada et j'ai même vécu quelques temps en Australie. On ne m'a pas reconnu parce que je portais un déguisement. Si je ne m'étais pas déguisé, tous les sorciers, sorcières et journalistes m'auraient suivi et je n'aurais jamais pu apprécier ce qui m'entourait. Comprenez-vous ? Poudlard est pour moi une place très spéciale et je suis revenu parce que je commençais à avoir le mal du pays. Je suis resté déguisé parce que j'aime ma vie privée, » Leur signala Harry en soulignant les faits, « mais ce n'est apparemment plus possible maintenant. »

Il s'arrêta quelques instants. « J'ai lu l'article paru ce matin dans la Gazette du Sorcier sur mon retour à Poudlard et puisque c'est un mensonge, j'ai pensé qu'il fallait éclaircir certaines choses. Tout d'abord, personne n'a pas été impliqué dans ma décision et deuxièmement, je ne me cachais de personne. Vous devriez avoir suffisamment à écrire pour quelques jours. Respectez ma vie privée. Arrêtez de me suivre et arrêtez de forcer l'entrée de cette école. Si vous ne le faites pas, je veillerai personnellement à ce que vous sachiez ce que l'on ressent lorsque l'on est continuellement harcelé par une foule ou par des journalistes énervants. »

Satisfait que les journalistes aient entendu son message, et sa menace, il jeta un charme pour amplifier les sons, afin d'être entendu dans toutes les pièces du château. « DOBBY ! S'IL TE PLAIT, VIENS DANS LA GRANDE SALLE. »

Quelques instants plus tard, Dobby apparut devant lui. Ses énormes yeux s'agrandirent encore quand il vit Harry.

« Harry Potter ! » Couina-t-il. Il se jeta sur Harry et lui donna une embrassade d'elfe de maison. « Dobby est si content que vous être de retour ! Dobby a vous manqué beaucoup, monsieur ! » Couina-t-il très excité.

« Tu m'as toi-aussi manqué, Dobby, » Lui dit Harry sérieusement. « Ecoute, peux-tu me rendre un service ? »

« Tout ce que vous voulez, monsieur, » Acquiesça Dobby.

« Peux-tu prendre quelques elfes de maison et …les escorter aux limites de l'école ? » Lui demanda Harry en désignant les journalistes. « Euh, tu n'es pas obligé de défaire le sort avant qu'ils ne soient en dehors de l'école.. En fait, ça ne me dérangerait pas si tu ne les libérais pas du tout. »

« Bien sûr, monsieur, » L'elfe de maison sourit, disparut et réapparut accompagné de quinze autres elfes.

« Venez voir Dobby plus tard, Harry Potter. Dobby a un cadeau pour vous, monsieur ! » L'interpella l'elfe de maison alors que les autres elfes de maison faisaient léviter les journalistes pour les conduire hors de la salle.

Albus quitta son siège et s'approcha doucement de Harry. « Restes-tu avec nous…Harry ? » Lui demanda-t-il avec hésitation.

Le jeune homme prit son temps avant de simplement répondre. « Oui. »

Le directeur se tourna et attira l'attention de tous. « Ecoutez-moi ! Laissez-moi vous introduire le professeur Harry Potter, notre professeur de Défense Contre les Forces du Mal. »

Quelques élèves applaudirent avec hésitation, mais bientôt leur nombre se multiplièrent et presque toutes les personnes présentes dans la salle applaudissaient, ovationnant Harry. Harry sentit sa gorge se serrer d'émotions, et ému, il baissa légèrement la tête en signe de reconnaissance.

« Merci. » Leur dit-il quand les applaudissements moururent et que les élèves comme les professeurs se furent rassis.

« Tous les cours ont été suspendus pour la journée, mais reprendront demain. Il n'y a rien de plus à faire ici, alors s'il vous plait, terminez votre petit déjeuner et profitez du reste de la journée. Monsieur Potter, si vous voulez bien venir avec moi s'il vous plait. » Il termina son annonce en demandant à Harry de le suivre en dehors de la salle. Harry le suivit et ils entrèrent dans une salle de classe vide. Il regarda d'un air absent les anciens parchemins accrochés au mur, démontrant de complexes théories et des chartres, les portraits de quelques sorcières et sorciers huppés, probablement morts depuis longtemps. Il observa ensuite les étagères de livres alignés sur les murs et lut même un devoir posé sur le bord du bureau. Il regardait n'importe où pour ne pas avoir à regarder Albus et à commencer cette discussion.

Albus étudia avec attention le jeune homme. Il remarqua que son regard s'attardait n'importe où dans la pièce pour éviter le sien. Il ressentit une vague de nostalgie en observant le jeune homme qui s'était tenu devant lui si souvent dans le passé et qui gérait sa nervosité et son malaise de la même façon.

« Harry, » Dit finalement Albus Harry regarda le directeur, imperturbable.

« Mon cher enfant, je te dois une explication. Et ..des excuses. Quand Voldemort est revenu il y a douze ans, ton parrain et moi-même avons réuni l'Ordre du Phœnix, mais en dépit de nos efforts, il semblait réunir de plus en plus de pouvoir. Il était devenu très dangereux pour toi et tes amis de rester à Poudlard. Les enfants de nombreux supposés mangemorts étaient aussi à Poudlard et Crouch Junior avait presque réussi à te tuer pendant ta Quatrième Année ici-même en prenant l'apparence de Alastor Maugrey. Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas te garder en sécurité, ni toi ni les gens qui t'entouraient.

« En ce temps là, j'ai pensé qu'il était mieux pour toi de rester avec des personnes qui pourraient t'entraîner à te défendre et à vaincre Voldemort. Je t'ai caché parce que je crois que si Voldemort avait appris que tu t'entraînais il aurait mis le monde à feu et à sang pour te retrouver et de nombreuses personnes seraient mortes. Je ne pouvais pas laisser cela arriver, et je pense que tu es d'accord avec moi. J'ai fait en sorte d'avoir peu de lien avec tes instructeurs et je voulais que vous changiez de lieu régulièrement. J'ai aussi demandé à tes amis de ne pas essayer de te retrouver ni de te contacter. Je ne voulais pas que Voldemort soit à ta porte avant que tu ne sois prêt.

« En regardant en arrière, je me rends compte que j'ai peut-être fait des erreurs en t'envoyant au loin toutes ces années, mais j'ai fait ce que j'ai pensé être juste à ce moment là. Je t'aime beaucoup de la même manière que j'aimais ton père et ta mère et je ne pouvais pas supporter de ne pas être capable de te protéger. » Murmura Albus.

Harry était étonné par l'admission candide de Albus et était quelque peu ému par ses paroles. Mais le choc se transforma rapidement en frustration. Si Albus avait traversé ce que j'ai traversé pendant la guerre, il réfléchirait un peu plus sur sa volonté de me protéger, pensa amèrement Harry.

« J'apprécie que vous ayez fait ce que vous pensiez être juste, mais c- c'était il y a longtemps, et je n'ai pas envi d'en parler, » Grommela le jeune homme.

Albus soutint le regard de Harry avec des yeux perçants. « Dans tous les cas, Voldemort est de retour et je pense que c'est une bonne idée que 'Harry Potter' reste visible pour tout le monde. La menace de ton intervention devrait retenir un peu ses actions. »

« Vous oubliez que Voldemort sait que je suis en vie. Nous partageons une…connexion, et il est capable de sentir que je suis en vie, » Lui signala Harry.

« Pouvais-tu sentir son existence avant hier ? » Lui demanda Albus sérieusement.

Harry réfléchit à la question. « Non, je le croyais mort. Je ne pouvais rien sentir…pas une seule chose. »

« Quand tu étais élève, et qu'on le pensait mort, tu pouvais occasionnellement sentir sa présence, pas vrai ? » Le pressa Albus.

« En y pensant bien, oui, je le pouvais. » Répondit lentement Harry. « Oh, en fait, je dois admettre que ma cicatrice me démangeait de temps à autre depuis la dernière bataille, mais c'était généralement quand je me réveillais après avoir rêvé de lui. »

Les yeux du directeur s'écarquillèrent légèrement. « Je pensais que tu rêvais peut-être de lui. Rêves-tu souvent de ce qu'il s'est passé ? Dois-je m'arranger pour qu'un stock de potion sans rêves te soit livré ? »

Harry ferma les yeux d'un air las. « Non. J'ai mes propres arrangements, mais je vous remercie. »

Albus plissa les yeux d'un air pensif.

« Mais comme je le disais, je pensais que ce n'était rien. Je pensais que c'était les conséquences d'un rêve dans lequel…il apparaissait. » Termina Harry.

« Pourquoi pensais-tu cela ? » Lui demanda le directeur avec curiosité.

Harry réfléchit à la question. S'il était honnête avec lui-même, il pensait simplement que puisqu'il avait toujours associé la douleur de sa cicatrice avec les visions liées à Voldemort, il avait pensé que s'il rêvait de lui, il subirait aussi la douleur. Mais maintenant qu'il essayait d'expliquer cela à Albus, son raisonnement ne paraissait plus aussi logique. « Euh…Et bien…j'ai simplement pensé que j'avais mal parce que je rêvais de Voldemort, un peu comme j'associais les visions avec lui. »

« Sachant ce que nous savons maintenant, je suis enclin à croire que tu subissais cette douleur parce que Voldemort était encore en vie. En fait, j'irai jusqu'à dire qu'il était capable d'influencer tes rêves même dans son état le plus faible, » Lui dit Albus, d'un air pensif.

Harry écarquilla les yeux. « Pensez-vous sincèrement qu'il ait pu faire ça ? »

« Je ne sais pas, » Dit Albus. « Tu n'as pas répondu à ma question, resteras-tu ici sans déguisement ? »

« Oui, au moins pour l'instant. Ca le rendra peut-être un peu plus prudent, mais je doute qu'il le reste longtemps. » Lui accorda Harry.

« Je réunis l'Ordre à 15h. Viendras-tu ? » Lui demanda le directeur, avec hésitation.

« Je suis un membre, alors oui, je serai là. Où a-t-il lieu ? »

« Il serait plus prudent que ce soit au quartier général. » Répondit Albus. Il était soudain devenu très intéressé à enlever les peluches de sa robe.

« Et où se trouve-t-il maintenant ? » Demanda Harry en jetant un œil à Albus avec un regard étrange.

Le directeur hésita avant de répondre. « 12 square Grimmaurd. »

Harry inspira profondément, il se rappelait le temps qu'il avait passé avec son parrain dans la vieille maison. « Je ne devrais pas être surpris, » Murmura-t-il. Sirius avait laissé toutes ses possessions à Harry et Remus quand il est mort, mais Harry avait refusé de réclamer ses droits de succession, se sentant trop responsable de la mort de son parrain pour accepter quoi que ce soit. Il avait transféré son dû à Remus quelques jours avant de partir pour commencer son entraînement.

« C'est la maison de Remus maintenant, mais il nous permet de continuer à l'utiliser en tant que quartier général. En raison, des nombreuses barrières anti-moldues et des charmes de dissimulation que la famille de Sirius avait placés sur la maison, Remus est d'accord pour dire qu'il n'y a pas de meilleur endroit. » Albus s'arrêta. « Il veut vraiment te voir. Il sera chez lui toute la journée si tu veux y aller avant la réunion, » Suggéra-t-il sur un ton léger.

« J'ai des choses à faire avant d'assister à la réunion de cet après-midi. Je te verrai là-bas. » Lui dit le directeur avant de quitter la pièce. Il ferma la porte derrière lui et laissa Harry seul avec ses pensées.


« Où est Harry ? » Demanda Minerva à Albus quand il revint s'asseoir à la Grande Table pour finir son petit déjeuner. La plupart des professeurs tout comme la plupart des élèves étaient partis mais certains membres de l'Ordre voulaient parler au directeur avant de s'en aller.

« Je l'ai laissé dans une salle vide, mais je ne pense pas qu'il y restera très longtemps. Il se joindra à nous pour la réunion cet après-midi. » Dit Albus doucement.

« Alors vous lui avez dit où se tenait la réunion, » Dit Ginny. C'était plus une affirmation qu'une question.

« Oui, » Répondit simplement Albus en beurrant une biscotte.

« Comment a-t-il réagi ? » Le pressa Ginny

Albus s'arrêta. « Je pense qu'il était un peu contrarié, mais il n'a pas eu l'air trop surpris. »

« Pourquoi s'en soucierait-il ? Rappelez-vous, il a tout laissé derrière lui. Il nous a tous laissé ! Pourquoi se soucierait-il de tout cela ? » Claqua Ron. Il poignarda d'un coup de fourchette ce qui restait de son petit déjeuner.

« Ronald Weasley, ton comportement ne cessera jamais de m'étonner : tu es vraiment un imbécile, » Murmura durement Ginny. « Toi et moi allons avoir une discussion, maintenant, » Lui dit-elle. Elle se leva, attrapa son oreille et la lui tira pour quitter la salle, inconscient du regard des derniers élèves.

« Nous ferions mieux de les suivre, » Soupira Hermione. « Il est probable que ça devienne violent si nous ne sommes pas là. » Dit-elle à Drago.

« Il est probable que ça devienne violent même si nous sommes là. » Marmonna-t-il en suivant Hermione.


« Je n'arrive pas à croire que tu aies fait cela devant les élèves ! » Hurla Ron une fois que Ginny l'eut conduit dans l'appartement qu'elle occupait avec Drago.

« Pourquoi est-ce que tu ne commences pas par me dire quel est ton problème ? » Lui demanda-t-elle, les mains sur les hanches.

« Qu -» Commença Ron. Mais il fut interrompu par le bruit de la porte qui s'ouvrait.

« Oups, désolé les gars. Ne vous arrêtez pas pour nous, » Expliqua Hermione. Elle s'assit à côté de Drago, assez loin de ses parents.

« Eh bien ? » Ginny exigeait de savoir.

« Je n'ai pas de problème ! »

« Ha ! Dès que je parle de Harry -»

« Je ne veux pas parler de lui, » Dit Ron obstinément. Il se leva pour faire face à sa sœur.

« C'est de lui dont je parle. Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? »

« A ton avis, qu'est-ce qui ne va pas ? » Railla Ron.

« Tu es en colère après lui parce qu'il est parti sans un mot, c'est ça, non ? » Lui demanda Ginny plus gentiment.

Ron regarda ailleurs sans répondre.

« Il n'a pas à te répondre., Il peut faire ce qu'il veut. Techniquement, il était adulte quand il est parti. Il était en âge de prendre ses propres décisions. »

« Il nous a laissés ! Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Moi je comprends qu'il se fiche de nous ! Sinon il ne serait pas parti. Il nous aurait dit quelque chose ou nous aurait laissé un mot. Il aurait pu être mort et nous ne l'aurions pas su, » Cria Ron en baissant les bras. Il faisait les cent pas dans la pièce. « Je l'aimais comme un frère et il me l'a jeté à la figure, Ginny ! Toi, tu devrais comprendre ce que je veux dire. »

« Tu ne crois pas sincèrement que c'est ce qu'il s'est passé, si ? » Lui demanda Ginny en regardant son frère attentivement.

« Si ! » Cria-t-il.

« Si, » Hermione lui fit écho avec réticence.

« Je l'aimais aussi, et bien sûr, j'étais en colère quand il est parti, amis je suis aussi soulagée qu'il soit en vie. Il ne serait pas parti à cause de nous. S'il ne se souciait pas de nous, il ne serait pas revenu et 'Jason' ne serait pas devenu ami avec nous, » Admit doucement Ginny.

« Ouais, il n'était pas obligé de passer du temps avec nous, mais il l'a fait, non ? Il n'était pas non plus obligé de passer du temps avec moi, mais il l'a fait aussi, » Remarqua Drago, perdu dans ses pensées.

Ginny acquiesça silencieusement à son mari et à sa belle-sœur, qui elle-aussi avec plissé les sourcils, et était pensive.

« Ca n'excuse pas ce qu'il a fait. Je le lui aurais dit si j'avais prévu de partir, » Dit Ron d'un air obstiné.

« Oh pour l'amour de dieu ! Tu n'es pas lui, et aucun de nous ne peut comprendre ce qu'il doit ressentir. Regarde à quel point il a changé depuis la dernière fois que nous l'avons vu. Tu étais son meilleur ami et il était comme un frère pour moi, et pourtant aucun de nous ne l'a reconnu. Même Albus ne l'a pas reconnu, » S'écria Ginny.

« Il doit être content de lui. Il nous a tous trompés. Je parie qu'il a bien ri, » Fulmina Ron.

Le regard de Ginny exprimait entièrement ce qu'elle pensait. « Il n'avait pas l'air 'content de lui'. Il a peut-être changé, mais profondément, il est toujours Harry, et Harry n'aurait jamais fait ça pour nous faire souffrir. »

Ron regarda sa sœur avec des yeux noirs et avec scepticisme.

« Ecoute, je sais que tu es en colère, moi aussi, mais si tu veux découvrir pourquoi il est parti, et si tu veux un jour redevenir ami avec lui, laisse-le tranquille, » Demanda Ginny à son frère.

« D'accord ? » Le pressa-t-elle quand Ron détourna à nouveau le regard. Ginny était au moins aussi en colère que Ron, mais les années qu'elle avait passé avec Drago lui avaient appris que les choses ne sont pas toujours ce qu'on croie au premier coup d'œil. Elle espérait que c'était le cas ici.

« Bien. » Grommela Ron.

« Nous pourrons lui parler cet après-midi à la réunion et peut-être pourrons-nous éclaircir certaines choses, » Suggéra Hermione.

« Peut-être. » Dit Ginny. Elle regarda son frère avec un regard entendu qui faisait encore les cent pas en grommelant.


Harry retourna dans sa classe et prit l'une des potions relaxantes que Theresa lui avait laissées ce matin. Il la but en une gorgée. Il avait définitivement besoin de quelque chose pour ses nerfs avant de voir Remus. Puisque son retour était officiel, il n'avait aucune raison de se cacher de lui et à la vérité, le maraudeur lui avait manqué pendant ses années d'absence. Si la réaction de ses 'amis' était un exemple, il n'avait pas vraiment envi de connaître celle de Remus.

Voyager grâce au réseau de cheminée était certainement le moyen de locomotion le plus rapide, même s'il n'était pas le plus confortable. Harry se dirigea vers la seule salle de classe qui possédait une cheminée. Une fois là, il vérifia que la salle était vide et prit une bonne poignée de poudre.

« Douze square Grimmaurd, » Dit-il clairement. Il essaya de ne pas s'étouffer avec la poussière, quand il fut projeté vers sa destination. La cheminée du quartier général de l'Ordre apparut devant lui et s'avança vers un tapis plein de suie devant la cheminée.


Il observa la pièce dans laquelle il se tenait et remarqua les changements qui avaient été faits depuis sa dernière visite. Les hideux portraits des membres de la famille Black, y compris celui de la mère de Sirius, avaient disparu et avaient été remplacés par des paysages. L'arbre généalogique des elfes de maison qui avait été rembourré et installé près de la cheminée avait été enlevé et remplacés par des photos de plusieurs personnes, toutes souriantes et bougeant dans leur cadre. En fait, les photos couvraient toute la surface de la salle. Harry se dépoussiéra et s'approcha pour regarder de plus près.

« Oh mon dieu, » Dit-il. Ses yeux commençaient à le piquer. Il mit une main sur le grand piano devant lui pour se stabiliser alors que lui, sa mère, son père, son parrain et Remus lui rendaient son regard sur leur rangée au-dessus du piano.

Il en prit une et toucha légèrement le verre, souhaitant pouvoir toucher les personnes à l'intérieur du cadre. James était allongé sur une grosse couverture à peluche et Harry était assis sur la poitrine de son père. James riait et tenait gentiment les mains de Harry, et les faisaient balancer d'un côté et de l'autre comme s'il essayait de danser avec son petit garçon. Lily était assise à côté de son mari. Elle souriait à ses deux hommes et tenait fermement la taille de son fils pour qu'il ne tombe pas.

Le cœur de Harry se serra douloureusement à cette vue. Il reposa la photo et en prit une double. D'un côté il y avait Sirius habillé de cuir des pieds à la tête assis sur sa moto. Harry était assis sur le revers de sa veste, seuls ses bras et ses jambes étaient visibles. Sirius agrippait fermement les mains de Harry et le balançait d'avant en arrière pendant que le petit garçon riait. De l'autre côté, Remus jouait au cheval et Harry le chevauchait. Sirius tenait l'enfant pour être certain qu'il ne tombe pas du dos de Remus.

Une première larme puis une autre tomba sur le cadre et Harry essuya rapidement son visage avec le dos de sa main. Il n'avait pas été conscient qu'il s'était laissé aller à pleurer. Il remit les photos à leur place et passa lentement devant chacune d'elle pour les regarder. Il y en avait de son père et de sa mère et quelques-unes des maraudeurs en tant que groupe. Il y avait des photos sur lequel on ne voyait que James, Lily et Sirius. D'autres photos de Harry avaient été prises quand il était à l'école, probablement par Colin Creevey.

Il prit une photo montrant Sirius et lui décorant l'arbre de Noël. C'était la dernière fois qu'il était dans la maison- et en fait ils s'emmêlaient dans les guirlandes et ne décoraient pas vraiment le sapin. Harry sourit au souvenir, et fut si perdu dans ses pensées qu'il n'entendit pas Remus entrer dans la pièce.

« Vous êtes un peu en avance pour la réunion, elle ne commencera pas avant quinze heures -» commença Remus mais il s'arrêta. Seigneur, ce que ce garçon, non ce jeune homme, lui avait manqué au cours des ans et maintenant, il était là. Il avait oublié à quel point Harry ressemblait physiquement à son père. En fait, pendant un instant irréel, quand il était entré dans la pièce, il fut presque convaincu qu'il voyait James se tenant devant le piano. Presque.

Remus surprit tant Harry qu'il laissa tomber la photo qu'il tenait et en fit tomber davantage quand il voulut la récupérer.

« Harry ? » Demanda Remus en hésitant. Le jeune homme le regarda avec tant de peur et de désespoir que Remus ne put que le regarder avec une expression incrédule.

« Harry ? » Répéta Remus. Il hésitait toujours mais il se rapprocha de lui. Harry essaya de se reculer, mais ne put pas davantage, il était appuyé contre le piano.

« Remus, je suis -» Bafouilla-t-il. Il se tourna pour arranger les photos qu'il avait fait tomber. Le maraudeur traversa la salle et sans mot, mit une main sur son épaule. Harry tressaillit un peu mais resta où il était.

« C'est l'une de mes préférées, » Dit Remus en désignant celle que Harry avait dans ses mains, celle où il était assis sur la poitrine de son père.

Harry arrêta son rangement pour regarder la photo. « Ils me manquent toujours. Je ne les connaissais même pas et ils me manquent quand même. Et Sirius aussi, » Ajouta le jeune homme dans un murmure. Sa main se mit à trembler et il remit la photo devant les autres, sur le piano.

Les deux hommes regardaient en silence les personnages souriants sur les photos et se perdirent dans un océan de souvenirs, certains bons, d'autres moins.

« Ce n'est pas juste, » Siffla Harry en serrant le poing. « Ce n'est pas juste qu'ils soient morts…et que je sois toujours là. »

« C'était une période sombre et nous avions tous conscience des risques que nous prenions. » Lui dit Remus.

« Mais ils sont tous morts en essayant de me garder en vie. Ils sont tous morts…par ma faute. » Murmura Harry.

La main sur l'épaule de Harry se resserra et il tourna Harry pour qu'il le regarde. La profonde douleur qu'il vit dans les yeux de Harry l'interloqua. « Ecoute-moi. Ils sont morts à cause de Voldemort, pas de la tienne. Si tu veux blâmer quelqu'un, blâme-le. »

« Je ne peux pas, » Murmura Harry. Une larme coula le long de sa joue. Remus regarda attentivement le jeune homme et l'embrassa. Pendant un instant, Harry se débattit, mais se laissa rapidement prendre dans l'étreinte de son vieil ami, acceptant l'amour et le soutient qu'il lui offrait. Ils restèrent ainsi un long moment. Ni l'un ni l'autre ne bougèrent avant que l'estomac de Harry se mette à crier parce qu'il avait sauté le dîner de la veille et le petit déjeuner.

« Désolé, » Grommela Harry d'un air gêné en se reculant.

Remus le tint à longueur de bras et le regarda d'un air appréciateur. « Tu m'as manqué. Regarde, comme tu as grandi. Tu es un jeune homme maintenant, et assez séduisant en plus, » Sourit-il. « Tu ressembles beaucoup à ton père mais je vois aussi très bien ta mère, » Pourtant ils n'ont jamais paru aussi hanté que tu l'es maintenant, ni l'un ni l'autre, pensa Remus d'un air grave. « Viens à la cuisine. Je vais te préparer à déjeuner, même s'il est encore un peu tôt. » L'invita-t-il.

Harry était interloqué. Après la réaction de ses amis la veille, il ne s'attendait pas à une telle réception. « Mais… n'es-tu pas en colère ? » Lui demanda Harry en fronçant le front tant il était confus.

Remus le regarda longuement et soupira profondément. « Je te mentirai si je te disais que je n'ai pas été en colère quand tu es parti, que tu n'aies pas essayé de rester en contact avec moi. J'ai pensé que tu avais tes raisons et je suis simplement heureux de te revoir. » Remus regarda Harry dans les yeux et tressaillit quand il vit la douleur et la culpabilité se refléter en eux. On dit que les yeux sont le miroir de l'âme, et le vieil homme n'aimait pas ce qu'il y voyait. L'inquiétude avait rapidement remplacé la colère quand il avait appris que Harry était avec eux depuis quelques temps mais qu'il avait refusé de leur dire qui il était.

« Rien n'a changé. Je t'aime autant qu'avant et si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là. Je veux que tu le saches. »

« Je ne sais pas quoi dire. T-tu mas manqué toi aussi. Ca n'avait rien de personnel…j'avais simplement besoin de partir. Je… » Marmonna Harry pour s'excuser. Allons. Tu devrais être en colère contre moi. Tous les autres le sont, et dieu sait que je le mérite.

Remus fronça les sourcils. Il ne pouvait pas imaginer pourquoi Harry avait eu besoin de partir. Il ne partagea pas ses inquiétudes avec le fils de son meilleur ami, il venait de retrouver Harry et il ne voulait pas le repousser en se faisant trop de soucis alors il se força à sourire et mit un bras autour des épaules du jeune homme.

« Allez viens déjeuner, tu pourras me dire ce que tu as fait depuis la dernière fois que je t'ai vu, » Persista-t-il en conduisant Harry vers la cuisine. Harry s'appuya sur Remus, reprenant des forces dans le touché du meilleur ami de son père. Il se sentait presque connecté d'une certaine façon, à son père.


Le déjeuner fut simple et tranquille. Remus écoutait Harry lui raconter morceaux par morceaux sa vie dans le monde moldu. Une fois les restes jetés à la poubelle, ils s'assirent dans le salon avec leur tasse de café.

« Je n'arrive pas à croire que tu sois devenu pharmacologue. Je pensais que tu détestais ce genre de chose. J'étais certain que tu ferais une carrière de professeur en Défense Contre Les Forces du Mal ou de Soin aux Créatures Magiques. »

« Non, j'adore la pharmacologie. C'est comme si quelque chose m'attirait dans l'apprentissage des médicaments. »

« Tu as dû trouver ça attirant de pouvoir rester éveillé pendant que tu étudiais, » Remarqua Remus pince-sans rire.

Harry parvint à faire un petit sourire. « J'aime vraiment la manière dont tu as arrangé la maison, » Dit-il en changeant de sujet pour ne plus devoir parler de lui.

« Tu aimes ? Sirius détestait cet endroit et la dernière fois qu'il est venu ici, il parlait de la redécorer. L'endroit qu'il aimait le plus au monde était la Salle Commune des Gryffondors à Poudlard et il voulait essayer de faire en sorte que cette maison lui ressemble. Puisqu'il n'a pas pu le faire, j'ai essayé de le faire pour lui. » Dit Remus avec nostalgie.

Harry s'obligea à déglutir. Il avait la familière boule dans la gorge. Elle apparaissait à chaque fois qu'il pensait à son parrain. « Tu as fait du bon boulot. »

« Merci. Ton père voulait faire quelque chose de semblable dans la maison qu'il partageait avec ta mère et toi, mais elle n'a jamais voulu en entendre parler. Elle et ses amies ont décoré la maison, 'libre de toute influence des maraudeurs', comme elle disait. »

Harry regarda son café d'un air pensif. « Parle-moi de mes parents et de Sirius. S'il te plait. Ils me manquent, mais je ne les connaissais pas vraiment. »

Personne ne devrait grandir sans connaître sa famille. Ce n'est simplement pas juste, pensa Remus tristement. « Que veux-tu savoir ? »

« Tout. Dis-moi tout. » Lui demanda Harry. « Il y a longtemps tu m'as dit que papa était un crétin arrogant quand il était à l'école. Il n'était pas comme ça tout le temps, si ? »

« Bien sûr que non. Il était l'un des personnes les moins égocentriques que j'ai connues dans ma vie. » Commença Remus en se rappelant les années qu'il avait passé avec ses meilleurs amis. « Je l'ai rencontré lors de notre premier cours… »


Remus regardait depuis un long moment le jeune homme qui s'était endormi sur le canapé. Il avait cherché Harry depuis qu'il avait quitté le monde sorcier, huit ans auparavant et il avait craint le pire quand il n'avait rien trouvé. Quand Ginny lui avait dit que Harry était revenu à Poudlard, il avait été peiné que le jeune homme ne l'ait pas contacté pendant le temps qu'il était là-bas et paradoxalement était fou de joie à l'idée de ne pas l'avoir perdu après tout.

Il était difficile de croire qu'il était la même personne qu'il avait rencontré tant d'années auparavant dans le train qui le menait à Poudlard au début de la Troisième Année du jeune homme. Son esprit notait les différences qu'il voyait entre le jeune garçon avec lequel il était devenu ami, et le jeune homme qu'il avait devant lui aujourd'hui. Il se souvenait de ce qu'il avait vu dans les yeux de Harry et ça lui déchirait le cœur.

Harry était assis sur le bord du fauteuil, le dos appuyé contre le coussin. Sa tête était penchée en avant et son menton reposait sur sa poitrine, ses lunettes étaient à moitié sur son nez. Remus s'assit à côté de lui et enleva gentiment ses lunettes qu'il posa sur la table à café. Harry ne bougea pas, alors Remus passa un bras autour des épaules du jeune homme et le tira vers lui pour qu'il soit appuyé contre lui. Harry soupira profondément et remua pour se mettre à l'aise. Remus caressa gentiment les cheveux de Harry, dégageant ainsi ses yeux. Il se rappelait d'une conversation qu'il avait eue avec James et Lily quelques semaines après la naissance de Harry.

« Cornedrue, tu vas devoir poser Harry à un moment ou à un autre. Tu ne peux pas le porter partout, tu sais. Un jour, il apprendra à marcher et alors, que feras-tu ? » Lui demanda Remus en secouant la tête.

« Alors j'arrêterai de le porter et je lui tiendrai la main. » Répondit James en regardant fièrement son fils. Il ne jeta qu'un coup d'œil à sa femme quand elle entra dans la pièce. « Oh, salut, chérie. »

« Il est ainsi depuis que nous avons ramené Harry à la maison. Il ne veut pas le quitter du regard, même une minute, » Soupira-t-elle en regardant son mari avec amour. Mari qui n'avait d'yeux que pour son fils.

« Je ne peux pas m'en empêcher, il est si précieux. Regarde-le. Il est parfait, » Dit James d'une voix douce en faisant des chatouilles à Harry.

« Ne t'inquiète pas, je veillerai sur ton fils, je te le promets, » Jura Remus doucement. Il se perdit dans ses souvenirs.


Un bruit semblable à celui d'un train, suivit d'un bruit sourd annonça l'arrivée d'une personne dans la salle.

« Oh, comme c'est attendrissant, ça me rend malade, » Railla le professeur Snape qui se tenait sur le pas de la porte. Il regardait Harry et Remus.

« Chhhut, » Le prévint Remus. Severus leva simplement les yeux au ciel.

« Oui, nous ne voudrions pas réveiller Potter de sa sieste. »

« Je ne crois pas que tu comprennes. »

« Et je n'en ai rien à faire. J'ai tes potions. » Dit Severus. Il tendit quelques flacons à Remus. La pleine lune approchait et Remus était redevable à Severus de lui apporter la potion qui rendait ses transformations moins douloureuses et lui permettait de conserver son esprit.

« Merci. Pose les n'importe où pour l'instant, je les rangerai tout à l'heure, » Dit Remus doucement.

Severus fixa les deux hommes devant lui avec des yeux pleins de dédain. « J'aurais dû savoir que tu serais celui qui le dorloterait maintenant qu'il est de retour. »

« Je ne vois pas cela comme une cajolerie. Je vois ça comme de la nécessité. » Contra Remus.

« Rien n'a changé -» Commença Severus avant que Harry ne s'étire. Il grogna légèrement en s'asseyant. Il cherchait ses lunettes.

« Elles sont sur la table à café devant toi. » Lui dit Remus pour l'aider.

« Merci, » Harry lui en était reconnaissant. Il mit ses lunettes. « Je suis désolé, je ne voulais pas m'endormir sur ton -» Commença Harry, mais il s'arrêta quand il vit Severus.

« Professeur, » Le salua Harry froidement, mais poliment.

« Potter, » Cracha le maître des potions. Sa voix était pleine de raillerie. « Permettez-moi de vous présenter mes sincères excuses de vous avoir réveiller de votre sieste. »

« Je ne faisais pas la sieste. » Lui dit Harry. Son visage était impassible.

« Vous avez apparemment trouvé l'attention que vous pensez mériter dans les bras du camarade d'armes de votre père, » Dit le Maître des Potions en reniflant

« Ca suffit, » Dit Remus à Severus en se levant. Harry avait rapidement changé d'expression quand il avait aperçu le Maître des potions et cela surpris Remus. « Harry a traversé beaucoup plus de choses que nous -»

« Nous avons tous traversé des épreuves et nous avons tous fait des choses que nous nous ne voulions pas faire, » Siffla Severus.

« Remus. Je te remercie, mais ne t'inquiète pas, » Dit Harry doucement à l'ami de son père. Il se tourna vers Severus et dit sur un ton métallique, « N'essayez pas de vous comparer à moi. Vos actes ont été dictés par les choix que vous avez faits. Je n'ai pas eu le choix en la matière. »

Si Severus avait été affecté par l'insulte, il ne le montra pas. Son visage était aussi inexpressif que celui de Harry. « C'est une sacrée crise que vous nous avez faite hier, mais vous devez réaliser que vous n'êtes pas un cas particulier, mon garçon, et vous ne l'avez jamais été. Arrêtez de vous sentir désolé pour vous-même. »

« Severus ! » L'admonesta Remus.

« Je ne me sens pas désolé pour moi-même. En fait, je suis désolé pour tous les autres. Veuillez m'excuser, » Le jeune homme passa devant le Maître des Potions pour sortir de la pièce.

« Ne restes-tu pas pour la réunion ? » L'interpella Remus.

« Je ne vais pas loin, je vais simplement à la salle de bain. »

« Te rappelles-tu où elle se trouve ? »

« Oui, je reviens. »

« Es-tu sûr de ne pas vouloir l'accompagner ? » Demanda Severus avec sarcasme à son ancien camarade de classe. Il s'assit sur l'une des chaises et attendit l'arrivée des autres membres de l'Ordre. « Ce n'est plus en enfant. Il n'a pas besoin que tu lui tiennes la main. »

« Je pense que le problème vient du fait que personne ne lui a jamais tenu la main. » Remarqua doucement Remus.

« Pas plus que moi, » Lui signala Severus.

« Ah oui et on voit ce que tu es devenu. »

« Je ne pense pas qu'il ait trop mal tourné. » Remarqua Drago en entrant dans la pièce. Il se dépoussiéra.

« Toi et moi sommes des pôles à part sur ce sujet. » Grommela Remus en secouant la tête. Ginny, Ron et Hermione suivaient Drago dans la salle.

« Minerva a dit qu'elle serait un peu en retard à cause des élèves et des bombabouses, » Lui dit Drago en gardant un visage serein.

« Harry est-il venu te voir ? » Demanda Hermione à Remus. Elle était hésitante.

« Oui. Il est monté à l'instant, mais il devrait revenir d'ici une minute. »

« Comment… t'a-t-il semblé ? » Lui demanda Ginny, incapable de le regarder dans les yeux.

Remus observa pensivement le petit groupe. « Pourquoi ? Quelque chose ne va pas ? »

« Tu veux dire mise à part ce qui est évident ? » Marmonna Ron.

« Arrête ! » Siffla Ginny en donnant un violent coup de coude à son frère. Remus regarda Ron avec des yeux noirs et Ron se reprit.

« Il n'est pas à prendre avec des pincettes, mais ce n'est pas très surprenant si on prend en compte ce qui s'est passé hier, d'après ce que Ginny m'a dit. Pourquoi poses-tu cette question ? » Lui demanda Remus comme pour protéger le jeune homme.

« Nous sommes simplement inquiets à son sujet, c'est tout. » Répondit Hermione.

Le regard de Remus montrait pleinement ce qu'il pensait. Il s'excusa ensuite et retourna à la cuisine préparer du thé et du café pour les membres de l'Ordre. Quand il revint, la plupart des membres étaient arrivés.

« Peut-être devriez-vous appeler Harry ? » Suggéra Albus sur un ton léger quand il vit la dernière personne arriver. Remus acquiesça et monta à la salle de bain.

« Harry, » L'appela-t-il gentiment en frappant à la porte. « La réunion va commencer. »

« Très bien. Ne m'attendez pas, je descends dans une minute. » Lui dit-il.

« A tout à l'heure alors, » Lui dit Remus en redescendant.

Harry regardait son reflet dans le miroir et s'aspergea un peu plus d'eau froide sur le visage. « Reprends-toi. Ca fait longtemps que tu n'as laissé personne te pousser ainsi et tu ne vas pas commencer maintenant, » Se dit-il fermement. « Et voilà que tu te remets à te parler. Terrifiant, » Soupira-t-il. Il éteignit l'eau et prit une serviette.

Il n'y avait plus beaucoup de place dans la grande pièce quand il arriva, il trouva une place tranquille dans un coin et apporta une chaise.

« Bien. Nous sommes tous là. D'abord, laissez-moi souhaiter un bon retour à Harry, » Déclara Albus. Quelques personnes retinrent leur souffle et une trentaine de têtes se tournèrent pour voir le jeune héros. Harry grogna intérieurement.

« C'est bon de t'avoir parmi nous, » Le salua Albus.

Beaucoup de membres applaudirent et murmurèrent des bienvenus enthousiastes.

« Merci, » Dit-il simplement. « Mais je ne veux pas que l'on parle de moi. Je veux que l'on parle de Voldemort. Il est de retour, et nous avons beaucoup de travail à faire… »

Remus regarda attentivement l'expression implacable du visage du fils de son meilleur ami et il fronça les sourcils. Il était inquiet.


« Nous ne savons pas où est Voldemort ou ce qu'il a prévu. Nous connaissons par contre, les noms de certains de ses partisans. Alors, la meilleure chose que nous puissions faire est de rétablir nos réseaux d'informations. Il serait plus prudent de nous regrouper pour faire cela, » Leur ordonna Albus. Les membres discutèrent alors entre-eux, à voix basse.

« Nous approchons à nouveau d'une période dangereuse et nous devons tous faire ce que nous pouvons. Une fois que nous aurons rétabli nos réseaux d'informations, nous devrions être en meilleure position pour agir contre Voldemort. Sur cette note, je pense qu'il est temps de terminer cette réunion. » Conclut le directeur en se dirigeant vers la table à café de Remus.

De nombreuses personnes voulaient parler à Harry, en particulier les membres les plus âgés de la famille Weasley, mais Harry quitta la pièce avant d'être abordé.

« Remus, » Demanda Ron à son ami. « Harry t-a-il dit pourquoi il était parti, ou pourquoi il est revenu?"

Son aîné rejoignit leur petit groupe et plissa les yeux. « N'est-ce pas le genre de chose que tu devrais lui demander toi-même ? »

Ron eut la grâce de rougir sous le regard dur.

« Tout ce qu'il a dit est qu'il devait partir, » Lui dit Remus.

« C'est ainsi ? » Lui demanda Ron avec colère.

« Oui, » Affirma l'homme sur un ton bas qui contenait une menace.

« Tu m'étonnes, » Railla le jeune homme roux.

Remus regarda le petit groupe avec attention. « Vous étiez très proches de Harry quand vous étiez à l'école alors laissez-moi vous dire ceci. Je comprends que vous ayez été blessé quand il est parti, moi aussi, mais je pense qu'il y a plus de choses à prendre en compte ici que vos sentiments. Pensez-y. »

Le petit groupe regarda leur vieil ami quitter la pièce.

« Qu'a-t-il voulu dire par là ? » Demanda Ron à voix haute. Il n'avait jamais été très subtil.

Ginny leva les yeux au ciel. « Il veut dire que j'avais raison et que tu dois regarder au-delà du bout de ton nez, idiot. »


Remus trouva Harry prés du piano, devant la cheminée. Il observait les photos. Le jeune homme s'autorisa à se souvenir de tout ce qu'il avait perdu et qu'il n'aurait jamais la chance d'apprécier. Il se souvenait de la manière dont ses parents étaient morts, en héros, essayant d'arrêter Voldemort et de le sauver. Il repoussa les larmes au souvenir Sirius qui était mort comme un homme, combattant les mangemorts et protégeant Harry.

« Je pensais bien te trouver ici, » Di Remus très doucement. Il ne voulait pas surprendre Harry.

« J'avais simplement besoin de me rappeler, » Dit Harry en regardant avec attention la photo qu'il tenait dans ses mains.

Remus le regarda étrangement. « Te rappeler de quoi ? »

« Oh, de la raison pour laquelle je l'ai fait avant… et pourquoi je recommence, » Murmura le jeune homme.

Remus acquiesça. Il comprenait ce qu'il venait de dire aussi bien que ce qu'il n'avait pas dit.

« Oh, j'ai presque oublié, je dois parler à Drago et à Snape, sont-ils encore là ? » Lui demanda soudain Harry.

« Ils étaient là il y a quelques instants, » Répondit Remus.

« Bien, merci, » Lui dit le jeune homme en sortant précipitamment de la salle.

Ne t'inquiète pas Cornedrue, je veillerai sur ton fils, je te le promets. Il réitéra sa promesse à une photo des maraudeurs, dans leur dortoir.


La plupart des membres de l'Ordre étaient partis, mais Drago, Ginny, Ron, Hermione, Severus et Albus étaient restés. Ils attendaient tous de pouvoir parler avec Remus avant de partir. Quand ils virent Harry s'approcher, Ron grogna et alla de l'autre côté de la salle.

« Ron ! » Siffla Ginny.

Harry sentit son cœur se serrer quand il vit Ron partir, mais il repoussa le sentiment. « Je ne voulais pas vous interrompre, » Leur dit-il doucement. « Je voulais simplement parler à Drago et au professeur Snape.

« Seulement nous ? » Lui demanda Drago un peu surpris.

Severus renifla de dédain et détourna le regard.

Harry ignora son aîné et continua. « En fait, je pense que tout le monde pourrait en profiter, je voulais leur parler parce que j'ai pensé qu'ils étaient en danger maintenant que le cercle de Voldemort cherche activement à les tuer. »

« Veux-tu t'asseoir ? » Lui proposa Ginny.

Harry jeta un œil vers le groupe et acquiesça un peu triste de voir qu'ils avaient tous l'air mal à l'aise en sa présence. « Merci, » Dit-il en s'asseyant dans un siège à l'opposé du groupe. « Ca ne prendra pas longtemps. Je pense que nous sommes tous des cibles des mangemorts et de…Voldemort…. Et il va être difficile de se déplacer. Ce sera surtout difficile pour tous les deux. De nombreuses personnes pensent que vous étiez loyaux à Voldemort pendant la guerre et je sais que personne n'a essayé de décourager cette opinion au cas où un mangemort aurait découvert que vous l'avez espionné et qu'il essaye de vous tuer. Maintenant que Voldemort a découvert que vous l'avez tous les deux trahi, des mangemorts vont vouloir vous tuer, tout comme la population, » Expliqua Harry aux deux hommes. « Je peux vous apprendre à jeter un charme de dissimulation qu'un sort de révélation ne trahira pas…si vous voulez. »

« J'allais te le demander, » Admit Ginny. « Albus a dit avoir jeté sur toi un sort de révélation quand vous vous êtes rencontrés et il n'est pas apparu que tu étais sous un sort de dissimulation. Il a jeté un autre sort sur toi dans la salle de classe, quand ta cicatrice s'est réveillée, et il n'a pas vu que tu étais sous l'influence d'un charme. Comment cela est-il possible alors que tu avais un sort de dissimulation tout le temps. »

Harry s'arrêta et essaya de donner une explication.

« Avant de commencer, est-ce que ça vous dérangerait si j'appelais Albus ? Je suis certain qu'il serait intéressé d'entendre ton explication. » Lui demanda Hermione.

« Euh, bien sûr, » Dit Harry.

Il regarda le groupe et remarqua qu'ils arboraient tous des expressions différentes. Ginny paraissait contente de lui parler. Drago semblait nerveux et Severus avait l'air totalement impassible, comme d'habitude. Hermione, Remus et Albus se joignirent à eux un moment plus tard, mais pas Ron.

« J'ai hâte d'entendre ton explication, Harry. » Lui dit Albus en s'asseyant confortablement sur une chaise à côté de Harry. « Quand mon sort de révélation ne m'a pas montré ta véritable apparence hier, j'ai pensé que tu avais dû prendre une potion, un peu comme celle que fait le professeur Snape, qui résistent aux sorts de révélation. J'ai aussi pensé que tu avais dû prendre du polynectar. Cette technique a déjà été utilisée avant. » Dit-il sérieusement. Il se souvenait de la manière dont Barty Crouch Junior avait utilisé la potion pour tromper le directeur lui-même tout comme le reste du personnel et des élèves, et faire croire qu'il était Alastor Maugrey.

« Non, j'ai utilisé un sort. Euh, je ne sais pas vraiment comment expliquer cela correctement mais j'espère que vous me comprendrez. Il y a longtemps, un groupe de sorciers a essayé de combiner un sort de dissimulation standard que nous utilisons tous de nos jours, avec un sort qui devait rendre le sort de révélation inutile. Mais il ne le repoussait pas comme il l'aurait fait…Je ne sais pas… une couverture du premier sort. L'idée était que le sort de dissimulation soit jeté en premier et le second…. Il n'a pas de nom, une sorte d'anti sort révélateur… soit jeté après le premier avec l'intention qu'il repousse tous les sorts de révélation autre que le charme de dissimulation, » Expliqua Harry lentement. Il fronçait les sourcils pour se concentrer.

« Ca me semble correcte à moi, » Acquiesça Hermione.

« Ca n'a pas fonctionné. Les sorciers n'ont pas pris en compte la nature du révélateur de sort. Il est fait pour détecter tous les sorts de dissimulation que pourrait porter une personne. C'est comme s'il tournait autour du premier sort pour trouver le second. Mais mes instructeurs et moi- en fait plus eux que moi- avons découvert que si nous faisions en sorte que le sort anti-révélation soit dans le sort de dissimulation, il modifiait la nature du sort et devenait une part de celui-ci. Alors le sort de révélation ne peut pas les détecter, » Conclut Harry.

Albus, Severus, Remus et Hermione acquiescèrent lentement, absorbant ce qu'il leur avait dit. Mais pour Ginny et Drago cette explication semblait venir d'une autre langue.

« Alors un nouveau sort a été développé ? » Lui demanda Hermione en mettant fin au silence.

« Non. Deux sorts sont jetés simultanément…en quelque sorte. » Soupira Harry en passant ses mains dans ses cheveux de frustration. « En les jetant, il faut conceptualiser les deux sorts travaillant ensemble pour achever un but. Comme deux parts d'une même machine.. Comme je le disais je peux vous le montrer, à vous et aux autres membres de l'Ordre, si vous le souhaitez, » Proposa le jeune homme. Il remarqua le regard confus de toutes les personnes.

« J'ai lu qu'il y avait eu des tentatives pour créer un sort de dissimulation dont on ne pourrait pas voir en travers. Ne serait-ce pas Salazar Serpentard et sa compagnie de magie noire qui serait derrière cet essai ? » Demanda le professeur Snape, les sourcils légèrement haussés.

« Oui, » Admit Harry.

« Salazar Serpentard? » S'exclama Ginny, un peu inquiète.

« Qui l'a développé n'a pas d'importance, c'est un excellent travail, » La raisonna Harry.

« Je dois dire que je suis extrêmement surpris de découvrir que je n'avais jamais entendu parler de ce sort avant aujourd'hui. Dis-moi, est-il difficile à lancer ? »Lui demanda Albus légèrement surpris.

« Et bien…Vous devez être capable de jeter deux sorts en même temps, » Admit Harry, « Mais je ne pense pas que ce soit un problème pour vous. »

Le reste du groupe se regarda, ils doutaient de leur propre succès.

« Est-ce que ça fonctionnerait si le charme de dissimulation était lancé en même temps par la personne qui veut se déguiser et par une autre qui lancerait le sort anti-révélation sur une personne ? » Lui demanda Hermione. Elle pensait qu'il était peu probable qu'ils puissent jeter ce sort, mais il était trop précieux pour ne pas en profiter et donc, elle avait fait travailler son cerveau pour essayer de trouver un moyen de l'utiliser.

« Euh, je ne sais pas. Je n'ai jamais essayé. En fait, je ne pense pas que ce soit possible. Les sorts ont besoin d'être plus ou moins tissé ensemble et combiné avant que la magie ne quitte votre baguette et ça ne peut pas arriver si deux personnes différentes jettent le sort. Mais je peux quand même vous montrer comment le jeter si vous voulez et vous pourrez le travailler. »

« Cela fonctionnerait-il si tu jetais le sort sur nous ? » Le pressa Hermione.

Harry y réfléchit. « Je ne vois pourquoi ça ne marcherait pas. »

« Comment as-tu découvert ce sort ? »

« Mes instructeurs et moi l'avons trouvé dans un de mes livres, et nous avons essayé de corriger les problèmes. En fait, ils ont fait le plus gros du travail, » Admit Harry.

« Plus de livres ? Combien de livres as-tu ? » Lui demanda Drago avec curiosité.

« Quelques-uns. » Répondit Harry vaguement sans regarder Drago.

Severus le regarda avec intérêt. Il était évident qu'il mentait, ce qui surpris quelque peu le maître des potions. Harry n'avait jamais été un élève particulièrement studieux et il y avait des moments pendant ces années quand le malicieux professeur s'était demandé s'il savait lire.

« Ecoutez, je pensais simplement que ça pourrait aider, » Dit Harry en brisant le silence qui c'était une fois de plus installé et se leva. « Parlez-en à Ron et faites-moi savoir si vous voulez que je vous montre comment lancer ce sort. »

Drago se leva à son tour et dans un mouvement fluide, se mit devant Harry, le prenant par surprise. Il parla si doucement que lui-seul put entendre, il demanda, « Est-ce que je peux te parler, en privé ? »

« Euh, bien sûr, » Répondit Harry en suivant Drago dans la cuisine.

Drago ferma la porte derrière eux afin de s'assurer qu'ils ne soient pas interrompus. « Je voulais simplement que nous sachions tous les deux où nous en sommes. »

Harry cligna des yeux de surprise. « Je -»

« Avant de te laisser parler, je voudrais que tu saches que ni Ginny ni Hermione ni moi ne ressentons la même chose que Ron. Oublie qui nous étions quand nous étions à l'école. J'ai passé plusieurs années devant Voldemort, face à face, et même si j'étais l'un de ses préférés, j'étais mort de peur chaque fois que je devais le faire. Je ne peux pas imaginer ce qu'il t'a fallu pour lui faire face sachant qu'il voulait te tuer. Je voulais juste te dire que tu as mon respect, » Lui dit Drago en tendant la main.

Harry serra la main tendue sans hésitation et acquiesça sombrement en signe de reconnaissance.

« Et toi tu as le mien. Je ne sais pas comment tu as pu mentir à Voldemort aussi longtemps que tu l'as fait, » Dit-il.

« J'espère que les choses ne changeront pas entre nous. J'aimais bien 'Jason'. » Dit Drago.

« Jason t'aimait bien aussi. » Lui dit Harry en lui faisant un petit sourire. « Jason attendait aussi de savoir comment tu prendrais le fait de savoir que tu avais parlé de ton problème…sexuel…. avec Harry Potter. »

Drago rougit quand il réalisa que c'est ce qu'il avait fait.

« Jason veut que tu saches que ton secret est en sécurité. Juste entre nous trois- euh quatre, je pense si on inclut Ginny. »

« Euh,…d'accord, » Bégaya Drago. « Je vais bientôt devoir partir, mais j'avais espéré que tu viendrais avec Severus et moi pour rétablir nos contacts et notre réseau d'informations. »

« Tu devrais demander au professeur avant de m'inviter. Il n'avait pas l'air vraiment ravi avec ma petite-surprise, surprise, » Lui dit Harry en levant les yeux au ciel.

« Je le ferai si tu penses que c'est nécessaire. Si tu as besoin d'aller voir du monde ou quoi que ce soit, je serais content de venir avec toi, si tu veux de la compagnie ou de l'aide. » Lui proposa Drago.

« Les mangemorts veulent ta mort, » Lui dit franchement Harry.

« Ils savent plus ou moins qui sont les pièces essentielles de l'Ordre, alors ils prendront pour cible plus de personnes que simplement Severus et moi maintenant. »

« Tu as raison. » Murmura Harry, inquiet pour ses amis. « Ecoute- fais en sorte que Ron, Hermione et Ginny ne restent pas seuls. Fais en sorte qu'ils soient toujours avec toi, Minerva ou Snape. Je me fiche qu'ils discutent avec toi, n'accepte pas 'non' comme réponse. »

« Ils peuvent prendre soin d'eux tout seuls, mais je le ferai. » Acquiesça Drago. Il avait remarqué l'expression inquiète sur le visage de Harry.

« Merci. »

« Ecoute, toi et Ron devrez régler vos différents, » Lui dit Drago faiblement. Il savait qu'il en faudrait beaucoup pour que son beau-frère, borné, revienne.

« Ouais, » Marmmona Harry. Il doutait que ça arrive dans les prochains jours. Ron avait déjà réagi de cette façon en une seule occasion, quand Barty Croupton junior était venu à Poudlard déguisé en Maugrey fol Œil et qu'il l'avait fait participer au Tournois des Trois Sorciers sans son consentement. La plupart des élèves de l'école, y compris Ron, étaient convaincus que Harry avait mis lui-même son nom dans la coupe pour avoir plus d'attention qu'il n'en avait déjà. Ce n'est que lorsque Harry avait été blessé par un dragon lors de la première tache que Ron avait réalisé qu'il s'était trompé, et tout est alors redevenu comme avant. Il se demandait s'il faudrait quelque chose d'aussi désastreux pour qu'ils puissent faire la paix.

Severus trouva finalement les deux jeunes hommes dans la cuisine et s'arrêta avant de frapper. Il se demandait de quoi ils parlaient.

« Les autres sont prêts à partir, » Dit-il à Drago en ignorant Harry qui fit de même.

Drago acquiesça et se retourna vers Harry. « Ecoute, tu dois dormir parce que demain matin nous avons un cours et puisque nous n'avons rien préparé, nous devrons nous débrouiller. »

« Nous ? »

« Oui, nous, » Sourit Drago. « A demain, » L'interpella-il. Il était soulagé d'avoir arrangé les choses avec Harry. Il se retourna et remarqua que Severus le regardait bizarrement.

« Rien de ce que je ne dirais ne pourra te faire comprendre, alors je n'essaierai même pas. » Lui dit simplement Drago. Il avait trouvé que Jason ou Harry était un homme qui valait la peine d'être connu et il serait hypocrite de sa part, lui un homme qui avait pratiqué la tromperie pendant si longtemps, de retenir cela contre lui. Il se demandait pourtant ce qui avait poussé Harry à tromper ainsi les gens qu'il proclamait aimer.


Remus trouva Harry assis seul dans la cuisine, une tasse de café dans ses mains et regardant pensivement par la fenêtre. Albus venait d'expliquer au dernier maraudeur ce qui s'était exactement passé la veille, ce qui expliquait les raisons pour lesquelles Ron et Harry n'étaient pas en très bon terme.

« Pourquoi ne restes-tu pas pour dîner ? » Lui proposa Remus. Harry sourit avec reconnaissance au meilleur ami de son père.

« Seulement si je cuisine. » Lui proposa Harry. Discuter avec Drago lui avait fait du bien et pour la première fois depuis longtemps, Harry se sentait à l'aise.