Chapitre 15
Au cours de ses huit ans d'absence, Harry avait presque oublié la manière dont le monde sorcier réagissait à sa présence. Il était difficile d'ignorer la manière dont les gens regardaient son front, glissaient sur ses yeux et dont le regard s'attardait sur le reste de sa personne. Il était presque certain que certaines personnes entraient dans une pièce et discutaient sans fin, juste pour être là, comme lui.
Il était encore plus déconcerté lorsque des membres de l'Ordre venaient lui demander conseil ou avis, comme ils le faisaient avec Albus.
Je ne suis le leader de personne, pensa-t-il avec énervement. Il avait plus ou moins travaillé par lui-même pendant la guerre alors comment saurait-il coordonner un groupe ? Il lui fallut un certain temps pour les convaincre d'aller voir Albus qui avait des décennies d'expériences de plus que lui.
Les élèves quant à eux, avaient eu des réactions différentes quand ils avaient appris que Harry Potter était l'un de leur professeur. Certains le suivaient, ce qui était au mieux énervant, au pire gênant : sous surveillance, il avait plus de difficulté à effectuer ses missions pour l'Ordre. D'autres élèves, en particulier les Serpentards étaient prudents. Harry en attribuait la cause au fait que leur maison avait toujours été associée à Voldemort et à ses mangemorts, ils supposaient donc que son attitude devait leur être préjudiciable.
D'un autre côté, les Gryffondors ne pouvaient pas être plus contents. Ils ressentaient de la fierté parce qu'ils voyaient en lui tout ce qu'être un Gryffondor signifiait, et ils pensaient aussi qu'avoir Celui Qui A Survécu de leur côté serait un avantage dans leur rivalité contre les Serpentards. Ils se trompaient et les Gryffondors perdirent un grand nombre de points et gagnèrent un nombre de détentions record les semaines qui suivirent. Ils durent comprendre que Harry n'encouragerait pas plus leur rivalité que ne l'avait fait le professeur Green.
Il fallut à Harry plusieurs semaines pour rétablir un rapport avec ses élèves et il était content de voir qu'ils étaient prêts à faire plus d'effort sous l'œil vigilant du 'professeur Potter' que sous celui du 'professeur Green'. La célébrité n'était peut-être pas tout, mais si ses élèves étaient capables de mieux se défendre, grâce à sa célébrité, alors il ne se plaindrait pas. Des temps sombres les menaçaient à nouveau et Harry et Drago poussaient leurs élèves pendant les cours en espérant que leurs leçons leur seraient suffisantes pour affronter ce qui leur était réservé.
Harry savait trop bien ce qui les attendait. Mais il ne pensait pas que les autres prenaient le problème aussi sérieusement qu'ils le devraient. Il ne comprenait pas pourquoi l'Ordre semblait content de bouger aussi lentement. Il savait qu'il était important de rétablir les réseaux de communication, mais il ne comprenait pas pourquoi ils n'avaient fait que cela pendant le dernier mois et demi. A chaque fois qu'il avait essayé d'en discuter avec Albus, le directeur lui répondait qu'il n'y avait rien de plus important puisqu'ils ne pourraient avoir aucun renseignements venant du cercle des mangemorts, pas cette fois.
Harry avait fait attention d'entretenir son réseau de communication pendant les dernières années de guerre. En fait, il s'était crée un réseau après avoir commencé son entraînement. Il comptait sur quelques personnes dans le monde sorcier comme dans le monde moldu pour lui fournir des informations. Il avait commencé à rechercher ses contacts : certains s'étaient caché à la fin de la guerre et il lui avait été extrêmement difficile de les retrouver, mais d'autres se trouvaient exactement à la même place que lorsqu'il les avait quittés, huit ans plus tôt.
L'un des rares week-ends pendant lequel il n'était pas réquisitionné pour surveiller les enfants à Pré au Lard il rendit visite à l'une de ces personnes. L'audace de ce contact le fit grogner intérieurement : il se trouvait exactement dans la même librairie, dans l'Allée des Embrumes, et vendait les mêmes publications, celles 'difficiles à dénicher', où Harry l'avait rencontré dix ans plus tôt.
Il jeta un œil dans le magasin pour être sûr que la personne qu'il cherchait était là et que personne d'autre ne s'occupait de la boutique. Il vit un homme aux cheveux noirs soulever une pile de livres du comptoir pour les ranger sur une étagère. Harry se contorsionna pour mieux voir le visage de l'homme mais avant qu'il ne sache ce qu'il se passait, la porte s'ouvrit et il chancela.
« Josh ? » Lui demanda Harry en scrutant son visage.
« Harry ? » Lui demanda Josh. Il cligna des yeux plusieurs fois sous l'effet de la surprise. « Tu as changé. »
« Toi aussi, » Remarqua Harry. « Mais ça fait vraiment longtemps. Pouvons-nous parler- seuls ? »
Le visage de Josh perdit immédiatement son sourire et regarda des deux côtés de la rue avant de tirer Harry dans le magasin et de fermer la porte derrière lui. Il tourna l'indication « Open » et jeta un sort d'insonorisation.
« C'est…bizarre. Bon sang, que fait-il ici ? » Grommela Drago. Lui et Severus étaient venus voir un ancien allié dans une rue de l'Allée des Embrumes et tournaient à un coin quand ils virent Harry être tiré dans un magasin, et la porte se refermer derrière eux.
« Je ne sais pas et ça ne m'intéresse pas, » Répondit Severus trivialement. Bien que le comportement de 'l'Enfant Chéri le confondait énormément.
« Il a été si occupé ces dernières semaines - c'est à peine si je l'ai vu en dehors des cours et il ne se joint plus à nous pendant les repas. Je me demande ce qu'il fait, » Dit Drago, plus pour lui que pour Severus.
« Potter a toujours fait ce qui lui plaisait et il continuera à faire de même. Il y a certaines choses qui ne changeront jamais. » Railla Severus.
Drago regarda Severus avec des yeux qui en disaient longs et l'autre homme remua légèrement sous le regard, mais ne donna aucune autre indication qu'il avait été affecté.
« Dans tous les cas, je suis curieux de savoir ce qu'il fait, » Dit Drago. Il regarda d'un côté et de l'autre de la rue afin de s'assurer que personne ne l'observait puis leva sa baguette et s'approcha doucement de la porte dans laquelle Harry avait été entraîné. « Merde, » Marmonna-t-il en baissant sa baguette. « Un charme d'insonorisation. »
« Une telle pratique est courante. Croyais-tu vraiment qu'ils n'allaient pas en utiliser un ? » Lui demanda Severus sèchement en prétendant examiner les signes inscrits sur la vitrine du magasin. Si un passant les voyait, il paraîtrait simplement être intéressé par ce que le magasin vendait.
Drago sourit malicieusement. « Ca n'a pas d'importance. J'ai toujours une paire de ceci sur moi. Je ne quitte jamais la maison sans. » Le jeune homme s'arrêta et grogna pendant qu'il enlevait les Oreilles à Rallonge de sa robe. « Je pense que les Weasley déteignent sur moi. »
Severus soupira profondément. « On dirait, » Répondit-il. Il se mit devant Drago pour le couvrir des autres passants.
Drago fit un signe de tête à son ami et vérifia l'allée avant de lancer les oreilles extensibles sous la porte du magasin. Personne ne vint voir à qui appartenait les oreilles et il ne sentit personne tirer dessus. Il relâcha enfin le souffle qu'il n'avait pas conscience de retenir, s'engouffra dans le coin le plus proche et demanda à Severus de se joindre à lui.
« Tu dois écouter là, » Lui dit-il en lui donnant une oreille.
« Ca fait longtemps, » Dit Josh. Ses yeux s'attardèrent sur Harry d'un air appréciateur.
« C'est vrai, mais je ne suis pas là pour ça. »
« Dommage, » Josh haussa les épaules avec un regard entendu.
« J'ai entendu des rumeurs. Les mangemorts sont à nouveau actif. »
« Oui, ils causent des problèmes aux moldus. »
« Est-ce simplement des incidents isolés ou penses-tu qu'ils fassent partis de quelque chose de plus important. »
« Leurs activités ne paraissent pas être organisées, mais je suis certain qu'ils ont un agenda. »
« Peux-tu découvrir ce dont il s'agit ? »
Josh regarda longuement et durement Harry. « Est-ce la raison de ton retour ? »
« Partiellement, » Admit Harry avec réticence. « J'ai l'impression qu'il va se passer quelque chose d'important et j'aimerais être capable de leur barrer la route, si c'est possible. Puis-je compter sur tes yeux et tes oreilles ? » Lui demanda Harry sérieusement.
« Toujours. Nous opérons selon les mêmes règles qu'autrefois. Je ne veux être impliqué en rien et je ne veux pas que mon nom apparaisse dans les conversations. A moins que je ne sois en danger, je ne veux rien savoir. Je t'aiderai, mais laisse-moi en dehors de cela, d'accord ? » Dit Josh à Harry en lui serrant la main pour sceller leur accord.
« Très bien, et merci. » Lui dit Harry. Il respirait un peu mieux.
« Comment te contacterai-je ? »
Harry y réfléchit quelques instants. « Ne le fais pas. Je te contacterai. S'il y a une urgence- et tu sais ce que je veux dire par 'urgence'- tu peux m'envoyer un hibou à Poudlard, mais je préférerais que tu évites, si tu le peux. Le risque qu'il soit intercepté est trop grand. »
« Je comprends, mais nous n'avons pas eu à faire de tels arrangements depuis les jours de 'Tu Sais Qui', penses-tu qu'un nouvelle période sombre va s'instaurer ? » Lui demanda Josh en essayant de lire entre les lignes.
« Je ne sais pas, mais je veux être prêt à tout, » Lui dit Harry sur un ton posé. « Alors as-tu entendu quelque chose qui pourrait m'intéresser ? »
Josh réfléchit. « Je ne suis pas parti à la pêche aux renseignements et je n'ai pas vraiment fait attention, mais j'ai beaucoup entendu parlé de Salazar Serpentard ces derniers temps. Des personnes sont venues ici pour acheter tous les livres qu'ils ont pu trouver sur lui. Est-ce que ça a signifie quelque chose pour toi ? »
« Non. Autre chose ? »
« Ouais, tu te souviens que l'on se demandait de quel côté étaient Malfoy et Snape pendant la guerre ?» Lui demanda Josh.
« Je savais pour qui ils travaillaient. Tu en doutais. » Le corrigea Harry.
« Ouais, et bien, de toute façon, il s'avère qu'ils travaillaient vraiment pour Dumbledore après tout. Ils ont doublé 'Tu Sais Qui' et maintenant un grand nombre de personnes souhaitent leur mort. Hé, ils n'ont probablement même jamais été des mangemorts. Voir leur visage dans le caniveau ne me dérangerait pas, et je ne les ai même jamais rencontrés. »
« Ne penses-tu pas être un peu injuste ? Ils travaillaient pour les gentils depuis le début. » Lui signala Harry.
« Tu sais, je ne comprendrai jamais pourquoi tu as travaillé si durement pour protéger leurs arrières. Allons, c'est Snape et Malfoy. »
« Je savais ce que je faisais, et tu m'as aidé en me parlant de Blaise, alors merci. »
« Ouais, ouais. Seule la chance m'a permis d'entendre quelque chose à ce sujet. Je n'ai jamais su s'il avait une preuve de leur trahison. » Soupira Josh.
« La connaître ne m'a jamais intéressé, merci. »
« Ouais, et bien, je parie qu'ils n'ont pas apprécié. Ils sont comme ça, c'est tout. Par contre, je t'apprécie. J'apprécie tout de toi, » Lui dit Josh d'une voix enrouée. Il s'approcha lentement de Harry et regarda avec appréciation son apparence plus mature.
« Josh, » Le prévint Harry en reculant.
« Tu as l'air en forme, tu le sais ça, hein ? » Lui demanda Josh avant de raccourcir la distance qui les séparait et de presser gentiment ses lèvres contre les siennes. Harry ne résista pas alors Josh continua à l'embrasser lentement. Ses mains parcoururent le corps de Harry et s'arrêtèrent sur ses hanches.
Harry haleta et approfondit le baiser. Il glissa ses mains dans le dos de Josh et le pressa contre lui. Josh détacha ses lèvres de Harry pour placer de petits baisers mouillés le long de sa mâchoire, de son cou, il s'arrêta au niveau de sa clavicule et lécha la fissure.
Harry laissa échapper un long gémissement. Il ferma les yeux, incapable de faire autre chose que d'apprécier l'attention. Il avait été si isolé depuis qu'il était revenu à Poudlard et il se sentait si seul, surtout ces dernières semaines. Son corps reprenait vie : les sensations et les sentiments qu'il pensait avoir oubliés parcouraient ses veines. Comme ça lui avait manqué.
Mais s'il était honnête avec lui-même, ce n'était pas cela qui lui avait manqué, ce qui lui manquait était ce qu'il ressentait quand Greg l'embrassait, quand il lui faisait l'amour. La manière dont la peau de son amant réagissait sous ses mains lui manquait, et ce qu'il ressentait quand les lèvres de son amant étaient sur les siennes. Lui et Josh avaient été amants pendant les dernières années noires de la guerre, et Harry l'aimerait toujours, mais leur relation était davantage le produit de deux hommes seuls qui recherchaient du réconfort dans l'intimité physique. Sa relation avec Greg était plus que cela. Elle était spéciale. L'amour de Greg le rendait…vivant.
« Josh, je suis désolé. » S'excusa Harry, un peu essoufflé.
Josh leva la main et la posa sur la joue de Harry et regarda attentivement le jeune homme devant lui. « Tu es passé à autre chose, » Dit-il finalement en le laissant partir.
Harry soutint son regard et acquiesça simplement.
« L'offre tient toujours si tu changes d'avis, » Lui dit Josh. Il détourna les yeux et recula. « Je garderai mes oreilles ouvertes pour toi, alors ne sois pas un étranger, d'accord ? » Dit-il en sortant sa baguette et en envoyant des livres et des parchemins sur l'étagère derrière Harry.
« Je voulais te poser une question, pourquoi n'as-tu pas déménagé à la fin de la guerre ? N'était-ce pas un peu risqué de rester ici ? » Lui demanda Harry en se mettant en retrait par rapport au parcourt des livres. Il s'appuya contre un mur.
« Je n'avais aucune raison de déménager. Personne ne me soupçonnait de te donner des renseignements. Personne n'a même soupçonné que je te connaissais, puisque tu étais toujours déguisé quand tu étais ici, sauf quand nous étions dans l'arrière boutique, » Lui expliqua Josh avec un regard entendu.
Harry se sentit rougir sous ce regard et il changea rapidement de sujet. « Puisque tu es ici, dis-moi, quels genres de livres as-tu sur les sorts et les charmes ? »
Comme les deux hommes à l'intérieur du magasin continuaient leur conversation sur les livres, Drago et Severus enlevèrent les objets de leur oreille et se regardèrent.
« Je t'avais dit qu'elles étaient très utiles, » Lui Drago ne sachant pas quoi dire d'autre. Il regarda Severus qui avait les yeux rivés sur le sol, les sourcils froncés d'un air pensif.
« J'ai entendu parler de cet homme, Josh. On dit qu'il a plutôt mauvais caractère, » Continua Drago en tirant sur les Oreilles à Rallonge pour les récupérer. « Mais -»
« Il avait l'air plutôt amical, il y a un instant, non ? » Rétorqua Severus. Il regretta immédiatement son explosion de colère quand il vit le regard de Drago. Mais merde, Potter n'avait rien de spécial. C'était juste un homme… et à son âge, il en était à peine un. Le sang de Severus bouillonnait quand il voyait les gens flagorner devant lui, et maintenant, ils l'embrassaient. N'y avait-il aucune limite à l'idiotie dans ce monde ?
« Euh…je crois, » Lui dit Drago en le regardant avec une expression étrange.
Severus soupira profondément et se massa le front. Il n'était pas sûr de croire à sa propre rationalisation, mais il n'était pas encore prêt à y réfléchir.
« Je n'ai jamais imaginé qu'Harry était le genre de personne à être amis avec des, eh bien, des types comme Josh. D'après ce que j'ai entendu, il a une liste de talents assez impressionnants. Il est accueilli dans des endroits où même toi et moi aurions des difficultés à entrer et il connaît très bien la magie noire, il la pratique, entre autres choses. Je ne pense pas que Harry puisse avoir un contact mieux placé. » Remarqua Drago.
Severus renifla. «Cette description convient au moins à une douzaine de personnes de ma connaissance. Je ne trouve rien de vraiment impressionnant à ce…Josh… »
Ce commentaire fit gagner à Severus un nouveau regard étrange de la part de Drago.
« Je suis inquiet, » Dit Severus en essayant de retrouver son calme, « Quelles preuves Blaise pouvait-il avoir de notre déloyauté au Seigneur Noir ? »
Drago secoua la tête d'un air impuissant, « Je ne sais pas. Josh n'avait pas l'air certain qu'elles existaient. Penses-tu qu'il avait vraiment des preuves ou qu'il ait simplement voulu nous rendre suspicieux à l'une des réunions ? »
« Je pourrais seulement faire des hypothèses. »
« J'aimerais vraiment savoir ce que Harry a fait à Blaise et à ses petits amis. D'après ce que je sais, ils sont toujours portés disparus, mais présumés morts, » S'interrogea Drago à haute voix.
« Quoi qu'il en soit, c'est apparemment…permanent. » Remarqua Severus.
Les deux hommes tombèrent dans le silence.
« Je vais lui demander s'il a d'autres personnes à voir et s'il désire un coup de main je l'accompagnerai » Dit Drago en brisant le silence.
« Je te demande pardon ? » Lui demanda le Maître des Potions, assez surpris.
« Harry et moi avons fait la paix. Tu te souviens de ce qu'il a dit le jour où Voldemort est revenu ? Il a dit qu'il était seul la dernière fois qu'il a dû se battre contre Voldemort. Je sais qu'il avait ses instructeurs pour l'aider et je vois bien qu'il avait ses propres contacts et qu'il avait sa propre vie, mais il était essentiellement seul quand ça comptait. »
« Il n'avait pas l'air d'être trop seul pendant ces années, » Dit Severus. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait serré les poings.
« Le sexe, c'est différent. J'ai eu des maîtresses avant de rencontrer Ginny, et crois-moi, elles n'ont rien fait contre la solitude, » Dit Drago en balayant l'objection. « De toute façon, tu as entendu Josh. Il a dit qu'il l'aiderait mais qu'il voulait que Harry le laisse en dehors de tout cela comme la dernière fois. Il a certainement fait le même arrangement avec toutes les autres personnes qui l'ont aidé la dernière fois. Il a probablement passé la plus grande partie de son temps à les éloigner autant que possible de Voldemort et de ses mangemorts. Je vais simplement lui dire qu'il ne sera pas seul cette fois-ci. »
« Je ne pense pas que tu doives prendre les crises de Potter trop sérieusement. » Railla Severus.
Drago regarda l'autre homme avec des yeux noirs. « Je sais que tu n'es pas aussi obtus que tu le prétends. Si tu hais Harry par principe seulement et sans aucune raison, alors c'est bien, mais laisse-moi te dire ceci. Je ne pense pas que j'aurais été un espion pour le compte de Albus, si tu n'avais pas été là. »
Severus ouvrit la bouche mais fut coupé par Drago.
« Tu n'as pas eu besoin de dire ou de faire quoi que ce soit, je savais sans poser la question que je pouvais compter sur toi si j'en avais besoin. Tu n'as pas idée de ce que ça signifiait pour moi et je sais que tu n'aimes pas entendre ce genre de choses mais je pense que je devais te le dire. Je vais simplement faire la même chose pour Harry. Je pense qu'il mérite au moins autant. Il ne devrait pas avoir à penser qu'il sera seul quand il se tiendra devant ce monstre. Personne ne le devrait. »
Severus aurait voulu discuter ce point, mais il ne le pouvait pas. « Nous faisons ce que nous devons. Si son comportement en tant que 'professeur Green' en est une preuve, il sait s'occuper de lui et il nous l'a démontré en de nombreuses occasions, en particulier lors des situations dangereuses. » Observa-t-il doucement.
« Toi, moi, Ginny, Hermione, Ron…nous avons tous vu à ses 'capacités' si particulières, mais nous n'avons jamais eu l'impression d'être seul pendant la guerre. Nous nous occupions les uns des autres, même si nous ne pouvions compter, sur personne d'autre, nous savions que nous nous soutenions. Je ne pense pas que Harry ait eu cela. C'est un homme, pas une machine. Je suis sûr qu'il apprécierait d'avoir quelqu'un vers qui se tourner, même si c'est moi. »
Drago tourna rapidement dans un coin et laissa Harry le voir avant qu'il ne puisse s'échapper et Severus le suivit hors de la petite allée.
« Hé là, » Dit Drago doucement. Il ne voulait pas attirer de l'attention non désirée sur eux. « Qu'est-ce qui t'amène dans cette partie du monde ? »
« Drago, professeur, » Harry les salua poliment. « Rien, je faisais simplement quelques courses. »
Le Maître des Potions plissa les yeux.
« Severus et moi sommes simplement venus pour discuter avec quelques personnes, mais nous avons terminé, alors si ça ne te dérange pas, je te suis. » Lui proposa Drago.
Harry cligna des yeux, surpris. « Euh, ce n'est probablement pas une bonne idée. Je…oh d'accord, venez, » Dit Harry légèrement exaspéré en les conduisant tous les deux dans un coin. Il jeta un sort d'insonorisation autour d'eux. « Je viens parler à quelques-uns de mes contacts, ce genre de chose. Ils me font confiance, mais je ne sais pas s'ils te feront confiance, » Lui signala-t-il.
« Ce ne sera pas un problème. Tu peux modifier mon apparence et prétendre que nous sommes collègues ce qui n'est pas très loin de la vérité, si l'on considère que l'on travaille ensemble, même si je ne fais pas vraiment parti des enseignants. » Drago regarda Harry avec attention. « J'ai peur de ne pas accepter 'non' comme réponse. En fait, je ne le pourrais pas, même si je le voulais, » Grimaça-t-il. « Je suis sous ordres stricts de ma femme. Elle a exigé que je te tienne compagnie. »
« Je suis capable de m'occuper de moi. » Dit Harry.
« Je sais, mais je vais me sentir offenser si tu refuses mon offre, » Le prévint Drago.
Harry soupira et leva les yeux au ciel. « Bien. Si tu le prends ainsi, je ne vois pas quel mal ça peut faire, mais tu devras me laisser parler, » Lui dit Harry.
« Bien sûr, » Drago avait accepté un peu trop facilement et Harry se demanda s'il ne faisait pas une grosse bêtise.
« Je n'ai plus rien à faire ici alors je retourne à Poudlard et je dirai à ta femme que tu rentreras un peu plus tard. Tu as peut-être comme ordre strict de rester avec Potter, mais ta femme a été très claire, je dois garder un œil sur toi, » Dit Severus à Drago avant de tourner les talons et de partir.
« On dirait qu'elle fait travailler tout le monde, » Remarqua Harry.
« On dirait, hein ? » Drago était bien de son avis. « Maintenant nous devrions aller dans un endroit un peu plus discret pour modifier mon apparence. »
« En fait, je ne pense pas que ce soit nécessaire. Je n'ai plus qu'une personne à voir et c'est un capitaine de l'armée britannique, c'est un moldu. » Lui expliqua Harry.
Drago haussa ses sourcils de surprise mais ne dit rien.
« Allons-y, nous devons trouver des vêtements moldus. » Lui dit Harry en regardant la tenue de Drago.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec ce que je porte ? » Lui demanda Drago en faisant semblant d'être outré.
« N'avons-nous pas eu cette conversation quand nous sommes allés dans une bibliothèque moldue, il y a quelques mois ? » Sourit Harry. « De toute façon, après nous être changés, nous devrons créer un Porte au Loin. » Lui expliqua Harry en sortant de l'Allée des Embrumes.
Harry et Drago voyagèrent par Porte au Loin et atterrirent à la base d'entraînement, mais ils ne pensaient pas avoir autant de difficultés pour passer les portes principales. Il fallut assez longtemps aux deux hommes pour convaincre le soldat qu'ils ne constituaient pas un risque de sécurité et qu'il devrait baisser son arme. Ils auraient été là encore plus longtemps si Drago ne s'était pas avancé et avait pris l'affaire en main.
« C'est votre premier jour, hein ? » Soupira-t-il. Il était apparemment à bout de patience.
« Vous ne devriez vraiment pas -» Bafouilla le soldat, l'arme toujours pointée sur eux.
« Ecoutez soldat. Nous cherchons le capitaine. Nous comprenons que vous ne pouvez pas laisser entrer n'importe qui dans la base, mais si vous aviez utilisé votre tête quand nous vous avons demandé de le voir, vous nous auriez conduit à lui escorté de soldats au lieu de perdre notre temps, » Soupira Drago.
Le garde rougit et appela deux escortes armées.
« Merci, » Acquiesça Drago avant de suivre les gardes. Ils trouvèrent le capitaine sur le terrain d'entraînement : il dirigeait un groupe de combat à mains nues.
« Monsieur ! Ces personnes disent qu'ils doivent s'entretenir avec vous immédiatement. » Dit l'un des hommes qui les escortaient.
« Merci, je vais les recevoir, » Il les congédia et s'approcha des deux jeunes hommes. « Harry ! Ca fait un bail ! Qui est ton ami ? »
« Steven, voici William Hislop, » Lui dit Harry en protégeant l'identité de Drago. « Bill, voici le capitaine Steven Toricelli. »
Les deux hommes se serrèrent la main.
« Avez-vous une minute ? » Demanda Harry à son vieux mentor.
« Bien sûr. Laisse-moi simplement donner des ordres à mes garçons. Excusez-moi, » Dit-il en se dirigeant vers sa classe. Il leur cria quelques ordres.
« Avoir changé mon nom est une bonne idée, mais où as-tu connu le capitaine ? » Lui demanda doucement Drago.
« Il était l'un de mes instructeurs en self-défense et en combat. »
« Tu as appris à te battre à la manière moldue ? » Lui demanda Drago, surpris.
« Oui. De nombreux sorciers et sorcières perdent leur équilibre quand je les attaque avec mes poings au lieu d'utiliser ma baguette, » Lui expliqua Harry. Sans y penser, il se redressa quand il vit le capitaine revenir.
« C'est compréhensible, » Drago approuva. « Je sais que je le serais. »
« Alors pourquoi vouliez-vous me voir ? » Leur demanda le capitaine en se détendant en présence des deux hommes.
Il ne fallut pas longtemps à Harry pour expliquer à son vieil instructeur pourquoi il avait besoin de lui. L'officier militaire avait été l'un des informateurs clef de Harry sur tout ce qui se passait dans le monde moldu pendant la guerre, alors il comprit immédiatement ce qu'il lui demandait et pourquoi les contacts devaient être établis avec prudence.
En fait, le capitaine Torricelli était certainement l'un des seuls moldus à connaître l'existence de Voldemort. Son oncle était un sorcier et il était allé à Poudlard quand Albus était professeur de Métamorphose. Et, bien que son neveu ne soit pas doué de magie, il avait toujours été proche de son oncle, un homme qui occasionnellement travaillait pour l'Ordre du Phœnix.
Le capitaine avait rendu visite à son oncle quand Albus était venu le voir et ce dernier avait recommandé les talents de son neveu à Albus. Il savait que le directeur comptait à la fois des moldus et des sorciers parmi ses amis, connaissances et contacts. Quelques mois après, Albus l'avait approché et lui avait proposé d'enseigner à Harry à se défendre tout seul. Bien que les relations de base aient été celles d'un élève et de son professeur, une mutuelle admiration s'était rapidement développée et Harry ne pouvait pas imaginer essayer de vaincre Voldemort sans le soutien de Steven.
« A quelle sorte d'ennemis devez-vous faire face ? Un peu comme le dernier ? » Demanda-t-il en sortant Harry de ses pensées.
« J'ai entendu des choses étranges. Ce sont simplement des rumeurs pour l'instant, mais s'il se passe quelque chose, j'aimerais pouvoir l'empêcher. » Lui dit Harry vaguement. Il leur parlerait du retour de Voldemort quand son réseau serait à nouveau fonctionnel. Il aurait peut-être même une idée de la manière dont gérer son retour à ce moment là. En tout cas, il l'espérait.
« Je ferai ce que je peux. » Acquiesça l'officier.
Harry respira un peu plus facilement en entendant sa réponse. « Merci. Nous allons y aller, mais je passerai de temps en temps, si vous êtes d'accord, enfin, si je peux passer le soldat que vous avez placé devant la première porte. »
« Avant de partir, je me demandais si l'un de vous, ou peut-être même les deux, accepteriez de me rendre un service, » Leur demanda l'officier.
Drago regarda Harry avec confusion, mais Harry secoua ma tête et haussa les épaules.
« Euh, je pense oui. » Répondit Harry, perplexe.
« Bien. Mon groupe va bientôt avoir son diplôme et ils pensent savoir tout ce qu'ils ont besoin de savoir sur le combat. J'espérais que ça ne vous dérangerait pas de…leur faire une petite….démonstration…pour leur montrer qu'ils ne doivent pas laisser leur talent leur monter à la tête et surtout ne pas baisser leur garde. » Le capitaine Toricelli les conduisit près du groupe qui faisait toujours leur exténuant exercice.
« Qu'est-ce qui vous fait penser que nous pourrons les battre ? » Lui demanda Harry avec un sourire.
Son vieil instructeur lui jeta un regard incrédule. « Je n'ai jamais vu ton ami se battre, mais je t'ai entraîné moi-même. »
« Et si je suis rouillé ? Ou si je ne suis pas en forme ? » Lui demanda Harry légèrement en souriant malicieusement.
L'homme regarda la musculature de Harry et haussa un sourcil. « Tu as l'air en forme. »
« Je dois décliner cette invitation, mais tu peux y aller, » Dit Drago à Harry. Il sourit à la plaisanterie de son ami. Il y avait tant de mystères entourant la vie de Harry depuis qu'il était parti s'entraîner que voir une partie de son histoire prendre vie captivait son intérêt. Il était content de simplement regarder et écouter.
« En es-tu sûr ? Ca pourrait être amusant, » Sourit Harry.
« Ouais, j'en suis sûr. »
« Très bien, mais si tu te plains plus tard de rater tout ce qui est amusant, je te rappellerai que c'est de ta faute. » Lui dit Harry. Il balança ses épaules en arrière.
« Eh bien, pour être honnête, j'aimerais voir ce que tu peux faire,» Lui dit son ancien instructeur avec un sourire.
« Je savais que vous aviez un autre motif. Toute cette histoire pour que vos élèves restent sur leurs gardes-pouah ! Vous auriez pu les défier et les battre vous-même. » Lui dit Harry en secouant la tête.
« Oui, mais c'est plus amusant ainsi. » Lui dit-il en plaisantant.
« Je suis d'accord, » Rajouta Drago.
Harry regarda les deux hommes et secoua la tête.
« Soldats, garde à vous ! » Leur dit l'officier sévèrement. « Ces deux personnes ont visité de nombreuses bases militaires pour voir ce dont leurs hommes et les femmes sont capables. »
« Ecoutez-moi ! »Leur dit Drago, « Le capitaine Toricelli nous a dit que vous étiez un bon groupe, mais je préférerais en juger par moi-même. C'est une classe de combat à mains nues, ai-je raison ? »
« Oui, monsieur ! » Répondirent les soldats à l'unisson.
« Et vous allez tous avoir votre diplôme, est-ce exact ? » Continua Drago.
« Oui, monsieur ! »
« Pensez-vous être prêt pour le combat ? »
« Oui, monsieur ! »
« En êtes-vous sûr ? Vous ne savez jamais qui sera votre adversaire dans une guerre. »
« Oui, monsieur ! »
« Oh, je ne sais pas. Je n'ai encore rien vu d'impressionnant. » L'interrompit Harry en jouant son personnage. Il s'approcha du groupe avec nonchalance.
« Messieurs, puis-je vous suggérer de tester leur habileté par vous-même ? » Leur proposa le capitaine en réprimant un sourire.
Harry et Drago se regardèrent et prétendirent réfléchir à la proposition. Finalement ils acquiescèrent et Harry enleva sa veste et sa chemise, il n'avait plus qu'un t-shirt qui lui couvrait le torse. Les cicatrices sur ses bras, le haut de ses épaules et de son cou étaient visibles. Drago grimaça involontairement, mais couvrit sa réaction rapidement.
Bon sang ! On dirait qu'il est passé dans un broyeur ! Pensa Drago.
« Puis-je avoir un volontaire pour tester ses capacités contre mon collègue ? » Leur demanda Drago en désignant Harry, qui s'échauffait les muscles de ses bras et de son cou. »
Le groupe se concerta puis un jeune homme fit un pas en avant. « Monsieur, je suis volontaire. »
« Excellent. Soldats reculez et laissez-leur de la place, » Cria leur commandant, en faisant un geste vers les soldats.
« Bonne chance, » Souhaita Drago à Harry.
« Merci, mais ils sont jeunes et n'ont pas beaucoup d'expérience. Je ne pense pas avoir trop de problèmes. Je resterai quand même prudent, » Lui dit Harry.
« Bien. Oh, et c'est juste une suggestion, mais je pense que tu ne devrais pas retirer ta chemise devant Ginny ou Hermione, à moins que tu ne veuilles qu'elles t'interrogent sur toutes tes cicatrices puis te proposent un remède ridicule pour les faire disparaître, » Lui dit doucement Drago.
« Tu as raison, » Acquiesça Harry. « Euh, je préférerais que tu n'en parles pas à Ron non plus. Ils n'ont pas besoin de savoir et je ne veux pas non plus avoir à répondre à leurs questions pour l'instant. »
« Je n'avais pas l'intention d'en parler, » Le rassura Drago.
« Essaye de ne pas lui faire trop mal, » Lui dit le capitaine Toricelli quand il revint vers Harry. Ce dernier réprima difficilement un rire. Il savait par expérience que son ancien instructeur croyait en un amour dur et quelque fois il fallait apprendre les leçons douloureusement et il se sentait presque désolé pour les soldats- presque.
Il leva les yeux au ciel et entra sur le 'ring' avec le jeune soldat.
« Commencez dès que vous serez prêts. » Leur ordonna Drago.
Les deux hommes se tournèrent autour, s'agrippèrent et observèrent les premiers signes de mouvement de leur adversaire. Le jeune soldat attaqua le premier, mais Harry était plus entraîné et plus expérimenté. Il arrêta facilement l'attaque maladroite, bloqua chaque coup et répondit ensuite par une contre attaque douloureuse.
Drago arrêta le combat avant que le jeune homme n'ait de blessures permanentes. « Je pense ça conclut plus ou moins l'affaire. »
Harry s'approcha du jeune homme et lui tendit la main. Ce dernier était tombé sur le dos. Il agrippa sa main avec reconnaissance et Harry le tira. « Vous avez très bien combattu. Essayez simplement de ne pas vous hâter d'attaquer la prochaine fois. Utilisez votre tête comme vous utilisez vos poings et tout ira bien. Vous avez la forme, mais vous ne me regardiez pas assez attentivement. Regardez mes yeux et la manière dont mes muscles se tendent. »
« Oui, monsieur, » Dit le jeune homme faiblement, « Monsieur, où vous êtes-vous entraîné ? »
Harry sourit. « J'ai été entraîné par votre capitaine. Vous êtes prometteur, continuez à travailler, » Dit Harry au groupe. Il sourit en voyant leur surprise et reprit sa chemise et sa veste.
« Tu es un peu rouillé. Il n'aurait pas dû être capable de te frapper, » Lui dit le capitaine Toricelli avec professionnalisme.
« Ouais, je sais. Je pense que je ne suis pas en forme en fait, » Répondit Harry en boutonnant sa chemise.
« Attends, ça c'était toi qui n'était pas en forme ? » Lui demanda Drago, visiblement impressionné.
« Il avait l'habitude de me rendre la monnaie de ma pièce, » Lui dit l'officier, « Même s'il n'a jamais pu me battre. »
« Merci encore Steven. Je reviendrai bientôt. » Harry et Drago se tournèrent et partirent.
« Quoi ? » Lui demanda Drago quand il sentit le regard de Harry sur lui.
« Rien, » Dit Harry rapidement en secouant la tête. « J'espère que je ne t'ai pas trop ennuyé aujourd'hui. »
« Non. C'était un voyage…très…intéressant. Je suis content d'être venu. »
Les deux hommes continuèrent leur chemin jusqu'à la grille en silence. Ils remarquèrent que le soldat qui les avait accueillis ce matin avait été remplacé et ils purent sortir sans problème.
« Merci, » Dit Harry à Drago quand ils se dirigèrent vers le Porte au Loin.
Drago regarda Harry attentivement et acquiesça simplement. « Alors, penses-tu pouvoir me donner des cours de combat moldu ? Je sais comment prendre soin de moi, mais je n'ai pas de discipline. »
« Euh, ouais. Nous pouvons arranger cela le matin avant le petit déjeuner. Je ne pense pas que nous aurons beaucoup d'heures creuses en dehors de ce moment-là ou nous pouvons peut-être… »
Comme il faisait bon, Ginny, Hermione et Ron étaient assis en dehors de l'école, à attendre le retour des deux hommes.
« Oh, on dirait qu'on leur manquait, » Observa Drago quand lui et Harry s'approchèrent des grilles du château.
« Ouais, » Acquiesça Harry, sans en être sûr.
« Avant d'oublier, je pense que tu devrais aller voir Pompom pour ta cheville. Je suis sûr qu'elle peut l'arranger. Je pense que la principale raison pour laquelle il a réussi à te frapper, c'est parce que tu essayais de compenser le problème de ta cheville. »
« Peut-être, » Répondit-il d'un air absent.
Drago s'arrêta et attrapa le bras de Harry pour l'arrêter. « Il est de retour. Si ta cheville ne peut pas être soignée c'est une chose, mais si elle le peut, tu ne peux pas te permettre de la laisser te ralentir. »
Harry regarda Drago avec attention puis acquiesça. « Tu as raison. J'irai la voir aujourd'hui. »
« Pourquoi avez-vous été aussi long ? » Leur demanda Ginny en s'approchant d'eux.
« Rien, nous sommes simplement aller discuter avec quelqu'un. » Répondit vaguement Drago.
« Ce qui me rappelle que Ron et moi sommes allés voir maman ce matin et elle nous a dit de te dire Harry qu'elle aimerait que tu passes pour dîner quand tu auras le temps. Nous lui avons dit que tu avais été très occupé et que tu l'étais encore, alors elle a dit qu'elle s'arrangerait pour venir ici au château, hein Ron ? » Demanda Ginny à son frère.
Ron serra les dents et détourna le regard. Ginny, sa femme et Drago le regardèrent avec désappointement. Harry se raidit et essaya de mettre de côté la douleur qu'il ressentait face à l'hostilité de Ron.
« Excusez-moi, » Dit-il doucement avant de monter quelques marches.
« N'oublie pas d'aller voir Pompom, » Lui rappela Drago avant que le jeune homme ne disparaisse dans le château.
« Il va aller voir Pompom ? Est-il malade ? » Demanda Hermione à Drago. Mais Drago n'écoutait pas. Il était trop occupé à regarder son beau-frère avec des yeux noirs.
« Etait-ce vraiment nécessaire ? » Lui demanda Drago. « Tu te soucies de lui, il se soucie de toi, pourquoi ne peux-tu pas oublier ce qu'il a fait ? »
Ron observait toujours le paysage et essaya de ne pas entendre ce que lui disait Drago.
« Tu fais partie de ma famille Ron, alors laisse-moi te dire cela : Harry et moi sommes allés voir… certaines ….personnes aujourd'hui. Je sais que tu as besoin de réfléchir, mais je pense que si tu avais entendu et vu tout ce dont j'ai été témoin, tu réagirais un peu différemment. » Lui dit Drago. Il se dirigea ensuite vers le château à la recherche de Severus.
Bon sang, qu'a-t-il bien pu voir ? Se demanda Hermione avec inquiétude.
Drago trouva Harry des heures plus tard devant une petite table dans un coin sombre de la bibliothèque, ronflant doucement derrière plusieurs piles de livres.
« Hé, réveille-toi, » Dit Drago doucement en secouant Harry par l'épaule. Il n'obtint pour seule réponse qu'un grognement.
« Hé, allons, réveille-toi, » Dit Drago un peu plus fort en secouant l'épaule de Harry un peu plus fort. Harry ouvrit rapidement les yeux, attrapa le poignet de Drago d'une main et prit sa baguette de l'autre.
« Merde ! » S'écrira Drago en reculant de surprise. La bibliothécaire le regarda avec des yeux noirs et l'intima au silence d'un 'chut'.
« Putain ! Ne refais jamais ça ! »Lui dit Harry.
« Si c'est ainsi que tu réagis quand on te réveille, crois-moi, je ne recommencerai pas, » Lui dit Drago en reprenant ses esprits. « Je voulais juste te dire qu'il est temps d'aller dîner. »
« Merci, mais je vais bien. J'ai encore des choses à faire ici, j'irai chercher à manger aux cuisines quand je retournerai dans mes appartements. » Lui dit Harry en retournant son attention à ses livres.
Drago le regarda avec désapprobation. « Est-ce que tu nous évites ? »
« …non, je suis simplement occupé… »
« Tu n'es certainement pas trop occupé pour manger. Si tu fais une pause pour manger, tu peux tout aussi bien la faire maintenant. Je suis sûr que ces livres seront toujours là quand tu reviendras. »
« Je préfère ne pas m'arrêter maintenant, » Lui dit Harry sans lever les yeux de la page qu'il regardait. « Je dois finir cela. Je ferai une pause tout à l'heure, mais je dois vraiment continuer. »
« D'accord, je dirai simplement à Ginny et à Hermione où tu es et que tu es trop occupé pour te joindre à nous. Elles ne sont pas aussi compréhensives que je le suis. Elles ne laisseront certainement pas l'histoire s'achever ainsi. Du tout. En fait, je ne serai pas surpris si elles venaient ici pour te tirer par les oreilles jusqu'à ce que tu sois dans la Salle. »
Harry y réfléchit. « Elles le feraient, hein ? Tu pourrais leur dire que tu ne sais pas où je suis. »
Drago fit semblant d'y réfléchir. « Non, en fait, je ne le pourrais pas. Je ne peux pas mentir à ma femme. Elle sait toujours quand je lui mens. »
« Tu paraissais pourtant convainquant quand tu mentais à Voldemort. »
« C'est vrai, mais les femmes sont effrayantes, elles peuvent détecter un mensonge à des kilomètres. Si Voldemort avait été une femme, il aurait vu à travers mois comme si j'avais été fait de verre. »
« Tu leur dirais vraiment ? » Lui demanda Harry en soupirant profondément.
« Oui, » Répondit Drago sans la moindre hésitation.
« Eh bien, quand tu présentes les choses de cette façon, je crois que je n'ai pas vraiment le choix, si ? »
« Non, pas vraiment. » Répondit Drago en conduisant Harry, légèrement grognon, en dehors de la bibliothèque et dans le dédale des couloirs.
« Que cherchais-tu ? Certains de ces livres semblent trop vieux pour être ouverts. » Lui demanda Drago avec curiosité.
Harry ne répondit pas tout de suite. « J'essayais de connaître mon ennemi, » Dit-il très doucement.
« Je pensais que tu le connaissais déjà. »
« Apparemment, je ne le connaissais pas assez bien. Il doit avoir un point faible, mais je n'arrive pas à le voir. »
« Veux-tu un coup de main ? »
« Merci, mais je pense que je dois me débrouiller. Je n'essaye pas de t'offenser, mais tu ne saurais pas quoi chercher et tu pourrais ne pas le voir si tu le trouvais. »
« Tu as raison. J'ai remarqué que tu ne boitais plus. » Drago avait remarqué que Harry marchait différemment.
« Oh ouais, » Lui dit Harry en regardant ses pieds. « Je suis allée voir Pompom dans l'après-midi. Elle a dit que les dommages étaient irréparables il y a encore peu, mais qu'on pouvait essayer des potions et des soins expérimentaux et à la fin, elle m'a donné une dizaine de potions pour casser ma cheville et la guérir à nouveau. Elle doit avoir la force d'au moins dix hommes parce qu'elle a cassé ma cheville à mains nues ! »
« N'aurait-elle pas pu utiliser une baguette ? » Lui demanda Drago avec curiosité.
« Je suis certain qu'elle aurait pu, mais elle a fait autrement. Je pense qu'elle s'est amusée. » Marmonna Harry. « Et arrête de rire, ce n'est pas drôle. »
« Je ne ris pas, » Lui dit Drago en essayant de ne pas s'étouffer avec son rire. « Ah bien, nous ne sommes pas en retard, ils n'ont pas encore servi le dîner, » Dit-il, content de changer de sujet. Ils venaient d'entrer dans la Grande Salle.
Harry n'avait pas mangé dans la Grande Salle avec le reste des professeurs et des élèves depuis qu'on avait découvert sa véritable identité. Quand il entra, tous s'arrêtèrent pour le regarder. Sa place habituelle lui était toujours réservée, mais Harry fut surpris de voir que Remus était à côté de lui.
« Quand Remus est-il arrivé ? » Demanda Harry à Drago.
« Je n'en suis pas sûr, il te cherchait dans l'après-midi. » Lui dit Drago.
« Tu ne boites plus, » Lui dit Remus quand il s'assit.
« Non, Pompom s'en est occupée tout à l'heure. » Lui expliqua Harry.
« Pourquoi n'es-tu pas allé la voir plus tôt ? » Lui demanda l'autre homme, par curiosité.
Harry remua d'un air mal à l'aise. « Oh, euh, je ne pensais pas pouvoir…. » Il ne voulait pas admettre qu'il avait essayé de se guérir tout seul avant de quitter le monde sorcier. « Euh… »
« Ne te fatigue pas à lui poser des questions, Remus. Il ne te le dira pas. Il garde beaucoup de choses pour lui. » Soupira Ron en posant sa serviette sur la table et en repoussant sa chaise.
« Ron -» Commença Hermione.
« Bien sûr que j'ai des secrets. Nous en avons tous, » Murmura durement Harry en se penchant pour se rapprocher de lui. « Mais si je te racontais les miens, tu ne m'approcherais plus jamais. »
Un silence tendu suivit cette déclaration et Harry se leva. Il se réprimanda de s'être laissé convaincre de se joindre aux autres pour dîner. Il créait trop de tension et de malaise quand il venait. C'était ridicule de penser qu'il pourrait à nouveau apprécier un repas dans la Grande Salle. Il n'était redevenu 'Harry Potter' que depuis six semaines, mais il en était déjà malade.
Remus essaya d'arrêta Harry avant qu'il ne quitte la table, « Harry -»
« Je suis désolé de ne pas être venu te voir plus tôt, mais peux-tu venir dans mes appartements après le dîner ? Nous pourrons discuter, » Lui dit Harry, impassible, avant de quitter la table et la salle.
Albus regarda Ron avec reproche puis ordonna aux élèves qui avaient observé la scène avec intérêt de reprendre leur repas.
A côté de Severus, à l'autre bout de la table, Drago était trop éloigné pour entendre ce qui s'était passé entre Ron et Harry, mais il pouvait facilement le deviner. « Merde ! » Drago marmonna. « Tu ne sais pas à quel point il a été difficile de le persuader de se joindre à nous et il n'a fallu à Ron que soixante secondes pour défaire tout mon travail. »
Severus haussa un sourcil. « Je savais que vous étiez devenus amis, mais je ne savais pas que vous étiez aussi proches. »
Drago le regarda. « Je ne pense pas que les autres sachent ce que c'est que de lui… faire face. Nous en avons une idée, mais les autres non, alors ils ne peuvent pas savoir ce que ça implique ou ce que ça fait à une personne. Et il doit recommencer. Comment peut-il se concentrer sur ce qu'il doit faire s'il doit gérer…cela…aussi ? » Lui demanda doucement Drago en faisant un geste pour désigner l'ensemble de la salle.
« Alors tu es inquiet qu'il ne soit pas capable d'accomplir sa mission ? » Lui demanda Severus sur un ton léger.
« Harry et moi avons fait la paix et je pense même que nous sommes amis. Je ne veux pas que tu en doutes, je suis inquiet pour lui, mais je ne suis pas aveugle et je sais que de nombreuses personnes comptent sur lui. S'il échoue, nous aurons tous à en subir les conséquences. »
Incapable de discuter son raisonnement, Severus regarda à l'autre bout de la table et son côté malicieux sourit intérieurement quand il vit Ron. Ce dernier semblait vraiment mal à l'aise, entouré par deux femmes qui lui disaient leur façon de penser.
« Je sais que tu es mon frère et je t'aimerai jusqu'à ma mort, mais tu dois savoir que pour l'instant, je ne t'aime pas, » Lui dit Ginny en serrant les dents.
Ron la regardait d'un air ébahit.
« Tu es en colère, je le suis moi aussi, mais si tu agis comme ça à chaque fois qu'il est parmi nous et que tu gâches nos chances d'apprendre à connaître celui qu'il est devenu, je ne te le pardonnerai pas, frère ou non. » Murmura-t-elle durement.
« Moi non plus. » Ajouta Hermione.
Remus d'un autre côté était si en colère qu'il ne se faisait pas confiance pour parler. Il se levait pour suivre Harry, quand Hermione attrapa son bras pour l'arrêter.
« Ne le suis pas. Il vaut mieux le laisser se calmer un peu. »Lui dit—elle.
« Je suppose que tu as raison, » Dit-il en se rasseyant. « Son père, et Sirius, réagissaient de la même façon, » Ajouta-t-il tristement.
Le malaise continua tout le reste du repas. Un silence tendu s'était installé à la grande table et le regard d'Albus empêchait les élève de faire des hypothèses malencontreuses sur ce dont ils avaient été témoins, en tout cas, tant qu'ils étaient dans la salle.
Severus et Hermione avaient rejoint Drago et Ginny dans l'appartement du couple après le dîner. Ron était remarquablement absent. Il avait décidé de passer le reste de la soirée tout seul dans les quartiers qu'il partageait avec Hermione.
Le petit groupe était assis confortablement dans le salon et Drago leur décrivait le combat de Harry avec le jeune soldat.
« Il a été entraîné au combat par un moldu ? » Demanda Ginny d'un air incrédule.
« Oui, et je pense qu'il aurait été difficile de trouver une personne plus convenable à cette tâche. Ce gars est bâti comme une montagne ! »
« Ca explique beaucoup de choses. » Observa Severus en buvant son café.
Les trois jeunes gens le regardèrent.
« Vous rappelez-vous ce jour, quelques semaines avant Noël quand un groupe armé de revolvers et d'autres armes moldues ont attaqué la pharmacie dans la rue dans laquelle nous patrouillions à Londres ? Je me souviens que nous voulions tous savoir pourquoi Potter ou 'Green', comme nous le connaissions, a choisi de combattre les assaillants en utilisant une méthode moldue plutôt que magique. S'il a travaillé avec un professeur moldu, il se sentait certainement à l'aise avec les méthodes moldues. » Expliqua l'ancien espion.
« Mais ce simple fait élève de nombreuses autres questions, non ? » Demanda Hermione.
La conversation fut interrompue. On frappait à la porte avec insistance.
« Ne bouge pas mon cœur, j'y vais. » Dit Drago à sa femme en se levant.
« J'aimerais que mon mari ait les manières de Drago. » Signala Hermione.
Drago sourit avec désinvolture à la jeune fille avant d'ouvrir la porte.
« Drago ! Est-ce que Hermione ou Ginny est ici ? » Lui demanda Remus d'un ton pressant. Il était légèrement essoufflé.
« Oui, elles sont toutes les deux là. Entre, qu'est-ce qui se passe ? » Demanda le jeune homme en faisant entrer son invité. Il regarda s'il y avait quelqu'un d'autre dans le couloir et referma la porte.
« C'est Harry, il a un de ses cauchemars, ou visions, et je n'arrive pas à le réveiller. J'ai pensé que puisque les filles avaient grandi avec lui, elles auraient peut-être plus l'habitude et que vous sauriez quoi faire. » Leur expliqua Remus en hâte.
« Bien sûr, allons-y, » S'écria Ginny. Elle se mit debout et Hermione fut tout de suite derrière elle.
« Est-ce l'un de ces cauchemars, Ginny ? » Lui demanda Drago. Ginny avait parlé des visions de Harry quand ils avaient commencé à sortir ensemble. Elle lui avait raconté la manière dont Harry avait sauvé la vie de son père. Harry lui avait dit que lorsqu'il rêvait de Voldemort ou avait une vision, il souffrait énormément physiquement et émotionnellement, comme si on essayait de lui fracasser la tête en deux.
« Nous venons avec vous, » Leur dit Drago en conduisant Remus et Severus vers la porte.
« Comment savais-tu que j'étais avec Ginny et Drago ? » Demanda Hermione à Remus alors qu'ils couraient dans les couloirs.
« Je ne savais pas. J'ai pensé à aller vous voir Ron et toi, mais tu n'étais pas chez toi et Ron m'a dit où te trouver. Je ne lui ai pas demandé de venir parce que lui et Harry…eh bien… »
« Oui, je sais, » Marmonna Hermione.
« Il est affreusement tard, je pensais que tu étais rentré depuis longtemps. » Dit Ginny.
« Puisque Albus a demandé à ce que je participe à la réunion demain matin, Harry m'a invité à passer la nuit chez lui, » Dit Remus en refusant de parler de l'Ordre dans un lieu public, même s'il était tard. On n'est jamais trop prudent dans des périodes comme celle-ci, des oreilles peu amicales peuvent traîner n'importe où.
« Je ne savais pas que les professeurs avaient des chambres en plus. Ron et Hermione n'en ont pas, nous non plus. » Dit Ginny, légèrement confuse.
« Nous avons déplacé le canapé et l'avons transformé en lit. » Lui expliqua Remus.
« Ah. »
« J'ai jeté un simple sort sur la porte ainsi qu'un charme d'insonorisation dans ses appartements. » Leur dit Remus. Ils venaient d'arriver devant la porte. « Préparez-vous, » Les prévint Remus avant de déverrouiller la porte pour les laisser entrer.
« Putain ! » Jura Drago. Dès que la porte fut ouverte, ils furent assaillis par les cris de Harry.
« Aaugh ! » Cria Hermione, « Vite, ferme la porte avant qu'on entende ses cris à l'extérieur ! »
Ils se précipitèrent du salon jusqu'à la source du bruit et trouvèrent Harry se débattant dans son lit. Il avait repoussé ses couvertures. A force de bouger, sa chemise était remontée à mi-torse et son caleçon était très bas sur ses hanches.
Les cicatrices qui couvraient son corps étaient bien visibles et Drago grimaça comme il l'avait fait quand Harry avait enlevé sa chemise pour se battre contre le soldat quelques heures auparavant. Rapide comme l'éclair, il se mit devant Ginny et Hermione qui se tenaient toujours dans l'encadrement de la porte et attrapa leurs bras afin d'éviter qu'elles avancent.
« Drago, lâche-nous, Harry ne va pas bien, nous devons l'aider, » Cria Hermione en essayant de se libérer de la prise de Drago.
« Lâche-nous immédiatement, Drago ou aide-le, sinon, je ne t'adresserai plus jamais la parole. » Cria Ginny en se débattant contre la poigne de son mari.
« Je suis désolé, mais il vaut mieux que vous restiez-là ; » Leur dit Drago. Les ravages de la guerre avaient laissé leurs marques sur le corps de Harry et les filles n'avaient pas besoin de voir cela. Harry leur montrerait quand il se sentirait prêt, si cela arrivait.
Remus ne comprenait pas ce que Drago faisait. Comment pourraient-ils aider Harry, si ses amis les plus proches ne pouvaient pas l'approcher ? Severus comprit rapidement le comportement de Drago. Servir le Seigneur Noir était un passe-temps dangereux, mortel parfois, et il n'était pas possible de lui échapper sans que la preuve de son mécontentement ne soit incrustée dans sa chair.
Il avait lui-même la peau teintée, mais celles qu'il voyait sur Harry le firent légèrement pâlir. L'une d'elle attira particulièrement son attention : elle était semblable à une épaisse ceinture et semblait prendre naissance au niveau de sa colonne vertébrale et s'étalait en une ligne droite pour se terminer au niveau de sa hanche droite, comme si on avait essayé de l'écorcher vif. Il était troublant de voir la peau- surtout d'une personne aussi jeune- marquée par autant de cicatrices. Une personne aussi jeune que Harry ne devrait pas en avoir autant, personne ne le devrait. Mais n'était-ce pas pour cela que Harry avait dû combattre Voldemort. Pour éviter à d'autres de devoir subir cette violence ?
Que Hermione et Ginny ne puissent pas les voir était une bonne chose. Il ne pouvait s'empêchait de penser que l'agitation qu'aurait entraîné leur découverte aurait plus été plus une gêne qu'une aide.
Même si elles ne pouvaient pas voir ses cicatrices, les cris de Harry et la manière dont il se tordait de douleur étaient troublants et la poitrine de Drago se serra douloureusement quand il vit les larmes dans les yeux de sa femme et son expression qu'il retrouvait chez Hermione.
Severus prit sur lui pour oublier son estomac qui se retournait. Voir Potter ainsi lui rappelait toutes les tortures qu'il avait vues perpétrées par Voldemort ou ses mangemort, ou qu'il avait lui-même perpétrées, et ça l'affectait plus qu'il ne voulait l'admettre. Il savait que Potter avait des visions quand il était élève à l'école et il avait pensé qu'elles ne devaient pas être très plaisantes, mais il ne se doutait pas qu'il souffrait autant. Il se demandait combien de nuits il avait dû passer ainsi.
Remus était déjà à côté de Harry et faillit recevoir un coup dans les côtes alors qu'il essayait de le réveiller.
« Allons Harry, sors de là ! » L'appela Remus en lui donna des gifles et lui secouant les épaules. Mais rien n'y fit. Harry n'était absolument pas réceptif.
Le Maître des potions fit le tour de la pièce des yeux et regarda dans l'un des tiroirs de Harry à côté d'un placard.
« Que fais-tu ? » Cria Remus.
« Je cherche quelque chose à lui donner pour qu'il puisse se calmer. Peut-être une potion relaxante ou de la poudre, » Répondit Severus, impassible, en ouvrant chaque tiroir. Il ne trouva rien d'utile et regarda de l'autre côté du lit. « Ca lui ressemblerait bien. Il sait qu'il a un problème et n'a pas les bonnes potions et les bons traitements sous la main. » Marmonna-t-il.
« Je n'avais jamais vu Harry en plein cauchemar. Ron était dans le même dortoir que lui pendant des années et il disait qu'on pouvait le secouer et le frapper mais ça ne servait à rien, il revenait à lui tout seul. » Dit Hermione.
« Il va se blesser s'il continue à bouger. Remus, tu peux peut-être lui lancer le sort du saucisson, » Suggéra Ginny, entre ses larmes.
« Ca risque de lui faire plus de mal que de bien. Ses muscles sont déjà contractés à l'extrême. Nos muscles ne sont pas censés demeurer rigides et contracter si longtemps et si nous lui jetons le sort de saucisson alors que ses muscles sont si tendus, nous risquons de les endommager. » Leur dit Severus en regardant dans l'armoire de Harry, n'ayant rien trouvé d'utile dans les tiroirs. « Sais-tu s'il garde des potions dans sa chambre ? » Lui demanda Severus énervé. Il n'avait rien trouvé dans l'armoire.
« Je crois qu'il a dit qu'il gardait ses potions dans son Etude puisque c'est là qu'il les fait. » Répondit Drago en se rappelant d'une conversation qu'il avait eue avec 'Jason'.
« Où est cette Etude ? » Demanda Severus en remettant tout dans l'armoire et en refermant la porte.
« C'est la pièce qui est à côté de la cuisine, » Répondit Remus en regardant Severus avec méfiance. Ce dernier pointait sa baguette sur Harry.
« Je lui mets simplement une couverture sur lui, » Expliqua Severus quand il vit le regard méfiant de Remus.
« Ca ne sert à rien. Il va à nouveau l'enlever. » Lui signala Remus.
« Il ne le pourra pas, » Lui répondit Severus vaguement. Il murmura un sort sur la couverture qui se remit sur Harry. D'un mouvement de baguette, il vit les couvertures s'accrocher au lit. Curieusement, les couvertures semblaient souples et elles donnaient suffisamment de place à Harry pour bouger, mais elles demeuraient en place sur lui, même si le jeune homme continuait à se débattre.
« Je n'avais jamais vu un sort agir de cette façon. » Dit Remus légèrement surpris.
« Il est souvent utilisé pour empêcher les patients de bouger dans leur lit d'hôpital- entre autre chose. » Expliqua rapidement Severus. Il avait ajouté la dernière partie dans sa barbe. Remus regarda le visage de Severus, mais celui-ci restait impassible.
« Je viens t'aider à chercher ces potions. » Dit Drago en relâchant sa prise sur les filles qui se précipitèrent aux côtés de Harry. « C'était une bonne idée, la couverture… » Ajouta-t-il quand Severus l'eut rejoint dans le couloir.
Severus grogna et sortit de la pièce.
Il ne fallut pas longtemps aux deux hommes pour trouver l'Etude et quand ils entrèrent, Severus resta dans l'entrée, incapable de faire autre chose que de regarder. Drago, avait commencé à chercher. Un long banc avait été poussé contre le mur, à côté de la porte et un évier était au-dessus. Le banc était divisé en deux parties égales. Sur un côté se trouvaient les chaudrons et les fioles de différentes couleurs. Celles-ci étaient alignées avec attention et Harry avait écrit rapidement sur un chaudron particulièrement grand, 'potion expérimentale -épilepsie'.
De l'autre côté, se trouvaient alignés des becs verseurs, des tubes à essai, un pilon et un mortier. L'un des becs était libellé 'médicament- Theresa', et un autre, 'médicament expérimental-épilepsie'. Des notes de Harry étaient également visibles sur quelques livres épais. Il y avait un grand et étroit placard au bout de la pièce et chaque mur contenait des étagères remplies de livres à la fois moldus et sorciers.
Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place, mais bon sang, où a-t-il pu apprendre autant de choses concernant les potions ? Pensa Severus en regardant la salle en détails.
« Je pense que c'est là, » L'appela Drago à l'autre bout de la pièce.
Severus secoua la tête pour s'éclaircir les idées et rejoignit Drago devant le placard.
« On dirait que tout est organisé, mais certains symboles sont un peu obscurs, ils ne veulent rien dire de mon point de vue. » Admit Drago.
Les étagères supérieures comportaient les médicaments d'origine moldue, des ingrédients ainsi que des instruments, tandis que les étagères les plus basses étaient réservées aux potions, ingrédients et instruments sorciers.
Severus s'agenouilla pour voir de plus prés l'étiquette des fioles. Après quelques instants, il prit trois flacons et ferma la porte.
« Je pense que ces symboles ont une signification pour les personnes qui fabriquent des potions. » Remarqua Drago en suivant Severus hors de la pièce.
« Ce sont des symboles universels pour les potions. » Lui expliqua Severus laconiquement.
« Je sais que je n'étais pas une lumière en potions, mais je ne me souviens pas l'avoir appris à l'école, » Dit Drago.
« Je n'enseigne pas aux élèves la chartre des symboles universels. Je ne sais pas qui le lui a appris ni où il l'a appris, chacun peut s'interroger. » Claqua Snape.
Les deux hommes retournèrent dans la chambre. Ginny et Hermione étaient près du lit mais suffisamment loin pour ne pas être frapper accidentellement.
« Je ne supporte pas de le voir ainsi. » Sanglota Ginny.
« Moi non plus, » Ajouta Hermione, incapable de détacher ses yeux de Harry.
« Nous n'avons rien trouvé qui pourrait être utile pour l'instant, mais nous avons des potions qu'il devra prendre dès qu'il en sera capable, » Expliqua Severus en entrant rapidement dans la chambre. Il tendit les flacons à Remus.
« Celle-ci est une potion contre les migraines. Il avait des potions plus ou moins fortes, celle-ci est la plus forte. »
Remus prit la potion mais fronça les sourcils en regardant l'étiquette.
« Harry utilise des symboles universels, » Lui expliqua Drago quand il vit l'expression de Remus.
Remus regarda simplement Drago et haussa un sourcil interrogateur.
« Ceci, » Continua Severus, « est une potion relaxante. Il avait également des potions plus ou moins fortes mais là encore, je recommande la plus forte, c'est celle-là. »
Remus accepta le flacon et regarda attentivement le symbole.
« Il devrait aussi prendre ce sérum s'il se sent nauséeux, ce qui sera certainement le cas après avoir pris des potions aussi fortes. » Dit Severus en lui tendant la dernière fiole.
« Donc, nous ne pouvons rien faire pour l'instant. » Demanda Ginny.
« Non, il doit revenir à lui tout -» Commença le Maître des potions avant de remarquer que Harry avait arrêté de crier et de se tortiller.
Harry s'assit et haleta bruyamment. Il tremblait et sa tête tomba dans ses mains, les larmes ruisselaient sur son visage. Severus, Drago, Ginny et Hermione restèrent immobiles, sans bouger ni parler. Ils observèrent simplement le jeune homme avec attention. Ce n'est que lorsqu'il respira plus facilement que Hermione lui demanda timidement, « Euh, Harry ? »
Harry releva la tête rapidement et se rendit compte pour la première fois qu'il y avait d'autres personnes dans la pièce. « Oh mon Dieu, » Grogna-t-il en essayant de se cacher sous les couvertures.
« Ce n'est rien, » Lui dit Ginny, « Nous voulions simplement nous assurer que tu allais bien. »
Harry réajusta ses vêtements, s'emmêla dans les couvertures et chancela dans la pièce. Il souhaitait avec ferveur que le sol s'ouvre sous lui et l'avale, qu'il se passe quelque chose, n'importe quoi pour qu'ils arrêtent de le regarder.
« Harry, » L'interpella Hermione, « Où vas-tu? »
« Je- Ca ne va pas. Rien ne v- va. Je-je suis désolé, je -» Harry essayait de s'expliquer mais le peu de force qui lui restait s'en alla et il s'effondra sur le sol.
« Harry ! » Cria Ginny, en courant vers lui. « Oh mon dieu, » Cria-t-elle quand elle vit les cicatrices qui décoraient ses bras et ses jambes.
« Qui…comment… » Marmonna Ginny doucement en le tenant gentiment. Elle traçait légèrement certaines des cicatrices de ses bras.
« Je pense que nous pouvons deviner qui pourrait être responsable de cela, mais je ne peux qu'imaginer comment il les a eus. » Lui dit Drago, et Severus, sans s'en rendre compte, acquiesça. Le Maître des Potions remarqua que Drago le regardait et il remit rapidement son masque, cachant ainsi l'expression qu'il pouvait avoir montrée.
« Tu n'as pas autant de cicatrices, » Fit Observer Ginny à son mari.
« Non, » Dit-il sombrement. « Mais, je ne suis pas 'Harry Potter' »
« Ron devrait voir cela, » Dit Ginny en se levant. Elle avait l'intention de tirer Ron par les oreilles si nécessaire, pour qu'il voie cela.
« Non, il ne devrait pas, » Lui dit Severus sur un ton ferme en l'arrêtant.
Ginny et Hermione le regardèrent avec surprise.
« Severus a raison, il n'y a aucune raison pour que Ron les voie. » Ajouta Remus.
« Mais -» Protesta Ginny.
« Il ne pense pas clairement en ce moment et, les cicatrices mises à part, il ne pourrait pas comprendre tout ce que Harry a enduré- et ce qu'il doit encore subir- s'il ne peut pas passer ses propres sentiments et sa propre douleur. Ron risque de se sentir désolé pour Harry mais vous savez que Harry déteste la pitié. Ca risque d'empirer les choses si Harry sent que Ron a pitié de lui. »Leur dit Remus. Ginny y réfléchit et acquiesça à regret.
« Je crois que le pire est passé. » Observa Remus en se levant et en prenant la baguette qu'il avait laissée sur la table de nuit de Harry. « Si tu veux bien m'aider Severus, je pense qu'il serait plus facile de le faire léviter à deux. »
Severus l'aida sans rien dire et le travail fut rapidement accompli. Hermione et Ginny les suivirent jusqu'au lit et s'agitèrent excessivement sur les couvertures.
« Il me semble que tu peux te débrouiller par toi-même, alors nous allons te laisser, » Dit Drago. Remus garderait un œil sur Harry, mais il savait que les filles ne voudraient pas partir à moins qu'on ne les y oblige.
« Je veux rester. J'ai besoin de savoir qu'il va bien, » Protesta Ginny.
« Il va aller bien. Si ce que Ron a dit est vrai, il a eu de nombreux cauchemars. Ils sont douloureux mais ne sont pas dangereux à proprement parler. Tu n'as aucune raison de rester ici. Remus peut s'occuper de Harry, » Lui dit Drago. Il mit un bras autour de sa taille et la conduisit hors de la chambre.
Hermione allait suivre, mais elle aperçut une photo sur la table de nuit. « Il avait l'air heureux. Je ne me souviens pas de la dernière fois où je l'ai réellement vu heureux. » Observa-t-elle tristement.
Ginny regarda Hermione avec curiosité alors Hermione lui tendit la photo.
« Son partenaire avait l'air d'un homme très gentil. » Dit-elle doucement en lui rendant la photo.
« Greg. Son nom était Greg, » Lui dit Hermione en prenant la photo et en la remettant à sa place.
« Il se fait tard, » Observa Drago. Il dut tirer légèrement sur sa femme pour pouvoir sortir de la salle.
« Merci d'être venu. J'étais vraiment perdu, » Les remercia Remus en les suivant.
« Nous aussi. » Admit Ginny.
« Je sais que je n'ai pas besoin de le dire, mais soyez discret à ce sujet, » Dit-il en regardant Severus qui haussa simplement un sourcil.
« Est-ce pour moi ? » Railla Severus.
« Oui. Si tu utilises ce que tu viens de voir pour faire souffrir Harry, tu auras de mes nouvelles. » Répondit Remus.
« Me menacer ne t'apportera rien de bon. Tu ne fais pas le poids. » Répondit froidement le Maître des Potions avant de tourner les talons et de sortir.
« Nous te verrons demain, » Lui dit Hermione en l'embrassant sur la joue. Elle suivit ensuite Drago et Ginny.
Le lendemain matin, Harry se réveilla avec la sensation qu'on lui caressait le front. Encore endormi, il pensait que c'était Greg, mais quand il ouvrit les yeux, il trouva Remus assis à côté de lui.
« Remus ? » Demanda doucement Harry. Il cligna des yeux pour s'habituer à la lumière qui s'infiltrait par les fenêtres.
« Comment te sens-tu ? » Lui demanda Remus. Harry avait le teint terreux et des cercles noirs sous les yeux.
« Terrible… j'aimerais être engouffré par le sol. Je sais que toi Hermione et Ginny étaient là la nuit dernière, mais qui d'autre était présent ? » Lui demanda Harry.
« Tu n'as pas vu ? » Lui demanda Remus, surpris.
« Je n'avais pas mes lunettes, alors je ne voyais absolument rien »
« Es-tu sérieux ? »
« Oui, je ne peux pas voir à plus de dix centimètres sans mes lunettes. Pourquoi ? » Lui demanda Harry soudain effrayé par la réponse.
« Ce n'est rien. Je ne m'étais pas aperçu de l'étendu de tes problèmes de vue. Il n'y avait personne d'autres en dehors de Ginny, Hermione et de moi. Je suis allé les chercher quand tu as commencé à hurler. J'ai pensé que comme vous étiez proches à l'école, elles pourraient m'aider. »
« Ah, bien, » Harry soupira de soulagement. « Euh, peux-tu m'aider à me lever, il faut que j'aille dans mon Etude chercher des potions ? »
« J'ai pensé que tu aurais besoin de quelques potions ce matin, alors je les ai préparées, » Lui dit Remus en prenant les potions et un verre de jus d'orange.
Les potions étaient marquées du symbole universel des potions, Harry fut donc surpris que Remus ait pu les identifier. « Je ne savais pas que tu comprenais les symboles universels. »
« Je ne suis pas que beau. J'ai de nombreux atouts cachés, » Se vanta Remus. Harry sourit légèrement.
Harry approuva le choix et les avala en une gorgée.
« Tu es vraiment courageux. Si c'était moi, je les diluerais avec un litre de jus de fruits. » Remarqua Remus sérieusement.
« J'ai découvert que les potions n'ont pas nécessairement le goût des sous-vêtements sales. J'ajoute du glucose et des saveurs aux miennes, ainsi, elles ne sont pas trop mauvaises. » Lui expliqua Harry avec fierté.
Remus regarda Harry avec suspicion. « Et comment sais-tu quel goût ont les sous-vêtements sales ? » Il évita de justesse le poing de Harry.
« Je donne à ces potions une demi-heure pour qu'elles fassent effet, tu pourras alors sortir et déjeuner avec moi. Après cela, nous avons une réunion à laquelle nous rendre. » Dit Remus en regardant Harry attentivement. « Mais je suis sûr que Albus t'excusera et me laissera te donner les détails de ce qui a été dit. »
« Merde, je l'avais presque oublié. Non, j'irai. Je vais bien maintenant, il n'y a aucune raison que je la rate. » Dit Harry rapidement. « Au moins, j'ai le temps de prendre une douche maintenant et un petit déjeuner. Pouah! » Grimaça-t-il en reniflant sous son bras. « Je sens comme une vieille chemise ! »
« C'est vrai, » Sourit Remus, « Es-tu sûr que tu veuilles te lever si vite ? »
Harry changea d'avis. « Tu as raison. Je me laisse dix minutes et ensuite je vais à la salle de bain. » Il s'affala contre son oreiller et soupira profondément. « Hé Remus, je pensais m'acheter une moto, comme Sirius. Sais-tu où il a eu la sienne ? »
Remus cligna des yeux, surpris par la question. Il ne s'attendait pas à une discussion aussi tranquille alors qu'il avait autant crié quelques heures plus tôt. Pendant que les deux hommes attendaient que les potions commencent à agir, Remus se rappela chaleureusement le jour où Sirius avait montré sa moto à ses amis. Harry fut surpris de découvrir que sa mère avait proposé de montrer une moto à Arthur puisqu'il s'intéressait à tous les objets moldus. Entre eux, Sirius et Arthur étaient parvenus à enchanter la moto pour la faire voler. Sa mère avait souvent maudit le jour où elle avait encouragé Sirius à la montrer à Arthur et elle s'est reprochée cette 'alliance malsaine'. Après cela, aucun appareil moldu n'avait été à l'abri de l'attention de Sirius et de Arthur ce qui énervait grandement Lily. Harry aurait trouvé amusant de voir sa mère échapper à un grille-pain qui la poursuivait, dans toute la cuisine.
Harry imaginait son parrain et Monsieur Weasley faire quelque chose comme ça et riait à l'idée de sa mère pouvait être poursuivie par ses appareils électriques. Sirius avait souvent dit que sa mère avec le tempérament violent qui correspondait à ses cheveux roux et il ne savait pas ce qui était le plus drôle, les blagues de son parrain ou la pensée de ce que sa mère leur aurait fait une fois qu'elle les aurait attrapés.
Même s'ils auraient préféré passer la journée à se souvenir, ils devaient aller à la réunion et Remus vit la lumière présente dans les yeux de Harry s'éteindre alors qu'il se levait, chancelant encore un peu, pour aller à la salle de bain. Remus remua sa baguette et fit bouillir du café. Il s'assit devant une petite table dans la cuisine de Harry en attendant qu'il ait pris sa douche. Ils n'avaient pas beaucoup dormi et du café fort leur ferait du bien avant leur réunion.
