Adolescent, Harry aurait donné son bras droit pour pouvoir assister à une réunion de l'Ordre. Il avait imaginé les secrets divulgués lors de ces réunions, les membres passant leur temps à préparer des plans rusés pour rester deux pas devant leurs ennemis. S'il avait su alors à quel point il se trompait, il n'aurait pas gâché tant de temps à être attrapé par Mme Weasley pour essayer d'écouter furtivement les conversations.
Malgré le nombre de réunions auxquelles il avait assisté depuis le retour de Voldemort, il n'y avait rien eu de productif. Maintenant que Voldemort savait où résidait la loyauté de Snape et du jeune Malfoy, ils avaient perdu une source de renseignements importants sur les activités du Seigneur Noir.
Ils avaient envisagé d'infiltrer un nouvel espion dans les rangs de Voldemort, mais finalement, Albus avait décidé que ce serait trop dangereux. L'Ordre avait prouvé que c'était possible, mais le Seigneur Noir commettait rarement deux fois la même erreur. Il serait beaucoup plus prudent envers ceux à qui il permettait de le servir. Harry avait des informations à leur communiquer. Il espérait que sa vision leur permettrait d'avancer un peu plus pour qu'ils puissent enfin agir contre Voldemort.
Harry se tint devant la statue du Griffon qui gardait le passage qui menait au bureau d'Albus et vérifia avec attention que personne ne l'observait.
« Chocolat croquant, » Dit-il doucement. Le griffon ferma ses ailes et se déplaça sur le côté pour permettre à Harry de monder les escaliers en spiral qui donnaient accès au bureau d'Albus.
La plupart des membres étaient déjà réunis quand Harry arriva. Du couloir, il entendait les bribes de conversations, mais quand il entra, de nombreuses personnes se turent et se tournèrent vers lui- ce qu'ils faisaient presque à chaque fois qu'il entrait dans une pièce pleine de monde. Ils travaillaient côté à côté avec 'Harry Potter' depuis des semaines maintenant, et Harry était triste d'avoir encore cet effet sur eux. Il faudrait certainement un certain temps pour s'y habituer.
Bien que le bureau du directeur soit plus grand que la salle commune des Gryffondor, Harry fut surpris de constater qu'il semblait en ce jour petit et bondé. Les gadgets qui avaient toujours décoré une grande partie de la salle avaient disparu. A leur place se trouvaient des rangées de chaises en cuir, assemblés en demi-cercles autour du grand bureau de Albus, qui était nu. Seule l'épée de Godric Gryffondor était posée révérencieusement sur un coussin sous une cloche de glace.
Fumfseck siffla bruyamment, quitta son perchoir pour se poser au-dessus de la cloche de verre, l'air fier. Harry sourit. Bien sûr, Fumfseck devrait se sentir fier, pensa Harry. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir fier lui-même, quand il se remémorait les évènements qui s'étaient déroulés pendant sa Deuxième Année à Poudlard.
Fumfseck lui avait sauvé la vie alors qu'il se battait contre le basilic libéré dans la chambre des secrets par le spectre de Tom Jedusor âgé de seize ans. Tout semblait perdu jusqu'à ce que le phœnix lui apporte le choixpeau duquel il avait sorti l'épée de Gryffondor avec laquelle il avait empalé la bête. Harry avait reçu une blessure mortelle, mais le phœnix l'avait guéri avant que le poison ne puisse poursuivre son chemin, réduisant à néant tout plan qu'il aurait pu avoir de mourir dans la chambre.
Le phœnix déploya ses ailes et hocha la tête profondément en regardant Harry, et le jeune homme fit de même. Il courba la tête dans un geste de profond respect envers l'oiseau qui lui avait sauvé la vie tant d'années auparavant.
« Bonjour, jeune Maître Potter. C'est toujours un plaisir de vous voir. » Le salua Armando Dippet de son portrait. Il brisa ainsi le silence qui était tombé dans la salle.
« Merci, monsieur le directeur. Vous avez l'air en forme ce matin, » Répondit Harry poliment.
« Merci. Le professeur Dumbledore m'a récemment fait restaurer, vous savez, » Rayonna l'ancien directeur.
« La différence est énorme, et vous étiez déjà impressionnant avant. »
« Si j'en entends davantage de ces minauderies, je vais être malade, » Railla une voix provenant du tableau qui se trouvait à côté de celui de Dippet.
« Monsieur le directeur, Nigellus, » Harry courba la tête poliment.
« Hm, au moins vous avez appris quelques manières, mon garçon. Je dois le reconnaître. » Dit Phineas en plissant les yeux tout en regardant Harry.
Harry renifla et tendit sa main vers Fumfseck.
« Ou peut-être pas. »
Toutes les personnes présentes dans la pièce l'observaient alors que Fumfseck perché sur son bras utilisait son bec pour arranger ses plumes. Comme toujours, le phœnix, savait instinctivement où se trouvait la douleur. Il siffla quelques notes d'une jolie mélodie et ses douleurs et courbatures disparurent immédiatement, même sa fatigue s'évapora.
« Merci Fumfseck, » Murmura Harry. Il caressait les plumes soyeuses alors que l'oiseau pleurait sur la cicatrice de Harry.
Les larmes laissèrent une trace de froid sur sa cicatrice, et éteignit la douleur brûlante qui avait menacé de le déchirer quelques heures plus tôt. Il avait beaucoup moins mal à la tête.
Une mer de visage le salua quand il leva la tête, lui rappelant une fois de plus qu'il venait de se donner en spectacle. Fumfseck sentit son malaise et chanta doucement en lui désignant d'un signe de tête Ginny, Hermione et Remus.
« Si je ne pensais pas le contraire, je jurerais que tu peux aussi lire dans les esprits, » Lui dit Harry en s'approchant d'eux. Ils se tenaient dans un coin, chacun tenait une tasse dans leurs mains. Il remarqua le regard qu'ils échangèrent quand ils le virent s'approcher, le même regard que les conspirateurs ont quand ils savent quelque chose qu'une autre personne ignore. Normalement, il les prendrait dans un coin et essaierait de leur faire cracher l'information, mais pour l'instant, il ne s'en souciait pas vraiment. Fumfseck siffla joyeusement et frotta son bec contre son cou.
« …Je lui ai seulement dit -» Leur dit Hermione à voix basse avant qu'il ne les interrompe.
« Bonjour, Harry, » Le salua Hermione joyeusement. Un peu trop joyeusement.
« Bonjour, » Répéta Ginny en écho tout aussi joyeusement.
« Bonjour, » Leur répondit Harry doucement. Il était encore embarrassé que Hermione, Ginny et Remus l'aient vu en plein cauchemar.
« Euh, je dois te demander comment tu fais cela ? » Lui demanda Hermione en lui désignant Fumfseck qui reposait sa tête sur l'épaule de Harry.
« Faire quoi ? » Lui demanda Harry.
« Ca. Un phœnix est complètement loyal à son maître. Quelques phœnix permettent à d'autres personnes de les toucher, mais ils les suivent rarement. » Lui expliqua Hermione.
« Je ne le savais pas, » Répondit Harry. « Mais Fumfseck et moi sommes de vieux amis, hein Fumfseck ? » Demanda-t-il à l'oiseau qui siffla ravis.
« Ah, j'avais oublié l'épisode de la chambre des secrets, » Lui dit Hermione quand elle se souvint. « J'étais pétrifiée, alors il est possible que j'ai des trous de mémoire. » Dit-elle en souriant.
« Alors, comment vas-tu ? » Lui demanda Ginny. Elle avait pris un ton badin, mais elle avait l'air inquiète.
« Je vais bien. Remus a fait du café fort, j'en ai bu plusieurs tasses. Personne ne peut être fatigué après ça. »
« Eh bien, tu as l'air beaucoup mieux que lorsque Se -»
Remus se mit soudain à tousser violemment et agrippa sa gorge.
Harry pensant que son ami s'étouffait avec son thé, lui frappa le dos.
« Merci Harry. » Dit Remus quand sa toux s'arrêta, il lança un regard vers Ginny pour la prévenir.
« Pas de problème, » Répondit Harry en se tournant vers Ginny. « Que disais-tu ? »
« Hein ? » Lui demanda Ginny, confuse. « Oh, bien. Je disais que tu avais vraiment une mine affreuse avant que Se -»
« SORTS ! » Cria soudain Remus en se mettant devant Ginny. « Tu as promis de nous montrer le sort de dissimulation que tu as aidé à développer. »
« Euh oui. » Le regard de Harry passa de Remus, qu'il regarda avec suspicion, à Ginny. Quand ses yeux revinrent sur Remus, ce dernier lui rendit son regard, l'air innocent.
« Euh…Ecoutez, pour la nuit dernière… » Harry commença son explication. Il suspectait que les interruptions de Remus n'étaient rien d'autres qu'une tentative d'éviter une discussion sur ce qu'il s'était passé la nuit dernière.
« Ce n'est rien Harry. Tu n'es pas obligé d'en parler, si tu ne le veux pas, surtout que de nombreuses personnes semblent s'intéresser à toi en ce moment, » Lui signala Remus en regardant les autres professeurs. Beaucoup d'entre eux les observaient.
« J'attire beaucoup l'attention. »
« C'est aussi ce que je dirai. »
La porte s'ouvrit et Albus entra suivit de près de Drago et de Snape.
Fumfseck chanta plus fort quand il vit Albus et vola jusqu'au directeur, se percha sur son bras, comme il s'était assis sur celui de Harry.
« Je crois qu'il t'apprécie. » Sourit Albus. Il amena l'oiseau à son perchoir. « Peut-être pouvons-nous commencer notre réunion. »
Comme d'habitude, Harry s'assit près de la porte. Il regarda derrière en s'attendant à trouver Remus, mais il fut surpris de constater que celui-ci était toujours dans le coin et discutait avec Hermione et Ginny. Il se demanda de quoi il voulait parler et pourquoi il ne pouvait pas le faire devant lui.
« J'aimerais que tout le monde s'asseye. » Commença Albus en souriant. Il regardait Remus, Hermione et Ginny. Le trio s'excusa et ils se hâtèrent de regagner leur siège. Remus trouva un siège à côté de Harry et les deux filles rejoignirent Ron, Snape et Drago près de la fenêtre de l'autre côté de la salle d'où ils pouvaient voir le terrain de Quidditch.
Hermione et Ginny regardèrent Harry pour s'excuser. Probablement, pensa Harry, parce qu'elles ne se sont pas assises à côté de moi. Ron évita de le regarder ce qui était un changement agréable puisque depuis qu'il n'était plus sous couvert du sort de dissimulation, Ron cherchait la dispute dès qu'il en avait l'occasion. Il espérait qu'ils auraient une chance de se réconcilier. Lui dire ce qu'il voulait savoir pourrait mettre un terme à leur hostilité, mais il devrait alors admettre certaines choses, et il n'était pas prêt à le faire, ni à lui-même ni aux autres.
Drago s'assit à côté de Snape. Ils discutaient à voix basse et Drago lui désignait le journal de temps en temps pour souligner un point, mais le professeur n'avait pas l'air de l'écouter. Il était trop occupé à regarder Harry. Le jeune homme avait déjà vu cette expression. C'était la même qu'il avait quand il vérifiait les ingrédients des potions, faisant attention à ne laisser aucun défaut parce que celui-ci pouvait ruiner une potion absolument parfaite. Harry sentit ses cheveux se dresser sur sa tête.
« Je ne vous garderais pas plus longtemps que je ne le dois, » Commença Albus. « J'ai essayé de reforger nos amitiés avec certaines 'communautés' depuis quelques temps maintenant. Les Détraqueurs ont toujours soutenu Voldemort, mais les autres communautés telles que les centaures, les gobelins et les loups-garous ne sont pas très enthousiastes à l'idée de s'allier à l'un de nous. Nous avons besoin de leur force, c'est pourquoi Minerva, Remus et moi allons les rencontrer après-demain. Nous ne devrions pas être absents plus de dix jours. Pendant ce temps, Severus et Hermione partageront les obligations de directeur. »
Quand Hermione entendit la nouvelle, elle se redressa et se tint droite.
« Avez-vous d'autres choses à ajouter ? » Leur demanda Albus en regardant la salle avec attente.
« En fait, je détiens des informations que vous devriez entendre, mais je ne sais pas comment les expliquer, » Dit Harry rapidement. « Ca…concerne une 'vision' que j'ai eue la nuit dernière, » Commença Harry avec hésitation. Il avait l'impression de ressembler au professeur Trelawney et ça le perturbait.
« Il y avait Voldemort, j'en suis sûr,… La pièce dans laquelle il se trouvait était pleine de monde. Il devait y avoir une cinquantaine de personnes agenouillées devant moi dans leur robe de mangemort, leur regard baissé. Je- Voldemort- faisait un discours- »
« Te souviens-tu de ce qu'il disait ? » L'interrompit Albus.
« Je ne me souviens pas de tout, mais il disait un truc du genre 'qu'il 'revenait comme il l'avait promis, que les choses seraient différentes cette fois-ci, que c'était le début d'un nouvel âge, qu'il était temps de faire revivre les vieilles traditions. » Harry s'arrêta un instant et fouilla dans ses souvenirs. « Il allait conduire les mangemorts dans une sorte de raid, pour 'montrer à ces sales moldus et sang de bourbe pourquoi ils leur étaient toujours supérieurs' Mais il leur a interdit de lever la marque noire parce que ce 'n'est pas encore l'heure'. »
« Est-ce tout ce qu'il a dit ? » Lui demanda Minerva.
Harry s'arrêta à nouveau. Il n'était pas certain de l'impact qu'aurait l'information. « Il …y …avait un miroir sur le mur en face, et j'ai…regardé son visage. Ce n'était pas celui que nous connaissons. Il…ressemblait au visage de …Salazar Serpentard. »
La salle tomba dans un silence tendu, elle ne fut brisée que par la voix du directeur.
« Les mangemorts savaient que Voldemort se plaignait de son corps lors dans la dernière guerre. Sa magie était toujours aussi puissante, mais son corps avait ses limites. Son corps avait été crée par des éléments étranges, il ne pouvait pas devenir plus costaud, il manquait de force physique et de robustesse. » Leur expliqua Albus.
« Mais, » Poursuivit Albus, « Severus et Drago ont découvert qu'il faisait des recherches pour transférer l'essence d'un corps dans un autre. »
« Est-ce la même chose que lorsque qu'il avait pris résidence dans le corps du professeur Quirrell ? » Lui demanda Harry.
« Dans ce cas, il était un parasite. Dans cet état primaire, il lui était nécessaire de trouver un hôte vivant pour supporter sa vie et son essence. La recherche dont Albus fait référence concerne le transfert de son essence dans une enveloppe vide, quelque chose qu'il puisse habiter de lui-même, que ce soit temporairement ou de façon permanente. » Lui expliqua Hermione. « Il existe de nombreuses théories, mais je n'ai rien de trouvé qui soit vraiment solide. »
« Des sorciers ont proclamé avoir découvert le processus du transfert. Mais ni Drago ni moi n'avons jamais pu être certains que le Seigneur Noir avait vraiment fait cette découverte, mais si Potter a eu une vision sur Serpentard -» Ajouta Snape.
« Je l'ai eue. » Dit Harry.
« Si c'est le cas, » Continua Snape en ignorant l'interruption, « Alors il semblerait que le Seigneur Noir soit parvenu à mettre une théorie en pratique. »
« Harry, tu as déjà eu des visions, qui n'étaient pas 'réelles', qui t'étaient envoyées délibérément par Voldemort pour de donner de fausses informations. » Lui dit Hermione délicatement. « Est-il possible que ce soit une fausse vision ? »
Harry avait effectivement eu des fausses visions les années suivant son départ de Poudlard. Mais aucune n'avait été aussi terrifiante que celle que Voldemort lui avait envoyée pendant sa Cinquième Année quand il avait vu Sirius être torturé à mort au sein même du Ministère de la Magie. Harry avait décidé d'aller le sauver et c'est ce qui avait conduit à la mort de son parrain et il ne s'était jamais complètement pardonné ce jour.
« Je suppose, » Admit finalement Harry.
« Je ne peux pas être d'accord avec vous Hermione, » S'interposa Albus. « Nous savons que Voldemort est revenu d'une certaine façon. Nous savons aussi qu'une vague de violence s'est abattue dans la communauté moldue, ce qui est la raison pour laquelle nous avons passé tant de temps à patrouiller. Tout cela correspond aux informations que Harry nous a données. Et il n'est pas surprenant que les journaux sorciers n'aient rien rapporté.
« Mais pourquoi Salazar Serpentard ? » Demanda le professeur Sinistra. « Peut-être portait-il un déguisement ? »
« Pour quoi ? Tout le monde sait que Serpentard est mort il y a des siècles, il ne tromperait personne. De toute façon, le physique de Voldemort n'a pas beaucoup d'importance pour ses mangemorts. Ils le suivraient quelle que soit son apparence. » Contra Harry.
« Je ne peux pas expliquer ce phénomène. Voldemort doit avoir découvert un moyen d'utiliser le corps de Salazar Serpentard comme hôte pour son essence, » Dit Albus d'une voix douce.
On aurait dit que tous les sorciers et sorcières présents dans la salle s'étaient mis à parler en même temps de ce que ça impliquait.
Harry ne savait que croire. L'idée était légèrement absurde, mais, il avait vu Peter Petitgros concocter un nouveau corps à son maître et tout ça dans un chaudron. Si Voldemort pouvait faire ça, habiter le corps de son ancêtre ne paraissait pas tant sorti de l'imaginaire, même si ça donnait des frissons dans le dos.
« Est-ce que ça veut dire que les pouvoirs de Voldemort auront augmenté ? Qu'il sera capable d'utiliser les pouvoirs de Serpentard ? » Lui demanda Ginny.
« Je ne le pense pas, » Répondit Hermione. « Voldemort utilise le corps comme s'il s'agissait d'un hôte. Le corps est une coquille, rien de plus. Il n'a pas de puissance magique si ce n'est celle que Voldemort a apportée avec lui. Bien entendu, si Serpentard a conservé un peu de sa magie dans son corps, ce serait une autre histoire. Mais je doute qu'il ait fait une telle chose. Il n'aurait pas pu savoir qu'un jour, un de ses ancêtres prendrait son corps pour résidence et qu'il aurait besoin de conserver un peu de sa magie. »
« Mais nous ne pouvons pas en être sûrs, il existe toujours la possibilité que Serpentard ait préservé un peu de sa magie dans son corps. » Ajouta Snape.
« Non qu'il ait besoin de plus de magie venant de Serpentard, » Grommela Ron.
« Est-ce tout ce tour ce tu as vu dans ta vision ? » Lui demanda Albus.
« Oui, » Mentit Harry. La vérité est qu'il avait vu beaucoup plus que cela. Voldemort avait pris part à la chasse, alors il avait vu les horreurs qu'il avait perpétrées, la manière dont ils avaient torturé et massacré les moldus qui n'avaient aucune chance de se défendre contre la magie noire. Les vieillards, les femmes et les enfants n'avaient pas été épargnés.
Albus regarda Harry attentivement puis reporta son attention vers Remus qui secoua la tête et articula silencieusement, « Plus tard. »
« Ca n'a aucun sens, » Déclara soudain Snape. Il ne s'adressait à aucune personne particulière.
« Pardon ? Qu'est-ce qui n'a aucun sens ? » Lui demanda Hermione.
« Tout. Tout ce qu'il a vu dans la vision est faux. La marque noire a toujours été hissée au-dessus des victimes, ou inscrite dans les environs. C'est la signature du Seigneur Noir. Il est vrai qu'il apprécie de chasser les moldus, mais il apprécie encore plus la peur qu'il inspire, c'est pourquoi ça n'a aucun sens qu'il n'ait pas hissé la marque noire à cette occasion. Ce qui est peut-être plus bizarre encore, est que tout le temps pendant lequel j'ai été associé au Seigneur Noir, je ne l'ai jamais vu participé à aucun raid moldu. »
« Moi non plus, » Ajouta Drago. « Père avait l'habitude de dire qu'il se permettait de participer aux chasses quand il était plus jeune, mais il a abandonné quand il a réuni les mangemorts. Il ne voulait pas s'exposer ainsi. Et puisque personne, à part nous, ne sait qu'il est de retour, il ne s'expose pas vraiment en participant, surtout s'il n'a pas hissé la marque noire. Peut-être voulait-il simplement revivre le 'bon vieux temps', » Suggéra Drago.
Snape secoua la tête. « Je ne suis pas d'accord. Le Seigneur Noir n'agit pas à moins qu'il puisse en tirer un bénéfice et je ne vois pas ce que faire cela pourrait lui apporter. »
« Moi non plus, » Dit Albus en secouant la tête.
« Peut-être devrions-nous penser à lui forcer la main, » Proposa Harry. « Annoncer au public que Voldemort est de retour. Il a des partisans aux plus hauts postes, comme au Ministère ou dans les banques. Tout le monde ne nous croira pas mais certains d'entre eux pourraient se sentir pousser à aller sur le terrain. Nous pourrons alors les trouver et découvrir ce que Voldemort a prévu et le débusquer. »
« On ne nous croira pas -» Commença Albus.
« Je sais, je sais, c'était juste une suggestion, » Soupira Harry. « Il faudra le dire à un moment ou à un autre. »
« Oui. Mais le timing est important. Voldemort ou l'un de ses partisans, fera une erreur, et quand il la fera, nous dirons la vérité d'une telle manière que tout le monde sera obligé de nous croire, ils n'auront pas d'autres choix. Mais le moment n'est pas encore venu. Nous avons encore beaucoup de travail. Alors à moins que vous ayez quelque chose à ajouter, je ne vous garderai pas. » Leur dit Albus en les libérant.
Les membres de l'Ordre quittèrent la salle doucement et sombrement. Seules quelques personnes parlaient à voix basse mais peu étaient d'humeur.
« Pourquoi ne pars-tu pas devant Harry ? Je te rattrape dans une minute, » Lui dit Remus.
« Euh, très bien. » Harry regarda avec suspicion le meilleur ami de son père.
« Ce n'est rien. Je dois simplement parler à Severus, à propos de mes potions. »
« D'accord. Je te vois tout à l'heure. En revoir, Fumfseck, » Dit Harry au phœnix qui siffla légèrement en le regardant quitter la salle.
Remus traversa rapidement la pièce et s'approcha du petit groupe assis près de la fenêtre.
« Harry a eu une vision la nuit dernière, » Dit Ron sobrement quand Remus les eut rejoint.
« Oui, » Acquiesça Remus.
« Elle était violente ? »
« C'était la première fois que je le voyais avoir une vision. Il avait l'air d'être à l'agonie. »
« Pourquoi ne m'as-tu pas appelé ? Je suis peut-être très en colère contre lui, mais je l'aurais aidé. »
« Les choses étant ce qu'elles sont, il n'aurait pas voulu que tu sois là, alors t 'appeler est la dernière chose que j'aurais faite. Et il était embarrassé qu'on l'ait vu. »
« Il faut toujours un certain effort pour le ramener après une vision. Il avait l'habitude de tant remuer qu'il était difficile de l'approcher suffisamment pour l'aider, mais tu t'es assuré qu'il ne puisse pas se blesser, hein ? Et qu'il prenne sa potion contre la douleur quand il s'est réveillé ? »
« Oui, je l'ai fait. » Remus regarda Ron avec attention. « Ce serait une bonne chose si tu arrêtais ce non-sens et que vous vous réconciliez. »
Ron croisa les bras sur sa poitrine et prit un air obstiné. « Je ne réagis pas bien lorsque les membres de ma famille me quitte sans me dire en revoir, et il fait parti de ma famille, qu'il le veuille ou non. »
« Ca devient bien trop sentimental à mon goût alors je crois que je vais partir. » Se moqua Snape. Il se leva et se dirigea vers la porte.
« En fait, j'espérais te parler, » Lui dit Remus avant qu'il ne parte trop loin. Le maître des potions se retourna et haussa un sourcil, mais il s'était arrêté.
« De quoi pourrais-tu vouloir discuter avec moi ? »
« Ce sera rapide, il faut simplement que je vous parle à toi et à Hermione au sujet d'une recherche que je fais pour vous. »
« Une recherche ? » Demanda Ron en plissant le nez. « Elle te fait faire de la recherche à toi aussi ? J'ai l'impression que je vais devoir me battre pour rester éveillé si je reste là. Venez-vous, Drago ? Ginny ? »
« Drago et moi devons discuter avec le directeur, » Répondit Snape. Il avait légèrement plissé les yeux en regardant le loup-garou qui était l'image même du calme et de l'innocence.
« Oh, oh. Bien sûr que vous devez discuter. Il ne reste donc plus que nous, Gin, » Dit Ron en utilisant le surnom qu'il donnait à sa sœur quand ils étaient plus jeunes.
« Ne m'appelle pas Gin, » Lui-dit-elle légèrement exaspérée, mais également avec gentillesse parce qu'elle n'avait pas entendu le surnom depuis des années. « Je vais attendre Drago. »
« Très bien. Je vous verrai plus tard, alors, » Dit-il en se dirigeant vers la porte.
« Qu'est-ce qui peut-être si important pour que je sois obligé de rester ? » Lui demanda Snape une fois que Ron eut quitté la salle.
« Chut. » Siffla Remus en jetant un regard vers Albus et le professeur Sinistra qui étaient en pleine conversation de l'autre côté de la salle. « C'est à propos de ce qu'il s'est passé la nuit dernière. Harry sait seulement que Ginny, Hermione et moi étions là. Il ne sait pas que vous étiez également présents et je ne veux pas qu'il le découvre. »Expliqua Remus en regardant les deux anciens espions.
« J'aurais dû deviner que c'était au sujet de Potter, » Snape leva les yeux au ciel.
« Ne nous a-t-il pas vus ? Je me tenais vraiment à côté de son lit, » Lui demanda Drago en ignorant Snape.
« C'est justement ça. Il ne vous a pas vus. Il ne portait pas ses lunettes, alors il n'a pas pu vous voir. En fait, la seule raison pour laquelle il sait qu'il y avait du monde dans la pièce est parce qu'il a entendu Ginny et Hermione. Il était suffisamment humilié de savoir qu'on l'avait vu dans son état, alors je lui ai dit que seuls nous trois l'avions vu. » Leur dit Remus.
« Nous nous conformerons à ton histoire. Mais il n'a aucune raison de se sentir embarrassé. Ce n'est pas de sa faute s'il a eu un cauchemar. » Dit Ginny, les yeux remplis d'inquiétude.
« Il y a des années, il a commencé à apprendre l'occlumencie afin de réduire le nombre de ses visions. S'il avait maîtrisé cet art, il n'aurait pas eu de vision la nuit dernière. » Leur dit Snape. « Peut-être devrais-tu lui donner cet avis la prochaine fois que tu le verras. »
« Professeur Snape ! » Le réprimanda Hermione.
« Pourquoi pas, je garderai cette suggestion à l'esprit. Il y a certaines choses que je fois vérifier, je ne vous garderai pas plus longtemps, Professeur, » Dit Remus ; « Oh, et Severus, Harry a trouvé un moyen d'ajouter des saveurs plaisantes à ses potions. Peut-être devrais-tu penser à faire la même chose la prochaine fois avec la mienne. »
« J'ai découvert beaucoup de saveurs intéressantes à ajouter à ta potion, malheureusement le directeur n'accepte pas que j'ajoute du poison. »
C'était pratiquement la période des examens à Poudlard. Et bien que les élèves auraient aimé profiter de la chaleur, ils furent nombreux à se retrouver à la bibliothèque ou cloîtré dans leur salle commune à réviser calmement.
Harry avait terminé son programme une semaine auparavant et il profitait des deux mois restants pour les faire réviser les leçons les plus difficiles. La semaine précédente, ses septième année Serdaigle et Pouffsouffle lui avaient demandé de revenir sur les potions défensives. La dernière fois qu'il avait fait ce cours, il avait utilisé ses propres ingrédients pour éviter d'avoir à en prendre dans les placards des cachots. Cette fois, il n'avait pas autant de chance, il n'avait pas tous les ingrédients nécessaires, ce qui explique pourquoi il se promenait sans but dans les couloirs menant aux cachots à la recherche du placard. La dernière fois qu'il était venu voir les placards de potions, il était encore étudiant. Mais depuis, ils avaient dû être déplacé et Harry n'avait pas le temps de le chercher, il devait donc demander sa direction. Il espérait trouver un élève, parce qu'il avait l'impression que monter sur des barbelés électriques ne portant rien d'autre qu'un rire nerveux serait préférable et plus sûr- et moins douloureux que frapper à la porte du maître des potions pour lui demander quelque chose d'aussi commun que sa direction.
Le cachot avait toujours été la partie la plus froide du château et il commençait à regretter de ne pas s'être habillé plus chaudement. Il ne portait en effet qu'une chemise fine à col en V, à manches longes et un pantalon noir. Quand il était plus jeune, il pensait que les cachots devaient être humides et noirs et qu'on devait frissonner tout le temps parce qu'il avait été construit dans les sous-sols. Mais maintenant alors qu'il cherchait le placard, il remarqua que cet espace n'était pas du tout humide. Et il avait l'impression qu'il y avait plus de torches dans cette partie du château qu'ailleurs, à l'exception de la Grande Salle. Peut-être la fraîcheur était-elle d'origine magique. Harry n'aurait pas été surpris que le résident grincheux des cachots ait délibérément crée de l'air frais pour éloigner les gens qui n'avaient aucune raison valable de descendre. Harry ne pensait pas que Snape ait vraiment besoin de tels recours- sa simple présence était suffisante à éloigner les gens.
« Harry ! » L'appela Ginny. Elle était derrière lui.
L'espace d'un instant, Harry pensa presser le pas pour éviter de lui parler. Son prochain cours allait commencer dans dix minutes. Il allait être en retard et il avait besoin de trouver les ingrédients qu'il cherchait et être prêt pour sa prochaine classe.
D'un autre côté, s'il ne s'arrêtait pas pour lui parler, il était sûr de le regretter. Avec un léger soupir, il se retourna et attendit que Ginny, Drago et Snape le rejoignent.
« Comment vas-tu ? » Lui demanda-t-elle. Sa bonne humeur était légèrement forcée et Harry faillit grogner. Il lui était reconnaissant de faire un tel effort, mais il n'était plus un enfant et n'avait ni besoin ni le désir qu'elle se comporte avec bon entrain pour son bénéfice.
« Euh, bien, Ginny, mais je dois me dépêcher ou je serai en retard pour mon prochain cours. »
« Je ne te retarderais pas. » Lui dit rapidement Ginny. « Drago m'a dit que vous ne travailliez pas cet après-midi, alors je voulais t'inviter à venir prendre le thé et discuter. »
« Il t'a dit ça, hein ? » Lui demanda-il en regardant Drago avec des yeux perçants.
« Hermione sera également présente, ainsi que Ron et le professeur Snape. Drago et moi serons bien entendu là. Alors je t'attends dans les alentours de quinze heures, » Lui dit Ginny.
« Quoi ? Mais, je- je n'ai pas donné mon accord, » Protesta Harry.
« Tu es libre, non ? »
« Eh bien, oui, mais -»
« Tu ne penserais pas refuser une invitation d'une amie, surtout quand ta compagnie a manqué à cette amie et qu'elle espère vraiment te voir venir, n'est-ce pas ? » Le pressa Ginny.
« Ta femme aurait dû aller à Serpentard, » Dit Snape à Drago. Ce dernier souriait.
Un claquement d'ailes désespéré interrompit leurs négociations et un grand hibou brun déferla sur eux et s'arrêta suffisamment longtemps pour déposer un rouleau dans les mains de Harry avant de repartir dans les couloirs, hors des cachots.
Harry ouvrit rapidement le rouleau et le lut. Il essaya de ne pas montrer son inquiétude. C'était une courte missive.
De l'aide- le Ministère a été pris d'assautTonks
« Euh, vous ne recevez généralement pas de courrier dans les cachots, hein ? » Demanda Harry aussi naturel que possible.
« Non. » Lui répondit Snape. Il avait plissé les yeux de suspicion.
« Qu'est-ce qui est dit ? » Lui demanda Ginny avec inquiétude.
« Euh, Ginny. Est-ce que ton père travaille aujourd'hui ? »
« Oui. Ainsi que Bill et Charlie, pourquoi ? »
« Je dois aller récupérer des papiers au Ministère, mais si ton père y est, je pensais lui demander si ça ne le dérangeait de les prendre pour moi, c'est tout. »
Ginny lança un rapide sort d'insonorisation puis se pencha et attira Harry en le tirant par le col de la chemise pour qu'elle puisse le regarder dans les yeux. « Harry James Potter, dis-moi ce qui se passe immédiatement où je te jette un sort sur la partie la plus sensible de ton anatomie. Est-ce que je suis claire ? »
« Tonks m'a envoyé un mot. Il y a eu une attaque au Ministère et elle appelle du renfort. » Expliqua Harry en s'extirpant de son mieux de sa prise.
« Oh mon dieu ! » Haleta-t-elle.
« Puisque ta famille est dans le bâtiment, il serait peut-être mieux si tu -» Commença Harry mais il se tut quand il vit le regard de Ginny.
« Ne pense même pas à terminer ta phrase. Si tu étais moi que ferais-tu. » Lui demanda-t-elle, les yeux flamboyants.
Harry s'était trouvé dans la même situation quelques semaines seulement avant sa dernière année à Poudlard. Il n'avait pas perdu de temps et était allé directement au Ministère de la magie alors qu'il pensait que Sirius y était retenu prisonnier et qu'il y était torturé. « J'aurais couru là-bas et personne n'aurait pu m'en empêcher. » Admit-il.
« Ginny ! Nous te cherchions, » L'appela Hermione en se hâtant. Ron était sur ses talons.
Ginny courut vers eux, sans aucun doute pour informer son frère et sa belle-sœur de ce qui venait de se passer.
« Que dit le mot ? » Demanda Drago à Harry en profitant de l'absence de sa femme.
« Tiens, » Lui dit Harry en la lui donnant.
« Merde, » Murmura-t-il en la donnant au professeur. Leur aîné fronça les sourcils et lut rapidement le papier. Il sortit sa baguette de sa manche et jeta un sort rapide pour enlever tout écriture du parchemin.
« Voldemort, » Grogna Harry.
« Peut-être, » Répondit Snape de façon énigmatique.
« Bon sang, qui d'autre cela pourrait-il être ? » Lui demanda Harry.
« Pas maintenant messieurs. Nous devons décider de ce que nous allons faire. » Leur dit Drago en éteignant la dispute avant qu'elle ne commence.
« Nous avons besoin d'un peu d'aide, bien sûr. Albus et Minerva n'ont vraiment pas bien choisi leur moment pour partir loin de l'école, » Dit Harry en pensant tout fort.
« Vous avez raison, nous avons besoin d'aide, et ils ont vraiment mal choisi leur moment pour s'absenter. Toutefois, je ne pense pas que nous ayons le temps de rassembler le reste de la 'veille bande' et leur demander leur aide. » Dit le maître des potions en utilisant l'euphémisme souvent utilisé par Albus pour désigner l'Ordre. « Dans les cas d'urgence, personne n'a jamais envoyé de hibou avant parce qu'il est très facile de l'intercepter. Ce doit être vraiment très urgent pour qu'ils aient violé ainsi le protocole. »
« Je pense que ni Ginny ni Ron ne devraient venir. Ils ne réfléchiront pas clairement et ils pourraient faire une erreur et être blessés ou mettre en danger la vie d'une autre personne, » Dit Drago en regardant sa femme avec inquiétude.
« Je suis d'accord. » Acquiesça Snape.
« Et Ron sera furieux contre Hermione si elle le laisse derrière. Je sais que nous serons en nombre limité, mais je préférerai ne pas leur faire ça. » Dit Harry.
« De toute façon, nous sommes peu nombreux, et puisque Albus a laissé la charge du château à Severus et à Hermione, l'un d'eux devrait rester dans l'école. » Remarqua Drago.
« Comment allons-nous procéder ? » Murmura Harry quand Ginny, Hermione et Ron se hâtèrent de les rejoindre.
« Où est le message et avons-nous un plan ? » Leur demanda Hermione.
Harry et Drago se regardèrent gênés.
« Nous devons nous arranger pour que les elfes de maison rassemblent la bande qui se trouve dans le château. L'un d'eux pourra s'arranger pour contacter les autres. » Suggéra Snape. « Il serait également plus prudent d'emmener quelques potions avec nous, » Ajouta Snape, en réfléchissant. « Et si on réfléchit aux circonstances, nous devrions avoir besoin des potions de force qui se trouvent dans mon bureau. »
« Pendant que nous appelons les elfes de maison, j'aimerais que vous alliez tous les trois dans mon bureau et que vous sortiez les potions de mon placard personnel. Le mot de passe est 'vivificus'. Vous trouverez les potions dans le placard qui se trouve dans mon bureau d'étude. Elles sont clairement étiquetées et vous ne devriez avoir aucun mal à les identifier. Je fais appel à toute votre discrétion pour prendre celles dont nous pourrions avoir besoin. »
« Bien sûr, » Acquiesça Ginny. Elle se précipita vers les appartements du professeur suivit de Ron et de Hermione.
« Ca ne nous laisse pas beaucoup de temps, » Dit Harry en admirant silencieusement la manière dont Snape avait détourné l'attention de Ginny, Ron et Hermione. Il avait agi rapidement et efficacement.
« Nous avons du temps. J'ai laissé quelques sorts intéressants dans mon placard à potions et ça devrait les retarder. Mais je préférerai que l'on parte au plus tôt. » Répondit Snape.
« Bien. » Acquiesça Harry. « J'appelle Dobby, »
Pendant que Harry donnait ses instructions à l'elfe de maison, Snape et Drago enlevèrent leur robe et fouillèrent dans leur poche puis les réduisirent pour qu'elles soient plus faciles à cacher.
« Ca devrait faire l'affaire, » Leur dit Severus. Il sortit sa baguette et la pointa sur une fiole vide. « J'ai pris la liberté de créer un Porte au Loin. Il vaut mieux partir rapidement. »
« Il ne leur faudra pas longtemps pour se rendre compte que vous les avez envoyés dans une errance de fou, et on ne pourra pas les empêcher de nous suivre, » Leur dit Harry.
« Je vous assure, qu'ils seront incapables de nous suivre, » Leur dit Snape en installant le Porte au Loin.
« Je ne suis pas certain d'aimer ce que cela signifie. » Lui dit Drago en regardant l'autre homme avec suspicion.
« Ne te fais pas de souci. Ils resteront relativement indemnes. » Lui assura Snape.
« Je n'aime pas non plus ce que ça signifie, » Marmonna Drago.
Les trois hommes touchèrent le Porte au Loin et disparurent. Mais ils eurent le temps d'entendre le cri d'une femme venant des cachots.
Il est impossible de voyager par Porte au Loin et de ne pas l'impression d'avoir été aspiré dans un trou de géant et d'être recraché de l'autre côté. Les trois hommes atterrirent spectaculairement. Harry se trouva dans une position embarrassante puisqu'il était sur les genoux de Snape. Bien entendu, l'autre homme avait rendu la situation encore plus embarrassante en se tendant comme un arc au contact. Harry leva les yeux au ciel. Ils avaient peut-être leur histoire, mais son aîné pouvait certainement gérer des choses plus dégoûtantes que lui.
Ils avaient atterri dans un petit parc à quelques pâtés de maison du Ministère. Le quartier était grand mais relativement vide. Ils étaient en plein milieu de la semaine et les enfants étaient encore à l'école. Ils pouvaient voir des mamans accompagnées de leurs très jeunes enfants assises dans le parc et de temps en temps des gens se promener avec leur chien ou courir.
« Pourquoi nous avoir emmenés ici ? Pourquoi pas dans une rue plus proche du Ministère ? » Lui demanda Harry en lançant un puissant sort d'insonorisation autour d'eux.
« Nous devons préparer un plan et trois hommes qui discutent dans une ruelle paraîtraient suspect. » Expliqua Snape en les conduisant vers un banc.
« Oui, et bien, comme nous soupçonnons qui ou quoi a attaqué le Ministère, je ne pense pas que nous puissions préparer un plan. Nous devrions simplement charger, » Dit Harry en s'asseyant. Il se pencha en avant pour mieux voir les deux autres.
« Je ne crois pas que nous devrions attendre l'arrivée des autres. Vous avez dit vous-même que Tonks devaient être désespérée pour avoir violé le protocole de l'Ordre. Je pense donc que nous devrions entrer et agir comme nous le pouvons. »
« Vous avez un point Potter, je l'admets même si ça me peine. » Grimaça Severus.
« Je dois admettre que je ne connais pas bien le Ministère. Comment est-il conçu, quelles sont les mesures de sécurité ? » Leur demanda Harry.
« Le bâtiment a été plus ou moins détruit pendant la dernière guerre alors Fudge a fait casser ce qui restait pour reconstruire un bâtiment. Les mangemorts sont parvenus à l'infiltrer au moins une demi-douzaine de fois pendant la guerre, alors les mesures de sécurité ont été intégrées au nouveau modèle. L'ancien Ministère était sous terre, mais il a décidé qu'il voulait avoir un beau bâtiment construit sur le sol visible aux seuls yeux des sorciers. Il a dit que si Sainte Mangouste pouvait être vu, le Ministère aussi. » Expliqua Drago.
« Idiot. »
« Je ne dirai pas le contraire. On ne peut ni transplaner ni disparaître dans les alentours et les Porte au Loin ne fonctionnent pas non plus. Il n'y a donc qu'un seul moyen pour accéder au bâtiment maintenant, il faut passer par la porte principale. La porte des visiteurs a été détruite et il n'existe aucune autre porte derrière ou sur les côtés. De plus toutes les fenêtres sont factices. Il y a un conduit d'aération mais on ne peut pas l'utiliser pour entrer. Il ne fonctionne pas avec le vent, mais avec des trous percés à l'intérieur et autour du bâtiment et avec de petits conduits ou un truc dans ce genre là. »
« On dirait un piège mortel et non une mesure de sécurité. » Dit Harry, incrédule.
« De nombreuses personnes pensent comme toi, mais c'est ainsi que le voulait Fudge…et quand est-ce que cet homme a écouté la voix de la raison ? » Drago haussa les épaules. « Plusieurs barrières ont été construites à l'intérieur de la porte principale. Elles doivent pouvoir nous identifier dès que l'on passe la porte. Elles envoient les informations dans une salle au sein du bâtiment où le moniteur déchiffre qui l'on est. L'une d'elles lit la signature magique et l'énergie et une autre enlève tous les sorts de dissimulation et charmes que l'on porte quand on entre. Tu as dit que ton sort de dissimulation était différent. Sera-t-il affecter par la barrière ? »
« Probablement pas. La barrière utilise certainement le sort révélateur standard et ils ne peuvent pas voir à travers mes sorts. Nous n'utiliserons pas un sort de dissimulation, hein ? » Leur demanda Harry.
« Je ne vois aucune raison de le faire. Je propose d'utiliser un puissant sort de confusion et de désactiver la barrière qui lit les signatures magiques. » Suggéra Snape.
« Ils ont également des yeux à l'affût de tout ce qui bouge un peu partout et qui envoient les informations au moniteur de sécurité. Ils ne sont pas vraiment difficiles à désactiver, un sort stupéfiant, un coup ou même un petit feu devrait suffire. Le truc est de les éviter. On ne les entend pas venir et ils ne sont pas très gros alors ils sont souvent au-dessus de nous avant que l'on ait le temps de se rendre compte de leur présence. Le reste du système de sécurité se trouve dans l'agencement du bâtiment. »
« Il devrait y avoir une centaine de personnes travaillant à l'intérieur. S'ils sont retenus comme otages, ils devraient être au rez-de-chaussée, où le Wizengamot (ndt :Magenmagot dans la vf) se réunit. Ces salles sont toutes suffisamment grandes pour les retenir tous. Ou alors ils peuvent être au dernier étage, c'est là que se trouve le bureau de Fudge. Son bureau est plus grand que la salle d'audience -»
« Grosse surprise, » Marmonna Harry dans sa barbe.
« - Où il serait plus facile pour les retenir tous. Le premier étage n'a que quelques salles comme celles des officiers de carrières. Au second se trouvent les bureaux des aurors qu'ils utilisent quand ils ne sont pas sur le terrain, c'est à dire pas souvent. Ils ne sont pas suffisamment grands pour faire entrer trois personnes, alors il n'y a vraiment aucune raison d'aller vérifier. » Expliqua Drago
« Et nous ne devons pas non plus mettre de côté la possibilité que les employés du Ministère aient été séparés. » Ajouta Snape.
« C'est vrai. Le seul autre étage est celui de Fudge, » Continua le jeune blond.
« Mais puisque nous n'avons pas le temps de fouiller toutes les pièces du bâtiment, nous devons trouver les otages et voir avec eux s'ils ont été ou non séparés, » Les instruisit Severus.
« Je suis d'accord. Si l'on considère le nombre de pièces qu'il y a ne serait-ce qu'au premier et au deuxième étage, nous pourrions y rester des heures. » Remarqua Drago.
« Il faut aussi penser que s'il y a effectivement des captifs, nous risquons de rencontrer des gardes. Je suggère que nous les évitions autant que possible. Il vaut mieux ne pas se faire voir et rester anonyme afin de nous déplacer librement sans risque que l'on nous cherche, » Ajouta Severus. Harry et Drago acquiescèrent. « Il est aussi possible que nous rencontrions le chaos à l'intérieur du bâtiment, que nous arrivions en plein milieu d'un combat. Nous devons être extrêmement prudents. »Dit Severus. Il se leva et dépoussiéra ses vêtements.
« Ne pensez-vous pas que c'est évident ? » Lui demanda Harry en faisant craquer ses phalanges.
Severus renifla. « Pas dans votre cas, Monsieur Potter. Réduisez votre appétit pour les folies héroïques et imprudentes. Je ne souhaite pas mourir aujourd'hui. »
Les yeux de Harry s'illuminèrent. « Je ne suis pas un idiot, Snape, et je n'ai certainement pas besoin de vos instructions. »
« Vous devez tous les deux arrêter. Nous n'avons pas le temps, » Leur dit Drago en avançant. « Avant de partir, je dois te dire que je laisse toujours Severus me guider quand nous travaillons ensemble. Si ça te convient Harry, je pense que nous pouvons faire comme ça. »
« Ca me va. De toute façon, je ne connais pas mon chemin. »
« Et je pense qu'il vaudrait mieux que je reste entre vous. Si vous vous disputez, il y a des chances que je me fasse tuer et si ça arrive, je pense qu'il est évident que je serai extrêmement en colère. »
Ils se déplacèrent rapidement à travers les rues qui menaient au Ministère. Chacun avait sa main sur sa baguette, prêt à la sortir si besoin. Leur prudence n'était pas nécessaire : ils ne rencontrèrent personne sur leur chemin.
Le nouveau Ministère ressemblait à une forteresse au premier abord. Les murs étaient en pierres et faisaient presque trente mètres. En avant se trouvait une enceinte peu avenante et sévère, qui ne s'ouvrait que par une petite ouverture.
Le bâtiment en lui-même ressemblait au précédent, mais était beaucoup plus grand, du style moldu Victorien. Les décorations étaient typiques du Ministre. Un parterre de fleurs et de roses remplissait le périmètre d'accueil et l'on pouvait voir quelques arbres et des buissons.
Un chemin menait de l'ouverture dans le mur au bâtiment du Ministère de manière à ce que personne ne puisse franchir les prémices sans être détectée, et il n'y avait aucun doute qu'il était efficace et qu'il gardait les gens non désirés à l'écart, à moins que les personnes trouvent un chemin dans l'enceinte, ou parviennent à passer les mesures de sécurité dissimulées sous un déguisement.
Malheureusement si le Ministère avait réellement été violé, ils ne pouvaient pas risquer de se faire voir, même sous déguisement. Ceux qui avaient infiltré le bâtiment avaient sans aucun doute posté des gardes dehors pour être sûrs de ne pas être interrompus avant d'avoir terminé ce qu'ils étaient venus faire et s'il y avait des gardes, lui, Severus et Drago seraient vu s'ils essayaient d'aller au-delà du périmètre d'accueil. Il jura méchamment dans sa barbe.
Le maître des potions le regarda avec des yeux noirs et mit un doigt devant ses lèvres. Ils approchèrent tous trois de l'ouverture dans le mur. Severus regarda du coin et leva deux doigts. Le trio se s'éloigna de l'ouverture et se regroupa assez rapidement plus loin pour pouvoir parler sans risquer de se faire entendre.
« Seulement deux gardes ? » Murmura Harry.
Severus acquiesça. « Un de chaque côté de la porte. Mais je n'ai eu le temps que de jeter qu'un rapide coup d'œil. »
« Pensez-vous que nous puissions rester près du mur et leur jeter un sort du coin, » Suggéra Harry.
« Trop risqué. Ils pourraient nous atteindre sans que nous puissions les toucher de là où nous sommes, » Contra Drago.
Harry et Drago regardèrent le maître des potions. Il était plongé dans ses pensées et ne paraissait pas les avoir entendu.
« Severus ? »
« Drago, j'ai besoin d'un miroir, » Lui demanda finalement le maître des potions.
« Excusez-moi ? » Lui demanda Harry. Il regardait le professeur comme s'il avait perdu l'esprit.
« Pourquoi penses-tu que j'ai un miroir ? » Lui demanda Drago sur la défensive.
« Ecoute, nous n'avons pas beaucoup de temps. Donne-lui simplement le miroir, » Lui demanda Harry. Il se demandait bien pourquoi Snape voulait un miroir.
Drago soupira et lui tendit un miroir de poche. « On ne sait jamais quand on peut en avoir besoin, » Grommela-t-il en voyant le regard amusé de Harry.
Severus se déplaça à pas de loup jusqu'à l'entrée. Il se baissa prudemment, se mit à genoux et bougea le miroir dans différentes positions pour voir l'enceinte, mais lui demeura caché.
« Je ne savais pas que le professeur était si… souple, » Remarqua Harry. Il regardait avec une fascination évidente Severus détendre ses longs membres dans des positions compliquées pour ne pas être vu par les gardes. »
« Je ne pense pas que ce soit le bon moment pour d'avoir ce genre d'idées. » Murmura Drago d'un air entendu.
« Je n'en avais pas, » Dit Harry. Il sentait ses joues le brûler. « Ce genre d'idées et le professeur Morbide ne vont pas ensemble. Je n'ai jamais vu une personne aussi souple, c'est tout. Non, en fait, je reviens sur ce que j'ai dit. Il y avait un gars qui était avec moi à l'université qui parvenait à mettre ses deux jambes au-dessus de sa tête. Il est la personne la plus souple que j'ai vue. »
« Vraiment ? Pense un peu à toutes les possibilités. »
« Je l'ai fait… Crois-moi, je l'ai fait. »
Quelques instants plus tard, Severus les rejoint.
« Il y a un troisième garde au-dessus du toit, » Leur dit Severus en rendant son miroir à Drago. « Il est bien dissimulé et en position de nous attaquer si nous entrons dans l'enceinte. Et de là où il est, il me paraît évident qu'il nous a déjà vus. Toutefois, nous n'avons pas d'autres options que d'initier l'attaque. Nous avons perdu l'avantage de la surprise, alors nous devons essayer de les submerger par une vague de pouvoir. L'un de nous devrait attaquer les gardes qui sont au sol pendant que les deux autres se concentrent sur celui qui est sur le toit. Il sera le plus difficile à atteindre parce qu'il est bien caché. Il faut donc le forcer à se montrer pour pouvoir l'attaquer.
« Je peux peut-être faire quelque chose, » Dit Harry en sortant de ces poches trois fusées de feu d'artifice venant de Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux qu'il avait confisqués à l'un de ses élèves un peu plus tôt dans la matinée. « Si l'un de ces feux d'artifice s'approche de lui, il ne voudra pas rester où il se trouve. Nous pouvons l'attaquer pendant qu'il tente de s'enfuir. »
« Je devrais peut-être ajouter que comme nous avons été vus, il est possible que d'autres sachent que nous sommes là. » Severus les prévint.
« Alors nous faisons ce que nous devons faire aussi vite que possible. Les autres ne devraient pas tarder à arriver. Nous devrions être capables de nous en sortir en attendant. » Dit Harry en agrippant sa baguette.
« D'accord, » Acquiesça Severus. « Drago et moi attaquerons le garde qui est sur le toit pendant que vous vous occupez de ceux qui se trouvent dans le bâtiment.
Harry se rua vers l'entrée en lançant des sorts. Il espérait que sa chance aveugle lui sourirait et que ses sorts toucheraient au moins l'un des gardes. Mais aucun ne fut touché et il se retrouva dans l'ouverture devant deux sorciers armés qui faisaient de leur mieux l'atteindre de leurs sorts.
Severus avait raison. Les gardes l'attendaient. Dès qu'il s'était précipité derrière le mur, un sort était passé au-dessus de sa tête et un autre sur le côté, le frôla et lui fit une entaille peu profonde. Il n'y avait aucune pause dans leurs attaques comme s'ils refusaient de lui laisser le temps de répliquer. Les sorts venaient de toutes les directions et Harry plongea au sol. On entendit une bruyante explosion provenant du toit et des éclairs de toutes les couleurs semblaient pleuvoir sur eux. Pendant que les deux gardes étaient distraits à chercher l'origine de l'explosion, Harry parvint à les stupéfier.
Il sentit un familier picotement derrière lui et sut qu'il allait être frappé par un sort, mais il était trop tard. Un sort tel une matraque lui frappa l'épaule alors qu'il essayait de se retourner et il reçut un coup plus fort encore au milieu du dos qui le fit tomber. L'attaquant se tenait à peine à une longueur de bras de Harry. La proximité avait donné plus de force au coup.
Harry avait l'impression d'avoir été frappé par une masse et il lui fallut quelques instants avant d'être à nouveau capable de bouger. Aussi rapidement qu'il le put, Harry roula sur le dos et tint sa baguette devant lui, cherchant du regard la personne qui l'avait attaqué. Il fut surpris de ne voir personne, seul un jeune homme était étendu par terre.
« C'est la goutte qui fait déborder le vase, » Observa-t-il en regarda le toit puis à nouveau le sol. Son commentaire ne rencontra que le silence. Il regarda autour de lui mais il était seul et commençait à s'inquiéter qu'il soit arrivé quelque chose à ses compagnons. Il les vit courir entre les buissons sur le côté du bâtiment.
« L'homme qui vous a attaqué par derrière se cachait dans les massifs derrière vous, je ne l'ai pas vu quand j'ai regardé dans le miroir. » Severus fronça les sourcils.
« Eh bien, s'il se cachait dans les massifs, vous ne pouviez pas le voir, » Dit Harry.
« Il n'y en a plus. Ils seraient tous venus se mêler au combat autrement. » Dit Drago en retournant vers le corps des sorciers qu'ils venaient de battre.
« Il serait imprudent de les laisser là. Si l'un d'eux se cachait dans la végétation derrière Potter, on ne sait pas combien ont pu se dissimuler de la même façon. » Dit Severus en suivant Harry et Drago.
Pendant que les deux anciens espions cachaient les corps dans les haies, Harry déboutonna sa chemise et regarda son entaille qui n'avait pas arrêté de saigner.
« Je croyais que ce gars t'avait frappé par derrière, » Lui dit Drago en posant l'homme qu'il faisait léviter dans les haies.
« J'ai été touché quand je courais pour entrer. Je vous ai dit que ces gardes nous attendaient. » Répondit Harry en passant deux de ses doigts le long de la blessure. Il murmura un sort curatif pour refermer la plaie.
Harry n'était sans aucun doute, un sorcier puissant, doué de nombreuses magies, mais si Madame Pomfresh l'avait vu essayer de refermer une simple entaille, elle aurait été hors d'elle. Harry avait apparemment des difficultés à tracer les contours de la blessure et au lieu d'appliquer sa magie en une seule fois, d'un bout à l'autre de la blessure, il appliquait son énergie curative en petits points. Le résultat de ses efforts se vit immédiatement : il avait une vilaine cicatrice qui, si on la regardait de près ressemblait plus à un de petites croix commençant d'un côté de la cicatrice et se terminant de l'autre. Madame Pomfresh aurait fait une crise d'apoplexie si elle avait vu le résultat. Les efforts de Harry n'avaient pas été une complète réussite. Sa cicatrice…fuyait. Littéralement. Certaines sections de la nouvelle cicatrice continuaient à saigner.
Severus et Drago grimacèrent quand ils virent ses efforts.
« Ca ira. » Dit Harry sur la défensive en épongeant autant de sang qu'il le put. Le sang teintait déjà sur sa chemise. Il la remit et se hâta vers la porte principale.
« Attendez, » Lui ordonna Severus en le rattrapant. « Ne trouvez-vous pas étrange que personne ne soit venu voir d'où venait le bruit ? »
« Si, mais je n'ai pas vraiment envie de rester assis là et d'attendre qu'ils viennent. Je préfère aller les chercher. Au moins, je peux les surprendre, même si ce n'est que légèrement. » Répondit Harry.
Severus avait l'air de vouloir objecter mais Harry l'interrompit avant qu'il ne puisse le faire. « Ecoutez avant de suggérer que nous nous asseyions en attendant qu'ils arrivent, réfléchissez-y. S'ils étaient vraiment préparés à nous attaquer dehors, on ne peut pas savoir quand ils vont arriver. Si nous restons ici, ils vont venir en nombre et nous encercler ici. S'ils se rassemblent encore derrière la porte et que nous y allons ils nous encercleront à l'intérieur. Dans le pire scénario il se passe la même chose dans les deux cas, seul l'endroit sera différent. Alors nous pouvons tout aussi bien entrer. Le temps est tout et il est peut-être déjà trop tard. »
« J'allais vous proposer un plan : j'ouvre la porte, vous restez derrière et vous jetez des sorts sur tout ce qui bouge dès j'aurais poussé la porte. Si nous touchons un membre du Ministère nous pourrons toujours nous expliquer plus tard. » Dit Severus.
« Oh, » Marmonna Harry embarrassé. Il laissa Severus passer devant lui.
« Oh oui et nous devrions faire moins de bruit avec nos baguettes. Il ne faudrait pas qu'on se fasse repérer aussi facilement. » Ajouta Severus. « Prêt ? »
« Oui, » Répondirent Harry et Drago.
Severus ouvrit la porte une fraction de seconde et jeta un œil dans la petite ouverture. Ne voyant personne, il jeta rapidement un sort de confusion et désactiva le système d'identification magique des signatures qui aurait annoncé leur arrivée. Même s'ils se dépêchaient, ils devaient très sûrs que la salle soit vide avant d'entrer : Ils préféraient savoir ce qui les attendait à l'intérieur.
Quand ils furent certains que la salle était vide, ils entrèrent et Severus désactiva rapidement les yeux qui surveillaient la salle.
Ils se déplaçaient rapidement et silencieusement. Ils évitèrent le verre brisé et les meubles renversés. Ils les évitèrent soigneusement et montèrent à l'étage en prenant les escaliers. Il leur paraissait plus logique qu'ils aient gardé les otages ensemble plutôt que séparés et le trio ne perdit pas de temps à vérifier toutes les pièces de ce niveau. Ils préférèrent inspecter les salles les plus grandes.
Ils se figèrent quand en approchant un coin, ils entendirent des voix provenant de l'autre côté. Harry regarda dans le couloir et mais il n'y avait rien derrière lequel il pourrait se cacher. Ne voyant pas d'autre alternative, il se pressa contre le mur et pointa sa baguette contre le coin en attendant que la première personne fasse un pas.
Il s'empêcha de jurer quand une main le surprit en lui serrant le bras et en le poussant dans une pièce quelque part derrière lui. Sans réfléchir, il libéra son bras et plongea sur la personne qui l'avait attaquée, le mettant à terre. Il la retenait à terre, la main sous la gorge et la baguette pointée entre les deux yeux avant de réaliser que la personne qu'il essayait d'étrangler n'était autre que Severus Snape. L'espace d'un instant le maître des potions sembla surpris, mais maintenant il avait l'air énervé. Très énervé.
Harry le relâcha rapidement et recula.
« Ne refaites jamais ça ! » Siffla Severus en ramassant sa baguette et en se levant.
« Je pourrais vous dire la même chose. » Répliqua Harry. Il sentait son cœur battre sur son cou, où il semblait s'être logé quand Snape l'avait surpris un peu plus tôt.
« Chut ! » Siffla Drago. Il se tenait derrière la porte, sa baguette levée et pointée dessus, prêt à attaquer la première personne suffisamment malchanceuse pour la traverser.
Les deux autres sorciers se turent, se redressèrent, baguette en mains, ils se tenaient prêts. Les bruits de pas se rapprochaient et les personnes étaient si proches qu'ils entendaient leur conversation à travers la porte.
« …et elle n'a pas aimé. Elle a dit que c'était trop simple et qu'elle avait besoin de quelques diamants. Des diamants ! Où vais-je trouver suffisamment de gallions pour ça ? »
« Elle a des goûts de luxe ! Je suis contente qu'elle soit ta petite amie et pas la mienne. »
« Tu n'as même pas de petite amie. »
« Et j'en suis plus riche… »
Les pas s'éloignèrent dans le couloir et ils sortirent de la salle, ils prirent le couloir et tournèrent. Il fallut quelques instants à Drago et à Severus pour désactiver le système de sécurité incorporé à la porte qui conduisait aux escaliers, mais ils finirent par se glisser à l'intérieur.
Ils ne s'arrêtèrent que pour sceller magiquement la porte puis se dépêchèrent de monter à l'étage où se trouvait la cour administrative. Il était possible que les otages soient retenus à ce niveau et si c'était le cas, ils ne pouvaient plus compter sur leur discrétion. Ils devraient se battre pour entrer et certainement pour sortir. Severus ouvrit la porte- et la referma presque aussitôt.
« Combien ? » Lui demanda Drago.
« Trois. »
« Alors ils ne sont pas à cet étage. » Murmura Drago.
« Ils pourraient être plus nombreux dans la salle d'audience elle-même. Il est dangereux de faire des hypothèses au point où nous en sommes. Nous avons pourtant un autre problème. Le Ministre a accroché des portraits sur les murs de cet étage. Je n'étais pas au courant de ce fait. » Répondit Severus.
« Moi non plus. Fudge les déteste. Il dit qu'ils papotent beaucoup trop. Mais je ne les ai pas entendus quand tu as ouvert la porte. Nous devons nous assurer qu'ils resteront silencieux. » Ajouta Drago.
« Je m'en occupe. »
« Ce ne sera peut-être pas nécessaire. Si le Ministre les a fait mettre, ils seront certainement de son côté, non ? Alors ils ne vont pas faire de bruit quand nous nous approcherons, si ? » Leur demanda Harry.
« Je ne leur fais pas confiance. Il est plus prudent de les faire taire. » Lui dit Severus catégoriquement en levant sa baguette.
« Drago tu t'occupes des mesures de sécurité, M. Potter, stupéfiez les gardes. Ils ne sont pas en face de nous, nous avons l'avantage de la surprise. Je vous suggère d'en faire bon usage. »
« Bien sûr, que j'en ferai bon usage. Au cas où vous l'auriez oublié, j'ai déjà fait ce genre de chose. » Claqua Harry.
« Ce n'est pas le moment. » Murmura Drago d'une voix dure. « Ce serait plus facile si on était plus nombreux. Les autres devraient déjà être là. »
Drago avait raison. Les personnes faisant partie de l'Ordre étaient bien entraînées, elles devaient pouvoir apporter leur aide à tout moment. Harry ne voulait pas réfléchir à ce qui avait bien pu les empêcher de venir au Ministère.
« Nous n'avons pas le temps de faire autrement. De plus, je ne partirai pas tant que je n'aurai pas trouvé ce que je suis venu chercher. » Dit Harry avec détermination. Il pensait aux Weasley qui étaient retenus en otages. Ils lui avaient fait sentir qu'il faisait partie de leur famille et il n'allait pas partir sans eux même s'il devait se battre contre une centaine de mangemorts pour les sortir de là.
Le Maître des potions ouvrit la porte et les trois sorciers jetèrent leurs sorts comme un. Deux des gardes furent stupéfiés avant d'avoir le temps de réagir, mais le troisième s'était déjà retourné et avait à-moitié sorti sa baguette avant que Harry ne l'envoie rejoindre ses amis.
Les deux premières salles d'audiences qu'ils examinèrent étaient vides, les meubles étaient retournés et cassés mais la troisième était bizarrement nue. Tous les meubles avaient été enlevés, il ne restait rien en dehors du banc des Wizengamot.
Les trois sorciers avaient fait attention à faire le moins de bruit possible pendant qu'ils se déplaçaient à cet étage, mais il devint rapidement évident qu'ils avaient pris cette précaution pour rien. Ils entendirent un rire tonitruant provenant de la salle la plus éloignée. Harry ressentait le besoin insensé de remercier la personne qui faisait tant de bruit et facilitait leur travail.
« Albus Bumblebore, » Ils entendirent une voix d'homme crier et un marteau frappé. « Je vous déclare coupable de vous mêler de tout ce qui ne vous regarde pas, espèce de vieux fou titubant. Vous êtes condamné à la prison à vie dans les cachots de notre Seigneur. Et vous serez privé de boissons au citron.
Ils entendirent des éclats de rire et le bruit des meubles que l'on renversait. Les trois sorciers avaient inspecté déjà les autres salles, ils s'engagèrent dans le couloir. Ils firent attention à passer prudemment autour des meubles et décorations renversés et avancèrent silencieusement.
Sans avertissement, Harry ressentit une intense douleur au front, il trébucha, se fit un croche-pied et s'appuya lourdement contre le mur.
« Pour l'amour de Merlin ! Pas maintenant ! » Dit-il en serrant les dents et en tenant sa tête dans ses mains. Il avait l'impression que sa cicatrice était en feu, ses yeux s'embuaient de larmes, mais l'instant suivant, la douleur avait disparue, aussi soudainement qu'elle était apparue.
« Par le nom de Serpentard, que faites-vous, espèces d'idiots ? » Hurla une femme dans la dernière salle. Une porte s'ouvrit et une petite sorcière aux cheveux noirs en sortit, elle avait l'air très en colère. Severus et Drago la figèrent avant qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait.
« Vous pouvez continuer ? » Lui demanda Severus en haussa un sourcil.
« Bien sûr, » Répondit de façon brusque le jeune sorcier. Il suivit Severus.
« Que se passe-t-il ici ? » Un jeune homme avait commis l'erreur de sortir la tête de la salle et Drago le récompensa en lui jetant un sort qui le frappa entre les deux yeux et le renvoya à l'intérieur.
Sans attendre Severus et Drago, Harry se dépêcha de traverser le couloir où la tête du fouineur était apparue et jeta un œil. Il n'y avait que deux hommes dans la pièce qui s'étaient cachés derrière le banc des juges quand Drago avait forcé leur ami à les rejoindre.
« J'inspecte la salle d'où est venue la sorcière, » Dit Drago à Severus alors qu'ils suivaient Harry.
« Combien ? » Demanda doucement Severus à Harry quand il le rattrapa.
« Deux, » Il entra dans la salle, suivit de près par Severus qui jeta un sort d'insonorisation.
L'un des hommes, qui se cachait derrière le banc, leva la tête pour jeter un œil mais avant de pouvoir lever sa baguette, Harry l'avait frappé directement à la mâchoire avec un stupefix et il s'effondra à côté de son ami. Le deuxième homme se dégagea et leva sa baguette au-dessus des bancs et lança aveuglément des sorts dans la salle. Aucun d'eux ne s'approcha suffisamment de Harry pour le toucher, mais Severus dut en éviter quelques-uns.
« Vous n'avez pas vraiment pensé nous avoir ainsi, hein ? » Lui demanda Harry, une note d'impatience dans la voix. Il leva sa baguette et jeta un sort si puissant qu'il fit exploser le banc du Wizengamot.
Le jeune homme fit cri si aigu qu'il était digne du couinement de Petitgros et sortit en rampant des décombres. Il leva les deux mains devant lui et se dégagea lentement des débris.
« Regardez, je ne suis pas armé ! » Cria-t-il en regardant les yeux écarquillés, Severus et Harry puis les débris de bois. Il était si occupé qu'il ne vit pas Drago. Celui-ci se tenait dans l'encadrement de la porte, une expression furieuse sur le visage.
« MacCaster, espèce de pathétique petit salop, » Grogna Drago.
« S'il vous plait- s'il vous plait, ne me tuez pas. Je ferai n'importe quoi- vous dirai tout ce que vous voulez ! » Bégaya-t-il en regardant Drago puis Harry et Severus.
« Tu es aussi très rapide à te rendre. Tu sais, je n'ai jamais fait confiance à ce qui sortait de ta bouche, » Siffla Drago en pointant sa baguette sur le pathétique petit homme.
« Les gens du bâtiment, » Cracha-t-il avant que Drago ne lance le sort. « Vous cherchez toutes les personnes qui étaient dans le bâtiment avant notre arrivée, non ? Si vous me laissez partir, je vous dirai où les trouver. »
« Nous savons déjà où ils sont. Tu n'es pas en position de marchander, » Répondit Drago en pointant sa baguette sur le visage de MacCaster, juste entre les yeux. Le jeune homme déglutit difficilement.
« Vous-vous savez peut-être où ils sont, mais vous ne savez pas comment les chercher. »
Drago plissa les yeux et agrippa l'homme rampant par le col de sa chemise et le hissa sur ses pieds. « Explique-toi, » Lui dit-il simplement.
« Si tu ne nous dis pas comment les trouver, nous t'emmenons à l'étage et nous t'utilisons comme bouclier pendant que nous cherchons nous-même, » Le menaça Drago. Il changea la position de sa baguette de sa gorge au niveau de son entrejambe. MacCaster couina et essaya de se reculer, mais Drago le tenait toujours par le col et pointa sa baguette directement sur ses bijoux de famille. « Si tu coopères, je te laisse partir intact. Dis-moi comment trouver les employés du Ministère. »
« Ils-ils-ah ! » Couina-t-il quand Drago lui redonna un coup.
« Allez crache-le morceau, » Grogna Drago.
« Ils sont au troisième étage, » Commença-t-il en essayant de se soustraire à la baguette de Drago, mais il le rapprocha et lui redonna un coup bien plus fort. « Ah ! Ah- mais un sort d'illusion a été jeté sur le troisième étage. Quand vous regarderez, vous ne verrez qu'un étage vide. Tout le monde est en haut et ils seront capables de vous voir, puisque vous ne faites pas partie de l'illusion. »
« Un autre étage a-t-il été également transformé de cette façon ? »
« Non, seulement celui-là. Je-je le jure. »
« Combien des tiens sont en haut ? »
« Je ne sais pas, peut-être quinze, ou plus, » Répondit MacCaster en baissant les yeux au sol.
« Oh et toi qui te débrouillais si bien. » Drago lui donna un nouveau coup. « Essayes encore. »
« Ah, ils sont probablement une trentaine, peut-être un peu plus. »
« Est-ce tout ce que nous devons savoir ? »
« Oui, vraiment, » Dit-il en hochant vigoureusement de la tête.
« Tu as intérêt à avoir dit la vérité, » Lui dit Harry en le lâchant. Aussitôt libéré, MacCaster plongea sur Drago, mais celui-ci semblait savoir à quoi s'attendre. Il évita le coup de poing et leva sa baguette.
« Reducio ! » Cria-t-il.
Le jeune homme se figea alors qu'une lumière vive entoura son entrejambe. « Merlin, non ! » Cria-t-il. Il lâcha sa baguette et agrippa ses testicules qui diminuaient rapidement.
« Ca s'est pour ce que tu as fait à Ginny. Ne touche plus jamais à ma femme, » Lui dit Drago les dents serrées.
« Aught, je peux leur rendre leur taille originelle, » Gémit MacCaster en cherchant frénétiquement entre ses jambes.
« Tu devras d'abord les trouver, » Lui dit Drago sombrement. Il le stupéfia et quitta la pièce.
« Ce n'était pas très orthodoxe, mais la punition correspond au crime, » Dit Severus pince sans rire.
« Tu devras m'expliquer ça quand nous en aurons terminé ici, » Lui dit Harry. « Mais nous avons eu de la chance qu'ils n'aient pas lancé un sort d'illusion sur tous les étages. Nous ne l'avions pas prévu. S'ils l'avaient fait, nous n'aurions pas pu sortir d'ici vivants, » Dit Harry. Les deux hommes acquiescèrent sombrement. Aucun d'eux n'avait pensé à de tels pièges et ils ne semblaient pas ravis d'avoir été aussi imprudents.
Le trio était encore plus sombre et plus prudent quand ils retournèrent dans le couloir et reprirent l'escalier.
« Nous serons certainement emmenés au Seigneur Noir pour qu'il nous tue lui-même, » Expliqua Severus.
« Chut. » Siffla Drago. Ils s'arrêtèrent brutalement. Harry lui fonça dedans et les força tous deux à s'avancer légèrement.
« Quoi -» Commença Harry.
« Chut. » Lui intima à nouveau Drago, complètement immobile. Il posa son oreille sur la porte des escaliers. « Quelqu'un s'approche. » Les trois hommes se cachèrent rapidement dans la première pièce qu'ils trouvèrent.
Ils n'étaient pas allés bien loin quand ils entendirent la porte s'ouvrir et le bruit de plusieurs pas. Harry, Severus et Drago se hâtèrent d'atteindre la salle d'audience la plus proche et fermèrent la porte doucement. Ils reculèrent de quelques pas et levèrent leur baguette qu'ils pointèrent contre la porte, au cas où.
« Hé ! Quelqu'un est à l'intérieur du Ministère sans permission ! Le Fahey veut que vous arrêtiez ce que vous faites. Apparemment Hayford et Dabel n'ont pas vérifié et… » La voix se tue.
Harry n'entendait plus les pas et quand ils se reprirent leur chemin, ils marchèrent d'un pas plus prudent et plus doux.
« Ils savent que nous sommes ici. Devons-nous attendre qu'ils nous trouvent ou les surprendre ? » Murmura Harry.
« On dirait qu'ils ne sont que trois ou quatre à cet étage, je propose donc de les surprendre. » Dit Drago.
« A trois, alors. Un… deux…trois. » Siffla Harry. Il ouvrit violemment la porte, bondit de l'autre côté, stupéfia les deux premières personnes qu'il vit avant même qu'elles ne se soient retournées. Drago s'engouffra à la suite de Harry et stupéfia le seul mangemort restant devant eux tandis que Severus s'occupa de celui qui se trouvait vers la porte de l'escalier. Il verrouilla ensuite la porte magiquement.
« Y-a-t-il un autre moyen pour venir à cet étage ? » Leur demanda Harry.
« L'ascenseur pourrait aussi nous amener au troisième étage, cependant il annoncerait notre arrivée aux trente personnes qui gardent l'étage, je pense qu'il serait plus prudent de prendre les escaliers et d'arriver aussi furtivement que possible sans nous faire remarquer. » Dit le Maître des potions avec sarcasme. « Nous devons sceller toutes les portes qui mènent aux escaliers pour qu'on ne nous suive pas. Je suggère aussi que nous lancions un sort d'insonorisation sur les escaliers pour que le bruit que nous allons certainement faire ne trahisse pas l'endroit où nous nous trouvons, ainsi nous aurons toujours l'élément de surprise. » Ordonna Severus.
« Que donnerais-je pour avoir un câble optique sous la main, nous pourrions savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la porte. » Soupira Harry. Il se préparait au combat.
« Un quoi ? » Lui demanda Drago. Il avait l'air un peu perdu.
« Un câble optique. C'est une invention moldue, elle ressemble un peu aux Oreilles à Rallonge, mais au lieu d'entendre, tu vois ce qui se passe de l'autre côté de la porte. » Lui expliqua Harry.
Severus déverrouilla la porte, l'ouvrit et frappa les mangemorts qui se tenaient derrière. Avant qu'ils n'aient le temps de revenir à eux, Harry et Drago les avaient déjà stupéfiés pendant que Severus jetait le sort d'insonorisation dans la cage d'escalier.
« Potter ! Nous aurions dû le savoir. Comme c'est gentil à vous d'être venu avec Snape et Malfoy. Mon Seigneur et Maître veut absolument vous voir mais je vais être raisonnable. Donnez-nous Snape et Malfoy et je dirai au Seigneur Noir que je ne vous ai pas vu, êtes-vous d'accord ? » Un mangemort de grand taille, à la peau blanche, se trouvait au-dessus d'eux, dans les escaliers et l'avait interpellé, malgré le sort d'insonorisation.
« Et si vous nous donniez les otages, en échange nous vous laisserions partir entier ? » Répondit Harry.
« Je ne savais pas que vous aviez le sens de l'humour, » Dit d'une voix traînante le mangemort. « Ne soyez pas ridicule. Que croyez-vous pouvoir faire ? Vous n'êtes pas suffisamment nombreux. Donnez-nous simplement les traîtres et je vous laisserai partir. »
« A votre avis, combien de personnes sont là ? Je ne peux pas voir à cause des sorts qui s'en vont dans tous les sens, » Demanda Harry au professeur.
« Trois, peut-être que quatre, » Répondit Snape en retournant dans le feu et en envoyant aveuglément des sorts dans la cage d'escalier.
« Oh, seigneur, j'ai l'impression d'être à nouveau enfant.Ca me rappelle le temps où toi, Ron et Hermione me lanciez des sorts dans les escaliers du château. » Grogna Drago en rejoignant Severus. Lui aussi jeta aveuglément ses sorts dans les escaliers tout en espérant qu'il serait suffisamment chanceux pour trouver une cible. « Tu sais, ce serait bien si tu nous donnais un coup de main. » Ajouta-t-il en s'adressant à Harry.
« Nous ne t'avons jamais joué de tels tours…Attends une minute, en parlant de tour… » Harry fouilla rapidement dans ses poches. « Aha ! » S'écria-t-il triomphalement en sortant un paquet de boules puantes.
« Potter, vous avez deux secondes pour venir nous aider ou je… au nom de Merlin, qu'est-ce que cela ? » Demanda Severus froidement à Harry.
« Je les ai confisqués ce matin. Certains élèves avaient prévu un événement spécial pour votre cours, professeur, » Dit Harry à Snape. Il dissimula une boule dans son mouchoir et le fit léviter pour qu'il atteigne les hommes dans les escaliers.
« Ca ne devrait plus être très long maintenant, » Murmura Harry. Il se tenait à côté de la porte et gardait un œil sur le paquet.
Un bruit étouffé leur parvint.
« Qu'était-ce ? »
« Ne le touche pas, c'est peut-être un piège. »
« Détruis-le, alors ? »
« Vas-y toi. »
« Merde…ça vient par là. »
« Oh, merde ! Sortons de là ! Flippendo ! »
« Bingo, » Sourit Harry méchamment.
« Espèce d'idiot c'est un gaz puant ! »
Un nuage de fumée verte enveloppa les trois mangemorts qui essayaient désespérément de s'échapper du brouillard toxique qui se frayait un chemin dans leur poumon et leur faisait monter les larmes aux yeux.
Harry, Snape et Drago les stupéfièrent avant qu'ils ne puissent s'enfuir.
« Whew ! Je ne me souvenais pas que les boules puantes sentaient aussi mauvais, » Dit Harry. Il grimaçait et respirait par à coups quand il passa par-dessus le corps des trois mangemorts.
« Si la marque Weasley est aussi populaire sur le marché, c'est surtout parce qu'elle est plus…puissante que les autres. » Lui expliqua Drago. Il se dépêchait autant qu'il le pouvait pour traverser le brouillard sans respirer trop profondément.
« Il est incroyable que les jumeaux Weasley soient parvenus à produire quelque chose d'utile. Une application plutôt ingénieuse de potions avancées …je pense, » Severus s'étouffa. Il refoula les larmes qui lui montaient aux yeux et verrouilla magiquement la porte qui menait au deuxième étage.
« S'il y a vraiment une trentaine de personnes au troisième étage, nous allons avoir dû mal à nous débrouiller par nous-même. » Remarqua Harry.
« Pragmatique ? Vous ? Je n'aurais jamais cru voir ce jour, » Railla Snape en passant rapidement le brouillard toxique.
« Nous ne verrons les gardes que si le sort d'illusion est enlevé. Et nous ne savons pas où se trouvent les gardes. Ils savent que nous sommes là, alors je ne serais pas surpris s'ils étaient tous alignés devant la porte, leur baguette pointée directement sur nous. »
Ils montèrent rapidement à l'étage, deux marches à la fois pour atteindre le troisième étage et écoutèrent attentivement le bruit des gens de l'autre côté, mais ils n'entendaient rien. Ils n'avaient pas du tout l'impression que trente mangemorts les attendaient de l'autre côté, prêts à les conduire au Seigneur Noir lui –même, et ils n'avaient aucune preuve que les otages étaient bien à cet étage.
Dès que Severus ouvrit la porte, Harry et Drago dressèrent des boucliers pour les protéger. Severus enleva le charme d'illusion. Harry était soulagé que le sort ne soit crée que pour modifier ce qu'un étranger verrait s'il mettait le pied à l'intérieur. Il n'affectait donc pas les mangemorts déjà à cet étage, ils ne verraient donc pas que le sort avait été désactivé.
Il ne fallut qu'un instant à Severus pour le désactiver et une fois fait, il se glissa à l'intérieur et fit signe à Harry et à Drago de le suivre. La salle devant eux était grande et vide : seuls les meubles éventrés et les décorations brisées gisaient sur le sol. Il y avait quelques bureaux le long du couloir, mais toutes les portes étaient fermées.
Harry commençait à se demander s'ils n'avaient pas été piégés. Il trouvait difficile à croire que les employés du Ministère soient retenus prisonniers à cet étage. Il est vrai qu'il avait eu de la chance d'apprendre qu'il y avait un charme d'illusion à cet étage, mais peu de gardes surveillaient la seule porte ouverte. Des bribes de conversations étouffées et des pas lourd suivaient les trois hommes, mais ils venaient de l'autre côté. Aucune personne sensée ne garderait un étage avec des otages de cette manière.
Harry lança à Drago un regard interrogateur, mais celui-ci haussa simplement les épaules et suivit Severus. Chaque fois qu'ils prenaient un nouveau couloir, ils le découvraient vide, lui-aussi. Les doutes de Harry s'amplifiaient et il s'attendait à ce qu'ils tombent dans une embuscade et soient emmenés au Seigneur Noir enchaînés.
Ils avaient pris quatre couloirs différents avant de rencontrer des gardes. Ils avançaient tranquillement alors que Harry, Severus et Drago arrivaient par derrière.
« Stupefix, » Murmurèrent Harry et Drago si doucement qu'ils s'entendirent à peine. Les deux gardes s'effondrèrent sur le sol, le trio les dépassa rapidement.
Deux gardes de plus se tenaient devant le bureau de Fudge, mais les trois sorciers s'en occupèrent rapidement et silencieusement, comme ils l'avaient fait avec les deux précédents.
Ils restèrent cachés dans un coin au cas où l'on déciderait d'enquêter pour savoir d'où venait le bruit, mais la porte resta clause.
« S'ils sont censés être trente à cet étage et que nous en avons eu quatre, ça veut dire qu'ils sont au moins vingt six dans cette pièce et qu'ils retiennent les otages. » Commença Harry.
« Bien joué Potter, vous avez maîtrisé les soustractions de base, » Claqua Snape, son front plissé.
« Ce que je veux dire, » Dit Harry en regardant Snape avec des yeux noirs, « c'est que ça nous en fait 8 chacun, sans parler qu'il y a une centaine d'otages qui seront certainement blessés si nous entrons et nous battons. J'espère que l'un de vous a une idée, parce que mon seul plan est de charger et d'espérer avoir de la chance. » Termina Harry.
« Le premier instinct d'un Gryffondor est toujours de 'charger', » Railla Severus. « Pourtant votre idée a quelques mérites cette fois, »
« Excuse-moi ? » Demandèrent Harry et Drago à l'unisson. Ils le regardèrent tous deux quelque peu surpris.
« Vous m'avez bien entendu. Nous ne pouvons pas nous battre dans le bureau dans lequel sont retenus les otages, alors nous devons les libérer de cette menace ou la réduire autant que nous le pouvons, » Expliqua le Maître des potions.
« Je suis toujours perdu. Pouvez-vous expliciter votre pensée ? » Soupira Harry, frustré.
« Très bien, je veux bien répéter pour les simples d'esprit- l'un de nous doit attirer autant de gardes que possible hors de la salle. Moins il y a de grades, moins ils pourront conserver le contrôle de leurs otages et ceux-ci pourront nous aider à stupéfier les gardes restants, » Eclaircit Snape.
« Et que fera celui qui aura attiré les gardes hors de la salle ? » Lui demanda Harry.
« Je vous suggère de trouver une salle dans laquelle vous barricader, » Lui répondit Severus.
« Moi ? Je ne suis pas certain d'apprécier la manière dont vous déléguer, » Marmonna Harry à Snape.
« Ca n'a rien avoir avec de la délégation. Votre témérité de Gryffondor et votre imprudence siéent très bien à cette tâche. Nous n'avons pas le temps d'être raffiné. Une approche directe devrait suffire. »
« Que voulez-vous dire par directe ? Vous ne vous attendez tout de même pas à ce que je frappe à la porte et entre, si ?
« Je ne m'attends pas à ce que vous frappiez. »
Harry regarda son ancien professeur avec étonnement. « Vous êtes fou ! Vous allez me faire tuer ! Avez-vous une idée de ce qu'ils vont faire quand ils vont me voir ? »
« Je ne pense pas que vous tuer soit en tête de liste. »
Harry grommela des paroles non répétables en se dirigeant vers la porte. Une vérification rapide lui montra qu'aucun sort ne verrouillait la porte. Il prit une profonde inspiration, ouvrit la porte et entra.
Plusieurs personnes sursautèrent et l'espace d'un instant, elles le regardèrent simplement avec surprise et confusion.
Dès qu'il fut certain que tous l'avaient vu, il tourna les talons et s'enfuit en évitant la pluie de sorts.
Harry n'était pas certain du nombre de personnes qui le suivaient mais d'après les pas qu'il entendait derrière lui et le nombre de sorts qui atteignaient les murs, il estima qu'ils étaient assez nombreux. Il tourbillonna et se faufila dans le hall, tourna dans un coin et ouvrit la première porte qu'il trouva. Il la referma d'un geste derrière lui et jeta un puissant sort pour la verrouiller et le renforça par un charme. La porte vibra sur ses gonds alors qu'ils jetaient un sort après l'autre, mais elle resta debout. Harry savait que le charme n'était pas impénétrable, mais il les retarderait, ce qui lui donnait le temps de se préparer.
Il étudia la salle. Elle ressemblait à toutes les autres salles du bâtiment. Les meubles cassés et les décorations brisés gisaient sur le sol d'un bout à l'autre de la pièce. Les livres et les rouleaux étaient éparpillés sur toute la surface. Une grande table au centre de la salle attira son attention. Elle avait été retournée, mais elle ne semblait pas avoir subi de dégât important. Il la poussa de l'autre côté de la salle, la cala contre la porte et se faufila dans un coin entre une étagère et un mur.
Aussi soudain que ça avait commencé, le bruit des sorts contre la porte s'arrêta. Mais il fut aussitôt remplacé par des sons intermittents et étouffés de grognements d'une ou de plusieurs personnes essayant de charger contre la porte. Harry secoua la tête d'incrédulité. Le fait que la porte ait tenu malgré leurs sorts les plus puissants ne les avait pas arrêtés.
Il mit sa baguette de côté et sortit les couteaux qu'il portait et les tint devant lui. Il avait pris pour habitude de dissimuler un certain nombre d'armes sur lui pendant la guerre et quand elle s'était terminée, il lui avait fallu un certain temps pour perdre son habitude. Maintenant que Voldemort était de retour, il avait repris ses anciennes habitudes, comme porter des armes sur lui, même s'il ne faisait qu'enseigner à l'école.
S'ils continuaient comme ils le faisaient, la porte allait bientôt céder mais quand elle tomberait, il se trouverait piégé dans une salle avec au moins une douzaine de personnes qui feraient tout ce qu'elles pouvaient pour le frapper et il aurait besoin de toutes ses armes.
Et ce fut le silence. Les gardes s'étaient arrêtés, mais Harry était plus inquiet parce qu'il n'entendait plus les voix venant de dehors. Il prit sa baguette d'une main et ses couteaux de l'autre et les dirigea contre la porte. Il étudia à nouveau la salle afin de s'assurer qu'il n'y avait vraiment aucune autre sortie. Il n'y avait aucune fenêtre et à part la petite entrée, les murs étaient recouverts d'étagères.
Les étagères ! Harry grogna.Il aurait dû savoir que les bâtiments comportaient des passages secrets. Poudlard en possédait de nombreux et élève, il avait passé son temps à les explorer avec Ron et Hermione. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Snape le lui avait dit quand il était élève et il avait raison : sa hardiesse allait le faire tuer. Il était trop tard pour essayer d'inspecter les étagères et trouver des passages secrets. Il ne pouvait pas savoir où- ou quand on allait entrer. Au moins s'il restait où il était, son dos contre le mur, personne ne pourrait arriver derrière lui.
Alors il attendit, regarda et écouta tous les signes qui pouvaient venir des gardes.
Un bruyant CRACK brisa le silence et surprit tant Harry qu'il faillit lâcher sa baguette. La lame d'une hache apparue dans la porte, brisant le bois et faisant pénétrer la lumière. CRACK ! CRACK ! CRACK! Un gros mangemort taillé comme une armoire à glace détruisit la porte et donna un coup de pied dans ce qu'il en restait, tenant la hache devant lui. Il pointa sa hache vers Harry et sourit méchamment.
Au moins dix personnes se tenaient devant lui, Harry reconnut quelques mangemorts mais toutes les têtes ne lui étaient pas familières. Il déglutit, difficilement, se redressa lentement, stupéfia le mangemort qui tenait la hache avant de jeter son couteau sur celui qui était derrière. Le premier s'effondra et la hache tomba dans un bruit sourd, mais le couteau se logea dans la gorge du mangemort qui s'écroula. Ceux qui étaient derrière, s'écartèrent et le laissèrent tomber.
Ils regardèrent leur camarade mourir dans un silence stupéfié et Harry profita de leur distraction pour stupéfier deux autres personnes du groupe, une jeune femme blonde qui était élève en même temps que lui, et un grand homme noir faisant parti des mangemorts lors de la dernière guerre.
Le reste des mangemorts se pressèrent hors de la salle, trébuchant les uns sur les autres dans leur hâte, mais l'instant suivant, un sorcier plus âgé passa sa tête dans le coin et Harry le mit K.O en lui jetant un sort entre les deux yeux. S'ils pensaient simplement entrer dans la salle, lui lancer des sorts jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, ils découvriraient rapidement que ce ne serait pas aussi facile de capturer le jeune sorcier.
Et si Harry pensait pouvoir gagner du temps et leur faisant peur en les attaquant plus lentement, il se trompait lourdement. L'instant suivant, tous entraient dans la salle en lançant des sorts dans la direction de Harry.
Harry se dissimula derrière la table, qui explosa sous la force d'un sort. Il ne s'attendait pas à ce qu'ils se lancent dans une attaque aussi audacieuse. Un sort le frappa sous l'œil et un autre le brûla à la jambe droite, le poussant contre une étagère, il perdit sa baguette. Des pièges intelligents et une stratégie élaborée ne pourraient pas l'aider et il n'avait aucune raison de conserver sa force s'il allait mourir avant de pouvoir s'en servir. Il rassembla rapidement son énergie et la jeta dans la salle.
« STUPEFIX ! » Cria-t-il.
L'espace d'un instant, la salle entière parut trembler et un par un, le reste des mangemorts s'effondra sur le sol. Harry s'assit contre le mur, l'effort l'avait épuisé. Il avait utilisé trop d'énergie en même temps.
« Le sol s'est mis à trembler, je pense que vous en êtes responsable ? » Lui demanda le professeur avec sa rudesse habituelle.
Harry sursauta, surpris par l'apparition du maître des potions dans l'encadrement de la porte. « Ouais, » Dit-il en haletant. Il n'avait pas l'énergie de donner une explication plus longue, ni une courte.
Severus s'agenouilla à côté du corps du mangemort qui avait eu la malchance de recevoir le couteau de Harry dans la gorge, retira l'arme et le nettoya avec un sort. « Drago et les otages montent la garde près des escaliers, au cas où on essaierait de venir. Mais la porte ne demeurera pas verrouiller longtemps. Pouvez-vous continuer ? »
« Ca devrait aller. Tous les employés du Ministère sont avec lui, n'est-ce pas ? » Lui demanda Harry. Son souffle n'était pas encore stable, il respirait encore vite et par à coups.
« Oui, les mangemorts ont détruits leurs baguettes quand ils ont été capturés. Certains ont eu la chance de pouvoir prendre celle de leur ravisseur. »Répondit Severus. Il traversa la salle et tendit à Harry son couteau.
Harry regarda son couteau avec suspicion puis l'accepta et le rangea sous sa chemise.
« Et bien ? » Lui demanda Severus en regardant Harry avec attention.
« Quoi ? » Lui demanda Harry. Il était tenté de se laisser aller lui-aussi au sarcasme et lui demander de faire des phrases entières et de s'expliquer, mais quand il vit son regard, tout le tranchant dont il voulait faire preuve s'envola. D'un coté Snape paraissait cynique et impatient, mais dans son regard, il n'y avait rien de malicieux. Si Harry n'avait pas su le contraire, il aurait pu jurer que Snape avait l'air…inquiet. Il put regarder Severus dans les yeux parce que pour la première fois depuis longtemps, il avait l'impression que celui-ci le regardait comme un égal, plus que comme un odieux gamin.
« Euh, oui, » Lui dit Harry quand il se souvint de l'endroit où ils se trouvaient. « Mais je remarque que je ne suis pas à être en piteux état. » Ajouta-t-il en voyant les bleus et égratignures que Severus s'était faits au cours de leur périple. Il rangea le reste de ses armes dans ses vêtements.
« Ce n'est pas vos affaires, » Grommela le Maître des potions. Il tourna les talons et sortit de la salle. Harry le suivit d'un pas chancelant.
Les employés du Ministère semblaient fatigués, ennuyés et ils étaient blessés.
« Tu vas bien, Harry ? » Lui demanda Arthur Weasley en s'approchant de lui.
« Ca va. Vous et Charlie allez bien ? » Lui demanda-t-il en secouant sa main chaleureusement.
« Nous allons bien, » Répondit Arthur en lâchant la main de Harry et en serrant légèrement son épaule. « Nous parlerons plus tard. »
Harry acquiesça et se hâta de retrouver Drago et Snape qui l'attendaient près de la porte qui mène aux escaliers.
« Le bureau de Fudge n'est-il pas relié au réseau de cheminée ? Ce serait plus facile pour faire sortir tout le monde d'ici sans passer par la porte principale. » Leur dit Harry, perplexe.
« Ils ont détruit la cheminée, » Lui expliqua Drago. Il frotta d'un air absent un bleu sur sa joue.
« Oh…merde, » Murmura Harry en levant sa baguette.
Drago regarda brièvement Harry et Snape. Tous deux se tenaient derrière lui ; baguette levée et pointée contre la porte. Il l'ouvrit magiquement. Une personne arrivait, ils se raidirent. Ses yeux se figèrent quand il vit les pieds, mais avant qu'il ne puisse lever sa baguette, Drago referma violemment la porte sur lui.
« C'est Potter ! Potter est en haut, ainsi que Snape et Malfoy ! » Hurlait l'homme de l'autre côté de la porte. » Ils entendirent alors des bruits de pas puis des sorts jetés contre la porte.
Harry se mit à plat ventre, tenant sa baguette devant lui. « Ouvre la porte ! » Cria-t-il.
Drago l'ouvrit se mit sur le côté avec Severus. Les intrus essayèrent de charger, baguette en avant : ils s'attendaient à un face à face avec leurs adversaires. Quand ils se rendirent compte de ce qu'il se passait, il était trop tard pour eux. Ils s'effondrèrent frappés par un stupefix. Severus attendit quelques instants avant de jeter un œil par la porte et vérifier qu'il ne restait personne.
Ils avancèrent aussi rapidement qu'ils le pouvaient. Quand ils arrivèrent devant la porte du deuxième étage, trois mangemorts arrivaient du premier, mais ils tombèrent avant d'avoir vu le trio.
Ils s'arrêtèrent à peine pour reprendre leur souffle et continuèrent à descendre avec les otages sur leurs talons. Ils remettaient les charmes qui verrouillaient les portes à chaque fois qu'ils passaient un étage.
Une stratégie bien élaborée les avait peut-être aidés à trouver les otages, mais l'heure n'était plus aux subtilités. Plus ils passaient de temps dans le bâtiment, plus il y avait de chance que les intrus restants les découvrent et les attaquent alors que la plupart d'entre eux étaient sans baguette et incapable de contrer les sorts.
Harry, Snape et Drago ouvrirent violemment la porte, jetant sort après sort devant eux dans l'espoir de stupéfier tout ennemi. Deux mangemorts tombèrent, mais les trois sorciers le remarquèrent à peine. Ils avançaient rapidement dans les couloirs, baguette levée et prêts à jeter un sort sur toute personne sur leur chemin.
Quand ils atteignirent l'entrée du bâtiment, Severus et Drago sortirent pour vérifier que personne ne les attendait dehors.
Un instant après, Severus revint. « C'est bon. Personne ne se trouve dans la cours ni dans la rue. Monsieur Malfoy, Monsieur Potter et moi nous assurerons qu'on ne vous attaque pas pendant que vous faites votre Porte au Loin. »
« Puisque la plupart des intrus n'ont plus leur baguette, nous devrions être capables de sécuriser le bâtiment et d'arrêter tous ceux qui se promèneraient par ici. Je pense que nous avons suffisamment de baguettes avec nous. » Dit Susan Bones. Elle avait pris la succession de sa tante à la tête du Département des lois et renforcements.
« Je dois dire, que puisque ce ne sont pas nos baguettes, elles seront difficiles à contrôler et assez peu efficaces si elles ne conviennent pas à notre énergie magique. Nous devrions emmener les autres dans le périmètre sécurisé. »
Kingsley avait été l'un des instructeurs de Harry lors des dernières années de guerre. En tant que Auror, il avait donné à Harry un entraînement intensif en technique de combat magique ainsi que dans l'art de préparer des potions, chose qu'il n'avait jamais apprécié à l'école.
« Ton plan est le meilleur. Nous ne perdrons pas de temps, » Dit Kingsley à Severus tout en se dirigeant vers la porte.
« Viens me voir plus tard, » Dit-il doucement à Harry quand il passa devant lui. Ce petit échange n'échappa pas à Severus et il regarda suspicieusement les deux hommes.
Les employés du Ministère transportèrent et aidèrent les personnes inconscientes ou blessées au Porte au Loin qui se trouvait dans le périmètre de sécurité pendant que Harry, Drago et Severus restaient dans l'encadrement de la porte, se plaçant entre eux et les attaques qui pourraient venir de l'intérieur.
« Que cherchaient les mangemorts ici ? » Demanda Harry. Ses yeux et sa baguette étaient pointés sur l'intérieur tout comme Drago et Snape.
« Je ne sais pas, » Répondit Severus.
« Arthur a dit qu'ils parlaient de rapports et de fichiers qui sont conservés ici. » Les informa Drago.
« Je ne l'ai pas entendu dire cela, » Lui dit Severus un peu confus.
« C'était juste après que les otages soient sortis de la salle. Tu étais parti chercher Harry. »
La discussion ne continua pas : un sort détruisit ce qui restait d'une chaise. Un autre força la porte principale à se fermer, bloquant Harry, Severus et Drago à l'intérieur. Ils se dispersèrent lentement.
« Pourquoi ne sortez-vous pas qu'on puisse vous voir ? » Demanda Harry en avançant. Il prit un gros morceau de bois provenant de la chaise et lui lança un sort suffisamment puissant pour qu'il atteigne la porte. Quand il passa à travers, Harry envoya un sort plus puissant qui détruisit le bois en petits morceaux volant dans toutes les directions.
Une seule silhouette sortit de la porte et plongea sous le bureau d'accueil.
« Reducto ! » Cria Drago en décimant le bureau et en exposant la sorcière qui s'était cachée derrière. Harry la connaissait, même s'il ne l'avait pas vue depuis très longtemps.
Les trois sorciers levèrent leur baguette vers elle.
« Eh bien, et bien…Si ce n'est pas le petit Harry Potter qui a bien grandi, » Dit l'assaillant.
« Bellatrix, » Grogna Harry.
