Les phalanges de Harry devenaient blanches à force de serrer sa baguette aussi fort.
« Ca fait un bail, hein ? » Railla Bellatrix en regardant Harry.
Une colère froide le traversa. Il oublia toute la douleur qu'il ressentait, maintenant que son pouvoir bouillonnait en lui, il testait son contrôle et cherchait désespérément à se libérer.
« Ne me dis pas que tu es encore en colère parce que j'ai tué ton cher vieux parain. » Minauda-t-elle avec malice. « Aww, tu l'es ! » S'écria-t-elle.
Harry plissa les yeux dangereusement, mais si Bellatrix vit l'avertissement silencieux, elle ne le montra pas.
« Oui, j'ai tué ton parrain. Tu as tué mon mari. Je dirais que nous sommes à égalité, ne crois-tu pas ? »
« Tu n'as pas le droit de parler de Sirius, et n'essaye pas de le comparer à cette espèce de pourriture que tu appelles un mari, » Lui dit Harry froidement, sa baguette toujours pointée sur elle.
C'est vrai. Il avait tué son mari, mais ce n'était pas par vengeance. Au cours de la dernière guerre, l'un de ses informateurs avait été pris en embuscade par un groupe de mangemorts. Il était arrivé au lieu de rendez-vous, mais au lieu de trouver son informateur, il s'était retrouvé face à face avec Malfoy Senior, Rolphus Lestrange et un régiment de mangemorts.
N'ayant aucune autre option que de courir, il avait détruit les murs de bâtiment de chaque côté de la ruelle, qui s'étaient effondrés sur les mangemorts derrière lui, les enterrant sous des tonnes de gravats. Il avait entendu des murmures venant des décombres qui avait confirmé sa suspicion : la plupart, Lestrange compris, étaient morts, mais certains avaient défié toutes probabilités et avaient survécu, parmi eux se trouvaient Malfoy Senior.
Il entendit des bruits de pas venant de l'entrée, Bellatrix riait comme si elle contrôlait la situation.
« Maintenant, j'ai un peu plus de chance, » Dit la sorcière d'un air suffisant. « Trois sorciers contre une petite sorcière, ce n'est pas vraiment juste, hein ? Il y a des années de cela, nous avons commencé un duel, toi et moi, Potter. Penses-tu être suffisamment un homme pour le terminer maintenant ? »
« Je m'occupe d'elle, » Dit Harry à ses compagnons qui étaient derrière lui. « Vous pouvez vous charger des autres. »
Severus acquiesça, et se précipita vers les intrus, Drago sur ses talons.
La sorcière envoya un sort contre Drago et Severus alors qu'ils couraient, mais les deux sorciers avaient anticipé ses actions et ses sorts furent déviés sans les toucher.
« Comme tu es prévisible, » Lui dit Snape avec condescendance. « Ne vous attardez pas, » Dit-il à Harry. « Nous n'avons pas le temps de… jouer. »
Harry acquiesça mais Snape était déjà parti.
« Savais-tu que le Seigneur Noir m'a lui-même appris à me battre en duel, » Lui dit Bellatrix en caressant sa baguette gentiment comme si c'était un chat.
« Veux-tu dire Voldemort ? » Lui demanda Harry. Il était content de la voir grimacer quand elle entendit son nom. « J'ai survécu à des duels contre Voldemort, je ne me fierai pas trop à son apprentissage si j'étais toi. En général, je ne me bats pas, mais, je ferai une exception, » Lui dit-il en jetant une rafale de sorts contre Bellatrix.
Elle parvint à dévier les premiers, mais un cri aigu confirma que Harry l'avait touché, une entaille était apparue sur sa joue. Harry s'avança vers elle, ses yeux flamboyaient.
« Tu n'es qu'un pathétique fou ! MonSeigneur t'a donné une certaine quantité de pouvoir quand tu étais bébé, mais tu as gâché son présent. Le pouvoir doit-être utilisé. Avec lui tu peux prendre ce que tu veux. Tu as le potentiel, mais tu refuses de le réaliser. Tu es faible et les faibles meurent toujours, comme ta mère et ton père- et ton parrain- »
« TAIS-TOI ! » Cria Harry de colère. Il lança un sort si puissant qu'il brisa son bouclier ainsi que les os de la main avec laquelle elle tenait sa baguette. Elle cria, agrippa sa main inutile, faisant tomber sa baguette qui roula au loin. Sans lui laisser l'occasion de se reprendre, Harry la frappa avec un sort si puissant qu'elle ne tint plus sur ses jambes, elle fut projetée contre le mur où elle atterrit sur une pile de meuble cassé et en tombant, elle fit un bruit étranglé.
Harry s'approcha d'elle, baguette en avant, mais sa prudence n'était pas nécessaire. Bellatrix était tombée contre une pointe en bois et s'était empalée. Elle était morte, ses traits auraient à jamais cette expression de surprise, un peu comme celle qu'avait Sirius quand il est tombé à travers le voile et qu'il est mort, se rappela Harry.
Severus et Drago avaient stupéfié les deux intrus qui étaient parvenus à déverrouiller la porte. Les deux hommes ne devaient pas avoir plus de vingt ans.
Les deux sorciers replacèrent rapidement le sort sur la porte et se dirigèrent vers le foyer. Le combat était déjà terminé quand ils arrivèrent et ils virent Bellatrix transpercé par un morceau de bois. Harry se tenait devant elle et regardait son corps.
« Harry ! » Cria Drago en suivant Severus vers la porte principale, mais Harry ne bougea pas.
« Harry ! » Cria à nouveau Drago. « Nous devons partir ! » Harry était toujours immobile. Il ne parvenait pas à détacher ses yeux du corps sans vie devant lui.
« Nous n'avons pas le temps pour cela, » Marmonna le Maître des potions. « Potter ! Bougez-vous ! Maintenant ! » Lui ordonna-t-il. Son ton rappela à Harry ses années en tant qu'élève et il eut soudain l'impression d'être en cours de potions. Sans une deuxième pensée, il suivit l'ordre et les trois sorciers quittèrent le bâtiment. Ils ne s'arrêtèrent que pour jeter un puissant sort sur la porte principale, la verrouillant de l'extérieur.
Arthur, Bill et Charlie se précipitèrent à leur rencontre et arrêtèrent les trois sorciers.
« Est-ce que vous allez bien ? Pourquoi êtes-vous retourné à l'intérieur ? » Leur demanda Arthur. Il regardait d'un œil critique les blessures de Drago et de Harry. Avec tact, il fit attention à ne pas regarder Severus avec la même expression. Celui-ci était déjà d'humeur orageuse et aggraver la colère du Maître des potions n'apporterait aucun bien.
« Nous allons bien. Bellatrix et quelques-uns de ses amis ont essayé de nous empêcher de sortir, mais nous sommes là, » Lui dit Drago en lançant un coup d'œil vers Harry. « Et nous avons scellé le bâtiment pour qu'ils ne puissent pas sortir. Puisque la cheminée de Fudge est cassée et que personne ne peut transplaner ou créer un Porte au Loin dans ou en dehors du Ministère, ils ne pourront pas sortir avant que les Aurors n'arrivent. »
« Je vois, » Dit simplement Arthur.
« Ca ne ressemble pas à… notre ennemi, » Dit Severus doucement, en changeant de sujet. Il regarda rapidement vers lui avant de continuer. « S'il voulait organiser une attaque contre le Ministère, il n'a pas dû atteindre son but. Il n'aurait pas pris d'otages ; il aurait tué toutes les personnes présentes dans le bâtiment en commençant par le Ministre. Il aurait envoyé plus de trente… personnes… pour prendre le Ministère. Et il aurait conduit l'attaque lui-même, si le bâtiment était vraiment important pour lui. »
« Apparemment ils cherchaient des documents, des rapports. Nous les avons entendus parler. Ils ont pris certaines choses au département des Mystères, et certains vieux rapports de justice. Oh, et ils sont aussi pris des dossiers te concernant, Harry. »
« Pourquoi le Ministère avait-il des dossiers sur moi ? » Lui demanda Harry.
« Ils ont des rapports sur tout le monde, » Lui expliqua Arthur. « Des informations de base, comme ton lieu et ta date de naissance, l'endroit où tu as fait tes études, tes occupations, ta signature magique. Et si tu as violé des lois moldues ou sorcières. Dans ton cas, ils n'ont rien de plus précis. »
« Bon sang, pourquoi voudrait….il…ce genre d'information ? » Demanda Harry.
« Je ne sais pas. Ils ne pourront pas apprendre plus de ce qu'il y a dedans que ce qu'il y a dans les documents publiés. » Dit Bill.
« Qu'ont-ils pris au Département des Mystères ? » Demanda Severus.
« Je ne sais vraiment pas. Je les ai simplement entendus dire 'Tout est là, comme il nous l'avait dit, » Répondit Charlie.
« Il n'avait pas besoin de tels recours pour obtenir les informations du Ministère. » Dit Severus. « Il doit certainement avoir des espions à l'intérieur du Ministère qui auraient pu lui donner tous les renseignements qu'il voulait. »
« Tu as raison, » Acquiesça Drago. « Ils n'avaient même pas à y travailler. Mon père avait accès à de nombreux secrets ministériels et il n'avait qu'à disperser son argent et son nez. »
« Il a toujours pris ce qu'il voulait par ruse. Il n'est pas nécessaire qu'il fasse usage de la force, comme aujourd'hui, à moins qu'il n'ait un autre but. » Pensa Severus à voix haute.
Ils furent interrompus par des protestations bruyantes. Tonks et trois autres sorciers étaient affalés par terre.
« Je suis désolé, » Cria-t-elle en essayant de se dégager de ses compagnons qui la regardaient avec des yeux noirs et menaçants.
« Vous nous avez bien aidé les gars. Vous dire merci ne semble pas suffisant, mais je pense que je dois le faire, » Dit-elle une fois qu'elle se fut libérée et qu'elle les eût rejoint.
« Euh, pas de soucis, » Lui dit Harry. Il n'était pas certain que ce soit ce qu'il fallait dire dans une telle situation. « Mais si tu ne nous avais pas envoyé un message, nous n'aurions jamais su qu'il se passait quelque chose. »
Tonks avait l'air aussi perplexe qu'Arthur, Bill et Charlie quand ils se tournèrent vers elle.
« Nous ne vous avons pas envoyé de message, » Dit Tonks. « Mais j'étais au deuxième étage quand ça s'est passé. Quelqu'un d'autre a dû vous l'envoyer. »
Cette fois ce furent Harry, Severus et Drago qui avaient l'air confus.
« Un hibou nous a apportés un message nous signalant que le Ministère avait été attaqué et que vous aviez besoin d'aide. Il était signé 'Tonks' » Dit Drago doucement.
« Je n'ai pas envoyé ce message. » Dit Tonks, inquiète.
« Si tu ne l'as pas fait, alors qui ? » Lui demanda Harry d'autant plus confus.
« Ils sont là ! » Cria une jeune sorcière en désignant un groupe de sorcières et de sorciers habillés de leur robe d'Auror. Ils se frayaient un chemin vers le bâtiment.
« Je peux difficilement dire que nous sommes les seuls Aurors à ne pas avoir été dans le bâtiment lors de l'attaque, » Expliqua Emmaline Vance quand elle eut atteint le petit groupe. « Mais nous avons nos propres méthodes pour nous contacter. Le reste devrait bientôt arriver. D'après ce que j'ai compris il y avait une trentaine de personnes dans le bâtiment, c'est cela ? »
« Oui, » Acquiesça Arthur. « Mais certains sont désarmés. »
« Nous serons suffisamment nombreux pour nous occuper d'eux. Vous pouvez tous les trois partir et faire soigner vos blessures, nous prenons la situation en main. » Suggéra l'Auror.
« Très bien. Nous avons des choses à faire. » Lui dit Severus en suivant Harry qui était déjà parti.
« Nous devons parler, mais nous ne pouvons pas le faire ici. Transplanez dans la rue dans laquelle nous sommes arrivés par Porte au Loin ce matin. » Leur dit doucement Severus.
« Cet elfe de maison, Dobby, il est libre, non ? Pensez-vous qu'on puisse lui faire confiance et qu'il a suivi vos instructions ? »Demanda Severus aux deux autres sorciers une fois qu'ils se furent retrouvés.
« Bien sûr, » Dit Harry sans l'once d'une hésitation. « On ne peut pas douter de sa loyauté. »
« Je ne vous pose cette question que parce que je trouve bizarre que le reste de l'Ordre ne soit pas venu à notre aide alors que vous lui avez donné des instructions très précises, celles de les trouver et de nous les envoyer. » Lui dit Severus en plissant les yeux.
« Il est complètement loyal à Albus et à sa cause. S'il n'a pas donné les instructions, c'est qu'il n'a pas pu. » Lui répondit Harry avec fermeté. « Mais nous pouvons faire de nombreuses hypothèses peu plaisantes qui expliqueraient pourquoi il n'a pas pu. »
« Je devrais interroger l'elfe de maison quand nous retournerons à l'école -» Commença Severus.
« Je l'interrogerai. Si c'est vous, vous n'arriverez pas à obtenir les réponses, il se frappera contre un coin et il ne nous dira jamais rien.» L'interrompit Harry.
Severus regarda Harry avec des yeux noirs et ouvrit la bouche pour parler.
« Eh bien, Dobby t'aime bien, alors peut-être devrais-tu lui parler, » Dit Drago rapidement avant qu'une nouvelle dispute n'éclate.
« Peut-être que la disparition de Dobby est liée à cette fausse note, » Pensa Severus à voix haute. « La meilleure chose à faire pour l'instant est de retourner à l'école. Nous pourrons discuter plus librement. Mais avant, nous devons nous occuper de nos blessures- et vous devez trouver une autre chemise, » Dit Severus en regardant les taches de sang sur la chemise de Harry. « Nous ne voulons pas que les personnes qui n'appartiennent pas à l'Ordre sautent sur de fausses conclusions en se basant sur notre…apparence. Drago et moi allons voir un guérisseur. Il vous verra vous aussi. Il se présente comme un vendeur de potions dans l'Allée des Embrumes. Le connaissez-vous ? » Demanda Severus à Harry.
« Non, mais je le trouverai, » Lui répondit Harry.
« Son magasin se trouve juste à côté d'un magasin qui vend des livres rares et difficiles à trouver. Peut-être êtes-vous plus familier avec ce magasin ? » Lui demanda Severus sur le ton suffisant dont Harry avait l'habitude venant de sa part.
Drago regarda durement le professeur.
« Je ne suis pas un cas désespéré, Snape, je peux trouver mon chemin, »Dit Harry en levant les yeux au ciel. Il n'allait pas admettre qu'il connaissait cette part de l'Allée des Embrumes. Le magasin de livres dont Snape faisait référence était celui de Josh. Josh lui avait souvent dit que le sorcier qui possédait le magasin de potions était un vieux grincheux qui mettrait du poison dans n'importe quelle potion s'il ne te regardait pas avec autant d'attention. Harry commençait à avoir de sérieux doutes sur ses dons de guérisseurs.
« Il y a une entrée secrète dans l'allée à côté du magasin -» Commença Severus.
« Je vous retrouve là-bas, » Dit Harry. Il transplana avant que Severus ne puisse dire autre chose. Il n'était pas d'humeur à supporter le cynisme du Maître des potions.
« Je crois qu'il n'a pas compris, » Dit Drago avec malice.
« Je te demande pardon, » Lui demanda Severus d'une voix traînante.
« Je pense qu'il ne pas compris ce que tu voulais dire, » Répondit Drago. « Il pensait que tu impliquais qu'il n'était pas capable de trouver son chemin, seul dans l'Allée des Embrumes. Je ne suis pas convaincu que ce soit ce que tu voulais dire. »
« Le changement d'humeur de Potter ne me concerne pas. » Grogna Severus. « Maintenant, si tu es prêt, nous -»
« Ce magasin de livres, n'est-ce pas celui que possède l'ami de Harry, hein ? Ce Josh ? » Lui demanda Drago en regardant d'un air suspicieux son ami.
Severus ne dit rien mais rangea sa baguette et dépoussiéra ses vêtements.
« Comme c'est intéressant. »
« Je n'ai aucun contrôle sur qui gère ce magasin, ni sa localisation. Tu es ridicule, » Lui dit Severus brusquement.
Drago attrapa le bras de l'autre homme avant qu'il ne transplane. « Pas du tout, je suis simplement très intéressé par ce que je vois. »
Severus plissa les yeux dangereusement en regardant Drago qui lâcha son bras avant qu'il ne le lui fasse lâcher- douloureusement. Sans un mot, son aîné transplana. Drago secoua la tête et le suivit.
Ivan le guérisseur, était un homme gros et lourd. Il avait de petits yeux de fouine et un nez qui avait dû être cassé plusieurs fois mais n'avait jamais guéri correctement. Son crâne nu avait été lustré et un serpent était tatoué dessus. Harry comprenait pourquoi les gens faisaient de leur mieux pour être en bon terme avec lui.
Avec une efficacité qu'Harry ne pouvait pas comprendre, il les tira littéralement à l'intérieur de son magasin.
« Attendez ici, » Leur ordonna-t-il avec un accent guttural qu'Harry ne parvenait pas à placer.
« Il va vider son magasin. Il ne peut pas être vu avec nous dans son magasin pour des raisons évidentes, » Lui expliqua Drago.
« Cela n'apparaîtra-t-il pas bizarre qu'il ferme le magasin au milieu de la journée ? » Leur demanda Harry d'un air douteux en regardant la pièce. On aurait dit une petite cuisine moldue de la période coloniale. Il prit un siège et s'assit à la table en bois qui était au milieu de la pièce. Dans un coin une cuisinière en fer forgé faisait des petits bruits occasionnels, peut-être pour que personne ne l'oublie. Des pots, des casseroles et divers ustensiles étaient alignés sur de petits crochets et un grand lavabo portable était appuyé contre le mur. La pièce était fraîche, un peu comme les cachots de Poudlard.
« Ivan est un peu…excentrique et bien connut pour cela. Personne ne pensera que c'est bizarre qu'il ferme au milieu de la journée. » Lui assura Drago.
« Etes-vous certains qu'on puisse lui faire confiance ? » Leur demanda Harry en regardant dans la direction de la porte où Ivan poussait les clients.
« Oui. Il a autant de raison de mépriser le Seigneur Noir que nous. Sa femme et ses enfants ont été exécutés par des mangemorts. Le Seigneur Noir l'a gardé en vie et l'a pris à son service comme guérisseur pour ses serviteurs et associés. Nous l'avons rencontré quand nous étions des mangemorts. Nous n'avons pas eu besoin de beaucoup le persuader pour qu'il accepte de nous aider à passer des informations sur les plans et activités du Seigneur Noir à Albus. On peut lui faire confiance. » Lui expliqua Severus catégorique.
« …Femme et enfants ? » Lui demanda Harry d'une voix extrêmement contenue.
Severus observa le jeune sorcier quelques instants avant de répondre. « Il avait une femme et deux files. Lucius Malfoy l'a fait assister à leur mort. Il a menacé de tuer le reste de sa famille et de ses amis s'il ne coopérait pas avec eux. »
Harry entendit un grognement et fut surpris qu'il ne vienne pas de lui, mais de Drago qui semblait au moins aussi furieux que lui.
« Tu n'es pas ton père. Calme-toi, Ivan revient. » Dit Severus doucement à Drago. « Et Potter, vous devez savoir que Ivan exige une honnêteté absolue à chaque patient. Ne lui cachez pas vos cicatrices, aucune d'elles. Il saura. Il lit les gens extrêmement bien, » Lui dit Severus un peu plus fort pour Harry.
« Allons, comment connaissez-vous mes -»
« Je lui en ai parlé. » Murmura Drago rapidement quand Ivan entra dans la pièce.
« Je ne vous demanderai pas ce que vous avez fait. Je sais qui vous êtes, mais je ne sais pas qui vous êtes, compris ? » Demanda Ivan à Harry en fermant la porte derrière lui.
« Oui, » Harry acquiesça. Bien qu'il soit amusé par l'approche en cape et d'épée, il n'était pas perturbé par la rudesse de sa présentation. Que ses actions soient rendues publiques n'avait pas facilité son travail pour l'Ordre. Ivan venait de lui assurer qu'il garantirait son anonymat, autant qu'il en était capable, et c'était tout ce que Harry pouvait demander.
Le guérisseur allait rapidement dans le placard et en sortit en gros sac noir.
« Apportez la bassine sur la table, » Ordonna-t-il à Severus, qui à la surprise de Harry, suivit les instructions sans poser de questions. Il révisa son opinion sur l'excentricité du guérisseur. Toute personne capable de se faire obéir de Snape, sans qu'il ne se dispute avec la-dite personne, était digne de respect.
Ivan vida le sac sur la table et arrangea avec son soin les différents instruments et potions. « Vous passerez en premier, » Dit-il en agrippant la chemise de Harry et en défaisant les boutons.
« Je peux le faire moi-même. » Dit rapidement Harry en essayant d'arracher sa chemise de la prise de Ivan. Celui-ci lui donna simplement une tape sur les mains et continua à défaire les boutons.
« Je vois. Je pensais bien que ce serait quelque chose dans ce genre-là. » Fut tout ce qu'il dit en retirant la chemise des épaules d'Harry, dévoilant toutes les cicatrices qu'il avait sur la poitrine et sur les bras. Harry détourna les yeux. Il imaginait que les voir ferait plaisir à Snape et il sentait pratiquement sa suffisance. Ca devait être gratifiant de s'imaginer comment il les avait gagnés. Un sorcier plus talentueux ne serait pas devenu ainsi.
S'il n'avait pas détourné les yeux, il n'aurait pas vu de sourire sur le visage de Maître des potions. Il demeura impassible mais par intermittence, il serrait et desserrait les dents.
« Vous comprenez très bien la situation. Vous pourrez revenir me voir dans le futur. Je vous verrai. » Acquiesça le guérisseur. Il posa la chemise sur le dos de la chaise et prit sa baguette.
« Je vous demande pardon ? » Lui demanda Harry, quelque peu confus.
« Vous ne comprenez pas, » Le guérisseur confirma avec un soupir impatient. « Très bien. Les gens que je…conserve n'ont pas très…bonne réputation. En tant que telle, je suis touché par cette association. On me demande d'aller dans mon magasin pour que je puisse rencontrer mes associés et faire marcher leurs affaires. Les gens ne viennent ici que si leurs choix…sont limités. Les gens qui viennent me voir ont des secrets à garder et ont des choses qu'ils cachent aux autres. Pour apprécier le risque que je prends pour ma clientèle, je leur demande de prendre le risque de ne pas conserver de secrets. De ne rien me cacher. Il est difficile de se dévoiler à un certain degré, comme je me dévoile quand je soigne des gens tels que vous. »
« Maintenant je comprends. Merci. » Dit Harry. Il commençait à comprendre que bien qu'Ivan soit excentrique, il avait aussi l'esprit impitoyablement pratique. Sa nature grincheuse, le fait curieux qu'il ait besoin qu'on lui révèle des choses qu'on n'est pas prêt à révéler à d'autres faisait parti de cet instinct de survie qui l'avait gardé en vie, alors qu'il prenait des risques pour Snape et Drago depuis des années.
« Oui, oui. Je ne peux pas faire grand chose pour les bleus et les bosses. Une pommade aidera à les guérir, mais ça se fera rapidement tout seul, » Dit-il en passant devant les éraflures et les bleus. Contrairement à Pompom qui savait faire preuve de douceur quand elle s'occupait d'un patient, Ivan donnait de petits coups à ses patients et après cette expérience, Harry apprécierait encore plus la sorcière maternelle.
« Qui vous a fait ça ? » Lui demanda-t-il en arrivant à l'entaille qu'il avait essayé de se soigner.
« J'ai fermé la plaie -» Lui expliqua Harry.
« Je ne pense pas. Elle est encore ouverte à certains endroits. »
« Je le ferai, » Dit Harry sur la défensive.
« Vous n'êtes pas un guérisseur. Vous ne comprenez pas. C'est un art. Vous voyez ce que j'ai fait ici et ici, » Dit-il en lui montrant deux coupures qu'il avait fermées. « J'ai suivi la ligne de la plaie et je l'ai fermée en une seule fois. Il y aura une cicatrice, mais elle sera minime. Ca, c'est bien fait, » Dit-il en murmurant un sort qui ouvrit à nouvelle la plaie pour qu'il puisse la fermer soigneusement. Il gagna une grimace douloureuse de la part de Harry.
« Si la même attention avait été donnée à certaines de vos anciennes blessures, elles auraient laissé moins de traces. J'aurais pu vous aider, » Ajouta Ivan en regardant avec professionnalisme à certaines de ses cicatrices les plus visibles.
« Je m'en souviendrai pour la prochaine fois, » Grogna Harry en frottant ses blessures fraîchement fermées.
« Très bien. Maintenant vous pouvez enlever votre pantalon, » Lui ordonna Ivan.
« Quoi ? » Lui demanda Harry en mettant rapidement ses mains sur le bouton de son pantalon pour qu'Ivan ne puisse l'enlever lui-même.
Ivan demeura de pierre. « Vous n'avez rien que je n'ai déjà vu de nombreuses fois. Enlevez gentiment votre pantalon. »
« Je n'ai pas d'autres blessures. Elles étaient toutes au-dessus de mon pantalon, » Lui dit Harry en tenant désespérément son pantalon.
« En êtes-vous sûr ? » Lui demanda Ivan en plissant encore davantage les yeux, si cela était possible.
« Oui, vraiment sûr, » Lui répondit rapidement Harry.
Ivan l'évalua du regard quelques instants. « Très bien. Dans le placard derrière vous, vous trouverez des chemises. Celle-ci n'est plus présentable. » Dit-il en montrant les taches de sang sur la chemise.
« Merci, » Lui dit Harry. Il se dépêcha de se lever.
« Je vous verrai en second, » Dit-il en désignant Drago.
Il y avait au moins une vingtaine de chemises de tailles et de couleurs différentes, pendues soigneusement. Il choisit la première qui lui parut à la bonne taille et l'enfila.
« Ecoutez, moi aussi je garde mon pantalon. Chaque fois que nous venons, vous essayez de nous faire nous dévêtir, » Lui dit Drago en descendant de son siège dès que Ivan eût terminé ses soins et regagna l'autre bout de la pièce, où se trouvait Harry, appuyé contre la petite armoire de l'apothicaire.
« Comment vas-tu ? » Lui demanda Drago doucement.
« Pardon ? » Lui demanda Harry en regardant avec amusement le Maître des potions protester quand il fut dévêtit comme un enfant. « Un peu fatigué, mais c'est normal vu tout ce que l'on a fait, non ? »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je sais que Lestrange a tué ton parrain. » Lui dit Drago avec prudence.
« Bien. Je vais bien. » Lui dit Harry automatiquement. Drago le regarda fixement, il n'avait pas l'air du tout convaincu.
Vide. Voilà ce qu'il ressentait. Il avait peut-être tué Lestrange, mais ça ne ramènerait pas Sirius, et il se sentait encore plus vide qu'avant. Si les choses avaient été différentes, il aurait pu se sentir désolé pour elle, de la manière dont elle avait choisi de vivre sa vie, de la manière dont elle était morte, mais y penser le faisait culpabiliser, comme s'il était déloyal à son parrain.
Harry secoua la tête pour arrêter de ressasser. Il ne voulait pas y penser davantage, ou en tout cas pas tant qu'il ne pourrait pas s'enfermer avec une grande bouteille de firewhiskey.
« Vous devriez utiliser un sort de dissimulation si vous ne voulez pas que l'on voie vos bleus, » Leur conseilla Ivan alors que Snape remettait sa chemise.
« Bien sûr, » Dit Severus en hochant la tête.
« Votre chemise, » Dit Ivan à Harry en la lui rendant.
« Merci, » Dit-il en la prenant. Il la transforma pour qu'elle soit plus facile à porter et un peu moins voyant. « Je vous rapporterai celle-ci dès que je le pourrai. »
« Ne vous en faites pas. Il est plus prudent que vous la gardiez. J'en ai plein. Vous pouvez partir maintenant. Ne vous faites pas voir en sortant d'ici. » Dit l'excentrique guérisseur en nettoyant son équipement.
« Merci, » Lui dit Drago en lui faisant un signe de tête alors qu'il sortait de la salle.
« Je vous suis reconnaissant. » Dit Severus en faisant de même.
Ils quittèrent le magasin par la porte qui menait à l'Allée et tranplanèrent jusqu'au village à côté de l'école avant qu'on ne puisse les découvrir.
« Et bien ? » Demanda Harry à Severus dès qu'ils arrivèrent au village.
Severus haussa un sourcil. « C'est une idée fixe, Potter ? »
« Vous les avez vu- toutes- les cicatrices, les brûlures, tout. »
« Je n'ai rien à dire sur ce sujet, » Répondit calmement Severus. « Si c'est tout, nous avons des choses à faire à l'école. »
« Vous plaisantez, hein ? » Lui demanda Harry qui ne le croyait apparemment pas. Depuis quand Snape laissait passer l'occasion de l'insulter ?
« Contrairement au reste du monde sorcier, mon monde, Monsieur Potter, ne tourne pas autour de vous. J'ai d'autres choses à faire pour m'occuper l'esprit. Maintenant si vous avez terminé avec vos enfantillages, nous avons des choses à faire à l'école. » Dit le Maître des potions avec impatience. Il se dirigeait déjà vers l'école.
« Je n'ai pas hâte de voir Ginny, » Confessa Drago. « Si elle me jette hors de la chambre, ce qu'elle fera certainement et cela pendant un mois, pourrais-je dormir dans ton salon ? »
« Euh, ouais, si tu en as besoin, » Répondit Harry, un peu surpris. « Mais, je pensais que tu resterais avec Snape. »
« Je l'ai fait plusieurs fois, mais pour te dire la vérité, je suis un peu nerveux chez lui. Il a installé des pièges de fous un peu partout, et il pense que c'est drôle de ne pas en parler. » Lui dit Drago en allongeant le pas pour rattraper le Maître des potions.
« Ce n'est pas surprenant. » Marmonna Harry en le suivant.
Ils croisèrent le professeur Chourave devant l'école, rouge et plus que légèrement agitée.
« Professeur Snape, vous êtes revenu ! » Cria-t-elle. « Les Weasley sont piégés dans vos appartements. Ils appellent et…crient. Aucun de nous n'a pu entrer pour les aider -»
« Je vais m'en occuper. Merci. » Dit Severus en se dépêchant d'aller les cachots.
« Attendez une minute, » Harry posa une main sur le bras du professeur. « Je vais voir si je peux contacter Dobby. »
Harry appela, mais l'elfe de maison ne se montra pas. « Dobby ! » L'appela à nouveau Harry. Il commençait à avoir des nœuds dans l'estomac. L'elfe n'apparaissait pas.
« Laissez pour l'instant. Il faudra peut-être un certain temps pour avoir les réponses aux questions que nous nous posons. Nous libérons les Weasley et nous cherchons Dobby. »
Il s'attendait à entendre les Weasley s'époumoner, mais il fut surpris quand ils atteignirent les cachots : les seuls bruits venaient de ceux que faisaient les élèves se déplaçant dans le château.
« Ce n'est pas bon, » Dit Harry doucement.
« Je sais. Ils ont arrêté de crier et maintenant ils sont silencieux, » Dit Drago sur le ton de quelqu'un qui sait trop bien ce que cela signifie.
Ils se préparèrent quand Severus ouvrit la porte de ses appartements. Ron, Hermione et Ginny avaient été magiquement liés à n'importe quelle surface libre de la salle. Hermione et Ginny étaient contre un mur près des chaises alors que Ron était au sol devant l'offensant placard où étaient rangées les potions. Ils regardaient les trois sorciers avec des yeux noirs.
« Tu vois ce que je veux dire ? Des pièges de fous partout, » Lui dit Drago en secouant la tête.
Il soupira et entra dans la salle. C'était la première fois qu'il voyait les appartements privés de Severus. Quand il était plus jeune, il s'était imaginé que son professeur vivait dans des quartiers qui ressemblaient aux cachots. Il s'imaginait qu'il gardait un grand chaudron toujours en activité et nourri de divers ingrédients et parfois par des Gryffondors.
Mais les appartements du Maître des potions n'avaient rien à voir avec les cachots. En fait, ils étaient très remarquables par leur apparence aristocrate. Un canapé de cuir noir était installé autour d'une simple table de marbre noir sur laquelle reposait un seul livre de potions dont plusieurs pages étaient indexées pour de futur référence. Une grande étagère contenait une impressionnante collection de livres et de journaux alignés contre le mur du salon et à l'opposé se trouvait un grand placard remplit de bouteilles, flacons, des carafes des potions de Severus. Tous étaient étiquetés et soigneusement groupés. Le tapis et les murs gris adoucissaient le décor entièrement noir et allégeaient l'atmosphère sombre et monotone et rendait la pièce élégante. Les couleurs correspondaient très bien au propriétaire des lieux, même si Harry avait imaginé un décor de pierre et de chaudrons qui correspondait à un aspect de sa personnalité.
« J'espère que vous n'avez pas endommagé mon placard. » Leur demanda Severus en fermant la porte derrière Harry et Drago.
Le regard des trois captifs s'assombrit encore, si possible. Malgré ses talents d'espion et de Maître de du mensonge, Severus avait parfois toute la diplomatie d'un Hippogriffe déchaîné.
« Ta famille est sauve, » Dit-il en sortant sa baguette de sa robe et en les libérant. Hermione et Ginny tombèrent. Ron bougea ses bras et ses jambes avec précaution comme s'il avait dû mal à croire qu'il était libre.
« Vos muscles doivent être engourdis après être restés immobiles aussi longtemps. Vous devez les détendre et les contracter autrement vous risquez de les froisser. » Les informa Severus en se dirigeant vers son placard pour jeter quelques sorts, certainement remettre ses pièges.
« Je ne peux pas croire que vous nous ayez laissés derrière. » Dit Ginny, les dents serrées tout en massant sa jambe. « C'est ma famille. Vous n'aviez aucun droit de nous éloigner. »
« Tes liens émotionnels avec ta famille auraient pu tous nous mettre en danger si tu avais agi inconsidérément. Nous ne pouvions pas prendre ce risque. Vous vous souviendrez que nous avons déjà pris ce genre de décision lors de la dernière guerre contre le Seigneur Noir, » Répondit Severus avant qu'Harry ou Drago ne puissent dire quoi que ce soit. « Dans tous les cas, nous n'avons pas le temps de discuter de cela. Nous devons trouver Dobby, » Continua-t-il en se dirigeant vers la porte.
« Je ne crois pas pouvoir me lever pour l'instant, » Grimaça Ron. « J'ai l'impression d'avoir des crampes dans les bras et les jambes. »
« Tout comme moi, » Ajouta Ginny.
« Avant de faire quoi que ce soit d'autre, vous allez nous dire ce qu'il s'est passé pendant que nous étions enfermés ici. » Leur ordonna Hermione.
« Très bien, » Commença Severus un peu impatient. « Le message que nous avons reçu ce matin nous informait que le Ministère avait été attaqué et qu'il avait besoin d'aide. Il était signé par Tonks, nous avons donc pensé que l'Ordre devait s'en occuper avec discrétion. Nous avons demandé à Dobby de contacter les membres clef de l'Ordre qui se trouvent à l'école pour qu'ils avertissent les autres du problème et qu'ils s'arrangent pour nous retrouver au Ministère. Nous avons attendu quelques temps hors du Ministère, mais comme personne ne venait, nous sommes entrés dans le bâtiment -»
« Tout seuls ? » S'écria Ginny en regardant Drago avec des yeux paniqués.
« Il y a des endroits où trois personnes peuvent se rendre alors qu'un groupe ne le peut pas, » Dit Severus en coupant court à la dispute avant qu'elle n'ait le temps de commencer. « Une fois les otages libérés, nous avons découvert que le message que nous avons reçu ce matin, celui qui nous prévenait que le Ministère avait été attaqué, n'avait pas été envoyé par Tonks. »
« Alors qui l'a envoyé ? » Leur demanda rapidement Hermione.
« Nous ne savons pas. Si Tonks n'a pas envoyé le message, il est possible que ce qui s'est passé au Ministère ne fût peut-être rien d'autre qu'un piège élaboré dans lequel nous nous sommes précipités. Je ne sais pas comment expliquer notre survie. » Pensa Severus à voix haute.
« Je vois ce que tu veux dire. Si vous avez marché dedans, alors pourquoi vous ont-ils permis d'en réchapper ? Vous n'étiez que trois, combien de personnes se trouvaient à l'intérieur ? » Leur demanda Hermione en suivant les pensées de Snape.
« Environ une trentaine, peut-être un peu moins, » Répondit Drago.
« Trente ! » Ginny avait pratiquement crié. « Tout seuls ? Bon sang Drago, j'aurais pu te perdre ! » Dit-elle au bord des larmes.
« Ginny, » Comment Drago.
« Ne commence pas avec ton 'Ginny!' » Dit-elle. Sa voix tremblait un peu plus qu'elle n'en avait l'intention.
« Et tu dis que vous avez donné à Dobby l'ordre d'avertir les autres membres de l'Ordre, c'est ça ? » Leur demanda Hermione, le front plissé. Harry avait l'habitude de cette expression et il sentit son cœur se serrer. Ca lui rappelait ses années à Poudlard, quand lui et Ron se rassemblaient autour d'Hermione pendant qu'elle réfléchissait sur les mystères auxquels ils se trouvaient mêlés.
« Monsieur Potter l'a fait, » Clarifia Severus.
« Ca ne ressemble pas à Dobby de désobéir à l'ordre d'un professeur, surtout s'il vient de Harry, » Dit Hermione. Elle semblait inquiète.
« J'ai essayé de l'appeler quand nous sommes revenus, mais il n'a pas répondu, » Dit Harry tout aussi inquiet.
« Nous avions l'intention de chercher Dobby une fois que l'on vous aurait libéré de votre…indisposition. » Dit Severus. Harry aurait pu jurer avoir vu la lèvre du Maître des potions se redresser avant d'être rapidement cachée derrière son impassibilité habituelle.
« Indisposition ? » Cracha Ron. « Nous étions retenus prisonniers ici alors que notre propre famille était en danger -»
« C'était mon idée de vous laisser ici tous les trois alors si vous voulez en discuter je serai plus que ravi de vous satisfaire. » Dit Severus sévèrement. Ginny, Hermione et Ron demeurèrent silencieux.
Harry regarda le Maître des potions, quelque peu surpris. L'idée venait de Drago et bien que tous étaient d'accord avec lui, porter le chapeau d'une chose dont il n'était pas responsable ne ressemblait pas à Snape. En fait, à son avis, porter le chapeau d'une chose dont une autre personne était responsable était contraire à Snape, et à tous les principes serpentards. Mais ça avait fait taire tous les arguments qui auraient pu éclater. Aucun des Weasley ne semblait vouloir se battre avec le Maître des potions.
« Ce qui est fait est fait, » Dit Hermione brusquement en regardant avec des yeux noirs Severus, Drago et Harry. Ce dernier eut l'impression qu'elle l'avait regardé un peu plus longtemps et durement que les autres. « Nous devons trouver Dobby. Mais d'abord, est-ce que vous allez bien tous les trois ? » Leur demanda rapidement Hermione en les observant avec attention. « Je ne sais pas quel sort de dissimulation vous utilisez, mais je ne crois pas que vous ayez pu traverser un bâtiment rempli de sorciers et sorcières peu amène et que vous vous en soyez sorti sans rien de plus qu'une égratignure. »
« L'illusion est pour les élèves et les autres personnes de l'école. Nous ne souhaitions pas susciter des questions qui ne sont pas nécessaires sur nos activités. » Répondit Severus sévèrement.
« Mais vous allez bien, n'est-ce pas ? » Les pressa Ginny.
« Nous allons bien. Nous n'avons eu des blessures légères. » Severus était légèrement mal à l'aise, il n'avait pas l'habitude que l'on s'inquiète vraiment pour lui.
« C'est un soulagement, mais les tiennes ne vont pas rester légères, Drago, parce que je vais te tuer quand nous retournerons dans nos appartements, » Dit Ginny. Sa voix s'était légèrement remise à trembler.
Harry et Drago aidèrent leurs amis à se lever. Hermione ne regarda pas Harry quand il l'aida à se relever, mais Ginny se hérissa littéralement quand Drago la toucha. Le jeune homme était légèrement affligé quand il laissa sa femme partir.
« Je vais bien ! » Cracha Ron quand Harry lui proposa sa main pour l'aider.
« Je le sais, » Soupira Harry en attrapant la main de Ron pour l'aider à se remettre sur ses pieds. Il était toujours aussi borné. S'il n'avait pas attrapé sa main, Ron ne l'aurait jamais prise.
« Nous devons parler, » Dit Ron d'un ton bourru en regardant Harry.
« Etes-vous capable de bouger ? » Leur demanda Severus en interrompant la dispute imminente.
« En quelque sorte, » Acquiesça Hermione en regardant Severus avec curiosité.
« Très bien. Ce que vous devez faire peut attendre Monsieur Weasley, nous avons plus urgent à faire, » Leur ordonna Severus en ignorant le regard noir de Ron.
« Albus a vraiment mal choisi son moment pour partir, » Se plaignit Hermione. « Avant de faire toute autre chose, nous devons retrouver Dobby. S'il ne répond pas aux appels, c'est qu'il doit avoir des problèmes et quelque chose me dit que tout est lié. »
« Le trouver peut vraiment prendre très longtemps, s'il est dans le château. » Dit Ron sombrement.
« La Carte des Maraudeurs ! » S'écria Hermione. « Je veux dire -» Elle mit sa main devant sa bouche et son visage s'empourpra : elle avait presque crié.
Personne n'eut besoin de demander à Harry s'il avait toujours la carte. Il s'agissait d'un souvenir qu'il chérissait. L'une des seules choses que lui avait laissé son père. Bien sûr qu'il l'avait toujours.
« Une application enfantine de magie, » Souffla Severus d'un air dédaigneux.
« Je ne suis pas d'accord. Je pense que c'est une application ingénieuse des dons de sorciers et c'est certainement très utile en ce moment. » Répondit Harry. « Mais elle est dans mes quartiers, alors je me dépêche d'aller la chercher. Au lieu de revenir ici, je vous retrouve là-bas, » Il sortit des quartiers de Severus. Il navigua dans les couloirs et parvint à éviter, mais à peine, les élèves innocents qui avaient la malchance de se trouver sur son chemin.
Il se força à s'arrêter pour 'désarmer' correctement la porte de chez lui et une fois les sorts les plus dangereux enlevés, il entra et laissa la porte déverrouillée pour que les autres puissent entrer.
Il lui fallut fouiller pour la retrouver. C'était bizarre, il n'avait pas encore eu l'occasion de s'en servir depuis son arrivée et elle se trouvait dans une grosse valise enveloppée dans des robes appartenant à Sirius que Remus lui avait données quand son parrain est mort. Harry n'avait pas été capable de les porter, pas même une seule fois, mais il n'avait pas pu s'en séparer. Elles étaient donc pliées avec attention dans une valise et elles l'avaient suivi à chacun de ses déménagements.
« Hé, il n'y avait pas tant de photos la dernière fois que nous sommes venus ici, » Dit Hermione, une fois réunis dans le salon de Harry. Elle regarda curieusement celles qui se trouvaient sur le manteau de la cheminée. « Il y en avait une, deux au plus, » Dit-elle en prenant la photo. Le père et la mère d'Harry la regardaient. James se tenait derrière Lily, ses bras enveloppaient étroitement sa taille. Il embrassait légèrement son cou puis fit un geste en direction de l'appareil photo. Lily riait aux pitreries de James mais fit de même.
« Ils semblaient si heureux. Sa maman était belle et son papa -» Commença Hermione mais s'arrêta quand elle vit le regard de Severus.
Hermione prit une photo moldu et la regarda avec curiosité. Harry posait avec un groupe de personnes devant une pharmacie moldue, portant sa blouse. « Je me demande qui ils sont. »
« Harry n'a-t-il pas dit qu'il était un pharmacien moldu ? C'est certainement une photo prise devant la pharmacie dans laquelle il travaille avec les gens avec qui il travaille, » Répondit Ginny en regardant la photo par-dessus l'épaule de Hermione.
Hermione replaça la photo avec attention. « Je me demande qui a pris celle-ci. On dirait qu'elle a été prise au cours de notre cinquième année, quand nous avons passé tant de temps avec Sirius, chez lui, mais je ne me souviens pas qu'on ait eu d'appareil photo avec nous, » Dit-elle en désignant une photo sorcière : Harry et Sirius se battaient dans la cuisine de la place Grimmaurd.
« Remus en avait un. Il essayait de faire un album pour Harry, mais il n'avait pas suffisamment de photos, » Grogna Ron. « Ce devait être un cadeau commun de Remus et de Sirius pour son anniversaire. Remus voulait donner à Sirius un double de toutes les photos. Sirius détestait la maison et il devenait dingue d'être enfermé là-dedans tout le temps, alors Remus pensait qu'avoir des photos de nous tous nous amusant dans la maison l'aiderait un peu.
« Comment sais-tu cela, alors que nous non ? » Lui demanda Hermione.
« J'ai entendu Remus en parler à maman une fois. J'allais vous le dire mais beaucoup de choses se sont passées avec Umbridge à l'école, je pense que le moment n'est jamais venu. Après, il m'a semblé que ce n'était plus important. »
« En parlant de Sirius, vous aimeriez peut-être savoir que Bellatrix Lestrange est morte. Elle a été tuée au Ministère aujourd'hui. » Dit Drago.
« Bien, mais Harry…euh -»
« Elle et Harry se sont battus en duel et elle est morte. Nous n'avons pas vu ce qui s'est passé, » Répondit Drago. Les autres regardèrent Severus qui acquiesça simplement.
« Nous devons interrompre notre conversation. Je crois entendre les pas de Monsieur Potter. »
Avec la Carte des Maraudeurs d'une main et sa cape d'invisibilité de l'autre, Harry se précipita dans le salon.
« Désolé, j'ai été long. J'ai été obligé de fouillé, » Dit-il en s'asseyant. Il étala la carte sur la table à café.
Les autres se rassemblèrent autour de la table et regardèrent la carte. Harry remarqua que Ron gardait ses distances.
« S'il est dans le château, où pourrait-il se trouver pour qu'il ne vienne pas quand on l'appelle ? » Demanda Hermione.
« Je me posais la même question, » Dit Severus. D'un œil vif, il parcourait la carte comme s'il essayait de tout voir en une seule fois.
« Il peut être n'importe où- dans l'un des passages secrets ou peut-être est-il coincé quelque part, ou peut-être…Hé, où dorment les elfes de maison ? » Demanda Ginny.
« Il est là, » Dit Severus en montrant un point sur la carte.
Presque comme un, tous regardèrent de plus près.
« La salle sur demande, » Murmura Ginny en regardant la petite bannière qui indiquait le nom de Dobby.
Harry prit la carte et sortit de la salle, les autres sur ses talons. Il monta deux marches à la fois et arriva rapidement au troisième étage. Les couloirs étaient vides. Il n'y avait qu'une jeune sorcière et Harry la reconnut, il s'agissait de l'amie de Theresa Chan. Il lui tourna le dos, fouilla dans ses poches, désespérant de trouver quelque chose pour l'envoyer plus loin. Un morceau de parchemin dans sa poche lui donna une idée.
« Excusez-moi, Mademoiselle Thomas, » L'interpella Harry poliment. « Je me demandais si vous pourriez me rendre un service ? »
« Bien sûr, Monsieur, » Répondit la jeune fille en regardant Harry avec des yeux brillants, une expression légèrement amoureuse sur le visage.
« Je me demandais si vous pouviez donner cela au professeur Flitwick pour moi, » Lui demanda-t-il en lui tendant un rouleau fraîchement scellé.
« Mais bien sûr, » Répondit la jeune fille. Elle prit le rouleau des mains de Harry en bondissant pratiquement.
« Que lui as-tu donné ? » Lui demanda Drago avec suspicion. Il venait de croiser la jeune sorcière qui souriait comme si on venait de la frapper avec un sort d'allégresse.
« Rien. Je lui ai simplement demandé de partir, c'est tout, » Répondit Harry.
Ils ne semblaient pas convaincus, mais Harry haussa les épaules et se tourna vers la salle magique.
« Comment allons-nous entrer là ? Je n'ai aucune idée du genre de pièce que nous devons souhaiter, » Grogna Harry.
« C'est facile, » Dit Hermione avec excitation après y avoir réfléchi, « Nous n'avons qu'à souhaiter trouver la salle dans laquelle se trouve Dobby. »
« Très bien, » Acquiesça Harry. Il se concentra sur la salle dont ils avaient besoin.
« Vous n'avez pas besoin de passer la journée à vous concentrer sur la salle que vous souhaitez trouver, » Ajouta Severus après quelques temps.
Harry ignora le Maître des potions, ouvrit la porte et entra.
« Bon sang, » Il cligna des yeux de surprise. Dobby était allongé, en boule sur le sol. On aurait dit qu'il dormait, son corps montait gentiment au rythme de sa respiration.
« Quoi ? Qu'as-tu trouvé ? » Cria Ginny en entrant après Harry. Severus poussa les autres dans la salle et ferma derrière lui.
« Il semble…paisible, » Remarqua Drago avec incrédulité. Il se rapprocha de l'elfe. « Comme s'il dormait. »
« Il ne se serait pas endormi alors que je lui ai demandé de faire quelque chose, » Dit Harry sur la défensive. Il sortit sa baguette et s'accroupit à côté de Dobby.
« Enervate, »Murmura-t-il.
Dobby remua mais ne se réveilla pas.
« Enervate, » Harry fit une nouvelle tentative. Il mit un peu plus de pouvoir dans son sort.
Dobby remua à nouveau, mais ne se réveilla pas.
« Seul un puissant sort magique peut agir ainsi sur un elfe de maison » Dit Drago sur un ton grave.
« Désolé Dobby, ça va être un peu douloureux, » S'excusa Harry doucement. Il pointa à nouveau sa baguette sur lui, « Enervate, » Cria-t-il en envoyant une puissante décharge magique à l'elfe de maison.
« Aouh ! » Cria Dobby en bondissant sur ses pieds.
« Désolé Dobby ! » Harry s'excusa à nouveau.
« Tu ne lui as pas fait de mal, hein ? » Lui demanda Hermione en regardant anxieusement Dobby.
« Non. Eh bien, un petit peu, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre qu'il se réveille tout seul, » Dit Harry en défendant ses actions.
« Vous pensez qu'il aurait été capable de se réveiller tout seul, » Clarifia Severus.
« Harry Potter, monsieur! Que faites-vous ici? » Cria Dobby. Il s'agenouilla devant Harry.
« Que fais-tu ici, Dobby ? » Lui demanda Harry avec prudence.
« Dobby est censé être ici ! » Répondit Dobby en penchant sa tête pour regarda Harry curieusement.
« Ici ? » Lui demanda Harry en faisant un geste pour désigner la pièce complètement nue, il n'y avait qu'un pot de chambre dans un coin.
Dobby regarda par lui-même. « Ce n'est pas les cuisines, Harry Potter, monsieur ! Où est 'ici' ? Et que fait Dobby ici ? »
« Tu ne t'en souviens pas ? » Lui demanda Severus.
« Non, professeur Snape, monsieur. Je préparai le déjeuner à la cuisine, monsieur, et maintenant je suis là. Dobby ne comprend pas ce qu'il s'est passé, mais Dobby va être en retard pour le déjeuner. Les autres elfes seront en colère contre Dobby s'il n'est pas là pour travailler, et ils diront au professeur Dumbledore et le professeur Dumbledore mettra Dobby à la porte, et Dobby ne veut pas être renvoyé, monsieur. Dobby aime travailler ! » Babilla le petit elfe. Il se leva et se dirigea vers la porte.
« Attends une seconde, » Lui dit Ron en attrapant le bras de l'elfe avant qu'il ne puisse partir.
« Je veux simplement te parler. Ne t'inquiète pas, le professeur Dumbledore ne te renverra pas. Tu es l'elfe de maison le plus travailleur, » Lui dit Harry quand Ron l'eut ramené.
« Professeur Dumbledore pense réellement cela de Dobby ? » Lui demanda l'elfe de maison.
« Bien sûr, » Lui dit Harry. « Maintenant, dis-moi, quelle est la dernière chose que tu te rappelles avoir fait aujourd'hui ? »
« Dobby aidait à préparer le repas de midi. Winky a fait tomber toute une bouteille de cidre sur le sol et Dobby l'aidait à ramasser, » Répondit Dobby.
« Est-ce à ce moment que je t'ai appelé ? » Le pressa Harry.
« Harry Potter n'a pas appelé Dobby, monsieur. Dobby serait venu directement autrement. » Lui dit Dobby. Il semblait confus. « Peut-être Harry Potter a-t-il appelé Dobby et Dobby n'a pas répondu, alors maintenant Harry Potter est fâché contre Dobby ! Méchant Dobby ! Méchant Dobby ! » Cria l'elfe de maison en se frappant la tête.
« Non, non Dobby. Je suis confus. Je ne t'ai pas appelé ce matin. J'ai dû penser à autre chose. S'il te plait arrête de faire ça. » Lui dit Harry en attrapant la tête de Dobby pour qu'il arrête de se faire mal.
« Alors Harry Potter a appelé un autre elfe qui n'était pas Dobby ? » Lui demanda Dobby. Il se débattait contre la prise de Harry, certainement pour se blesser davantage.
« Non, je ne l'ai pas fait, » Lui dit rapidement Harry en gardant sa prise sur l'elfe de maison. « Tu sais que je ne ferais rien de tel, n'est-ce pas ? » Lui demanda Harry en prenant l'avantage sur son petit ami.
Dobby s'arrêta presque immédiatement. « Bien sûr, Harry Potter, monsieur. Harry Potter est spécial pour Dobby, » Dit –il avec ses grands yeux ronds.
Harry fut touché par l'enthousiasme déclaration du petit elfe. « De toute façon, nous sommes venus te voir parce que… euh… Ginny voulait te donner quelque chose. » Continua-t-il en vérifiant que l'elfe de maison allait bien maintenant qu'il arrêtait de se débattre.
« Vraiment ? » Demanda Ginny. Elle avait tout l'air d'une biche sous la lumière d'un phare.
« Mademoiselle Ginny a quelque chose pour Dobby ? » Lui demanda Dobby avec excitation.
« Euh… oui… euh…j'ai… » Bégaya Ginny avant de venir s'agenouiller à côté de Harry sur le sol.
« Peux-tu me donner quelques minutes ? Je ne veux pas qu'il entende ce que je vais dire, » Lui dit Harry en se penchant pour murmurer à l'oreille de Ginny. Son acquiescement fut à peine remarquable.
« J'ai quelques petites choses pour toi, Dobby, » Lui dit Ginny en fouillant dans ses poches. Elle avait l'air légèrement désespéré.
« Je dois vous parler, » Dit-il doucement à Severus.
Le Maître des potions parut un peu surpris, mais acquiesça et les deux hommes s'éloignèrent suffisamment de Dobby pour qu'il n'entende pas ce qu'il allait dire, mais suffisamment près pour ne pas élever sa suspicion. Drago, Ron et Hermione les suivirent, un peu vexés d'avoir été exclus de la discussion.
« On lui a jeté un charme de mémoire, » Dit Harry sur un ton grave.
« Ce qui pose la question de qui et de pourquoi, » Ajouta Severus tout aussi grave.
« Et comment, » Dit Hermione. « Les elfes de maison ont leur propre magie et ils sont parfaitement capables de se protéger tout seul. »
« Dobby aura les réponses, » Répondit doucement Severus.
« Il est possible de briser un charme de mémoire, » Dit Drago en brisant le bref silence. « A quel point voulez-vous des réponses ? » Poursuivit-il en ignorant les regards sévères de Ginny, Ron et Hermione.
« Absolument, » Répondit Severus.
« Le seul moyen que je connaisse pour briser un charme de mémoire est de torturer jusqu'à ce que l'esprit se brise et je ne laisserai pas cela lui arriver, » Siffla Harry.
« On nous a envoyé un message pour nous attirer au Ministère et on a attaqué un elfe de maison. Accepteriez-vous de le faire si vous risquiez de compromettre la sécurité de tous les autres habitants du château ? » Lui demanda Severus.
Harry détourna le regard. Il ne pouvait pas répondre à la question, parce qu'en toute sincérité, il ne savait pas ce qu'il ferait. D'un côté, Severus avait raison, mais d'un autre, il ne pouvait pas faire ça à Dobby.
« En tout cas, » Continua Severus, « Il existe une méthode moins brutale pour briser les charmes de mémoire. La mémoire, est dissimulée par un charme qui laisse une signature très légère sur une personne ou dans ce cas, un elfe. Il est difficile de la détecter à moins de savoir ce que l'on cherche. Ca ne devrait pas être très difficile de trouver le souvenir dissimulé. Il est possible de l'isoler et d'exercer une force magique ou une pression jusqu'à ce que le charme cède, révélant le souvenir. Toutefois, il s'agit d'un travail très précis. »
« Que se passera-t-il si la pression exercée sur le charme était trop forte ou si le souvenir n'était pas isolé correctement ? » Lui demanda Hermione, l'inquiète se voyait sur son visage.
Severus fit une pause. « Comme je l'ai dit, il s'agit d'un travail précis et délicat, si on fait des erreurs, il y a des conséquences. »
« Quelles genres de conséquences ? » Lui demanda Hermione nerveusement.
« La folie, une lésion au cerveau permanente, peut-être même la mort, » Répondit Severus.
Ron siffla doucement. « Bon sang. N'y a-t-il pas d'autres moyens de soutirer cette information de Dobby ? » Demanda-t-il doucement.
« Je ne pense pas, » Severus secoua la tête.
« Avez-vous déjà isolé un souvenir de cette manière ? » Demanda Harry au Maître des potions.
« Une fois. » Répondit-il.
« Et que s'est-il passé ? » Le pressa Harry.
« Ma réussite a été….mitigée. »
« Mitigée ? »
« Le sujet avait été affreusement torturé et son esprit avait été affecté. Il était difficile de naviguer et bien que je sois parvenu à récupérer le souvenir effacé, je ne sais pas si je lui ai fait plus de mal. Au stade où il en était, je n'ai pas pu en être sûr. »
« Si son esprit n'avait pas été affecté, pensez-vous que vous auriez pu récupérer le souvenir sans le blesser davantage ? » Lui demanda Harry en jetant un œil vers Dobby qui discutait joyeusement avec Ginny. Il ne semblait pas conscient de leur conversation.
« Je le crois, » Répondit le Maître des potions après avoir pris son temps pour y réfléchir avec attention.
« Dobby est un elfe. Ca fera une différence, non ? » Le pressa Hermione.
« Ce sera différent, les elfes de maison ne pensent pas avec des termes et des concepts humains… »
Harry regarda son ancien professeur droit dans les yeux. « Pensez-vous pourvoir le faire sans blesser Dobby ? »
« Oui. » Répondit Severus avec confiance, et Harry n'avait pas d'autres choix que de le croire. Snape n'était pas le genre de personne à donner de faux espoirs. S'il pensait que la tache n'était pas dans ses cordes il l'aurait admis, même avec réticence, et aurait cherché une autre solution.
« Je n'en suis pas ravi, mais je ne vois pas d'autre moyen. S'il vous plait,soyez-prudent, professeur Snape, » Plaida Hermione.
Severus acquiesça puis leva sa baguette pour stupéfier Dobby alors qu'il venait d'accepter une paire de chaussettes venue des pieds de Ginny.
« Aouh ! Pourquoi avez-vous fait ça ? » Cria Ginny. Hermione l'attira plus loin pour lui expliquer.
« Nous devons briser le charme de mémoire placé sur Dobby. Ce sera moins douloureux pour lui s'il n'est pas conscient pendant que je le fais, » Expliqua Severus en s'asseyant à côté de l'elfe de maison. Même si Harry désirait ardemment se tenir aux côtés de Snape pour s'assurer que Dobby allait bien, il resta en arrière. Si Snape faisait une erreur parce qu'il était sur son chemin, il ne se le pardonnerait jamais.
Toutefois, Harry observa Snape de près alors qu'il fouillait dans l'esprit inconscient de Dobby. Avec les yeux fermés et sa baguette bougeant de temps en temps, Severus était l'image même de la concentration. Il était difficile de distinguer les différentes expressions du Maître des potions, mais pendant qu'il se concentrait, elle manquait de son habituel mépris. Maintenant que Harry y réfléchissait, il avait vu la même expression de concentration non corrompue, pendant les réunions de l'Ordre.
Et ce fut terminé. Severus ouvrit les yeux et baissa sa baguette. « Après que Monsieur Potter ait parlé à Dobby, il a été appelé. Quand il a répondu, plus rien, il est resté inconscient jusqu'à ce que Monsieur Potter le réveille. Il a dû être attaqué par derrière. Il n'a vu personne quand il a été appelé. »
« Est-ce qu'il ira bien ? » Demandèrent tous les autres en même temps.
« Je ne le saurai que lorsqu'il se réveillera. Je pense qu'il n'a rien, même s'il risque d'avoir une migraine pendant les trois ou quatre prochains jours, » Dit Severus en le levant et en dépoussièrant ses vêtements.
« Avez-vous reconnu la personne qui l'a appelé ? » Demanda Hermione au professeur.
« Je n'ai pas reconnu la voix du sorcier, ou de la sorcière, qui l'a appelé et je l'ai déjà mentionné, Dobby n'a pas vu qui l'a attaqué. »
« Si l'on est réaliste, de nombreuses personnes de cette école soutiennent Voldemort. Pour commencer la moitié des Serpentards ont de la famille qui le soutienne ouvertement, s'ils ne le servent pas. » Signala Drago.
« Peu de personnes prendrait le risque de s'attaquer à un elfe de maison. Le risque de se faire prendre est trop grand, » Ajouta Severus.
« Penses-tu que la personne qui ait fait cela, soit après Dobby ? Ce n'est un secret pour personne que Dobby est plus proche de Harry et de Albus que les autres elfes. »
« Je ne peux pas en être sûr. Si l'on place ce qui est arrivé à Dobby au milieu d'événements suspicieux, on peut douter qu'éliminer Dobby soit leur seul objectif. Toutefois, comme tu l'as dit, le fait qu'il apprécie grandement le directeur et Monsieur Potter n'est un secret pour personne. En tant que tel, se débarrasser de lui peut être l'un des objectifs. »
Les autres paraissaient affligés.
« D'un autre côté, Dobby aurait pu être victime des circonstances, » Ajouta Severus.
« Tu n'y crois pas, si ? » Lui demanda Ron, douteux.
Son aîné répondit après un temps. « Non. »
« Moi non plus, » Ajouta Harry.
« Nous n'avons pas à trop nous inquiéter pour Dobby. Il peut prendre soin de lui. Quand il se réveillera, préviens-le. Dis-lui qu'il se passe quelque chose et qu'il doit être sur la défensive jusqu'à ce qu'on connaisse le fin mot de cette histoire. Il saura quoi faire. Il a survécu en étant au service des Malfoy après tout et ce n'est pas une tache facile. Ma famille a gardé toutes sortes de choses malveillantes et peu communes dans la maison et je n'étais moi-même pas gentil avec lui. Maintenant que j'y pense, nous avons perdu quelques elfes, mais Dobby était très doué à éviter tous les pièges que mon père installait dans la maison. Il peut paraître maladroit, mais il est en fait très doué. » Suggéra Drago.
« Nous devrions dire aux autres personnes travaillant à l'école que Dobby a été attaqué et leur demander de garder un œil sur lui. Nous pourrons tout expliquer aux membres de l'Ordre plus tard, mais nous pouvons dire à tous les autres qu'il a été attaqué par une personne qui n'aime pas les elfes de maison. Ce qui est le cas de nombreuses personnes par ici, » Ajouta Ron.
« C'est ce que je dis depuis le début, » Commença Hermione, les yeux brillants. « Si nous informions les gens que -»
« S'il te plait, ne commence pas avec la SALE, mon cœur, » Grogna Ron.
« C'est tout ce que nous pouvons faire pour le moment, » Dit Severus surpris que Ron soit d'accord avec lui. « Nous avons laissé les Aurors interroger les mangemorts et autres partisans du Seigneur Noir restés coincés à l'intérieur du Ministère. Comme ils étaient nombreux, il est possible qu'il leur faille un certain temps pour mener à bien leur mission. J'imagine que d'ici demain, ils auront des informations à partager avec nous, » Dit Severus en se tournant pour partir.
« Pendant la guerre des élèves ont-ils attaqué d'autres élèves, ou des créatures vivant dans l'école ? Je sais que Voldemort a recruté des élèves, mais je ne sais pas comment il les utilisait, » Demanda soudainement Harry.
« Voldemort utilisait les élèves recrutés comme espions. Il avait besoin d'espions pour savoir ce qu'il se passait dans l'école. Il utilisait Severus pour découvrir ce qu'Albus et les autres professeurs faisaient. Il utilisait les élèves recrutés pour en recruter d'autres ou pour savoir ce qu'il se passait au niveau des élèves. Il n'aurait pas risqué que ses élèves attaquent directement quiconque ou quoi que ce soit. S'ils étaient attrapés, il aurait été trop facile de leur soutirer des informations. Les élèves sont trop jeunes pour apprendre correctement l'art de l'Occlumencie pour qu'ils gardent les intrus hors de leur esprit, et ils sont trop jeunes pour protéger ses secrets si on les menace d'utiliser des méthodes plus violentes, et douloureuses, pour les interroger, » Répondit Drago.
Hermione regarda Harry. « Tu ne le savais vraiment pas, si? » Lui demanda-t-elle d'une voix douce.
« Non. Il était trop dangereux pour moi de revenir ici, alors j'ai perdu tout contact avec ce qu'il se passait ici. » Répondit rapidement Harry. « S'il n'y a rien d'autre à faire, j'emmène Dobby à l'infirmerie. Pompom prendra soin de lui. »
« Dumbledore ne nous a rien dit de tout cela. Il nous a dit que tu devais t'entraîner davantage et qu'il voulait être sûr que tu sois prêt quand tu devrais affronter Voldemort, » Dit Ginny doucement. « Pourquoi était-il dangereux que tu restes avec nous ? Tu as été avec nous jusque là. »
L'été qui avait suivi sa cinquième année avait été une période particulièrement difficile pour lui. Il avait été séparé de ses seuls amis et placé au bon soin d'un groupe d'instructeurs d'élite pour qu'il commence un entraînement intensif. Il lui avait fallut du temps pour s'adapter à l'environnement dans lequel il se trouvait. Il ne se rappelait pas presque rien des premiers mois en dehors du fait qu'il ressentait un sentiment de colère et de vide.
« Tu évites la question, » Grogna Ron. « Je veux te parler de cela depuis un moment maintenant. »
« Parler, hein ? » Lui demanda Harry avec doute. Ron n'avait jamais été le genre à « parler » avec qui que ce soit quand il était en colère.
« Je suis malade d'avoir à le répéter encore et encore. Je ne dois d'explication à personne. Je ne suis pas un enfant, » Dit-il catégoriquement. Il sentait son tempérament s'embraser.
« Quand tu commences à blesser les gens qui t'entourent, alors tu dois t'expliquer. Je ne pense pas que tu te rendes compte à quel point tu as bouleversé Hermione et Ginny. Elles ont pleuré pendant des mois. Même Dobby disparaissait de temps en temps pour te chercher et ça a duré des semaines, » Cria Ron avec colère.
Harry renifla et voulut partir, mais Ron l'attrapa et lui donna un coup de poing dans la mâchoire, le faisant s'écraser sur le sol.
« Ron ! » S'écrièrent Hermione et Ginny.
Personne ne s'interféra entre eux, mais Severus sortit sa baguette et fit léviter Dobby pour qu'il ne soit pas sur leur chemin.
« Sans parler de ce que j'ai ressenti. Il aurait été moins douloureux de perdre un membre ! Tu es parti sans un mot, comme si tout ce que nous avions vécu ensemble n'avait pas d'importance ! Tu as vécu une autre vie pendant que nous nous demandions si tu étais encore vivant. Tu parles comme si tu étais seul pendant les dernières années de guerre, mais tu n'as jamais été seul. Nous étions toujours avec toi, même si nous ne pouvions pas être à tes côtés, espèce d'idiot ! » Ron plongea à nouveau sur Harry, mais Harry attrapa ses mains et le poussa.
Harry frotta sa mâchoire. Il remarqua, légèrement inquiet, que sa mâchoire cliquetait dès qu'il ouvrait et fermait la bouche. Il espérait que ça ne soit pas permanent.
« Je suis vraiment fatigué de devoir m'excuser de tout ce qu'il s'est passé. Oui, j'ai vécu une autre vie, et oui, j'ai gardé le secret, je ne vous en ai pas parlé. Mais pour être complètement honnête, je ne voulais plus rien avoir à faire avec cet endroit, vous y compris ! »
Hermione et Ginny eurent le souffle coupé et Ron serra le poing.
« Voldemort et ses mangemorts ont fait tout ce qui étaient en leur pouvoir pour me tuer, et faire en sorte que cette putain de prophétie soient en faveur de Voldemort. 'Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit' » Cracha Harry. « Voldemort ne peut pas avancer tant qu'il ne m'a pas tué, et la réciproque est vrai. Et personne n'a plus d'intérêt que moi à ce que Voldemort meure Mais ils ont découvert- que pour une raison quelconque, qui pourrait bien être grâce une chance folle- que je n'étais pas aussi facile à trouver et à tuer qu'ils le pensaient, alors ils ont commencé à tuer les gens qui m'entouraient. Il ne s'agissait pas seulement de mes amis ; ils tuaient toute personne qu'ils suspectaient être associée avec moi. Dumbledore m'avait promis de vous protéger et j'ai demandé à quelques amis de garder un œil sur vous- juste pour être sûr. »
« Albus nous avait presque attachés à l'école et à la maison pendant une grande période. Quand nous avons terminé l'école, Albus refusait de nous laisser sortir, n'importe où, si nous n'étions pas accompagnés. J'ai pensé que c'était parce que nous étions trop jeunes, mais maintenant… » Pensa Hermione à voix haute.
« Je ne peux pas dire que j'étais plus en danger que les autres. Tous ceux qui faisait parti de cette guerre risquaient leur vie. Il s'est passé tant de chose. Les gens changent si la situation l'exige. J'ai changé. Je ne l'ai réalisé que lorsque je me suis regardé dans le miroir un jour et que je n'ai pas reconnu la personne qui me rendait mon regard. »
Harry soupira. « Je ne me sentais même plus humain à la fin de la guerre, » Murmura–t-il si doucement que les autres durent tendre l'oreille pour l'entendre.
Harry passa ses mains dans ses cheveux de frustration.
« Voldemort m'a donné certain de ces pouvoirs la première fois qu'il a essayé de me tuer. Au début, je n'en ai rien pensé… mais plus j'apprenais et plus je commençais à le voir en moi, dans les choses que je faisais et dans la personne que j'étais en train de devenir. A la fin de la guerre, je jure que je pouvais le sentir vivre à l'intérieur de moi. »
« Il est le mal jusqu'à la racine. Tu n'es absolument pas comme ça. » Insista Ginny farouchement.
« C'est ce que tu penses, hein ? » Lui demanda Harry. Sa voix ne contenait aucune trace de chaleur ou de sentiment. « Sais-tu ce que j'ai fait à Voldemort lors de la dernière bataille ? Je lui ai jeté un sort pour qu'il soit détruit de l'intérieur. Il a été mangé de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Eh bien, normalement il n'aurait rien dû rester. Je suis même resté là et j'ai regardé jusqu'à ce que le dernier morceau disparaisse. C'était violent. Affreusement brutal mais vous savez quoi ? Je n'ai rien ressenti. Pas un sentiment. En fait, je me souviens avoir pensé que nous étions vraiment semblables parce que s'il avait développé le même sort, j'aurais pu le voir l'utiliser sur moi et me regarder mourir, comme je l'ai fait avec lui. »
Ron, Hermione et Ginny parurent interloqués alors que les deux Serpentard avaient l'air impassible. Il ne s'attendait pas à les voir surpris. Il en fallait beaucoup pour choquer une personne qui avait été mangemort auprès de Voldemort.
« Après la mort de Voldemort, enfin, après ce que j'ai pensé être sa mort, je n'ai pas pu rester là. Je ne voulais plus voir une autre sorcière, un autre sorcier ou objet magique aussi longtemps que je vivais. Je suis donc parti à Londres. Le Londres Moldu. Après un certain temps, j'ai remarqué que le Voldemort qui était à l'intérieur de moi commençait à disparaître. J'ai arrêté de le voir quand je me regardais dans un miroir. J'étais libre de tout cela, mais maintenant il est de retour. Je peux le sentir.
« Merde ! Si Voldemort ne m'avait pas donné ce foutu mal de tête le jour où il est revenu, personne n'aurait jamais su que j'étais revenu. Je n'étais revenu que pour une année. Juste un an et j'aurais été capable d'avancer. »
Harry souleva prudemment Dobby et se dirigea vers la porte.
« Alors vous voyez, il vaut mieux que vous restiez loin de moi. Je ne sais pas ce qu'il va se passer. » Dit-il. Il s'arrêta devant Severus qui lui bloquait le chemin.
Les deux sorciers se regardèrent en silence en un combat de volonté. « Avant de vous laisser partir, j'ai une question. Lors de votre cinquième année, le Seigneur Noir a essayé d'acquérir la seule copie de la prophétie qu'il existait. Dumbledore a rapporté à l'Ordre les paroles de la prophétie. D'après ce dont je me souviens, la seule copie de la prophétie a été perdue avant que le Seigneur Noir ne puisse l'apprendre. Comment a-t-il appris ce qui était prédit par la prophétie ? »
Harry se débattit : devait-il ou non mentir à son ancien professeur. Alors que le monde semblait prêt à plonger dans une autre guerre, il n'y avait rien à gagner en ne l'avouant pas à l'Ordre.
« Je lui ai dit, » Dit-il finalement. « Maintenant laissez-moi passer. »
« Harry, pourquoi ? » Lui demanda Ginny avec incrédulité.
« Ca n'a pas d'importance, » Dit-il en frôlant Severus en passant devant lui pour quitter la salle.
Les autres se regardèrent incapable de parler pendant plusieurs minutes.
« Si l'on considère tout ce qu'il s'est passé, je n'ai pas d'objection à la méthode qu'a choisi d'utiliser Monsieur Potter pour dans sa dernière tentative de se débarrasser du Seigneur Noir. En fait, je suis déçu de ne pas avoir eu l'opportunité de le voir moi-même. » Dit finalement Severus en brisant le silence tendu.
« Moi aussi, » Acquiesça Drago. « Par contre je suis inquiet de ce qu'il a dit à Voldemort. »
« Moi aussi. Nous devons découvrir quelles autres informations il a donné au Seigneur Noir, » Dit Severus.
La créature de l'ombre se courba révérencieusement devant les pieds de son maître.
« Qu'as-tu as me rapporter ? » Lui demanda Voldemort en demandant à la créature de se rapprocher. « Potter a-t-il mordu à l'hameçon ? »
« Il l'a fait, maître. Il est arrivé comme vous l'aviez dit, mais il a apporté les traîtres avec lui, Snape et Malfoy, » Lui rapporta la créature de l'ombre en gardant la tête basse tout en s'avançant.
« Je ne m'attendais pas à cela, » Remarqua le Seigneur Noir. « Et comment s'est–il débrouillé ? »
« Il lui a fallu plus de quatre vingt dix minutes pour libérer les otages. Plus de deux tiers de nos forces ont été immobilisés et deux ont été tués dont Bellatrix Lestrange, maître, l'autre est l'un des initiés. »
« Bellatrix était une idiote mais elle était loyale. Je suppose que je lui dois cela. As-tu été vu ? »
« Non, mon Seigneur. Je me suis déplacé dans les ombres et parmi les portraits. J'étais invisible à leurs yeux. »
« Que sont devenus Messieurs Potter, Snape et Malfoy ? »
« Potter, Snape et Malfoy ont reçu des blessures légères et les otages n'ont presque rien eu. »
« Et les documents que j'ai demandés ? »
« Ici, mon Seigneur, » Répondit la créature de l'ombre en tendant les documents à son maître.
« Merci, mon petit, » Siffla Voldemort à la créature qui était à ses pieds. « Tu as bien servi ton maître. Je te rappellerai quand tu me seras à nouveau utile. »
La créature de l'ombre garda la tête baissée en sortant.
« Pardonnez-moi mon Seigneur, mais je ne vois pas le but de l'exercice de ce matin au Ministère, » Lui dit timidement l'un des sorciers les plus âgés. Le Seigneur Noir surveillait la préparation d'une potion expérimentale quand la créature de l'ombre l'avait interrompu et il ne voulait pas arrêter la préparation et gâcher la potion. « Euh, pardonnez-moi mon Seigneur. Ce n'est pas ma place de vous interroger, » Bégaya nerveusement le mangemort. Il se demandait quelle idiotie l'avait poussé à poser la question.
« Tu as raison. Ce n'est pas ta place de m'interroger, et si tu n'étais pas un tel fou, tu n'aurais pas besoin de poser une telle question, » Lui dit Voldemort en sortant sa baguette.
« Crucio, » Murmura-t-il en regardant avec satisfaction le mangemort se tortiller et crier sous l'effet du sort.
« Potter est joyeusement prévisible. S'il croit que quelqu'un est en danger, il ne peut s'empêcher de se porter à son secours. Lui et moi avons été… séparés… de nombreuses années. J'ai crée une situation où il ne pourrait s'empêcher de répondre, ainsi, j'ai pu évaluer ses facultés. Et j'ai demandé à l'un des nôtres qui se trouve dans l'école de faire en sorte qu'il ne puisse pas appeler les autres, mais j'ai noté que Snape et Malfoy l'avaient aidé. Mais il est tout de même facile de voir qu'il s'est affaibli pendant mon absence. J'ai rempli le bâtiment avec des sorcières et sorciers de troisième rang, des novices et des candidats qui désirent entrer dans le cercle de mes partisans. Il n'aurait pas dû avoir tant de difficulté à libérer les otages, comme ce fut le cas. »
Le mangemort courba la tête aux pieds du directeur, touchant de sa tête le sol devant lui. « Non, mon Seigneur. »
« J'ai aussi laissé une poignée de mangemorts dans le bâtiment, des gens qu'il serait capable de reconnaître pour qu'il sache qui a organisé le petit exercice de ce matin. Je ne veux pas qu'il pense que j'ai arrêté de penser à lui, que je le néglige. »
« Non mon Seigneur, » Répéta le mangemort.
« Lève-toi, je ne veux pas que tu ruines ma potion, » Claqua Voldemort à la silhouette obséquieuse.
« Oui, mon Seigneur. Bien sûr. » Marmonna le mangemort. Il se remit debout et tourna la potion.
« Mon Seigneur, » Annonça un mangemort dans l'encadrement de la porte. « J'ai préparé le sujet. Il est prêt à tester la potion. »
« Vas-y et sois certain de prendre les résultats correctement. » Ordonna le Seigneur Noir au mangemort qui tremblait encore et faisait de son mieux pour tourner. »
« Oui, mon Seigneur, » Il courba la tête puis prit le gros chaudron et sortit pratiquement en courant avec un autre mangemort sur ses talons.
« Je dois admettre que tu as certains pouvoirs, Potter. Mais ça ne me surprend pas vraiment. Tu as pris certains des miens quand tu étais encore un enfant, » Réfléchit le Seigneur Noir à voix haute en feuilletant les documents jusqu'à ce qu'il trouve celui qu'il cherchait. « C'est ce que je pensais, » Dit-il, content de sa découverte.
Plusieurs lits de l'infirmerie étaient occupés par des élèves quand Harry arriva avec Dobby.
Incapable d'expliquer ce qu'il s'était passé un peu plus tôt de peur d'être entendu, Harry tendit simplement Dobby à l'infirmière en lui laissant des instructions sur ce qu'il s'était passé et pour sa protection. Elle acquiesça d'un air grave et installa Dobby confortablement dans un lit pendant qu'Harry sortit de l'infirmerie et se dirigeait vers ses quartiers.
Plusieurs piles de copies, qu'il avait donné aux élèves pour leur révision, l'attendaient sur son bureau quand il arriva. Il les avait laissés le matin avec l'intention de les terminer après ses cours de la journée, mais il les ignora et se dirigea directement vers le bar où il rangeait ses alcools. La plupart des bouteilles contenaient l'alcool moldu préféré de Greg, mais il avait ajouté plusieurs bouteilles de firewhisky et autres boissons sorcières alcoolisées qu'il avait acquis quelques mois plus tôt quand il avait commencé à se sentir plus à l'aise avec le monde sorcier. Il sortit plusieurs bouteilles, sortit une vieille boite à chaussures de son armoire et s'installa par terre dans le salon, la boite entre les jambes.
Quand il était parti vivre dans le monde moldu, il avait rangé les photos qu'il avait de sa famille et de ses amis dans une vieille boite à chaussures et l'avait cachée. Hagrid lui avait fait un album de sa mère et de son père quand il était en première année, il l'avait réduit et mis dans la boite. Pendant tout le temps où il avait été loin du monde sorcier, il ne les avait jamais regardées. L'idée avait toujours été trop douloureuse.
Quand Greg était venu vivre avec lui, il avait été très prudent et les avait rangées de manière à ce qu'il ne les voit pas. Mais Greg avait un certain talent pour trouver des choses qui étaient censés être caché, et à la fin, Harry avait utilisé une méthode magique pour être sûr qu'elle reste cachée.
Sa rencontre avec Bellatrix et sa dispute avec Ron lui avaient rappelé à quel point tout le monde lui manquait et à quel point sa mère, son père et Sirius lui manquaient encore. A regarder ses vieilles photos, il avait presque l'impression d'être avec eux même s'ils n'étaient plus là.
Ce fut plus tard, qu'on frappa à la porte de chez lui. Il regarda sa montre et fut surpris de voir qu'il était déjà tard dans la soirée. Il était rare qu'on vienne le déranger à une telle heure. Il se dirigea vers la porte avec maladresse et se souvint de ce qui était arrivé à Dobby, il sortit sa baguette, déverrouilla la porte et jeter un œil. Drago se tenait de l'autre côté.
« Détends-toi, ce n'est que moi, » Dit Drago en remarquant la prudence de Harry. « Est-ce que l'offre de me laisser pioncer sur le canapé est toujours ouverte ? » Lui demanda Drago, un peu penaud.
« Oui, bien sûr. Je ne pensais pas que Ginny te mettrait dehors. Elle ne semblait pas trop en colère quand je l'ai vue. » Répondit Harry en rangeant la baguette et en ouvrant la porte.
« Merci. Ginny a l'idée que selon ce que je fais, les gens que je rencontre, qu'ils soient mes propres espions ou mes contacts, le genre d'amis avec lesquels je sors qu'un jour je vais faire quelque chose de stupide et me faire tuer. Elle pense que si elle est avec moi, elle sera capable de garder un œil sur moi pour que ça n'arrive pas. Elle se met en colère dès que je sors sans elle. Elle a peur que je ne revienne pas. »
« Elle a raison. Maintenant qu'on a découvert que tu avais trahi Voldemort, de nombreuses personnes aimeraient te voir mort, » Pensa Harry à voix haute. « Mais j'imagine qu'il y a des moments où tu dois la laisser derrière. Elle comprend cela, non ? » Lui demanda Harry en se dirigeant vers le salon.
« Oui et non. Elle comprend mais elle est quand même en colère quand ça arrive. Comme aujourd'hui. »
« Ah, ça lui ressemble bien, » Acquiesça Harry d'un air entendu. Il laissa Drago fermer la porte.
« Euh, tu dois soudainement avoir oublié comment coordonner ton pied gauche et ton pied droit, ou tu as bu, sans moi, » Dit Drago en reniflant l'air et en regardant Harry se déplacer avec maladresse.
« Je pense qu'en fait c'est un peu des deux, » Admit Harry en regardant la bouteille presque vide de firewhisky sur le sol à côté des photos. Il se tourna vers Drago qui regardait les photos éparpillées sur le sol. Il avait l'air à la fois mélancolique et presque en colère.
« Tu as peut-être commencé sans moi, mais je suis sûr de pouvoir te rattraper. Regarde, je t'ai apporté un cadeau, » Lui dit Drago avec un sourire, en lui tendant deux petites bouteilles de scotchs qu'il agrandit pour les offrir à Harry.
Harry les posa sur la table à café, à côté de l'autre bouteille de firewhisly. Une petite voix lui rappela que c'était une nuit de semaine, qu'il avait des cours le lendemain et qu'il ne pourrait pas les assurer avec la gueule de bois. Il était difficile d'écouter la voix avec la boite à chaussures pleine de souvenirs et trois bouteilles d'alcool le regardant.
Drago se mit par terre et prit l'une des photos. « Ginny m'a montré quelques photos de ta maman et de ton papa, mais c'étaient de vieilles photos de classe qu'elle et Hermione avaient trouvées dans de vieux livres scolaires. Elles ne leur rendaient pas justice. Ta maman était vraiment très belle et ton papa, je ne savais pas que tu lui ressemblais autant. » Dit-il doucement.
« Je sais, » Répondit tristement Harry. « Parfois il est un peu trop difficile de se regarder dans un miroir. »
« Je suis moi aussi le portrait craché de mon père, sauf que lui avait les cheveux longs. Je garde délibérément les miens courts. Tu sais quel monstre était mon père. Mes raisons sont un peu différentes des tiennes mais j'ai moi aussi parfois des difficultés à me regarder dans un miroir. Ginny dit que mes problèmes se résoudront si je teignais mes cheveux en rouges. Alors je ne ressemblerais plus du tout à mon père. Peut-être devrais-tu faire de même. » Suggéra Drago sur un ton léger.
Harry renifla. « Baisse la tête, » Ordonna-t-il à son ami. Il leva sa baguette. « Accio deux verres à alcool. »
Deux verres passèrent au-dessus de la tête de Drago et arrivèrent dans les mains tendues de Harry.
« Tu aurais pu me frapper la tête ! »
« Ta tête est en sécurité, » Lui dit Harry d'un air dédaigneux. « Maintenant que veux-tu boire ? »
« Tout ce que tu as ira, » Répondit Drago en regardant une autre photo.
Harry vida le reste de la bouteille de firewhisky dans deux verres et en tendit un à son ami. On frappa à la porte et Harry fut interrompu pour la deuxième fois en dix minutes.
« Tu es populaire ce soir, » Lui dit Drago en sirotant son propre verre, une photo dans la main.
Harry posa son verre et se dirigea vers la porte. Il leva sa baguette et ouvrit la porte avec prudence.
« Salut, » Dit Ron en balançant son poids d'un pied à l'autre. Il avait l'air extrêmement mal à l'aise et rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. « Je…euh…étais…euh… J'ai retrouvé mon ancien échiquier, celui que nous utilisions à l'école et j'ai pensé,…et bien… est-ce qu'une partie te plairait ? » Bégaya Ron nerveusement en lui tendant le jeu d'échec qui avait l'air d'être resté dans un débarras plusieurs années.
« Euh… ouais. Entre, » Lui dit Harry, surprit. Il lui fallut un moment pour s'en remettre et se souvenir de laisser Ron entrer. Un jeu d'échec était la dernière chose dont il avait envie, mais il mourrait avant de refuser la proposition de paix de Ron.
« Ecoute, Harry. Je suis….Je suis… » Bégaya Ron.
« Je n'ai pas besoin de l'entendre, » Dit Harry sur un ton dédaigneux. Et il le pensait vraiment. Lui et Ron avaient un lien qui allait au-delà de ces batailles et de ces chamailleries.
« Mais j'ai besoin de le dire. Je suis désolé -»
« Je comprends, » Lui dit Harry doucement.
Ron tendit la main à Harry qui la serra. Un poids s'allégea sur ses épaules. Lui et Ron s'étaient réconciliés. Maintenant si tout pouvait se résoudre aussi facilement.
« Que fais-tu ici ? Est-ce que Ginny t'a à nouveau mis dehors ? » Demanda Ron à Drago en s'asseyant par terre.
« Ouaipe, » Soupira Drago.
« Est-ce que j'interromps quelque chose Harry ? » Lui demanda Ron en regardant les photos éparpillées sur le sol.
« Non, pas vraiment, » Soupira Harry en prenant un autre verre dans la cuisine pour l'emmener dans le salon. Ils l'avaient interrompu, mais ce n'était pas grave. Ca lui faisait du bien de pouvoir parler de sa famille.
« Que prends-tu ? » Demanda Harry à Ron en lui désignant les bouteilles sur la table.
« N'importe, » Répondit-il. « Bon sang, nous étions jeunes ! » S'exclama-t-il en prenant une photo de lui, Harry et Hermione au cours de leur deuxième année.
« Eh bien, vous aviez douze ans, » Leur signala Drago en s'amusant à frapper gentiment son beau-frère.
« Tu sais, on nous a dit que Bellatrix était morte au Ministère aujourd'hui, » Dit Ron en prenant une photo que Hermione avait prise de lui, Harry et Sirius pendant le Noël de leur cinquième année. Ils étaient tous trop occupés à s'emmêler avec les guirlandes pour faire attention à l'appareil photo.
Harry regarda Drago. Il se demandait ce que lui et Severus avaient vu de son duel et ce qu'ils avaient dit aux autres. Il tendit à Ron un verre de scotch et s'installa à nouveau sur le sol.
« Ouais, » Dit-il en buvant une gorgée.
« Bien, » Dit simplement Ron. « Comment est-ce arrivé ? »
Harry tourna son verre dans sa main. « Nous nous battions. Je lui ai envoyé un sort et elle est tombée contre un meuble cassé. »
« Et quoi ? S'est-elle fait une vilaine bosse sur la tête ? » Lui demanda Ron avec attente.
« Non. Elle est tombée sur le meuble et, et bien, elle s'est empalée, » Expliqua Harry.
Ron écarquilla les yeux de surprise. « Ce ne serait pas arrivé à une plus gentille…sorcière. Elle le méritait pour ce qu'elle lui a fait, » Dit Ron en regardant la photo de Sirius.
Harry ne dit rien.
« Hé, à propos de ce que tu as dit, que tu avais l'impression de ressembler à Voldemort -» Commença Ron.
« Je ne veux pas en parler. En fait, je ne sais pas pourquoi j'en ai parlé tout à l'heure. Je ne veux même pas y penser. » Insista Harry avec véhémence.
« Très bien, » Acquiesça Ron. « Mais si tu veux, tu sais, parler, ça m'est égal, » Lui proposa-t-il.
« Merci, » Murmura Harry.
Un silence tendu tomba sur le groupe.
« Je viens de me rendre compte que tu nous a regardés Drago et moi boire effroyablement -» Commença Ron.
« Plusieurs fois, » Ajouta Drago gentiment.
« Mais nous ne t'avons en fait jamais vu soûl, » Termina Ron en regardant Drago.
« C'est vrai. Je ne t'ai jamais vu soûl devant qui que ce soit, » Confirma Drago.
« Eh bien. Je gardais un gros secret. Je ne me serais pas embêté à me déguiser si j'allais simplement me soûler et dire à la première personne venue qui j'étais vraiment. » Leur dit Harry.
« Bon point, » Lui concéda Ron.
« Il n'y a rien à voir de toute façon. Je ne suis pas très intéressant soûl. Je n'ai pas de problème sexuel à raconter, » Dit Harry en regardant Drago d'un air entendu.
« Oui, eh bien, si j'avais pensé avec lucidité, je ne t'aurais rien dit, mais il y a une raison pour laquelle on appelle ça des 'babillages d'ivrognes » Lui signala Drago. Il vida son verre et se resservit.
« Attends un peu, tu n'es pas l'une de ces personnes qui flirtent quand elles ont trop bu, hein ? » Lui demanda Ron soudainement. « Ce que je veux dire, c'est que comme tu es gay et que nous sommes des hommes et … »
Drago s'étouffa.
« Ca te dérange vraiment, hein ? » Lui demanda Harry avec malice.
« Non, non, pas du tout. Je me demande juste si nous devons mettre des meubles entre toi et nous ou non, » Dit Ron rapidement.
Drago riait encore et il fallut tout son contrôle pour ne pas faire de même. Il savait que Ron n'avait pas de problème avec son choix de vie, mais il ne put s'empêcher de faire passer un mauvais quart d'heure à son ami.
« Ah, mais tu vois l'image, » Drago dit à Ron entre deux éclats de rire. « Franchement qui pourrait vouloir dire que Harry Potter leur a fait du rentre dedans ? »
Harry regarda Drago avec un air menaçant. « Je travaille encore pour savoir pourquoi tous les hommes hétéro, pensent qu'ils sont irrésistibles aux yeux des hommes gays. L'important n'est pas qui ils sont, ils ont l'air de penser que s'il y a des hommes gays dans la pièce, ils y laisseront leurs vertus, ou autres choses. Ne t'inquiète pas, Ron, ton corps est en sécurité avec moi, » Dit-il. Drago rit plus fort encore. Harry retourna à sa boisson. Ca allait être une nuit intéressante.
