Un grand merci à ma correctrice AnthaRosa pour avoir corrigé ce chapitre.
Chapitre 18
« Je ne boirai jamais plus, » Gémit Harry en tenant sa tête entre ses mains. Il espérait arrêter le martèlement de la migraine contre son crâne.
« Moi non plus, » Grogna Drago tout aussi douloureusement. « Non, attends. Je crois que c'est ce que j'ai dit la semaine dernière. »
« Que- Quesepasset-il? Quelqu'un a éteint la lumière, hein ? » Se plaignit Ron d'une voix grave.
« Chhhut! » Lui demanda Drago. « Pas la peine de hurler! »
Harry fut soulagé de découvrir qu'ils s'étaient soûlés la nuit dernière. Ca expliquait beaucoup de chose : la raison pour laquelle il avait une horde d'hippogriffes sauvages cognant contre sa tête, pourquoi il s'était endormi sur Ron et Drago et pourquoi ils s'étaient tous les trois réveillés sans chemise. Trois bouteilles de liqueur vides trônaient sur la table et une gisait aux pieds de Drago. Elles étaient probablement responsables de leur état.
« J'ai des potions dans la cuisine, » Marmonna Harry en se levant après plusieurs tentatives maladroites.
« Doux soulagement, » Soupira Drago en s'appuyant sur Ron pour s'allonger ce qui réduisit à néant les tentatives désordonnées de Ron pour se lever.
Harry faisait toujours en sorte d'avoir des potions dans des endroits stratégiques, tels que les placards de la cuisine ou les tiroirs de la salle de bain, pour les urgences, comme celle de ce matin.
Il prit des potions pour qu'il y en ait suffisamment pour eux trois et rejoignit les autres sur la table de la cuisine.
« Vous allez devoir partir sans eau. Je n'ai pas envie de chercher des verres et de vous servir des boissons. En fait, je n'ai rien envie que d'une chose : m'effondrer ici. » Dit Harry en se laissant presque tomber sur une chaise autour de la table.
« Je peux vivre sans eau. Par contre, je ne suis pas sûr que j'aurai pu survivre sans ces potions. » Dit Ron. Il accepta les deux fioles que lui tendait Harry et les avala.
« Potions! » S'écria Drago avec révérence, s'arrêtant à peine pour respirer entre les deux potions.
« Nous devons être à table pour le petit déjeuner dans vingt minutes. » Grognant Harry en avala ses potions. Il posa ses flacons vides à côté de ceux de Ron et de Drago, au milieu de la table. « Les potions devraient avoir fait leur effet d'ici là, » Continua-t-il en posant sa tête sur la table.
« Je l'espère, » Dit Drago en suivant l'exemple de Harry. Il laissa tomber sa tête sur la table. « Si nous sommes en retard, Ginny et Hermione viendront nous chercher et je ne veux pas devoir leur expliquer ça. »
« En parlant de choses à expliquer, si l'un d'entre vous se souvient de la raison pour laquelle nous nous sommes réveillé à moitié nu, je ne veux pas le savoir. » Dit Ron en glissant hors de son siège pour se mettre à l'aise sur le sol.
Harry et Drago sourirent. Ils pourraient beaucoup s'amuser avec cela.
OoOoo
Kingsley Shacklebolt était en train de discuter avec Hermione et Severus quand Harry arriva à la table du petit déjeuner.
« As-tu une minute ? » Demanda-t-il à Harry.
« Bien sûr, » Répondit Harry en suivant Kingsley hors de la Grande Salle. Ils entrèrent dans une salle vide.
L'Auror verrouilla la salle derrière lui et jeta un sort d'insonorisation. « J'ai pensé que tu devrais lire ça sans oreilles innocentes pour t'entendre jurer, » Lui dit Kingsley en lui tendant la Gazette du Sorcier. Il s'assit sur l'une des chaises des élèves.
« Je n'y crois pas, » Marmonna Harry en lisant la première page.
« Ce n'est pas très flatteur, n'est-ce pas? » Lui demanda Kingsley sur le ton de la conversation.
« Tu peux le dire, » Répondit Harry en relisant l'article. Il était écrit qu'il était un sorcier fini et que puisque l'attention qu'il recevait plus jeune lui manquait, il s'était arrangé pour que le Ministère soit attaqué. Il avait ainsi pu organiser une opération de secours et apprécier l'attention du Ministère. Le Ministre Fudge avait apporté son soutien au journaliste, lui permettant même de le citer : il reprochait à Harry son attitude honteuse.
Incapable de lire un autre mot, il jeta le journal. « Cet homme est le plus grand idiot que j'ai jamais rencontré ! Comment a-t-il pu savoir ce qu'il s'est passé hier ? D'après ce qu'on m'a dit il n'a presque rien vu. Il a couru contre un mur et s'est assommé avant qu'il ne se passe quoi que ce soit. »
« J'ai parlé avec Severus ce matin. Personne ne traiterait une attaque contre le Ministère aussi légèrement. Des otages auraient raconté cette histoire au journal dès leur libération, et ça aurait alerté l'opinion publique sur une potentielle menace contre le monde sorcier. On aurait appelé les Aurors afin qu'ils enquêtent et les Ministères de par le monde se seraient méfiés. Nous aurions silencieusement préparé une guerre contre ceux qui veulent renverser le Ministère. Voldemort ne voudra pas qu'on se prépare contre une guerre alors qu'il n'est pas prêt. Je ne pense pas que ce soit le cas pour l'instant. Il continue son travail de terrain, comme nous, alors cette histoire est probablement la seule qui pouvait courir expliquant l'attaque apparente contre le Ministère et la faire apparaître moins suspicieuse.
« Cette histoire est vraiment tirée par les cheveux, comment cette version expliquerait-elle quoi que ce soit? » S'écria Harry.
« Ca n'explique rien, mais elle générera un tel débat dans la communauté que l'attaque contre le Ministère ne sera pas traitée avec la minutie qu'elle mérite. Tu sais mieux que quiconque que tu es très populaire dans certaines couches de la société- et tu es très médiatique. Ils essaieront de mettre autant de distance qu'ils le peuvent avec cet article. »
« Snape a dit que l'attaque d'hier ne ressemble pas au style de Voldemort. Il n'agit pas ainsi. Je n'aurais jamais pensé le dire, mais je suis d'accord avec lui. Attaquer le Ministère était une façon très élaborée de sortir des dossiers du bâtiment. » Dit Harry dubitativement.
« Si c'était effectivement la raison de cette attaque, » Ajouta Kingsley. « Nous avons interrogé toutes les personnes enfermées dans le Ministère. La plupart d'entre elles nous ont dit qu'ils étaient testés. S'ils avaient pu t'attraper pour te livrer à Voldemort, ils auraient gagné leur place dans le cercle des mangemorts. »
« C'est ridicule, » Renifla Harry.
Kingsley regarda Harry attentivement. « Ca ne te ressemble pas. Je serai le premier à dire que tu es une personne difficile à attraper, mais ne me dis pas que tu es devenu égocentrique quand j'avais le dos tourné. »
« Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Ils auraient pu faire leur 'test' n'importe où. Pourquoi…
« Ils ne l'ont pas fait ? C'est une idée de Voldemort. Quelques mangemorts ont été enfermés dans le bâtiment. Ils nous ont tous dit que Voldemort n'avait pas l'intention d'admettre de nouveaux mangemorts. Il a dit que la raison principale de cette attaque était de trouver et de lui rapporter certains documents. »
« Ont-ils dit ce qu'ils comptaient faire des otages? » Lui demanda Harry par curiosité.
« Ils ont dit qu'on leur avait conseillé de jeter les 'sorts plus courants' sur les otages. » Répondit Kingsley.
« Je n'ai jamais entendu parler de mangemorts qui prenaient des otages. Ils tuent à vue. Voldemort a suffisamment d'espion à l'intérieure du Ministère pour avoir accès à toutes les informations qu'il désire. Quelque chose ne va pas dans cette histoire. » Harry fronça les sourcils.
« Nous pourrons en parler au cours de la prochaine réunion de l'Ordre. Albus reviendra bientôt et je suis persuadé qu'il aura des idées sur ce que tout cela signifie. Que feras-tu au sujet de cet article ? » Lui demanda Kingsley et attirant à lui le journal qu'Harry avait jeté.
« Rien. Que puis-je faire? »
Kingsley plia le journal et le rangea dans sa robe. « Rien, je suppose. Si tu dis quoi que ce soit tu risques de mettre de l'huile sur le feu. Hermione dira un mot aux élèves ce matin au cours du petit déjeuner. Il est impossible d'arrêter les gens de parler entre eux, mais elle a l'air assez certaine qu'ils ne te causeront pas de problème, en tout cas, pas directement. Je n'ai pas compris ce qu'elle a voulu dire. Elle a parlé de détentions avec toi et le professeur Snape qu'ils ne sont pas prêts d'oublier. »
Harry ne put s'empêcher de sourire. La Gazette du Sorcier avait imprimé un article quelque temps mois plus tôt l'accusant d'agir de manière inappropriée avec l'une de ses élèves. Il était bien connu parmi les élèves que Theresa Chan, une jeune Serdaigle recevait des cours de soutien du professeur Potter et du professeur Snape. Certains élèves en étaient venus à croire qu'il y avait une sordide affaire de triangle amoureux. Malheureusement, ils avaient fait l'erreur de se faire entendre par les professeurs Potter et Snape. Des rumeurs concernant ces détentions exténuantes passées avec les deux professeurs s'étaient rapidement répandues. Elles firent taire les élèves. S'ils en parlaient, c'était derrière des portes fermées de manière à qu'on ne puisse pas les entendre.
« Qu'as-tu fait? » Lui demanda Kingsley suspicieusement en voyant le sourire diabolique de Harry.
« Rien de bien méchant. Je les ai juste emmenés faire un petit tour dans la Forêt Interdite. » Dit Harry en essayant de réprimer son sourire. « Ne me regarde pas comme ça. Tu ne connais pas toute l'histoire. C'était approprié. Pourquoi ne demandes-tu pas à Snape ce qu'il a fait à ses élèves ? A un certain moment, il les a laissés croire qu'ils testaient des potions expérimentales. »
« Ca lui ressemble bien, » Admit Kingsley.
La colère de Harry fut remplacée par de la curiosité « En parlant de personnes faisant des histoires, l'école ne devrait-elle pas être remplie de journalistes ? »
« Eh bien, oui, mais comme la dernière fois tu as immobilisé tout le groupe de journalistes, je serais surpris qu'ils reviennent. »
Il avait immobilisé le dernier groupe de journalistes et avait demandé aux elfes de maison de les escorter aux prémices de l'école. « Ca ne les a pas empêchés d'écrire n'importe quoi sur mon compte. »
« Tu es médiatique. Rien n'empêchera les gens d'écrire des histoires sur toi. »
« Ouais. Hier, tu as dit que tu voulais me voir. » Dit Harry.
« Rien d'urgent. Je voulais savoir comment tu allais. Ca fait longtemps que nous n'avons pas eu l'occasion de discuter. As-tu souvent des visions ? Tu as la même expression que lorsque tu avais des visions ou des cauchemars. Elle est différente de la fatigue. Je t'ai appris à faire des potions pour que tu puisses avoir une réserve sous la main quand tu en as besoin sans que tu ne sois obligé de faire appel à une source extérieure. Gardes-tu toujours un stock de potions avec toi ou utilises-tu celles de l'école ? »
La plupart des gens savaient que Shackelbolt était un talentueux Auror, mais peut savait qu'il était très compétent dans le domaine des potions. Il n'avait peut-être pas le titre de Maître, comme le professeur Snape, mais il avait donné à Harry des cours pratiques qui avaient éveillé son intérêt sur un sujet qui ne l'avait jamais passionné quand il était enseigné par le professeur Snape. Harry avait découvert que faire quelque chose d'aussi méthodique que préparer et concocter des potions l'aidait à se détendre, ce qui était difficile pendant ces années noires.
« Je fais les miennes. » Lui assura Harry en soupirant de soulagement. Grâce à lui, il pouvait faire ses propres potions. Il n'aurait pas supporté de devoir en demander à Snape. « Et je les prends quand j'en ai besoin, alors ne t'inquiète pas. Je dois y aller. Les cours vont commencer. »
« Je dois repartir aussi. Le Ministre Fudge veut voir toute la division d'Aurors. Il n'est pas content à cause de ce qu'il s'est passé hier et je pense qu'il va essayer de nous faire porter le blâme. »
Harry raccompagna son ancien professeur aux portes principales avant de se dépêcher de regagner sa classe. Les élèves étaient alignés devant sa classe. Il déverrouilla la porte et les regarda avancer, tête baissée détournant délibérément le regard. Ils mettaient tant de bonne volonté à essayer de ne pas le regarder qu'il fut surpris qu'aucun ne trébuche ou ne fonce dans le mur. Un jeune garçon courageux s'arrêta devant lui et lui dit. « Nous n'en croyons pas un mot, monsieur. Nous pensons que ce ne sont que des bêtises. » Puis entra dans la salle.
Il ne savait pas ce que Hermione leur avait dit, mais il se fit une note pour penser à la remercier abondamment plus tard.
OoOoo
Un brusque coup à la porte interrompit le cours de Harry et il fut difficile de dire qui fut plus surpris, Harry ou les élèves, de voir le Maître des potions lui-même
« Puis-je vous aider, professeur? » Lui demanda Harry, content de pouvoir parler malgré sa surprise.
« J'aimerais un moment de votre temps. J'attendrais ici que votre cours se termine, si ça ne vous dérange pas, bien sûr. » Répondit le professeur Snape.
« Non, bien sûr que non. En fait, la cloche devrait sonner d'une minute à l'autre. » Répondit Harry en pensant que c'était assez ironique que des manières si charmantes doivent venir de quelqu'un comme le Maître des potions. « Très bien, vous vous êtes très bien débrouillés aujourd'hui. Je pense que vous avez mérité un indice sur le sujet du prochain test : si vous étudiez les sorts de 'protection' et de 'déviation', vous ne devriez pas avoir trop de difficultés avec certaines questions. Travaillez dur. » Dit Harry quand la cloche retentit.
Les élèves rangèrent rapidement et sortirent pratiquement en courant. Ce n'était un secret pour personne, ni parmi les professeurs, ni parmi les élèves : il n'y a aucun amour entre les deux professeurs et bien que les élèves étaient curieux et souhaitaient écouter leur conversation, aucun ne voulait les mettre en colère. Ils ne voulaient d'une détention, ni avec l'un, ni avec l'autre.
« Vous donnez des indices sur les sujets de contrôles à vos élèves?" Lui demanda le professeur Snape en haussant un sourcil.
« S'ils n'apprennent ces sorts que pour réussir leur examen, alors je serai content. Au moins, ils seront capables de se défendre par eux-même, si ou quand ils en auront besoin. » Répondit Harry sérieusement. « Maintenant, que puis-je faire pour vous, Professeur ? »
Sans un mot de plus, le professeur Snape ferma la porte et verrouilla la porte de la salle de classe puis lança un puissant sort d'insonorisation dans la salle.
« Ca va être une de ces conversations, alors ? » Demanda Harry en regardant le Maître des potions avec attention. Il avait simplement dit qu'il voulait discuter, mais Harry ne voulait pas se laisser avoir. Après tout, il n'était pas de grands amis…
« Je suis inquiet, » Commença simplement le professeur Snape.
« A quel sujet ?» Lui demanda Harry en le regardant toujours avec attention. Le professeur Snape n'avait pas baissé sa baguette.
« Vous avez fourni des informations au Seigneur Noir. J'ai besoin de savoir ce que vous lui avez dit d'autres. »
« Quoi-quoi? » Lui demanda Harry, trop surpris pour penser à dire autre chose.
« Hier, vous avez dit que le Seigneur Noir veut vous tuer afin de tourner la prophétie en sa faveur. »
Harry se frappa mentalement d'avoir été aussi imprudent.
« Quand vous avez quitté l'école, le directeur a révélé les contenus de la prophétie à quelques personnes triées sur le volet- M. Lupin, les Weasley, Miss Granger, son nom à l'époque, Minerva et moi-même. Le reste de l'Ordre n'en a été informé qu'à la fin de la guerre. Et d'après ce que nous savons, le Seigneur Noir n'a jamais découvert la Prophétie dans son entier. Quand je vous ai demandé comment vous saviez qu'il en avait connaissance, vous avez dit la lui avoir révélé. »
« Qu- quand ai-je dit cela? » Bégaya Harry.
« Quand vous et M. Weasley régliez vos différences. »
Harry ne s'était pas rendu compte qu'il avait révélé cette information. Cherchant une excuse pour couper court à leur conversation, il se dépêcha de retourner à son bureau et se mit à ranger ses notes et ses affaires.
« Vous êtes la dernière personne qui aiderait le Seigneur Noir. Pour obtenir cette information, on a dit vous forcez à la révéler. Il est vital que j'apprenne quelles autres informations vous avez laissé échappé. » Dit Severus sans bouger. « Lui avez-vous dit que Drago et moi l'espionnions ? »
« S'il avait eu cette information, vous ne seriez plus en vie aujourd'hui, » Lui dit Harry sans le regarder. « Et pour être précis, je n'ai rien dit à Voldemort. Je l'ai dit à ses mangemorts. Je crois. » Ajouta-t-il si doucement que Severus aurait pu ne pas l'entendre.
« Très bien. Je suis prêt à accepter cela. Mais il n'y a pas de doute, en donnant cette information aux mangemorts, elle aura forcément été révélée à leur maître, vous avez mis de nombreuses vies en danger, » Le pressa Severus.
Harry laissa tomber les feuilles qu'il tenait et leva la tête. « Soit mon ouie fonctionne mal soit l'enfer est en train de geler. Je pourrai jurer vous voir entendu dire que vous étiez inquiet pour d'autres personnes- vous savez, d'autres personnes que vous-même. »
« Ne présumez pas savoir quoi que ce soit à mon sujet, Potter. » Dit le professeur Snape en regardant dangereusement Harry. « Et vous pouvez garder vos critiques. Ce n'est pas moi qui les ai mis en danger et qui refuse de les aider maintenant. Le héros surdécoré de la dernière guerre, qui plus est. Est-ce que mes oreilles me trompent, Potter ? »
Harry regarda son ancien professeur avec des yeux glacés.
« Je trouve curieux que vous ne nous ayez pas dit que vous aviez donné des informations au Seigneur Noir avant aujourd'hui. On aurait pu penser que la meilleure chose à faire aurait été de nous en parler pour que nous puissions évaluer les risques et essayer de les minimiser. Je remarque que vous ne l'avez pas fait. En fait, vous n'êtes toujours pas d'accord pour le faire. »
Harry frappa du poing sur la table. « Je vous en aurais parlé, mais je…je …je ne savais pas. Et quand je m'en suis souvenu, c'était trop tard. La guerre était terminée et il n'y avait plus aucune raison pour que je vous le dise. De toute façon, le risque aurait déjà été pris en compte. D'après mes souvenirs, ça n'est peut-être jamais arrivé. Ce n'était peut-être pas même réel. » Bafouilla-t-il.
Severus le regarda avec grande confusion. « Que voulez-vous dire par vous ne saviez pas ? Que ce n'était pas réel ? »
« Je ne sais pas. Ca aurait pu être tout à fait autre chose. Je ne peux pas le dire. C'est parfois si clair, mais… je ne sais pas. »
« Je suis suffisamment bon légilimens pour pouvoir passer au crible vos souvenirs et extraire l'information. » Lui proposa Severus toujours perplexe.
« Vous ne ferez rien de tel. » Claqua Harry en prenant ses affaires avant de se diriger vers la porte.
« Croyez-vous vraiment qu'il n'y a plus de risque? Le Seigneur Noir aurait pu agir d'après les informations que vous lui avez fournies lors de la dernière guerre, mais ce n'est pas sûr. Inversement, il est possible qu'il puisse utiliser maintenant ces informations. Qui plus est, l'Ordre prépare toujours le travail de terrain en vue des batailles à venir. Il est important que vous me donniez les informations que je cherche. Si vous préférez, le directeur est lui-aussi un légilimens très doué. Meilleur que moi. Il n'aura aucune difficulté à extraire cette information. »
« Il peut lui-aussi rester hors de ma tête. Et n'essayez pas d'entrer dans ma tête sans ma permission. Vous n'êtes pas les seuls légilimens du château. Je suis devenu assez bon dans l'art d'en interdire l'accès aux indésirables. Maintenant, si ça ne vous dérange pas, je vais être en retard pour mon prochain cours. »
« J'espère que vous ne regretterez pas votre décision. » Lui dit froidement Severus en enlevant les sorts qu'il avait placés et en quittant la salle.
OoOoo
Harry détestait l'admettre, mais le Maître des potions avait raison. Si l'on ne prenait pas en compte ce qu'il ressentait, entendre l'information qu'il avait donnée à Voldemort et à ses mangemorts ne pouvait être que favorable à l'Ordre- s'il en avait effectivement fourni. Malheureusement, ça voulait dire qu'ils découvriraient certaines choses qu'il ne voulait pas leur dire. Il n'était pas fier de la personne qu'il était devenu pendant les années noires et alors qu'il se fichait de ce que les gens pensaient de lui, il aimait certaines personnes et il ne voulait pas les décevoir.
Se rendre compte que Snape avait raison était une chose, aussi douloureux que soit, mais décider de ce qu'il devait faire en était un autre. Snape lui avait donné deux options. Il aurait préféré ne prendre aucune d'elle, mais telle qu'il voyait les choses, il n'avait pas beaucoup de choix.
« Vas-tu me dire ce qu'il se passe ou est-ce que je dois te soûler à nouveau ce soir ? Tu as agi bizarrement toute l'après-midi. » Lui demanda Drago après le dernier cours de la journée.
« Il ne s'est rien passé, » Lui dit Harry en aidant Drago à ranger la salle.
« Hum hum, » Dit Drago en remettant un bureau à sa place d'un coup de baguette. « Eh bien, si tu as besoin d'aide, tu sais où me trouver. »
Harry baissa sa baguette. « Tout va bien, mais je dois faire quelque chose et.. je n'ai vraiment pas envie de le faire. »
« L'histoire de nos vies, hein? » lui dit Drago en faisant glisser la dernière chaise pour la remettre à sa place. « La proposition tient toujours, si tu veux me mettre dans la confidence, tu es libre. »
« Ce n'est rien, je n'ai pas besoin d'aide -» Commença Harry.
« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Si tu as besoin de me moi pour te soûler ce soir, viens me voir. Je sais que les filles ne seront pas d'accord, mais parfois l'alcool est le meilleur ami que l'on ait. »
« Euh, je devrais peut-être rester loin de l'alcool pendant un temps. Je sens encore les effets de la beuverie d'hier soir. »
« Comme tu veux. Oh, et en parlant des filles, elles te cherchent. »
« Je sais, » Grommela Harry. « Elles me cherchent depuis plusieurs semaines. »
Drago haussa ses sourcils. « Je pense que c'est difficile de ne pas le remarquer. J'ai simplement pensé que tu devrais le savoir. Je te verrai au dîner. » Dit-il en quittant la salle.
Harry rassembla ses affaires et sortit.
« Harry, contente de te rencontrer ici, » L'interpella Ginny au moment où il verrouillait la salle.
« Tu veux dire devant ma salle de classe? » Lui demanda Harry.
« Je te promets que je n'ai rien à voir avec ça, » Dit Ron. Il avait l'air de vouloir être n'importe où ailleurs.
Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes. « Chut. »
« Euh, écoute… » Commença Hermione nerveusement. Harry grinça des dents. Elle avait ce regard. Et Ginny aussi. C'était le regard de toutes les femmes quand elles ont quelque chose d'émotionnel à dire. Tous les hommes de la surface de la planète reconnaissent ce regard et la plupart d'entre eux courent aussi loin qu'ils peuvent quand ils le voient.
« Je les retiens. Si tu veux te mettre à courir maintenant, tu peux sortir du château avant qu'elles ne passent devant moi, » Suggéra Ron pour l'aider. Lui aussi grinçait des dents, même si ce regard ne lui était pas destiné.
« Elles passeraient devant toi? » Demanda Harry à Ron ;
« Bien sûr. Les as-tu vu quand elles sont en colère? Effrayant, » Répondit Ron en haussant les épaules. Les deux filles regardèrent Ron avec des yeux noirs.
« Entrez à l'intérieur, » Harry soupira en déverrouillant la porte de la salle de classe. Il leur fit signe d'entrer. Il avait déjà été clair : il n'était pas prêt à parler de certaines choses et il espérait sincèrement qu'elles n'allaient pas l'interroger à nouveau.
« Harry, nous n'avons pas vraiment eu l'occasion de discuter correctement depuis que tu es revenu. Nous savons que tu ne l'as pas voulu et ce n'est pas grave, mais si tu as besoin de nous, tu sais que nous sommes là pour toi. Comme au bon vieux temps. Rien n'a changé entre nous. Je me fiche de savoir qui tu es devenu, ou qui tu penses être. Tu es mon meilleur ami et c'est tout. D'accord ? » Lui demanda Hermione.
« C'est vrai. Pour moi, c'est comme si tu faisais partie de la famille et rien ne va changer ça, » Lui dit Ginny fermement. Les filles le regardaient avec des yeux larmoyants.
« Merci, » Dit doucement Harry. Il avait délibérément évité de leur parler.
« Je… Je sais que vous le pensez vraiment quand vous me dites ce que vous ressentez pour moi… que rien… n'a changé, mais vous savez que les choses ne sont plus les mêmes, non ? Nous avons été séparés pendant presque dix ans et nous avons tous changé. Je ne suis plus le petit garçon que j'étais. En fait, » Dit Harry en regardant vers eux d'un air pensif. « Je ne me souviens même pas de l'adolescent que j'ai été. »
« Nous avons tous évolué et grandi. » Dit Hermione.
« Ouais, certains d'entre nous, en tous cas. » Ajouta Ginny en regardant Ron d'un air entendu.
« Qu'est-ce que j'ai fait ? » Demanda Ron, les yeux écarquillés d'innocence.
« Je vois le petit garçon que j'ai connu autrefois à chaque fois que je te vois parler avec tes élèves ou que tu aides les autres professeurs, même quand tu discutes simplement avec nous. Il est toujours là, Harry. » L'assura Hermione.
« Non, il n'est plus là. Il est définitivement parti. » Dit Harry tristement. « Je ne le sens même plus. Mais ce n'est pas le point. » Dit Harry en changeant de sujet. « Quand je suis revenu ici, je pensais être capable de reprendre les choses où nous les avions laissées, mais rien n'est plus pareil. Pas même nous. Vous devez le sentir vous aussi. »
« Je l'ai senti. » Dit Hermione en brisant le silence qui était tombé entre eux. « Au début, j'ai pensé que tu nous avais quittés, et je ne fais pas référence au fait que tu as vécu comme un moldu pendant huit ans. Tu ne passais plus de temps avec nous comme tu le faisais avant et quand nous étions ensemble, tu ne nous parlais plus comme tu le faisais avant. Mais j'y ai réfléchi et je me suis rendu compte que nous avions tous des difficultés à être à l'aise dans le groupe. Je sais, je viens de dire que lorsque je te regarde, je peux voir le petit garçon que j'ai connu autrefois, mais je vois aussi que tu as changé. Beaucoup. Parfois je te vois assis seul et, et bien, je ne t'ai jamais vu aussi triste, Harry. » Dit Hermione en clignant des yeux pour chasser ses larmes. « A d'autres moments tu as l'air si en colère que ça me fait peur. Tu as raison. Dans la lumière de tout ce qui est arrivé, notre relation ne peut plus être la même, mais ça ne veut pas dire que nous ne puissions pas construire une nouvelle amitié fondée sur de nouveaux termes. Nous ne nous attendons pas à pouvoir reprendre où nous en étions quand tu nous as laissés, mais nous espérons que tu arrêteras de nous éviter et que tu essaieras à nouveau d'être notre ami. »
Harry ne savait pas quoi dire. Il avait oublié à quel point ils pouvaient tous être dévoués et généreux et à quel point Hermione pouvait être maligne.
« Je ne vous ai pas évité. » Grommela-t-il.
« Si, » Protesta Ginny. « Tu as couru en sens inverse quand tu nous as vues Hermione et moi dans le couloir la semaine dernière.
« Oh, ça. Je ne courais pas loin de vous. Non, j'étais…euh… appelé par quelqu'un, c'est tout. » Bégaya Harry.
« Bien, » Renifla Ginny.
« Si je vous avais vu venir vers moi, je me serais moi-aussi enfui. Il y a quelque chose d'inhabituel dans -» Commença Ron avant de recevoir un coup de poing de sa femme et de sa sœur.
Les choses devenaient soudain beaucoup plus claires.
« Au fait, l'éditeur du journal va écrire une excuse dans l'édition de demain. D'après mes souvenirs, il a dit que l'article sera large et long, en page de garde. » Dit Ginny.
« Vraiment? » Demanda Harry surpris.
« Oh oui. Il a été d'une grande aide, » Dit Ginny avec un large sourire.
« Très motivé, » Acquiesça Hermione. « Surtout quand Ginny lui a dit que s'il ne se montrait pas utile et qu'il ne revenait pas sur ces mensonges, elle demanderait à Drago d'aller le voir et d'essayer de le persuader de faire ce qui est juste, » Ajouta Hermione en souriant aussi largement que Ginny.
« Merci, mais ça ne changera pas grand chose. Ceux qui croyaient ces saletés continueront à les croire et ceux qui n'y croyaient pas, n'y croiront toujours pas. »
« Peut-être, mais je pense que c'est bien que les gens voient une excuse publique. Au moins, l'idiotie de cet article sera portée à l'attention de tout le monde." Dit Hermione en essayant d'être utile.
« Je continue à dire que vous auriez du attendre la fin de mes cours. J'aurais pu venir avec vous. » Grommela Ron.
« Tu avais cours toute la journée. » Lui signala Ginny. « Nous ne pouvions attendre. »
« Ouais et tu avais l'air un peu palot ce matin. J'ai cru que tu étais peut-être malade. Est-ce que tu te sens mieux maintenant ? » Lui demanda Hermione.
« Euh… palot, dis-tu? » Lui demanda Ron en jetant un rapide coup d'œil vers Harry. « Non. Tes yeux ont du te jouer des tours. Je me sens bien. »
Ni Harry ni Ron ne comptaient dire à Hermione ce qu'ils avaient passé la nuit à se soûler. Hermione avait un sens très développé des responsabilités et se soûler dans une école au milieu de la nuit n'était pas du tout responsable.
« J'y pense, tu n'es pas rentré la nuit dernière. Avez-vous passé toute la nuit dans les quartiers de Harry ? » Demanda-t-elle.
« Et bien, oui. Tu sais comment nous sommes quand nous jouons aux échecs. Le temps nous a surpris. » Dit Ron sans conviction. Harry grogna intérieurement. Ron ne savait toujours pas raconter un mensonge crédible pour sauver sa vie. Ses efforts étaient véritablement embarrassants, et maintenant ils étaient coincés avec cette histoire ridicule.
Ginny et Hermione les regardèrent suspicieusement. « Echecs ? Toute la nuit ? »
Harry secoua la tête. Ca allait être difficile à expliquer.
OoOoo
Harry attendit que ses élèves soient tous dans leur dortoir avant de partir à la recherche le Maître des potions. Il était certain de le trouver déambulant dans le château, essayant d'attraper des élèves hors du lit après le couvre-feu. Quand il était élève, il avait réussi à l'attraper alors qu'il se promenait dans les couloirs après le couvre-feu suffisamment souvent pour lui faire penser qu'il gardait les couloirs du château contre les élèves errants, toutes les nuits sans relâche dès le début du couvre-feu jusqu'à l'heure du petit déjeuner. Mais à sa grande surprise, le professeur ne faisait pas de ronde dans les couloirs. Harry le trouva dans ses quartiers.
« Oui? » Lui demanda le professeur franchement en ouvrant la porte pour découvrir Harry.
« Vous aviez raison, » Lui dit Harry en allant droit au but.
« Cela ne me surprend pas, M. Potter. Maintenant dites-moi à quel sujet j'avais raison ? »
Harry le regarda prudemment. « Ce dont nous avons parlé ce matin, » Dit-il doucement.
« Je suppose qu'il vaut mieux que vous entriez. Nous ne pouvons pas avoir cette conversation dehors, » Dit Snape en se déplaçant pour laisser entrer Harry.
Impeccable. Cet homme était toujours ordonné et organisé à onze heures du soir ! Tout était à sa place sauf deux livres ouverts dans le salon et une petite tasse sur la table à café. Il arrivait même à paraître soigné à onze heures du soir. Sa robe d'enseignant avait disparu. Il portait une robe sombre couleur anthracite qui était aussi sévère et imposante que sa robe de Poudlard.
« Je vous ai interrompu, » Dit Harry en faisant un effort pour être poli.
« Bien sûr, » Souffla le professeur Snape, les bras croisés. « Cependant, je laisse passer…pour cette fois. Alors, que voulez-vous, Potter ? »
Harry leva les yeux au ciel en voyant le comportement du professeur. « Vous m'avez dit que vous vouliez découvrir ce que j'ai dit à Voldemort. Je vous propose de vous le dire. Je ne ferais jamais intentionnellement du mal aux gens qui m'entourent, mais, si je l'ai fait, je veux le réparer. »
L'homme le plus âgé, plissa les yeux. « Cela mis à part, pourquoi me proposez-vous de m'en parler » Lui demanda-t—il avec suspicion.
« Croyez-moi, si j'avais pu trouver autre moyen, je l'aurais fait. »
« Je pensais être la dernière personne à qui vous auriez souhaité en parler. »
« Dites-moi professeur, combien de personnes connaissez-vous capable de briser un charme de mémoire sans utiliser la torture et sans provoquer des dommages cérébraux?"
« Ce n'est pas un talent très répandu, peu de gens ont l'occasion de le pratiquer. Le taux de réussite n'est pas très élevé, essentiellement parce que chaque esprit est différent et sujet à des circonstances et des pressions différentes. Cependant, je crois que le directeur est capable de retirer les souvenirs supprimés, tout comme l'est Minerva. Je pensais qu'ils seraient des candidats beaucoup plus appropriés pour cette tache. Vous avez gardé cette information pour vous jusqu'à maintenant. Ils reviennent dans quelques jours. Je ne pense pas que ça fasse une différence que vous gardiez ce secret un peu plus longtemps. »
« Ils feront des histoires. Je le sais. Ainsi que tous les autres. Je ne pense pas que vous en fassiez. Pas de la même façon que les autres, en tout cas. »
« Que voulez-vous dire? » Lui demanda Severus en ayant l'air plus curieux qu'énervé.
Harry le regarda avec un regard qui faisait froid dans le dos. « Vous aviez raison quand vous avez dit que je n'aurais jamais aidé Voldemort ou ses mangemorts volontairement.. Ce qu'ils ont appris de moi, ils l'ont pris par la force. Ils m'ont versé du veritaserum dans la gorge et ils… et bien, je suis sûr que vous voyez. »
« Vous vous rendez compte, bien sûr, que je devrai rapporter au directeur ce que vous allez me révéler et que lui en parlera au reste de l'Ordre. »
« Je le sais. Je suis certain que vous lui direz ce qu'il a besoin de savoir sans exagérer les faits ou faire une affaire d'état de ce que vous aurez vu ou entendu. Il y a certaines choses que je ne veux monter à personne, je ne veux pas qu'on le sache, mais puisque vous avez été un mangemort, je pense que ça vous choquera moins. En fait, vous pourriez apprécier, du moins, certaines parties. » Dit Harry froidement. Bien sûr, le professeur de potion serait ravi. Voir Harry être torturé devrait faire apparaître un sourire sur son visage. Harry essaya d'imaginer le maître des potions sourire plaisamment, mais abandonna. L'idée était trop inhabituelle.
« Alors j'ai hâte de voir ça. Suivez-moi. » Lui dit Severus platement, en conduisant Harry dans le salon. Il leva sa baguette et d'un petit mouvement du poignet, les livres se refermèrent et se posèrent sur la table à café, à côté de la tasse oubliée.
« Asseyez-vous, » Lui ordonna-t-il en lui désignant une place sur le canapé. Harry obéit. C'était beaucoup plus confortable qu'il ne l'avait imaginé et s'asseoir et de se détendre aurait été très facile - s'il n'avait pas été les quartiers privés d'un maître des potions d'apparence très énervé et assis à seulement quelques mètres de celui-ci.
« Vous n'étiez pas très compréhensible ce matin et vous l'êtes encore moins maintenant. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Vous dites pouvoir vous rappeler de certaines choses mais pas d'autres et que certaines ne sont peut-être pas réelles. Recommencez et dites-moi tout. Ne laissez pas de détails, que vous les considériez ou non comme important, »Lui ordonna le professeur en s'asseyant sur un autre coussin.
« Ce n'est pas aussi simple. »
« Au fil des ans, j'ai découvert que rien n'est simple quand il s'agit de vous, » Répondit le professeur Snape. « Dites-moi ce que vous pensez savoir. »
« Très bien, je sais que j'ai parlé à Voldemort de la prophétie, mais pour être honnête, je ne sais pas s'il -» Commença Harry.
« Si c'est le cas, pourquoi nous avez-vous laissé penser qu'il la connaissait? » Lui demanda Severus.
« Je ne sais pas. Je ne savais pas que je l'avais dit. Je ne sais pas ce que j'ai dit hier. Je n'avais pas l'intention de dire quoi que ce soit. Ron m'a mis si en colère que j'ai dit la première chose qui m'est passé par la tête, » Expliqua Harry.
« Alors le Seigneur Noir ne connaît pas le contenu de la prophétie. » Dit Severus en essayant de comprendre.
« Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que je ne savais pas s'il la connaissait ou non. » Répondit Harry.
Severus soupira et se massa les tempes. « Je commence à avoir mal à la tête en essayant de suivre votre explication. Recommencez. Cette fois, depuis le début. »
« Je ne sais pas comment l'expliquer autrement, » S'écria Harry. « Je ne sais pas par où commencer. »
« Certaines choses ne changent jamais, » Dit Severus en secouant la tête. « Commencez avec les informations que vous avez données au Seigneur Noir. Nous avons établi que vous ne les avez pas données volontairement. Vous avez été capturé et elles vous ont été arrachées. »
L'homme n'avait aucun tact. Mais encore une fois, il l'avait toujours su. La seule chose qui le surprenait était qu'il s'attendait à ce que l'irascible maître des potions montre une certaine sensibilité sur un sujet aussi difficile à aborder.
« Je n'ai en fait rien dit à Voldemort. Je l'ai dit à ses mangemorts. Apparemment Voldemort voulait me tuer lui-même mais il a ordonné à ses valets de découvrir ce que je savais avant. »
« Oui, il délègue souvent le travail manuel ou les taches les moins importantes comme rassembler des informations à ses serviteurs. » Acquiesça le professeur Snape.
« Je leur ai dit qui était dans l'Ordre et ce que je savais des plans de l'Ordre. »
« Vous connaissiez mon implication dans l'Ordre depuis votre cinquième année. Leur en avez-vous aussi parlé ? » Lui demanda le professeur Snape.
« Oui. Mais je ne pense pas que les informations soient arrivées jusqu'à Voldemort. Sinon, vous auriez été tué dès qu'il en aurait entendu parlé. Mes amis sont venus me chercher et ils m'ont sorti de là- une fois je me suis échappé tout seul- mais nous avons fait en sorte que tout ceux qui avaient eu vent de ces informations ne puissent plus en parler à qui que ce soit. »
« C'est très heureux pour vous, Drago et moi. J'espère que les mesures que vous avez prises étaient permanentes. » Dit le professeur Snape prudemment.
« Elles l'étaient. J'ai fait en sorte de tout raconter à Albus de toute façon, au cas où j'ai raté quelque chose ou quelqu'un. » Lui assura Harry.
« Maintenant que j'y pense, il est arrivé que le directeur nous prenne à part Drago et moi pour nous avertir qu'il y avait une chance que l'on soit tombé sur un secret, mais à chaque fois, nous avons évalué notre situation méticuleusement et il n'y a jamais eu la moindre rumeur. Je me suis toujours demandé où le directeur avait péché ces informations puisque aucune de nos sources n'avait entendu ce genre de choses. »
Le professeur Snape pensa à voix haute. « Ca n'explique pas comment le Seigneur Noir pourrait ou non connaître la Prophétie. »
« J'allais y venir.»Dit Harry. « Je ne rêve pas souvent. Si je le fais, je ne m'en souviens généralement pas, mais je me souviens avoir fait de nombreux rêves pendant la guerre et pendant un temps, après la guerre. J'ai eu de terribles cauchemars -» Harry s'interrompit avant d'en dire trop. « Mais après la guerre, quelque chose d'étrange s'est produit. Je rêvais que j'étais fait prisonnier par les mangemorts. Ils… et bien… faisaient ce qu'ils faisaient. » Dit Harry vaguement, incapable d'être plus précis. C'était dans un sens moins douloureux s'il n'utilisait pas le mot. « Je leur disais ce que je savais et soudain tout changeait et je commençais un autre rêve. J'étais toujours aux mains des mangemorts, mais cette fois, ils me retenaient et je récitais la Prophétie et leur parlais des barrières qui protégent Poudlard. Je ne me souviens que de ça. »
« Comment pouviez connaître les barrières de protection de l'école? » Lui demanda Severus, les yeux écarquillés.
« Au cours de ma troisième année, je pensais que Sirius essayait de me tuer et quand il est parvenu à s'introduire dans l'école, Hermione, Ron et moi avons fait quelques recherches. Nous avons également posé des questions à Albus. Je voulais savoir si j'étais vraiment en sécurité dans le château. » Répondit Harry.
« Je vois, continuez. »
« A d'autres moments, je rêvais et tout changeait. J'observais les Weasley, Ron et Hermione, mais je ne faisais pas partie du tableau, je regardais juste ce qu'ils faisaient de loin. »
« Je ne suis pas un spécialiste de la psychologie humaine, mais je crois que c'est un rêve normal. Vous avez imaginé un scénario basé sur des évènements réels, ce genre de choses arrive souvent dans des périodes de grands stress. »
« J'ai pensé la même chose, mais il y a quelques semaines, j'ai fait le même rêve où je parlais de la Prophétie et des barrières aux mangemorts, mais cette fois, j'ai vu plus qu'avant. Je les combattais et bientôt, il n'en resta plus qu'un. Nous nous sommes lancés des sorts presque en même temps. La seule chose ensuite est d'un trou noir. Quand je suis revenu à moi, je ne savais plus ni où j'étais ni ce qui s'était passé. »
Le professeur Snape parut pensif quelques instants. « Je ne pense pas que vous vous rendiez compte de la signification de ce que vous suggérez. Si ces évènementsse sont produits et si vos souvenirs ont été effacés, vous suggérez que votre propre esprit a réussi à briser le charme de mémoire voire plusieurs. Je veux bien croire que c'était une action inconsciente de votre part, mais tout de même, je ne savais pas que c'était possible. »
Harry parut confus.
« Voyez les choses ainsi: il n'y a qu'une seule façon de briser un charme de mémoire, c'est d'appliquer suffisamment de pression pour qu'il cède. Quand on est torturé dans le but de briser un charme de mémoire, le stress et la détresse générés par la torture sont suffisants pour que l'esprit se retrouve sous une énorme tension physique et psychologique et libère le charme. Cependant, les dommages cérébraux engendrés sont souvent irréparables. Quand j'ai contourné le charme placé sur les souvenirs de Dobby, j'ai isolé une partie particulière de son esprit et appliqué une pression sur une zone précise, plutôt que de le faire sur la zone entière et risquer d'endommager d'autres parties saines de son esprit. »
Harry avait toujours l'air confus. Il commençait à suspecter le Maître des potions de faire délibérément des phrases longues et alambiquées.
Le Maître des potions soupira impatiemment. « Un esprit placé sous la confusion d'un charme de mémoire ne devrait pas pouvoir naviguer de lui-même et trouver la localisation précise de ce charme et l'enlever. Si c'est ce que vous avez fait, je suis surpris que vous n'ayez pas provoqué de dommage cérébral. Bien que à certains moments, comme maintenant, je suis obligé de me demander… »
« Très bien, » Le coupa Harry. « Nous sommes au milieu de quelque chose, qui selon vous, est très important. Je sais que c'est difficile quand je suis devant vous, mais essayez de tenir votre langue. »
« Quelle bêtise êtes-vous en train de bafouiller, Potter? » Lui demanda le professeur Snape en rougissant légèrement et en croisant les bras sur sa poitrine. « Si je dois fouiller votre esprit à la recherche de souvenirs effacés, nous ferions mieux de commencer. »
Le Maître des potions se leva et s'assit sur la table devant Harry.
« Attendez une minute, » Dit Harry alors que le professeur Snape pointait sa baguette sur lui.
« Qu'est-ce qu'il y a? Ca prendra un certain temps. Plus vite nous commencerons, plus tôt nous finirons. » Dit l'impatient professeur.
« Je sais, mais, je, eh bien -» Harry s'interrompit avant que le Maître des potions ne puisse commencer. Il pensait être prêt mais maintenant qu'il était à moins d'une minute de le laisser entrer dans son esprit, il avait des doutes. Il ne parvenait pas à se souvenir de la dernière fois qu'il s'était senti aussi exposé, comme s'il allait courir un marathon-nu. »
« S'il n'y a rien de plus, commençons, » Dit le professeur Snape quelques minutes après en levant sa baguette.
« Vous n'avez besoin que de chercher dans les souvenirs des trois ans qui séparent mon départ du château et la fin de la guerre. Ne regardez rien d'autre. » Le prévint Harry.
« Je n'ai pas l'intention de perdre plus de temps. Fouiller vos souvenirs de ces trois ans sera une tache suffisamment grande. Cependant, elles ne sont pas au premier plan de votre esprit. Ces souvenirs sont enfouis sous ces huit ans au moins de souvenirs récents. J'aurai besoin de naviguer entre eux pour obtenir ce que je cherche. »
« Quoi? Et si je fais en sorte qu'elles soient au premier plan de mon esprit ? Si je me concentre sur le jour où j'ai quitté le château est-ce que ça aidera ? Serez-vous capable d'aller droit vers elles ? » Lui demanda Harry.
« Ca aiderait, mais vous serez inconscient pendant le processus, alors ça ne fera aucune différence, » Répondit le professeur.
« Je serai parfaitement conscient pendant que vous serez dans mon esprit, merci beaucoup. Je ne vous laisserai pas vous balader là-dedans sans surveillance. » Lui dit Harry fermement. Les souvenirs des cours d'occlumentie de Snape étaient difficiles à oublier.
« Vous ne comprenez pas ce que vous dites. » Lui dit le professeur Snape. « Si vous bougez pendant que je fouille votre esprit, je risque de faire une erreur et de vous blesser. »
« Je ne bougerai pas, » Dit Harry fermement.
« Vous êtes toujours aussi borné. Briser un charme de mémoire est très douloureux. Aussi tenace que vous pensez être devenu, je vous assure que vous ne pourrez pas rester immobile en subissant cela.
« Si vous étiez à ma place, vous seriez tout aussi borné. » Harry avait l'intention de le faire comme il le souhaitait.
Harry et Snape se regardèrent avec des yeux noirs, enfermés dans un combat silencieux de volonté. « Très bien. Si vous insistez à rester conscient- Petrificus Totalus. » Dit finalement le professeur Snape en jetant le sort pour lier totalement le corps de Harry. Il avait jeté le sort si rapidement qu'Harry n'avait pas eu le temps d'être surpris. « Ca vous maintiendra immobile. Si je découvrais le charme de mémoire, le charme d'immobilité ne fera rien pour diminuer la douleur. Incidemment, vous auriez du être capable d'anticiper le sort. Avec des réflexes aussi lents que les vôtres, on se demande comment vous êtes parvenu à survivre aussi longtemps. » Snape avait un sourire en coin mais Harry ne pouvait rien faire d'autre que de lui rendre son regard.
Harry devait se satisfaire en jurant bruyamment dans sa tête.
« Si vous n'avez rien d'autre à dire -»
Harry ajouta de nouvelles insultes à ses marmonnements internes.
« -Nous devrions commencer. »
Même si Harry savait ce que Snape allait faire, son esprit titubait chaque fois qu'il sentait l'autre homme essayait de s'introduire et il le rejetait. Il avait passé tant de temps à essayer de protéger son esprit contre les intrusions que rejeter les gens était presque devenu une habitude. Il n'avait pas besoin d'y penser, il le faisait. Harry pensait que toute chose considérée, c'était parfaitement compréhensible, mais il doutait que ça fasse une différence pour le Maître des potions qui paraissait de plus en plus énervé à chaque tentative échouée. De plus, dans l'état dans lequel il était, ce n'était comme s'il pouvait lui donner une explication de toute façon.
« Nous allons nulle part, » Soupira le professeur Snape quand Harry l'eut rejeté de son esprit une troisième fois. « Je préférerai ne pas utiliser plus de force, alors vous devez me laisser entrer. Détendez votre esprit. »
Harry était loin d'être aussi détendu qu'il le pouvait. L'irascible Maître des potions allait violer son esprit de force et voir et entendre des choses qu'il ne voulait que personne ne voie ni n'entende. Se détendre était impossible.
« Si vous êtes prêt, » Recommença le professeur Snape. « J'essaierais à nouveau à trois. »
Harry se concentra sur ce qui allait venir.
« Un, deux, trois. »
Alors que le Maître des potions tâtait les abords de son esprit en cherchant à entrer, Harry attrapa le lien, l'attira à l'intérieur et le conduisit vers les souvenirs qui commençaient à son départ de Poudlard et qui s'étendaient à la fin de sa cinquième année. »
L'intrusion du professeur Snape dans son esprit fut aussi rapide, douloureux et direct que des années auparavant lorsqu'il lui donnait des cours d'occlumentie, ça ressemblait bien à l'homme. Et pourtant, malgré toute la douceur que l'on pouvait attendre d'un magyar à pointe, il était capable d'exécuter les taches les plus complexes et les plus délicates. Cet homme était un monument vivant de contradictions, mais lui aussi.
« Maintenant, lâchez-moi. » Lui ordonna Snape. « Autrement, je ne serais peut-être plus capable de ressortir. »
Harry trouvait difficile de le laisser partir. En fait, il s'était emmêlé dans le lien et pouvait voir certaines des pensées du professeur. Il le vit se battre contre son père et Sirius dans une vieille et grande maison puis il aperçut un très jeune Snape prenant la marque avant de le voir pleurer sur le corps d'une femme.
« Arrêtez, » Cria Snape pour qu'Harry le lâche, mais Harry raffermit sa prise sur lui avant de pouvoir laisser son esprit. « Ne forcez pas le lien. Ouvrez votre esprit et libérez la prise que vous avez sur moi. »
Lentement, il se dessaisit de sa prise sur son lien avec le professeur et se concentra à suivre les mouvements du professeur à travers son esprit.
Il avait l'impression que le Maître des potions parcourait simplement son esprit, s'arrêtant de temps à autre pour regarder un peu plus près une chose ou une autre avant de reprendre son chemin. Il s'arrêta à nouveau et tira un des souvenirs de Harry dans le premier plan de son esprit.
Harry ne parvenait pas à comprendre pourquoi l'autre homme était si intéressé par ce souvenir particulier : il avait rendez-vous avec Joshua dans un petit pub moldu de Londres. A part leur conservation sur un livre rare que Joshua était parvenu à acquérir, ce qui n'était en soit pas intéressant, il n'y avait rien de particulier dans ce souvenir.
« Préparez-vous. Ca va faire mal, » Dit le Maître des potions. A cause du sort du saucisson, il ne pouvait pas faire grand chose.
Le professeur Snape était rapide et il explora le souvenir avec la précision d'un expert. Une fois, deux fois, trois fois. Harry avait l'impression qu'on frappait à coup de ciseau à travers son esprit. Ce n'était pas douloureux. C'était aveuglant. Epuisant. Harry sentit Snape frapper son esprit encore et encore et avant de pouvoir en supporter davantage, il se laissait gagner par l'engourdissement de l'inconscience.
Le professeur regarda avec sévèrement le jeune homme sur son canapé. « C'était impressionnant. Vous avez tenu plus longtemps que je ne m'y attendais. Maintenant, que nous cachez-vous, Potter ? »
OoOoo
Harry ouvrit les yeux et les referma à cause de la lumière.
« Comment va-t-il? » Demanda une voix qui avait l'air inquiète. On aurait dit le directeur, mais ce n'était pas possible. Il ne devait revenir au château que dans quelques jours, non ?
« Je n'en serai sûr que lorsqu'il se réveillera mais apparemment rien ne sort de l'ordinaire dans les activités neuronales. Le fait qu'il semble n'y avoir aucune activité neuronale est une surprise par elle-même. »
Ca ne pouvait être que Snape. Mais pourquoi Snape, ici ? Et où était-il ? Décidant qu'il n'avait pas l'énergie pour réfléchir maintenant, il repoussa la pensée, la mis de côté et l'obscurité le gagna à nouveau.
OoOoo
« Severus, votre langue est plus aiguisée qu'une guillotine, » Le réprimanda Albus en prenant un siège dans le salon dans lequel Harry se reposait. Il regardait gentiment le jeune homme qui ronflait légèrement.
« Je suppose, mais m'avez-vous connu différent? »
« Il n'est plus l'étudiant timide que vous avez connu, » Dit Albus en regardant Severus avec une expression étrange. « Depuis son retour, je l'ai vu réagir très durement avec les personnes qui cherchaient à le traiter ou à lui parler méchamment, sauf avec vous et Ronald Weasley. Harry et Ron ont toujours été très proche, mais je me demande pourquoi il vous a laissé poursuivre comme vous l'avez fait »
« Je crois que vous imaginez des choses. Lui et moi continuons à nous disputer et à nous menacer, comme nous l'avons toujours fait. »
« Je vois, » Dit Albus. « Bien, peut-être avez-vous raison. Je me fais vieux et mes yeux ne sont plus ce qu'ils étaient. Ce ne serait pas la première fois que je me trompe. » Albus se leva et se dirigea vers la porte. « Venez me voir quand vous serez prêt à me faire votre rapport sur ce que vous avez trouvé. »
« Bien sûr, monsieur le directeur, » Severus acquiesça, montrant à Albus la sortie. « Mais qu'ai-je vraiment découvert ? » Se demanda-t-il en fermant la porte derrière lui et en retournant dans ses quartiers.
OoOoo
Quand Ron s'assit à la table du personnel, le petit déjeuner était presque terminé.
« Tu es en retard- très en retard- mais j'ai décidé que je ne voulais pas savoir pourquoi." Murmura Ginny à Ron quand il entra dans la salle.
Très confus, Ron regarda Drago et de ses lèvres dit « les femmes ! » Il haussa les épaules d'un air impuissant.
« J'ai vu, » Dit Ginny à Drago sans se retourner.
« Hé, où est Harry, ce matin? » Demanda Ron en changeant rapidement de sujet avant que lui et son beau-frère n'aient plus d'ennuis.
« Je ne sais pas. Je pensais qu'il était avec toi. » Dit Ginny. « J'y pense, Severus n'est pas non plus. Ca ne lui ressemble pas. »
« J'ai reçu un message ce matin disant que Severus et Harry ont été envoyés en mission par Albus. Ils devraient être partis plusieurs jours, » Récita Drago.
Les autres le regardèrent avec incrédulité.
« Harry et Severus?" Lui demanda Ginny.
« Oui, » Répondit Drago.
« Severus Snape- l'homme qui déteste Potter plus que tout autre chose? » Demanda Ron abasourdi.
« C'était le message. Apparemment c'était quelque chose qu'eux seul pouvaient faire. » Drago haussa les épaules, essayant de réprimer un sourire.
Severus lui avait envoyé un message par hiboux lui faisant savoir que lui et Harry manqueraient leurs cours quelques jours. Le Maître des potions lui avait suggérait de dire à tout ceux qui poseraient des questions que le directeur les avait envoyés en mission. Le message s'était terminé avec une brève promesse de tout lui expliquer dès qu'il le pourrait et Drago devait admettre qu'il attendait avec impatience d'entendre l'explication de la raison pour laquelle son ami était parti avec Harry quelques jours.
« Penses-tu qu'Harry sera toujours vivant à la fin pour nous en parler? » Demanda Ron à sa sœur.
« Je le pense, » Répondit Ginny qui avait l'air aussi sceptique que son frère.
OoOoo
La pièce noire n'était illuminée que par une bougie posée sur une petite table de marbre, le Maître des potions était assis sur sa chaise préférée et lisait un livre en attendant que sa jeune charge se réveille.
« Oh, je ne boirai plus jamais. Je le pense cette fois, Ron, » Gémit Harry, mélancoliquement en s'enfouissant un peu plus sous les couvertures.
« C'est probablement la chose la plus intelligente que vous ayez dites, » Répondit le familier baryton sarcastique.
« Au nom de Merlin, que faites-vous dans mes quartiers? » Lui demanda Harry en sortant des couvertures.
« Vos quartiers? » Lui demanda Snape en haussa un sourcil.
Un regard rapide lui apprit qu'il n'était certainement pas dans ses quartiers. Cet endroit était bien trop sombre et obscur, mais ça devait avoir un rapport avec son propriétaire. « Oh terrifiant, » Marmonna-t-il en se souvenant ce qui l'avait conduit à la porte de Snape.
« Effectivement, » Acquiesça le Maître des potions. « Vous êtes ici depuis trois jours, comme -»
« Trois jours? »
« J'ai passé la majeure partie d'une journée et demi à analyser l'état de vos souvenirs. Vous vous êtes remis de cette expérience plus vite que je m'y attendais, que votre agilité mentale ait été ou non affecté… reste à voir. » Sourit en coin le professeur Snape.
« Accio lunettes, » Murmura Harry. Il les attrapa dans les airs et les mit sur son visage. « Et qu'avez-vous trouvé ? »
« Seul un de vos souvenirs a été effacé par les mangemorts. C'était celui ou vous récitez la prophétie pour vos ravisseurs, vous avez été capable de déverrouiller vous-même le charme pour en lire le contenu. »
« Seulement un? »
« Il y avait quelques souvenirs effacés… à votre demande, » Dit le professeur Snape avec une diplomatie qui ne lui ressemblait pas.
« Ce n'est pas quelque chose dont je veux me souvenir, » Dit Harry en se rappelant avoir supplié Kingsley Shacklebolt de lui effacer ses souvenirs. Il avait l'impression qu'il venait d'avaler quelque chose d'acide. « Mais ça devait être fait. »
« Pourquoi penseriez-vous devoir recourir à ces mesures? »
« Auriez-vous préféré que je ne le fasse pas ? » Claqua Harry.
« Non, je ne pense pas, mais je ne m'y attendais pas, surtout de votre part. »
« …moi non plus, » Admit Harry en s'amusant avec ses lunettes.
« Cependant, » Dit le professeur Snape après un long et pénible silence, « avoir son esprit manipulé de la sorte est extrêmement dangereux. Vous auriez pu être affaibli durablement. »
« Je fais confiance à Kingsley. Il a été très prudent. Alors vous n'avez rien découvert d'utile, n'est-ce pas ? »
« Il apparaît que non. »
« Alors nous avons fait tout ça pour rien? »
« Je ne pense pas que vous vouliez vraiment que je découvre qu'en fait vous nous avez tous mis en danger. »
Harry allait protester mais il changea d'avis. Le Maître des potions avait absolument raison. L'idée d'avoir pu mettre ses amis en danger le rongeait et l'avait conduit à venir voir le professeur qu'il aimait le moins.
« Que direz-vous au directeur? » Lui demanda Harry prudemment en essayant de ne pas le regarder.
« Je lui dirai probablement que je n'ai pas découvert de motif de s'inquiéter. »
« Il va vouloir en savoir plus, » Dit Harry d'un air incertain.
« C'est certain, je devrais lui dire que vous avez été extrêmement clair : vous ne voulez pas que je divulgue cette information à qui que ce soit. En ce moment, il est prêt à tout pour que vous soyez heureux et je ne pense pas qu'il me poussera plus que ça – pour l'instant. »
Harry regarda son ancien professeur avec scepticisme.
« Je me trompe rarement sur ce genre de sujets, » Le rassura le Maître des potions.
« Vous pourriez lui dire que j'ai effacé votre mémoire dès que nous avons terminé, » Suggéra Harry. « En fait, je pourrais vraiment effacer votre mémoire -» il s'arrêta. L'expression sur le visage du professeur en disait long et Harry était presque certain que s'il essayait de modifier les souvenirs de l'homme, il risquait de le regretter.
Harry se détourna, incapable de le regarder plus longtemps. Son esprit titubait encore des effets du réveil des souvenirs que le Maître des potions avaient troublés. Des souvenirs qu'il valait mieux oublier qui dans la poussière des huit dernières années essayaient encore de se replacer dans son esprit- des flash-back réguliers de son passé et la présence menaçante de ceux qu'il craignait le plus. Ceux qui menaçaient de détruire la politesse et l'humanité qu'il restait en lui.
« Le dîner est terminé, mais je vous conseille de ne pas essayer de retourner dans vos quartiers avant le couvre-feu. Ainsi, vous ne rencontrerez personne, vous devriez savoir que pour expliquer notre absence ces trois derniers jours, le directeur a fait circuler le bruit que vous et moi assistions les Aurors dans leur enquête sur notre rôle dans l'incident au Ministère. »
« Vous devez être content de savoir que vous aviez raison- encore une fois. Vous avez eu raison tout ce temps. C'est l'une de vos très mauvaises habitudes. » Dit Harry doucement en regardant n'importe où sauf son ancien professeur. « Ils ont placé leur destin entre les mains de la mauvaise personne. Après tout ce que j'ai fait, dites-moi, comment puis-je proclamer être quelqu'un de bien dans toute cette histoire ? Comment puis-je regarder qui que ce soit dans les yeux et proclamer que j'ai fait la bonne chose ? » Soupira-t-il.
« Je -»
« Ce n'est pas grave, » L'interrompit Harry en se levant lentement. Ses tempes qui lui martelaient déjà la tête, augmentèrent avec l'effort. « L'espace d'une minute, j'ai oublié à qui je parlais. »
« Vous devriez prendre une potion pour la tête avant de partir, » Dit le Maître des potions, en remarquant la grimace silencieuse de Harry.
« Ah, j'irai bien, » Dit-il rapidement en déclinant l'offre. Ce n'était qu'un mal de tête. Il supporterait la douleur jusqu'à ce qu'il puisse prendre une des siennes, qui n'aurait pas le goût des chaussettes sales, comme celles du Maître des potions. « Je m'en vais. J'ai beaucoup de choses à rattraper et je n'ai pas les moyens de perdre plus de temps, » Dit-il en chancelant vers la porte.
« Je ne veux pas qu'un élève vous voit chanceler en sortant de mes quartiers, » Dit le professeur Snape en ignorant l'insulte. Il se dirigea vers la cheminée. « Si vous insistez pour ignorer mon conseil et pour partir maintenant, je suis suggère de voyager par la cheminée. Mon réseau est connecté aux Malfoy. Je crois qu'ils passent leur soirée avec les Weasley. Si votre réseau est connecté au leur, vous pourrez ainsi retourner dans vos quartiers. Sinon, la distance est plus courte entre vos quartiers et vous semblerez beaucoup moins suspicieux en quittant leur quartier que le mien, » Lui dit-il en offrant à Harry de la poudre de cheminette.
Harry le regarda suspicieusement.
« Eh bien? Qu'attendez-vous? » Lui demanda le professeur Snape avec impatience.
« J'ai vu le genre d'attrape nigaud que vous posez dans vos quartiers. Il n'y a rien qui risque de m'arracher la main, n'est-ce pas ? »
Le Maître des potions regarda avec des yeux noirs son ancien élève. « Bien sûr que non. »
« Vous ne pouvez pas me reprocher de poser la question, » Marmonna Harry en prenant une poignée de poudre. Il entra dans la cheminée.
« De plus, je ne pourrais jamais expliquer une telle chose au directeur, » Le professeur Snape sourit d'un air satisfait quelques secondes avant qu'Harry ne disparaisse de la pièce.
ooOoo
Harry atterrit couvert de suie devant la cheminée de Ginny et Drago.
« Harry? » Lui demanda Drago en surprenant Harry qui essayait ses lunettes.
« Oh, euh, salut. Désolé pour… eh bien… passer par… euh… »
« Ne t'inquiète pas. Que t'est-il arrivé ? Où étais-tu ? Veux-tu un verre ? » Lui demanda Drago en jetant des papiers derrière le coussin à côté de lui et se dirigea vers le bar.
« Non. Définitivement pas d'alcool maintenant, merci, » Dit-il en se levant. « Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait quelqu'un ici maintenant. Je passais simplement pour aller dans mes quartiers. J'espère que ça ne te dérange pas. »
« Tu as raison, Ginny et moi étions censés boire avec Ron et Hermione, mais je ne sais pas comment tu pouvais le savoir. Tu n'es pas obligé de te dépêcher. Fais comme chez toi, tu peux rester ici un temps. J'adorerais savoir où tu étais. J'ai reçu un message de Severus disant que vous avez été envoyés en mission par Albus, mais il ne disait rien de plus. Alors qu'avez-vous vraiment fait ces derniers jours ? »
« Je n'ai pas vraiment envie d'en parler, » Soupira-t-il en tombant sur un coussin de Drago.
« Tu sais que les filles vont avoir des questions, hein? »
« Oui, et j'espère que tu vas m'aider à les écarter. »
Drago regarda attentivement Harry. « Très bien, je ferai de mon mieux pour garder les filles-et Ron- à distance. On dirait que tu vas t'endormir en te levant. Je sais que tu as dit que tu retournais dans tes quartiers, mais tu es le bienvenu pour rester ici si tu veux. Ginny dort chez Ron et Hermione. »
« Avez-vous des problèmes tous les deux ? » Demanda-t-il perplexe.
« Non; Ginny et Hermione font une soirée entre filles. Elles font ça de temps à autre. Ron vient en général ici ou s'enferme dans une autre pièce, » Répondit Drago.
« Oh. Eh bien, je vais retourner dans mes quartiers. Désolé d'être passé sans prévenir. »
« Tu sais, tu devrais connecter ta cheminée à la nôtre. »
« Ce 'n'est pas si loin de mes quartiers. » Répondit Harry ;
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. Nous nous préparons pour une nouvelle guerre. Il pourrait y avoir des moments où tu auras besoin de sortir de tes quartiers en hâte et trouver l'un de nous. D'un autre côté, tu auras peut-être besoin de voir certaines personnes sans que l'on puisse suivre tes faits et gestes dans l'école ou quand on pourrait avoir besoin de te voir en hâte. Severus est la personne la plus paranoïaque que je connaisse, mais sa cheminée est reliée à la nôtre, à celle des Weasley et à Albus. »
« Il est relié à la cheminée de Ron et de Hermione? » Laissa échapper Harry.
« Ron, Hermione, Ginny et les autres Weasley lui ont été très fidèles. Nous avons commencé à travailler ensemble quand je suis sortie avec Ginny. Après nous avons tous changé d'opinion les uns sur les autres, mais je pense que dépendre des uns des autres pour survivre nous pousse à être ainsi. »
« Très bien. J'ouvrirai mon réseau demain. Pour l'instant, je veux simplement une potion pour la tête et m'effondrer dans mon lit, » Soupira-t-il en quittant les quartiers de Drago.
Une fois Harry partit, il récupéra les parchemins qu'il avait cachés derrière le coussin du canapé et les mit en sécurité entre les pages d'un livre sur l'étagère.
Il écrivit une courte note pour Ginny, au cas où elle devrait revenir avant lui et se dirigea d'un pas rapide vers la cheminée. Harry n'avait peut-être pas envie de parler de l'endroit où il avait été ces trois derniers jours, mais Severus serait peut-être plus bavard.
OoOoo
« Alors qu'avez-vous exactement fait toi et Harry ces trois derniers jours ? Il m'a dit qu'il était épuisé et que la seule chose qu'il voulait était de se mettre au lit et se reposer. L'esprit cherche toutes les possibilités. » Drago sourit. Il sortit de la cheminée de Severus et épousseta la suie tombée sur ses vêtements.
« Je connais au moins dix manières de te tuer immédiatement qui auront l'air d'un accident. » Dit l'autre homme sans même lever les yeux du livre qu'il lisait. « Tu n'étais pas censé être dans tes quartiers ce soir. »
Les vieilles habitudes étaient difficiles à briser. Au cours de la dernière guerre, ils avaient toujours fait en sorte que les autres sachent exactement où ils étaient tout le temps. Au début ils ne pouvaient que se faire confiance l'un l'autre. Leur destin en tant qu'espion était lié. Si l'un était découvert, l'autre le serait également alors ils faisaient toujours en sorte que l'autre puisse le trouver s'ils en avaient besoin. Ils avaient gardé cette habitude à la fin de la guerre. Ils avaient joué un rôle dangereux dans la guerre et personne ne pouvait les convaincre qu'ils étaient en sécurité.
« J'ai dû changer mes plans. J'ai eu du courrier…d'un ami bien informé. »
Le Maître des potions baissa son livre.
« Et qu'avaient-ils à dire? »
« Les mangemorts prennent de nouvelles recrus et ils essayent de recruter des élèves. »
« Je m'y attendais. Il ne peut pas briser les défenses du château alors il va essayer de recruter ceux qui sont déjà dedans. Nous avons déjà anticipé cela. Le directeur a prévenu tout le personnel en privé, ainsi que toi et Ginny. Nous ne pouvons rien faire de plus pour l'instant. » Dit Severus en envoyant son livre parmi la foule d'étagères derrière lui d'un rapide mouvement de baguette.
« Nous le suspections peut-être avant, mais maintenant nous savons que ça va se produire. Je n'aime pas l'idée que ma femme puisse être exposée aux mangemorts qui auront l'occasion de la faire souffrir, juste pour m'atteindre. » Dit Drago en serrant les poings.
« Ta femme a grandi avec six frères et elle est la femme d'un Malfoy. Elle est bien plus que capable de se protéger. De plus, je n'ai jamais vu de famille plus protectrice que les Weasley. Elle sera bien surveillée. D'une certaine manière, je me sens désolé pour la personne qui essaierait de s'attaquer à elle. Je ne souhaiterais à personne d'être attaqué par le clan Weasley ou Malfoy au complet. Je t'assure que ta femme sera plus en sécurité ici que nulle part ailleurs. Au moins à l'école, la menace est limitée à un groupe d'élèves qui n'a pas encore entièrement atteint son potentiel magique. »
« Tu n'es pas idiot. Tu sais aussi bien que moi que Voldemort leur apprendra à contrôler leur magie. » Contra Drago.
« J'en suis conscient. » Dit Severus en se dirigeant vers un placard. Il leur servit un verre de scotch. « Mais tu dois être conscient que ce qu'il leur enseigne est tempéré par leur talent. Tu es devenu un mangemort quand tu étais à l'école. Même avec l'entraînement du Seigneur Noir, étais-tu vraiment doué ? Je dirai que tu étais capable de jeter le sort mortel, mais je crois que ce talent, tu l'as appris pendant notre entraînement et non avec celui que te dispensait le Seigneur Noir. » Ajouta-t-il en envoyant un verre vers Drago.
Drago s'affaissa sur le canapé en faisant attention à ne pas renverser son verre. « Tu as raison. Je sais que tu as raison. Et ayant subi l'attaque de la famille Weasley, je peux honnêtement dire que j'ai eu de la chance de m'en être sorti vivant. » Il grimaça légèrement. Il massa inconsciemment une vieille blessure sur sa poitrine.
Sa première rencontre avec le reste de la famille Weasley ne s'était pas aussi bien passée qu'il l'aurait aimé. Il n'était pas facilement effrayé, mais il n'avait pas honte d'admettre que ce jour-là, il avait eu peur. La famille toute entière s'était réunie pour rencontrer Drago. Même Ginny avait été surprise. Il était rare que la famille entière puisse être ensemble. Drago les soupçonnait d'avoir annulé leurs rendez-vous pour être sûr de pouvoir garder un œil sur lui.
Sa presque mort due à la famille Weasley s'était produite après le déjeuner. Ginny aidait sa mère à ramener les déchets dans la cuisine quand Drago remarqua qu'une abeille tournait autour de sa tête. Ginny était allergique aux piqûres d'abeille et la dernière fois Drago avait dû l'emmener à l'hôpital pour qu'elle se fasse soigner. Sans penser à l'endroit où il se trouvait, il sortit sa baguette pour éloigner le danger. Une seconde plus tard, il était matraqué par sept sorts et fut arrêté par trois grands hommes Weasley.
Il lui avait fallu du temps avant de retourner chez les Weasley.
« De toute façon, tu n'as pas répondu à ma question. Pourquoi Harry et toi avez disparu pendant trois jours ? »
« Je suis certain de t'avoir envoyé un message, » Dit Severus en s'asseyant sur l'autre coussin. Il buvait de temps en temps.
« Et il n'aurait pas pu être plus vague. Si tu ne veux pas me le dire, ce n'est pas grave. Tu sais que je fais confiance à ton jugement. » Lui proposa Drago en faisant tourner la glace de son verre. « Mais j'admets que je suis curieux. Harry est sorti de ma cheminée en ayant l'air d'avoir vu un fantôme- voir pire. Il a essayé de le cacher, mais il n'a pas vraiment fait du bon travail. Cet homme est capable de tromper tout le monde en faisant croire qu'il est quelqu'un d'autre, mais ce soir, il ne pouvait pas être plus transparent. Il était effrayé. Qu'avez-vous bien pu faire qui puisse l'affecter ainsi ? Et si ça l'a affecté lui, pourquoi es-tu si calme et non affecté ? »
« Quand M. Potter et M. Weasley ont réglé leurs différences, Potter a mentionné que le Seigneur Noir était au courant de la Prophétie. N'étais-tu pas curieux de savoir comment le Seigneur Noir avait pu l'apprendre ? »
« Je ne me souviens pas- non, attends une minute. Mon cerveau devait être en mode endormi. Je n'y ai pas pensé à ce moment-là. »
« Potter a admis qu'il pensait lui avoir révélé cette information. Il a admis avoir été capturé par les mangemorts plusieurs fois et forcé à leur donner des renseignements. »
« Je suppose que ça explique ces lignes créatives que nous avons vues sur son corps. » Gronda Drago.
« Il a aussi admis qu'il pensait que ses souvenirs avaient été modifiés et qu'il ne pouvait pas se rappeler leur avoir donné d'autres informations, mais qu'il était possible qu'il l'ait fait et que d'autres souvenirs avaient pu lui être cachés. J'ai passé les trois derniers jours à fouiller ses souvenirs de ces trois dernières années de guerre en essayant de déterminer si oui ou non c'était le cas. »
« Et qu'as-tu trouvé? » Lui demanda Drago.
« Je n'ai rien trouvé qui puisse suggérer que nous soyons plus en danger que nous ne le pensions, » Répondit Severus.
Drago soupira. « Tu as la fâcheuse habitude de ne pas répondre à la question tout en y répondant. »
« Il a en fait donné plus d'informations, mais à chaque fois qu'il a été capturé, il s'est échappé, mais pas sans avoir éliminé ceux qui avaient entendu les informations qu'il avait données. »
« C'est sensé, » Acquiesça Drago avec approbation. « Mais pourquoi t'en a-t-il parlé maintenant ? Et pourquoi pas avant ? »
« Il croyait avoir pris suffisamment de mesures pour écarter le danger. J'ai réussi à le persuader du contraire. Je peux être très persuasif quand je le veux. »
« Tu as dû être très persuasif pour qu'il te laisse voir ses souvenirs de guerre. Il est toujours très susceptible quand on lui pose des questions dessus, » Dit Drago en regardant son ami prudemment. « Alors ces trois derniers jours tu étais dans l'esprit de Harry ? »
« Non. Il n'a fallu qu'une journée. Il lui a fallu deux jours pour récupérer. »
« Alors tu es resté avec lui les deux jours pendant lesquels il récupérait? » Lui demanda Drago avec curiosité.
« Je ne laisserai pas M. Potter seul dans mes quartiers. Merlin seul sait dans quel état je les aurai récupérés s'il s'était réveillé avant que je ne revienne de cours. » Souffla Severus.
« Je ne sais pas. Ce n'est pas que je ne te crois pas, mais il n'y a rien dans ce que tu m'as dit qui explique ce que j'ai vu. Quand Harry est arrivé dans mes quartiers, il avait l'air apeuré. J'ai vu une véritable peur dans ses yeux. C'était certainement dû au processus de rétablissement, » Dit Drago d'un air incertain.
Severus regarda son verre. « Ses souvenirs sont en état de confusion. Ils essaient de trouver leur place dans son esprit et il les voit encore tous alors que son esprit s'organise. Il se rétablit rapidement, peut-être un peu trop vite. Il aurait du dormir au moins deux jours de plus pour laisser à son esprit le temps de se remettre. J'imagine que nous aurions l'air troublé si on nous obligeait à regarder qui nous étions les dernières années de guerre. »
Drago leva la tête si rapidement qu'il se cogna presque dans son verre. Severus Snape s'identifiait à Harry Potter. Il regarda avec scepticisme son verre de scotch. Peut-être y avait-il plus d'alcool là-dedans qu'il ne le pensait…
« Qu'as-tu vu dans les souvenirs d'Harry ? »
« J'ai senti une grande tristesse résonner dans les murs de son esprit, » Dit-il en se levant pour se resservir de l'alcool. Il avait une autre bouteille avec lui quand il revint. « Il y a de la tristesse mêlée à de la colère et de la vengeance. Un dangereux état d'esprit. »
« Je demanderai à Ginny, Ron et Hermione de garder un oeil sur lui, » Dit Drago en observant son ami qui regarder son verre depuis maintenant un certain temps.
« Que me caches-tu? » Lui demanda Drago.
« Je te demande pardon? »
« Je te connais depuis longtemps et je peux dire qu'il y a quelque chose qui te mange de l'intérieur. Qu'est-ce que c'est ? »
Severus posa son verre. « Il nous a sauvé la vie. Pas une mais plusieurs fois. J'en avais la suspicion depuis que nous l'avions entendu parler à son ami, celui qui tient la boutique de livre dans l'Allée des Embrumes. Ce n'est pas simplement quelque chose qu'il a fait en passant. Il a été très loin pour s'assurer de notre sécurité encore et encore. »
« Merlin… »
« Je me suis toujours demandé pourquoi aucun mangemort du cercle n'avait jamais questionné ou suspecté notre loyauté. Personne n'est à l'abri de quelques erreurs. Apparemment Potter était capable d'obtenir des informations dans le cercle même des mangemorts et il a fait en sorte que tous ceux qui auraient pu suspecter nos mouvements disparaissent. »
« Quelles sortes de mesures a-t-il prise? » Lui demanda Drago.
« Tu n'as pas à t'inquiéter avec des précisions, » Lui dit Severus d'un air dédaigneux.
« Dans ta langue, ça veut dire que tu ne vas pas me le dire, c'est ça? » Lui demanda Drago.
« C'est exact. J'ai assuré à Potter de ma discrétion sur le contenu de son esprit comme je ne suis pas malhonnête, je ne divulguerai pas le contenu de l'esprit d'un autre homme à la communauté. »
Drago mâcha un cube de glace. « Je te l'avais dit, hein ? »
« Excuse-moi? » Lui demanda Severus, confus.
« Il n'est pas vraiment l'homme que tu pensais qu'il était, hein? » Lui demanda Drago.
