Harry Potter et le secret de Voldemort

By DreamAngel7

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Chapitre XIII : Photos, dispute… Les choses se corsent

Harry revint dans la salle commune des Gryffondor dans la matinée du dimanche. Il trouva, chose suffisamment rare pour être notée, Samantha déjà réveillée. Elle était confortablement installée au fond d'un fauteuil, plongée dans un livre qui devait être passionnant. Il n'y avait personne d'autre dans la salle. Ceux qui avaient eu le courage de se lever devaient profiter du beau temps, dehors.

Elle était vêtue d'un jean et d'un joli pull bleu. Hermione avait longtemps essayé de la convaincre de ne pas s'habiller en Moldu au château, mais tout ce qu'elle avait obtenu était que Samantha ne mette sa robe de sorcier qu'en cours. Elle semblait considérer cet habit comme un uniforme et refusait de le porter en dehors des horaires de cours. Aussi la voyait-on souvent se précipiter dans sa chambre en sortant de la dernière heure de la journée pour se "mettre à l'aise" et passait-elle le week-end en Moldue.

Elle releva la tête dès qu'il approcha. Elle ferma aussitôt son livre d'un coup sec, sans marquer la page, et lui sourit.

-Bonjour, Harry. Comment tu te sens ?

-Bien mieux, répondit-il en s'asseyant sur le canapé, devant la cheminée vide. Tu sais, ce n'était pas grand chose hier, juste un peu de fatigue, peut-être…

Samantha ne répondit pas. Il jugea préférable de changer de sujet.

-Tu sais qu'Halloween est dans deux semaines ?

-Halloween ? Oui, c'est vrai, fit-elle pensive. Nous n'avons pas vraiment l'habitude de le fêter chez nous, même si j'ai plusieurs fois essayé de le faire. Mais… il faudra se déguiser ?

-Euh… Je ne pense pas, ça n'a jamais été fait, mais c'est une idée… On peut toujours espérer qu'ils nous préparerons quelque chose. Mais ça tombe un jeudi et il y a une sortie à Pré-au-Lard le samedi suivant. Tu viendras avec nous ?

-J'aimerai beaucoup, répondit Samantha en souriant. Ça me changerait un peu les idées.

-En plus Sniffle sera là, tu pourras faire sa connaissance, tu sais qu'il a hâte de te rencontrer.

-Sniffle ? fit Samantha sans trop comprendre. Ah oui, c'est vrai… Oui, bien sûr, je serais heureuse de le voir, s'enthousiasma-t-elle. Ce n'est pas n'importe qui… ajouta-t-elle avec un sourire.

-Tu as donné ton autorisation à Dumbledore ? demanda Harry sans trop y penser.

-Mon… autorisation ?

-Oui, l'autorisation de sortie signée par tes parents, répondit-il, puis comprenant : Tu veux dire que tu ne l'as pas !

-Je ne sais pas, peut-être que si, ils l'ont peut-être signée pendant que je préparais mes affaires, je n'en sais rien… Et si je ne l'ai pas ?

-Si tu n'as pas quoi ? fit une voix.

Neville venait d'entrer dans la salle par le passage de la grosse dame et s'approchaient d'eux. Il avait tout un attirail de travail dans les bras.

-Son autorisation de sortie pour Pré-au-Lard, répondit Harry.

-Elle ne pourra pas venir, alors ! s'exclama Neville, l'air déçu. C'est dommage pour toi, tu vas rater quelque chose.

Samantha se renfrogna. Harry préféra à nouveau changer de sujet. Décidément, les conversations qui fâchent se succédaient aujourd'hui…

-Tu fais quoi avec tout ça ? demanda-t-il à Neville.

-Oh, ça… C'est pour mon devoir de Potions.

-Encore ? Je croyais que tu l'avais fini hier !

-Non, j'en suis encore loin. Je n'y arrive vraiment pas.

-C'est le devoir sur la Potion de Frigor ? demanda Samantha.

-Oui…

-Alors viens avec moi…

Harry la regarda se lever et partir avec Neville pour l'aider à faire son devoir. Depuis l'incident de l'infusion d'armoise, il était connu qu'elle avait un bon nombre de connaissances en matière de potions. Rogue avait même tenu à faire une petite évaluation pour connaître l'étendue de son savoir mais jusque-là, aucun rendez-vous n'avait été pris. Pourtant Harry se doutait bien qu'il finirait par arriver à ses fins.

Le seul résultat positif était qu'à présent, Samantha prenait beaucoup de temps pour aider Neville, avec lequel elle s'entendait plutôt bien. En échange, il s'occupait de combler ses lacunes en Botanique, matière dans laquelle Hermione avouait avoir un peu de difficultés, et puisqu'il était le meilleur dans cette discipline, personne n'avait contesté.

Harry secoua la tête en souriant, puis se leva et monta dans sa chambre. Il ferma la porte, se dirigea vers son armoire et l'ouvrit. Il en sortit un album photo. Il referma l'armoire et alla s'asseoir en tailleur sur son lit dont il rabattit les rideaux, pour une obscure raison inconnue même de lui.

Assis là, il posa l'album sur ses genoux et l'ouvrit. Aussitôt, les visages souriant des photos s'animèrent et lui adressèrent divers signes de la main. Ses parents, son parrain, la famille de son père, des amis… lui bébé aussi. Il les regarda longuement avec nostalgie, puis finit par arriver à la dernière page, où il avait glissé une photo de Tom Jedusor qu'il avait dénichée par hasard. Sur le carré de papier glacé, il devait à peine avoir 17 ans.

S'il gardait cette photographie, c'était uniquement pour se rappeler le visage que son pire ennemi arborait quand son corps avait encore quelque chose d'humain. Aujourd'hui, il n'étais plus qu'un simulacre sordide de serpent raté. Du moins, c'était ainsi qu'il le voyait. Un simulacre de serpent raté. Il ne restait plus rien d'humain en lui. Jusqu'à ses yeux, il était un monstre.

Mais…

… tellement ressemblant…

Il avait raison, Tom Jedusor ne s'était pas trompé, en disant qu'ils se ressemblaient. Même cheveux noirs, même… Et s'ils avaient eu de la famille en commun ? Quelle idée absurde ! Si tel était le cas, il l'aurait su depuis longtemps. Et puis franchement, qui irait imaginer une telle chose ? C'était tellement ridicule ! Beaucoup de gens se ressemblaient sans être de la même famille, il n'y avait qu'à voir… Samantha ? Elle était fille de Moldus, jusqu'au bout des ongles. Aucun lien de parenté entre elle et…

Il referma l'album d'un coup sec et alla le remettre dans son armoire, sous une pile de vêtements. Oui, la ressemblance était très forte, il le savait d'autant plus après avoir observé attentivement le visage de cette personne dans l'album. C'en était même troublant, il comprenait bien mieux la réaction du pauvre Ollivander qui ne devait vraiment pas s'attendre à une telle chose. Pareil pour toutes les personnes les ayant approchées…

Excepté un unique détail, tout était identique. Elle ne devait jamais savoir. Il ne supporterait pas qu'elle sache. C'est du moins ce qu'il se répétait. Il voulait garder ça pour lui, mais d'un autre côté c'était presque impossible, ça ne dépendait pas entièrement de lui. Elle finirait par savoir, il en était conscient. Il n'était pas sûr de sa réaction. Comment prendrait-elle ça ?

Il avait hâte de voir Sirius. Peut-être lui dirait-il, il n'en savait rien. Avec Ron et Hermione présents, il serait compliqué d'aborder le sujet. Il ne voulait pas en parler avec eux. Quant à Sirius, il ignorait la réaction que celui-ci pourrait avoir face à une telle révélation. Voulait-il vraiment tenter le coup ? A vrai dire, il ne savait plus trop où il en était, depuis qu'elle était entrée dans sa vie tout s'était compliqué. Finalement, il était peut-être préférable qu'elle n'ait pas son autorisation.

Mais de quoi avait-il peur ? Qu'elle s'éloigne ? Qu'elle ne prenne une trop grande place dans sa vie ? Et pour les autres ? Qu'ils lui posent toutes sortes de questions stupides ? Qu'il la considèrent autrement ? Pour cela, il était déjà trop tard. Personne n'agissait avec elle comme avec une élève normale. Sauf peut-être le professeur Sinistra. Elle n'avait probablement pas connu cette personne, ou alors elle le cachait bien.

Coupant court à ses réflexions habituelles et peu fertiles, Harry sortit de sa chambre et décida de prendre l'air. Il trouva Samantha et Neville en pleine discussion dans la Salle Commune. Ils parlaient apparemment de l'interdiction d'une plante considérée comme mortelle, utilisée à une époque comme médicament et qui s'était révélée être hallucinogène, du moins au peu qu'il entendit. Il passa en silence pour ne pas les déranger et se retrouva dans le couloir, devant le tableau.

Une fois à l'extérieur, il ferma les yeux et inspira l'air frais du dehors. Cela lui fit du bien et le libéra de ses idées sombres. Il pensa soudain à son balai et ressentit un violent désir de voler. Mais après sa chute de la veille, il savait que ce ne serait pas raisonnable, aussi chassa-t-il cette pensée. Mais une autre vint la remplacer, moins joyeuse encore. Il avait failli mourir. Un moment de faiblesse et tout aurait été terminé. Tout.

Il devait faire attention. Même s'il n'aimait pas cette idée, il savait que nombre de sorciers comptaient sur lui pour les sauver. Il savait aussi que Dumbledore comptait sur lui plus que n'importe qui, et que, même si pour le moment il était le seul à pouvoir tenir tête à Voldemort, il se faisait vieux. Quelqu'un devrait prendre la relève. Mais qui, à part lui, Harry Potter le Survivant ? Seulement, s'en sentait-il capable ? Il serait encore temps d'y penser, quand le moment se présenterait. Pour l'instant, il préférait se cacher derrière cette sécurité que représentait encore le directeur.

Au loin il aperçut un groupe d'élèves. Avançant sans but précis, il remarqua que c'était des Serpentard. La tignasse blonde de Malefoy était visible au milieu de l'attroupement. Harry fit une grimace dégoûtée. Jamais il n'avait autant détesté Malefoy que cette année. Il avait tout fait pour se rendre encore plus insupportable et exécrable à ses yeux. Dumbledore avait demandé à ce que les maisons se serrent les coudes, avec la menace qui planait, mais avec des Serpentard, la chose était impossible.

Ses pensées noires revinrent. Malefoy savait tout. Il savait pour la ressemblance, et il savait plus encore. Et il profitait de cette position de supériorité, rabaissant Harry chaque fois qu'il lui était possible de le faire. Pendant toute la semaine qui avait suivi la transe de Samantha, il n'avait cessé de faire comprendre à Harry qu'elle n'était pas en sécurité avec lui, qu'elle ne le serait qu'avec les Serpentard. Pourquoi insistait-il ? Ne voyait-il donc pas qu'il perdait son temps ? Ses paroles n'atteignaient personne.

C'est du moins ce que Harry se plaisait à croire. Pour se rassurer. Au fond de lui, il devait bien s'avouer que cette insistance lui faisait peur. Et s'il avait raison ? Si jamais Malefoy cherchait réellement à la protéger ? De quoi ? Quelle menace plainait au-dessus d'elle ? Probablement aucune de plus que celle qui pesait déjà sur la communauté magique, bien qu'elle se refuse à admettre le retour du sorcier noir. Dans ce cas… Drago serait-il amoureux ?

Harry retint un rire plus nerveux qu'autre chose. Malefoy, amoureux ? Et puis pourquoi pas ? Qu'est-ce qui empêchait les Serpentard d'aimer quelqu'un ? Il avait bien vu des couples se former dans leurs rangs. Même si cette idée avait tendance à faire rire, elle n'en était pas moins réelle. Alors… Drago, amoureux de Sam ? Harry ressentit soudain un sentiment de compassion envers son adversaire, devant cette étonnant fait. Oui, les Malefoy avaient leur faiblesse, comme chacun, et la sienne était une jeune brune aux mèches rouges.

Une lueur d'espoir ? Si même les Malefoy avaient une faiblesse, se pouvait-il que tous les Serpentard en aient une ? Et Voldemort ? Harry repoussa bien vite cette idée. Absurde. Complètement. Voldemort n'avait aucune faiblesse, sinon elle se serait révélée depuis bien longtemps. Non, Voldemort avait banni toute faiblesse de sa vie, de toutes les manières possibles. Il s'était débarrassé de tout ce qui pouvait lui faire du tort, Harry en était persuadé. Non, Voldemort ne pourrait être vaincu par le plan sentimental.

Alors comment le vaincre ? En étant plus fort que lui. Voilà pourquoi, depuis l'année précédente, il avait commencé à s'entraîner en secret, la nuit, dans des salles vides. Personne ne savait à quel point il avait progressé. Ses professeurs se contentaient de remarquer que, dans la pratique, il se révélait bien meilleur que le meilleur élève de l'année. Mais ça ne lui suffisait pas. Il devait être le meilleur, il voulait dépasser tout le monde, puisque Voldemort était le plus grand sorcier du monde, il lui fallait devenir plus fort que les plus forts.

Harry décida de s'éloigner de tout ce qui pouvait se rapprocher d'un Serpentard et rentra dans le château. Il déambula au hasard dans les couloirs, sans but précis. Se changer les idées, ne penser à rien, voilà ce à quoi il aspirait. Mais le visage de Samantha revint le hanter. Ne se passait-il donc plus un instant sans qu'il ne pense à elle !

Il se prit à se demander quelle avait été la réaction de Rogue en apprenant la conduite de Zénobie le vendredi précédent. Lui qui vénérait littéralement son élève prodige, comme il aimait l'appeler, ne devait pas vraiment avoir apprécié cet excès de la part de son amie/ennemie.

Il se remémora alors la discussion qu'ils avaient plus ou moins entendue quelques semaines auparavant, dans la Grande Salle. Avait-elle un rapport avec Samantha ? Sur le moment ils n'avaient pas bien compris de qui il était question, mais se pouvait-il que ce soit… ? Ils avaient toujours été opposés quant à leur attitude envers elle, était-ce là la raisons de leurs fréquentes disputes ?

« Je ne fais que ce que nous devrions tous faire »

Qu'avait voulu dire Rogue par là ? Toujours dans l'hypothèse où cela concernait Samantha, devait-on y voir un rapport avec ses prétendues "prédispositions" ?

Harry aurait tout de même été très curieux de voir par lui-même la réaction de Rogue. Il était sûr que celui-ci n'aurait pas manqué de s'énerver. S'en serait suivie une longue bouderie qu'il n'avait en fait pas cherché à déceler, même si c'était toujours facile à voir. Il n'avait pas fait attention, trop habitué à leurs sautes d'humeur. Ah ! Que n'aurait-il pas donné pour assister à ce spectacle !

Comme si une entité quelconque avait entendu sa demande indiscrète, il entendit au détour d'un couloir un éclat de voix. Il reconnut aussitôt le ton agressif de Zénobie. Il s'approcha sans bruit et regarda prudemment dans le couloir qui faisait l'angle.

-Je n'admets pas ce genre de comportement, Severus ! criait Zénobie, au comble de la rage.

Rogue lui-même semblait loin de son flegme habituel, son visage ordinairement cireux était rouge, ses poings étaient serrés.

-Il ne vous est jamais venu à l'esprit qu'elle pouvait parfaitement être hors d'état de suivre un cours ! hurla-t-il en retour. Principalement le vôtre, vous êtes incapable de la moindre gentillesse !

-Croyez-vous qu'elle le mérite ! Que…

-Elle mérite au moins un peu de respect, surtout de votre part ! coupa Rogue. Il ne vous ferait pas de mal de témoigner un peu de sympathie à son égard ! Il faudrait peut-être que vous preniez conscience de certaines choses !

-Ne me dites pas ce que je dois faire, vous ne comprenez rien, vous ne savez pas la moitié de ce que j'ai enduré ! s'écria Zénobie.

Elle était toujours furieuse mais Harry crut sentir qu'elle était prête à fondre en sanglots. Zénobie, proche des larmes ? Harry fronça les sourcils. La voix de Rogue s'adoucit un peu lorsqu'il reprit la parole.

-Je ne prétends pas tout connaître de tes souffrances, Phyllis, mais admets que tu n'arrangeras rien en agissant ainsi, combien de fois devrai-je te le dire ?

Harry saisit immédiatement la différence dans le ton de son professeur de Potions. Il n'arrivait pas à croire à la tendresse qu'il décelait dans ses paroles. De plus il avait laissé le vouvoiement et le nom de famille de côté pour se montrer plus familier. Harry comprit obscurément qu'il n'usait que lors de leurs disputes, et il devait en être de même pour Zénobie. Ils étaient étranges, tous les deux…

Mais qu'avait pu vivre cette femme pour agir de cette manière ? Sa vie avait dû être particulièrement dure et éprouvante. Harry ressentit soudain une pointe de compassion pour son professeur de Défense.

-Ce n'est pas en agissant comme tu le fais avec elle que tu résoudras tes problèmes, ajouta Rogue.

-Tu ne sais rien, rien du tout, ne parle pas de ce que tu ne connais pas, Severus, gronda Zénobie. Crois-moi, elle ne mérite pas la considération que tu as pour elle. Un jour ça se retournera contre toi, et ce jour-là, tu viendras t'excuser de ne pas m'avoir crue. Cette fille est le diable réincarné, ce n'est pas en se montrant indulgent avec elle que les choses s'arrangeront.

Rectification : Zénobie n'inspirait aucune compassion à Harry. Mais pour qui se prenait-elle, à la fin ? Traiter Samantha de diable réincarné ! Puisqu'elle parlait de Samantha, le doute n'était pas possible sur ce point.

-Je ne me laisserai pas faire par elle, continua Zénobie. Elle ne me bernera pas, pas comme elle l'a si aisément fait avec vous, Mr Rogue. Vous êtes d'une naïveté étonnante, mon cher, laissez-moi vous le dire. Je vous croyais plus avisé.

Sur ces mots, elle tourna les talons et s'enfuit. Elle ne s'en alla pas en marchant d'un pas digne, non, elle s'enfuit. Rogue resta immobile, comme pétrifié par cette réaction plutôt inattendue, la main à moitié tendue devant lui. Puis il baissa le bras et la tête, qu'il secoua avant de s'en aller.

Non, Harry ne comprendrait jamais ces deux-là. Ils étaient bien trop compliqués, et leur relation elle-même semblait trop complexe. De même que leur comportement face à Samantha. Opposés en tout et sur tout. Comment pouvaient-ils être à ce point amis alors que tout s'évertuait à les déchirer ? Pourquoi les gens aimaient-ils souffrir ?

Non, Harry ne comprendrait jamais.

Quelques paroles de Rogue revinrent à l'esprit de Harry. Que sous-entendait-il quand il disait que Zénobie devait prendre conscience de certaines choses et qu'elle devait se montrer plus conciliante à l'égard de Samantha ? Ce n'était jamais qu'un mystère de plus à ajouter au profit de son amie. Mais il en avait marre. Il voulait des réponses. Mais où les chercher ?

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-Harry ! Harry !

A son arrivée dans le hall de château, il vit Samantha descendre les escaliers en courant, apparemment indifférente à l'idée de rater une marche et de se rompre le coup en tombant. Elle s'arrêta devant lui et tenta de reprendre son souffle.

-Qu'y a-t-il ? s'inquiéta Harry devant sa pâleur et son air choqué.

-Une attaque… lâcha-t-elle, la main sur le cœur et l'autre sur le genou, essoufflée. On vient… de l'apprendre… Mon dieu…

Elle s'effondra et garda les yeux fixés droit devant elle, dans le vide. Ils étaient brillants, des larmes menaçaient de tomber à tout instant. Cruelle, comme entrée dans le monde de la magie. A peine deux mois et voilà qu'elle découvrait aussi les horreurs de ce monde…

Comme sous le choc de la nouvelle, le visage d'Harry ne refléta aucune émotion. Il s'avança vers Samantha, s'agenouilla près d'elle et la prit dans ses bras, en silence. C'est ainsi qu'Hermione et Ron les trouvèrent, quand ils arrivèrent à la suite de Samantha, en haut de l'escalier.

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En très peu de temps, toute l'école avait été au courant. Tous s'étaient instinctivement réunis dans la Grande Salle, attendant des précisions de la part de quelqu'un, n'importe qui, ayant des informations. Ils attendirent là un bon moment, dans l'angoisse. Seuls les Serpentard, comme on pouvait s'y attendre, ne paraissaient pas spécialement affectés. Certains d'entre eux avaient même négligé de venir.

Tout ce que les élèves savaient jusque-là se bornait à l'attaque en elle-même. Ni le lieu ni l'heure ni aucun autre détail n'avait encore été divulgué. La connaissance même de cette attaque avait une origine plutôt floue. Pourtant tous savaient que ce n'était pas une rumeur.

Les muscles étaient crispés, les yeux fixes, les mâchoires serrées. Certains essayaient de rester optimistes et s'occupaient de rassurer les autres, tout en se rassurant eux-même. Dans cette atmosphère d'incertitude, les pires scénarios se formaient dans les esprits les plus effrayés.

Les Gryffondor se serraient les coudes, sans un mot, juste par la présence. Harry avait un bras posé sur les épaules de Samantha, qui était blottie contre lui, les traits rongés par l'angoisse. Que craignait-elle au juste ? Nul ne le savait. Harry aurait parié qu'elle-même n'en savait rien.

Après quelques minutes, les professeurs Sinistra, Trelawney et Vector, ainsi que Rusard, vinrent s'ajouter à l'assemblée mais restèrent chacun d'un côté de la grande porte, comme des gardes. Cela ne fit qu'ajouter à l'angoisse de certains. Ils eurent une petite concertation, s'apercevant sans doute de l'absence de la majorité des Serpentard, et Vector ressortit avec le concierge. Ils revinrent un peu plus tard avec les fuyards mais refusèrent toujours d'ouvrir la bouche.

Finalement, après ce qui leur parut de longues heures, mais en réalité ne représentait que deux ridicules heures, Dumbledore entra dans la pièce, suivi par tous les autres professeurs. Ils paraissaient tous exténués et abattus. Ils allèrent s'asseoir, ou plutôt s'avachir sur leurs chaises, certains se prirent la tête dans les mains.

Le directeur resta debout. Il posa ses poings sur la table et parcourut l'assistance d'un regard désolé et fatigué. Tous les élèves étaient silencieux et observaient Dumbledore avec appréhension.

-Je ne sais d'où cette information vous est parvenue, commença-t-il d'une voix lasse, mais il y a bel et bien eu une attaque cet après-midi…

Aussitôt un brouhaha emplit la salle. Dumbledore dut lever les deux mains pour rétablir le silence.

-Tous les professeurs, exceptés ceux ici présents, poursuivit-il en désignant ceux toujours près de la grande porte, resté pour assurer votre sécurité, ont dû s'absenter de l'école pendant un moment pour aider le Ministère.

-L'attaque a eu lieu au Ministère ? demanda un élève.

-Non, répondit Dumbledore.

-Alors où ? s'écria un autre élève.

-Et par qui ? ajouta une troisième.

-Cette attaque à été menée contre la prison d'Azkaban, révéla Dumbledore. Les Détraqueurs se sont associés aux Mangemorts, tout comme je le craignais. Une bonne partie des prisonniers a malheureusement pu s'évader…

Tout le monde se mit à parler en même temps. La salle se remplit de voix paniquées et de cris de colère contre ces incapables du Ministère.

-Mes amis, mes amis, je vous en prie ! s'exclama Dumbledore. Un peu de calme, par pitié ! Je n'ai pas fini !

Le silence revint aussitôt.

-Dans cette dure bataille…

Harry remarqua alors que nombre des professeurs étaient blessés. Certains n'avaient que des égratignures, d'autres portaient de sanglantes coupures. Etrange qu'il ne l'ait pas remarqué avant… Il nota également que Rusard n'était plus dans la pièce.

-… quelques uns de nos collègues ont été blessés. Pour une bonne partie, ce n'est rien de grave. Pour d'autres… Je suis navré de vous annoncer que certains d'entre eux nous ont quittés aujourd'hui. Les noms ne peuvent encore être communiqués aujourd'hui, des agents du Ministère se chargent en ce moment même d'établir une liste des victimes et des disparus. Des deux côtés, ajouta-t-il en lançant un regard aux Serpentard qui perdirent leur sourire.

Rusard revint, accompagné de Madame Pomfresh, portant tous deux un attirail de soins. Ils déposèrent le tout sur la table des professeurs et Rusard seconda l'infirmière qui s'était immédiatement attelée à la tâche.

-Je pense que cette liste pourra nous être communiquée ce soir, au plus tard demain, reprit Dumbledore. Demain sera journée banalisée, pour respecter le deuil que certains d'entre vous auront à porter. Je suis navré de ne pas pouvoir vous en dire plus, croyez bien que si je le pouvais, j'abrégerai vos angoisses, peut-être pensez-vous que j'aurais dû me taire. Mais je ne pouvais pas vous cacher ceci, et je ne puis vous rassurer comme je le devrais.

Il se tut un instant, son regard fit à nouveau le tour de la salle. Son visage se fit plus las et fatigué. Harry crut qu'il allait se sentir mal.

-Excusez-moi, dit simplement le directeur.

Et il sortit de la salle, laissant tout le monde sous le choc. Pour la première fois, il n'était plus un soutien pour eux.

Fin du chapitre 13...

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Le plus sombre chapitre de toute ma série. Bah… Fallait bien que ça arrive. Mais comme quoi des fois c'est pas moi qui décide mais les persos, la dispute, qui au départ ne devait pas avoir lieu, s'est déroulée de façon assez… pas exactement comme je la voulais au départ.

Je ne sais pas pour vous, mais j'ai la désagréable impression de ne pas réussir à trouver mon style, pour cette histoire. Ça ne m'arrive pas souvent et là ça m'embête un peu… Je n'ai pas arrêté d'en changer et je me demande si ça ne gêne pas la lecture. C'est la première fois que mon style n'est pas stable, et j'ai peur que ça se répercute sur l'histoire et sur l'attention de vous, lecteurs. J'ai raison d'avoir peur ? éè

Wufei : De toute façon pour te lire faut un sacré courage.

DA7 : Retourne dans ta série, toi, au lieu de polluer l'univers HP… èé Ah… le jour où il me dira des choses gentilles, celui-là ! Et moi je repars dans mes délires comme je faisais à une époque, dans d'autres fics…

Wufei : J'en sais quelque chose…

DA7 : Je t'ai dis de retourner dans Gundam Wing, ok ? èé

Ron : Et après tu t'étonnes qu'il ne t'aime pas…

DA7 : Sans commentaire… --

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