Harry Potter et le secret de Voldemort

By DreamAngel7

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Me voici partie pour un nouveau chapitre qui va être assez compliqué vu ce qui s'est passé dans le précédent. Comment je vais bien pouvoir continuer là-dessus, moi ? Bah, on verra bien.

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Chapitre XIV : Lendemain d'attaque

La liste ne parvint ni le soir-même, ni le jour suivant. Cela ne pouvait présager que du pire. Soit les quelques corps étaient à ce point mutilés qu'il était presque impossible de les identifier, soit… il y en avait trop… Les deux perspectives avaient de quoi angoisser tous les élèves, même, et c'était probablement le plus étrange, les Serpentard.

Ils semblaient partager les inquiétudes de tous, depuis que Dumbledore avait annoncé que les pertes ne se limitaient pas à ces bons samaritains d'Auror et de professeurs.

Ce soir-là, le repas fut des plus silencieux. Les tables étaient quasiment vides, et le peu de jeunes gens présents gardaient obstinément leurs yeux fixés sur leurs assiettes qui ne se vidaient pas. Ginny et Ron n'avaient plus ouvert la bouche depuis l'annonce, ils se doutaient bien que leur père devait être allé sur le champ de bataille…

Les autres Gryffondor qui ne comptaient pas ou plus, dans le cas de Neville, de parents Auror susceptibles d'avoir été envoyé sur place, réconfortaient comme ils le pouvaient tous ceux qui pouvaient craindre la perte d'un être cher. Bien souvent leurs chuchotements restaient vains et ils en arrivaient à de longues étreintes entrecoupées de sanglots.

Samantha jetait de temps à autres un œil à Harry, lequel n'avait toujours pas prononcé un mot. Elle-même avait été obligée par Madame Pomfresh à absorber une potion calmante pour stopper les tremblements qui l'avaient prise, potion qui avait pour effet secondaire, même si elle avait récupéré sa totale lucidité, de la faire somnoler.

Son regard tomba sur une petite blonde, à la table des Serdaigle. Sylvia Annet, si elle se souvenait bien. "Elle devait avoir un parent dans la bataille" songea Samantha en voyant ses yeux rouges baissés sur son gobelet vide. Mais pourquoi pensait-elle à cette jeune fille ? Elle ne la connaissait pas… Tant de monde semblait concerné par cette agression, comme si tous les sorciers du pays avaient été mêlés à l'attaque ou à la défense…

La prison des sorciers. Harry avait seulement consenti à lui dire ces trois mots. La prison des sorciers. Voilà ce qu'était Azkaban pour toutes les personnes réunies ici. Et des prisonniers s'étaient échappés… Avec eux, le mage noir qui souhaitait tant la mort d'Harry était plus fort, il avait plus de partisans.

Bon dieu, tant de gens complètement accablés à cause…

Elle sentit sa tête dodeliner et la redressa vivement. Harry lui jeta un regard, puis se leva en l'entraînant avec lui.

-Viens, dit-il. Tu ferais mieux d'aller dormir.

Elle le suivit sans protester. Elle ne s'en sentait ni la force ni le courage. Hermione les accompagna, c'est elle qui la mit au lit. Samantha ne tarda pas à s'endormir, l'esprit torturé par nombre de cauchemars. Le lendemain ne fut pas meilleur. Les visages offraient tous les mêmes dégradés de peine et d'anxiété. Après avoir tenté un petit déjeuner dans la Grande Salle, entourée par quelques élèves courageux ou attachés aux habitudes, elle avait finalement renoncé et restait cloîtrée derrière ses baldaquins.

Mais que craignait-elle donc, elle, pauvre fille de Moldus fraîchement débarquée dans cet enfer ? Tout ce dont elle pouvait avoir peur était une éventuelle attaque de l'école, mais ne lui avait-on pas assuré que Poudlard était l'endroit le mieux protégé de toute l'Angleterre ? Elle n'avait, à sa connaissance, aucun sorciers dans sa famille, personne pour qui s'inquiéter.

Elle secoua la tête et s'allongea sur son lit, les yeux fixés sur le dôme de tissu rouge. Elle était en sécurité, ici. Et personne n'en avait après elle. Pas comme Harry… Bon sang, mais comment réagissait-il ? Trop occupée à ses propres craintes, elle en avait totalement oublié son ami. Qui devait souffrir bien plus qu'elle.

Elle se redressa vivement, écarta les rideaux du baldaquin et sortit de la chambre, toujours vêtue de son chemisier et de sa jupe moldus, les cheveux détachés et légèrement décoiffés. Elle oublia de mettre des chaussures à ses pieds. Elle ne sentit pas la fraîcheur l'assaillir aussitôt.

Elle trouva Harry assis dans un fauteuil, le regard perdu dans les flammes de la cheminée. Elle s'agenouilla aux pieds du fauteuil et posa sa main sur le genou de son ami, qui baissa les yeux vers elle, l'interrogeant du regard.

-Ça va ? fut tout ce qu'elle trouva.

Il hocha la tête sans répondre, et posa sa main sur celle de Samantha. Elle la trouva très chaude. Elle ne savait pas quoi ajouter, aussi, après un moment de flottement, elle mit sa joue sur les genoux d'Harry et ferma les yeux. Elle espérait ainsi lui apporter son réconfort, et lui faire comprendre qu'elle le soutenait.

-Je vais bien, dit-il. Ne t'inquiète pas pour moi. Ginny et Ron ont bien plus besoin de soutien que moi. Mais toi, comment vas-tu ?

-Calme, répondit-elle simplement, le regard dans le vague, tandis qu'il lui caressait doucement les cheveux.

-Tu n'as pas froid ? demanda-t-il alors en se rendant compte qu'elle était pieds nus et habillée comme au printemps.

-Non, ça va.

Ils se turent un moment. Puis Samantha pensa à quelque chose. Ginny et Ron… Sa vision lui revint en mémoire. Sa vision ? Arthur, probablement Arthur Weasley… Elle porta sa main à sa bouche dans un geste d'horreur et se releva d'un bond, puis sortit précipitamment de la tour sans prêter attention aux appels déroutés d'Harry.

Le martèlement de ses pieds nus sur le sol produisait un son étrange mais elle ne s'en préoccupa pas, pas plus que du froid qui se dégageait du carrelage et des pierres du sol. Elle devait voir le directeur, elle devait savoir si ce qu'elle avait vu s'était réellement produit. Elle courait à travers les couloirs, quand il lui vint à l'esprit qu'elle n'avait aucune idée de l'emplacement de son bureau. Et aussi qu'elle pouvait très facilement se perdre dans ce château.

Elle s'arrêta aussitôt et regarda autour d'elle, cherchant un détail, n'importe quoi pouvait la renseigner sur l'endroit où elle se trouvait. Elle remarqua alors que ses pas l'avaient instinctivement conduite sur le chemin du hall. Elle finit de descendre jusqu'à l'entrée, en marchant plus calmement. Elle ne rencontra personne, même les fantômes se faisaient discrets. Les professeurs ne faisaient donc aucune ronde ? Etaient-ils donc tous isolés dans leurs appartements, complètement démoralisés et attendant… quoi au juste ?

Elle commençait à désespérer de rencontrer âme qui vive dans ces couloirs déserts. Elle entrouvrit légèrement la porte de la Grande Salle qui lui parut curieusement grande et vide, et y entra. Elle referma le battant derrière elle et alla s'asseoir sur le banc des Gryffondor, la tête nichée dans ses bras croisés sur la table.

Elle retint difficilement les sanglots qui menaçaient de l'agiter hystériquement. Elle devait garder son calme, avant tout, rester calme. Non pas qu'elle craignait que quelqu'un ne surprenne une crise de larmes, puisqu'il n'y avait apparemment aucun risque à ce qu'une personne ne décide de se montrer par ici, mais elle voulait garder la capacité de réfléchir sereinement.

Alors que le découragement commençait à s'imposer, elle entendit un grincement qui la fit sursauter. Elle se mit debout face à la grande porte, ne songeant pas une seule seconde à sortir sa baguette pour se défendre. Geste qui aurait été de toute manière inutile puisqu'elle ne l'avait pas sur elle. Elle vit alors entrer Malefoy.

Elle recula d'un pas, soudain haineuse. Que venait-il faire ici ? Il s'immobilisa sur le seuil, visiblement aussi surpris qu'elle. Le premier moment de stupéfaction passé, il ferma doucement la porte et s'avança vers sa table comme elle quelques minutes – ou était-ce des heures ? – plus tôt, sans lui accorder un regard supplémentaire. Il s'installa sur un banc et s'adossa au mur, le regard rivé sur le plafond magique qui dévoilait un ciel d'automne bien avancé.

Elle l'observa faire sans rien dire. La rage qu'elle éprouvait envers lui lui avait fait inconsciemment crisper les poings. Au bout d'un moment il daigna lui parler, sans quitter le plafond des yeux.

-Tu n'as pas froid ?

Sa voix n'avait rien de menaçante ou de hautaine, pourtant Samantha répondit avec froideur.

-J'aimerai bien voir que tu t'inquiètes réellement pour ma santé !

Drago haussa les épaules.

-Pense ce que tu veux, dit-il d'un air indifférent.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle, ne supportant pas le silence qui s'était instauré dans cette salle habituellement bruyante.

-Je m'échappe de ma maison, répondit-il avec un soupçon d'ironie dans la voix. Mais tu ne peux pas comprendre et puis, ne cherches même pas, puisque tu n'en as rien à faire.

-Tu peux m'emmener au bureau de Dumbledore ? demanda-t-elle, prise d'une impulsion soudaine.

-Pourquoi ferai-je ça ?

Sa manière de répondre à une question par une autre agaça Samantha pour qui la simple vision de cet homme était déjà à la limite du tolérable. Elle sentit son envie de meurtre remonter. Etait-elle vraiment une meurtrière ? Elle avait peur de ce sentiment incontrôlable qui la prenait lorsqu'elle se trouvait trop longtemps face à lui ou qu'il l'énervait trop.

-J'essayerai peut-être de résister à mes pulsions, grogna-t-elle, pas assez fort cependant pour qu'il comprît ses paroles.

-Tu as dit quoi ? fit-il en daignant enfin la regarder.

Elle détourna le regard, sentant une nouvelle vague de sanglots la submerger. Elle ne pouvait pas pleurer devant lui, non, sûrement pas, surtout pas devant lui. Et lui donner une arme, une prise supplémentaire sur elle…

-C'est d'accord, je t'emmène, dit-il brusquement, comme à regrets.

Elle tourna un regard interdit vers lui. Il s'était levé et se dirigeait vers la grande porte, comme s'il avait l'intention d'en finir au plus vite avec sa besogne.

-Dépêche-toi, avant que je change d'avis.

Elle ne réfléchit pas plus et le suivit rapidement. Il ne lui vint jamais à l'esprit qu'il pût profiter de l'occasion pour servir ses propres desseins. Il marcha d'un pas décidé tout le long du chemin, sans jamais se retourner pour voir si elle suivait. Elle en ressentit de l'agacement mais ne dit rien. Ils ne croisèrent toujours personne.

Ils arrivèrent bientôt devant une gargouille en pierre qui n'avait rien de beau. Malefoy s'arrêta devant elle et se tourna vers Samantha avec un air railleur, qui s'accentua lorsqu'il vit son expression déconcertée.

-Te voilà à destination, dit-il. Maintenant débrouille-toi pour trouver le mot de passe, je n'ai pas que ça à faire.

Et il s'éloigna sans un mot de plus, laissant Samantha complètement déboussolée. Elle regarda à nouveau la gargouille et soupira. "Allons bon" pensa-t-elle. Elle l'observa de haut en bas, puis de bas en haut, cherchant elle ne savait trop quoi. Puis elle alla lui donner un léger coup sur la tête, puis un autre, puis un troisième, mais n'obtint rien. Elle la fixa avec colère, les poings sur les hanches.

-Si tu caches vraiment la porte du bureau du directeur, déclara-t-elle, tu vas devoir me laisser passer, il faut absolument que je voie Dumbledore. Mais tu m'as entendue ! s'écria-t-elle devant le manque de réaction de l'horrible statue. Il faut que je passe !

Elle donna un coup de pied dans le mur pour extérioriser la colère qui l'envahissait. Elle ne savait trop pourquoi, mais depuis qu'elle était ici, cette émotion avait tendance à surgir très facilement et de façon très forte. Comme si elle n'arrivait plus à la canaliser, à la brider. Sa colère semblait échapper à son propre contrôle et parfois, cela lui faisait peur. Principalement lorsqu'elle se trouvait à proximité de cette pourriture de Serpentard…

-Sézame, ouvre-toi ! s'exclama-t-elle en français. Mais c'est pas vrai ! Pourquoi faut-il qu'il y ait des mots de passe à tous les coins de portes ! On ne peut pas accéder au bureau du directeur comme dans ces foutus lycées, non ? Il a peur qu'on vienne le tuer dans son sommeil ou quoi ? Merde !

Elle leva les yeux aux ciels et finit par se laisser glisser le long du mur, à côté de la gargouille, puis cacha son visage dans ses bras, les genoux repliés vers elle. L'envie de pleurer se manifesta encore une fois. Pourquoi rien ne pouvait se passer simplement, ici ? Il fallait toujours qu'un incident magique complique tout…

Pourtant…Elle devait parler à Dumbledore, elle devait savoir… Elle ne voulait pas attendre la lecture du nom sur une liste qui tardait à s'annoncer. Elle devait savoir avant. Avait-elle réellement vu ce qui allait se produire ? Avait-elle ce pouvoir, celui de voir dans le futur, comme le lui avait affirmé Trelawney ? Aurait-elle pu changer les choses, en…

En faisant quoi, au juste ? En allant au bout de sa vision, pour chercher des réponses ? Elle aurait refusé si on le lui avait demandé, et de cela, Dumbledore devait en être conscient. Mais peut-être qu'elle aurait pu aider…

Et puis il ne servait à rien de rester là, alors que le passage ne s'ouvrirait sûrement pas avant un moment. Devait-elle repartir, et rejoindre Harry ? Peut-être pourrait-il l'aider… Mais elle se souvint à cet instant qu'elle ne connaissait pas le chemin. Trop abasourdie que Malefoy l'ait conduite jusqu'ici, elle n'avait pas prêté attention aux couloirs qu'ils avaient empruntés.

-Que faites-vous ici, jeune Gryffondor ?

Samantha releva vivement la tête. Elle soupira en reconnaissant Nick Quasi-Sans-Tête. Il lui parut inquiet et désolé.

-Bonjour, Nick. Comment allez-vous ? demanda-t-elle, plus par politesse que par réelle curiosité.

-Ce serait plutôt à moi de vous poser cette question, mon enfant, répliqua-t-il. Je ne vois guère de monde, depuis hier. Cette attaque… Tout le monde est déprimé, et ça me rend malheureux, voyez-vous ?

Samantha hocha la tête en signe d'assentiment.

-Vous vouliez voir le professeur Dumbledore ?

Elle acquiesça.

-Attendez-moi là, je vais le prévenir de votre visite. Il pourra certainement vous aider mieux qu'un pauvre spectre comme moi…

Il disparut au travers de la gargouille. Après quelques minutes, celle-ci se décala sur le côté, dévoilant un escalier en colimaçon. Sans réfléchir Samantha s'y engouffra et grimpa rapidement les marches, trop pressée pour attendre que l'escalier ne la mène directement devant la porte. Elle donna trois coups à la porte et attendit impatiemment.

-Entrez ! fit une voix étouffée par le bois.

-Bonjour, monsieur, dit-elle en refermant la porte derrière elle.

Elle observa la salle dans laquelle elle venait de pénétrer. C'était une grande pièce circulaire qui avait tout pour paraître étrange aux yeux d'une ancienne Moldue telle que Samantha. Les murs étaient tapissés de tableaux représentant probablement tous les directeurs et directrices s'étant succédés à Poudlard, et des tables supportaient divers objets dont l'utilité échappait à la jeune fille.

-Que me voulais-tu, Samantha ? demanda-t-il alors qu'elle s'avançait d'un pas assuré vers lui. Sir Nicholas avait l'air passablement inquiet pour toi, me semble-t-il.

Elle nota dans un coin de sa tête qu'il l'avait tutoyée et appelée par son prénom. Elle n'avait pas l'habitude qu'un directeur d'école, quel qu'il soit, l'ait un jour traitée avec un tel paternalisme.

-Mais assieds-toi d'abord, ajouta-t-il en tendant sa baguette devant lui.

Aussitôt, une chaise apparut face à lui. Après une courte hésitation, Samantha s'y assit et vrilla son regard dans celui du directeur. Celui-ci fronça les sourcils.

-Quelque chose te tracasse ?

-Oui, monsieur. L'attaque. Et ma vision, ajouta-t-elle précipitamment, cherchant à provoquer une quelconque réaction chez lui.

-Je vois, dit-il en se laissant aller pensivement contre le dossier de son grand fauteuil. Tu penses que les deux sont liés ? dit-il plus qu'il ne demanda, après un moment de silence.

-Je vous pose la question.

-Probablement, convint-il. Je n'en sais encore rien moi-même. Je n'ai pas encore parlé à Arthur…

-Il est en vie ! le coupa Samantha, pleine d'espoir.

-Oui oui, certes un peu abîmé, mais rien de grave, heureusement. Il s'en sortira sans aucune séquelle. Tu pourras l'annoncer à tes amis lorsque tu les reverras, c'est malheureusement ce que je peux faire de mieux… Je n'ai pas plus de noms à te fournir, j'en suis navré.

-Quand arrivera la liste ?

-Je n'en ai absolument aucune idée. Ils mettent un temps fou à me la faire parvenir. Mais revenons à ce qui t'amène ici.

-Je crois qu'il n'y a rien de plus à dire. Je voulais savoir si ce que j'ai vu s'est réellement produit, mais si vous n'en savez rien…

-N'y a-t-il rien d'autre dont tu voudrais me parler, dans ce cas ?

Samantha ne savait pas quoi répondre. Elle pensa aux paroles de Malefoy : « J'ai beaucoup à t'apprendre sur toi » et à l'attitude étrange qu'il avait eu depuis le début avec elle. Elle pensa à ces réactions qu'elle suscitait chez la plupart des sorciers et la rougeur et la gêne qui s'emparait d'Harry à chaque fois. Elle pensa aussi à cette peur éveillée par Voldemort et sa crainte d'être liée d'une façon ou d'une autre à lui, à cause de leurs baguettes… Alors, Samantha répondit :

-Non, monsieur, il n'y a rien.

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-Mon père est en vie ! s'écria Ginny, soulagée.

Elle sauta au cou de Samantha et se mit à pleurer de joie. Sur le canapé, Ron fixait le sol droit devant lui, n'en revenant pas. Hermione s'était assise à côté de lui et lui avait passé un bras autour des épaules, ne sachant pas quelle réaction il finirait par avoir.

Le premier moment de stupeur passée, et l'après-midi reprenant son cours, Harry entraîna Samantha à part.

-Pourquoi tu es partie en coup de vent comme ça ? J'imagine que ce n'était pas pour aller chercher des nouvelles de Mr Weasley…

-Non, approuva Samantha en évitant son regard.

-Alors pourquoi ? Tu peux me parler, tu sais, je croyais qu'on pouvait tout se dire ! fit-il d'un air vexé devant son silence.

Il repensa alors à tout ce qu'il lui cachait, et qui la concernait de près. Il se sentit vraiment très hypocrite…

-C'est à cause… commença-t-elle, de la vision…

-La vision ? Tu veux dire, celle que tu as eue il y a une semaine ?

Elle acquiesça. Harry n'ajouta rien, il comprenait parfaitement ce qu'elle devait redouter. Ce que lui-même avait redouté au moment où il en avait pris connaissance. Mais puisque Mr Weasley était en vie, il était inutile de s'inquiéter. Il le lui dit. Mais il ne s'attendait vraiment pas au regard sombre qu'elle lui renvoya. Ce fut à cet instant qu'il comprit son erreur.

-Si ce que j'ai vu s'est réellement passé, alors ça veut dire que je peux voir le futur, tu comprends ce que ça veut dire ? lui jeta-t-elle à la figure, énervée. Je ne veux pas de ce pouvoir !

Et elle s'enfuit jusqu'à sa chambre puis se laissa tomber sur son lit avant d'en tirer les rideaux. Elle ne se montra pas avant le lendemain. Elle n'avait pas dormi de la nuit, torturée à l'idée d'avoir le Troisième Œil. Lorsqu'il arrivait que le sommeil la surprenne, cela ne durait pas plus de quelques secondes, quelques minutes, et elle se réveillait en sursaut, assaillie par des images sombres et effrayantes.

Elle finit par se lever un peu avant le lever du jour, se répétant que ce n'était que des cauchemars. Elle alla se pelotonner dans un fauteuil de la Salle Commune, mais se rendit vite compte que l'inactivité l'irritait. Elle se leva et commença à faire les cents pas, mille et une pensées tournoyant dans son esprit. Elle n'arrivait plus à les calmer.

Un léger rayon de soleil illumina la pièce. Samantha l'observa un moment, immobile. Concentrée sur le lever de la grande étoile, elle ne pensait plus à rien et retrouvait son calme. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu ce moment de la journée.

Lorsque le soleil se fut élevé au dessus de la forêt qu'on voyait au loin, elle détourna le regard et sortit de la Salle Commune. Elle connaissait parfaitement le chemin du hall, c'était peut-être même le seul chemin qu'elle connaissait, avec celui de l'infirmerie. Elle se rendit donc le plus lentement possible dans la Grande Salle, espérant qu'elle aurait le temps de se remplir.

Elle eut la surprise de trouver un certain nombre d'élèves déjà attablés devant leur petit déjeuner, la tête basse, ainsi que quelques professeurs. Elle alla s'asseoir à sa table et commença à manger, sans grand appétit. Mais comme "la faim vient en mangeant", elle ne tarda pas à dévorer son repas. Elle n'avait rien mangé depuis la vieille au matin et se découvrait affamée.

Alors qu'elle mordait dans une grosse tartine, elle vit Malefoy entrer. Ils échangèrent un regard inexpressif et elle continua à manger sa tartine, tandis qu'il s'asseyait à sa propre table, face à elle. Elle l'ignora et but une longue gorgée de chocolat chaud.

Elle était encore en train de manger lorsque ses amis firent leur apparition dans la salle, qu'ils trouvèrent étonnamment remplie comparée à la veille. Ils s'installèrent à côté d'elle et remarquèrent aussitôt quelque chose :

-Tu as faim ? demanda Ron avec un sourire amusé.

-J'en chuis à ma digième tartine, chans compter les croichants et les brioches, et j'ai encore faim, répondit Samantha, la bouche pleine.

-Je vois, fit le roux en se retenant de rire.

-Tout va bien, Sam ? s'inquiéta Hermione, en lui posant la main sur le front. Ce n'est pas normal que tu ais faim comme ça.

-Je n'ai pas mangé depuis un jour, je te rappelle, ma chérie, expliqua Samantha en souriant, après avoir avalé son bout de tartine. Tu peux me passer un autre croissant, s'il te plaît, Harry ?

Le jeune homme le lui tendit sans rien dire, abasourdi par tout ce qu'elle avait déjà ingurgité et la vitesse avec laquelle elle engloutissait son petit déjeuner.

-Tu es sûre que tout va bien ? insista Hermione, pas du tout convaincue. En plus tu as l'air fatiguée…

-Ça vous dirait de parler d'autre chose que de ma santé, dites ? répliqua Samantha, soudain énervée.

C'est le moment que choisit Dumbledore pour se lever, arrêtant le bruit de la salle qui n'était déjà pas bien important. Samantha nota que tous les élèves étaient présents, comme si on le leur avait tous de demandé ou… qu'ils avaient senti que quelque chose allait se passer…

-Nous venons de passer un peu plus d'une journée dans un climat d'incertitude et je comprends que cela puisse vous être infiniment pénible, commença le directeur. Le Ministère a pris beaucoup de temps pour établir la liste définitive, cela pour la simple raison qu'il voulait éviter la moindre erreur. Ne leur en veuillez pas ! ajouta-t-il d'une voix forte pour faire taire les chuchotements mécontents. Ils ont énormément de travail depuis cet… incident, aussi tout peut prendre du temps.

Il posa le bout de ses longs doigts sur la table et reprit :

-Nous venons de recevoir la liste définitive de tous les sorciers ayant perdu la vie en ce jour funeste. Je vous demanderai le plus grand silence et le plus grand respect pour tous ceux qui sont tombés pour notre protection à tous.

Il prit un parchemin et l'éleva devant lui, puis rajusta ses lunette en demi-lune.

-Pourquoi personne n'a reçu de lettre ? lança soudain une voix forte, venant visiblement de la table des Poufsouffle.

Dumbledore leva le regard vers lui et resta un court instant silencieux, à le fixer, avant de répondre.

-Tous les systèmes du monde magique ont été bloqués durant le laps de temps qui nous sépare de l'attaque, Mr Macmillan. Entre autres choses, aucun courrier n'a pu partir. Cependant il se pourrait que tout soit rétabli aujourd'hui même. Vous pourrez vous empresser de répondre à vos familles qui vous ont sûrement écrit.

Il regarda à nouveau son parchemin et s'apprêta à lire les noms inscrits dessus. Inconsciemment, Samantha serra très fort la main d'Harry dans la sienne. Elle ne vit pas le regard mi-compatissant mi-rassuré qu'il lui jeta. Leur petite querelle de la veille était oubliée. Il posa son autre main sur celle de Samantha dans un geste amical.

A la table des Serpentard, l'ambiance n'était pas meilleure qu'aux autres. Les élèves gardaient une mine sombre, même s'ils tentaient de ne pas montrer qu'ils partageaient la même anxiété que les autres.

La voix de Dumbledore s'éleva…

Fin du chapitre 14...

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Eh non, vous n'aurez rien de plus ! Les noms ce sera la prochaine fois ! Sadique, moi ? Meuh non !

Malefoy : Si.

DA7 : Non.

Malefoy : Si.

DA7 : Zut, tu m'embêtes. Et si tu continues, tu vas souffrir… regard sadique, ah non c'est vrai, je suis pas sadique…

Malefoy : Et pourquoi j'emmène Samy chez Dumby, en fait ?

DA7 : Pourquoi, ça te plaît pas ?

Malefoy : Euh… J'en sais rien.

DA7 : Alors tais-toi et laisse-moi bosser. J'ai une autre fic à écrire, moi, et ce coup-ci, ô bonheur, tu n'es pas dedans ! v Youpi ! Allons, Legolas, à nous deux !

DreamAngel7