By DreamAngel7
Bon, voici donc la tant attendue sortie à Pré-au-lard, avec aussi, j'imagine, l'également espérée conclusion de la discussion entre Harry et Samy… Non ? Bah j'espère ne pas vous décevoir, surtout que je sens que je vais traverser une sale période pour mon imagination… Ça arrive, de temps en temps… En plus avec l'approche de ce foutu bac, et ces fichues révisions…
Et au fait ! J'ai passé mon bac théâtre aujourd'hui ! Ça c'est trop bien passé ! J'espère avoir une bonne note ! Ça peut toujours aider pour la suite… --
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réponses aux reviews :
astronema : Mais pourquoi donc vous z'aimez jamais mes fins ? TT Je fais du suspens, et comme que maintenant que je le maîtrise bien, que je vais m'arrêter en si bon ch'min ! (belle rime, au passage ) Pour Malefoy, bah… on verra bien - Je sais pas encore, en fait…
zeze : Bah écoute merci pour ta review (en double c'était pas nécessaire ) Et ptèt que j'irai faire un tour mais comme j'ai plus trop de temps, entre mes (fumeuses / inexistantes / sans intérêt ') révisions du bac, mes fics et j'en passe, bah… J'me demande encore comment je fais…
nanaud93 : Je fais vite comme je peux avec tout le temps dont je dispose et tout ce que je devrais faire à la fois… Mais comment je me débrouille pour continuer mes fics, moi ?
siruis : Merci de me soutenir, c'est très sympa. Et je trouvais aussi que cette analyse de Sam s'imposait, paske sinon on s'en sortait plus… Et puis bien sûr, ça sert pour la suite. Je suis contente de voir que c'était pas trop mal fait… Voilà la suite !
Chapitre XVI : Comment passer une bonne journée…
Lorsque Ron se réveilla ce matin-là, il ne comprit tout d'abord pas d'où lui venait le sourire qu'il avait sur les lèvres…
Puis il se rappela la sortie à Pré-au-lard.
Ouvrant les yeux joyeusement, il s'inquiéta ensuite de l'absence de Harry de son lit non défait aux baldaquins résolument ouverts…
Lui revint en mémoire le comportement énigmatique de Samantha la veille.
Ils avaient dû discuter longtemps pour ensuite s'endormir dans la Salle Commune. Ce ne serait pas étonnant, et tellement adorable…
Deuxième raison pour expliquer ce sourire.
Il se leva et s'habilla rapidement, n'ayant aucune envie de paresser dans son lit. Sa curiosité l'emportait de loin sur sa flemmardise. L'attitude étrange de Samantha l'avait beaucoup inquiété, et la discussion qu'il avait eue avec elle ne l'avait éclairé en rien, les deux jeunes gens s'étant contentés d'aborder des banalités. Mis à part qu'il n'avait rien appris, il avait au moins pu lui changer les idées, à défaut de vraiment lui remonter le moral.
Mais Hermione avait parlé à Harry. Etant donné qu'elles se connaissaient comme des sœurs, Ron était persuadé qu'elle avait pu éclairer Harry sur le véritable problème. Il avait sûrement parlé à Samantha la veille. Du moins, il espérait qu'il l'ait fait, c'était bien pour cette raison qu'Hermione et lui les avaient laissés seuls, non ?
Tout devait être arrangé, maintenant. Il demanderait quelques explications à Hermione dès qu'il le pourrait, même s'il avait plus ou moins deviné le problème de fond. Histoires de cœur, bien évidemment. Qui n'avait pas remarqué les regards qui se voulaient discrets qu'ils s'envoyaient l'un à l'autre ? Uniquement eux deux… Mais ce matin serait différent, Ron en était sûr.
Il sortit du dortoir en chantonnant tout bas, persuadé que tout allait pour le mieux, à présent. Il repéra rapidement la chevelure noire de son meilleur ami qui dépassait du dossier du canapé. Il s'approcha en douceur, juste pour observer une scène qui ne manquerait pas d'être tout à fait mignonne.
Il retint un cri de déception lorsque, venant par derrière, il se rendit compte que son ami était seul. Ce devait être une erreur, Sam devait être avec lui… Pourtant, Harry était bel et bien seul, profondément endormi sur le canapé devant un feu plus que mourant. Ron contourna le divan et vint se placer devant Harry. Avant qu'il n'ait pu se mettre à l'invectiver pour le réveiller, il remarqua les plis soucieux qui barraient son visage.
-Bon sang, Harry… murmura-t-il finalement, les bras ballants.
Il jeta un regard ennuyé à l'escalier menant au dortoir des filles, avant d'observer Harry toujours endormi. "Parfait pour commencer la journée…" Il se laissa tomber sur un fauteuil en soupirant, les coudes posés sur ses genoux et les mains jointes. Ainsi… rien n'était réglé. Si encore Harry avait paru serein dans son sommeil… Mais le doute n'était pas permis.
Bon, ce n'était pas encore la fin du monde, les choses pouvaient encore changer. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il espérait seulement qu'ils trouveraient tous deux la force et le courage de s'avouer ce que tout le monde savait depuis déjà quelques temps.
Au lieu de continuer dans cette atmosphère étrange et un peu malsaine dont ils s'étaient entourés. Une sorte de "je t'aime, moi non plus" qui tournait plus au ridicule inquiétant qu'autre chose. Ils n'allaient pas continuer éternellement à se tourner autour de cette façon, Harry toujours près d'elle et elle… trop distante pour le bonheur d'Harry… Et le sien…
Comment pouvaient-ils être heureux en se comportant ainsi ? Ils ne l'étaient pas, voilà tout. Et cela commençait à se voir, même s'ils faisaient tout pour le cacher. Cela restait encore visible à leurs amis.
Un léger bruit lui fit tourner la tête. Hermione se tenait immobile dans les escaliers menant à son dortoir, la main toujours posée sur le mur et le regard étonnamment attristé. Ron secoua la tête, jeta un dernier regard à son ami avant de rejoindre Hermione au bas des marches.
-Echec total, murmura-t-elle.
Ron hocha la tête. Hermione soupira.
-Moi qui croyais les avoir aidés… Quelle idiote…
-Non, quels idiots, contredit Ron. Ils refusent, c'est tout.
-Depuis quand tu deviens psychologue, toi ? tenta de plaisanter la jeune fille, mais la blague tomba à plat et elle reprit. Ce n'est pas lui qui refuse, il l'accepte très bien, au contraire. Même bien mieux que ce que j'aurais imaginé. Mais elle… J'étais tellement sûre qu'ils allaient se parler ! Ils étaient là, tous les deux… Elle l'a encore repoussé, visiblement…
-Mais pourquoi ? interrogea Ron. Ils s'entendaient si bien ! Ils sont toujours fourrés ensemble !
-La star et la groupie, Ron…
-Rien que ça ! siffla-t-il. Eh bien on n'est pas sortis de l'auberge… Qu'est-ce qu'on fait ?
-Pour le moment rien, la balle est dans leur camp…
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Le petit déjeuner se passa dans le silence le plus complet. Harry et Samantha se comportaient comme tous les jours, assis l'un à côté de l'autre à manger en silence. Hermione et Ron, eux, gardaient la tête baissée sur leur repas, déçus et peinés. Lorsque Ginny les rejoignit, elle s'inquiéta de leurs mines abattues.
-Que se passe-t-il ?
-Rien de grave, répondit Ron en désignant le plus discrètement possible Harry et Samantha du menton.
-Ah…
Elle s'assit et commença à manger. Ron la vit jeter de temps à autres des regards en coin à son amie. C'était étonnant comment tout le monde était au courant… Il se pencha vers elle et lui murmura quelque chose à l'oreille. Elle acquiesça d'un signe de tête.
-Merci, Ginny…
Plusieurs visages se tournèrent vers lui, mais il feignit de les ignorer. S'ils voulaient aider ces deux idiots, il fallait œuvrer dans le secret… Il entama une discussion laborieuse avec Harry, tentant de l'intéresser au sujet, mais il semblait plus intéressé par le contenu de son assiette. Tâche plus difficile que prévue…
Un mouvement attira son attention. Samantha se massait le front avec une légère grimace. "Allons bon, songea-t-il, ironique. Si nous avons une deuxième migraineuse sur les bras…" Il secoua la tête pour faire disparaître son léger sourire et retourna à sa discussion… monologue.
-Tout va bien, Sam ? demanda Hermione, ayant également noté le changement.
Samantha ne répondit pas. Au lieu de ça, elle se leva, s'attirant un regard étonné de la part de tous ses amis, avant de sortir de la salle sans un mot. Hermione et Ginny échangèrent un regard, puis s'élancèrent à sa suite. Harry voulut les imiter mais Ron le retint en posant sa main sur son bras.
-Non non, Harry, dit-il. Faut qu'on parle…
-Pitié, Ron… adjura Harry.
-Tu restes ici. Pas de mais. Tu ne lui as pas parlé, n'est-ce pas ?
-Tu es aussi au courant ? demanda Harry, à peine étonné.
-Bien sûr.
Harry soupira.
-Non, je n'ai rien pu lui dire… avoua-t-il. Elle n'avait pas l'air très à l'aise… Je l'ai retenue un peu mais… Ça ne sert à rien, elle ne voudra jamais m'écouter !
-Ne dis pas ça, tu n'en sais rien ! répliqua Ron. Prends ton courage à deux mains et fonce, tu n'as absolument rien à perdre, et au contraire tout à gagner, tu peux me croire.
Harry regarda Ron d'un air sceptique, comme pour juger de sa sincérité, puis détourna le regard et soupira.
-OK, j'essayerai…
-Je ne veux pas que tu essayes, je veux que tu le fasses ! s'exclama Ron. Peu importe si elle n'est pas à l'aise, il faut la brusquer un peu, maintenant !
-Hermione me semblait plutôt pour y aller en douceur… sourit Harry.
-Au diable la douceur ! C'est bien les filles ça ! s'écria Ron, provoquant un éclat de rire de la part d'Harry et s'attirant divers regards noirs de quelques filles alentours, auxquelles il tira consciencieusement la langue, faisait redoubler le fou rire de son ami.
Quelques minutes plus tard, ils étaient partis se préparer pour sortir. Le temps n'était pas mauvais, mais la température était assez basse, et le vent soufflait plutôt fort. Ron prit sa cape et son écharpe et se prépara à rejoindre ses amis devant le portrait de la Grosse Dame. Il croisa Hermione dans la Salle Commune, descendant elle aussi de son dortoir. Samantha n'était pas avec elle.
Il n'eut pas à se demander longtemps où la jeune fille pouvait bien se trouver : ils l'entendirent avant même de la voir, et lorsque le tableau révéla le couloir, ils la trouvèrent face à Harry. Ron et Hermione s'arrêtèrent, les yeux ronds, devant la scène qui s'offrait à eux.
Harry et Samantha se tenaient face à face, le visage rouge et les poings crispés. Ils criaient tellement fort que jamais Ron ne les aurait imaginés posséder une telle voix.
Finalement Harry s'était décidé…
Il est certain que si leurs yeux pouvaient lancer des sorts, chacun d'eux serait déjà étalé au sol depuis un bon moment. D'ailleurs Ron entendit soudain un bruit de verre cassé, sûrement quelqu'un qui avait fait tomber un vase, surpris par une réplique véhémente de Samantha.
-NE TE MOQUE PAS DE MOI ! hurla-t-elle. ÇA NE TE VA PAS DE JOUER LES BONS SAMARITAINS !
-TU CROIS QUE JE NE M'INTERESSE A TOI QUE PARCE QUE J'AI BON CŒUR ? C'EST ÇA ? répliqua Harry. JE SUIS UNE STAR QUI S'OCCUPE DE SES PAUVRES FANS MALHEUREUX ?
-NE FAIS PAS COMME SI JE COMPTAIS POUR TOI ! TU AS AUTRE CHOSE A FAIRE QUE PASSER TON TEMPS AVEC MOI !
-J'AIMERAIS BIEN SAVOIR POURQUOI TU RESTES AVEC MOI, DANS CE CAS ! LE SURVIVANT DEMANDE, LE PEUPLE OBEIT, C'EST ÇA ? JE SUIS LE TOUT PUISSANT POTTER, MAINTENANT ? JE COMPRENDS MIEUX POURQUOI TU NE DIS JAMAIS RIEN ! IL NE FAUT PAS CONTRARIER MONSIEUR, SINON MONSIEUR SERAIT BIEN CAPABLE DE NOUS VIRER DU GROUPE ! ÇA VA, TU PROFITES BIEN DE MA CELEBRITE !
-VAS-Y ! PRENDS TES GRANDS AIRS, ÇA TE VA SI BIEN ! APRES TOUT TU NE VAUX PAS MIEUX QUE TOUTES CES STARLETTES ! IL FAUT SOIGNER SON APPARENCE, ET POUR ÇA QUOI DE MIEUX QU'UNE PAUVRE PETITE FRANÇAISE PAUMEE ? NE TE SERS PAS DE MOI, HARRY !
-ET C'EST TOI QUI VIENT ME DIRE ÇA ! TU NE MANQUES PAS DE CULOT !
-JE NE VEUX PLUS RIEN AVOIR A FAIRE AVEC TOI !
-PARFAIT ! MOI NON PLUS ! FAIS CE QUE TU VEUX, JE M'EN CONTREFICHE !
-Je te hais, Harry… dit Samantha, la voix tremblante, c'est à cet instant-là que Ron se rendit compte qu'elle était à deux doigts de pleurer, elle avait les yeux brillants de larmes contenues. JE TE HAIS ! hurla-t-elle, avant de faire demi-tour et de s'enfuir dans la Salle Commune alors que le tableau s'écartait devant elle sans que personne n'ait prononcé le mot de passe.
Harry s'en alla aussitôt de son côté sans un regard pour personne, furieux. Ron et Hermione mirent quelques minutes à reprendre leurs esprits. Jamais ils n'avaient vu Harry s'énerver, surtout pas de cette façon… Il avait tout de même de quoi effrayer… Samantha n'était pas en reste non plus. En fait, leur colère avait été identique, jusqu'à l'intonation de la voix. Aussi têtus l'un que l'autre, aussi sonores, mais surtout… aussi enragés… Oui, ils étaient effrayants…
-Quel couple d'imbéciles, vraiment… souffla finalement Hermione.
-Non, quels cons… balbutia Ron.
Qu'avait-il dit à Harry le matin même, à propos de Samantha ? Il avait dit "brusquer", il avait bien dit "brusquer"… Vive le résultat. Enfin… les choses avaient évolué, non ?
Il regarda autour de lui et se rendit compte que nombre d'élèves avaient assisté à l'échange et étaient encore pétrifiés dans le couloir, bouche bée. Il se mit en devoir de les disperser d'un ton qui ne souffrait pas de réplique tandis qu'Hermione se chargeait d'aller voir Samantha. Elle ressortit bien vite en haussant les épaules en signe d'impuissance.
-Elle ne viendra pas avec nous, finalement… se contenta-t-elle de dire.
Ron hocha simplement la tête. Il s'en était douté.
-Allons retrouver Harry…
¤¤¤
L'ambiance était plutôt tendue. Hermione et Ron marchaient en silence à travers Pré-au-lard, l'air maussade. Harry ne décolérait pas… Rien ne semblait réellement l'intéresser. Ron essaya à plusieurs reprises de parler Quidditch, sujet cher au cœur de Harry, mais celui-ci ne pipait mot et paraissait toujours ailleurs, une étincelle de colère toujours présente au fond de ses prunelles.
Ils allèrent d'abord faire un tour à la librairie, pour permettre à Hermione de prendre quelques livres dont elle disait avoir absolument besoin ("Des vieux gros grimoires sans intérêt" ronchonna Ron), et passer commande pour quelques autres. Elle s'attarda aussi à un rayon que Ron ne voulut approcher sous aucun prétexte, restant debout à l'entrée du magasin et refusant d'y entrer plus avant ("très peu pour moi, je dois déjà supporter la bibliothèque…"), puis elle prit deux ou trois volumes du rayonnage et les paya. Elle ne répondit à aucune des questions de Ron sur le contenu de ces livres.
Ils se rendirent ensuite chez Honeydukes. Ron farfouilla un peu partout, cherchant les nouvelles sucreries s'il y en avait, et dégotant toujours ses confiseries préférées dont il ramenait à chaque visite de quoi tenir un mois au moins… Harry déambula sans but entre les étalages, regardant sans les voir les bonbons qui les emplissaient. Hermione fit ses achats tout en le surveillant du coin de l'œil, comme si elle s'attendait à ce qu'il s'en aille sans les attendre.
-Eh ! Tu ne prends jamais autant de choses d'habitudes ! s'exclama Ron qui avait passé la tête dans le sac d'Hermione pour voir ce qu'elle avait acheté.
Elle sursauta.
-Non mais ça va pas, non ! s'écria-t-elle en lui donnant une tape sur la tête et écartant son sac. Tu ne touches pas à ça ! Et ce que j'achète ne regarde que moi ! Est-ce que je te demande ce que tu fais des trois tonnes de sucreries que tu prends ici ? J'espère que tu ne manges pas tout et que tu partages avec d'autres, parce que sinon j'ai peur pour ta ligne, mon vieux !
Ron fit une moue contrite, parvenant à la faire sourire.
-Idiot, dit-elle en lui redonnant une tape sur la tête. Et pour info, ajouta-t-elle tout bas, je vais manger ça avec Sam. Je n'allais pas revenir sans rien pour elle.
-Ah oui, c'est vrai… fit Ron, les yeux grands ouverts. Pas bête…
-Mon dieu, mais tu ne penses jamais à rien ! s'exclama Hermione. Est-ce que tu lui ramèneras quelque chose, toi ?
-Eh bien… euh… Un livre sur le Quidditch ?
-Tu es vraiment irrécupérable, mon vieux, soupira Hermione en passant devant lui, avant de sortir de la boutique, suivie par un Harry toujours aussi sombre.
-On va chez Zonko ? tenta Ron, tout derrière.
-Qui sait, tu trouveras peut-être quelque chose d'intéressant, railla-t-elle sans se retourner.
-Eh ! Attendez-moi !
Ils croisèrent plusieurs professeurs, alors qu'ils se dirigeaient vers le magasin de farces et attrapes. Certains étaient en groupes et discutaient avec animation, d'autres patrouillaient en solitaire. Ils virent notamment McGonagall en grande conversation avec le minuscule Flitwick. Ils leur adressèrent de petits signes de la main lorsqu'ils passèrent près d'eux, puis s'éloignèrent.
Les rues de Pré-au-lard étaient encore calme, les animations ne débutant qu'en cours d'après-midi. Les élèves se baladaient tranquillement, par petits groupes, devisant plus ou moins joyeusement. Ron se prit à regretter que Samantha ne soit pas avec eux. Aucun doute qu'elle aurait apprécié le charme de ce petit village sorcier. Il l'imaginait assez facilement s'extasiant devant toutes les vitrines ou presque.
Il aperçut soudain au loin une longue crinière sombre. Se pouvait-il qu'elle soit finalement sortie, toute seule ? il allait s'élancer vers elle, quand la jeune fille se retourna. Cho. Ron songea avec une déception non dissimulée que de dos, les deux filles se ressemblaient beaucoup trop à son goût. Il était facile de les confondre…
Mais leur visage… Totalement différent. Personne ne pouvait ressembler à Samantha, à part…
-Qu'est-ce qu'il y a, Ron ? demanda Hermione.
-Rien, j'ai pris Cho pour Samantha… Elle devrait penser à se couper les cheveux, ça ne lui va pas du tout.
-Tu rigoles ? Déjà elle ne voudrait pas les raccourcir, ensuite ça lui va très bien, au contraire.
-Je ne parlais pas de Sam…
-C'est la même chose, assura Hermione.
-Si tu le dis…
Ils entrèrent chez Zonko et Ron se mit aussitôt à fureter de-ci de-là dans l'espoir de trouver quelque chose de rigolo qui pourrait amuser Samantha. Il vit Hermione examiner divers objets d'un air sceptique et méfiant, et Harry errer entre les étalages de la même façon que depuis le début de la journée. Il soupira et retourna à sa quête de la farce parfaite.
Il trouva son bonheur tout à fait par hasard et, ayant mis la main dessus sans qu'Hermione ou Harry ne l'ai vu, il se dépêcha d'aller le payer en cachette. Il voulait garder la surprise pour lui et c'était d'autant mieux si ses amis ignoraient ce que c'était, surtout si Samantha avait l'idée de s'en servir sur eux…
Ils ressortirent et Hermione ne put savoir ce que Ron avait bien pu dégoter, à peine aidée par un Harry à l'expression lointaine. "Sam…" marmonnèrent-ils en échangeant un regard entendu. Ça voulait tout dire…
Midi approchait et ils décidèrent d'aller manger un petit quelque chose aux Trois Balais. La petite auberge était encore presque vide, malgré l'heure. Ils remarquèrent sans peine, dès leur entrée, Drago Malefoy assis à l'une des tables. Il semblait en charmante compagnie. En effet une jeune femme brune, plutôt jolie, était assise face à lui et semblait l'écouter avec un certain intérêt. Ce qui surprit le plus le groupe, c'était l'âge qu'elle devait probablement avoir. Aucun doute qu'elle était bien trop âgée pour sortir avec Malefoy, à moins qu'il n'aime les femmes d'une trentaine d'années et qu'elle-même apprécie la compagnie de jeunes hommes à peine majeurs…
Dès qu'il les vit s'installer à une table, la plus éloignée de lui, il se leva avec un air goguenard et s'approcha d'eux de sa démarche de conquérant. Il se planta devant leur table et les toisa, les main sur les haches, l'air supérieur.
-Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ? cracha Ron.
-J'ai entendu dire que tu t'étais disputé avec Samy, Potter ? lança Malefoy d'une voix forte sans prêter attention à Ron, trop occupé à fusiller Harry du regard, avec un étrange sourire en coin.
La réaction ne se fit pas attendre. Harry se leva d'un bond et fit face au Serpentard, les poings crispés. Autour d'eux, toute l'auberge suivait maintenant la scène avec attention. Du coin de l'œil, Ron aperçut la jeune femme qui accompagnait Malefoy les regarder avec un sourire ravi sur le visage. Jolie brune très intéressée par les disputes, visiblement…
-Je t'avais bien dit que ça ne pouvait pas marcher longtemps, entre vous, enchaîna Malefoy. Vous êtes trop différents, votre amitié était compromise depuis le début…
-Tu ne sais rien du tout sur notre amitié ! répliqua Harry, rouge de colère. Ne t'avise pas de t'occuper de ce qui ne te regarde pas !
-Oh mais c'est là où tu te trompes, mon cher ! sourit Malefoy, apparemment heureux. Ça me regarde, au contraire ! Je te rappelle aimablement que Sam est également mon amie…
-Sûrement pas ! coupa Harry. Je te signale aimablement qu'elle ne te supporte pas !
-En tout cas, il semblerait qu'elle me supporte plus que toi, remarqua Malefoy, toujours aussi calme face à un Harry qui se retenait de le frapper.
-Harry… tenta Hermione, mais le jeune homme ne fit pas attention à elle, et elle échangea un regard inquiet avec Ron qui haussa les épaules en signe d'impuissance.
-Ne t'approche pas d'elle, gronda Harry, le regard noir. Tu ne peux rien lui apporter, à part de la souffrance.
Malefoy changea radicalement d'expression. De railleur et sournois, il était devenu sombre et mauvais. Ron fronça les sourcils. Ça commençait à dégénérer…
-Qu'est-ce que tu crois que tu lui fais, toi, à part la faire souffrir ? siffla-t-il. Tu n'es même pas capable d'essayer de la comprendre, et après tu viens t'étonner qu'elle te haïsse ? Tu es pitoyable, mon vieux.
-JE T'INTERDITS DE TE MELER DE CETTE HISTOIRE, TU M'ENTENDS ? s'écria Harry, à bout de nerfs.
-ÇA SUFFIT ! hurla alors Madame Rosmerta. Qu'est-ce qui se passe ici ! ajouta-t-elle une fois le calme obtenu.
Malefoy et Harry se fixèrent quelques secondes, puis chacun se rassit à sa table. Ron regarda la brune parler avec animation avec le Serpentard, qui gardait un sourire victorieux en lui répondant. Mais Madame Rosmerta n'avait pas fini…
-Le spectacle est fini ! cria-t-elle à l'assemblée qui retourna à ses affaires. Vous pouvez m'expliquer ! demanda-t-elle aux trois adolescents.
-Ce n'est pas grand-chose, Madame, dit Hermione d'une petite voix ou transperçait tout de même une pointe d'inquiétude. Juste une petite dispute entre élèves, rien de grave, je vous assure…
Madame Rosmerta soupira, apparemment très peu convaincue, mais passa à autre chose et prit leur commande. Malefoy et son amie trentenaire sortirent peu de temps après et se séparèrent devant l'auberge.
Au cours temps qu'ils passèrent aux Trois Balais, plusieurs professeurs virent prendre leur repas. Ils revirent ainsi McGonagall et Flitwick, qui leur sourirent avant de s'installer un peu plus loin, Hagrid, qui vint donner une grande bourrade dans le dos d'Harry qui faillit envoyer son assiette au sol, accompagné de Sinistra.
Les deux professeurs s'inquiétèrent de l'absence de Samantha, ayant appris qu'elle avait reçu l'autorisation de Dumbledore de participer à la sortie. Harry se renfrogna dès qu'il entendit le nom. Ce fut Hermione qui répondit :
-Problème de dernière minute, dit-elle.
-Rien de grave, j'espère ? demanda le professeur Sinistra avec inquiétude.
-Non non, assura Hermione, juste une migraine, ça devrait être arrangé d'ici à ce soir, je pense.
-Je suis rassurée, sourit le professeur Sinistra. Je m'inquiète beaucoup pour elle ces derniers temps, avoua-t-elle. Depuis l'attaque, elle ne semble plus du tout pareil… Mais j'imagine que vous l'aviez remarqué.
Hermione et Ron hochèrent la tête.
-Je pense que le stress des derniers jours a pu provoquer ce mal de tête, dit Hagrid. Ça arrive à quelques élèves, de temps en temps. J'espère qu'elle sera remise pour la fête de ce soir, mais ça m'étonnerait…
-Oui, c'est vrai, fit Hermione. Je n'y avais pas pensé…
-Hermione et moi lui rapportons quelques trucs, lança Ron. Ça ne rattrapera pas sa journée mais ça peut lui faire plaisir.
-Bonne idée, approuva le professeur Sinistra. Nous allons vous laisser, nous prenons de quoi manger et nous ressortons aussitôt.
-Vous mangez dehors ? demanda Hermione.
-Si tous les professeurs prenaient leur repas à l'intérieur, qui surveillerait les rues ? répondit Hagrid avec un clin d'œil.
-C'est quoi, cette histoire de migraine, chuchota Ron à Hermione une fois les professeurs éloignés, se penchant par dessus la table, pour éviter que Harry ne l'entende. C'est vrai ou c'est pour leur cacher sa dispute avec Harry ?
-Non, c'est la vérité, affirma-t-elle. De toutes façons ça ne servirait à rien que je les couvre, ils finiront bien tous par en entendre parler, déjà que Malefoy est au courant… Le reste suivra rapidement…
Après avoir passé de longues minutes à discuter à table, enfin surtout pour Hermione et Ron, l'après-midi fut consacré à une petite balade digestive avant de se rendre à la clôture pour retrouver le gros chien noir qui ne manquerait pas de les y attendre, comme il l'avait promis dans sa dernière lettre. Ils passèrent près d'un groupe de Serdaigle dans lequel se trouvait Cho. La jeune fille sembla hésiter à aller les rejoindre, pour finalement renoncer. Ron s'en amusa. En voilà une qui avait quelques années de retard sur Harry…
Sirius les attendait effectivement à la clôture. Il jappa joyeusement dès qu'il les vit et partit sur le chemin menant à son habituelle cachette aussitôt les jeunes gens de l'autre côté de la clôture. Ils atteignirent la caverne après une rude grimpée de la montagne, et Sirius reprit son apparence humaine.
-Je suis content de te revoir enfin, Harry, dit-il en l'étreignant.
Il ressemblait au même cadavre ambulant qu'il était lorsqu'il était sorti d'Azkaban, quelques quatre ans plus tôt, c'est à dire décharné et les cheveux en bataille et sales, une vieille robe abîmée sur le tout. Effrayant pour qui ne le connaissait pas…
Harry lui donna le sac de nourriture qu'il lui avait préparé et Sirius alla s'asseoir pour commencer à déguster – dévorer serait le mot juste – son repas improvisé. Il donna les quelques os de son poulet à Buck, l'Hippogriffe, qui s'était couché sur le sol après que Harry, Ron et Hermione se soit inclinés face à lui et qu'il eût fait de même.
-Alors, quelles sont les nouvelles de Poudlard ? demanda-t-il. Samantha ne devrait pas être avec vous ? ajouta-t-il, se rendant compte de l'absence de la jeune fille, qu'il n'avait, soit dit en passant, encore jamais vue.
-Mal de tête, répondit Hermione, en même temps que Ron disait : Dispute.
Sirius sourit.
-Bon alors… Mal de tête ou dispute ?
Les deux jeunes répondirent le contraire de leur précédente réponse, accentuant le sourire de Sirius et l'expression renfrognée d'Harry qui semblait bien plus intéressé à cet instant par Buck.
-Elle et Harry ont eu un petit différent, ce matin, dit Hermione. Ensuite elle a prétexté un mal de tête et est partie se coucher.
-Donc ce n'était pas une vraie migraine ! lança Ron.
-Bien sûr que si, rétorqua Hermione. Tu l'as vue comme moi ce matin, elle avait vraiment mal…
-Bon, vous avez fini de parler d'elle ? s'énerva Harry. Sirius a autre chose à faire que de s'occuper d'un truc pareil !
-Ça m'a l'air d'être sérieux, chuchota Sirius à Ron et Hermione, qui sourirent. Vous m'expliquerez ?
-Quand Harry acceptera d'entendre à nouveau parler d'elle ! répondit Ron.
-Syndromes combinés du super héros et de sa plus grande fan, ajouta Hermione.
-Je vois… fut le seul commentaire de Sirius, avant que Harry ne reprenne la parole.
-De toutes façons elle ne veut plus me voir, maintenant, dit-il d'un air sombre. Elle me hait…
-Oh Harry ! s'exclama Hermione d'un air découragé. Tu crois vraiment qu'elle pensait un seul mot de tout ce qu'elle t'a dit ?
Harry préféra ne pas répondre et Hermione soupira en levant les yeux et les bras au ciel. Sirius semblait véritablement très amusé de voir son filleul patauger lamentablement dans ses histoires d'adolescents. Ça devait le changer de sa routine habituelle, et surtout de ses inquiétudes…
-Tu n'avais pas besoin de venir, dit soudain Harry en se tournant vers lui. Il ne se passe rien en ce moment dans le coin, et tu risques ta peau plus qu'autre chose en venant ici.
-C'est justement parce qu'il ne se passe rien que je m'inquiète, répondit Sirius avec sérieux. J'ai dans l'idée que l'attaque contre Azkaban ne va pas rester le seul coup de Voldemort, et qu'il va peut-être bientôt essayer de s'en prendre soit au Ministère, soit directement à l'école…
-L'école ? Mais c'est l'endroit le mieux protégé du pays !
-Pendant que le Ministère refuse d'admettre son retour, Voldemort n'est pas resté inactif, Harry. Il est peut-être resté discret depuis deux ans, mais ça ne l'a pas empêché d'agir. Il a grossi ses rangs, Harry, à tel point qu'il serait probablement difficile de compter avec certitude le nombre de ses partisans. Son pouvoir s'est considérablement agrandi, et son influence également.
-Et avec la fuite des prisonniers… ajouta Harry.
-Exactement. En l'espace de quelques heures, il venait d'ajouter des dizaines de membres à ses troupes déjà bien garnies.
-A ce point-là ? fit Hermione, paniquée.
-Azkaban est une très grande prison, qui abritait un grand nombre de criminels en tous genres. Même avec seulement dix pour cent de ses effectifs, Voldemort a de quoi être heureux. Imagine les prisons moldues de la moitié de l'Europe et tu auras une idée de ce que représente Azkaban.
-Vous voulez dire qu'elle regroupe les criminels sorciers de toute l'Europe ? s'écria Ron, abasourdi.
-Seulement la moitié, Ron, seulement la moitié. Pour les sorciers, l'Europe continentale telle que la voient les Moldus est divisée en deux : l'Europe de l'Ouest et celle de l'Est, séparée par une ligne imaginaire appelée la Frontiopa, allant de la Mer Baltique à l'Adriatique. Azkaban est la prison occidentale. Pour la partie orientale…
-C'est la prison d'Eskopa, située en Moldavie, coupa Hermione. Mais je croyais que c'était une légende…
-Ce n'est pas parce qu'elle est située dans le territoire que les Moldus ont attribué aux vampires qu'elle n'existe pas, rétorqua Sirius. D'ailleurs il n'y a que ce fou de Dracula qui ait vécu dans ce coin-là, même les vampires n'aiment pas ces pays. Eskopa existe bel et bien et retient les plus dangereux sorciers du continent.
-Tu penses que Voldemort pourrait s'y attaquer ? demanda Harry.
-Je le crains, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. De toutes façons, pour le moment, son armée est suffisamment remplie pour ce qu'il fera dans les prochains mois.
-Vous avez une idée de ce qu'il projette de faire ? voulut savoir Hermione.
-Je n'en suis pas sûr… répondit Sirius, hésitant. Je vous l'ai dit : soit le Ministère, soit Poudlard. Mais peut-être qu'il a prévu autre chose… Je ne peux pas être certain de ses intentions. Mais il semble décidé à enfin sortir de l'ombre, et même si le Ministère refuse toujours d'y croire, il va y avoir du grabuge, soyez-en sûrs…
Il remit les déchets de son repas fini dans le sac et le posa dans un coin.
-Tenez-moi au courant de la moindre chose inhabituelle, dit-il. Il n'est pas très facile d'obtenir la moindre information coincé ici, et même la Gazette est surveillée par le Ministère. J'imagine facilement la débandade lorsqu'on se rendra compte que tu ne mentais pas… ajouta-t-il pensivement.
-Et pour Zénobie ? demanda soudain Hermione.
-Oui, c'est vrai, approuva Ron. Vous ne semblez pas l'apprécier…
-Je ne lui fais pas confiance… marmonna Sirius. Elle traînait souvent avec les Serpentard, et en particulier Rogue, même s'ils ne semblaient pas spécialement s'apprécier…
-Ils nous font sans arrêt des scènes, dit Harry. Et pourtant ils sont encore et toujours ensemble. Je crois même les avoir aperçus tout à l'heure…
-Ils sont toujours ensemble ! s'exclama Sirius, stupéfait. J'aurais plutôt pensé qu'ils auraient fini par s'étriper, ces deux-là ! Et quel est leur sujet de dispute, en ce moment ? demanda-t-il, intéressé.
-Samantha, lâcha Harry, à contre-cœur.
Devant l'air complètement perdu de Sirius, Hermione s'empressa d'ajouter :
-Ils ne sont pas d'accord sur l'attitude à adopter envers elle. Rogue la traite comme la huitième merveille du monde et Zénobie ne pense qu'à la faire plier sous le travail et lui mettre le plus possible de zéros. En fait, elle agit envers elle comme Rogue envers Harry…
-Non, elle est plus mauvaise que lui, contredit Harry. Je n'ai jamais vu un professeur prendre autant plaisir à persécuter un élève, pas même Rogue.
-Quoiqu'à bien y réfléchir, je ne suis pas sûr qu'elle y prenne vraiment plaisir… fit Ron, perdu dans ses pensées.
Il rougit légèrement devant le regard noir que lui lança Harry. Quoi ? Qu'est-ce qu'il avait dit ?
-Qu'est-ce que tu veux dire, Ron ? demanda Sirius.
-Bah, ce que je veux dire… commença-t-il en essayant d'ignorer le regard pesant de son ami, c'est qu'elle la persécute, ça oui, mais elle ne semble pas particulièrement y prendre du plaisir, non… Je dirais plutôt qu'elle se défoule… Mais elle n'y prend pas plaisir, ça j'en suis persuadé, termina-t-il d'un ton plus assuré, croisant le regard approbateur d'Hermione.
-J'irais même jusqu'à dire que l'effet est totalement contraire, ajouta la jeune fille.
-Alors là je n'y comprends plus rien, souffla Sirius alors que Harry fronçait les sourcils en détaillant ses amis. Bon, il faut dire aussi que je ne l'ai jamais comprise…
-Tu la connaissais bien ? demanda Harry.
-Bien… non, mais je la connaissais. Elle a dû subir quelques unes de nos… blagues, quand nous étions jeunes. Préfète-en-chef et tout le tintouin, tout ce qu'on détestait, en somme. On en avait autant après elle qu'après Rogue, et je dois dire que nos prises de bec étaient tout aussi mémorables. Tout comme celles qu'elle avait avec Rogue…
-Mais pourquoi restent-ils amis alors qu'ils ne peuvent pas se supporter ? s'étonna Ron.
-Voyons, Ron ! s'écria Hermione, désespérée. Pourquoi tu crois qu'on reste amis, toi et moi, alors qu'on est tout le temps en train de se chamailler ?
-Pas bête… reconnut-il finalement. Mais ça n'explique pas pour eux, ils sont pires que nous…
-Elle dit que Sam ne mérite pas d'être appréciée, révéla Harry d'un ton lointain.
Tous se tournèrent vers lui. Il avait le front plissé et le regard fixé au sol, comme s'il cherchait à se souvenir de quelque chose qui lui échappait.
-Elle l'a même traitée de "diable réincarné" (Ron ouvrit de grands yeux et Hermione plaqua sa main sur sa bouche) et elle a l'air de croire qu'il faut se méfier d'elle comme de Voldemort lui-même.
Il releva le visage vers eux.
-Par contre Rogue serait plutôt d'avis que Samantha est une perle et que Zénobie ferait bien de… comment a-t-il dit ? De "prendre conscience de certaines choses". Je ne sais pas pourquoi mais il associait tout le temps Sam avec les problèmes de Zénobie. Enfin c'est ce que j'ai compris ce jour-là.
-Ce jour-là ? répéta Hermione.
-Le jour de l'attaque. Je les ai surpris en train de se crier dessus, comme d'habitude. Mais je n'ai pas bien saisi en quoi Sam pouvait avoir un lien avec la vie de Zénobie. Elles n'ont pas pu se connaître avant, ça se saurait… Et puis Sam vient d'une famille moldue…
-Je n'y comprends pas plus que toi, finit par déclarer Sirius, visiblement soucieux. Tu ferais bien de les surveiller, en tout cas, et récolte tout ce que tu peux sur cette histoire, quitte à les espionner… tant que tu ne te fais pas prendre, ajouta-t-il devant l'air sévère qu'Hermione lui jeta. Tout ce qui concerne Zénobie peut être soumis à enquête, si tu veux mon avis. D'autant plus lorsque ça concerne une élève qui n'a aucun lien avec elle et qu'elle tente d'en inventer un… Au fait, Hermione, comment se passe sa remise à niveau ?
-Pas trop mal, répondit-elle. Question pratique, elle se maintient, mais elle ne fait plus aucun progrès, comme si elle était bloquée, ou je ne sais pas. C'est d'autant plus visible depuis l'attaque… Pour la théorie, c'est déjà un peu plus compliquée, reprit-elle avec une moue. Je crois qu'elle n'aime vraiment pas ça, elle fait ce qu'elle peut mais ça n'avance pas beaucoup.
-Point mort, donc, résuma Sirius.
-A peu près, admit-elle de mauvaise grâce. Mais Neville l'aide beaucoup pour la Botanique et elle dépasse tout le monde en Potions, peut-être même Rogue, ajouta-t-elle avec un sourire fier.
-Voilà qui est bien ! lança Sirius. Ça lui fera un peu les chevilles !
Ils se quittèrent donc sur un grand éclat de rire qui fit du bien à tout le monde et redonna un semblant de sourire à la mine sombre d'Harry. Il était près de quatre heures et demi lorsqu'ils arrivèrent en vue du village sorcier. Ils se dirigèrent d'un commun accord vers l'auberge des Trois Balais pour y prendre une Bièraubeurre. Hermione en profita pour s'exclamer qu'il ne fallait surtout pas oublier d'en rapporter une bouteille, ce que Ron approuva et Harry ignora superbement.
Ils devisaient avec animation sur les différentes prisons de sorciers du monde, faisant des suppositions quant à celles des autres continents. Ils ne firent attention à rien dans le village, trop occupés à imaginer par exemple à quoi pouvait bien ressembler Azkaban, ne l'ayant jamais vue, mais aussi Eskopa, l'orientale.
Au bar de l'auberge, ils furent accueillis par une vieille sorcière horriblement repoussante. Hermione sursauta en poussant un cri, surprise de ne pas tomber sur la jeune Madame Rosmerta qui les avait servis un peu plus tôt. Harry et Ron reculèrent d'un pas, la main dans la poche, prêts à saisir leur baguette au moindre geste suspect de la femme.
-Madame Rosmerta ? balbutia Hermione, la main sur le cœur. C'est bien vous ?
La sorcière leur offrit un large sourire en hochant la tête. Les deux garçons restèrent déconcertés, et examinèrent attentivement la vieille femme pour tenter de lui trouver quelque ressemblance avec la jolie Madame Rosmerta. Finalement, un peu rassurés et surtout se rappelant l'organisation d'animations à Pré-au-lard, ils soupirèrent et sortirent leur main de leur poche.
-Qu'est-ce que je vous sers, jeunes gens ? demanda Madame Rosmerta, amusée.
-Trois chopes de Bièraubeurre et une bouteille, répondit Hermione.
-La bouteille, c'est pour un de vos amis resté au château ? demanda Madame Rosmerta, curieuse.
-Oui, elle n'a pas pu venir, elle ne se sentait pas bien, expliqua Hermione en prenant la flasque que l'aubergiste venait de poser sur la table et la mettant dans son sac avec livres et bonbons, tandis que les deux garçons s'emparaient des chopes.
-C'est dommage, remarqua Madame Rosmerta. L'après-midi promet d'être intéressante…
-Oui, c'est vrai, admit la jeune fille. J'espère que vous referez d'autres journées de ce genre, je suis sûre que c'est bénéfique, même pour les commerçants.
-Oui, c'est vrai, il faudrait en refaire, à l'avenir, vous avez raison. Ce genre d'événements attire la clientèle… acquiesça Madame Rosmerta en encaissant l'argent d'Hermione. Eh bien bonne journée, et souhaitez un bon rétablissement de ma part à votre amie.
-Je n'y manquerai pas, promit Hermione avant de rejoindre Harry et Ron devant leurs chopes de Bièraubeurre.
Elle se plongea dans la lecture d'un de ses nouveaux livres au titre passionnant de "Différents types de métamorphoses de part le monde", laissant Ron face à lui-même, Harry ne semblant toujours pas décidé à profiter de la journée. Il posa sa main sur son menton et observa l'extérieur de l'auberge, avalant une gorgée de Bièraubeurre de temps à autres, au son régulier des pages du bouquin d'Hermione et du frottement du verre d'Harry sur la table.
Contrairement au matin et au début d'après-midi, les élèves semblaient s'en donner à cœur joie. Tous les commerçants s'étaient déguisés et s'amusaient à faire peur aux passants, ce qui se révélait assez ardu lorsqu'ils se retrouvaient confrontés par exemple à une véritable Harpie, laquelle ne semblait guère apprécier d'être singée de la sorte… C'était amusant à voir, mais d'un autre côté, Ron trouvait étrange de voir ces sorciers dits adultes se laisser aller à de telles gamineries.
Les adolescents de Poudlard se mettaient souvent à éclater de rire, ce qui fit sourire Ron, qui les regardait rêveusement. Tout n'était pas perdu, la bonne humeur reprenait ses droits et les gens recommençaient à s'amuser… Oh, il ne fallait pas se voiler la face, les choses allaient changer et devenir plus difficiles, mais Ron avait confiance en l'optimisme et l'espoir de l'être humain, et des créatures pacifiques ou opposées au Mal.
Une jeune fille blonde poussa un cri et s'écarta du chemin du propriétaire de la boutique située face aux Trois Balais en riant. A côté d'elle, une brune était pliée en deux devant la réaction de son amie. Celle-ci pointa son doigt vers elle d'un air faussement vexé et lui cria quelque chose que Ron ne put entendre. La brune éclata à nouveau de rire. Le propriétaire, affublé d'un costume de Loup-garou, se retenait à la devanture de son magasin pour ne pas tomber.
Ron se mit à penser à Remus Lupin, professeur de Défense contre les Forces du Mal lors de leur troisième année, ancien Maraudeur au même titre que James Potter et Sirius Black, et Loup-garou de son état. Que devenait-il ? Ils avaient eu quelques nouvelles, par Sirius et même parfois, bien que plus rarement encore, par Dumbledore lui-même, mais rien de bien consistant. Il avait tout simplement disparu de la circulation.
Soudain une voix sortie tout droit de ses pires cauchemars le fit sursauter.
-Eh bien, eh bien ! fit celle-ci, la plus fielleusement doucereuse possible. Que vois-je ? Nos trois amis de Gryffondor. Où est donc passé notre élève prodige ?
Rogue se tenait devant leur table, son air habituellement suspicieux plaqué au visage. Ron jeta un léger regard en coin à Harry pour voir que le jeune homme fixait sa chope, l'air déterminé à ignorer son professeur de Potions. Le tressaillement de ses traits à la mention de Samantha n'avait pourtant pas échappé à Ron, et sûrement pas à Rogue, de fait.
-Mais peut-être ne savez-vous tout simplement pas où elle se trouve, reprit Rogue, le ton plein de sous-entendus qui firent à nouveau frémir Harry de rage contenue.
-Elle est restée au château, elle n'avait pas envie de venir, répliqua Hermione.
-… Je vois, fit Rogue en fixant Hermione de ses yeux mauvais et froidement calculateurs. Que je n'apprenne pas que vous l'avez misérablement abandonnée toute seule au château, sans quoi il vous en coûterait…
-Cessez un peu de vous faire du souci pour cette pimbêche, Severus, grommela Zénobie, subitement apparue derrière lui.
"Mais ce n'est pas vrai ! Ils ont subi un sort de forfix ces deux-là, ou quoi ? s'exaspéra Ron. Ou peut-être de fixéternel, quand on y pense…"
-Nous nous reverrons dans les cachots… murmura Rogue avec un sourire qui n'avait rien d'engageant. Allons-y, Phyllis….
-Génial, il ne me manquait plus que ça, grogna Harry une fois les professeurs suffisamment éloignés. En plus d'être en froid avec Sam, je vais avoir Rogue sur le dos pour me rappeler constamment ce qui s'est passé.
-Ne t'en fais pas, Harry, ça aurait pu être pire, dit Ron.
-Pire ? s'étrangla Harry. Qu'est-ce qui peut être pire que d'avoir la menace de mourir par empoisonnement avec la promesse d'atroces souffrances ? Désolé, moi je ne vois pas.
-Oh Harry, s'il te plaît ! s'exclama Hermione, agacée. Ça ne changera pas tes cours de Potions de beaucoup ! Il a toujours rêvé de t'empoisonner, ça ne date pas d'aujourd'hui !
-Merci, c'est gentil de me rassurer…
-Tu vois très bien ce que je veux dire, s'impatienta-t-elle en refermant son livre d'un coup sec. Vous ne vous êtes jamais entendus, ce n'est pas ça qui va envenimer les choses.
-Ce n'est pas ça qui va les arranger non plus.
-Ce n'est pas arrangeable, Harry.
-Oui mais il a raison, ça peut empirer, renchérit Ron.
-Ah non ! Si tu t'y mets aussi, moi j'abandonne ! Vous êtes vraiment impossibles, tous les deux ! Et puis de toutes façons, il n'a rien à te reprocher, Harry.
-Si, j'ai énervé sa perle rare.
Hermione soupira, les yeux au ciel.
-Mais qu'est-ce que j'ai fait à Godric Gryffondor pour me récolter des amis pareils ?
¤¤¤
Avant de rentrer au château, Ron insista pour faire un tour à Derviche et Bang, dans l'idée inavouée de trouver un dernier petit quelque chose à Samantha. Hermione l'attendit à l'entrée de la boutique, les bras croisés et les yeux aux ciel, tapant du pied. Harry fureta sans but, n'accordant toujours que très d'attention à ce qu'il voyait. "Impossible de lui retirer Sam de la tête" pensa Ron avec un léger amusement résigné.
Puis, alors qu'ils s'apprêtaient à enfin renter, Hermione s'arrêta en plein milieu de la rue en poussant un petit cri. Les deux garçons se tournèrent vers elle, surpris, et l'interrogèrent du regard.
-Les costumes ! dit-elle simplement.
L'effet fut immédiat. Ils se précipitèrent comme un seul homme jusque chez Gaichiffon, espérant ne pas arriver trop tard, alors que tout serait déjà vendu. La vendeuse les accueillit avec un immense sourire qui dissimulait très mal son envie d'éclater de rire devant les mines déconfites de ses nouveaux clients.
-Ne vous inquiétez pas, jeunes gens, dit-elle. Il y a encore de quoi vous contenter, soyez-en sûrs !
Et un rire cristallin s'éleva alors que retentissaient les soupirs de soulagement des trois amis Gryffondor. Elle confia ensuite les garçons aux bons soins d'une collègue et entraîna Hermione à sa suite, du côté des femmes.
-Parfait, ce gorille, railla Ron un peu plus tard, près de Harry qui se mirait avec scepticisme devant un miroir.
-Effectivement… fit la vendeuse avec une moue peu convaincue. Essayons encore autre chose…
-Tu crois qu'elle va finir par te trouver ce qu'il faut ou il va falloir qu'on se déguise en canard ? chuchota Ron à l'oreille de son ami qui retint difficilement son rire que la vendeuse, qui venait de dégoter un magnifique costume de clown bariolé, aurait sûrement très mal pris.
Une fois que Harry eut trouvé son bonheur, un très simple habit de vampire qui lui allait superbement, Ron dut à son tour passer l'épreuve affligeante de l'essayage. Affligeante, car il dut mettre tour à tour des vêtements que personne ne se risquerait à décrire et qui pourraient faire hurler de rire n'importe qui tentant ne serait-ce que d'en dire un mot. Il lança plusieurs grimaces mécontentes à Harry qui, depuis son entrée dans le magasin, semblait très enclin soudain à s'esclaffer pour un rien.
Ils finirent par ressortir du côté garçons, chacun un paquet sous le bras, pour trouver une Hermione rayonnante qui les attendait depuis visiblement un long moment.
-Tu as trouvé ton bonheur ? demanda Ron.
-Oui, acquiesça Hermione, ravie. Et même plus, ajouta-t-elle avec malice.
-J'ai peur… marmonna Ron, l'air faussement paniqué.
-C'est ça, moque-toi de moi, tu riras moins quand tu me verras… dit Hermione sans se départir de son sourire. Et vous ? Vous avez trouvé ?
-On a eu beaucoup de mal – Harry, arrête de rire ! – mais on a ce qu'il nous faut, répondit Ron en indiquant son paquet du doigt.
Ils payèrent leurs achats et purent enfin regagner le château. Etonnamment, il n'était pas si tard que ça, compte tenu du temps qu'ils avaient perdu depuis qu'ils étaient redescendus de la cachette de Sirius. Ils auraient largement le temps de se préparer, même Hermione qui planifiait déjà les quelques heures qui lui seraient nécessaires.
Harry marchait devant, en silence, la tête un peu ailleurs. Hermione en profita pour rester un peu en arrière et se pencher vers Ron pour lui glisser quelques mots à l'oreille.
-J'ai pris un costume pour Sam, lui dit-elle.
Ron faillit s'arrêter, interdit.
-J'ai pensé qu'elle aimerait en avoir un si elle se sentait suffisamment bien pour assister à la fête… se justifia-t-elle.
-Tu te prends pour sa grande sœur, ou quoi ? s'exclama Ron. Remarque, je dis ça… Tu es sûre que ça lui ira ?
-Oh ça oui ! fit Hermione, lumineuse. Je connais toutes ses mesures, on a presque les mêmes, et puis je sais quelles couleurs lui vont et lesquelles il faut éviter… Je suis sûre qu'elle sera merveilleuse avec ça !
-Et si elle ne vient pas ?
Hermione perdit son sourire.
-Ça m'embêterait, c'est sûr… Mais elle pourra toujours porter ça une autre fois, ça peut aller pour toutes sortes d'occasions…
¤¤¤
Ils trouvèrent Ginny confortablement installée devant le feu, plongée dans un de ses nombreux romans. Elle leva la tête à leur entrée. Ron et Hermione se dirigèrent vers elle tandis que Harry montait dans son dortoir.
-Bonne journée ? demanda Ginny.
-Oui, si on oublie l'humeur massacrante d'Harry à certains moments, répondit Ron. Et toi ? Tu n'es pas allée au village ?
-Si si, ce matin. Juste le temps de prendre mon costume pour ce soir et je suis rentrée. J'aurais presque tout aussi bien fait de rester à Pré-au-lard, ça aurait été bien plus intéressant…
-Pourquoi ? Ça n'a rien donné ?
-Désolée, les amis, fit Ginny en glissant un marque-page entre les pages avant de refermer son livre et de le poser à côté d'elle. Je n'ai pas pu faire ce que vous m'aviez demandé, il a été impossible de lui parler de ça.
-Elle ne s'est pas calmée ? demanda Hermione.
-Non, ce n'est pas ça. A vrai dire je ne sais même pas si elle est encore fâchée ou non.
-Crache le morceau, Ginny, lança Ron.
La jeune fille jeta un regard noir à son frère avant de répondre :
-Je l'ai laissée fulminer toute seule ce matin, mais quand je suis revenue ce midi frapper à sa porte, elle n'a pas répondu. J'ai fini par entrer et je l'ai trouvée fiévreuse sur son lit. Elle doit encore être en train de dormir à l'infirmerie. Madame Pomfresh n'avait pas l'air très rassurée en l'examinant…
-Qu'est-ce que tu veux dire ? s'inquiéta Hermione.
-Elle a marmonné qu'elle n'avait jamais vu une migraine comme celle-là et elle m'a expulsée de l'infirmerie, expliqua Ginny. Je n'y suis pas retournée depuis, mais vous pouvez toujours essayer…
-Il faudrait peut-être prévenir Harry, suggéra Hermione.
-Je ne crois pas, non, fit Ron, sceptique. Vu comment il râle dès qu'il entend son nom, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
-Mais peut-être que… Ron, s'il te plaît…
-Hermione a peut-être raison, Ron a peut-être raison… dit Ginny. Faites ce que vous voulez, je ne suis pas là…
Elle rouvrit son livre et se cacha à moitié derrière.
-Merci pour l'aide, Ginny, ronchonna Ron. Bon… je veux bien essayer, mais c'est uniquement pour voir sa réaction, Hermione, rien d'autre.
-Mais oui, c'est ça…
-Je t'ai entendue, Hermione !
¤¤¤
Arrivé devant la pote du dortoir, Ron grimaça. Il doutait que Harry ne l'écoute même une seconde parler de Samantha. Excepté ce moment dans la caverne où il avait laissé son découragement se montrer au grand jour, il avait obstinément refusé de parler d'elle et semblait retenir sa colère à chaque mention de la jeune fille. Ron n'était pas convaincu qu'Harry renonce à sa bouderie simplement parce qu'elle avait une migraine un peu spéciale. Il n'y avait qu'à voir comment il avait réagi en quatrième année… Harry pouvait se montrer très têtu, parfois.
Néanmoins il prit son courage à deux mains et entra dans la pièce. Harry était en train de déplier son costume, plus pour s'occuper l'esprit que pour autre chose. Il releva la tête dès que la porte s'ouvrit.
-Euh… Harry ? hésita Ron.
-Oui ?
-Euh… Hermione et moi allons… voir Sam, elle est à l'infirmerie… Tu veux venir ?
Harry le fusilla du regard avant de reporter son attention sur son joli costume tout neuf.
-Qu'est-ce qu'elle a, cette fois ? grogna-t-il. Encore une vision ? Ce n'est pas de ma faute si elle a le "Troisième Œil", que je sache.
-Harry, arrête de faire ta tête de mule ! s'écria Ron, agacé par le stupide esprit borné que pouvait avoir son ami. Viens au moins voir comment elle va !
-Je devrais m'inquiéter de sa santé après ce qu'elle m'a dit ? N'importe quoi, mon vieux Ron. Je n'irai pas la voir même si tu m'offrais Voldemort sur un plateau.
Ron soupira d'agacement et sortit en prenant bien soin de claquer la porte.
-Et ne t'étonne pas si elle ne veut plus te parler, dans ce cas, Harry ! lui cria-t-il à travers la porte.
-Qu'elle vienne me voir si elle veut vraiment la paix ! lui répondit la voix étouffée du brun. Je ne ferai plus le premier pas pour elle !
-Pitoyable ! lança Ron en descendant rejoindre Hermione. Comment tu veux arriver à quelque chose avec des bouchés comme eux ? demanda-t-il à la jeune fille.
Hermione haussa les épaules et quitta la tour.
¤¤¤
-Elle va bien maintenant, elle a juste besoin de repos, assura Madame Pomfresh. Vous pourrez revenir la voir demain, en attendant n'espérez pas la voir au banquet de ce soir.
-On ne peut vraiment pas aller la voir ? insista Hermione.
-Non non non, sûrement pas ! Elle a besoin de repos, et non d'amis agités. Allez plutôt vous préparer pour ce soir, où vous ne serez jamais à l'heure au repas…
Madame Pomfresh referma la porte de l'infirmerie devant les visages déçus mais rassurés des deux adolescents.
-Et si tu me disais ce que tu as acheté à Sam ? fit Hermione en lançant un regard en coin à Ron, sur le chemin de la tour de Gryffondor.
-Tu peux toujours rêver, Hermione, répondit Ron avec un faux air hautain. Ce sera un secret entre elle et moi ! Et d'ailleurs ça vaut mieux comme ça. Et puis les cachotteries avec elle ne te sont pas réservées, ma chère, tu n'as pas l'exclusivité.
-Mon pauvre Ron ! s'esclaffa Hermione.
¤¤¤
¤¤¤
Assis en tailleur sur son lit, dans le dortoir des septième année seulement éclairé par les derniers rayons du soleil couchant, les rideaux de son baldaquin tirés, Harry fixait silencieusement un objet posé sur les draps. Sur son visage se mêlaient découragement et résignation. Un soupçon de déception pouvait également se laisser deviner sur ses traits peinés.
Il repassait dans sa tête la même scène depuis le début de la journée. Il n'arrivait pas à s'en défaire. Elle tournait et retournait, lui imposant sans cesse les mêmes phrases, si douloureuses… Le même visage, si rageur… La même voix, si violente… Comment aurai-il pu oublier ces images et ces sons, même pour quelques heures ? Ils ne lui laissaient aucun répit.
Malgré ce que lui avaient répété Ron et Hermione, il ne pouvait empêcher la question de revenir, de le torturer. Pensait-elle vraiment tout ce qu'elle lui avait crié ? Chaque mot était-il l'exact reflet de ce qu'elle gardait au fond d'elle-même depuis le départ ? Le considérait-elle vraiment comme… une "starlette" sans intérêt qui ne faisait que profiter d'elle pour accroître sa popularité ? Etait-ce vraiment ce qu'elle pensait de lui ?
Comment pouvait-elle croire cela ? Alors qu'il passait son temps à essayer de fuir cette célébrité qui lui pesait, à essayer d'être un élève de Poudlard comme un autre, juste un adolescent qui allait en cours et bâclait ses devoirs comme tout le monde, qui faisait bêtise sur bêtise et se fourrait dans les pires ennuis qui puissent exister… Elle savait tout cela, pourtant… Il le lui avait dit, et elle l'avait compris… Il avait mal, mal au cœur, rien que d'y penser. Il se sentait trahi, blessé. Elle avait été si dure…
Il s'empara vivement de l'objet et le cacha rapidement au fond de sa valise, sous un amas de T-shirts mal rangés, ne supportant plus de le voir. Puis il se rassit et ferma les yeux, avant de se mettre à inspirer et expirer le plus lentement possible, pour reprendre son calme.
Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait de cette façon, pourquoi il se préoccupait de ce qu'elle lui avait dit. "Qu'elle pense ce qu'elle veux, après tout !" Elle lui avait révélé ses véritables sentiments, à présent, il savait à quoi s'en tenir avec elle. Il ne se laisserait plus avoir par cette hypocrite profiteuse de gloire. Le diable réincarné, oui, après tout… Mais pourquoi avait-il si mal, alors ?
Il se souvint de sa discussion avec Hermione. Où il avait fini par admettre… ses sentiments… Non, il ne l'avait pas clairement avoué à Hermione, non… Mais il ne l'avait pas démentie… Il s'en était soudain senti incapable… Il venait de comprendre. Et maintenant, la situation avait empiré. Il savait qu'il ne ferait pas le premier pas, il ne le faisait jamais après une dispute, trop fier qu'il était. Il s'en voulait, mais il savait qu'il ne pouvait rien y changer.
Et en même temps, la colère était toujours présente, chaque fois qu'il se répétait les paroles qu'elle avait prononcées. Des paroles blessantes, vraiment blessantes. Comment pouvait-il oublier ça ? Il lui avait lui aussi lancé son lot de méchancetés à la figure, il ne pouvait pas le nier. Il l'avait accusée de profiter de lui comme elle-même l'avait accusé de profiter d'elle. Mais si lui ne pensait pas un seul mot de tout cela, en allait-il de même pour elle ?
Il rouvrit les yeux et fixa le baldaquin devant lui. Le soleil était couché et on ne voyait plus rien dans la chambre. Il écarta les rideaux de son lit et se leva, décidant de s'occuper l'esprit. Il sortit son costume de l'armoire où il l'avait posé et l'étala sur son lit. Refermant la porte de l'armoire, il aperçut son album photo. Il resta immobile un moment, indécis. "Ne surtout pas regarder, ne surtout pas regarder…" se répéta-t-il. Il referma l'armoire d'un coup sec et inspira un bon coup.
Une migraine. Elle avait eu un migraine. Et puis ? Madame Pomfresh était inquiète… Ce n'était pourtant qu'une simple migraine… Mais Samantha avait toujours eu le don de faire dans les extrêmes, même lorsque c'était involontaire. Et elle voulait ne pas se faire remarquer ! C'était plutôt raté. Il était écrit quelque part que son passage resterait gravé dans les mémoires. Peut-être même aurait-elle droit à un passage dans une future édition de "L'histoire de Poudlard". En tant qu'élève la plus surprenante de l'école : la plus âgée au début de ses études, et aussi étonnant que cela puisse paraître, exceptionnellement douée, et possédant le Troisième Œil, événement plutôt rare il faut l'avouer. On se souviendrait longtemps d'elle…
Harry se surprit à sourire. Tout cela était bien joli, mais il y avait un autre aspect qu'il appréciait bien moins. Si on venait également à parler de sa ressemblance avec… Evidemment le rapport ne manquerait pas d'être fait, un jour où l'autre… A commencer par le jour où Sirius la verrait… Si les professeurs n'avaient encore pipé mot, lui ne se tairait pas. Harry n'y avait pas pensé avant de se trouver face à son parrain, lorsqu'il s'était inquiété de son absence. Non, il valait mieux qu'il ne la voit jamais. Mais comment faire ?
La discussion de la grotte lui revint en mémoire. Elle était alarmante, quoi qu'on puisse en dire. Voldemort était de retour, et cette fois, bien décidé à le montrer au monde. Si le Ministère ne lui avait pas encore attribué l'attaque d'Azkaban, préférant accuser les Mangemorts qui s'agitaient depuis sa quatrième année, il ne tarderait pas à comprendre son erreur… dans la douleur. Oui, cela ne pourrait se passer que dans la douleur, Harry en était persuadé.
Quant à Zénobie… Même sans l'avis de Sirius, Harry aurait jugé qu'il était nécessaire de la surveiller. De toutes façons, jamais ils n'avaient eu de professeur de Défense contre les Forces du Mal qui soit… normal. Ils avaient toujours eu des choses à cacher, et pas toujours bonnes à savoir. En fait, à part deux d'entre eux, ils avaient toujours cherché à l'éliminer…
Même si elle ne manifestait – pour l'instant – aucune intention de le tuer, elle n'en restait pas moins suspecte. De part son étrange attachement à Rogue, et de part les secrets qu'elle semblait garder, et aussi… et surtout… de part le lien qu'elle tentait de créer entre elle et Samantha… C'était bien là le plus inquiétant… Le plus alarmant étant probablement le fait que Rogue semblait prendre ce lien très au sérieux, et le mettre en cause dans les comportements de Zénobie… Principalement envers Samantha…
Y aurait-il un seul jour dans sa vie où il n'aurait pas à démêler tout son univers ? Il en avait assez de chercher des réponses à des questions auxquelles il aurait pu ne jamais être confronté… S'il était mort ce soir-là, à Godric's Hollow… Si Voldemort n'avait pas tenté de le tuer… Si Queudver n'avait pas trahi… Si son père n'avait jamais rencontré Pettigrow… Si Voldemort n'avait jamais existé… "Avec des si, mets Poudlard dans une bille de verre…" songea-t-il avec amertume.
Il secoua la tête et se pencha vers son costume. Il l'enfila plus ou moins rapidement, puis prit la petite boîte de maquillage magique que la vendeuse lui avait donnée et se plaça face au miroir de la salle de bain.
-Oh ! Maquillage magique ! s'exclama celui-ci, visiblement ravi. Voilà que monsieur va passer une belle soirée, dites-moi ! Ce n'est pas rien, un tel déguisement, la cavalière en vaut-elle le coup ?
-La ferme, stupide miroir !
Eh bien dites-moi ! Je suis pas mécontente de l'avoir enfin fini, celui-là ! Il m'aura pris du temps et grillé des neurones ! Par contre là, si quelqu'un me dit que j'ai encore pas coupé où il fallait, je l'étripe. Y'a pas de suspens à la fin de ce chapitreuh !
Malefoy : Pourquoi tu l'as fait aussi long ?
DA7 : Pourquoi c'est toujours toi qui vient me parler ? Y'a personne d'autre ici ? Harry !
Harry : Oui ?
DA7 : Pourquoi tu viens jamais me voir quand j'ai fini un chapitre ?
Harry : Bonne question, j'ai pas envie, peut-être ?
DA7 : Bon bah aujourd'hui tu restes, et pas de mais.
Malefoy : Maieuh !
DA7 : J'abandonne… --
Si j'ai fait ce chapitre aussi long (10 000 mots (tout pile) c'est pas rien, j'ai jamais fait ça, moi, c'est un chiffre de ouf !), c'est parce que j'entre en période de révisions du bac, et que vous risquez de pas avoir de chapitre avant début juillet bien tassé. Désolée, je peux pas faire autrement, je veux mon bac, moi ! Donc j'espère que ce chapitre suffira à vous faire patienter jusque-là, moi je sens déjà que j'aurais du mal à tenir…
Malefoy : Elle nous pique des crises dès qu'elle ne peut plus écrire…
Harry : Mémorables, les crises…
DA7 : èé Sauf que là, je ferai pas de crise parce que je réviserai. Déjà que j'ai pris sur mon temps révisions pour finir de pondre tout ça… Au fait, qu'est-ce que tu penses de ton apparition dans ce chapitre, Malefoy ?
Malefoy : C'est pas assez long.
DA7 : Pfff…. Jamais content. Et toi, Harry ?
Harry : Euh… Pourquoi je suis obligé de faire autant la tête ?
DA7 : -- Godric viens à mon aide…
Godric : Oui ? On m'a appelé ? Qu'est-ce que je peux faire pour mes Gryff' chéris ?
DA7 : TT Oh mon dieu…
Dieu : Oui ? (DA7 : ''''''')
Malefoy : Au fait, c'est qui cette jolie brune qui m'accompagne ?
DA7 : Secret absolu jusqu'à un prochain chapitre !
Malefoy : Eh bien le voilà ton suspens !
DA7 : -- Tuez-le… Tuez-le pour moi… Eh ! Pourquoi c'est moi qu'on essaye de tuer !
Malefoy : Parce que j'ai des fans.
DA7 : Je te hais… Eeeeeeeeeeeeeehhhhhhhhhhhhhhh !
Au fait, personne n'a saisi l'allusion du titre du chapitre dernier ? Allez, j'attends encore un peu, je suis gentille… Je vous donnerai la réponse dans un prochain chapitre si vraiment personne ne trouve (ce serait bien étonnant quand même… oo)
A juillet !
DreamAngel7
