Harry Potter et le secret de Voldemort
By DreamAngel7
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Bon, ce chapitre est quelque peu laborieux mais il y a tout de même quelques moments intéressants qui valent le coup d'œil… à mon avis du moins… J'espère que vous apprécierez. Bonne lecture !
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Chapitre XVIII : Vendredi éreintant-Allez, explique-moi comment vous vous êtes réconciliés !
Samantha se laissa retomber sur son lit les bras en croix en soupirant. Seul un sourire éclairant son visage démentait son exaspération devant l'insistance de sa meilleure amie. Depuis que celle-ci s'était réveillée, c'est à dire à peine dix minutes plus tôt, elle n'avait eu de cesse de la questionner sur l'évolution des rapports entre Samantha et Harry, n'hésitant pas pour cela à lancer un oreiller sur la jeune brune pour la faire émerger de son sommeil.
-Tu m'embêtes, My (prononcer maï, comme en anglais quoi)… laissa-t-elle tomber en fermant les yeux pour tenter de réfréner un fou rire.
-Voyons, tu ne vas pas me refuser ça… plaida Hermione.
-Oh que si !
-Je boude… tenta à nouveau Hermione, esquissant pour la peine une jolie moue de chien battu.
Samantha explosa de rire et se cacha sous sa couverture pour étouffer le son. Hermione sauta à bas de son lit et se précipita sur celui de son amie en riant, lui arrachant les draps des mains et engageant de ce fait une monumentale bataille de polochons qui n'aurait pas manqué de gêner leurs colocataires si celles-ci n'étaient déjà depuis un long moment sorties de la chambre. Bientôt le lit fut sens dessus dessous et les oreillers gisaient sur le sol tandis que les deux jeunes filles étaient affalées l'une contre l'autre, essayant de reprendre leur souffle et leur calme, les cheveux complètement décoiffés et le pyjama de travers.
-Je suis contente que tu ais retrouvé le sourire, finit par dire Hermione.
-Et moi je suis contente de l'avoir retrouvé, répondit Samantha, avant de fermer les yeux et de respirer profondément, encore essoufflée.
-Tu ne veux toujours pas m'expliquer ?
-Non…
-Ah, tu es cruelle, Sam. Me laisser ainsi dans l'ignorance !
-Je n'aime pas les potins.
-Mais on est amies, rappela Hermione, espérant la faire plier, mais ce fut peine perdue.
Samantha inspira un bon coup, s'étira paresseusement, assise au bord du lit, puis se leva et se dirigea vers la porte de la chambre, après avoir troqué son pyjama contre des vêtements plus appropriés pour descendre. Elle ouvrit la porte et lança avant de sortir :
-Dépêche-toi, j'ai vraiment trop faim, c'était quand la dernière fois que j'ai mangé quelque chose de consistant ?
Et elle dévala les escaliers à une telle vitesse qu'elle n'eut pas le temps de s'arrêter et fonça droit sur quelqu'un qui arrivait sur sa gauche. Ils faillirent tomber tous deux mais chacun eut le réflexe de se rattraper à l'autre pour maintenir son équilibre.
-Dés… commença Samantha, avant de se mettre à rougir furieusement en reconnaissant Harry qui la tenait encore tout contre lui, un peu gêné mais souriant.
Elle recula instinctivement mais trébucha dans quelque chose et se sentit partir en arrière, entraînant Harry dans sa chute. Leurs joues prirent une jolie teinte tomate lorsqu'ils prirent conscience de leur situation très… compromettante. Près d'eux, Hermione et Ron riaient autant qu'ils le pouvaient. Le couple leur lança un double regard noir qui les poussèrent à tenter de cacher leur hilarité, mais le fou rire menaçait toujours. Finalement Harry s'assit à côté de Samantha et elle put se redresser, avant de voir la cause de leur chute passer tranquillement par-dessus ses mollets.
-Patt' ! Si jamais je t'attrape, ça va chauffer pour ton matricule ! s'exclama-t-elle en français.
Et de se mettre aussitôt à quatre pattes pour attraper le fauve orangé qui n'eut aucun mal à lui échapper. Samantha se laissa retomber sur le ventre en soupirant, le menton posé sur ses mains mises en coupe.
-Un jour je t'aurai, déclara-t-elle finalement au chat qui s'était assis à un mètre d'elle et semblait la narguer, léchant nonchalamment une de ses pattes pour la passer ensuite derrière son oreille.
Puis elle se retourna sur le dos et ajouta :
-Quelqu'un veut bien m'aider à me relever ?
Hilares et complètement à bout de souffle, Hermione et Ron préférèrent sortir de la Salle Commune avant de mourir par manque d'oxygène, laissant Harry et Samantha seuls. Le jeune homme se mit debout et tendit la main à Samantha en souriant.
-Ça va ? Tu n'as rien ? demanda-t-il alors qu'elle prenait sa main et qu'il la tirait à lui.
-Non, je n'ai rien, répondit-elle. Plus de peur que de mal.
Elle se laissa enlacer et embrasser sur le front par Harry, se blottissant contre lui et profitant de sa chaleur. Elle ferma les yeux et se laissa gagner par cette sensation nouvelle qu'elle ressentait. Il l'avait déjà prise dans ses bras, et ce à plusieurs reprises, mais il n'y avait jamais cette intimité nouvelle entre eux, qui rendait cet instant unique.
-Et si quelqu'un nous voyait ? murmura-t-elle.
-C'est ça qui est amusant… répondit-il avec un regard espiègle.
Elle leva la tête vers lui et plongea son regard dans le sien. De moqueuse, l'expression d'Harry devint peu à peu plus sérieuse, et il semblait se perdre dans ses yeux, comme s'il n'existait rien d'autre. Au départ intriguée, Samantha commença à s'inquiéter alors que le regard d'Harry se fixait et perdait sa lueur habituelle et son étincelle de vie.
-Harry ? chuchota-t-elle. Harry ? Tout va bien ?
-Tes yeux sont…
Il sembla soudain revenir à la réalité et son regard perdit son allure inquiétante pour reprendre son éclat ordinaire et se faire plus conscient.
-Mes yeux sont… ? voulut savoir Samantha.
-Tes yeux… répéta Harry, l'air un peu perdu.
Puis il ébaucha un début de sourire qui parut à Samantha un peu faux, forcé.
-Magnifiques, termina-t-il avant de faire demi-tour et de l'entraîner derrière lui en lui tenant la main.
-Mais attends ! s'écria Samantha en se mettant à rire.
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Alors qu'elle parcourait les couloirs de Poudlard avec ses amis, volontairement un peu à l'écart d'Harry, Samantha se prit à s'interroger sur les réactions d'Hermione et Ron. Harry et elle essayaient tant bien que mal de cacher leur nouvelle intimité, mais cela ne devait pas passer inaperçu aux yeux de leurs deux meilleurs amis, surtout après l'incident de la veille… Et pourtant ils n'avaient encore fait aucun commentaire, pas même Hermione qui l'avait pourtant harcelée le matin-même pour qu'elle lui raconte cette réconciliation miracle…
Elle jeta un coup d'œil vers Harry qui était visiblement également plongé dans ses pensées. Il tourna la tête vers elle et leurs regards se croisèrent furtivement avant qu'ils ne détournent le regard. Ils écoutaient silencieusement la discussion des deux autres Gryffondor, et se contentaient de glisser de temps à autres quelques « oui », « bien sûr » et autres pour bien montrer qu'ils suivaient la conversation, ce qui n'était absolument pas le cas. De quoi parlaient-ils, d'ailleurs ? Samantha refusa de chercher à savoir la réponse, elle n'eut à vrai dire pas trop l'occasion de réfléchir plus avant à quoi que ce soit.
Ils croisaient à ce moment-là un jeune garçon qui les fixait d'un air ahuri, les yeux et la bouche grands ouverts. Avant même de s'étonner, Samantha pensa absurdement, comme à son habitude, que s'il ne faisait pas plus attention, il allait immanquablement se prendre un mur. Ce qui fut effectivement le cas, immanquablement. Le jeune garçon regarda le mur de son air toujours ahuri, puis eux, puis à nouveau le mur, et s'enfuit en courant vers la grande salle. Le groupe de Gryffondor resta pantelant, abasourdi. Puis Hermione éclata de rire.
-Vous n'avez pas fini d'en voir ! s'exclama-t-elle, l'air ravi.
Samantha échangea un regard étonné avec Harry, puis ils regardèrent Hermione sans comprendre.
-Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit hier soir ? commença-t-elle avec un sourire malicieux. Ce matin tout le monde va se souvenir de votre entrée…
-Oh… fit Samantha.
-Ah… fit Harry.
Et Ron :
-Ah oui ! fit-il en se tapant le front du plat de la main. Bah quoi ? demanda-t-il, voyant les regards rieurs de ses amis tournés vers lui. Viens de me souvenir…
Ils croisèrent en effet d'autres élèves tout aussi surpris, certains s'arrêtèrent pour les regarder passer, d'autres préférèrent accélérer le pas pour mettre un peu plus de distance entre eux. Les deux amoureux savaient très bien d'où venait ce drôle de mélange entre curiosité et méfiance, mais ils continuaient de s'en étonner. Mais le pire fut leur entrée dans la Grande Salle. Le brouhaha habituel qui y régnait stoppa soudain pour faire planer un silence presque palpable. Hermione fit mine de rien et alla s'installer à la table des Gryffondor, suivie par un Ron qui se remémorait vraisemblablement les événements de la veille qui lui revenaient seulement maintenant en mémoire, laissant Harry et Samantha immobiles à la porte de la salle, parcourant la salle d'un œil incertain.
Samantha était mal à l'aise. Autant, la veille, l'attention qu'ils avaient suscitée ne l'avait pas dérangée plus que ça, autant ce matin… Elle se mit à trembloter et chercha la main d'Harry. Elle s'en saisit et se rapprocha de lui. Elle n'eut pas le temps de supplier Harry de partir, que déjà Malefoy s'approchait d'eux, l'air mauvais. Samantha recula d'un pas, se cachant légèrement derrière Harry qui fit face au Serpentard avec calme.
-Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres, mais j'ai vu clair dans votre manège, déclara Malefoy avec froideur, de façon à ce que eux seuls l'entendent. Nagez dans le bonheur tant que vous le pouvez, si vous croyez que ça va durer, vous vous trompez lourdement.
La colère commença à envahir Samantha, comme chaque fois que ce prétentieux blond s'approchait d'elle. Si la peur l'avait saisie en premier lieu quand il les avait abordés, les paroles qu'il venait de prononcer avaient fait remonter à la surface ce qu'elle ressentait toujours en sa présence. Elle voulut s'avancer vers lui pour lui assener ses quatre vérités, oublieuse de tout ce qui n'était pas Malefoy, mais Harry étendit son bras devant elle, l'empêchant d'avancer. Elle leva les yeux vers lui, surprise. Il fixait Malefoy droit dans les yeux et s'il semblait calme d'apparence, elle le sentit tout de même crispé.
-Occupe-toi donc de tes propres affaires, Malefoy, et pense à te trouver rapidement une copine, le célibat ne te va pas, on dirait, dit-il avec un sourire que Samantha n'apprécia pas beaucoup.
-Harry… chuchota-t-elle.
Les deux jeunes hommes se turent et continuèrent à s'affronter du regard. Ils en avaient l'habitude. Mais peut-être pas en public, et sûrement pas devant elle. Malefoy renifla avec mépris et fit demi-tour, abandonnant provisoirement la partie. Samantha n'en fut pas soulagée pour autant. Elle serra le bras d'Harry contre elle. Ayant fait quelques pas, Malefoy s'arrêta soudain, comme se souvenant qu'il avait autre chose à dire, et tourna la tête à moitié vers eux.
-Au fait, joyeux anniversaire, Samy, j'espère que tu en as bien profité hier…
Et il s'éloigna. Samantha n'attendit pas une seconde de plus et fit demi-tour pour sortir de la salle. Elle passa sans attendre les grandes portes de l'entrée et s'arrêta dans la cour, inspirant profondément l'air frais du début de novembre, les yeux fermés. Le calme, peu à peu, revint en elle. Elle sentait la présence d'Harry derrière elle, mais aucun d'eux ne parla.
Un vent frais souleva les longs cheveux noir et rouge de la jeune fille et balaya les feuilles éparpillées au sol. Cette vision la rendit mélancolique. L'automne s'était installé sans qu'elle y prenne vraiment garde, et maintenant, tout était couleur de rouille et la nature entrait en sommeil. Comment avait-elle pu ne pas le voir ? Elle haïssait l'automne, sans raison apparente. Chaque année, à cette période, elle se renfermait sur elle-même pour ne s'épanouir à nouveau qu'au printemps, telle une fleur.
Oui, Harry l'aurait sûrement comparée à une fleur si elle lui avait parlé de cela. Mais elle avait préféré garder ses angoisses pour elle, comme toujours, pensant un peu sottement qu'elles passeraient, dans cet univers différent où elle évoluait depuis deux mois… Mais ce sentiment l'avait rattrapée, avec un peu de retard oui, mais peut-être plus fort encore qu'habituellement. Le contraire de ce qu'elle attendait s'était produit, et elle ressentait tout plus intensément que jamais. Elle se sentait devenir irritable et nerveuse, et si pour le moment tout ne se passait pas trop mal, elle craignait que cela n'affecte ses relations avec ses nouveaux amis. Avec Harry. Comment pouvait-il encore la supporter après toutes ses crises ?
N'en pouvant plus de ce silence qui commençait à lui peser, elle décida de le fuir. Mais c'était sans compter Harry. Alors qu'elle s'éloignait vivement pour traverser la cour, il la retint d'une seule question. Une question simple, mais à laquelle elle aurait préféré échapper.
-Pourquoi tu ne nous as pas dit que c'était ton anniversaire ?
Elle s'arrêta, les yeux fixés droit devant elle, écarquillés. Elle avait inconsciemment serré les poings et luttait pour contenir des larmes qu'elle savait pourtant inutiles. Il est fou de voir combien les sujets que l'on aimerait plus que tout éviter nous courent après et nous rattrapent, sans aucune chance d'y échapper…
-Sam ? insista Harry, une note d'inquiétude perçant dans sa voix.
-Je sais que ça va te paraître bizarre, mais je déteste me rappeler la date du jour où je suis née, dit-elle enfin, résignée à lui avouer son mal-être. Ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien. Mais pour information, mon anniversaire était hier, et j'ai eu 17 ans…
Et, poussée par elle ne savait quoi, elle partit en courant loin de la cour, loin du château, loin d'Harry… Elle se retrouva en larmes sur le pont menant à la cabane de Hagrid, où elle resta seule pendant ce qui lui parut des heures, à pleurer sans bruit sur sa soudaine émotivité, apparue à l'annonce de ce qu'elle était réellement. Pourquoi un tel changement ? Elle qui était avant un modèle de stabilité et de self-control ?
Elle ne resta cependant que quelques courtes minutes accoudée à la balustrade, avant que des bras tendres ne l'enlacent et qu'une voix masculine ne chuchote à son oreille un doux :
-Joyeux anniversaire, Sam…
Elle éclata alors en sanglots et se blottit tout contre lui. Elle se maudissait pour cette faiblesse, pour ce qu'elle était devenue en arrivant ici. Elle ne se ressemblait plus. Où était passée la sage et ferme Samantha, que jamais personne n'avait eu l'occasion de voir pleurer ? Elle n'avait plus rien en commun avec elle, l'originale avait sombré dans l'oubli depuis qu'elle était devenue sorcière, elles n'appartenaient plus au même monde désormais, et ce déracinement se ressentait jusqu'au plus profond de son être.
Elle finit par se reprendre et repoussa Harry, évitant de croiser son regard qu'elle sentait interrogatif. Elle essuya ses yeux du revers de la manche, refoulant ses sanglots et tentant de reprendre le contrôle d'elle-même. Quelle honte, pleurer ainsi pour une date d'anniversaire devant Lui… Comment pouvait-il encore s'inquiéter d'elle ? Elle était si pitoyable…
-Je suis désolée, Harry… finit-elle par dire, la voix un peu tremblante. Je ne fais rien comme il faut…
Harry voulut rétorquer quelque chose mais elle se rappela qu'ils étaient vendredi, et surtout qu'ils avaient cours… Alors qu'elle repassait machinalement le programme de la journée dans sa tête, elle écarquilla les yeux.
-Sam ? Sam, ça va ? s'inquiéta Harry.
-Oui… oui, assura-t-elle. C'est simplement… Non, viens, j'aimerais autant éviter d'être en retard…
Elle s'éloigna vivement du pont, évitant de regarder en arrière. Elle ne voulait surtout pas croiser son regard…
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Tout se passa relativement bien. Ou disons simplement que ça aurait pu se passer plus mal encore… Samantha tenta de mettre ses craintes sur elle-même de côté pour redevenir ce qu'elle avait toujours été avant de se découvrir sorcière. Cela ne fut pas fameux, mais eut au moins le mérite de la calmer face à Harry et aux autres. Elle retrouva sa bonne humeur et n'hésita pas une seule seconde à mettre les pieds dans le plat avec ses habituelles réparties dénuées de tout sens.
Le cours de Botanique passa rapidement. Le professeur Chourave, parfaitement consciente des grandes qualités de Neville dans cette matière, les avait mis en binôme pour toute l'année. Durant les deux heures qu'ils passèrent à s'occuper de leur plante, elle discuta beaucoup avec lui. Elle aimait beaucoup parler Botanique avec lui, il savait comment faire pour l'intéresser au sujet et lui présenter ses « cours » de façon tout à fait passionnante. Il prenait alors une assurance tout à fait rare chez lui et pouvait parler pendant des heures sans s'arrêter.
-Tu ne voudrais pas devenir professeur de Botanique ? se souvenait-elle de lui avoir demandé un jour.
A quoi sa seule réponse avait été un très joli rougissement suivi de la suite de son discours…
Alors qu'il abordait les qualités curatives d'une plante dont elle avait déjà malheureusement oublié le nom – « ces plantes ont de ces noms, ma parole ! » - Samantha jeta un coup d'œil au professeur Chourave. Celle-ci passait voir les groupes, dispensant conseils et appréciations, œil critique et sourire aux lèvres. Ce devait être une bonne journée pour elle.
Ou peut-être simplement aimait-elle observer son élève prodige jouant les professeurs amateurs… Elle croisa le regard de la Gryffondor et lui offrit un sourire ravi, auquel Samantha s'empressa de répondre avant de reporter son attention sur sa plante et le monologue enthousiaste de Neville. Elle le regarda parler, ses yeux brillants fixés sur ce qu'il faisait en même temps. Oui, Chourave avait de quoi être fière de son élève… Et malheur à celui ou celle qui se permettrait de critiquer Neville devant Samantha !
Finalement, la conclusion du cours approchant, elle songea que si elle allait mieux qu'un peu plus tôt, il y était sûrement pour beaucoup. Il était dommage qu'il ne prenne pas autant d'assurance le reste du temps, c'était un garçon vraiment extraordinaire mais qui en était peu conscient, et refusait d'y croire, en tout cas. Comment l'aider, lui donner plus de confiance en lui ? Pour Samantha ce n'était pas chose impossible, mais ce n'était pas chose aisée non plus…
Il fallait qu'elle reprenne ses habitudes, et servir de soutien moral à Neville l'y aiderait beaucoup. Elle avait besoin de se concentrer sur d'autres problèmes que les siens, penser aux autres comme elle l'avait souvent fait par le passé, et ses propres questions trouveraient naturellement leurs réponses.
Une fois le cours fini, elle rejoignit Hermione, Harry et Ron et ils partirent ensemble se changer pour leur prochain cours. Mais alors qu'ils s'éloignaient des serres, ils croisèrent comme chaque vendredi les Serpentard et les Serdaigle de septième année. Ils tentèrent d'ignorer les Serpentard mais ceux-ci avaient autre chose en tête. Malefoy se planta devant eux, son habituel sourire narquois sur les lèvres, le reste de sa verte classe massée derrière lui, tentant de retenir quelques fous rires.
Malefoy les jaugea un instant du regard, et son sourire prit une tournure de grimace lorsqu'il vit Samantha se rapprocher instinctivement de Harry et celui-ci poser une main apaisante sur le point serré de la jeune fille. Elle le vit hésiter un court instant, ses yeux rivés dans les siens, mais il les détourna bien vite et retrouva son arrogance ordinaire, vrillant son regard perçant dans celui d'Harry, qui resta impassible tant qu'il put.
Le jeune blond sortit d'on ne sait où un journal plié en deux, et le déplia, sans quitter les Gryffondor du regard. Puis il abaissa les yeux sur la Une et fit mine d'être très surpris.
-Oh ! Mais quelle surprise ! s'exclama-t-il avant de relever la tête vers Harry alors que la bande de Serpentard pouffait. Tu fais encore la Une de la Gazette, c'est étrange… Il n'y a pourtant pas de Tournoi des Trois sorciers cette année… Aurait-on oublié de me prévenir que les sorciers les plus doués de cette école faisaient un concours de plus nul des nuls ?
-Tais-toi, Malefoy, cingla Hermione. Tu nous l'as déjà faite, celle-là. Renouvelle-toi un peu.
Malefoy tiqua, mais l'ignora. Il se concentra sur le rôle important qu'il se donnait et écarquilla encore un peu plus les yeux. Samantha se retint de lui sauter dessus pour griffer son visage et faire disparaître cet air supérieur qu'il affectionnait tant. Seule la pression de la main crispée de Harry la dissuadait, tout en augmentant sa colère. Il n'était pas dit qu'elle laisserait impunément ce serpent de malheur faire enrager Harry. Elle réagirait bien avant Harry…
-Le jeune Harry Potter fait des vagues… Eh bien, quel titre ! reprit Malefoy, déclenchant un éclat de rire général chez ses congénères. Qu'as-tu donc encore pu faire pour redevenir la star des journalistes ?
Il lui adressa un sourire exaspérant et replongea le nez dans son journal. Un bruit de verre brisé le détourna un court instant de son occupation. Une jeune fille de Serpentard enlevait son sac de son dos pour voir que son encrier venait de se casser… Il leva les yeux au ciel et revint à son article, tandis que Samantha et Harry serraient les poings.
-Le sorcier le plus célèbre de notre communauté avait déjà défrayé les chroniques il y a de cela quelques années, lors du tout premier Tournoi des Trois Sorciers organisé depuis un siècle, lut Malefoy. On le croyait assagi et moins dérangé depuis la fin dudit Tournoi. Or il n'en est rien ! Voyez-vous cela ? railla-t-il. On n'aurait pas…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, les rires de ses camarades en fond sonore, qu'il était violemment plaqué au sol et roué de coups par une furie qui n'était autre que Samantha. Il mit instinctivement ses bras devant son visage, incapable de se défendre autrement de son agresseur qui l'écrasait littéralement. Il fallut les efforts combinés de Vincent Crabbe et Gregory Goyle pour arracher Samantha à sa proie. Malefoy se releva précipitamment en reculant jusqu'à ses congénères, le regard mauvais, tandis que ses deux acolytes retenaient fermement la jeune fille rageuse.
-Espèce de folle ! cracha Malefoy en passant le dos de sa main au coin de ses lèvres d'où s'écoulait un mince filet de sang, tandis que la Serpentard à l'encrier cassé accourait vers lui en le plaignant pour voir sa minuscule blessure. Tu es complètement malade !
-C'est toi qui seras malade si tu ne nous fous pas enfin la paix, répliqua Samantha en se dégageant d'un coup d'épaule de la poigne des deux gorilles.
-Tu paieras tout affront envers ceux de ta véritable maison, crois-moi, lança Malefoy d'une voix rauque, une lueur effrayante au fond des yeux. Tu risques de voir tes problèmes arriver bien plus vite que tu ne le crois… ajouta-t-il en souriant d'un air étrange qui n'inspirait rien de bon.
-Je vais te faire ravaler ce sourire… commença à crier Samantha en s'élançant sur lui.
Elle parvint à le frapper deux ou trois fois avant que Harry n'intervienne et ne la force à reculer, la ceinturant fermement. Samantha se mit à crier des injures au Serpentard, en français heureusement, ce qui fit qu'il n'y comprit pas grand chose et ne songea pas à s'en irriter davantage, déjà bien sur les nerfs à causes des coups qu'il avait reçus.
Samantha s'arracha à la poigne de Harry et fixa Malefoy un moment, les poings serrés. Le jeune blond n'en menait visiblement pas large. Il tremblait presque. Mais elle tourna soudain les talons et s'éloigna à toute vitesse. Malefoy reprit contenance et lança alors que le trio rouge et or suivait tant bien que mal l'allure rapide de la jeune française :
-Tu devrais faire attention, Potter, ou toute ta vie privée va finir par être étalée au grand jour !
Mais les quatre sorciers étaient déjà trop loin pour l'entendre, ce dont il aurait dû s'estimer chanceux étant donné le caractère explosif de Samantha. Celle-ci ne décoléra pas du reste de la matinée. Durant le cours qui suivit celui de Botanique, elle resta immobile au fond de sa chaise, les bras croisés, à remuer de sombres pensées. Heureusement pour elle, le professeur n'y fit absolument pas attention, trop occupé à psalmodier son cours de son habituelle voix monocorde de fantôme.
Elle ne comprenait pas. D'où pouvait bien provenir cette haine viscérale qui la prenait dès qu'elle croisait la route de cet insolent de Malefoy ? Il était insupportable, sur ce point tout le monde était d'accord. Mais de là à ressentir l'envie effrayante de le faire souffrir jusqu'à la mort… Elle était excessive… Elle mit cela sur le compte de sa trop grande sensibilité. Il fallait vraiment qu'elle apprenne à se calmer, se contrôler… Mais qui pourrait l'aider ?
Elle ne voulait pas demander à ses professeurs. Ils étaient si obnubilés par cette fichue histoire de prédispositions… Elle n'allait pas encore leur rajouter un sujet supplémentaire de s'intéresser de trop près à elle… Hermione ? Elle ne voulait pas l'inquiéter plus qu'elle ne l'était déjà. Et puis elle était si occupée… Entre ses propres devoirs, les cours particuliers qu'elle avait si gentiment accepté de lui donner et ses fonctions de préfète… Mais comment diable faisait-elle ? Non, elle n'allait pas lui rajouter ça en plus. Harry ? Elle n'était pas sûre qu'il soit le plus qualifié pour ce genre de chose, lui qui savait s'énerver presque aussi vite qu'elle… Pas plus que Ron, Neville, ou Seamus…
Ginny ? Oui… pourquoi pas… Elle n'avait pas d'examen trop important, ayant passé ses BUSE l'année précédente… Samantha songea un très court instant qu'elle ne saurait probablement jamais ce que ça pouvait faire de passer ses BUSE… Oui, Ginny était peut-être la plus susceptible de pouvoir lui consacrer du temps et de pouvoir lui donner de bons conseils. Samantha décida d'aller la voir dès la fin de la journée pour en discuter avec elle, avant ses cours avec Hermione…
En fin de journée ? Non, ça n'allait pas être possible, elle avait un cours de Défense contre les Forces du Mal dans l'après-midi… Elle réprima un sursaut. Zénobie. Elle ne manquerait pas de lui faire encore des réflexions et de la surcharger de travail… Avec en plus l'incident qu'elle avait provoqué avec Harry la veille… Ce cours n'allait pas être vivable… Mais avait-elle le choix ? En admettant même qu'elle arrive à se mettre d'accord avec Ginny pendant le repas, elle n'aurait jamais le temps de se maîtriser suffisamment…
Elle fronça les sourcils. Cette Zénobie voulait sa mort. A la faire travailler autant sinon plus que les autres, elle voulait vraiment la pousser à bout, la voir plier… Jusque-là elle s'en était plutôt bien sortie, soutenue par Hermione et les deux garçons, mais elle sentait qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Zénobie trouvait un malin plaisir à la rabaisser constamment. Etait-ce de sa faute si elle n'avait jamais pratiqué la magie avant cette année ? Elle était bien loin d'égaler le niveau des autres élèves, mais Zénobie semblait considérer qu'elle les dépassait largement. Elle n'hésitait pas à lui rajouter des devoirs supplémentaires en sous-entendant qu'elle ne devrait pas y trouver de difficulté alors qu'ils étaient compliqués même pour des fin de septième année…
Elle aurait pu se plaindre au professeur McGonagall, celle-ci aurait compris et aurait fait ce qu'il fallait pour que la situation s'arrange. Mais Samantha refusait catégoriquement de se plaindre, pour deux raisons. D'abord parce que cela aurait été faire plaisir à Zénobie, puisque ce serait la preuve que son élève souffre-douleur aurait enfin craqué. Mais aussi parce que cela n'aurait au contraire rien arrangé. Elle aurait craqué, certes, mais elle sentait que ce n'était pas ça qui arrêterait Zénobie, bien au contraire… Elle lui mènerait la vie plus dure encore, si c'était possible.
Elle mit un bon moment à se rendre compte que les chuchotements qu'elle entendait vaguement lui étaient destinés. Elle revint à la réalité et sursauta légèrement quand son regard se posa sur son fantôme de professeur. Elle secoua la tête, honteuse d'avoir eu peur d'un fantôme alors qu'ils faisaient à présent partie de son quotidien.
-Sam, ça va ? s'inquiéta Hermione.
-Oui, ça va, ne t'en fais pas, s'empressa-t-elle de la rassurer. J'ai eu le temps de me calmer depuis tout à l'heure ajouta-t-elle avec un clin d'œil souriant. Je réfléchissais…
-A quoi ? voulut savoir Hermione.
Le regard de Samantha se perdit dans le vague, regardant bien au-delà du professeur Binns qui continuait de pérorer sans discontinuer. Elle revint sur terre quand elle se sentit quelque peu secouée.
-Eh voilà ! Tu repars encore dans tes pensées ! s'exclama Hermione à voix basse. A quoi rêves-tu de si beau ?
-Eh bien… Je pensais à mes devoirs… et puis… je ne sais plus…
-Tu ne cesseras jamais de m'étonner, lança Hermione. Il y a à peine deux minute tu donnais l'impression de vouloir pétrifier tout le monde, et voilà que tu rêvasses avec un sourire béat.
-Désolée de rester une énigme pour toi, My, répliqua Samantha, amusée. Dis, maintenant que j'y pense… Tu n'es pas abonnée à cette fichue Gazette, toi ? Il me semblait que tu en avais parlé un jour…
-Euh… Oui, en effet… répondit Hermione, ne voyant pas trop où son amie voulait en venir.
-Tu as le numéro d'aujourd'hui ?
-Euh… oui…
-Donne, donne, fit Samantha d'un ton surexcité. Pourquoi tu ne l'as pas lu ce matin ?
-Bonne question, je ne sais pas… répondit Hermione en plongeant la main dans son sac.
-Dépêche…
-Oui, ça vient… Le voilà…
Samantha le lui arracha littéralement des mains alors qu'il était à peine sorti du sac et le déplia sur sa table. Elle avait eu raison de se mettre au fond de la classe, ainsi personne ne serait là à regarder par-dessus son épaule. Hermione se pencha vers elle pour lire en même temps. La première chose qu'elles virent – et Hermione se maudit probablement de ne l'avoir même pas remarquée – fut une photo du stade de Quidditch de Poudlard. En plissant les yeux, Samantha put constater avec colère qu'il s'agissait d'un cliché de son premier et unique cours de vol avec Harry… Elle parcourut l'article avec rage et frustration de ne pas avoir le journaliste face à elle.
Le jeune Harry Potter fait des vagues…
Le sorcier le plus célèbre de notre communauté avait déjà défrayé les chroniques il y a de cela quelques années, lors du tout premier Tournoi des Trois Sorciers organisé depuis un siècle. On le croyait assagi et moins dérangé depuis la fin dudit Tournoi. Or il n'en est rien ! Mais rappelons tout d'abord les événements intervenus lors de cette importante manifestation que fut le Tournoi, afin de pouvoir mieux comprendre le comportement actuel de celui que l'on nomme encore aujourd'hui le Survivant.
« Harry Potter est instable et potentiellement dangereux » écrivait il y a deux ans Rita Skeeter, ancienne envoyée spéciale de la Gazette du sorcier disparue mystérieusement l'année même et réapparue tout aussi mystérieusement un an plus tard. Selon certains médecins, la cicatrice provoquée par le sort que Vous-savez-qui jeta sur lui pour le tuer pourrait être à l'origine d'un profond déséquilibre mental. De plus, Rita Skeeter notait la nature plutôt effrayante de certaines de ses fréquentations, jetant la confusion quant au crédit que notre communauté lui accordait jusqu'alors.
Bien que rien n'ait encore été prouvé à ce jour, les récents événements nous poussent à nous poser cette question : Harry Potter est-il vraiment aussi sain d'esprit et altruiste qu'il veut nous le faire croire ? Rien n'est plus à remettre en question. En effet, la Gazettedu sorcier est en mesure de révéler à ses lecteurs l'attitude particulièrement révoltante du jeune sorcier. Alors que ses camarades étaient affligés par l'attaque de la prison d'Azkaban (voir notre article du 15 octobre), lui-même semblait peu touché par la nouvelle. Selon certains témoignages, il serait même allé jusqu'à provoquer une violente dispute avec une jeune élève nouvellement arrivée à l'école.
« Il n'a même pas pensé une seule seconde à son état, nous a déclaré l'un de ses camarades, qui souhaite garder l'anonymat par peur de représailles. Elle était bouleversée par l'attaque et il l'a repoussée violemment alors qu'elle avait besoin d'amis. Et il prétend se soucier d'elle… »
Ainsi, ce jeune sorcier qui brillait par son apparente bonté d'âme ne serait-il en réalité qu'un usurpateur ne s'occupant que de son propre confort et non de celui de ses soi-disant "amis". Interrogés à ce sujet, les professeurs McGonagall et Hagrid ont refusé de nous accorder le moindre commentaire et le directeur de Poudlard nous a éconduits avec sa diplomatie habituelle, ajoutant aux soupçons qui pèsent sur le jeune homme.
« Harry Potter n'est qu'un mythe, a conclu pour nous notre témoin. Tout ce qu'on sait sur lui n'est qu'un conte pour jeunes sorciers en mal d'aventures et de héros parfaits. Mais Harry Potter, tel qu'il est, n'est absolument pas digne de sa réputation. Il est dangereux… »
E. D.
-Je vais le tuer… siffla Samantha en froissant d'un geste rageur le journal. Cette fouine et ce journaliste à scandales vont payer…
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-Nous ne sommes même pas sûrs qu'il s'agit réellement de lui, objectait Hermione pour la énième fois.
-Nous n'avons pas besoin de preuve, répliquait à nouveau Samantha. Je sais que c'est lui, et tu le sais aussi.
Tous les élèves de Poudlard étaient attablés dans la Grande Salle, et le repas se déroulait dans l'habituel brouhaha de voix et de bruits de couverts. Face à Harry, Samantha était survoltée. Elle n'avait pas même pensé à remplir son assiette et ses amis ne savaient comment faire pour la calmer et la faire manger.
-Ce serait bien son genre, glissa Ginny. Mais par contre ce n'est pas du tout son genre de se cacher. Il est trop orgueilleux et sûr de lui pour ça.
-Sauf s'il a peur…
Tous se tournèrent vers Harry, étonnés. Il avait le regard fixe, comme s'il réfléchissait à quelque chose qui lui échappait. Samantha fronça les sourcils. Première chose, il semblait persuadé autant qu'elle que Malefoy était dans le coup, qu'il était le fameux anonyme terrifié à l'idée de représailles de la part d'Harry. Deuxième chose… A quoi pouvait-il bien penser ? Malefoy, avoir peur ? Cela ne devait pas être aussi dur qu'il n'y paraissait, pourtant, comme le soulignait Ginny…
-Harry… murmura la jeune française. Tu ne penses quand même pas…
-Je ne pense rien, s'empressa-t-il de répondre en relevant vivement la tête, brusquement revenu à la réalité.
-Harry ? fit doucement Hermione.
-Peu importe, peu importe ! s'empressa de reprendre Samantha. Nous savons tous que c'est lui, que nous faut-il de plus ?
-Je ne pense pas que ça nous rende convaincants, hasarda Ron.
-Qui t'a parlé de le faire punir ? répondit lentement Samantha, un sourire machiavélique sur le visage.
-Samantha ! la sermonna Hermione. Tu n'as quand même pas l'intention de…
-Quoi ? s'exclama Samantha. Après tout ce qu'il vous a fait subir pendant six ans, tu préfères ne rien faire ? Tu es trop gentille, My. Personnellement, je ne le laisserai pas s'en tirer cette fois. L'affaire Rita Machin se répète, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Il n'est pas difficile de voir que c'est lui, toujours lui et encore lui qui se cache derrière tout ça ! Oh et puis j'en ai assez, il faut que je me change les idées…
Mais avant qu'elle n'ait pu esquisser le geste de se lever pour sortir, la petite madame Pomfresh s'était postée derrière elle, les poings sur les hanches et le regard sévère. Samantha retomba aussitôt sur le banc, écrasant à moitié Hermione derrière elle, surprise.
-Miss Leroy, commença l'infirmière. Pouvez-vous me dire qui vous a autorisée à quitter votre lit ? Je vous ai cherchée toute la matinée, je suis même allée prévenir Monsieur le directeur qui m'a tranquillement rapporté votre exploit d'hier soir avant de m'annoncer que vous suiviez tout naturellement vos cours. Ne croyez-vous pas que vous exagérez un peu, Miss ? Dans l'état dans lequel vous étiez, faire tant de folies ? Mais qu'ai-je donc fait pour devoir m'occuper de jeunes gens aussi inconscients ?
Samantha était restée hébétée durant toute la tirade de Madame Pomfresh qui agitait un index accusateur devant elle en réprimandant sa jeune patiente. Autour, les Gryffondor hésitaient entre l'éclat de rire et l'incompréhension totale. Quand Madame Pomfresh se tut pour toiser Samantha avec son regard faussement sévère, celle-ci haussa un sourcil de façon tellement comique que la table des lions opta finalement pour un fou rire général, que la discussion qui suivit ne calma en rien.
-Alors ? fit l'infirmière.
-Euh… Je suis désolée ? tenta Samantha, toujours le sourcil levé.
-Mais encore ? s'impatienta l'infirmière, se mettant à taper du pied.
-Je le referai plus, promis ?
-Mais encore ?
-Euh… Vous avez passé une bonne soirée ?
A ce stade, Hermione riait tellement qu'elle était pliée en deux et ne soutenait plus vraiment Samantha qui ne s'était toujours pas redressée et se retrouva au sol, entraînant sa meilleure amie dans sa chute. Essayant de se relever malgré le fou rire qui la gagnait également, la jeune brune surprit une esquisse de sourire sur le visage de l'infirmière. Celle-ci lui tendit la main pour l'aider à se relever, en concluant :
-Vous allez me faire le plaisir de m'accompagner à l'infirmerie pour réparer cette erreur, jeune fille.
-Pourquoi ? s'étonna Samantha.
-Pour être sûr que votre sortie n'ait pas été prématurée…
Mais Samantha regarda derrière l'infirmière, comme si elle venait de voir arriver quelqu'un. Elle finit de se relever d'un bond et se précipita sur Ginny en souriant.
-Ginn chérie, tu tombes bien, j'ai quelque chose à te demander ! s'exclama-t-elle sous l'œil éberlué de Madame Pomfresh.
Et de l'entraîner à sa suite hors de la Grande Salle, laissant une infirmière ébahie et ne sachant quoi faire. Cette dernière finit par soupirer en secouant la tête d'un air résigné, murmurant un « Ah ! Ces enfants… » avant de se décider à rejoindre la table des professeurs pour prendre son repas.
Dehors, Samantha avait repris un air plus sérieux et attirait Ginny dans un coin reculé de la cour. La jeune rousse, si elle avait eu l'instant d'avant un immense sourire éberlué, affichait maintenant son inquiétude. Samantha était rarement sérieuse, et dans ces moments-là, il y avait toujours une bonne raison et de quoi s'inquiéter, principalement pour elle d'ailleurs. Samantha se plaça face à elle et commença à parler en évitant son regard, d'un air à la fois indécis et terriblement déterminé.
-Ginny… J'aurais une faveur à te demander…
-Ce que tu veux, s'empressa de répondre Ginny sans réfléchir au fait qu'elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre. C'est grave ? interrogea-t-elle enfin.
-Oui… Non… Pas vraiment, je n'en sais rien, avoua Samantha. J'imagine que ça va te paraître un peu fou, dénué de sens, ou quelque chose comme ça, mais… j'aurais besoin de ton aide pour apprendre à me canaliser… dit-elle en la regardant droit dans les yeux.
Ginny haussa un sourcil, craignant d'avoir mal compris.
-Te canaliser ? répéta-t-elle avant d'ajouter après que Samantha ait acquiescé. Mais en quoi ? Tu maîtrises très bien ta magie et…
-Non non non, ça n'a rien à voir avec la magie, coupa Samantha en secouant la tête. C'est plutôt…Oh aide-moi ! Je n'arrive pas à le dire !
-Mais je ne peux pas te comprendre si tu n'es pas plus claire, rétorqua Ginny d'un air sévère. Alors soit tu m'expliques clairement, soit je ne peux rien pour toi.
Samantha soupira. Ginny avait l'air d'être assez remontée pour une obscure raison – les souvenirs de la veille lui revenaient peut-être maintenant ? – et son agacement, chose énervante, était justifié. Elle se décida.
-Je prends la mouche pour un rien et je pleure pour encore moins, commença-t-elle. Je réagis au quart de tour, j'ai même l'impression que je ne contrôle plus rien, que quelqu'un réagit à ma place… Ce que je voudrais, c'est canaliser mes émotions.
-Euh… fut la réponse très juste de Ginny.
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Devant la porte de la salle de Défense contre les Forces du Mal, elle attendait anxieusement avec ses amis. Elle redoutait la réaction que Zénobie ne manquerait pas d'avoir, ou du moins ce qu'elle lui ferait sûrement subir le plus sournoisement possible pour la punir d'un tel culot. Au fond d'elle, elle savait bien que son professeur ne laisserait pas passer ça. Parce qu'elle n'avait jamais cessé de guetter la moindre occasion pour s'en prendre à elle, mais aussi parce qu'obscurément elle sentait qu'elle l'avait mal pris, personnellement. Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, Samantha avait la certitude que Zénobie avait pris cet incident comme une attaque personnelle.
-Tu divagues, Sam, chuchota la jeune fille pour elle-même, dans sa langue natale. Elle va te rabaisser, oui ; te surcharger de travail, certes ; mais elle ne va certainement pas se sentir visée par tes âneries…
-Sam ? Ça va ? lui demanda Hermione, inquiète de l'entendre marmonner en regardant fixement le couloir.
Samantha sursauta.
-Hein ? Pardon ? Oh désolée, souffla-t-elle. Je réfléchissais…
Avant qu'Hermione ne put demander le sujet de cette intense réflexion, le pas décidé du professeur de Défense contre les Forces du Mal résonna dans le couloir. Samantha tourna vivement la tête vers elle, anxieuse. Elle avait beau se raisonner, elle ne pouvait s'empêcher de craindre la réaction de la jeune femme. Et sa main de serrer fortement celle de Harry, qui finit par baisser un regard perplexe vers elle.
Phyllis Zénobie passa près d'eux sans leur accorder un seul regard, et ouvrit la porte. Son air renfrogné et ses lèvres pincées ne présageaient rien de bon pour la pauvre Samantha qui ne savait pas sur quel pied danser. Tous les élèves s'engouffrèrent dans la salle à sa suite, tandis qu'elle allait s'installer à son bureau, y arrangeant quelques affaires sans se préoccuper d'eux. Samantha se faufila dans l'un des derniers rangs où elle s'assit, le plus près possible de Harry, comme si sa simple présence à ses côtés avait le pouvoir de la protéger de ses angoisses.
Lorsque tous se furent assis et que le silence se fut établi, étonnement longtemps après l'entrée en classe, le professeur Zénobie leva enfin la tête vers eux, et Samantha frissonna. Elle la regarda fermer d'un geste sec le livre qu'elle tenait dans ses mains et le poser sur un coin du bureau, tout en dévisageant tour à tour chacun des adolescents face à elle. Elle croisa le regard troublé de la jeune fille et y resta accrochée un instant, qui parut une éternité à la jeune brune, laquelle tentait de ne pas ciller.
Puis Zénobie baissa la tête vers ses paperasses et se saisit de sa baguette, négligemment posée là à son arrivée, avant de se tourner vers le tableau noir. Samantha perçut des regards étonnés échangés par ses camarades. Visiblement, cela ne surprenait pas qu'elle. Harry lui-même se pencha vers elle.
-Ça ne présage rien de bon, lui chuchota-t-il à l'oreille.
-Justement, tais-toi ! rétorqua-t-elle sur le même ton.
Harry l'observa un instant, cherchant à comprendre d'où pouvait provenir son irritation, puis reporta son attention vers le tableau qui s'était entre temps rempli de notes diverses et variées. Zénobie les détailla à nouveau, puis lança de courtes explications d'une voix sèche.
-Je veux que vous étudiiez ces caractéristiques, que vous soyez capable de me dire de quel genre de créature il s'agit et quel pourrait être son point faible. Je vous annonce tout de suite que vous ne l'avez jamais étudiée et que vous devrez donc faire preuve d'esprit d'analyse et de logique. Vous me rendrez ce devoir pour la semaine prochaine, mais je veux que vous commenciez sans plus attendre.
Elle n'ajouta rien d'autre et se rassit sans un mot de plus. Les élèves la virent avec une stupéfaction grandissante se pencher vers des documents, probablement des copies à corriger, et se mettre au travail. Un instant déroutés, ils finirent tous par se plonger dans la lecture de ces fameuses caractéristiques, somme toute assez fumeuses et extrêmement sujettes à controverses, à bien y réfléchir. Un ou deux élèves levèrent courageusement la main, espérant obtenir une hypothétique réponse susceptible de les aider dans la compréhension du devoir, mais Zénobie les ignora superbement.
Agacée par ce mépris affiché de la part d'un professeur, Samantha leva à son tour la main, provoquant un vague murmure de surprise à travers la salle. Harry posa une main sur son bras pour la ramener à plus de prudence, mais elle le regarda d'un air déterminé et fixa à nouveau Zénobie, qui ne redressa toujours pas la tête de ses copies. De plus en plus énervée et enhardie par sa propre peur mûrie une journée entière, elle se racla légèrement la gorge.
-Excusez-moi, dit-elle d'une vois parfaitement audible et à peine tremblante.
Zénobie leva les yeux vers elle, avec une lenteur effrayante, alors que tous étaient paralysés par l'audace de la jeune fille devant cette femme qui semblait la détester plus que tout. Lorsque leurs yeux se croisèrent à nouveau, Samantha tressaillit violemment. Ce regard… Cette haine… C'était comme si Zénobie contenait une envie brutale de la tuer sur place, là, tout de suite. Comme si elle s'empêchait de commettre ce meurtre qu'elle désirait par dessus tout… Et Samantha eut bien du mal à le soutenir.
La tension monta. Ce fut palpable même pour les autres. Les plus proches de Zénobie ou de Samantha commencèrent par froncer les sourcils en sentant l'air se charger d'électricité, et même Harry relâcha vivement le bras de son amie. Puis cela s'étendit à toute la salle, et bientôt des murmures apeurés se firent entendre, au milieu de sombres grésillements. Les yeux de Samantha s'agrandirent, s'agrandirent et s'agrandirent encore, comme sous l'effet d'une peur incontrôlable.
Comme un coup de tonnerre en plein cœur d'un ciel chargé d'électricité, la voix de Zénobie claqua sèchement, faisant sursauter tout le monde. Samantha saisit d'instinct le bras de Harry et le serra à lui faire mal.
-Il ne me semble pas vous avoir permis de parler, Miss Leroy ! tonna le professeur. Ou bien encore cherchez-vous à vous faire remarquer comme vous l'avez si admirablement fait hier soir ? Je ne doute pas que vous soyez fière de votre coup d'éclat, jeune demoiselle, mais permettez-moi de vous dire que ceci n'était du goût de personne ! Maintenant je vous prierais de bien vouloir reprendre votre place d'élève et de cesser de vous prendre pour une petite princesse, ce que vous n'êtes absolument pas ! A présent, soit vous vous comportez comme n'importe quel autre élève de cette classe, soit je me verrai contrainte d'user de sévérité envers vous pour vous faire comprendre où se situe votre place !
Son visage, affichant quelques minutes plus tôt un calme feint, était devenu un rictus de haine et de colère. Ses poings étaient serrés jusqu'à être blancs et tous ses muscles étaient crispés. Face à elle, la jeune fille n'était plus que tremblements convulsifs et terreur non dissimulée. Jamais son professeur ne lui avait fait aussi peur. Aussi peu habituée à la magie qu'elle l'était toujours, l'impressionnante aura qui entourait à cet instant la blonde furieuse l'enfouissait dans ses peurs d'enfant à un point qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.
-Allez vous faire foutre, s'entendit-elle dire, heureusement en français, alors qu'elle renversait sa chaise en se levant lentement, tout son corps grelottant d'un froid imaginaire.
-Pardon ? demanda Zénobie, déstabilisée.
Mais Samantha ne répéta pas et sortit le plus rapidement qu'il lui fut possible de la salle. Elle ne vit pas les élèves échanger à nouveau des regards emplis d'incompréhension ni Zénobie retourner s'asseoir à son bureau, l'air soudain perdue. Elle courait à travers les couloirs du château, les jambes si faibles qu'elle redoutait de s'arrêter de peur de tomber sans aucune chance de se relever, des larmes inutiles et dépourvues de raison coulant le long de ses joues.
Une voix retentit derrière elle, criant inlassablement son nom, mais elle refusa de l'écouter et accéléra l'allure. Peu importait qui l'avait appelée. Elle ne voulait pas s'arrêter, pas faire demi-tour, pas revenir vers elle... Elle qui avait si bien su lui faire sentir à quel point elle pouvait la haïr, jusqu'à lui faire éclater le cœur... Jamais elle n'aurait cru pouvoir ressentir sentiments négatifs aussi forts, aussi puissants. Elle savait que Zénobie ne l'appréciait pas, mais pas à ce point !
Elle trébucha soudain et se retrouva face contre terre sans comprendre comment elle était arrivée là, le corps encore tremblant et les joues humides. Vaincue, elle laissa son front retomber sur le sol en fermant les yeux et se mit à sangloter. Elle ne sut combien de temps elle resta là, mais elle finit par se reprendre et tenta maladroitement de se remettre debout. Elle voulait retourner dans sa Salle Commune, mais la tête lui tourna et elle dut s'appuyer contre un mur pour éviter de tomber. Inquiète, elle décida finalement de rendre une petite visite à Madame Pomfresh, laquelle serait probablement heureuse de la voir « revenir à la raison ».
Elle regarda autour d'elle, vérifiant qu'elle reconnaissait les lieux, et se dirigea vers ce qui lui semblait être le chemin de l'infirmerie. Mais elle se rendit bien vite compte qu'elle était perdue et commença à soupirer, résignée et abattue.
-M'zelle ?
Elle sursauta en poussant un petit cri de surprise, avant de remarquer une petite créature aux chaussettes dépareillées debout près d'elle et visiblement inquiète. Elle l'avait déjà vue auparavant. Dobby. Elle soupira de soulagement et essuya ses joues humides d'un revers de la main.
-Je t'ai déjà dit de m'appeler Samantha, lui dit-elle.
-M'zelle Samantha va bien ? demanda alors Dobby, refusant d'abandonner le « mademoiselle » qu'il savait être une marque de respect de la langue française mais l'écorchant à tout bout de champ. M'zelle a l'air tout pâle...
-Je vais bien, Dobby, ne t'inquiète pas. Je me suis juste... perdue à nouveau, expliqua-t-elle avec un sourire d'excuse.
-Oh... fut le seul commentaire de l'elfe.
-Dis-moi... tu voudrais bien m'accompagner à l'infirmerie ? Parce qu'à ce rythme je risque de ne jamais y arriver...
-Bien sûr ! Tout ce que M'zelle voudra, répliqua aussitôt Dobby, joyeux. Venez ! Dobby va conduire M'zelle !
Et il s'élança à travers le château, se retournant de temps à autres pour s'assurer que la jeune fille le suivait. Au bout de longues minutes où elle put éprouver son endurance physique exceptionnelle, c'est à dire inexistante, elle se trouva essoufflée devant la porte de l'infirmerie. Elle remercia Dobby qui s'inclina, visiblement gêné, et qui lui assura qu'il était heureux d'avoir aidé « la gentille et grande amie d'Harry Potter », à quoi elle répondit par un sourire embarrassé.
Dobby disparut dans un pop retentissant, et elle alla frapper à la porte, qui s'ouvrit sur une Madame Pomfresh tout agitée.
-Par Merlin et tous les fondateurs ! lança-t-elle en attrapant Samantha par le bras et la faisant rentrer de force dans l'infirmerie, avant de la faire asseoir sur un lit pour s'affairer deux pas plus loin. Vous ne m'échapperez plus, jeune fille ! Vous êtes décidément bien pire qu'une anguille, ma chère, mais vous ne m'y reprendrez plus !
-Madame…
-Quelles inquiétudes vous m'avez causées ! continua l'infirmière. Vous n'imaginez pas ! Disparaître ainsi en pleine nuit, et sans prévenir ! Tout ça pour une fête qui aurait très bien pu vous achever dans l'heure, ajouta-t-elle en appuyant ses paroles d'un regard soutenu à la pauvre Samantha qui tentait en vain de parler. Et Dumbledore qui cautionne cette imprudence, le croyez-vous ?
-Madame…
-Je m'en vais de ce pas vérifier enfin que vous vous portez réellement suffisamment bien pour supporter des cours. Bien que le week-end vienne de commencer… Mais ne devriez-vous pas être en cours ? demanda-t-elle en scrutant le visage de la jeune brune, sceptique. Peu importe, vous ne deviez de toute façon pas vous y rendre avant mon approbation, reprit-elle sans laisser le temps à Samantha de répondre.
-Madameuh…
-Vous avez eu Défense contre les Forces du Mal si je n'abuse, n'es-ce pas ? Et dire que vous avez dû supporter cette pauvre femme durant quelques heures…
Madame Pomfresh se tut soudain, comme réalisant une chose importante. Puis elle se tourna vivement vers Samantha et la fixa avec sérieux.
-Ne me dites pas que vous avez quitté son cours… dit-elle à voix basse. Elle ne vous porte déjà pas dans son cœur – cela, tout le monde le sait – mais j'espère au moins qu'elle ne vous a pas provoquée, vous n'êtes certainement pas en état de subir ses divagations…
-C'est justement pour cela que je suis ici, Madame Pomfresh… avoua Samantha.
-Ce sera Pompom pour toi, mon enfant, dit pensivement l'infirmière tout en réfléchissant. Sale garce, j'en avertirai Dumbledore au plus vite, il va falloir réfréner ses ardeurs ou je risque de m'en mêler à nouveau, et je pense bien qu'il n'apprécierait guère… Voyons voir ça.
Elle délaissa sa petite table roulante et se pencha vers Samantha. Elle lui fit passer plusieurs petits tests, les agrémentant régulièrement de sourires approbateurs ou de froncements de sourcils inquiets. La jeune fille commençait à se demander ce qu'il allait résulter de cet examen quand Madame Pomfresh s'éloigna d'elle et revint de ses appartements avec une fiole emplie d'un liquide vert pâle qu'elle lui tendit.
-Ceci devrait calmer les maux de tête, dit-elle. A prendre lorsque les premières douleurs se font sentir, et surtout évitez de vous dire que ça va passer, dès que votre tête se rappelle à vous, prenez-en deux gouttes, mélangées de préférence à un verre d'eau. Je sais, ce n'est pas un goût très agréable mais une autre boisson annulerait les effets de la potion…
Samantha la prit doucement et observa sa douce transparence à la lueur du soleil couchant. Le liquide prit une étrange teinte à mi-chemin entre le vert et le orange, indescriptible. Elle sourit et remercia la petite femme. Puis elle hésita. Madame Pomfresh s'assit à côté d'elle, sentant que sa patiente éprouvait le besoin de se confier.
-Il vous est déjà arrivé de… de ressentir les émotions de quelqu'un d'autre tellement ce qu'elle ressent est fort ? commença Samantha.
-Que veux-tu dire par là ?
-Eh bien… Tout à l'heure, en Défense… Je… Elle s'est énervée, parce que je lui ai fait remarquer qu'elle ne s'occupait pas de nous, alors que des élèves voulaient lui poser une question… Et… Elle… C'était tellement fort ! Je ne savais pas qu'elle contenait tant de haine !
Elle se tut et regarda la potion qu'elle tournait et retournait entre ses doigts.
-Croyez-vous qu'il y ait une raison pour qu'elle me déteste autant ? demanda-t-elle à voix basse. Je ne lui ai jamais rien fait… J'ai toujours fait ce qu'elle me demandait sans jamais m'en plaindre auprès d'elle, je ne parle pas en cours, je… D'autres sont pires que moi… Qu'est-ce que je lui ai fait ? demanda-t-elle à nouveau en levant cette fois un regard brillant de tristesse vers l'infirmière qui se laissa émouvoir.
-Je ne sais pas, répondit-elle en baissant les yeux à son tour. Je ne la connais pas très bien, d'ailleurs personne ne la connaît vraiment, à part Sévérus et Albus, et peut-être un peu Minerva… Je serais vous, j'en parlerais directement à Albus. Il devrait pouvoir faire quelque chose pour toi…
-Oh non ! rétorqua amèrement Samantha. Personne ne peut rien pour moi. Cette folle m'a en ligne de mire depuis la première fois que j'ai croisé son regard, il n'y a rien à faire. Et pourtant, j'aimerais tellement qu'elle m'apprécie, même juste un peu… murmura-t-elle pour elle-même.
Madame Pomfresh lui jeta un regard désolé. Cette fille ne demandait qu'un peu de bienveillance de la part de son professeur. Elle espérait simplement qu'elle la regarde autrement que comme une sorcière de la pire espèce qui soit, et d'après ce que l'infirmière en savait, elle travaillait dur pour tenter d'obtenir que Zénobie soit quelque peu fière d'elle et de son application. Mais toujours Phyllis la rabaissait de la plus hargneuse façon qui soit, et détruisait à petit feu tous les efforts de l'adolescente.
-Je vais vous laisser, dit soudain Samantha en se levant. Je vous remercie pour tout ce que vous faites pour moi, mais je vous en prie, ne vous inquiétez pas trop, ça va aller, maintenant, assura-t-elle avec un sourire qui se voulait convainquant.
Mais Madame Pomfresh se leva à son tour et attrapa une autre fiole sur la table, l'ouvrit et en versa quelques gouttes dans un verre où elle ajouta un peu d'eau, et donna le tout à Samantha.
-Buvez ça, vous êtes encore flageolante, expliqua-t-elle.
Samantha ne se fit pas prier, elle avala la potion en une gorgée et redonna le verre en grimaçant avant de sortir de l'infirmerie en souhaitant une bonne soirée à « Pompom ».
Elle avança lentement dans le couloir, peu pressée de retourner au cœur de la folie scolaire, c'est à dire peu pressée de retrouver la foule d'élèves bruyants et agités. Elle put remarquer avec plaisir que le remède qu'elle venait de prendre était très efficace et rapide, et que ses jambes la soutenaient à présent sans aucun problème. Elle n'avait plus la tête qui tournait non plus. Bref, elle avait récupéré une bonne santé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Elle ferma les yeux et inspira un grand coup, enfin de bonne humeur. Elle observa à nouveau la fiole. Le liquide avait repris sa couleur de jade et renvoyait des reflets irréguliers comme s'il était fait de pâte nacrée. Elle n'avait jamais vu couleur aussi affreuse et en même temps aussi belle. C'était étrange, songea-t-elle, amusée. Mais c'était probablement là une bénédiction, la fin de ces migraines qui avaient soudain fait irruption dans sa vie. A peine commencées et déjà écartées…
Elle déboucha dans un grand corridor, très large et bizarrement vide de tout tableau. Les derniers rayons du soleil y pénétraient de tout leur rougeoiement et redonnaient à la fiole cette drôle de teinte orangée qui striait par endroit le jade. Fascinée par ces couleurs aussi moches que jolies, Samantha ne prêta aucune attention à ce qui l'entourait.
Pourtant, une étrange impression lui fit redresser la tête et scruter les alentours. Elle ne vit rien d'étrange mais continua de regarder autour d'elle en avançant. Quelque chose la chiffonnait. Oui, mais quoi ? Elle ne risquait rien pourtant, dans ce château. Rien, si ce n'était une mauvaise rencontre. Mais qui pouvait-elle croiser de mauvais en pleine heure de cours ? A part Peeves, lequel ne lui faisait somme toute pas grand mal ?
Un pressentiment violent la força à s'arrêter. La fiole faillit lui glisser des doigts mais elle resserra sa prise et scruta plus attentivement l'endroit où elle se trouvait. Toujours rien. Et ce pressentiment qui lui broyait le cœur… Les ombres s'allongeaient mais rien ne semblait s'y cacher, si ce n'est ses propres peurs. Son cœur se serra brusquement, l'envoyant à genoux sur le sol, une main au sol et l'autre étreignant la fiole sur sa poitrine.
A cet instant précis, apparut devant ses yeux une forme recroquevillée sur le sol, engoncée dans une large cape noire et parfaitement immobile, venant de nulle part. D'absolument nulle part.
La pression quitta instantanément le corps de Samantha qui se releva, indécise, et s'approcha lentement du corps allongé devant elle. Sous la vaste cape, elle devina de courts cheveux châtains extrêmement mal coiffés et un visage très jeune. Le garçon étendu devant elle, inanimé, ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle… Mais d'où venait-il ? Comment était-il apparu aussi soudainement, au milieu de ce couloir désert, dans ce château où Hermione lui avait mille fois répété qu'il était impossible de transplaner ?
Elle s'agenouilla près de lui et avança une main hésitante vers son visage. Au moment où elle effleurait ses cheveux aussi en bataille que ceux d'Harry, le jeune homme ouvrit les yeux, la faisant sursauter, et s'écarta d'elle d'un bond vif, serrant sa cape et une baguette de bois contre lui. Ils restèrent là un long moment, à se fixer droit dans les yeux, sans bouger, elle redoutant de l'effrayer et lui… vraisemblablement égaré.
Il finit par se reprendre, rassuré sans doute de voir qu'elle ne lui voulait aucun mal, et la détailla plus attentivement, comme s'il cherchait à reconnaître en elle quelqu'un qu'il avait connu. Samantha se sentit gêné par ce regard insistant de la part d'un inconnu. Elle rougit légèrement et se racla la gorge pour cacher son embarras. Cela sembla faire revenir le jeune homme aux réalités.
-Je dois voir Dumbledore… murmura-t-il d'un ton rauque. Le plus vite possible…
Fin du chapitre 18...
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Hm hm… Ai-je le droit de n'avoir aucun commentaire à faire cette fois-ci ? '
Drago : Yeah, enfin tranquille !
DA7 : Rêve pas trop mon petit serpent blondinet… Tiens, je pensais plutôt que tu viendrais te plaindre de n'apparaître que trente petites secondes dans ce chapitre… ?
Drago (hausse les épaules) : Boaf, tu sais…
DA7 : Bah non justement je sais pas…
Drago (agacé) : Raaa mais tu le fais exprès !
DA7 (air faussement innocent) : Meuh non !
Drago (sournois) : Ah ouais ? … … … Dis-moi… Tu l'as publié il y a combien de temps ton dernier chapitre ?
DA7 : Raa il a le don pour aborder les sujets qui fâchent èé Sur ce je préfère vous laisser (vais aller bosser sur le chapitre 19… je crois que ça vaut mieux ')
DreamAngel7
