Harry Potter et le secret de Voldemort
By DreamAngel7
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Chapitre XXVI : Où allons-nous ?
Une semaine était passée, et on avait peu vu Amphitryon Drakomlès en dehors des repas. Malgré un sourire obstiné, il avait les traits légèrement tirés. Sans doute la gestion de ses deux écoles, dont une à distance, même s'il était secondé dans les deux cas, devait être plus difficile que prévu. En ce samedi matin, il parvint même à arriver en retard pour le petit déjeuner, s'attirant par-là même un regard des plus noirs du professeur McGonagall auquel il répondit par un sourire fatigué.
A la table des Gryffondor, une petite bande ne cessait de l'observer chaque fois que leurs chemins venaient à se croiser. Malgré les paroles qui se voulaient rassurantes de Harry, tous n'en pensaient pas moins qu'il était trop jeune. Quant à Harry lui-même... c'était une autre affaire... Il ne semblait pas vraiment enclin à l'apprécier... C'était à se demander ce qui avait bien pu se passer entre ces deux-là... Mais en toute sincérité, Hermione doutait qu'il se soit passé quoi que ce soit. S'ils s'étaient croisés durant la semaine, Harry leur en aurait immédiatement parlé.
Ce week-end, c'était l'effervescence. Les résultats des élections du nouveau Ministre de la Magie seraient connus le lendemain, et tous les élèves faisaient leurs propres suppositions ou échangeaient les avis de leurs parents, plus rarement les leurs. Et Hermione ne cessait de soupirer.
-Hermione, s'il te plaît, arrête ça au moins cinq minutes, cinq toutes petites minutes... geignit Ron, au bord de la crise de nerfs.
-Ces idiots sont tellement... idiots ! répliqua-t-elle, faisant lever les yeux au ciel au jeune homme.
-C'est déjà assez stressant sans que tu aies à en rajouter, intervint alors Ginny en venant s'installer avec le quatuor à la table des lions. Tu veux bien nous laisser profiter de notre dernier jour de paix ? Qui sait ce qu'on aura demain... Je préfère ne pas l'imaginer.
Elle frissonna et se servit un peu de lait. À sa gauche, Hermione jaugea une énième fois leur nouveau directeur. Trop jeune, trop insouciant, trop occupé... Voilà ce qui remplaçait Dumbledore à la tête de l'école. Serait-il à même de la protéger, elle ainsi que ses occupants, et Harry ? Si le vieux Dumbledore était le seul que Voldemort ait jamais craint, il n'en allait pas de même pour le professeur Drakomlès. Dans cette situation, tout pouvait arriver. Surtout le pire.
Elle soupira une nouvelle fois, s'attirant un regard noir de Ron, et se décida à finir d'avaler son petit déjeuner.
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Ce jour-là, Hermione entreprit d'occuper son esprit et celui de Samantha en fastidieuses heures d'étude renforcée. Ce qui ne fut pas du goût de la jeune française qui ne put pourtant refuser, bien consciente du retard accumulé ces derniers temps. Elle accepta donc à contre-cœur et se plongea autant qu'elle le put dans ses révisions et devoirs. Hermione fut ravie de la bonne volonté de son élève.
Elles passèrent la matinée en métamorphoses et enchantements en tous genres. Samantha mettait visiblement du cœur à l'ouvrage mais ne semblait pas vouloir progresser. La préfète ne comprenait pas. Faisait-elle un blocage, craignait-elle ses pouvoirs ou autre chose, pour stagner ainsi depuis tout ce temps ? Elle ne parvenait pas à savoir, et Samantha ne semblait pas vouloir l'y aider.
Elle se concentrait autant qu'elle le pouvait, déterminée à réussir ce qui lui résistait toujours, mais sans succès. La pause de midi arriva comme une bénédiction, au moment où Samantha commençait à réellement perdre patience et provoquer plus de problèmes qu'autre chose. Lorsque son professeur privé lui annonça qu'il était temps d'arrêter le massacre, elle releva ses cheveux sur sa tête et y planta sa baguette, avant de sortir sans un mot. Hermione songea subrepticement à la réaction que n'aurait pas manqué d'avoir Maugrey Fol Œil en la voyant agir ainsi. Elle ne respectait pas la règle la plus élémentaire qu'il ait inculquée à Harry – dans la poche de son pantalon, quelle inconscience ! - et ce à plusieurs reprises.
Elle regarda avec étonnement Samantha engloutir son repas. Elle paraissait affamée, comme un gouffre sans fond dans lequel verser continuellement de la nourriture serait vain. D'un autre côté, c'était mieux que de la voir piocher distraitement à peine de quoi tenir la journée, et en cela, le sourire qu'affichait Ginny lui confirma qu'elles pensaient toutes deux la même chose.
Hermione songea qu'elle devrait l'épuiser plus souvent à la tâche, cela était loin d'avoir des effets négatifs : non seulement elle l'obligeait ainsi à penser à autre chose qu'à tout ce qui l'accablait dernièrement, mais elle changeait aussi son appétit d'oiseau en appétit d'ogre. Cela ne lui ferait certainement pas de mal de manger un peu plus.
Mais restait toujours l'incompréhensible et inextricable problème qui l'empêchait de progresser.
Son repas terminé, Samantha se leva de table et disparut rapidement de la Grande Salle. Non sans avoir lancé un regard noir à la table des Serpentard. Où Hermione remarqua la mine narquoise d'un certain serpent platine. Elle décida de l'ignorer et laissa le soin à Ginny de rejoindre la jeune brune. Elles étaient devenues si proches que Hermione ne se voyait plus que comme son professeur de rattrapage. Elle ignorait encore si cela la dérangeait ou non.
En vérité, pour l'heure, la jeune fille avait d'autres problèmes en tête. Elle craignait les élections du nouveau ministre et le jeune directeur ne lui disait rien qui vaille. Non, décidément, rien n'allait comme il le faudrait.
Son regard tomba à nouveau sur la table des Serpentard et ses sourcils se froncèrent. Malefoy semblait plongé dans de sombres réflexions. Voilà qui n'était guère courant. Que mijotait-il encore ?
-Harry... glissa-t-elle en se penchant vers lui.
Mais ledit Harry était plongé dans une passionnante discussion sur le Quidditch avec Ron. Hermione soupira et quitta la table et soupirant « Ces garçons... » Il fallait bien se changer les idées comme on le pouvait... Elle retrouva, une fois n'est pas coutume, Samantha attablée, seule, dans la Salle Commune devant une pile de livres et de parchemins. Des parchemins ! Avait-elle enfin décidé d'être raisonnable ?
-Tu travailles ? demanda Hermione en s'asseyant à côté d'elle.
-Ça se peut, répliqua distraitement son amie.
Griffonnant à tout va sur ses parchemins, entre la lecture de deux paragraphes, elle ne semblait pas disposée à discuter, ni même à accorder la moindre attention à autre chose qu'à son travail.
-Où est Ginny ? demanda pourtant Hermione.
-Sais pas.
Hermione soupira intérieurement. Elle n'en tirerait rien, c'était évident. Elle délaissa la jeune fille un moment, le temps d'aller chercher ses propres affaires dans son dortoir et de revenir s'installer pour travailler également. Samantha ne releva pas une seule fois la tête de ses parchemins, chose assez inhabituelle chez elle. Hermione ne savait quoi en penser. Se réjouir de la nouvelle bonne volonté de son amie ou s'inquiéter de ce comportement étrange ?
Elles passèrent de longues minutes assises l'une en face de l'autre, à gribouiller diverses choses sur leurs parchemins, jusqu'au moment où les deux garçons se manifestèrent enfin. Ils grimacèrent en les voyant si sagement occupées.
-Ne me dites pas que vous travaillez encore... lança Ron d'un ton désespéré.
-Si, et tu devrais penser à faire pareil si tu ne veux pas avoir des ennuis, répliqua Hermione. Je te signale que tu as encore plein de devoirs à faire.
Ron soupira à cette remarque, alors que Harry avait déjà disparu dans son dortoir. Soupirant encore, il se décida à le suivre, et ce fut à quatre qu'ils passèrent les heures suivantes penchés sur leurs livres et parchemins à travailler d'arrache-pied... pour autant que Ron et Harry sachent le faire.
Soudain, alors que Samantha arrivait enfin dans les dernières pages du lourd grimoire qu'elle consultait, elle poussa une exclamation de surprise, faisant sursauter ses trois amis.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione.
-Rien, rien, répondit précipitamment la jeune brune en refermant brusquement le livre qu'elle rangea dans son sac. Rien du tout...
Elle se replongea dans ses parchemins et n'en releva plus la tête. Hermione échangea un regard avec ses amis, aussi étonnés qu'elle. Puis ils haussèrent les épaules et se remirent au travail. Ce n'était pas la première fois que Samantha leur montrait d'aussi étranges réactions. Peut-être avait-elle vu dans ce bouquin quelque chose qui l'avait passablement choquée, ce qui ne serait pas étonnant vu le rapport particulier qu'elle entretenait avec la magie.
-Il y a quelque chose à faire en défense, non ? demanda prudemment Samantha, brisant un silence studieux.
-Eh bien... hésita Hermione.
-Oui, répondit Harry avec fermeté.
Hermione lui jeta un rapide coup d'œil. Ils savaient tous la tension qui existait entre la jeune fille et le professeur Zénobie, mais la préfète et son ami divergeaient sur l'attitude à adopter face à cela, devant Samantha. Hermione préférait la ménager un peu, considérant que Samantha souffrait déjà assez de cette situation, tandis que Harry tendait plus vers ce qu'elle voyait comme une sorte de rudesse superflue. Que pensait Samantha de tout ceci ?
-D'accord, répondit celle-ci sans émotion apparente. Vous ne voyez pas d'inconvénient à me donner une partie des réponses ?
Elle avait pris l'habitude de poser cette question depuis que Zénobie lui avait fait un violent sermon après qu'elle ait tour à tour copié sur l'un d'eux et repris toutes les bonnes réponses. Depuis, elle mélangeait données justes et inventions, ce qui avait de toute manière le don d'énerver Zénobie.
Hermione entreprit donc la lourde tâche qui lui incombait, à savoir expliquer tout ce qu'il y avait à savoir sur la créature qu'ils étudiaient. Samantha l'écoutait avec patience, mais cela ne l'empêchait pas de froncer régulièrement les sourcils lorsqu'elle peinait à comprendre. Et Hermione réexpliquait. Encore. Et encore. Parfois jusqu'à quatre ou cinq fois la même chose. Et Harry regardait, du coin de l'œil, bien plus inquiet qu'il ne voulait l'admettre. Hermione savait qu'il haïssait de plus en plus le professeur Zénobie, ne serait-ce que pour ce qu'elle imposait à Samantha.
Personne ne comprenait : pourquoi s'acharnait-elle autant sur la pauvre jeune fille ?
Samantha était loin d'un niveau de première année, sur le plan théorique du moins, et aussi sur le plan pratique, sur certains points. Quoi qu'il en fut, elle vivait ce qui s'apparentait plus à une première année accélérée qu'autre chose, comment alors pourrait-elle seulement appréhender les thèmes compliqués sur lesquels travaillaient les septième année ?
La brune coupa soudain Hermione an tapant des poings sur la table et se leva, le visage crispé de colère, envoyant sa chaise au sol, et attirant l'attention de tous les Gryffondor présents dans la pièce.
-Ça suffit ! s'exclama-t-elle. Ça ne sert à rien, je ne comprends pas, c'est tout ! Tu auras beau m'expliquer cent fois, ça ne changera rien ! J'en ai assez ! Est-ce qu'elle comprendra un jour qu'elle m'en demande trop ?
Elle serra les poings et courut vers le passage secret d'où elle disparut. Hermione aurait juré avoir vu ses yeux briller peut-être un peu trop. Et croisant le regard de ses deux amis, elle comprit qu'ils avaient vu la même chose.
-J'y vais, déclara-t-elle.
Elle se leva à son tour et passa le tableau de la Grosse Dame. Mais Samantha n'était déjà plus visible.
-Si j'étais vous, je la laisserais tranquille un moment, lança la Grosse Dame d'un ton docte.
-Vous avez probablement raison... soupira Hermione.
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La réapparition de Samantha au dîner, ce soir-là, causa une grande surprise non seulement à tous ceux qui la connaissaient, mais aussi à tous ceux qui levèrent les yeux pour la voir entrer, au moins vingt minutes après le début du repas. L'un des battants de la double porte s'ouvrit en grinçant, laissant le passage à la jeune fille, le visage sérieux, qui s'assit à l'extrémité la plus proche de la table des Gryffondor sans accorder un regard à personne.
Mais le plus surprenant n'était pas tout à fait son attitude, bien qu'inhabituelle. Non, ce qui surprenait le plus, et parvint même à tirer un haussement de sourcils intrigué du directeur provisoire de Poudlard, c'était l'absence de ses longues mèches rouges, coupées au ras de la peau. Son front ainsi dégarni lui donnait un aspect des plus bizarres, et pas franchement joli à regarder. A en juger les réactions des gens l'ayant vue, l'avis était unanime.
Assise à l'autre bout de la table avec Ginny, Harry et Ron, Hermione ne pouvait pas espérer interroger Samantha sur sa soudaine lubie sans se faire elle-même remarquer. Et elle imaginait fort bien que son amie n'avait pas besoin de ça ; elle tentait de se faire toute petite à son coin de table, refusant de regarder autre chose que son assiette pleine. La préfète appela Harry à voix basse et désigna discrètement l'autre bout de la table. Harry étouffa un hoquet de surprise, qui alerta Ginny et son frère. Ils échangèrent des regards déconcertés et inquiets, et attendirent, impatients, la fin du repas.
Mais Samantha avait disparu avant même qu'ils ne s'en rendent compte. Elle avait dû s'éclipser aussi rapidement que possible, franchissant probablement les portes en même temps que les premiers sortis. Hermione supposa qu'elle s'était directement rendue dans la Salle Commune, voire réfugiée dans le dortoir, au fond de son lit. Cela ne l'aurait guère étonnée.
-Harry ?
Hermione se retourna en même temps que son ami. Les élèves sortaient en un flot continu de la Grande Salle, derrière eux, et Ethan peinait à traverser la foule compacte pour les rejoindre, Eleanor sur les talons. Harry fronça les sourcils en le reconnaissant.
-Ethan, dit-il froidement.
Le jeune homme parut hésiter un instant, mais se reprit bien vite. Il fut cependant devancé par son amie.
-Samantha va bien ? demanda Eleanor d'un air soucieux. Je l'ai trouvée bizarre, ce soir… et ses cheveux… finit-elle, perplexe.
-Nous avons été aussi surpris que vous, répondit Hermione avec sincérité.
Près d'elle, Harry et Ethan s'affrontaient du regard. Ou plutôt, un Ethan placide soutenait sans ciller le regard sévère du Survivant. Hermione devait avouer que la situation la mettait mal à l'aise. Elle avait toujours du mal à saisir pourquoi Harry éprouvait une telle animosité envers le Serdaigle – qui les avait tout de même sauvés des Détraqueurs et leur avait donné une piste de défense…
Ethan voulut visiblement dire autre chose, mais se retint à la dernière seconde. Il hocha la tête et s'éloigna sans un mot. Eleanor, surprise, l'appela en vain. Elle s'excusa auprès des Gryffondor, ajouta un petit mot à l'intention de Samantha, qu'Hermione promit de transmettre, et rattrapa Ethan en le grondant gentiment. Harry, lui, fit demi-tour et grimpa les escaliers de marbre. Il paraissait las.
Mais pire encore l'attendait, au détour d'un couloir plus ou moins désert. Sous la forme de deux voix, l'une amie, l'autre… particulièrement détestée…
-Laisse-moi passer, disait la première d'un ton agacé.
-Tu n'as pas répondu, répliquait l'autre, un tantinet contrarié.
Harry se figea sur place, et manqua d'être percuté par un Ron distrait. Aucun des trois ne savait que penser, mais Harry avait déjà opté pour une sourde colère. Trop, c'était trop. Toute la tension qu'Hermione ne le savait pas avoir accumulée se matérialisait dans la blancheur de ses poings crispés.
-Malefoy… souffla le Survivant avec rage et mépris.
-Je n'ai pas envie de répondre, reprit la voix féminine.
-C'est à cause de ce que j'ai dit, c'est ça ? insista le Serpentard.
Hermione fut surprise de ne déceler aucune ironie dans ses paroles. Plutôt… quelque chose comme une légère inquiétude ? Etait-ce seulement possible ? Il y avait des jours où Malefoy ne ressemblait plus à Malefoy…
-Ne crois pas que j'écoute ce que tu dis, ta voix est pire qu'une craie sur un tableau.
-Samy…
-Et arrête avec ce nom débile, Malefoy ! explosa Samantha. Je ne vais pas supporter longtemps tes stupidités, crois-le bien !
Hermione eut la fugace sensation que l'air se solidifiait douloureusement autour d'elle, et crut même entendre une légère explosion au moment où l'impression d'effaçait soudainement. Malefoy apparut dans leur champ de vision, reculant devant une Samantha furieuse qui passa devant lui sans un regard supplémentaire. Il semblait passablement troublé.
Troublé ! Malefoy ! Hermione était persuadée d'avoir imaginé ce regard perdu qu'il porta sur eux. Bien vite remplacé par son habituel mépris. Il s'éclipsa sur un sourire qui n'appartenait qu'à lui, oubliant d'émettre la moindre parole blessante à ses ennemis. Il y avait des jours où Malefoy n'avait plus la verve de Malefoy.
La jeune fille prétexta être fatiguée et laissa les deux garçons récriminer contre Malefoy pour rejoindre Samantha. Celle-ci s'était réfugiée derrière les tentures de son lit et semblait maudire à peu près tout le monde, y compris elle-même. Hermione passa sa main sur la tenture et appela doucement son amie.
-Quoi ? répondit Samantha d'un ton énervé.
Hermione écarta un pan du baldaquin et trouva la brune en train d'infliger à ses cheveux un traitement radical qui ressemblait plus à un arrachage en règle qu'à un peignage.
-Sam, fit-elle d'un air entendu.
Samantha laissa retomber ses bras en soupirant.
-Je n'aurais pas dû les couper, je sais, lança-t-elle tout à trac. Et surtout je n'aurais pas dû me laisser influencer par Malefoy.
-Malefoy ? Qu'a-t-il à voir là-dedans ?
Samantha détourna le regard sans répondre. Se doutant de la vérité, Hermione n'insista pas. Presque pas.
-Il n'a pas eu l'air d'apprécier, en tout cas, dit-elle.
Elle ne se connaissait pas si sournoise.
-Oh bon, ça va, répliqua Samantha. J'étais en colère et il n'a rien trouvé de mieux que de me complimenter sur mes cheveux… A croire qu'il ne voit que ça chez moi ! Cet abruti !
-C'est ça qui te gêne ? Qu'il ne voie que tes mèches ?
-Hein ?
-Non, laisse.
Il n'y avait aucune raison pour que Samantha se lamente de ne rien représenter d'autre aux yeux de Malefoy. Elle le détestait, après tout. Et même si tout n'était pas rose avec Harry – ils s'étaient montrés étrangement distants, ces derniers jours – ce n'était pas une raison pour aller voir chez l'ennemi si la vie était meilleure.
Samantha lui jeta un regard suspicieux puis lança sa brosse qui glissa sur la table de chevet et termina sa course par terre. Samantha soupira et se laissa tomber sur son oreiller.
-J'ai le droit de craquer ? demanda-t-elle soudain d'une petite voix.
Hermione prit le temps de trouver ses mots.
-Je pense que tu as beaucoup de pression sur tes épaules, entre les cours à rattraper et quelques professeurs… exigeants… et que tu as besoin de te reposer un peu. Je dois m'excuser, Sam.
La jeune fille braqua sur elle un regard où se voyaient sa grande fatigue et sa lassitude.
-Je ne vaux pas beaucoup mieux que le professeur Zénobie, en fait, continua Hermione, gênée. Je te force tellement à travailler que tu n'as même plus le temps de te reposer. Tu ne peux pas suivre ce rythme, c'est impossible. Je suis désolée de ne pas m'en être rendue compte plus tôt.
A sa grande surprise, Samantha lui renvoya un sourire indulgent.
-Ne t'en fais pas, va, répondit-elle. On a tous voulus faire de notre mieux, dans cette histoire, je ne peux pas te reprocher d'avoir voulu trop en faire. Moi-même au début, j'étais tellement curieuse…
Elle posa ses mains sur son oreiller et se redressa.
-En fait, je devrais plutôt te remercier que te reprocher quoi que ce soit.
-Me remercier ? répéta Hermione sans comprendre.
-Toi, et les autres aussi, acquiesça la jeune brune. Vous avez toujours été là pour moi, toujours prêts à m'aider dès que j'en avais besoin… J'ai agi en enfant gâtée depuis que je suis avec vous. Tout ce que j'ai fait… J'ai été une très mauvaise élève aussi, ajouta-t-elle avec un sourire contrit. J'imagine bien que tu as dû en voir de toutes les couleurs avec moi…
Hermione sourit à son tour. Il y avait quelque chose dans cet instant qu'elles partageaient. Elle avait le sentiment que jamais elles n'avaient été aussi proches, aussi complices. Elle se leva sans prendre le temps d'y réfléchir et alla enlacer Samantha. Oui, malgré tout, malgré Ginny qui connaissait peut-être les moindres secrets de la petite française, elle avait elle aussi une place dans sa vie.
-Tu es la grande sœur que j'ai toujours rêvé d'avoir, Hermione… Merci…
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En ce dimanche matin, la Grande Salle s'était remplie dès l'aube de jeunes gens inquiets et d'autres surexcités. Il était étrange de noter qu'en ce jour où leur avenir allait se jouer, très peu d'entre eux comprenaient réellement les enjeux du combat politique qui s'était engagé depuis la démission de Fudge. Plus étrange encore était l'appréhension de ces mêmes jeunes quant à cette situation qui leur échappait totalement.
Quoi qu'il en fût, ce fut dans une salle comble mais étonnamment silencieuse qu'Hermione et ses amis entrèrent ce matin-là. Un rapide coup d'œil à la table des Serpentard montra un certain nombre d'élèves probablement plus conscients que la majorité de leurs camarades de la réalité. Ils avaient deux chances de remporter ces élections. Mais Hermione préférait parier sur Maximilien Moon. Le seul d'entre eux en qui elle pouvait avoir confiance.
Elle s'installa sans un mot à sa place et se servit un bon petit déjeuner. Elle sentait qu'elle allait avoir besoin de forces pour supporter cette journée, quel que soit le résultat. Ou plutôt… elle en aurait besoin si les choses tournaient mal.
-Les Crivey ont tout préparé hier soir, de toute façon, entendit-elle soudain. Je serai étonné qu'on ne passe pas une super journée !
-Oui… Espérons que tout se passe bien…
-Harry, tu casses mon enthousiasme, là !
Tout préparé ? Super journée ? Hermione se pencha vers Ron.
-De quoi vous parlez ?
-Ah oui, c'est vrai, tu n'étais pas là hier soir, répondit celui-ci en souriant bêtement. Colin et Denis Crivey ont préparé plein de choses pour fêter les élections. Ça fera du bien à tout le monde !
-Et si nous perdons ? demanda sombrement la préfète.
-Ah non, tu ne vas pas t'y mettre aussi ! Tu crois vraiment que tout le monde est aussi idiot qu'un… qu'un… qu'un Nifleur ?
Hermione haussa un sourcil mais s'abstint de répondre. Après tout, s'il voulait y croire…
Les professeurs se montrèrent un peu plus tard, à l'heure habituelle, mais leurs visages reflétaient l'état d'anxiété dans lequel ils se trouvaient tous. Hagrid adressa aux Gryffondor un signe de la main qui se voulait rassurant mais qui son sourire était trop forcé pour qu'il soit crédible. Rogue et Zénobie s'assirent en silence l'un à côté de l'autre, s'évitant du regard. Quant aux autres, ils n'avaient semblait-il aucune envie de parler à quiconque.
Le jeune Justin Palmirya, l'élève de Meltingpot-Sandarea, se leva de la table des Serdaigle pour aller chuchoter quelques mots à l'oreille d'Amphitryon Drakomlès qui hocha gravement la tête plusieurs fois. Puis le nouveau directeur se pencha vers McGonagall, laquelle avait pour un temps abandonné ses airs revêches envers lui pour acquiescer avec la même gravité.
Samantha se tourna pour voir Justin rejoindre en silence sa table, où l'attendaient les visages inquiets d'Ethan et Eleanor. N'arrivant à croiser le regard d'aucun d'eux, elle revint à son assiette vide en soupirant.
-Stressée ? demanda Hermione. Elle n'a pas l'air très à l'aise…
-Ely ? Je ne sais pas, mais c'est vrai qu'elle… Enfin…
Elle leva vaguement les bras au ciel et se tut, légèrement recroquevillée. Hermione la soupçonnait de trembloter. Ce qui ne serait guère étonnant de la part de la jeune fille.
-Ils ont l'air confiants, eux, grinça Samantha.
-Qui ? fit Hermione, surprise.
Pour toute réponse, Samantha indiqua du menton la table des Serpentard, derrière elle. La préfète se retourna et scruta les visages. Elle n'était pas sûre qu'ils aient réellement l'air confiant, ils étaient tout aussi silencieux que le reste du collège. Du moins, ils paraissaient maîtres d'eux-mêmes. Presque un jour ordinaire.
-Je me demande ce que va pouvoir nous pondre ce journaliste de malheur, déclara Ginny sur le ton de la conversation.
-Ne m'en parle pas, répliqua Ron. Rien que d'y penser, ça me met en rogne.
-En dehors de sa manie de tout tourner au mélodrame, il y a des chances qu'il soit plus juste que Rita Skeeter, rétorqua Harry l'air de rien.
Tout le monde fronça les sourcils mais personne n'osa répliquer. Après tout, pour ce qu'ils en savaient… Enfin… s'ils oubliaient un instant cette obsession du mélodrame…
-Je ne demande qu'à voir, lança Samantha. Avec tout ce qu'il a fait jusqu'à présent, je ne suis pas convaincue. Tout dépendra de ce qu'il dira sur les élections… si on a l'occasion de le lire.
-Je suis d'accord, approuva Hermione.
-On pourra le lire, affirma Ginny. Vous pouvez me croire.
L'envol des hiboux du matin n'eut pas lieu. Au lieu de ça, il n'y eut qu'un seul grand oiseau aux allures officielles, à dix heures une minute. Le silence déjà grand s'accentua, l'air sembla même se figer. Sous le regard de toute la salle, le professeur Drakomlès se leva et tendit le bras, sur lequel l'oiseau se posa majestueusement. La tension monta, tandis qu'il détachait de sa patte un rouleau de parchemin scellé.
Puis l'oiseau repartit dans un grand bruissement d'ailes aux allures de Beuglante furieuse.
Le professeur Drakomlès, plus par crainte que pour faire durer un suspens déjà insoutenable, tint un long moment le parchemin devant lui, le tenant comme s'il allait s'enflammer d'une seconde à l'autre. Puis il releva le visage vers ses nouveaux élèves, avec une expression grave et anxieuse qui ne lui était pas coutumière.
-Voilà donc enfin la réponse que nous attendions tous, déclama-t-il d'une voix aussi assurée que possible. Les élections sont terminées, et sur ce parchemin est noté le nom de notre nouveau Ministre de la Magie…
Il avait beau tenter de se maîtriser, Hermione discernait parfaitement le tressaillement de ses mains et de sa voix. En vérité, il ne leurrait personne.
Il enleva le cachet de cire dans un léger pop et déroula lentement le parchemin. Les élèves impatients se penchaient dans sa direction, comme si de cette manière le son de sa voix leur parviendrait plus rapidement, tandis que les professeurs faisaient de leur mieux pour paraître parfaitement sereins. McGonagall, elle, luttait visiblement surtout contre son exaspération – elle n'apprécierait probablement jamais ce jeune gringalet.
-Alors… bredouilla Drakomlès pour reprendre contenance.
Il tenta un vague sourire charmeur, refusant de se demander s'il était convaincant ou non.
-Qu'il se dépêche, gronda un élève de Poufsouffle. Tout le reste du pays est déjà au courant…
-Notre nouveau Ministre est donc…
Il prit un léger recul théâtral, simulant une fausse crainte, un œil fermé et l'autre entr'ouvert près à se refermer en cas de mauvaise nouvelle, son sourire de plaisantin accroché aux lèvres.
-Maximilien Moon, répétait Hermione comme une litanie. Moon, Moon…
Samantha lui tapa le dessus de la main, obtenant enfin le silence de la préfète. Puis elle ferma les yeux et attendit, aussi anxieuse qu'elle, sinon plus.
-Maximilien Moon ! explosa soudain Drakomlès.
Hermione, yeux écarquillés, vit le directeur lever le poing en signe de victoire, tandis que tout autour résonnaient des cris d'exultation et des rires. Elle échangea un regard incrédule avec Samantha et éclatèrent soudain de rire en se prenant dans leurs bras.
-Youpi ! hurla Hermione sans retenue.
Ron dansait déjà la farandole avec les frères Crivey et d'autres jeunes gens en chantant une chanson sans queue ni tête. Harry avait un sourire ravi affiché sur son visage. Plus loin, une Eleanor Moon pleurant de joie s'était jetée dans les bras d'Ethan complètement dépassé par la situation. Quant aux professeurs, un soupir de soulagement commun s'en était échappé, et c'était à peu près tout.
Cela aurait pu s'arrêter là…
La table des Serpentard attira l'attention. Tous les élèves de la maison du serpent s'étaient levés et sortaient les uns après les autres sans un mot ni un regard pour le reste de la salle, n'exprimant ni déception, ni colère, ni soulagement. Rien. Rien que de l'indifférence. Mais tout à leur joie, très peu y prêtèrent une attention suffisante. Les Serpentard n'avaient de toute manière jamais eu de valeur.
Quant à Maximilien Moon, personne ne savait vraiment s'il saurait être à la hauteur de ce qu'on attendait de lui. Pour l'heure, il suffisait de savoir qu'il n'était pas du côté de Voldemort.
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La fête battait son plein dans la Salle Commune des Gryffondor. Colin et Denis n'avaient pas lésiné sur les détails, ni même sur la boisson. Rien ne manquait, c'était absolument stupéfiant. Hermione préférait ne pas se demander comment ils avaient pu réussir un tel exploit… C'était un jour de fête, après tout. Elle pouvait bien les laisser en profiter, un peu…
Elle regardait ses camarades s'amuser et rire de tout et de rien en se demandant si elle ne rêvait pas. C'était peut-être un peu excessif juste pour des élections, mais elle avait conscience qu'ils avaient frôlé la catastrophe. C'était presque trop beau… Inconsciemment, elle attendait le revers de la médaille, le petit détail qui anéantirait les espoirs les plus fous.
Hermione secoua la tête. Elle allait devenir aigrie si elle continuait à voir le mal partout. Tout n'allait pas forcément par paire, un bonheur n'amenait pas forcément sa part de malheur. Ne pouvait-elle donc pas simplement profiter de cette bonne nouvelle ?
Un verre apparut subitement dans sa main, rempli de Bièraubeurre. Elle releva la tête, surprise, pour voir un Ron tout content.
-Amuse-toi un peu, lança-t-il. Tu ressembles à McGonagall, comme ça.
S'il s'attendait à recevoir un regard noir, il fut servi. Mais cela ne le perturba pas pour autant. Hermione baissa les yeux sur son verre et sourit.
-Tu as raison, dit-elle.
Et elle avala une grande gorgée de Bièraubeurre, pour le plus grand plaisir du rouquin. Ils se regardèrent un moment, tout sourire, avant d'éclater de rire. Que c'était agréable de passer un moment avec Ron sans se disputer…
-Vous n'avez pas vu Sam ?
Ginny venait de les rejoindre, passablement inquiète. Hermione sentit ses craintes revenir au galop.
-Non, pourquoi ?
-Je ne sais pas, elle… elle s'est levée subitement et est partie en disant quelque chose comme « Pas eux… »
Un grand ramdam se fit entendre du côté de l'entrée gardée par la Grosse Dame. McGonagall venait d'apparaître, échevelée et plus choquée qu'elle ne devrait l'être en ce jour. Elle se tenait à l'encadrement de l'entrée comme pour ne pas tomber.
-Miss Leroy est-elle là ? demanda-t-elle d'une voix blanche.
La salle plongea dans un silence total, alors que Harry, inquiet, s'avançait vers elle. Ils se fixèrent un moment qui sembla durer des heures avant que McGonagall, comprenant que Samantha était absente, ne révèle enfin partiellement la raison de sa présence.
-Une autre attaque a touché la France…
Fin du chapitre 26…
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Petite note de l'auteur
Je suis sincèrement désolée pour le retard accumulé ces temps-ci sur cette fic (et sur toutes les autres), je sais que vous avez dû attendre longtemps ce chapitre. J'ai traversé pas mal de choses cette année. Des soucis personnelles aux remises en questions chroniques, en passant par un manque de temps caractérisé, cette dernière raison étant la moindre de toutes.
Je vous épargnerai les détails, je ne trouve pas cela bien passionnant. A moins que vous ne soyez vraiment curieux. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas pu écrire quelque chose de correct depuis un certain temps et j'avais perdu toute motivation. Cela arrive, j'en suis la première navrée. Cependant, je remercie ceux qui ont continué à manifester leur présence, même si ce fut parfois un tantinet insistant… je crois que sans votre envie d'avoir la suite je m'y serais remise bien plus tard.
En espérant que ce chapitre vous ait plu, et à très bientôt, cette fois-ci, j'espère
DreamAngel7 / Angel of Seven Dreams
