Premièrement, désolée pour l'attente pour cette suite comme pour toutes les autres et je vous promets de continuer les autres prochainement :')


L'Ecarlate parcourut la pièce du regard. Toutes les chimères l'observaient, prêtes à lui sauter dessus, voir à s'enfuir. Il ne leur inspirait pas de respect, non. C'était Greed qui leur inspirait le respect.

Non, ce que Kimblee leur inspirait n'était autre que de la peur. La peur de se retrouver sur les quatre murs.

Mais heureusement pour eux, il était de bonne humeur. Evidemment. Quand l'alchimiste fou rentre couvert de sang et un sourire aux lèvres, c'est qu'il est heureux.

Et puis il y avait aussi ce rire fou qu'il lâchait à chaque fois qu'il voyait cette peur dans leurs yeux.

Ce type n'était pas humain, non. Ou s'il l'avait été un jour, il ne l'était plus, dans l'âme. Certains avaient même parié qu'il n'avait pas de cœur. Ils furent pourtant convaincus que si, lorsque Greed avait serré le poignet de l'alchimiste jusqu'à lui ouvrir les veines. Tout ça parce que l'Ecarlate avait explosé une des chimères.

Et là, jetant ce froid dans la salle, il se déplaça de sa démarche féline et claqua la porte de sa chambre derrière lui. La tension dans le bar se relâcha d'un coup, chacun poussant un soupir de soulagement.

Celui de Greed ressemblait plutôt à un soupire d'agacement.

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- Eh, Mam'selle Lily ! Attendez, je vous aide !

- Non, merci, je vous assure, ça ira…

- Tatata, j'insiste !

Havoc prit des mains de Lily la pile de dossier qu'un militaire lui avait donné à apporter au colonel Mustang. Ce n'était pas tellement joyeux d'être dans son équipe…

Havoc fit un énorme sourire crispé à la jeune fille par-dessus la pile de papier et ils allèrent ensemble au bureau de leur supérieur. D'ailleurs, une voix sortant de ce bureau s'entendait à deux couloirs à la ronde…

- QUI EST SI PETIT QUE VOUS NE POUVEZ MÊME PAS L'APERCEVOIR DERRIERE VOTRE TAILLE-CRAYON ?

- Ah, c'est donc là que tu te cachais, Edward ? Mille excuses…proportionnées à ta taille.

- QUI EST-CE QU…

- FULLMETAL ! COLONEL ! CESSEZ TOUT DE SUITE !

Un coup de feu retentit aussitôt et les quelques plusieurs militaires qui s'étaient arrêtés reprirent leur chemin.

Havoc répondit aux regard interrogateur de la jeune alchimiste.

- Le fullmetal alchemist. Le boss prend un malin plaisir à l'énerver.

- J'entends ça…

Lily frappa à la porte et entra, suivie d'Havoc.

- De la paperasse pour vous, colonel, annonça Havoc.

Mustang fit une fausse mine découragée.

- Oh non, pas encore !

Le lieutenant Hawkeye rechargea son revolver encore fumant le plus bruyamment possible, sans pour autant regarder le colonel qui blêmit.

Lily ne put s'empêcher un sourire.

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Il arrivait parfois que Zolf ait des problèmes d'insomnie. Et à chaque fois, pour y remédier, il allait exploser un grand bâtiment et il finissait par dormir comme un loir.

Mais cette nuit-là, il aperçu surtout Greed qui sortait de sa chambre et se dirigeait seul vers le bar. L'alchimiste le suivit sans bruit, restant dans l'ombre.

Et c'est ainsi que l'Ecarlate apprit que toutes les nuits, même celles où il n'était pas seul, Greed sortait ouvrir un coffre, semblait affaiblit à la vue de ce qu'il contenait et le refermait avant de se recoucher.

Comme s'il voulait vérifier que quelque chose était encore là.

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Lily observa comme tous les soirs depuis quelques temps les tatouages dans ses paumes et éclata en sanglots. Havoc s'arrêta devant sa chambre et y frappa poliment.

- Mam'selle Lily ?

Il ouvrit la porte et ne trouva personne dans la pièce.

- J'aurais juré…

Il haussa les épaules et ferma la porte. Lily se détacha du mur que l'homme n'avait pu voir.

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Après la demande de Mustang, Lily avait toujours porté des gants. Presque tout le monde en portait dans le pays mais ces gants étaient souvent là pour cacher quelque chose.

Chez elle, c'étaient les tatouages. Non que les gens pourraient trouver ça laid, mais le colonel lui avait dit que le nombre de morts causées par son demi-frère était extravagant et que les gens d'ici connaissaient bien la vengeance… Même lorsqu'il ne s'agissait pas de la même personne.

Peut-être était-ce pour cela qu'il la regardait avec une certaine peur et qu'il évitait de rester seul avec elle, même à l'autre bout d'un couloir ?

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La curiosité de Kimblee avait toujours été récompensée. Comme ce soir. Greed était saoul, ç'avait été facile de lui demander. Mais il avait bien dû vider la moitié du bar pour arriver à cet état, vu qu'il supportait très bien l'alcool.

Zolf apprit donc que ce que Greed vérifiait tous les soirs, c'était le fait que son crâne d'humain soit encore là. Apparemment, c'était la seule manière de lui nuire.

Un sourire mauvais vint déformer le visage de l'Ecarlate.

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- Un nouvel homonculus…

Greed ferma les yeux, paisible, avant d'inspirer un grand coup et de tendre une main dans laquelle une des femmes y mit son verre.

- Et il est comme moi… Je veux que vous me l'ameniez. Je veux quelqu'un pour aller au QG sud.

- Greed-sama, laissez-moi y aller.

- Non, Dolchatte, pas toi. Tu te ferais repérer.

- J'ai déjà été au QG sud une fois… je connais les lieux…

- Tais-toi, l'alchimiste d'état. On ne t'a pas demandé ton avis.

- Attends, Martel, il pourrait nous êtres utile.

Rien que par son regard, Greed rappela à l'alchimiste que ce serait bien la première fois.

- Bido viendra avec toi, pour te surveiller…

- QUOI ?

- C'est un ordre, discute pas.

- Mais, Monsieur Greed.

- T'as peur de moi, le lézard ?

Un bruit qui fit ricaner Greed annonça bien haut à tout le monde que oui, Bido avait peur de l'Ecarlate.

- Eh bien, si nous partions tout de suite, proposa l'Ecarlate en frappant dans ses mains et en les frottant l'une contre l'autre.

- Monsieur Greed !

- Bido, cesse de m'importuner et va-t'en. Plus vite vous partirez, plus vite tu seras débarrassé de sa compagnie.

- Mais Mons…

- Ferme-la, Bido. Et déguerpissez. N'oubliez pas le gamin, surtout. Je compte sur toi, Bido, pour que Kimblee ne t'explose pas.

- Pour ça, faudrait peut-être que je reste en vie.

- Bido, cher Bido, si tu n'avances pas, je me verrais contraint de t'obliger à avancer…

Bido déglutit et se pressa de sortir, l'Ecarlate sur ses talons.

- Au fait, lança Greed à la cantonade, juste au cas-où… Il voulait être enterré, incinéré ou immergé, Bido ?

L'homonculus éclata de rire, suite à sa blague de mauvais goût. Les autres se contentèrent d'essayer de ne pas imaginer à quoi pouvais ressembler un lézard éparpillé sur les murs…

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- Euh… t'es sûre que c'est là ?

- Y a écrit « QG militaire du Sud ». Tu me prends pour qui, connard ?

- Eh, Kimblee ! Où tu vas ?

- Prendre l'entrée de service !

- Quoi ?

La chimère ne put expliquer pourquoi mais elle sentait que « l'entrée de service » qu'elle allait découvrir ressemblerait à un gros trou dans le mur… Elle y ressembla étrangement d'ailleurs… dire qu'il avait suffit d'un humain et…

Mieux valait ne pas y penser.

De l'autre coté de ce mur brisé, il y avait l'homonculus qu'attendait Greed. Mais il n'était pas prévu qu'il soit dans les bras d'une femme et poursuivit des militaires. Ni même que l'un des militaires connaisse Kimblee, d'ailleurs.

- C'est… c'est l'alchimiste écarlate !

- L'alchimiste écarlate ? Zolf J. Kimblee ? Mais il est censé être mort il y a plus de dix ans !

Et blalbla, et Kimblee sortait ses grands airs, prenait le temps de parler et blablabla…

Et finalement, ils avaient fini par s'enfuir, suite à une attaque.

Et Bido avait perdu de vue l'alchimiste quelques minutes. Ces quelques minutes avaient malheureusement été suffisantes pour qu'une idée germe dans l'esprit de l'alchimiste fou. Et cela allait leur coûter cher à tous…

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- Allô ?

Lily se figea aux demandes de secours du militaire au bout du fil et des bruits qu'il y avait derrière.

- Mademoiselle ? Mademoiselle ?

Mustang fronça les sourcils et appuya sur le bouton du haut-parleur. L'homme à l'autre bout du fil semblait effrayé. Soudain, il poussa un cri alors qu'un rire retentissait. Et un énorme bruit se fit entendre. Cela avait le même son que du sang s'éparpillant suite à…

- Une explosion…

Riza, se remémorant Ishbal, se mordit les lèvres. Non, cela ne pouvait pas…

- Eh… bah, merde, il était au téléphone… Allô ?

La main de Lily tremblait, à présent.

- Mademoiselle… donnez-moi ce téléphone.

- Allôooo, se répéta l'homme, amusé à l'autre bout du fil.

- Mademoiselle, retenta Mustang.

- Eh, il y a quelqu'un ?

- La dernière fois que j'ai entendue ta voix, c'était il y a plus de dix ans… laisse-moi le temps d'encaisser le coup.

- Que…

Un silence pesant s'installa et Mustang baissa sa main, laissant à la jeune fille le soin de répondre. A présent, à l'autre bout du fil, l'autre respirait fortement.

- … Qui est à l'appareil ?

- Tu connais la réponse avant même de l'avoir posée, Zolf.

Tout d'abord, l'on entendit plus rien. Puis vint un rire. Le rire augmenta avant de devenir dément.

Ce rire… Mustang et Hawkeye l'avaient entendu, durant la guerre. Et ce même rire, Lily l'avait entendu. Très spécialement un certain soir.

Les larmes lui montèrent aux yeux.

- Hahaaa ! Et alors, petite sœur… tu l'as étudiée ? Tu les as, au creux de ta paume ? Tu ressens la douce sensation de l'explosion ?

- TAIS-TOI !

Elle avait hurlé d'une voix tremblotante. Et les larmes coulèrent sur ses joues. Son grand frère, à l'autre bout, soupira.

- Non. J'avais tort. Tu n'es qu'une idiote. Comme notre mè…

- C'EST TOI, L'IDIOT, ZOLF ! JE TE HAIS, JE TE HAIS, TU M'ENTENDS ? ET JE VAIS TE TUER, DE LA MEME MANIERE QUE TU LES AS TUES SOUS MES YEUX !

A nouveau un rire. Moqueur. Et Mustang qui hésitait à arracher le combiné des mains de la jeune fille.

- C'était pas si terrible que ça…

- J'AVAIS CINQ ANS !

- MADEMOISELLE KIMBLEE ! PASSEZ-MOI CE TELEPHONE !

Le colonel arracha le combiné des mains de Lily qui tomba à terre et éclata en sanglots.

- Eh…ce serait pas mon vieil ami l'alchimiste de feu, au téléphone ?

Et l'autre éclatait de rire.

- Kimblee. Vous êtes censé être mort.

- Pourtant, je suis en vie…

Des bruits de voix lui parvenaient à présent de l'autre bout du fil.

- Merde, l'armée…

L'on entendit un objet tomber et des bruits de pas, suivis d'une explosion. Et d'un rire…

Le colonel raccrocha rageusement le combiné, sans pour autant le lâcher.

Et Lily continuait de sangloter.

- Il aurait dû être mort…il aurait dû…

Elle refusait d'enfouir son visage dans ses mains. Ses mains, sales, ces mêmes mains que son demi-frère…


Personnellement, je commence à aimer Lily... je ferai peut-être une fic sur elle quand celle-là et d'autres seront finies :)

Et j'espère que ce chapitre a été suffisemment long !