Alors, comme vous pourrez le remarquer, c'est venu plus vite, cette fois-ci :)
J'y ai inséré un peu d'humour vers le milieu, aussi...


En vie. Sa demi-sœur était en vie. Et cela ne le touchait pas plus que cela.

Avait-elle étudié ses livres ? S'était-elle fait tatouer les paumes ? Avait-elle déjà tué quelqu'un ? Pourquoi s'était-elle engagée dans l'armée ? Pourquoi avait-elle pleuré ?

- Eh, Kimblee, j'te cause.

L'Ecarlate leva les yeux vers Greed qui le regardait avec insistance.

- Tu disais ?

- Fais semblant de pas m'avoir entendu, surtout, hein ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, sourit-il.

- Connard.

Greed s'en alla, laissant seul l'Ecarlate dans l'entrée. Après tout, effrayer Bido et n'avoir pas réussi à ramener le gamin, ce n'était pas un crime, non ?

« Il a faillit me tuer, Monsieur Greed ! Aujourd'hui, c'était moi, mais un jour, ce sera vous ! »

Bido. Ce cher Bido.

Il ne savait pas à quel point il avait raison.

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- Mademoiselle Kimblee. Levez-vous.

- Colonel, laissez-la un ins…

- Aidez-la à se lever, Havoc. Et emmenez-la hors de ma vue.

- Mais…

- C'est un ordre.

Havoc bassa la tête et aida la jeune femme à se lever et ils sortirent de la pièce.

- Saleté de colonel…

Lily, les yeux rougis, se mordait les lèvres et marchait à coté du sous-lieutenant, silencieuse.

Ils marchèrent ainsi jusqu'à sa chambre, côte à côte, silencieux. Lorsque la jeune femme voulut entrer dans la pièce, Havoc la retint par le bras.

- Lily…vous allez bien ?

La jeune femme fondit en larmes.

- Non, ça ne va pas ! Il était censé être mort, ce salopard ! Il…

- Lily…

Havoc prit la jeune femme contre elle et tâcha de la consoler.

- Je vais le tuer…

Note : ne jamais contrarier quelqu'un de fou. Sauf peut-être si cette personne est suicidaire.

- Non, Lily. Il est loin. Très loin…

- Je le tuerai, Havoc…

Il m'a dit de le faire, cette nuit-là…

- Lily.

Havoc regarda la jeune femme dans les yeux.

- Tu n'iras pas.

- …

- Tu n'iras pas.

- … Je n'irai pas.

Le lieutenant la prit dans ses bras.

- Merci, Lily. Merci…

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L'Ecarlate regarda le liquide rouge qu'il faisait tourner dans son verre.

- Tu bois pas ta vodka, Kimblee ?

De la vodka mélangée à du sang. Boisson inventée par Monsieur Greed lui-même lorsqu'il avait malencontreusement fait couler de son sang dedans.

L'alchimiste jeta un regard à l'homonculus avant de boire son verre d'une traite, en souriant. Greed soupira.

- Pfff… J'l'aurais bien bue, moi…

- Monsieur Greed… Arrêtez, vous êtes…

- Non... je ne suis… pas… bourré !

- Monsieur Greed…

- Kimblee.

- Avec plaisir.

L'Ecarlate joint ses paumes et les posa sur le bras de Greed. Et hop, de quoi remplir une bouteille… Et de dessoûler un homonculus.

- Tu vois, Dolchatte, je ne suis pas bourré. Et Kimblee est sympathique, quand il veut.

- Quand il veut… ?

- Enfin, quand je veux qu'il le soit.

- Je me disais aussi…

- Dolchatte, si tu tiens à ta misérable vie, ferme-la.

- Tutut, Kimkim, interdiction d'exploser mes chimères.

- Euh, Greed, t'as dis quoi, là ?

- Interdiction de tuer mes chimères.

- Non, avant. Tu m'as appelé comment ?

- J't'appelle comme je veux, tu es mon alchimiste.

- Non. Je suis à personne.

Et Greed recouvrit les murs…

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Cependant, les deux semaines qui suivirent le coup de fil passèrent vite. Très vite. Lily en oubliait même l'échange qu'elle avait eu avec son frère.

Les rues de Dublith étaient belles, ce soir-là. Le ciel était rougeoyant et le soleil se couchait, derrière les collines. Les habitants fermaient leurs boutiques et seuls quelques-uns se promenaient dehors.

Le colonel Mustang et son équipe avaient été mutés dans le sud, au QG du sud, cela va de soi. Les premiers jours, Lily et le colonel – bien que personne n'ait été au courant pour ce dernier – eurent au début la crainte de croiser l'Ecarlate. Fort heureusement, il n'avait pas montré signe de vie et les deux alchimistes sortaient maintenant seuls, sans crainte, dans les rues de la ville.

Lily marchait donc, le cœur léger, en civil – une jolie petite robe qui avait plu à son ami Havoc – au milieu des rues et ruelles qui se vidaient.

C'est alors qu'elle remarqua qu'un autre bruit de pas que le sien résonnait à ses oreilles. Elle s'arrêta. Non, ce n'était que l'écho. Elle repartit et s'arrêta à nouveau. Ses chaussures claquaient sur les pavés mais il y avait un autre bruit, celui de… bottes, semblait-il.

Pourtant, à Dublith, personne ne semblait porter de bottes, en plein été.

La jeune femme se retourna. Il n'y avait rien.

Pourtant, lorsqu'elle repartit, elle entendit à nouveau ce bruit de pas. Et lorsqu'elle se retourna, elle crut voir quelque chose d'imperceptible. Pourtant, cette personne – quoi d'autre ? – était sortie de son champ de vision. C'est lorsqu'elle fit volte-face qu'elle vit celui qui la suivait. Et celui-ci lui adressait un large sourire qui laissait voir des dents pointues.

Un requin. Ce type lui faisait penser à un requin.

Il était grand, la dépassait d'une tête. Il était bien bâti, aussi. Il avait ses cheveux bruns dressés sur la tête et il portait de petites lunettes de soleil, malgré le fait qu'il faisait presque nuit. Il était entièrement vêtu de cuir. Et sa veste sans manche était à col de fourrure.

- Ce n'est pas raisonnable de se promener toute seule, ma petite dame.

Surmontant son malaise, Lily lui répondit d'une voix indifférente mais intérieurement, elle était effrayée.

- Peut-être. Laissez-moi passez, je dois rentrer chez moi, à présent.

- Vous savez que les rues sont remplies de types peut recommandables ?

La jeune femme dût se forcer à ne laisser paraître aucune émotion sur son visage.

- Et ?

- Je suis l'un d'eux ma petite dame, dit l'homme en lui attrapant le poignet et en élargissant son sourire.

Il serrait fort. Très fort. Lily avait l'impression d'avoir la main dans un étau.

L'homme lui passa la main sous le menton et la força à lever la tête vers lui. Il fronça aussitôt les sourcils.

- Vous vous appelez comment ?

- Lâchez-moi.

- Très drôle. Vous me rappelez quelqu'un, mademoiselle. Et je ne porte pas cette personne dans mon…

Il s'arrêta dans sa phrase avant d'éclater de rire. C'est à ce moment-là que Lily eut vraiment peur.

- Dire que j'allais dire une ânerie ! Je n'ai pas de cœur, voyons !

- Je vous rappelle qui ?

- Aucune importance… dans quelques heures, ce sera le cadet de vous soucis, ma jolie !

Et il éclata à nouveau de rire. Lily tenta de se dégager, en vain. L'homme lui attrapa le visage de sa main libre.

- Quoique, ce serait dommage de te lâcher trop tôt. T'es plutôt mignonne…

La suite, était-ce un réflexe ou l'avait-elle décidé avant même que l'idée ne lui vienne à l'esprit ? Toujours est-il que Lily avait joint ses paumes et les avait posées sur le bras du sale type qui lui broyait le poignet.

Et l'autre, interloqué, avait d'abord froncé les sourcils et éclaté de rire alors qu'il reconnaissait une certaine sensation qu'il avait pu expérimenter : sentir son corps se transformer avant de recouvrir les murs.

Lily regarda un instant la paume de ses mains, visible à cause de l'absence soudaine des gants. Et elle se mit à courir.

Elle ne vit pas son agresseur se recomposer derrière elle et partir à sa poursuite. Il la rattrapa d'ailleurs en moins de temps qu'il ne vous en a fallut pour lire ces lignes.

- Je me disais bien que tu lui ressemblais beaucoup, à ce type, dit l'« homme » en attrapant les bras de la jeune alchimiste et en les lui bloquant derrière le dos.

Elle écarquilla les yeux. Non… Non…ce type, il…

- T'es qui ? Sa sœur ? Sa petite amie ? Bof, de toute façon… tu seras à moi

C'est alors qu'au bout de la rue, Lily vit la dernière personne au monde qu'elle aurait souhaité voir.

Zolf Kimblee. Son grand frère.

- Greed ! Lâche-la tout de suite !

- Ah, Kimblee… Qu'est-ce que tu fais là ? Tu vois pas que je cherche ma compagne du soir ?

Lily était littéralement sciée. Il venait de demander quoi, son demi-frère – qu'elle détestait par-dessus tout – préféré ? Il venait de demander à ce type de la lâcher ? Il n'y avait pas erreur dans le script ? (Nda : Non, non, Lily, tu as bien entendu… Quoique…vous êtes sûr que c'était bien de l'eau, dans mon verre ?)

De l'autre coté, Zolf se demandait lui aussi pourquoi il avait dit ça. La réponse s'imposa alors dans son esprit et elle lui plu. Ah, ça oui.

- Greed, lâche ma sœur. Tout de suite.

- Excuse-moi, mais…non. Et… ta sœur ? Mais… tu es sentimental ou quoi ?

- Pas du tout. Mais c'est moi qui ai commencé à la faire souffrir, c'est moi qui vais achever le travail.

Lily se surprit à penser qu'elle préférait être avec son frère qu'avec ce Greed. Elle se ressaisit vite.

- Non, Zolf. C'est moi qui vais te tuer. Comme tu m'as demandé de le faire il y a dix ans.

- Ah non. Je ne t'ai pas dit « tue-moi ». Je t'ai dit que je t'attendrais…

- Désolé d'interrompre vos retrouvailles, mais… Je t'emprunte ta sœur, Kimkim, dit le dénommé Greed en lançant un clin d'œil à l'Ecarlate.

La seconde qui suivit, Zolf se retrouva seul dans la ruelle. Et bizarrement, il ne supportait pas l'idée que Greed allait faire souffrir sa demi-sœur… à sa place.

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- Lâchez-moi ! Arrêtez !

Greed riait, sans s'émouvoir devant le visage décomposé de la jeune femme où coulaient maintes larmes.

- Tu es à moi, ma jolie…

- Laissez moi…

- Non.

Greed jeta Lily dans sa chambre et il ferma la porte à clef.

- Demain, je te laisserai peut-être…


Question : Je sauve Lily ou pas ? J'aimerais bien mais... enfin... faudra voir :/