Kikoo !

Gomen pour le retard, je vous (te) oublie pas ! XD

Delphlys : Lol tu as été la seule à réviewer pour ce chapitre. T'en vas pas ! Mdr ! J'avais envie de faire une touche d'humour dans ce chapitre et Frey est l'un de mes persos préféré dans cette catégorie. Kiss et merci !

Un chapitre important et assez spécial…


Thème : OST 1 de hack.// SIGN (pour l'ambiance un peu surnaturelle)

Chapitre 6 : Illusions

Mayura cligna encore des paupières, estomaquée. Derrière la porte qu'elle venait de pousser, ce n'était pas une chambre d'hôtel poussiéreuse avec un lit et une table de chevet qui l'attendait. Non.

Un couloir aux murs immaculés de blanc et au sol carrelé impeccable s'étendait devant ses yeux. Des lampes au plafond éclairaient tout le couloir qui offrait nombreuses portes, toutes blanches.

- Whouaaa… Fushigi mysteryyyy… souffla l'adolescente qui n'en revenait pas.

Elle fit un pas devant et entendit la porte se refermer derrière elle. Quand elle fit volte face, elle avait disparu, laissant un mur vierge.

- Qu… Qu'est-ce qui se passe ?

Elle se retourna vers le couloir blanc. Etrangement, ces murs, cette blancheur propre… Tout cela lui rappelait quelque chose.

- Ah ! Daidôji-san ! appela une voix.

Mayura leva les yeux et découvrit une femme habillée de blanc, une petite coiffe dans ses longs cheveux bruns et un calepin dans les mains. Une infirmière ? Et comment connaissait-elle son nom ?

La femme s'approcha de l'adolescente troublée et lui adressa un sourire chaleureux.

- Je vous cherchais partout, lui dit-elle avec douceur. Elle vous attend chambre 207, au bout du couloir.

Et sur ce, elle la dépassa. Perdue, Mayura se tourna vers elle.

- Quoi ? Qui m'attend ?

L'infirmière regarda la jeune fille et hocha la tête avec un petit rire.

- Mais votre mère, voyons !

Et elle reprit son chemin, laissant derrière elle une adolescente sous le choc. S… Sa mère ? Elle n'osait plus bouger. Sa mère… était morte, il y a des années de cela… Elle rêvait, elle nageait en plein délire, c'était impossible ! Mais…

- … 207 ?

D'un pas tremblant, incertain, Mayura avança, sans s'apercevoir que l'infirmière aux yeux d'ambre souriait dans son dos avec un rictus terrifiant.

Après quelques minutes à longer ce couloir qui n'était autre que celui de l'hôpital où sa mère avait été emmenée, la jeune fille faisait enfin face à la chambre 207. Elle tremblait de la tête aux pieds sans savoir de quoi. De peur ? D'excitation ? D'une main hésitante, elle prit la poignée et la poussa.

La même chambre claire qu'elle avait revue la dernière fois il y avait des années était là, devant ses yeux. Et dans le lit, une femme qui regardait les rayons du soleil filtrer derrière les rideaux. Mayura était incapable de bouger, les yeux rivés sur cette femme sans pouvoir s'en détacher.

Et puis, elle se tourna pour la regarder. Les pupilles de la jeune fille se dilatèrent en de minuscules points. Elle… C'était vraiment elle…

- Mayura-chan…

La même voix douce un peu chantante, le même sourire doux et chaleureux. Une larme glissa sur sa joue sans qu'elle ne s'en aperçoive.

- M… Maman…

La femme rejeta les couvertures et sortit du lit. Quand son pied toucha le sol, le décor changea et la chambre d'hôpital devint un vaste champ de fleurs colorées baigné par un chaud soleil d'été. Un tel phénomène ne parvint même pas à éveiller la surprise de Mayura qui était fascinée par la vision de sa mère vivante et en bonne santé devant elle.

La femme lui sourit avec tendresse, la main tendue.

- Mayura-chan…

- Maman !

Des larmes de joie roulant sur ses joues, la jeune fille s'élança dans ces bras protecteurs et accueillants qu'on lui avait arraché trop tôt et dans lesquels elle avait si souvent souhaité revenir pour un instant. Cette chaleur, cette paix qu'elle inspirait… Oui, tout était comme avant. Bien entendu, Mayura savait, loin dans sa tête, que c'était impossible, mais sa joie l'aveuglait et refusait de voir la vérité. Alors, elle resta là, serrée dans l'étreinte de sa mère qui lui caressait doucement les cheveux.

- Allons nous promener, d'accord ? proposa la femme.

- Hum… accepta Mayura en s'écartant.

Ce champ était le même où petite, elle s'était rendue pour prier pour le salut de cette même femme qui lui tenait la main. Sa main était si chaude. La dernière fois qu'elle lui avait pris la main, elle était froide, glacée par la mort. Elle la serra un peu plus fort à ce souvenir.

Sa mère s'arrêta et se tourna vers elle. Plus loin, le murmure d'une rivière qui gargouillait dans les remous s'accordait avec les chants d'oiseaux.

- Ma chérie… Je suis si désolée… murmura-t-elle en attirant Mayura contre elle. Je ne voulais pas te laisser... Oh non… Pas si tôt… J'aurais pu te lire encore des histoires de ton petit détective favori…

La fille eut un petit rire, moitié amusé, moitié triste.

Elle serra plus fort.

- Mais je te promets que nous ne serons plus jamais séparées, Mayura-chan… Je te garderai avec moi…

- M… Maman ?

- Oui, je t'emporterai avec moi… tu m'accompagneras…

Mayura ouvrit brusquement les yeux. Dans son dos, la main douée de très longs ongles acérés comme des lames de sa mère reculait pour mieux frapper tandis que son autre bras maintenait fermement Mayura contre elle.

- … dans la MORT !!

- Mayuraaaaaaa !!

Un éclair vert jaillit de nulle part et frappa de plein fouet l'imposteur. La femme lâcha Mayura qui, sous le violent impact perdit l'équilibre et tomba à la renverse vers la rivière. Dans sa chute, elle vit une petite silhouette noire et blanche courir vers elle comme une folle en hurlant son nom. Ces yeux… ce vert pénétrant…

- Loki… kun…

Elle ferma les paupières qui chassèrent quelques larmes. Elle était… si heureuse… de le voir…

Plouf !


- … ra… Mayura…

- H… Hum…

Ses paupières étaient lourdes, son esprit était confus et ses membres frissonnaient de froid. Elle ouvrit péniblement les yeux et crut qu'elle était devenue aveugle car elle ne vit que du noir autour d'elle. Après un temps pour habituer ses yeux à l'obscurité, elle comprit qu'elle avait faux. Elle était étendue sur le plancher d'une chambre de l'hôtel abandonné. Mais que s'était-il donc passé ?

- Mayura ?

Elle regarda sur le côté, ignorant ses vêtements trempés et gelés qui lui collaient à la peau. Elle vit des yeux qui la surveillaient. Grands, profonds, pénétrants.

- Loki-kun !

Il lui sourit, quelques gouttes d'eau tombant des mèches de sa frange mouillée.

- Quel soulagement, tu n'as rien… souffla-t-il. Tu es glacée.

Il ôta son manteau et le déposa sur elle. Puis, à la grande surprise de Mayura, il la souleva dans le dos pour la mettre assise et l'attira doucement contre lui, ses bras autour d'elle.

- Loki-kun… murmura Mayura, rose malgré elle.

- Tout va bien. Réchauffe-toi juste, coupa-t-il d'une voix calme.

L'adolescente se tut. Loki était si chaleureux. Elle se sentait si apaisée et en sécurité à présent. Ce qu'elle venait de vivre lui semblait si loin. Il était encore venu à son secours, il avait pris des risques pour elle. Elle osa lever un peu la tête vers lui. Il avait les yeux fermés avec un sourire heureux. Là encore il semblait si adulte.

Un sanglot attira son attention.

- Mayura ?

- Lo…ki… kun… pleura-t-elle. Je suis… tellement désolée… J'ai été si méchante avec toi… Je m'en veux, si tu savais ! Et tu es… encore venu pour me secourir… Pardonne-moi, Lo…ki-kun…

Le garçon serra un peu plus Mayura qui déposa sa tête dans le creux de son épaule.

- Mayura, je…

- Mais je m'en fiche ! Je m'en fiche de ce que tu es Loki-kun ! Pour moi, tu seras à jamais Loki-kun, ce garçon détective que j'adore par-dessus tout ! s'exclama-t-elle avant de murmurer. Je ne veux pas… savoir…

L'enfant écarquilla les yeux, stupéfait. Ces mots lui faisaient tant de bien, mais d'un côté, ils le frustraient car il avait pris la décision de tout lui révéler. Il ferma les yeux. Soit. Il ne dirait alors rien, si telle était sa volonté.

- Merci Mayura. Moi aussi, je te demande pardon. Je ne voulais pas te…

- Allez ! C'est oublié !

Elle se redressa complètement et encercla Loki par les épaules pour le serrer dans ses bras. La paix était signée. D'abord hésitant, le dieu laissa son cœur diriger et serra à son tour Mayura, peut-être un peu trop fort parce qu'il la sentit bouger.

- Aouch… Ca s'est rouvert… se plaignit l'adolescente en regardant son index qui s'était remis à saigner. Ca… Ah ?

Elle se statufia, les joues en feu, quand elle vit Loki lui prendre la main pour porter son doigt blessé à sa bouche et aspirer le sang. Son cœur battait à tout rompre sans qu'elle ne puisse rien calmer. Pourquoi réagissait-elle aussi vivement ? Mais surtout, pourquoi avait-elle si chaud ?

Loki libéra sa main puis se releva en empoignant son sceptre.

- Mayura, je dois aller retrouver Yamino et les autres personnes qui sont dans cet hôtel. Il y a quelque chose qui se joue de vous en faisant apparaître des illusions idylliques qui se transforment en cauchemar. Et chaque personne qui s'aventure dans une chambre se retrouve piégée. Surtout, ne bouge pas d'ici. Je reviendrai te chercher quand tout sera fini.

Et il sortit, laissant Mayura, pivoine et troublée, qui regardait son doigt. Tiens ? La coupure s'était refermée… Elle baissa les yeux. Pourquoi… Pourquoi Loki lui avait-il fait un tel effet ? Elle n'était pas normale… Elle porta la main à son front pour vérifier qu'elle n'avait pas de fièvre et sentit son bandeau de compétition.

- Narugami-kun ! s'exclama-t-elle en se relevant d'un bond. Je dois le retrouver !

Elle savait que ce qu'elle verrait ne serait que chimère, pas de danger de se faire avoir une nouvelle fois ! La jeune fille se rua dans le couloir. Elle se souvenait que son partenaire avait pris la chambre 17 ou 18. La 18 !

A l'autre bout du couloir, quelqu'un vit Mayura se précipiter.

- Aaaaaaah !!! Yamato Nadeshikoooo !

Frey ne fut pas assez rapide et vit les cheveux roses de sa bien-aimée disparaître derrière une porte. Il s'avança encore.

- Euh… Quelle porte a-t-elle emprunté? Bah ! L'amour va me guider ! J'arrive, dear love !!

Et il entra dans la chambre 16. Peu après, la chambre 17 s'ouvrit et Loki en sortit avec Narugami qui pleurait toutes les larmes de son corps.

- Ouiiiiiiin ! Quel cauchemar ! gémit le dieu de la foudre. C'était le plein emploi et personne ne voulait m'embaucher pour des baitooooo !

- Narugami-kun… soupira Loki, une goutte sur la tempe. Vite, allons retrouver Mayura et tu sortiras d'ici avec elle, le temps que je trouve Hugen et Munen.

Quand les deux divinités ouvrirent la porte de la chambre, leur sang ne fit qu'un tour. Mayura avait disparu !

- C'est pas vrai ! ragea Loki. Elle ne tient pas en place !


La porte se referma derrière elle et le décor de sa nouvelle illusion apparut autour d'elle. Elle se retrouva dans le hall d'entrée d'une maison qu'elle connaissait très bien. L'agence Enjaku ?

- Tout est illusoire, tout est illusoire, tout est illusoire… Tout est… AAAAAAAAAAAAH !!!

Son hurlement déchirant de terreur résonna aux quatre coins du manoir. Alors qu'elle montait les escaliers pour se rendre au bureau, une main gisante au sol s'était présentée à sa vue. La jeune fille monta encore une marche pour voir à qui elle appartenait et…

- Nooooooon !! Yamino-san !! hurla-t-elle, figée.

Le jeune homme était étendu, inerte, les yeux grands ouverts et privés de la moindre étincelle de vie. Soudain, des bruits de lutte et des cris retentirent à l'étage. Le bureau ! Loki ! Mayura contourna le corps et se rua à l'étage, les jambes chancelantes.

Elle poussa la porte et s'arrêta net face au spectacle qui se déroulait devant ses yeux.

Caché derrière son bureau qui lui servait de bouclier, sceptre magique en main, Loki lançait des éclairs contre une espèce de fantôme imposant aux yeux de démon et aux griffes crochues. C'était un vrai champ de bataille. Les murs étaient défoncés ou brûlés, les meubles étaient tous cassés et renversés, les carreaux brisés, les tableaux fracassés. Une forme incertaine se dessinait derrière la table basse qui avait valsé plus loin. L'adolescente se dressa sur la pointe des pieds et se raidit aussitôt.

- Aaaaaaah !!! Narugami-kun !!!

Son bandeau violet de travers sur son front, le lycéen gisait aussi, les bras en croix, son précieux bokutô farouchement serré dans une main. Lui aussi était mort.

- Mayura !! lui cria Loki en bondissant sur le bureau pour attaquer le monstre. Je t'avais dit de ne pas sortir ! FUIS ! Va-t-en avant de finir comme Yamino-kun et Narugami-kun !

- Loki-kun !

- Va-t-en te dis…

Tout se passa très vite, mais Mayura vit chaque mouvement décomposé à la demi seconde. Le monstre profita de l'inattention de Loki pour foncer sur lui et le frapper un grand coup avec une main griffue. Un bruit de déchirement qui éclata ses tympans, des perles sanguines qui paraissaient rester en suspension dans les airs devant ses yeux emplis d'effroi, son regard qui s'éteint, son corps qui retombe lourdement sur le sol.

- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!

L'adolescente ne vit même pas le fantôme disparaître alors qu'elle se précipitait dans la pièce, le cœur qui battait à un rythme saccadé. Elle s'agenouilla auprès de Loki et le souleva doucement, les larmes tombant en cascade.

- Loki-kun ! Loki-kun !! Dis quelque chose !! LOKI-KUN !!! appelait-elle d'une voix perçante.

L'enfant ouvrit péniblement les paupières. Son teint palissait à une allure effrayante et sa respiration devenait de plus en plus difficile.

- Loki-kun…

La voix de Mayura s'était brutalement éteinte comme si la douleur dans son cœur l'empêchait de parler plus fort.

- Ma… yura… Je… suis désolé… articula le garçon dans un souffle à peine audible, un filet de sang au coin de sa lèvre. Je voulais… te protéger…

La jeune fille ouvrit la bouche mais cette fois, aucun son ne put en sortir. Sa gorge était si nouée qu'elle en avait mal. Elle ne put que ravaler un sanglot étouffé par un hoquet. Loki leva une main tremblante jusqu'à la joue de Mayura. Elle était si petite, si faible, si… froide.

- Je… Je voudrais te dire avant…

- Loki-kun… Ne me quitte pas à ton tour… Pas toi…

- Mayura… je… je…

Ses yeux roulèrent et sa main retomba brutalement sur le plancher dans un bruit mat quand sa tête bascula en arrière. Mayura eut une convulsion.

- Non… Non… Ce n'est… LOKIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!! s'époumona-t-elle en serrant de toute sa douleur le corps sans vie contre son cœur.

Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi le destin lui prenait-il encore un être qu'elle aimait ? Pourquoi ce petit bonhomme-là ? Pourquoi ce petit garçon qu'elle aimait plus que n'importe qui d'autre ? POURQUOI ?

Une porte claqua derrière elle.

- Mayura ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Mayura !!

Tremblante comme une feuille, elle se retourna. Le bureau de l'agence Enjaku avait disparu pour laisser place à une vieille chambre sale et poussiéreuse. Tout était redevenu normal. Plus de cadavre, plus de désordre, plus rien. Juste un petit garçon châtain qui la dévisageait d'un air fort inquiet.

- Mayura, pourquoi as-tu… ??

Ses mots moururent sur la bouche de Mayura qui venait de lui prendre le visage pour l'embrasser. C'était un baiser sec, rude, violent, poussé par une pulsion enfouie loin, très loin.

Complètement hébété par un tel acte, Loki ne sut comment réagir. Il sentait contre les siennes les lèvres tremblantes de Mayura et ferma les yeux pour essayer de comprendre ce qu'elles essayaient de lui dire. Elle avait peur, elle avait besoin de secours. Il se surprit à entrouvrir doucement les lèvres. Oui, il lui donnerait tout son oxygène s'il le pouvait pour l'apaiser.

A ce geste, Mayura sembla retrouver toute sa tête et ouvrit les paupières en lâchant aussitôt Loki, les yeux écarquillés d'horreur. Par les dieux, avait-elle perdu l'esprit ?

- Mayura… souffla le garçon, encore troublé.

La jeune fille secoua la tête, la bouche entrouverte, complètement affolée. Puis elle se leva d'un bond et s'enfuit dans le couloir aussi vite que ses jambes le lui permettaient.

La porte 16 s'ouvrit.

- Aaaaaah… Ma Yamato Nadeshiko qui m'abandonnait devant l'autel et avec une gifle en plus ! Frey n'a jamais vu un cauchemar aussi hor…

BAM !

La porte le frappa en pleine face, brutalement claquée par une Mayura en pleurs qui avait besoin d'avoir le passage libre.

- Daaaah… Frey… va dormir encore… un peu… articula le dieu, des petits prêtres voletant au-dessus de sa tête.

Resté dans l'encadrement de la chambre, Loki regardait s'éloigner une nouvelle fois Mayura, un doigt sur ses lèvres encore humides.


Hé hé… XD