Les Secrets Interdits du Placard à Balais

Auteur : Anthea Rose

Traductrice : Cyzia

Warning : Cette histoire a un rating R (M) pour l'usage répété (vraiment !) de langage cru et pour son contenu sexuel. Il s'agit bien évidemment d'un slash, bien que je ne pense pas que cela influence en quoi que ce soit le rating… lisez autant que vous le permettent vos valeurs morales et vos inhibitions.

Disclaimer : C'est un fait qu'Harry Potter, Draco Malfoy, Ron Weasley, Hermione Granger, etc, etc… appartiennent tous à la riche et géniale auteur de la série, j'ai nommé J.K.Rowling. Bien évidemment tout le contexte de base lui appartient, mais le reste sort de l'esprit torturé de votre bien-aimée servante, moi… alors s'il vous plait, ne m'intentez pas un procès à moi, pauvre petite auteur solitaire de slash…

(Note de Cyzia : et bien évidemment la traduction est la mienne)

Chapitre 6 – Le violeur buccal et ses roses...

Draco Malfoy était assis calmement à sa propre table, dégustant de ses longs doigts élégants une pâtisserie danoise aux myrtilles. De multiples rayons de soleil, provenant des hauteurs de la Grande Salle, se reflétaient sur sa chevelure dorée. Il en prit une minuscule bouchée.

Aujourd'hui, était-il en train de penser, serait un bon jour. Une de ces journées pleines de sens.

Dans quinze heures, après tout, il allait rejoindre Potter. Il s'agissait là d'une nouvelle expérience pour le blond, l'anticipation d'une confrontation. Auparavant, il lui avait semblé qu'ils finissaient toujours par retrouver l'autre de façon inattendue, par tomber l'un sur l'autre au hasard des couloirs, ou à Pré-au-Lard, ou encore dans quelque endroit que ce soit… et partant de là, leurs disputes et confrontations passionnées et emplies de haine finissaient forcément par arriver…

Mais à présent, Draco se retrouvait avec la chance de pouvoir retourner la situation dans sa tête, encore et encore. Cette histoire de marché allait-elle tomber à l'eau, leurs rencontres se réduisant à de vulgaires bagarres incessantes ? Ou alors, Potter viendrait-t-il avec quelque chose qui lui serait en fait d'une véritable utilité ?

Il ferait bien…, pensa Draco froidement, jetant un coup d'œil au brun, qui se trouvait à l'autre bout de la grande salle et qui remuait son jaune d'œuf en mouvements circulaires dans son assiette.

La question se posait également au sujet de cette histoire de cours particulier… et bien…

C'est vraiment un cas désespéré, ressassa-t-il, morose. Si je n'arrive pas à l'aider et à le remettre à niveau, il est bel et bien destiné à foirer l'examen…

Se renfonçant dans son siège, plutôt confiant quant au déroulement de sa 'bonne' journée, ses lèvres s'étirèrent en un sourire torve. Il prit un autre morceau et huma le parfum de la petite douceur.

A ce moment là, une série de petits cris se répandit dans les hauteurs. Draco leva les yeux. Volant depuis le ciel enchanté, les premiers hiboux postaux du matin arrivaient. Il sourit de façon sadique, quand l'un d'entre eux avec une charge inhabituelle se dirigea lentement vers la table des Gryffondors.

Oh oui… Ce serait une 'merveilleuse' journée…

oooOOOooo

Le fameux trio de Gryffondor était assis à sa place habituelle, Hermione sur la droite, un devoir de métamorphose de deux pieds et demi de long devant elle, son commencement enroulé autour d'un large plat de muffins. Ron se trouvait à ses côtés, mâchant consciencieusement son morceau de bacon, et juste à côté, Harry, qui, au lieu de manger, passait le temps à écrire son prénom dans le mélange douteux qui flottait dans son assiette.

Il n'avait parlé à aucun de ses amis du rendez vous avec Malfoy le soir même. Il savait très bien qu'ils essaieraient de l'empêcher de s'y rendre et dans le cas contraire, ils le suivraient… et il n'avait pas envie qu'ils sachent, qu'ils le découvrent.

Il avait envie que cela reste leur secret, en quelque sorte.

Il releva la tête, scrutant la salle de ses yeux verts. Il trouva sa cible aisément, ses cheveux platine brillant de tout feux sous les premiers rayons du soleil matinal. Il mangeait une pâtisserie danoise comme un roi, le tenant à ses côtés tel un sceptre, duquel il prenait de temps à autre de minuscules bouchées qui ne nécessitaient même pas d'être mâchées.

Il rencontra les yeux d'Harry soudainement, l'argent flashant à l'unisson avec sa chevelure. Les orbes verts d'Harry s'agrandirent de stupeur et il baissa rapidement son regard à nouveau sur son assiette.

Seraient-ils vraiment capables de passer à travers ça sans se sauter à la gorge et s'entretuer ?

D'aussi loin qu'Harry était concerné, il pouvait dire qu'il avait eu la mauvaise part du gâteau dans ce deal. Malfoy devant lui enseigner les Potions était une tâche plutôt aisée, même s'il s'agissait de lui… Mais après tout, on pouvait difficilement faire fausse route pour enseigner à un sujet standard.

Son challenge, à lui, était bien plus compliqué… Il allait devoir démontrer à Malfoy pourquoi tout le monde pensait qu'il était gay et le convaincre de changer les dites choses en douceur sans se moquer de lui ou l'insulter… Cela rappela à Harry un jeu moldu auquel il avait joué quelques fois, quand il s'ennuyait chez les Dursley. Cela impliquait de devoir construire une tour de blocs, puis l'on devait en retirer un à un les morceaux de bois. Le jeu se terminait quand la tour s'écroulait invariablement.

Il ne lui restait donc plus beaucoup de temps à vivre ! Il serait mort avant l'aube...

- « Eh… regarde ça ! », s'écria Ron entre deux bouchées.

Il offrit un morceau de bacon sur sa paume au grand hibou gris et noir qui se dirigeait tout droit vers eux. Fermement coincé entre ses énormes griffes se trouvait un abondant bouquet de roses ; une traînée de pétales roses suivant l'animal à travers la Grande Salle.

Harry fronça l'un de ses sourcils, observant l'oiseau se rapprocher.

- « C'est probablement pour toi, Harry », commenta Hermione par-dessus son parchemin. C'était bien vrai : Il était le célèbre Harry Potter. Les fleurs provenaient sans doute d'un admirateur quelconque.

Harry regarda la table des Serpentards au bon moment pour voir Malfoy pointant le doigt vers le hibou au bouquet et le désignant à Pansy et Blaise, qui, tout deux, s'écroulèrent de rire sur leur table.

Aujourd'hui ne serait pas une bonne journée…, pensa Harry misérablement, une impression étrange au creux de l'estomac.

L'oiseau avait atteint la table et passait de l'un à l'autre de ses occupants. Harry le regarda, méfiant, alors que celui se rapprochait de plus en plus.

Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur, quand l'animal continua son chemin l'ignorant totallement, passa l'assiette débordante de Ron pour s'arrêter abruptement au dessus de la tête penchée d'Hermione.

Il ouvrit ses griffes, relâchant ainsi le bouquet qui atterrit directement sur le devoir de la jeune fille, qui s'écria de surprise quand quelques pétales vinrent s'échouer sous ses yeux.

- « Elles sont pour toi, Mione. », lui dit Ron, une voix définitivement emplie de désarroi. Il se renfrogna, se tourna vers Harry, comme s'il s'agissait de sa faute si les roses ne lui étaient pas destinées.

Hermione restait figée sur le bouquet rouge et exubérant qui s'étalait devant elle, ses joues rougissant.

- « Ron », dit-elle, tournant sa tête lentement vers le jeune homme, « Sont-elles de toi ? ».

Ses grands yeux couleur chocolat brillaient tendrement de nuances caramel teintées d'espoir. Ron la fixait lui aussi, ses joues virant intensément au rouge quand il commença à parler.

- « Euhm », débuta-t-il faiblement, « et bien… euhm…Mione, je l'aurais fait, parce que … je … »

- « Il y a une carte. », l'interrompit Harry. Il désigna une grande enveloppe blanche attachée à la base des fleurs. Il n'en dit pas plus, Ron lui ayant rudement filé un coup de coude dans les côtes.

Hermione ne le remarqua pas, elle était bien trop occupée à détacher l'enveloppe portant en lettres rouges le mot 'Granger' et à la décacheter.

Elle sourit chaleureusement à Ron au moment où elle commençait à sortir la lettre, le forçant ainsi à l'éviter et à regarder ailleurs, son visage tordu de rage et de dépit.

- « Ca dit », commença-t-elle sur un ton bas, le lisant de façon à ce que seuls ses deux meilleurs amis puissent l'entendre :

Chère Mademoiselle Granger,

Mes pensées ne cessent d'être hantées par le souvenir de tes lèvres roses gercées. Dans le but de t'exprimer l'incroyable désir de luxure que m'inspire ton minable et répugnant corps de sang de bourbe, je t'ai compilé une liste de choses que j'aimerai faire dans le but de satisfaire ta FEMINITE, n'incluant exclusivement qu'un balai et un sort de lubrification (ci-joint).

Irrespectueusement et sincèrement,

Draco Malfoy.

Ps : Aurais-tu reçu un mauvais apprentissage de la part de Weasley, ou étais-tu tout simplement une débutante ?

Hermione en eut le souffle coupé d'horreur, laissant retomber la lettre, ainsi que sa pièce jointe sur la table.

Ses joues brûlaient de rage, ses yeux s'humidifièrent quand elle se tourna désespérée vers Harry qui lui-même était complètement largué, ses ébauches d'art culinaire depuis longtemps oubliées.

- « Pourquoi ne peut-il pas simplement laisser tomber ? », lui murmura-t-elle, des larmes pleuvant abondamment de ses yeux. « Pourquoi ressent-il le besoin de me torturer ainsi constamment ? »

- « Il veut s'accaparer l'attention de tous », tenta-t-il, choqué de voir l'une de ses amies, d'habitude si stoïque et calme, pleurant devant tout le monde. « Ne le laisse pas t'atteindre, Hermione. Il est juste… »

- « Arrête de le justifier ! », s'écria-t-elle avec hargne, tout en reniflant, « Ce n'est qu'un immonde bâtard ! Je ne peux pas le croire…il… il… regarde le ! »

La tête de Harry se releva instantanément, et il le vit. Draco Malfoy riait avec ses amis, pointant Hermione du doigt librement. Il stoppa un moment quand il aperçut le regard glacé du brun.

- « Accio Rose », murmura-t-il. Les yeux gonflés et humides d'Hermione s'agrandir encore quand elle vit l'une de ses roses filer à travers la salle et atterrir dans la paume pâle du blond.

Malfoy prit la rose et, sans quitter des yeux le Gryffondor, la tendit à Pansy, qui gloussa et lui déposa un baiser sur la joue. Quelque chose dans la poitrine d'Harry l'élança et il brisa le contact.

- « Hermione ? », tenta Ron en touchant son bras doucement, « S'il-te-plaît, ne pleure pas. Pas… pas à cause de lui. Harry et moi, on va s'assurer que cela ne le reprendra pas, n'est-ce pas Harry ? »

- « Hein ? », émergea Harry qui venait de se séparer de sa 'connexion' avec le blond. « Oui, bien sûr, Mione. Je lui en toucherai un mot. »

- « Oui, Harry va lui… Quoi ? », commença Ron, se figeant soudainement, « Tu lui en toucheras un mot ? Que dirais-tu de le couvrir de sorts jusqu'à l'envoyer en enfer ? … Herm, il ne sera plus capable de pisser pendant plus d'une semaine quand j'en aurai fini avec lui ! »

- « Je sais que tu essayes de me faire sentir mieux, Ron, mais ça ne me soulage en rien. », chuchota-t-elle piteusement. Elle se releva, laissant retomber quelques larmes au moment où elle cligna des yeux, saisit sa sacoche ainsi que le bouquet dans ses bras.

- « Où vas-tu ? », demanda Ron d'un ton soucieux.

- « A la bibliothèque, je vous verrai tous les deux en classe. »

- « D'accord… », entama Ron, mais elle avait déjà fait quelques pas et ne l'entendait plus.

Elle avait à peine parcouru quelques mètres, qu'elle commença à courir se dirigeant à toute allure vers les portes de la Grande Salle dans une colère larmoyante.

Au moment où elle les passa, elle percuta quelqu'un qui se rendait au petit déjeuner. Il gronda de désapprobation et la regarda sévèrement.

- « Je suis désolée, », lui déposant les roses dans les bras, « brûlez ça pour moi, s'il vous plaît. Quel connard ! Ce blaireau pervers, dégoûtant et tordu ! »

Sur ce, elle éclata en sanglots et s'éloigna à nouveau à toutes jambes en direction de la bibliothèque sans avoir même réellement regardé son visage.

Les yeux de Rogue la suivirent un moment, puis il regarda avec répugnance le bouquet de roses dans ses bras, détournant le nez d'aversion.

- « Adolescents émotifs… », murmura-t-il pour lui-même, secouant la tête. Il continua sa route vers la table des professeurs, les roses en main.

De retour à la table des Gryffondors, on pouvait voir Ron qui fixait son assiette avec insistance, ne pouvant plus rien avaler, trop accaparé par la peine d'Hermione. Harry lui tapotait gentiment dans le dos, pas trop sûr de ce qu'il pourrait lui dire. Car après tout, sa tentative de remonter le moral de la jeune fille avait été un complet et total désastre.

Avait-il vraiment justifié l'attitude de l'autre connard ?

Harry secoua sa tête avec tristesse, ne se risquant pas à vouloir explorer cette pensée, ne voulant même pas avoir à faire avec quoi que ce soit. Il soupira, tendant le bras pour attraper les lettres, dans le but de les jeter aussi rapidement que possible dans la cheminée de la salle commune de Gryffondor.

Il commença à les plier en de petits bouts. C'est alors qu'il remarqua quelque chose d'étrange. Il lut la liste, son visage se décomposant légèrement.

Il y avait une note au dos du papier.

Potter,

Cette encre est ensorcelée pour que seul un homme puisse la lire. Mon père l'utilise pour garder des choses hors du regard de ma mère… en tous les cas, bref... Je me suis dit que la Belette serait bien trop accablé sur le coup pour y jeter un œil.

J'espère que tes idées pour mettre l'accent sur mon hétérosexualité auprès des gens sont plus de plus grandes valeurs que le fun que j'ai pris en jouant avec l'esprit de Granger. Peut-être que si les tiennes prévalent, je la laisserai tranquille au sujet de ce baiser.

Tiens en compte, et si tu veux toujours qu'on se voie ce soir, embrasse ta main.

-Le violeur buccal de Granger-.

Harry fixa de longues secondes le mot, incrédule. Il ne savait pas vraiment quoi penser au sujet de tout ça – comment se faisait-il qu'il se sentait aussi neutre alors que Malfoy maltraitait l'une de ses amis. Non,… deux de ses amis ?

Cependant… Il connaissait, quelqu'en soit la raison, sa réponse.

Alors que Ron était toujours profondément plongé dans ses jérémiades solitaires, il leva sa main, détourna sa paume de lui. Lentement, il pressa ses lèvres contre le dos de sa main.

Malfoy, qui n'avait eu de cesse de garder l'œil sur Harry depuis qu'il s'était emparé des lettres, sourit pour lui même. Après tout, le déroulement de sa journée semblait continuer sous de bons auspices.

D'une façon identique, il porta sa main pâle à ses lèvres et y déposa un baiser. Il croisa les yeux verts étincelants du brun un court instant, puis, d'un mouvement leste, détacha sa main de sa bouche et lui fit un doigt d'honneur depuis l'autre bout de la salle.

Harry, voyant cela, soupira.

Il était bien trop accro à des jeux comme celui là…

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Note d'Anthea (l'auteur) : Et bien, j'espère que cela vous aura plus. Le prochain chapitre décrira leur rendez vous… cela sera très drôle à écrire… héhé. Si vous avez aimé cela et que vous voulez la suite avant de mourir de vieillesse, reviewez moi ! Les reviews me rendent heureuses !

Note de Cyz' (la traductrice 06.09.06) : Et bien, que dire qu'Anthea n'a pas déjà dit… puisque je suis tout à fait d'accord avec elle… La rencontre sera un plaisir pour les yeux ! et pour le reste ! j'adore ce texte et j'espère vraiment réussir à vous le restituer de façon à ce que vous puissiez l'apprécier à sa juste valeur. Je vous ai posté cela bien plus tôt que ce que je pensais, je voulais poster d'abord la fin d'Histoires de sang et la suite des Enfants du destin… Mais voilà, de temps à autre, on ne contrôle rien… L'envie, que voulez vous… En tous les cas, vos reviews me rendent ivres de bonheur, aussi n'hésitez pas ! Je vous aime, je vous l'avais déjà dit ?