La génération perdue.

(1975-1982)

Dans les temps à venir la chute du Seigneur des Ténèbres

Est séparée par l'argent et l'or.

Un triangle, à chaque fois, sera sa perte.

Dans un coin est un grand Lion,

Aux bonnes intentions, nommé pour le charbon.

Deux fois caché, à la fois bête et homme.

Un coin vient du sang d'antan,

Enfant de la lune d'argent si froide,

Serviteur du Seigneur des ténèbres et ami du Lion.

En dernier vient la Fille de la Guerre aux cheveux de feu,

Prise entre l'argent et l'or ;

Une parmi deux et une parmi beaucoup.

Le Lion aime la lumière de la file

Comme l'Enfant de la lune d'argent ;

Mais le serviteur du Seigneur des Ténèbres devra trahir.

Et même s'ils fuient devant leur destin,

Trois devraient donner naissance aux jours de damnation,

Et l'Amour devrait mettre fin au règne du Seigneur des Ténèbres.

La Prophétie du Triangle.

Chapitre un

En quittant la maison

Lundi 1° septembre 1975

« Charlie et Annie, dites au revoir à Bill. Il sera parti quand vous rentrerez à la maison. »

Bill Weasley essaya de ne pas faire voir qu'il avait une boule dans la gorge comme sa mère disait cela. Son frère Charlie et sa sœur Annie se tenaient timidement devant la porte d'entrée avec leurs cartables, attendant de filer jusqu'au bus de l'école quand il arriverait. Charlie, qui avait neuf ans et commençait sa sixième année à l'école du village de Pré-au-Lard, essaya d'adopter une attitude virile pour l'au revoir, mais la veille, comme ils s'étaient mis au lit dans la chambre qu'ils partageaient, Charlie avait confié que Bill allait lui manquer, et qu'il avait plus qu'un peu peur d'être le grand frère.

Charlie ne montrait aucune de ces peurs maintenant comme il essayait de faire bonne impression, serrant la main de son frère et disant « Je veillerai sur Annie et Peggy pendant que tu ne seras pas là. Et sur les gnomes de jardin. »

« Exact. Qu'ils sachent qui est le patron. » dit Bill, voulant aussi faire bonne impression. J'ai onze ans, pour l'amour du ciel. Et tous les autres première année aussi, et je parie qu'aucun d'eux n'a envie de pleurer parce qu'il quitte la maison pour la première fois…

« Qui ? Les filles ou les gnomes ? »

Bill sourit. « Tous. » Charlie lui rendit son sourire, son sourire aux dents manquantes et au visage couvert de tâches de rousseur s'imprimant dans le cerveau de Bill. Il pensa que c'était possible que les yeux marrons de son frère aient l'air un peu brillants, mais il n'osa rien dire à ce sujet.

Et puis Annie dut courir à lui et jeter ses bras autour de sa taille, sanglotant. « Ne pars pas, Bill ! »

Il s'accroupit et pris sa sœur de cinq ans dans ses bras, la tenant serrée, lissant ses tresses oranges. Bill représentait le monde pour Annie. Il était son rocher. Elle commençait à peine sa deuxième année à l'école du village, l'année prochaine, quand Charlie serait en septième année, leur sœur cadette, Peggy, serait presque assez âgée pour être en première année (son anniversaire n'était pas avant novembre, mais sa mère avait déjà été assurée par la directrice, son ancienne employeuse, qu'elle admettrait Peggy en avance). Bill avait aidé Annie avec ses devoirs (pas vraiment énormes pour les enfants de quatre ans), et s'était assis avec elle et Charlie pour prendre le déjeuner au lieu d'aller avec les autres septième année. La famille est la chose la plus importante, leur disaient souvent leurs parents, et Bill avait toujours pris cela à cœur. Maintenant, il avait l'impression distincte qu'une lourde pierre venait de prendre résidence dans son estomac. Ou peut-être que c'était comme un gros aimant grumeleux attiré vers un pôle appelé Maison.

Soudain, il y eut un très fort bruit dans le jardin de devant. Le bus vert clair de l'école de Pré-au-Lard venait d'apparaître au milieu des massifs de fleur, faisant s'empourprer Molly Weasley et la faisant filer par la porte de devant, agitant son doigt devant le chauffeur, qui ouvrit laconiquement sa porte et attendit que Annie et Charlie montent les marches vers l'intérieur du bus. Quand elle eut fini sa tirade, Molly leur donna une accolade à chacun et les embrassa, les laissant finalement embarquer à bord du bus avec les autres enfants bruyants et riants, et Bill ne bougea pas, leur faisant un signe de la main depuis la porte d'entrée comme le bus à impériale avec la légende École du Municipale de Pré-au-Lard disparaissait brusquement, avec un fort bruit d'aspiration. Bill tressaillît.

Sa mère revint à la maison avec un soupir, secouant la tête. « On dirait qu'il va encore devoir faire réviser son engin. Je redoute la pensée qu'il remette cela à plus tard. Et si tout le bus venait à se désartibuler alors qu'il essaye de ramener les enfants à la maison ? »

Bill était surpris que sa mère dise cela. Elle ne lui disait jamais ses inquiétudes à vois haute. Maintenant, c'était presque comme s'il s'était avancé au rang des adultes, parce qu'il était prêt à commencer à Poudlard. Je ne suis pas prêt à grandir, pensa-t-il avec désespoir. S'il-vous-plaît, laissez-moi retourner à l'école du village avec mon frère et ma sœur…

A l'intérieur, elle prit la petite Peggy de là où elle jouait sur le tapis. « Je dois encore habiller Peggy. Est-ce que tu as tout empaqueté ?'

Bill acquiesça « Et j'ai mon ticket. » Il brandit son ticket de train, et puis le remit dans la poche de sa chemise. Cela va vraiment arriver, pensa-t-il. Je pars.

Sa mère monta rapidement les escaliers, la fillette de trois ans sur sa hanche, comme elle disait « Bill chéri, pourrais-tu nettoyer les affaires du petit déjeuner pour moi ? »

« Pas de problème, maman. » dit-il. Il traversa la cuisine, où des bols de porridge à moitié mangés, des tasses de thé, des soucoupes, des assiettes avec des toasts et un pot de marmelade ouvert se tenaient éparpillés avec des couteaux, des fourchettes et des cueillères à des endroits assez imprévisibles. (Pourquoi est-ce que Charlie avait de toute évidence essayé de faire tenir sa fourchette en équilibre sur l'anse de sa tasse ?)

Bill tendit soigneusement l'oreille d'abord, pour s'assurer que sa mère n'était pas sur le point de descendre les escaliers. Ensuite, il tendit ses mains et se concentra, et soudain, d'un coup, tous les détritus du petit déjeuner s'étaient précipités tout seuls dans l'évier de pierre sous la fenêtre. Les robinets s'ouvrirent immédiatement et commencèrent à remplir l'évier d'une eau chaude et savonneuse. Bill regarda la table et grogna. La marmelade ne s'y trouvait plus. Et le pot était ouvert. Cela signifiait qu'il ne pouvait pas simplement pêcher le pot savonneux, le sortir de l'eau et l'essuyer. La marmelade était foutue. Il soupira et alla à l'évier, retrouvant le pot (rempli avec quelque chose qui ressemblait à une marmelade assez savonneuse), et puis le jeta dans la poubelle. Sa mère avait toujours dit qu'il allait faire de grandes choses à cause de la précocité avec laquelle sa magie s'était manifestée, mais il ne se concentrait pas toujours sur des choses comme essayer de mettre seulement les couverts dans l'évier et pas la nourriture. (Il remarqua aussi qu'il y avait des feuilles de thé flottant sur la mousse dans l'évier. Il y avait peu d'espoir que sa mère ne remarque pas cela.)

Heureusement, comme il vivait dans une maisonnée de sorciers, il savait que le ministère s'attendait à ce que de la magie se produise régulièrement, et à moins que quelqu'un ne le prenne en flagrant délit, il y avait peu de chances qu'il soit pris en train de faire de la magie en dehors de l'école en étant mineur. Il était très, très las de devoir cacher sa magie. C'était contraire à la loi qu'il fasse quoique ce soit à dessein (pas que cela l'ait arrêté). C'était LA raison pour laquelle il était content de finalement pouvoir partir à Poudlard. Il pourrait vraiment apprendre la magie maintenant, au lieu de simplement répéter les conjugaisons et les déclinaisons latines, et d'apprendre l'histoire élémentaire de la magie. Il avait aussi appris ses connaissances de base à l'école du village, la lecture, l'écriture, les mathématiques, et de très, très simple potions. Ils avaient aussi pu entretenir un jardinet avec les plantes les plus inoffensives qu'ils étudieraient plus tard en herbologie, et il avaient un petit zoo de créatures amicales, comme des Kneazles et des Nifflers, plus quelques crapauds, rats, salamandres et tritons à double tête.

Il avait une baguette maintenant, et il commencerait à étudier les sortilèges, la métamorphose, et la défense contre les forces du mal… De vraies études de magie. Cela le démangeait de sortir sa baguette de sa malle et d'essayer quelques sorts basiques. Il n'avait jamais rien ressenti de semblable à la sensation qu'il avait eu en trouvant finalement sa baguette… Un chatouillis chaud à travers tout son corps, commençant par ses doigts, qui entouraient le bois de rose, les cheveux sur sa nuque qui se hérissaient, et une averse d'étincelles rouges et or qui jaillissaient du bout de sa baguette comme un feu d'artifice. Il avait essayé plusieurs douzaines de 'mauvaises' baguettes, mais cela avait simplement rendu Mr Ollivander plus excité et plus déterminé à lui en trouver une bonne. Quand il devint apparent que la baguette en bois de rose était celle pour lui (elle avait un cœur en plume de phénix), le vieil homme alla chercher un peu de papier kraft pour l'envelopper, et avant de réaliser ce qu'il faisait, il agita sa baguette et toutes les autres baguettes revinrent dans leurs boîtes respectives, et les boîtes elles-mêmes filèrent sur les étagères où elles avaient été.

Sa mère, son frère et ses sœurs avaient regardé, la bouche grande ouverte, quand cela s'était produit. Bill grimaça. Il avait commencé à faire de la magie accidentelle quand il était très jeune, et tandis que la plupart des gens pensaient que cela signifiait qu'il était très puissant, il avait davantage l'impression que c'était comme s'il rôtait très fort en public quand cela lui arrivait. Mr Ollivander était revenu avec le papier et une ficelle, et il emballa calmement la baguette de Bill et lui prit six gallions et sept mornilles en paiement, ne faisant aucun commentaire sur l'état altéré de la boutique. Le sort impromptu de Bill avait non seulement rangé les baguettes éparpillées, mais aussi balayé beaucoup de poussière.

Bill s'était attendu à se faire taper sur les doigts pour avoir fait de la magie dans la boutique, mais pour une fois, Molly Weasley le surprit. Non seulement, elle ne le réprimanda pas pour ce qu'il avait fait, mais quand ils furent dehors, sa mère renifla avec dédain, regardant derrière elle la boutique qui sentait le renfermé. « Bien, » dit-elle, « il aurait pu te remercier d'avoir remis les baguettes en place. Pas que cet endroit n'aurait pas eu besoin de quelques sorts de dépoussiérage avant que nous y mettions les pieds… »

« Bill ! » appelait maintenant sa mère d'une voix aiguë.

« Oui maman ? »

« Est-ce que la chaussure de Peggy est en bas ? »

Bill la trouva près de la cheminée de la cuisine. « Oui ! » Il soupira et gravit les escaliers branlants. Il souhaitait oser lancer une sort de répulsion pour l'envoyer en haut, mais ayant bâclé le nettoyage du petit déjeuner, il sentait plus sûr de l'amener. De plus, s'il lançait un autre sort avant d'aller à l'école, il aurait droit à une autre réprimande de sa mère. (C'était dans l'ordre normal de la journée). Il avait eu beaucoup de mal avec sa volonté ces derniers temps, commencer à Poudlard lui tardant. Sa mère lui avait dit plus d'une fois que ce n'était pas la peine de se créer des problèmes avant qu'il arrive à l'école.

Il y avait beaucoup de sorts dont il ne connaissait pas les incantations, mais qu'il faisait déjà instinctivement, et sans baguette. Il savait, cependant, que l'on était noté sur tout à Poudlard, et si l'on ne pouvait pas expliquer la théorie en test écrit, ou dire l'incantation correctement, ou faire le bon geste de la baguette, passer l'examen pratique (obtenir le résultat désiré, comme repousser une chaussure), ne comptait pas beaucoup. Il n'était pas convaincu qu'il allait être bon à l'école. Il savait qu'il ne travaillait pas très dur, et il ne se considérait pas comme particulièrement brillant non plus. Il avait peur de décevoir ses parents.

Quand Peggy fut finalement habillée, lui et sa mère allèrent dans la cuisine avec sa malle et ils la mirent debout. Ils allaient au Chaudron Baveur par cheminette, puis en prenant un taxi moldu jusqu'à la station de King's Cross. Son père était déjà au travail au ministère. Il avait transplané tôt ce matin, avant même que Bill ne se soit réveillé. Bill savait que tout au ministère était en ébullition depuis plusieurs années à cause d'une mage noir qui s'appelait lui-même Lord Voldemort (bien que tout le monde dise 'Vous-savez-qui'), et ses partisans, les Mangemorts. Mais il pensait quand même que son père aurait pu le réveiller pour lui dire au revoir.

Bill se cramponna à la poignée de sa malle et jeta de la poudre de cheminette dans les flammes. « Le Chaudron Baveur » dit-il clairement, puis il s'avança dans le feu chaud et jovial, essayant de ne pas perdre prise sur la poignée de sa malle. (tout ce dont il avait besoin était qu'elle aille voler dans la salon de quelqu'un et l'assomme) comme les cheminées de centaines de foyers de sorciers tournaient autour de lui, et que son petit déjeuner menaçait aussi de commencer à tourner autour de lui.

Finalement, il tomba dans la pièce de devant faiblement éclairée du Chaudron Baveur, un vieux pub miteux de sorcier de Londres qui masquait l'entrée du Chemin de Traverse, le quartier commerçant des sorciers. Bill dégagea sa malle du foyer, toussant la suie qu'il avait inhalée, et un instant plus tard, sa mère sortait du feu avec la petite Peggy dans ses bras. Elle ôta la capuche qu'elle avait remontée sur la tête de sa fille pendant qu'elles voyageaient, et les boucles cuivrées de Peggy furent à nouveau visibles. Elle rit et frappa ses petites mains en disant « Encore ! Encore ! ». Le voyage lui avait plu.

« Hé là ! » dit Tom, le vieux propriétaire presque sans dents, de derrière son comptoir. « N'amenez pas quelque chose de si gros par le réseau de cheminette à l'avenir ! » dit-il en désignant la malle de Bill. Elle s'était cognée de nombreuses fois en route réfléchit Bill, et il était aussi couvert de suie. Bill grimaça, se demandant à quoi il ressemblait. « Je ne peux pas laisser venir tous les élèves de Poudlard passer par ici le premier jour du trimestre ! Ce serait le chaos ! »

Sa mère rougit. « Je suis désolée, Tom. Nous n'avons jamais fait cela avant. Bill est un première année, maintenant, vous savez. »

Il sourit à l'aîné Weasley avec ses quelques dents restantes. « Finalement en route pour Poudlard ! C'est un grand jour pour toi. »

« Oui, sir. » dit Bill timidement. Il se tourna vers sa mère. « Maman… Pourrais-tu… Pourrais-tu nous nettoyer moi et ma malle avant que nous prenions le taxi ? » Elle acquiesça et fit un geste de la main, et la suie disparut immédiatement de sur lui et de sur la malle. « Bien, » dit-il d'une voix tremblante au vieil homme « Au revoir. »

Tom acquiesça et lui fit un autre sourire. « Bonne chance. » dit-il brièvement. J'en aurai besoin, pensa brièvement Bill, comme il suivait sa mère en dehors, dans la rue de Londres agitée où se trouvait le Chaudron Baveur. Ils montèrent dans le premier taxi qui s'arrêta pour eux et le chauffeur les aida à mettre la malle dans le coffre de la voiture. Bill s'appuya sur le dossier en cuir doux, soupirant, et souhaitant que le voyage en taxi dure à jamais. Il avait attendu toute sa vie d'aller à Poudlard, et maintenant, c'était le dernier endroit au monde où il voulait être.