Bonjour, après un démarrage un peu dur, voici donc la génération perdue. La prophétie du triangle a pris du retard dans les corrections, mais les premiers morceaux devraient sortir la semaine prochaine.
Philippe Gryffondor : honneur au premier reviewer, et merci.
Ankou : patience, plus qu'une semaine à tenir Dega : oui, c'est un peu conofdant cette "suite"...
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous

XXXXX

Lily Evans descendit de la voiture de ses parents. Le parking de la gare de King's Cross était peuplé de parents aidant leurs enfants à enlever de grosses malles des coffres des voitures, et il y avait de nombreux adolescents et pré-adolescents, portant des cages avec des chouettes, et des paniers en osier avec des chats. Les pères et les mères faisaient des choses utiles comme trouver des chariots pour charrier les malles dans la gare. Ils regardaient tendrement les enfants qu'ils n'allaient pas voir jusqu'aux vacances de Noël, et Lily vit plus d'une maman balayer une larme de ses yeux.

Lily soupira. Ses parents n'étaient pas avec elle. Son père était encore à l'hôpital St Michael, au chevet de sa femme. Elle haïssait partir au moment où sa mère allait avoir une biopsie. En même temps, elle haïssait rester assise dans la salle d'attente, attendant que le docteur rentre et dise « J'ai bien peur que ce soit malin » encore une fois. Bien sûr, il y avait eu des fois où il était rentré et avait dit « Elle est officiellement en rémission. » mais ces événements étaient toujours suivis par des moins heureux. Par trois fois elle avait été en rémission. Et par trois fois elle en était sorti, son cancer reprenant.

Sa sœur Petunia était encore assise avec les mains rivées au volant, regardant suspicieusement les autres élèves de Poudlard visibles (si l'on savait quoi chercher) s'affairant autour des voitures. Lily savait qu'elle n'aurait aucune aide d'elle. Petunia était extrêmement chagrinée que Lily la mette en retard pour son travail. Elle était secrétaire pour Mr Dursley à la Grunnings Drills, à Surrey, depuis trois ans, depuis qu'elle était sortie de l'école, et elle avait une grande fierté d'être là-bas à huit heures du matin, avant tout le monde, pour s'assurer que Mr Dursley avait du thé frais l'attendant, et tous les crayons dans la tasse sur son bureau appointés. Bien avant qu'elle sache qu'il arrive, elle étalait proprement sur son bureau les rapports qu'il avait besoin de lire pour juger l'efficacité et la productivité de son usine. Elle avait méticuleusement tapé les rapports la veille. Il ne voulait rien quand il était dans son bureau. Petunia Evans était une secrétaire modèle. Après le travail, elle allait à St Michael et devenait une fille modèle.

Lily essaya de sortir sa malle du coffre de la voiture, grognant. Elle avait grandi durant l'été, mais elle était encore plutôt petite. Cela la démangeait de sortir sa baguette et de faire léviter la malle, mais elle n'osait pas. Pourquoi est-ce que le préfets ne pouvaient pas employer la magie en dehors de l'école ? pensa-t-elle avec irritation. S'ils pensent que nous sommes si responsables…

Elle avait reçu sa lettre la nommant préfète de Griffondor le lendemain de son retour de sa quatrième année à Poudlard. Cela avait été une superbe journée. Sa maman était à la maison (Elle était alors encore en rémission), et elle avait ri avec délice quand la chouette était arrivée en volant par la fenêtre qu'elle avait laissée ouverte pour laisser l'odeur de verdure du jardin rentrer dans la maison. Contrairement à Petunia, sa mère aimait les chouettes, comme si elle trouvait terriblement intelligent la manière dont les sorcières et les sorciers les utilisaient pour délivrer le courrier. Elle avait nourri la chouette qui avait apporté la lettre à Lily, et caressé en hésitant ses plumes noires (elle ne voulait pas l'offenser), lui disant qu'elle était un beau spécimen.

Ses parents l'avaient prise dans leurs bras et s'étaient exclamés sur sa nomination en tant que préfète, tandis que Petunia s'était tenue derrière la télévision, le visage de marbre.

« Petunia ! » avait dit sa mère, souriant. « N'as-tu pas entendu ? Lily est préfète ! »

Petunia avait encore fixé l'écran avec détermination.

« Petunia ! » avait dit son père, avec un léger énervement dans sa voix. « As-tu entendu ce que disais maman ? »

La grande fille blonde avait levé les yeux vers son père, sans les cligner. « Oui. Lily est préfète. Comme c'est formidable. Félicitations. » Lily s'était retrouvée en réalité impressionnée par la capacité de sa sœur à parler sans aucune inflexion. Si parler d'un ton monocorde était une discipline olympique, Petunia Evans en serait sans doute médaille d'or.

Lily continua à lutter avec sa malle, maudissant tour à tour dans sa tête la malle, sa sœur, la voiture, ses bras trop fins, sa sœur, le train de l'école qui partait à onze heures, sa sœur…

« Laisse-moi faire. » dit une voix familière. Lily se retourna, surprise. Remus Lupin se tenait derrière elle, ses habits moldus suspendus sur sa silhouette légère. Ses cheveux bruns clairs avaient besoin d'être coupés. Il couvraient ses oreilles, et cette étrange mèche blanche au-dessus de son front bondissait comme il avançait. Il prit sa malle comme si elle ne pesait rien, la posant au sol à côté de la sienne. Il referma le coffre de la voiture avec un bruit de ferraille, et puis empila les deux malles et les prit tandis que Lily portait la cage de sa chouette. Au moment où cela se produisit, Petunia démarra la voiture, sortant du parking aussi rapidement que la vieille Renault le permettait, évitant de justesse de renverser un grand garçon maigre aux cheveux noirs avec une expression sévère et un nez crochu. La chouette de Lily laissa échapper quelques hululements purement musicaux comme ils se dirigeaient vers les quais, rappelant à Lily pourquoi elle l'avait appelée Calliope.

Elle avait commencé à dire à Remus. « Ce n'est pas possible que tu portes deux de ces… » mais il avait continué à avancer calmement comme si elle ne pesaient pas plus lourd qu'une paire d'oreillers.

Il dit seulement. « Elles me bloquent un peu la vue. Dis-moi quand je suis devant des marches, d'accord ? »

Elle accepta cela, incapable de saisir comment un garçon qui avait l'air si mince pouvait être aussi fort. Peut-être qu'il avait enchanté sa propre malle afin qu'elle ne pèse rien, mais si il avait lancé un sort similaire sur sa malle à elle, elle n'en avait pas été consciente. Elle ne savait pas comment il en aurait eu l'opportunité. Peut-être qu'il avait pris une potion fortifiante, pensa-t-elle. C'était probablement cela. Et il n'aurait pas de problèmes pour avoir fait cela non plus. Sauf que Remus haïssait les potions, et avaient régulière des résultats terribles dans cette discipline…

Quand ils atteignirent la barrière entre les quais neuf et dix, il reposa les malles avec un bruit sourd qui impliquait qu'elles n'avaient pas été enchantées pour ne rien peser. Lily combattit des réactions conflictuelles en elle. D'un côté, ce qu'il avait fait était assez impressionnant, si c'était de la pure force physique, et elle repoussa son admiration avec un froncement irrité, n'aimant pas le genre de filles qui se pâment devant les garçons pour leur force ou leurs prouesses sportives, et ne voulant particulièrement pas en devenir une. Combattant cette urgence (en plus du dégoût qu'elle ressentait pour elle-même), il y avait de l'autre côté sa curiosité naturelle de savoir comment il avait fait cela si ce n'était pas une force naturelle. Ce devait être de la magie de quelque sorte…

Ils devaient passer discrètement la barrière, alors Lily regarda autour d'elle les moldus passant ici et là. Elle tenait encore la cage de Calliope et comme elle se tourna, elle cogna la cage dans quelqu'un qui se tenait soudain très proche d'elle.

Lily Evans leva les yeux vers le visage de Severus Rogue. Il avait aussi grandi durant l'été, et avec ses longs cheveux tirés en arrière et rassemblés en une queue de cheval sur sa nuque, et la vue de sa sa moustache et de sa nouvelle barbe traçant le contour de sa mâchoire et mettant en relief ses pommettes, sa vue lui coupa le souffle un instant. Espèce de Serpentard stupide, pensa-t-elle, irritée. Jamais un mot gentil pour quiconque. Pourquoi doit-il être comme cela maintenant.

Il poussait un des chariots de la gare devant elle. Il en avait déjà un pour sa malle. Il n'y avait pas d'adulte avec lui non plus.

« Tu voudrais peut-être utiliser ceci, » dit-il, poussant le chariot vers elle. « Tu ne veux pas attirer l'attention sur toi. »

Avec un regard désapprobateur pour Lily et un reniflement à Remus Lupin, il s'avança négligemment vers la barrière avec son chariot, et en un clin d'œil, il avait disparu. Lily regarda Remus, qui roula ses yeux. Il avait de beaux yeux, pensa-t-elle. Pas bruns, mais pas gris, avec une touche d'or…

« Allons-y. » dit-il brusquement, une fois que Severus Rogue fut hors de vue. Lily acquiesça et posa sa malle et la cage de Calliope sur son chariot. Elle s'avança volontairement, se préparant au petit souffle d'air qui arrivait quand on passait la barrière. A la dernière seconde, comme elle marchait, elle ferma ses yeux avec appréhension (elle ne s'habituerait jamais à cela, pensa-t-elle), et quand elle les rouvrit, elle vit devant elle le Poudlard Express, brillant de toute sa gloire dans la lumière du soleil, lui faisant gonfler sa poitrine. Même si elle commençait sa cinquième année, il lui semblait que c'était hier qu'elle avait reçu sa lettre de Poudlard…

Elle, ses parents et Petunia prenaient un bon déjeuner dehors, sur la terrasse. C'était fin juin, et les roses étaient magnifiques, ainsi que les violettes africaines que sa mère, Violet, aimait tant. Soudain, une chouette avait plongé et avait atterri sur le dossier de la chaise de Lily, une grande enveloppe carrée en parchemin dans son bec. Il sembla que la chouette voulait qu'elle la prenne, et elle le fit quand elle remarqua que le devant de l'enveloppe disait Miss L Evans, 10 Highgrove Street, Appleby Magna, Leicestershire. Ils n'avaient pas encore déménagé à Londres à cause de l'état de santé de sa mère.

« C'est pour moi ! » couina-t-elle avec excitation. Quelle manière romantique pour quelqu'un d'envoyer une lettre par une chouette domestique ! Elle avait encore relu Les Hauts de Hurlevent… c'était la cinquième fois. A chaque fois qu'elle le finissait, elle passait plusieurs jours à être dans la lune dans la maison, se demandant quand est-ce qu'elle serait désirée par quelqu'un à cause d'un amour non retourné. Elle avait une personne en tête, dont le nom n'était pas loin de « Heathcliff ». Et maintenant, quelqu'un lui envoyait une mystérieuse lettre dans le bec d'une chouette !

Elle retourna l'enveloppe et vit un étrange sceau pourpre, avec un lion, un blaireau, un serpent et un aigle entourant la lettre 'H'. Était-ce le 'H' qu'elle espérait ?

« Comme c'est curieux » marmonna-t-elle comme elle ouvrit l'enveloppe, retirant le lourd parchemin sur lequel la lettre était écrite. Comme elle lisait, elle sentit son visage s'enflammer. Elle la jeta au sol et espéra pouvoir rentrer dans la maison avant de fondre en larmes. Ce stupide Hawthorm Watson, pensa-t-elle, son esprit accusant immédiatement le garçon dont elle espérait avoir des nouvelles. Un garçon qui, même Lily devait le reconnaître en dépit de son coup de foudre, était assez grossier et lui avait causé des problèmes sans fin. Toujours à m'appeler une sorcière. Maintenant, il fait cela… Hawthorn était vieux pour son année, ayant eu quelques difficultés scolaires quand il était plus jeune. Il rasait déjà ses rares poils blonds, elle savait de source sûre qu'il fumait, et qu'il avait une attitude je-m'en-foutiste par rapport à lui-même qui jurait horriblement avec le besoin de Lily pour que tout le monde applique strictement les règles, ce qui était la principale raison pour laquelle il l'aiguillonnait. Et pourtant, il y avait aussi quelque chose à son sujet qui captivait son imagination…

« Lily ! » appela sa mère, voyant à quel point sa fille cadette était énervée. Lily courut aveuglément vers la maison, ses larmes troublant déjà sa vision. Il en résultat qu'elle rentra la tête la première dans une personne se tenant où personne n'aurait dû se trouver.

Lily était certaine qu'il n'y avait personne là la seconde d'avant. La personne dans laquelle elle venait de rentrer était une grande femme à l'air sévère et aux cheveux noirs tirés en arrière en un chignon serré. Elle avait des lunettes à bords carrés et portait une tenue en tissus écossais et un chemisier avec un col très haut et une broche à hauteur de la gorge qui portait les mêmes lion, serpent, aigle et blaireau et la lettre 'H' que le sceau de la lettre de la chouette.

Lily la fixa, à peine consciente que sa mère et sa sœur avaient commencé à hurler. Elle était pétrifiée comme elle regardait la grande femme maigre qui la regardait gentiment.

« Je suppose que vous êtes Lily ? » demanda-t-elle d'une voix coupante et précise. Lily acquiesça bêtement. « Bien. Vous êtes assez grande pour onze ans, n'est-ce pas ? Madame Malkin va devoir vous donner des robes de deuxième ou de troisième année et les reprendre afin qu'elles vous aillent correctement et ne vous avalent pas. Vous serez bien nourrie à Poudlard pour mettre un peu de chair sur ces os aussi. »

Avant que Lily ne puisse soit assimiler l'information, soit demander ce dont cette femme parlait, son père était accouru vers elle et avait passé ses bras autour d'elle, l'éloignant de l'étrange femme. Se tenant encore avec ses bras autour de sa fille, il foudroya du regard l'intruse dans son jardin, qui se tenait entre eux et leur maison, comme pour leur bloquer le passage.

« Qui êtes-vous ? »

« Je suis le professeur Minerva MacGonagall. » Elle fit une pause, comme s'ils devaient savoir qui c'était. Comme personne ne disait rien (Les mains du père de Lily commençaient à lui faire mal aux épaules là où il la tenait, et sa mère et sa sœur de dix-sept ans étaient accrochées l'une à l'autre, pâles comme des fantômes), elle montra la lettre sur le sol. « J'ai attendu jusqu'à ce que j'ai vu que Lily avait lu la lettre. » Une autre longue pause comme la famille Evans continuait à la regarder avec une vive agitation. Elle soupira. « Je suis l'auteur de cette lettre, vous comprenez. »

Lily détacha les doigts de son père de ses épaules et s'avança avec précaution vers l'endroit où elle avait jeté le parchemin épais. Elle le ramassa et regarda encore la signature. Professeur Minerva MacGonagall, Directrice adjointe. Elle leva les yeux vers la grande femme.

« Vous avez écrit cela ? »

« Bien sûr. Je suppose que vous pensiez que c'était une plaisanterie de l'un de vos camarades de classe ? Connaissez-vous quelqu'un à votre école qui utilise des chouettes pour le courrier ? » Lily se retourna et jeta un coup d'œil à la chouette qui était encore perchée sur le dossier de sa chaise, se lissant calmement les plumes. Lily secoua vigoureusement la tête. « Bien, alors » continua le professeur MacGonagall « c'est une très belle journée, mais j'ai une peau très sensible. Serait-ce trop demander que nous poursuivions cette conversation à l'intérieur, à l'abri du soleil ? » Elle posait une question, et pourtant Lily n'avait jamais entendu quelque chose qui ressemble autant à un ordre. Elle était vraiment responsable. Bon Dieu, pensa Lily, alarmée. Si c'est la directrice adjointe, comment doit être le directeur ? Elle avait lu dans la lettre que le directeur était un certain Albus Dumbledore.

« Vous… » réussit finalement à dire sa sœur, montrant du doigt Minerva MacGonagall, « vous étiez un chat ! Assis juste là, sur le chemin ! J'allais dire à maman qu'un chat errant allait essayer nous prendre de la nourriture, et puis vous vous teniez là ! »

Le professeur MacGonagall grimaça. « Stupide fille. Et comment aurais-je pu savoir que Lily avait lu la lettre si je n'avais pas été capable de la regarder discrètement ? J'ai attendu sous cet hibiscus… » Elle montra la plante de la tête. « … sous ma forme féline toute la matinée. J'ai été très immobile afin qu'aucun de vous ne me remarque. Les moldus sont remarquablement inattentifs la plupart du temps, mais on peu difficilement s'en plaindre comme c'est pour notre plus grand bénéfice. Nous devrions lancer bien plus de sorts de mémoire si ce n'était pas le cas… »

Ses explications étaient remarquablement obscures selon Lily. Les moldus ? Qu'étaient les moldus ?

Elle les conduisit dans leur propre maison, à travers la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse à travers la serre, puis la cuisine, et puis finalement le salon, où elle s'assit au centre du canapé, très royale dans son attitude, selon Lily, et elle posa très formellement ses mains sur ses cuisses. La famille Evans rentra en hésitant. Lily tenait maintenant l'épais parchemin de la lettre maintenant, et il lui semblait que son cœur battait bien plus vite qu'il ne l'avait jamais fait avant. Elle jeta à nouveau un coup d'œil à la lettre.

Poudlard, École de sorcellerie et de magie.

Elle déglutit et s'assit aux pieds de MacGonagall, et la femme plus âgée commença à expliquer à sa famille que elle, Lily Evans, était une sorcière…

Lily secoua la tête pour se l'éclaircir. Le quai grouillait d'activité comme les élèves de la première à la septième année essayaient de se frayer un passage dans la foule et autour des paquets d'amis qui se retrouvaient, et encore plus autour des parents qui prenaient leurs enfants dans les bras, les embrassaient et leur souhaitaient bonne chance. De nombreux élèves de familles de sorciers portaient déjà leurs robes. Elle baissa les yeux vers ses habits moldus, qui avaient précédemment appartenus à sa sœur, et elle se sentit assez peu discrète avec sa jupe en laine marron qui grattait et son chemisier guindé couleur fauve. Elle souhaitait avoir au moins épinglé son insigne de préfet à son chemisier, mais elle l'avait déjà épinglé à la robe qui était juste sur le dessus de sa malle, afin qu'elle puisse se changer facilement peu après être montée dans le train. Parmi les groupes de gens sur le quai, elle se sentit soudain très seule. Severus Rogue était immédiatement monté dans le train, disparaissant, et Remus Lupin avait aussi disparu dans la foule. Lily avait une amie dans son année, Cecilia Ratkowski. Elle et Cecilia ne s'entendaient pas très bien avec les sœurs jumelles qui étaient leurs autres camarades de dortoir, Moira et Myra Edmunds. Moira et Myra ne semblaient avoir besoin de personne d'autre, mais cela convenait à Lily et Cecilia.

Seulement,… pendant la quatrième année, Cecilia avait commencé à passer de plus en plus de temps avec des filles au-dessus et en-dessous de leur année, et d'autres filles de leur année qui étaient à Pouffsouffle. (Les filles de Serdaigle ne daignaient pas avoir de relation sociales avec quiconque, et personne en dehors de Serpentard ne voulait avoir de relations avec des filles de Serpentard). Lily ne savait pas pourquoi son amie l'avait soudain abandonnée. Tout ce que Cecilia semblait faire avec ses autres filles était des commérages et parler des garçons de la manière la plus immature. Parfois, on parlait aussi du maquillage de long en large. Les parents de Lily lui avaient dit qu'elle devrait attendre d'avoir dix-sept ans pour se maquiller, alors elle n'avait pas particulièrement envie de parler de ce qui était inaccessible pour elle.

Cela lui manquait de pouvoir parler à son amie de leurs devoirs, et des nouvelles qu'elles avaient pu avoir du monde extérieur sur les attaques de Mangemorts, qui s'étaient précipitamment accrues durant l'année précédente. Si elle n'avait pas d'autres amis de son année, James, Sirius, Remus et Peter pour parler de ces choses, elle serait devenue folle.

Bien sûr, il y avait des fois où elle était intéressée par une 'conversation intelligente' et où les garçons la décevaient aussi. Combien de temps pouvait-on passer à parler des balais par exemple ? Elle se sentait assez malchanceuse de le savoir. Et de leur équipe de Quidditch favorite. Et de leur bande dessinée favorite, sur un moldu nommé Marvin.

Elle était la seule de son année à Griffondor à être complètement du monde moldu. La mère de Cecilia était moldue, mais son père était un sorcier. Les jumelles Edmunds étaient d'une famille de sorciers. Celles de Sirius et James étaient aussi des familles de sorciers, et celles de Remus et Peter étaient demi-sang, comme Cecilia.

D'une certaine façon, cependant, avant même que Cecilia l'ait abandonnée pour des filles 'plus filles', elle n'était pas vraiment sa meilleure amie. Elle avait le sentiment que son meilleur ami était James Potter, bien qu'elle ne puisse pas lui dire cela, comme c'était le meilleur ami de Sirius Black, et que les garçons étaient vraiment irrationnels quant à leurs meilleurs amis. Lily ne connaissait aucun garçon qui identifierait volontairement une fille comme sa meilleure amie. Cela n'était pas considéré comme vraisemblable. Mais Lily avait le sentiment de pouvoir parler de tout à James. Il n'y avait pas en plus l'addition d'un embrouillage romantique. Pendant les trois premières années d'école, elle avait été amoureuse de Sirius Black, quelque chose qui l'avait secoué durant l'année précédente. La chose exaspérante était qu'il savait qu'elle craquait pour lui et qu'il avait été sans pitié pour exploiter cela pour rire et pour faire de nombreuses plaisanteries à ses dépends. La façon dont il l'avait convaincue de passer sur cet épisode n'était cependant pas une plaisanterie. Elle frissonna à ce souvenir, parcourant le quai à la recherche d'un visage familier.

Puis elle le vit. James Potter. Il se frayait un passage à travers la foule vers elle, portant déjà sa robe noire et son badge de préfet en argent, ses cheveux noirs aussi désordonnés que toujours, ses lunettes sales (comme d'habitude), et ses yeux bleus foncés brillants. Elle sourit quand il arriva assez près et ils échangèrent une rapide accolade amicale. Elle considérait James comme un frère, en plus d'être son meilleur ami. Sa petite amie, une jolie fille aux cheveux noirs de Pouffsouffle, s'appelait Bonita Maneti, et était aussi préfète. Elle marchait derrière lui, son sourire s'élargissant quand elle vit Lily. Lily aimait beaucoup Bonnie. Elle n'était pas l'une des filles de Pouffsouffle avec lesquelles Cecilia parlaient de choses de filles idiotes. Lily aurait aimé que Bonnie soit à Griffondor, comme elle ne pouvait la voir que pendant l'herbologie et l'arithmancie. Elle ne passait normalement pas de temps avec James et Bonnie quand ils étaient ensemble parce qu'ils semblaient vouloir être seuls à ces moments là.

« Lily ! Viens. Il y a quelques compartiments spéciaux pour les préfets. Nous pourrons nous asseoir ensemble vers l'avant. » dit Bonnie, suivant de peu James et donnant aussi une accolade à Lily.

« Je peux t'aider avec ta malle, » dit James. « Les nôtres sont déjà à bord. »

« Merci » dit-elle, prenant une des poignées de la malle, tandis que James prenait celle de l'autre côté et que Bonnie portait pour elle la cage de Calliope. « J'avais peur de ne jamais pouvoir la sortir de la voiture, mais heureusement, Remus est passé par là… » James lâcha soudain son côté de la malle, faisant lâcher à son tour Lily qui la reçut droit sur son pied. « Aïe ! » cria-t-elle.

« Oh, heu, désolé. » dit-il maladroitement, la reprenant. Lily fronça les sourcils et reprit aussi son côté.

« James ! » le réprimanda Bonnie, « Fais attention. Lily aurait pu se faire mal. »

« C'est bon, je vais bien. » mentit Lily, avançant en boitant. Les orteils de son pied droit étaient écrasés. « Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas si Remus m'aide ? »

Elle ne pouvait voir que le dos de James comme il marchait devant elle. « Ah… non, bien sûr que non. »

« J'ai trouvé un peu bizarre qu'il puisse porter à la fois ma malle et la sienne… » continua-t-elle, se préparant à ce que James lâche à nouveau son côté de la malle. Il hésita un instant, mais continua vers le train sans relâcher son emprise sur la poignée cette fois.

« Les deux malles tu dis ? » demanda-t-il d'une voix étrangement étranglée.

Elle ne répondit pas. Quand ils atteignirent le compartiment, ils s'effondrèrent tous d'épuisement sur les sièges. Lily jeta un coup d'œil par la fenêtre. Il y avait encore beaucoup d'élèves sur le quai, disant au revoir à leurs parents. Un très grand garçon maigre aux cheveux roux et aux yeux bleus brillants rougissait comme sa mère le prenait dans ses bras. Lily pensa que ce devait être un première année, comme elle ne se souvenait pas l'avoir vu avant, et parce que, en dépit de sa taille, il avait encore l'air très jeune, avec de nombreuses tâches de rousseur éparpillées autour de son nez enfantin. Il s'agenouilla pour parler à sa petite sœur, rousse avec des yeux bleus, comme lui. Elle lui parla aussi, mais Lily ne pouvait pas entendre. Puis elle jeta ses petits bras maigres autour de son cou, se cramponnant à lui, et il ferma ses yeux, ayant l'air de ne pas vouloir partir. Le nez de Lily la démangeait et elle se moucha, sentant ses yeux piquer. Quelle charmante famille. Elle se retourna et regarda Bonnie qui parlait à James de ses vacances d'été. Pourquoi est-ce que je n'aurais pas pu avoir une sœur comme Bonnie ou un frère comme James ? pensa-t-elle. A la place, je suis coincée avec cette affreuse Petunia. C'était déjà assez pénible de devoir être avec elle régulièrement, mais devoir attendre dans les salles d'attente des docteurs avec elle, à anticiper que les mauvaises nouvelles quant à la biopsie soient encore pires… Elle se secoua pour repousser cette pensée, puis soupira et regarda encore par la fenêtre, mais le garçon roux était parti. Sa mère tenait sa sœur sur sa hanche et faisait au revoir, avec les autres familles d'élèves encore sur le quai.

Puis Lily sentit ce sursaut sous elle comme le train se préparait à quitter la gare, et son estomac tressaillit à l'idée de retourner à Poudlard. Cette année, elle passerait son Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire, ou BUSE. Cela la rendait terriblement nerveuse, même si elle savait qu'elle s'en tirerait probablement bien. Cependant, les cauchemars sur manquer ses examens ou écrire un devoir de métamorphose pendant un test d'histoire de la magie avaient déjà commencé à la ronger. Elle était perfectionniste, mais aussi facilement distraite et, pour être honnête avec elle-même, quelque peu paresseuse et prompte à remettre son travail au lendemain. Elle avait d'excellentes notes en tests pratiques (spécialement en potions et en sortilèges) parce qu'elle semblait avoir un talent naturel, mais elle savait qu'elle ne faisait pas son meilleur travail quand elle bâclait un devoir d'histoire de la magie en un heure, écrit de sa plus grosse écriture afin qu'il fasse ses trois pieds de long. Elle le faisait quand même, parce qu'elle l'avait repoussé jusqu'au dernier moment. Comme le paysage se mettait à défiler, elle soupira. Elle savait qu'elle avait de terribles habitudes de travail (ce qui n'était pas amélioré par le fait que tous ses amis avaient aussi de terribles habitudes de travail), mais elle était déterminée à s'améliorer cette année, comme ce serait probablement très difficile d'esquiver ces choses pour les BUSEs.

Ils regardèrent le quai et les gens faisant au revoir disparaître de leur vue. Bientôt ils ne pouvaient plus rien voir d'autre qu'une épaisse verdure de chaque côté du train comme ils commençaient leur long voyage vers le nord. Lily se sentait très, très fatiguée. James et Bonnie parlaient avec animation et elle espérait qu'ils ne la trouveraient pas terriblement impolie si elle se contentait d'appuyer sa tête contre la fenêtre et de faire une petite sieste…