Syds ; LE début du troisième volet devrait arriver mercredi. J'ai plus qu'à me trouver un crenau pour reporter les corrections. Ca va etre un peu chaud, mais bon...
DEga : merci, je vais essayer de maintenir le rythme de trois publications par semaine, tantot sur la dernière génération, tantot sur la prophétie du triangle.
roukia : cf ci-dessus. et merci.
Bill était content de ne pas avoir encore soupé, car il avait pensé qu'il allait vomir. Voir cet énorme homme et traverser le lac dans des petits bateaux était déjà assez terrible. Mais attendre en ligne pour être réparti était le chose la plus éprouvante pour les nerfs qu'il ait jamais vécue durant sa vie.
« Attenborough Hamilton » appela la directrice adjointe. Elle s'appelait professeur MacGonagall, et sa voix résonnait dans toute la salle. « Baddock Ford, Broadbent Miriam. » Ils furent tous rapidement proclamés Serpentards. La table de Serpentard explosa en acclamations à chaque fois, et Bill remarqua qu'ils faisaient des gestes obscènes en direction des autres tables, qui étaient intelligemment camouflés afin que les professeurs ne puissent pas voir à quel point ils étaient impolis.
Après cela, Peregrin Booth, Mary Anne Boxwood et Wallis Cassell (qui était une fille) devinrent tous Griffondor, et ce fut au tour de cette table d'applaudir. Rhea Cooper devint la première nouvelle Pouffsouffle, leur donnant enfin la main, mais ensuite, Raisa Czaikowski et Finster Edwards firent à nouveau applaudir les Serpentards. Finalement, Paul Firth et Lawrence Flitwick devinrent les premiers nouveaux Serdaigles, et Juliet Hathaway devint une autre Griffondor. Bill la regarda aller à la table Griffondor. Elle avait été dans le même bateau que lui avec Cooper et Flitwick. Cela signifiait que jusqu'à présent, son bateau avait un Griffondor, un Pouffsouffle et un Serdaigle. Est-ce que tous les bateaux avaient une personne de chaque maison ? se demanda-t-il. Il déglutit. Oh, non. Je ne peux pas être un Serpentard, je ne peux pas l'être, je ne peux pas l'être…
Il savait tout sur les différentes maisons, et il avait entendu le Choixpeau chanter sa chanson. Il avait toujours pensé qu'il irait à Griffondor, juste comme ses parents. Et s'il n'était pas dans la même maison ? Et s'il était à Serpentard ? Comment réagiraient-ils ?
Puis Mafalda Hopkirk devint Serpentard et des jumelles Houseman devinrent Serdaigles. Encore des acclamations de ces tables. Pourquoi est-ce que je dois me retrouver à la fin de l'alphabet ? pensa misérablement Bill.
Il écoutait avec le cœur dans la gorge comme Lorelai Kidder, Rembert Leonard et Gregor Lovelace étaient répartis dans Pouffsouffle, Griffondor et Serpentard. Comme Lovelace allait vers la table de Serpentard, Bill jeta un œil pour voir qui avait été réparti dans cette maison l'année précédente. Il grimaça quand il vit Gilderoy Lockhart, qui avait un an de plus que lui à l'école de Pré-au-Lard, et avait été complètement insupportable quelle que fut l'occasion que Bill avait eue de rentrer en contact avec lui. Plus d'une fois, Bill l'avait entendu dire à une fille à quel point elle était jolie et oh-zut-j'ai-oublié-mon-devoir, peut-être-que-je-pourrais-copier-le-tiens… ? Cela ne le surprenait pas du tout que Lockhart ait été réparti à Serpentard, alors maintenant Bill avait une réelle aversion à aller là-bas aussi. Je ne peux pas être dans la même maison que Gilderoy Lockhart.
Roxanne Maine-Thorpe devint aussi Serpentard, et Bill déglutit. Elle avait aussi été à l'école du village avec lui, et était extraordinairement jolie, avec des cheveux blonds et des yeux bleus clairs. Elle jeta un bref coup d'œil vers Bill avant de s'avancer vers la table de Serpentard l'acclamant.
Cela se rapprochait maintenant. Quatre autre première année devinrent Serdaigles, séparés par quelques Pouffsouffles, comprenant un de ses meilleurs amis de l'école du village, Jack Richards. Cela fut suivi par son autre meilleur ami, Orville Simpson, devenant un Griffondor. Ils étaient maintenant au W. Mabel Walters devint une Pouffsouffle, et puis finalement, Bill entendit ce qu'il avait attendu :
« Weasley, William. »
Il s'avança nerveusement. Je ne vais pas vomir, je ne vais pas vomir…
Puis il s'asseyait sur le siège avec le Choixpeau sur ses épaules, couvrant complètement sa tête. Et il entendit la voix.
« Bien, bien, bien, qu'avons-nous là ? Cela fait plus de vingt ans que je n'ai pas eu un Weasley. Et tu es aussi un O'Connor, du côté de ta mère. Intéressant. Ah, je comprends qu'il va y en avoir trois autres ? N'est-ce pas mignon ! Hmm. Je vois de prodigieuses capacités magiques. On ne suit pas toujours les règles, mais c'est bien intentionné. Un leader… On s'occupe de son frère et de ses sœurs. Utile. Le sens de la justice. Hmm… »
Et puis… ce fut silencieux pendant une minute.
« Coucou ? pensa Bill après une autre minute de silence. « Pensez-vous encore ? » Silence. Il attendit encore un peu. Finalement, le Choixpeau parla à nouveau.
« Intéressant. Tu as attendu, et puis seulement demandé une fois. La patience est quelque chose de très rare pour quelqu'un de si jeune. Cependant, tu n'as pas non plus peur de poser les questions importantes. Je pense que nous en avons un de plus pour GRIFFONDOR ! » cria-t-il finalement. Bill poussa un soupir de soulagement puis l'enleva de la tête, le remettant sur le siège afin que Eli Webster et Gilbert Wimple deviennent Pouffsouffles, et Alexander Wood, quelqu'un d'autre qu'il avait connu à l'école du village, puisse être le dernier Griffondor, s'avance vers la table et s'asseye à côté de Bill, un très large sourire sur son visage sale, au milieu des applaudissements et des cris pour le dernier première année à rejoindre sa maison. Bill était flanqué de son autre côté par son ami Orville, qui lui souriait aussi.
Mais soudain, quand le bruit de la célébration mourut, on entendit une petite voix au fond de la grande salle. Un petit garçon aux cheveux noirs se tenait encore près des portes. Il tordait sa robe dans ses mains et avait l'air d'être à deux doigts de pleurer.
« Excusez-moi, » dit-il doucement, bien que sa voix résonne dans toute la salle. « Et pour moi ? »
Bill vit le professeur MacGonagall ouvrir des yeux comme des soucoupes, et s'avancer rapidement vers le directeur. Bill le regarda avec crainte et admiration. C'était un homme extrêmement grand avec une très longue barbe argentée et de longs cheveux, des demi-lunes et des yeux bleus étincelants. Il se pencha et dit quelque chose que personne ne put entendre, et puis elle lui chuchota une réponse. Il secoua sa tête. Puis elle vérifia ostensiblement sa liste une fois de plus, et releva les yeux vers le garçon, s'éclaircissant la gorge.
« Je suis terriblement désolée, » dit-elle, réussissant encore à avoir l'air assez impérieuse. « J'ai dû sauter votre nom. Avancez-vous, s'il-vous-plaît et mettez le Choixpeau. »
Le garçon eut l'air très, très rassuré. Il s'avança à grandes enjambées, et quand il atteignit le siège avec le Choixpeau, on aurait dit qu'il était mort et qu'il était allé au paradis. Il le souleva et s'assit, puis le posa sur sa tête.
Ils attendirent tous. Et ils attendirent encore. Tous les professeurs commençaient à murmurer les uns avec les autres, mais le directeur ne semblait pas y faire attention, gardant ses yeux sur le garçon avec le Choixpeau. A la longue, le professeur MacGonagall s'approcha du Choixpeau et en souleva le bord.
« Est-ce que tout va bien là ? » demanda-t-elle.
Le garçon souleva le Choixpeau de sa tête. « Il… Il veut parler au directeur. » dit-il d'une voix tremblante. Bill regarda les autres Griffondors autour de lui. Était-ce quelque chose d'habituel ? se demanda-t-il. Mais ils avaient tous l'air aussi intrigués que lui. En fait, toute la salle était devenue complètement silencieuse comme Dumbledore remplaçait son grand chapeau majestueux de sorcier par ce vieux spécimen décrépit que chaque nouveau première année venait d'essayer. Maintenant, ils regardaient et attendaient pendant que Dumbledore avait quelque sorte de conversation privée avec le Choixpeau. Finalement, il l'enleva de sa tête et le rendit au garçon.
« Il y a eu une petite incompréhension, mais je pense que nous l'avons surmontée. » lui dit-il, ses yeux le regardant gentiment.
Le garçon remit le Choixpeau et se rassit, et très rapidement, ce dernier proclamait « POUFSOUFFLE ! » Bill pensa qu'il y avait des mots venant avant cela, quelque chose comme « Cela pourrait aussi bien être … » mais il n'en était pas complètement certain. Le garçon enleva le Choixpeau et bondit joyeusement vers la table de Pouffsouffle, où il y avait des applaudissements pour avoir une personne de plus.
Quand le garçon s'était levé du siège, Bill avait brièvement été distrait par la vue d'une grande chouette fauve arrivant par l'une des hautes fenêtres et descendant vers la haute table, juste devant le directeur. Cependant, Bill vit que lorsque le vieil homme lut la missive délivrée par la chouette, l'étincelle disparut de son regard bleu et il prit un air très grave. Bill imagina que le métier de directeur de Poudlard devait être très difficile.
Bill regardait la grande salle maintenant. Il avait été trop accaparé par le Choixpeau et par les inquiétudes occupant son esprit pour l'observer mieux avant. Les centaines de bougies flottant en l'air produisaient une lueur chaude sur tout le monde et tout, et le plafond enchanté montrait une image du ciel nocturne à l'extérieur, une véritable meute d'étoiles sur du velours saphir, ponctuée par un fin croissant de lune argenté.
Le directeur se leva, l'air encore grave. « Bienvenue à Poudlard ! » dit-il, essayant de paraître jovial. « Comme je suis sûr que vous avez tous assez faim, je vous donnerai les informations de début de trimestre après notre repas. Alors pour maintenant, tout ce que je vais dire est… attaquez. » Il se rassit, et Bill regarda autour de lui, s'attendant à voir des serviteurs qui amèneraient la nourriture sur les tables, comme elles étaient complètement vides de toute denrée. Mais il lui sembla cligner des yeux, et devant lui se trouvait une fête aux proportions énormes. Bientôt, il avait une assiette remplie de steak, de purée, de pois au beurre et un gobelet plein de jus de citrouille. Lui et Orville se sourirent l'un l'autre comme ils commençaient à enfourner les pommes de terre dans leurs bouches.
Remus Lupin s'attaqua à son assiette avec soulagement. Il avait l'impression de ne pas avoir mangé depuis un mois. Puis son audition acérée saisit quelque chose que le professeur MacGonagall disait. Elle se penchait légèrement vers Dumbledore, et marmonnait. « Albus, ceci est hautement irrégulier. Il n'était pas sur la liste… »
« Je sais, je sais, mais je ne vois pas de mal à lui donner une chance. Peut-être que dans quelques mois… »
« Et s'il n'y arrive pas ? Quoi alors ? Et comment est-il venu ici ? Je sais que je ne lui ai pas envoyé de lettre… »
« Minerva, je ne peux pas me soucier de cela maintenant. J'ai bien peur qu'il faille s'inquiéter de quelque chose de plus grande importance … » Remus regarda autour de lui. Il était évidemment le seul qui pouvait entendre leur conversation très silencieuse. Il avait aussi remarqué la chouette fauve, tout comme Bill Weasley. Il vit le directeur glisser la lettre au professeur MacGonagall, et ensuite il la vit pâlir quand elle la lut. A son tour, elle la passa au professeur Chourave, à côté d'elle. Le professeur Chourave enseignait l'herbologie et était responsable de la maison Pouffsouffle. Elle eut l'air proche de s'évanouir en lisant la lettre, qu'elle rendit au professeur MacGonagall, qui la rendit à Dumbledore.
Remus Lupin retourna à son assiette, se demandant ce qui pouvait bien être plus grave que l'extrême irrégularité d'un première année dont le nom n'était pas sur la liste ? Il souhaita soudain être un préfet, comme son ami James, afin de se sentir à l'aise pour le demander. Il leva les yeux vers James, qui riait à quelque plaisanterie de Sirius. Puis il croisa le regard de Lily. Lily était assise à côté de James. Remus se sentit rougir et il regarda à nouveau son assiette. Quoique ce soit, pensa-t-il, si le directeur veut que nous soyons au courant, nous le saurons.
Quand ils eurent fini leurs puddings jusqu'à la dernière miette, les assiettes d'or furent magiquement sans une trace, et Dumbledore fit un signe de la tête aux deux professeurs. Bill vit la sorcière ronde aux cheveux gris et frisés aller vers un grand garçon aux cheveux blonds foncés et aux yeux gris bleus qui était assis à la table de Pouffsouffle. Puis le professeur MacGonagall, qui était aussi la responsable de la maison Griffondor, alla à la table Griffondor et mit sa main sur l'épaule de James Potter. Bill déglutit. James leva les yeux de surprise, fronçant les sourcils, et Lily Evans eut l'air très soucieuse. Bill vit que Remus Lupin et Sirius Black fronçaient aussi les sourcils.
« Venez avec moi s'il-vous-plaît Potter. » lui dit gentiment le professeur. James regarda ses amis, haussant légèrement les épaules, mais il avait aussi l'air de ne pas penser qu'il allait avoir de bonnes nouvelles. Les deux professeurs conduisirent les garçons à une porte derrière une haute table, et quand la porte fut refermée, le directeur se releva et regarda la salle.
« Comme je le disais plus tôt, bienvenue à Poudlard. Normalement, à ce moment, je devrais vous rappeler que la forêt est interdite et que les entraînements de Quidditch commenceront la semaine prochaine, mais malheureusement, je dois vous dire à la place qu'il y a eu une autre attaque de Mangemorts qui affecte cette fois deux élèves de Poudlard. »
Severus Rogue tourna brusquement sa tête. Était-ce pourquoi Potter avait été pris par MacGonagall ? se demanda-t-il. Il se sentait presque désolé pour l'autre garçon, en dépit de la mauvaise entente qu'il y avait eu entre eux les quatre années précédentes. Il se souvenait très bien avoir été appelé au bureau du directeur juste avant les dernières vacances de Noël, et avoir été informé de la mort de ses propres parents. Cependant, comme ses parents avaient été tués par des Aurors, il fut considéré qu'ils étaient coupables de quelque chose (même si ce n'était pas le cas), et il n'eut pas beaucoup de compassion de la part de ses camarades quant à son nouveau statut d'orphelin (bien que quelques élèves de Serpentard firent une brève pause dans leur harcèlement).
Il avait soudain dû aller chez son oncle à Dunoon pour ses vacances de Noël, en Écosse, au lieu de descendre à Oxford, à la maison. La maison. Cela faisait moins d'un an depuis la mort de ses parents. Il considérait encore Oxford comme sa maison. Ses parents avaient tous deux grandi en Écosse, dans le fjord de Clyde, mais ils avaient déménagé à Oxford peu après qu'il soit né, alors c'était la seule maison qu'il avait jamais connue. Il ne pouvait même pas comprendre l'accent de son oncle la moitié du temps. (L'accent de ses parents s'était adouci en vivant des années à Oxford.) Il grimaça. James Potter recevrait, sans aucun doute, beaucoup plus de compassion si quelqu'un de sa famille était mort. Il n'avait pas besoin que Severus Rogue se sente désolé pour lui.
« Tôt cet après-midi, » continua le directeur, « trois Mangemorts ont lancé une attaque sur le Chemin de Traverse qui avait pour cible particulière un auror. Deux personnes, un couple marié, ont essayé de l'aider comme il était en infériorité numérique, mais ils ont été tués. Peu après, Lord Voldemort lui-même est arrivé et a tué l'auror, la cible originelle. Sa femme a essayé de répliquer, mais elle a aussi été tuée. L'auror, sa femme et les deux personnes qui sont mortes en essayant de le protéger étaient les parents d'élèves de Poudlard. Leurs responsables de maison leur parlent en ce moment. Je suis désolé que le trimestre commence sur une note si sombre, mais je veux vous rappeler à toutes et à tous que ici, à Poudlard, vous êtes tous en sécurité. Je débat encore avec le conseil des gouverneurs de la question des sorties à Pré-au-Lard. Quand une décision aura été prise, vous en serez informés. Cependant, même si une seule visite à Pré-au-Lard venait à être autorisée, seuls les troisième année et au-dessus qui auront leur autorisation signée par un parent ou leur tuteur seront autorisés à y aller. Je sais que c'est décevant, mais le conseil des gouverneurs veut s'assurer qu'aucun élève de Poudlard n'est mis en danger inutilement. Nous sommes tous très attristés par les événements de cet après-midi. Deux familles ont été décimées. Le bureau des gouverneurs souhaite empêcher de telles tragédies de se produire dans le futur. » Il soupira, et Bill Weasley pensa qu'il avait l'air d'en douter plus qu'un peu.
Ensuite, le directeur conduisit l'école pour qu'elle chante la chanson de l'école, bien que 'conduire' soit peut-être un mot un peu fort selon Bill. Comme les mots s'écoulaient de sa baguette dans les airs au-dessus d'eux, chaque élève et chaque professeur les chantait sur son air favori. Heureusement, la cacophonie se termina rapidement. Bill avait l'impression distincte que personne n'avait vraiment envie de chanter et qu'ils voulaient en finir avec cela.
Avant que Lily Evans et une fille qu'il pensait être une préfète de sixième année conduisent Bill et les autres première année en haut des escaliers de la tour Griffondor, il regarda la porte où James Potter était parti. Il avait été si gentil dans le train, pensa Bill. Ses parents étaient morts en essayant de défendre quelqu'un d'autre. Il se demanda si les parents de James Potter avaient été à Griffondor aussi. Cela semblait probable. Il regardait les autres Griffondors montant les escaliers avec lui, les visages choqués et attristés qui savaient maintenant ce que l'on disait à James Potter. Bien que leur maison ait soudain été touchée par la tragédie, Bill était aussi incroyablement fier d'être là où il était. Il était déterminé à faire de son mieux pour être un plus pour Griffondor.
James regarda le professeur MacGonagall. Elle était habituellement d'une apparence irréprochable, mais maintenant, elle reniflait et avait des yeux assez brillants. Puis il vit que le professeur Chourave était encore pire. Son nez était rouge, et ses yeux aussi, et elle tenait un mouchoir dans ses doigts trapus, la saleté des serres en permanence incrustée sous les ongles.
Il regarda l'autre garçon, un septième année de Pouffsouffle qui s'appelait David Bones. David n'avait pas l'air plus rassuré que James. Ils se tenaient tous deux l'un à côté de l'autre, attendant de découvrir pourquoi ils avaient été pris ici par leurs responsables de maison. Cela resta silencieux dans la pièce pendant ce qui sembla être un très long moment.
Finalement, le professeur MacGonagall parla avec difficultés après s'être éclairci la gorge. « James, David… J'ai bien peur que le directeur ait reçu de terribles nouvelles. » James lança un regard de côté à David Bones. Il savait soudain que cela allait être très mauvais. Normalement, MacGonagall les aurait appelé Potter et Bones. Les prénoms n'étaient pas un bon signe. Elle se tourna vers David Bones. « David » dit-elle, « ton père était un auror… »
« Était ? » dit hystériquement le garçon, se cramponnant à la main du professeur Chourave.
« … qui a été pris pour cible par Vous-savez-qui et ses Mangemorts. » Elle continua avec beaucoup de difficultés. « Il… Il a été attaqué par surprise et mis en infériorité numérique. Les parents de James ont essayé de l'aider, mais… » elle fit une pause et croisa le regard de James. « Ils ont été tués. Par les Mangemorts. Puis Vous-savez-qui est arrivé et… et à tué votre père, David. Votre mère a été frappée de tristesse et a essayé de lui lancer un sort, alors… alors il l'a tuée aussi. Je… Je suis désolée. » finit-elle doucement. James avait l'impression qu'un très gros bloc de glace venait de s'installer dans son estomac. Ses parents étaient morts. Papa et maman. Partis.
David Bones s'était jeté sur le professeur Chourave, pleurant sans retenue, et elle se laissa maintenant aller aussi, pleurant et prenant dans se bras que garçon qui avait un pied de plus qu'elle, tandis qu'il prenait du réconfort en sa présence maternelle. Il marmonnait parfois « Non, non, ce n'est pas vrai… »
James sentit ses yeux piquer. Il déglutit. Je suis préfet. Je ne vais pas pleurer devant les autres. Il leva les yeux vers le professeur MacGonagall.
« Ils… Ils ont été des héros alors. » dit-il, sa voix tremblant juste un peu. Elle lui fit un petit sourire et hocha la tête.
« De premier ordre. » dit-elle avec force.
Il acquiesça, se sentant vide à l'intérieur.
Morts.
Ses parents étaient morts.
Il était orphelin.
Soudain, il entendit une cacophonie étouffée à travers la lourde porte. Ceux qui étaient encore dans la grande salle chantaient la chanson de l'école. James se sentait hypnotisé par ces bruits étranges. Il ne sut pas combien de temps il resta là, bêtement, paralysé. Finalement, se sentant comme une grande poupée, le professeur MacGonagall le conduisit jusqu'à la tour Griffondor. Les autres élèves étaient partis après avoir chanté la chanson. Aucun des deux ne dit un mot. Quand ils atteignirent le portrait de la grosse dame, le professeur MacGonagall dit « Libellule ! » et le portrait s'ouvrit. Il se tourna vers elle.
« Merci professeur. Bonne nuit. » dit-il stoïquement. Il avait l'impression que s'il en disait plus, il pleurnicherait autant que David Bones.
Elle lui fit un signe de la tête . « Si… Si vous voulez parler, Potter… »
Il le lui rendit. « Merci. » dit-il encore, sa voix sourde. Il passa par le trou et referma le portrait derrière lui. La salle commune était vide. Après le long voyage en train et les nouvelles terribles, tout le monde avait évidemment décidé d'aller au lit au lieu de rester dans la salle commune et de parler des vacances. James s'assit dans un fauteuil près du feu. Il n'avait pas envie de monter de suite à son dortoir. Il ne voulait pas voir ses amis, faire face à leur compassion, et à leurs commentaires bien intentionnés mais dénués de tact, essayant de l'empêcher de pleurer devant eux pendant tout le temps. Il déglutit et sentit un larme unique couler le long de sa joue. Seul, il pouvait pleurer.
Puis il entendit un bruit de pas dans l'escalier et essaya à la hâte de s'essuyer le visage. Il leva les yeux et vit Lily Evans traversant la salle commune. Elle portait encore sa robe de Poudlard avec son insigne de préfet sur sa jupe et son chemisier moldus.
Lily avait le cœur dans sa gorge. Là, elle avait pensé toute la journée à sa pauvre maman, se posant des questions sur la biopsie, et se sentant désolée à l'idée de se retrouver sans mère, et puis, sans aucun avertissement, les parents de James étaient morts et il était orphelin.
« Oh James ! » s'étrangla-t-elle. Il pensa qu'elle avait déjà pleuré. « Je suis tellement désolée ! » Il se leva et elle jeta ses bras autour de lui. Puis il le fit. Il se lâcha, il laissa les gémissements et les torrents de larmes s'échapper de lui. Il réalisa qu'il ne pouvait faire ceci qu'avec Lily. Il adorait Bonnie, mais d'une façon ou d'une autre, il devait être fort auprès d'elle, afin qu'elle n'arrête pas de penser qu'il était valable comme petit ami. Ce n'était pas qu'il pensait qu'elle était superficielle. Il savait que c'était son stupide ego qui l'en empêchait, mais il n'y pouvait rien. Il ne pouvait pas laisser Bonnie le voir s'effondrer. C'était aussi impensable que de pleurer devant Sirius, Remus ou Peter.
Pour James, Lily était la sœur qu'il n'avait jamais eue, comme Sirius était le frère qu'il n'avait jamais eu. Elle avait déjà pleuré avec lui sur la maladie de sa mère les deux années précédentes. Il avait toujours été là pour elle. Maintenant, ses parents étaient morts, et elle l'avait attendu, elle avait attendu d'être l'épaule sur laquelle il pourrait pleurer. Il la tint serré contre lui et pleura, les sanglots remontant de son estomac comme il se tenait contre elle, et elle tenait son ami, son frère rêvé, et pleurait de tout son cœur avec lui.
