Syds : eh oui, triste fin de chapitre pour James...

khad : peut-être que ce n'est pas simplement à cause des soeurs Weasley. Je n'ai pas réussi à le déterminer.

Mystikal : merci beaucoup. La suite arrive tout de suite, mais avec un peu de retard.

Philippe Gryffondor : merci beaucoup. Tu peux retrouver la prophétie du triangle aussi.

Roukia : Bill est l'abréviation courante de willianm( Bill Clinton, s'appelle WilliamJefferson Clinton)

Mietik : bonne question. Je ne me l'étais jamais posée.

Dega : chaque chose en son temps. Pour le moment, il vient juste de perdre ses parents...

Et maintenant bonne lecture à toutes à tous

La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre deux

La voie de la chair

Mardi 23 Décembre 1975

James Potter se réveilla en sursaut.

Il avait encore fait ce rêve

Il commençait à chaque fois de la même façon, comme un souvenir plutôt qu'un rêve. Il se retrouvait dans l'immense salle municipale en rondins de Pré-au-Lard, où ses parents et ceux de David Bones avaient eu droit à des funérailles d'état. Ils étaient des héros du monde de la sorcellerie, tous les quatre, et tous les dignitaires du ministère étaient là, le conseil des gouverneurs de Poudlard, tous les professeurs de Poudlard, et tous les élèves qui avaient pu obtenir la permission de quitter le château. Il n'y avait que des places debout, et la foule nombreuse en dehors de la salle devait se contenter d'écouter les éloges funèbres grâce à un système sonore magique qui faisait entendre les voix magnifiées à tout le village.

Dans le rêve, comme dans la vie, James était assis dans une chaise sur la rangée de devant de la salle, comme il l'avait été pour les vraies funérailles, à côté de David Bones et de la sœur aînée de David, Alicia. Les trois étaient juste devant la scène, qui avait quatre cercueils recouverts de drapeaux. Les cercueils des Potter étaient recouverts avec le drapeaux gallois, le dragon rouge rampant sur un champ moitié blanc, moitié vert vif (la première fois qu'il avait rencontré Lily, James avait pensé que ses yeux étaient de la même couleur que le vert du drapeau gallois). Les cercueils des Bones portaient la croix écossaise de Saint André, le X blanc, simple et nu sur le bleu brillant.

Le ministre de la magie se leva et parla au pupitre qui était entre les deux couples de cercueils. Puis ce fut un auror qui était le meilleur ami du père de David Bones. D'autres personnes se levaient et allaient au pupitre, dire quelques mots sur Elspeth King Potter, Henry James Potter, David Alan Bones Sr et Audrey Rourke Bones. Quand le ministre dit le nom « Henry », James fut sorti de sa torpeur. Il avait laissé la voix pompeuse de l'homme se glisser autour de lui, et ne pas pénétrer sa conscience, jusqu'à ce qu'il entende cela. Cela semblait étrange d'entendre son père se faire appeler « Henry ». Personne de ceux qui le connaissaient ne l'appelait comme cela. Tout le monde l'appelait Harry, et habituellement, sa mère l'appelait affectueusement Hal. Comme d'autres s'avançaient, James ne leur fit pas plus attention, remarquant seulement si chaque personne utilisait le bon prénom pour lui. S'ils disaient « Henry », comme le firent quelques autres personnes autres que le ministre, il commençait immédiatement à les regarder avec suspicion. Menteur, pensait-il. Vous ne connaissez même pas son nom.

Dans le rêve comme dans vie, il se levait aussi quand l'air de l'hymne des sorciers commençait à être joué. L'orchestre fantôme des instruments enchantés le faisait naître, sans les irrégularités que James préférait en fait dans les instruments joués par les humains. La perfection était presque plus ennuyeuse qu'un tromboniste qui faisait une fausse note ou un trompettiste qui bêlait quand il aurait dû beugler. Il savait ce qui venait maintenant avec une certitude qui augmentait à chaque fois qu'il avait ce rêve. Chaque pas sur la route était simplement quelque chose qui devait être enduré. Les sorcières et les sorciers qui se déplaçaient avec une exactitude rituelle et mécanique étaient l'un de ces pas, pliant chaque drapeau qui avait recouvert un des cercueils, en tendant deux à James, un à Alice et un à David. Les accords de la foule chantant remplissaient sa tête comme il tenait les drapeaux contre sa poitrine. Encore un autre pas. Dans le rêve comme dans la vie, il ne pleurait pas. Il ne chantait pas non plus. Il se tournait légèrement pour regarder ses amis derrière lui. Bonnie et Lily chantaient, même si Lily lui avait dit de nombreuses fois qu'elle trouvait les mots de l'hymne sorcier ridicules, comme ils étaient plaqués sur l'air du 'God save the Queen' :

Witches and wizards all

We do not stand in thrall

To Muggle might.

We, whom they never see

Flying aloft and free,

We ever shall hidden be

From Muggle sight.

Not slaves of king or queen

And never clearly seen

By Ministers.

Free to be what we are

Free as a shooting star

All equal and on a par

Brothers and sisters.

Sorcières et sorciers,

nous ne sommes pas sous la coupe

de la puissance moldue.

Nous, qu'il ne voient jamais

Voler en l'air et libre,

Nous devons toujours être cachés

À la vue des moldus.

Pas d'esclaves, de roi ou de reine

Et jamais clairement vus

Par les ministres.

Libres d'être ce que nous sommes

Libres comme des étoiles filantes

Tous égaux et pairs,

Frères et sœurs.

Lily n'avait pas non plus fait de concessions sur ce qu'elle considérait être l'hypocrisie inhérente des mots de l'hymne, comme le monde de la sorcellerie était loin d'être aussi égalitaire que les paroles l'impliquaient. Se souvenir de cela était un autre pas. Puis les amis et les collègues de ses parents et ceux des Bones soulevaient les quatre cercueils sur leurs épaules et sortaient solennellement de la salle, tandis qu'un joueur de cornemuse portant le tartan des Macbean, pour la famille Bones, et un joueur de cornemuse portant le tartan des MacGregor, pour le clan de la mère de James, jouaient « Fleurs de la Forêt » et suivaient les porteurs de cercueil. (un sort adéquat pour faire jouer les cornemuses toutes seules n'avait pas encore été développé). James, David et Alice suivaient les musiciens, les autres personnes de la cérémonie marchaient dans leurs traces, derrière eux. James vit Lily et Bonnie marcher ensemble, se tenant la main, la trace des larmes sur les visages des deux filles, tandis que Sirius et Remus marchaient ensemble derrière elles, Peter fermant la marche. Dans son rêve, ses amis semblaient tous plus réels que les autres gens de la salle, mais ce n'était pas vraiment différent de dans la vie. Dans la vie, tout les autres avaient semblé être peints en arrière plan pour James, de simples illusions.

En dehors de la salle, les quatre cercueils étaient chargés dans des carrosses sans chevaux. Il pensait que ceux des Bones allaient être amenés quelque part pour un enterrement. Pas ceux de ses parents. Ils avaient laissé des instructions pour être incinérés, et ils devaient donc être pris au crématorium, de l'autre côté du village. Ils avaient aussi laissé des instructions pour que les cendres du père de James soient dispersées dans le détroit de Bristol, au large des côtes du Pays de Gales, tandis que celles de sa mère devaient être dispersées au-dessus du lac de Poudlard. Cependant, comme ils étaient morts ensemble, il avait pensé que d'une manière ou d'une autre, ils devaient être ensemble dans la mort aussi, et il avait demandé au crématorium de lui donner deux urnes, mais pas une pour chacun de ses parents. Il voulait qu'elles contiennent un mélange de leurs cendres, afin que lorsqu'il disperserait les cendres de ses parents au-dessus des eaux, ils soient encore ensemble. Le personnel du crématorium avait accédé à cette requête inhabituelle.

Les attelages étaient partis : le dernier pas avant que la vie réelle et la vie de son rêve ne divergent. James se prépara, sachant ce qui allait arriver. Le rêve s'était toujours déroulé de la même manière... Soudain, une explosion secouait le sol sous ses pieds, et il tombait à genoux. Se tenant devant lui, dans une cape avec la capuche remontée afin que son visage soit dans l'ombre, se trouvait le Seigneur des Ténèbres en personne : Voldemort.

Sa baguette était pointée sur James, qui ne pouvait pas voir son visage, mais une voix froide disait « Tu vas mourir simplement comme eux. Brave et stupide... »

« Nooon ! » criait-il à chaque fois qu'il avait ce rêve, avant de regarder avec frénésie autour de lui et de se retrouver, très brusquement, dans le cottage d'été de ses parents, à la campagne, à Godric's Hollow. Il se retrouvait d'une manière ou d'une autre à nouveau debout, tenant sa baguette, et puis soudain, il y avait un flash de lumière vert et le son de la mort galopante.

James s'assit dans son lit à baldaquin, son cœur allant à cent à l'heure, la sueur perlant sur son visage. Il écarta les rideaux rouges profond et rechercha à tâtons ses lunettes sur sa table de chevet, ramenant dans la clarté la pièce ronde de la tour. Trébuchant jusqu'au rebord de la fenêtre, il se servit un peu d'eau de l'aiguière d'argent qui était là. La lune presque pleine envoyait une lumière claire et blanche dans la pièce silencieuse. James but l'eau et essaya d'arrêter de trembler, essaya de penser à autre chose.

Il regarda le lit vide de Remus. Pauvre Remus pensa-t-il instinctivement. Depuis la première fois que son ami avait confessé à Sirius, Peter et lui où il allait tous les mois pendant la pleine lune, et pourquoi, les trois amis avaient conspiré pour trouver un moyen de l'aider, de rendre plus facile pour lui cette période, et de le rendre moins isolé. Pendant trois ans, ils avaient essayé de maîtriser la métamorphose en animagus tout seuls, se basant en partie sur James et sa cape d'invisibilité pour aller dans la section interdite de la bibliothèque et trouver les informations dont ils avaient besoin. Rien que cela avait pris la plus grande part de six mois en deuxième année. (Il ne pouvait pas y aller toute les nuits. Il devait dormir un peu aussi.)

Il devait avoir parcouru des milliers de livres, à la recherche de la bonne information. Il y avait aussi des livres que l'on devait craindre, des livres qui lui crachaient de l'encre au visage, et faisaient carillonner des cloches en guise d'alarme, ou même des livres qui avaient essayé de le mordre ou de lui boxer les oreilles. C'était carrément dangereux de lire quelque chose de la section interdite. Rusard l'avait pratiquement attrapé plusieurs fois à cause des divers sorts que Madame Pince avait lancé sur les livres.

Et puis, quand ils avaient finalement eu l'information dont ils avaient besoin, soigneusement recopiée par James sur une douzaine de parchemins qui avaient dû être enchantés afin qu'ils ne puissent être lus que par quelqu'un ayant le mot de passe correct (« Tous doivent craindre les maraudeurs »), il y avait aussi le problème de se glisser en dehors de la tour Griffondor pour s'entraîner, et aussi trouver un endroit isolé dans lequel le faire. En tout et pour tout, James pensait qu'ils auraient pu apprendre la métamorphose en une année ou moins s'ils avaient eu toutes les informations dès le début et n'avaient pas eu besoin de tout faire en cachette.

Maintenant, finalement, après tout leur travail, ils allaient pouvoir accompagner Remus pendant la pleine lune. Le matin, ils partiraient tous par le Poudlard Express pour les vacances de Noël, qu'ils allaient passer ensemble chez Sirius, au château d'Ascog, sur l'île de Bute dans le fjord de Clyde. James y serait allé de toutes façons, comme les Black étaient maintenant ses tuteurs jusqu'à ce qu'il ait l'âge de dix-sept ans, mais Remus et Peter avaient aussi la permission de venir. La famille Lupin avait été hésitante, comme la lune serait pleine la veille de Noël, mais Sirius leur avait assuré qu'ils avaient des donjons sûrs à Ascog, et que Remus y serait à l'aise pour attendre sa transformation, sans pouvoir blesser quiconque.

Les Black n'étaient pas au courant de la 'condition' de Remus. Sirius n'était pas convaincu que s'ils savaient, ils l'autoriseraient à inviter un loup-garou à la maison pour les vacances. Ils connaissaient Peter, mais les Pettigrew étaient une très vieille famille de sorciers. Ils étaient quelque peu dans des conditions difficiles, mais ils avaient autrefois été de grands propriétaires terriens. Il y avait eu quatre Ministres de la magie dans leur arbre généalogique (deux du côté de la mère de Peter et deux du côté de son père), et ils étaient aussi connus pour descendre de trois des quatre fondateurs de Poudlard (mais pas de Salazar Serpentard).

Que Peter semble être un pauvre représentant de cette illustre famille était quelque chose dont on ne parlait pas en sa présence. James savait que c'était quelqu'un de bien, et même si Sirius et Remus le considéraient encore comme un pot-de-colle parfois, ils savaient que James ne serait jamais d'accord pour l'exclure de leur groupe. Il leur avait dit en première année « Nous allons être ensemble à l'école pendant sept ans. Aimeriez-vous passer ce temps à être celui qui est à part dans votre dortoir, regardant trois amis faire tout ensemble et sachant que vous n'êtes pas voulu ? Si nous ne devenons pas ses amis, qui le fera ? »

Il n'avait alors pas su que Remus était un loup-garou. Cela n'était pas ressorti avant le début de la deuxième année. Remus avait immédiatement approuvé, et maintenant, James avait le sentiment de savoir pourquoi : si quelqu'un était un candidat probable à l'exclusion, c'était le loup-garou après tout. Alors ils avaient inclus Peter dans toutes leurs activités, l'aidant en cours, et attendant patiemment (bien, Sirius n'était pas exactement patient) qu'il rattrape les wagons durant les trois années pendant lesquelles ils avaient luttés pour devenir animagi. En vérité, s'ils n'avaient pas passé tant de temps à aider Peter, cela aurait pu aller plus vite, mais il était officiellement leur ami et James en particulier ne lui en voulait pas pour le temps qu'ils avaient du passer à faire cela. Ils n'allaient pas accompagner Remus jusqu'à ce qu'ils puissent le faire tous les trois ensemble. Ils étaient d'accord là-dessus depuis longtemps. Maintenant que Peter était finalement à l'aise avec sa métamorphose, et qu'il pouvait la tenir pendant une très longue période de temps, ils pouvaient finalement faire cela.

James entendait Sirius et Peter ronfler derrière leurs rideaux. Il espérait que Remus allait bien. Chaque mois, la veille de la pleine lune était dure pour Remus. Il tremblait et frissonnait fiévreusement toute la journée, et tressaillait à chaque fois que l'on ne faisait que l'effleurer. Il avait encore emprunté la cape d'invisibilité de James afin d'aller à l'aile de l'hôpital pour prendre un peu de repos. James pensait que ce devait être la pire chose au monde d'être un loup-garou, de ne pas seulement souffrir de la métamorphose trois nuits toute les vingt-neuf, mais aussi d'avoir ces terribles symptômes la veille.

Il avait oublié Remus le mois précédent, malheureusement. Il s'était égoïstement faufilé hors de la tour Griffondor pour voir Bonnie, en utilisant la carte qu'ils avaient créée (James ne pouvait simplement pas mettre à la poubelle quelques unes des informations ésotériques qu'il avait rassemblées dans la section interdite pendant qu'il faisait des recherches sur la métamorphose en animagus). Lui et Bonnie n'étaient cependant pas complètement prêts à être complètement intimes. Il ne s'en étaient même pas rapprochés pendant qu'ils étaient seuls ensemble. James avait encore des tiraillements quand ils se cognaient le nez en s'embrassant. Il s'inquiétait de savoir si elle remarquerait ce bouton sur son menton, s'il avait mauvaise haleine, s'il ne transpirait pas trop en courant pour aller la retrouver et si cela ne le faisait pas sentir. En résumé, il était complètement paniqué à l'idée de l'embrasser, et avec du recul, il ne se sentait pas prêt pour les anxiétés qui allaient à coup sûr accompagner leur progression. Dans un coin de sa tête, il le voulait vraiment très fort, mais dans un autre, il était complètement et totalement terrifié que son abjecte incompétence soit révélée.

Et ensuite... il était retourné à la salle commune dans sa cape d'invisibilité, et ils étaient là, agenouillés sur le tapis, s'embrassant avec désespoir, leur respiration haletante, de toute évidence trop occupés pour remarquer que le portrait s'était ouvert et s'était refermé. Il avait regardé la carte avant d'entrer. Il avait vu les noms des gens dans la salle commune, même vu que leurs noms étaient très proches l'un de l'autre. Cela ne lui serait jamais venu à l'esprit...

Les mains de Remus étaient enlacées dans les cheveux de Lily, et sa bouche descendait le long de son cou. Sa robe de chambre avait glissé de sur ses épaules, et sa tête était rejetée en arrière pour mieux lui offrir son cou pâle. Ce qui avait vraiment frappé James, cependant, était sa passion. Il n'avait jamais conçu Lily de cette façon, et elle était là, avec Remus, sur le tapis, tout son décorum habituel abandonné comme elle le tenait contre lui et qu'il l'embrassait et suçait son cou et...

Remus avait cependant finalement retrouvé ses esprits. Il avait soudain relevé la tête et reniflé l'air, ses yeux réduits à une fente. James s'était figé et avait résisté au besoin de retenir son souffle. Parfois, il ressemblait incroyablement à un loup même sous sa forme humaine. James avait tenté de traverser la salle commune sous sa cape. Il avait prié pour atteindre les escaliers sans être découvert. Il ne voulait pas être témoin de ce que faisaient ses amis...

« Qu'y a-t-il ? » avait chuchoté Lily à Remus, d'une voix gutturale. Sa peau avait rougi, et sa poitrine montait et descendait rapidement. Arrête cela, s'était ordonné James. Tu n'es pas sensé regarder la poitrine de Lily. Elle est avec Remus. Au moins, en ce moment. Et elle est comme une sœur pour toi.

« James. » avait simplement dit Remus.

Lily avait froncé les sourcils, se rasseyant sur le tapis. « Quoi ? »

Remus n'avait pas répondu mais s'était rapidement levé et avait traversé la pièce jusqu'à l'endroit où James se tenait, son nez lui disant exactement où aller. Les capes d'invisibilité ne servaient à rien à proximité d'un loup garou. James, pour sa part, était resté enraciné à l'endroit où il était, sachant qu'il allait être découvert et incapable de l'empêcher. Remus avait tendu la main sans hésitation et retiré la cape de sur son ami, la colère distordant ses traits.

« Tu aurais pu te rappeler que tu m'avais promis de me laisser utiliser la cape, » grogna-t-il pratiquement, « mais tu n'es pas contre l'utiliser toi-même pour faire un peu d'espionnage ! » James avait été incapable de dire si la sueur qui perlait de son front était due à son problème mensuel habituel ou s'il était dans cet état à cause de Lily. James avait bougé sa mâchoire, incapable de parler, de se défendre.

Lily, au moment où elle avait vu James, avait ouvert en grand ses yeux verts déjà énormes, et repris sa robe de chambre de l'endroit où elle était tombée, sprintant jusqu'à l'escalier du dortoir des filles et le gravissant rapidement. Remus avait tourné la tête, la regardant partir. Puis la colère avait semblé le quitter, et il s'était jeté dans un fauteuil, passant ses doigts dans ses cheveux, tremblant. James s'était assis dans un fauteuil à côté, bégayant une excuse et essayant d'expliquer qu'il avait rencontré Bonnie, et gâché la soirée...

Remus avait secoué la tête pendant que James parlait, et quand il eut fini, il dit d'une voix enrouée. « Non, James. Ce n'est pas ta faute. En fait... Je suis content que tu sois rentré avant que rien d'autre n'ait pu se produire. » Il frissonnait fiévreusement à nouveau comme il parlait, faisant penser à James qu'il avait l'air de tout sauf d'être content.

« Je... Je peux rester ici avec toi si tu veux de la compagnie, Remus. » dit-il doucement, encore assez chagriné d'avoir interrompu ses amis, et de laisser Remus en bas. Il était aussi quelque peu choqué à la pensée que Lily avait été sur le tapis avec Remus, l'embrassant avec passion, ses baisers lui étant rendus...

Remus avait attrapé chacun de ses bras avec l'autre, plus comme s'il voulait se retenir que serrer ses bras. « Pars maintenant. » avait-il dit entre ses dents serrées. « Je ne veux pas que tu restes là. »

James avait dégluti. « Je suis... Je suis vraiment désolé, Remus... S'il-te-plaît, ne m'en veux pas... »

« Ce n'est pas cela ! » avait-il crié à James. « Pars... avant que je ne te laisse pas ! »

Son tremblement était devenu pire que jamais. Qu'avait-il voulu dire par cela ?

« Remus... »

« Fous le camp ! » lui avait-il encore violemment crié Remus. Et pourtant... le regard de colère que James avait vu dans ses yeux avait clairement dit 'S'il-te-plaît'. C'était une supplique désespérée, pas un ordre colérique. Pars s'il-te-plaît, lui avait clairement dit Remus. James avait acquiescé rapidement et avait prit sa cape comme Lily avait pris sa robe de chambre, et avait rapidement monté les escaliers...

James revint à son lit, ne fermant pas les rideaux autour de lui, mais continuant à regarder la lune, traversant le ciel. Bientôt, il serait à Ascog, et ils seraient ensemble pour la nuit de la pleine Lune. Nous allons être là pour notre ami. James laissa cette idée s'emparer de son cerveau comme il glissait une fois de plus vers le sommeil, espérant qu'il ne revivrait pas encore ce rêve avec Voldemort, et ne verrait pas le flash de lumière redouté, ni n'entendrait la voix froide et diabolique...