Roukia : oui, c'est une maladie qui existe

Philippe Gryffondor : merci beaucoup. En voici la suite

miss Serpentard : tu te souviens bien, nous sommes bien une veille de pleine lune

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous

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Lily Evans ne s'éveilla pas en sursaut.

Elle frissonnait sous ses couvertures. Elle n'avait pas complètement tiré les rideaux autour de son lit, et elle pouvait voir que la lune brillante dessinait des motifs d'arbres dansants et de branches sans feuilles sur le mur de la chambre. La danse macabre de ces membres nus était hypnotique,... ou du moins, elle espérait qu'elle le serait. Elle espérait que la regarder l'aiderait finalement à s'endormir. Lily était restée éveillée depuis des heures, incapable de calmer son esprit, ses pensées arrivant à un rythme soutenu...

Cela était arrivé il y a juste un mois. Depuis septembre, elle avait remarqué Remus Lupin de plus en plus, ainsi que Severus Rogue, se sentant tiraillée et déchirée, hésitant sur ses sentiments pour ces deux garçons. D'un côté, Rogue était un Serpentard, ce qui état un excellent argument pour ne pas être civile avec lui la plupart du temps. Il ne déviait certainement jamais de sa route pour être civil avec les autres... spécialement avec les Griffondors.

D'un autre côté, elle avait remarqué le premier jour du trimestre, assez contre sa volonté, à quel point il était frappant qu'il avait mûri, à quel point ses yeux noirs étaient pénétrants, à quel point ils semblaient explorer son âme quand il la regardait, même si c'était pour dire quelque chose de coupant (elle avait remarqué que ses remarques tranchantes concernaient habituellement sa maison ou ses amis, mais pas elle). Il avait été mis avec elle en partenaire de potions, et travailler côte à côte avec elle lui avait donné l'opportunité de le connaître d'une manière à laquelle elle ne s'attendait pas. Les remarques coupantes s'étaient considérablement émoussées, et ils avaient réussi à développer une relation de travail qui était mutuellement bénéfique. En dépit de vivre maintenant avec un oncle qui tenait un apothicaire, sa technique n'arrivait pas encore au niveau de la sienne, et devoir regarder pour s'assurer qu'il ne faisait pas d'erreurs la rendait plus attentive à son propre travail.

Quand il avait été malade en classe un jour, elle l'avait même accompagné à l'infirmerie et s'était assise à son chevet pendant qu'il prenait une potion que Madame Pomfresh lui avait préparée. Lily souhaitait savoir ce que c'était. L'infirmière qui avait commencé à dire le nom, s'était souvenue que Lily était là et avait reconsidéré cela.

Ils avaient pendant quelques temps pendant qu'il attendait que la potion fasse effet. Il était très précis dans son langage, ce qu'elle appréciait, comme elle était fière de sa précision aussi, mais cela rendait difficile de mieux le connaître. Leurs interactions étaient si formelles. Elle apprit beaucoup sur lui, cependant. Sur ses parents (bien qu'il refuse de parler de leur mort), sur son oncle, sa vie à Oxford, son déménagement à Dunoon. Il avait appris à naviguer durant l'été. La navigation était un passe temps populaire dans le fjord de Clyde. Il y avait des courses de yacht dans la baie jusqu'à Rothesay, sur l'île de Bute, en juillet. Lui, son oncle et leur équipage de sorciers étaient arrivés à une respectable quatrième position. Ils n'avaient pas utilisé la magie pour arriver à cela. Ils naviguaient comme des moldus, pour le sport. Cela la choqua comme il était un Serpentard (mais elle découvrit que son oncle et sa défunte mère avaient été à Serdaigle). Il lui décrivait en détails précis les différents types de nœuds qu'il avait appris, et ce pour quoi chacun était, mais au lieu d'écouter soigneusement, elle se retrouvait à laisser glisser sa voix déjà profonde et mielleuse sur elle... Elle regardait ces grandes mains adroites avec leurs doigts fins et articulés comme elles mimaient les différentes sortes de nœuds.

Elle regardait aussi son visage quand il parlait navigation. C'était une activité qui semblait tellement en dehors de son caractère pour lui. En fait, il n'en avait jamais fait avant la mort de ses parents. Il avait eu une vie très calme et ordonnée à Oxford, une vie rythmée par les carillons des clochers. Neuf heures. Lire trois chapitres de l'Histoire de Poudlard. Puis midi. Déjeuner. Une heure. Petite marche de l'après-midi. Trois heures. Lire deux chapitres de Forces du mal. Et cinq heures. Thé. Rapporter aux parents ses activités du jour, ce qui avait été vu lors de la marche de l'après-midi, ce qu'il avait lu, et ce dont il se souvenait...

Naviguer dans le fjord de Clyde avec son oncle était une manière imprévisible de passer son été. On ne savait jamais quand une brise coopérative allait se lever, quand on pourrait descendre sans effort jusqu'à l'île d'Arran pour la journée, ou même plus loin au sud, en longeant la côte ouest, peut-être vers Blackpool ou Liverpool. Être loin de la terre, entouré seulement par de l'eau écumante dans toutes les directions, était à la fois l'expérience la plus enivrante et la plus terrifiante de toute sa vie.

Il avait une peau très sensible, alors il avait porté des pantalons longs, des manches et un chapeau, et avait constamment appliqué la pommade que son oncle faisait pour lui sur les parties exposées de sa peau. Elle n'avait rien dit à ce sujet. Elle savait que les autres croyaient qu'il était un vampire. Elle pensait que c'était ridicule. C'était un garçon, simplement un garçon normal. Il était peu être plus formel et moins sûr en société que de nombreuses personnes de son âge, mais elle ne sentait aucune envie de sang en lui, même quand il faisait des remarques coupantes sur ses amis de Griffondor. Elle se rebiffait quand il faisait cela (bien qu'elle soit moins soucieuse de son hostilité avec Sirius qu'elle ne l'avait été par le passé), mais en même temps, elle se demandait s'il n'était pas jaloux de leur camaraderie, de leur amitié facile. Il n'avait cela avec personne dans sa maison. Il y avait des gens avec lesquels il s'associait parfois, mais il semblait presque qu'ils le faisaient contre leur volonté, parce qu'ils avaient peur de lui. Il n'était pas exactement le centre d'un cercle d'amis soudés.

Et pourtant, même si elle sentait parfois une envie de sang se cachant sous la surface avec Remus, il était infailliblement gentil avec elle et tous ceux avec qui il était en contact. Pendant le cours du professeur MacGonagall, alors qu'ils métamorphosaient des animaux en objets domestiques utiles, tandis que la plupart des personnes transformait les lapins en pantoufles, et les crapauds en housses pour garder le thé au chaud, Peter avait transformé une colombe en une petite pelote à épingles. Pour voir s'il avait réussi, Peter avait planté une épingle dans le pauvre oiseau qui était maintenant couvert de broderie mais clairement encore une créature vivant et respirant. Remus avait recueilli la pauvre chose dans ses mains et retiré l'épingle, puis soigneusement guéri la blessure ensanglantée avec sa baguette. Elle avait regardé à quel point il était doux en faisant cela, et quand il avait levé ses yeux vers les siens après cela, cela avait été très dur de regarder ailleurs.

Elle s'était retrouvée à regarder Remus assez souvent les mois conduisant à Cette Nuit, quand elle y repensait. Il y avait juste quelque chose à son sujet qui l'attirait, quelque chose de très différent de Sirius. Il était si naturel, si gentil, si convaincu qu'il ne méritait pas l'amitié, et si content de l'avoir. Elle n'avait jamais connu quiconque qui soit plus gentil et cependant plus fort. Elle avait vu d'autres démonstrations intrigantes de sa force depuis qu'il avait porté sa malle en plus de la sienne le premier jour du trimestre. Et elle en était arrivée à la conclusion qu'il était juste très fort. Elle essayait de nier cela, mais une partie d'elle était aussi attirée par cette idée que par ses yeux étonnants, et la façon dont ses cheveux retombaient sur son front juste comme cela, et la façon dont il ne riait pas fort quand il trouvait quelque chose de drôle (comme James et Sirius le faisaient). A la place, il baissait la tête et un petit sourire s'invitait sur son visage...

Elle savait qu'elle le faisait encore. Elle développait un autre coup de foudre pour un ami. N'as-tu pas appris ta leçon avec Sirius ? se demanda-t-elle avec sérieux. Mais peu importait. Son amitié avec Severus progressait avec un motif lent mais prévisible qui pourrait très bien aboutir à une relation romantique (s'il se décidait jamais à abaisser sa garde), mais elle ne savait pas que penser de Remus. Parfois, elle pensait le surprendre à la regarder, et d'autres fois, il semblait complètement ignorer son existence. Une fois par mois, il devenait inexplicablement malade et avait besoin de voir Madame Pomfresh plusieurs jours d'affilée, et puis il allait bien après cela. Cela devait durer depuis des années. Elle était si centrée sur Sirius quand elle était plus jeune qu'elle n'était pas sûre de cela. L'après-midi de Cette Nuit, elle avait demandé à Remus s'il voulait qu'elle l'accompagne à l'aile de l'hôpital, mais il avait été violemment inflexible que non seulement il ne voulait pas qu'elle l'accompagne, mais il voulait qu'elle disparaisse de sa vue.

Elle avait monté les escaliers en courant après cela, enfouissant son visage dans son oreiller, se répandant inexplicablement en larmes. Il me hait. Non, s'était-elle dit, essayant d'être sensée. Mais je l'ennuie. Je suis juste une peste...

Elle était restée allongée dans son lit, sans dormir, assez comme cette nuit, pendant des heures, se l'imaginant lui disant de le laisser seul, son visage distordu, son cœur se brisant en mille morceaux...

Et puis elle n'avait plus pu le supporter. Elle haïssait simplement l'idée qu'il soit en colère avec elle. Elle avait décidé qu'elle devait ravaler sa fierté (c'était très difficile pour elle dans le meilleur des cas). Elle s'excuserait et le supplierait de rester encore son ami, quoiqu'il veuille. Elle avait espéré lui faire renaître cette lueur dans ses yeux, cette expression qu'il avait eu quand leurs regards s'étaient croisés en cours de métamorphose, et qu'il semblait qu'ils étaient seuls au monde.

Son coup de foudre avec Sirius n'avait jamais été comme cela, elle savait. Sirius avait fait des plaisanteries à ses dépends. Sirius avait exploité sa volonté de faire des choses pour lui, jusqu'à ce qu'il finalement...

Elle frissonna à ce souvenir. Elle n'avait jamais su qu'il était possible d'être si repoussé par quelqu'un qui l'attirait autant auparavant... Mais ensuite, elle ne savait pas qu'il avait la capacité de se comporter ainsi...

Lily avait été à bout de nerfs. Elle avait voulu rompre les règles de l'école. Ce n'était pas quelque chose qu'elle faisait à la légère. Elle n'était pas certaine que c'était quelque chose qu'elle avait jamais fait avant (du moins, avec préméditation). Elle allait aller au dortoir des garçons et essayer de faire descendre Remus dans la salle commune pour lui parler. C'était excitant et terrifiant d'envisager cela. Et si Sirius se réveillait et la trouvait là ? Et s'il le disait à toute la maison Griffondor ? Elle avait enfilé sa robe de chambre et était descendue dans la salle commune, à la limite de revenir dans sa chambre à plusieurs reprises avant de l'atteindre. Puis il s'était avéré qu'elle n'avait pas besoin de se risquer dans le dortoir des garçons après tout. Il était déjà là, près du feu, frissonnant et transpirant à la fois, tremblant convulsivement, ses jambes remontées contre sa poitrine, ses bras les tenant contre lui. Il avait tourné sa tête, alarmé, quand elle était entrée, ses yeux s'élargissant.

« Lily ! Je pensais t'avoir dit... »

« Je sais Remus. Mais je... Je ne pouvais pas supporter de penser que tu étais en colère avec moi. Je devais te parler, pour m'excuser. » Elle se laissa tomber sur le sol à côté de lui, ramenant ses propres jambes contre sa poitrine. Son tremblement semblait empirer quand elle était près de lui.

« Pars, s'il-te-plaît. » avait-il dit, si doucement qu'elle avait à peine pu saisir les mots.

Elle lui avait touché le bras avec la main. Il avait réagi comme un chien avec l'odeur de sa proie lui chatouillant la truffe : ses narines s'étaient évasées quand il s'était tourné vers elle. Ses yeux s'étaient écartillés, et le feu se reflétant dedans les rendait rougeâtres.

« Lily... » s'était-il étouffé, comme si on lui absorbait sa force vitale. Il avait couvert la main de Lily avec la sienne. Elle avait eu l'étrange sentiment qu'il voulait vraiment qu'elle reste en dépit de ses mots. Elle s'était rapprochée de lui et avait passé son bras autour de ses épaules.

« Je ne te laisse pas seul. » avait-elle insisté. « Tu ne devrais pas être seul, dans cet état. » Elle avait tendrement dégagé les cheveux de son visage avec son autre main. Il avait suivi le mouvement de sa main avec son nez, la respirant comme si c'était une fleur exotique. Elle avait retenu son souffle comme il avait fourré son nez contre sa main pendant une seconde avant que ses lèvres ne soient rentrées en contact avec sa paume, comme s'il ne pouvait pas s'empêcher de le faire...

Elle ne s'était pas du tout attendue à cela. Elle avait pensé qu'ils s'assiéraient et parleraient, qu'elle pourrait lui changer les idées sur sa piètre opinion de lui-même. Au moment où elle avait senti ses lèvres sur sa peau, tous ses nerfs s'étaient soudain électrisés. Elle pensait qu'il était même possible qu'elle ait arrêté de respirer. Son visage s'était encore déplacé sur sa main, la sentant complètement, mémorisant sa senteur comme s'il prévoyait de la pister...

Il s'était ensuite tourné pour la regarder. La lueur rouge dans ses yeux ne semblait plus être un reflet de la lumière du feu. Cela ne l'avait pas effrayé cependant, et elle l'avait regardé, fascinée, comme il s'était penché et avait capturé ses lèvres avec les siennes. Elle avait mis sa main contre son torse pour se préparer, et le repousser s'il y avait besoin. Qu'aurait-elle fait alors s'il avait ouvert sa bouche ? Cela avait été une partie de sa rupture avec Sirius. Quand il avait soudainement et sans pitié (selon elle) projeté sa langue dans sa bouche, elle avait pensé s'étouffer mortellement. Sûrement que les gens n'aimaient pas faire cela ? avait-elle pensé. C'était dégoûtant.

Et pourtant... Remus était différent. Soudain, elle s'était retrouvée absolument morte d'envie de le goûter, de respirer son souffle. Elle avait écarté ses lèvres légèrement, et quand elle avait senti sa langue brosser légèrement ses dents du bas, elle avait finalement eu le sentiment de commencer à comprendre pourquoi les gens faisaient cela, pourquoi ils voulaient le faire. Il avait bougé sa langue contre la sienne en insistant un peu plus, amenant lentement sa langue contre la sienne en une douce caresse qui l'avait faite réagir d'une manière à laquelle elle ne s'était pas attendue. Elle avait senti la sueur perler sur sa peau, elle avait senti une chaleur dans sa poitrine, et avant qu'elle réalise, il avait enlevé sa robe de chambre, elle était à genoux devant lui, avec la bouche de Remus rivée à son cou, ses main... Mon Dieu, avait elle pensé, il a des mains étonnantes...

Son esprit avait tourbillonné comme ils continuaient, leur souffle devenant plus haletant, leur pouls s'accélérant. Puis, sans avertissement, Remus avait relevé la tête et reniflé l'air.

« James. »

Tout après cela était dans un brouillard pour elle. Remus avait traversé la pièce et enlevé la cape d'invisibilité de James (où avait-il eu cela ? se demanda-t-elle), et commencé à lui crier dessus. James avait du répondre, elle n'en était pas sûre. Mortifiée, se souvenant seulement de l'expression étonnée et hébétée du visage de James Potter, elle avait repris sa robe de chambre et monté en courant les escaliers jusqu'à son dortoir comme si elle avait un animal sauvage à ses trousses.

Un mois plus tard, allongée dans son lit, regardant le clair de lune jouer dans la chambre tranquille avec les trois filles endormies, elle rejouait cette scène dans sa tête encore et encore. C'était Remus. Soudain, il s'embrassaient se tripotaient sur le sol de la salle commune. Comment cela s'était-il passé ? On aurait dit que c'était une autre personne en bas, et pas la préfète Lily Evans, toujours sous contrôle. Son contact avait libéré une cascade de désirs qu'elle ne savait pas vivre en elle, et ils la terrifiaient. Elle s'était sentie complètement hors de contrôle, son corps la contrôlant à la place de son esprit. Elle devait toujours garder son contrôle. L'alternative était impensable pour elle. Et pourtant... la manière dont il l'avait faite se sentir...

C'était Remus, pensa-t-elle encore. Remus aux yeux noisette lumineux. Remus au sourire timide qui lui coupait le souffle. Remus qui était le garçon le plus gentil qu'elle connaissait, et par-là même le dernier auquel elle s'attendrait à ce qu'il lui fasse des propositions. Mais ce n'était pas une proposition. Ce que Sirius avait fait en était une. (tout le monde savait ce qui s'était passé, aussi, une fois qu'ils avaient vu ce qu'elle lui avait fait) C'était... Elle n'avait pas de mot pour cela. Cela avait été partagé, c'était sûr. Remus avait semblé avoir tellement besoin d'elle. Sirius... Il avait simplement pensé qu'il pourrait lui faire certaines choses, qu'elle le laisserait faire à cause de son coup de foudre. C'était très différent. Remus semblait tout faire autant pour lui que pour elle. Elle se souvint de son nez lui caressant doucement la main...

Et ensuite, le jour suivant, il l'avait ignorée. Elle s'était attendue... Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais ce n'était pas cela. Son cœur s'était écrasé à ses pieds. Avait-il juste essayé d'avoir ce qu'il pouvait, comme Sirius ? Cela avait été tellement différent cependant. Elle ne voulait pas penser cela de lui. Et quand elle avait décidé d'essayer de lui parler de cela ce soir là (il l'avait évité toute la journée), elle avait découvert qu'il n'était pas dans la salle commune. Elle s'était blindée pour envahir le dortoir des garçons, comme elle avait prévu de le faire avant, marchant tout doucement sur les marches de pierre. A son choc, tout le dortoir des garçons de cinquième année avait été vide. Elle avait ouvert avec précaution les rideaux des lits, l'un après l'autre. Les quatre garçons étaient en dehors de la tour Griffondor. Soudain une colère de préfète s'était élevée en elle. Ils allaient perdre des points de la maison Griffondor s'ils se faisaient prendre ! Et James ! Il était préfet ! Il devrait le savoir mieux que personne !

Lily était revenue au lit, mais pas pour dormir (elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit). Elle avait écouté le son des hurlements de loups de la Forêt Interdite. Les hurlements lui faisaient se dresser les cheveux sur la tête. Était-ce simplement des loups normaux ? s'était-elle demandé, puis elle s'était arrêté. Il valait mieux ne pas penser à ce qui vivait dans la forêt. Elle avait entendu bien trop d'histoires pour que cela la conduise dans les bras de Morphée.

Trois nuits d'affilée, elle était montée au dortoir des garçons et l'avait trouvé vide. Cela la rendait assez nerveuse maintenant. Le matin suivant la troisième nuit, elle avait coincé James quand il quittait la salle de bain des préfets et elle l'avait tiré dans une salle de classe vide.

« Où étiez-vous tous les quatre la nuit dernière ? Les trois dernières nuits ? » avait-elle demandé. Il eut l'air choqué.

« Heu... Au lit, bien sûr. » avait-il mentit. Il était assez rose normalement, et James Potter avait donné un nouveau sens au mot pâle. Pas autant que Severus Rogue, mais pas loin.

« Non, vous n'y étiez pas. Je suis allée voir dans votre dortoir. J'ai vérifié les trois nuits ! A quoi pensez-vous ? Est-ce que vous voulez que les points de maison de Griffondor passent en négatif ? »

« C'est vraiment ce que tu demandes ? » avait-il répondu, en se rebiffant. « Parce que je pourrais te poser la même question. Les filles ne sont pas sensées rôder dans les dortoirs des garçons. Tu avais probablement bien plus de chances de te faire prendre dans notre dortoir que nous de nous faire prendre en dehors. »

Elle avait ouvert sa bouche pour répondre et l'avait refermé, confuse. Il pouvait la mettre en retenue ! Un mois de retenue. Elle avait coléreusement scellé ses lèvres (comment ose-t-il faire cela !) et elle avait pivoté sur ses talons, quittant la pièce aussi rapidement que possible, voyant rouge. Un instant après, il l'avait rattrapée et lui avait pris le bras.

« Attends ! Lily... Je suis désolé. Je n'essayais pas de te menacer ou de te faire chanter ou quoique ce soit. Mais... Mais pourquoi regardais-tu si nous étions tous dans notre dortoir ? Pourquoi es-tu montée là-haut en vrai ? »

Elle l'avait regardé avec désespoir. Parce que je suis une idiote malade d'amour. Ce serait la vérité. Elle avait fouillé son esprit à la recherche d'un mensonge plausible, mais rien ne lui été venu à l'esprit. Finalement, sentant qu'elle pouvait avoir confiance en James, entre tous les gens, elle avait dit doucement, avec sincérité. « Je m'inquiétais pour Remus. »

James s'était raidit, et sa main s'était resserrée autour de son bras, de telle sorte qu'elle avait été tentée de pousser un cri de douleur, mais elle s'était forcée à ne pas le faire. « Je vois. » avait-il dit, et puis elle s'était souvenue de son visage quand Remus avait enlevé la cape d'invisibilité. Est-ce que lui et Bonnie faisaient des choses comme celle-là ? Elle n'en avait aucune idée, et n'aurait jamais rêvé de poser la question. « Nous... nous étions inquiets aussi à son sujet. » avait-il soudain dit d'une traite. « C'est pour cela que nous n'étions pas là. Nous l'avons pris à l'aile de l'hôpital et nous sommes restés avec lui. Madame Pomfresh nous a laissé. Il est notre ami, Lily. Nous ne lui laisserions rien arriver. Ne t'inquiète pas pour Remus. »

Il ne l'avait pas regardée. Ses yeux avaient glissé autour d'elle, mais n'avaient pas croisé son regard. Il me ment, avait-elle senti. Il ne me regardera pas dans les yeux. « Si tu le dis. » avait-elle répondu à contre-cœur. Comment accuse-t-on un de ses meilleurs amis de lui mentir de la sorte. Elle avait voulu le faire, très fort, mais elle n'avait pas pu s'y résoudre. Elle s'était éloignée de lui très tristement. James lui avait menti. C'était presque aussi décevant que Remus l'embrassant avec passion puis l'ignorant complètement. Les deux semblaient en contradiction avec leur nature profonde. Cela signifiait qu'il y avait une bonne raison pour que les deux l'aient fait. Mais quelle était-elle ?

Maintenant, elle avait autre chose à quoi penser. Après une semaine, ses relations avec les quatre garçons s'étaient à nouveau normalisées, et Remus avait commencé à se comporter avec elle comme avant (mais c'était comme s'il avait complètement oublié qu'il l'avait embrassée). James avait arrêté de rougir en parlant à Lily, et la regardait dans les yeux. Elle avait essayé d'oublier Remus. Elle avait essayé de se concentrer sur ses devoirs. Elle avait écrit des devoirs d'histoire de la magie et s'était entraînée à apprendre de nouveaux sorts, à concocter des potions compliquées et à se préparer pour les BUSEs... Mais ensuite le cycle s'était répété, et la condition physique de Remus s'était encore détériorée...

Il avait frissonné et transpiré encore pendant toute la journée se souvint-elle, fixant le dessous de son baldaquin. Quelle que soit la maladie qui le prenait régulièrement, il était une fois de plus sous son emprise. Elle se retourna dans son lit, se demandant s'il avait encore pris refuge dans la salle commune. Est-ce que les autres garçons l'envoyaient là ? se demanda-t-elle, se mettant à colère contre eux à cette pensée. Puis elle réalisa que cela ne cadrait pas avec le prendre à l'infirmerie et rester avec lui là-bas... si c'était en fait ce qu'ils avaient fait (et elle n'en était pas du tout convaincue, bien qu'elle n'ait pas pu s'amener à demander à Madame Pomfresh s'ils avaient été là-bas, au cas où cela leur aurait causé des problèmes à cause d'elle).

Lily se leva et glissa ses bras dans les manches de sa robe de chambre et la serra soigneusement autour d'elle. Elle alla silencieusement jusqu'à la porte de sa chambre, pieds nus, même si le sol de pierre la glaçait. Elle se faufila dans l'escalier en colimaçon jusqu'à la salle commune, se demandant si elle pourrait faire cela, comme Remus était encore assis devant le feu rugissant, grelottant comme s'il avait été déposé sur un bout de banquise et que la plus proche source de chaleur était à l'autre bout du monde, et pas à trois pieds de là.

Il leva les yeux vers elle avec une expression choquée. « Lily, » chuchota-t-il, la regardant de ce regard qui lui donnait envie de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le faire se sentir mieux.

« Aide-moi. »