Miss serpentard : merci beaucoup pour ta review qui me fait effectivement très plaisir. Rassure-toi, je ne déprime pas malgré le peu de reviews sur cette fic. On va dire que ca fait une moyenne...
Iliv inParis : effectivement, je commence maintenant à maitriser le style de l'auteur, et c'est beaucoup plus facile. Merci en tous cas pour ta review.
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous...
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Bill Weasley se réveilla en sursaut.
La porte du dortoir des première année venait de claquer bruyamment, et Peregrin Booth revenait à toute allure dans la pièce. Il bondit dans son lit et plongea sous les couvertures. Les autres garçons se réveillèrent, et commencèrent immédiatement à râler sur Booth parce qu'il était si bruyant en revenant des toilettes en plein milieu de la nuit.
« Je me fous de savoir à quel point le sol est froid, » lui dit avec colère Alex Wood, après que Orville Simpson ait dit à Boot de faire sur lui-même quelque chose qui était probablement impossible. Le sommeil rendait encore la voix d'Alex un peu pâteuse. « Enfile une paire de foutues pantoufles ou de bottes ou quelque chose. Ne te contente pas de... »
« Ce n'est pas ce pourquoi je courrais ! » dit Booth à bout de souffle. Il s'assit dans son lit, se penchant en avant, espérant clairement qu'il aller pousser les autres garçons à lui demander ce qui l'avait vraiment fait courir. Ses cheveux blonds clairs frissonnaient autour de sa tête, en forme de saladier.
Rembert Leonard, au visage de renard, avait passé la tête entre les rideaux de son lit et il mordit à l'hameçon. « D'accord... Pourquoi est-ce que tu courrais ? » Leonard était le meilleur ami de Booth, et était obligé de poser la question. Le garçon blond l'appelait Bert, et en retour, son ami l'appelait Perry. Bill, Alex et Orville Simpson qui tendaient à rester ensemble les appelaient Booth et Leonard. Les deux groupes de garçons interagissaient rarement quand ce n'était pas absolument nécessaire. C'était purement accidentel qu'ils doivent vivrent tous ensemble.
« Il y a ... Il y a quelque chose dans la salle commune ! J'ai entendu des bruits quand je suis sorti pour aller aux toilettes, alors je suis descendu pour voir ce que c'était. J'ai regardé dans la pièce... je n'y voyais rien... mais il y avait encore ces bruits... Je pense qu'il y a quelque chose de diabolique en bas. »
Orville roula des yeux et se frappa le front. « Honnêtement. Tu es conscient qu'il y a des fantômes qui vivent ici ? Dans le château ? Il y a quelque chose de diabolique en bas... » dit-il d'une voix aiguë sensée se moquer de Booth, dont la voix n'avait pas encore mué, et en dépit du fait que sa propre voix tremblait encore et oscillait entre l'alto et le ténor régulièrement. Il secoua sa tête d'un air dégoûté. Orville Simpson était un demi-sang, et avait grandi dans le monde magique, comme Bill et Alex, qui étaient de sang-pur. Booth et Leonard étaient nés de moldus, et encore souvent choqués par de nombreuses choses qu'ils rencontraient dans le monde magique (dont il n'avait guère que quatre mois d'expérience).
Booth ricana en direction d'Orville. « Très drôle Simpson. » Sa voix devint aiguë quand il dit le nom, se moquant de la même façon d'Orville. « Je sais quels bruits font les fantômes et ce qu'ils font. Ce n'était pas un fantôme. Il y avait des voix. Deux voix. Des espèces de grognements. Parfois des soupirs. J'ai même entendu un rire. »
Bill regarda Alex et vit un air entendu sur son visage. Bill espérait que personne ne le verrait rougir dans la semi-obscurité, car il pouvait sentir cela arriver. De ce que Booth avait dit, il pouvait deviner ce qui se passait dans la salle commune, et il pouvait dire que Alex avait tiré les mêmes conclusions. Bill se prépara...
« Allons-y ! »
« Wood ! » cria Booth comme Alex traversait à toute allure la pièce en direction de la porte. « Que fais-tu ? »
Alex se retourna au niveau de la porte avec un sourire diabolique sur le visage. Ses cheveux noirs se tenaient dressés sur sa tête, comme un gang de points d'exclamation. « Je vais voir qui est en train de baiser dans la salle commune. Voilà où je vais. »
« Qui est en train de... quoi ? »
Alex roula des yeux, et maintenant, Orville le rejoignait près de la porte, roulant aussi les yeux. Depuis que le trimestre avait commencé en septembre, Bill avait été un peu déconcerté par Orville qui singeait de nombreuses choses que faisait Alex, mais il était maintenant habitué à cela, bien qu'il refuse avec entêtement de faire pareil. « C'est ce que tu entendais, espèce de crétin. Un bruit de baise. Tu sais ce qu'est la baise, n'est-ce pas ? »
Booth traînait des pieds, embarrassé. « Je suis au courant pour les bébés et tout cela. Je n'ai pas trois ans. »
Alex ricana. « Ca alors ! Tu m'as eu. Et tous les autres aussi. »
Booth se rebiffa maintenant, et son meilleur ami alla se tenir à son côté par solidarité. Alex les ignora. « Qui veut venir ? » dit-il à Orville et Bill, un sourire tordu sur le visage. « Vous avez saisi ? J'ai dit qui veux... »
« Nous avons saisi ! » lui siffla Bill, essayant de le faire taire. « D'accord, allons-y. »
Contre son meilleur jugement, il suivit Alex en bas de l'escalier en spirale jusqu'à la salle commune. Orville lui marchait pratiquement sur les talons. Il tourna brièvement sa tête et vit que Booth et Leonard fermaient la marche. Il sentit un doute un instant : qui voudrait avoir cinq garçons de onze ans arrivant à un moment aussi crucial ? (si c'était vraiment ce que c'était sensé être.) Et pourtant, sa curiosité l'avait emporté sur le meilleur de lui, et il ne pouvait résister à essayer de découvrir ce qui se passait...
Alex avait atteint le bas des escaliers et il s'arrêta. Bill lui rentra dedans, s'étant attendu à ce qu'il continue à avancer. Alex parcourut la salle commune du regard. Bill regarda aussi. Aucune âme qui vive en vue. Il n'y avait aucun son non plus. Certainement pas les sons que Booth avait décrit.
« Vous voyez ? » disait-il maintenant. « Je vous avez dit que je n'avais pu voir personne. Ce n'est pas humain. Ce doit être quelque chose d'autre... »
Bill haussa les épaules. « Peut-être que qui que ce soit, il est remonté. »
« Le garçon aurait dû passer devant notre dortoir. Je suis sûr que personne ne l'a fait. Et seul les septième année sont plus bas que nous. » leur rappela Orville. Les septième année étaient au premier étage au-dessus de la salle commune, et les première année au deuxième. Ils resteraient dans ce dortoir pendant sept ans, seule la pancarte sur la porte changerait comme ils grandiraient.
« Cela pourrait avoir été des septième année. Plus probablement en fait » répondit doucement Bill, regardant encore autour de la pièce.
« Non » répondit Léonard. « Leur porte a ce gong qui grince terriblement fort. Il a besoin d'être graissé. Si quelqu'un était allé dans leur dortoir, nous l'aurions entendu. Je peux dire à chaque fois que l'un d'eux a besoin de se lever pour aller aux toilettes la nuit. C'est comme le cri d'une chouette en colère. » Bill se souvint que c'était exact. Le bruit résonnait dans tout l'escalier de pierre à chaque fois que la porte de septième année était ouverte. Les septième année s'en moquaient, évidemment.
Tous les cinq se tenaient en bas des escaliers, regardant la pièce avec nervosité. Est-ce que quelque être maléfique allait soudain surgir de nulle part ? Est-ce qu'un fantôme jouait avec eux ?
« Ils ont peut-être simplement quitté la tour Griffondor » suggéra Alex dans un murmure. Le murmure semblait nécessaire pour quelque raison. Les autres garçon acquiescèrent.
« C'est assez facile à découvrir. » dit Booth . « Il suffit de demander à la grosse dame. »
Ils hésitèrent tous. Cela signifiait sortir dans le couloir. Être en dehors de la maison après le couvre-feu. On leur avait martelé pendant presque quatre mois que c'était une faute sérieuse et punissable. Bill regarda ses camarades de chambre. Orville avait encore les yeux ensommeillés, et ses cheveux emmêlés donnaient l'impression qu'un animal couleur sable avait décidé de dormir sur sa tête. Alex ne fit aucun mouvement vers le trou du portrait. Il se mordait nerveusement la lèvre, ses yeux noirs très grands sur son visage pâle. Booth et Leonard semblaient en fait trembler.
Bill sentit un curieux sentiment de malaise près de son estomac, et il déglutit. Ce n'était pas autant la peur que de la répugnance. Je vais devoir le faire, pensa-t-il, ne bougeant toujours pas.
Ils se regardèrent tous les uns les autres, et attendirent.
Finalement, Bill ne put plus le supporte. Il haïssait la manière dont il se sentait et devait faire quelque chose à ce sujet. Ce ne sera que pour une minute. « Je vais le faire. » dit-il avec dégoût, traversant la pièce avant de changer d'avis, ouvrant le trou du portrait et se glissant dans le couloir. Il frissonna comme un courant d'air glacé tourbillonna autour de ses chevilles et le long des jambes de son pyjama. Le trou du portrait encore ouvert, il regarda la grosse dame en hésitant.
« Heu, excusez-moi madame, » commença-t-il maladroitement, ne s'étant jamais adressé à la grosse dame sauf pour lui donner le mot de passe de la tour Griffondor. « Pourriez-vous me dire si quelqu'un d'autre est sorti de la tour Griffondor récemment ? »
Elle baissa gentiment les yeux vers lui. « Seulement toi, mon garçon. Et il est assez tard pour cela. Tu ferais mieux de revenir au lit. »
« Dans une minute, » dit-il, se sentant plus à l'aise maintenant. « Vous en êtes sûre ? Et si c'était... » il parla plus doucement au cas où les autres écouteraient depuis l'intérieur de la salle commune. « ... des fantômes ? » dit-il encore plus doucement, se sentant un peu idiot.
« Bien, maintenant, c'est une possibilité pour une entrée... » commença-t-elle.
« Que voulez-vous dire ? » dit-il d'une voix normale, oubliant de chuchoter.
« Je veux dire qu'il y a un petit moment, une voix sans corps m'a donné le mot de passe et a demandé à entrer, et alors, j'ai ouvert. Je n'ai cependant vu passer personne, alors je ne sais pas qui cela pouvait être. Il m'a donné le mot de passe, pourtant. »
« Il ? » Bill remarqua qu'elle avait assigné le genre masculin à cet intrus invisible. « Un homme ? »
« Une voix d'homme, oui. Pas comme la tienne. J'aime le son d'un bon garçon soprano. Chantes-tu ? » ajouta-t-elle avec espoir.
« Heu, non, » lui dit-il, rosissant. « Du moins, vous ne voudriez pas l'entendre. En tous cas, cette personne avait le mot de passe, alors vous avez ouvert l'entrée, et c'est la dernière fois que quelqu'un est passé depuis que je suis sorti de là ? »
« C'est exact, mon cher. Bien sûr, si c'était un fantôme, c'était un fantôme qui avait oublié qu'il pouvait passer à travers les murs. Ce serait une espèce très étrange de fantôme. »
Il se tint là, perdu dans ses pensées pendant une demie-minute, tenant encore le cadre du portrait, afin de pouvoir facilement rentrer dans la salle commune. Puis il eut une idée qui commença à se former dans son esprit, mais dans son état ensommeillé, il avait l'impression qu'elle allait s'enfuir s'il y sautait dessus trop rapidement, avant qu'elle ne soit complètement formée...
« Bien, » dit-il lentement à la grosse dame. « Merci pour votre aide... »
« Aha ! » cria une voix familière et graveleuse, avec un accent de triomphe. Bill se retourna, laissant partir le portrait qui se referma, le laissant coincé dans le couloir. Un chat gris marchant languidement passa le coin, suivi par Argus Rusard, qui portait un parchemin et une plume dans une main, et une lanterne dans l'autre, en dépit des torches vacillantes sur les murs du couloir. Bill sentit son cœur bondit dans sa gorge.
« Aha ! » répéta le concierge avec plaisir, se rapprochant de Bill et tenant la lanterne vers son visage, comme s'il avait peur de ne pas pouvoir voir le garçon aux cheveux roux brillants. « En dehors de ta maison après les heures ! Où as-tu été, alors, hé ? un petit première année, si je ne m'abuse, ignorant les règles ! Que vas-tu faire quand tu seras en septième année ? C'est ce que j'aimerais savoir. Vous autres délinquants commencez dès que possible, je l'ai vu avant... »
« Mais... mais... je viens juste de sortir de là. » dit Bill, irrité que sa voix soit encore plus aiguë que d'habitude. Il ne pouvait pas l'empêcher... Elle montait d'un octave quand il était nerveux. « Nous... nous pensions qu'il y avait un intrus dans la tour Griffondor. Je demandais à la grosse dame si elle avait ouvert le portrait pour laisser quelqu'un partir... Je devais sortir pour pouvoir lui parler... »
« Une histoire plausible » ironisa-t-il, ses traits se déformant en un masque de mépris distinct. « Si c'était la vérité, tu aurais dû faire sortir un préfet pour qu'il vérifie. Voilà à quoi ils servent. Un première année n'est pas sensé prendre en charge ces choses lui-même. » Il sortit sa plume et étala le parchemin sur le mur de pierre à côté du portrait de la grosse dame.
« Nom ? » demanda-t-il.
« Bill Weasley. » marmonna-t-il. La plume de Rusard grattait le parchemin. Après avoir pris le nom, il continua à écrire avec la plume pendant ce qui semblait être une période de temps d'une longueur alarmante. Puis il poussa un grognement de satisfaction, et roula le parchemin, glissant la plume dedans.
« Et de deux en dehors du lit ce soir ! » dit-il, avec ce qui passait probablement pour de la joie (pour lui), se balançant d'avant en arrière dans ses vieilles bottes, ses yeux brillants. « Un stupide préfet de Serpentard, qui clamait avoir pris un élève à l'aile de l'hôpital... »
« Peut-être qu'il l'avait fait ! » répondit Bill avec ardeur, sentant vivement l'injustice de cela, oubliant qu'il n'était peut-être pas sage de crier sur quelqu'un qui était en train de lui donner une retenue. « Êtes-vous allé vérifier à l'infirmerie ? Il se peut qu'il ait dit la vérité. Et si vous donnez des retenues aux préfets qui disent qu'ils sont en mission officielle, à quoi cela m'aurait-il servi d'aller chercher un préfet pour qu'il sorte et parle à la grosse dame ? Vous lui auriez simplement donné une retenue à la place de moi ! »
Rusard le regarda, avec une répugnance complète et totale sur son vieux visage ridé. Une veine pulsait sur sa joue. Un première année osant lui parler comme cela. « Tu, » siffla-t-il entre ses dents « auras une retenue demain soir à huit heures. Tu seras... »
« Je ne peux pas. » dit automatiquement Bill, fronçant les sourcils. Les yeux de Rusard se fixèrent sur lui. Maintenant, sa paupière gauche tressaillait en plus de sa veine dansante.
« Que m'as-tu dit ? » souffla-t-il, incrédule, lui jetant un regard noir et malveillant, comme s'il avait poussé à Bill une autre tête.
Bill trembla sous son regard. « Je... Je ne serais pas là. Les vacances de Noël. Je prends le Poudlard Express pour rentrer à la maison demain. »
Rusard avait clairement oublié les vacances. Bill le regarda, se demandant s'il allait péter les plombs. Il est aux abois pensa Bill, regardant les expressions changeantes glisser sur le visage de l'homme, comme si des fantômes, l'un après l'autre, tentaient de prendre possession du corps de l'homme et puis y réfléchissaient à deux fois.
Finalement, il se pencha vers Bill et dit entre ses dents jaunes serrées, « Alors tu auras une retenue lors de ta première nuit, quand le nouveau trimestre commencera. » Son haleine était aigre au visage de Bill, un souffle putride, et il dut lutter pour ne pas vaciller. Il ne pensait pas que c'était très sage de montrer une réaction trop extrême à ceci.
« Oui, sir. » dit-il en s'étranglant, essayant de ne pas respirer par le nez, souhaitant garder la tête froide pour ne pas avoir à sentir.
« Maintenant, rentrez dans votre maison ! » aboya-t-il à Bill, qui donna rapidement le mot de passe à la grosse dame et passa à toute vitesse par le trou du portrait, son cœur allant à cent à l'heure. Quand il fut à nouveau dans la salle commune, il se tint immobile, reprenant son souffle. Il n'y avait plus personne. Les autres première année s'étaient apparemment enfuis dans les escaliers jusqu'à leur dortoir. Ils avaient probablement entendu la voix de Rusard.
Avec un autre regard autour de la salle commune silencieuse, Bill décida que Booth était aussi fou et qu'il avait laissé son imagination délirer.
Sauf que...
La grosse dame avait dit que quelqu'un qu'elle ne pouvait pas voir avait donné le mot de passe pour entrer dans la tour Griffondor. Il monta lentement l'escalier jusqu'au dortoir des première année en pensant à cela. Quand il atteignit sa chambre, il alla calmement à son lit et grimpa dedans, mais il ne s'allongea pas, fixant la fenêtre, remplie par le clair de lune.
Finalement, il chuchota « Alex ? » Silence. « Alex ? » dit-il encore, plus fort.
« Quoi ? » fit la réponse endormie. « C'est toi Bill ? Tu vas bien ? »
Ouais, comme si tu t'en souciais vraiment, pensa Bill. Tu as probablement gravi les escaliers comme si tu avais un dragon aux fesses. Tu aurais mouillé ton pantalon si cela avait été toi dans le couloir avec Rusard. Il se sentait irrité.
« J'ai eu une retenue. » dit-il d'un ton détaché, comme si cela arrivait tous les soirs et n'était d'aucune importance. « Écoute, j'ai pensé à quelque chose. »
Il y eut un peu de délai avec que son ami ne grogne « Quoi ? »
« La grosse dame a dit que quelqu'un qu'elle ne pouvait pas voir lui a donné le mot de passe et est entré. Mais personne n'est ressorti. »
Alex rampa pour s'asseoir, clairement plus éveillé maintenant. Bill vit que Orville s'asseyait maintenant aussi. Les deux autres garçons s'étaient de toute évidence rendormis.
« Qu'est-ce que tu penses que cela signifie ? » demanda Orville.
« Je sais ce que cela signifie. » chuchota Alex, la voix remplie de certitude. « Cela signifie que quelqu'un a une cape d'invisibilité. »
« Une cape d'invisibilité ? » souffla Orville, incrédule. « Quel élève de Poudlard aurait une cape d'invisibilité ? Pourquoi ne pas simplement se promener en portant quelque chose fait avec un millier de gallions cousus ensemble ? »
Les trois garçons se turent. Puis, du lit le plus éloigné, vint une petite voix haut perchée.
« J'ai entendu que l'un des préfets a une cape d'invisibilité. » dit Peregrin Booth, sa voix semblant très forte dans la pièce silencieuse.
Bill, Orville et Alex se regardèrent les uns les autres, bouches bées. Un préfet ! C'était choquant !
« Bien, cela réduit l'échantillon à six personne maintenant, n'est-ce pas ? » dit Alex, avec une intonation de prédateur, comme un chasseur se rapprochant de son gibier.
« Trois » dit Booth. « J'ai entendu que c'était un garçon. »
« Trois personnes. » songea Alex, comme s'il venait de penser cela tout seul et que Booth n'avait rien dit.
« Alors, » dit Orville maintenant, « Il y a le préfet de septième année. Comment il s'appelle... »
« Stephen Pearce. » dit automatiquement Bill.
« Pas de petite amie. » dit Alex avec autorité. « Et il est immense.. Impossible pour lui de se promener en silence sous une cape d'invisibilité. De plus, il est né de moldu. Il ne sait probablement pas qu'elles existent, et encore moins comment en trouver une. »
« Comment on en obtient une ? » demanda doucement Rembert Leonard, s'asseyant lui aussi dans son lit maintenant, incapable de résister à l'envie de les rejoindre.
« Je sais qu'elles existent et je suis né de moldus. » dit Booth, se rebiffant.
« Oui, oui, tu as une mémoire phonographique, je sais... »
« C'est une mémoire photographique » l'informa le jeune garçon blond avec un soupir exaspéré. Bill savait qu'il était aussi frustré de leur isolement du monde moldu que les autres garçons l'étaient du monde magique et de l'ignorance de Leonard du monde des sorciers.
Ils se turent tous pendant une minute, réfléchissant.
« J'ai entendu, » dit doucement Leonard « que le préfet de cinquième année en a une. »
« A quoi ? » dit Alex, comme s'il avait commencé à se rendormir.
« Une cape d'invisibilité. »
« Potter ? » Orville dit avec crainte et admiration. « Tu penses que c'était Potter dans la salle commune ? Avec qui ? »
« Je sais pas. Ils devaient être ensemble sous la cape d'invisibilité, et c'est pourquoi Perry n' a vue personne quand il est descendu. Il se peut qu'ils y aient encore été quand nous y sommes allés, mais se tenant très immobiles et silencieux. »
« La grosse dame a dit que quelqu'un qu'elle ne pouvait pas voir est entré » dit doucement Bill, hébété. « La petite amie de Potter est à Pouffsouffle. Il pourrait lui avoir donné la cape pour qu'elle puisse venir ici sans être vue. Vu la façon dont Rusard rôdait alentour, la seule façon pour sortir est d'avoir une de ces capes. Il a dit qu'il a donné une retenue à un préfet qui disait avoir amené un élève à l'aile de l'hôpital. »
Les autres garçons secouèrent leurs têtes sur Rusard. Soudain, une épidémie de bâillements s'empara d'eux, commençant par Booth et atteignant finalement Bill, qui s'écroula sur son oreiller, pensant. Alors. James Potter était en bas dans la salle commune avec Bonnie Manetti. Où étaient-ils maintenant ? se demanda-t-il. Il pensa à Bonnie et à ses grands yeux sombres, son sourire étourdissant et les fossettes sur ses joues. Potter était un sacré veinard, pensa-t-il. Puis il se sentit très mal quand il se souvint que Potter était devenu orphelin le premier jour du trimestre. Pauvre Potter pensa-t-il à la place. Mais au moins, il avait Bonnie. C'était quelque chose. Bien qu'à ce point de sa vie, il savait que s'il devait choisir entre ses parents et une petite amie, il choisirait ses parents. Sa famille était tout pour lui.
Le dortoir était à nouveau silencieux, et bientôt Bill entendit Booth et Leonard ronfler doucement. Il regardait le plafond et commençait à glisser vers le sommeil quand soudain, la voix d'Alex lui parvint encore à travers l'obscurité.
« Bill ? »
« Oui ? »
« Tu... Tu aimes une de nos filles ? »
« Nos filles ? »
« De Griffondor. »
« Oh. » Il pensa maintenant à Lily Evans, mais ne dit rien de cela. « Et toi ? » demanda-t-il à la place.
« Bien, » Alex hésita. « Mary Ann est gentille. » Mary Ann Boxwood était une des trois filles de leur année.
« Je suppose. » Puis Bill pensa au cours de potions, avec les Serpentards. Il pensa spécifiquement à Roxanne Maine-Thorpe...
« Mais les filles font vraiment chier. » disait maintenant Alex, la voix dure. « C'est bien plus de problèmes que cela n'en vaut le coup. » Il avait davantage l'air d'essayer de se convaincre lui-même plutôt que Bill.
« Exact. » dit Bill, plus pour être agréable et mettre fin à la conversation plutôt que parce qu'il croyait cela.
« Exact. » répéta Alex dans l'obscurité.
Mais d'une manière ou d'une autre, comme il laissait ses yeux se fermer et le sommeil s'emparer de lui, Bill avait le sentiment que James Potter était la dernière personne au monde qui serait d'accord avec cette affirmation.
