Mystikal : voici la suite de ce petit chapitre. Bonne lecture.

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Remus ne la regarda pas beaucoup pendant tout le repas. Lily soupira et mit son cartable sur l'épaule, se retrouvant à hauteur de Cecilia qui avait encore l'air en colère avec elle. Lily décida de ne pas lui parler. Elle n'était pas intéressée par une dispute juste avant un long cours, et par se sentir de mauvaise humeur pendant toute une après-midi. Remus et maintenant James la rendaient déjà de mauvais poil, elle n'avait pas besoin de Cecilia pour empirer les choses. Pourquoi se sentait-elle toujours si seule ?

Ils rentrèrent dans le donjon de potions et allèrent à leurs postes de travail. Severus Rogue était déjà à celui qu'il partageait avec Lily Evans. Il commença à lui sourire comme elle approchait, puis baissa timidement les yeux vers son texte à la place. Elle poussa un autre soupir en s'asseyant et sortit son livre, ses parchemins et ses plumes de son sac, sa solitude menaçant de complètement la dominer. Je ne suis pas un bébé géant, se dit-elle avec sévérité. Je ne pleurerai pas parce que j'ai l'impression de ne pas avoir de vrais amis...

Elle garda obstinément ses yeux rivés à son parchemin comme elle recopiait ce que le maître des potions écrivait au tableau, essayant d'ignorer la présence de Severus à côté d'elle. Finalement, elle leva les yeux vers son profil. Il était penché sur son parchemin, concentré sur son travail, et elle se demanda comment un garçon pouvait sembler sans erreur possible l'aimer et cependant ne rien vouloir à faire avec elle en même temps.

Soudain, il se tourna et croisa son regard, et pendant un instant, quand leurs yeux se bloquèrent, Lily sentit une étincelle d'espoir. Mais alors, le professeur recommença à parler, et Severus tourna brusquement son visage vers le devant, et quand ils sortirent leurs chaudrons et commencèrent à préparer leur potion du jour, il réussit à constamment fixer le chaudron, ou à mesurer les doses, ou les gouttes de cet extrait ou de celui-là... Il réussissait toujours à regarder autre chose qu'elle.

Elle se détourna de lui et se concentra sur son propre travail, opérant avec sa précision habituelle, ayant ce sentiment satisfaisant que tout se mélangeait bien ensemble, produisant le résultat escompté.

Quand il fut tard dans l'après-midi, leurs potions avaient mijoté assez longtemps, et le professeur envoya les jumelles Thompson avec des fioles pour que tout le monde stocke sa potion. Lily versa sa décoction dans sa flasque très soigneusement, essayant de ne pas boucher l'entonnoir, puis elle colla magiquement un bout de parchemin sur le côté, avec son nom, son année, sa maison, et le nom de la potion sur le côté. Ensuite, Igor Karkaroff passa avec un chariot pour collecter les récipients de tout le monde. Comme elle plaçait le sien sur le chariot, Lily frissonna sous le regard de Karkaroff. Elle ne l'aimait pas du tout et évitait de s'asseoir près de lui aux réunions de préfets quand elle le pouvait. Elle savait qu'il rendait fréquemment la vie difficile à Severus. Elle vit Severus se raidir et lancer un regard noir à Karkaroff quand il remarqua la façon dont il regardait Lily, et Lily sentit un petit peu de satisfaction en elle. Puis elle leva les yeux et remarqua que Sirius se hérissait aussi, remarquant à la fois Rogue et Karkaroff.

Elle remarqua aussi que Remus tremblait et frissonnait encore, appuyé sur son plan de travail, ayant l'air d'être à deux doigts de s'évanouir. Ses yeux étaient tellement dilatés qu'ils avaient l'air presque complètement noirs, et il y avait encore cette lueur rouge...

La cloche retentit à la fin du cours, et comme ils partaient, Lily toucha le bras de Remus et lui dit doucement « Est-ce que je peux te parler ? » Il déglutit, puis baissa les yeux vers l'endroit où elle l'avait touché. Il acquiesça sans un mot et la suivit dans le couloir. Il était très pâle.

Quand les autres élèves eurent rempli les escaliers et les eurent laissés seuls debout dans le couloir, Lily dit nerveusement « Par ici. » espérant qu'elle se souviendrait du chemin qu'on lui avait dit. Elle le conduisit le long d'un couloir, puis d'un autre, puis hésita, se sentant perdue. Remus mit sa main sur son bras.

« Je connais un endroit. » dit-il d'une voix rauque, la dirigeant vers une tapisserie qui, lorsqu'elle était soulevée, révélait un couloir caché conduisant à une porte unique, la porte qu'elle avait cherchée. Elle essaya de l'ouvrir, sans succès. Il passa alors devant et l'ouvrit sans aucun problème.

Ils entrèrent tous les deux. Comme il faisait cela, il pensa, nous ne devrions pas être ici. C'est trop risqué. Nous pourrions.... Il ne voulait même pas penser à ce qu'ils pourraient faire. Et pourtant... C'était tout ce à quoi il avait pensé ces vingt-quatre dernières heures. Il savait que c'était un endroit où les élèves venaient parfois la nuit. Il savait ce qu'ils faisaient ici. Il n'était jamais entré dans la pièce, bien qu'il en ait gardé l'entrée plus d'une fois (pour Sirius). A la fois lui et Lily regardaient autour d'eux maintenant, se demandant combien d'élèves étaient venus ici, combien de rendez-vous avaient eu lieu dans ce coin caché du château...

Bien que les caractéristiques principales de la pièce soient des piles de livres et des chaudrons couverts de toiles d'araignées, quelque personne entreprenante avait métamorphosé une table (ou simplement coupé ses pieds) de telle sorte qu'elle avait la hauteur d'un lit, et conjuré quelques coussins et une couverture (La couverture était la seule surface de la pièce qui ne soit pas couverte de poussière et de toiles d'araignées, attestant de son usage fréquent). Une faible lueur provenait d'une haute fenêtre barrée, mais sinon, il faisait noir.

Remus déglutit, regardant Lily, son cœur battant douloureusement vite. Nous ne devrions pas être ici pensa-t-il. Nous ne devrions pas..

Mais maintenant, Lily faisait la dernière chose à laquelle il s'attendait : elle pleurait. Elle ne pouvait plus se retenir. Il la fixa avec surprise, se demandant ce qui avait causé cela.

« Est-ce que... Est-ce que tu me haies, Remus ? » réussit-elle finalement à dire, après plusieurs faux départs.

Il en resta bouche bée. « Lily ! Bien... bien sûr que non ! Tu... Tu es une de mes meilleurs amis... » Il grinça des dents alors. Oh, cela devait sonner merveilleusement. Meilleurs amis.

« C'est juste que... que le mois dernier, juste avant les vacances, et le mois avant, nous... nous... »

Il acquiesça. « Je... Je sais. Écoute, Lily, il y a quelque chose que je dois te dire... » Il regarda son cher, si cher visage, les larmes coulant de ses énormes yeux verts. Dis-lui, criait son cerveau. Dis-lui et finis-en avec cela.

Mais il ne put pas. Il ne pouvait pas supporter la pensée de la peur et de la révulsion qu'il savait qu'il verrait sur son visage quand elle découvrirait. Le dire à ses amis était différent. Aucun d'eux n'envisageait de devenir intime avec lui. Ils pouvaient tous se changer en leur forme d'animagus et être en sécurité avec lui. Lily n'est pas en sécurité avec moi, il le savait. Et puis il savait aussi qu'il ne pouvait pas lui dire la vérité... pas toute la vérité.

« J'ai... j'ai un problème. J'ai contracté une sorte de maladie quand j'étais jeune, et... et de temps en temps, cela me rend... cela me rend en quelque sorte fou. Cela me fait vouloir... vouloir... »

Elle regarda avec précaution son visage, la vérité s'abattant sur elle. Oh. C'est une maladie. Il ne ME veut pas vraiment. Il veut N'IMPORTE QUI. Son visage s'effondra quand elle réalisa ce qui se passait. Cela l'expliquait. Cela expliquait beaucoup de choses. Pourquoi sinon aurait-il tellement envie d'être avec elle parfois, et de l'éviter le reste du temps ?

Et pourtant,... Quand il releva vers elle ses yeux, le désir et l'émotion qu'elle y voyait semblaient tellement authentiques. Elle retint son souffle en le voyant. Peut-être... peut-être que si elle l'aidait, pensa-t-elle. Peut-être qu'il viendrait à elle...

Elle rougit à cette pensée. C'était très différent de ce qu'elle avait envisagé. Elle n'avait pas imaginé considérer cela comme un cure médicale de quelque sorte, comme une rencontre clinique avec un autre but en tête que la démonstration physique de leur amour. Mais peut-être... peut-être que si elle l'aidait...

« Remus, » dit-elle doucement. « Quand nous étions ensemble dans la salle commune, les deux fois, j'ai remarqué... J'ai remarqué que je te rendais un peu plus calme. Tu... Tu as raison. Nous sommes amis. Peut-être... Si tu veux... Je pourrais t'aider avec ce problème. Comme... Comme une amie. »

Là. Elle l'avait dit. Elle sentait son visage incendié, espérant qu'il ne pensait pas qu'elle était une personne terrible. Elle voulait dire, je t'aime Remus. S'il-te-plaît, aime moi aussi... Elle voulait que cela soit si différent, mais peut-être que cela viendrait avec le temps...

Remus la fixa. Avait-il entendu ce qu'il pensait avoir entendu ? Avait-il possiblement l'opportunité d'être avec l'ange de ses rêves, qui offrait maintenant d'être un ange de miséricorde ? Elle s'avança vers lui, tremblant nerveusement, et quand elle se tint juste devant lui, les sens de Remus commencèrent à surchauffer. Elle eut seulement à toucher légèrement son bras de sa main, et il la tira à lui, cherchant sa bouche avec appétit, tirant sur ses lèvres, et quand elle glissa ses bras autour de son cou et ouvrit sa bouche sous la sienne, il sentit quelque chose s'effondrer en lui finalement, le mur qui le séparait des autres, qui l'empêchait de vivre cette complète intimité...

Il fit glisser sa bouche le long du cou de Lily, sentant son cœur battre, la mordillant et entendant ses fortes inspirations. Il était à nouveau calme, déterminé, agissant d'une manière ou d'une autre avec un sixième sens qui ne venait d'aucune expérience, mais de quelque chose d'enfoui en lui et d'atavique, le pressant...

« Juste pour que tu saches, » chuchota-t-elle à son oreille, sa voix semblant très forte pour lui, « J'ai été voir madame Pomfresh pour cette potion. » il s'écarta d'elle. Dans l'obscurité, les autres n'auraient pas été capables de voir son expression, mais avec ses yeux de loup, il pouvait voir son air de complète confiance sur son visage, et... d'amour ? Comment pouvait-elle l'aimer ? Non, pensa-t-il. Tu te fais des idées. Elle a dit qu'elle faisait cela en tant qu'amie. Ne pars pas à faire de cela plus que...

« Ah ! » cria-t-il comme les mains de Lily eurent un contact hésitant avec lui. Il la chercha encore, la tirant rudement contre lui, et ils trébuchèrent sur le lit de fortune. Comme chaque vêtement était ôté, Remus se sentait plus calme et contrôlé, et Lily se sentait plus agitée et hors de contrôle. Il la caressa et l'embrassa, goûtant chaque centimètre carré qu'il pouvait, et le souffle de Lily s'accélérait encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus attendre et qu'elle le tire vers elle, ses intentions complètement claires.

Remus ne s'était jamais autant senti en harmonie avec le monde. N'être qu'un avec Lily était étonnant. Il se sentait à la fois fort et faible, joyeux et triste. D'une manière ou d'une autre, peu importait que ces émotions conflictuelles le parcourent. Elles s'annulaient les unes les autres, et laissaient une sérénité dans leur sillage qui fut soudain interrompue par une extase si intense qu'il dut refermer sa bouche sur son cou pour étouffer son cri.

Elle poussa son propre cri de surprise, fermant ses yeux, puis les rouvrant, ses mains se cramponnant convulsivement au haut des bras de Remus. Comme elle bascula au sol, essayant de reprendre son souffle, elle devint consciente de quelque chose de collant dans ses cheveux, près de son oreille. Elle mit sa main sur son cou, et les yeux aiguisés de Remus purent voir qu'elle repartit rouge.

Il s'écarta d'elle, horrifié. Je l'ai mordue. « Oh, Lily ! Je... Je suis si désolé ! » bégaya-t-il. Il trouva sa baguette et l'alluma, ayant une meilleure vue de la tâche rouge sombre sur son cou et sa main. C'est une bonne chose que je n'ai pas percé sa jugulaire ! Et puis il vit que ses doigts avaient laissé des bleus sur ses bras et ses jambes, et il vit des égratignures sur ses hanches, et un sein... Il n'avait pas réalisé qu'il avait été si dur avec elle. C'était le problème, il supposa, de ne pas réaliser sa propre force. Il avait envie de mourir. J'ai fait mal à Lily. Il n'avait pas fait attention et s'était laissé aller, et maintenant...

Mais elle était très calme à ce sujet. Ils étaient allongés sur le dessus de leur robes de Poudlard. Elle fouilla dans la pile des habits moldus sur le sol, cherchant sa baguette. Elle traita rapidement la blessure sur son cou, et nettoya le sang de sur sa main et ses cheveux. Remus la regarda faire, se sentant terrible.

« C'est bon, vraiment. » dit-elle d'une voix tremblante.

Merci mon Dieu, je suis sous ma forme humaine, pensa-t-il. Il espéra que la morsure, les égratignures et les bleus étaient le pire. Et si je lui avait cassé des os ? Comment auraient-ils expliqué cela à madame Pomfresh, et encore pire, au professeur MacGonagall ? Et si... »

« Remus, » lui chuchotait maintenant Lily, tendant sa main vers lui. « Comment te sens-tu ? »

« Comment je me sens ? Je me sens... Oh, Lily. Je ne me suis jamais senti si... si... »

Elle sourit dans l'obscurité. « Moi aussi. Je veux dire... Te sens-tu plus calme ? »

Il ferma les yeux et réfléchit à cela, et il découvrit qu'il était vraiment complètement serein maintenant. Il ne transpirait pas, ni ne tremblait. Il n'avait pas l'impression que son sang coulait dans ses veines à dix fois sa vitesse normale, que son cœur voulait s'enfuir de lui. « Oui. Je me sens... Je me sens bien. » chuchota-t-il, un énorme euphémisme. Elle prit sa baguette et éteignit la lumière, puis remit les deux baguettes sur le sol avec leurs habits. Elle tendit sa main vers lui encore, lui faisant signe, et il obéit, s'allongeant à son côté, la tenant, sentant cette peau douce sous ses doigts une fois de plus, essayant de ne pas penser aux bleus qu'il avait causés. Il regarda ce visage bien aimé dans le noir, sachant qu'elle ne suspectait pas qu'il puisse la voir assez clairement. Il voulait tellement lui dire ses sentiments. Il était déjà tellement amoureux d'elle, et maintenant... Maintenant elle avait fait cette chose merveilleuse...

Mais ce n'était pas parce qu'elle l'aimait, se souvint-il. D'une certaine manière, c'était parce qu'elle l'aimait en tant qu'ami. Mais ce n'était pas le genre d'amour qu'il voulait d'elle... Il déglutit, continuant à la regarder, la tenant contre lui.

Lily écouta sa respiration comme il s'endormit, sachant qu'elle était changée à jamais. Il avait été plus brutal que ce à quoi elle s'était attendue, parfois, et puis d'une douceur inattendue à d'autres moments. Elle se sentait submergée, traitant toutes ces nouvelles sensations et ces nouveaux désirs. Mais bien qu'il se soit finalement ouvert à elle de cette façon, elle pouvait sentir qu'il y avait encore une partie de lui qu'il lui cachait. Ne peux-tu pas aussi m'aimer avec ton cœur, Remus ? pensa-t-elle comme elle posait sa main sur son torse nu, sentant le rythme de sa vie en-dessous de sa paume. Cela arrivera, se dit-elle fermement. Prends ton temps. Donne lui du temps.

Cela arrivera.