Severia Dousbrune : quand j'ai traduite cette phrase pour la première fois, je n'avais pas le livre sous la main, du coup, c'est resté comme cela.Je ne connais pas par coeur la traduction, et j'ai quelques autres expressions qui ont subi le même sort.

Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous

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Mardi 21 Avril 1976

Bill soupira. Il haïssait l'herbologie. Cela semblait simplement s'éterniser encore et toujours. Peu importe ce qu'il faisait, il ne semblait pas pouvoir s'intéresser aux soins des plantes dans les serres. Il pouvait répondre à toutes les questions que le professeur Chourave lui posait sur l'asplénium, le pélargonium ou l' Athyrium, il ne pouvait simplement pas s'intéresser aux plantes pour autre chose qui ne soit pas du ressort de sa capacité académique.

Cela n'aidait pas que ce soit à peine deux semaines après son retour du Terrier pour les vacances de Pâques, et une vague fraîche de mal du pays le lessivait. Cela lui manquait de pouvoir parler à Charlie la nuit, Annie et Peggy lui manquaient, son papa lui manquait, et plus que tout, sa maman lui manquait. Il était son bras droit, spécialement maintenant qu'elle devait passer tant de temps avec le bébé...

Cela avait été un sacré choc de recevoir la chouette, fin février, sur l'arrivée du nouveau bébé. Il aurait un autre petit frère ou petite sœur début septembre, peu de temps après l'anniversaire d'Annie. Pauvre bébé pensa-t-il. Un anniversaire en septembre. Parce que l'anniversaire de Annie était le premier, quand ils commençaient tous l'école, le sien était toujours fêté avant la fin août, et puis le jour même... rien. Bill pensait qu'il trouverait cela assez déprimant, mais Annie semblait n'en avoir cure comme elle recevait son cadeau plus tôt. Il s'était souvenu environ un mois après avoir commencé l'école qu'il avait oublié de lui souhaiter un bon anniversaire le jour même, comme il commençait à Poudlard et qu'il était compréhensiblement distrait. Quand je serai papa, pensa-t-il, je m'assurerai qu'aucun de mes enfants ne naîtra autour du premier septembre.

Son anniversaire était début janvier, alors il avait reçu ses cadeaux pendant les vacances de Noël, comme d'habitude. C'est une autre chose que je ne ferai pas quand j'aurai des enfants, pensa-t-il. Aucun enfant ne devrait être né trop près de Noël de telle sorte que les deux événements soient collés ensemble. Les cadeaux de Noël devraient être les cadeaux de Noël, et les cadeaux d'anniversaire devraient être les cadeaux d'anniversaire, et les deux ne devraient jamais se substituer les uns aux autres. Charlie avait de la chance. Son anniversaire était pour la saint Valentin, mais il avait un vrai cadeau d'anniversaire dans tous les cas car la saint Valentin n'était clairement pas la même chose que Noël.

Il poussa un autre soupir et regarda sa montre. Dans dix minutes, la cloche retentirait pour le déjeuner, et il sortirait de ces foutues serres et irait manger dans la grande salle. Tout autour de lui, les Griffondors et les Pouffsouffles de son année écrivaient les informations sur le filet du diable, et essayaient d'éviter de s'approcher de trop près du spécimen que le professeur Chourave leur montrait. Elle avait rendu les panneaux de verre givrés du toit complètement opaques, bloquant la lumière du soleil, afin qu'ils puissent voir comment était la plante quand elle n'était pas inhibée. Quand elle avait mit fin au sort des vitres du toit, et que la plante été revenue dans son pot surdimensionné, le garçon assis à côté de Bill avait sifflé entre ses dents, impressionné. Bill ne le connaissait pas très bien. C'était le garçon dont le nom n'était pas sur la liste de la répartition en septembre.

« Étonnant, n'est-ce pas ? » dit le garçon émerveillé, ses yeux ronds comme des soucoupes. Bill haussa les épaules avec nonchalance.

« Je suppose. Je préfèrerais quand même être en sortilège ou en métamorphose. Je ne pense pas m'être jamais plus ennuyé dans ma vie. » lui confia Bill dans un murmure.

Le garçon aux cheveux noirs leva les yeux de son parchemin. « Vraiment ? Je suis catastrophique à ces cours. A moins que ce ne soit un test écrit. Je peux bien expliquer la théorie. Simplement je... »

Ensuite Bill se souvint que ce garçon n'avait pas non plus pu voler quand ils avaient eu leurs leçons de vol durant le premier trimestre. Dès que Bill s'était avancé à côté de son balai et avait dit « Debout ! », il avait bondit dans sa main. Mais bon, lui et Charlie avaient volé autour du Terrier pendant des années, s'entraînant au Quidditch près du verger. Cela prit plus de temps pour quelques autres, mais en l'espace de dix minutes, tout le monde sauf ce garçon avait flotté dans les airs sur un balai, tandis qu'il se tenait à côté du sien à crier encore « Debout ! Debout ! », ayant l'air d'être à deux doigts de pleurer. Madame Bibine lui avait gentiment suggéré qu'il reste après pour qu'elle lui donne un cours privé. Bille n'avait jamais su si le garçon avait appris à voler.

Bill secoua la tête. « Je haie les tests écrits. Je peux les faire. Mais cela m'ennuie simplement. Je préfère faire de la magie, et pas simplement écrire dessus. Et l'histoire de la magie,... Bien, le moins on en parle, le mieux c'est. »

L'autre garçon rit. « La lecture pour cela ne me dérange pas. C'est très intéressant. Mais je suis d'accord avec toi pour les cours. Même moi je n'arrive pas à rester éveillé pendant celui là. »

Bill rit aussi, et un peu penaudement, parce qu'ils avaient été dans la même classe d'herbologie pendant toute l'année, il dit « Comment tu t'appelles ? »

« Geoff. Je te connais. Tu es Bill Weasley. »

Bill acquiesça. Le professeur Chourave avait eu à lui remonter les bretelles plus d'une fois parce qu'il s'était endormi en cour, enlevant des points à Griffondor pendant qu'elle y était. Bill frissonna en pensant au nombre de points qu'il avait coûté à sa maison parce que l'herbologie était juste avant le déjeuner, et qu'il s'endormait habituellement à cause de la faim.

Il était très content de ne pas être à Pouffsouffle. Il doutait qu'elle aurait été aussi indulgente avec lui que le professeur MacGonagall quand il était rentré des vacances de Noël et que Rusard voulait encore lui donner sa retenue. Bill lui avait expliqué que Booth avait entendu des bruits dans la salle commune (bien qu'il ne les ait pas décrits), et il avait pris pour lui d'aller demander à la grosse dame si quelqu'un avait ouvert le trou du portrait parce que personne d'autre ne voulait le faire. Contrairement à Rusard, MacGonagall avait approuvé son initiative et annulé la retenue. Bill avait essayé de ne pas avoir un sourire de maniaque en quittant son bureau. Il savait qu'il était la chose la plus proche d'un animal de compagnie qu'elle avait en première année, et il ne voulait pas qu'elle pense qu'il tirait avantage d'elle.

Les cours de sortilège et de métamorphose étaient ses préférés, et il apprenait toujours chaque nouvelle compétence avant tout les autres. A la fois Flitwick et MacGonagall lui demandaient fréquemment de passer dans les rangs et d'aider les autres qui ne saisissaient pas aussi rapidement. Tandis que Flitwick pouvait être complètement extravagant dans ses louanges, elle lui faisait juste un petit sourire et un signe de la tête quand elle voyait que ses mots patients produisaient les résultats voulus. A cause de cela, ses réactions comptaient toujours plus pour lui. Aucun des professeur ne laissait jamais passer un cours sans dire à Bill « Dix points pour Griffondor, Mr Weasley », souvent plus d'une fois (ce qui aidait à rattraper les points qu'il perdait avec Chourave)., mais le regard clair d'approbation de MacGonagall était toujours bien plus encourageant que vingt ou trente points de Flitwick.

Bill ne se plaignait aussi jamais si le professeur MacGonagall disait « Encore en retard en classe ! Cinq points de Griffondor, Mr Weasley. » comme il les rattrapait habituellement plus tard, à la fois pendant son cours et celui de Flitwick. (Flitwick, avait-il remarqué, n'enlevait jamais de points à personne. Il était aussi bien plus libéral que MacGonagall pour adresser des louanges.) Comme la métamorphose était en premier le matin, il restait parfois au lit (criant plus tard après Alex et Orville parce qu'ils l'avaient laissé faire) et manquait le petit déjeuner. Ces jours là, il devait se dépêcher d'aller en classe alors qu'il était en train d'enfiler sa robe et de mettre sa cravate, et il savait que son estomac grouillerait toute la matinée. Il souhaitait pouvoir trouver un moyen d'éviter d'être en retard : il se sentait très, très petit quand elle devait le réprimander ainsi. Aussi, quand il était en retard, elle ne le laissait pas aider les autres élèves, et était encore plus réticente que d'habitude à lui adresser ses louanges. (Il avait pulvérisé ses chances d'être un exemple en arrivant en retard)

Bien que sa responsable de maison puisse être très sévère parfois, et soit définitivement quelqu'un qu'on ne voulait pas mettre en colère (spécialement quand elle enlevait des points), c'était d'autant plus spécial pour Bill quand il voyait de regard d'approbation subtil sur son visage. Il n'était pas facile à voir, mais il y était. Bill avait appris quoi rechercher. Il avait aussi remarqué que les autres Griffondors de son année ne lui inspiraient pas cela. Elle ne le louait jamais trop cependant. Il pensait qu'elle ne voulait pas qu'il prenne la grosse tête, ou qu'il décourage les autres élèves. Bill n'était jamais content de lui ou vaniteux, et ses camarades de classe acceptaient son aide de bonne grâce, n'ayant jamais l'impression qu'il les regardait de haut.

Il regarda la gentille professeur Chourave, qui était néanmoins exaspérée fréquemment par lui. Aussi gentille qu'elle puisse être la plupart du temps, il ne pouvait possiblement pas imaginer que l'herbologie devienne un de ses cours favoris, mais Geoff semblait l'apprécier.

« D'où viens-tu Geoff ? »

Il haussa les épaules. « D'ici et là. Nous bougeons beaucoup. Et toi ? »

« De pas très loin d'Exeter. Nous sommes en dehors d'un village appelé Ottery St Catchpole. »

« Nous avons été à Exeter un temps. Des frères ou des sœurs ? »

« Un frère, deux sœurs, et un autre en route. »

Geoff eut l'air envieux. « Cela a toujours été simplement moi et mes parents. J'étais content quand j'ai finalement eu ma lettre de Poudlard, et que j'ai pu venir ici au lieu de reprendre mes affaires et de déménager tous les deux mois, parfois même tous les quinze jours... »

Bill le regarda du coin de l'œil. « Alors tu as eu une lettre ? Je me posais la question à ce sujet... »

« Oui, seulement elle avait l'air vraiment vieille. Et elle n'est arrivée que quelques jours avant le début du trimestre. Je sais que la plupart des gens ont eu la leur en juin. Je n'ai jamais réussi à comprendre cela. Peut-être que le problème était que nous déménagions souvent. Nous l'avons fait trois fois l'été dernier. Mais j'ai définitivement reçu une lettre. C'était le plus beau jour de ma vie. »

Bill acquiesça. Même s'il avait le cafard, il comprenait ce que voulait dire l'autre garçon.

Finalement la cloche retentit et Bill bondit, souriant, son cartable déjà fait et sur son dos. Orville et Alex marchèrent dans ses pas comme ils passaient sous l'allée de chênes qui faisait comme un tunnel les ramenant au château depuis les serres.

« Avez-vous jamais pensé que nous sortirions de là ? » grogna Alex comme ils marchaient lourdement sur le chemin glissant, les rameaux verts formant un toit au-dessus de leur tête.

« Jamais. » répondit Orville avec sentiment, frottant son estomac vide à travers sa robe.

Bill était silencieux, pensant aux merveilleux repas de sa mère, et souhaitant pouvoir être à la maison pour l'aider. Il ne l'avait pas laissé se lever la plupart du temps où il avait été à la maison. Il avait insisté pour aller lui chercher tout ce dont elle avait besoin. Il s'était occupé de border Annie et Peggy le soir tandis que son père travaillait tard au ministère (encore), et il était très sévère avec Charlie à chaque fois qu'il semblait prêt à faire une bêtise ou quoique ce soit qui pourrait créer plus de travail pour leur mère. Charlie s'était mis en colère après lui quelques fois à cause de cela, et Bill avait du se retenir pour ne pas le gifler quand il l'avait appelé 'maman' d'un ton très méchant.

Il soupira en mangeant son poulet rôti et ses pois. Il vit le garçon de Pouffsouffle, Geoff, assis à la table de l'autre côté de la salle, et il se demanda brièvement comment ce serait d'être enfant unique, et de vivre la sorte d'existence nomade qu'il avait de toute évidence vécue avant de venir à Poudlard. Puis Bill se demanda encore pourquoi Geoff n'avait pas été sur la liste des élèves à répartir. Il se demanda aussi pourquoi il avait reçu sa lettre de Poudlard si tard cet été...

Alex lui donna un coup de coude. « Vas-y. Va lui parler. Tu sais que tu en as envie. » Bill leva les yeux, alarmés, se demandant ce dont Alex parlait. Pendant qu'il pensait et qu'il mâchait, Bill avait regardé dans le vide, mais comme il écartillait ses yeux, il vit maintenant qu'il paraissait avoir regardé avec envie la table Serpentard, et en particulier Roxanne Maine-Thorpe.

Il grimaça et rendit son coup de coude à Alex. « Casse-toi. Je ne la regardait pas. »

Alex revint à son assiette, souriant. « Mais tu le fais assez souvent. Tu devrais te voir en potions... »

Bill pensa à lui répondre avec Mary Ann Boxwood, mais comme elle était assise juste en face d'eux, il décida d'ignorer son ami à la place. Il se pencha au-dessus de son assiette, déterminé à montrer qu'il ne donnerait pas deux noises pour ce que Roxanne Maine-Thorpe allait faire.

Lily Evans était assise à sa gauche, jouant avec sa nourriture avec sa fourchette, une expression vide sur le visage. Bill mâcha et avala.

« Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-il, soucieux. Elle acquiesça.

« Ca ira. » dit-elle, atone, sans le regarder. Puis elle se tourna et ramassa son cartable, partant sans regarder personne. Bill regarda son assiette pleine. Elle ne semblait pas avoir mangé quoique ce soit.

Les quatre garçons de son année la suivirent des yeux. Sirius essaya d'obtenir l'attention de Remus, en vain. Il donna un coup de coude à James, et le regarda avec les sourcils levés. James haussa les épaules et dit doucement. « Je découvrirai. »

Il se leva et la suivit. Dans le hall d'entrée, avant que Lily n'ait eu une chance de prendre l'escalier descendant aux donjons, il l'appela. Elle se tourna, ayant toujours la même expression vide.

« Qu'est-ce qui ne va pas, Lily ? » lui demanda-t-il, l'air très soucieux.

Elle ne put même pas rassembler l'énergie pour lui donner un faux sourire.

« Je vais bien. » mentit-elle, son visage fatigué et tiré. Il y avait des cernes noires sous ses yeux verts, qui avaient l'air très apathiques.

« Tu restes debout tard trop souvent ? » demanda-t-il. « Trop de révisions pour les BUSEs ? »

Elle secoua la tête, ne le regardant, mais plutôt un endroit indéterminé au sol. Elle semblait faire cela si souvent dernièrement, ne rien dire et regarder dans le vide. Il s'était tellement habitué à cela qu'il fut surpris quand elle croisa son regard.

« Est-ce que tu penses que je suis quelqu'un de bien, James ? » demanda-t-elle brusquement.

« Qu.. Quoi ? » bafouilla-t-il, surpris. « Bien... Bien sûr que tu es quelqu'un de bien, Lily. Pourquoi diable poser une telle question ? »

Mais maintenant, elle regardait quelque part au loin, secouant la tête lentement, comme en transe. « Aucune raison... »

Elle se tourna et commença à descendre les escaliers sans avertissement, ni au revoir. James continua à se tenir dans le hall d'entrée, se renfrognant, sachant que Lily n'allait définitivement pas bien, mais ne sachant pas pourquoi ou que faire contre cela. Elle était son amie, et il haïssait la voir ainsi. Est-ce que quelque chose la déprimait ? La connaissant, elle avait une crise de confiance pré-BUSEs. Il souffrait lui-même un peu de cela. Bonnie allait le rencontrer dans la bibliothèque après leur dernier cours. Il pourrait inviter Lily à les rejoindre. Elle avait vu que tout le monde se sentait anxieux et mal à l'aise pour l'épreuve à venir. Les BUSEs ne tardaient à personne, ou personne ne pensait bien s'en sortir. Elle avait besoin de voir que sa frousse était complètement normale.

Lily atteignit le donjon de potion et alla à son poste de travail. Elle déballa ses affaires et attendit que les autres élèves arrivent pour le cours, puis soupira en pensant à se dernière fois avec Remus...

Cela avait été seulement trois jours plus tôt, et comme d'habitude, quand ils étaient ensemble, ils étaient passionnés, mais après cela...

Elle balaya une larme errante qui était passée par son nez. Elle était sensée être si intelligente, et pourtant, elle se sentait tellement stupide. En janvier, après leur première fois, il l'avait évitée le jour suivant, et avait disparu les trois nuits d'après. La même chose s'était produite en février et puis en mars. A chaque fois qu'elle l'avait approché alors qu'il ne transpirait pas et ne tremblait pas, il ne semblait avoir rien à faire d'elle. Une fois, à la mi-mars, elle l'avait coincée dans une cage d'escalier isolée, et l'avait embrassé. Il avait répondu d'abord, l'approchant contre lui, mais ensuite, il l'avait brusquement rejetée, clamant qu'il devait aller en retenue, s'enfuyant plus vite que Lily n'avait jamais vu personne courir.

Il avait même complètement ignoré son anniversaire, alors que James, Sirius et même Peter s'en étaient souvenus. Quelqu'un d'autre s'était souvenu de son anniversaire aussi, et cette pensée lui réchauffait le cœur maintenant. Severus avait été tellement nerveux pour lui donner un cadeau, tellement timide. C'était un livre, bien sûr, mais c'était un livre de sonnets, surtout. Il avait bégayé et bafouillé tout le temps, puis s'était enfui avant même qu'elle ne puisse l'ouvrir et le remercier.

Elle soupira encore. Deux garçons qui l'aimaient. Un couchait même avec elle, et pourtant, elle n'avait pas de vrai petit ami, quelqu'un qui avoue vouloir s'occuper d'elle, quelqu'un qui veuille se comporter comme si elle n'avait pas quelque sorte de maladie, ou comme s'il avait honte d'elle...

Quand Severus Rogue arriva avec les autres Serpentard et prit place à côté d'elle, elle lui sourit brièvement avant de se retourner vers son travail. Il croisa son regard un instant, puis se détourna, lui donnant envie de frapper dans quelque chose. Qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? Elle pensa à la brève période à l'issue de laquelle Sirius avait décidé qu'il voulait être avec elle finalement. Elle pensa à Remus la touchant et l'embrassant passionnément... puis l'ignorant pendant des semaines et se comportant comme s'il avait peur d'être seul avec elle. Clairement, pensait-elle, c'est une aberration, pas la norme. La façon habituelle était que Lily Evans soit traitée comme une paria, une Intouchable. Elle avait l'impression de porter un grand panneau disant 'A éviter à tout prix. Si vous voulez une petite amie, regardez partout sauf ici'.

Quand elle avait vu que Remus allait à nouveau mal, il y a quelques jours, et l'avait approchée après le déjeuner. Elle lui avait touché le bras gentiment et lui avait demandé « Remus... as-tu... As-tu besoin de moi ? »

Il avait acquiescé avec désespoir, avec ce regard qui brûlait, et ils s'étaient hâtés vers les donjons et la salle poussiéreuse où ils étaient allés la première fois, et après cela, Remus avait tracé son visage de son doigt et dit doucement « Tu es si extraordinaire, Lily. »

Son cœur avait manqué un battement en voyant son regard. Elle avait amené sa main contre ses lèvres et lui avait rendu ce regard, voulant que ce moment ne se termine jamais. Mais ensuite il avait à nouveau regardé la carte, et découvert que d'autres élèves s'approchaient de la pièce où ils étaient, alors ils s'étaient habillés et étaient partis à la hâte. Ils étaient à nouveau dans le couloir près de la classe de potion quand elle se retourna et découvrit qu'il avait disparu. Elle s'était retournée et l'avait appelé, mais il était parti. Avait-il pris l'un des raccourcis de la carte ? s'était-elle demandée. Elle s'était appuyée contre le mur de pierre froide, s'affaissant, les larmes venant sans retenue comme il lui tardait d'être à nouveau dans ses bras, de simplement le tenir, et d'être tenue, de lui dire qu'elle l'aimait et entendre ces mêmes mots de lui. Mais cela n'arrivait seulement que dans ses rêves.

Elle remarqua que Severus était sur le point d'ajouter son foie de dragon coupé à sa potion trop tôt, et sans l'avoir assez finement haché. Elle l'arrêta avec sa main sur son bras, secouant la tête, afin que le professeur ne remarque pas.

« Merci. » chuchota-t-il, regardant aussi le professeur avec soin. « Peux-tu... Peux-tu rester et m'aider un peu après la classe ? Il y a une potion que j'essaye de préparer... J'aurais vraiment besoin de ton aide. Je commence à être un peu inquiet pour les BUSEs. »

Elle leva ses yeux vers ceux de Severus, puis se tourna et vit que Peter les observait tous les deux. Elle ne pouvait pas saisir son expression. Elle regarda à nouveau Severus et dit doucement « D'accord. »

Il lui sourit timidement, puis se retourna vers sa potion. Lily prit discrètement le foie de dragon et son couperet et le hacha finement sur sa planche à découper, le faisant repasser du côté de Severus quand elle eut fini. Il lui fit un petit sourire et dit forma le mot merci sur ses lèvres. Elle lui attribua un sourire brillant. Elle du le forcer un peu parce qu'elle se sentait encore au trente-sixième dessous, mais elle voulait faire cela. Elle avait aussi remarqué que Sirius les regardait, et contrairement à Peter, son expression était assez facile à lire. Il n'était pas content qu'elle sourie à Severus Rogue, pas content du tout. Casse-toi Sirius Black, pensa-t-elle.

A la fin du cours, ils rendirent leur fiole de potion, comme d'habitude, et nettoyèrent leurs postes de travail. Quand les autres élèves se préparaient à partir, le professeur remarqua que Severus ne rangeait pas ses affaires.

« Je reste pour faire du travail personnel, professeur. » lui dit Severus. « Un préparation pour les BUSEs. Lily va m'aider. » Lily remarqua que James tourna la tête en entendant cela, et elle se demanda pourquoi il avait l'air si intéressé.

Le maître des potions accepta cela et les laissa seuls dans le donjon. Severus sourit à Lily, et elle lui sourit aussi. Elle se pencha, regardant la page qu'il avait notée dans son livre de potion, se demandant ce qu'ils allaient préparer. Ses cheveux tombaient sur son visage, qui avait l'air très fatigué mais pas moins beau pour autant. Il retira les ingrédients nécessaires de ses fournitures.

Lily regardait ses mains comme il travaillait. Elle aimait ses longs doigts effilés. Ils étaient si élégants. Elle se demanda ce qu'il ferait si elle lui demandait s'il avait jamais joué du piano. Probablement qu'il s'enfuirait dans la nuit en courant, pensa-t-elle, se renfrognant. Il la regarda.

« Ca va Lily ? »

Elle lui fit encore un large sourire. « Oui Severus. Je n'ai jamais été mieux. » Je vais être joyeuse, pensa-t-elle. Enjouée. Un rayon de soleil virtuel. Personne ne sera compagnie plus plaisante. Comment est-ce que quelqu'un pourrait ne pas vouloir passer du temps avec moi ?

Il acquiesça, mais avait l'air un peu perplexe, comme s'il pouvait dire qu'elle forçait sa bonne humeur. « Bien ? » fut tout ce qu'il dit avant de retourner à sa préparation.

Ils discutèrent en travaillant, et lentement, Lily commença à se sentir mieux. Il ne s'ouvrit encore pas plus à elle que d'habitude, mais il ne recula plus au simple contact de sa main non plus, comme Remus le faisait quand il n'avait pas 'besoin' d'elle. Quand Severus ne regardait pas, elle admirait la façon dont sa moustache et sa barbe rasées de près encadraient son visage, définissant une mâchoire creuse et des hautes pommettes, se souvenant qu'elle avait été initialement énervée de remarquer cela le premier jour du trimestre, en septembre. Pourquoi étais-je énervée ? se demandait-elle maintenant.

Les flammes en-dessous du chaudron craquaient joyeusement, et Lily et Severus parlaient et riaient à l'occasion, comme ils travaillaient. Ils ne remarquèrent jamais le bruit de pas précautionneux sur le sol de pierre, des pas appartenant à quelqu'un qui était entré dans la pièce en portant une cape d'invisibilité. Une personne qui était restée longtemps après qu'ils soient partis, pensant à ce qu'elle avait vu, et essayant de trouver que faire à ce sujet...

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Notes de l'auteur : les lecteurs qui son familiers avec Charlie et la chocolaterie de Raold Dahls reconnaîtront que la deuxième potion que Madame Pomfresh donne à Lily possède les mêmes qualités que le chewing-gum qui transforme Violette Beauregard en myrtille humaine. (Lily, évidemment, ne subit pas ce sort)