La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre quatre

Se lier et aimer

Mardi 25 Août 1976

Bill se réveilla aux pleurs stridents de son nouveau petit frère demandant à être nourri. Il grogna, couvrit sa tête avec un oreiller, roula sur le côté et essaya de se rendormir. Les pleurs du bébé continuèrent sans diminuer. Il souleva son oreiller et regarda la pendule sur la table entre son lit et celui de Charlie. Dans la lumière grise d'avant l'aube, il pouvait voir qu'il allait être cinq heures du matin. Flûte, pensa Bill. Je serai tellement content de revenir à l'école…

Finalement, les pleurs du bébé diminuèrent et cessèrent complètement. Bill pensa que sa mère devait s'être installée dans la chaise à bascule dans le coin de la chambre de ses parents, et qu'elle devait avoir finalement donné le sein au bébé. Cela avait probablement dû lui prendre très peu de temps de glisser ses pieds dans ses pantoufles et d'aller jusqu'au berceau du bébé, puis de le prendre jusqu'à la chaise à bascule, mais cela avait rapidement rappelé à Bill que lorsqu'un bébé pleurait, cela semblait durer une éternité. Il soupira. Le bébé n'était pas attendu avant le trois septembre, mais il était né en avance, le vingt-deux août, presque deux semaine plus tôt que prévu. Cette arrivée avait jeté toute la maisonnée dans le chaos.

Bien, pensa-t-il, si nous avions écouté Peggy, nous aurions su…

Le matin où le bébé était né, Peggy l'avait réveillé tôt, se tenant à côté de son lit avec son pouce dans sa bouche, souriant autour du doigt baveux.

« Maman va avoir le bébé. » avait-elle dit d'un ton monocorde, écartant sa joue de ses dents avec le pouce, puis recommençant à le sucer. Elle n'avait pas l'air contente.

Bill l'avait fixée, à peine éveillé. Il n'avait pas pris avantage de l'habituel luxe traditionnel de pouvoir dormir tard en été, maintenant que sa mère était enceinte jusqu'au cou. Il était habituellement debout avec le soleil, habillant et nourrissant Peggy et Annie, tandis que Charlie était étendu dans son lit, ronflant légèrement, oublieux des responsabilités que Bill avait prises en charge. Mais ce jour là, Peggy l'avait réveillé plus tôt que d'habitude. Le soleil était à peine levé. D'un autre côté, s'il avait su à quelle heure le bébé le réveillerait, il aurait pratiquement considéré cela comme une grasse matinée.

« Que fais-tu déjà en dehors de ton lit ? » lui avait-il demandé, à peine capable de parler tellement il était fatigué.

« Je l'ai escaladé. » avait-elle simplement dit, autour de son pouce.

« Retourne au lit. » avait-il laconiquement dit, roulant sur le côté, et glissant sa main sous l'oreiller, remontant ses genoux et fermant à nouveau les yeux contre la lumière du jour. Plusieurs minutes étaient passées. Elle n'avait pas bougé. Il avait entendu son souffle régulier derrière lui.

« Maman va avoir le bébé. » l'avait-il entendu dire encore.

« Je sais ! » avait-il explosé, se retournant sur son lit, tapant dans son oreiller. « Tu as dit cela toute la semaine. Nous savons qu'elle va avoir le bébé. Laisse-moi tranquille. » Il roula encore, fermant ses yeux, se sentant légèrement coupable de s'être énervé. Elle n'avait pas encore quatre ans. Il ne devait pas se mettre en colère après elle. Elle irait à l'école du village pour la première fois en septembre, avec Charlie et Annie. Cette pensée le rendait un peu nerveux. Peggy était très brillante, mais parfois elle lui semblait encore très jeune, et il se demandait si ses parents auraient dû insister auprès de la maîtresse pour qu'elle autorise Peggy à commencer l'école une année plus tôt. C'était probablement à cause du bébé, raisonna-t-il, essayant d'imaginer sa pauvre mère s'occupant à la fois de Peggy et d'un nouveau né après avoir envoyé Charlie et Annie à l'école tous les jours.

Crotte. Avait-il alors pensé. Elle avait commencé à faire tourner ses rouages dans sa tête, de telle sorte qu'il était de moins en moins probable qu'il puisse les arrêter. Crotte crotte crotte.

« Elle va avoir le bébé aujourd'hui. » sa voix avait traversé l'obscurité derrière ses paupières. Il avait combattu la tentation d'ouvrir ses yeux et de la regarder, parlant à moitié dans son oreiller.

« Le bébé n'arrivera pas encore avant deux semaines, » avait-il grogné. « Retourne au lit Peggy. Ce n'est pas encore l'heure de se lever. C'est samedi matin… »

« Maman va avoir le bébé… »

« Vas-tu arrêter de dire cela ? » avait-il alors crié, frustré, perdant la bataille, et s'asseyant, ses cheveux roux en bataille dressés.

« La ferme Bill. » avait marmonné Charlie d'une voix endormie à travers le passage entre leurs lits.

« Ferme-là toi-même, Chikie. J'essaye de faire sortir Peggy d'ici. »

« Ne m'appelle pas comme cela. »

« Chickie-Chickie-Chickie. »

Un « Casse-toi. » étouffé était provenu de l'endroit où le visage de Charlie était pressé dans son oreiller.

« Maman va avoir le bébé. » avait encore dit Peggy, toujours complètement composée. Bill avait sifflé entre ses dents.

« Annie ! » avait-il appelé. « Annie, viens chercher Peggy et ramène-là au lit ! »

A travers le mur, il avait entendu son autre sœur crier. « Fais-le toi-même ! C'est mon anniversaire ! » C'était Annie. Entre tous, c'était la seule douée pour ne pas être exploitée. Personne ne prenait avantage d'Annie Weasley. Elle n'avait pas encore six ans, mais elle semblait déjà capable de prendre en main les gens autour d'elle, de les faire plier à sa volonté, et d'habilement éviter de se plier à leur volonté. Bill n'avait aucune idée de comment elle faisait.

Oui, je vais le faire, avait-il pensé, en faisant pivoter son corps et en amenant ses pieds s'écraser sur le sol à côté de son lit, prenant Peggy dans ses bras et la ramenant dans la chambre des filles. Elle y arrive parce que la laisse faire. Et tous les autres aussi.

Il avait remis Peggy dans son lit et froncé les sourcils à Annie, qui était allongée dans son lit avec ses mains sous sa tête, son visage parfaitement dénué d'expression.

« Ce n'est pas ton anniversaire aujourd'hui, c'est juste ta fête d'anniversaire. » lui avait-il rappelé. Son anniversaire était le premier jour du trimestre, alors sa fête avait toujours lieu plus tôt.

« Oui, et maman va tout ruiner en ayant le bébé aujourd'hui. » lui avait lancé Annie. Il avait grogné.

« Ne commence pas… »

« Peggy me l'a dit. » avait-elle simplement dit. « Elle sais ces choses là. Elle aura raison. Je ne veux pas qu'elle ait raison, mais elle aura raison. Tu verras. »

Bill l'avait regardée à travers la fente de ses yeux. Est-ce que leur petite sœur était une voyante ? s'était-il demandé, ne voulant pas le dire à haute voix. Elle s'était à nouveau mis en boule dans son lit, un tigre un peluche plaqué contre sa poitrine, le pouce ne quittant jamais sa bouche, ses longs cils roux par-dessus ses joues pâles et couvertes de tâches de rousseur. Elle avait l'air tellement ordinaire. Elle était probablement simplement…

« Arthur ! » avait-il entendu sa mère crier. « Arthur ! Va chercher la sage-femme ! Je viens de perdre les eaux ! »

Bill avait déglutit.

Maman va avoir le bébé.

Oui, c'était certainement le cas.

La fête d'anniversaire avait été annulée. Cinq familles avaient dû être informées du changement dans les plans. Puis ils avaient dû partir chez leur tante à Bristol tandis que leur mère travaillait à mettre au monde une nouvelle vie. Bill avait insisté pour rester et aider à faire bouillir de l'eau ou quelque chose comme cela, mais le premier cri à faire se dresser les cheveux sur la tête qu'il avait entendu venir des escaliers l'avait dissuadé de se disputer avec son père lorsque son idée avait été repoussée. Il s'était avancé dans les chaudes flammes vertes et avait peu de temps après déboulé dans la cheminée de la maison de sa tante Meg, content de ne pas avoir à entendre sa mère agoniser pendant des heures.

Dix heures plus tard, sa tante était arrivée dans le salon où Bill était en train de lire le Livre Standard des Sorts, niveau 2. Annie et Peggy étaient en train de jouer à la poupée sur le tapis, et Charlie essayait d'enseigner des tours au bouledogue de sa tante. Il regardait Charlie d'un air maléfique et refusait avec ferveur de faire le mort, de rouler, de s'asseoir ou de donner la patte. Charlie avait soupiré.

« D'accord alors, » avait-il dit à l'animal entêté. « Reste là et ne bouge pas un muscle ou ne montre aucune expression sur ton museau ! Ne fais rien ! Bien, bon chien ! »

Bill avait levé les yeux de son livre et rit. Normalement, Charlie était assez à l'aise avec les animaux, mais le chien de tante Meg pouvait passer pour une statue la plupart du temps. Un partie du problème était qu'il était assez âgé. Leur tante disait qu'il aurait quelque chose comme deux-cent dix ans s'il était un sorcier.

En secret, Bill pensait que Annie et le chien étaient des âmes sœurs. Personne ne peut te dire quoi faire, pensait-il en regardant le chien avec envie. Si tu ne veux pas,… Tu ne veux pas. »

« Les enfants ! J'ai de bonnes nouvelles ! Vous avez un nouveau petit frère ! » avait dit Tante Meg, en frappant des mains.

« Super ! » avait dit Charlie avec enthousiasme. « Un autre frère ! » Annie lui avait jeté un coussin à la figure. Pour une fois, leur tante ne s'en souciait pas. Elle était au début de la trentaine, mais elle et leur oncle Alfred n'étaient mariés que depuis une paire d'années et n'avaient pas encore d'enfants.

« Il s'appelle Percy, » avait continué tante Meg, « et il beau et fort et… »

« Percy ! » s'était exclamé Charlie, faisant une tête terrible. « Pourquoi lui ont-ils choisi un nom aussi stupide que cela ? Sûrement qu'il n'est pas trop tard pour en changer. »

Tante Meg avait mis ses mains sur ses hanches et foudroyé du regard son neveu. « Charles Weasley, tu vas bien te tenir. Percy est un très joli prénom. Ta maman m'a dit qu'elle pensait que c'était un nom parfait pour un bébé si c'était un garçon depuis qu'elle a reçu la première lettre de Bill venant de Poudlard. » Elle avait fait un signe de la tête à Bill. « Un des autres garçons dans son année s'appelle Percy, et elle a tant aimé le nom que… »

« Perry ! » avait alors explosé Bill, jetant son livre au sol. « Je lui avais dit que les autres garçons de mon dortoir s'appellent Alex Wood, Orville Simpson, Rembert Leonard et Perry Booth. C'est le diminutif de Peregrin. Je ne l'appelle même pas par son prénom habituellement. Seulement Booth. Ne me dit pas qu'elle a nommé le bébé d'après lui. »

Sa tante lui fronça les sourcils. « Peut-être que si tu écrivais mieux, ta mère aurait pu lire qu'il s'appelait Perry et non Percy. Honnêtement ! J'ai eu besoin d'un traducteur pour me lire le mot de remerciement que tu m'as envoyé pour ton cadeau de Noël. J'aurais pensé qu'avec ta mère derrière toi pour l' écrire, cela aurait au moins été lisible. » avait-elle ajouté, en connaissance de cause. « Alors, comme tu voulais que je te le dise,… Non. De toute évidence, tes parents n'ont pas appelé ton nouveau frère d'après Booth, comme tu l'appelles, car son prénom n'est pas vraiment Percy. »

Bill avait grogné. « Grr, mais elle pensait qu'il s'appelait Percy. » Il avait ravalé une douzaine d'explétifs qui lui auraient sans doute valu de se faire laver la bouche avec du savon. Perry. Percy. Alex ne va certainement jamais me lâcher avec cela avait pensé Bill.

La mère d'Alex avait aussi eu un bébé cette année, début mai. Il s'appelait Oliver. Le frère de six ans d'Alex s'appelait Leander. « Tu as remarqué un motif ? » avait-il sarcastiquement dit à Bill quand il avait découvert le nom du nouveau bébé. Alex était sûr d'avoir vent du mélange Percy/Perry et d'en tirer tout le jus.

Peggy avait levé son visage vers sa tante, ayant le même air que le matin, et avait dit « Maman m'a remplacée. »

Tante Meg avait traversé à grands pas le salon et hissé Peggy sur sa hanche. « Non, elle ne t'a pas remplacée, sotte. Tu peux partager ta maman avec le nouveau bébé. »

« J'étais son bébé, et maintenant c'est lui. »

Tante Maggie oscillait, tenant le petit enfant. « Oh, Peggy, Peggy… » avait-elle dit doucement, « Tu seras toujours le bébé de ta maman. Tout le monde reste toujours le bébé de sa maman… »

Peggy avait secoué sa tête contre l'épaule de sa tante, les larmes coulant sur son visage, sa lèvre inférieure boudeuse, l'air misérable. Bill se mordit encore les lèvres, incapable de saisir comment cela devait être pour elle. Il n'avait aucun souvenir clair d'être le seul et unique centre d'intérêt de la vie de ses parents, comme il était très jeune quand Charlie était né. Il ne se souvenait pas ne pas être un grand frère.

« Oui, bien, je suis celle dont la foutue fête d'anniversaire a été annulée. » avait alors asséné Annie, grognon.

« Annie ! » s'était exclamée tante Meg, scandalisée. Bill avait cependant remarqué que c'était l'étendue de sa réaction. Annie s'en tirait toujours avec des choses que lui et Charlie n'osaient pas faire, et dire « foutu » devant un adulte qui avait du pouvoir sur eux en était une.

Ils furent autorisés à rentrer à la maison le lendemain, entrant avec précaution dans la chambre de leurs parents, où leur mère était allongée dans le lit massif en érable sculpté, tenant une très petite chose rouge et ridée qui explosait soudain en une éruption de bruit quand elle avait faim. Leur père avait voulu prendre la journée suivante, mais il avait reçu une chouette urgente le soir, et il semblait qu'il allait devoir aller au bureau après tout. Le matin suivant, leur père avait donné un baiser d'au revoir à sa mère et avait transplané au ministère.

A partir de ce moment, la journée avait été un chaos complet et total.

Quand son père était arrivé à la maison, sa mère épuisée et dépeignée, l'avait coincé dans la cuisine étroite où il n'y avait aucune trace de thé. Peggy était collée à sa jambe, pleurant, et Bill essayait de la lui arracher, y arrivant finalement en tombant à la renverse et en se cognant la tête contre la table de la cuisine. Charlie et Annie étaient visibles par la porte du salon, se tirant les cheveux et rugissant « Dis-le ! » et « Non ! Tu le dis ! » encore et encore. En haut, les hurlements de bébé Percy étaient devenus assez forts pour être entendus en bas, et ce bruit commença à noyer tout le reste.

« Arthur Weasley, » lui avait dit Molly avec un tremblement dans la voix, à peine audible à travers le bruit que faisaient les enfants, « demain, tu t'occupes des enfants, sauf de Percy. Si tu ne peux pas prendre ta journée, alors tu devras les prendre à ton boulot. Je pourrai probablement les faire prendre par Meg pour le restant du mois après cela, mais… je… je… Je ne pourrai pas supporter une autre journée comme celle-là ! Je n'ai pas pu dormir, Annie et Charlie en ont constamment l'un après l'autre. Bill est à bout de force avec Peggy. Elle essaye de grimper sur moi pendant que je nourris le bébé, et je ne peux plus le supporter ! » Ses yeux étaient furieux, et il lui caressa doucement les épaules.

« Bien sûr, Molly. » avait-il dit d'une voix apaisante, comme si elle était un poney grincheux. « Bien sûr que je pourrai te les prendre. Un nouveau bébé est toujours très demandant, tu veux te consacrer à lui. »

Elle se frotta les yeux avec le dos de ses mains, qui avaient des cernes sombres en-dessous. « Ce n'est pas que je ne les aime pas tous, » avait-elle dit d'une voix lasse. « Je les aime. Mais maintenant, c'est… c'est simplement trop. Si Percy n'était pas arrivé si tôt, je pourrais m'en tirer. Après le début du nouveau trimestre, je devrais aller bien… » avait-elle assuré à son mari.

Bill avait levé les yeux vers ses parents depuis l'endroit où il était sur le sol. Sa tête lui faisait très mal, mais la chose la plus alarmante était la vue de sa mère partant en pièces. Il s'était souvenu de sa tante disant quelque chose à son oncle Alfred comme « J'espère que cette fois, la dépression post-natale de Molly sera… » avant que son mari n'ait remarqué que les enfants écoutaient.

Il avait ouvert en grand ses yeux, les désignant tous les quatre et disant « Chut ! Des oreilles traînent… »

Sa tante s'était tue, ses lèvres mordues. Bill avait considéré sa mère. Il savait qu'elle les aimait tous, mais, il avait réalisé en regardant autour de lui la maison en désordre et Charlie et Annie se tenant chacun une pleine poignée des cheveux de l'autre que parfois, c'était probablement dur de les aimer. Des fois comme celle-là.

Arthur Weasley avait pris sa femme dans ses bras et lui avait parlé à voix basse, comme si le bébé ne hurlait pas de plus en plus fort, comme si Charlie et Annie de menaçaient pas de se scalper l'un l'autre. « Bien sûr, Molly. » dit-il encore. « Je suis sûr que cela leur plaira de voir le ministère… »

Bill abandonna l'idée de dormir et s'assit, groggy. Ils n'étaient jamais allés au travail avec leur père avant. Bill savait que cela allait être son boulot d'empêcher que Annie et Peggy ne créent des problèmes… et Charlie aussi, mais il ne pouvait pas laisser entendre à Charlie qu'il allait faire cela. Il ne lui tardait pas d'avoir à faire à une Annie entêtée et à une Peggy au cœur brisé pendant toute la journée. Peggy n'avait presque rien fait depuis la naissance de Percy sinon d'insister sur le fait qu'il allait la remplacer dans le cœur de sa mère. Ce n'était pas comme cela qu'elle le présentait, bien sûr, mais Bill pouvait dire que c'était ce qu'elle voulait dire. Et il n'avait aucune idée de quand Annie allait lâcher le morceau pour sa fête d'anniversaire, mais il suspectait fortement qu'elle allait garder cette rancœur envers leur mère et Percy pour les années à venir.

Le soleil se leva finalement complètement et leur père entra dans la chambre, portant déjà sa robe, ses lunettes perchées sur le sommet de son crâne. Les cheveux roux commençaient à peine à se raréfier, même si c'était très légèrement.

« Allez les garçons ! C'est l'heure de se lever ! Il y a plein de choses excitantes à faire ! Vous allez voir ce que votre vieux papa fait pour gagner sa vie ! »

Bill jeta un regard de côté à un Charlie endormi qui semblait singulièrement dénué d'enthousiasme.

« Bon, heu, avez-vous vu mes lunettes, les garçons ? » dit-il en hésitant. Ils lui dirent qu'il avait les lunettes sur la tête. « Ah, elles sont là. Bien, bien. » bafouilla-t-il, les replaçant sur son nez, à leur place. Bill et Charlie échangèrent un regard. Cela allait être l'une de ces journées.

Ils s'habillèrent et Bill aida les filles à se vêtir. Ils avalèrent le petit déjeuner et continuèrent à écouter le bavardage excité de leur père sur les choses qu'il leur montrerait.

« Alors, nous irons au Chaudron Baveur par cheminette, » dit-il sans qu'il en soit besoin, en enfonçant une cueillère de porridge dans sa bouche à la table du petit déjeuner. « Vous avez tous déjà fait cela. Vous êtes tous allés faire des courses avec votre mère. Mais cette fois, nous n'allons pas au Chemin de Traverse. » Ses yeux bleus brillaient en les regardant tous. « Nous allons prendre le métro moldu jusqu'à une certaine station. » Il ménagea une pause pour le suspens. Charlie roula les yeux, tout comme Annie.

« D'accord, papa, » dit Charlie avec lassitude. « Pourquoi allons nous à une certaine station ? »

« Vous verrez ! » croassait maintenant leur père. Bill et Charlie échangèrent un regard. Leur père était vraiment très peu digne quand il était excité.

Leur mère les embrassa tous pour leur dire au revoir, portant encore sa robe de chambre, ses cheveux ressemblant à une serpillière orange hirsute. « Soyez gentils, tous. Et ne touchez à rien, spécialement dans le bureau de votre père. Arthur, assure-toi de garder hors d'atteinte des enfants tous les objets confisqués. On ne sait jamais ce pour quoi ces articles de contrebande ont été ensorcelés. »

Leur père rayonnait. « Allons-y les enfants ! Vous pourrez me regarder lancer des sorts de révélation sur les objets moldus de contrebande pour découvrir tous les sorts qui ont été lancés dessus ! Est-ce que cela n'a pas l'air excitant ? »

Les quatre se regardèrent avec apathie.

« Oui, super. » dit Annie en roulant des yeux.

« Annabel Weasley, tu vas bien te tenir. » lui dit sévèrement sa mère. « Je ne veux pas entendre parler d'un mauvais tour. C'est assez pénible d'avoir dû aller voir la directrice si souvent l'an dernier… »

Pour une fois, Annie eut l'air assez penaude, mais Bill n'était pas certain qu'elle ne jouait pas la comédie. « Oui maman » dit-elle humblement.

Ils s'avancèrent tous dans le feu après qu'elle les ai embrassés. Bill partit en dernier. Juste comme il s'avançait vers les flammes, il entendit Percy se réveiller et commencer ce gémissement caractéristique. Sa mère se tourna et commença à gravir l'escalier avec lassitude, et puis elle disparut de sa vue comme il été balayé vers Londres dans le réseau de cheminette.

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