Severia Dousbrune : C'est effectivement une famille originale.
Bonne lecture
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Bill et Peggy étaient déjà passés dans les rues de Londres avec un taxi pour se rendre à King's Cross, et puis sa mère en avait pris un autre pour les ramener tous les trois à la maison depuis Londres à la fin du trimestre (comme le vieux Tom ne voulait pas qu'ils repassent par le Chaudron Baveur). Mais Charlie et Annie, qui n'avaient jamais été dans la partie moldue de Londres avant, eurent l'air dépassés par son énormité quand ils passèrent du côté moldu pour la première fois de leurs courtes vies. Peggy donnait une main à Bill et l'autre à Annie comme ils s'avançaient vers la station de métro la plus proche.
Bill regarda son père tripoter l'argent moldu nécessaire pour payer les tickets. Les enfants les plus jeunes fixaient la station et la foule des gens, où personne ne portait de robe ou de chapeau pointu. Bill lutta pour ne pas fixer aussi. Il n'avait jamais été dans le métro avant, non plus, mais il ne voulait pas avoir l'air d'un paysan débarquant dans la grande ville pour la première fois. (même si ce n'était pas très loin de la réalité)
Quand le train rentra dans la station et que les portes s'ouvrirent, Charlie s'exclama « Regarde, papa ! Les portes sont magiques ! Les moldus peuvent faire de la magie ! »
« Chut ! » l'avertit son père. « Silence Charlie ! Cela marche à l'ékeltricité, pas à la ma… pas à ce que nous utilisons. Je ne comprends pas vraiment comment cela marche, mais… »
Bill rebondissait avec excitation sur ses orteils. Il ne restait que quelques personnes sur le quai. « Rentrons avant qu'il ne parte papa ! »
« Oh, exact, exact. » dit leur père, poussant sa progéniture dans le train juste à temps pour que les portes se referment derrière eux.
Bill regardait les moldus de près comme ils s'arrêtaient à chaque station, et le mélange des gens autour d'eux changeait constamment. La robe de sorcier de leur père lui valait quelques regards curieux, et un ou deux moldus échangèrent un regard et haussèrent les épaules, en disant « Prêtre ? ». C'est une bonne chose qu'il ne porte pas son chapeau, pensa Bill avec tristesse. Pour quelqu'un qui adorait les moldus, son père était une catastrophe quand il s'agissait de se faire passer pour l'un d'eux, ou même pour comprendre totalement la façon dont ils vivaient. Bill savait, par exemple, que le mot était électricité.
Quand ils arrivèrent à la station de Westminster, leur père les orienta hors du train. Bill commença à se diriger vers la sortie avec ses sœurs en remorque, mais son père l'appela. Il se retourna, confus.
« Par ici, Bill. » dit Arthur Weasley à son fils aîné, une lueur amusée dans les yeux. Bill fronça les sourcils. Son père lui indiquait un mur avec de nombreuses publicités pour les théâtres dessus. Quelque chose appelé Le piège à souris semblait très populaire. Les moldus regarderaient n'importe quoi avait conclu Bill il y a déjà longtemps.
« La sortie est par ici, papa. » dit-il, la montrant avec sa tête. Comme le dernier des moldus qui avait été dans le train avec eux disparaissait dans les escaliers, ils se retrouvaient seuls sur un quai déserté. Son père était simplement désespérant parfois. Mais cette fois, son père savait quelque chose que lui ignorait.
« Pas pour nous. » Il regarda furtivement alentour. « D'accord, tu passes en premier Charlie. Marche droit sur le mur, et ne ralentis pas. File juste droit devant très vite. Tu peux faire cela ? Sois un brave garçon, vas-y. »
Charlie fronça les sourcils et jeta un œil à Bill, qui haussa les épaules. D'accord, semblait dire son expression. Si j'atterri à l'hôpital parce que mon père m'a dit de marcher dans un mur, il aura à faire à maman. Le garçon de dix ans s'avança, balançant ses bras, ayant l'air de lutter pour ne pas mettre ses mains devant pour s'empêcher de marcher droit dans le mur, et puis… il disparut.
« Bien, Bill. Tu prends Peggy, et je viens après toi avec Annie. Marchez d'un bon pas. »
Bill fixa le mur où son frère avait disparu. Il n'aimait pas la barrière de King's Cross qui l'amenait jusqu'au Poudlard Express, et il n'aimait pas celle-ci non plus. Il s'avança avec Peggy légèrement derrière lui, luttant pour garder le rythme de sa marche. A ce qui aurait dû être le moment de l'impact, il tressaillit, mais se força à continuer à avancer…
… Et il se retrouva dans un couloir en forme de tube fait de briques couleur terre. De grosses dalles oranges recouvraient le sol. C'était comme être dans une canalisation d'égout géante avec un fond plat. Leur père apparut dans le couloir avec Annie un moment après que Bill et Peggy soient passés, et il tourna immédiatement à gauche, tenant encore la main d'Annie. Bill, Charlie et Peggy les suivirent sans un mot. Ils s'éloignèrent de quelque distance de l'entrée, qui n'avait aucune apparence distincte du côté magique.
Leur père marmonnait ce qui ressemblait à des nombres, et Bill réalisa que son père avait marché en regardant ses pieds, comptant ses pas. Son père se retourna et lui sourit. « J'ai l'habitude de transplaner. J'ai dû obtenir les instructions pour venir par ici. La plupart d'entre nous vient au travail en transplanant, mais il est bon de connaître aussi ce passage. S'il y avait un bouclage, transplaner serait impossible. » Puis il sembla penser un peu mieux à parler des bouclages, et eut l'air de vouloir ravaler ce qu'il avait dit. A cause de Vous-savez-qui, pensa Bill. L'été n'avait vu aucun répit dans l'activité des Mangemorts. Ses parents avaient pris l'habitude de lire la Gazette du sorcier et puis de la jeter au feu avant que lui ou ses frères et sœurs ne puissent la lire. Une fois ou deux, Bill avait réussi à chiper le papier avant qu'il ne soit brûlé, mais les nouvelles étaient si déprimantes qu'il ne tentait pas cela souvent.
Son père leva sa baguette et Bill vit qu'il y avait un léger relief sur l'une des briques, qui était celle où son père tapait maintenant avec sa baguette. Soudain, une arche apparut, et ils suivirent leur père par celle-ci. Ils étaient dans un couloir identique au premier. Après quelques minutes, il s'élargit brusquement en un grand espace circulaire d'environ vingt pieds de diamètre, avec de nombreuses portes sur le périmètre. Bill fixa les personnes visibles par ces portes. Ils n'avaient pas l'air très bien. Il regarda un sorcier portant une boîte avec une chose poilue bondissant dedans. Quand il disparut vers la droite de la porte, il semblait qu'il aurait dû réapparaître dans la porte qui n'était qu'à quelques six pouces de là. Cependant, un vieux sorcier chauve, aussi ridé qu'un rhinocéros, s'avançait vers le sorcier avec la chose poilue et bondissante, et il sembla qu'ils allaient se cogner. Lui aussi disparut et ne réapparut pas dans la porte où Bill avait vu le premier sorcier, bien qu'il semble qu'il aurait dû.
Puis Bill remarqua qu'il y avait des pancartes sur les Portes. CCE, BUIM, DSJM, DCMI, DRCCM et DTM étaient quelques unes des légendes. Son père expliqua que c'étaient les abréviations de Comité pour les Charmes Expérimentaux, Bureau des Usages Impropres de la Magie, Département des Sports et Jeux Magiques, Département de la Coopération Magique Internationale, Département pour la Régulation et le Contrôle des Créatures Magiques et le Département des Transports Magiques.
Ils virent aussi les portes du Bureau de Liaison avec les Gobelins, de la Brigade de Réparation des Accidents Magiques, et du Bureau du Détournement de l'Artisanat Moldu où leur père travaillait. Bill fronça les sourcils en regardant les portes, essayant simplement de comprendre ce qui n'allait pas. Les gens passant devant apparaissaient soudainement, puis disparaissaient tout aussi soudainement.
Son père vit son regard perplexe. « Tu veux savoir, n'est-ce pas, mon fils ? » Son père n'avait pas besoin de dire plus que cela. Bill acquiesça. « Ce sont des portails. » dit Arthur Weasley en souriant. « Quand tu passes par l'une de ces portes, tu arrives au vrai emplacement du bureau de l'autre côté. Les portails sont tous vraiment ici, mais les bureaux sont dispersés dans tout le métro londonien. »
« Le métro ? »
« Pendant la guerre, le ministère de la guerre moldu utilisait les vieilles stations du métro en tant que bureaux militaires. Ils utilisaient des stations qui n'étaient déjà plus utilisées. Je me souviens que papa disait qu'ils les utilisaient comme abris pendant les raids aériens, quand le besoin s'en faisait sentir. Cela allait très bien pour ça. J'ai été envoyé dans le nord, pendant la guerre, bien sûr, avec le restant des enfants, et les enfants moldus aussi. Vous pouvez imaginer ? Pratiquement tous les enfants du pays, moldus ou sorciers, envoyés à la campagne. Après la guerre, notre ministère a conclu un marché avec le premier ministre moldu pour occuper les vieux bureaux souterrains. Les moldus ne peuvent plus y accéder. On ne peut les atteindre que si l'on sait transplaner ou si l'on sait comment venir ici depuis la station de Westminster. A part par Aldwych, mais je ne vais pas rentrer là-dedans maintenant. C'est bien plus pratique d'utiliser les portails que de transplaner de bureau en bureau, ce que l'on ne peut de toutes façons pas faire quand on est avec un suspect. »
Deux des portails n'étaient pas comme les autres. Un ne montrait pas de bureau avec des gens s'affairant. C'était juste un rectangle noir, sans panneau. L'autre ne ressemblait pas du tout à un portail. C'était un autre couloir arrondi, dont les briques couvraient toute la surface, comme dans le passage qu'ils venaient d'emprunter. Son père vit que Bill regardait le portail obscur. « Les langues de plomb. » dit-il à voix basse. « Département des mystères. Ils peuvent sortir, mais personne d'autre ne peut rentrer. Sauf que je n'ai jamais vu vraiment sortir quiconque de là… »
Peggy se tenait debout, regardant le rectangle noir, les sourcils froncés. Elle semblait écouter avec intensité.
« Laissez-moi vous montrer quelque chose d'autre avant d'aller à mon bureau. » dit-il, prenant la main de sa fille cadette et la traînant derrière lui dans le couloir en forme de tuyau couvert de briques, qui se dirigeait brusquement vers le bas. Bill et les autres suivirent, et après qu'il ait tourné quelques fois, la pièce ronde avec les portails des bureaux n'était plus visible derrière eux. Il y en avait plus d'un que leur père ne leur avait pas expliqué, mais Bill ne lui posa pas de questions comme ils descendaient plus loin. Après quelques minutes, le couloir s'arrêta. Ils étaient face à une grande porte en bronze, portant les lettres 'MM' joliment enlacées en relief. Leur père dit quelque chose que Bill ne saisit pas, et la porte s'ouvrit vers eux. Ils entrèrent et se retrouvèrent dans un autre couloir, rectiligne au lieu d'être courbe. Bill pensa qu'il ressemblait remarquablement aux couloirs des donjons de Poudlard. Ils continuèrent tous à suivre leur père.
Ils tournèrent à un autre coin et arrivèrent devant une autre grande porte de bronze. Leur père pointa sa baguette vers elle et dit « Alohomora ! ». La lourde porte de bronze s'ouvrit et ils entrèrent.
Ils étaient en haut d'un pièce qui était une espèce de fosse. Des rangées de bancs s'étalaient devant eux, un peu comme dans un entonnoir carré, selon Bill. Il y avait un espace ouvert et plat au centre. Un chaise était au milieu de cet espace, avec des chaînes sur le dos et les pieds, faisant penser à Bill qu'elle n'était pas réservée au ministre de la magie.
« Savez-vous où cela se trouve ? » demanda leur père.
« Que veux-tu dire ? » répondit Charlie.
« Qu'y a-t-il au-dessus de cela ? Au-dessus de l'endroit où nous nous tenons maintenant. Vous savez ? »
Les quatre enfants secouèrent bêtement la tête.
« Le Parlement. » Il sourit en voyant leurs visages choqués. « Est-ce que le professeur Binns n'a pas traité cela avec toi, Bill ? » Bill avait à peine passé ses examens d'histoire de la magie. Il ne pouvait jamais rester éveillé pendant les cours. Il évita le regard de son père. « Comment appelait-on Londres au temps des Romains ? »
Bill réfléchit, se mordant la lèvre. Il pensa qu'il connaissait cela, mais sa réponse ne sembla pas très sûre. « Londinium ? »
Son père acquiesça. « Exact. Bien. Et tu sais depuis combien de temps cette chambre se trouve ici ? » Il n'attendit pas de réponse cette fois. « Depuis très, très longtemps. Avant même qu'il y ait jamais eu un endroit appelé Londinium. Avant qu'il y ait eu un Parlement, ou un premier Ministre. »
« Avant les rois et les reines ? » fit Peggy de sa voix aiguë, le pouce dans sa bouche rendant ses mots un peu étouffés.
« En fait, non, Peggy. Mais c'était avant qu'il y ait un roi ou une reine qui gouverne toute la Grande-Bretagne. Avant qu'il y ait en fait une Grande-Bretagne. Ceci se trouve ici depuis les jours où il y avait de nombreux rois et de nombreuses reines sur cette île, régnant sur de nombreux royaumes. En quelques endroits, on appelait les gens chefs au lieu de rois ou reines. Et pas qu'en Écosse. Et vous savez ce qu'il y avait d'autre ? »
Bill fronça les sourcils et secoua la tête. Son père soupira et regarda autour de lui. « Il y avait la magie. » dit-il doucement, avec de la tristesse dans sa voix. « Je ne veux pas dire que nous n'avons pas la magie maintenant, bien sûr. Je veux dire que personne n'avait à cacher sa magie. Les sorciers et les moldus vivaient côte à côte, et personne ne s'inquiétait de ce qui arriverait si un moldu voyait un sort être lancé, ou une potion être préparée. Les personnes magiques étaient parmi les plus importantes dans les villages, en fait, et elles pouvaient bien vivre en lisant l'avenir, en fournissant des élixirs pour les maladies et en donnant aux gens des sorts de chance pour leurs nouvelles maisons, ou comme cadeaux de naissance… » Il soupira encore. « C'était un âge d'or, quand les murs que nous avons aujourd'hui entre les sorciers et les moldus n'existaient pas, et que cela importait peu. »
« Qu'est-il arrivé ? » demanda Annie.
Il soupira. « Les romains sont arrivés. Jules César a envahi la Grande-Bretagne… quand Charlie ? » lui demanda soudain son père.
« Heu… » hésita Charlie.
« Bill? »
Bill se mordit la lèvre. « En 55 avant JC ? » dit-il lentement, en hésitant.
« Exact ! » dit son père en souriant. Bill poussa un soupir de soulagement. Charlie ne semblait pas dérangé que son frère ait répondu à sa place.
« Rome avait déjà expulsé les sorciers et les sorcières, habituellement astrologues, depuis presque un siècle. » continua leur père. « Les envahisseurs amenèrent leurs sentiments anti-magie avec eux. Ici, comme à Rome, consulter un devin, ou être un devin, spécialement si l'on parlait du sort de l'empire ou de l'état, était considéré comme un acte de trahison. »
Bill jeta un coup d'œil à Peggy, se demandant si elle écoutait. Il vit Annie regarder Peggy aussi, comme si ses pensées étaient les mêmes que celles de Bill. Peggy chantonnait et sautait dans les rangées de bancs, s'amusant beaucoup, comme si cette chambre avait vraiment été construite pour que les enfants de trois ans puissent faire du sport. Elle semblait totalement insouciante pour la première fois depuis que le bébé était né, comme si tout ce que leur disait leur père lui passait au-dessus de la tête. Ce qui devait être le cas. Soudain, Annie abandonna son air sérieux et grave et redevint une enfant de six ans tout à faut typique, rejoignant sa sœur dans le jeu de sauter en haut et en bas dans les rangées de bancs. Charlie avait l'air de vouloir les rejoindre. Il se rongeait les ongles, clairement nerveux.
Bill se retourna vers son père. Il éleva sa voix pour être entendu par-dessus le bruit que faisaient les filles en sautant de banc en banc. « Trahison ? » demanda-t-il, perplexe. Arthur Weasley rit.
« Oui. Poser des questions sur le sort de l'empereur était considéré comme une trahison parce qu'on pouvait être un rival politique, tu vois. Et si l'empereur demandait qu'on lui dise son avenir, et qu'on prédisait sa mort, ou la chute d'une ville face à une armée ennemie, c'était aussi une trahison. Même si on se contentait juste de lire les signes. En parler était être le porteur de mauvaises nouvelles… Ce qui signifiait qu'ils ne voulait pas vraiment savoir ce qui allait arriver, bien sûr. Et une femme qui utilisait certaines, heu, potions magiques sans l'accord de leur mari pouvait être tuées, ainsi que la personne qui avait faite la potion pour elle. Les philtres d'amour étaient habituellement le plus gros du commerce des sorciers et sorcières, mais ils étaient complètement illégaux. En dépit de cela, les empereurs se faisaient faire des potions pour eux tout le temps, et Tibère avait aussi un astrologue à sa cour, Thrasyllus, qui était considéré comme détenant le pouvoir derrière le trône. En tant qu'empereur, il pouvait faire et défaire les lois à sa guise. Pour la plupart, les sorciers et sorcières qui lisaient l'avenir, ou faisaient des potions utilisaient la magie pour fuir les persécutions ou acceptaient simplement de s'exiler de Rome. Quatre mille personnes magiques ont quitté Rome sous Tibère. »
« Et puis il y a eu Caligula. Il s'est lui-même déclaré comme une divinité et à demandé à être vénéré. En Judée, en particulier, les gens ont complètement refusé, comme c'était contre leur religion. De nombreux sorciers, plutôt libres d'esprit, non pas voulu non plus. Heureusement, Caligula s'est fait assassiner, et les Judéens ont été en sûreté un peu plus de temps. Mais cela n'a duré qu'une trentaine d'années de plus. Et puis il y a eu Néron, qui a décidé de tenir les chrétiens pour responsables de l'incendie de Rome, comme beaucoup de monde le désignait coupable. La plupart des gens ne croyait pas qu'ils étaient responsables, et les sorciers et les sorcières ont travaillé à en secourir autant que possible, bien que beaucoup soient morts de manière sordide.
Charlie chuchota « Comment ? »
Son père haussa les sourcils. « Bien, ils étaient accusés d'avoir brûlé Rome, alors Néron… » il ne finit pas.
Charlie saisit ce qu'il voulait dire et déglutit. « Oh. » dit-il doucement. Son père lui fit un sourire grave et lui donna une tape sur l'épaule.
« En ces temps là, comme les sorciers et les sorcières étaient considérés comme hautement suspects parce qu'ils pouvaient dire l'avenir, ce qui incluait prévoir la mort de l'empereur, et concocter de puissantes potions, qui pouvaient être utilisées pour empoisonner l'empereur. Ils étaient plutôt compatissants envers les autres groupes qui étaient accusés de trahison simplement parce qu'ils ne voulaient pas vénérer l'empereur. Quand des sorciers ou des sorcières étaient arrêtés pour des faits de sorcellerie, ils n'utilisaient pas simplement la magie pour se sortir de prison… Ils libéraient aussi les prisonniers qui étaient dans des situations similaires, comme les Judéens zélotes, et plus tard les chrétiens. Parfois certains refusaient de partir, même quand les portes des prisons étaient grandes ouvertes. Ils avaient déjà décidé d'être des martyrs. »
Bill fronça les sourcils. « Pourquoi est-ce que quelqu'un qui n'en a pas besoin choisirait de mourir ? » Mais ensuite il se souvint que les parents de James Potter étaient morts en se battant pour en sauver d'autres, et qu'ils avaient peut-être su qu'ils étaient condamnés, et avaient pourtant continué. Son père grimaça et le regarda.
« C'est un choix que certaine personnes font, Bill. » dit-il doucement, et Bill fut surpris par le regard dans les yeux de son père. Il savait à coup sûr que s'il devait mettre sa vie en jeu pour l'un de ses enfants ou leur mère, Arthur Weasley le ferait sans se poser de question.
« Bien, » continua son père « juste une poignée d'année après l'incendie de Rome, l'empire a finalement réussi à mettre fin à la rébellion qui durait depuis des années en Judée. Cela cause des problèmes depuis presque deux mille ans maintenant, bien que depuis que je suis monté dans le nord quand j'étais jeune, les nouvelles de guerre moldues me déprimaient tellement que je les évite maintenant…
« La loi de Rome avait été la loi du pays, ici, en Bretagne, depuis l'invasion de Jules César, même s'il y avait plein de gens rebelles qui ne l'aimaient pas. Techniquement, c'était autant un morceau de l'empire que Rome elle-même, même si c'était bien loin. Quand un gouverneur arrivait au pouvoir et qu'il était plus intransigeant avec les lois anti-magie, les sorciers quittaient Londinium pour la campagne, sauf pour ceux qui habitaient sur le Chemin de Traverse, qui avait déjà été protégé des moldus après l'invasion. Cachés par la magie, certains sont restés au cœur de la cité, loin des yeux agressifs des romains. » Il regarda pensivement la chambre. « Après la chute de l'empire, ici ou là au fil des ans, il y avait des fois où il y avait des dirigeants qui permettaient au peuple magique de sortir du couvert en sûreté. Savez-vous qui l'un d'eux était ? » Il haussa significativement les sourcils à Bill, qui fut content de connaître celui-là.
« Arthur. » dit-il avec certitude.
« Oui, Arthur ! » croassa son père. Ensuite, comme s'ils ne connaissaient pas le prénom de leur propre père, il rajouta « Mon prénom ! »
Annie se trouvait en train de sauter le long d'un banc juste à côté d'eux à ce moment-là. En passant, elle roula les yeux.
« Et puis ensuite, qu'est-il arrivé ? » demanda Charlie, voulant authentiquement savoir. Leur père ne le remarqua pas en train de pincer fortement Annie sur le bras. Elle vacilla, mais sembla déterminée à ne pas crier de douleur. Elle écrasa son pied droit sur le pied gauche de Charlie comme leur père fixait le plafond, oublieux.
« Ah, bien, après la mort d'Arthur, ce fut une période obscure. Il y eu les invasions viking. Une époque très difficile. Et puis il y a eu l'Inquisition. Personne ne se souciait de ce que Merlin signifiait pour le roi Arthur. Personne ne semblait se souvenir que les sorciers aidaient les chrétiens à s'enfuit de prison quand ils étaient arrêtés par les romains. L'Église a commencé à chasser toute magie, l'appelant hérésie, et les sorciers et sorcières étaient appelés hérétiques, même s'ils étaient nombreux à être chrétiens. Nombre de membres du clergé étaient des sorciers en plus, et il y avait des ordres entiers de moines ou de nones qui étaient composés de sorciers ou de sorcières. Peu importait. Ils furent tous désignés comme apostas et excommuniés, et parfois chassés de leurs maisons et de leurs villages. »
« Est-ce qu'ils ne pouvaient pas utiliser la magie pour contre attaquer ? » demanda Annie, surprenant Bill. Il n'avait pas pensé qu'elle faisait attention. Maintenant, elle était une paire de rangées en dessous de la leur, essayant de tenir sur un pied sans tomber. Peggy était affalée dans la chaise du bas, avec les chaînes. Elle haletait, à bout de souffle.
« Ah, mais ils ne voulaient pas blesser les moldus. Quelques uns ont utilisé la magie pour s'échapper, mais c'était un point d'honneur parmi les sorciers de ne jamais blesser de moldus. Si un moldu voulait vous engager pour lancer quelque sort terrible sur quelqu'un d'autre, c'était un terrible crime au sein des nôtres. Je pense qu'après avoir vécu pacifiquement avec les moldus pendant si longtemps après la chute de Rome, cela semblait incroyable qu'ils ne soient plus considérés comme humains. »
« Les sorciers et les sorcières qui étaient pris en garde à vue essayaient de raisonner leurs amis et leurs voisins. Vous voyez, ils connaissaient les gens qui les persécutaient. Ce n'étaient pas des soldats romains sans visage qu'ils n'avaient jamais vu avant. Ce n'étaient pas des étrangers. Mais soudain, le peuple magique n'était plus toléré. Tu demandais pourquoi quelqu'un voulait choisir d'être un martyr, Bill. Bien, beaucoup des nôtres ont préféré être martyrisés plutôt que de toucher à un cheveu de la tête des moldus où d'utiliser la magie pour s'échapper. C'est plus tard, pendant d'autres chasses au sorcières du Moyen Age, après les croisades, que les sorciers et les sorcières ont utilisé la magie, comme ils l'avaient fait sous les romains, ou ont fait des choses comme lancer des sorts de gel sur les flammes quand ils étaient brûlés au bûcher. » Il soupira encore bruyamment. « Ils étaient convaincus que leurs voisins et amis ne pouvaient possiblement pas simplement se tenir là et les regarder mourir, et même applaudir cela. Mais ils ont exactement fait cela. »
« Et puis Poudlard fut fondé… » dit doucement Bill. Son père acquiesça.
« Oui. Et à cause de l'Inquisition, Salazar Serpentard ne voulait pas d'élèves nés de moldus à l'école. Je pense qu'il devait avoir perdu des membres de sa famille pendant les purges, mais nous ne savons pas vraiment. La raison exacte de ses sentiments est maintenant perdue à jamais. Il y a des rumeurs qu'il est allé en France, après son désaccord avec les trois autres fondateurs, mais c'est une autre chose dont nous ne sommes pas sûrs. »
Ils retournèrent au bureau de leur père, les filles traînant des pieds. Elles aimaient jouer bruyamment. Ils rencontrèrent ses collègues, et Bill pouvait dire que cela démangeait à son frère et à ses sœurs de toucher quelques uns des objets confisqués qui se trouvaient dans la réserve pendant que leur père écrivait des lettres aux gens sur les objets qu'ils avaient enchantés. (Il se sentait un peu tenté lui-même, et se demanda si cela était jamais un problème pour son père.) Bill jeta un coup d'œil à l'une des lettres que son père avait fini, pendant que celui-ci en écrivait une nouvelle.
Cher Mr Tansy,
En charge du Bureau du Détournement de l'Artisanat Moldu, je voudrais m'excuser de vous avoir confisqué votre bicyclette. Je tiens compte du fait que vous ameniez votre chien au vétérinaire pour une urgence (je vous accorde le bénéfice du doute qu'il s'agit bien d'un chien, comme les Créatures Dangereuses concernent un autre département), mais votre voisin, un respectable professeur d'histoire moldu, a eu une vue directe de cette activité, ce qui est en violation avec le Code International du Secret de la Sorcellerie. C'est dommage qu'il n'ait pas été un journaliste, comme personne n'aurait cru ce qu'il avait vu s'il l'avait dit. Et vous avez beaucoup de chance qu'il ne soit pas un bookmaker. Tout le monde croit chacune de leur parole.
La bicyclette vous sera retournée après que nous en ayons ôté tous les sortilèges. Pour nous aider dans notre travail, si vous pouviez nous hibouer les sorts spécifiques que vous avez placés dessus, cela serait très utile. Jusque là, nous sommes bien sûr conscient du sort de vol (qui, selon la loi, ne peut être lancé que sur les balais, et seulement par les fabricants de balais licenciés). Nous pensons qu'il y a aussi un sort de freinage, mais nous ne savons pas si ce sort concerne toute la bicyclette, un peu comme le sort de freinage d'un balai, ou s'il rentre en action quand on presse le levier qui active les freins moldus. Nous avons de nombreux objets à traiter tous les jours, et plutôt que de passer des heures et des heures à démanteler votre bicyclette, votre coopération faciliterait notre travail. (Et votre bicyclette vous serait rendue plus rapidement.)
J'espère que votre voisin se porte bien après les sorts que les obliviateurs lui ont lancés, et j'espère qu'il n'a pas trop oublié de l'histoire qu'il enseigne. (l'obliviateur n'a eu le temps de lui parle que de la chute de l'empire romain). Une fois que vous aurez décidé de vous déplacer en balai, j'ai confiance dans le fait que vous volerez de nuit. Je ne pense pas que des sorts de mémoire supplémentaires seraient dans l'intérêt de votre voisin, comme le Moyen Âge pourrait sortir de sa tête s'il en reçoit un autre.
J'espère bientôt recevoir de vos nouvelles,
Arthur Weasley
Détournement de l'Artisanat Moldu
Ministère de la Magie.
Bill fronça les sourcils. « Vous êtes plutôt légers avec lui, n'est-ce pas ? Et vous lui demandez de vous aider ? Et s'il vous dit juste d'aller vous faire… et s'il dit non ? »
Arthur Weasley soupira. « Presque tous font cela. Je hais le dire, mais ce sont habituellement ceux qui ne sont pas très brillants qui coopèrent. Alors nous devons démonter la plupart des choses nous-même, mais au cas où quelqu'un serait vraiment intéressé par nous épargner le problème, nous pensons que cela ne peut pas faire de mal de demander. »
Bill replaça soigneusement la lettre de son père sur la pile et les quatre enfant s'assirent sur les chaises dans le périmètre de la pièce, balançant impatiemment des jambes. Après un petit moment, leur père leva le nez, vit à quel point ils étaient excités et dit « Écoute, Bill. Pourquoi ne prends tu pas Charlie et les filles à la cantine pour un petit quelque chose ? Viens, je vais te marquer les directions à suivre… »
Bill, son frère et ses sœurs quittèrent le bureau du Détournement de l'Artisanat Moldu, Bill en tête, portant le parchemin que leur père lui avait tendu, et louchant sur la petite écriture de son père.
Quand ils arrivèrent, ils découvrirent qu'elle était vide, à part une jeune sorcière replète qui lançait des sorts de nettoyage sur les tables, et un vieux sorcier aux cheveux gris qui était assis dans un coin, lisant la Gazette du Sorcier et versant quelque chose d'une petite flasque dans un thé chaud et fumant. Les quatre s'assirent à une table assez éloignée de celle du vieux sorcier, regardant autour d'eux avec soin, et se demandant comment ils allaient avoir à manger.
Après quelques minutes, la sorcière vit qu'ils pataugeaient, et elle vint à eux leur expliquer le système. Ils se levèrent et allèrent chercher des assiettes à la table centrale, et quand ils revinrent à l'endroit où ils avaient été assis, chacun présentant son assiette pour la commande.
« Pudding au pain à la sauce caramel. » dit rapidement Charlie à son assiette.
« Pudding au fruits secs. » dit impérieusement Annie à son assiette.
« Que veux-tu Peggy ? » lui demanda Bill, ne sachant pas s'il devait la laisser commander toute seule.
« Délice turc. » dit-elle clairement à son assiette, l'ignorant.
Bill haussa les épaules, décidant de suivre. « Génoise aux fraises et à la crème anglaise. » dit-il à son assiette. Leur mère aurait une attaque si elle savait la quantité de sucreries qu'ils avalaient avant le déjeuner, mais leur mère n'était pas là. Ils avaient rarement beaucoup de bonbons à la maison. Des puddings après le thé, et ils avaient un peu d'argent de poche qu'ils pouvaient utiliser pour acheter des bonbons quand ils allaient au Chemin de Traverse. Mais ils n'avaient jamais de sucreries si tôt dans la journée.
« Bill, nous allons avoir besoin de torchons pour essuyer. » lui dit Peggy à un moment. Ses mots étaient un peu déformés comme elle mâchait.
Bill fronça les sourcils. « Pour essuyer quoi ? Ils ont plein de gens qui font cela, ou des elfes de maison, ou quelque chose… »
« Mais nous allons avoir besoin de torchons pour essuyer quand Charlie va renverser son jus de citrouille. »
Bill rit. « Tu n'as pas grande confiance en lui, n'est-ce pas ? » mais un instant plus tard, Charlie avait donné un coup de bras dans son gobelet et renversé le jus de citrouille au milieu de la table, nécessitant un peu d'agitation pour dégager la zone humide. Charlie fit la tête à Peggy.
« Tu m'as lancé un maléfice ! Si tu n'avais pas dit… »
« Elle le savait simplement, Chikie. » l'interrompit Annie. Charlie grogna vers elle.
« Ne m'appelle pas comme cela ! »
« Attention Annie… » commença à dire Peggy comme Charlie prenait une poignée des cheveux de sa sœur.
« Tu aurais pu me le dire plus tôt ! » se plaignit Annie, comme sa voix s'élevait en un hurlement.
« Silence ! » leur commanda à tous Bill. « Toi, » dit-il en parlant à Charlie, « tu nettoies tes bêtises. Vous » dit-il aux filles, « vous prenez votre nourriture et allez manger à la table là. Je ne veux plus entendre aucun son de l'un d'entre vous pendant que nous sommes ici. Compris ? » Ils le fixèrent pendant une seconde, comme s'ils ne l'avaient jamais vu avant. Charlie enleva lentement ses mains de la tête d'Annie et alla chercher un chiffon pour nettoyer la table. Bientôt, ils étaient tous assis et mangeaient encore en silence.
Quand ils eurent tous fini, sauf Charlie, ils se levèrent pour partir. Bill prit les mains de Peggy et Annie. « Tu viens Charlie ? »
Charlie leva les yeux vers lui, perdu dans sa félicité, ses yeux bruns légèrement vitreux, sa bouche pleine. « Mom. Ouiallé. Ve bou reouin bite. »
Bill lui fronça les sourcils. « Je vous rejoins vite. » dit Annie, traduisant, un ton impatient à sa voix. Bill acquiesça et se tourna pour partir.
Dans le couloir, il dit à Annie. « Tu ferais mieux de bien te tenir cette année à l'école Annie. Tu dois être un exemple pour Peggy, et maman va avoir assez à faire avec le nouveau bébé sans que tu sois mise au coin tout le temps. »
Elle se rebiffa. « J'étais bonne l'an dernier. »
Il lui serra davantage la main. « Pas aussi bonne que tu aurais pu ou aurais dû l'être. Je veux dire, cette fois où tu as mis ces salamandres dans le déjeuner de Charlie… »
« Ce foutu crétin m'a balancé ! » s'exclama-t-elle. Bill s'arrêta, choqué.
« Annie Weasley ! Gare à ce que tu dis ! Maman serait mortifiée si la directrice t'entendait parler de la sorte ! C'est exactement ce dont je parle. Plus de grossièretés, et plus de blagues. Tu as seulement six ans… ou tu les auras dans une semaine. Qu'est-ce que tu vas faire quand tu seras à Poudlard ? »
Comme ils avançaient à grands pas dans les couloirs, les filles devaient batailler pour garder le pas sur les grandes enjambées impatientes de Bill et Annie avait un petit sourire malicieux sur le visage.
« Tu verras… »
Charlie, pendant ce temps, avait fini son pudding et était assis appuyé sur le dossier de sa chaise, tapotant son petit ventre rond avec un soupir de contentement. La sorcière était partie, et le vieux sorcier avait arrêté de lire son journal. Charlie fut soudain conscient que le vieil homme le scrutait. Il déglutit, se demandant comment partir sans avoir l'air de s'enfuir.
Au lieu de cela, le vieux sorcier se leva de son siège et commença à traverser la pièce, un fort bruit sourd se faisant entendre un pas sur deux. Il s'arrêta à la table de Charlie, et baissa les yeux vers lui, ses yeux de fouine noirs étaient très aiguisés et critiques. Sa chevelure grise pendait en partie devant son visage, ses mains étaient noueuses, et ses joues étaient fissurées par de trop nombreuses rides pour qu'elles puissent être comptées. Charlie déglutit.
Puis, le visage de l'homme se rompit soudain en un sourire. Se rompre était le mot le plus approprié selon Charlie, comme cela donnait l'impression qu'un fissure lui traversait le visage. « Bonjour, là, petit. Pas besoin de te demander de qui tu es le fils, n'est-ce pas ? »
Charlie ne répondit pas, comme il n'était pas certain de quoi parlait l'homme.
« Un Weasley, exact ? »
Oh, pensa Charlie, comprenant maintenant. « Oui, sir. » répondit-il d'une voix à peine audible. « Je suis un Weasley. »
Le vieil homme acquiesça. « Parle fort quand tu dis cela. Sois-en fier mon garçon. »
« D'accord, » répondit Charlie, chuchotant encore. « je le serai. »
Charlie osa se lever maintenant, ses genoux s'entrechoquaient. Il ne savait pas qui était ce vieux sorcier, mais il connaissait de toute évidence son papa et l'aimait bien, alors c'était une bonne chose, pensa-t-il. Exact ?
« Je… Je devrais rejoindre les autres. » dit-il faiblement, sa voix encore très basse. Le vieil homme acquiesça.
« Tu diras bonjour à ton père de la part d'Alastor. J'irais bien le voir, mais nous parlerions pendant une heure ou deux, et j'ai un rendez-vous autre part. Lequel es-tu ? »
« Lequel ? »
« L'aîné ? Le second ? »
« Oh. Je suis… Je suis Charlie. C'est Bill l'aîné. »
Sa tête grise acquiesça. « Exact, exact. Bien, tu vas bientôt aller à Poudlard, n'est-ce pas ? »
« Non… pas avant l'année prochaine. »
« C'est bien. Tu t'en sortiras bien, mon garçon. Ne panique pas. Il y a plein de monde à qui je veux faire peur quand ils me rencontrent, mais tu n'es pas l'un d'eux. Tu n'as aucune raison de craindre un auror à ton âge, j'espère. »
Oh, pensa-t-il. Ceci explique cela. C'est un auror. Charlie déglutit, voulant se défiler vers la porte, mais soudain, son attention fut prise par le pied en bois sculpté qu'il vit dépasser sous la robe du vieil homme. Il leva les yeux vers le visage battu par les vents.
« Pardon, sir… avez-vous ceci parce que… parce que vous êtes un auror ? » Puis il souhaita ne pas avoir posé la question. Ce n'était probablement pas très poli de demander aux gens pourquoi ils avaient besoin de jambe en bois.
« Ceci ? » dit le vieil homme, frappant bruyamment sur le bois avec ses doigts. « Non. Je l'ai eu dans la Grande Guerre. A un endroit appelé Gallipoli. Tu veux un conseil mon garçon ? » Charlie commençait à se sentir plus courageux et hocha la tête à l'auror ratatiné. « Si quelqu'un te dit jamais de courir droit sur des gens ayant des mitrailleuses tandis que tu n'as rien d'autre qu'une baïonnette… ne te dérange pas avec ta baguette. Cours simplement comme un fou dans la direction opposée. Ou dis leur d'aller au diable. »
Charlie fronçait les sourcils maintenant, ne comprenant pas vraiment cela. Mais il dit « Heu,… D'accord… »
Le vieux sorcier riait maintenant, tapant Charlie dans le dos. « Ca c'est un bon garçon. Toujours savoir quand faire plaisir à tes aînés, eh ? Ce n'est pas un mauvais conseil non plus. »
L'auror était assez alarmant quand il riait. Il garda sa main sur l'épaule de Charlie et ils sortirent ensemble de la cantine. Charlie fut rassuré de voir que le vieil homme tournait dans la direction opposée à la sienne.
« Ha, mon garçon. » dit-il avant de partir. « N'oublie pas de dire à ton papa bonjour de ma part, et mes félicitations pour le nouveau Weasley. J'ai un cadeau pour la naissance que j'enverrai bientôt. Tu seras gentil avec ta maman, et ne fais plus de désordre, d'accord. »
« Oui, sir. » dit Charlie, moins pétrifié par la peur, mais pas complètement rassuré, se souvenant que l'auror l'avait vu se battre avec sa sœur. Le rapporterait-il ? D'une manière ou d'une autre, il pensait que non. L'auror descendit le couloir et tourna au coin, disparaissant de sa vue. Charlie se retourna et revint en courant au bureau de son père, espérant qu'il se souvenait correctement de tous les tours et détours. Il haletait quand il arriva. Son père montrait à Bill et à ses sœurs une sonnette enchantée qui crachait de toute évidence des insultes aux personnes que le propriétaire n'aimait pas.
« Pas du tout discret, » se plaignit leur père. « Et les représentants. Les choses qu'il leur dit. Même pour le facteur, quand il lui demande s'il a des relances de factures. La personne en question faisait beaucoup de commerce avec les moldus et était souvent en retard pour payer ses factures, alors le facteur amenait évidemment beaucoup de lettres de ce type. La sonnette disait au facteur de se mettre les facture dans… bien, une partie assez inaccessible de son anatomie. » dit-il, s'éclaircissant la gorge, se souvenant qu'il parlait à des enfants. Ils levèrent tous les yeux, surpris, quand Charlie arriva, haletant, devant la porte.
Son père eut l'air soucieux. « Charlie ! Tu vas bien ? »
Charlie grimaça, ne sachant pas comment dire à son père que son ami avait été assez terrifiant. « Heu, oui. J'ai vu… je veux dire, j'ai rencontré un ami à toi. Un auror. »
Son père s'éclaira. « Oh, vraiment ? Lequel ? »
« Il… Il a dit qu'il s'appelait Alastor. »
« Oh, oui. Maugrey. Bien je ne suis pas surpris que tu sois comme cela après l'avoir rencontré. » Il gloussa mais s'arrêta rapidement, voyant que son fils ne trouvait pas cela du tout drôle. « Il ne pouvait pas s'arrêter ? »
« Non. Il a dit qu'il avait un rendez-vous. » Charlie se sentait maintenant plus calme et rassuré. « Il te félicite aussi pour le nouveau bébé et il enverra un cadeau pour la naissance. »
Arthur Weasley rit. « Oui, je me doute qu'il va le faire. Cela va probablement être un autre détecteur de magie noire de quelque sorte. Il en a partout chez lui. Vous devriez voir. Il a toujours peur que quelqu'un lui tende une embuscade dans sa propre maison. Il a même enchanté ses poubelles pour qu'elles crachent leurs déchets sur ceux qui rôdent autour de chez lui. » Il gloussa encore. « Personne d'autre ne serait capable de s'en tirer avec cela. Et il y a eu une paire de fois où il a failli y passer. Mais vous savez comment c'est. En ces temps, personne ne veut vraiment être dur avec un auror, spécialement un comme Maugrey qui a ramené tant de mages noirs. Ce devrait être vraiment intéressant de voir ce qu'il va nous envoyer. Vous devriez voir quelques unes des choses qu'il a envoyé quand tu es né, et quand les autres sont nés » ajouta-t-il, montrant de la tête Bill et les filles.
Bill fronça les sourcils. « Pourquoi ne les utilisons-nous pas ? »
« Hmm ? » demanda son père, s'asseyant à nouveau à son bureau et tirant une pile de travail vers lui ? « Pourquoi ? Bien, la plupart ne sont pas vraiment utiles pour un usage quotidien. Bien… une chose pourrait l'être, maintenant que j'y pense. Il l'a envoyée quand tu es né, avec des instructions pour ajouter des éléments à chaque nouvel enfant… »
« Quoi ? » voulut savoir Bill.
Son père haussa les épaules. « C'est juste une horloge. Bien que cela n'en soit pas une, vraiment. Elle montre où les gens de la maisonnée sont, plutôt que de montrer l'heure. Ce n'est pas vraiment un détecteur de magie noire, mais cela peut être utile, je suppose, si nous la descendons du grenier et la dépoussiérons. J'ai toujours eu peur que Maugrey ne passe à la maison parce que j'aurais à descendre cette chose avant. S'il venait à suspecter que nous ne l'utilisons pas, il nous accuserait de relâcher notre toujours présente VIGILANCE CONSTANTE ! » aboya-t-il avec un grognement dans sa voix, très improbable chez lui, les faisant tous sursauter. Il gloussa de rire après cela.
« Maugrey a une sacré réputation de paranoïaque, au cas où vous ne sauriez pas. C'est quand même un bon gars. Comme je disais, un de nos meilleurs aurors. »
Bill soupira, regardant Charlie, souhaitant avoir rencontré Maugrey l'auror. Mais rien d'intéressant ne m'arrive jamais, pensa-t-il tristement, fixant la pile de travail que son père devait abattre. Je parie que je finirai comme mon père, dans un boulot sans perspectives, sans possibilité d'avancement et avec trop de bouches à nourrir. Il enfonça son menton dans ses mains et s'installa pour attendre la fin de la longue, longue journée.
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