Suite.
Bonne lecture à toutes et à tous
La porte de l'infirmerie s'ouvrit une fois de plus et elle leva les yeux, surprise. C'était Remus. Son visage était couleur cendre. Il s'avança vers elle avec nervosité. Elle rougit profondément, de le voir juste après avoir pensé à lui, mais il interpréta cela comme de la colère. De ce qu'il pouvait dire, il était probablement la dernière personne qu'elle voulait voir. Elle n'avait pas spécialement une expression accueillante sur le visage selon lui. Quand il se tint à côté de son lit, il tordait nerveusement sa robe entre ses doigts.
« Je sais que je suis la dernière personne que tu aimerais voir maintenant, Lily. » dit-il, sa voix tremblant. Ses yeux étaient ronds comme des soucoupes.
Non, pensa-t-il. Malheureusement, c'est seulement partiellement vrai…
« Ne soit pas idiot, Remus. » répondit-elle, sa voix tremblant aussi. « Tu ne voulais pas me faire mal. »
« Mais je t'ai cassé la jambe ! »
« Chut ! » dit-elle rapidement, le faisant taire en regardant vers le bureau de Madame Pomfresh, au cas où elle l'entendrait. « J'ai dit à Madame Pomfresh que je suis tombé dans les escaliers, tu te souviens ? »
« Mais… Mais… » dit Remus, s'effondrant dans une chaise à son chevet, et puis se pliant en deux, son visage enfouis dans les draps et les couvertures sur son lit. Elle toucha sa tête en hésitant, puis passa ses doigts dans sa chevelure, pour l'apaiser, son cœur se renversant.
« Allez, Remus, » chuchota-t-elle comme les épaules de ce dernier se voûtaient et qu'il pleurait en silence. « Ca va aller, vraiment. » murmura-t-elle.
Elle se demanda si le fait qu'elle ne l'avait pas rencontré depuis septembre n'avait pas signifié qu'il y avait eu une sorte de retenue dans sa passion qui avait explosée quand elle était arrivée dans la salle commune la veille. Il avait été sur le point de mettre la cape d'invisibilité et de partir, mais debout près du trou du portrait, tenant encore l'étoffe argentée, au moment où il l'avait vue entrer, ses yeux s'étaient dilatés, et elle avait eu le sentiment qu'il était un chasseur et qu'elle était une proie. Pourtant, c'était un sentiment délicieux. Elle avait presque oublié comment c'était d'être avec Remus. Elle avait essayé de se dire qu'elle passait à autre chose, avec Severus, que Remus n'avait jamais vu en elle autre chose qu'une amie utile. Elle savait qu'elle devait le laisser, qu'elle devait arrêter de penser qu'il allait proclamer son amour et que coucher avec lui n'allait très certainement pas aider. A dessein, elle ne l'avait pas rencontré quand elle avait vu ses symptômes se déclarer les deux mois précédents se rappela-t-elle. Elle s'était promis qu'elle n'allait pas se raccrocher à lui encore, pas s'il ne l'aimait pas…
Tout cela vola en éclat au moment où il traversa la pièce et la prit dans ses bras. Elle répondit immédiatement, le tirant vers elle, et ils ne se souvinrent même pas de se couvrir avec la cape d'invisibilité jusqu'à ce qu'ils soient complètement nus. Aucune de leurs autres rencontres n'avait été aussi fervente, pas même quand il l'avait mordue. Puis, près de la fin, quand il était très proche, il avait tiré ses jambes autour de sa taille plus complètement, mais la manière dont il avait tiré sa jambe gauche l'avait faite crier, et puis, il avait réalisé, dans sa stupeur remplie d'envie, qu'il y avait eu une détonation comme un coup de feu, et que sa jambe ne se comportait plus comme elle aurait du. Ses yeux étaient noirs de douleur et elle se mordait la lèvre, gémissant dans sa gorge non par passion mais par agonie.
« Je crois » avait-elle finalement chuchoté avec une voix grinçante, les larmes coulant dans ses cheveux, « que… que ma jambe est… est cassée… »
Il s'était séparé d'elle, son estomac noué, son cerveau criant 'Non ! Je lui encore fait mal !' Il la fixa pendant ce qui sembla être une éternité, avant de reprendre ses esprits et de passer à l'action. Il sortit sa baguette de la pile de vêtements et la passa au-dessus de sa jambe, disant en tremblant « Ferula ». Une attelle et des bandages entouraient maintenant sa jambe afin qu'elle ne se balade pas n'importe où. Elle avait encore besoin d'aller voir Madame Pomfresh cependant, pensa-t-il. Idiot ! Tellement stupide ! se reprocha-t-il en silence.
Il remit son caleçon et aida Lily à passer sa robe de nuit par-dessus la tête afin qu'elle soit couverte. Ils n'étaient plus sous la cape. Remus tendit la main pour la prendre quand il attendit un bruit de pas venant de l'escalier du dortoir des garçons, mais c'était trop tard. James entrait dans la pièce, sa baguette sortie, ses cheveux dans tous les sens et ses lunettes ne tenant qu'à une oreille. Il n'avait pas attaché sa robe de chambre par-dessus son pyjama trop court et il était très pâle. Quand il les vit, Lily devint écarlate, souhaitant pouvoir voler jusque dans le dortoir des filles, comme l'autre fois où James les avait trouvé ensemble. Il s'avança vers eux, fronçant les sourcils.
« Je… J'ai entendu un bruit… »
Il regarda tour à tour Remus et Lily, les preuves de ce qu'ils étaient en train de faire assez évidentes. Remus portait encore seulement son caleçon, et Lily n'avait que sa robe de nuit. Elle n'avait pas essayé d'enfiler sa culotte par-dessus l'attelle. Elle était sur le sol, à côté de sa robe de chambre, qu'elle souhaitait aussi avoir sur les épaules comme sa chemise de nuit était assez fine et que James semblait la regarder intensément, faisant persister son rougissement.
« Lily… Lily s'est cassé la jambe. » dit Remus, enfilant maladroitement son pantalon, comme si la jambe s'était cassée spontanément et que cela n'avait rien à voir avec l'activité sexuelle dans laquelle ils étaient de toute évidence engagés.
Les yeux de James s'écartillèrent. « Quoi ? » chuchota-t-il. Il se mit immédiatement à genoux à côté d'elle. Elle ne savait pas si elle devait se sentir reconnaissante pour son souci ou incroyablement embarrassée qu'il sache ce qu'ils étaient en train de faire. Cela n'aidait pas que la culotte soit juste à côté de son genou.
Il l'assit et l'aida doucement à mettre ses bras dans les manches de sa robe de chambre, la faisant soigneusement rouler d'un côté, puis de l'autre afin de la mettre autour d'elle et de serrer la ceinture. Il remarqua alors la culotte, sa bouche bougea sans émettre un son, ne sachant pas quoi faire de cela. Elle grimaça et la prit, la fourrant à la hâte dans la poche de sa robe de chambre, son visage brûlant. Il posa sa main sur son front. Elle lui sembla glacée contre sa peau.
« Tu es bouillante. » dit-il. « Allonge-toi pendant que je parle à Remus de la meilleure manière de t'amener à l'aile de l'hôpital, d'accord ? »
Elle acquiesça, ses yeux encore tout grands ouverts. Elle se sentit bizarrement abandonnée quand il quitta son côté pour aller parler à Remus, qui faisait les cent pas à dix pieds de là, se tordant les mains, l'air terriblement mal.
« Achève de t'habiller. » lui dit James d'un ton incisif, utilisant ce que Remus considérait être sa voix de préfet. Son ami enfila rapidement le reste de ses habits. « D'accord. Nous devons l'amener à l'aile de l'hôpital. » dit-il passant en mode murmure afin que Lily ne le trouve pas impoli de parler d'elle à la troisième personne. « Tu penses que tu peux la porter seule ? » James savait que Remus était incroyablement fort à cause de sa lycanthropie, mais il tremblait et transpirait, avait un teint jaunâtre et la lueur rouge dans ses yeux était constante au lieu d'apparaître comme un éclair occasionnel. Remus secoua vigoureusement sa tête. James acquiesça. « Je pourrais le faire, si tu veux. Si je l'assomme, il y a un sort que je peux utiliser pour transporter une personne inconsciente… sauf que je n'aimerais pas lui faire subir cela si nous pouvons procéder autrement. Elle a déjà subi un sacré choc. L'assommer ne serait pas la meilleure idée. Si elle finit par s'évanouir de douleur, je pourrai utiliser le sort… »
« Je… Je ne peux pas la porter seul. » dit Remus d'une voix croassante. James devait forcer pour l'entendre. « Pas… pas comme je suis maintenant. Pas assez de contrôle. En plus c'est la veille de la pleine lune… Mais je pourrai le faire avec toi. » James acquiesçait déjà, comprenant.
« D'accord. Nous pourrons faire une espèce de chaise pour elle, avec nos bras, et y aller ainsi. » dit-il doucement, essayant de garder l'esprit clair, d'être le maillon fort. « Et nous devons aussi mettre au point notre histoire, avant de partir, à la fois pour Pomfresh et pour le cas où nous trouverions Rusard ou un professeur. »
« Que… Que veux-tu dire ? » Remus semblait avoir des problèmes pour parler maintenant, et James espérait qu'il n'allait pas s'évanouir. Ils se tenaient très proches l'un de l'autre, et Remus semblait le renifler, respirer son essence. James se recula de quelques pouces et s'éclaircit la gorge.
« Je veux dire… les professeurs savent que tu es un loup-garou, mais ils ne doivent pas savoir que tu as quoique ce soit à voir avec la blessure. Ce ne serait pas bien pour toi. Même si tu n'as mordu personne… Compris ? Nous dirons… Nous dirons que Lily a entendu quelqu'un dans la salle commune, qu'elle était dans un demi-sommeil et qu'elle a trébuché en descendant. Elle s'est cassé la jambe en tombant dans l'escalier. Compris ? Nous devons nous assurer qu'aucun de nous ne parle de 'loup-garou' ».
« Chut ! » dit soudain Remus, même si la voix de James n'était qu'un murmure, pour éviter de déranger Lily, qui était encore allongée sur le sol, attendant. James lui fronça les sourcils.
« Pourquoi tu… ? Oh non. Sûrement qu'elle… Oh mon Dieu, Remus, ne me dis pas… » Mais il vit l'expression dans les yeux de son ami et sut immédiatement. « Elle ne sait pas ? » siffla-t-il. Il eut soudain envie de frapper Remus, mais il se retint, car il savait que son ami s'en voulait déjà d'avoir cassé la jambe de Lily.
« Hé Aho ? » La voix épuisée de Lily flotta jusqu'à eux depuis le coin où elle attendait. « Allons-nous bientôt y aller ? »
James, foudroyant Remus du regard, retourna avec lui jusqu'à Lily et ils glissèrent leurs bras sous les siens, bloquant leurs mains ensemble, puis la soulevant en même temps tandis que son poids chaud mettait à l'épreuve leur lien.. James se retrouva avec son visage dans ses cheveux comme ils marchaient vers le trou du portrait, et il pouvait très clairement voir les tâches de rousseur en travers de son nez. Elle tourna soudain sa tête et essaya de l'embrasser sur la joue, mais rata et arriva très proche du coin gauche de sa bouche.
« Merci James. » dit-elle simplement. Il rougit et se hâta de la faire sortir dans le couloir pour l'amener à l'aile de l'hôpital. Cela sembla prendre une éternité. Ils discutèrent de l'histoire de la chute dans les escaliers en route, doucement, au cas où Rusard ou quelqu'un d'autre les entendrait. Cependant, ils ne trouvèrent personne sur leur route et Lily fut bientôt couvée par Madame Pomfresh, qui loua l'attelle de Remus et commença à s'affairer, préparant à Lily un pansement et des bandages. Les deux garçons restèrent pendant qu'elle travaillait, et puis Madame Pomfresh jeta un œil à leurs visages épuisés, aux cernes sous leurs yeux, et elle leur offrit les lits vides de l'infirmerie, afin qu'ils n'aient pas tout le chemin à refaire jusqu'à la tour Griffondor pour dormir.
James grimpa avec gratitude dans un lit près de celui de Lily, mais Remus s'écarta nerveusement d'eux « Non, » dit-il d'une voix râpeuse. « je…Je ne peux pas le supporter. » Et il s'enfuit de l'infirmerie pendant que les trois restant échangeaient des regards déconcertés. Lily pensa que sa culpabilité le submergeait, et plus tard, comme ils parlaient ensemble avant de s'endormir, James en dit autant.
Elle releva le visage de Remus vers le sien. « Je vais bien Remus. S'il-te-plaît, arrête cela. Simplement… reste à mon côté un moment. Parle-moi. Nous ne parlons plus assez. Je… Je préfèrerais ne pas penser à la nuit dernière. Distrait-moi. Parle-moi d'autres choses. »
Ce qu'elle voulait le plus était l'entendre dire qu'il l'aimait, et lui dire la même chose, mais à la place, elle écouta ses paroles hésitantes, lui soufflant quelques mots à l'occasion, et finalement, ils avaient à nouveau une conversation normale d'un type qui lui manquait. Elle regardait son visage comme il parlait, la mèche grise rebondissant au-dessus de son front, cette fossette qu'il avait seulement sur la joue gauche quand il souriait ou riait…
Elle n'avait pas remarqué à quel point il commençait à faire sombre. Maintenant que le solstice approchait, il y avait très peu de jour entre le lever et le coucher du soleil. Le soleil se couchait lorsque les cours étaient à peine terminés pour la journée, et avant le repas du soir. Soudain, la porte de l'infirmerie s'ouvrit brusquement. Sirius Black et Peter Pettigrew se tenaient là, haletant comme s'ils venaient de courir.
« Te voilà ! » cria Sirius, traversant la pièce à grands pas, tandis que Peter marchait derrière lui. « Tu as manqué le cours ! » Remus se tourna, surpris, puis regarda par les fenêtres de l'infirmerie, ses yeux s'écartillant.
« Malédiction. » souffla Remus quand il vit à quel point le soleil était bas dans le ciel. Lily se renfrogna.
« Oui, cela va être une sacrée malédiction si tu ne viens pas avec nous immédiatement. » dit Sirius d'un ton menaçant. Lily croisa ses bras.
« Sirius Black ! Comment oses-tu lui parler ainsi ! Nous discutions ! Tu es très impoli ! » Elle le foudroya du regard.
Les lèvres de Sirius se transformèrent en un trait. « Il vaut mieux que je sois impoli plutôt que tu te… »
« Donc ! » cria soudain Peter, passant devant Sirius et s'avançant pour tirer le bras de Remus. « Nous viendrons te rendre visite demain matin, Lily. Nous sommes vraiment désolés de ne pas être venus aujourd'hui. N'est-ce pas Sirius ? »
Remus se laissa tirer loin du lit par Peter Pettigrew, entre tous. Lily les regarda, perplexe. « Mais… Que diable… ? » commença-t-elle.
« Le dîner ! » dit soudain Peter, ses yeux ronds comme des soucoupes. « Remus ne doit pas être en retard pour dîner ! Nous devons filer ! Il se fait tard ! » Il foudroya Remus du regard à dessein. « Très, très, très tard ! »
Remus acquiesça vigoureusement. « Oui, Lily. En effet. Je.. Je dois partir. Merci d'être venu me chercher les amis. » dit-il d'un voix qui était devenue étrangement gutturale. Lily fronçait encore les sourcils.
« Remus n'a pas dit qu'il avait faim. Et ce n'est pas encore l'heure du dîner. Vous pourriez le laisser rester un peu plus… »
Sirius commença à dire « Oh, tu ne voudrais pas le voir une fois qu'il réalise à quel point il a faim… »
Peter frappa Sirius dans les côtes avec le dos de sa main, faisant un son assez fort de telle sorte que Lily savait que cela était douloureux. Elle était complètement choquée : Peter qui frappe Sirius ? Et pourtant… Sirius ne répliqua pas, mais sembla penser qu'il avait été justement châtié. La tête de Lily lui tournait. Les garçons se comportaient vraiment très étrangement. Comme ils se précipitaient vers la porte de l'infirmerie, elle s'ouvrit brusquement, les faisant tous les trois crier « Aaaah ! » de surprise, et rentrant dans le nouvel arrivé.
Severus Rogue se tenait dans le passage. Il tenait un plateau repas… mais pas pour très longtemps. Les trois Griffondors le bousculèrent et quelques instants plus tard, le plateau volait dans les airs et la nourriture, les couverts et le reste apprenaient à voler. La plupart de la nourriture (celle qui ne partit pas directement par terre) atterrit finalement sur Rogue.
Lily n'avait jamais entendu jurer comme ce qui sortit de la bouche de Severus. Il appela les Griffondors de tous les noms mauvais et profanes auxquels il pouvait penser. Il maudit leurs arrière-arrière-arrière petits-enfants et insulta leurs ancêtres sur cinq génération en arrière. Ils étaient, selon lui, pire que tous les moldus et les cracmols mis ensemble. Il mit en question l'existence ou l'efficacité de leurs cerveaux, de leurs pénis et de leurs testicules (pas dans cet ordre). Il suggéra que la plupart de ce qu'il avait porté sur le plateau irait parfaitement bien dans leurs divers orifices corporels (un en particulier), et que ces choses y prendraient en fait bientôt résidence.
Sirius, Peter et Remus n'en entendirent rien.
Au moment où ils s'étaient cognés avec Severus Rogue, ils déboulaient de l'infirmerie, et Lily pouvait entendre leurs bruits de pas disparaître dans le couloir. Severus continua à râler, furieux, agitant son poing après eux. Respirant lourdement, la colère bouillant encore en lui, il croisa le regard de Lily, la trouvant en train de le regarder avec de grands yeux.
« Heu. » dit-il, incertain, douloureusement conscient de la maladresse d'avoir perdu son calme à un tel point devant la fille dont il était amoureux, et dont il doutait quotidiennement qu'il méritait l'affection. Sûrement qu'elle allait le considérer comme un monstre maintenant, pour avoir traité ses amis d'une telle manière. Cependant, il vit après sa panique initiale que ses yeux brillaient en fait d'amusement et qu'un léger sourire apparaissait sur ses lèvres. Elle tendit la main vers le tiroir de sa table de chevet pour prendre sa baguette. L'agitant vers le désordre, elle dit calmement « Ordo ex chaos. » et avant qu'il réalise ce qui arrivait, le plateau avait à nouveau bondit dans ses mains et la nourriture et les couverts, y compris une carafe de jus de citrouille, avaient retrouvé leur place originelle. Il leva les yeux vers elle, incapable de s'empêcher de sourire : était-ce si étonnant qu'il soit amoureux d'elle ? Elle pouvait rester assise là et l'écouter condamner ses amis (et couvert de jus de citrouille et de purée, rien de moins, ce qui n'était pas très digne), et pourtant lui sourire, et puis lancer un simple sort (le sort parfait) pour rectifier la situation.
Il s'avança lentement jusqu'à son lit, maintenant effrayé de faire quelque chose de stupide comme se prendre dans ses propres pieds et tout renverser encore. « Je pensais que tu aimerais dîner en avance, Lily. J'ai demandé au professeur MacGonagall la permission de te prendre un peu de nourriture des cuisines avant que le reste de l'école ne descende pour le repas. Elle… Elle a semblé trouver cela étrange, mais elle m'a pris aux cuisines en personne. Peut-être pensait-elle que j'allais commettre quelque méfait, comme ajouter une potion à la table des Griffondors ou quelque chose comme cela. » Il essaya de ne pas sourire, mais c'était très dur. Il se calma et continua. « Alors, voilà. Et… Et je peux rester te tenir compagnie si tu veux. Il y en a assez pour nous deux. Je... J'ai vu ce que tu aimes manger, alors j'ai pensais que tu prendrais un peu de tourte à la viande. C'est ce que je t'ai amené. » Puis il réalisa que cela ressemblait beaucoup à de l'espionnage. Maintenant, elle va m'ordonner de disparaître de sa vue, pensa-t-il sombrement, souhaitant avoir plutôt dit que la professeur MacGonagall lui avait suggéré la tourte. Mais elle redressa son assise dans le lit et lui sourit.
« C'est adorable Severus. J'adore la tourte à la viande de Poudlard. C'est si attentionné de ta part. Assied-toi. » Il relâcha son souffle, le soulagement se répandant en lui, comme il déposait le plateau sur le lit et s'asseyait dans la chaise libérée par Remus Lupin. « J'haïssais la tourte à la viande avant Poudlard. Celle de maman était une horreur, mais papa, ma sœur et moi n'osions jamais lui dire que nous ne l'aimions pas… » Ses yeux s'attristèrent alors, et il se souvint de la situation de sa mère. Il acquiesça.
« Je vois. J'ai eu une dispute avec papa la veille que lui et maman soient tués, et je souhaite encore que nous ayons pu… » puis il s'arrêta. Oh, pourrions-nous essayer d'avoir un peu plus de tact Severus ? se gronda-t-il, réalisant ce qu'il venait de dire. « Oh, je suis désolé Lily. Je ne voulais pas dire que ta mère… »
Elle renifla et s'essuya rapidement les yeux. « Non, c'est bon Severus. Je sais ce que tu voulais dire. C'est… C'est pour cela que nous ne disons jamais rien, tu sais. Nous ne savons jamais quand nous… nous serons forcés de lui dire au revoir. Mais au moins… au moins nous savons que c'est un danger. » dit-elle doucement, repoussant impatiemment ses cheveux derrière ses oreilles, essayant clairement de maîtriser à nouveau ses émotions. « Tu n'as eu aucun avertissement. Pas plus que James. C'est si soudain… C'est tout simplement injuste. » Elle mit sa main sur celle de Severus et la serra. Il retourna sa paume vers le haut et lui rendit cette pression.
« Pourquoi… Pourquoi ne mangeons-nous pas, Lily ? » demanda-t-il doucement, essayant d'oublier ce qui s'était passé quand il était entré dans l'infirmerie. Elle acquiesça et bientôt, ils ne pouvaient plus parler car ils avaient la bouche pleine. A la longue, cependant, Lily avala une bouchée de purée et dit « Tu t'es plutôt lâché ici, tu sais. Pas que je te blâme. Et moi qui pensais que j'avais du tempérament. »
Severus était surpris. Il avala ce qu'il avait dans la bouche. « Bien… c'est un autre symptôme de la porphyrie. Cela… Cela me rend parfois assez hargneux. Je me demande parfois à quel point ma personnalité serait différente si je n'avais pas cette maudite maladie. »
Elle sourit. Tenant son verre, prête à prendre une gorgée, elle dit joyeusement. « Tu ne serais certainement pas le Severus Rogue que nous connaissons et aimons tous ! » Juste après cela, elle porta son verre aux lèvres, mais elle faillit cracher son jus de citrouille quand elle vit l'expression sur le visage de Severus. J'ai dit aimer. Elle réussit à avaler le liquide sans s'étouffer, mais de justesse. Je n'ai pas dit que je l'aimais, pensa-t-elle. Mais c'est passé près. Elle n'était pas encore vraiment certaine de ses sentiments pour lui, et ne lui avait pas rendu sa déclaration d'amour. Soit il ne l'avait pas remarqué, pensant que ses actions parlaient plus fort que ses mots (deux mois de flirt furtif et occasionnel devaient compter pour quelque chose), ou il lui donnait du temps pour arriver à dire les mêmes mots que lui.
« Heu » dit-elle en hésitant, essayant de se sortir de là. Severus avait l'air de pouvoir être mis KO par un plume. « Je ne pense certainement pas que Sirius te reconnaîtrait. Ou même les autres garçons de Griffondor. Tu ne voudrais pas leur faire un choc, maintenant, n'est-ce pas ? » Elle espérait qu'il ne pourrait pas dire que son sourire était forcé maintenant.
Ses yeux se rétrécirent comme il se tourna pour jeter un œil vers la porte, et son expression ne changea pas quand il se tourna vers Lily. « Pourquoi partaient-il d'ici à toute allure ? » demanda-t-il, bien que cela ressemble plus à une question rhétorique.
Même s'il n'attendait pas vraiment de réponse, Lily répliqua « Le dîner, ont-ils dit, même si ce n'est pas avant une paire d'heures. Sirius et Peter semblaient très soucieux que Remus ait faim. Ils ne pouvaient pas attendre un instant de plus pour le tirer d'ici. »
Puis elle réalisa qu'elle n'aurait pas dû dire cela. Maintenant, il était évident que Remus lui avait rendu visite seul et que Sirius et Peter étaient arrivés soudainement juste pour le récupérer de l'infirmerie. Mais étrangement, Severus ne sembla pas remarquer ce petit détail. Il regarda dans le vide, ses yeux encore étroits.
« Qu'est-ce qu'ils vont vraiment faire, selon toi ? » dit-il d'une voix méditative, à nouveau comme s'il n'attendait aucune réponse.
Lily soupira. « J'aimerais bien le savoir ! Parfois… » Ses yeux allèrent vers le bureau de Madame Pomfresh. « Parfois, » chuchota-t-elle, « ils passent toute la nuit en dehors du dortoir. James aussi. Peut-être que c'est ce qu'ils vont faire cette nuit. Mais… mais je ne veux pas leur créer de problèmes. Tu ne rapporteras pas cela, n'est-ce pas Severus ? » Elle prit sa main dans la sienne et haussa ses sourcils.
Il la regarda, incapable de lui refuser quoique ce soit.
« Bien sûr que non, Lily. Bien sûr que non. »
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