Falyla : merci pour ta review. Ca fait plaisir. Y' apas grand monde sur cette fic.
Bonne lecture à toutes et à tous quand même
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La salle commune de Griffondor était un endroit très animé juste après la dernière classe de la journée. Les élèves étaient fatigués de la corvée du travail scolaire, et accueillaient leur répit sous la forme de parties de bataille explosive, d'échec, de dés, ou simplement de conversations à bâtons rompus. Sirius Black et Peter Pettigrew se tenaient dans le trou du portrait ouvert. Remus Lupin s'appuyait contre le bord du trou, l'air pas très bien. Sirius et Peter agitaient leurs bras, essayant d'attirer l'attention de James Potter. James était près du feu, plongé dans une conversation avec un autre membre de l'équipe de Quidditch de Griffondor, oublieux de la panique de ses amis.
Soudain, le garçon à qui il parlait remarqua les gestes de Sirius. « Je pense qu'ils essayent d'avoir ton attention. » dit-il, montrant de la tête la direction du portrait. James tourna la tête, voyant finalement Sirius, Peter et Remus. Déglutissant, il dit brusquement. « Merci. Je… Je dois y aller maintenant. » Il essaya de ne pas courir vers le passage, marchant à la place d'une allure raide et sans grâce, qui ressemblait clairement à ne pas essayer de courir.
Personne ne remarqua l'intérêt que les garçons de deuxième année prirent au départ de ceux de sixième année. Ils étaient assis à une table près des fenêtre, sensés réviser, mais jouant en fait à la bataille explosive. Alex Wood haussa ses sourcils en direction de Bill Weasley, assis en face de lui, et donna un coup de coude à Orville Simpson. Perry Booth était à droite de Bill, et Rembert Leonard à droite de Booth. Ils remarquèrent l'intérêt de Wood pour les autres garçons et quand Alex se pencha vers Bill et chuchota « Que penses-tu qu'il se passe ? » ce fut Booth qui répondit.
« Je pense qu'ils descendent dans la Forêt Interdite. » dit-il avec urgence, chuchotant aussi. « J'ai entendu Sirius Black en parler hier. Parfois, ils se glissent dehors et passent toute la nuit dans la forêt. »
Orville s'énerva. « Ne sois pas stupide. Personne ne pourrait passer toute la nuit dans la forêt et être en vie pour en parler. Spécialement cette nuit. Il y a des loups garous dedans, et c'est la pleine lune ce soir. De plus, il y a d'autres choses dedans. Pas aussi mauvaises que des loups garous, mais bon… Ils doivent être fous. »
Leonard ouvrit de grands yeux à la mention des loup-garous. « Peut-être que ce sont des chasseurs de loups garous ! Peut-être qu'ils vont tuer des loups garous ! »
« Ou vont mourir en essayant de le faire. » ajouta Booth d'un ton sombre.
« Chut ! » fit soudain Bill. Leonard et Booth étaient devenus bien trop bruyants. « Ayons cette conversation autre part. » dit-il aux autres garçons, se levant d'une manière qu'il voulait nonchalante. Il alla en flânant jusqu'au trou du portrait, regardant à l'occasion si des élèves plus âgés, spécialement les préfets, étaient encore occupés ou notaient que les garçons de deuxième année partaient tous ensemble.
Une fois dans le couloir, ils virent des ombres mouvantes à quelques distances devant eux, au détour d'un couloir, et ils restèrent en arrière un moment, inquiets que les garçons plus âgés ne réalisent qu'ils étaient suivis. Quand les ombres ne furent plus visibles, ils se mirent en route, s'arrêtant occasionnellement quand ils venaient à trop se rapprocher de l'autre groupe.
James saisit l'apparence de Remus, soucieux, et très en colère avec lui-même d'avoir oublié l'heure. Remus avait une démarche particulière, incapable de marcher maintenant d'un pas humain, et James s'inquiétait qu'il se transforme trop tôt. Ils devaient au moins le faire sortir du château afin que tous les trois puissent se métamorphoser sans que personne ne les voit. Ils pouvaient se métamorphoser dans le château s'ils le devaient, spécialement si le choix devait se faire entre ce que Remus blesse quelqu'un ou que l'on sache qu'ils étaient des animagi illégaux. Mais ils préféraient ne pas en arriver là.
James saisit le bras de Remus quand il s'arrêta pendant un moment et renifla l'air.
« Allez ! Ne t'arrête pas ! » dit James avec impatience, même s'ils étaient en retard parce qu'ils avaient du aller le chercher.
« Quelqu'un nous suit. » dit doucement Remus. « Quelqu'un qui a l'odeur de la salle commune de Griffondor. Plus d'un. »
« Alors quelqu'un de Griffondor descend probablement à la bibliothèque ou quelque chose comme cela. Et alors ? » dit Sirius avec impatience. « Nous devons te faire sortir maintenant. »
Remus les laissa le diriger le long des escaliers, de plus en plus bas, jusqu'à ce qu'ils soient finalement dans le hall d'entrée. Et ensuite, ils étaient dehors, et couraient à toute allure vers le havre du saule cogneur. Remus courait pratiquement à quatre pattes maintenant, et il était de plus en plus velu. Il se sentait positivement bestial, bien qu'il soit encore techniquement sous sa forme humane. Chaque centimètre carré de sa peau semblait frémir d'instincts animaux, d'instincts qui lui permettraient de chasse sa proie, de ruser et de la coincer, même de s'amuser avec avant de la tuer… Il était complètement conscient des odeurs que ses amis avaient, des odeurs de peur à peine masquée, des odeurs qui le faisaient saliver comme il pensait à enfoncer ses dents dans la chair humaine…
Non. Je suis encore une homme. Je ne suis pas une bête… pas encore.
Il fonça vers le saule cogneur comme si sa vie… et les vies de ses compagnons… en dépendait.
C'était le cas.
En dehors, dans l'atmosphère nocturne, il y avait de nombreuses odeurs qui masquaient l'odeur des cinq deuxième année sortant aussi du château, leur souffle apparaissant comme de petits nuages gris comme ils frissonnaient, sans leurs cape, dans le soir de décembre.
Ils virent les sixième année courir vers l'infâme saule, et se précipitèrent furtivement derrière eux, s'accroupissant derrière les haies et les arbustes sur le chemin, au cas où les autres garçons se retourneraient. Il y avait encore une très faible lueur du côté du couchant, et pas encore de lune pour les éclairer. Seule l'étoile du soir brillait au loin dans le ciel, et les silhouettes des garçons de sixième année étaient difficiles à distinguer dans les ombres bleutées du crépuscule.
Quand ils furent à environ vingt pieds, les branches sauvages de l'arbre fouettant l'air étaient trop dures à distinguer des gesticulations des sixième année. Quand ils ne furent plus qu'à douze pieds, cachés dans les fourrés, ils virent soudain les branches se figer. Bill agrippa douloureusement le bras d'Alex. Alex se figea et se tourna vers Bill, mais Bill ne pouvait pas voir son expression dans le noir. Dans le court laps de temps depuis qu'ils étaient sortis du château, le soleil s'était complètement couché, et le ciel de velours bleu n'était animé par presque aucune lumière, à part la touche de lumière brillante qui était Venus, plus quelques étoiles plus petites et de moindre importance dont Bill aurait dû savoir les noms s'il restait conscient en cours d'astronomie.
Avec précaution, ils recommencèrent à avancer, essayant de ne pas marcher sur des branches mortes ou de ne faire aucune sorte de bruit. Bill n'avait jamais vu le saule cogneur immobile comme cela. Est-ce que c'était l'un des sixième année qui avait fait cela ? Si oui, comment ?
Il leva les yeux et haleta. Les sixième année avaient disparu. « Où sont-ils passés ? » demanda-t-il à Alex avec urgence. Alex haussa les épaules.
« Tu as regardé ? » demanda Bill à Orville, qui secoua la tête.
« J'ai vu. » dit Booth, l'air fier. « On aurait dit qu'ils sont descendus dans l'arbre. Dans les racines pour être précis. Comme s'il y avait un tunnel. »
Ils se tenaient eux-même fermement enracinés au sol, aucun d'eux ne voulant se rapprocher. Il commença à faire plus clair comme la lune se levait, ronde et pleine, et puis dans la direction du saule cogneur, ils entendirent un cri inhumain. Quelqu'un souffrait énormément. Cela… Cela n'avait pas l'air vraiment humain. Puis ils entendirent des cris similaires venir de la forêt. Il devait y en avoir deux ou trois en tout. Le cœur de Bill tapait douloureusement dans sa poitrine.
Et puis…. Puis ils l'entendirent.
« Aaaa-Ouuuuuu ! »
Un hurlement de loup provenant du saule, se réverbérant dans son tronc et transperçant l'air glacé de nuit. Un cri de réponse provint de la forêt, puis un autre, et encore une, et, réalisant ce que cela signifiait, Bill dit aux autres garçons « Je pense que nous devrions rentrer maintenant ! »
Il n'eut pas besoin de le dire deux fois. Dans la seconde qui suivait, les cinq garçons couraient à perdre haleine vers le château, luttant pour prendre assez d'oxygène à l'air gelé qui leur remplissait les poumons. Quand ils ouvrirent les lourdes portes d'entrée et se retrouvèrent en sécurité dans le hall, appuyés contre la porte fermée et essayant de reprendre leur souffle, ils se regardèrent les uns les autres avec des regards affolés, ne disant rien, mais pensant clairement tous la même chose.
Ils allèrent attendre le repas dans la grande salle, encore muets, aucun d'eux ne voulant formuler leurs peurs.
Est-ce que nous vivons avec un loup-garou ? se demanda Bill, examinant les visages des autres garçons, ne sachant pas s'ils le prendraient pour fou s'il suggérait cela. Puis il se souvint que les autres garçons de sixième année étaient descendus ensemble dans le saule. Est-ce que nous vivons avec quatre loups-garous ? fut sa pensée suivante, ce qui fit pratiquement manquer un battement à son cœur.
Quand le repas du soir commença finalement, il leva les yeux vers la table des professeurs, vers le directeur. Est-ce que le directeur laisserait un loup-garou à l'école ? Il pensa à ce qu'il savait sur Albus Dumbledore. Il ne pouvait pas l'imaginer garder quelqu'un à l'écart. Si l'un des sixième année était un loup-garou, ou tous les quatre, ils faisaient au moins un effort pour être à l'écart des humains pendant la pleine lune. Bill mangea son repas la tête dans son assiette, écoutant avec soin les bribes de conversation des autres, mais personne à la table de Griffondor ne parlait des sixième année, ou même ne se demandait pourquoi ils n'étaient pas dans la grande salle. La seule personne qui aurait pu le remarquer, Lily Evans, n'était pas non plus présente, mais il savait que c'était parce qu'elle était à l'aile de l'hôpital avec une jambe cassée.
Comme il se préparait à aller au lit cette nuit, Bill alla à la fenêtre du dortoir et regarda le domaine. La lune flottait au-dessus de la forêt, donnant une teinte argentée aux cimes des arbres. Ouvrant la fenêtre et laissant une bourrasque d'air nocturne rentrer dans la pièce ronde de la tour, il entendit, porté clairement par le vent, quelque chose qu'il avait déjà entendu avant mais auquel il n'avait jamais vraiment pensé : le hurlement des loups. Les loups trottaient cette nuit dans la forêt, où un humain deviendrait soit de la nourriture, soit un autre loup-garou. Bill referma la fenêtre, frissonnant, mais pas de froid. Il grimpa dans son lit à baldaquin et ferma les rideaux.
Mais comme il restait allongé là, ne réussissant pas à dormir pendant des heures, il était certain que même avec la fenêtre fermée, il pouvait encore entendre le son solitaire du hurlement du loup.
Et à chaque fois, ce hurlement avait trois réponses.
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