La génération perdue
(1975-1982)
taz : merci pour ta review.C'est vrai que les personnages sont très touchants dans cette fic.
Falyla : merci beaucoup. Le petit nous prends beaucoup de temps et je n'arrive plus à avancer aussi vite qu'avant, mais ca avance quand meme. Et puis il est tellement mignon…
Et maintenant, bonne lecture à toutes et à tous pour le …
Chapitre sept
Connaissance
Dimanche 18 Juin 1977
Bill Weasley faisait les cent pas sur le dallage de pierre de l'antichambre juste à côté de la grande salle, transpirant dans sa meilleure robe, son estomac noué. Je vais être expulsé, je vais être expulsé…
« Bill ! » il se retourna en entendant son nom prononcé par cette voix familière. C'était sa mère, courant vers lui et jetant ses bras autour de lui. Il enfouit son visage dans son cou, se penchant pour le faire, sentant une nouvelle vague de larmes menacer de sortir de ses yeux. Il essaya de se maîtriser et se redressa, mais ce n'était pas facile.
« Je suis… Je suis désolé, maman, papa, » dit-il d'une voix prise. Son père tenait bébé Percy, son front ridé par les soucis. « Je suis une disgrâce pour la famille. Être expulsé… »
« Expulsé ! » cria sa mère. « De quoi parles-tu ? »
« Nous venons de voir le directeur et il a dit que tu étais un héros ! » s'exclama son père.
Bill s'arrêta et fixa son père comme s'il n'était pas sûr qu'il avait bien entendu le directeur. Sûrement qu'il avait dit « un zéro » ou quelque chose d'autre de négatif, mais pas « un héros », ce qui, dans le vocabulaire de Bill, était plutôt quelque chose de positif.
« Tu dois mal l'avoir compris, papa.. »
« Oh, non. Je l'ai parfaitement entendu, » lui dit son père avec entrain. « Un héros. Il a dit que tu t'étais jeté sur ton ami Alex lors de l'explosion, et que tu l'avais aidé à sortir d'Honeydukes. Alex lui a tout dit. » Bill déglutit comme son père le regardait avec fierté.
« Bien sûr, vous auriez dû commencer par ne pas être au village, » ajouta sa mère, avec un ton sévère momentanément dans sa voix, « mais tu n'es pas expulsé. Tu n'es pas celui qui a fait sauter la confiserie. » Maintenant, elle avait l'air grave. « Bien sûr, tu devras maintenant attendre d'être en quatrième année pour aller au village maintenant, ce qui semble parfaitement approprié. S'il y a encore des week-ends à Pré-au-Lard à ce moment. Pas… » continua-t-elle après avoir haussé un sourcil, « … que ton père ou moi aurions signé le formulaire pour que tu y ailles en troisième année. Pas après cela. Si le directeur n'avait pas décidé que vous devriez attendre, nous l'aurions fait. Mais ce sera ta seule punition. »
« Je veux dire, Bill, pourquoi est-ce que toi et tes amis devriez être expulsés pour vous être aventurés au village sans permission simplement parce que vous avez eu la malchance de vous trouver dans une attaque Mangemort ? » dit son père avec discernement.
« Plus que tout, le cher vieil homme semble se blâmer lui-même, » lui dit sa mère, l'air particulièrement maternelle à ce moment-là. « Il n'arrête pas de dire qu'il aurait dû savoir que Vous-savez-qui aurait vent du week-end à Pré-au-Lard et essayerait de faire des problèmes… »
Bill ne pouvait pas le croire. Il n'était pas expulsé. Il avait été si inquiet…
Son père fit sauter le bébé dans ses bras un coup encore. Percy était un enfant pâle et maigre, de presque un an, ses cheveux roux brillants faisant des boucles sur sa tête, ses yeux bleus brillants curieux. Bill fit un faible sourire au bébé qui riait et tapait des mains.
« Je pense que Perce essaye de remonter le moral de son grand frère. » dit son père en souriant, faisant encore sauter le bébé un peu. Bill regarda le petit garçon. Quel exemple je fais pour mes frères et mes sœurs, pensa-t-il. Je suis le plus âgé. Je suis sensé être responsable.
« Où sont les autres ? » demanda-t-il, sa gorge serrée comme il laissait Percy attraper son doigt et le tenir étroitement, babillant et riant encore.
« Charlie est assez grand pour rester à la maison avec les filles un petit moment. » dit son père, l'air détaché. « Et ta tante Meg est sensée veiller sur eux par cheminette. » Bill remarqua que sa mère ne souriait pas vraiment de gaieté de cœur. Il pouvait dire que cela la rendait nerveuse d'être loin d'eux. Charlie commencerait à Poudlard en septembre, mais Annie n'avait pas encore sept ans et Peggy était encore à des mois d'avoir cinq ans. Bill se souvint de nombreuses fois où il n'avait que onze ans et où il s'occupait de Charlie, Peggy et Annie lui-même… mais sa mère était simplement partie par transplanage ou par cheminette, pas à Poudlard, d'où ils ne pouvaient pas transplaner ou passer par cheminette. Ils auraient à revenir à Pré-au-Lard pour rentrer à la maison par cheminette comme ils ne pouvaient pas transplaner avec Percy.
Ils essayèrent de parler un peu plus longtemps en marchant sur le domaine. Ils descendirent la longue allée de chênes qui conduisait aux serres, et puis firent la moitié du tour du lac avant de faire demi-tour. Leur conversation s'épuisa en silences se rallongeant. Avant de partir, sa mère le prit encore dans ses bras et le regarda dans les yeux.
« Bien, Bill. Je sais comment tu es. Tu sembles aimer porter le monde entier sur tes épaules. Essaye d'avoir des pensées positives. Tu es sain et sauf et tu n'es pas expulsé. »
« Et bientôt tu seras à la maison avec ta famille pour l'été, où nous pourrons garder un œil sur toi. » fit son père avec un clin d'œil. Bill essaya de sourire, mais il ne se sentait pas très joyeux. Orville est mort à cause de moi. J'ai vu les sixième année utiliser le passage secret…
En même temps… La maison ne lui avait jamais autant manqué. Et voir les visages de ses amis ce matin, comme ils s'étaient tous réveillés dans la chambre de la tour, qui ne comptait plus que quatre lits, avait été l'un des moments les plus douloureux de sa vie. Il savait juste qu'ils le blâmaient tous. S'il n'avait pas vu ce qu'il avait vu, et ne leur en avait pas parlé, Orville serait encore en vie. Il souhaitait maintenant avoir vraiment dénoncé les sixième année, et avoir parlé du tunnel à un responsable, afin qu'il ait pu être scellé et que personne n'ait jamais pu l'utiliser.
Il n'avait cependant pas fait cela. Personne ne lui avait demandé non plus. On avait pensé que les deuxième année s'étaient simplement fondus dans la foule des élèves qui était sortie du château la veille. Personne n'avait posé de questions sur un passage secret, et à sa connaissance, aucun des autres deuxième année n'avait parlé à un adulte d'un tel passage.
Après que ses parents soient partis, Bill revint sur les rives du lac, faisant des ricochets et essayant de se concentrer exclusivement là-dessus, afin de ne pas recommencer à pleurer.
« Ohé, Bill ! »
Il se tourna brusquement, sur le point de lancer la pierre qu'il tenait dans sa main. Il vit Jack Richard descendre la pelouse vers lui et il baissa son bras. Orville, Jack et lui étaient les meilleurs amis à l'école du village de Pré-au-Lard, mais lui et Orville avaient grandis à part de Jack puisque Jack était devenu un Pouffsouffle le premier jour de leur premier trimestre.
« Bonjour. » dit doucement Bill à l'autre garçon. Les yeux gris de Jack avaient l'air rouges sur les bords, et il ne semblait pas s'être peigné ses cheveux châtains récemment. Il ramassa un galet sur la berge du lac et le lança, comptant à voix basse comme il ricochait sur l'eau.
« Tu fais quoi ? » demanda Jack, se penchant pour chercher un autre galet pendant que Bill jetait celui qu'il tenait.
« Rien. » dit Bill, cherchant une pierre comme Jack se redressait et lançait celle qu'il avait trouvée.
« … quatre, cinq, six, sept. » compta doucement Jack, regardant sa pierre. « Pas mal. Sept. » Jack se tourna vers lui, et Bill remarqua aussi que son nez était rouge.
« Je ne peux pas croire qu'il soit parti. » dit soudain Jack, enfonçant ses mains dans ses poches. « Je veux dire… tu te souviens comme nous disions, avant de venir à Poudlard, que nous serions encore meilleurs amis, peu importe la maison dans laquelle nous serions répartis ? C'était de toute évidence une plaisanterie. » dit-il, la voix un peu ironique, comme il se penchait pour rechercher un autre galet.
Bill grimaça, coupable. « Désolé, Jack. Mais ne blâme pas Orville. Je n'ai fait aucun effort pour… »
« Oh, je ne blâme pas Orville. Je me blâme. J'aurais pu faire quelque chose. Je suis un foutu Pouffsouffle. Sensé être tellement loyal. » Jack jeta une autre pierre à la surface du lac. « Mais… Je pouvais voir qu'Orville voulait être l'ami d'Alex Wood maintenant. Il était passé à autre chose. Toi aussi on aurait dit. Et ce n'est pas comme si je n'avais pas de nouveaux amis. Qui serais-je pour vous juger tous les deux ? C'est comme cela que ça se passe en général ici. Tu es réparti et tu fais partie d'une nouvelle famille. La famille de ta maison. » Il soupira. Bill acquiesça, et ils se penchèrent tous les deux pour ramasser de nouvelles pierres. Soudain, Bill regarda son ami d'enfance et leurs regards se croisèrent.
« Jack. »
« Quoi ? »
« Nous… Nous sommes seulement en deuxième année. Nous pouvons réparer ceci maintenant. Il n'y aucune raison pour que nous continuions à nous ignorer pour cinq autres années. Nous n'aurions jamais dû laisser les maisons créer une telle différence. A partir de maintenant, on fait comme avant. Si tu veux, je demanderai à maman si tu peux nous rendre visite un moment pendant cet été. Je veux dire, je devrai passer beaucoup de temps à m'occuper de mes petites sœurs, et parfois de mon tout petit frère aussi. Mais… Si tu veux… »
Jack avait un sourire allant d'une oreille à l'autre. « J'adorerais revenir chez toi ! C'était toujours super quand mon père et ma mère disaient que nous… Je veux dire que je pouvais aller chez toi avec le bus et rester pour le week-end ! Tu as raison… Nous devrions refaire cela ! Et peut-être que nous pourrons… »
« … Dégnomer le jardin ? » demanda Bill, ayant un sourire malicieux. « Il en a toujours besoin, alors bien sûr. »
Le sourire de Jack s'élargit. Ils s'assirent au bord du lac pour le restant de l'après-midi, parlant de leurs plans pour l'été, et faisant à l'occasion remonter un souvenir drôle d'Orville. C'était réconfortant de pouvoir rire et penser à lui en même temps. Ils avaient seulement treize ans. Ils ne savaient pas comment faire pour pleurer quelqu'un de leur âge. Et c'était encore dur de croire qu'il était parti. Quand Jack parlait des choses qu'ils faisaient, il disait toujours 'nous', et Bill savait qu'il parlait d'eux trois, Bill, Jack et Orville, quand ils restaient tous les deux chez Bill. Ce serait un petit peu étrange qu'il n'y ait que Jack qui vienne leur rendre visite, mais Bill pensait que ce serait mieux que rien.
« Ce sera comme au bon vieux temps. » mentit Bill, sachant que cela ne pourrait plus jamais être, sans Orville se joignant à eux. Ils pourraient toutefois reconnaître son absence en se souvenant de lui. Nous ne t'oublierons jamais, mon ami, pensa-t-il en direction d'Orville, où qu'il soit.
Les garçons jetèrent des pierres dans le lac et parlèrent, faisant des plans et se souvenant de leur ami…
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Samedi 5 Août 1977
« For he's a jolly good feh-eh-low! And so say all of us! »
Sirius, Peter et Remus souriaient tous et tapaient James dans le dos. Il était assis au bout de la longue table de la cuisine du château d'Ascog, où la famille de Sirius vivait depuis qu'elle avait réclamé les ruines du château de leur clan. Après l'avoir reconstruit, ils l'avaient enchanté, comme Poudlard, pour qu'il semble encore être une ruine, afin que les moldus oublient qu'une famille de huit vivait dans une tour de garde reconstruite sur les bords du Loch Ascog. James parcourut du regard la famille Black, qui l'avait pris sans poser de questions après la mort de ses parents. La mère de Sirius avait l'air encore assez jeune, si ce n'étaient quelques cheveux blancs parmi ses cheveux noirs brillants rassemblés en chignon sur sa nuque, ses yeux étincelants regardant James. Le père de Sirius était plus âgé que sa mère, mais il ne semblait pas très vieux pour ses soixante ans. James pouvait imaginer Sirius en plus vieux, avec quelques rides et des cheveux blancs quand il pouvait voir Mr Black.
La sœur aînée de Sirius, Cassiopée, était royale et d'allure sévère, et son époux était distant, mais James avait découvert que l'autre sœur, Ursula, était aussi alerte et amicale que Cass était raide et sèche, et il s'entendait aussi bien avec son mari, Alan.
« Merci. » dit James, la gorge soudain étroite comme il regardait les gens rassemblés autour de la grande table. « Merci énormément. Il ne fallait vraiment pas vous donner toute cette peine… »
« Oh, ne soit pas ridicule, James. Ce n'est pas tous les jours que tu as dix-sept ans ! » Callisto Black rayonnait. James sourit à la mère de Sirius.
« Ce gâteau a l'air fantastique… »
« C'est Ursula qui l'a fait. Ton préféré : chocolat fourré à la framboise, et glaçage au chocolat sur l'extérieur. »
James salivait à la seul description,. « Bien, qu'attendons-nous alors ? » demanda Sirius en riant. « Donnez un couteau à cet homme, qu'il puisse couper ce gâteau ! »
Ils le coupèrent et firent passer les assiettes, et puis ce furent les cadeaux. Sirius lui tendit un paquet qui s'avéra être un assortiment de ses bonbons préférés. Sirius lui achetait tout le temps la même chose, acheté cette fois à la confiserie du Chemin de Traverse au lieu de chez Honeydukes. Cependant, James n'avait pas mangé de bonbons depuis l'attaque d'Honeyduke, et il regarda la sélection de dragées surprise de Bertie Crochue, de Fizzing Whizbies, de plumes de sucres et d'autres bonbons qu'il aimait habituellement beaucoup, essayant de penser à autre chose qu'à vomir. Il déglutit et pensa encore à Bonnie et à son énorme culpabilité, et il se demanda s'il mangerait jamais d'autres bonbons.
James leva les yeux vers Sirius, qui ne sembla pas réaliser que quelque chose n'allait pas. Quel merveilleux crétin. Il veut bien faire, mais…
« Merci, Sirius. Prenez-en donc. » dit-il, commençant à les faire passer autour de la table, espérant que si les autres en mangeaient assez, Sirius ne remarquerait pas qu'il n'en prenait pas.
Il n'oublierait jamais la fête de départ de sa sixième année, l'hommage que Dumbledore avait demandé aux élèves pour les victimes de l'attaque sur Honeyduke. Chaque élève et professeur de l'école s'était mis debout et avait levé son verre à Bonita Manetti, Orville Simpson, et une fille de quatrième année de Serdaigle appelée Philippa Tanner. Deux adultes étaient aussi morts durant l'attaque.
Comme les noms résonnaient dans la salle, James avait dû reposer son verre et mettre ses mains sur la table pour se tenir, incapable d'empêcher un vertige de s'emparer de lui. De chaque côté, Lily et Sirius avaient passé leurs bras autour de lui, et il avait senti la compassion émaner d'eux, le soutien. Il avait levé les yeux pour trouver les yeux de Severus Rogue, forant dans les siens de l'autre côté de la salle. Comme Rogue était très grand, il était facile de voir son expression hostile. James déglutit, se demandant ce qu'il y avait vraiment entre Rogue et Lily (il pensa que Lily était la raison de ce regard noir). Il jeta un coup d'œil discret à Sirius et Remus, qui lui firent un signe de la tête et sourire compatissant, ne lui en voulant de toute évidence pas pour le réconfort de Lily, en fort contraste avec Rogue. Il soupira et baissa les yeux vers Lily, qui lui fit un faible sourire et posa sa tête sur son épaule, son bras passé autour du sien. Il essaya de ne pas penser à combien c'était bon de se tenir là avec elle, bras dans le bras, juste comme il essayait fréquemment de ne pas penser à quel point cela avait été merveilleux de se blottir contre elle la nuit de l'attaque, de la tenir comme ils voguaient tous deux vers le sommeil, d'entendre sa respiration calme et régulière dans la nuit, quand il se réveillait de façon répétée suite à des cauchemars horribles. Il sentait de façon aiguë à quel point il était une personne affreuse. Ils se levaient pour rendre hommage à Bonnie, parmi d'autres, et là il souhaitait que Lily soit sa petite amie…
Il se secoua, regardant les personnes autour de lui dans la cuisine, essayant de ne pas être déçu que Lily n'ait pas pu venir à sa fête. Cela aurait signifié pour elle qu'elle quitte sa mère en plein traitement de radiothérapie. James avait essayé de la convaincre avant qu'il n'apprenne cela. Il lui avait écrit et lui avait proposé qu'elle aille juste de sa maison à Londres au Chaudron Baveur et prenne le réseau de cheminette jusqu'au château d'Ascog. (Elle n'aurait pas pu prendre le Magicobus parce que le château était sur l'île de Bute, et le Magicobus ne pouvait pas passer au-dessus de l'eau). Il avait commencé à la féliciter pour sa nomination de préfète en chef, et avait enchaîné avec son invitation à son anniversaire. (Il avait été nommé préfet en chef pour aucune raison qu'il ne pouvait voir, si ce n'est peut-être la pitié des autres préfets, parce que sa petite amie venait de mourir). Quand elle lui avait répondu pour expliquer l'état de sa mère, cela avait été très tentant de lui écrire encore et de la supplier de reconsidérer cela, mais il avait réalisé que cela aurait eut l'air assez étrange et désespéré, alors il ne l'avait pas fait. (Il avait écrit la lettre, mais l'avait froissée et jetée au feu.)
« Ceci est arrivé par une chouette postale de ta grand-tante Othalie. » disait maintenant Ursula, lui tendant un paquet encore dans son emballage de papier kraft, avec une ficelle autour pour le tenir. James utilisa le couteau du gâteau pour couper la ficelle, mettant du chocolat sur le papier. Quand il eut enlevé l'emballage, il trouva une boîte de bois de taille moyenne avec un dessus en cuir ouvragé portant un blason (un lion rampant, portant une couronne, flanqué d'une licorne et d'un cerf). Il connaissait la légende gaélique qui allait avec cette image.
« Ma race est royale. » dit doucement James, traçant de ses doigts les anciens mots.
« Hola, ne prends pas la grosse tête. Ce n'est pas comme si tu étais le seul membre du club MacGregor au monde ou quelque chose comme cela. » dit Sirius en riant. James lui sourit. Sirius se tenait devant le blason de son propre clan, avec son lion d'argent sur fond azur.
« Je me demande ce que faisait tante Othalie avec cela, » dit-il méditativement. « C'est une Potter. Bien, par alliance en tous cas. C'était ma mère qui était du clan MacGregor. Et, » ajouta-t-il avec un sourire narquois adressé à Sirius, « dois-je te rappeler que son nom était King avant qu'elle n'épouse mon père ? » NDT : King Roi
Sirius jeta sa tête en arrière et rit de bon cœur tandis que James ouvrait lentement la boîte. La première chose qu'il y trouva était une lettre de sa grand-tante.
Mon cher James,
J'espère que tu as un joyeux dix-septième anniversaire. J'ai soigneusement rassemblé quelques objets que j'ai retrouvés dans le cottage de tes parents à Godric's Hollow après leur mort, et maintenant que tu es majeur, je crois que tu devrais les avoir. Cela m'a fait plaisir que tu me rendes visite avec ton ami pendant les vacances de Noël. Je suis une très vieille femme. M'appeler grand-grand tante est plus précis que grand tante, mais on ne va pas palabrer toute la journée pour un fichu titre, n'est-ce pas ? C'était rafraîchissant de revoir de jeunes gens.
James sourit. Il adorait sa tante Othalie. Elle était âgée (environ cent-quarante ans, selon lui), mais encore très spirituelle. Elle avait eu une sacrée vie. Elle les avait régalé, lui et Sirius, avec des histoires à dormir debout sur comment quand elle était une sorcière née de moldue fraîche émoulue de Poudlard, elle s'était déguisée en homme et avait rejoint la Royal Navy. Puis elle était allée en Amérique, aidant à libérer des esclaves dans le métro, en utilisant la magie pour semer leurs poursuivants. Elle clamait qu'elle était celle qui avait fait tomber les plans de bataille des confédérés dans les mains des unionistes, bouleversant le cours de la guerre. Elle clamait aussi qu'elle était vraiment Annie Oakley, la tireuse d'élite, que Wild Bill Hickock était un sorcier qui utilisait régulièrement la magie dans son Wild West Show, et qu'elle avait été à San Francisco en 1906 pour le tremblement de terre, qui l'avait convaincu de quitter l'Amérique du Nord. Elle disait qu'elle était allée à Honk Kong de là (gérant une fumerie d'opium pour les sorciers) avant de descendre en Australie pour être actrice dans une troupe de théâtre de Sydney. (Une affaire avec le ministre de la magie australien, marié, avait causé un terrible scandale).
James ne savait pas s'il devait croire toutes ses histoires (il l'avait en fait prise plus d'une fois en flagrant délit de bobard, qu'elle mettait sur le compte d'une mémoire défaillante), mais les histoires étaient toutes très excitantes. Même si seulement une fraction en était vraie, elle avait été dans plus de guerres, et avait eu plus de carrières et d'amants que personne d'autre qu'il connaissait, s'installant finalement avec l'oncle de son grand-père, Jeremy Potter, après la Grande Guerre. Ils n'avaient jamais eu d'enfants, et il n'avait jamais connu son grand-oncle (ou grand-grand oncle puisque c'était le frère de son arrière-grand-père). Jeremy Potter était mort dans un duel dans un pub au début des années trente. Son assassin était à Azkaban, dont tante Othalie disait que c'était un des rares endroits du monde où elle n'avait pas mis les pieds, et où cela ne lui disait rien d'aller, merci beaucoup.
J'ai pensé que tu devrais aussi avoir la vieille Bible familiale. On trouve enregistré dedans toutes les naissances, les morts et les mariages dans la famille sur plusieurs siècles en arrière. Les alliances de tes parents sont dans la petite poche de velours, ainsi que la bague de fiançailles que ton père avait donné à ta mère, et son père avant cela, et ainsi de suite. Je ne l'ai jamais portée comme le frère de Jeremy l'avait donnée à ton arrière-grand-mère, mais bon, tu sais que ces babioles ne m'intéressent pas.
Je suis désolée de pas pouvoir te donner davantage, mais je suis une vieille femme, et j'ai essayé de me débarrasser d'un maximum de choses pour éviter que mes possessions soient un fardeau pour moi. C'est pour cela que je t'ai donné ma cape d'invisibilité il y a des années. Je t'ai dis que c'était un cadeau de mon Jeremy, n'est-ce-pas ? Heureusement, je n'en ai pas eu besoin pendant des années, et elle ne me manque pas. (La prochaine fois que tu me rendras visite, je te parlerai de mes années passées à espionner Rommel, où elle a été très utile) J'espère que tu en profites bien.
Joyeux anniversaire et écris vite à ta vieille tatie.
Bisous
Othalie
James mit la main dans la boîte et en retira un livre qui avait l'air bien trop grand pour rentrer dans la boîte sans qu'elle ait été magiquement agrandie. Il passa ses doigts sur le cuir manufacturé de la couverture, qui, assez étrangement, arborait un piolet sur le devant, ainsi qu'un symbole maçonnique. Il voulait regarder ceci plus tard, en privé, alors il replaça le livre dans la boîte et referma le couvercle.
« Juste quelques vieilles affaires de famille qu'elle voulait que j'aie. » dit-il faiblement. Personne ne lui posa de questions sur cela. Après que la fête soit finie et qu'il ait dit au revoir à Remus et Peter, qui revinrent chez eux en utilisant la cheminée de la salle à manger, James monta ses cadeaux dans la chambre que Sirius et lui partageaient, et rangea avec précaution la boîte dans sa garde-robe. Il alla vers la grande fenêtre qui dominait la petite cour du château, et leva les yeux aux cieux, Lily lui manquant tant que cela lui faisait mal au cœur. Elle avait envoyé une carte et un livre comme cadeau, et lui avait rendu ses félicitations pour sa nomination de préfet en chef, mais c'était tout. Il n'était pas sûr de ce à quoi il s'était attendu. Elle le considérait encore sûrement comme un frère. Si elle pensait qu'il lui ferait des avances physiques, il était certain qu'elle ne l'aurait pas laissé dormir dans son lit la nuit où Bonnie était morte. Elle considérait de toute évidence qu'avoir partagé le même lit avait été fait en toute innocence, et si elle avait eu un vrai frère, elle aurait probablement fait la même chose. Ce n'était pas comme si elle ignorait ce qui peut se passer entre les hommes et les femmes, pensa-t-il, se souvenant de sa jambe cassée. Elle n'était pas une enfant. Elle ne me considère simplement pas de cette manière…
Il se souvint de Rogue le foudroyant du regard pendant la fête de départ. Il avait vu Lily envoyer de tendres regards dans la direction du grand Serpentard de nombreuses fois. C'était évident qu'elle se souciait de lui. D'un autre côté, ses regards compatissants pour Remus avaient disparu, remplacés par des froncements énervés et intrigués. Savait-elle ce qu'il est ? se demanda James. La pensée qu'elle soit avec Rogue le rendait physiquement malade. Il ne savait pas si les choses étaient allées aussi loin, mais c'était possible.
Il se détourna de la fenêtre, essayant d'évincer cette image de son esprit. Il avait dix-sept ans aujourd'hui. Il était majeur. Soudain, il ressentit un besoin incroyable de sortir des murs étouffants du château d'Ascog. Il avait besoin de courir sur ses quatre sabots dans la nuit, son meilleur ami à ses côtés…
« Sirius. » dit soudain James, se tournant vers son meilleur ami, déjà en pyjama et grimpant dans son lit à baldaquin. « N'allons pas encore au lit. Sortons. J'ai envie de courir sous la lune. Regarde-la, là-haut. » dit-il, revenant vers la fenêtre, montrant la lune blafarde. « Il fait aussi clair qu'en plein jour. Il fait trop chaud pour rester ici, au dernier étage du château. Nous pourrons dormir demain, dans l'après-midi, quand c'est oppressant. Ce soir, sortons. »
Sirius considéra cela. « D'accord. Mais on ne cours pas simplement comme des fous. J'aimerais aller à Rothesay. » Rothesay était la plus grande ville de l'île de Bute, avec un port actif.
« Oh, allez. Que penserons les gens s'ils voient un cerf se promener en ville ? »
« Ou marcher sur le quai ! » rit Sirius. « Idiot. Quand nous serons en ville, reprend ta forme et prétend que tu fais sortir ton chien. »
James grimaça. Il faillit utiliser la carte 'c'est mon anniversaire', mais il résista à la tentation. Il ne voulait pas en repasser une couche pour Sirius qui n'allait pas avoir dix-sept ans avant la fin septembre. James serait majeur pendant tout un mois pendant les vacances d'été, tandis que Sirius serait encore puni s'il était pris en train de faire de la magie en dehors de l'école. (c'était bien sûr illégal qu'ils soient tous deux des animagi non déclarés)
Sirius se rhabilla et ils se glissèrent dans l'escalier en spirale, qui conduisait au donjon de la tour de garde. Ils se figèrent sur le pallier devant la chambre des parents de Sirius quand son père laissa échapper un ronflement particulièrement fort dans son sommeil, faisant souhaiter à James qu'il ait pris sa cape d'invisibilité. Finalement, ils atteignirent les donjons, passant dans le passage éclairé par les torches conduisant au petit cottage qui servait d'entrée à la maison des Black. Tandis que le château semblait n'être qu'une ruine pour les moldus le regardant, ce n'était pas le cas du cottage, bien qu'il soit étouffé sous les plantes grimpantes et que quelques fenêtres soient cassées. Il ressemblait à une demeure paysanne abandonnée depuis des années, mais par précaution, elle avait des sorts repousse moldu, comme le château, et ces sortilèges faisaient se souvenir aux moldus qui s'approchaient de trop près de rendez-vous urgents, et les faisait repartir. Heureusement, très peu de moldus étaient intéressés par les ruines du château d'Ascog, même les enthousiastes du clan Lamont, qui étaient habituellement plus fascinés par le Château de Towart et Ascog House, un grand manoir sur la côte est de l'île. Parfois, les moldus venaient sur le lac faire de la pêche à la mouche (Sirius et James aimaient faire cela avec son père et le mari d'Ursula), mais autrement, c'était un endroit très calme pour vivre.
James et Sirius montèrent les escaliers irréguliers qui conduisaient du cellier du cottage au rez-de-chaussée, et une fois qu'ils furent dehors, ils se brossèrent, comme ils étaient couverts de vieilles toiles d'araignées et de saleté. La plupart du temps, ils quittaient tous le château pour aller dans le monde des sorcier en utilisant le réseau de cheminette (ou en transplanant, pour les membres les plus âgés de la maisonnée), et les couloirs du donjon n'était donc pas régulièrement utilisés, et s'étaient remplis avec de grandes toiles d'araignées. James et Sirius étaient habituellement les seuls qui avaient besoin d'utiliser le cottage pour quitter le château.
Quand James leva les yeux, il vit que Sirius avait pris sa forme d'animagus. Il sourit, sachant à quel point son ami aimait cela. Il y avait quelque chose d'indescriptible à ce sujet. Devenir vraiment une autre créature était la chose la plus étonnante que James avait jamais vécu. Il se sentait si vivant quand il était sous sa forme animale.
Il ferma les yeux, se concentrant, sentant le changement se faire en lui, sentant le déchirement dans ses os comme ils changeaient de forme. Peu importe à quel point il pensait qu'il était préparé à la douleur, cela le surprenait toujours et lui coupait le souffle. Une fois la transformation accomplie, il pouvait se relaxer jusqu'au moment où il devait reprendre sa forme (sauf qu'il était vraiment incroyablement alerte à chaque instant où il était un cerf), mais il y avait toujours ce moment de souffle coupé, où la douleur la plus inimaginable le transperçait et lui rappelait qu'aucun avantage magique n'était gratuit.
Et puis il y avait la beauté de la nuit vue à travers ses yeux de cerf. Il leva les yeux, sentant l'attraction de la lune et entendant les cris des animaux sauvages provenant de la lande autour du château et du lac. Il alla jusqu'au bord du Loch Ascog et fit quelque chose qu'il n'aurait normalement pas fait sous sa forme humaine, se penchant pour boire l'eau froide, sentant la vie qu'il y avait là, les mouvements des poissons vivant dans le lac, les bruissements de l'herbe près de la rive, quand de petits rôdeurs sauvages espéraient éviter les serres des oiseaux de proie qui plongeaient au clair de lune. La nuit était peuplée de dizaines de milliers de créatures suivant leur instinct, traversant la danse du cycle de la vie, et James avait conscience de cela dans tous les poils de son pelage.
Le gros chien noir trotta à côté de lui. Sirius but aussi dans le loch, lapant bruyamment, avant de plonger dans l'eau et de nager vers le centre, puis de faire demi-tour et de retourner vers la rive. Quand il fut à nouveau sur la terre ferme, il se secoua vigoureusement, envoyant des gouttes d'eau dans toutes les directions, y compris sur les flancs de James. L'eau froide était comme des aiguilles lui piquant la peau, et James donna à Sirius un petit coup avec ses bois en guise de représailles. Sirius aboya joyeusement, et James pouvait jurer qu'il souriait de malice, avant de courir au galop vers la route de Rothesay.
Ils allèrent jusqu'à la ville portuaire à travers le jardins des cottages, et sur les bords des routes. Une fois, alors qu'ils traversaient ce qui pouvait être considéré comme une autoroute pour l'île, une voiture commença à se diriger vers eux, et James se tourna, fasciné, fixant les lumières brillantes, avant que Sirius ne le mordille sur la patte et ne le pousse sur le bord de la route, la voiture filant devant eux incroyablement rapidement, donnant l'impression que la queue de Sirius allait aussi vite que la voiture. James donna un coup de truffe à l'oreille de Sirius, reconnaissant qu'il l'ait sauvé. Il devait faire attention à cette tendance. C'était énervant quand son instinct animal menaçait de dominer son sens commun humain.
Comme ils allaient vers le port, James s'arrêtait à l'occasion pour grignoter quelques arbustes choisis et les branches basses de certains arbres. Il ne pouvait même pas imaginer manger des feuilles normalement (il n'aimait pas vraiment la salade), mais quand il était en cerf, ces feuilles avaient un goût incroyablement sucré et délicieux pour lui, et il se trouvait à les convoiter dès le moment où il se transformait. Sirius, d'un autre côté, devenait une vraie peste dès lors que cela concernait les autres chiens. A chaque fois qu'il arrivait dans un jardin avec un chenil, il devait vérifier si son ou ses résidents avaient tout mangé dans leurs gamelles. James était tenté d'aller dans une boutique moldue pour acheter des boîtes de nourriture pour chien en guise de cadeau d'anniversaire pour Sirius. Parfois, Sirius avait vraiment une opinion sur sa nourriture préférée de chien, et à l'occasion de virées nocturne comme celle-ci, il ne boudait pas les gamelles contenant les restes de nourriture des propriétaires du chien. Ces gens ne souciaient de toute évidence pas de la bonne alimentation de leurs animaux. Quand Sirius se plaignait de cela, James le faisait taire.
Il avait depuis longtemps conclu que l'une des parties les plus agréables d'être avec ses amis sous la forme d'animaux était la compagnie silencieuse. Il n'y avait aucune pression pour parler, pour discuter de choses, disserter sur des problèmes, épuiser des sujets. James adorait ses amis, mais quand il voulait quelqu'un pour parler, il allait voir Lily, pas Remus, Sirius ou Peter.
Lily. Comment pourrait-il continuer à aller la voir maintenant qu'il développait des sentiments pour elle ? Et si elle saisissait et se sentait mal à l'aise et arrêtait… arrêtait d'être là pour lui ? Il pensa à la tension entre elle et Remus. Ils étaient de bons amis, mais maintenant qu'ils avaient été amants, James ne savait pas ce qu'ils étaient, et il n'était même pas clair qu'ils étaient d'anciens amants. Il pouvait dire qu'il y avait encore quelque chose entre eux, mais il n'avait pas de mot pour cela, d'autant plus que Rogue semblait aussi être dans l'image maintenant.
Autant il avait confié ses pensées à Lily de nombreuses fois, et autant elle avait pleuré contre lui à cause de sa mère et confessé son béguin pour Sirius, autant elle n'avait jamais parlé de sa relation physique avec Remus, même si elle savait qu'il était au courant, comme il avait aidé à la prendre à l'hôpital avec sa jambe cassée. Et elle n'avait certainement pas parlé de Severus Rogue avec lui. Il se demandait s'il devait l'encourager à le faire. Peut-être que si elle était d'accord, l'entendre sur ses relations avec les autres garçons le réveillerait et lui rendrait possible de la considérer à nouveau comme une sœur. Lui donner un avis objectif et dépassionné sur sa vie amoureuse serait sans doute LA chose à faire pour lui rappeler qu'elle était une amie, et pas une petite amie, et quelqu'un qu'il ne voulait pas perdre. S'ils sortaient ensemble et que cela ne marchait pas, il haïssait l'idée qu'il ne puisse plus jamais lui parler comme avant. Il savait qu'il se sentirait incroyablement isolé si cela venait à arriver.
A la longue, ils atteignirent finalement la ville, et James plongea dans l'ombre d'une grande maison pour reprendre sa forme humaine, marchant avec Sirius le long des rues éteintes, l'obscurité occasionnellement ponctuée par les lumières des fenêtres ou des portes brièvement ouvertes, ou les vitrines des fenêtres présentant leurs marchandises pour personne en particulier. Quand ils atteignirent le quai, le clair de lune lumineux baignant l'espace était presque aveuglant en contraste avec les allées obscures qu'il ne pouvait pas atteindre. Il y avait quelques couples marchant la main dans la main le long du quai, les bateaux oscillant doucement dans l'eau, qui reflétait la lune comme un miroir. Soudain, une silhouette familière accrocha l'œil de James, et il fit une pause, puis se cacha derrière un grand poteau de bois entouré d'une grande quantité de lourdes cordes. Sirius ne remarqua pas et trottait encore joyeusement, se réjouissant de sa sortie. James essaya de le rappeler.
« Sirius ! » siffla-t-il inefficacement. « Patmol ! Reviens ici ! »
Puis Sirius remarqua la silhouette que James avait vu, et il s'arrêta, se raidissant, un grondement sourd faisant frissonner tout son corps. James regarda précautionneusement derrière le poteau, essayant de ne pas se montrer.
Severus Rogue avançait d'un pas volontaire sur le pont du yacht le plus proche. James vit qu'il était nommé Patricia. Il portait des pantalons lâches et blancs de marin, l'ourlet retourné plusieurs fois, révélant ses chevilles pâles et osseuses au-dessus de ses chaussures de bord, et une chemise blanche avec de longues manches remontées de telle sorte que la peau pâle de ses avant-bras surprenamment musclés était visible au clair de lune. Ses cheveux étaient rassemblés en une queue de cheval sur sa nuque, et il souriait à l'homme plus âgé qui lui jetait une corde, que Rogue enroula plusieurs fois autour d'une grosse attache sur le quai, selon un motif compliqué que James pensa être un nœud spécifique de quelque sorte. Cela semblait presque être une sorte de rituel pour Rogue d'enrouler ainsi la corde.
C'était un Rogue que James Potter n'avait jamais vu, riant et enjoué, levant son visage vers le ciel comme s'il bronzait au clair de lune. James vit maintenant que l'homme plus âgé était très beau. Ses yeux souriaient au jeune homme comme il le regardait attacher la corde.
« Pourquoi es-tu si réjoui ce soir ? » demanda l'homme avec un fort accent écossais. « Était-ce une lettre de ta fiancée que tu as reçu cet après-midi ? »
James pensa qu'il était possible que Rogue ait rougi, bien que ce soit dur à dire à la seule lueur de la lune. « C'était de Lily. » reconnut-il, continuant à se concentrer sur la corde sans qu'il y en ait besoin. Il avait l'air moins joyeux.
« Hé bien ? N'est-ce pas ta fiancée ? Oh… Désolé. Petite amie. »
James vit Rogue se raidir, et puis Sirius émit un grognement et aboya, et le grand Serpentard tourna la tête et foudroya du regard le chien sur le quai. L'homme se tourna aussi et regarda le chien avant de regarder à nouveau Rogue.
« Qu'y a-t-il Severus ? Tu as peur des chiens maintenant ? »
Severus Rogue se secoua et eut l'air surpris. « Heu, non, oncle Duncan. Je n'ai pas peur des chiens. Mais ce chien… » il fit une pause, sa voix dégoûlinant de suspicion. « Je sais que j'ai vu ce chien avant… »
« Bien, cela pourrait être un sinistros. » dit son oncle avec un sourire de côté. « Il pourrait te prédire ta mort prochaine. » Il y avait l'indice d'un rire à peine contenu dans sa voix.
Rogue lui jeta un petit chiffon, le faisant réagir vivement pour le rattraper. « Ne sois pas stupide. Maman disait toujours que la divination était ridicule, en particulier pour les augures. » Sa voix était remplie de dédain, comme s'il était incapable de discerner que son oncle essayait juste de le faire marcher. C'était le Rogue auquel James était habitué. Il était surpris qu'il parle à son oncle ainsi, mais l'homme semblait hautement amusé. Il jeta le chiffon dans un seau près du bord du pont.
« Allez mon garçon. J'entends l'appel de la pinte. Si tu te tiens bien, elle pourrait aussi t'appeler par ton nom. » dit-il en souriant, descendant le long de la passerelle jusqu'au quai, son neveu suivant en balançant les bras, tentant d'avoir l'air insouciant. James avait le cœur dans la gorge. S'il-te-plaît, Sirius, tiens-toi bien, plaida-t-il en silence, espérant que son ami ne courrait pas après Rogue et son oncle.
Mais Sirius ne bougea pas, la fourrure hérissée, le grognement bourdonnant constamment maintenant. Rogue se retourna et regarda le chien par-dessus son épaule un instant, et James plongea de l'autre côté du poteau entouré de cordes afin de ne pas être vu. Quand l'once et son neveu eurent disparu dans un pub visible depuis le quai (« The Tipsy Bo'sun »), James émergea de sa cachette et dit sèchement à Sirius « Allez, viens toi. Joli boulot, être vu par Rogue, entre tous. Est-ce qu'il t'avait déjà vu à l'école ? Est-ce pourquoi il pense que tu as un air familier ? C'est brillant. Il sait que tu vis sur l'île aussi. Je sais que tu ne peux pas me répondre maintenant. Je préfère que ce soit ainsi, franchement. Complètement stupide de ta part. C'est tout ce que je peux dire. Maintenant, rentrons à la maison avant que tu ne fasses quelque chose d'autre qui nous cause des problèmes à tous les deux. »
Cependant, à la première occasion, quand ils furent dans l'ombre d'une allée perpendiculaire au quai, Sirius reprit sa forme humaine et saisit le bras de James. « N'as-tu pas entendu l'oncle de Rogue ? » siffla-t-il à son ami, son souffle projetant une bouffée de chaleur au visage de James. « Son oncle appelle Lily sa petite amie. Ce sale Serpentard ! Est-ce que nous allons laisser cela arriver ? »
James se libéra le bras et s'éloigna de Sirius, lui parlant de dos afin que son ami ne puisse pas voir son visage. « Que veux-tu dire 'laisser cela arriver' ? Ce n'est pas nos affaires, n'est-ce pas ? C'est entre elle et Rogue. » dit-il, son estomac se tordant à l'idée de Rogue la touchant, l'embrassant… Il avait envie de se plier en deux et de vomir sur le macadam…
« Que veux-tu dire, qu'est-ce que je veux dire ? Et notre ami ? Et Remus ? Ne me dis pas que tu ignores tout de cela. »
James se figea de surprise. Est-ce que Remus avait parlé de lui et Lily à Sirius, ou est-ce que Sirius l'avait découvert ? Il fit face à Sirius, mais il ne pouvait pas voir le visage de son ami dans l'obscurité. « Non. » dit-il doucement. « Je ne suis pas ignorant. Mais cela ne signifie quand même pas que c'est nos oignons. Quoiqu'il y ait, ou qu'il y ait eu… entre Remus et Lily, c'est leur affaire, pas la notre. » Il cilla, souhaitant ne pas avoir employé le mot 'affaire'.
« Pas si Rogue la lui vole ! » insista Sirius après que James se soit retourné et ait repris la marche. James ne s'arrêta pas.
« Ne sois pas un crétin. » lança-t-il par-dessus son épaule. « Tu es juste jaloux parce qu'elle n'a plus le béguin pour toi et qu'elle n'a pas aimé la façon dont tu lui as fait des avances. Tu n'es pas énervé par le comportement de Remus. C'est tout sur toi. Je te vois encore la regarder. Tu es aussi mauvais que Peter parfois… »
Il avait entendu les pas de Sirius le suivre comme ils tournaient sur une rue plus large, mais maintenant, il les entendit s'arrêter. « D'accord, d'accord, Potter. Voilà où je fixe la limite. Me comparer à Pettigrew. »
James se retourna et le foudroya du regard. Il pouvait maintenant voir le visage de Sirius au clair de lune. « Arrête de faire cela, Sirius. Son nom est Peter. Bien que peut-être tu ne sois pas simplement comme Peter. Après tout, je pense qu'elle l'embrasserait plutôt que toi, vu la façon dont tu as tout gâché la dernière fois… »
Il ne put arrêter le rire qui s'échappa de lui comme il commençait à courir à toute allure, sachant que dès qu'il aurait dit cela, Sirius serait après lui. Ils coururent tous les deux sur quelque distance sous leur forme humaine, mais quand James vira et sauta par-dessus une haie dans un grand jardin autour d'une maison de pierre grise, il se changea en cerf en plein bond, accélérant dès qu'il fit cela, entendant finalement le halètement d'un chien loin derrière lui.
Ils coururent comme ça sur tout le chemin jusqu'au château, et au moment où il revit le loch, James ne put résister à prendre une longue rasade d'eau, se tenant sur la berge, tandis que son cœur battait rapidement dans sa poitrine, et que la sueur coulait sur son pelage. C'était tellement euphorisant de courir comme un cerf ! Sirius ne l'avait pas encore rattrapé, mais il se dirigea quand même vers le cottage, se retransformant afin de pouvoir ouvrir la porte. En vérité, il n'avait auparavant rien dit à Sirius sur son clair béguin pour Lily parce qu'il sentait que ce n'était pas juste de titiller quelqu'un sur quelque chose dont il souffrait aussi : un amour à sens unique pour Lily Evans.
Quand Sirius fut en vue, il se dirigea droit sur James, qui riait et ferma la porte à la truffe du chien sachant que Sirius devrait redevenir humain pour actionner la poignée. Quand il le fit, James descendait déjà les marches dans le passage conduisant au donjon du château. Il avait au moins une volée de marche d'avance sur Sirius sur tout le chemin jusqu'à leur chambre, et s'était mis en pyjama et avait plongé dans son lit au moment où Sirius atteignit le dernier étage. Sirius le foudroya du regard en rentrant dans la pièce, et il se déshabilla en un silence sombre avant de grimper dans son propre lit et d'éteindre les lumières.
Après être restés allongés dans leurs lits pendant quelques minutes, Sirius dit « J'ai posé des questions au capitaine du port de Rothesay sur lui une fois. Le Patricia, je veux dire. Il a dit « C'est un beau bateau de Dunoon, dont le capitaine s'appelle MacDermid. Ils s'amarrent à Rothesay la nuit habituellement, mais ils font aussi des courses nautiques.' La nuit, Cornedrue. Pourquoi devraient-ils naviguer de nuit habituellement ? Pourquoi ? »
James grogna dans l'obscurité. « Tu es encore là-dessus ? Oui, il est très probable que Rogue, un vampire de dix-sept ans, participe à des courses nautiques avec son oncle dans le fjord de Clyde. » dit-il sarcastiquement, espérant que Sirius entendrait à quel point cela était absurde.
« Je me moque de ce que tu penses. Il y a quelque chose de pas très net sur lui, au-delà même du fait qu'il soit un Serpentard. Il ne devrait définitivement pas pouvoir approcher Lily. »
« Ne crois-tu pas que c'est à Lily de décider ? » il était en secret d'accord avec son meilleur ami (pas sur la bêtise du vampire), mais il ne pouvait pas se résoudre à l'admettre, d'une manière ou d'une autre.
Sirius se tut une minute, rageant dans les ténèbres. James ne dit rien d'autre, espérant qu'il pourrait bientôt dormir, mais incapable d'oublier qu'il avait dormi dans le lit de Lily, blotti contre elle…
A la longue, quand il commença finalement à s'endormir, il n'était pas sûr de bien avoir saisi les mots que Sirius marmonnait dans le noir :
« Je vais éloigner Rogue de Lily, même si cela me tue. Ou lui. »
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Lundi 28 Août 1977
« Bill ! »
Il sentit de petites mains le tirer. Il roula de côté, les repoussant.
« Va-t-en. Je dors… »
« Bill ! » ses yeux s'ouvrirent et les cligna quelques fois. Une tâche orange floue se tenait à son chevet. Il dut cligner des yeux encore quelques fois avant que cela cesse d'être flou. C''était Peggy. Ses yeux étaient affolés et elle avait l'air d'avoir pleuré. Il s'assit dans le lit, regardant Charlie, ronflant encore et oublieux, et Jack, qui dormait dans un lit de camp entre les deux lits plus grands. Jack était chez eux pour quelques jours, et il partirait à Poudlard avec eux. Les premières lueurs du matin filtraient dans la pièce, une couleur à la fois grise et pêche.
Bill se frotta les yeux et bailla. « Qu'est-ce qui ne va pas, Peg… ? »
Sa lèvre trembla. « C'est papa. »
Bill se sentit complètement réveillé maintenant. Il prit les épaules de sa sœur de quatre ans et la fit se tenir immobile. « Quoi ? Qu'est-il arrivé à papa ? » Il n'avait aucun doute que quoique dirait Peggy, ce serait important. Il avait appris à lui faire confiance, même s'il était devenu très hésitant quant à ses prémonitions. Il l'avait aussi avertie de ne pas dire à n'importe qui qu'elle avait des prémonitions, comme il y avait des gens qui n'aimaient pas les personnes comme elle, les personnes qui avaient le Don. Il était maintenant assez certain que c'était une voyante, et il avait peur pour elle. Cependant, il s'était assuré qu'elle savait qu'elle pouvait toujours venir à lui et tout lui dire. Malheureusement, elle semblait toujours avoir des choses à lui dire quand il était encore au lit, endormi, et que le soleil se levait à peine.
Il se déplaça et tapota le matelas à côté de lui, et elle grimpa dans le lit, son petit corps maigre étrangement froid contre le sien. Il ne sentait presque pas de chaleur corporelle émaner d'elle à travers son pyjama. Il la tint dans ses bras, essayant de la réchauffer.
« Raconte moi Peg. » lui chuchota-t-il. Elle le regarda avec de grands yeux.
« Papa a tué un homme. »
Bill la regarda, figé, incapable de dire quoique ce soit. Elle le regarda. « Tu m'as entendu, Bill ? »
Il se secoua. « Oui. Je t'ai entendu. Tu es sûre ? C'est déjà arrivé ? » Elle acquiesça. « Tu le savais… Avant ? » elle commença à pleurer, acquiesçant.
« J'espérais que je me trompais, » sanglota-t-elle. « Et maintenant,… Maintenant papa a des problèmes… »
Bill avait le cœur dans la gorge. « Ah bon ? » Mais c'était stupide. Bien sûr que son père aurait des problèmes.
Il avait tué un homme.
Bill savait que son père était parti pour un raid nocturne. Des informateurs avaient donné à son département des informations sur les maisons dans lesquelles il y avait de la contrebande, et le devoir du père de Bill était d'obtenir des mandats de perquisition et puis de partir en raids surprise, qui étaient ceux qui avaient le plus de succès, historiquement, bien qu'ils soient dangereux. Son père s'était battu de nombreuses fois en duel et avait eu quelques mauvaises blessures. On lui avait jeté plus de sorts et de maléfices qu'il ne pouvait en compter. Bill se souvint avoir visité le travail de son père, et il souhaitait que ce soit tout ce que son père eut jamais eu à faire, un ennuyeux travail administratif. Cette visite n'avait pas montré à ses enfants tout l'étendue des dangers que son métier recelait, spécialement maintenant qu'il y avait tant de gens qui s'alignaient derrière Voldemort.
Bill pensa son nom, mais il n'osait jamais le dire. Il disait toujours ce que tout le monde disait : Vous-savez-qui. Bill haïssait savoir que son père partait en raids nocturnes. Il craignait toujours le pire, qu'ils entendent le matin que leur père, malgré ses compétences considérables en duel, avait été tué par un mage noir.
Bill réalisa ensuite qu'il y avait quelque chose d'autre à craindre. Son père n'avait pas été tué. C'était lui qui avait tué, et maintenant, il avait des problèmes. Bill déglutit. Et si son père allait en prison ? Que feraient-ils tous alors ?
Il regarda Peggy qui pleurait en silence, sa tête contre son torse. Il raffermit son étreinte sur elle et la berça doucement.
« Chut, Peggy, chut. Tout va bien se passer… »
Mais il ne savait pas cela. Il pouvait seulement espérer.
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Lily soupira et referma sa malle, ayant maintenant empaqueté toutes les affaires d'école dont elle aurait besoin pour l'année à venir. Elle avait retrouvé Cecilia Ratkowski au Chemin de Traverse samedi et acheté ce dont elle avait besoin, se réjouissant de passer du temps avec son amie sans devoir se battre face aux filles de Pouffsouffle pour avoir son attention.
Lily avait traversé Londres dans la voiture de Petunia, à la demande de ses parents, et après avoir atteint le Chaudron Baveur, où elle retrouvait Cecilia, Petunia avait pris le siège du conducteur pour rentrer à Surrey, où elle vivait avec son nouveau mari, le fils du directeur de l'usine de perceuse Grunnings. Sa sœur avait été très réticente à faire cela. Elle semblait penser que, s'étant mariée début juin, on ne lui demanderait plus de faire des choses comme aider Lily à conduire, afin qu'elle puisse passer son permis avant de retourner à l'école (Elle avait encore seulement sa conduite accompagnée). Petunia se plaignit aussi tout le temps de la route qu'elle allait être en retard pour travailler à l'usine. Lily ne savait pas pourquoi elle avait besoin de s'inquiéter pour son retard, cependant, comme elle travaillait maintenant pour son beau-père, et que son mari allait reprendre l'affaire de son père dès que le vieil homme prendrait la retraite, dans un an ou deux. Lily pensait que la seule personne plus vile que le vieux Mr Dursley était son fils, Vernon, et maintenant, c'était son beau-frère.
Lily n'avait rien su du mariage. Elle avait découvert après être rentré à la maison que Petunia avait clamé qu'elle lui avait envoyé une lettre à ce sujet, lui demandant si cela ne la dérangeait que le mariage soit en juin comme Lily serait encore à l'école. Elle avait menti à ses parents et clamé que Lily lui avait répondu en disant que cela lui allait. Lily avait dû cacher son choc quand elle avait appris le mariage ou risquer la colère de Petunia. (Elle avait aussi dû faire avec son père qui la grondait, lui demandant pourquoi elle n'avait pas voulu venir au mariage, dont elle ignorait tout.)
Lily n'était pas terriblement surprise. Elle avait senti le ressentiment de sa sœur depuis que le professeur MacGonagall était apparue dans leur maison du Leicestershire pour leur dire qu'elle était une sorcière, mais elle n'avait jamais imaginé que Petunia ferait une chose aussi détestable que d'exclure à dessein sa propre sœur de son mariage. Sincèrement, Lily n'était pas énervée de ne pas avoir vu Petunia épouser Vernon Dursley, qu'elle évitait autant que possible. C'était sur le principe. Elle était la sœur de Petunia. Elle aurait dû être là. Quand elle avait mis Petunia face à cela dans la salle d'attente de l'hôpital St Michael, pendant qu'elles attendaient que leur mère sorte de sa chimiothérapie (leur père parlait au docteur dans son bureau), le visage de Petunia était devenu écarlate.
« Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas voulu de toi à mon mariage ? Je vais te le dire ! Je ne voulais pas que tu le transformes en un cirque ! Je ne voulais pas que mes fleurs se changent en limace. Je ne voulais pas que le punch bondisse de son récipient. Je ne voulais pas que le gâteau se lève et se mette à danser… Je voulais juste un beau mariage normal, avec de gentilles personnes normales. Et pour cela, tu n'étais simplement pas qualifiée ! »
Lily s'étais mise en colère. « Allons nous encore parler de cela ? »
« Non, pas question, parce que de toute évidence, tu ne te soucies pas que notre mère… »
« Je ne peux pas, Petunia ! Je ne suis pas autorisée ! »
« Tu as dit que tu étais autorisée à faire… Ça… En dehors de l'école maintenant que tu as plus de dix-sept ans ! » lui avait sifflé sa sœur, son visage très près du sien. « Tu pourrais sauver sa vie, mais tu ne vas pas le faire ! »
« Tu ne comprends pas. Il y a d'autres lois en plus des restrictions sur faire… Des choses… Pendant que l'on est mineur. »
Lily était à l'agonie pour sa mère. Elle souhaitait pouvoir faire quelque chose pour la sauver, mais elle n'avait pas d'entraînement de magie médicale, et même si elle l'avait, elle enfreindrait la loi en faisant de la magie médicale sur une moldue. Cependant, enfreindre la loi ne lui causait pas autant de soucis que la possibilité de blesser sa mère. Elle savait que si l'on savait pas ce que l'on faisait, on pouvait tuer quelqu'un en ratant quelque chose comme essayer d'enlever des cellules cancéreuses d'une personne. Et si elle lui enlevait le foie, à la place ? pensait Lily. Petunia avait essayé de lui dire que si elle ne pouvait pas le faire elle-même, elle devait trouver quelqu'un qui savait comment faire, mais cela revenait à demander à quelqu'un d'ignorer la loi.
Ainsi, le rift entre elle et Pétunia s'était plus élargi que jamais, Lily se retrouvant à prendre un plaisir vicieux en faisant de la magie quand Petunia était là, maintenant qu'elle avait le droit de le faire. (Et elle n'enfreignait pas la loi, techniquement, comme Petunia n'était pas une moldue ordinaire, mais la sœur d'une sorcière). Elle avait eu un point de côté à force de rire après que sa sœur ait été sur le point de boire du thé chez eux, un soir (Petunia s'était arrêtée après avoir rendu visite à leur mère à l'hôpital, et leur père n'était pas encore rentré de St Michael). La tasse s'était transformée en un petit hamster dans sa main. Sa avait violemment jeté le petit animal en travers de la table, dans un hurlement assourdissant, et si le regard pouvait tuer, Lily serait tombée raide morte en un clin d'œil.
« Attention ! » avait-elle dit à sa sœur aînée hystérique. « Tu vas lui faire mal ! Je suis désolée, » dit-elle, son rire à peine contenu. « Les autres tasses étaient toutes pleines, alors j'ai lancé un sort de métamorphose pour en faire une autre. Je suppose que j'étais encore fatiguée et qu'il était un peu raté. Il n'aurait pas déjà dû disparaître… »
Petunia la poignardait du regard. « Même s'il n'avait pas disparu, comment aurais-tu pu me laisser boire un thé dans… dans un foutu rat ? »
« Ce n'est pas un rat, c'est… »
« Une souris alors ! » grinça-t-elle. « J'allais boire mon thé dans une souris ! »
« C'est un hamster en réalité. » lui dit Lily, sur le point de perdre complètement sa maîtrise de soi. Elle prit la petite créature terrifiée, sentant son minuscule cœur battre rapidement contre ses doigts. Les cheveux blonds de sa sœur étaient comme un halo sauvage autour de sa tête, et son chemisier était tâché avec le thé renversé, mais tenant le hamster, Lily se trouvait bien plus désolée pour le pauvre hamster que pour sa sœur.
Quand Petunia sortit indignée de la maison, Lily se mordit les lèvres, tremblant de gaieté, et ne rit pas fort avant d'avoir entendu la portière de la voiture de Petunia se refermer dans un claquement de colère. Quand elle s'abandonna finalement à rire, elle en pleura. Cela lui prit un bon moment pour se calmer, et elle alla s'asseoir dans la cuisine, sur le canapé près du feu, caressant la douce fourrure du petit hamster, souhaitant qu'il y ait quelqu'un d'autre pour rire avec elle de sa petite blague. Les garçons l'auraient sans aucun doute appréciée, pensa-t-elle. Elle souhaita avoir pu aller à l'anniversaire de James en Écosse, mais sa mère était passée par une période particulièrement éprouvante, et elle n'avait pas osé demander la permission d'aller à une fête au lieu de rester assise avec le reste de la famille dans la salle d'attente, patientant le temps que sa mère ressorte de sa thérapie, tremblante, pâle et squelettique, sans sourcils pour donner à son visage des expressions. Étrangement, c'était une des choses qui avait le plus frappé Lily. C'était très dur de déchiffrer les expressions de sa mère sans les sourcils. Elle n'avait jamais considéré avant à quel point les émotions des gens étaient communiquées par ces deux petits filets de poils poussant sur le front.
Après avoir fermé sa malle, Lily regarda dans sa chambre et alla à son bureau, sous la fenêtre qui donnait sur le long et étroit jardin municipal, si différent de l'étendue sauvage du jardin du Leicestershire qu'ils avaient laissé derrière eux quand ils avaient déménagé en ville. Ce jardin était très formel et guindé, avec ses allées en briques et ses massifs de fleurs en hauteur, ses bancs également espacés, et la petite fontaine gargouillante, crachant de l'eau depuis la bouche d'un dauphin. Elle pensa à l'air qu'il avait la nuit précédente, au clair de lune, quand elle s'était assise à son bureau dans le noir, fixant le jardin, dehors, et que la réponse à l'énigme Remus lui était venue à l'idée comme une vague déferlante.
La lune. A chaque fois que les garçons étaient dehors avec Remus, avait-elle réalisé, cela se passait pendant la pleine lune. Et à chaque fois qu'elle avait été avec Remus, cela avait été avant la pleine lune. Elle n'avait pas voulu que ce soit vrai, elle l'avait nié, et s'était dit que c'était ridicule. Et pourtant…
Elle se souvint de nombreuses choses sur Remus qui semblaient pointer sur la vérité : la croissance de ses poils, pour commencer. Combien d'adolescents étaient aussi poilus ? Et il était pâle, si pâle…
Elle avait allumé sa lampe de bureau et sorti son livre de défense contre les forces du mal, tournant les pages jusqu'au dernier chapitre, sur les loup-garous. Mais plus elle lisait, plus elle devenait optimiste. Bien sûr ! Comment pouvait-elle avoir été si stupide ! Le directeur n'aurait jamais voulu d'un loup-garou dans son école ! Elle avait honte d'avoir été si bête, d'avoir pensé, même brièvement, que cela pouvait être la réponse.
Elle résistait maintenant à la tentation de sortir le livre de la malle et de relire le dernier chapitre. L'auteur du texte reconnaissait qu'au fil des siècles, de nombreuses personnes avaient par erreur été étiquetées comme loups garous parce qu'elle souffraient de porphyrie. Il parlait aussi de personnes qui avaient été prises pour des vampires à cause d'une version différente de la maladie. Lily ne pouvait pas y croire, mais il semblait que les deux garçons pour lesquels elle était tombée avaient la même maladie ! Cela expliquait les voyages de Remus à l'infirmerie à des moments bizarres, et ses sautes d'humeur à d'autres. Elle se moqua encore d'elle pour avoir pensé ne serait-ce qu'un instant que Remus pouvait être un loup-garou, mais ensuite, elle se souvint qu'elle avait aussi brièvement pensé que Severus pouvait être une vampire, après qu'il l'ait embrassée sous les chênes.
Elle décida que lorsque le nouveau trimestre commencerait, elle dirait à Remus qu'elle était au courant pour sa porphyrie. Peut-être qu'il ne serait plus aussi distant avec elle après cela. Peut-être qu'ils pourraient réparer leur relation (peut-être qu'il pourraient avoir une vraie relation). Elle pensa à Severus, et à devoir le laisser tomber sans trop de dégâts. Parfois elle devenait hésitante, pensant à être avec lui, mais quand elle était complètement honnête avec elle-même, elle savait que ses sentiments pour Remus étaient plus forts, et qu'elle devrait mettre fin à sa relation avec Severus. Elle souhaitait ne pas lui avoir écrit en sous-entendant le contraire, plus tôt cet été, comme ce serait maintenant assez dur à défaire.
Soupirant, elle ferma les yeux et se concentra, pensant 'Wingardium leviosa'. Elle savait que lorsqu'elle ouvrirait les yeux, de nombreux petits objets dans la pièce flotteraient en l'air. Elle aimait lancer ce sortilège comme exercice magique, sans baguette, déplaçant les petites figurines, ses affaires de bureau et son réveil dans la pièce en une danse lente. Cependant, un instant après avoir lancé le sort, elle entendit un hurlement venir de la porte. Elle pivota, se trouvant face à son beau-frère qui se tenait là, la bouche ouverte en un cercle horrifié comme il fixait le tisonnier flottant devant lui. Lily cria aussi, et perdit sa concentration. Tous les objets flottants s'écrasèrent au sol. Vernon Dursley la regarda avec de grands yeux avant de se retourner et de filer comme un boulet.
Lily dévala les escaliers après lui. Il était déjà dehors quand elle atteignit le pied des escaliers. Elle se souvint alors que Vernon et Petunia devaient venir la prendre pour aller voir leur mère. Leur père avait passé la nuit avec elle. Vernon était évidemment rentré avec la clé de Petunia, et quand il ne l'avait pas trouvée en bas, il était monté la chercher dans sa chambre. Lily referma à la hâte la porte d'entrée et fonça dans la voiture où Vernon était assis, émettant des sons inintelligibles, tandis que Petunia foudroyait du regard sa sœur. Lily avança la main et ouvrit la portière de la voiture, se glissant dans le siège arrière, croisant les bras et se sentant désagréable.
Petunia se tourna vers son mari, caressant ses mains tremblantes. « Qu'y a-t-il, mon choux ? Qu'a fait ma vilaine sœur ? »
Son corpulent mari leva les yeux vers elle. Lily pensa qu'il était possible qu'il n'ait pas cligné des yeux une seule fois depuis qu'il avait quitté l'entrée de sa chambre. « Elle… Elle… Si je te le dis, tu vas croire que je suis fou ! »
Lily soupira avec impatience. « Ne me dit pas que tu ne lui a rien dit, Petunia. Après tout, il fait partie de la famille maintenant. Il devrait savoir. » elle se tourna vers l'homme tremblant et frissonnant devant elle. « C'est très simple. Je suis une sorcière. C'est pour cela que Petunia ne voulait pas de moi au mariage. Je peux faire de la magie. Voilà, maintenant, vous savez. »
Petunia montra la porte de la voiture. « Dehors ! » cria-t-elle d'une voix de harpie. « Sors de là ! » Lily la regarda, incrédule, puis serra ses lèvres en une fine ligne.
« Bien ! » lui cracha-t-elle. « Je prendrai le métro. Je vous retrouve là-bas ! »
Elle rouvrit la porte de la voiture et sortit sur le trottoir. Elle n'avait pas plutôt refermé la porte que Vernon avait écrasé l'accélérateur au plancher et qu'il filait. Lily sentit de chaudes larmes piquer derrière ses paupières. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour avoir une sœur comme Petunia ? se demanda-t-elle. Reniflant un moment, elle regarda son porte-monnaie pour voir si elle avait de quoi payer le métro, puis le referma et commença à s'avancer avec dégoût vers la station de métro la plus proche, heureuse de retourner à l'école dans quelques jours.
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Les enfants Weasley et leur invité, Jack Richards, étaient d'un silence peu caractéristique comme ils étaient assis autour de la grande table de la cuisine pour prendre leur thé. Ils étaient tous très tendus. Quand Jack et Charlie s'étaient réveillés ce matin, ils avaient trouvé Peggy blottie contre Bill, tous deux dormant paisiblement, et quand les deux avaient été réveillés, Bill avait expliqué ce qui était arrivé. Il s'avéra que Annie savait déjà quand ils essayèrent de lui dire. (Peggy lui avait dit en premier, et elle lui avait dit d'aller le dire à Bill.)
Toute la journée, les enfants avaient tourné dans la maison, attendant que Arthur Weasley rentre.
Au petit déjeuner, Bill avait demandé à sa mère quand leur père rentrerait, et elle avait été très énervée, répondant « Il… Ton père m'a envoyé un hibou. Il est détenu. Je veux dire… Il doit rester au bureau un moment de plus. A cause du raid de la nuit dernière. Ne t'inquiète pas pour ton père. »
Mais pendant qu'elle disait cela, elle avait elle-même l'air très inquiet. Bill était allé dans la salle à manger pour le rapporter aux autres. Annie était assise dans une chaise près du feu, l'air mécontente « Nous allons devoir émigrer. » dit-elle finalement.
« Quoi ? » dit Charlie avec dédain. « Tu es idiote ? Pourquoi devrions-nous émigrer ? »
« Parce que notre père est un meurtrier, idiot, voilà pourquoi. Comment maman va pouvoir nous faire vivre une fois que papa sera en prison ? Personne ne lui donnera de travail, la femme d'un meurtrier. Nous devrons aller au Canada, en Australie ou autre part. »
Personne n'avait rien trouvé à dire à cela. Il essayaient de s'imaginer vivant ailleurs, et surtout, vivant sans leur père et ils ne pouvaient pas.
Oublieux des inquiétudes de ses frères et sœurs, Percy gambada vers Peggy, qui était assise en tailleur sur le tapis, et il s'installa confortablement sur ses cuisses, comme si elle était un fauteuil. Il leva les yeux vers elle et sourit, et elle s'éclaira et lui rendit son sourire, le prenant contre elle. Puis soudain, Bill vit sa mâchoire se raidir, et ses yeux devenir vacants et opaques. Il sentit une appréhension irrationnelle s'emparer de lui.
« Peggy ! Peggy ! » cria-t-il. Après quelques instants, elle revint finalement, levant les yeux avec surprise.
« Quoi ? »
« Tu… Tu étais… » Bill ne pouvait pas finir. Elle lui sourit.
« Oh, Bill ! Ca va bien. Tout ira bien. Papa va rentrer à la maison plus tard. » dit-elle calmement, se balançant d'avant en arrière, chantonnant pour Percy.
Il hésita. « Tu es sûre ? »
Elle le regarda dans les yeux et dit simplement et calmement. « Oui. »
Mais Bill ne se sentait pas très optimiste quand ils eurent fini leur thé et aidaient à nettoyer la table, et que leur papa n'était pas encore rentré. Ils allaient tous quitter la cuisine quand un soudain pop ! se fit entendre près de la cuisinière, et Bill se retourna pour voir son père, fatigué et mal rasé, sa vieille robe de travail à l'air encore plus misérable que d'habitude. Il enlevait ses lunettes afin de pouvoir se frotter les yeux.
« Papa ! » cria Bill avec soulagement, traversant la pièce. Charlie suivit, puis Peggy. Il les enveloppa tous dans une chaude embrassade, tandis que Jack se tenait sur le côté, souriant timidement.
« Heureux de vous voir, Mr Weasley. » Arthur Weasley fit un signe de la tête au garçon.
« C'est bon d'être de retour, Jack. » Il rit et prit Peggy dans ses bras, ses bras et ses jambes fines enroulés autour de lui. Il tendit sa main à Annie. « Où es mon autre fille ? Où est ma petite Annie ? » Il lui sourit.
Annie le regarda avec truculence, et son visage se défit. Il déglutit. L'atmosphère joyeuse s'était soudain évaporée.
« Heu, bien. Je dois parler à maman maintenant. Allez dans une autre pièce, d'accord ? Cela prendra un moment. »
Bill dirigea les autres dans le salon, refermant la porte de la cuisine derrière lui. Mais une fois qu'il fut dans le salon, tout ce qu'il put faire fut de faire les cent pas nerveusement. Jack essaya de le calmer.
« Assied-toi, Bill. Je suis sûr que c'est… »
« Non, non. » répéta-t-il, se tordant les mains. « Je… Je ne peux pas ne pas savoir… »
Jack haussa les sourcils en le regardant. Charlie se leva et s'approcha d'eux. Son frère se déplaça vers la porte.
« Vas-y alors. Dis nous ce qu'ils disent. »
Bill les regarda tous les deux, puis les filles, jouant avec Percy sur le tapis. Il acquiesça avec gravité.
« D'accord. Mais si je suis pris, c'était mon idée et tu essayais de m'arrêter. »
Charlie le poussa vers la porte. « Oh, arrête d'être noble pour une fois, et va là-bas écouter à la porte ce que disent nos parents. » Il souriait à Bill, qui le lui rendit. Quand il se tint dans le couloir entre les deux pièces, il alla en hésitant vers la porte de la cuisine, essayant de ne pas faire de bruit, et mit son oreille contre le bois, retenant son souffle.
« Oh, Arthur ! » entendit-il sa mère dire. « Ils n'ont pas fait cela ! »
« C'est bon, mon amour, c'est bon. Ce… Ce n'est pas trop grave d'être à côté de détraqueurs pour une courte période. Je vais bien maintenant… » la voix de son père tremblait.
« Tu parles ! Je vais te faire un chocolat chaud… »
Quelques instants plus tard, Bill entendait son père boire quelque chose. « Mm, c'est parfait, Molly. Merci. Alastor m'a donné un peu de chocolat au ministère, mais je suppose qu'un peu plus ne fera pas de mal… »
« Dis-moi simplement ce qui s'est passé, Arthur. Ton message était si énigmatique. »
Bill entendit son père bruyamment soupirer. « Nous avons reçu une information selon laquelle ce grand manoir avait de la contrebande dissimulée dans la bibliothèque. Alors nous y sommes allés… Perkins, Alastor et moi… et je leur ai montré le mandat, et ils étaient choqués comme tout. « De la contrebande ? Ici ? Certainement pas ! » Tu vois le style. De véritables agneaux, du moins jusqu'au moment où j'ai trouvé les choses illégales…
« Alors me voilà, cherchant dans la bibliothèque, enlevant tous ces foutus livres poussiéreux des étagères et les feuilletant, à la recherche de livre-boîte, et Perkins fouille le bureau et Alastor garde la porte dans le hall d'entrée. Le propriétaire arrive à la porte et demande s'il doit nous donner à boire. Bien, tu connais Alastor. Il ne boira rien qui ne vienne pas de sa propre flasque. J'avais la gorge sèche et remplie de poussière, mais j'ai considéré plus sage de refuser. Cela aurait pu ne pas être un piège, mais si cela l'avait été, qui sait ce qu'il aurait vraiment pu nous donner à boire ? »
« En tous cas, Perkins n'a rien trouvé dans le bureau, et je ne trouvais rien non plus, et nous commencions à nous demander si nous avions été envoyés à une chasse au dahu. Le fils du propriétaire est venu à la porte, suggérant que quelqu'un qui n'aimait pas son père essayait de le compromettre… Et puis j'ai trouvé quelque chose. J'ai essayé de parcourir un livre et découvert que je ne pouvais pas. C'était une boîte. J'ai rompu le charme de verrouillage et fils à commencé à venir sur moi, mais Alastor l'a tenu en joue. »
« Mais ensuite, j'ai trouvé un filon. Une étagère qui n'était pas du tout une étagère… C'était une porte. J'essayais de rompre le sortilège la gardant fermée quand le fils a crié à son père, qui est arrivé en me lançant des sorts. J'ai évité sa première tentative, mais à la seconde il m'a touché à la jambe… »
« Oh, Arthur ! Es-tu… »
« Molly, calme-toi. Des petites brûlures. J'ai été soigné. La chose est qu'il… Il a assommé Alastor, et puis… Puis il… »
Bill pensa que son père craquait et se mettait à pleurer. Il entendit sa mère le consoler, et finalement, la voix remplie de larmes, son père recommença à parler.
« C'est aussi terrible que ce que l'on dit, Molly. Comme des couteaux perçant chaque centimètre carré de ta peau en même temps que tu es brûlé vif… »
Bill sentit ses genoux faiblir. Il avait lu des descriptions de ce à quoi ressemblait le Sort de Cruciatus, mais imaginer son père le subir était simplement horrible.
« Quand il a enlevé le sort de sur moi, la première chose que j'ai faite a été de ranimer Alastor, qui s'est occupé du fils et l'a paralysé pendant que désarmais le père. Cependant,… il y eu un problème… »
« Quoi, Arthur ? »
Son père soupira. « Bien, il essayait encore de me lancer des maléfices. »
Sa mère hoqueta d'horreur. « Pas encore le Cruciatus ? »
« Non. Cette fois… » il fit une pause, et Bill attendit, le cœur dans la gorge. « Cette fois il n'essayait pas simplement de me blesser. Il voulait me tuer. »
« Arthur! »
On aurait dit que son père pleurait encore. « J'ai dû faire vite. Je serais mort si j'avais attendu un peu plus… Sa baguette a volé vers moi, et je l'ai attrapée. Il a volé en arrière. Le problème était qu'il avait cette collection d'armes dans le hall d'entrée. Il a volé en plein dedans, et cette pique lui est tombée dessus, juste en travers… En travers de la gorge. » Bill se couvrit la bouche, horrifié. « D'autres choses aussi. C'était terrible. Une véritable réaction en chaîne, toutes ces armes entreposées, et lui fonçant droit dessus… »
Il s'éclaircit la gorge, et Bill l'entendit avaler son chocolat chaud. « Bien, Alastor et Perkins on témoigné qu'il s'agissait d'autodéfense, bien sûr, mais le fils insistait en disant que j'avais tué son père de sang froid… »
« Que… Quel âge avait le garçon ? »
Le père de Bill rit. « Pas exactement un garçon. Bien, pas vieux non plus. Mais sorti de l'école. La vingtaine je dirais. Il nous menace de toute sorte de mauvaise publicité maintenant. Fudge essayait de le calmer. Je ne sais pas pourquoi il se dérangeait. Nous devrions probablement enfermer le fils pour avoir tenté d'alerter son père que nous allions rentrer dans cette chambre secrète. Le problème est que je ne sais pas quand nous pourrons retourner là-bas, et chercher. D'ici là, le fils aura probablement fait du nettoyage. J'ai eu des interrogatoires toute la journée, Molly. Je suis si fatigué que je pourrais dormir toute une semaine… »
« Bien, je dirai aux enfant de ne pas te déranger afin que tu puisses te lever tôt et en forme demain matin et aller au… »
« Non. Je suis… Heu, suspendu pour une quinzaine. »
« Quoi ? » la mère de Bill était indignée.
« C'est la routine. Jusqu'à ce que l'enquête soit terminée. Croupton est convaincu que j'aurai un amende et pas de peine. » il soupira à nouveau. « Je peux cependant te dire, Molly, que j'étais très inquiet pendant un moment. Je t'imaginais ayant un bébé toute seule… »
« Ne te tracasse pas pour cela. Cela ne fait qu'un mois environ. Bien six semaines. Je suis simplement contente que tu ne… Tu ne… »
Puis Bill entendit quelque chose qui ressemblait distinctement à un baiser. « Je vais bien Molly. Maintenant que je suis ici avec toi, je vais bien. Le jeune Lucius Malfoy ne nous causera pas de problèmes. »
Bill entendit les chaises frotter contre le sol et se faufila rapidement dans le salon, refermant la porte en silence. Il mit son doigt devant ses lèvres pour dire à Jack et à ses frère et sœurs de se taire, et un instant après, son père arrivait dans la pièce, rayonnant, mais avec encore une ombre derrière ses yeux bleus.
« Alors, comment s'est passée votre journée ? » leur demanda-t-il, comme s'ils n'avaient pas passé toute la journée à se demander s'il allait aller en prison pour meurtre. Annie se leva et se dirigea vers la porte. Elle foudroya son père avant de partir. Bill se demanda si elle pensait encore qu'ils devraient émigrer. Ou si elle considérait que son père était un meurtrier.
En ce qui le concernait, il avait le meilleur père au monde. Il le regarda avec des yeux brillants.
« Mieux, maintenant que tu es à la maison. » dit-il à son père, qui prit Bill tout contre lui, les larmes coulant sur son visage. Bill se tint contre son père, se moquant de ce que Jack et Charlie pourraient penser, et il était très content de ne pas devenir l'homme de la famille à treize ans.
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Lundi 18 Septembre 1977
« Où allons-nous, Severus ? »
Son petit ami, en guise de réponse, l'attira à lui et posa ses lèvres contre les siennes. Elle glissa ses bras autour du cou de Severus, sentant son pouls s'accélérer comme elle répondait au baiser. Quand il se recula, il dit « C'est une surprise. »
Il prit sa main, souriant, et Lily pensa qu'il n'avait jamais eu l'air plus joyeux et beau quand elle hésitait après lui. J'ai pris la bonne décision, se dit elle encore. Être avec Severus semble bien.
Elle n'avait pas pu attendre le début du trimestre pour parler à Remus, et elle était allée le voir dans le compartiment du Poudlard Express qu'il partageait avec Peter et Sirius. Il avait l'air nerveux, mais il était allé avec elle dans le compartiment qu'elle partageait avec James. Elle lui avait demandé s'il pouvait les laisser en privé, et James avait accepté, bien que son visage semblât assez étrange et qu'il ne s'accordât pas à ses mots.
Une fois qu'elle fut seule avec Remus dans le compartiment, elle lui déballa tout ce qu'elle avait sur le cœur.
« Remus, » commença-t-elle, s'asseyant à côté de lui, mettant sa main sur la sienne, qui était posée sur son genou. « Je… Je sais. Sur toi. Je sais quelle est… Ta maladie. » Il ouvrit de grands yeux, et elle essaya de le rassurer. « Chut ! C'est bon. Cela ne me dérange pas. Pourquoi cela me dérangerait ? Severus a le même problème. » Maintenant, Remus était aussi pâle qu'un parchemin. « Mais il m'en a parlé de lui-même. Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? Pourquoi n'as-tu pas pensé que je comprendrais ? Est-ce parce que c'est héréditaire, parce que tes enfants pourraient l'avoir aussi ? Je me moque de cela… »
Maintenant Remus fronçait les sourcils « Heu, Lily, je ne pense pas… Que tu comprennes vraiment… »
Elle lui sourit et posa ses mains sur ses épaules. « Je sais que tu penses que je ne comprends pas, mais c'est de toute évidence ce pour quoi tu ne m'as pas dit que tu avais la porphyrie ! »
Silence. Silence se prolongeant.
« Quoi ? » articula finalement Remus. « Je… quoi ? »
« Et je m'en moque Remus ! Vraiment ! Pendant une minute j'ai pensé… Non, je peux pas te dire. Tu vas me trouver idiote… »
Elle le vit déglutir avec nervosité. « Q… Quoi ? Qu'as-tu pensé ? »
Elle rit et caressa le côté de son visage. « J'ai en fait considéré que tu pourrais être un loup-garou. C'est tellement idiot ! Mais ensuite, j'ai lu que des gens qui avaient la porphyrie avaient été pris pour des loups-garous, et j'en connaissais déjà quelque chose à cause de Severus, et tout a commencé à avoir un sens… »
Et puis il haleta comme elle grimpa sur ses cuisses et passa ses bras autour de son cou. « Mais je veux que tu saches que même si tu ne me l'as pas dit, je te pardonne. Je voulais te dire ceci depuis si longtemps… Je n'ai jamais été avec toi en tant qu'amie, Remus. » chuchota-t-elle, sa bouche à quelques millimètres de la sienne. « Je t'aime… Je t'ai toujours aimé, ces deux dernières années. Je t'aime et rien de ce que tu pourras me dire à ton sujet ne pourra me faire changer d'avis, parce que je connais ton secret maintenant, alors il n'y a rien que tu puisses utiliser pour excuse pour que nous ne puissions pas être ensemble… »
Elle parla rapidement, ayant peur de perdre son cran, et puis elle l'embrassa, et il fit ce bruit animal qu'elle aimait, dans le fond de sa gorge, et ses bras se resserraient autour d'elle et elle sentit une vague de bonheur submerger son cœur de telle sorte qu'elle croyait qu'il allait exploser. Il lui rendait son baiser. Il ressentait la même chose ! Elle glissa les doigts de sa main droite dans ses cheveux, sur sa nuque, adorant à quel point ils étaient soyeux, aimant le goûter et le sentir. Mais soudain, ses muscles se raidirent et il s'arracha à elle, se levant brusquement, la faisant tomber au sol.
« Non… Non lily. Je suis désolé… Je ne peux pas faire cela. Je ne peux pas prétendre que… Que je ressens les mêmes choses. Je prendrai avantage de toi. De te laisser croire… Je ne pourrais pas faire cela. Quand nous nous sommes mis d'accord que… Que nous étions simplement amis, c'était une chose. Mais… Mais je ne peux pas… »
Elle le regarda depuis le sol, sentant son cœur se briser. Puis elle se souvint de quelque chose. « Attends ! Tu mens ! Tu… Tu m'as dit que tu m'aimais ! C'était toi, n'est-ce pas ? Dans l'infirmerie ! Je pensais que c'était un rêve d'abord, mais je suis sûre que non maintenant… Tu pensais que je dormais et tu t'es excusé de m'avoir blessé, et tu m'as dit que tu m'aimais… »
Remus eut l'air très ouvert et vulnérable, mais aussitôt, il secoua la tête avec vigueur. « Non, Lily, tu te trompes. C'était un rêve. Je… Je ne te considère que comme une amie, Lily. Une amie qui était… Qui était très accommodante. Mais si tu … Si tu as des sentiments pour moi… Je ne vois pas comment nous pouvons… Je veux dire, je t'amènerais juste à croire que… »
Il fonça vers la porte, et elle lui cria « Menteur ! » Les larmes coulaient sur son visage. Ses mots avaient été si blessants, mais tout le long, le regard d'amour sur son visage ne prêtait pas à interprétation. Comment pouvait-il se tenir là, avec cet air, et lui mentir ainsi ? Et s'il l'aimait, pourquoi ne voulait-il pas qu'elle l'aime ?
Quand il fit glisser la porte du compartiment pour l'ouvrir, il se retrouva nez à nez avec Severus Rogue. James se tenait à côté de lui, essayant de l'éloigner de la porte. Remus s'arrêta brusquement, puis poussa le grand Serpentard. Lily se remit debout, essuyant à la hâte les larmes de son visage, comme Severus et James la regardaient bizarrement.
« Oh, heu, Severus. Que fais-tu ici ? »
« Bien… Tu as dit que tu voulais me parler de quelque chose en arrivant à Poudlard. Mais je n'en pouvais plus d'attendre. » il regarda à dessein la main de James sur le haut de son bras, et James l'enleva, visiblement à contrecœur.
Lily vit James déglutir avant de dire. « Je pense que je vais aller m'asseoir avec mes amis. Afin qu'ils sachent que me retrouver préfet en chef ne m'a pas changé. » Lily remarqua qu'il se comportait aussi étrangement que Remus. Ses mots n'étaient pas non plus en adéquation avec l'expression de son visage. Il donnait l'impression que la dernière chose au monde qu'il voulait était de la laisser seule avec Severus Rogue. En dépit de cela, il partit dans la même direction que Remus. Lily regarda Severus avec nervosité.
« Rentre… Rentre donc. » dit-elle, sa voix tremblant. Il pénétra dans le compartiment et lui donna le même regard que Remus lui avait donné, un regard d'amour, mais d'une manière ou d'une autre, Lily ne pensait pas qu'il allait s'enfuir si elle lui disait qu'elle ressentait la même chose. Elle le regarda, réfléchissant. Comment ai-je pu être si bête ? Comment ai-je pu penser que Remus voudrait être avec moi ? Mais c'était précisément parce qu'elle connaissait ce regard. Le vrai mystère était pourquoi il ne voulait pas l'admettre, pourquoi il la fuyait.
Ils s'assirent ensemble, et Severus prit ses mains dans les siennes, qui avaient été endurcies par la navigation, bien qu'il n'y ait aucune trace de bronzage.
« Que veux-tu me dire, Lily ? »
Elle regarda dans ses yeux sombres et souffrit. Il se souciait tellement d'elle. Elle devait le lui rendre. Elle devait arrêter d'être une idiote et voir ce qui était devant elle.
« Il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit, et j'ai attendu tellement longtemps. Je… J'espère juste que tu me pardonneras de ne pas l'avoir fait plus tôt… » Elle déglutit encore, avant de dire d'une traite « Je t'aime, Severus. » C'était exactement l'opposé de ce qu'elle avait vraiment prévu de lui dire, mais c'était quand même vrai. Elle l'aimait… Simplement pas autant que Remus. Elle avait été très nerveuse à l'idée de rompre avec Severus comme elle ne voulait pas le blesser. C'était bien mieux, pensa-t-elle. Remus m'a fait une faveur…
Il lui sourit alors, les profondes fossette sur ses joues ayant l'air plus profondes qu'elle ne les avait jamais vues, et elle fut contente de lui avoir dit cela, contente de l'avoir rendu si heureux. Comme il baissait sa bouche vers la sienne, elle repoussa le souvenir de Remus, se demandant encore ce qu'elle avait pu penser, essayant d'oublier que cela était jamais arrivé, qu'elle avait été avec quelqu'un d'autre…
La veille, le dimanche, Lily avait vu que Remus était en peine, la sorte de peine pour laquelle elle l'avait précédemment 'aidé'. Elle mit un point d'honneur à monter à la volière et à utiliser Calliope pour envoyer un mot à Severus lui demandant de la retrouver dans le donjon de potions. Là, ils parlèrent et s'embrassèrent (il n'y avait jamais personne là le dimanche), et firent des plans pour se faufiler en dehors de leurs dortoirs pour se rencontrer le lendemain soir. Lily savait que si Remus et les autres suivaient leur habitude, la nuit après les 'problèmes' de Remus, ils sortiraient tous de la tour Griffondor, et elle pourrait rencontrer Severus sans risquer d'en croiser un seul. Remus n'est peut-être pas un loup-garou, pensait-elle, mais il a certainement une attraction malsaine pour la lune. Peut-être que cela l'aide à se sentir mieux…
Elle avait essayé d'en parler à James, essayé de lui dire qu'elle savait que Remus avait la porphyrie. Il était resté bouché. « Non, pas du tout. » avait-il dit, fronçant les sourcils, puis s'éloignant d'elle, ne disant rien d'autre. Elle ne savait pas quoi penser. Couvrait-il encore Remus, ne réalisant pas que Lily savait ?
Elle les avait regardé partir après dîner. D'abord les autres s'étaient éclipsés quand ils pensaient que personne ne les regardait, puis Madame Pomfresh était venue chercher Remus. Pourquoi est-ce que Madame Pomfresh ne viendrait pas le chercher s'il n'avait pas la porphyrie ? pensa-t-elle. Elle monta à son dortoir pour faire une sieste, afin d'être bien réveillée plus tard. Quand ses camarades de chambre vinrent se coucher, leur bruit la réveilla, mais elle fit semblant de dormir, attendant qu'elles s'installent avant de se glisser hors de son lit, totalement habillée, et de descendre les escaliers vers la salle commune.
Elle allait se donner complètement à Severus. Elle frissonna à cette pensée. C'était quelque chose qu'elle avait repoussé comme elle était encore fixée sur Remus, mais maintenant, elle sentait qu'elle pouvait passer à autre chose et avoir avec Severus le style de relation qu'il voulait clairement depuis quelque temps. (Il ne l'avait jamais pressée, mais elle pouvait dire à quel point il était frustré).
A minuit trente précise, elle ouvrit le portrait et se faufila hors de la tour Griffondor, trouvant Severus l'attendant dans le couloir, où elle lui avait dit d'être. Il eut l'air surpris de voir le portrait basculer du mur de pierre, et puis le regard ardent qu'il lui donna lui coupa le souffle. Être si aimée et si désirée était presque effrayant. Il était si intense parfois. Elle lui tendit la main, et il l'enveloppa dans la sienne, n'ôtant jamais ses yeux de ceux de Lily.
« Où allons-nous Severus ? »
Après l'avoir embrassée, il dit « C'est une surprise. »
Ils filèrent dans les couloirs, main dans la main, descendant aux donjons, et puis dans un secteur très familier, dans une pièce particulière, faisant apparaître sur le front de Lily une transpiration nerveuse, espérant qu'elle se trompait sur l'endroit où ils allaient…
Mais c'était bien différent de comment c'était quand elle était là avec Remus. Severus l'avait complètement transformé, y compris en réparant la porte et en lançant un bon sort de verrouillage dessus. La pièce précédemment poussiéreuse et couverte de toiles d'araignées était complètement vide à l'exception d'un beau lit en fer forgé avec une combinaison de draperies vertes et rouges. Et des chandelles… Il devait y avoir une centaine de bougies dans la pièce, de formes et de tailles différentes, ajoutant un éclat doré à tout.
Et puis Severus ajouta la touche finale, et sortit un livre de musique d'en-dessous le lit. Le titre proclamait que c'était une série de quatuors à corde, et Lily se renfrogna, espérant qu'il n'allait pas conjurer les musiciens, comme cela ne lui disait rien que quiconque, même des personnes conjurées, ne soit là à un moment comme celui-ci. Cependant, il tapa le livre avec sa baguette et dit « Harmonia mundi ». Et soudain, des pages du livre, la musique émergea comme si un quatuor à corde était vraiment là, jouant des mélodies douces et romantiques, les harmonies s'enlaçant et se supportant les unes les autres. Le livre était maintenant posé sur le sol, ouvert, et comme la musique progressait, les pages se tournaient toutes seules, pivotant lentement comme si elles étaient touchées par une main invisible.
Lily rit, regardant et écoutant. « Tu as pensé à tout, Severus. » dit-elle, enchantée. Il se redressa et la regarda, soudain très sérieux, et quand elle vit cela, elle arrêta de rire.
« Je t'aime Lily. » dit-il, ses yeux brûlant dans les siens. Elle eut l'impression que sa respiration s'était arrêtée un moment.
« Je t'aime Severus. » chuchota-t-elle. Et si elle ne le ressentait pas aussi fort que lui, est-ce que cela comptait vraiment ? Elle le ressentait et elle voulait être avec lui, spécialement en ce moment. Elle se sentit submergée par le besoin de le toucher, et alla vers lui en hésitant, espérant qu'il ne lui demanderait si elle avait jamais été avec quelqu'un d'autre, parce qu'elle ne voulait pas lui mentir, mais elle ne voulait pas qu'il sache la vérité non plus. S'il ne posait pas la question…
Mais bientôt, il n'y avait plus de conversation du tout, juste le son de la musique, leurs souffles, les halètements occasionnels, et d'autre réactions vocales, mais pas verbales. Il la tenait et l'embrassait goulûment, et elle frissonnait contre lui, sentant son désir pour elle, contente que ce ne soit rien comme être avec Remus, avec cet étrange reniflement de son cou et de ses mains, l'inquiétante lueur rouge dans ses yeux…
Severus déboutonna la robe de Lily et la fit glisser de ses épaules, et elle fit de même pour lui. Il commença à tâtonner avec ses habits, puis elle l'arrêta. « C'est bon », chuchota-t-elle, « Je vais le faire. » Elle enleva son chemisier, sa jupe, ses collants et ses chaussures, et se tint face à lui, rien qu'en sous-vêtements. Elle se sentit légèrement ridicule, comme elle était si grande et maigre, et non arrondie comme les autres filles. Elle était soudain très contente qu'elle et Remus se soient habituellement rencontrés dans le noir, et elle souhaitait oser éteindre toutes les bougies de la chambre. Elles ne semblaient plus romantiques, mais lui donnaient l'impression de mettre en relief tous les défauts physiques qu'elle avait.
Il avait tout enlevé sauf son caleçon, en bougeant très rapidement, et sa vue de lui lui coupa le souffle. « Severus. » chuchota-t-elle, admirative. Elle ne s'était sincèrement pas attendue à ce qu'il soit si beau. Sa peau était d'albâtre, ses mollets et ses cuisses étaient forts et musclés, son torse, sa poitrine… Il était comme une sculpture de Michel-Ange, il était parfait.
Maintenant, elle avait plus conscience de son corps que jamais, elle se sentait plus mal l'aise que jamais. Que voit-il en moi ? se demanda-t-elle, mettant sa main contre son estomac, regardant sa poitrine. Je ne remplie même pas les bonnets de mon soutien-gorge. J'ai l'air d'une idiote.
Severus la prit dans ses bras, écartant les cheveux de son visage, et elle regarda son visage, étonnée de voir l'incroyable désir qu'il y avait. Quand sa bouche rencontra la sienne, c'était une nouvelle sorte de faim, et c'était plus familier maintenant. Remus l'avait embrassée comme cela aussi. Non, non, ne pense pas à Remus ! La bouche de Severus voyagea le long de sa gorge, puis plus loin, et elle sentait ses mains derrière lui, détachant son soutien-gorge et le faisant doucement glisser le long de ses bras.
Quand il prit son sein gauche dans sa bouche, elle pensa qu'elle allait fondre à cause de la chaleur qui se diffusait en elle depuis ses reins, puis dans membres. Il s'agenouilla devant elle et elle se pencha au-dessus de lui. Il avait les mains sur son derrière, prenant doucement l'élastique de sa culotte et le faisant descendre sur ses hanches, ses cuisses. Puis il passa à l'autre sein, et la caressa, passant sa main ici, là, partout, la surprenant constamment, comme s'il voulait la toucher partout à la fois et qu'il ne pouvait pas se décider sur juste un endroit.
Elle haleta et se redressa, allant vers le lit. Il la regarda, ses yeux dilatés, et quand il se leva et enleva finalement son caleçon, Lily se sentit si brûlante qu'elle craignait d'avoir reculé dans une bougie et d'avoir pris feu. Il la joignit sur le lit, et c'était si merveilleux de sentir sa peau sur la sienne, de pouvoir le toucher partout, d'avoir le temps d'explorer et d'expérimenter…
Après un moment, il était allongé, et elle était assise à cheval sur lui, et ses yeux disaient tant d'amour que Lily ne put plus le supporter. Elle devait le lui dire, au moins une partie. Elle ne pouvait pas prétendre qu'elle n'avait jamais fait l'amour avant. Il devait savoir.
« Severus. » chuchota-t-elle. Il mit sa main sur sa joue, et lui sourit.
« Oui, mon amour ? » Son cœur manqua un battement. Il ne l'avait jamais appelée comme cela avant. Elle essaya de ne pas se sentir idiote d'aimer cela beaucoup.
« Je crois que je dois te le dire… Je ne suis pas vierge. Je… J'ai fait une erreur. Il était une erreur. Il… Il a dit qu'il ne m'avait jamais aimé. Je ne veux pas dire qui c'était. » ajouta-t-elle rapidement, quand il eut l'air d'être sur le point de demander. « Je voulais simplement être honnête avec toi. Je ne voulais pas… Je ne veux pas que tu penses que je n'ai jamais… Je veux dire… »
« Chut. » dit-il doucement, ses mains englobant ses joues avec tendresse. « Cela ne me dérange pas… Bien, si tu as davantage d'expérience que moi, ce n'est pas une si mauvaise chose, n'est-ce pas ? Tu pourras me dire, heu, ce que tu aimes… »
Elle se pencha et l'embrassa doucement sur les lèvres, puis fit glisser sa bouche le long de sa gorge et de son torse, léchant tour à tour ses tétons. « Tout ce que tu as fait jusqu'à présent. » chuchota-t-elle à sa peau brillante. Il gémit sous elle et puis tendit ses mains pour la prendre par les hanches.
« Pourrions-nous… Veux-tu… ? » haleta-t-il.
« Es-tu prêt ? » lui demanda-t-elle, levant la tête. Il acquiesça avec vigueur.
« Mon Dieu, oui ! Je suis prêt ! »
Elle rit et l'embrassa encore, puis fit glisser ses hanches et descendit avec précaution, de telle sorte qu'elle l'engloutissait. Il ferma ses yeux, et il lui faisait presque mal avec ses mains sur ses hanches.
« Oh, Lily... »
Comme elle bougeait au-dessus de lui, et qu'il suivait ses mouvements en bougeant ses propres hanches, elle guida ses mains sur son corps, lui montrant où la toucher, et il s'y plia, la faisant bientôt crier comme les sensations la bouleversaient, à tel point que lorsqu'elle fermait les yeux, elle voyait des étoiles, et qu'elle sentait toutes ses extrémités nerveuses réagir. Quand il pu dire qu'elle était satisfaite, il la tint étroitement contre lui et roula doucement au-dessus d'elle, continuant à bouger pendant qu'ils s'embrassaient, et peu après, elle le sentit frissonner aussi, comme elle le tenait étroitement contre elle avec ses jambes, si étroitement qu'elle avait le sentiment d'avoir fait de lui une part d'elle, et elle émit un petit halètement comme une autre secousse, plus petite, la parcourait et la quittait aussi rapidement qu'elle était arrivée.
Elle lui sourit, adorant l'expression émerveillée sur son visage, incroyablement contente d'avoir décidé d'être avec lui, et aussi contente qu'il n'ait pas été en colère qu'elle ne soit plus vierge. Qui d'autre aurait pris la nouvelle aussi bien que lui ? pensa-t-elle. Bien sûr, il était sur le point de lui-même perdre sa virginité, et s'énerver avec elle aurait probablement signifié prolonger son inexpérience sexuelle…
Elle le sentit sortir d'elle, et il s'allongea à côté d'elle, la prenant par la taille. Elle commença à reprendre conscience de son corps. Pas Severus, cependant. Il la regardait comme si rien d'autre au monde n'existait, et elle le regardait en essayant de comprendre comment elle pouvait avoir tant de chance.
Ils s'enfouirent sous les couvertures, encore nus, et Lily voulut toujours dormir ainsi, peau contre peau avec le bras de Severus possessivement passé autour d'elle. Quand elle se réveilla, des heures plus tard, elle le trouva en train de la regarder intensément, comme s'il était réveillé depuis un moment, et elle sentit une faim comme elle n'en avait jamais connue s'emparer d'elle, comme elle le touchait, et le faisait haleter, et que tout recommençait…
Mardi 19 Septembre 1977
James se faufilait dans les couloirs avec précautions, caché sous sa cape d'invisibilité. Il avançait devant Remus, Peter et Sirius, une avant-garde d'un homme, s'assurant que la voie était dégagée. Quand il avait vu Rusard plusieurs fois (comment cet homme pouvait-il atteindre les endroits où il allait si rapidement ? s'était demandé James plus d'une fois), il s'était retiré et avait rejoint les autres, changeant leur route. Remus était épuisé, supporté par Sirius, tandis que Peter était à la traîne, et James n'était pas si certain qu'ils ne devraient pas le prendre chez Madame Pomfresh. Il avait cependant insisté en disant qu'il voulait aller dans son propre lit.
Il atteignit finalement le couloir en dehors de la salle commune de Griffondor sans recroiser Rusard, et quand il le fit, il se figea, ne s'étant pas attendu à ce qu'il avait devant lui…
La grosse dame dormait dans son portrait, ronflant doucement. Lily et Rogue se tenaient devant elle, leurs bras autour l'un de l'autre, s'embrassant profondément. James sentit une colère bouillir en lui comme il n'en avait jamais sentie avant. Enlève tes mains de sur elle ! ragea-t-il intérieurement, ayant à la fois envie de pleurer et de lancer des maléfices à Rogue. Il essaya de ne pas voir avec quelle intensité Lily lui rendait ce baiser. L'idée qu'elle soit avec lui le faisait se sentir étrange et vide à l'intérieur. Elle ne t'aime pas, se répéta-t-il pour la millionième fois. Tu es comme un frère pour elle. Quand ils rompirent le baiser, elle posa sa tête contre le torse de Rogue, l'inspirant pratiquement avec contentement, et James voulait détourner ses yeux et la regarder à jamais.
Après qu'ils se soient tenus là comme cela pendant une minute, elle leva la tête et l'embrassa légèrement sur la joue.
« Je… Oh, Severus, cette nuit était simplement… » Elle s'arrêta, ne trouvant clairement pas les mots, et James pensa que sa tête allait exploser. Nooooon ! cria-t-il en lui. Ils n'ont pas fait ça ! Ils ne pouvaient pas ! Elle… Lui…
Il resta immobile à les regarder, invisible, sa gorge serrée, essayant de ne pas penser qu'ils étaient ensemble. Je suis aussi mauvais que Sirius et ou Peter, pensa-t-il. Je la désire, je la veux, alors qu'elle ne veut pas de moi.
Mais essayer de garder son sang froid ne faisait rien de bon. Il ne put plus le supporter. Il ôta sa cape d'invisibilité et se tint avec sa baguette pointée vers Rogue, le visage distordu par la furie, son esprit assombri par la haine et la rage.
« Enlève tes mains d'elle. » Sa mâchoire se recontracta après qu'il eut parlé, il respirait par le nez. Les yeux de Lily s'écartillèrent quand elle le vit.
« James ! Arrête cela ! Rentre ta baguette ! » le gronda-t-elle.
Lily enleva sa baguette de sa robe et la pointa vers James, son bras tremblant. Comment ose-t-il ? pensa-t-elle. Simplement parce que je le traite comme un frère ne signifie pas qu'il est vraiment mon frère…
Ils entendirent ensuite des bruits de pas, et tous les trois se retournèrent pour voir Sirius, Remus et Peter apparaître à l'angle du couloir. Remus était clairement complètement épuisé, boitant légèrement, appuyé sur Sirius. Pettigrew fermait la marche, l'air nerveux.
« Que se passe-t-il ? » voulut savoir Lily. « Où avez-vous été tous les quatre toute la nuit ? » Est-ce que j'aurais jamais une réponse directe à cela ? se demanda-t-elle.
James était incrédule. « Quoi ? Tu nous demandes cela ? Alors que c'est évident que vous deux… »
« Mais vous faites cela tout le temps ! Et jamais… Jamais vous ne m'en parlez… » son visage commençait à s'assombrir et elle déglutit, luttant maintenant pour se contrôler. « Je pensais que nous étions amis. » dit-elle doucement, destinant cela à James en particulier. Il se tortilla, regardant ses trois autres amis, puis de nouveau elle.
« Je ne peux pas te le dire, Lily. Crois-moi, tu ne veux pas savoir… »
Sirius eut un air de défi. « De toutes façons, ne devrait-il pas retourner dans son cercueil ? » ironisa-t-il à l'attention de Rogue. « Le soleil est levé. »
Rogue s'avança, se saisit de Sirius et le plaqua contre le mur de pierre, son visage à seulement un pouce de celui de l'autre garçon aux cheveux noirs. « Je suis las de toi, Black. » siffla-t-il doucement. « Surveille tes arrières. » Puis il se secoua et s'écarta de Sirius, encore furieux. Il alla vers Lily, passa ses bras autour d'elle et l'embrassa sonorement, puis foudroya du regard les autres et partit à grandes enjambées.
Lily le regarda s'éloigner, puis elle se détourna des garçons et courut après lui. « Severus ! » appela-t-elle dans le couloir, ne se souciant pas d'être entendue. « Severus ! » Elle tourna à un coin et lui rentra pratiquement dedans. Elle prit ses bras pour appui, le regardant avec intensité.
« Aide-moi. » dit-elle doucement.
« Tout ce que tu veux. » répondit-il, le signifiant vraiment.
Elle haletait, essayant encore de reprendre son souffle. Puis elle leva finalement à nouveau ses yeux vers lui.
« Aide-moi à découvrir leur secret. Aide moi à trouver ce qu'ils font et où ils vont les nuits de pleine lune. Ce soir. Promets-moi ! »
Il la regarda, se demandant pourquoi cela lui importait tant. Il pensa au regard de James Potter quand il avait ôté la cape d'invisibilité. Qu'était-elle pour Potter ? Il savait que Pettigrew avait le béguin pour elle, et que Sirius lui avait fait des avances, et il n'était pas sur de ce qu'était Remus Lupin pour elle, mais il était aussi assez certain que Lupin se souciait aussi beaucoup de Lily. Pouvait-elle ignorer tout cela ? Est-ce qu'elle n'avait aucune idée du point auquel elle les affectait tous ?
« Je te le promets, Lily. » dit-il doucement, l'embrassant sur le front. Elle le regarda faire demi-tour et repartir, son cœur battant dans sa poitrine. Bientôt, je saurai, pensa-t-elle, essayant de se réconforter à cette idée.
Je saurai.
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La pâle lueur du matin projetait un éclat mystérieux sur les objets du dortoir des troisième année. Bill Weasley se retourna dans son lit, énervé. Il ne dormait jamais bien quand la lune était pleine. La nuit semblait pleine de hurlements…
Il sembla y avoir beaucoup d'agitation dans la cage d'escalier du dortoir des garçons. Bill alla à la porte de son dortoir et l'entrouvrit à peine. Il vit des silhouettes en robes noires sur le pallier, mais il ne pouvait pas distinguer leurs visages dans le petite passage qu'il avait créé. Il n'osait l'ouvrir davantage. Puis, juste au moment où il refermait, il entendit une voix chuchoter le nom « Sirius ». Il l'avait peut-être imaginé. C'était un mot tellement énigmatique qu'on aurait pu croire que n'importe qui chuchotant disait cela. Du moins, Bill trouva cette explication plausible jusqu'à ce qu'il entende Sirius Black dire « Tu vas bien Remus ? »
Puis il entendit encore un peu d'agitation sur les marches de pierre, et puis le son des garçons continuant à grimper les escaliers. Bill ouvrit la porte avec précaution quand il fut sûr qu'ils étaient partis. Il déglutit. Les amis de Remus étaient encore sortis avec lui sous une lune pleine. Cela faisait un drôle d'effet d'être la seule personne au courant. Il ne l'avait pas dit à Charlie, non plus, bien qu'il l'ait averti de ne quitter en aucune circonstance la tour Griffondor quand la lune était pleine.
Bill entendit un bruit familier comme il allait revenir dans son dortoir. Le craquement du trou du portrait s'ouvrant. Il descendit en silence les escaliers, se demandant qui d'autre avait bien pu sortir pendant la nuit. Quand il atteignit le bas, il trouva Lily Evans traversant la salle commune pour aller dans les dortoirs des filles. Il était si immobile dans l'entrée de l'escalier des garçons qu'elle ne le remarqua pas.
Bill haussa les épaules et remonta les escaliers. Il se dit que cela avait du sens que Lily sache pour Remus Lupin. Il se demanda brièvement pourquoi elle était arrivée toute seule, au lieu d'arriver avec les autres, mais comme il revenait sous les couvertures, cette pensée lui échappa et il referma les yeux, essayant de dormir quelques heures de plus avant le petit déjeuner. Maintenant que la lune était couchée, il avait le sentiment de vraiment pouvoir dormir.
Parfois, il souhaitait vraiment ne pas savoir que Remus Lupin était un loup garou…
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