La génération perdue

(1975-1982)

Merci à toutes et à tous pour vos reviews. Et maintenant, voici la suite.

Chapitre neuf

Révélations

Lundi 26 Décembre 1977

Lily se sentit étrange en mettant sa robe pour sortir dans Londres, mais elle était couverte par sa longue cape, de telle sorte que personne ne la remarque. Petunia et Vernon étaient allés chez la sœur de Vernon, Marge, pour Noël, alors la famille Evans descendait à Little Whinging, dans le Surrey, pour Boxing Day, pour voir Petunia et son époux. Lily n'avait pas été contente d'apprendre cela, disant à ses parents qu'elle s'était attendue à voir sa sœur et son beau-frère à Noël, et qu'elle avait prévu de voir quelques amis à Londres le lendemain. Pour éviter d'avoir toute une journée où Petunia et Lily se seraient tirées dessus à boulets rouges, ils avaient accepté qu'elle ne fasse pas le voyage là-bas.

Ce n'était pas cependant pas strictement vrai qu'elle voyait ses amis à Londres. C'était un ami : James. Et ce n'était pas exactement à Londres… Après s'être endormie dans les bras de James dans le train, elle s'était réveillée avec ses bras encore autour d'elle, et elle l'avait trouvé la regardant, ses yeux très bleus derrière ses lunettes, avec son regard soucieux et… et avec quelque chose d'autre. Elle avait eu un peu peur sur le moment, et avait dégluti, clignant des yeux dormeusement. Il lui avait gentiment demandé si elle voulait 'en' parler, et lui avait assuré qu'elle n'avait pas à le faire. A la place, elle lui avait demandé crânement comment lui et les autres faisaient pour rester avec Remus pendant la pleine lune. Il avait pris une grande inspiration et lui avait dit « Nous sommes des animagi. »

Elle s'était retrouvée coite, et elle lui avait demandé comment ils avaient fait, et quels animaux ils devenaient quand ils se métamorphosaient. Maintenant que tous les secrets étaient dévoilés, il parlait librement, lui racontant la douleur, leurs excursions nocturnes, la question de savoir s'ils pourraient tous le faire, l'excitation de finalement atteindre leur but. Elle, en retour, avait raconté à quel point elle se sentait stupide d'avoir fait confiance aux filles de Serpentard, comment elle ne blâmait pas vraiment Severus d'avoir eu assez de respect de lui-même pour ne plus vouloir être maltraité par elle plus longtemps…

James l'avait reprise dans ses bras et l'avait faite taire doucement, et elle s'était calmée et avait regardé dans ses yeux pendant un très, très long moment. Finalement, il s'était un peu éloigné d'elle, devenant rouge comme une tomate, et lui demandant si elle voulait venir au château d'Ascog pour Boxing Day. Elle pourrait utiliser le réseau de cheminette depuis le Chaudron Baveur à Londres. Elle avait accepté l'invitation, et elle et James avaient passé le reste du voyage tous les deux, parlant sans cesse.

Lily prit le métro en direction du Chaudron Baveur avec un tremblement dans sa poitrine. Elle n'avait jamais fait quelque chose comme cela avant. Elle allait traverser le pays toute seule techniquement. Ce n'était pas du tout la même chose que d'aller en Écosse avec le train de l'école et des centaines d'autres élèves. Quand elle atteignit le pub magique, elle alla au bar et demanda au vieux Tom si elle pouvait lui acheter un peu de poudre de cheminette. Les cinq noises qu'il lui prit lui semblèrent un peu chères jusqu'à ce qu'elle considère qu'elle allait voyager assez loin pour ce montant, et que James aurait de la poudre de cheminette pour lui permettre de revenir. Ainsi, elle n'avait pas à en acheter pour le voyage retour. Elle savait aussi que c'était probablement moins cher de l'acheter ailleurs sur le Chemin de Traverse, mais Tom la revendait en partie pour dépanner.

James lui avait assuré que c'était parfaitement sûr. Elle ne l'avait jamais fait avant. Il lui avait expliqué comment jeter la poudre dans le feu, s'avancer dans les flammes vertes, parler distinctement et rentrer les épaules. Il lui avait fait une drôle de démonstration dans le train, mimant le tournoiement dans le réseau, puis sortant du feu avec aplomb, ressemblant plutôt à un gymnaste qui essayait de bien se poser après avoir quitté des barres parallèles ou un cheval d'arçon. Quand elle avait dit cela, il n'avait eu aucune idée de ce dont elle parlait, bien sûr. (« Est-ce que l'on ne descend pas d'un cheval avec des étriers ? ») et ils avaient aussi ri de cela, comme elle essayait de lui expliquer la gymnastique pour les hommes et les femmes, et les jeux olympiques et d'autres choses que faisaient les moldus pour s'amuser.

Tom l'accompagna à la cheminée et lui tendit un poche. Quand elle pinça un peu de poudre entre son pouce et son index, elle s'imagina qu'elle devait avoir l'air assez appréhensive, parce qu'il dit avec scepticisme « Tu es sûre de savoir ce que tu fais ? »

Lily déglutit et acquiesça. Elle prit une grande inspiration et jeta la poudre dans le feu, disant à haute voix et clairement « Château d'Ascog ! »

Elle s'avança dans les flammes vertes et se sentit immédiatement tournoyer. Essayant de garder ses coudes contre elle et devant aussi faire face à ses cheveux qui lui fouettaient le visage, elle vit passer foyer après foyer dans son tournoiement, et parfois, elle eut l'aperçu de personnes, sorciers ou sorcières qu'elle n'avait jamais rencontrés, dans des maisons qu'elle n'avait jamais visitées. Finalement, elle eut l'impression que quelqu'un la poussait en dehors, et elle trébucha en avant, tapant dans quelque chose de chaud et solide qui l'empêcha de tomber.

C'était James Potter.

Ses bras étaient autour d'elle et il lui souriait comme elle le regardait, les yeux tout grands ouverts à cause de son premier voyage en cheminette. Elle se sentit rougir et se redressa, s'éloignant de lui. Sa poitrine avait été écrasée contre lui, et il n'y avait pas eu un filet d'air entre leurs corps. Ils s'étaient pris dans les bras l'un de l'autre de nombreuses fois avant, et chacun avait réconforté l'autre dans sa détresse, mais d'une manière ou d'une autre… c'était différent. Elle bascula maladroitement son poids d'un pied sur l'autre, tandis que le sourire de James devenait aussi embarrassé, et il dit avec un croassement dans sa gorge « Tu n'as pas raté ton atterrissage… » Il essayait de la provoquer, mais il y avait quelque chose de drôle dans ses yeux….

« Bonjour Lily. » fit une voix familière à proximité. Lily sursauta, n'ayant pas remarqué l'autre personne se tenant dans l'entrée du confortable salon. Se souvenant de la manière dont elle et James avaient été pressés l'un contre l'autre depuis les genoux jusqu'aux épaules l'instant d'avant, elle sentit la chaleur remonter son cou. Cependant, dès qu'elle réalisa qui avait parlé, ce fut sa colère qui la chauffa à blanc. D'une manière ou d'une autre, elle avait oublié que James vivait à Ascog parce que c'était là que Sirius vivait.

« Bien ! » dit-elle laconiquement à James. « C'était bien de te voir, James. Je vais y aller maintenant. Où as-tu de la poudre de cheminette ? » Elle se tourna et parcourut le haut manteau de la cheminée des yeux.

« Lily ! » dit James, suppliant. « Ne fais pas cela ! Je… Je souhaite simplement que vous parliez tous les deux. S'il-vous-plaît, mettez fin à cette querelle. »

« Une querelle ! Tu appelles cela une querelle ! » explosa Lily, se retournant. « J'appelle cela refuser de me mettre avec quelqu'un qui a tenté de commettre un meurtre. Sans parler que Remus serait aussi mort s'il avait atteint son objectif. »

« Je n'ai jamais voulu cela ! » cria Sirius plaintivement, traversant la pièce à grandes enjambées.

Elle leva les mains et roula les yeux. « Alors cela l'excuse ? Tu es aussi mauvais que ces porcs qui ont fait sauter Honeyduke ! » dès qu'elle eut dit cela, elle souhaita ne pas l'avoir fait. L'air choqué sur son visage, les larmes retenues, suspendues dans ses yeux sombres lui dirent que ses mots acérés avaient atteint leur but, et maintenant elle voulait plus que tout au monde que ce ne soit pas le cas. « Oh ! Je… Je suis désolée, Sirius. » se retrouva-t-elle à dire doucement. « Tu… Tu n'es pas comme un Mangemort… Ce que tu as fait était simplement… simplement si stupide et dénué de réflexion… »

Il acquiesça, l'air sincèrement misérable. « Je sais Lily, je sais. J'aurais dû être expulsé, j'aurais dû aller en prison… »

Elle le regarda, se sentant terrible. Elle avait pensé ces choses elle-même, elle ne pouvait pas le nier. Mais ce ne serait pas vraiment lui donner sa chance quand il disait lui-même cela. Puis elle se souvint encore de Severus et de Remus…

« Qu'est-ce que je fais ? » demanda-t-elle soudain à la cantonade. « Pourquoi est-ce que je te présente des excuses ? » Il la regarda, avec ses yeux verts lançant des éclairs et ses cheveux encore en désordre à cause du voyage en cheminette, et elle pu voir dans ses yeux qui la regardaient qu'elle se comptait encore pour lui, qu'il encaisserait tout ce qu'elle lui assènerait sans se plaindre. James les regarda tour à tour tous les deux, ses lèvres pincées.

« Écoute Lily, je n'essayais pas de te piéger ou quoique ce soit. Je pensais… Je pensais que ce serait bien que tu nous rendes visite pendant les vacances. Mais je pensais aussi que peut-être… Peut-être que toi et Sirius pourriez au moins arriver à une espèce de compréhension, afin que nous puissions tous continuer ? Je… Vous comptez tous deux trop pour moi pour que vous soyez tout le temps en colère l'un envers l'autre. Cela fait des mois, et vous ne pouvez encore pas vous voir. Je vais quitter la pièce. Pouvez-vous au moins essayer de parler ? Pour moi ? »

Lily put voir que James rosissait, très légèrement, et elle pensa à ses mots : vous comptez tous deux trop pour moi. Elle savait qu'elle comptait pour James, d'une manière assez oblique, depuis des années, mais l'entendre le dire était différent. Comme ils ne protestèrent pas, il se retourna et quitta la pièce, laissant Lily et Sirius se tenir au milieu de la pièce, regardant autour d'eux timidement (mais ne se regardant pas l'un l'autre). Finalement, se souvenant de toute évidence qu'il était chez lui, Sirius montra de la main les canapés près du feu et dit « Tu veux t'asseoir ? »

Lily se positionna sur le bord d'un coussin, posant d'abord ses bras sur ses cuisses comme si elle attendait de jouer un récital de piano. Elle regarda Sirius en s'attendant avec quelque chose. Il était assis sur l'autre canapé, perpendiculairement à elle, faisant compulsivement craquer ses jointures, faisant grimacer Lily. Finalement, elle dit. « Je pense que tu devrais commencer, spécialement parce que si tu continues à faire cela, je vais lancer un sort à tes doigts pour qu'ils soient noués en permanence et que tu ne puisses plus faire cela. »

Sirius déglutit puis s'éclaircit la gorge, croisant ses bras pour tenter de garder ses mains séparées, et puis s'asseyant ensuite carrément dessus. « Je… Je ne sais pas que dire Lily, » commença-t-il, sa voix craquant avec l'émotion. « Tu peux me traiter de tous les noms, me lance tous les sorts que tu veux, je le mériterais, parce que… parce que si Remus… Si Remus avait blessé Rogue, cela aurait aboutit à te blesser, et tu es la dernière personne au monde que je voudrais jamais… »

« Arrête ! » cria-t-elle. Elle ne s'était jamais sentie si embarrassée dans sa vie. « S'il-te-plaît, Sirius, arrête. Ne… Ne rampe pas comme cela. Je… Oh, Je ne veux pas continuer à être en colère après toi. » La voix de Lily était devenue toute douce, et elle réalisa dès qu'elle l'eut dit que c'était vrai. Elle avait commencé à chérir ce ressentiment pour Sirius. Le laisser partir serait relâcher quelque chose de confortable et de familier, un compagnon constant depuis l'incident de septembre, un pauvre remplacement en guise d'ami dans sa propre maison, mais bon… Elle sentit son estomac frémir comme elle laissait cela sortir. C'était à la fois terrifiant et… Et quelque chose qui lui tardait sans qu'elle réalise à quel point. Elle se sentit fatiguée, tellement fatiguée de nourrir cette rancœur, et la pensée de l'abandonner était à la fois terrifiante et libérante. « Je… Je hais ce que tu as fait mais… Mais tu es le meilleur ami de James et de Remus, et je ne veux pas… Ce que je veux dire c'est… Je suis tombée dans une ornière ces derniers mois. Une fois que j'ai commencé à être froide et méchante avec toi, je n'ai pas su comment m'arrêter… »

« Alors… Pourquoi étais-tu aussi méchante avec Rogue ? » demanda-t-il. Elle le regarda, étourdie.

« Est-ce… Est-ce que tout le monde l'a vu ? Je n'ai même pas pu le voir, pas tout de suite. Je… Je n'ai pensé à pratiquement rien d'autre ces derniers jours… » Quand elle ne pensait pas à James…. Elle sourit tristement. « Ce n'étaient pas seulement les choses qu'il a dites quand il a rompu avec moi… Il y avait beaucoup de petites choses qui se sont accumulées, une sur l'autre, jusqu'à… Jusqu'à ce que cela déborde. Et je l'ai brisé… Oh… C'est étonnant qu'il soit resté avec moi si longtemps… J'avais tellement peu de tact. Il a presque été tué, et puis je… »

« Ce n'est pas pour cela que tu étais comme cela avec lui. Bien, pas entièrement. »

Elle s'arrêta. « Tu sembles en savoir plus que moi. Cela te dérangerait-il de m'éclairer ? »

« Tu ne voulais plus vraiment être avec lui. Il l'a finalement compris, ou l'a accepté, comme cela pourrait être le cas. Il pouvait dire que tu voulais être avec quelqu'un d'autre. Je le pouvais aussi. »

Elle haussa les sourcils en le regardant. Alors, nous y revoilà. Il pense que j'en pince encore pour lui. « Oh, vraiment ? Bien, laisse-moi te rappeler que tu as fait un mauvais calcul et pensé que je voulais être avec toi avant que je te lance un maléfice. Après cela, je ne t'ai plus parlé pendant un moment. Tu as pensé que c'était ma manière de dire 'Viens et sers toi ?' »

« Non, non. Je ne parlais pas de moi. Je parlais de James, bien sûr. »

« James! »

« Oui, James. » Sirius la regarda dans les yeux, et elle pouvait voir que malgré le fait qu'il essaye d'attirer son attention sur James Potter, elle comptait encore beaucoup pour lui. Elle pensa qu'il rendait très dur d'être en colère avec lui, réalisant qu'elle savait que c'aurait été le cas si elle l'avait autorisé à vraiment lui parler, ce qu'elle avait évité ces trois derniers mois. Il la regardait maintenant avec ses yeux de chien en peluche. Et puis elle se souvint que James lui avait dit que la forme d'animagus de Sirius était un gros chien noir, et elle rit à cette pensée. Il se renfrogna.

« Qu'y a-t-il de si drôle ? »

Elle se mordit les lèvres pour essayer d'arrêter de rire davantage. « Rien. Tu… que disais-tu exactement ? »

Sirius prit une grande inspiration et regarda maintenant dans les flammes. « J'ai vu la façon dont tu le regardais après qu'il ait sauvé Rogue. Et quand nous sommes revenus après notre suspension. Et je sais que tu lui as écrit pendant qu'il était ici. Presque tous les jours. »

Elle baissa ses yeux vers ses mains. « Je… Je le tenais au courant de ce qui se passait à l'école. Je suis préfète en chef. Il est préfet en chef. »

Sirius haussa un sourcil. « Alors toutes ces chouettes, c'était juste du boulot, n'est-ce pas ? Alors pourquoi James n'a pas voulu m'en montrer une seule ? »

Elle se sentit à nouveau rougir. « Je ne sais pas. » dit-elle doucement. Quand elle lui avait écrit, elle le voyait dans sa tête, allongé dans le lit de l'infirmerie, la regardant avec cette expression claire et honnête d'amour sur le visage, après avoir dit qu'il avait sauvé Rogue pour lui épargner du chagrin. Certainement pas la meilleure raison pour sauver la vie de quelqu'un, mais certainement honnête. Il ne prétendait pas qu'il le faisait par principe, comme certaines personnes auraient pu. Sauf que James était le style de personne qui le faisait par principe et puis qui essayait de le couvrir, de se trouver des excuses…

Lily s'était aussi demandée de nombreuses fois si Severus aurait fait la même chose, s'il aurait sauvé James, Sirius, Remus ou Peter d'une mort certaine. Elle y avait pensé et repensé. Cela occupait probablement son esprit davantage que le fait que James avait sauvé Severus. Elle ne savait pas quand elle avait décidé que non, Severus n'aurait probablement jamais fait cela… Mais elle avait le sentiment dérangeant que c'était après cela qu'elle avait commencé à être moins qu'aimante pour Severus, qu'elle avait commencé à faire des remarques désobligeantes sur lui, et s'était même jointe aux autres élèves dans les blagues sur les vampires. Elle avait essayé d'oublier son visage furieux quand elle avait fait cela, elle lui avait rappelé qu'elle savait mieux que personne que c'était à cause de la porphyrie et que c'était juste pour rire… Mais était-ce le cas ? N'avait-il pas le droit de s'attendre à ce que sa petite amie face front avec lui, qu'elle montre un peu plus de loyauté que cela, qu'elle se retienne de se moquer de lui ? S'était-elle vraiment comportée comme une petite amie aimante aurait dû faire quand elle avait fait cela ?

Elle leva les yeux vers Sirius. « Ne t'attends pas à des miracles. » dit-elle doucement. « Je pense… Je pense que je pourrai être civile avec toi pour James. Tu es comme un frère pour lui. Mais si tu fais le plus petit truc quand nous serons de retour à l'école, je n'hésiterai pas à te donner une retenue… »

Il sourit et la prit rapidement dans ses bras. Elle pouvait dire qu'il la laissa repartir à contrecœur, mais il le fit. Il tenait ses épaules maintenant, cependant. « Et James ? Quels sont tes sentiments pour lui ? »

Elle le scruta du regard. « Est-ce qu'il t'a dit quelque chose ? Est-ce qu'il nous a mis dans la même pièce pour nous réconcilier, ou afin que de me convaincre que je veux que James soit mon nouveau petit ami ? »

Sirius sourit avec tristesse. « James veut que nous nous réconcilions. Je veux tu voies que James est le bon gars pour toi. »

Elle rétrécit ses yeux, regardant son visage ardent et animé. « Pourquoi ? Est-ce que tu dis que je ne t'intéresse plus ? » Elle savait qu'elle avait l'air suspicieuse… Et elle l'était.

Sirius rougit. « Non. Je vais être complètement honnête avec toi Lily… En aucun cas je ne te repousserais si tu voulais m'embrasser. Ou autre chose. Mais… Je sais que cela ne va pas arriver. Et je pense que celui avec qui tu veux être est James, et je peux dire qu'il veut être avec toi. Je veux que vous soyez tous les deux heureux. C'est comme James a dit, sauf que c'est moi cette fois : vous comptez tous deux trop pour moi. Je veux que vous soyez tous les deux heureux. » Il secoua la tête, lui adressant un sourire en coin. « C'est tellement parfait que c'est presque inquiétant, Lily. Et même si vous décidiez que vous ne voulez pas cela… Je ferais quand même n'importe quoi pour vous deux. Tu as un esclave volontaire à vie. Je ramperais sur des éclats de verres sur des kilomètres, je… »

Lily leva la main. « J'ai saisi, j'ai saisi. » Il la regarda, cette expression à la fois d'amour et de désespoir brillant encore dans ses yeux noirs. Elle soupira. « D'accord, Sirius. Nous allons faire une trêve. Cela ne signifie pas que je te pardonne pour ce que tu as presque fait à Severus et Remus, mais cela signifie que je pense que nous pouvons quand même continuer. Mettre cela derrière nous. » La voix de Lily devint très douce. « Est-ce que Remus… Est-ce que Remus t'a jamais dit pour nous ? »

Il eut l'air embarrassé et détourna son regard d'elle. « Je l'ai découvert tout seul. J'étais un peu jaloux d'abord, mais ensuite… Ensuite j'ai réfléchi… Remus mérite du bonheur. Et puis ce sombre imbécile a décidé qu'il n'en mérite pas du tout, qu'il ne devrait être avec personne parce qu'il n'est pas 'adapté', et… Et il a basiquement jeté le bébé avec l'eau du bain. »

Elle acquiesça. « Je lui ai dit que je l'aimais, et il a clamé qu'il ne m'aimait pas, qu'il me considérait simplement comme une amie, mais… Mais il avait l'air si bizarre. Comme s'il allait être malade d'un instant à l'autre. Il n'avait même pas l'air de croire en ce qu'il disait » lui dit-elle doucement. « Mais j'ai dû accepter cela pour ce que c'était. Il n'allait clairement pas changer d'avis… »

Sirius secoua la tête. « Il t'aimait… Il t'aime encore, Lily. Y a-t-il une chance pour que tu l'aimes encore, plutôt que James ? Est-ce… Est-ce ce pourquoi tu hésites autant pour James ? »

C'était à son tour de secouer la tête maintenant. « Non. Je me soucie de ce qui pourrait arriver à Remus, mais je n'ai plus les mêmes sentiments pour lui. Quelque chose a changé en moi quand j'ai découvert qu'il était un loup-garou… »

Sirius se redressa « Quoi ? Es-tu une de ces bigotes qui… »

« Calme-toi, d'accord ? » dit-elle rapidement. « Je ne voulais pas dire cela comme ça. Je n'ai rien contre lui parce que c'est un simplement un loup-garou. Mais je risque de toujours lui en vouloir pour ne pas me l'avoir dit lui-même. Pour ne pas avoir été honnête avec moi. » Elle regarda le feu, essayant de se retenir de pleurer. « Et pour ne pas avoir saisi sa chance et admis qu'il m'aimait, ne pas m'avoir laissé rentrer dans son monde, et l'aider à supporter cela. J'aurais pu être d'autant de secours que n'importe lequel d'entre vous s'il avait fait cela. » Elle regarda à nouveau Sirius, n'ayant plus l'impression qu'elle allait pleurer. « Mais aussi longtemps qu'il n'est pas convaincu qu'il mérite d'être aimé, il n'y a rien que ni moi, ni personne ne puisse faire pour l'aider. »

Elle parlait à voix basse, mais elle pouvait dire qu'il saisissait chaque mot, comme il acquiesçait silencieusement pendant qu'elle parlait. « D'accord. » dit-il. « Alors pourquoi es-tu si hésitante pour James alors que Remus ou moi ne t'intéressons pas ? Je pense que ce n'est pas parce que Peter te plait. »

Elle essaya de ne pas rire. « Non, Peter ne m'attire pas. Il peut être très gentil parfois, mais… Je ne sais pas. Il fait un peu trop la carpette. Non. La raison pour laquelle je ne sors pas de la pièce en courant pour me jeter dans les bras de James c'est… que je ne sais pas du tout que je veux le faire. »

Cela eut l'air d'énerver assez Sirius. « Quoi ? Pourquoi ? James est le meilleur ! Honnêtement, Lily, tu ne pourrais sans jamais trouver quelqu'un de mieux au monde… »

Elle acquiesça. « Je sais, je sais. C'est une des raisons du pourquoi. »

Sirius fronça les sourcils, s'arrêtant tout net. « Hein ? » fut toute la réponse qu'il trouva.

Elle tripota nerveusement sa robe. « Je n'ai pas eu beau parcours avec les garçons jusqu'à présent, n'est-ce pas ? Je suis tombée amoureuse de toi, j'ai changé d'avis au moment où tu réalisais que j'existais, je suis tombée amoureuse d'un autre bon ami, Remus, qui a décidé de ne pas me dire un détail très, très important sur lui, et Remus ne m'avait pas plutôt rejetée que je courrai dans les bras de Severus. Je ne veux pas refaire cela. Si, et j'ai bien dit 'si', si je dois avoir un autre petit ami… N'importe quel petit ami… Pendant que je suis encore à l'école, ce ne sera pas avant une paire de mois, au moins. J'ai besoin de recouvrer de toute cette affaire avec Severus. J'ai besoin de réfléchir à certaines choses, comme si je veux risquer de perdre James en tant qu'ami si nous essayons d'être ensemble et que cela ne marche pas. Je ne pense pas que je pourrais le supporter… »

Sirius acquiesça. « Cela me semble bien. »

« Et… Oh, Sirius ! Je suis si jeune ! Et James aussi. Et… Je.. ? C'est le style de garçon qui… » Elle soupira, frustrée de ne pas pouvoir dire ce qu'elle voulait exprimer. « D'accord. Voyons si je peux expliquer cela. Pour moi, James n'est pas le style de garçon avec qui l'on sort à l'école et qui est ton petit ami à l'école, et puis quand chacun finit l'école et que l'on rentre dans le monde, on laisse tout cela derrière soi. James n'est pas le style de personne avec qui l'on rompt. C'est le style… » sa voix fut prise. « C'est le style de garçon… D'homme… Que l'on épouse. Je… Je ne sais simplement pas. J'ai l'impression que si je commence à sortir avec James… Ce serait cela pour moi. Pour le restant de mes jours. Et je me demande si je me sentirais énervée quand je serai plus âgée, parce que je n'ai pas vu beaucoup de monde avant lui… Et je ne veux pas lui en vouloir, jamais. Et je ne veux pas qu'il m'en veuille. Il a seulement eu Bonnie. Est-ce que c'est habituel pour les garçons ? Combien de petites amies as-tu eu ? »

Sirius fronça les sourcils, réfléchissant. « Cette année ? »

Elle leva les mains au ciel. « Exactement ce que je voulais dire. Pour moi, être dès maintenant avec James est… Effrayant. Ce serait un pas très direct dans le monde adulte. Il n'est pas comme le reste des garçons à l'école. Oui, il fait le clown avec toi, mais… D'une manière ou d'une autre, il est quand même différent. Son intégrité est différente, son autorité est différente, sa… » Elle s'arrêta, embarrassée.

Sirius le sourit. « Tu n'es pas capable de cacher tes sentiments pour lui. D'accord, d'accord, je comprends pourquoi c'est effrayant pour toi d'être avec James alors que tu es si jeune, et comme tu ne veux pas le perdre en tant qu'ami. Bien. Tu resteras célibataire pendant un moment. Si tu veux, je pourrais prétendre être ton petit ami quelques temps, si tu veux écarter les autres gars… »

Lily rit. « Oh, oui, et te donner une excuse pour me peloter, et guise de couverture. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que je dise simplement 'Je ne veux pas de petit ami pour au moins une paire de mois.' Est-ce que cela me rend d'une bizarrerie impardonnable ? »

« Non, cela ne te rend pas du tout bizarre. » dit James depuis l'entrée de la pièce. Lily se sentit rougir, se demandant combien avait entendu James. « J'ai pensé venir faire un tour, pour constater les dégâts. Tous les membres sont au bon endroit ? » dit-il en leur souriant.

« Lily disait simplement que je ne devais pas essayer de sortir avec elle encore, comme elle veut un peu de temps pour oublier Rogue. » dit laconiquement Sirius, entourant d'un bras les épaules de Lily. Elle l'enleva promptement de sur elle et virevolta, de telle sorte que le bras en question se retrouve tordu dans le dos de son propriétaire. Il grogna. « Je veux dire… Aïe !… Je disais juste qu'elle… Flûte, Lily ! Ca fait mal ! »

James rit. « C'est bon. » Il la regarda, ses yeux remplis de compréhension. « Je n'ai pas encore eu une autre petite amie depuis que Bonnie est morte. Il n'y a rien de mal à être seul. »

Elle acquiesça, ne sachant pas la proportion de ce qu'avait dit Sirius qui avait été discutée entre les deux à l'avance. Si James Potter veut jamais me faire des avances, pensa-t-elle, grognonne, il ferait sacrément mieux de le faire lui-même plutôt que d'envoyer Sirius pour chanter ses louanges toutes la journée.

Elle relâcha le bras de Sirius et s'éloigna de lui. Il étira son bras, grimaça légèrement. « Tu es rapide. » dit-il impressionné.

« Un sœur aînée que je déteste. On apprend des choses. »

Se faire tordre le bras dans son dos ne sembla pas refroidir les sentiments de Sirius pour elle d'un kelvin. Maintenant qu'il n'avait plus mal, il semblait penser à complètement autre chose, et soudain, il frappa des mains. « Oh ! Je sais ce que nous pouvons faire ! La piscine ! »

Lily fronça les sourcils. « La piscine ? » Elle jeta un coup d'œil à la cour par la fenêtre. Les pavés étaient givrés et des tas de neiges arrondissaient les angles. « Heu, tu es fou ? »

Les garçons rirent tous les deux. « Pas vraiment. » dit James. « Et tu pourras probablement porter le maillot de bain que s'est achetée Ursula, et qu'elle ne risque pas de mettre avant un moment. Elle voulait maigrir un petit peu avant, mais… Bien, comme elle va avoir un bébé. Alors, elle ne s'attend pas à l'utiliser. Elle aurait encore plus d'amincissement à faire après avoir eu le bébé… »

Lily sourit à Sirius. « Tu vas être tonton ! Félicitations ! »

Sirius sourit. « Oui. Je serais cet oncle à la mauvaise réputation que tout enfant aime avoir… »

James lui tapa le bras avec le revers de sa main. « Monte simplement dans la chambre d'Ursula et Alan, et prends-le afin que Lily puisse venir nager. »

« En fait, tu devrais venir avec moi Lily, et puis tu pourras utiliser la salle de bain dans la chambre d'Ursula et Alan pour te changer. James et moi sommes au dernier étage. Ensuite, nous te retrouverons dans le hall d'entrée… »

« Mais… Mais… » bégaya-t-elle. « Vous ne m'avez toujours pas expliqué comment nous allons supporter le froid. Par des sorts ? »

« Tu verras. C'est en bas, le paradis dans un donjon. »

Lily avait précédemment pensait que c'était ce que Severus avait créé pour elle, leur première nuit ensemble, mais elle n'en dit rien. « Cela ressemble à un oxymore. »

Sirius s'avança devant James. « Traites-tu mon meilleur ami d'imbécile ? » lui demanda-t-il, seulement à moitié sérieusement.

James le fit sortir de la pièce. « Oh, ça va toi. Viens Lily ? Les escaliers sont par là. » Elle les suivit dans un assez petit couloir avec des bancs et des crochets pour les capes et les bottes. La seule décoration était une série de poissons empaillés haut au-dessus des crochets. L'escalier courbe lui rappelait celui la Tour de Londres, et de plus d'un des escaliers de Poudlard. Quand ils atteignirent le pallier de la chambre d'Alan et Ursula, Sirius et James ouvrirent négligemment la porte et entrèrent. Elle vit une chambre au proportions généreuses avec une grande baie vitrée semi-circulaire qui dominait la cour sans l'obscurcir. Il y avait des tapisseries chaudes et des tentures sur les murs et le lit à baldaquin, et une armoire, un bureau et un secrétaire en noisetier joliment sculptés. Sirius alla fouiller dans le bureau et revint avec un sac d'une boutique moldue de Londres, d'où il tira maillot de bain une pièce assez modeste et couleur bleu saphir. Lily fut soulagée de voir qu'il pouvait difficilement être qualifié d'osé, et qu'il était réel, et non pas créé par magie qui pourrait au final disparaître et la laisser toute nue. Au moins, elle était assez certaine qu'il était réel…

Après qu'ils soient partis, elle alla dans la grande salle de bain qui était jointe à la pièce, et après avoir dit « Finite Incantatem. » dessus au cas où il soit ensorcelé, elle enfila le maillot de bain, s'émerveillant qu'il lui aille si bien, s'accordant à ses cheveux, et ne révélant rien de ce qu'elle ne voulait pas révéler. Elle se sentait un peu trop en vue en étant si pâle et avec tant de tâches de rousseur (la malédiction des roux), mais il n'y avait rien à y faire. Elle enfila sa robe par-dessus son maillot pour avoir l'air un peu plus respectable jusqu'à ce qu'ils atteignent la piscine et elle redescendit l'escalier en colimaçon.

Quand elle atteignit le hall d'entrée, elle s'arrêta, choquée. Sirius et James l'attendaient en maillots de bain, leurs serviettes passée autour de leurs épaules. Elle réalisa qu'elle n'avait jamais vu aucun d'eux avec si peu sur lui, et elle rougit, essayant à la fois de détourner ses yeux et de lancer des coups d'œils discret. Elle n'était pas préparée à cela. Je vais être célibataire un moment, je vais être célibataire un moment… Chantait-elle dans sa tête, essayant de ne pas regarder les épaules de James (ou son dos, ses bras, ses jambes…) comme il descendait devant elle l'escalier menant au donjon.

Quand ils atteignirent la salle de la piscine, Lily s'arrêta, la regardant, ébahie. La pièce avait un plafond voûté, comme la grande salle de Poudlard, et était aussi enchanté pour ressembler au ciel. Il y avait une peinture murale mouvante qui représentait un jardin, avec ses oiseaux, ses écureuils et ses gnomes. L'intérieur de la piscine était peint en bleu turquoise, afin que l'eau semble aussi être turquoise. Il lui semblait qu'elle allait de surprise en surprise, et elle rit tout fort, tournant sa tête pour tout regarder à la fois, incapable de s'empêcher de sourire.

« Pas étonnant que vous ayez eu l'air si reposé en revenant de votre quinzaine de suspension. » dit-elle aux garçons, regardant un gnome de jardin qui lui faisait des signes, puis qui courut sous un buisson qui continua à frissonner après qu'il ait disparu de sa vue.

Sirius sourit avec tristesse. Elle essaya de regarder son visage, et non son corps aussi. Il était tout aussi distrayant que James. « Oh, nous n'avons pas été autorisés à descendre à la piscine pendant que nous étions suspendus. Ma mère m'a bien grondé et même si elle n'a pas grondé James, nous étions tous les deux basiquement confinés dans notre chambre, sauf pour les repas. Une quinzaine de jours à être enfermé avec lui. » dit-il, désignant James avec son pouce, « C'est étonnant que je n'ai pas fini à sainte Mang… »

Souriant malicieusement, James poussa soudain Sirius, et après avoir agité ses bras dans l'air pendant un instant, son meilleur ami tomba la tête la première dans l'eau, avec un énorme splash qui projeta de l'eau sur la robe de Lily et sur une bonne partie du carrelage autour de la piscine. Sirius refit surface, secouant la tête pour dégager ses cheveux mouillés de devant ses yeux. « D'accord, Potter. Maintenant, c'est fait. Ma serviette est trempée ! » Il brandit l'étoffe mouillée qui était posée sur ses épaules avant qu'il ne tombe.

A contrecœur, James dit « D'accord. Passe-la moi. Je vais la pendre pour la mettre à sécher. » Mais quand Sirius fut certain que James la tenait bien, il tira, et James tomba dans la piscine, sa serviette aussi autour de son cou. Lily ne put empêcher un rire de lui échapper.

James refit surface, écartant ses cheveux de son visage, comme Sirius l'avait fait. Il avait encore ses lunettes, mais elles étaient couvertes d'eau. « Espèce de foutu crétin ! » dit-il à Sirius. Il alla sur le côté de la piscine et posa sa serviette maintenant détrempée sur les dalles, ainsi que ses lunettes inutiles. Puis il se tourna et Lily vit un éclat bleu dans ses yeux qui lui disait que Sirius allait avoir de gros problèmes. Assez sûrement, James plongea soudain sous l'eau et nagea vers les jambes de Sirius, et il ne lui fallut qu'un instant pour tirer Sirius (qui agitait encore ses bras) sous la surface. James nagea ensuite sous l'eau jusqu'à l'extrémité de la piscine ou se tenait encore Lily, portant encore sa robe. Il ressortit juste devant elle, écartant ses cheveux de son visage au lieu de le secouer, afin de ne pas la mouiller, en disant « Bien, est-ce que tu vas simplement te tenir là, ou bien tu vas venir ? »

Elle avait réussi à arrêter de rire et se tenait au-dessus de lui, ses bras croisés sur sa poitrine tandis qu'elle essayait de garder un visage impassible. « Oh, je pensais que j'allais juste vous regarder vous comporter comme des gamins de dix ans pendant un moment. » Mais elle ne put empêcher un sourire de s'étaler sur son visage, et elle décroisa ses bras. « Préparez-vous. Je nage depuis que je sais marcher, vous savez. »

Elle ouvrit sa robe et se tourna pour la pendre sur un porte-manteau sur le mur, ne réalisant l'effet qu'elle produisait aux garçons derrière elle. 'Flûte' fut tout ce qui vint à l'esprit de James, et il n'avait pas besoin de lunettes pour suivre la ligne de ses longues jambes depuis ses pieds jusqu'à ses genoux, et à …

Splash!

Lily avait soudain bondi dans la piscine, puis refit surface, riant, ses longs cheveux roux assombris par l'eau et soudain lisses et collés. Elle ne vit pas l'air qu'avaient eu les garçons quand ils l'avaient vu sans sa robe, comme ils s'essuyaient maintenant l'eau des yeux. Elle sourit et s'allongea à la surface, regardant l'imitation du ciel et agitant paresseusement ses jambes. « C'est superbe », dit-elle, ne regardant aucun d'eux. « C'est une bonne chose aussi que ta mère ne vous ai pas laissé descendre ici pendant votre suspension, Sirius. Cela n'aura vraiment pas été une punition. »

« Bien, j'espérais qu'elle n'y penserait pas. Malheureusement… »

« … Malheureusement, ta mère n'est pas idiote. » finit James, éclaboussant Sirius. Sirius répliqua, et bientôt, il y avait un nuage de gouttelettes flottant à la surface de l'eau, résultant de la furieuse guerre d'éclaboussure qui se déroulait, et à laquelle Lily, abandonnant son besoin d'apparaître comme celle qui était mûre, s'était joyeusement joint. Ils firent des courses et plongèrent chercher des noises, et à l'heure du déjeuner, ils étaient complètement épuisés, allongés sur le bord de la piscine, regardant distraitement les gnomes de jardin qui leur jetaient des sourires malicieux.

« C'est chouette. » dit James, allongé entre Lily et Sirius. « Nous trois, nous entendant bien à nouveau. » Il se tourna vers Lily, qui avait penché sa tête en arrière et fermé les yeux. Il suivit la ligne de son long cou, descendant, descendant… Elle est tellement belle… Mais il se souvint de ce qu'il l'avait entendu dire à Sirius : Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que je dise simplement 'Je ne veux pas de petit ami pour au moins une paire de mois.' Est-ce que cela me rend d'une bizarrerie impardonnable ? Elle était encore blessée, blessée par Severus Rogue. James avait lutté pour ne pas prendre le ferry jusqu'à Dunoon, pourchasser Rogue et lui tordre le cou à mains nues. Elle avait sangloté, blottie contre lui dans le train. Elle s'était attaquée elle-même, avait dit à quel point elle le méritait, et il l'avait contredite à chaque fois… La voyant maintenant, avec si peu sur elle, il était complètement perdu. Comment Severus Rogue avait pu la laisser partir ? S'il était réaliste, il savait qu'elle n'était pas complètement parfaite. Il connaissait ses défauts, après avoir été son ami pendant plus de six ans. Mais plus qu'autre chose, ses défauts le rendaient plus amoureux d'elle. Il ne connaît pas et ne te connaîtra jamais, pensa James, ses yeux revenant vers le visage de Lily. Il vit, avec horreur, qu'elle avait maintenant ouvert ses yeux, et qu'elle le regardait. Elle sait que je la matais, pensa-t-il, se sentant rougir.

Elle ne dit rien. Elle avait ouvert ses yeux et vu James regarder son corps d'une manière franchement admirative, et elle n'avait pas été préparée à cela. D'abord, elle n'accordait pas grande valeur à son corps… Elle pensait qu'elle était trop maigre et dégingadée. Ensuite, c'était James. Elle ne pouvait pas se rappeler d'une seule fois où il l'avait regardée de cette façon. Sauf… Sauf quand elle s'était cassée la jambe. Avant qu'il ne l'aide à enfiler sa robe de chambre, il l'avait regardée étrangement, et elle s'était demandée ce qu'il pouvait voir à travers sa robe de nuit. Elle était assez fine… Elle déglutit, autorisant ses yeux à parcourir le corps de James maintenant. Elle n'imaginait pas que le Quidditch seul soit responsable pour ses bras et ses jambes, pour ces abdos et ses épaules… Elle se secoua. Arrête. Il garde probablement la forme en nageant à la piscine tous les jours pendant les vacances… Sirius aussi…

C'était tellement étrange pour elle qu'ils soient tous si adultes maintenant. Elle eut soudain un souvenir très vivace de sa Répartition, il y a six ans…

Une tempête frappa pendant qu'ils traversaient le lac, et elle s'accrocha au bord du fragile petit bateau, terrifiée. Deux autres enfants étaient dans le bateau avec elle, pâles et fatigués, gémissant occasionnellement de peur comme le vent fouettait la surface du lac en rafales redoutables. Un garçon cependant ne semblait pas gêné. Même s'il était le plus petit d'eux quatre, avec des cheveux noirs qui étaient dressés, même mouillés par la pluie, et des lunettes sales posées de travers sur son visage maigre, il tenait fermement le bord du bateau et souriait à ses compagnons de voyage.

« C'est bon, ne vous inquiétez pas. » pipait-il d'un charmante voix d'alto qui portait un trace d'accent galois. « Rien de mal ne peut nous arriver ici. Nous sommes à Poudlard ! Ou du moins c'est tout comme ! »

Il leur adressa un sourire brillant, auquel il manquait une dent, et Lily eut soudain le sentiment que tout allait bien se passer. Si ce garçon pouvait être si courageux, alors elle pouvait aussi l'être. Quand elle découvrit que le plafond de la grande salle reproduisait le ciel tempétueux de l'extérieur, elle le regarda avec une admiration mêlée d'effroi, puis elle contempla les chandelles flottantes et les longues tables s'étirant dans l'espace énorme, la table des professeurs avec ses sorciers et ses sorcières à l'air majestueux, ces professeurs qui allaient essayer de faire rentrer dans leur tête leur savoir pendant sept ans.

Quand elle se tourna vers un garçon à côté d'elle pour voir ce que quelqu'un d'autre pensait de tout cela, elle pensa que ses genoux allaient la trahir. Il était le garçon le plus mignon qu'elle avait jamais vu, avec des yeux noirs brillants et des cheveux noirs lisses partant en arrière de son front, ses dents blanches étaient visibles quand il envoyait un sourire aveuglant, et il avait même une fossette sur le menton qui lui faisait penser à son papa embêtant sa maman au sujet d'un acteur qu'elle aimait et qui avait un menton fissuré… Comment s'appelait-il ? Kirk Douglas. C'était cela. Il avait un menton juste comme Kirk Douglas. Toute pensée de Hawthorn, son précédent coup de foudre à l'école moldue, s'envolèrent de son cerveau comme elle contemplait le garçon à côté d'elle.

Puis elle réalisa qu'elle le fixait, et qu'il avait plutôt l'air de s'attendre à ce que les filles le regardent, et elle détourna ses yeux, se sentant idiote. Ils s'avancèrent tous quand on leur disait, Lily essayant de ne pas fixer le beau garçon. Il fut l'un des premiers à être réparti. Lily avait reconnu le professeur MacGonagall quand elle les avait accueilli dans le hall d'entré, et après qu'une paire d'élèves ait été répartie, MacGonagall avait lu sur le rouleau qu'elle tenait dans ses mains « Sirius Black ! »

Lily le vit s'avancer. C'était l'un des plus grands première année, avançant avec une confiance peu commune pour un enfant de onze ans. Elle se souvint du nom :

Sirius Black.

Il s'assit sur le tabouret et MacGonagall lui plaça le Choixpeau sur tête. Il fallut peut-être dix secondes avant qu'il ne crie « GRIFFONDOR ! »

Il se redressa, l'air presque supérieur, comme si c'était ce à quoi il s'attendait, et les élèves de la table de Griffondor crièrent et hurlèrent, et plus généralement firent du désordre. Lily ne savait rien au système des maisons, et elle n'avait pas trop fait attention quand le Choixpeau avait chanté sa chanson sur les quatre maisons, mais elle savait que Griffondor lui semblait certainement être la meilleure maison pour elle maintenant. Elle n'eut à attendre qu'une demie-douzaine d'élèves, ou quelque chose comme cela, soit répartis avant que le professeur MacGonagall ne lise son nom sur le rouleau :

« Lily Evans. »

Son cœur tapait dans ses oreilles, elle réussit à s'avancer sans se marcher sur la robe. MacGonagall plaça le Choixpeau sur elle et il glissa jusque sur ses épaules, la plongeant dans l'obscurité. Qu'allait-il arriver maintenant ?

Et puis elle entendit la voix. « Ah, c'est toi. Je t'attendais… »

Lily déglutit. « Heu, moi ? » pensa-t-elle. D'une manière ou d'une autre, elle savait qu'elle n'avait pas besoin de parler à haute voix. Elle savait qu'elle entendait la voix dans son esprit et non dans ses oreilles.

« Oui, toi. » lui répondit-il d'une voix assez bourrue.

« Heu, pourquoi ? » Elle avait le sentiment de ne pas avoir de conversation, mais elle n'avait pas précédemment réalisé qu'il était nécessaire de parler pour la Répartition. Jusqu'à quelques minutes de rentrer dans la grande salle, elle n'avait jamais entendu parler du Choixpeau. Personne de ceux qu'elle avait rencontré dans le train ne lui en avait parlé, et elle avait seulement réussi à s'asseoir avec d'autres première année nés de moldus. Les élèves plus âgés tendaient tous à se regrouper avec leur amis, et les nouveaux élèves ayant des connaissances du monde de la sorcellerie faisaient de même.

« Pourquoi ? Parce que tu seras célèbre, ma fille, au-delà de tout ce que tu peux imaginer. Si tu choisis. Mais la célébrité aura un prix. Et aujourd'hui est un des jours où tu vas faire un choix qui va affecter le restant de ta vie. »

« Je vais faire un choix ? Mais je pensais que vous choisissiez quelle maison était la bonne pour nous. »

« Tu es différente. Pour une raison, tu as de nombreux talents. Tu es fortement loyale et très travailleuse. Tu pourrais être à Pouffsouffle. Tu as aussi un esprit aiguisé et précis qui serait chez lui à Serdaigle. Mais tu as aussi d'autres traits. Ton ambition et ta malignité feraient de toi une Serpentard que personne n'oublierait de sitôt. Tu es une meneuse naturelle, et un meneur Serpentard est une force avec laquelle il faut vraiment compter. L'impact que tu pourrais avoir sur le monde est grand. Mais… Mais ta bravoure, ah, ta bravoure et ta capacité à aimer… Voilà ce qui pourrait faire de toi une Griffondor. »

« Moi ? Brave ? »

« Ma fille, ton amour et ta bravoure pourraient changer le monde, si tu choisis. Mais tu dois choisir. »

Elle pensa au beau garçon qui avait déjà été réparti à Griffondor, mais soudain, elle eut l'impression qu'elle était tentée et que ce serait fou de choisir Griffondor juste sur cette base. « Dites m'en plus sur ce que font les Griffondors. Je ne me souviens pas de ce que vous avez chanté. »

Le Choixpeau dit quelques grandes choses sur combattre pour les autres, et sauver même ses ennemis, mettant sa vie en jeu pour la bonne cause. Elle se sentit très petite. « Et tu as la capacité de faire tout cela. » dit-il, bien qu'elle en doute. « Tu partage aussi des caractéristiques associées aux autres maisons, comme j'ai dit. Mais je pense que tu serais mieux à Serpentard ou Griffondor. »

« Et je dois choisir ? »

« Oui. »

Elle n'avait pas réalisé cela. Elle pensa à toutes les grandes et nobles choses que les Griffondor faisaient et se sentit assez humble. Est-ce vraiment moi ? pensa-t-elle. Et sur ce qu'il a dit avant, sur devenir célèbre, si je choisis ? Quel choix me mènera à tout cela ? Est-ce que je veux seulement être célèbre ? Et qu'est-ce qui me rendra célèbre ? Ces pensées tourbillonnaient dans sa tête, jusqu'à ce qu'elle dise finalement. « D'accord. Vous ne pouvez pas me donner le plus petit indice ? »

« Tu dois choisir. Cependant… Laisse-moi t'aider. Tu as une sœur, n'est-ce pas ? »

« O..Oui. »

« Et si elle était blessée, tu l'aiderais ? »

« Bien sûr. »

« Mais tu n'aimes pas ta sœur. »

« Est-ce que cela compte ? Si quelqu'un était blessé, je l'aiderais si je pouvais, que je le connaisse ou non. Pour quelle raison ne l'aiderais-je pas ? »

Le Choixpeau fit une pause. « Et s'il avait tué tes parents ? »

Elle s'arrêta, ne s'attendant pas à cela. J'ai seulement onze ans, voulut-elle dire. Pourquoi ai-je soudain l'impression que tout le poids du monde repose sur mes épaules ? Mais après avoir considéré la question, elle répondit finalement. « J'aiderais la personne, mais je m'assurerais qu'elle irait dans les mains de la police afin que justice soit faite. Ce ne serait pas juste de ma part de le laisser mourir. Je ne vaudrais alors pas mieux que lui. »

« Tu as choisi. » lui dit-il.

« J'ai choisi ? » dit-elle, étonnée.

« Une autre pour GRIFFONDOR ! » beugla-t-il soudain, et elle sut maintenant qu'elle devait enlever le Choixpeau et aller à la table Griffondor, où le garçon étonnant appelé Sirius Black était déjà assis, entouré d'élèves plus âgés. Elle cligna des yeux quand elle émergea de l'obscurité du chapeau, les chandelles brillantes lui faisant mal aux yeux. Elle ne trébucha qu'une fois sur son chemin vers la table Griffondor, se colorant profondément, se posant des questions sur ce que le Choixpeau lui avait dit…

Finalement, le petit garçon qui avait été dans le même bateau qu'elle s'avançait pour être réparti. Elle ne saisit pas son nom quand MacGonagall le lut. Elle avait remarqué que quand les élèves dont les noms commençaient par 'F' avaient été répartis, c'était plus rapide que sa répartition. Ici ou là, cela prenait un peu plus longtemps pour quelqu'un, mais cela ne lui semblait quand même pas long. Peut-être qu'il lui semblait seulement qu'elle avait eu le Choixpeau sur la tête pendant un long moment ? Quand MacGonagall abaissa le Choixpeau sur la tête du garçon de la barque, ce fut la répartition la plus rapide qu'elle ait jamais vu. Avant qu'il ait complètement obscurci son visage, le Choixpeau criait « GRIFFONDOR ! »

Un énorme sourire divisa son visage comme MacGonagall lui enlevait le Choixpeau, et il courut vers leur table au milieu des applaudissements requis. Lily rit en applaudissant avec ses autres camarades de Griffondor. Elle n'avait jamais vu quelqu'un avoir l'air si complètement ravi de sa vie. Il se glissa dans un espace entre Sirius Black et un garçon plus grand lui donna une tape dans le dos. Les deux étaient assis en face de Lily. Elle vit que le petit garçon aux cheveux désordonnés et aux lunettes avait aussi des yeux bleus et ronds qui absorbaient avec excitation tout ce qu'ils pouvaient. Il sourit à Lily et dit « Bonjour ! Je suis James Potter, et c'est mon meilleur ami, Sirius Black ! Tu étais dans mon bateau, n'est-ce pas ? Comment tu t'appelles ? »

Elle ne put s'empêcher de rendre son sourire au garçon joyeux qui l'avait faite se sentir mieux quand ils traversaient le lac agité.

« Je m'appelle Lily Evans. »

Elle leva les yeux vers son visage de nouveau, et elle découvrit qu'il la regardait directement. Il sait que je regardais son corps, pensa-t-elle, profondément embarrassée. Il y eut un moment incroyablement gênant où ils se regardèrent dans les yeux l'un de l'autre, silencieux, mais soudain, Sirius fit claquer une serviette humide sur la nuque de James, disant « C'est l'heure de déjeuner ! Je vais chercher des serviettes sèches dans le vestiaire. Attendez. »

Sirius disparut, et James se remit debout, puis tendit sa main à Lily, l'aidant à se redresser. Il ne la relâcha pas toute de suite. Quand Sirius revint avec les serviettes, ils en mirent chacun une autour de la taille et une autre sur les épaules. Ainsi équipés, ils montèrent dans la cuisine, Lily en queue de peloton, se souvenant de ce qu'elle avait dit à Sirius :

James n'est pas le genre de personne avec qui l'on rompt… C'est le genre de garçon… d'homme… que l'on épouse.

Cette pensée lui fit se soulever sa poitrine, son estomac frémissant de crainte. Mais elle repoussa cette pensée. Le futur n'est pas aujourd'hui, se rappela-t-elle. Le futur appartient encore… Au futur. Et alors, avec cette pensée en tête, elle fit des sandwichs avec les garçons, et ils parlèrent et rirent autour de la table de la cuisine, et réussirent à ne pas grandir un peu plus ce jour là, à l'énorme soulagement de Lily.

« Aaaah! »

Ils s'exclamèrent tous avec délice quand Jack se brûla les sourcils. Il avait été le seul dans la partie de bataille explosive à ne pas avoir encore été brûlé, et maintenant, sa chance avait pris fin. Bill, Alex, Jack, Geoff et Charlie étaient assis autour de la table de la cuisine, de la fumée s'élevant de chacun d'eux maintenant, comme ils riaient et continuaient à jouer.

Jusqu'ici, les vacances avaient été formidables, selon Bill. Il avait reçu de sérieux cadeaux de Noël avec la promesse que lorsqu'il serait de retour à l'école en janvier, il recevrait un cadeau d'anniversaire complètement séparé. Charlie et Annie ne s'attaquaient pas constamment (Il semblait en fait avoir manqué à Annie). C'était merveilleux de voir à quel point Percy et Peggy avaient grandi. Et il ne se souvenait jamais à quel point il manquait à ses parents jusqu'à ce qu'il les revoit, rayonnants, comme lui et Charlie descendaient du train, lui faisant avoir cette chaude impression au creux de l'estomac qui disait 'Je suis à la maison'. Il n'était pas encore au Terrier, mais tout ce dont il avait besoin au monde pour se sentir chez lui était de voir son père et sa mère. Ils étaient sa maison. Et ses frères et ses sœurs. Bill avait le sentiment que peu importait le point auquel leur maison était délabrée aussi longtemps qu'ils s'avaient les uns les autres.

Son père et sa mère lui avaient laissé inviter ses amis pour Boxing Day, et il avait même réussi à convaincre Alex de venir. Alex avait dit que ses parents avaient des proches qui venaient à la maison, du côté de son père, qu'il préférait de toutes façons éviter. Bill lui avait demandé s'il ne leur manquerait pas, mais Alex avait dit « Non. Ils viennent vraiment pour voir le bébé. Je veux dire, Oliver est bien, je suppose. Il les distraira. Je ne manquerai à personne. »

Bill s'était posé des questions sur le ton dégoûté de son ami, et il s'était aussi demandé si lui, Geoff et Jack n'auraient pas dû faire plus d'efforts pour l'inclure dans leurs activités pendant le premier trimestre. Peut-être qu'il pensait qu'il ne leur avait pas manqué non plus. Comme il regardait Alex jouer au cartes, il sembla à Bill qu'il était plus comme avant, riant, faisant des remarques décalées (sauf quand la mère de Bill était dans la pièce), et faisant des clins d'œil effrontés à Annie quand elle passait la tête par la porte de la cuisine, faisant s'élargir ses yeux bleus et rendant son visage maigre encore plus pâle avant qu'elle ne disparaisse à nouveau brusquement. Charlie rigola en voyant cela.

« Quelqu'un est tombé amoureux de toi… » ne put-il pas résister de dire, et Bill avait l'impression que ce serait une nouvelle méthode de torture de Charlie pour Annie quand il serait à la maison.

Alex se rebiffa, souhaitant ne pas avoir instinctivement essayé d'amuser la petite fille. « Elle a sept ans ! Elle a sept ans, n'est-ce pas, Bill ? »

Bill sourit. « Oui. Mais je pense que Charlie a raison. Elle n'a jamais regardé de cette façon aucun autre de mes amis. »

Alex secoua la tête, foudroyant du regard les cartes dans sa main. « Foutue petite. » marmonna-t-il. Bien, pensa-t-il, je plais aux filles de sept ans, et aux grand-mères qui adorent me pincer la joue, et je n'aime même pas les filles. Pauvre de moi.

Mais aucun de ses amis ne savait encore cela, et il n'était pas préparé à leur dire. Seul Remus Lupin savait, et il sentait, d'une manière ou d'une autre, qu'il pouvait lui faire confiance pour garder cette information pour lui… S'il se souvenait seulement de ce qu'il savait. Lupin était en septième année, et il était probablement trop préoccupé par ses ASPICs pour se souvenir avoir une fois réconforté un seconde année dans une salle de classe vide…

Alex se demanda si Lupin réalisait qu'il le suivait parfois des yeux. Il s'était alarmé, inquiet que Lupin lève le nez et le trouve en train de le regarder, mais cela n'était jamais arrivé. C'était presque comme si Alex n'existait pas du tout. Il essayait de ne pas penser à l'autre garçon plus âgé, qui avait semblé si compréhensif quand il en avait besoin, mais la nuit, allongé seul dans son lit, il était impossible de le bannir de ses rêves…

« Qui aimerait un peu de chocolat chaud ? » demanda soudain Mrs Weasley, déboulant dans la cuisine, son ventre plutôt arrondi sous tablier fleuri qu'elle avait passé sur sa robe, comme pour accentuer sa condition (ce qui était quelque peu redondant). Tous les garçons répondirent par l'affirmative, et quand ils posèrent leurs cartes pour boire dans leurs tasses fumantes, La mère de Bill rayonnait d'affection, donnant une petite tape sur la tête de ses garçons avant de quitter la pièce. Alex pouvait dire qu'elle adorait vraiment être une mère. Ce qui avait du sens dans la mesure où elle allait avoir son sixième bébé dans quelques mois. Elle était joyeuse d'être enceinte aussi, autant que sa mère ne l'avait pas été quand elle attendait Oliver. Tout le monde avait du faire de larges détours pour l'éviter, elle et ses colères hormonales, pendant neuf mois. Il était content d'avoir été à l'école pendant le plus gros de son temps. Il secoua sa tête et sourit à Bill.

« Tu as de la chance que ta mère aime attendre un bébé. Ma mère était une complète terreur. »

Bill regarda tendrement la porte par laquelle sa mère venait juste de disparaître. « Oh, elle a ses moments. Mais la plupart du temps… Oui. Il lui tarde d'avoir un autre bébé. Un camarade de jeu pour Percy, disent papa et elle. C'est pour cela que Charlie et moi n'avons qu'environ deux ans de différence, et Peggy et Annie aussi. Nous avons tous un partenaire dans le crime de cette façon. » dit-il, souriant à son frère.

« Vrai ! » acquiesça Charlie. « Alors comment cela se fait que Annie et moi nous accrochions tout le temps, et que toi et Peggy nous sépariez tout le temps ? »

« Parce que c'est simplement ce font les frères et les sœurs. » dit Bill, haussa les épaules. « Bien, certains frères et sœurs. »

« Alors, et si le partenaire dans le crime de Percy est une sœur et pas un frère ? » demanda Alex.

Bill haussa les épaules. « Je pense qu'ils seront encore beaucoup ensemble, parce qu'ils auront presque le même âge. D'autant plus qu'ils seront les plus jeunes. Papa et maman ont tous deux dit qu'ils arrêtaient après cela. Ils pensent que vivre à sept ici est un peu pousser, et c'est même en comptant avec de la magie pour tenir la nouvelle extension à l'étage. »

Charlie acquiesça. « Je pense que six enfants est beaucoup. Comme nous sommes les deux aînés, nous devons nous occuper des petites pestes quand papa et maman ne sont pas là, après tout. »

« Charlie ! » dit Bill, clairement énervé par lui. Charlie grimaça.

« Désolé. Tu vois ce que je veux dire. Je n'étais pas… Bien, tu sais. Désolé, en tous cas. » Il se leva et posa ses cartes sur la table. « Je pense que je vais arrêter tant qu'il me reste quelques cheveux qui n'ont pas encore brûlé. Amusez-vous bien les gars. »

Jack, qui connaissait Charlie le mieux, à part Bill, rit en connaissance. « Amuse-toi aussi, à chercher ta sœur au sujet d'Alex. » Le visage rond et parsemé de tâches de rousseur de Charlie se fendit d'un sourire dément.

« Trop vrai ! » dit-il avant de quitter la pièce. Bill se tourna pour voir Alex se renfrogner derrière ses cartes comme il prenait une gorgée de chocolat chaud, comme s'il essayait d'ignorer ce qui venait d'être dit.

« A qui est-ce le tour ? » demanda Jack, reprenant ses cartes.

« A Geoff. » dit immédiatement Bill, comme c'était lui qui gardait la trace de ces choses. Geoff acquiesça, fixant ses cartes, essayant de décider que faire. Puis il leva les yeux vers la maison ensorcelée, vers la radio sur le manteau de la cheminée de la cuisine, débitant des chants de Noël, aux pots et aux poêles qui se lavaient paresseusement dans l'évier, et aux visages des autres garçons autour de la table, des garçons qui pensaient qu'il était comme eux, qui ne suspectaient rien. Ils étaient tous normaux. Ils n'avaient pas de sombre secret qui pouvait les faire exclure du monde de la sorcellerie… Combien de temps encore pourrait-il se cramponner à Poudlard avant de se faire exclure ? Il avait de la chance que Dumbledore l'ai réparti quand il était arrivé. En était-ce ? Peut-être qu'il aurait dû demander à être ramené chez lui (ou dans la caravane qui passait pour sa maison), ne pas essayer de faire tout ce que ces autres garçons pouvaient faire, être ce qu'il ne pourrait jamais être…

« Qu'est-ce qui ne va pas, Geoff ? » demanda soudain Jack, ayant remarqué que la lèvre de l'autre garçon tremblait. Bill le scruta. Ses yeux brillaient comme s'il allait fondre en larmes d'un moment à l'autre.

« Je vais être expulsé de Poudlard ! » dit-il soudain, les choquant tous.

« Quoi ? » dit Bill, fronçant les sourcils. « Pourquoi ? » mais dès qu'il eut demandé, il sut. J'avais raison, pensa-t-il, mais pas avec joie. Pauvre Geoff.

Jack regardait le visage de son ami comme s'il ne l'avait jamais vu avant. « Pourquoi dis-tu cela Geoff ? » mais il jeta un coup d'œil à Bill et Bill pensa 'Il se souvient que j'ai dit que je pensais qu'il pourrait être …'

« Un cracmol. » dit Geoff, comme s'il poursuivait la pensée de Bill. « Je suis un cracmol. » Il déglutit et leva les yeux vers les autres garçons. Seul Alex avait l'air choqué, mais bon, il ne connaissait pas très bien Geoff. Il pouvait dire au visage de Bill et de Jack qu'ils avaient suspecté quelque chose avant cela. « Vous saviez tous les deux, n'est-ce pas ? »

Bill et Jack le regardèrent penaudement. Bill commença à dire. « Bien… Oui. Nous nous demandions un peu… »

« … Un peu pourquoi j'étais si mauvais avec une baguette ? Pourquoi les seules classes où j'avais de bonnes notes étaient celles qui ne requéraient pas vraiment de magie ? Pourquoi vous ne m'aviez jamais vu lancer un sort avec succès, ou voler sur un balai ? » Bill et Jack acquiescèrent avec gravité, tandis que Alex continuait simplement à le regarder bêtement.

« Alors, » dit finalement Jack, « pourquoi dis-tu que tu vas être expulsé de Poudlard ? Chourave ou Dumbledore t'ont dit de ne pas revenir après les vacances ? »

Il secoua la tête. « Non. Mais le travail devient plus dur maintenant que sommes presque à la moitié de la troisième année. Je ne sais pas combien de temps les professeurs vont me laisser esquiver, à simplement écrire des devoirs et passer des examens, et à ne pas vraiment faire de la magie. Quelque chose va se passer finalement. Je veux dire, comme puis-je possiblement espérer passer les BUSEs ? »

« Bien, » dit Bill en hésitant, ne sachant pas vraiment ce qu'il allait dire. « tu en auras probablement facilement une en divination. Et en potions. Puis il y a l'histoire de la magie, l'astronomie. Cela fait déjà quatre. Et probablement étude des moldus et herbologie. Cela fait six. Plein de monde en a six. Pas de quoi avoir honte. C'est parfaitement respectable. »

Il secoua la tête. « Si l'on n'a pas au moins une BUSE en sortilège, métamorphose ou défense contre les forces du mal, on doit redoubler sa cinquième année ou simplement quitter l'école. J'ai vu les vieux dossiers de l'école. J'ai fait des recherches. Cela n'arrive pas souvent. Dans les années cinquante, un gars qui dormait toujours trop a raté ses examens de métamorphose et de défense contre les forces du mal, et il n'était pas très bon en sortilège, alors il a du redoubler. Et il y a eu une sorcière dans les années soixante qui avait une mémoire défaillante, qui a échoué à ces trois examens et n'a pas voulu refaire une cinquième année, alors elle est partie. Mais eux… Ils étaient juste paresseux. Ils auraient pu passer s'ils avaient fait assez attention. Tout mon travail ne me permettra pas de passer ces tests, ou même ceux très difficiles que nous allons probablement avoir à la fin de la troisième année. Cela va simplement empirer de plus en plus, cela va être de plus en plus dur de cacher mon problème. Et ce n'est pas comme si je pouvais simplement aller dans une école moldue si je partais. Cela ne me dérangerait pas en fait, si je pouvais aller juste dans une. Mais vu la façon dont bougent mon père et ma mère, je changerais d'école tous les mois, si ce n'est plus souvent. J'aime Poudlard. Je n'ai jamais eu le sentiment qu'un endroit était ma maison jusqu'à ce que j'aille là-bas. Mais c'est juste une question de temps avant que je ne doive partir…

Il hoqueta, il essuya avec impatience les larmes qui commençaient à lui couler des yeux, d'autant plus qu'il était devant d'autres garçons. Alex regarda Jack et Bill, qui avaient arrêté d'avoir l'air choqué et étaient plutôt compatissants. Il fut le premier à parler.

« Comment as-tu eu cette lettre ? » demanda doucement Alex. « Ta lettre de Poudlard ? »

« Elle ne m'a pas été envoyée par l'école. » dit Geoff, ne pleurant plus. « C'était la vieille lettre de ma mère. J'ai découvert cela l'an passé. J'aurais dû savoir qu'il y avait quelque chose quand elle a dit que je devrais m'assurer de l'avoir avec moi pendant la répartition. Personne d'autre n'avait la lettre dans sa poche, j'en suis certain. Je pense qu'elle a mis mon prénom à la place du sien, afin que cela ne dise plus 'Bronwen Davies' mais 'Geoffrey Davies'. Plus facile à faire que de remplacer tout le nom. Elle a dit qu'elle m'avait été envoyée à ce nom à la place de 'Geoffrey Rottenham' parce qu'elle et mon père ne s'étaient jamais mariés, et qu'ils pensaient à l'école que je portais le nom de ma mère. Elle disait que les sorciers et les moldus faisaient différemment quand deux personnes qui n'étaient pas mariées avaient un enfant… Les sorciers donnent le nom de la mère à l'enfant. »

Jack fronça les sourcils. « Je n'ai jamais entendu cela. »

Geoff soupira. « Quelque chose d'autre qu'elle a inventé, je suppose. Mais c'est pour cela que parfois je ne réponds pas tout de suite quand on m'appelle 'Davies'. Je ne suis pas habitué à être appelé comme cela. Bien, je m'y habitue, après deux années. Mais cela me semble encore étrange. »

Alex haussa les sourcils. « Ta mère et ton père ne se sont jamais mariés ? Et elle t'a dit ça comme cela ? »

« Quoi ? Non, je le savais déjà. » Il haussa les épaules. « Cela n'a jamais été important pour eux. Ils n'ont pas envie de faire toute histoire pour faire de faux-papiers pour maman, afin qu'elle puisse 'exister' dans le monde moldu. Ils disent qu'ils se sentent mariés, et que c'est tout ce qui compte, et que le reste du monde peut aller au diable s'il trouve quelque chose à redire. De plus, nous ne vivons jamais vraiment assez longtemps à un endroit pour que les gens découvrent des détails sur ma mère, en particulier que c'est une sorcière. Ils aiment que ce soit ainsi. C'était juste nous trois, sur la route, nous n'avions besoin de personne d'autre. » Il soupira et baissa les yeux. « Bien, ils n'avaient besoin de personne d'autre. Cela ne m'aurait pas dérangé d'avoir un frère ou une sœur, ou un copain. Je n'ai jamais vécu à un endroit assez longtemps pour lier une amitié. Et même si j'avais eu un ami, j'aurais dû le quitter dans les cinq minutes qui suivaient, n'est-ce pas ? Quel bien cela aurait fait ? » Il regarda les autres garçons. « Vous êtes, les gars, les tous premiers amis que j'ai jamais vraiment eu. »

Ce fut cela qui fut comme une étincelle pour Alex. Il ravala la boule qu'il avait dans la gorge et se leva, ses dents serrées avec entêtement. Il ne connaissait pas très bien ce garçon, mais Geoff savait comment c'était d'être à l'extérieur et de regarder dedans, comme Alex. Il savait comment c'était de s'inquiéter que ses secrets les plus obscurs rejaillissent et qu'il soit rejeté du monde à cause de cela.

Il savait comment Alex se sentait tous les jours de sa vie.

« Tu ne vas pas quitter Poudlard. » dit soudain Alex, les surprenant tous. Ils le fixèrent. Bill fronça les sourcils. Alex savait que Bill aimait habituellement être celui en charge (probablement la force de l'habitude, en tant qu'aîné d'une grande famille). Mais cette fois-ci, quelqu'un d'autre avait parlé en premier, et il n'allait pas laisser à Bill l'occasion de reprendre la parole.

« Quoi ? » fut la seule réponse qu'il reçut. Les trois autres garçons avaient parlé comme un seul homme.

« J'ai dit, tu ne vas certainement pas quitter Poudlard. Comment sais-tu que tu es un cracmol ? Tu pourrais quand même montrer des capacités magiques plus tard dans ta vie. On ne sait jamais. Simplement parce que ce n'est pas le cas jusqu'à présent ne signifie pas… Ne signifie pas que tu n'en auras pas plus tard. J'ai entendu parler de cette sorcière née de moldus qui n'a pas commencé à faire de magie avant la trentaine. Cela arrive. Tu veux revenir à Poudlard quand tu auras trente ans ? Tu ferais aussi bien d'apprendre maintenant, pendant que tu es jeune, avec les autres sorciers et sorcières de ton âge, et plus tard… Quand tu auras commencé à faire de la magie… Tu auras l'éducation et les connaissances dont tu auras besoin. Et tu n'auras pas à vivre dans le monde moldu après avoir fini l'école, à moins que tu le veuilles, bien sûr. »

« Tu… Tu penses vraiment que je pourrais finalement être magique ? »

Alex haussa les épaules. « Même si tu ne l'es pas… Nous n'arrêterons pas d'être tes amis. » Jack et Bill acquiescèrent bruyamment, Bill lui tapant dans le dos, rendant Geoff penaud. Mais il eut à nouveau l'air inquiet.

« Mais… Et s'ils me forcent à partir ? Quand mon statut deviendra douloureusement clair ? »

Alex écrasa bruyamment ses paumes sur la table et se pencha en avant, regardant les visages des autres garçons. « Nous allons t'aider à rester à l'école. Quand tu seras dans une classe où tu auras de la magie à faire, un de nous t'aidera ! Nous te donnerons des objets pré-enchantés, et nous ferons voler les choses depuis l'entrée de la classe, cachés du professeur. Nous t'aiderons à faire des potions qui rétréciront un chat quand tu es sensé le faire par magie… quels que soient les moyens »

Geoff resta bouche bée. « Tu veux dire… Vous m'aideriez à tricher ? »

Alex se redressa et lui fit un sourire coin. « Oui. » Il désigna Bill de la tête. « Bill est le meilleur gars de notre année pour la magie sans baguette. Il peut lancer des sorts sans trop se servir de sa baguette, de telle sorte que les professeurs ne suspecteront pas qu'il est celui qui t'aide. Jack est dans ta maison, alors si Bill ou moi ne sommes pas là pour te filer un coup de main pendant un test, Jack s'en chargera. Et j'ai vu des magiciens moldus faire des choses vraiment étonnantes avec le bon tour de main. Je peux rechercher comment ils réussissent sans magie, et puis je pourrai t'apprendre, afin que tu puisses échanger une théière métamorphosée par celle que tu étais sensé faire, et MacGonagall n'y verra que du feu. Tu n'as pas à t'inquiéter. Nous nous en occupons. Personne ne va te virer de Poudlard. »

Geoff eut l'air sonné. « Ca… Ca a l'air super. Vous… Vous feriez tous cela ? » Il remarqua que Bill et Jack avaient encore l'air quelque peu surpris par l'intervention d'Alex, et le plan qu'il avait proposé, mais ils acquiescèrent avec empressement. Puis Geoff se renfrogna. « Oui, le seul problème est… Que je n'ai rien fait de bon en magie jusqu'à présent. Est-ce que les professeurs ne vont pas remarquer si je deviens meilleur tout d'un coup ? Est-ce que cela n'aura pas l'air étrange ? »

Bill haussa les épaules. « Peut-être qu'ils penseront juste que… Que tu as fais une pousse de magie. Cela arrive habituellement quand les sorciers et sorcières sont jeunes, mais parfois, elles arrivent plus tard. Peggy vient d'en faire une. Elle peut voler sur un balai maintenant. Nous en avons un spécial que papa et maman m'ont acheté quand j'avais quatre ans. Il ne peut voler qu'à quelques pieds du sol. »

Geoff soupira. « Même ta sœur de cinq ans peut voler sur un balai et pas moi. »

Alex fronça les sourcils. « Laisse-moi réfléchir à cela. Un balai qui répondrait à la magie de quelqu'un d'autre de telle sorte que l'on croie que tu voles. En fait… Je parie que Bill pourra trouver un sort pour cela. C'est le meilleur de la promo en sortilèges. »

Bill eut maintenant l'air timide, mais aussi un peu rempli de doute. « Je ne sais pas. Cela pourrait ne pas encore être à ma portée. »

Alex haussa les épaules. « Alors tu auras un but. Il en vaut la peine, tu ne penses pas ? »

Bill considéra cela. Les garçons de septième année avaient probablement appris beaucoup de magie intéressante pour pouvoir créer leur carte, et pour être capable de rester avec un loup-garou pendant la pleine lune sans se mettre en danger. Peut-être que les choses les importantes que l'on apprenait à l'école ne s'apprenaient pas en cours. Il regarda Geoff. Et peut-être que la meilleure raison pour essayer d'apprendre un peu de magie avancée était d'aider un ami.

« Je marche. » dit soudain Bill, souriant à Geoff.

« Je marche. » fit Jack en écho, posant sa main sur l'épaule de son camarade de maison.

Geoff les regarda tous, clairement ému. Il eut l'air de ne pas pouvoir parler pendant une minute, mais il dit finalement « Vous ne serez pas désolés. Je vous le promets. » Puis il secoua sa tête. « Je n'aurais jamais pensé avoir des amis, et encore moins les meilleurs possibles du monde. »

Il rayonnait, et Alex pouvait voir à quel point il était touché, et il pensa, Oui. C'est ce que nous devions faire. Personne ne doit être exclu du monde dans lequel il est né simplement parce que… Parce qu'il est différent.

Personne

Samedi 31 Décembre 1977

Severus Rogue avait l'impression que sa tête allait exploser. Il jeta un coup d'œil à la foule joyeuse des Serpentards autour de lui, comme ils fendaient la foule du Chemin de Traverse pour le dernier jour de l'année. Le monde lui semblait un peu flou. Il n'était pas certain que ce soit Narcissa Anderssen qui marche à sa droite ou bien Claudine Gaillard. Pas trop surprenant comme il avait déjà pris quatre lampée d'Ogden's Old Firewhiskey de la flasque de quelqu'un, et semblait destiné à avoir une gueule de bois terrible le lendemain.

Gah. Karkaroff débitait encore des idioties, son bras passé sur les épaules de Claudine Gaillard. Cela devait signifier que celle à sa droite était Anderssen. Tous les autres Serpentards de septième année étaient présents aussi, ayant tramé un plan pour saboter un réveillon. Severus commençait à douter de la sagesse à prendre part à cette expédition, mais il avait eu des vacances misérables jusqu'à présent, et il avait décidé qu'elles ne pouvaient certainement pas empirer.

La première nuit qu'il était de retour chez son oncle, il s'était éclipsé dans un pub de sorcier qu'il connaissait à Dunoon, et s'était assis dans un coin, buvant verre sur verre d Old Ogden's. Le barman lui n'avait pas demandé son âge. Son oncle Duncan était venu le chercher, suspectant d'une manière ou d'un autre qu'il serait là, et l'avait à moitié tiré jusqu'à la maison.

« Oh, fiston, s'tu cherche à te rendre ivre mort, fais-le au moins à la maison, » l'avait taquiné son oncle. « que je n'ai pas à te traîner ici comme l'ivrogne du village. »

Son oncle le mit complètement habillé dans la baignoire et alluma la douche à plein jet, l'eau glacée le piquant comme de nombreuses aiguilles. Il voulait bondir en dehors et courir, mais il ne pouvait pas faire fonctionner correctement ses bras et ses jambes, et il se contenta finalement d'essuyer l'eau de son visage et de gémir « Assez, c'est bon. Arrête cette foutue flotte. »

« Pourquoi le ferais-je ? »

« Parce que je vais être malade maintenant, » informa-t-il le frère de sa mère, toujours digne, avant de se pencher au-dessus du bord de la baignoire et de vomir sur le sol carrelé… et les bottes de son oncle. Duncan MacDermid jura et marmonna quelque chose dans sa barbe comme « J'aurais dû le savoir… » comme il nettoyait ses bottes et le sol, laissant Severus dans la baignoire pendant ce temps… Mais il éteignit finalement l'eau.

Son oncle l'aida à se sécher et à se mettre au lit cette nuit, et il ne le réveilla pas le lendemain. Quand Severus ouvrit finalement les yeux, il avait l'impression d'avoir reçu une maison sur le crâne, et qui diable avait demandé au soleil d'être si brillant ? Est-ce qu'il ne savait pas que l'on était qu'en décembre ?

Son oncle lui donna un remède contre la gueule de bois quand il arriva dans la cuisine, à deux heures de l'après-midi. Severus l'avala, même si le goût était d'abord mauvais. Après un petit moment, il s'y habitua, ou ses papilles gustatives s'engourdirent. Ce soir-là, il but encore trop, après le dîner, et traversa la veillée de Noël dans un état de stupeur, les notes aiguës des chœurs d'enfants semblant tordues et fausses à son cerveau fatigué.

Il ne savait pas si oncle savait qu'il était encore ivre jusqu'à ce qu'ils rentrent à l'appartement après cela, et que Duncan lui dise. « Tu crois que tu pourras atteindre les toilettes avant d'être malade cette fois, mon gars ? » Il acquiesça, tenant sa main contre sa bouche, et monta en courant les escaliers conduisant à l'appartement, puis descendit le couloir. Il s'agenouilla devant les toilettes, se pencha, et quand son oncle entra, il se souvint vaguement l'avoir vu, appuyé contre le montant de la porte, se caressant la barbe.

« Voudrais-tu me dire pourquoi tu as soudain le besoin d'être complètement rond tout le temps, Severus ? Tu n'as certainement pas pris cette habitude à l'école. Il ne l'ont jamais autorisé. Et je pense aussi que tu dépasses une sorte de quota de vomissement aussi. » ajouta-t-il avec un sourire malicieux. Son neveu souhaita réussir à être malade à nouveau sur les bottes de son oncle.

Quand Severus fut assez certain de s'être soulagé, il s'appuya lourdement contre le mur de dalles froides et dit. « Je l'ai perdue. »

« Qui ? Ta copine ? Ouille. Je suis désolé, mon garçon. Je n'en avais aucune idée… Quand t'a-t-elle dit d'aller de faire voir ? »

Severus secoua la tête. « C'est moi qui l'ai fait. J'ai rompu avec elle. »

« Toi ! Mais tu es misérable ! Es-tu idiot ? Pourquoi diable as-tu fait cela ? »

Severus secoua simplement sa tête, fixant le motif sur les dalles du sol, incapable d'expliquer. Son oncle l'aida à nouveau à rejoindre son lit, souriant cette fois avec compassion.

Le soir suivant, ils échangèrent des cadeaux utiles et mangèrent leur rôti de Noël avec un manque de joie remarquable. Après cela, son oncle le surprit en lui versant un verre de Whisky. Severus le regarda, interloqué.

« Bien, tu as déjà essayé tout seul. Je pense que je dois t'apprendre la bonne manière pour boire, n'est-ce pas ? D'abord… Assure-toi d'avoir pris un bon repas. J'ai remarqué que tu n'avais pas mangé grand chose ces deux derniers soirs. Deuxièmement, ne dépasse pas les limites. Si tu veux boire pour oublier, tu n'as pas besoin de descendre toute la bouteille, mon gars. »

Severus acquiesça et descendit le verre qu'il lui avait versé. Il retroussa ses lèvres de sur ses dents et haleta comme cela lui brûlait la gorge, même s'il savait qu'il allait avoir cette sensation. Son oncle lui fit un signe de la tête. « Là. Voilà qui est assez pour maintenant. De la modération. Tu es encore probablement encore un peu ivre des deux dernières nuits. Prends du repos maintenant, mon garçon. Nous nous verrons demain, et tu pourras m'aider à la boutique. »

Mais être dans l'apothicaire de son oncle pour Boxing Day fut un désastre. Il était sensé surveiller une potion de beauté très délicate que son oncle préparait tandis que Duncan était devant pour servir un client, et à la place, il renversa une fiole de quelque chose (il n'avait aucune idée de ce que c'était) d'une étagère. La fiole se brisa sur le bord du chaudron et un peu de son contenu tomba dans le chaudron. Il y eut une mauvaise réaction immédiate. Le bruit et l'odeur firent revenir son oncle dans le laboratoire au pas de course, ou il commença à jurer copieusement, pointant sa baguette pour nettoyer les débris de verre. Puis il leva les yeux vers son neveu et soupira.

« Tu vas seulement être comme un chien dans un jeu de quille dans ton état, mon garçon. Pourquoi ne pars-tu pas au Chemin de Traverse pour voir si tu rencontres quelque ami de l'école. »

Severus le regarda hébété. Il voulait dire « Quel ami ? » mais il pouvait aussi dire que son oncle voulait se débarrasser de lui, alors il acquiesça.

Après être sorti du feu au Chaudron Baveur, il avait à moitié en tête de passer le restant de la journée à boire là, mais il savait que tout ce qu'il pourrait obtenir du vieux Tom serait de la bièraubeurre. Il n'avait aucune illusion sur l'âge de Severus contrairement au barman local qu'il avait vu. Alors il erra sur le Chemin de Traverse, devant les boutiques arborant encore leurs décorations de Noël, peuplées par la foule des autres élèves de Poudlard en vacances qui retrouvaient leurs amis pour sortir.

Il regardait la vitrine des Accessoires de Qualités pour le Quidditch, pensant distraitement qu'un nouveau balai serait bien, mais très improbable, quand Karkaroff lui rentra dedans.

« Rogue ! Tu as mauvaise mine. Tu as passé un Noël pourri, eh ? »

Severus renifla. « Joyeux Boxing Day à toi aussi, Iggy. »

Pour une fois, Karkaroff ignora le surnom haï. « J'ai en tendu pour toi et Evans. Pas de chance, ça. Ce devait être un bon coup, aussi, pas vrai ? » Severus contracta ses poings et les relâcha, résistant à l'envie de frapper ce petit visage arrogant. « Je veux dire, » continua Karkaroff, « être largué par une Sang-de-Bourbe… »

« Ce n'est pas elle, » dit-il abruptement, rectifiant l'histoire. « Je suis celui qui y a mis un terme. Elle m'a même supplié de la reprendre. »

« Quoi ? » fit Karkaroff avec de grands yeux. « Je pensais que quelqu'un avait dit cela, mais j'ai pensé qu'il l'avait compris de travers. Tu l'as vraiment fait ? »

Severus essaya de hausser les épaules avec nonchalance. « Elle m'ennuyait. Elle a eu son utilité, bien sûr. » ajouta-t-il, essayant d'avoir l'air aussi dur que possible. Karkaroff ricana et lui donna un coup de coude.

« Je parie que c'est le cas, je parie que c'est le cas, » dit-il, faisant un clin d'œil. Severus pensa qu'il avait l'air d'un imbécile. « Je… Je pensais juste que tu ne pouvais pas être assez bête pour l'envoyer bouler, quand, à n'importe quel moment, tu avais la préfète en chef qui te faisait… »

« As-tu quelque chose à dire, Karkaroff ? » Severus s'impatientait. Le garçon plus petit le regarda, comme s'il estimait son potentiel. Être observé de cette manière mettait Severus mal à l'aise. Finalement, l'autre garçon parla.

« Je retrouve les autres septième année dans environ une demi-heure. Ceux de Serpentards, bien sûr. Nous… Nous n'avons pas pensé que tu serais intéressé, comme tu avais une petite amie de Griffondor et tout. Mais, si c'était juste un amusement temporaire… Tu es le bienvenu. »

Severus le regarda suspicieusement. Où était le piège ? Bien, pensa-t-il, il n'y a qu'un manière de le découvrir. Il devait juste s'assurer de rester sur ses gardes tout le temps.

« Bien. » dit-il acquiesçant. Et il avait ainsi passé le restant de ses vacances à rencontrer les autres Serpentards de septième année sur le Chemin de Traverse tous les jours. Son oncle se réjouissait de cela. Il semblait que son neveu avait enfin des amis. A son oncle, il prétendait passer de meilleurs moments qu'en réalité. Severus découvrit qu'il devait supporter un certain montant de plaisanteries sur les vampires, mais il envoyait aussi quelques maléfices pas piqués des vers dans les directions des plaisantins à plusieurs reprises, faisant les autres se moquer d'eux plutôt que de lui.

« Je t'ai bien eu, Karkaroff ! » avait croassé Diana O'Sullivan quand des pustules avaient jailli du visage de ce dernier. Les Serpentards se faisaient tout le temps cela. On ne pouvait tourner le dos à personne, ou on risquait d'être pris pour la cible d'un maléfice. Ils étaient tous majeurs, et ils n'avaient donc plus à se soucier de faire de la magie en dehors de l'école.

Quand le trente et un décembre Karkaroff était arrivé en courant au Chaudron Baveur, ils prenaient un thé amélioré par le rhum de la délicate flasque pour dame que possédait Narcissa Anderssen ; et il leur dit que quelques Griffondors préparaient un réveillon qu'ils pourraient saborder. Cela ressemblait à un merveilleux tour à jouer (un gang de Serpentards se montrant à une fête Griffondor). Évidemment, tous les septième année qui n'étaient pas de Serpentard avaient été invités, ainsi que de nombreux sixième année des autres maisons (hors Serpentard). Severus regarda ses camarades de maison. Il pouvait dire qu'ils se sentaient tous snobés, même s'ils auraient jeté une invitation d'un Griffondor à la face de leur hôte.

« Nous allons leur montrer comment c'est une vraie fête, eh, Rogue ? » lui dit Narcissa, un éclat malicieux dans les yeux, comme elle portait à ses lèvres une tasse avec probablement plus de rhum que de thé et buvait, ses yeux forant dans les siens par-dessus le bord de la coupe. Il lécha nerveusement ses lèvres et acquiesça, sa tête bourdonnant. Il n'était pas certain d'avoir été sobre vingt-quatre heures d'affilée depuis qu'il était descendu du train de Poudlard.

Quand, pour la saint Sylvestre, Karkaroff lui avait tendu un peu de poudre de cheminette et dit de dire « Château d'Ascog. » avant de s'avancer dans le feu du Chaudron Baveur, il ne pouvait s'empêcher de penser 'Cela me semble familier'. Mais ensuite, il tournoyait dans le réseau de cheminette, et en peu de temps, il déboulait d'une grande cheminée de pierre dans une pièce assez peuplée où de la musique trop forte sortait d'une radio de sorcier, et où des tasses de thé étaient éparpillées partout où il y avait une surface plane. Les autres Serpentards qui l'avaient précédé commençaient déjà à rendre la fête plus 'intéressante'. Quelqu'un faisait léviter une table, avec de délicates coupes en porcelaine glissant à sa surface avant de s'écraser au sol dans un fracas de bris et de poussière, et quelqu'un d'autre montait le son de la radio à un niveau assourdissant, de telle sorte que cela faisait trembler les fenêtres dans leurs cadres. Severus secoua la tête devant ces pitreries juvéniles, traversant la pièce en pensant, j'ai besoin d'une boisson.

Il fit une pause dans ce qui semblait être un hall d'entrée, étroit et peuplé malgré cela. C'est un château ? pensa-t-il. Si c'est le cas, c'est un petit château minable. Ce n'était certainement pas Poudlard. Plus une tour de guet, selon lui. Il tourna à droite, rentrant dans une cuisine avec une grande table de réfectoire et une tapisserie sur le mur opposé qui arborait un lion bleu et argent caracolant. Hmm, pensa-t-il. Cela me semble familier. Je dois connaître cela… Mais tout comme il n'arrivait pas à se souvenir où il avait entendu parler du château d'Ascog, il n'arrivait pas à placer le lion bleu et argent. Il y avait trop de monde dans la maison pour qu'il puisse compter, la cuisine était aussi encombrée que la salle à manger, et il ne pouvait pas dire qui était responsable (s'il y avait quelqu'un). Karkaroff était venu là aussi, regardant Severus avec un sourire mauvais comme il versait une bouteille de quelque chose dans le saladier de punch posé sur la table, qui était entouré par de nombreuses tasses à thé en délicate porcelaine. Severus alla vers lui, après avoir vu Karkaroff se servir du punch amélioré (ainsi, il savait que ce n'était pas quelque chose que Karkaroff évitait). Il en mit un peu dans une tasse. Comme il l'approchait de son visage, son nez lui indiqua avant même que le goût n'atteigne sa bouche qu'il était maintenant d'un degré alcoolique adéquat.

Karkaroff disparut. Severus prit ce qui semblait être un sandwich au jambon d'une assiette près du punch et erra dans la pièce. Cela ne semblait pas être une très grande maison. (il était damné s'il appelait cela un château). Il commença à grimper sans but les marches de pierre. A chaque étage supérieur se trouvaient deux chambres, et chacune état occupée par un couple haletant, à en juger par les sons traversant les portes fermées. Les paliers étaient peuplés d'adolescents attendant leur tour, que ce soit pour un simple flirt ou une partie de jambes en l'air. Il ne savait pas, et s'en moquait.

Au dernier étage, il entendit le bruit de quelqu'un vomissant, et une voix familière disant des mots réconfortants à la personne malade. Severus s'approcha discrètement. Les sons venaient d'une salle de bain que l'on atteignait par une des chambres. Heureusement, cette chambre n'avait pas d'adolescents en rut dedans, mais à travers la porte ouverte de la salle de bain, il vit immédiatement qu'elle avait…

Lily Evans, Sirius Black et James Potter.

Il recula immédiatement, avant qu'ils ne le voient, s'éclipsant derrière la porte, écoutant, son cœur battant très vite. Il tenait encore un bout de sandwich dans une main et il le fourra dans sa bouche, essayant de mâcher en silence.

« Là, là, Sirius. Ca va aller mieux. » lui disait gentiment Lily. Quand il avait jeté un coup d'œil par la porte, il avait vu que Lily était accroupie sur le sol, frottant le dos de Sirius, tandis que Black était positionné devant les toilettes, haletant, et que Potter était appuyé contre le mur adjacent, surveillant tranquillement les deux autres en mangeant un sandwich. Il avait vu son regard très rapidement, mais était-ce… Etait-il jaloux de Lily et Black ? Est-ce qu'elle pouvait possiblement être avec ce bâtard ? Severus sentit une rage naître en lui comme il considérait cela.

« Savais…pas… si… tu… venais… » s'étranglait black. « J'ai attendu et attendu… »

« Alors tu n'as pas arrêté de boire de la journée ? » le gronda Lily.

« Je pense que c'est la faute de Peter. » proposa Potter. « Il a amené de la vodka pour la mettre dans le punch, mais je ne l'ai pas laissé faire. » Severus ricana. Trop tard, pensa-t-il, se souvenant de Karkaroff. Ce punch était maintenant définitivement alcoolisé. « Remus ne voulait pas en boire, alors Peter à défié Sirius d'en prendre un verre. Et un autre, et un autre. Je ne sais pas ce qu'ils pensaient. »

« Bien, de toute évidence, pas grand chose. » répondit Lily avec acidité. « Je dirai ce que j'en pense à Peter plus tard. Je veux dire, je sais que Sirius avait déjà pris d'alcool avant, mais il n'est de toute évidence pas habitué à ce genre de boisson. As-tu mangé quelque chose ? » dit-elle, s'adressant évidemment à Black. Il y eut une sorte de bruit étouffé, et puis Severus assuma que Black vomissait à nouveau dans les toilettes. Il cilla. Il s'était arrêté de vomir après le troisième jour de ses vacances, ayant appris à boire juste assez pour s'anesthésier de la douleur de ne plus l'avoir, mais pas trop pour que son oncle ne le retrouve pas allongé au milieu son propre vomi.

« Je suis désolée d'avoir été tellement en retard par rapport à ce que j'avais dit. » lui disait doucement Lily. Severus eut mal au cœur en l'entendant parler si gentiment au garçon qui avait essayé de le tuer. D'une manière ou d'une autre, il avait le sentiment que ce ton de voix gentil lui appartenait encore, qu'il était le seul qui méritait de l'entendre…

« Est-ce que cela va durer encore longtemps ? » demanda Potter. Severus ne savait pas s'il parlait à son meilleur ami, à Lily, ou aux deux. Il avait l'air impatient et irrité.

« Pourquoi ? » demanda Lily, l'air elle-même irritée.

« J'ai entendu que… Que des gens qui n'étaient pas invités pourraient prévoir de saborder la fête et je pensais aller vérifier que personne ne l'avait fait. Nous devons aussi nous assurer que tout le monde a quitté la maison et que tout est nettoyé pour le moment où tes parents et tes sœurs seront de retour, Sirius, et ne seras clairement pas en condition pour aider pour cela. » Ah, c'était la fête de Black et Potter. Severus était fasciné. Potter avait l'air plus qu'un peu contrarié par son ami. Est-ce que les Griffondors parfaits avaient des problèmes ?

Severus s'éloigna discrètement de la porte avant que Severus ne le découvre. Il redescendit l'escalier en colimaçon, ne s'arrêtant pas sur le pallier du rez-de-chaussée. Il continua juste à descendre, descendre, jusqu'à ce qu'il se retrouve dans les donjons. Hmpf. Les donjons, pensa-t-il. Peut-être que c'est un château après tout. En quelque sorte Il se promena dans un couloir éclairé par des torches, entendant des voix familières et des rires devant lui. Les Serpentards avaient migré vers leur territoire coutumier, les donjons, et en avaient fait leur propre base, de toute évidence.

Il fut choqué quand il rentra dans une pièce avec une grande piscine et un plafond qui ressemblait au ciel au dehors, avec des étoiles scintillantes. Il y avait aussi des torches autour de la pièce, répandant une radiance vacillante d'un autre monde dans l'espace, les flammes se reflétant à la surface ondulante de la grande piscine. Severus se retourna, pensant avoir entendu quelque chose derrière lui, mais tout ce qu'il put voir était un buisson frissonnant, faisant partie de la peinture murale entourant la pièce. Il semblait y avoir de nombreux sons nocturnes et des murmures venant de la peinture. Il n'était pas sûr d'aimer cela. Cela le rendait nerveux. Et puis il devint encore plus nerveux quand il réalisa que les corps nageant dans la piscine ne portaient rien. Garçons comme filles, ses camarades de Serpentard s'étaient déshabillés et avaient sauté dans la piscine, s'éclaboussant et riant, les fesses, les épaules et les poitrines brillants, le faisant déglutir et hésiter sur le seuil. Narcissa Anderssen nagea jusqu'au bord le plus proche de l'endroit où il se tenait, ses longs cheveux blonds se tenant collés à sa tête, faisant ressortir ses pommettes et son nez encore plus que d'habitude.

« Tu viens, Rogue ? » demanda-t-elle malicieusement. « Montre-nous donc ce que tu as. » ajouta-t-elle avec un rire, se jetant en arrière dans l'eau, flottant à la surface pendant un moment, lui montrant… tout ce qu'elle avait. Gah. Il pouvait voir qu'ils étaient tous là. Jusqu'au dernier. S'il ne faisait pas cela,… Il serait à nouveau le dindon de la farce. Il hésita un instant, puis se tourna pour enlever sa robe et ses autres habits, essayant d'ignorer les filles sifflant derrière lui. C'est juste de la nage se dit-il. Il se tourna rapidement, avant que quiconque ne puisse bien le voir, et sauta dans l'eau, manquant de peu un couple collé par la bouche. Quand il refit surface, en poussant ses cheveux de devant ses yeux, il vit que le couple était une paire de garçons, et que quelques unes des filles les regardaient avec admiration. Il se trouva à fixer les filles à la place, se demandant ce qui les fascinait tant dans cela, étant donné qu'elles n'étaient clairement pas bienvenues.

Puis, avant qu'il ne sache ce qui arrivait, un corps doux et féminin se pressait contre son dos, les seins écrasés contre lui, de longues jambes entourant sa taille, le faisant haleter. Il s'en détacha et se retourna pour voir qui c'était.

Narcissa Anderssen.

Il déglutit. « Je… Je pensais que tu avais un petit ami. Malfoy. » dit-il doucement. Il savait que c'était une chose assez stupide à dire quand on se retrouver dans une piscine avec une fille, et que personne n'avait rien sur soi, mais c'était tout ce à quoi il pouvait penser.

Elle haussa les épaules. « Et alors ? Ce qu'il ne sait pas… Ne peut pas te faire de mal. Le bâtard devait être autre part ce soir, si tu peux le croire. Des affaires, comme il appelle cela. S'il veut me laisser à quai pour le réveillon du nouvel an, je pense que je mérite de m'amuser un peu de mon côté, pas toi ? »

Comme elle parlait, elle glissa ses bras humides autour de son cou, ses doigts s'entortillant dans ses cheveux mouillés, et elle tira le visage de Severus vers le sien. Elle poussa délibérément son estomac contre celui de Severus, le faisant sursauter au contact. Il savait qu'elle pouvait sentir l'effet purement physique qu'elle avait sur lui. Elle sourit contre sa bouche en l'embrassant. Il sentait le goût d'alcool qu'elle avait sur la langue. Puis elle fit descendre sa main l'enroula autour de lui, et il gémit dans sa bouche pendant un instant avant de rompre le baiser et de repousser sa main.

« Que penses-tu faire ? » demanda-t-il, regardant en hésitant les autres Serpentards. Mais il n'avait pas le public qu'il redoutait. Les autres étaient assez occupés à des activités similaires. Deux des filles étaient maintenant surveillées par Karkaroff, qui semblait bien aimer ce qu'elles se faisaient, et les autres couples, de genre opposé ou semblable, s'étaient engagés dans des actes sexuels variés, ou des préliminaires qui rendaient Severus de plus en plus nerveux. Il se retourna vers Narcissa, passant ses yeux sur son corps exposé, surpris de trouver la pensée 'Pourquoi pas ?' dans son cerveau. Mais… Il ne voulait pas de spectateurs.

« Pas ici. » dit-il laconiquement. Elle eut un sourire dévergondé.

« D'accord. Suis-moi. »

Elle sortit de la piscine, et, hésitant un instant, il la suivit, mais personne ne semblait regarder, alors il n'eut pas à se soucier de se sentir étrange de marcher devant les autres sans rien sur lui. Narcissa ne semblait pas gênée le moins du monde comme elle avançait devant lui, ses hanches se balançant, sa peau humide brillant à la lueur des torches. Elle le conduisit à une pièce adjacente. Dès qu'il eut fermé la porte derrière eux, elle était sur lui et il s'autorisa à se perdre en elle, pour trouver l'oubli dans son corps. Il n'avait jamais su que les Serpentards faisaient des choses comme celle-là, se mettaient nus et avait ce qui revenait à des orgies… Il aurait probablement dû savoir, mais il était tellement en marge, et cela ne lui était jamais venu à l'idée. Où était-ce une occasion spéciale ?

Elle s'écarta de lui, le regardant à travers ses cils, un sourire apparaissant au coin de ses lèvres. « Evans n'inventait rien de toute évidence. Dommage qu'elle t'ai quitté. »

« Je l'ai quitté. » grogna-t-il, irrité. Pourquoi est-ce qu'elle ne la ferme pas et ne passe pas simplement à l'action ?

Elle traça de son doigt son avant-bras gauche, chantonnant pour elle-même, comme s'il n'avait rien dit. « Je vois que tu ne l'as pas encore. » dit-elle, tapotant la peau juste dans le creux de son coude.

« Je n'ai pas quoi ? » dit-il, avant de prendre sa poitrine dans sa bouche. Elle haleta, tenant sa tête en place. « La Marque. N'as-tu pas vu celle d'Igor ? Je trouve que celle de Lucius est très sexy. Je peux lui parler de toi si tu veux. Placer quelques mots. Il ne veut pas que je l'aie. Il dit que je peux servir le Seigneur des Ténèbres en le servant lui. Tu as saisi ? Servir ? » Elle attendit une réaction. Severus fit remonter ses lèvres le long de sa gorge et plaça ses mains sous son derrière, la soulevant. Comment pouvait-elle continuer à bavarder alors qu'il la caressait et l'embrassait partout ? Est-ce qu'elle ne faisait pas attention ? « C'est sensé avoir un double sens. » continua-t-elle. « Servir. Tu as saisi ? » NDT : to serve copuler, aussi

« Tu parles de sexe. J'ai saisi. » l'interrompit-il. « A ce sujet… » dit-il, la soulevant plus haut avec un grognement.

Et puis il la plaqua contre le mur, ses jambes enroulées autour de lui, ses bras autour de son cou, tandis qu'il accélérait en elle, et elle s'arrêta de parler de Lucius Malfoy et de Marque et lui chuchota à l'oreille, d'une voix gutturale « Mords-moi. »

Il fut à nouveau momentanément distrait, ce qu'il n'apprécia pas. Allait-elle la fermer un des ces jours ? « Quoi ? » cracha-t-il.

« Mords-moi. J'ai… Un fantasme de vampire que je veux satisfaire… »

Il pensa entendre des bruits étouffés provenir de la salle de la piscine. Ils doivent vraiment y aller, pensa-t-il. Il se figea, la regardant, une lumière diabolique dans ses yeux, et il vit qu'elle regardait par-dessus son épaule au lieu de lui, et il pensa sentir un courant d'air dans le dos. Est-ce que quelqu'un a ouvert la porte ? se demanda-t-il. Puis il entendit un cri inarticulé et deux bruits de pas s'éloignant en courant de la pièce. Il se tourna mais ne vit personne, et elle lui fit retourner la tête vers elle en posant sa main sur sa mâchoire.

« Finis ce que tu as commencé, » souffla-t-elle. « J'y vais en premier si tu veux. »

« Quoi ? » dit-il encore, sa tête bourdonnant, se demandant qui s'était enfui de la pièce.

« Pour mordre. Je vais te mordre en premier. »

Il décida de la faire taire une fois pour toute en écrasant sa bouche sur la sienne, puis reprit son activité précédente, mais quand il fut près d'arriver, il fit finalement ce qu'elle voulait, et descendit sa bouche sur son cou, la mordant. D'abord, ses dents n'étaient pas assez aiguisées pour faire plus qu'une marque, mais ensuite, une de ses canines réussit à percer très légèrement la peau, et il sentit le goût d'un peu de sang cuivré sur sa langue. Quand elle réalisa qu'il avait réussi à la mordre, elle frissonna d'extase juste avant qu'il ne s'arrête, insatisfait, ayant l'impression qu'il allait être malade. Il se retira d'elle, souhaitant être n'importe où ailleurs sur la planète. Elle s'appuya contre le mur, sa poitrine se soulevant, ayant l'air d'avoir reçu tout ce qu'elle voulait. Il secoua sa tête. Malfoy peut l'avoir, pensa-t-il. Chienne tordue.

Il traversa la pièce à grands pas, sans un mot pour elle, et elle rit, le son résonnant dans la caverne souterraine. Il fut surpris de trouver la piscine vide. Il enfila ses habits et quitta le donjon aussi rapidement que possible, puis il se fraya un passage au milieu des gens dans la salle à manger, revenant vers le feu. Il jeta un peu de poudre de cheminette dans les flammes, et juste quand il se mettait à tourbillonner, il vit James Potter et Sirius Black venir en courant vers le feu, criant « Rogue, espèce de bâtard ! »

Et puis, ils avaient disparu, et il revenait à la maison, vers l'appartement déprimant au-dessus de l'apothicaire, la maison de son oncle, qui ne saurait jamais à quel point il s'était débauché et à quel point il avait honte. Pire que tout…

Il savait qu'il était encore amoureux de Lily Evans. Et il n'y avait absolument rien qu'il puisse faire contre cela.

Vendredi 10 février 1978

Lily faisait les cent pas dans la pièce. Elle devait rompre avec lui en douceur. Elle devait lui expliquer qu'elle ne le considérait que comme un ami et qu'elle ne voulait pas qu'il soit plus, sans qu'il lui donne ce regard qu'elle connaissait si bien, ce regard qui pouvait lui faire perdre toutes ses résolutions et dire l'opposé de ce qu'elle ressentait, juste pour épargner ses sentiments.

Non. Non je ne me dégonflerai pas, se dit-elle sérieusement. Tu peux le faire.

Elle repensa au réveillon, et à sa préparation. Ils y avaient pensé pour Boxing Day. Ou plutôt, Sirius s'était souvenu que ses parents et ses sœurs aînées et leurs époux étaient tous invités à une fête pour le réveillon du nouvel an, et que lui et James seraient seuls à la maison. « Et la chose super est que nous n'avons pas de serviteurs, pas même d'elfe de maison. Et pas de voisins sorciers, juste des moldus à des miles d'ici qui ne savent même pas que c'est une maison et non pas une ruine. Personne pour le dire ! Nous pouvons inviter tous les septième année… Bien, peut-être tous les septième année sauf les Serpentards. Bien sûr, cela ne fait qu'environ une trentaine de personnes. D'accord, les sixième année qui ne sont pas à Serpentard aussi… »

Lily fronça les sourcils. « Pour autant que j'admire ta mère parce qu'elle fait elle-même son ménage et n'utilise pas d'elfes de maison, cela signifie aussi que tu n'auras pas d'aide pour préparer ta fête. Tu ne peux simplement pas faire cela sans préparation. Tu dois avoir de la nourriture, à boire, et… »

« A boire ! Excellent. D'accord, nous aurons besoin de Whisky, de vodka, de gin…. »

« Je voulais dire » dit Lily, plus fort, « du punch, de l'egg nog ou de la bièraubeurre. Quelque chose comme cela. Pas d'alcool. » Sirius plaida du regard. Cela marchait habituellement, mais pas cette fois. « Non. Définitivement non. Et j'espère que tu es de mon avis là-dessus, James. »

James la salua comme si elle était un général. « D'accord. Pas d'alcool. » Sirius les regarda tous les deux avec colère.

« Pff. Avoir le préfet et la préfète en chef pour m'aider à préparer cette fête n'est pas amusant du tout… »

Mais en fait, cela l'avait été. Ils l'avaient complètement planifiée en deux jours, et envoyé les invitations en utilisant les chouettes postales du bureau de poste du Chemin de Traverse. Lily était contente d'avoir quelque chose à faire pour la garder occupée, et d'avoir un but. Cela l'aidait à ne pas penser à Severus. La plupart du temps.

Puis, le jour de la fête, elle avait presque oublié que sa mère était sensée avoir des tests ce jour-là, pour confirmer qu'elle était encore en voie de guérison. Lily avait dû rester assise pendant des heures dans la salle d'attente de l'hôpital avec Petunia, Vernon et son père, tous prétendant être polis les uns avec les autres. A cause des vacances, il y avait moins de personnes travaillant dans le laboratoire pour traiter les résultats, et l'attente sembla durer une éternité. Lily avait regardé sa montre de façon répétée, avec beaucoup d'impatience. Elle avait dit à Sirius et James qu'elle viendrait les aider à préparer à midi. Bien que sa famille soit encore là, ils pourraient travailler discrètement en préparant des sandwichs dans la chambre d'ami où Lily allait passer la nuit.

A la place, elle ne se montra pas avant sept heures passées. Elle et ses parents étaient finalement rentrés à la maison à six heures, et puis elle avait dû se changer et dire à ses parents où elle allait (le Chaudron Baveur, ce qui n'était pas complètement faux). Quand elle déboula finalement dans la cheminée du château d'Ascog, la fête battait son plein et elle ne pouvait trouver Sirius et James nulle part.

Elle se fraya un chemin dans la foule, pendant sa robe dans le hall d'entrée. Elle l'avait portée par-dessus ses jeans et son cardigan pour ne pas apparaître décalée au Chaudron Baveur. Elle grimpa les escaliers, entendant ce qui se passait derrière les portes des chambres comme elle montait dans la maison, se demandant où diable James et Sirius pouvaient être.

Elle les trouva finalement dans leur salle de bain. Sirius était malade au-dessus des toilettes pendant que James se tenait à côté, ayant l'air étrangement peu compatissant, et assez bizarrement, réussissant d'une manière ou d'une autre à manger un sandwich pendant que Sirius éjectait le contenu de son estomac. Quand James leva les yeux et la vit, cependant, il s'avança en souriant, disant son nom avec affection et la prenant étroitement dans ses bras. Elle le tint contre elle pendant trente secondes déchirantes, avant de se reculer avec nervosité.

« Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne va pas avec Sirius ? »

James la regarda avec gravité. « Il est bourré. Trois grammes dans le sang. »

Elle se tourna vers lui, accroupi sur le sol. « Sirius ! Je pensais que nous étions d'accord. Pas d'alcool ! Oh, peu importe… » Elle s'amenda, s'accroupissant à côté de lui et posa sa main sur son front trempé de sueur. Il était couleur parchemin, et avait l'air mortellement embarrassé qu'elle le voit dans cet état, mais très rapidement, il n'eut d'autre choix que de repasser sa tête au-dessus de la cuvette.

Lily ne savait pas combien de temps cela avait duré. Sirius s'arrêtait pendant un moment, s'asseyait par terre, lui parlait, essayait de plaisanter sur son état, puis recommençait à verdir et plongeait à nouveau vers les toilettes. Lily ne quitta jamais son côté, et ils repoussèrent de nombreux couples amoureux de leur chambre, les renvoyant grognons. Nous avons planifié cette fête, pensa Lily avec inquiétude, pensant à la famille de Sirius qui allait revenir à la maison après sa propre fête. Et qui sait ce que fait tout ce monde dans la maison ? Cela fait des heures que nous ne sommes pas descendus, ils peuvent avoir détruit tous les meubles, ou les avoir métamorphosé en animaux de ferme…

Remus se montra à un moment, disant « Ah, vous voilà. » mais il devint immédiatement vert et dut partir. Il ne pouvait pas être à proximité de quelqu'un vomissant sans en avoir lui-même envie. Peter se montra après cela, aussi clairement ivre, mais pas autant que Sirius, et quand Lily commença immédiatement à l'engueuler, il s'enfuit.

Quand Sirius sembla finalement aller bien, ils le mirent au lit. Lily lui embrassa tendrement le front, et il lui prit brièvement la main, ses yeux forant dans les siens. « Merci Lily. » dit-il d'une voix râpeuse avant de la laisser partir. Elle acquiesça avec gravité et quitta la chambre avec James. Elle regarda sa montre. Onze heures et demie. Ils trouvèrent Remus et Peter, mais seul Remus était encore conscient. Avec son aide, ils chassèrent les couples des chambres et descendirent. Dans la cuisine, ils découvrirent le punch alcoolisé et le vidèrent dans l'évier. Chacun prenant une pièce, ils agitèrent leurs baguettes, réparant et nettoyant les choses au fur et à mesure, pour s'épargner du travail plus tard. Puis une fille de sixième année de Serdaigle prit le bras de Lily dans le hall d'entrée et dit « Un Serpentard a mis de l'alcool dans le punch. Je l'ai vu lui et les autres Serpentards se montrer, mais personne ne savait où vous étiez avec Potter. » dit-elle, regardant suggestivement l'escalier conduisant aux chambres.

«Où sont-ils maintenant ? » demanda James, apparaissant au côté de Lily. La sixième année montra du doigt l'escalier descendant au donjon. « Ils sont descendus là. »

James et Lily se précipitèrent dans les escaliers, et une fois qu'ils furent dans le couloir, ils entendirent immédiatement les échos des Serpentards venant de la salle de la piscine. Ils coururent, baguettes sorties, en joue, et Lily pensa, j'aurais dû savoir que quelque chose comme cela allait arriver…

Quand ils atteignirent la salle de la piscine, elle ne put en croire ses yeux. James s'exclama et la fit immédiatement se retourner. Elle se dégagea, irritée.

« Pour l'amour du ciel, James, je ne suis pas un enfant ! » Elle se tourna et commença à lancer des étincelles aux paires et aux trios de Serpentards en combinaisons variées autour de la pièce, les faisant se séparer. Quand ils virent que c'était le préfet et la préfète en chef qui les interrompaient, ils rirent simplement. « Sortez ! » cria Lily, sa voix résonnant contre les murs et le plafond. « Tous ! Gâcheurs de fête ! » Elle était furieuse, et tout ce qu'ils firent fut de lentement et paresseusement se mettre à se séparer et à chercher leurs habits.

James essaya de ne pas fixer les filles, spécialement comme c'étaient des Serpentards, mais il n'avait jamais vu autant de personnes nues dans un endroit en même temps. Il remarqua que Lily lui jetait des coups d'œils de côté avec le sourcil levé, et il s'éclaircit la gorge, envoyant des étincelles au plafond.

« Plus vite ! Allez ! Vous n'avez pas été invités ! Foutez le camp d'ici ! »

Finalement, ils furent habillés, marchant encore d'un pas nonchalant. Comme ils partaient, Karkaroff glissa à Lily « Il y a en encore deux là. », en montrant du doigt la porte du vestiaire. James et Lily s'avancèrent vers la porte et elle l'ouvrit, souhaitant immédiatement pouvoir effacer ce souvenir de son esprit.

Il était là, sans rien sur lui, et il tenait Narcissa Anderssen contre un mur. Elle avait ses jambes enroulées autour de sa taille pendant qu'il bougeait en elle, ses cheveux noirs humides touchant ses épaules, frissonnant à chaque accélération. Lily s'exclama, et Narcissa croisa son regard par dessus son épaule, un sourire entendu sur son visage, un de ses seins généreux juste visible au-dessus de son bras musclé. Il n'y avait aucune méprise possible sur qui la baisait. Lily avait connu ce corps très bien.

Avec un cri, elle s'enfuit de la pièce. James Potter se tint figé un instant, les regardant encore, mais ensuite il réalisa qu'il devait suivre Lily. Elle était probablement dévastée. Bâtard de Serpentard, pensa-t-il, pas pour la première fois. Il la poursuivit jusqu'au hall d'entrée, puis jusqu'au pallier suivant. Il la fit se tourner pour qu'elle lui fasse face. « Lily ! Lily, dis quelque chose ! » Il regarda son visage, inquiet. Elle semblait distante, déconnectée du monde.

« Il me disait toujours qu'il la haïssait. » dit-elle finalement doucement. « Qu'il ne la trouvait pas du tout attirante. » continua-t-elle, sa voix étrangement haut perchée. Elle semblait regarder quelque point distant qu'il ne pouvait pas voir. Sirius dévala les escaliers, passant sa main dans ses cheveux. James fut momentanément distrait pas cela.

« Sirius ! Que fais-tu hors du lit ? »

Sirius bailla et s'étira. « Suis pas fatigué. Me sens mieux. Je me suis lavé les dents et tout. Tu vois ? » dit-il, montrant ses quenottes astiquées. « Je ne voulais pas avoir mauvaise haleine à minuit, tu sais. Personne n'aurait voulu m'embrasser. »

James roula les yeux. « Je doute que quelqu'un veuille t'embrasser. Nous venons de trouver Rogue dans le vestiaire à côté de la piscine, baisant Anderssen. »

« Nous ? » dit Sirius en fronçant les sourcils.

James désigna Lily de la tête. « Nous. »

Puis Sirius vit l'état proche du zombie dans lequel était Lily, et il réalisa même à travers son hébétude, ce que James voulait dire.

« Où diable est-il ? » grogna Sirius.

« Assieds-toi là et attends nous, Lily. » dit gentiment James, l'aidant à s'asseoir sur une des marches. « Nous revenons de suite. »

Ils descendirent quatre à quatre l'escalier, voyant Rogue entrer dans la salle à manger alors qu'ils étaient encore à une demie-volée du bas. Ils bondirent pratiquement sur le sol du hall d'entrée, mais quand ils entrèrent dans la salle à manger, ils eurent un rempart de corps sur leur passage et eurent des problèmes à se frayer un chemin dans la foule. Comme Severus Rogue s'avançait dans les flammes vertes, ils plongèrent sur lui, criant tous les deux « Rogue, espèce de bâtard ! » avant qu'il ne disparaisse. James regarda sa montre, son torse se soulevant. Il ne restait que trois minutes avant minuit. Lui et Sirius quittèrent à nouveau la pièce, remontant les escaliers et trouvant Lily l'air étrangement composée, regardant par la fenêtre qui donnait sur la cour. Elle semblait fixer les étoiles.

« C'est presque minuit. » dit-elle calmement, comme si elle n'avait pas vu son ancien petit ami sauter une autre fille. Les garçons s'approchèrent et se tinrent chacun d'un côté d'elle, regardant aussi par la fenêtre. Puis soudain, une couleur teinta le ciel, comme un fleur exotique, et Lily dit « Oh ! Ils lancent des feux d'artifice sur le port. Ce doit être minuit. Bonne année. »

« Bonne année. » lui chuchota Sirius. Les accords de Auld Lang Syne montèrent de l'étage des invités de la fête, un niveau plus bas. Elle leva les yeux vers lui, et il se pencha, posant brièvement ses lèvres contre celles de Lily. Comme il s'éloignait d'elle, elle vit son regard noir qui lui coupa le souffle.

« Bonne année, Lily. » dit maintenant James. Elle se tourna vers lui, essayant de discerner son expression derrière ses yeux bleus.

« Bonne année, James. » Elle se leva sur la pointe des pieds et brossa ses lèvres légèrement contre les siennes. Il sembla momentanément surpris, puis lui rendit brièvement la pression avant de se redresser.

Elle regarda une fois de plus par la fenêtre. C'était comme si Severus était mort pour elle. Mais maintenant… Maintenant elle devait faire avec Sirius et James. Elle les regarda tour à tour, son cœur battant dans sa poitrine, se demandant ce qui arrivait…

Après avoir fait partir tous les invités de la maison à une heure du matin, et remis les choses comme elles étaient, ils grimpèrent avec fatigue au dernier étage et se souhaitèrent tous bonne nuit. Lily n'avait pas vraiment pensé à prendre quoique ce soit pour dormir, alors elle grimpa simplement dans le lit de la chambre d'ami en sous-vêtements, se demandant ce qu'elle ferait si l'un des garçon venait dans sa chambre pendant la nuit. Elle s'allongea sur le côté, faisant face à la porte, se demandant qui elle préfèrerait voir rentrer, si l'un d'eux devait faire cela. Elle n'en avait aucune idée. Elle ne s'était pas attendue à tomber à nouveau amoureuse de Sirius. Il avait été une révélation inattendue pendant ces vacances, chaud et amical, la prenant dans ses bras chaque fois qu'il la saluait ou lui disait au revoir. Et puis il avait bu parce qu'il n'était pas certain qu'elle vienne à la fête, et quand elle était arrivée pour le trouver terriblement malade à cause de cela, il semblait tellement avoir besoin d'elle, et quelque chose en elle avait répondu à cela… Que se passait-il ici ? s'était elle demandée. Elle pensait ce qu'elle avait dit à Sirius : être avec quelqu'un comme James si jeune était terrifiant, une inquiétude permanente. Sirius avait une aura de fun, d'aventure insouciante. Peut-être qu'elle en avait encore besoin… Une dernière chance d'être jeune et vivante.

Lily ne savait pas encore quels étaient ses sentiments quand ils revinrent à l'école. Elle était contente d'avoir dit aux deux garçons qu'elle ne voulait pas avoir de petit ami pendant un moment, d'autant plus qu'elle se sentait incroyablement déchirée. Sirius semblait avoir tourné une nouvelle page. Il finissait ses devoirs sans être poussé, faisant des courses pour Lily dans le château, et était généralement utile et attentif. D'un autre côté, lui et James ne semblaient plus s'entendre. Elle se souvint de James restant avec eux quand Sirius était malade. Est-ce qu'il les chaperonnait ? se demandait-elle. Un étrange moment pour se sentir menacé, pensait-elle. Elle n'avait pas encore pu arriver à comprendre comment il avait pu manger pendant que Sirius vomissait ses tripes.

Comme le temps passait, Sirius devenait de plus en plus tentant, et elle essayait de déterminer ce qui le rendait si tentant. Elle réalisa finalement que personne ne prendrait Sirius pour un garçon avec lequel on ne rompt pas, un homme que l'on épouse, comme elle avait décrit James. C'est cela, décida-telle. J'ai simplement peur. Mais qui ne l'aurait pas ? Je suis jeune. Peut-être qu'à cet âge je devrais être avec le garçon 'marrant' au lieu d'une relation sérieuse. Cela ne la dérangeait plus qu'il ait essayé de blesser Severus, pas après l'avoir vu avec Narcissa….

Mais ensuite, elle se souvint de Severus rompant avec elle, et elle se souvint de ce que cela faisait de le voir avec cette garce de Serpentard. Elle réalisa que la même chose pouvait arriver à elle et Sirius. Et pire que tout, en plus de se mettre à nouveau dans tout cela, elle dirait essentiellement à James. « Oh, peux-tu attendre un petit peu pendant que je sors avec ton meilleur ami ? Il faut encore que j'en profite. Mais je serai bientôt avec toi. Tu es le suivant sur la liste. » Oui, il serait vraiment partant pour cela.

Finalement, juste après le début de février, ils eurent un face à face avec elle dans le couloir, après le cours de métamorphose, quand les autres élèves s'étaient déjà avancés vers la grande salle pour le déjeuner.

« Lily » avait dit Sirius, l'air très nerveux. « Est-ce que… Est-ce que tu nous aimes tous les deux ? »

Elle les regarda tour à tour « Oh, bien sûr que oui ! »

James la regarda calmement. « Non, pas en général. En tant que… En tant que petit ami potentiel. » finit-il doucement.

« Ce que je sais que tu ne veux pas encore. » ajouta à la hâte Sirius, jetant un regard de côté à James. « Tu as dis que tu voulais attendre et tout… »

« … mais on a l'impression que, bien… » s'étrangla James.

« Vous avez l'impression que je vous fais tous les deux marcher. » finit-elle pour lui. James grimaça, son expression confirmant ce qu'elle avait dit. Elle soupira. Elle avait espéré avoir plus de temps pour déterminer ses sentiments. Elle les avait tour à tour regardé, trouvant tellement de bons points dans chacun qu'elle se savait plus ce qu'elle pensait.

« Bien, » suggéra James, « Peut-être que tu devrais sortir avec chacun d'entre nous. Faire une sortie en traîneau avec Sirius ce samedi, et avec moi le samedi suivant. » Pour alléger l'agitation des élèves, d'autant qu'il n'y avait plus de week-ends à Pré-au-Lard, Dumbledore et MacGonagall avaient métamorphosé les carrosses sans chevaux en traîneaux, et il y avait des ballades en traîneau sur le grand domaine du château tous les samedis depuis le nouvel an.

Elle acquiesça. « D'accord. Cela a du sens. » Elle les regarda alternativement. « Je pourrais… Je pourrais simplement décider de rester amie avec vous deux. Est-ce que vous pourriez le supporter ? » Elle les regarda dans les yeux avec anxiété. Ils se regardèrent un moment l'un l'autre avant d'acquiescer.

Elle avait eu une étrange impression dans sa poitrine quand elle avait laissé James assis dans la salle commune de Griffondor, lisant, pour aller sur le traîneau avec Sirius. Sirius l'avait conduite par le trou du portrait, et elle avait regardé James par-dessus son épaule, et leurs regards s'étaient croisés et ne s'étaient pas quittés. Puis Sirius l'avait tirée dans le couloir, et elle avait immédiatement senti, d'une manière ou d'une autre, que cela n'allait pas, qu'elle n'aurait pas dû accepter cela.

Les bras de Sirius étaient chauds autour d'elle dans le traîneau, comme il filait au milieu des autres traîneaux au milieu du domaine, ses cloches sonnant. Elle avait été dans un véritable traîneau quand elle était petite, et c'était très étrange de ne pas voit d'attelage devant eux, caracolant dans la neige. Elle essaya d'engager la conversation comme ils glissaient, mais elle semblait tout le temps s'épuiser. A un moment, Sirius se tourna vers elle et abaissa ses lèvres sur celles de Lily. Elle releva sa tête pour aller à sa rencontre, essayant de ne pas penser au baiser de quatrième année. Ce fut un assez beau baiser, comme il n'était pas présomptueux, mais elle finit avec l'impression qu'il était très mécanique, très calculé. Elle se dégagea la première, posant sa tête sur son épaule, sentant sa déception. Il n'y avait pas d'étincelle, pas d'envie folle de jeter ses bras autour de son cou et de l'embrasser follement. Son cœur lui faisait mal. Oh, James, pensa-t-elle. J'aurais aimé que tu sois là…

Elle évita Sirius pendant la semaine suivant la balade, mais finalement, le veille de la balade avec James, elle sentit qu'elle ne pouvait plus l'éviter. Elle devait le lui dire. Il devait savoir. Elle arrêta de faire les cent pas dans sa chambre et redressa ses épaules. Elle savait finalement ce qu'elle voulait. Elle ne voulait pas simplement du bon temps. Elle voulait aussi de la stabilité, de l'amour et un futur. La nuit, quand elle fermait les yeux, elle voyait un visage dans ses rêves, et c'était le visage de l'homme, elle se l'admettait maintenant librement, qu'elle aimait.

James Potter.

Mettant sa main sur la poignée elle ouvrit la porte, s'arrêtant net quand elle vit Sirius se tenir là. « Oh ! Sirius. Que… que… »

Il avança avec impatience dans la chambre. « Tu as dis que tu avais quelque chose à me dire Lily. » dit-il, plein d'espoir. Elle pouvait dire qu'il pensait qu'elle l'avait choisi, et qu'elle voulait lui parler avant sa sortie avec James afin qu'il sache qu'il n'avait rien à craindre, qu'elle allait simplement au bout de la proposition. Elle souffrait en elle. Elle ne voulait pas le blesser, pas vraiment. Elle … Elle ne voulait simplement pas être avec lui non plus.

Les mots sortirent d'elle comme un torrent. Il écouta en silence, une étincelle sortant de ses yeux comme il commençait à comprendre leur sens. Il acquiesça lorsque tout fut dit, puis se pencha pour l'embrasser sur la joue.

« Je pensais vraiment ce que j'ai dit, Lily. James est le meilleur. Alors je suppose que tu as décidé que tu étais d'accord avec cela. » L'estomac de Lily s'entortilla au ton de sa voix. Elle l'avait blessé.

« Sirius ! » dit-elle doucement comme il se tournait et partait. Elle fixa la porte refermée, soupirant. Finalement, elle descendit les escaliers jusqu'à la salle commune. Sirius n'était pas là, mais James était assis devant le feu. Il s'assit avec attention quand il la vit et qu'elle s'avança vers lui.

« Est-ce qu'il t'a dit ? » demanda-t-elle, interrogative. James secoua la tête.

« Dis quoi ? Tu veux dire Sirius ? Il est descendu de ton dortoir puis remonté dans le nôtre. Il n'a pas dit un mot. »

Elle s'assit dans l'un des autres fauteuils et regarda James avec beaucoup de sérieux. « Je… Je lui ai dit que je ne le considérait que comme un ami, et que je ne pouvais pas imaginer le voir autrement. »

James regarda à nouveau le feu et acquiesça, déglutissant. « OK. Ca explique pourquoi. » dit-il doucement. Pourquoi ne semble-t-il pas plus joyeux à ce sujet ? se demanda-t-elle. Tu pensais qu'il… Mais attend, pensa-t-elle. Et s'il avait changé d'avis et ne me voulait plus ? Elle pensa à Sirius. Lui dirait-elle qu'elle avait changé d'avis ? Non, elle décida qu'il valait encore mieux être seule. Elle avait déjà fait cela avec Remus et Severus, couru dans les bras du deuxième quand le premier l'avait rejetée. C'était le style de difficulté qu'elle souhaitait éviter cette fois. Elle soupira et se leva. On tire de plans sur la comète…

« En tous cas, » dit-elle doucement, « Je pensais que tu devrais savoir. » James la regarda sans passion à nouveau. Elle sentit son cœur se serrer. Est-ce qu'il a décidé qu'il ne voulait plus de moi au moment où je le choisi ? Elle remonta à son dortoir avant de commencer à pleurer. Et le lendemain, ils étaient sensés faire une balade en traîneau ensemble. Il devrait tolérer sa présence tout le temps, ne voulant de toute évidence pas y prendre part. Brillant.

Il la regarda partir, pensant 'Alors c'est comme cela. Elle ne veut aucun de nous.'

Il avait écouté ses mots pour Sirius, entendant, je ne te veux pas non plus, je vous veux juste tous les deux en tant qu'amis. Elle essayait juste d'être gentille, en lui disant ce qu'elle avait dit à Sirius, mais ne disant pas 'Tu as saisi ? Je ne veux pas être avec toi non plus'. Il regarda les flammes dansantes. Je n'aurais jamais dû avoir tant d'espoir, pensa-t-il. Il n'y a pas exactement des douzaines de filles qui essayent de sortir avec moi, après tout. Sirius est habituellement toujours entouré de filles. (Le fait qu'il n'ait été avec aucune depuis le début du nouveau trimestre était un détail qui avait été remarqué par la gent féminine de Poudlard.) Mais moi ? J'avais Bonnie et cela n'allait pas exactement comme sur des roulettes. En fait, Lily ne me veux probablement pas à cause de ce que je lui ai dit sur moi et Bonnie. Fabuleux.

Il avait maintenant l'impression que tout ce par quoi il était passé le mois précédent avait été pour rien. Sans que Lily le sache, lui et Sirius avaient passé un énorme montant de temps ensemble, mais c'était parce que leur but premier était de s'assurer qu'aucun d'eux n'allait avoir du temps seul avec Lily. Il avait regardé son meilleur ami pendant les vacances, le meilleur ami qui lui avait dit qu'il avait dit à Lily à quel point James était formidable. Maintenant, il se demandait si Lily avait fini par penser qu'il ne pouvait pas parler pour lui-même…

La nuit de premier de l'an, après lui avoir souhaité bonne nuit, ils étaient allé dans leur chambre, et James n'avait pas dormi avant quatre heures du matin, parce qu'il se tenait éveillé, se forçant à ne pas dormir, afin qu'il puisse entendre si Sirius venait à quitter la chambre. La respiration de Sirius semblait étrange, et il suspectait que son ami faisait exactement la même chose, écoutant et attendant que James bouge.

Il se demanda si elle essayait d'éviter la balade en traîneau avec lui le lendemain. Ce doit être pour cela qu'elle est descendue, lui expliquant ce qu'elle avait dit à Sirius, comme si elle parlait à un enfant de quatre ans, disant, tu as saisi ? Ce que je dis, c'est que je ne te veux pas non plus.

Il s'endormit finalement dans le fauteuil, et ne se réveilla que lorsqu'il entendit un bruit de pas dans l'escalier. Il se frotta les yeux sous les lunettes, et essaya de les ouvrir. Il pensa qu'il rêvait. Lily avait descendu l'escalier du dortoir des filles, sa robe de chambre par-dessus sa robe de nuit. Elle alla s'asseoir à la fenêtre, à côté des tables où ils faisaient leurs devoirs et jouaient. Elle regardait une nouvelle chute de neige recouvrir le domaine. Elle ramena ses genoux à son menton et entoura ses jambes de ses bras.

Elle sourit en voyant la neige tomber. Elle venait de rêver qu'il neigeait, et James était dans son rêve, lui souriant. Soudain, ses peurs et ses doutes s'étaient envolés, et elle savait que d'une manière ou d'une autre, tout allait bien se passer. Elle adorait regarder la neige tomber, et avait décidé de descendre dans la salle commune pour avoir une meilleure vue.

James essaya de déterminer s'il pouvait partir sans qu'elle l'entende, mais au moment où il bougea, le cadre du fauteuil craqua, et elle tourna la tête, surprise. « Oh ! James ! Tu es encore debout ? Bien, je peux parler. Je ne pouvais pas dormir. Je suis si excitée pour demain. Et regarde ! Nous aurons de la neige fraîche pour notre balade ensemble. »

Elle lui sourit et il fut choqué de voir l'amour dans ses yeux. Que se passe-t-il ? se demanda-t-il. Elle se retourna vers la fenêtre, serrant ses jambes contre sa poitrine, un petit sourire aux lèvres comme elle regardait la neige tomber doucement. Il se leva et alla vers elle, essayant de comprendre. « Mais… Mais tu as dis… » bégaya-t-il, « Tu as dis que tu avais parlé à Sirius et que tu lui avais dit que tu voulais juste être son amie. »

Elle se tourna vers lui, fronçant les sourcils. « Oui. Exact. »

« Mais… mais je pensais que tu voulais… que tu voulais dire, sans le dire, que… que c'était pareil pour moi. Que je n'avais aucune chance. » Sa tête tournait. Sûrement qu'il ne pouvait pas s'être trompé ? L'opposé était un trop grand espoir…

Maintenant, elle avait l'air encore plus étonnée. « Pourquoi pensais-tu cela ? Je l'aurais dis si c'était cela que je pensais. »

Et puis soudain, tout ce que ces mots voulaient dire le submergea. « Tu veux dire… Tu veux dire… »

Elle lui souriait maintenant, balançant ses jambes au sol. « Voilà pourquoi tu semblais si étrange quand je te l'ai dit. Je trouvais que c'était une manière assez étrange d'être content. »

Il secoua la tête, se sentant incroyablement bête. « Tu n'essayais pas simplement de m'épargner. Tu étais… »

« J'étais incroyablement timide pour… Pour dire qu'il me tarde vraiment beaucoup de faire cette promenade en traîneau avec toi demain. Et bien plus. » Ajouta-t-elle doucement, se levant et allant vers lui. Elle posa ses mains sur ses bras en hésitant, mais bientôt, il n'y eut plus aucune hésitation des deux côtés. Les bras de James étaient passés autour de sa fine taille, et elle glissa ses mains derrière son cou. Quand leurs lèvres se touchèrent, elle eut le sentiment intense de rentrer chez elle, de savoir où elle était dans le monde, d'être à sa place comme jamais avant. Il approfondit le baiser, tenant le visage de Lily tout contre le sien, et elle se pressa contre lui, se demandant comment ils avaient pu rester à part si longtemps, mais se souvenant qu'elle avait eu peur de le perdre en tant qu'ami. D'une manière ou d'une autre, cette peur semblait stupide et infondée maintenant, comme il la buvait, et qu'elle abandonnait toute résistance. James. Elle était finalement avec James, et rien n'avait jamais été si bien.

Puis ils rompirent le baiser en même temps et se regardèrent dans les yeux, voyant chacun le même amour. Il se pencha et l'embrassa sur le nez, et elle sourit avant d'entrelacer ses doigts dans ceux de James et de le conduire jusqu'au siège de la fenêtre.

« Regarde la neige avec moi. » chuchota-t-elle.

Ils s'assirent ensemble, Lily s'appuyant sur la poitrine de James, qui avait passé ses bras autour d'elle et posé sa joue dans ses cheveux, comme ils regardaient par la fenêtre le miracle cristallin couvrant tout ce qui était en vue, rendant le monde nouveau, propre et parfait.