La génération perdue

(1975-1982)

Voici un nouveau chapitre de la génération perdue. Nous voilà arrivés à mi-chemin de cette fic...

Bonne lecture à toutes et à tous

Chapitre dix

La Prophétie

Samedi 11 février 1978

Lily ouvrit soudainement les yeux.

Où suis-je ?

Puis elle se souvint. Elle était dans la salle commune, assise sur le siège de la fenêtre avec James, en train de regarder la neige. Mais elle ne l'avait pas regardé pendant un moment : elle s'était endormie dans ses bras. Ca fait quoi… trois fois ? se demanda-t-elle, pensant à la fois où elle l'avait pris dans son lit à la mort de Bonnie, et à celle où elle s'était endormie dans le train, après avoir pleuré contre lui. C'est tellement bon de dormir avec James, pensa-t-elle. Et bien qu'elle pense littéralement à dormir, cela lui fit penser à ce que les gens voulaient habituellement dire quand ils disaient que l'on dormait ensemble, et un frisson la parcourut. C'était à la fois étrange de considérer James ainsi après tant d'années, et quelque chose qui accélérait son pouls aussi. Elle tourna juste un peu sa tête, pour voir s'il était encore endormi, et elle le trouva en train de la regarder avec adoration, ses yeux bleus sombres dans l'obscurité précédant l'aube, ses pupilles dilatées à tel point qu'il lui semblait qu'ils avaient la même couleur que ceux de Sirius ou Severus.

« Bonjour, Belle au bois dormant. » lui chuchota-t-il, embrassant son front.

Elle lui sourit. « Tu essayes de me flatter ? Si je suis la Belle au bois dormant, nous allons devoir commencer à appeler Cécilia 'Miss Univers'. »

Il secoua la tête. « Nan. Elle ne supporte pas la comparaison avec toi. »

Lily sourit. « Je pensais bien que tu étais biaisé. »

Les bras de James se resserrèrent autour d'elle. « Oui et non. Je suis biaisé en ta faveur sur bon nombre de choses. Mais je maintiens que cette opinion est une remarque juste et objective. »

Elle se tourna pour lui faire face, posant sa main sur sa joue. « Tu es un tel doux-parleur. C'est étonnant que tu n'aies pas eu encore plus de copines que Sirius. »

Il approcha son visage de celui de Lily. « Je suis plus sélectif que Sirius. » chuchota-t-il à un millimètre des ses lèvres, avant que leurs bouches ne se touchent. Les lèvres de Lily étaient encore plus sensibles que d'habitude, et elle les ouvrit lentement, très doucement, le sentant faire la même chose. La langue de James traça le contour de sa bouche, la faisant frissonner, et finalement, elle ne put plus supporter le jeu plus longtemps et ouvrit sa bouche plus grand, penchant sa tête sur la droite, leurs lèvres se rencontrant pleinement, et leurs souffles se mêlant dans ce qui était maintenant une cavité…

James ne pouvait pas croire que cela arrivait. C'était Lily, l'embrassant avec passion, lui rendant ses sentiments, complètement. Il se souvint quand il l'avait vue sur le tapis, avec Remus, en cinquième année, la façon dont elle jetait sa tête en arrière avec ravissement, les sons qu'elle faisait…

Il la buvait, ses mains prises dans ses cheveux pour tenir sa tête en place. A la longue, il se retira, embrassant tendrement et de façon répétée ses lèvres en le faisant, puis laissant une traînée de petits baisers jusqu'à son menton, puis sous son menton, le long de ce long cou d'albâtre, dans le V de sa robe de nuit…

Le souffle de Lily se fit par à coups comme les lèvres de James glissaient sur sa peau. Elle tourna sa tête, trouvant son oreille droite près de sa bouche, et elle envoya son souffle chaud dedans, sentant un tressaillement parcourir James, la faisant se sentir… merveilleusement bien.

James James James.

Elle souffrait pour lui. Elle n'avait pas eu de problèmes à l'attendre. Est-ce que cela faisait presque deux mois depuis qu'elle avait été avec Severus pour la dernière fois ? Plutôt trois, pensa-t-elle, comme ils n'avaient pas couché ensemble pendant le dernier mois avant qu'il ne rompe. Cela pouvait même faire quatre mois. Elle avait perdu le cours du temps, et cela ne lui avait pas manqué, mais soudain, être comme cela avec James… C'était entièrement différent. Il y avait toujours un certain élément de culpabilité avec Severus. Il était un Serpentard. Ses amis le haïssaient tous, et il les haïssait. Et les fois avec Remus avaient été, si possible, encore pire : furtives, et frôlant parfois la violence, jamais discutées, une liaison jamais reconnue.

Elle trouva sa main gauche et fit glisser ses doigts sur sa paume, puis sur le revers, parcourant la peau, encore et encore, entendant un petit grognement dans sa gorge en réaction à la sensation, pendant qu'il portait plus d'attention à son cou. Finalement, trouvant le courage, elle guida la main de James jusqu'à sa poitrine et la plaça doucement sur son sein droit.

Il se figea une seconde, sentant ce qu'elle avait fait, mais il continua à sucer son cou, et maintenant, il englobait doucement ses seins à travers le tissu, bougeant lentement son pouce, sentant le bout se durcir sous les caresses répétées, la sentant pousser sa poitrine contre la paume de sa main…

Lily haleta, se demandant sur leur relation allait connaître la consommation la plus rapide de l'histoire de Poudlard. Nous ne sommes pas encore sortis ensemble, pensa-t-elle. Toutefois, se souvint-elle avec tristesse, Remus et moi ne sommes jamais sortis ensemble.

Il changea de main, et tint maintenant son sein gauche, le caressant tendrement à travers la robe de nuit. Elle attira à nouveau sa bouche vers la sienne, et il ne protesta pas. Ils se burent l'un l'autre avec avidité, ayant attendu presque sept ans l'un pour l'autre. La main gauche de James trouva le pied de Lily, puis son mollet, puis il dessinait une douce ligne le long de ses cuisses, et la poitrine de Lily se souleva par anticipation, mais il continua simplement à caresser la peau douce de ses cuisses, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle ait l'impression de fondre à force de tant le vouloir…

« James? Lily? »

Ils sursautèrent tous les deux, et James tomba à la renverse du siège de la fenêtre, sur le sol dur. Ils levèrent tous deux les yeux, trouvant Sirius se tenant au pied des escaliers, en robe de chambre, les fixant, bouche bée.

« Heu, je veux dire… Je vous laisse seuls maintenant… »

Il était à nouveau parti. Lily et James échangèrent un regard, le visage écarlate. Puis un lent sourire s'afficha sur le visage de James comme il la regardait, encore assise au bord de la fenêtre, le soleil se levant derrière elle et faisant briller ses cheveux comme une aura. « Tu es étonnante. » chuchota-t-il. Elle l'était vraiment. Bonnie avait semblé… faire cela par devoir. Comme si elle pensait qu'une bonne petite amie était sensée faire certaines choses pour un bon petit ami, ce que James était. Lily ne semblait pas suivre des phases, remplir une obligation. Il se sentait véritablement désiré, ce qu'il n'avait jamais été avec Bonnie.

Lily toutefois était tout, sauf dénuée de sens pratique. Elle regarda nerveusement l'entrée de l'escalier du dortoir des garçons. « Oh mon Dieu. N'était-ce pas incroyablement maladroit de notre part ? Je veux dire… Je lui ai juste dit hier que… Je veux dire, c'était pratiquement comme rompre avec lui, même si nous n'avons jamais… »

James la regarda avec étonnement. « Pourquoi as-tu considéré de sortir avec lui, Lily ? Je pensais que tu n'en voulais plus. »

Elle rougit encore et baissa les yeux. « J'avais peur, et j'ai honte d'avoir été si lâche. J'ai rapidement trouvé la voie. C'était… Une réaction. Une réaction de crainte à la possibilité de… d'être dans une relation qui… » elle s'arrêta net, pas sûre qu'ils soient déjà prêt à avoir cette conversation.

Mais James pensa savoir ce qu'elle voulait dire. « C'est bon Lily. Je pense que d'une certaine façon, c'est ce que j'ai fait avec Bonnie. C'est pour cela que j'ai été assez décontenancé quand elle me parlait d'enfants en tout. Je ne sortait pas avec elle parce que je pensais que nous allions finalement nous installer et nous marier. Elle pensait cela. »

Lily pensa définitivement que ce n'était pas le moment de lui dire ce qu'elle avait dit à Sirius, comme quoi elle considérait James comme le style d'homme que l'on épouse. Comment faire s'enfuir de soi en criant son nouveau petit ami à vitesse grand V, pensa-t-elle. D'autant plus quand sa petite amie précédente a fait la même chose.

Elle se força à rire. « En tous cas, ce n'est pas l'endroit le plus privé au monde, d'autant que le soleil se lève et que les gens commencent à se réveiller et à bouger. »

James acquiesça. « Et Sirius a la méchante habitude de se changer dans sa forme de tu-sais-quoi et d'utiliser son audition très sensible POUR ESPIONNER LES GENS ! » beugla soudain James, se levant et allant à l'entrée de l'escalier des garçons. Un gros chien noir arriva en déboulant les escaliers et bondit sur lui, le faisant tomber sur le dos. Lily s'exclama quand il reprit forme humaine, s'asseyant sur les jambes de James et tenant ses mains sur ses oreilles.

« Que diable essayes-tu de faire, Potter ? Me rendre sourd ? »

Mais ensuite, Lily et James riaient de bon cœur. « Bien fait pour toi. » dit James, repoussant Sirius de sur lui et se levant. Lily secouait sa tête.

« Tu penses vraiment que… que tu devrais faire cela ici ? Au cas où quelqu'un te voie ? »

Sirius lui sourit. « Tout le monde est encore au lit. Mais tu sais, Lily, c'est bien que tu saches. James m'a dit qu'il te l'avait dit. Je ne… je veux dire… je suis content que nous n'ayons plus de secret pour toi. » dit-il doucement, la regardant dans les yeux. Lily sentit une montée de culpabilité. Elle lui avait fait croire qu'elle était vraiment intéressée par lui à nouveau, alors que c'était simplement de la panique qui l'avait conduite à envisager de sortir avec lui.

« Je suis peut-être préfète en chef, » dit-elle doucement, « mais je sais tenir ma langue. »

Elle se leva et alla jusqu'à James, et posa ses mains sur ses bras. « Tu devrais monter et aller te changer. Je monte aussi pour mettre quelque chose de chaud pour la ballade en traîneau. »

James regarda avec appréciation la fine robe de nuit. Sa robe de chambre était ouverte par-dessus. « Tu dois vraiment ? » demanda-t-il, une saccade dans la voix et un éclat malicieux dans les yeux. Soudain, il partit sur le côté de manière désordonnée. Sirius le tirait par le bras, le traînant vers les escaliers.

« Allez, viens toi. Tu ne sais pas que c'est impoli de déshabiller sa copine des yeux avant même d'arriver pour sortir avec elle ? Sans parler que vous avez déjà fait votre flirt de fin de rendez-vous. Tout dans le désordre ! Que vais-je faire de toi, Potter ? » entendit-elle, comme ils disparaissaient dans les escaliers. Elle ne put s'empêcher de rire et de secouer la tête comme elle rejoignait l'escalier des filles. D'une manière ou d'une autre, elle savait que Sirius allait bien aller. Il était de leur côté et n'en voulait clairement à aucun d'eux de ne pas être son nouveau petit ami.

Quand elle fut habillée avec deux pulls et un pantalon épais, par-dessus lesquels elle boutonna sa robe de sorcier d'hiver et une lourde cape en laine grise, elle redescendit dans la salle commune, trouvant James qui l'attendait. Il la serra étroitement dans ses bras et elle passa aussi ses bras autour de lui. Il semblait ne porter qu'un pull et un pantalon avec sa robe de sorcier. Comme il la prenait dans ses bras, il la tapota dans le dos en hésitant. « Tu es quelque part là dedans ? » Il semblait gêné par les nombreuses couches.

Elle se recula et lui tira la langue. « Très drôle. »

L'expression de son visage changea drastiquement. Il la regarda avec un drôle d'air dans les yeux. « Refais cela. » dit-il dans un souffle.

« Quoi ? » fit-elle en fronçant les sourcils.

« Tire ta langue… »

Elle ouvrit la bouche en grand, simulant l'horreur. « James Potter ! Tu me surprends. »

Il l'attira à nouveau à lui. « Les surprises, c'est bien. » dit-il simplement, abaissant sa bouche contre celle de Lily. Elle répondit pendant une fraction de seconde avant de se souvenir qu'il y avait d'autres personnes dans la salle commune maintenant. Elle se recula et regarda autour d'elle, voyant les expressions choquées sur au moins la moitié des élèves de la maison Griffondor. Le préfet et la préfète en chef s'embrassaient. Puis, la surprenant encore plus, un tonnerre d'applaudissement jaillit soudain de toutes les personnes rassemblées. Quelques uns des élèves montaient sur les meubles, sifflant et applaudissant. Elle sentit la chaleur monter de son cou, et James lui sourit.

« Tu es un démon. » lui chuchota-t-elle.

En lui souriant, il lui répondit. « Oui, mais je suis un démon que tu connais. »

Elle rit à cela, et ils quittèrent tous la salle commune pour prendre le petit déjeuner et profiter d'une matinée de traîneau dans la douce neige fraîchement tombée.

La ballade en traîneau avec James fut complètement différente de celle avec Sirius. Elle se blottit sous une couverture qu'il avait prise pour eux deux, et il siffla pour que le traîneau sans cheval se mette en route, et bientôt, ils glissaient sur la neige au milieu des autres élèves. Les hauts bords du traîneau les cachaient à la vue de quiconque. Personne ne pouvait voir par au-dessus, et presque immédiatement, James la regarda avec adoration et se pencha pour un baiser. Elle répondit, les mains de James dans son dos et les siennes autour de son cou. Elle souhaita ne pas s'être habillée si chaudement. Elle avait l'impression que James faisait monter sa température interne à tel point qu'elle aurait pu être en sous-vêtements et ne toujours pas sentir le froid.

A la longue, ils firent s'arrêter le traîneau derrière la cabane de Hagrid, et ils restèrent là un moment, s'embrassant, avant qu'une boule de neige n'atterrisse sur la tête de James, le faisant se mettre à genoux et regarder derrière le traîneau, pour voir qui l'avait lancée. Ils ne virent personne, mais après s'être à nouveau assis face à l'avant, James regarda la neige derrière la cabane à travers la fente de ses yeux. Deux paires d'empreintes étaient crées dans la neige par des personnes invisibles.

Il mit son doigts sur ses lèvres pour faire signe à Lily de ne rien dire, puis sortit lentement sa baguette, la gardant cachée sous la couverture par-dessus leurs cuisses. Les empreintes se rapprochaient de plus en plus. Soudain, James sortit sa baguette d'en-dessous de la couverture, la pointa et cria « Accio cape d'invisibilité ! »

Le tissu argenté vola dans les airs jusqu'à ses mains, et Remus et Sirius furent immédiatement révélés. Cependant, ils avaient déjà des boules de neige dans les mains, et ils commencèrent immédiatement à les leur lancer. James fourra la cape sous la couverture et commença à agiter sa baguette vers la neige autour d'eux. Un nuage de boules de neige s'éleva et commença à bombarder Sirius et Remus, et ils avaient l'air si drôles en essayant de les éviter que Lily ne put s'empêcher de rire. Bientôt, elle riait tellement fort que les larmes coulaient sur ses joues.

Elle et James quittèrent l'abri du traîneau et couraient bientôt dans la neige comme leurs deux agresseurs, lançant parfois des boules de neige faites à la main, utilisant parfois la magie. Et puis Peter bondit de derrière le coin de la cabane de Hagrid et se joignit à la bataille. Après un moment, ils étaient tous à bout de souffle, allongés sur le sol enneigé, se souriant les uns aux autres, et Lily ne pouvait pas penser à un moment de sa vie où elle avait été plus contente. Elle avait James, elle avait de bons amis, et elle avait eu de la neige fraîche. Pour le moment, cela suffisait.

Mardi 14 Février 1978

"For he's a jolly good fe-eh-low! And so say all of us!"

Charlie sourit à son frère et à ses amis et se leva pour se pencher sur le gâteau que sa mère avait envoyé par la poste, soufflant les douze bougies sur le glaçage au chocolat. La voix de Hagrid avait dominé toutes les autres pendant le chant, et maintenant, il donna une telle tape dans le dos de Charlie que celui-ci faillit se retrouver la tête la première dans le gâteau (avec une paire de chandelles dans les yeux).

La petite cabane de Hagrid était joyeuse et chaleureuse en ce jour d'hiver, remplie comme elle était par les amis de Bill et de Charlie, les banderoles colorées et la pile de cadeaux emballés dans des papiers brillants attendant d'être ouverts par Charlie. Un énorme feu craquait joyeusement dans la cheminée surdimensionnée, et les lampes à huile de Hagrid diffusait une lumière confortable dans la pièce unique.

Les chandelles furent enlevées et le gâteau découpé, et bientôt, les seuls sons étaient ceux de délice qu'ils faisaient tous en dévorant la délicieuse pâtisserie de Molly Weasley. Quand il eut fini, Hagrid mit sa main devant sa bouche, son rot résonnant dans toute la pièce malgré cela, et il dit « Zut ! Je devrais apprendre à cuisiner. Ce serait génial de pouvoir faire quelque chose comme cela quand j'en ai envie… »

« Tu devrais, Hagrid, tu devrais sans aucun doute. » acquiesça Charlie, la bouche pleine. Il déglutit et dit. « La maison sent formidablement bon quand maman cuisine en plus. »

« Bien ! C'est décidé alors. J'ai un nouvel hobby. » décida Hagrid, se resservant du gâteau. Soudain, la porte de la cabane s'ouvrit, et cinq nouvelles personnes essayèrent de se faire une place dans la pièce.

« Surprise ! » crièrent Sirius Black et James Potter. Bill rit.

« Ce n'était pas une fête surprise, » leur dit-il, « mais prenez du gâteau : il y en a plein. »

« Volontiers. » dit Sirius, acceptant une grosse part.

« Nous savions que ce n'était pas une fête surprise. » dit Lily, prenant un paquet emballé que tenaient Remus et Peter. « Voilà la surprise. »

Elle plaça devant Charlie quelque chose de long, contenu par du papier kraft et de la ficelle. Quelque chose qui avait indiscutablement la forme d'un balai. Charlie leva les yeux avec ébahissement en direction des cinq septième année.

« Flûte ! Vous n'y pensez pas ! Je veux dire… J'économise mon argent de poche en espérant que je pourrai m'acheter un balai plus tard cette année, avant septembre… »

James rit. « Pour quoi faire alors que tu en as un juste là ? J'aurais simplement aimé t'avoir dans l'équipe cette année. Nous aurions pu t'utiliser. »

Charlie haussa les épaules. « Je peux pas. Première année. Ce qui signifie… Je ne peux même pas avoir ce balai, n'est-ce pas ? Je veux dire… C'est bien un balai ? »

« Ouvre-le, idiot ! » dit Remus en souriant, et Charlie ne perdit pas de temps pour déchirer le papier. Un Comète flambant neuf sortit de l'emballage. Charlie le regarda avec ravissement, bouche bée.

« Et non, techniquement, en tant que première année, tu n'as pas le droit de l'avoir. Cependant… s'il est gardé ici chez Hagrid… »

Bill s'avança pour l'admirer. « Et tu devras me laisser l'essayer, bien sûr. » dit-il, souriant à son frère. « Et je le prendrai avec mes affaires quand nous rentrerons à la maison pour Pâques. Ce sera génial de pouvoir voler dans le verger à la maison, n'est-ce pas ? »

Charlie acquiesça, encore à cours de mots, ses yeux ne se détachant pas du balai. Bill connaissait depuis longtemps le plan des septième année. James Potter avait été sincèrement désolé de ne pas pouvoir avoir Charlie dans l'équipe de Griffondor après l'avoir vu voler autour des autres première année en cours de vol (en tant que préfet en chef, il s'était substitué à Madame Bibine quand elle avait été malade pendant quelques jours.) Il n'avait jamais vu quelqu'un voler aussi naturellement que Charlie, et quand un élève avait laissé tombé son crapaud domestique de sa poche en faisant une faute de vol, et en se retrouvant la tête en bas sur son balai, Charlie s'était engouffré sous lui immédiatement, rattrapant la pauvre bestiole avant qu'elle ne trouve la mort une centaine de pied plus bas. James avait commençé à envoyer de petites pierres à Charlie (pour rigoler, avait-il dit), ensorcelées pour retomber au sol lentement, comme des souaffles, et cela lui démangeait d'essayer Charlie avec un vrai vif. Peu importait comment, Charlie saisissait les objets tombants en l'affaire de quelques secondes, à ce qu'il semblait. Cela ne semblait lui coûter aucun effort, ce que James savait être la marque d'un attrapeur né. Malheureusement, il avait déjà un attrapeur dans l'équipe de Griffondor, même si elle n'était pas trop mauvaise, elle faisait se nouer d'inquiétude l'estomac de James pendant les matchs. Il voulait quelqu'un de plus sûr, quelqu'un comme Charlie Weasley. Mais avant qu'il ne soit en deuxième année, Charlie n'était pas éligible, alors cela ne valait probablement pas la peine de demander à MacGonagall la permission de faire une exception aux règles…

Bill souriait maintenant à James Potter, gratifié de voir qu'il lui rendait ce sourire. Il avait été soulagé quand James l'avait approché, après avoir entendu parler de la fête prévue pour Charlie, et lui avait demandé s'il pensait que Charlie aimerait avoir un balai, pour se préparer à être dans l'équipe Griffondor l'an prochain.

« Et » avait ajouté James, « je ne pense pas que tu nous avait dénoncé cette fois-là. Je suis assez certain que c'était Rogue ou Karkaroff. » il avait regardé le garçon plus jeune d'un air contrit. « Désolé que nous soyons tous un peu tombés sur toi. »

Bill s'était mordu les lèvres pour cacher ses émotions. Il ne voulait pas que James pense qu'il allait s'effondrer parce qu'il avait reçu des excuses. « C'est bon. » dit-il stoïquement. « Merci. »

James lui fit un signe de la tête. Il avait le sentiment que Weasley était quelqu'un de bien, ainsi que son frère. Du bon Griffondor bien solide. Et même si Bill savait que Remus était un loup-garou, il n'en avait parlé à personne. Cela ne ressemblait pas à quelque chose qu'il aurait fait s'il les avait dénoncés. De plus, Lily lui avait dit qu'il ferait mieux de s'excuser auprès de Bill et d'arrêter de le traiter comme un paria. Mais il ne dit pas cela à Bill. Sirius commençait déjà à le traiter de papa poule. Ce n'était pas tant cela que le fait qu'il avait plus confiance dans le jugement de Lily que dans le sien pour certaines choses. Après s'être excusé, il savait qu'elle avait raison pour Weasley.

La fête commença à toucher à sa fin, et Bill et les autres troisième année prirent en charge le nettoyage. Pendant qu'Alex Wood et Geoff Davies jetaient les papiers d'emballage au feu, Jack Richards et Mary Ann Boxwood balayaient les miettes de sur la grande table de Hagrid, Bill agitait sa baguette pour envoyer les assiettes dans l'évier en pierre, et Juliet Hathaway réchauffait l'eau contenue dans la cruche sur l'étagère et puis elle la versa sur les couverts sales. Elle sourit à Bill, et il la regarda avec joie. Pour une fois, Wallis n'était pas par là. Lily jeta un coup d'œil à James avant qu'ils ne partent, puis elle désigna Bill et Juliet avec un sourire malicieux et un geste de la tête avant de prendre sa main et de le conduire dehors. Remus, Sirius et Peter étaient déjà repartis pour le château.

Après avoir refermé la porte de Hagrid, James donna un long baiser à Lily. Quand elle le rompit, elle posa son front sur le menton de James, un sourire secret apparaissant au coin de ses lèvres.

« Est-ce qu'ils ne sont pas mignons ensemble ? » chuchota-t-elle.

« Weasley et Hathaway ? Et il est amoureux d'elle depuis… quoi ? Un an ? Deux ? Il va sacrément vite. »

« Oh, toi » dit-elle, le frappant doucement sur l'épaule. « Tu peux parler. »

Il la serra un peu plus. « Quoi ? Je t'ai maintenant, n'est-ce pas ? »

« Pas complètement. » souffla-t-elle contre ses lèvres. « Pas encore. » ajouta-t-elle, avant d'attirer à nouveau la bouche de James vers la sienne. Elle put sentir la tension se répandre dans son corps comme il prenait mesure de ses mots. Quand il se détacha lentement d'elle, elle le regardait avec une expression qui ne laissait planer aucun doute sur ce qu'elle avait voulu dire.

« Pourquoi pas samedi soir ? » demanda-t-il, à peine capable d'articuler les mots. « Je… Je connais un bon endroit. Privé. Confortable… »

Elle acquiesça, baissant les yeux sur l'attache de sa cape. Sa poitrine lui semblait trop étroite tellement elle le voulait. Elle leva les yeux vers son visage si cher, osant à peine penser à quel point elle l'aimait, à quel point elle était heureuse qu'ils se soient finalement trouvés. « J'ai confiance en toi. » dit-elle simplement, en sachant pas à quel point ces simples mots le touchaient.

J'ai confiance en toi.

Il ne pouvait se souvenir de quelqu'un ayant une confiance aussi pleine et totale en lui avant. Même ses meilleurs amis, alors qu'ils apprenaient à devenir animagi, l'avaient constamment bombardé de questions et de doutes. Si Remus les mordait quand ils étaient sous leur forme animale, seraient-ils vraiment en sécurité ? Pourraient-ils à coup sûr maintenir leur forme animale, sans reprendre forme humaine si Remus les effrayait et leur faisait perdre leur concentration d'une manière ou d'une autre ? Ils y avaient tous pris part, mais quand ils avaient des doutes, ceux-ci étaient exprimés, pas retenus. Ils avaient confiance les uns dans les autres la plupart du temps, mais ils avaient aussi chacun une part inhérente de scepticisme qui était saine, et qui les avait tous protégés jusque là.

Mais Lily… son simple 'J'ai confiance en toi', se faufila dans son cœur, et il lui fit sentir qu'il ne devrait jamais faire quoique ce soit qui viole cette confiance. Il l'embrassa bruyamment, puis, bras-dessus, bras-dessous, ils revinrent au château dans la neige, le week-end tardant à chacun d'eux.

Samedi 18 février 1978

« Où allons-nous ? » chuchota Lily. Ils marchaient dans les couloirs sous la cape d'invisibilité de James. Il était près de minuit, et Lily avait des palpitations à l'estomac. Voilà la préfète en chef qui se promène encore en pleine nuit. Avec le préfet en chef cette fois. Elle était contente d'avoir la cape de James, mais elle était quand même un peu nerveuse pour Rusard. Elle ne l'avait jamais aimé… Mais bon, elle ne connaissait aucun élève qui ait un sentiment contraire…

« Nous y voilà. » chuchota James. Ils se tenaient devant une tapisserie, que James soulevait maintenant, révélant un mur de pierre.

« Amanuensis. » dit-il doucement, et les pierres disparurent, révélant une ouverture dans le mur par laquelle ils se faufilèrent. Lily commença à enlever la cape de sur eux, mais il l'arrêta. « Pas encore. » souffla-t-il dans son oreille. Elle trembla de la tête aux pieds quand il fit cela, puis le regarda à la lueur des torches filtrant à travers la cape. Ses yeux étaient obscurcis par la passion.

Elle acquiesça, comme il savait clairement ce qu'il faisait, et, son bras autour de sa taille, il la guida le long d'un couloir éclairé par des torches avec des portes de chaque côté, tous les vingt ou trente pieds. Ils firent quelques tours et détours avant d'arriver devant la porte qu'il voulait. Il sortit sa baguette et dit doucement. « Alohomora ! »

La porte s'ouvrit lentement, et ils la poussèrent pour l'ouvrir davantage, la refermant fermement derrière eux. Lily entendit James lancer un sort de verrouillage dessus, et puis un sort d'assourdissement. Elle se retourna pour regarder la pièce. Elle était dans la pénombre, avec le seul clair de lune provenant de la fenêtre, il y avait des draps sur les meubles, comme si elle n'avait pas été utilisée depuis très longtemps. Il y avait clairement des toiles d'araignées sur le chandelier suspendu au milieu de la pièce, sur les chenets devant le foyer, ainsi qu'entre les meubles.

James enleva maintenant la cape de sur eux et orienta sa baguette en direction de torches sur le mur, puis du feu. Les flammes jaillirent, mais elles ne servirent qu'à illuminer l'aspect désolé de la pièce. Lily leva un sourcil interrogateur.

« Donne-nous juste une seconde. » dit-il rapidement.

« Nous ? » dit Lily, commençant à sourire.

James haussa les épaules. « Maman disait tout le temps cela. Papa l'embêtait avec ça. Comme le 'nous' de majesté. »

Lily déglutit, se souvenant de son chagrin lors de la mort de ses parents. « Ils s'aimaient beaucoup, n'est-ce pas ? »

Il acquiesça, la regardant, puis il se tourna et fit un geste de sa baguette en disant « Finite Incantatem. »

Et lors Lily vit ce qu'une sorte de sort de protection ou d'illusion l'avait empêché de voir avant : la pièce telle qu'elle était vraiment. L'air devant elle sembla vibrer et danser un court moment, et puis elle vit une table avec deux chaises devant le feu, dressée ave une nappe immaculée, et une délicieuse mousse au chocolat n'attendant que d'être mangée. Une boîte à musique jouait son air préféré (la lettre à Élise) tandis que la lueur des flammes dansait sur le tapis épais devant le foyer et sur les autres beaux meubles travaillés, y compris l'énorme lit à baldaquin dans le coin avec les rideaux damassés d'un pourpre profond et sa couverture. Il n'y avait pas une toile d'araignée en vue, ni un drap blanc. Elle se tourna vers James et rit.

« Tu as essayé de me faire croire que tu m'amenais dans quelque endroit terrible, n'est-ce pas ? » Elle n'aurait pas pu s'empêcher de sourire, même si elle avait voulu. Il la prit dans ses bras.

« Si j'avais fait cela, tu serait restée ? »

Elle acquiesça. « C'est bien, mais d'une certaine manière, cela ne compte pas vraiment. C'est avec toi que je veux être, pas avec une pile de meubles. Mais… Où sommes-nous en tous cas ? Je n'ai définitivement jamais mis les pieds dans cette partie du château. »

« C'est dans l'aile des professeurs. Personne n'a utilisé cette chambre depuis des lustres. Je me suis glissé ici sous ma cape d'invisibilité pour la préparer, et puis j'ai lancé un sort dessus hier pour qu'elle ait encore l'air abandonnée, juste au cas où quelqu'un vienne ici. La cape a aussi été utile pour trouver où était l'aile des professeurs dans un premier temps, sans mentionner qu'il m'a fallu rôder près de l'entrée pour entendre l'un des professeurs dire le mot de passe pour entrer… »

Sa voix s'éteignit, soudain incapable de se rappeler de quoi il parlait. Tout ce qu'il pouvait faire était regarder Lily dans les yeux, ses beaux yeux verts, et d'incliner sa tête pour un baiser. Il ne savait pas depuis combien de temps ils s'embrassaient quand Lily s'écarta de lui, puis elle prit sa main et alla lentement vers le lit. Il la suivit, tremblant. Cela va vraiment arriver ? Je suis avec Lily. Moi, James Potter. Lily Evans. Qu'est-ce qui cloche avec cela ? pensa-t-il.

« Qu'est-ce qui te fait sourire ? » lui demanda-t-elle, se tournant, ses doigts faisant quelque chose sur son devant.

« Toi » chuchota-t-il. Même s'il savait que personne ne pouvait les entendre, il ne faisait que murmurer. « Je suis juste… Je peux pas croire que nous sommes ici. Nous deux. Je ne peux pas croire que tu veux être avec moi. »

Elle secoua la tête. « Idiot. Nous n'avons pratiquement pas été séparés de la semaine dernière. Tu n'as pas pensé que je voulais être avec toi ? » Elle rit. « Aurais-tu pu m'imaginer avant, dans le coin de la salle commune, assise sur les cuisses d'un garçon dans un fauteuil et en train de l'embrasser ? » Elle rougit en pensant à cela. Elle et James avaient été ensemble dans la salle commune à chaque moment libre depuis leur promenade en traîneau. Sirius leur avait parfois jeté des coussins et dit de se trouver une chambre (avec un air légèrement dérangé derrière les yeux). Et même s'ils avaient tourné le fauteuil face au coin, plus d'une fois, lorsqu'ils s'étaient levés et avaient émergé de leur repaire, elle avait été saluée par des sifflets et des cris de « Bien joué, Potter ! ». Et elle l'avait supporté en rougissant à peine un peu, incapable de réprimander, d'enlever des points de maison ou de donner des retenues parce qu'elle était simplement trop heureuse. Elle n'aurait pas cru qu'elle se sentirait comme cela, que rien d'autre au monde ne compterait… « JE ne peux pas croire que tu veuilles être avec moi. » lui dit-elle, poussant la robe de James de sur ses épaules. Elle tomba sur le sol derrière lui.

Oh, pensa-t-il. Elle déboutonnait ma robe. Il se sentait soudain mentalement déficient, incapable de se souvenir de ce qu'il devait faire ensuite. Puis ses doigts semblèrent bouger de leur propre chef, comme si une mémoire sensitive les habitait, et non son cerveau. Quand la robe de Lily fut déboutonnée et se retrouva aussi sur le sol, elle prit un des doigts de James et l'aspira dans sa bouche, le regardant avec de ses yeux…

Il eut le souffle coupé, souhaitant avoir appris un sort pour enlever tous leurs habits plus efficacement, mais Lily semblait décidée pour un tempo lent, alors il l'accompagna, comme elle déboutonnait sa chemise et la faisait glisser de ses bras, et qu'il déboutonnait son chemisier. Quand elle se retrouva devant lui, ne portant plus que son soutien-gorge au-dessus de la taille, il se souvint d'elle à la piscine d'Ascog, et commença à se demander comment il avait pu aller si lentement jusqu'ici…

Elle l'embrassa sur le torse pendant qu'elle s'occupait de la fermeture de son pantalon avec ses mains, et son estomac se contracta, se souvenant de la manière dont Bonnie avait reculé face à la réalité de son sexe. Elle avait vraiment failli vomir la première fois, et il attendit avec appréhension la réaction de Lily. Elle fit descendre son pantalon et l'aida à en sortir les jambes, et puis il devint de plus en plus anxieux, comme la preuve de son désir pour elle était visible maintenant, butant sur son caleçon.

Elle lui sourit puis se redressa. « Bien, » dit-elle contre son torse, sa langue sortant soudain pour laper son téton, « Je ne vais pas te demander si tu es sûr. Tu me sembles plutôt sûr. » plaisanta-t-elle doucement, souriant encore. James fut choqué, et son visage dut le montrer. Maintenant, elle prit un air alarmé. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Oh mon Dieu, tu… Tu dois penser que je suis… Que je suis une… »

Elle se détourna de lui, son visage se décomposant, et elle s'assit au bord du lit, les larmes coulant sur ses joues et perlant depuis le bout de son nez. James était hébété. « J'aimerais pouvoir revenir en arrière, vraiment. Tu préfèrerais sans doute que je sois vierge, » sanglota-t-elle, « une petite vierge rougissante qui n'aurait jamais été avec personne d'autre. Je suis désolée, James, mais ce n'est pas qui je suis… Et je connais plein de filles ici qui ont vu plus de monde que moi, alors bonne chance pour te trouver une petite innocente… »

« Lily ! » dit-il, l'interrompant, avec de grands yeux, ne s'étant pas attendu à cette réaction. « Qu'est-ce que tu racontes ? Bon sang, je suis content que tu aies plus d'expérience que moi ! Je… Je ne pense pas savoir ce que diable je faisais avec Bonnie, franchement, et ce n'était pas comme si elle m'avait jamais aidé à découvrir des choses. Elle voulait toujours que tout finisse vite. J'ai l'impression d'être un parfait cancre dans ce domaine, et j'espérais que… que tu m'aiderais un peu quand cela viendrait à … à ce que tu aimes. Je me fous de ne pas être le premier garçon avec lequel tu as été Lily. J'espère juste… » il fit une pause, déglutissant, « Je… Simplement… J'espère que je serai le dernier… » finit-il doucement. Les yeux de Lily s'écartillèrent quand elle comprit la signification de cela.

« Oh, James, » dit-elle simplement, se levant et glissant ses bras autour de son cou. La peau nue de leurs estomacs se rencontra, et James n'en revint pas de la chaleur qui émanait du corps de Lily comme elle le pressait contre le sien. Leurs bouches se fondirent l'une dans l'autre, ils se burent l'un l'autre avec envie. Le reste du déshabillage se passa assez rapidement après cela, et bientôt, ils étaient allongés sur le lit, côte à côte, ne se cachant plus rien l'un à l'autre.

Il essaya d'oublier ses attentes, d'oublier ses précédentes expériences sexuelles décevantes, et de simplement se délecter du corps de Lily et de ses réactions, et de profiter de la sensation familière des mains de Lily le parcourant volontairement, et de sa bouche, partout sur lui, essayant de l'exciter (pas qu'il en ai vraiment eu besoin), ce qui était nouveau, merveilleux et différent. Il était parfois plus hésitant qu'elle ne voulait qu'il le soit, il pouvait le dire, et il essaya de passer là-dessus, d'abandonner ses doutes. Il essaya de ne pas s'attendre à la réprimande qu'il avait reçue de Bonnie quand il fit descendre sa bouche le long du corps de Lily et essaya de la faire se sentir aussi bien qu'elle l'avait fait se sentir. A la place, Lily prit doucement ses mains dans les siennes et le guida jusqu'à l'endroit qu'il cherchait, puis elle haleta et rejeta sa tête en arrière, gémissant de manière continue quand il l'eut atteint, et quand elle frissonna finalement de tout de son corps et cria son nom de façon répétée, il se sentit incroyablement puissant et comme l'homme le plus chanceux au monde.

Il remonta à nouveau le long de son corps, l'embrassant sur tout le trajet, et quand il atteignit sa bouche, elle le surprit en le dévorant avec appétit, la langue de Lily courant sur ses dents, ses mains descendant le long de son corps, jusqu'à ce qu'elle referme ses doigts autour de lui et lui fasse tourner la tête. Il sentit les jambes de Lily s'enrouler autour de lui comme elle continuait à bouger sa main, et puis il n'y eut plus de Lily et plus de James, mais une nouvelle personne, un nouvel être de plaisir, de baisers sur la peau rosée, de hanches se balançant et finalement, de plaisir fondu qui les traversa tous les deux, sans discrimination, les laissant fatigués, mais satisfaits et complètement en paix.

Lily avait trop chaud pour aller sous la couverture. Elle posa sa tête sur le torse de James, la jambe passée par-dessus sa hanche, ses lèvres l'embrassant paresseusement sur son torse, à l'occasion. Elle se sentait paresseuse et indolente, et complètement satisfaite. James caressait ses cheveux, puis il en suivit la ligne le long de son dos et caressa en hésitant les courbes de son adorable derrière. Elle se blottit davantage contre lui, un petit soupir lui disant que ces caresses étaient bienvenues, et il continua, voulant encore l'entendre faire ce petit bruit d'approbation.

« Nous avons encore la mousse au chocolat, tu te souviens ? » lui chuchota-t-il après un moment, comme elle traçait la paume de sa main gauche avec le bout de son doigt.

« Hmm, » murmura-t-elle avec contentement. « Je me demande quel goût tu aurais avec la mousse au chocolat… » Elle sourit contre son torse comme il grogna à ce que voulait dire ces mots, et elle rit, lui chatouillant les côtes sans pitié, juste là où elle savait qu'il était le plus sensible.

« Petite… » commença-t-il à dire, riant, la chatouillant aussi dans le dos. Bientôt, il l'eut mise sur le dos, criant pitié comme il coinçait ses jambes entre les siennes et passait ses mains sur ses côtes. Mais ensuite ils se calmèrent, et il amena ses mains sur ses seins à la place, les englobant, sentant leur extrémité se durcir…

Finalement il mit ses mains de chaque côté d'elle, et se pencha pour l'embrasser, à nouveau excité. Juste avant que les lèvres de James ne rencontrent celles de Lily, elle lui dit doucement, ses yeux pleins d'amour et de désir.

« Je ne plaisantais pas pour la mousse au chocolat. »

Mercredi 5 Avril 1978

Lily entra dans le Chaudron Baveur, son cœur tambour tambourinant par anticipation. Elle avait dû promettre d'être de retour à six heures afin de passer son anniversaire en famille, mais James la prenait faire des courses sur le Chemin de Traverse et ensuite, ils allaient déjeuner là où elle voulait dans le Londres moldu. Elle était tombée des nues.

« Tu veux dire un vrai restaurant, avec… »

« … de vrais serveurs, et pas de nourriture qui flotte ou de pudding qui font des grimaces avant de se faire manger, ou d'elfes qui nettoient la table entre les plats… »

Elle avait ri. Parfois, la manière dont étaient faites les choses dans le monde moldu lui manquait. La seule personne à qui elle n'admettrait jamais cela était bien sûr sa sœur, comme Petunia prendrait parti de cela et dirait « Aha ! Même toi tu penses qu'ils sont bizarres ! »

Récemment, Petunia semblait très légèrement reconsidérer sa position sur la magie. Elle avait commencé à bombarder Lily de questions pendant qu'elles attendaient dans la salle d'attente de l'hôpital que leur mère sorte de son traitement de chimiothérapie. Ce n'était pas exactement de cette manière que Lily avait envisagé passer ses vacances de Pâques : piégée avec sa sœur et son beau-frère dans une salle d'hôpital. Bien que, étant donné la manière dont s'étaient passées ses vacances de Noël, elle aurait peut-être dû s'y attendre.

« N'as-tu pas dit une fois que… la sorte de gens de ton école… » avait furtivement dit Petunia, regardant les autres personnes dans la salle, « … vit plus longtemps que… les autres types de gens ? »

Lily avait dégluti et répondu avec soin « Ouiii… » se demandant ce qui se passait.

« … et qu'ils ont certains traitements que d'autres n'ont pas ? » Lily fit un bruit évasif, ne regardant pas sa sœur, mais le magazine qu'elle lisait.

« Alors, est-ce que tu ne pourrais pas, tu sais, » dit Petunia, baissant encore d'un ton sa voix, « faire quelque chose pour la situation de maman ? »

Lily grimaça à l'ignorance de Petunia. « Pas personnellement, non. Je n'ai pas la formation adéquate. Il y a un hôpital particulier où se déroulent les formations pour cette sorte de médecine. Et il ne prend pas… les patients comme maman… » répondit-elle en chuchotant à sa sœur.

Maintenant, Lily regardait avec dégoût à son beau-frère, assis à côté de Pétunia. Vernon Dursley ressemblait beaucoup à son père maintenant. Il avait récemment repris l'usine de perceuse Grunnings du vieil homme et Pétunia ne travaillait plus à son secrétariat, mais restait à la maison, 'tenant la maison' comme elle disait, ce que Lily suspectait fortement être constitué en bonne part de ragots sur ses voisins. Petunia avait trouvé à Vernon un jeune homme compétent pour être son assistant, plutôt qu'une jeune femme. Lily frissonna à la pensée du processus d'embauche. Pétunia avait personnellement pris en main la tâche de se trouver un remplaçant. Pas de fille d'une vingtaine d'année style top-model avec de longs cheveux blonds et des jambes s'étirant indéfiniment jusqu'au sol, pas pour son Vernon. Pétunia ne voulait pas de compétition. Lily s'était douloureusement mordue la langue. Elle avait fait preuve d'une retenue remarquable en ne disant pas à sa sœur que Vernon Dursley était le dernier homme au monde qui risquait de devoir faire face aux assiduités d'un mannequin (qui ne tomberait pas raide mort en faisant du secrétariat à l'usine de perceuse Grunning de Surrey).

Pétunia avait dédaigneusement détourné son regard de Lily en entendant sa réponse bizarre à la question bizarre qu'elle avait posée, et elle marmonna, pas pour la dernière fois « Des marginaux. Tous jusqu'au dernier d'entre vous… »

Lily entra sur le Chemin de Traverse par la cour derrière le pub et alla jusqu'à la librairie où James la retrouvait. Elle avait quelques minutes d'avance, et elle pouvait passer un moment agréable à faire les vitrines jusque chez Flourish & Blotts. Puis, alors qu'elle se tenait en dehors de l'apothicaire, admirant un jeu de poids en or avec des gravures compliquées, quelque chose attira son attention dans le coin de l'œil. C'était juste un mouvement de robe. L'instant d'après, il avait disparu. Lily se tourna lentement, prétendant encore regarder quelque chose dans la vitrine de la boutique. L'apothicaire avait une baie vitrée en guise de vitrine, et en se tenant maintenant sur le côté en regardant dans l'une des fenêtres obliques, Lily vit l'homme qui s'était esquivé à sa vue dans un étroit passage entre deux boutiques de l'autre côté de la rue. Elle ne le voyait pas directement. Il ne semblait pas réaliser qu'elle pouvait voir son reflet dans la vitre devant elle. Il portait une cape avec une capuche et ce qui était indiscutablement un masque. Elle retint son souffle. Était-ce un Mangemort ? Était-il sur le point de faire quelque chose d'effroyable ?

Elle se sentait mal à l'aise à cause de la personne derrière elle, et elle commença à glisser sa main dans la poche de sa cape, prenant sa baguette. Depuis son dix-septième anniversaire, elle avait toujours sa baguette sur elle dans le monde magique. La tenant contre son côté, la baguette cachée dans les plis de sa cape, elle tourna très légèrement son côté gauche vers l'homme masqué qui se cachait, et soudain, elle vit qu'il regardait un grand homme aux cheveux auburn qui se tenait anormalement immobile devant la vitrine des Équipements de Quidditch de Qualité. Elle vit que de sa cachette, l'homme masqué levait sa baguette et la pointait vers l'homme aux cheveux auburn. Elle saisit cela dans l'angle de la fenêtre. Elle ne le regardait pas directement, alors il ne pensait évidemment pas que quelqu'un l'avait remarqué.

Elle arrêta de regarder l'homme masqué maintenant, et s'avança à dessein, saluant l'homme visé avec une accolade et le mettant hors de portée de la ligne de mire de l'homme masqué.

« Te voilà ! » cria-t-elle avec un enthousiasme simulé, comme si elle le connaissait. « Qu'est-ce qui t'as pris si longtemps ? »

L'homme eut l'air énervé et pas qu'un peu ennuyé. « Que diable… ? » commença-t-il à dire, fronçant les sourcils, juste au moment où des étincelles rouges frappèrent la vitrine de matériel de Quidditch, exactement à l'endroit où il se tenait avant. Il eut soudain l'air très alerte, et il sortit sa baguette.

Le sorcier masqué bondit hors de la niche où il se cachait et visa à nouveau l'homme aux cheveux auburn, mais Lily leva sa baguette et cria « Stupefix ! »

Le sort le frappa de plein fouet, et il s'effondra, mais ensuite quelqu'un d'autre dont elle n'avait pas remarqué la présence se tourna vers eux. Il avait fait semblant de s'intéresser à la vitrine d'une boutique vendant des robes de seconde main. Il visa l'homme aux cheveux auburn aussi, et cette fois-ci, il était préparé, envoyant dans les airs un sort avec une précision étonnante. Il intercepta exactement l'éclair lumineux fonçant vers lui, le faisant dévier et atterrir sur des chaudrons posés devant une boutique. Pendant qu'il se servait de sa main droite pour cela, il utilisait sa main gauche pour tirer Lily derrière lui, ce qu'elle trouvait plutôt ennuyeux dans la mesure où elle avait déjà assommé un de ses agresseurs. Il avait pris son bras droit pour faire cela, et elle luttait pour se le libérer pendant qu'il se concentrait sur le Mangemort restant, commençant à prononcer un sort pour le neutraliser. Soudain, avec un Pop , le deuxième agresseur avait disparu, et les acheteurs à proximité, les regardant d'un air désapprobateur, marmonnèrent dans leur barbe comme ils continuaient leurs achats, cyniques et fatigués dans cet âge de Voldemort. Le premier homme était encore allongé sur les pavés, assommé. Les passants passaient au-dessus de lui, indifférents.

Lily avait finalement réussi à se dégager de la main qui l'avait entourée sur l'avant bras, et elle faisait face à un homme assez en colère qui devait avoir dans les vingt-cinq ans.

« Merci beaucoup ! » dit-il, lui faisant la tête. « Grâce à vous… »

« … vous êtes encore vivant et en un seul morceau ! » finit-elle pour lui. Il ne rentra cependant pas sa baguette.

« J'allais dire que vous avez tout fait louper ! » répondit-il, son visage devenant un peu rouge.

« Bien, il ne se serait pas enfui si vous ne m'aviez pas tiré derrière vous ! » répondit-elle avec énergie à son accusation. « J'aurais pu l'assommer pendant qu'il vous visait ! »

« Quand j'aurais besoin de l'aide d'un civil, je vous le ferai savoir ! » lui grogna-t-il pratiquement, regardant d'un air critique sa robe qui était ouverte sur sa jupe et son chemisier moldus. « Et une née de moldue en plus, à ce que je vois. »

Lily se rebiffa. « Si vous êtes un auror… »

« Chut ! » dit-il, lui mettant la main sur la bouche. « La ferme ! » lui siffla-t-il, la traînant dans la librairie, et puis le long d'une allée de livre et puis d'une autre, atterrissant finalement près du fond de la boutique, où ils étaient entourés de piles poussiéreuses qui semblaient ne pas avoir été touchées depuis des décennies.

Elle dégagea son poignet de sa main, le frottant (bien que ce soit plus par indignation que par douleur), et foudroyant l'homme du regard. Il se mit contre le mur et regarda avec prudence dans l'allée, puis il dit du coin des lèvres « Oui, je suis un auror. J'essayais d'attirer ces deux-là, dehors, à découvert, et de leur faire croire que je voulais les capturer. Nous savions qu'on leur avait donné une mission… me capturer et obtenir certaines informations de moi. C'était tout un plan, une mise en scène. J'étais sensé me laisser capturer, afin de pouvoir leur donner de fausses informations après les avoir laissés me torturer un moment. Et puis vous avez dû y aller et me 'sauver'… »

Elle resta bouche bée. « Bien… Bien alors pourquoi est-ce que vous ne pouviez pas vous laisser prendre, si c'était le plan ? » elle était choquée que le plan inclue son intention d'être torturé.

Il soupira. « Parce qu'un civil s'est mêlé de tout cela. Ils auraient pu vous prendre en même temps que moi. Puis cela aurait été vous qu'ils auraient torturé pour me faire parler. Je me serais mis volontairement dans cette position, mais pas une autre personne, d'autant moins un civil. Et je ne voulais pas non plus que vous soyez blessée en faisant quelque chose d'héroïque pour me sauver. Au fait, il aurait pu vous avoir en plein quand vous m'avez donné votre accolade. Pas très futé. »

Elle haussa les épaules. « Je savais que je n'étais pas sa cible. Je pouvais voir que c'était vous. Et pardonnez-moi si je ne considère pas cela comme une bonne chose. »

Il commença à dire quelque chose, puis changea d'avis et dit autre chose. « Attendez… Comment saviez-vous qu'il me visait ? »

« J'ai vu son reflet dans la vitrine de l'apothicaire. Il ne savait pas que je l'avais vu parce que je n'étais pas face à lui. Et je pense qu'à moins de se tenir à cet endroit précis, l'endroit où il se cachait ne pouvait pas être très bien vu. Une des rares manières de voir où il était de regarder son reflet dans l'un des panneaux latéraux de la vitrine… »

Il acquiesça. « Exact, exact… » Il la regardait maintenant de plus près, de toute évidence plus en colère contre elle. Elle le regarda attentivement aussi.

« Vous avez un air familier… » dit-elle lentement. « Êtes-vous autorisé à me dire votre nom ? Quand avez-vous fini Poudlard ? »

Il n'avait de toute évidence pas oublié toutes ses bonnes manières et il lui tendit la main. « Sam Bell. J'ai fini en soixante-douze. »

« Oooh ! » dit-elle lentement à présent. « Voilà pourquoi vous me semblez familier. Vous étiez préfet en septième année alors que j'étais en première année. A Griffondor, je veux dire, bien sûr… » ajouta-t-elle, se sentant idiote.

Il loucha sur elle et secoua la tête. « Et vous êtes… »

« Lily Evans. » dit-elle doucement, ne s'étant pas attendu à ce qu'il se souvienne. Mais son visage s'éclairait maintenant en reconnaissant le nom.

« Vous êtes Lily Evans ? Mais vous étiez cette petite osseuse… »

Elle ricana. « Merci beaucoup ! »

Il eut la bonne grâce de rougir. « Désolé. Je ne suis pas très poli. C'est simplement,… bien, vous avez pas mal changé, n'est-ce pas ? » Lily fut surprise par le regard impudent qu'il portait sur elle. Elle se demanda s'il était un petit peu rogue avec les femmes ou simplement peu versé dans les bonnes manières.

« Cela arrive généralement entre onze et dix-huit ans. » l'informa-t-elle avec raideur. Il la regarda plus amicalement maintenant, et lui adressa un sourire chaleureux qui rendait très dur de rester en colère avec lui.

« Exact, » concéda-t-il. « J'ai entendu dire que vous étiez préfète en chef. Félicitations. »

« Merci. » répondit-elle, ayant été plus à l'aise avec le Sam Bell légèrement antagoniste qu'elle ne l'était avec sa version amicale. Elle se souvint qu'il avait six ans de plus qu'elle, et qu'ils se tenaient au fond de chez Flourish et Blotts, cachés au milieu de vieux livres, bien loin de tous les autres clients de la boutique. Elle se sentait très consciente de cela soudain.

« Et n'est-ce pas Potter le préfet en chef maintenant ? Je ne pouvais pas le croire quand je l'ai entendu. Potter ! Ce petit maigrichon… »

« … petit ami de la fille que vous avez décidé de coincer dans une arrière-boutique. » fit une voix familière sur la gauche de Lily. Elle se tourna et vit avec soulagement que Lily s'avançait vers eux, sa robe flottant derrière lui, et, elle fut heureuse de voir, n'ayant définitivement pas l'air d'un maigrichon.

Sam Bell prit air ahuri peu flatteur. « Potter ! Bon sang… Comment allez-vous ? »

« Bien. Et vous êtes… ? »

« Heu, » intervint Lily, essayant d'avoir l'air aussi naturelle que possible. « Tu te souviens de Sam Bell, n'est-ce pas, James ? Il était en septième année quand nous étions en première. »

James Potter continua à jauger Sam Bell. Lily pouvait voir que Sam reconnaissait l'attitude de James comme hostile et un peu jalouse. Sam lui fit un sourire apaisant et lui tendit la main. James la serra à contrecœur.

« J'ai entendu que vous étiez préfet en chef maintenant. Et capitaine de Quidditch. J'étais capitaine en septième année. Préfet aussi, mais pas préfet en chef. »

James lui lâcha rapidement la main après l'avoir serrée. « Oui, capitaine de Quidditch. » fit-il en écho regardant encore Sam avec hostilité.

« Hum, » dit maladroitement Sam, « Écoutez. Pas vraiment le temps de parler davantage avec vous maintenant. Content de vous avoir rencontré tous les deux. »

Et puis avec un petit pop , il était parti. James regarda Lily en haussant un sourcil.

« Et pourquoi étais-tu ici, au fond, avec lui ? » voulut-il savoir. Elle croisa les bras et le foudroya du regard.

« Je te le dirai au déjeuner. Ce sera probablement mieux d'en parler quand nous serons loin des sorciers. »

Ainsi, pendant qu'ils prenaient le repas d'anniversaire de Lily au Ritz, elle lui expliqua que Sam était un auror et qu'elle l'avait 'sauvé'. Elle ne mentionna qu'il avait essayé de se faire capturer. D'une manière ou d'une autre, quelque chose en elle la faisait surveiller ses environs et avoir des cauchemars sécuritaires comme elle réfléchissait à quoi dire à James. Elle ne considérait pas cela comme un mensonge, mais comme une manière de le protéger (ainsi que Sam).

James avait l'air un peu dégoûté. « Bien, j'espère qu'il t'a correctement remercié. Qu'arrive-t-il au monde si une fille de dix-huit ans doit sauver les fesses d'un auror ! »

« Chut ! » dit rapidement Lily, regardant les clients moldus dans le restaurant. « Fais attention à ce que tu dis ici. » dit-elle à mi-voix, ses yeux parcourant les alentours. James rit.

« Tu fais comme si tu étais une sorte d'espion maintenant, Lily. » dit-il en ricanant, comme si c'était l'idée la plus bête au monde. Mais Lily se souvint de Sam lui demandant comment elle avait su qu'il allait être attaqué, et son ton impressionné après qu'elle lui ai expliqué. Qu'y a-t-il de si ridicule ? pensa-t-elle. Elle ne s'était pas encore décidé pour ce qu'elle allait faire après l'école. Peut-être qu'elle avait quelque chose qu'elle pouvait considérer maintenant…

« A quoi penses-tu ? »lui demanda-t-il, enjoué, en prenant une gorgée d'eau. Elle se mordit la lèvre, se demandant si elle devait lui dire. Lily Evans, auror.

A la place, elle décida de changer de sujet. « Viens avec moi ce soir. » dit-elle soudain.

« Quoi ? »

« Tu… Tu n'as jamais rencontré mes parents. Oh, viens. Pétunia ne sera pas là. Tu la connais. Elle a dit qu'elle avait déjà un engagement. Alors il n'y aura que toi, papa et maman. Je veux qu'ils te rencontrent. Pour… pour t'aimer. » finit-elle doucement. Les yeux de James s'ouvrirent, ronds comme des soucoupes, et il prit une autre gorgée d'eau.

« De… D'accord. » dit-il en déglutissant. Elle lui sourit, sachant qu'il ne pensait plus aux aurors, mais était plutôt occupé à paniquer à l'idée de rencontrer ses parents. C'était sournois de sa part de le distraire de cette façon, et pourtant… Elle voulait vraiment qu'il les rencontre. Et vice versa. Elle regarda à nouveau James comme il avalait son déjeuner. Elle avait pensé ce qu'elle avait dit à Sirius sur James, et elle sentait que c'était un autre pas vers son futur qui était finalisé. Lily se sentit quelque peu débordée pendant un instant. En un jour, elle venait de décider qu'elle ferait auror, et avait fait un autre pas pour que James fasse partie de sa famille. C'était vraiment un anniversaire à marquer d'une pierre blanche.

Vendredi 2 Juin 1978

« C'était brillant. » dit Jack comme lui et Geoff quittaient leur examen de métamorphose. Bill et Alex les attendaient dans le couloir. Les deux Griffondors se mirent à avancer aux côtés de leurs amis de Poufsouffle comme ils descendaient le couloir, attendant avec anxiété les nouvelles.

« Alors ? Cela s'est bien passé ? Et MacGon… Je veux dire, elle n'a rien suspecté ? » demanda Alex dans un murmure anxieux.

Geoff sourit à ses amis. « Elle n'en a eu aucune idée. Cela a aidé que vous soyez tous les deux dehors à la fenêtre, en train de voler, afin que Jack puisse dire 'Oh ! Que va faire Weasley ?' et cette sorte de chose. Cela a marché à tous les coups. »

Bill haussa les épaules. « J'ai emprunté le balai de Charlie. Les balais de l'école sont désespérément mous. »

Ils sentirent tous une libération dans leurs poitrines. L'examen de Poufsouffle (écrits et pratique), était le dernier que tous les quatre devaient passer jusqu'à lundi matin, où les Griffondors avaient encore potion (toute la matinée) et histoire de la magie (l'après-midi). Le planning était inversé pour les Poufsouffles. Histoire d'abord, puis potions. Plus important, l'examen de métamorphose était le dernier qui avait une partie pratique pour laquelle Geoff avait besoin d'aide. Après cela, ils pourraient tous simplement se concentrer sur leurs révisions et se poser des questions sur les ingrédients de potions et les rébellions de gobelins. Ou du moins, ils pourraient faire cela après la finale de Quidditch, le lendemain matin.

« Vous pensez que Griffondor va gagner demain ? » demanda Jack à Bill et Alex. « Je hais penser à une victoire de Serpentard… »

Geoff acquiesça de bon cœur. « Tout le monde hait penser à cela. Je ne connais pas une seule personne de notre maison qui ne supportera pas Griffondor. »

« Exact. » acquiesça Jack. « Oh, Bill, est-ce que ta mère vient et amène les jumeaux ? »

Bill secoua la tête. « Papa m'a envoyé un hibou hier. Ils restent tous à la maison. Les jumeaux souffrent de colique, Percy mets ses dents, Peggy est tombée d'un arbre et a le bras en écharpe, et les os ne seront pas guéris avant dimanche, et Annie est simplement une peste et elle est confinée dans sa chambre pour tout le week-end. C'est quelque chose au sujet d'avoir piqué la baguette de maman pendant qu'elle faisait la sieste et d'avoir métamorphosé la poupée favorite de Peggy. Vous voyez : le chaos habituel qui règne chez moi. Mais papa a dit qu'ils essayeront de venir au premier match de Quidditch de l'automne prochain, d'autant plus si Charlie réussit à rentrer dans l'équipe. »

« Si ? » dit Alex, consterné. « N'a-t-il pas plus confiance en son fils que cela ? »

Les autres rirent puis se calmèrent. « Cela risque d'être un peu dur demain, » dit Jack, un avertissement dans la voix. « j'ai entendu que Rogue en voulait vraiment à Potter, depuis que Potter lui avait volé Evans. »

Alex haussa les épaules. « S'il y a quelqu'un dont Potter n'a pas peur, c'est Rogue. » dit-il avec confiance. « Et c'est Rogue qui a rompu avec Evans, tu te rappelles ? Si cela l'énerve qu'elle soit avec Potter, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. »

« Je sais, » répondit Jack. « Je ne voulais pas dire cela. Je voulais simplement dire… bien, il semble assez en colère qu'ils soient ensemble. Je pensais qu'il était bon quand il s'agissait de lancer des regards noirs avant. C'est encore pire maintenant. »

« Cela n'aide probablement pas que Potter vienne de réussir à rentrer dans l'équipe d'Angleterre comme poursuiveur de réserve, après qu'ils aient perdu Wellington dans ce match contre la Finlande. Et on dirait que l'Angleterre a ses chances pour la finale de la coup du monde en août. Ne serait-ce pas génial si nous connaissions quelqu'un qui a gagné la coupe du monde ? » dit Jack avec béatitude.

« Bien, » l'avertit Bill, « Il est dans l'équipe de réserve. Il pourrait ne pas jouer, même si l'Angleterre gagne. »

Jack haussa les épaules. « Quand même… »

Les quatre garçons ne virent pas une silhouette sombre sur le point de sortir de toilettes pour garçons quand ils passèrent, bavardant avec animation. Ses cheveux noirs et gras pendaient de chaque côté de ses joues creuses. Il ne prenait plus la peine de les rassembler en queue de cheval. Qui se souciait de son apparence ? S'il ne faisait pas attention, s'il avait l'air un peu moins que répulsif, Narcissa Anderssen pourrait essayer de lui sauter dessus à nouveau…

Severus Rogue frissonna à cette idée. Puis il pensa à ce qu'avaient dit les garçons. Ne serait-ce pas génial si nous connaissions quelqu'un qui a gagné la coupe du monde ? James Potter jouant pour l'Angleterre au Quidditch. C'était assez pour le rendre malade, la première fois qu'il en avait entendu parler. Et Lily était avec lui maintenant…

C'était clair, le matin du dix-neuf février (il se souviendrait toujours de cette date) que Potter avait couché avec elle. La façon dont elle le regardait ne souffrait aucune interprétation. La chose était… Il se souvenait quand elle le regardait ainsi. Quand c'était lui qui regardait dans son visage brillant doucement, voyant cette expression d'étonnement. Il avait été incapable d'avaler quoique ce soit ce jour-là, se torturant en les imaginant ensemble… Même voler sur le terrain de Quidditch sur son balai, en demandant aux poursuiveurs de Serpentard de lui lancer des souaffles pour s'entraîner à arrêter les buts n'avait pas été assez pour distraire complètement ses pensées de Lily.

Et puis, moins d'un mois après, ils les avait entendus dans la bibliothèque, il avait entendu les bruits indiscutables de leurs baisers et de leurs soupirs, et il n'avait pas eu à regarder pour savoir de qui étaient ces soupirs. Il aurait reconnu les sons de Lily n'importe où. Il avait honte de lui de regarder à travers les rayonnages de livres pour les voir s'embrasser. Quand il pensa que l'un d'eux s'était tourné vers lui, il sortit à grandes enjambées. Après cela, il lui semblait qu'il leur tombait dessus sans arrêt. Partout où il allait, il semblait trouver Lily et James, James et Lily. C'était presque comme s'ils le suivaient. Et pourtant, de ce qu'il pouvait dire, ils étaient en fait oublieux du reste du monde, comme s'ils y étaient tous les deux seuls.

Cela s'était à nouveau produit fin mai, alors qu'il révisait ses ASPICs à la bibliothèque. Les baisers et les soupirs derrières les étagères…

« James, » chuchota-t-elle, « j'ai besoin de te parler. » Les oreilles de Severus s'étaient dressées. Il connaissait ce ton de voix. Elle était très sérieuse. Potter, cependant, ne faisait pas attention à elle. Severus continuait à entendre des bruits de baisers.

« James. » fit-elle avec sérieux. Severus connaissait aussi ce ton. Les bruits s'arrêtèrent.

« Oui, Lily. Qu'y a-t-il ? »

« Je… Je dois te dire quelque chose… » Severus tendit l'oreille, se demandant ce qui pouvait la rendre comme cela.

« Oui, oui. Tu l'as dit. Qu'est-ce ? »

« Bien… » hésita-t-elle. « J'ai écrit une lettre à Sam Bell. »

Severus fronça les sourcils. Qui ?

« Qui ? » Potter avait la même réaction.

« Sam Bell. Tu sais, l'auror que j'ai sauvé le jour de mon anniversaire. »

Auror ? Lily a sauvé un auror le jour de son anniversaire ?

« Oh, exact. Pourquoi lui as-tu écrit ? »

« Bien, tu sais que je… Je n'avais pas encore de plan sur quoi faire après avoir fini l'école… »

« Ce n'est pas urgent, Lily. Et… Attends. Que veux-tu dire 'je n'avais pas encore de plans' ? »

« C'est ce que j'essaye de te dire. Sam est venu ici à Poudlard pour me parler. Des échanges de chouettes n'auraient pas été très sûrs… »

« De quoi parles-tu ? » Potter avait l'air hostile, et Severus n'était pas sûr de la blâmer. Qui diable est cet auror ?

« Ce dont je parle… Ce dont nous avons parlé… C'est comment c'est d'être un auror. Et si je serais bonne à cela. »

Quoi

« Quoi ? Tu es folle ? »

Severus entendit un bruit de tissu et pensa que Lily devait être en train de se libérer de l'étreinte de James Potter.

« C'est une réaction adorable. J'ai finalement trouvé ce que je voulais faire, et c'est tout ce que tu as à dire ? »

Il y eut un silence tendu. Severus résista à la tentation de se rapprocher pour mieux entendre.

Potter soupira. « Je suis désolé, Lily. C'est juste… Je ne m'attendais pas à cela. Alors. Tu… Tu vas être une auror ? » Il semblait un peu choqué à sa voix.

« Bien, » hésita-t-elle, « je vais passer les tests pour être admise à la formation. Je devrais les passer avec de très bonnes notes. Et même si je réussi, il y a la formation en plus. Je dois la réussir. Mais oui, Je vais tenter de devenir une auror. » dit-elle très doucement.

« Viens ici, » dit Potter avec douceur, et Severus entendit à nouveau le bruit de tissu et des soupirs. Il semblait que Lily était retournée dans ses bras. « Je suis content que tu aies finalement trouvé ce que tu veux faire, vraiment. C'est juste que,… Bien, c'est assez dangereux. Je suis autorisé à me faire du souci pour toi, n'est-ce pas ? »

Lily fit une pause avant de répondre. « Alors tu ne vas pas essayer de m'en empêcher ? »

Potter émit un petit rire. « Comme si je pouvais. Comme si quiconque pouvait. Non, je ne vais pas essayer de t'arrêter. Tu ne m'as certainement pas empêché de passer les essais pour l'équipe d'Angleterre. » Il poussa un gros soupir. « Ma Lily, une auror. Je dois admettre que j'ai des difficultés à m'imaginer cela… »

Elle rit tristement. « Moi aussi. Mais Sam dit que j'ai un bon instinct, et la formation que j'aurai m'enseignera toutes les astuces du métier. »

« Oh, Sam le dit, n'est-ce pas ? » Potter avait définitivement l'air jaloux maintenant.

« Oui, Sam le dit. Tu es jaloux, n'est-ce pas ? Tu étais jaloux la première fois que tu l'as vu. »

Potter fit un bruit étouffé. « Bien… regarde-le. Avec ses… ses muscles. Et... c'est un auror… »

Lily rit. « Arrête d'être idiot. Il est marié, imbécile. Il m'a montré une adorable photo de sa femme. Et ils attendent un bébé pour décembre. Sam est au septième ciel avec cela. Il lui tarde le jour où son fils ou sa fille pourra monter sur un balai pour lui apprendre à jouer au Quidditch. »

« Oh. » fut tout ce que Potter dit. Severus grimaça. Il avait eu la même réaction quand Lily avait mentionné Sam. Mais d'une manière ou d'une autre, cela ne le rassurait pas de savoir que Sam Bell était marié et sur le point d'être père…

Il s'appuya contre le mur de pierre en dehors des toilettes des hommes, entendant le bruit des pas des troisième année disparaître dans le couloir. Le lendemain, il jouait contre James Potter pour la coupe de Quidditch. Trois fois plus de monde encouragerait Griffondor que Serpentard. A la fois Griffondor et Serpentard étaient invaincus, ayant gagné les matchs contre Serdaigle et Poufsouffle. Serpentard avait un garçon qui était sans doute le meilleur attrapeur que l'école avait vu depuis de nombreuses années. Cependant, Griffondor avait James Potter qui jouait comme poursuiveur, James Potter qui était réserviste pour l'Angleterre.

Griffondor avait gagné ses deux précédents matchs grâce à James Potter, pas grâce à leur petit attrapeur. Potter avait rendu le score si démesuré avant que le vif ne soit attrapé (quatre-cent à vingt contre Poufsouffle, trois-cent trente à quarante contre Serdaigle) que les attrapeurs ne servaient pratiquement plus à rien. Quand le vif avait été vu par l'attrapeur de Poufsouffle, il avait hésité, connaissant le score, et l'attrapeur de Griffondor l'avait devancé et le lui avait pris. L'attrapeuse de Serdaigle avait eu sa fierté, cependant, et elle s'était précipitée pour le saisir avant la fille de Griffondor, même en sachant que Serdaigle n'aurait que cent quatre vingt dix points. Ils perdraient le match, mais pourraient au moins dire qu'ils avaient eu le vif.

Severus savait que cela lui revenait, en tant que gardien, de contrôler le match, d'empêcher Potter de trop déséquilibrer le score et de sortir les attrapeurs de l'équation. Serpentard était à la traîne de deux-cent points dans la course pour la coupe. Je ne vais montrer aucune pitié pour Potter et gagner ce match, même si ce doit être la dernière chose que je fais à Poudlard, pensa-t-il, descendant à grands pas le couloir, rattrapant les troisième année. Il fonça dans le centre du groupe, les faisant se disperser comme des quilles, entendant leurs grognements d'indignation avec une satisfaction toute personnelle. Avec trépidation, ils regardèrent sa silhouette sombre disparaître devant eux dans les couloirs du château, sa robe claquant derrière lui comme les ailes d'une chauve-souris.

Samedi 3 juin 1978

Severus envoya le souaffle aussi fort qu'il le put au poursuiveur de Serpentard le plus proche, O'Brien. Il l'a vraiment pris, pensa Severus avec un sourire narquois. Mais il était de nouveau en colère vingt secondes plus tard quand Sirius Black frappa un cognard qui heurta le balai d'O'Brien, ne lui laissant qu'un bout de brindilles à l'extrémité. La secousse lui fit perdre le souaffle, et avant que Severus ne réalise, James Potter l'avait à nouveau attrapé dans les airs et filait à nouveau vers les buts de Serpentard. Si ces idiots pouvaient lui empêcher d'avoir le souaffle, ou si les batteurs pouvaient lui envoyer un cognard sur la tête, mon travail serait vachement plus facile…

James Potter s'arrêta momentanément, un sourire en coin sur le visage. La plupart des autres joueurs étaient encore à l'autre bout du terrain, et n'avaient pas atteint l'extrémité Serpentard, comme il l'avait fait. Il fit une feinte en direction du but du centre, puis en direction de la boucle de gauche et finalement passa Severus Rogue pour faire passer le souaffle dans l'anneau de droite.

« GRIFFONDOR, CENT-VINGT, SERPENTARD ZERO ! » cria le garçon de Serdaigle de quatrième année qui faisait les annonces. Les acclamations s'élevèrent des trois quarts de la foule, les huées des Serpentards. Quelques supporters portant des écharpes vertes et argent commencèrent à jeter des bouteilles de bièraubeurre sur le terrain, manquant de peu la fille qui jouait attrapeuse pour Griffondor, et Madame Bibine siffla et appela Rusard pour éjecter les élèves. Elle ne déclara pas de temps mort toutefois, comme ce n'était pas une faute commise par des joueurs, et la partie continua.

La même chose continuait d'arriver, jusqu'à ce que Severus commence à se demander si ce n'était pas une sorte de boucle temporelle. Cent-trente à zéro. Le souaffle le passe à nouveau, direction l'anneau central. Cent quarante à zéro. La foule chantait Potter ! Potter ! Potter !

Finalement, quand il jeta le souaffle à ses poursuiveurs après un but de Griffondor, ils finirent par le prendre et filèrent vers l'autre bout du terrain. Il regarda les deux attrapeurs. La fille de Griffondor n'était pas spécialement bonne, mais cela ne semblait pas vraiment compter avec Potter jouant pour eux. D'un autre côté, celui de Serpentard était un garçon d'une longue lignée d'excellents attrapeurs. Son père jouait encore pour les Pride of Portree, et son grand-père avait gagné la coupe du monde 1946 pour l'Écosse. Il savait qu'ils avaient beaucoup de chance d'avoir Craighead dans leur équipe, et maintenant, il avait le cœur dans la gorge quand il vit que le garçon avait vu le vif, et filait en sa direction. Il était près des buts de Griffondor, à moins d'un pied du sol. Le cœur de Severus battait à cent à l'heure. Si Craighead l'attrape, nous aurons cent-cinquante points et nous gagnons ! Mais ensuite, il réalisa qu'ils ne gagneraient cependant pas la coupe de Quidditch, comme cela ne leur donnerait que dix points de plus que Griffondor et qu'ils en avaient déjà deux cent de retard. Il sentit la bile monter dans sa gorge. Ce n'était pas juste !

Un rugissement s'éleva de la foule. Il avait laissé son esprit vagabonder et Potter avait encore marqué contre lui. Arg, pensa-t-il, rattrapant le souaffle dans sa lente chute libre et le balançant vers un joueur de Serpentard avant de remarquer que c'était un batteur. Malédiction ! Le batteur frappa instinctivement le projectile arrivant de sa batte avant de réaliser que ce n'était pas un cognard, et il envoya proprement le souaffle dans les mains de James Potter encore une fois. L'attrapeur de Serpentard fonçait encore vers le vif et l'annonceur disait « CA FAIT CENT-CINQUA…… OH ! »

Severus avait essayé de bloquer Potter encore une fois, mais il avait mal calculé et le souaffle était passé derrière lui, à travers l'anneau. Et l'attrapeur de Serpentard ne savait pas encore ce qui se passait dans son dos, à l'autre bout du terrain. Severus ne se dérangea même pas pour reprendre le souaffle. Il regarda l'estomac noué, il regarda l'inévitable se produire, alors que Craighead se saisissait du vif et le tenait au-dessus de lui, triomphant, pensant qu'il avait gagné le match, volant devant les spectateurs de Serpentard en souriant. Puis son sourire s'effaça de son visage. Ils ne l'acclamaient pas comme il s'y était attendu, et Severus Rogue se sentit mal à l'aise pour le garçon. C'était vraiment un attrapeur brillant. Ce n'était pas sa faute si l'équipe avait un boulet en guise de gardien, qui ne pouvait pas empêcher James Potter de marquer encore et encore…

Tout le monde semblait être sonné, y compris l'annonceur, qui dit finalement. « LA PARTIE EST FINIE, ET GRIFFONDOR GAGNE, CENT-SOIXANTE À CENT-CINQUANTE ! GRIFFONDOR A GAGNÉ LA COUPE DE QUIDDITCH ! »

Severus Rogue descendit au sol près des buts de Serpentard, se sentant vide à l'intérieur. Il repoussa ses cheveux, irrité, souhaitant avoir décidé de les attacher en arrière comme il le faisait avant. Son visage était rugueux et il réalisa qu'il avait oublié de se raser ce matin. Bien, qui se souciait de son apparence ? Certainement pas Lily…

Elle était là, maintenant, se frayant un chemin dans la foule entourant l'équipe de Griffondor, souriant à James Potter, et jetant finalement ses bras autour de son cou, comme il la prenait contre lui et l'embrassait avec passion, tandis que les gens continuaient à lui distribuer des tapes dans le dos. Il entendit un ou deux cris « Trouvez une chambre ! » comme leur baiser se prolongeait. Lily refit alors surface, rougissant, encore incapable de s'arrêter de sourire, et elle et Potter revinrent vers le château, bras-dessus, bas-dessous, assaillis par la foule, et préservant cependant d'une manière ou d'une autre leur propre espace privé.

James Potter et Lily, le style de couple que personne ne met en question. Tous les deux Griffondors, et d'excellents élèves (même Severus devait l'admettre). Préfet et préfète en chefs. Ils semblaient faits l'un pour l'autre. Pourquoi n'avait-il jamais vu que Sirius Black n'était pas la menace réelle, ni même Remus Lupin ? C'était James Potter, tout du long. Quand ils avaient été ensemble, elle avait mentionné son nom bien trop souvent à son goût. James à dit ci, et James a dit ça. James, James, James. Et puis Potter avait du intervenir et sauver sa vie. C'était là qu'il avait réalisé pour la première fois qu'il aurait dû s'inquiéter pour Potter, mais arrêter cela était comme arrêter la gravité ou le cours du temps…

Bah.

Severus regarda sa main. Il y avait des plaques rouges sur le revers. « Malédiction. » se marmonna-t-il doucement. «J'ai manqué une zone… » Il devait se préparer soigneusement pour le Quidditch, spécialement à cette période de l'année, quand même dans le nord de l'Écosse le soleil commençait à être assez fort. Il sortit un petit tube d'une poche de sa robe et passa la pommade sur la peau inflammée, maudissant mentalement sa porphyrie. En faisant cela, il regardait la foule des supporters de Griffondor rentrant au château. Il y avait encore quelques supporters de Serpentard peu enthousiastes sur le terrain, mais ils évitaient Rogue. Ses yeux glissèrent furtivement sur ses équipiers, puis il prit son balai et alla vers les serres. Il ne voulait pas voir qui que ce soit maintenant.

Il atteignit l'abri des chênes et après avoir fait quelques yards depuis l'entrée de l'allée d'arbres, il s'arrêta et s'appuya contre l'un d'eux, regardant dans le vide. Il se souvint avoir été ici avec Lily, lui disant qu'il l'aimait, l'embrassant…

Puis il entendit un bruit de pas sur le chemin. On marchait sur les feuilles et les brindilles, et il se tourna pour voir un jeune homme, d'environ vingt-cinq ans, s'avancer au milieu des chênes dans sa direction. Rogue n'était pas sûr de qui il s'agissait, mais il avait quelque chose de familier…

« Pas de chance, Rogue. » fit le jeune homme d'une voix traînante. Il avait les cheveux ivoire et un visage pointu, des yeux gris qui ne trahissaient aucune émotion. Severus regarda vers lui, en silence, souhaitant simplement qu'il disparaisse. Maintenant, il se souvenait : Lucius Malfoy. Le petit ami de Narcissa Anderssen. Brillant, pensa Severus. Tout ce dont j'avais besoin maintenant. Un petit ami jaloux venu me lancer un sort. C'était il y a cinq mois ! Comme si j'avais voulu sa chienne de petite amie de toutes façons…

« Tu te souviens de moi ? » demanda Malfoy, comme si on pouvait jamais l'oublier. Severus parla avec soin, presque sans inflexion dans la voix.

« Malfoy. Septième année quand j'étais en première. Désolé que vous ayez perdu votre temps en venant aujourd'hui. » Je ne voulais pas Anderssen. Je ne voulais pas Anderssen. Foutez moi la paix.

Lucius Malfoy eut un sourire mauvais. « Oh, cela aurait été bien de voir une victoire de Serpentard, c'est vrai. Mais je n'ai définitivement pas perdu mon temps en venant. »

Severus ne le regarda pas, au cas où il voie quelque chose dans ses yeux qui puisse ressembler à de la culpabilité. Je ne me sens pas coupable pour ce qui est arrivé à la fête, pensa-t-il avec entêtement. Mais il savait que ce n'était pas vrai. Cependant, ce n'était pas parce qu'Anderssen avait un petit ami qu'il se sentait coupable. C'était à cause de Lily.

Pour avoir l'air occupé et pour ne pas avoir à le regarder dans les yeux, il reprit son tube de pommade et se frictionna à nouveau le revers de la main. Il regarda Malfoy du coin de l'œil. L'homme blond avait un rictus. « Est-ce ce que tu fais ? Rester en dehors du soleil ? Je me disais. Il fait assez beau aujourd'hui, tu dois être content de te mettre à l'abri de nouveau. » Severus leva son visage vers Malfoy maintenant, le regardant à travers la fente de ses yeux. Encore l'histoire du vampire. Il se souvint de la petite 'folie' d'Anderssen, la manière dont elle lui avait demandé de la mordre. Malfoy s'approcha de lui et se tenait maintenant à un pied de Severus, qui se sentait très mal à l'aise. Et maintenant ? Est-ce qu'il va me demander de le mordre maintenant ? Quelle paire de déjantés ils font… Il décida d'essayer d'y mettre un terme, de lui faire peur.

Il déglutit d'abord, puis dit doucement « Mieux vaut ne pas trop s'approcher. Je suis assez mordant après un match. » Il essaya de garder son visage aussi impassible que possible pendant qu'il scrutait celui de Malfoy pour voir s'il l'avait intimidé.

Ce n'était pas le cas. Pas le moins du monde. A la place, Malfoy rit. « J'ai pris une assurance. » l'informa-t-il, sortant un collier avec une tête d'ail de sa robe. Severus recula immédiatement, se mettant la main sur la bouche et le nez. Malfoy rit encore. « Je me demandais si les gens poussaient en parlant de cela. Je peux maintenant voir qu'il n'en était rien. Bien sûr, j'aurais dû savoir. Tu n'as évidemment pas regardé dans un miroir depuis un bout de temps. » Severus tiqua à l'insulte, mais il ne dit rien. « Je veux juste te parler. Puis-je te parler ? »

Severus doutait que ce soit aussi simple. « De quoi ? » Des fantasmes de vampire de ta petite amie ? Ne me blâme pas si elle est malade.

« Quels sont tes projets quand tu finiras l'école ? »

Severus sentit qu'on ne pouvait pas avoir confiance en Malfoy. Il dit avec précaution, d'une voix égale. « Travailler dans la boutique d'apothicaire de mon oncle à Dunoon. »

« Ah, Dunoon. Le fjord de Clyde est assez beau n'est-ce pas ? » Malfoy se montrait poétique maintenant « Bien sûr, j'aime Dunoon à cause de son histoire sanglante…Alors. Un oncle à Dunoon. Est-il écossais ? »

Il acquiesça. « Le frère de ma mère. »

« Côté maternel. Hmmm. Dunoon. Quel est le nom de ton oncle ? »

« MacDermid. »

« Ah, Clan Campbell. Bien. Pas le clan Lamont. Des faibles. Bien sûr, à Dunoon, il y a des chances d'être des uns ou des autres. Dans tout l'Argyllshire, c'est ce problème. Bien que quiconque avec un peu de bon sens soit d'accord que les Campbell aient dominé les Lamont pendant des siècles. Ils ont laissé les moldus dominer leur clan plus tôt que les Campbell. Je suis aussi du clan Campbell, du côté de ma mère. Elle est une Bannatyne. Glorieuse et sanglante histoire que celle du clan Campbell. La famille française de mon père a aussi une histoire sanglante. Ils se sont toujours débrouillés pour être du côté des vainqueurs, que ce soit pendant la Révolution ou la Restauration qui a suivi, ou le régime de Vichy…Mais personne ne peut vraiment faire ombrage aux écossais pour ce qui est du sanglant, eh ? »

Severus le fixa. Où va-t-il ? Quand va-t-il m'accuser d'avoir couché avec sa petite amie ? Il ne répondit pas. Malfoy continua, aimant visible le son de sa propre voix.

« Tu sais quelle histoire sanglante est ma préférée ? Elle se passe à Dunoon, tu me rappelles. Le massacre de 1646. Après que les Campbell aient frappé les châteaux Lamont de Towart et Ascog avec tout ce qu'ils avaient, et que les Lamond se soient rendus. Notre camp leur a donné des garanties écrites de liberté. Bien sûr, ces idiots y ont cru. Ils ont été emmenés à Dunoon dans des bateaux et condamnés à mort dans l'église. Peu de survivants parmi une centaine. L'histoire dit qu'ils ont tous été poignardés à mort. Mais les sorciers savent que c'est le sortilège mortel qui a vraiment fait cela. Sauf pour trente-six 'gentlemen spéciaux' qui ont été pendus à un arbre dans la cour de l'église. Je crois qu'ils étaient moitié sorciers-moitié moldus. Et ensuite, il y eut le chef et ses frères. Ils ont été prisonniers pendant de nombreuses années. Pourquoi ils ne les ont pas tués, je ne sais pas. Bien sûr, en ce temps, le chef était encore un sorcier. Peut-être était-ce à cause de cela. Les presque morts ont été enterrés dans les mêmes trous que les morts. Penses-y ! J'aurais aimé être là… »

« Pourquoi me racontez vous tout cela ? » Est-ce qu'il a prévu pour moi ? Et pour mon oncle aussi ? Balayer notre famille de la surface de la terre ?

« Parce que je crois que nous avons quelque chose en commun, Rogue. Même maison, même clan. Et j'espère…Le même désir de servir le Seigneur des Ténèbres. »

Severus n'écartilla qu'un peu les yeux, essayant de cacher sa surprise. Il se souvint d'Anderssen, lui tapant sur le bras et disant quelque chose sur une marque, et de glisser quelques mots pour lui auprès de Malfoy. Peut-être que Malfoy n'était vraiment pas au courant pour l'incident à Ascog, et c'était la preuve qu'elle tenait parole. Pas qu'il veuille qu'elle le fasse. « Est-ce donc de cela dont il est question ? » demanda-t-il, encore avec précaution.

Malfoy s'avança vers lui encore. Severus se recula instinctivement et se retrouva contre l'arbre. « J'ai un travail à te proposer. »

« Je vous ai dit. J'ai un travail en vue. » dit Severus, se maudissant intérieurement pour le tremblement dans sa voix. Ne jamais montrer sa peur.

Malfoy recula, son sourire à nouveau en place. « Ce n'est pas un travail à plein temps, bien qu'il soit important. Tu auras encore plein de temps pour…travailler dans la boutique de ton oncle. » dit-il avec un reniflement condescendant.

« Qu'est-ce ? » cracha-t-il.

« Connais-tu le garçon qui est préfet en cinquième année à Serdaigle ? »

Severus réfléchit à cela. Le préfet de Serdaigle de cinquième année. Il voyait le garçon maintenant. « Je ne le connais pas vraiment. Je vois quelle tête il a. Un garçon blond. » C'était un blond plus foncé, plus jaune que celui de Malfoy, qui était blond-blanc. Le Serdaigle avait la couleur de la paille sale.

« Oui. Sais-tu qui est son père ? » Severus secoua la tête. « Bien, son père est un homme très important. Il travaille beaucoup. Il met les mages noirs à Azkaban. Il travaille toujours. Et son fils le hait pour cela, entre autre. Son fils cherche juste un moyen de le faire payer à son père. Mais il est seulement en cinquième année. Il est jeune, ne connaît pas les bonnes personnes. C'est là où tu rentres en jeu. »

« Comment ? » Il n'avait pas voulu montrer d'intérêt, mais le mot s'était simplement échappé.

« Tu vas faire sa connaissance, avant la fin de l'école en été. Deviens son ami. Écrivez-vous des lettres, invite-le à te rendre visite à Dunoon pendant les vacances. Je veux que tu deviennes le grand frère qu'il n'a jamais eu. Une figure paternelle, pour un garçon que son père a négligé. Il a besoin de quelqu'un comme toi, et tu peux être là pour lui. Et tu as du temps. Cela prendra encore deux ans pour qu'il finisse l'école. J'espère que d'ici là, il sera prêt. »

« Prêt ? Pour quoi ? »

« Pour une de ces choses là. » Malfoy remonta sa manche, montrant à Severus ce dont Anderssen avait parlé : quelque chose qui semblait être un tatouage était sur la pâle peau là, l'image d'un crâne avec un serpent en guise de longue langue inquiétante. Severus inspira la mâchoire close. Il ne put s'en empêcher. Malfoy semblait content de l'avoir impressionné. « Tu n'auras pas la tienne d'ici là, non plus. Je ne veux pas alerter le jeune Mr. Croupton trop tôt. D'ici là, tu seras strictement un mange-mort officieux… »

Severus déglutit. Avait-il dit 'Croupton ?' « Croupton ? Vous voulez dire… Le fils de Barty Croupton ? »

« Oui. Barty Croupton Jr. Nous attendons de lui qu'il nous soit très utile. Mais nous avons besoin que tu…Le cultives. Fais le mûrir pour ce choix. Tu as deux ans. Cela devrait être assez, ne penses-tu pas ? »

Severus avait la tête qui lui tournait. Cela ne pouvait se produire. « Mais…Son père ! Si j'approche le fils de Barty Croupton et lui suggère de devenir un mange-mort, qu'est-ce qui vous fait penser qu'il ne va pas en parler à son père ? »

Malfoy sourit. « Il ne le fera pas. Pas si tu fais ton travail et obtient sa confiance totale. Il cherche un moyen de faire payer à son père autant que nous. Et nous avons décidé qu'utiliser son propre fils marcherait très bien. »

Severus déglutit. Il devait y avoir un moyen de se sortir de là. « Et si je refuse ? »

Malfoy s'avança vers lui sa baguette sortie cette fois. « Alors je devrais te tuer. Par chance, il se trouve que les baguettes sont de petits pieux pointus en bois. » dit-il, l'approchant d'une manière menaçante du cœur de Severus, puis l'éloignant. « Bien sûr, je pourrais juste altérer ta mémoire, mais ce n'est pas drôle. Tu serait encore en vie. J'ai pensé qu'une créature des ténèbres comme toi accepterait volontiers une opportunité de servir le Seigneur des Ténèbres. »

Severus Rogue déglutit une fois, puis deux, ne quittant jamais Malfoy du regard. « D'accord. » il n'était pas sûr de ce qu'il faisait, mais soudain, dès qu'il l'eut dit, sa voix ne trembla plus. Il se souvint avoir entendu Lily dire qu'elle allait s'entraîner pour être auror. C'est ce que les bons petits Griffondors sont sensés faire, n'est-ce pas ? Et que sont sensés faire les Serpentards ? Ceci, évidemment. Il se sentait bizarre, comme si on avait rendu un but à sa vie, un but qui lui avait manqué depuis qu'il avait rompu avec Lily.

Malfoy sortit une fiole bouchée de la poche de sa robe. « Tiens. » dit-il, la lançant à Severus, qui l'attrapa par réflexe. Il fixa le liquide visqueux et rouge à l'intérieur, le reconnaissant, puis regarda à nouveau le visage de Malfoy, incrédule. Comme sa main se refermait autour du verre fin, il pouvait sentir qu'il était encore chaud.

« Un cadeau. » lui dit Malfoy. Il se tourna et s'éloigna sous les frondaisons. Severus tenait le récipient, le fixant avec intensité. Il pense vraiment que je suis un vampire. Il leva les yeux, mais Malfoy était parti. Bien, laissons lui croire que je suis une créature des ténèbres. Ce sera probablement à mon seul bénéfice.

Mais comme il revenait vers l'école, sous les chênes, il eut envie de faire quelque chose de violent, de destructif, et il serra étroitement la fiole dans sa main avant de la lancer afin qu'elle se brise sur l'un des plus gros troncs d'arbre, qu'elle éclate, aspergeant le sang. Il continua à avancer, ne sentant qu'un petit soulagement à cette action violente, se demandant ce que l'on penserait de l'arbre aspergé de sang quand il serait vu, se demandant à qui était ce sang…

Je vais être un Mangemort, pensa-t-il. Et Lily va être auror.

C'était officiel. Ils étaient ennemis. Il n'y avait pas de retour possible.

Samedi 4 novembre 1978

Ils étaient un groupe en fête retournant au château. Charlie bondissait, enjoué, éclatant de sa première victoire de Quidditch. Comme il avançait en tenant une main de Peggy et que son père avait l'autre, Bill sourit à son frère. Charlie avait été brillant, fondant sur le vif avant que l'attrapeur de Serpentard réalise ce qui arrivait, et c'était dire quelque chose comme Craighead était l'attrapeur le plus brillant de l'école. Était, pensa Bill avec fierté, se souvenant du visage choqué du troisième année comme Charlie tournait, faisant un looping autour de lui, et saisissant le vif en plein vol alors que la main du Serpentard n'en était qu'à quelques pouces.

Étonnamment, Annie semblait être la plus frappée par la prouesse de son frère en Quidditch. Bien qu'ils soient normalement combattants dans une guerre qui avait commencé au jour de sa naissance, aujourd'hui, elle lui avait demandé la permission de lui porter son balai après la partie, et Bill et son père avaient échangé un sourire au-dessus de sa tête. Annie idolâtrait clairement son frère, bien qu'elle ne le dise pas carrément, et Bill sentit que cela présageait bien pour le futur. Elle serait en première année quand Charlie serait en cinquième et Bill en dernière, et cela tardait à Bill, trois parmi eux à Poudlard en même temps. La seule chose qui le rendait triste était qu'il aurait fini l'école quand Peggy commencerait, mais il était content qu'elle ait Annie et Charlie pour lui montrer les ficelles, et puis elle et Annie seraient en cinquième et septième année quand Percy commencerait, et elles pourraient le guider. Peggy et Percy aideraient les jumeaux plus tard, Fred et George.

Bill secoua la tête en marchant. Son papa, tenant l'autre main de Peggy afin qu'ils puissent la balancer entre eux à chaque pas, lui demanda pourquoi.

« Oh, je pensais juste que quand Percy commencerait l'école, Annie et Peggy pourraient l'aider comme Charlie et moi aiderons Annie quand elle commencera. Ce doit être dur de débarquer sans frère ou sœur pour vous montrer les ficelles de l'école. »

Arthur Weasley sourit avec affection à son fils aîné. « Tu l'as fait. » lui rappela-t-il, comme ils balançaient au-dessus d'une motte, la faisant crier et rire.

« Oui, mais j'ai eu de la chance. Lors de mon premier voyage en train, j'ai été accueilli par trois préfets. Je vous ai parlé de deux d'entre eux, James Potter et Lily Evans. »

« Le préfet et la préfète en chef de l'an dernier ? Exact, je me souviens. Bien, c'est pour cela que sont faits les préfets, n'est-ce pas ? Entre autres choses… »

Bill loucha sur son père. « Étais-tu préfet quand tu étais à l'école ? »

Son père eut l'air embarrassé et rougit légèrement. « En fait, oui. Je n'aime pas me vanter, mais… »

Bill lui sourit. « Tu peux te vanter devant tes enfants, un peu. Jusqu'à ce que nous te disions d'arrêter en tous cas. » Bill rit.

Arthur regarda encore Bill avec tendresse. A près de quinze ans, il faisait presque six pieds de haut, et si ce n'était pas sa silhouette maigre, il aurait pu être pris de manière courante pour un élève plus âgé. « Je me vante devant Peggy tout le temps, pas vrai Pegs ? »

Elle sourit à son père, ses couettes rousses volant comme elle se balançait encore entre eux. « Ce n'est pas se vanter si c'est la vérité, papa. » Elle se tourna et regarda Bill. « Papa est le sorcier le plus intelligent du ministère. Il va être ministre de la magie un jour, tu sais. »

Bill commença à rire, puis il se souvint que c'était Peggy qui disait cela. Peggy qui semblait avoir le Don. Il se calma et la regarda. « Vraiment, Peg ? Tu es sûre ? »

« Bien sûr que je suis sûre, » dit-elle joyeusement. « J'ai demandé cela pour mon anniversaire, mercredi, et papa m'a promis qu'il le ferait un jour, et papa tiens toujours ses promesses. »

« Oooh. » dit Bill en comprenant. Ce n'était pas l'une des choses qu'elle avait prédites. C'était une promesse de leur papa. « Bien, alors je suis sûr qu'il devrait être ministre de la magie, comme il t'a fait cette promesse pour ton anniversaire. Qu'est-ce que cela fait d'avoir six ans ? »

« Cela donne encore plus envie de se balancer ! » croassa-t-elle, bondissant en l'air entre eux deux et accélérant de telle sorte qu'ils tirent sur ses bras et l'empêchent de finir à genoux dans la boue qui couvrait inévitablement le chemin allant du terrain de Quidditch au château à cette période de l'année. Ils ne la déçurent pas, et elle se retrouva une fois de plus suspendue entre son père et son frère, riant avec joie.

Charlie était revenu à leur niveau et marchait maintenant à côté de son frère. « Trop bête que maman n'aie pas pu venir. » dit-il. Bill vit que cela le décevait, bien qu'il fasse contre mauvaise fortune bon cœur. Bill savait qu'il s'était inquiété de venir à l'école l'an dernier et de laisser sa mère se débrouiller sans lui pour aider à garder les petits. Bien qu'il ne prenne pas toujours bien ses tâches de gardien, d'où ses disputes avec Annie, il n'aimait pas l'idée que leur mère ait une charge encore plus importante.

Leur père soupira. « Elle voulait venir, mais ta tante Meg était invitée à un mariage et ne pouvait pas garder Percy et les jumeaux, et tu sais comment elle est… Elle n'a pas vraiment confiance en quiconque d'autre. Je lui ai suggéré de prendre les petits, mais elle a dit qu'elle passerait tout son temps à les gérer pour essayer de les faire se tenir tranquilles, et elle avait probablement raison. »

Il sourit à Charlie, essayant de le réconforter, et Charlie lui adressa un demi-sourire plein de gratitude. « C'est bon, papa. Je comprends. »

« Je vais te dire. La prochaine fois, je m'occuperai des cinq petits, et je laisserai ta mère venir te voir. Et puis elle pourra un peu profiter de ses deux grands garçons ici sans avoir les petits dans les pattes. Est-ce que ce ne serait pas bien ? »

« Sans nous ? » dit Peggy avec une réelle détresse. Son père lui adressa un regard légèrement sévère.

« Maman a besoin de faire une pause de temps en temps, Peggy. Ce n'est pas bien de lui refuser cela. »

Proprement grondée, Peggy regarda ses bottes boueuses comme elle marchait et marmonna « Oui, papa. »

Remus Lupin et Peter Pettigrew suivaient derrière les Weasley, essayant de trouver les endroits où il y avait le moins de boue pour poser leurs pieds. Remus avait enfoncé profondément ses mains dans ses poches et respirait profondément les senteurs automnales de Poudlard. C'était si étrange de revenir ici et de n'être plus élève. Il avait été plutôt abattu depuis qu'ils avaient fini l'école en juin, et il vivait encore chez ses parents. Il avait répondu à quelques annonces dans la Gazette du Sorcier, mais personne ne l'avait embauché. Il n'avait pas un très bon plan sur quoi faire, pas comme James et Lily. Il ne pouvait pas croire que Lily s'entraînait pour être auror. Cela semblait être quelque chose de si adulte. Il avait été très encourageant pour la relation entre elle et James depuis février, mais il y avait encore des fois, spécialement avant la pleine lune, où elle lui manquait, et pas seulement physiquement.

James avait essayé de lui en parler une fois, mais il l'avait repoussé en disant qu'il était très heureux pour eux deux et qu'il n'avait pas à s'inquiéter pour lui. James avait eu l'air de se sentir un peu coupable, comme s'il lui avait volé Lily. Remus avait découvert pourquoi James était comme cela quand, lors de leur dernier matin à Poudlard, avant de prendre le train pour rentrer, James avait annoncé qu'il avait demandé à Lily de l'épouser et qu'elle avait accepté. Sirius les avait tour à tour pris dans ses bras avec enthousiasme, et Remus avait serré la main de James et timidement pris Lily dans ses bras, toujours conscient de sa force de loup-garou. Elle avait scruté au fond de ses yeux et demandé doucement « Est-ce que tu vas bien Remus ? »

L'idée qu'elle s'inquiète pour lui avait fait chavirer son cœur. Il avait acquiescé à travers ses larmes retenues et lui avait dit que leur mariage lui tardait. Cependant, comme James jouait pour l'Angleterre jusqu'à la fin de l'été, et qu'après cela il allait essayer de rentrer dans une des équipes de la ligue, et comme Lily n'allait pas être disponible, faisant quelque chose de mystérieux de septembre à janvier, ils n'allaient pas pouvoir se marier avant le mois de juin suivant. Cela semblait particulièrement soulager Lily.

« Toute une année pour se préparer ! » dit-elle. « Maman et moi en aurons besoin. »

Sirius n'ayant pas plus de but que Remus, vivait aussi chez ses parents, mais à la connaissance de Remus, il n'avait même pas essayé de se présenter pour un travail. Cependant, pour quelque raison, quand Peter était venu lui demander s'il voulait venir à Poudlard pour le premier match de Griffondor et que Remus avait demandé à Sirius de se joindre à eux, Sirius avait décliné, invoquant un engagement antérieur. Remus avait trouvé cela très étrange. Quel engagement antérieur Sirius avait bien pu avoir un samedi matin ? Mais ensuite, Remus s'était souvenu des habitudes de sortie de Sirius à l'école, et il avait pensé qu'il devait s'agir d'une fille. Cela le laissait donc coincé avec Peter pour seule compagnie.

Il jeta un regard en coin à Peter, dont la mère lui avait trouvé un travail à la Gazette, dans le département de recherche et de vérification des faits. Il passait ses journées à envoyer des chouettes aux gens pour vérifier les citations, ou corriger l'orthographe des noms avec un geste de la baguette. C'était certainement un travail requerrant beaucoup de patience, et Remus avait presque été tenté de lui demander s'il avait d'autres postes, mais l'idée de faire le même travail que Peter était légèrement déprimante, et il décida de plutôt dire qu'il n'avait pas encore trouvé un bon boulot pour lui.

« Tu es sûr que nous devrions rentrer au château pour déjeuner, au lieu d'aller au pub du village ? » demanda Remus à Peter. Peter haussa les épaules.

« Je l'ai simplement suggéré parce que je ne pense pas que tu aies beaucoup d'argent. Nous n'essayerons pas d'aller nous asseoir à la table Griffondor. Je pensais que nous pourrions simplement nous faufiler dans les cuisines et voir ce que les elfes de maisons voudraient nous donner. Tu sais comment ils sont. »

Remus acquiesça. Ce n'était jamais une corvée d'obtenir de la nourriture des elfes, et il était plutôt à court d'argent. Il mit ses mains gantées dans sa poche et sentit les cinq mornilles qu'il avait là, tout ce qu'il avait au monde jusqu'à ce que son père lui verse son subside, lundi. Un subside.

J'ai dix-huit ans, sept ans d'éducation magique, et je vis avec papa, maman et je vis sur ce qu'ils me donnent.

« Oui, je sais comment sont les elfes. » répondit-il à Peter, incapable de ne pas remarquer l'expression légèrement satisfaite sur le visage de Peter. Il sait que je ne peux pas me permettre d'aller dans un pub et de prendre un bon repas quand je veux.

Il pensa aux repas de Poudlard dont il avait profité pendant sept ans, puis il essaya de les oublier comme son estomac grouillait en lui. Il n'avait pas pris de petit déjeuner, et il lui tardait de prendre un bon déjeuner. Il avait d'autant plus faim que la lune allait être pleine la nuit suivante. Il ne subissait cependant pas ses pulsions sexuelles parce qu'il avait découvert un pub de loups-garous dans le North Yorkshire où il avait voyagé la nuit précédente (et il avait utilisé de l'argent moldu converti par les gobelins) et rencontré une fille qui était aussi un loup-garou. Elle était moldue, comme la plupart des clients du pub. Il ne lui avait pas dit qu'il était aussi sorcier.

Elle l'avait aidé à assouvir ses désirs charnels, tout comme il l'avait aidée avec les siens, mais il y avait eu cet homme d'âge moyen, de l'autre côté de la pièce, qui avait lancé à Remus ce regard, et il avait presque abandonné la fille pour l'homme plus âgé. Il n'avait jamais su que c'était une possibilité, un pub comme celui-là, et il était très, très content d'avoir trouvé un moyen d'être avec des gens juste avant la pleine lune maintenant. Autrement, il aurait dit à Peter d'aller voir le match tout seul. Il n'aurait en aucun cas pu supporter d'être assis au milieu des autres spectateurs, en train de regarder le match, s'il n'avait pas eu une libération sexuelle avec Luna, la nuit précédente.

Il lui avait demandé si c'était son vrai nom, et elle avait dit « Bien sûr que non ! C'est mon nom de loup-garou. Je ne dirais jamais mon vrai nom à quiconque ici. Quel est ton pseudo de loup-garou ? »

« Heu, » avait-il bégayé, « Remus Lupin. » Elle avait reniflé dans son verre.

« Comme c'est original. Tu sais combien il y a de Remus ici ce soir ? Bien sûr, il y a des tonnes de Luna aussi… »

Mais ensuite, leur conversation avait coupé court, et ils étaient montés à l'étage dans une des chambres réservées à cet usage, ne se souciant plus de leurs noms, ne se souciant plus de rien sinon de leurs besoins physiques…

Cela était logique, quand Remus y pensait. Il n'avait pas autant besoin de se soucier de faire mal à un autre loup-garou, quelqu'un qui était aussi fort que lui. Mais il s'était senti un peu seul et creux, allongé dans le lit minable après (qui savait à quand remontait la dernière fois où les draps avaient été lavés ?), pensant à la première fois où il avait été avec Lily. En dépit de l'avoir mordu, il y avait eu une atmosphère différente pendant toute la rencontre. C'était une amie, elle avait des sentiments pour lui, et elle ne s'était pas enfuie après. Elle ne lui avait pas donné un pseudo, ni ne lui avait ri au nez à son vrai nom. Il n'avait pas pu continuer sur la lancée de ses idées, cependant, comme un autre couple frappait à la porte, attendant (assez impatiemment) d'utiliser la même chambre.

Remus sourit à Peter, content d'avoir pu venir voir le match. Cela lui manquait particulièrement que les trois ne se promènent plus avec lui lors de la pleine lune, et il n'était pas sûr de comment les contacter et leur dire « Vous savez que vous êtes tous devenus animagi pour être avec moi…, bien est-ce que nous pouvons continuer comme cela maintenant que nous ne sommes plus à l'école ? » Maintenant qu'ils ne vivaient plus avec lui, les trois semblaient l'avoir oublié. Une fois, pendant l'été, James et Sirius l'avait invité à leur rendre visite à Ascog, mais cela avait été une pure coïncidence que cela tombe lors de la pleine lune.

Ils atteignirent finalement le hall d'entrée. Il y avait de nombreux autres élèves descendant pour déjeuner encore, comme il était tôt. Néanmoins, le nez de Remus détectait déjà les arômes divins émanant des cuisines, pensant aux elfes de bonne volonté qui allaient leur donner autant de nourriture qu'ils voulaient.

Les seules autres personnes dans le hall étaient les Weasley et… Remus eut envie de se frotter les yeux… Le professeur Trelawney, qui descendait les escaliers de marbre, regardant d'une façon inquiétante la plus petite sœur de Bill Weasley. Bientôt, Trelawney s'accroupissait devant la fillette, dont les cheveux étaient aussi roux que ceux de son père et de ses frères, et la fillette eut l'air pétrifiée, la fixant, comme si elle ne pouvait pas ôter ses yeux d'elle, même en essayant.

Bill se renfrogna. Il haïssait Trelawney, et n'avait pas pensé à ce qui pourrait arriver si Peggy venait lui rendre visite à l'école. Cela ne lui était certainement jamais venu à l'esprit que Trelawney descendrait de sa tour. Elle ne faisait jamais cela.

Mais maintenant, accroupie devant la fille de six, ses grands yeux de chouette magnifiés par ses lunettes ridicules, elle chuchota d'une voix mystérieuse. « Je sentais que tu étais là. »

Comme si c'était une sorte de déclencheur, Peggy se figea, et puis, les yeux encore fixés, elle commença à parler d'une voix étrange qui semblait ne pas venir d'elle :

Dans les temps à venir la chute du Seigneur des Ténèbres

Est séparée par l'argent comme l'or.

Un triangle, à chaque fois, sera sa perte.

Dans un coin est un grand Lion,

Aux bonnes intentions, nommé d'après le charbon.

Deux fois caché, à la fois bête et homme.

Un coin vient du sang d'antan,

Enfant de la lune d'argent si froide,

Serviteur du Seigneur des Ténèbres et ami du Lion.

En dernier vient la Fille de la Guerre aux cheveux de feu,

Prise entre l'argent et l'or ;

Une parmi deux et une parmi beaucoup.

Le Lion aime la lumière de la fille

Comme l'Enfant de la lune d'argent ;

Mais le serviteur du Seigneur des Ténèbres devra trahir.

Et même s'ils fuient devant leur destin,

Trois devraient donner naissance aux jours de damnation,

Et l'Amour devrait mettre fin au règne du Seigneur des Ténèbres

Au dernier mot, Peggy s'effondra au sol d'un seul tenant.