La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre onze

L'enfant de la lune

Samedi 4 Novembre1978

Bill et son père furent au côté de Peggy en une fraction de seconde, tandis que Annie et Charlie reculaient, horrifiés. Remus Lupin et Peter Pettigrew se pressèrent contre le mur, se jetant de nombreux coups d'œil. Remus ne savait pas quoi penser. Il vit que Peter était aussi pâle qu'un parchemin, et qu'il tremblait visiblement. Oui, pensa Remus, c'était quelque chose de dérangeant de voir un enfant rentrer en transe comme cela et commencer à parler si étrangement. Mais Peter avait carrément l'air pétrifié.

Enfant de la lune si froide…

Est-ce qu'elle parle de moi ? se demandèrent à la fois Peter et Remus, ayant peur de parler, se regardant l'un l'autre nerveusement.

Remus pensa à l'une des personnes qu'il avait rencontrées au pub des loups-garous, un homme qui utilisait « Enfant de la lune » comme pseudo. Pour des raisons évidentes. Que venait-il de se passer ici ? se demanda Remus. Le fait que la fillette ait mentionné la lune de façon répétée lui glaçait le sang. Il avait l'impression que tout le monde dans le hall savait qu'il était un loup-garou. Est-ce que la fille le savait, d'une manière ou d'une autre ? Est-ce qu'elle avait parlé de lui ?

Peter regarda Mr Weasley prendre sa fille dans les bras et la porter dans les escaliers de marbre, son front plissé d'inquiétude. Les autres enfants suivirent. Peter entendit la voix résonner encore dans sa tête :

Le Lion aime la lumière de la fille

Comme l'Enfant de la lune d'argent…

Il jeta un coup d'œil à Remus, souhaitant pouvoir lire ses pensées. Pourquoi a-t-il cet air ? se demanda Peter.

Remus pensa que Mr Weasley prenait la fille dans l'aile de l'hôpital. Trelawney était encore dans le hall d'entrée, se tenant pétrifiée au pied des escaliers, regardant les Weasley s'en aller. Puis elle sembla regarder dans le vide, bougeant ses lèvres sans émettre un son, et Remus paniqua et pensa qu'elle essayait de leur lancer un maléfice, même si elle ne les regardait pas, alors il prit le bras de Peter et le tira à l'extérieur. Peter ne semblait pas vouloir partir. Il lutta contre lui, mais la force de Remus ne lui donna d'autre choix que de suivre.

« De quoi penses-tu que tout cela parlait ? » demanda Remus à Peter quand ils furent à nouveau à l'extérieur du château. Peter le regarda, et Remus vit encore clairement la terreur dans ses yeux.

Pour sa part, Peter se demandait ce que l'expression de Remus pouvait bien pouvoir dire. Non, Remus ne peut rien savoir des rêves, pensa-t-il. Peter n'en avait parlé à personne. Mais… Et si un de ses sens de loup-garou lui disait… quelque chose sur moi ?

Les deux jeunes hommes se regardèrent comme s'ils étaient étrangers, comme s'ils n'avaient pas vécu pendant sept ans dans le même dortoir.

A-t-il peur de moi ? se demanda Remus

Est-ce qu'il me suspecte ? s'inquiéta Peter.

Remus essaya de ne pas s'attarder sur les références à la lune qu'avait faites la fille, mais les mots lui revenaient.

« Je… Je ne sais pas à quel sujet tout cela était » bégaya Peter. « Est-ce que la fille est… Une voyante ? » sa voix sembla étrangement aiguë aux oreilles de Remus.

Remus haussa les épaules, essayant d'avoir l'air nonchalant. « Je n'ai jamais entendu Weasley en parler. Elle pourrait l'être. Si c'est ce que je pense que c'était. » Peter acquiesça, absent, ne regardant pas Remus « Je pense » dit Remus « que nous devrions simplement aller au village déjeuner… » Il repensa à ses maigres fonds. Mais soudain, il voulait aller aussi loin que possible du château. Il n'avait soudain plus rien d'un abri et d'un refuge pour lui, à part la nourriture gratuite qu'ils pourraient avoir des elfes de maison…

Peter ne semblait pas faire attention à lui. Il continua à fixer les portes du château. « Oui. Bien. Au revoir. » Il commença à revenir vers les portes.

« Où vas-tu ? » demanda Remus, essayant de le réveiller de sa transe. Peter lui adressa un regard vide.

« Rendre visite à MacGonagall » dit-il après un moment d'hésitation. « A demain… »

Remus acquiesça, fronçant les sourcils. Cela n'avait aucun sens. Peter n'avait jamais été particulièrement proche de MacGonagall. Jusqu'à ce qu'il maîtrise la métamorphose en animagus, elle avait parfois été plutôt dure avec lui, aussi. Après cela, être capable de se métamorphoser en rat lui avait donné en cours avec elle la confiance en lui qui lui manquait avant, et il s'était grandement amélioré. Cependant, il n'était pas aussi rapide que James ou Sirius, et ses métamorphoses n'avaient pas le côté artistique de celles de Remus (dont il se flattait). De quoi va-t-il parler avec MacGonagall ? se demanda-t-il, entendant encore les mots de la fillette résonner dans sa tête.

Remus revint au village, portant ses gants dans sa main gauche, et remettant sa main droite dans sa poche avec sa monnaie. Il la retira immédiatement quand les mornilles d'argent brûlèrent ses doigts nus, et remit ses gants, en soupirant. Pourquoi est-ce que les sorciers devaient continuer à utiliser du vrai argent pour leur monnaie ? pensa-t-il avec irritation. Actuellement, l'idée des sorciers sur la méthode pour gérer les loups garous impliquait de les boucler dans des cellules au ministère pendant la pleine lune. Il devait arriver au ministère à trois heures afin qu'il n'y ait aucun risque d'être dehors après que le soleil soit couché et la lune levée. Il soupira, le jour où il pourrait aller dehors en toute liberté avec ses meilleurs amis lui tardant. Malheureusement, ils étaient trop occupés pour lui maintenant, et il devait faire ainsi à la place…

Peter hésita avant d'ouvrir à nouveau la lourde porte de chêne. Cela faisait plus d'une semaine qu'il avait eu le dernier de ses rêves, mais ils étaient tous très, très vivaces dans sa mémoire. Ils avaient commencé vers la fin du dernier trimestre, pendant qu'il préparait ses ASPICs. Il n'avait pas beaucoup dormi. Lily les faisait constamment réviser tous les cinq. Il était certain que si ce n'était pas elle, il aurait grandement déçu sa mère. En tant que tel, il avait les notes les plus basses des cinq, mais au niveau général des septième année, ses notes étaient parfaitement respectables, et il avait même la dixième meilleure moyenne de sa promotion.

Quand il réussissait à dormir pendant cette période, il se retrouvait immédiatement dans ses rêves, sans même avoir à être inconscient pendant un long moment. Et alors que les rêves commençaient comme des rêves paniques standards (se rendormir et manquer tous les examens, par exemple, ou prendre place et découvrir qu'il avait appris les mauvaises choses, ou que les questions étaient toutes en russe), ils avaient graduellement évolué en un autre type de rêves.

Dans l'un d'eux, il se tenait dans un cercle de grandes silhouettes encapuchonnées, alors qu'une silhouette plus sombre et plus grande s'adressait à lui d'une voix hypnotique.

« Nous avons ici… l'enfant de la lune. »

Et puis les silhouettes masquées répétaient toutes, comme si elles étaient en transe, l'enfant de la lune, l'enfant de la lune, l'enfant de la lune…

Puis une douleur plus grande que toutes celles qu'il avait connues se pressait dans son bras gauche, le faisant se réveiller, haletant, se tenant le bras gauche dans la main droite.

Son bras lui faisait mal pendant toute la journée suivante après.

Un autre de ses rêves récurrents n'était pas beaucoup mieux. Il était à un enterrement, et s'approchait du cercueil dans une longue ligne de personnes en deuil. Quand il atteignait finalement le cercueil, il apprenait pour qui étaient ces funérailles.

Il essayait de reculer, mais quelque chose l'attirait. Il voyait avec horreur la façon dont ses longs cheveux roux étaient étalés sur le petit coussin de satin rose, la façon dont ses longs doigts fins et blancs étaient refermés sur la tige d'un lys unique sur sa poitrine. Il sentait ses larmes couler sur ses joues comme il la regardait encore et encore, et puis il avait l'impression que son propre cœur allait bondir hors de sa poitrine quand il la voyait se redresser et ouvrir ses yeux, qui n'étaient plus verts, mais des orbes d'obsidienne. Elle ouvrait la bouche pour parler, mais c'était sa propre voix qu'il entendait venir d'elle.

Pourquoi, Peter ? Pourquoi ?

Celui-ci était encore pire que l'autre. A chaque fois qu'il l'avait, il se réveillait en hurlant. Parfois, il y avait des variations sur les deux, comme un rêve où les deux rêves semblaient se superposer. Parfois l'église dans laquelle avaient lieu les funérailles ne contenait personne d'autre, juste des rangs de chaises proprement arrangés face au cercueil. Chaque rang était barré par une corde qui portait un panonceau disant « pas d'enfant de la lune ». Il se retrouvait allant de rangée en rangée, s'avançant vers le devant, à la recherche de celui disant 'Enfant de la lune', sauf qu'une fois qu'il était à nouveau près du devant, elle se redressait avec ses yeux noirs et lui demandait Pourquoi Peter ? Pourquoi ?

Il ne voyait pas ce que cela pouvait vouloir dire. Après que James et Lily aient annoncé leurs fiançailles, il avait pensé que cela avait à voir avec de l'anxiété à ce sujet, peut-être. Et bien que les rêves aient commencé avant leurs fiançailles, il les avait peut-être simplement anticipées. Mais il y avait d'autres choses bizarres. Est-ce qu'il n'imaginerait pas James mort si c'était la raison de ses rêves ? se demandait-il. A moins que… Il sentait que Lily était maintenant hors d'atteinte pour lui, comme si elle était morte. Cela devait être ça, avait-il réfléchi. Mais pourquoi me demandait-elle pourquoi ? Et qu'était donc ce cercle de silhouettes sombres et masquées ? Pourquoi était il alors appelé enfant de la lune, ainsi qu'au rêve de l'enterrement, et pourquoi son bras lui faisait mal ?

Il était arrivé chez lui au bout de sa dernière année la veille de son dix-huitième anniversaire. Il avait eu un rêve différent cette nuit-là, un rêve où une grande femme rousse dont il ne pouvait pas voir le visage conduisait couloir après couloir, en disant « Nous y sommes presque, Peter, nous arrivons bientôt » Et il la suivait, essayant de courir un peu pour la rattraper, afin de pouvoir voir son visage. C'était frustrant, parce que peu importait ce qu'il faisait, il ne pouvait rien saisir de son visage. Finalement, elle s'approcha d'une porte, et avant de l'ouvrir elle lui dit « Sais-tu qui est dans le neuvième cercle ? A qui est réservé le neuvième cercle ? » Elle ouvrit la porte et un fort souffle chaud sembla en émaner, et avant qu'il ne puisse l'arrêter, il sentit sa main l'attraper et le prendre, le projetant par la porte ouverte dans la fournaise.

Comme il tombait en criant « Lilyyyyyy » il vit que le guide aux cheveux roux était un squelette, et comme il chutait lentement, les os tombaient en tas, et il se réveilla en sursaut dans son lit, dans ses draps trempés de sueur…

Ses mains relâchèrent la poignée de la porte. Il ne pouvait pas se convaincre d'entrer, pour découvrir ce qui arrivait. A la place, il redescendit en courant les marches du château et revint au terrain de Quidditch. Il était déserté, et il fut rassuré de ne voir personne. Il continua jusqu'à la forêt, la forêt qu'il avait connue si intimement quand il était élève. Après s'être assez avancé pour être sûr que personne ne le voit depuis la lisière, il ferma ses yeux et se concentra sur le changement, vacillant à cause de la douleur, se sentant devenir petit et poilu, sentant sa longue queue rose derrière lui. Il pouvait sentir les moustaches frissonner au bout de son museau pointu, et ses instincts animaux s'éveiller, lui disant s'il devait craindre des prédateurs, ou s'il y avait quelque morceau de choix à proximité.

Malheureusement, il n'y avait pas d'issue aux échos de ses rêves. Bien qu'il soient dans une forme différente, les mots résonnaient encore dans sa tête…

Enfant de la lune, enfant de la lune, enfant de la lune, enfant de la lune…

Et puis ses oreilles et un autre de ses sens plus primaire se réveillèrent, et il se tapit dans l'ombre d'une souche, totalement immobile. Il écouta avec attention pendant un certain nombre de minutes comme deux créatures approchaient. Elles n'étaient pas très proches de lui, mais n'étaient pas non plus assez loin pour son confort. Il leva les yeux en hésitant, voyant deux centaures pénétrer dans la clairière à environ vingt pieds de lui. Des centaures ! James avait dit qu'il avait vu des centaures dans la forêt, mais Peter n'avait pas été assez rapide pour voir ce que James et Sirius avaient vu. Un cerf et un gros chien n'ont pas de si petites pattes, et il n'est pas nécessaire de faire autant de pas pour couvrir même une petite distance. Ils avaient l'avantage de faire de longs pas rapides. James pouvait sauter et courir encore mieux que Sirius sous sa forme d'animagus. Mais Peter avait un avantage : sa taille. Il pouvait rester immobile et discret et se fondre dans le décor, invisible. Du moins, il espérait pouvoir se fondre, il espérait ne pas être remarqué. Il essaya de ne pas trembler de peur comme il regardait les centaures depuis sa cachette.

L'un faisait un signe de la tête à l'autre. « C'est arrivé. » disait-il. « Ce que nous avons vu dans les étoiles est maintenant connu des hommes. »

L'autre centaure secoua la tête. « Non. Ils ne sauront pas ce que cela signifie. Il ne savent pas comment lire les signes, même quand ils sont juste devant. »

« Ce n'est pas notre souci. Nous observons simplement les affaires des hommes. »

« Les événements nous affecterons tous, finalement, » l'avertit l'autre centaure.

« Nous penserons à cela quand il sera temps. » L'informa le premier centaure, avant de s'éloigner d'un air hautain. L'autre centaure se tourna et commença à partir dans l'autre direction, mais il tourna soudain sa tête.

Il regarde droit sur moi ! pensa Peter, paniqué. Est-ce que les centaures savent quand les hommes prennent des formes animales ? Il se sentit figé, ne sachant pas ce qu'il ferait s'il était découvert.

Mais le centaure cligna des yeux et se détourna de lui, galopant dans les arbres, le bruit de ses sabots diminuant avec la distance jusqu'à ce que leur écho se soit finalement éteint et que la forêt ait retrouvé son silence.

Les centaures donnaient à Peter un étrange sentiment. Il n'avait aucun doute qu'ils parlaient de ce qu'avait dit la fille. Ils avaient des moyens de comprendre les choses. Personne ne les comprenait, mais eux, si. C'est une voyante, pensa-t-il. Il ne pouvait y avoir aucun doute. Et ce qu'elle avait dit… Ce devait être une prophétie, quelque chose que les centaures avaient déjà vu dans les étoiles. Il décida qu'il n'aimait pas les centaures. Il ne savait pas si c'étaient des amis ou des ennemis, ou des spectateurs amusés qui regardaient les humains se faire tuer comme une sorte de divertissement. Peter s'enfuit encore de la forêt, mais ne quitta pas sa forme de rat. Se souvenant qu'il n'avait pas mangé, il se faufila jusqu'au château, et trouva un passage dont il se souvenait, entre deux grosses pierres des fondations. Se tortillant pour passer, il découvrit qu'il pouvait encore rentrer dans le château de cette façon, comme il l'avait fait de nombreuses fois. Il était dans un couloir des donjons, assez haut, et il rassembla son courage pour bondir sur le sol, son petit cœur de rat battant encore plus vite que d'habitude.

Il alla jusqu'aux cuisines, se souvenant d'un raccourci qu'il avait découvert sous sa forme de rat avant. Il connaissait encore plus de passages secrets que ses copains grâce à sa capacité à voyager dans le château sous cette forme. Quand il atteignit finalement les cuisines, il détourna le nez de la nourriture servant d'appât pour les pièges à rat qui étaient sous les grands éviers le long du mur, sous une fenêtre qui donnait sur les pelouses. Il trouva le chemin du cellier et localisa une belle pomme de terre. Cette petite quantité de nourriture était étrangement satisfaisante sous sa forme de rat.

Ils ne pourront pas m'avoir ici, pensa-t-il, mâchant sa pomme de terre avec satisfaction. Les hommes masqués ne pourront pas m'avoir ici. Je suis en sécurité.

Il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir l'impression que la fillette, la petite sœur de Weasley, lui avait parlé directement, lui disant son sort, sa destinée. Non, pensa-t-il obstinément. Il n'était pas un joueur de Quidditch brillant comme James, ni un auror, ce que Lily serait quand elle aurait fini sa formation. Il n'était pas populaire comme Sirius (spécialement avec les femmes), ni un loup-garou d'une force surhumaine comme Remus. Il était simplement Peter. L'ordinaire Peter. La seule chose qui le rendait spécial avant était d'être un des maraudeurs. Il était l'ami de James, Sirius et Remus… Ils l'avaient inclus. Il avait toujours eu envie d'être extraordinaire par son propre mérite, mais il n'avait jamais su ce que pourrait être le coût. Maintenant, il savait. Maintenant, il savait…

Il devrait trouver un moyen d'écrire à sa mère demain, lui dire qu'il était en lieu sûr et bien nourri, mais ne serait pas à la maison pour quelques temps. Ce ne serait pas trop difficile de mettre la main sur une plume et du parchemin, et de monter une lettre à la volière. Il enverrait aussi une lettre de démission à la Gazette, pour son travail.

Je ne suis pas ce qu'elle a dit que j'étais, insistait-il pour lui-même, se souvenant du rêve. Ce n'est pas ainsi que je veux être extraordinaire…

Il entendit encore la voix de la femme rousse de son rêve :

« Sais-tu qui est dans le neuvième cercle ? »

Peter savait.

Il essaya de ne pas y penser de mâcher sa pomme de terre, et il regarda autour de lui les quelques autres rats qui rôdaient, qui l'aideraient à se fondre. Il se sentait en sécurité et abrité, et pensa que s'il restait ici, en tant que rat, le monde serait aussi plus probablement en sécurité et à l'abri de lui aussi.

Et ainsi, il se cacha dans les profondeurs de Poudlard, et regarda et attendit.

Bill se tenait à côté du lit de Peggy, se mordant avec inquiétude l'intérieur de la joue, jusqu'à ce qu'il ait une plaie qui allait le déranger pendant quatre semaines. Il regarda la porte du bureau de Madame Pomfresh, où son père parlait à l'infirmière. Bill attrapa un bout de tissu chaud dans le bol sur la table de chevet, l'essora et le plaça doucement sur le front de Peggy. De l'autre côté du lit se tenaient Charlie et Annie, l'air anxieux, et maintenant, Bill remarqua que Annie avait pris la main de Charlie comme ils regardaient leur sœur, et Charlie la lui serrait, en la regardant, essayant de lui transmettre quelque assurance.

Tous les trois échangeaient des regards quelque peu coupables depuis que Peggy avait été amenée dans l'infirmerie par leur père. Tous avaient eu de sérieuses preuves des capacités inhabituelles de Peggy à un moment ou à un autre. Aucun d'eux n'avait parlé à un adulte de cela. Maintenant, le sentiment de culpabilité imprégnant la pièce était presque palpable. Mais qu'aurions nous dû faire ? se demanda Bill. Oh, papa, maman, au fait, je pense que Peggy a le Don. Je peux avoir un nouveau balai ? Comment parlait-on de ce genre de choses ?

Soudain, la porte du couloir s'ouvrit et la dernière personne que Bill voulait voir entra : le professeur Trelawney. Il essaya de ne pas se mettre en colère, mais c'était difficile. D'une manière ou d'une autre, il avait le sentiment que sa présence dans le hall avait déclenché quelque chose chez Peggy et lui avait causé cette attaque. Il essaya de ne pas penser à ce qu'avait dit Peggy. C'étaient des bêtises de petite fille, non ? Mais il avait une étrange impression, dans le fond de sa tête, une impression que c'était juste un souhait de sa part. Et maintenant… Trelawney.

« Où est-elle ? » demanda Trelawney, entrant dans la pièce avec sa robe étrange flottant autour d'elle comme des douzaines d'écharpes. Étant donné que le reste de l'infirmerie était vide, Bill pensa que c'était une question remarquablement stupide. Peggy était la seule patiente, et Charlie et Annie et lui se tenaient autour de son lit. C'était vraiment si dur à trouver ?

Mais Trelawney ne semblait clairement pas penser que sa question était idiote. Elle sembla glisser jusqu'au lit de Peggy, et se tint à son pied, la regardant, une petite touche de ressentiment dans son expression. Il semblait à Bill qu'elle luttait pour la cacher. Il fut surpris quand la porte du bureau s'ouvrit et que son père sortit. Mais pas Madame Pomfresh.

Son père eut l'air surpris de voir le professeur Trelawney, et il s'arrêta net. Elle ignora le fait qu'il avait l'air moins qu'heureux de la voir.

« Vous êtes le père de la fille, je suppose ? » dit-elle de sa voix mystérieuse. Il acquiesça, la scrutant avec suspicion. « Je suis Sibyll Trelawney, professeur de divination. Comme vous êtes son père, j'ai besoin de vous parler de toute urgence. En privé. » ajouta-t-elle, jetant un coup d'œil aux trois se tenant autour du lit de Peggy.

Bill regarda Peggy, dont l'expression, quand elle regardait le professeur Trelawney, n'était pas plus amicale que celle qu'avait eue Trelawney quand elle regardait la fillette. Tout ce que Bill pouvait penser était 'C'est vraiment bizarre.'.

Arthur Weasley regarda impérieusement la femme aux yeux de chouette et à la voix mystérieuse. « Tout ce que vous avez à me dire peut l'être devant mes enfants. Ceux qui sont ici en tous cas. Pouvez… Pouvez-vous me dire quoique ce soit sur ce qui est arrivé à ma fille en bas ? »

« Oui. » dit-elle immédiatement. « Votre fille est entrée en transe en a donné une prophétie. Elle mentionnait la chute du Seigneur des Ténèbres, alors je suspecte que Celui-qui-ne-doit-pas-être-nommé sera au courant dans peu de temps. Voici pourquoi j'ai besoin de vous parler en privé. »

Le père de Bill eut l'air très alarmé. « Quoi ? » dit-il simplement, fixant l'étrange femme avec incrédulité.

« Que connaissez-vous à l'empereur Tibère ? » dit-elle soudain. Bill remarqua que son père déglutit, se souvint. Grâce à son père, Bill connaissait aussi tout de cela, et il se souvint comment on considérait que c'était une trahison pour un diseur de bonne aventure de prédire la mort de l'empereur. Est-ce que Vous-savez-qui ferait la même chose ? Allait-il maintenant essayer de tuer Peggy ? Il mit sa main sur le tissu chaud sur son front et regarda son petit visage, voyant la peur derrière les yeux bleus clairs. Elle le regarda avec amour et confiance, et le cœur de Bill se trouva chamboulé. Elle croyait en lui, son grand frère, comme elle croyait en Charlie, leur mère et leur père, et probablement aussi Annie. Mais qui étaient-ils ? Comment pourraient-ils faire face à un grand mage sombre s'il voulait vraiment atteindre Peggy ?

Son père fit un signe de la tête à Trelawney et elle continua. « Il prend les prophéties le concernant véritablement très au sérieux. Votre fille pourrait être en grand danger s'il apprenait qu'elle avait fait cela. Je ne crois pas que la prophétie elle-même puisse être tenue secrète… Je n'ai pas pu voir toutes les personnes qui étaient dans le hall et qui sont partis immédiatement après. Mais il y a un moyen de… Dévier l'attention de sur votre fille… »

Arthur Weasley sembla soudain se moquer que son fils traite cette femme de plus grande impostrice de l'école. Il voulait profiter de toutes les suggestions qu'elle pourrait faire pour garder Peggy en sécurité. Il la regarda très alertement. « Je dirai que c'est moi qui ai dit la prophétie. » continua-t-elle, levant son menton, ses yeux brillant derrière ses grandes lentilles. « En utilisant de l'auto-hypnose, je pourrais me rappeler de ce qu'elle a dit et le reproduire précisément Aucun de ces enfants ici ne dira à personne ce qui est vraiment arrivé, et en fait, vos fils devront propager la rumeur que c'est moi qui ai donné la prophétie. »

Bill regarda son père, surpris de le voir regarder dans sa direction, comme s'il sollicitait son opinion. Bill déglutit. Il avait presque quinze ans, mais c'était un niveau de responsabilité qu'il n'était pas sûr de pouvoir assumer. Il ouvrit grand ses yeux en regardant son père et haussa légèrement les épaules, comme pour dire 'Où est le mal ? Si Voldemort voulait prendre pour cible celui qui a dit la prophétie… Pourquoi ne pas dire que c'était Trelawney ?'.

Bill se demanda si elle avait un motif ultérieur, cependant. Elle avait une terrible réputation d'imposteur. Peut-être qu'elle pensait que la prophétie avait de bonnes chances de se réaliser, et qu'elle espérait finalement en prendre le crédit pour avoir dit quelque chose de juste. Bill regarda à nouveau Peggy, pensant que ce ne serait pas une si mauvaise chose d'aider Trelawney à nourrir son ego si cela pouvait mettre Peggy en sécurité.

« Nous dirons tous que c'est vous qui l'avez dite, Professeur. » fit maintenant Bill, la regardant, espérant que son expression était assez déférente. Elle acquiesça.

« Très bien. C'est pour le mieux. Mais bon… » Elle regarda Peggy et ses yeux s'écartillèrent. « Gardez un œil sur elle. » finit-elle, d'un ton menaçant. Bill frissonna. Même si Trelawney aimait d'ordinaire prédire la mort de ses élèves (et adorait quand ils se prédisaient leur propre mort), cela lui faisait une impression différente. Peggy était probablement bel et bien en danger si quelqu'un découvrait que c'était elle qui avait dit la prophétie.

« Et j'écrirais aux autres qui étaient dans le hall d'entrée » ajouta Bill. « Il n'y avait pas grand monde en plus de nous. Juste deux personnes et je les connais toutes les deux. Elles étaient en septième année à Griffondor l'an dernier. Je vais m'en occuper. Je suis sûr qu'ils comprendront pourquoi… Pourquoi personne ne peut savoir pour Peggy. »

Arthur Weasley regarda son fils aîné. Il se sentit soudain très vieux, et Bill n'aidait pas, l'air si mature et responsable. En même temps, son cœur se gonfla de fierté en voyant quel jeune homme bien son fils aîné était devenu. Il s'inquiétait parfois, quand son travail le mettait dans des situations périlleuses. De plus en plus, quand lui et Perkins faisaient des raids, ils devaient faire face à des sorciers et des sorcières assez belliqueux, dont plus d'un semblait lié à Vous-savez-qui. Il s'inquiétait sur ce que ferait Molly si quelque chose lui arrivait, mais en voyant Bill se tenir au chevet de Peggy, il avait pour la première fois le sentiment qu'il y avait quelqu'un pour prendre sa suite et aider Molly pour le cas où le pire viendrait à arriver. Il se tourna pour faire face à la porte du bureau de Madame Pomfresh, essuyant une larme perdue en même temps, sachant que Bill se sentirait terriblement mal à l'aise s'il savait que son père pleurait parce qu'il était fier de lui.

A ce moment, Madame Pomfresh sortit de son bureau et s'arrêta net quand elle vit Trelawney se tenir près du lit de Peggy.

« Sibyll » dit-elle sèchement, ses lèvres pincées. C'est officiel, pensa Bill, essayant très fort de ne pas sourire. Personne ne l'aime ici. Ce doit être pour cela qu'elle ne descend jamais.

Trelawney fit un signe de la tête à l'infirmière. « Poppy » dit-elle rapidement, décochant son salut. C'était là la chose la moins entourée de mystère que Bill l'avait jamais entendu dire. L'inimité était mutuelle.

Pomfresh croisa les bras. « Pardonnez-moi, Sybill, mais je ne suis pas très enthousiaste à l'idée de recevoir dans mon infirmerie quelqu'un dont le passe-temps favori est de prédire la mort d'autrui. Je dois m'occuper d'un patient, alors si cela ne vous dérange pas… »

Trelawney réduisit ses yeux à l'état d'une fente en regardant Pomfresh, mais ne dit rien. Elle pivota sur ses talons et partit. Elle ne semblait plus glisser. Chacun de ses bras ressemblait à une queue de phoque frappant dans l'eau, pour Bill. Quand elle fut partie, ce fut comme si la pièce avait reçu un apport d'air frais, et ils respirèrent tous mieux.

Bill regarda encore Peggy, rafraîchissant la compresse chaude sur son front. Tout ce qui comptait était qu'elle soit en sécurité. Il se moquait que Trelawney veuille se vanter ou que Voldemort s'en prenne à leur professeur de divination. Pendant un moment, savoir qu'il se moquait de ce qui pourrait arriver à Trelawney le terrifia, et il sentit un sentiment de doute… Il était content que personne ne sache pour Peggy cependant. Il réfléchit que c'était ainsi que procédaient les Mangemorts. On faisait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger ceux que l'on aime, alors ils découvraient qui comptait pour vous, et les menaçaient…

Dans son cas, il espérait ne jamais attirer l'attention des Mangemorts, comme il y avait bien trop de monde qui comptait pour lui, principalement dans sa propre famille. Si quelqu'un s'en prenait à Trelawney,… Bien, cela avait été son idée de prendre le crédit de la prophétie, et celle de personne d'autre. Elle s'occupait de sa propre sécurité, ou peut-être était-ce le directeur. Mais sa conscience était certainement claire. Ses obligations étaient pour sa famille et ses amis. Il ferait tout ce qui est nécessaire pour les protéger. Quoiqu'il doive faire.

Si je dois passer un marché avec le diable pour protéger Peggy, pensa-t-il, s'imaginant le professeur Trelawney avec une paire de cornes, alors je passerai un marché avec le diable.

Samedi 23 Décembre 1978

Remus roula sur le côté, groggy, et découvrit que sa main ne rentrait pas en contact avec une autre personne, comme il s'y était attendu. Sa tête sur l'oreiller, il leva les yeux, trouvant son compagnon de la nuit précédente de l'autre côté de la pièce, boutonnant sa robe, la lissant fastidieusement, faisant sourire Remus. Ces beaux yeux bruns croisèrent ensuite le regard de Remus avant de se détourner, et un rougissement colora la peau en-dessous des yeux. Remus trouva que cette timidité, même après qu'ils viennent de passer la nuit ensemble, était adorable. Jusqu'à cette relation, il n'avait jamais couché avec quelqu'un en dehors de la veille de la pleine lune (il n'avait jamais eu de relation réelle, pour cette raison), et il avait appris que ce n'était pas la seule fois qu'il désirait des hommes. Il avait aussi appris qu'il n'était pas aussi fort et agressif pendant qu'il faisait l'amour alors que ce n'était pas la veille de la pleine lune, qu'il était capable d'être un amant gentil et attentionné, que son partenaire ne devait pas toujours finir mordu ou en sang, ou avec des membres brisés.

Il pouvait à peine croire à quel point sa vie avait changé en moins de deux mois. Après s'être enfui de Poudlard le jour du match de Quidditch, il était revenu à Londres par cheminette, espérant qu'il pourrait se faire prêter un peu d'argent par le vieux Tom, au Chaudron Baveur, ou du moins le convaincre d'étendre un peu son crédit. Cependant, quand il était arrivé, le pub était étrangement plein et bouillonnant, comme les Winbourne Wasps y célébraient une autre de leur victoire de Quidditch, avec Ludo Verpey, leur fameux batteur, au centre des attentions.

Verpey était effusif, achetant tournée après tournée pour tous ceux qui étaient présents là, et de la nourriture aussi, de telle sorte que Remus n'eut besoin ni de crédit, ni de prêt. Il s'assit à un coin de table, essayant de nier l'envie qui le rongeait en regardant Verpey au bar, en train de se vanter de la façon dont il avait envoyé un cognard droit sur l'attrapeur de l'équipe adverse au moment où il allait mettre la main sur le vif, ce qui avait permis à celui des Wasps de le prendre à sa place, tandis que l'autre attrapeur tombait au sol.

« Il va être à l'hôpital pendant un bon mois ! » croassa l'un des équipiers de Verpey, lui donnant une tape sur son dos strié de noir et de jaune. Remus secoua la tête en buvant sa bière. Il n'était pas contre avoir un coup à boire gratuit… et de la tourte… d'un tel vantard, mais il ne pouvait pas croire que les autres Wasps soient aussi cavaliers quant aux blessures de l'attrapeur adverse. C'était dans la nature de Quidditch que les gens soient blessés par les cognards, et c'était le travail des batteurs de les envoyer sur les gens. (Quand Remus y pensa, il réalisa que cela revenait à une sorte de faute légale, et il pensa que c'était ironique que quelque chose qui pouvait tuer quelqu'un si c'était bien fait soit légal, alors qu'un coup de coude dans les côtes ne le soit pas.) C'était un danger inhérent au Quidditch. Verpey avait fait son travail et l'avait bien fait. Grâce à lui, Remus avait de la bière pour l'aider à combattre le sentiment de panique qu'il avait ressenti quand la petite sœur de Weasley avait dit 'enfant de la lune'.

Soudain, à travers la foule, Remus vit un visage le regardant, un visage familier. L'autre visage ricana ? Une main leva un verre en direction de Remus. Remus acquiesça et continua à regarder le visage familier, essayer de le replacer.

Poufsouffle, décida-t-il finalement. De notre année. Sa sœur jumelle est une Serpentard.

C'était cela. C'était l'une des deux personnes les plus étranges de leur année : Emil Gaillard. Sa sœur jumelle, Claudine, était l'une des Serpentards qui avait fait croire à Lily qu'elles étaient son amie. Mais Remus avait toujours bien aimé Emil. Ils avaient parfois travaillé ensemble en herbologie, et Remus se trouvait maintenant étrangement hypnotisé par l'autre jeune homme, ses cheveux noirs ondulés, son sourire très ironique et gaulois, ses yeux noirs brillants.

Soudain, Remus réalisa que l'autre jeune homme s'était levé de sa chaise et traversait la pièce, avançant avec précautions au milieu des nombreux supporters de l'équipe de Winbourne, jusqu'à ce qu'il se tienne à côté de la table de Remus, le regardant.

« Remus Lupin, n'est-ce pas ? » demanda-t-il avec entrain. Lui aussi était le bénéficiaire des largesses de Verpey, alors c'était une bonne raison d'être de bonne humeur avec de la nourriture et des boissons gratuites ? Les Gaillards, malgré leur nom, n'avaient pas d'accent français comme ils avaient grandi en Angleterre. Remus retint son souffle. Il se souvint avoir été étrangement hypnotisé par Gaillard alors qu'il était encore à l'école, spécialement avant la pleine lune. Remus ne savait pas pourquoi il trouvait à nouveau le garçon si irrésistible. Cela aurait pu être la proximité de la pleine lune ou le fait que Emil avait une ombre légère sur son visage, comme s'il ne s'était pas rasé aujourd'hui, ce qui lui donnait une apparence légèrement sauvage dont Remus ne pouvait nier l'attractivité.

Quelle que fut la raison, Remus se sentit soudain un peu nerveux, réalisant qu'il y avait peu de chance qu'il intéresse Emil (pas que je veuille qu'il le soit), et qu'il avait probablement traversé jusqu'à lui par politesse. Il y avait aussi le fait que Remus était clairement la seule option au Chaudron Baveur pour quiconque ne voulait pas avoir une conversation sur à quel point les Wimbourne Wasps étaient formidables, et Ludo Verpey en particulier. Toutes les autres personnes dans le pub louaient unanimement l'équipe victorieuse et son batteur vedette. Remus décida de ne pas mentionner que l'un de ses meilleurs amis, James Potter, avait été dans l'équipe d'Angleterre qui avait perdu la coupe du monde quelques mois plus tôt.

« Exact. Et tu es… ne me dis pas… » dit Remus, même s'il s'en souvenait. Il ne voulait pas sembler trop avide. S'il s'intéressait à moi, que ferais-je ? Je mourrais probablement de choc.

« Emil Gaillard. » dit-il, souriant et lui tendant la main. Remus la lui serrant en essayant de ne pas complètement fondre sur sa chaise. Malédiction pensa-t-il. Des fossettes. Oublie-les. Arrête déjà de sourire et débarrasse-toi de ces fossettes !

Mais Gaillard n'avait pas arrêté de sourire. Il montra de son verre les fêtards en disant « Tu peux croire cela ? On pourrait penser qu'ils ont gagné la coupe du monde, ou fait quelque chose qui était vraiment important… » Il ne semblait pas soucieux qu'un supporter de Winbourne l'entende et l'accuse de blasphème. S'il n'avait pas eu son audition de loup-garou, Remus aurait dû forcer pour l'entendre au milieu de la foule bruyante. Prenant une profonde inspiration, Remus montra d'une air aussi détaché que possible la chaise à côté de la sienne.

« Tu te joins à moi ? »

« Merci. » dit brièvement Emil, posant son verre et tirant la chaise. Quand il fut assis, il prit une autre gorgée de sa boisson et puis regarda Remus.

« Tu as l'air d'aller bien. A l'école, tu étais souvent fatigué. Que fais-tu actuellement ? »

Je suis occupé à nier que je suis dans une prophétie concernant le plus terrible bâtard de mage noir de ces trente dernières années. Et toi ?

Remus se secoua, irrité, essayant de s'extirper la fillette de la tête. Il pensa que Emil se référait au fait qu'il était remarquablement calme pour une fois, malgré la pleine lune commençant dans quelques heures. Il savait qu'il était relaxé grâce à Luna et à la libération qu'elle lui avait donné. Cela, et la bière. Mais soudain, assis à côté de Emil, sachant que s'il bougeait sa jambe de seulement six pouces, il cognerait sa jambe contre lui, il se demanda ce qui serait arrivé s'il était parti avec l'homme qu'il avait le regarder au bout du comptoir dans le pub des loups-garous.

« Pas grand-chose. Je cherche encore du travail. Et toi ? »

« Nègre au ministère, bien sûr. Grâce à mon père. Il a utilisé ses relations. Compter les touffes d'herbe est probablement plus stimulant. » Il rit, prenant une gorgée de son verre. Remus réprima un toussotement et but aussi. D'une manière ou d'une autre, le mot 'stimulant' avait eu un effet stimulant sur lui, et il se sentait extrêmement embarrassé maintenant.

« Heu, désolé. Je préfèrerais être nègre au ministère que chômeur. Peut-être qu'un autre poste s'ouvrira dans un autre département et que tu pourras être transféré. Où es-tu maintenant ? »

Il soupira. « A la Coopération Magique Internationale. »

« Ah. » fit Remus, n'ayant aucune idée du travail qui était fait dans ce département, si bien qu'il ne pouvait pas penser à une question intelligente à y poser dessus. « Tu vois beaucoup de monde des autres départements ? »

« Bien sûr. Spécialement à la cantine. Mais tout le monde connaît tout le monde, et même mon père dit qu'il ne peut pas passer toute la journée à me présenter à tous ceux qu'il connaît, alors quand je vais déjeunes, je suis seul dans cette pièce pleine de gens qui se parlent, au milieu de conversations auxquelles je ne peux pas me joindre. C'est le souk. Je suis à côté de la plaque et je me sens complètement stupide et inutile. » Il soupira. « Désolé. Je ne voulais pas t'ennuyer avec cela. Tu sais quoi ? Je te dirai si j'entend parler d'ouvertures de poste au ministère, d'accord ? Comme tu cherches du travail. » Il s'arrêta et rit. « Maintenant que je l'ai rendu si attirant et tout ! »

Remus riait maintenant aussi. Emil était engageant et drôle, et attirant, et oh diable ! Que crois-tu que tu fais ? La plupart des femmes tuerait pour qu'il leur demande de sortir avec lui. Il ne serait jamais partant pour un gars. Pas plus que moi, se rappela abruptement Remus. Et puis : Pas habituellement. Suivi par : n'est-ce pas ?

Il se sentait soudain très confus. Quand il avait été attiré par les garçons auparavant, c'était toujours durant ses symptômes avant a pleine lune. Du moins, c'est ce qu'il s'était dit. Maintenant qu'avoir été avec Luna l'avait calmé, son attirance pour les hommes aurait dû s'évanouir. N'est-ce pas ? Il regarda le jeune homme assis avec lui, buvant sa bière avec un sourire, et puis il réalisa que Emil avait reposé son lourd verre et qu'ils se regardaient dans les yeux avec intensité. L'autre homme ne regardait pas ailleurs.

Oh mon Dieu, pensa Remus. Je dois rêver…

Emil acheva sa boisson et s'éclaircit un peu la gorge. « Heu, écoute Remus. Je… Je n'étais pas très ouvert à ce sujet à l'école pour… pour des raisons évidentes. » Il regarda furtivement la foule bruyante. Personne ne semblait leur porter attention. « Mais, heu, je me demandais si… Si tu aimerais prendre un verre parfois… »

Remus lui sourit et rit, leva son propre verre de bière. « Comme cela ? » dit-il malicieusement. Emil se passa une main devant les yeux.

« Oh, Dieu, je suis si stupide. Tu dois penser que je suis le plus grand… »

« Non. » dit Remus avec ferveur, mettant sa main sur celle qu'Emil n'utilisait pas pour tenir son verre, puis la retirant, coupable, regardant autour pour voir si quelqu'un avait remarqué ce bref contact entre leurs doigts.

Emil le regarda, avec de grands yeux. « Je… Je n'étais jamais sûr pour personne à l'école. On n'aime pas poser la question, n'est-ce pas ? Je… Je pensais t'avoir vu… vu regarder… regarder quelqu'un une fois, et la façon dont… Dont tu le regardais m'avais fait penser… juste peut-être que… »

Remus scrutait le fond de son verre. « Juste par curiosité… Qui m'as-tu vu regarder ? »

« Virgil. Virgil Clifton. Ou plutôt… Il a dit quelque chose à ce sujet, plus tard, dans notre dortoir. Il a dit 'Est-ce que Lupin ne me matait pas en herbologie aujourd'hui ?' Il avait l'air un peu énervé. Je suis content de ne jamais avoir laissé voir que je le matais aussi. Nous avons partagé un dortoir pendant sept ans. Ce n'était pas comme si j'avais eu le choix de quoi voir, parfois. Je suppose que je pouvais être un peu plus subtil. Je ne l'aimais pas vraiment, ne te méprends pas. Je trouve que c'était un crétin. »

Remus regarda furtivement alentour. « Moi aussi. Je ne m'en souviens pas, de l'avoir maté, mais c'est possible que ce se soit passé. Que mon esprit ait… erré. Je me souviens bien de Virgil, et… et de comment il était. »

Emil acquiesça et un adorable sourire en coin apparut sur son visage. Remus essaya très fort de se contrôler quand il vit cela. « Crétin ou pas, Virgil n'avait aucune idée d'à quel point il avait l'air bien quand… » il s'arrêta et rougit. « Désolé. Alors… Que dirais-tu de prendre un verre ? A un autre moment ? » ajouta-t-il avec espoir.

Remus acquiesça, regardant sa montre. « Oui. Malheureusement… Je dois aller quelque part très bientôt. Un rendez-vous au ministère. » ajouta-t-il, au cas où Emil aurait voulu le suivre. C'était vrai.

« Oh ! Un entretien d'embauche ? Étrange que ce soit le week-end, n'est-ce pas ? »

Remus haussa les épaules. « Pas vraiment ce que j'appellerais un entretien. » C'était la vérité. Il soupira intérieurement. C'était assez dur, de rentrer en contact avec un autre homme… Ce qu'il n'avait pas été conscient de vouloir faire avant de croiser le regard d'Emil de l'autre côté de la pièce… Sans compter la complication supplémentaire due à sa lycanthropie. Il savait qu'il devrait le dire à quiconque avec qui il voudrait sortir, homme ou femme, et il le savait d'autant mieux après la terrible réaction de Lily quand elle avait découvert qu'il lui avait caché cela, mais d'une manière ou d'une autre, il avait envie de repousser ce moment un peu plus, avant de le dire à Emil. Au moins jusqu'à ce qu'ils ne soient plus dans une foule de supporteurs de Quidditch qui pourraient entendre la raison à la mauvaise réaction d'Emil… S'il avait une mauvaise réaction. Ils étaient tous ivres, et même si Remus était fort, il avait une saine peur de la mentalité des foules, et il ne voulait pas savoir ce dont était capable celle-ci si elle apprenait soudain qu'il y avait un loup-garou au milieu d'eux, avec la lune qui allait se lever dans deux heures…

« Oh » dit Emil, l'air un peu déçu. « Tu, heu, fais quelque chose ce soir ? »

« Oui. » répondit Remus à contrecœur. « Je suis occupé ces trois prochaines soirées. Je suis libre après cela cependant. Pourquoi est-ce que je ne t'enverrai pas un hibou ? »

Emil n'avait pas l'air convaincu que cela arriverait, comme si Remus le laissait tomber facilement. « Bien sûr. » dit-il négligemment, passant ses doigts dans ses cheveux noirs ondulés. Remus sentit une boule dans sa gorge. Il avait soudain envie de faire la même chose avec sa propre main, il avait envie de passer ses doigts dans les cheveux noirs…

Il prit une bouchée de tourte pour canaliser ses pensées rebelles. En deux bouchées, elle avait disparu, et il se leva pour partir. « Je suis désolé de devoir partir. Au moins, il » dit-il en montrant Verpey de la tête « est bon à quelque chose. J'avais besoin d'une verre et d'un repas, mais pas d'être fauché après cela, tu sais. » Il sourit à Emil et fut cette fois gratifié quand il vit les pommettes réapparaître, au lieu d'un visage frappé par la terreur.

Quand les trois nuits dans les geôles du ministère furent terminées, Remus courut pratiquement jusqu'au bureau de poste du Chemin de Traverse afin d'envoyer un hibou à Emil. Il s'était arrangé pour recevoir son courrier là-bas pendant qu'il était dans les cellules du ministère, et il y avait deux lettres qui l'attendaient, une de Peter, et une de Bill Weasley, entre tous. La lettre de Peter était très courte.

Cher Remus,

Je vais partir pendant un petit moment. Cela pourrait durer quelques mois en fait. J'ai quitté mon travail à la Gazette si tu le veux. J'ai dis à maman que je partais, mais si tu pouvais veiller sur elle à l'occasion, et t'assurer qu'elle va bien, j'apprécierais. J'écris aux autres aussi. Désolé que ce soit si soudain. Merci de m'avoir retrouvé pour le match de Quidditch. Si je ne te vois pas avant la fin de l'année, joyeux Noël et bonne année.

Peter

C'était décidément une lettre étrange, mais quand il lut celle de Bill, elle était, si possible, encore plus étrange.

A Remus Lupin, de la part de Bill Weasley.

Je sais que tu dois trouver curieux que je t'écrive, mais c'est assez important. J'ai dit à mon père que je m'occuperais de te contacter. C'est au sujet de ce qui est arrivé dans le hall d'entrée de l'école le jour du match de Quidditch. Nous sommes tous d'accord pour dire que c'est le professeur TRELAWNEY qui a dit CES CHOSES dans le hall d'entrée, et personne d'autre. Si tu décides de parler de ce qui est arrivé ce jour avec quelqu'un, tu dois t'assurer d'être clair en disant que c'était le PROFESSEUR TRELAWNEY. Ce n'est sans doute pas une bonne idée du tout d'en parler en fait.

Oh, et quelque chose d'étrange s'est produit quand j'ai essayé d'écrire à Peter Pettigrew à ce sujet. La chouette a tout de suite fait demi-tour. J'ai dû essayer dix fois. As-tu déjà vu cela ? Alors je ne sais pas comment le contacter et lui dire la même chose. Comme c'est ton ami, peux-tu lui dire quand tu le verras ?

Merci.

Bill Weasley

Remus pensa que Peter était parti assez loin pour que la chouette sache avant même de partir qu'elle ne pourrait pas faire un si long voyage, alors elle ne se dérangeait pas. Il pensa ensuite à la requête dans la lettre, pour dire que Trelawney avait dit 'ces choses', et non la sœur de Weasley. Franchement, pendant qu'il était dans sa cellule au ministère, la sœur de Weasley lui était sortie de la tête, oubliant tout sauf Emil, et il haussa les épaules et le fit encore. Bien. Si quelqu'un demandait… Il dirait qu'il avait entendu Trelawney prononcer les mots étranges dans le hall d'entrée. Pas qu'il veuille y repenser.

Enfant de la lune.

Il se secoua et pensa à nouveau à Emil, une pensée bien plus heureuse. Il commença à écrire avec entrain une lettre sur l'un des bureaux de la poste et alla à la fenêtre pour payer une bonne chouette postale rapide pour livrer son courrier. Il quitta le bureau de poste d'un pas léger. Il ne s'était jamais senti ainsi auparavant, il n'avait jamais su qu'il pouvait être aussi optimiste, se sentir aussi content. C'était presque comme être ivre, et Remus ne pouvait pas y croire quand Emil transplana dans la maison de ses parents ce soir là, après le travail, afin qu'ils puissent parler de leurs plans de sortie. Les pensées sur Peter, les Weasley, et à peu près tout le reste du monde s'enfuirent de son cerveau.

Deux jours plus tard, ils sortirent encore. Et trois jours plus tard aussi. Bientôt, ils se voyaient trois ou quatre fois par semaine. La première fois, il avait dit à Emil qu'il n'avait pas de permis de transplanage, et il n'avait pas posé de question. Ils voyageaient par cheminette vers leurs destinations. Tous les sorciers et sorcières ne se sentaient pas à l'aise avec l'idée de transplaner, et Emil n'essaya pas de convaincre Remus d'apprendre, de telle sorte que Remus n'avait pas (encore) eu besoin d'expliquer qu'il était un loup garou et qu'il ne pouvait pas transplaner.

Ils allaient habituellement à un pub sorcier de Brighton, où la clientèle se trouvait être constituée de sorciers et sorcières gays. C'était un endroit peu animé, où Remus avait le sentiment que tout le monde cherchait chaussure à son pied. Quelques couples se tenaient la main à l'occasion, mais même cela était un affichage d'affection voyant pour cet établissement. C'était à peine un foyer où les sorcières rencontraient des sorcières et les sorciers des sorciers. Cela semblait grandement peuplé par des personnes qui étaient déjà en couple.

Remus décida qu'il ne voulait pas de l'ancien travail de Peter après s'y être présenté et avoir été refusé parce qu'il avait dit au directeur de la Gazette qu'il préfèrerait ne pas lui donner ses dossiers médicaux. A la place, il trouva un métier manuel pour un homme d'affaire moldu de Manchester, déplaçant des caisses dans un entrepôt. Comme il était très fort, il trouvait cela assez facile. L'homme le payait au noir. Remus se moquait que ce ne soit pas légal. Il n'avait pas beaucoup le choix. Il n'existait pas techniquement dans le monde moldu, mais avec un peu plus d'argent, il pourrait probablement contacter l'une des nombreuses affaires de sorciers qui produisait des documents moldus pour permettre à un sorcier d'avoir une identité officielle de citoyen britannique. Ces possibilités de trouver un travail dans le monde de la sorcellerie commençaient à s'amenuiser. Ses dossiers médicaux, requis pour n'importe quel travail intéressant, établissaient clairement qu'il était atteint de lycanthropie, et il y avait de nombreuses personnes auxquelles il ne voulait pas donner cette information, comme il suspectait fortement qu'elles ne l'engageraient pas si elles le savait. Et puis, elle sauraient son secret, en plus de ne pas l'avoir engagé. Il était particulièrement content de n'avoir donné cette information à personne au journal.

Dans ce laps de temps, il avait pris ses livres à la Gringotts, convertissant les billets de papier en argent de sorcier et grimaçant au taux de change. Il put finalement payer à Emil une paire de dîners. Ils retournèrent de nombreuses fois au pub de Brighton par cheminette, mais Remus commençait à se lasser de cet endroit, et après deux autres à ne voir rien d'autre que l'intérieur de l'établissement avec Emil, il lui avait demandé s'ils pouvaient aller faire un tour dans Brighton, pour prendre un peu l'air.

Ce fut sur la plage froide de Brighton qu'ils échangèrent leur premier vrai baiser, deux semaines après avoir commencé à sortir ensemble. Remus avait embrassé Emil sur la joue après leur première sortie, et des échanges similaires arrivaient depuis lors, mais rien d'autre de plus que quelques accolades. Ils étaient tous deux très hésitants l'un envers l'autre. Ils métamorphosèrent leurs robes de telle sorte qu'elle ressemblent à des manteaux de moldus, et allèrent voir le pavillon de Brighton. Remus pencha sa tête en arrière, pour mieux le voir.

« Assez incroyable, hein ? » dit Emil, passant son bras autour de ses épaules comme ils regardaient l'énorme bulbe du dôme central et les minarets qui reproduisaient un palais de sultan. « Tu as l'air d'avoir froid. » chuchota-t-il « Tiens. » ajouta-t-il, sortant sa baguette et la dirigeant sur la poitrine de Remus, murmurant doucement un sort que Remus ne put entendre. Immédiatement, une chaleur commença à se diffuser dans le corps de Remus. Emil rentra sa baguette et resserra son bras autour de Remus, qui le regarda avec nervosité. Il faisait déjà noir et il y avait très peu de monde alentour comme c'était la mi-novembre. Un vent froid balayait la mer, mais Remus voulait descendre à l'océan et voir vraiment à quoi il ressemblait. La seule autre fois où il avait été au bord de la mer avant avait été le froid jour d'hiver où James avait dispersé les cendres de ses parents sur Penearth Promenade, et il n'était pas sûr de vouloir admettre cela à Emil au risque de paraître désespérément provincial.

La chaleur resta avec lui comme ils se promenaient sur le sable tassé, bras-dessus, bras-dessous. La senteur de l'eau salée dans l'air remplissait les narines de Remus comme jamais avant. Il avait l'impression d'être dans la mer, complètement entouré par elle. Toutes les senteurs n'étaient pas agréables. Il y avait celles des algues, du poisson pourri, du coquillage pas frais et du bois flotté. Mais la façon dont tout se combinait avec l'air salé et l'odeur neutre du sable, tout ce sable, créait dans la tête de Remus une image de la mer qu'il n'oublierait jamais. Peu importerait combien de fois il reviendrait en bord de mer pour le restant de ses jours, il se souviendrait de l'impression qu'il avait eu cette première fois, et une froide nuit de novembre à Brighton serait son image du bord de mer pour lui.

Emil s'arrêta soudain et le regarda. Il n'y avait pas de lune ce soir, ou plutôt, c'était la nouvelle lune. Remus se sentait plus calme et détendu à ce moment là du mois qu'à n'importe quel autre. Il trouvait que les étoiles brillaient davantage sans compétition, et il montra du doigt l'étoile du soir à Emil, scintillant brillamment dans le ciel oriental.

« En fait c'est Venus. » dit Emil, son visage très proche de celui de Remus, et puis Remus ne sut plus rien sinon la sensation de finalement passer ses mains dans les cheveux d'Emil, tenant sa tête en place en enlaçant ses doigts dans ces petites boucles merveilleusement douces tandis qu'ils s'embrassaient pour de vrai pour la première fois, après deux semaines d'hésitations où ils étaient arrivés très près… mais sans franchir le pas.

Emil se recula et regarda Remus, qui trouvait étrange de ne pas avoir besoin d'attaquer l'autre homme. Il le voulait, c'était vrai… mais pendant la nouvelle lune, cela n'était pas comme si le désespoir s'était emparé de lui. Il se souvint que Lily l'avait embrassé une fois, dans un couloir, lors de la nouvelle lune. Il avait été surpris qu'elle fasse soudain cela. Il avait glissé ses doigts dans ses cheveux et l'avait attirée à lui, mais une minute plus tard, il l'avait repoussée. Pendant une minute paradisiaque, cela avait été la félicité. Embrasser la fille qu'il aimait sans se sentir fou et hors de contrôle. Mais il savait qu'il devait utiliser le self contrôle qu'il avait à ce moment du mois, et la repousser, comme elle ne pouvait pas vraiment être avec elle…

Remus sourit à Emil. Puis-je être avec quelqu'un ? se demanda-t-il. Est-ce que je devrais faire tout cela ? Il va découvrir et il va me quitter. Je ne peux pas lui faire cela…

« Tout va bien ? » demanda Emil, mettant sa main sur son épaule. « Je veux dire, je t'ai embrassé, puis tu as pris cet air… »

« Oui. » dit rapidement Remus. « Pourrions-nous… heu, enfin… »

Emil sourit et se pencha à nouveau, et Remus grogna dans le fond de sa gorge, glissant une fois de plus les doigts dans la chevelure d'Emil.

Tout alla bien jusque deux jours avant la pleine lune. Remus n'était pas totalement aux prises avec son syndrome, mais il se sentait certainement bien moins sous contrôle que pendant la nouvelle lune. Il se sentait aussi incroyablement frustré parce qu'il voulait terriblement Emil, mais il avait peur. C'était nouveau et différent pour lui, et il pensa que c'était possible qu'Emil n'ait jamais fait cela avant non plus. C'était définitivement le cas d'un aveugle guidant un autre aveugle. Ils avaient échangé d'autres baisers depuis cette première fois, et ils s'étaient touchés timidement, à travers leurs habits (ils étaient toujours sur la plage à Brighton, debout, alors ils ne pouvaient pas faire beaucoup plus).

Remus devenait fou, aussi, même si c'était deux jours avant la pleine lune, il retourna au pub de loups-garous et le trouva surprenamment peuplé d'autres personnes qui commençaient aussi à se sentir un peu énervée, comme lui. De l'autre côté de la pièce, il vit un jeune homme avec des yeux noirs pleins d'esprit, et des cheveux bruns sombres et bouclés. Remus fut frappé par sa ressemblance avec Emil. Le jeune homme regardait Remus droit dans les yeux, et finalement, il se leva et traversa la pièce, se mettant devant lui. Sans qu'il réalise comment, ils se retrouvèrent dans une chambre de l'étage et ils s'attaquèrent l'un l'autre…

Après cela, une part de lui souhaita ne pas avoir fait cela, parce qu'après l'acte, il avait le sentiment d'avoir trompé Emil. Une autre partie de lui lui disait que c'était de la recherche… Il comprenait bien mieux maintenant. Mais faire cela avec un étranger… Il s'était senti tellement vide après cela, souhaitant avoir attendu Emil. Techniquement, il n'était pas vierge. Il ne l'était plus depuis qu'il avait couché avec Lily en cinquième année. Mais d'une certaine façon il était aussi inexpérimenté que n'importe quel garçon de quinze ans, du moins quand il s'agissait d'être avec un autre homme.

Le matin suivant, il envoya à Emil un hibou pour lui dire qu'il partait pour quatre jours. Toute la journée suivante, il s'enferma dans sa chambre, déterminé à ne pas faiblir et aller au pub des loups-garous. Il se refit enfermer dans les cellules du ministère pour la pleine lune, et quand ce fut fini, il envoya à Emil un autre hibou pour lui dire qu'il était de retour et qu'il avait besoin de le voir.

Ils avaient été ensemble pendant un mois, sauf pour la pleine lune. Bien, pensa Remus. Ma première vrai relation aura duré un mois. Il allait retrouver Emil pour déjeuner au Chaudron Baveur, dans une pièce en retrait où ils ne seraient pas vus. Emil avait l'air perturbé quand il entra.

« Qu'y-t-il ? » demanda-t-il immédiatement. Il vit l'expression sur le visage de Remus et s'assit en grognant. « Oh mon Dieu. Tu romps avec moi… »

Remus se mordit les lèvres. « Bien… pas vraiment. Je dois te dire quelque chose, et puis, tu vas probablement rompre avec moi… »

Emil lui fronça les sourcils. « Qu'as-tu à me dire ? Pourquoi est-ce que cela me ferait rompre avec toi ? »

Remus déglutit, puis il se confessa, disant à quel point il se sentait stupide. A sa surprise, Emil s'avança vers lui et pressa son corps contre le sien, lui soulevant la tête pour l'embrasser avec appétit. Remus avait voulu lui parler de sa lycanthropie, mais il n'avait pas pu se résoudre à le faire avant. Il va rompre avec moi à cause de cela de toutes façons avait il pensé. Pourquoi lui dire quelque chose que je veux que le monde ignore au moment où nous rompons ?

Quand Emil rompit le baiser, Remus le regarda avec étonnement. Tout était allé très vite après cela, d'autres baisers, Remus lui disant qu'il l'aimait, et puis… qu'il était un loup-garou. Mais assez étrangement,… c'était le fait qu'il soit bisexuel qui semblait le plus déranger Emil. Bien qu'il ne s'étende pas là-dessus. Il se retrouva sur le fait que c'était un loup-garou.

Emil avait très légèrement ricané. « Mon Dieu. Cela explique pourquoi tu es si fort, n'est-ce pas ? Et les lumières rouges dans tes yeux. Et… »

Remus roula ses yeux. « … et pourquoi je peux parfois manger comme s'il n'y avait pas de lendemain. Je sais, James avait l'habitude de m'embêter avec cela… »

« Non, » répliqua Emil, ayant maintenant l'air essoufflé. « Pourquoi…pourquoi je te trouve si sexy. »

Remus s'arrêta net à cela. Il ne savait que dire. Mais ce n'était pas nécessaire. Emil le conduisit à la cheminée, et ils allèrent à sa maison. (« Mes parents ne sont pas là. ») C'était tellement étrange d'être seul avec lui, dans une maison, de monter les escaliers derrière lui, d'entrer dans sa chambre…

Et le matin suivant, les parents d'Emil étaient complètement blasés. « Oh, Remus et moi sommes allés au pub hier soir, et il a un peu trop bu, alors il est resté dans ma chambre. Il n'aurait pas pu transplaner dans l'état dans lequel il était… »

(« Je ne peux pas du tout transplaner, tu te souviens ? » lui avait chuchoté Remus.)

A la table du petit déjeuner, Mr et Mrs Gaillard étaient amicaux et gentils, mais la sœur d'Emil, Claudine, les regardait tous les deux avec suspicion, et Remus devina qu'être la sœur jumelle d'Emil signifiait qu'elle le connaissait mieux que ses parents. Remus prit mentalement note de faire attention à elle. Elle avait été à Serpentard. Et elle le regardait d'une drôle de manière.

Mais maintenant, il était établi que parfois, Emil restait chez les Lupin, ou Remus restait chez les Gaillard, aucune des deux familles ne faisait de commentaires ou ne posait de questions (bien que Claudine ait l'air vraiment tentée parfois).

Remus se mit de côté pour voir Emil peigner ses cheveux maintenant qu'il avait fini de s'habiller. Il savait qu'il devait lui-même sortir du lit et faire pareil, mais il ne savait pas comment dire à Emil qu'il allait aller seul à une fête de James. Il n'avait même pas parlé de la fête à Emil. James la faisait pour célébrer la fin de l'entraînement d'auror de Lily. Même s'ils sortaient ensemble depuis presque deux mois, Remus se sentait soudain timide à l'idée de présenter Emil à ses amis, et de leur expliquer qu'il était à la fois attiré par les hommes et par les femmes, et en particulier par Emil. Cela faisait trop, et trop tôt. Tout semblait encore si fragile avec Emil, comme s'il risquait de lui glisser entre les doigts s'il ne faisait pas attention, et il ne voulait pas risquer cela.

« Alors, où as-tu dis que tu allais ce soir ? » demanda Emil, sa main sur la poignée de la porte.

« Hum, Chez James et Sirius. Et fait c'est chez les parents de Sirius. Juste un petit truc. Je vais juste passer un peu de temps avec les gars. Peter ne va même pas être là. Il n'est pas encore de retour. Personne ne peut le trouver. C'est vraiment étrange. » mais il haussa nonchalamment les épaules, comme pour indiquer qu'il ne s'inquiétait pas particulièrement pour Peter. C'était un grand garçon et il pouvait s'occuper de lui-même.

« D'accord. » dit Emil, l'air un peu blessé de ne pas avoir été invité. « Amuse-toi bien. » ajouta-t-il en quittant la pièce. Remus bougea, s'habillant, essayant de ne pas se sentir coupable pour ne pas être prêt à parler de cette aspect de sa vie à James, Lily et Sirius. Cela était… C'était comme une chose très séparée de son amitié avec eux, et pour un peu plus de temps, il voulait que cela continue ainsi.

Lily apparut avec un POP ! dans le hall d'entrée du château d'Ascog, puis elle cligna des yeux et se brossa la robe. Soudain, elle s'arrêta, réalisant que le réflexe de s'épousseter après avoir voyagé n'était pas nécessaire comme elle n'était pas couverte par la poussière du réseau de cheminette. Elle avait appris à transplaner et passé son permis pendant sa formation, et elle n'était pas encore habituée à la liberté que cela lui conférait. Un instant plus tard, elle entendit deux autres personnes arriver par cheminette. Elle s'avança dans la salle à manger et vit Sam Bell émerger de la cheminée, suivi par sa femme, enceinte jusqu'au cou, Trina, qui avait l'air un peu verte après son voyage. Malheureusement, transplaner n'était pas une option pour une femme enceinte, et Sam ne voulait pas qu'elle voyage seule par cheminette en raison de son état, aussi il l'avait suivie.

Lily conduisit gentiment Trina dans la grande cuisine ancienne et la fit s'asseoir à la longue table de réfectoire, lui versant un verre d'eau pour boire. Sam s'assit à côté d'elle, lui caressant ses boucles brunes avec affection, mais Lily pouvait aussi voir qu'il était un peu nerveux. Pendant tout le temps où elle s'était entraînée, il avait été distrait par la grossesse de sa femme. Tout auror avec plus de cinq ans d'expérience était sensé être impliqué dans la formation des nouvelles recrues une semaine par mois, ainsi, et trois mois et demi de formation, Sam avait été son professeur trois fois. Une fois dans un cours de techniques de surveillance magique, une autre fois dans un cours de combat où Lily s'était battu contre lui et avait gagné, ce qui, elle avait pu voir, l'avait choqué… Mais elle pouvait aussi voir que c'était en partie à cause de sa distraction. Il l'avait félicitée et montrée en exemple au reste de la classe, mais elle avait remarqué qu'après cela, il la regardait aussi du coin de l'œil, comme si elle risquait de l'attaquer à n'importe quel moment.

Et maintenant elle avait terminé, et James ne jouait pas pour les Montrose Magpies ce jour-là non plus. Lily avait découvert juste la veille, comme elle et James étaient calmement couchés ensemble dans leur lit à Londres, qu'il avait été à l'hôpital pendant deux semaines après un match contre les Wimbourne Wasps. Il avait discrètement transplané droit dans sa chambre après que ses parents soient couchés, comme il avait aussi son permis de transplanage maintenant.

« Ce maudit Verpey. » avait dit James, en jouant avec ses cheveux. « Le batteur le plus ennuyeux que j'ai jamais vu. MacFarlan était là aussi, et Martha… Est-ce que je t'ai dit qu'elle est capitaine maintenant ? En tous cas, Martha a dit qu'il secouait la tête en nous voyant jouer. Enfin, en tant que responsable du département des sports et jeux magiques, il n'est pas sensé nous montrer de traitement de préférence, mais MacFarlan était une star des Magpies pendant plus de douze ans, et même s'il est au ministère depuis dix ans, je pense qu'il s'attend encore à voir une victoire quand il va voir les Magpies jouer. Personnellement, après un match, je m'attends à être conscient et à me souvenir de ce que j'ai fait ce jour-là, mais on ne peut pas tout avoir… »

Lily embrassa son torse avec affection. « Je suis contente que tu ailles bien. Je suis sûre que tu as bien joué. Tu n'es simplement pas habitué à perdre, même après la coupe du monde. Cela t'arrivera parfois, tu sais. » le taquina-t-elle, coinçant son nez entre son pouce et son index. « Le jeu professionnel est différent. Tu sais que tu aimes cela. J'aurais juste aimé savoir que tu était à l'hôpital. » elle soupira. « Je ne sais pas pourquoi ils ont besoin de nous isoler pendant tout notre entraînement. Tu m'as tellement manqué que ça me faisait mal… »

Elle remonta un peu sur le matelas et se pencha pour l'embrasser légèrement. James, cependant, avait un plan différent, et il lui tint la tête et approfondit le baiser. Elle se recula doucement et lui sourit. « Est-ce sensé me montrer que cela valait le coup d'attendre ? »

Il sourit et acquiesça. « Et pour te rappeler pourquoi tu m'épouses. »

Elle rit. « Ce n'est pas pour cela, idiot, bien que ce soit un effet de bord agréable. » Et bientôt, ils profitaient tous les deux d'un autre effet de bord…

Lily massait le dos de Trina et regardait Sam, qui était concentré sur sa femme. « Je ne sais pas où sont les garçons. Restez ici, je regarde en haut. »

Elle trouva d'abord Mr et Mrs Black, qui lui firent une chaude accolade et la félicitèrent pour la réussite de son entraînement d'auror. Elle aimait beaucoup les Black, comme ils étaient ce que James avait de plus proche comme parents maintenant, à part sa tante Othalie. La mère de Sirius lui dit que lui et James étaient encore dans leur chambre.

Quand elle ouvrit la porte, James cria, essayant de masquer un paquet à sa vue. Elle vit maintenant qu'il empaquetait un cadeau sur son lit, et il finissait juste de serrer le ruban.

« Ne regarde pas ! » cria-t-il. Elle se mit immédiatement la main devant les yeux.

« Qu'est-ce que vous faites encore tous les deux ici ? Sam et Trina attendent en bas, et Remus ne va probablement pas tarder. Vous avez réussi à contacter Peter ? » demanda-t-elle, sa main encore devant ses yeux.

« Non, bien que la chouette ne soit pas revenue à moi, comme elle a fait pour les lettres que Weasley a essayé de lui envoyer. Étrange. En tous cas, je finissais d'emballer ton cadeau, et Sirius est sous la douche. Il a fini d'ailleurs. » Elle enleva sa main de devant ses yeux et James sembla oublier qu'elle ne devait pas voir le cadeau.

Il n'avait pas plutôt fini de parler que la porte de la salle de bain s'ouvrait et que Sirius en émergeait, encore légèrement humide, ne portant rien d'autre qu'une serviette autour de la taille, pendant qu'il en utilisait une autre pour se sécher les cheveux. James n'aima pas la façon dont Lily se retrouva immédiatement coite, regardant Sirius avec la bouche légèrement ouverte, et il vit la façon dont ses yeux voyageaient de son torse à ses jambes. Il souhaita qu'elle ait encore sa main devant les yeux.

Puis elle leva les yeux et remarqua que James guettait sa réaction, et elle se sentit rougir. Elle fit un sourire narquois à Sirius et dit d'un ton badin. « Êtes-vous sûr de ne pas vouloir porter des kilts pour notre mariage ? Tous les deux ? » ajouta-t-elle, pensant aux jambes de James. « Avec les bons tartans, bien sûr… »

« Non ! » dirent James et Sirius à l'unisson. « Il y a tous ces moldus qui viennent, » continua James, « alors nous sommes tombés d'accord pour porter des habits moldus. Pas de robes, des costumes. »

« Nous avons dit des habits moldus. » lui rappela Lily. « Les kilts peuvent aussi être des habits moldus. Je sais que certains sorciers écossais préfèrent encore les kilts aux robes, mais c'est aussi considéré comme un habit de moldu… » elle trouvait dur de ne pas rire. Il était si drôle à ce sujet. Elle ne voulait pas qu'ils soient en kilt, mais elle aimait bien les faire marcher.

« Pas de kilts ! » dirent encore James et Sirius comme un seul homme.

« Bien, si Sirius ne se baladait pas comme cela, il ne me donnerait pas des idées… » elle eu un sourire mauvais, regardant à dessein les jambes de Sirius maintenant.

« D'accord, d'accord, allez, viens… » dit James, la poussant en dehors de la chambre et refermant la porte derrière eux quand ils furent sur le pallier. « De plus, Sirius doit s'habiller, et… »

« Oh, cela ne me dérange pas qu'il s'habille devant moi.. » commença-t-elle à dire avec de grands yeux simulant l'innocence, se demandant combien de temps elle pourrait faire marcher James avant qu'il ne montre ses limites. James le lui dit en couvrant soudain sa bouche de ses lèvres, et en l'embrassant profondément. Elle frissonna et glissa ses bras autour de son cou, se pressant contre lui.

Quand il ôta finalement en douceur ses lèvres de sur elle, elle le regarda avec ses grands yeux verts brillants. « Bien » dit-elle doucement. « Cela m'apprendra. »

Elle lui sourit et il sourit aussi. « Tu es une diablesse, Lily Evans. »

« Et maintenant, un auror diplômée. Une combinaison redoutable. »

Il rit. « Je dirai. Oh…zut. Le cadeau est encore sur le lit. » il râpa à la porte.

« Ne rentre pas, Lily ! » fit la voix paniquée de Sirius à travers la porte. « Je ne suis pas décent. »

« Quand diable es-tu jamais décent ? » plaisanta son meilleur ami. « Fais moi juste une fleur et descend le cadeau quand tu arrives, d'accord ? Nous descendons. » lui dit James. Ils descendirent l'escalier de pierre, main dans la main, mais quand Lily fut à une demie volée de marche du rez-de-chaussée, elle entendit un gémissement qui lui fit brusquement lâcher la main de James et prendre sa robe dans ses mains pour dévaler les marches restantes.

James sprinta à ses trousses dans la cuisine, la trouvant accroupie à côté de Trina Bell, qu'il n'avait jamais encore rencontrée. Il y avait une grande tâche au sol, sous la chaise de Trina, et ses yeux noisette étaient dilatés et terrorisés. Son mari lui caressait le dos, l'air aussi paniqué.

« Hum, » dit Trina, couvrant de ses mains son ventre distendu. « Je crois que je viens de perdre les eaux. »

« Tu penses que tu viens de perdre les eaux ! » dit Lily, sa voix grimpant d'un octave. Elle se tourna vers James, résistant à l'envie de lui dire qu'il avait l'air d'un simplet, figé sur le pas de la porte. « Va chercher la mère de Sirius. En haut. » dit-elle sèchement. James acquiesça et sortit de la pièce.

Peu lui importait que Lily lui donnât des ordres. Il pouvait seulement penser, 'Oh mon Dieu. Lily et moi allons nous marier dans six mois, et avant de réaliser ce qui t'arrive, elle va vouloir un bébé… »

Pour quelque raison, cela ne lui était jamais venu à l'esprit. Il savait juste qu'il voulait toujours être avec Lily quand il lui avait fait sa demande. Cela avait été maladroit et inarticulé, et elle avait pratiquement dû lui demander « Heu, est-ce que tu me demandes en mariage, James ? » ce à quoi il avait bêtement acquiescé.

Il trouva Callisto Black et bégaya quelque chose sur ce qui arrivait, et elle se mit immédiatement en train, sortant sa baguette de sa robe et faisant voler les couvertures et les draps de son lit. D'autres draps volèrent sur le lit depuis la garde robe avec un autre geste de sa baguette, et elle se tourna vers lui et lui dit sèchement. « Fais-la venir ici. Si elle a perdu les eaux, il n'y a pas de temps à perdre. »

James acquiesça et sortit de la pièce en courant à nouveau, pensant que les femmes devenaient soudain très professionnelles avec ces sortes de choses. Comment pouvaient-elles faire cela, alors qu'une autre femme souffrait autant ? Comment pouvaient-elles garder un tel sang-froid alors que le simple fait de penser à ce que vivait Trina lui nouait l'estomac ?

L'attente sembla durer une éternité. Même si elle avait perdu les eaux, elle n'avait pas de contractions au début. Callisto Black contacta la sage-femme des Bell, mais elle était occupée à délivrer un bébé à Bristol, et ne pouvait pas venir immédiatement.

James avait vu Lily déglutir et murmurer, « Je… Je suppose que je pourrai aider. Je viens de finir ma formation d'auror, et ils nous ont appris un certain nombre de procédures médicales d'urgence… Y compris pour la naissance d'un bébé. Et bien sûr, Sam est auror aussi. »

La sage femme avait secoué la tête en en tendant cela. « C'est le père. Il doit aider à la calmer. Et il doit rester calme lui-même. Vous devez garder la tête froide, ma fille, et vous assurer que vous vous souvenez de votre formation. Pouvez-vous faire cela pour moi ? Jusqu'à ce que je puisse arriver ? »

Lily acquiesça, déglutissant encore. Peut-être qu'elle n'était pas aussi calme que cela. Elle allait être responsable de la surveillance du travail du Trina jusqu'à ce que la sage-femme arrive, en compagnie de la mère de Sirius. Elle avait dix-huit ans et n'avait délivré un bébé qu'en simulation magique. Elle était morte de peur.

James, Sirius et Walter Black faisaient les cent pas sur le pallier en dehors de la chambre des parents de Sirius, et Remus se joignit à eux quand il arriva. Lily, Callisto Black et Sam étaient dans la pièce avec elle. Cela sembla durer une éternité avant qu'ils n'entendent un bébé pleurer. James entrouvrit la porte en hésitant et jeta un coup d'œil. Lily le vit et eut un sourire béat, lui faisant signe de rentrer dans la chambre. Trina était effondrée sur le lit, Sam essuyait son front avec un mouchoir, pendant que Callisto nettoyait le bébé et l'enveloppait dans une serviette. Elle tendit le bébé à Lily, qui le tendit à Trina. Comme Trina enleva immédiatement son chemisier et posa le bébé sur sa poitrine, James souhaita pouvoir passer à travers la porte et disparaître. Lily rit quand elle vit sa tête, et fit sortir les hommes de la pièce, s'essuyant le visage d'épuisement. Des traînées de sueur lui coulaient sur les joues, et elle avait les yeux cernés. D'une manière ou d'une autre, il faisait maintenant nuit, et l'heure du repas était bien passée. Personne n'avait remarqué, ou préparé de la nourriture.

Elle rit, fatiguée et s'appuya contre James, qui la prit dans ses bras et l'embrassa sur le front. « Tu as été merveilleuse. » lui chuchota-t-il.

Elle leva la tête vers lui et fronça les sourcils. « Tu n'étais pas là. J'ai été inutile le plus clair de temps. »

James secoua la tête. « Je me moque de ce que tu dis. Je maintiens que tu as été merveilleuse. »

Elle lui sourit maintenant. « Fais attention. Je pourrais t'épouser si tu continues comme cela. »

Il lui sourit à son tour. « Je prends le risque. »

Remus vit l'amour qu'il y avait entre eux comme ils échangeaient ces phrases légères. Il ne put s'empêcher de sourire et d'imaginer Emil, ce qui lui fit immédiatement penser, 'hum, je dois complètement avoir oublié Lily finalement'. C'était une pensée étrange, mais il la regardait maintenant avec les bras de James autour d'elle, et il se sentait étrangement satisfait, comme si le monde allait tourner plus rond. Il jeta un coup d'œil à Sirius, qui avait l'air un peu moins satisfait, mais bon, Sirius n'avait ni un bon métier, ni une petite amie régulière, et Remus n'était pas non plus sûr de comment il prendrait la nouvelle de sa relation avec Emil. Il avait râlé de ne pas pouvoir contacter Remus quand il voulait récemment, même si Remus avait à dessein évité de se plaindre de son manque de compagnie durant les pleines lunes depuis la fin de l'école. Sirius avait toujours eu un talent remarquable pour être le nombril du monde, selon Remus, et pour autant qu'il aime son ami, il ne pouvait pas nier que ce talent ne s'était pas amoindri.

Un peu plus tard, ils étaient dans la cuisine, prenant du thé et quelques sandwichs, quand Sam entra, sur la pointe des pieds, portant un quelque chose blotti dans une couverture dans ses bras. Il s'assit à côté de Lily, un sourire fendant son visage. Elle regarda dans les couvertures, voyant des yeux brillants brun-verts la regardant au-dessus d'un minuscule nez, et avec une touffe de cheveux bruns bouclés sur la tête. Le bébé avait les joues roses et un air curieux, et Lily retint son souffle en la regardant.

« Oh… Sam ! Elle est si belle… »

Il montra fièrement sa fille de la tête. « Voudrais-tu la tenir, Lily ? Le premier bébé que tu mets au monde ? »

Lily lui sourit et lui prit doucement le bébé, sentant quelque chose d'inexplicable et primal bouger en elle comme elle tenait le petit corps contre elle, sentant le petit poids chaud sur ses bras, à la fois lourd et bien trop léger, comme s'il pouvait disparaître d'un instant à l'autre. James était assis de son autre côté, et elle le regarda dans les yeux, sentant qu'elle ne l'avait jamais aimé davantage, et surprise de sentir à quel point elle voulait un enfant de lui. Elle savait aussi à quel point cette conversation avec Bonnie l'avait paniquée, mais maintenant… Maintenant il n'avait pas l'air paniqué du tout. Il la regardait dans les yeux avec amour, puis il regarda le bébé, et d'un doigt hésitant, il toucha doucement les minuscules doigts refermés avec leurs ongles impossiblement petits. Le bébé réagit instinctivement et prit le doigt de James, et Lily le regarda à nouveau, choqué de voir l'expression sur son visage changer.

Il regarda Lily, pensant qu'il ne l'avait jamais davantage aimée, et qu'elle n'avait jamais été plus belle que maintenant, avec cet air doux sur son visage, comme elle tenait le bébé. Il sentit quelque chose tressaillir en lui aussi, et découvrit qu'il ne pouvait pas détourner ses yeux d'elle, même si elle regardait à nouveau le bébé, qui semblait déterminé à ne pas lâcher le doigts de James.

« Hum, ça vous dérange si je reprends ma fille ? » demanda Sam, s'éclaircissant la gorge. Lily eut l'air de se réveiller, et émit un rire forcé.

« Je suis désolée. » dit-elle, déconnectant le doigt de James du petit poing et tendant à Sam sa fille. Sam la tint étroitement, possessivement, et James comprit. Il peut nous faire confiance, basiquement, mais le fait demeure que c'est la fille de Sam et Trina. Leur responsabilité. A jamais.

Il déglutit, se sentant à nouveau un peu submergé par tout cela, mais ayant aussi une incroyable envie de porter Lily jusque dans sa chambre et de lui faire l'amour…

« Comment s'appelle-t-elle ? » demanda Lily, regardant dans la couverture l'adorable frimousse qui déformait en un bâillement trognon, lui faisant à nouveau tourner la tête.

« Kathryn. Mais on l'appellera Katie. Comme sa mère, ou presque, puisqu'elle s'appeler Katrina. Une sera Katie, et l'autre Trina, pour éviter les confusions. »

Lily acquiesça. « C'est mignon. » Elle regarda encore dans les yeux de James. L'amour qu'elle y vit était à la fois terrifiant et vivifiant.

« Quelle fête, hein ? » dit faiblement James, essayant de rendre le moment moins intense. Elle lui sourit et enlaça ses doigts dans les siens, souhaitant que les six prochains mois allaient passer plus vite.

« Oh, je suis sûre que nous n'allons certainement pas l'oublier de sitôt. »

Jeudi 15 Mai 1979

« Hého ? » fit la voix hésitante de Bill dans la forêt silencieuse. « Je cherche… Firenze. Firenze le Centaure. Il y a quelqu'un ? »

Silence.

Après avoir attendu quelques minutes, Bill continua à avancer, ses bottes écrasant les feuilles mortes sous ses pieds. Il n'entendait aucun son qu'il ne faisait pas lui-même. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'y en avait pas d'autres. Il n'avait pas remarqué, par exemple, le bruit d'un rat, courant sur ses toutes petites pattes sur un chemin parallèle au sien, mais à environ vingt pieds de là. De ce que pouvait dire Bill, il n'y avait aucun autre humain dans la forêt.

Il regardait alentour la légion des arbres. Elle avait le même aspect dans toutes les directions. Il commença à se sentir mal à l'aise dans le silence. Il regarda encore un peu autour de lui. Comment fait-on pour qu'un centaure vienne vous voir ? se demanda-t-il. Qu'est-ce qu'aiment les centaures ? se demanda-t-il. Lire l'avenir. Regarder les étoiles. Bien, c'était une opportunité d'interpréter une prophétie. On pourrait même l'appeler La Prophétie. Quel centaure ne serait pas intéressé par cela ?

Lui et Charlie avaient discuté de la Prophétie pendant des heures. Bill avait demandé au professeur Trelawney si elle l'avait écrite, et elle lui avait permis de la copier de sur le parchemin sur lequel elle l'avait notée, l'avertissant encore sur qui la lui avait donnée. Bill n'y trouvait ni queue ni tête, et ne réalisant pas qu'il parlait à voix haute, frustré, il avait dit à Charlie « Je parie qu'un de ces centaures pourrait me dire tout ce que cela signifie. » Bill avait caché cela à ses camarades de chambre, et même à Jack et Geoff, comme il ne pouvait parler à aucun d'eux de sa sœur. Charlie avait été là, alors il savait et de toutes façons, Peggy était aussi sa sœur.

Ils étaient seuls dans le dortoir de quatrième année, et Charlie s'était tu pendant un moment. Finalement, Bill avait entendu un léger ronflement venant de lui, et réalisé que Charlie avait fermé les yeux, bien qu'il tienne encore le livre de Divination ouvert sur ses cuisses, comme s'il le lisait.

« J'ai besoin d'aide » disait-il maintenant à haute voix à n'importe quel esprit de la forêt qui pourrait l'entendre. « pour interpréter une prophétie sur la chute du Seigneur des Ténèbres ! Je recherche Firenze le centaure ! »

L'écho de sa voix s'éteignit. Il leva les yeux. Il s'était avancé dans une clairière, et il entendait des battements d'ailes au-dessus de sa tête. Une chouette volait en direction du château. Peut-être que c'était ce qu'il aurait dû faire, pensa-t-il. Envoyer une lettre au centaure par chouette postale. Son errance dans la forêt n'avait aucun sens. Il n'était pas sensé être là.

Il quitta le ciel des yeux et cria de surprise, bondissant pratiquement hors de sa peau. Une énorme créature mi-homme, mi-cheval se tenait devant lui, le regardant calmement. Il ne l'avait pas entendu pénétrer dans la clairière. Est-ce que les centaures pouvaient transplaner ? se demanda-t-il. Il savait que les humains ne pouvaient pas transplaner sur le domaine de Poudlard, mais est-ce que cela incluait la forêt ? Et il savait que les elfes de maison pouvaient se déplacer dans Poudlard sans aucun problème. Leur mode de voyage n'était évidemment pas tout à fait le même que le transplanage. Peut-être que les centaures avaient une version propre du transplanage qui marchait à Poudlard. Ou peut-être avait-il simplement été très silencieux.

« F-Firenze ? » dit doucement Bill, ne sachant pas s'il existait un protocole formel pour s'adresser à un centaure. Il n'était même pas sûr qu'il devait s'adresser à ce centaure, mais pour quelque raison, le nom « Firenze » avait été écrit sur le cahier ou il avait écrit la Prophétie et ses nombreuses théories à son sujet. Ce n'était pas son écriture, et Charlie avait dit que ce n'était pas lui non plus.

« Oui. Tu es venu me voir, William Weasley ? »

Bill se retint de lui demander comment il connaissait son nom. Probablement simplement un truc de centaure. « Oui, c'est le cas. » répondit-il formellement, pour rattraper son manque de formalité précédent. Cela semblait naturel de donner une telle réponse au centaure hautain. Il avait comme l'impression d'être présenté à la reine.

« Tu as dit que tu avais une prophétie… »

'Oui. Ma.. Ma professeur l'a donnée… »

Le centaure se tourna soudain pour partir, et Bill paniqua.

« Où allez-vous ? » demanda-t-il, sa voix tremblant.

Le centaure ne se retourna pas, mais il s'arrêta.

« Ne me mens pas. »

Bill frissonna. Pouvait-il avoir confiance en cet être ? Ou était-il une créature ? Il ne pouvait pas se souvenir de ce qui avait été décidé par le ministère… Ou par les centaures eux-mêmes.

« O-OK » dit-il, sa voix tremblant encore. « C'est… C'est ma petite sœur qui l'a dite. Je pense qu'elle… Qu'elle a le Don. »

Firenze acquiesça avec sagesse, se retournant. « Elle l'a. Nous voyons des choses dans les étoiles, et une des choses que nous disent les étoiles sans erreur est quand une vraie voyante naît. Ses paroles, même enfantines, ne devraient pas être prises à la légère. »

Bill opina du chef. « C'est ce que je pensais. Pensez-vous… Voudriez-vous entendre la Prophétie et me dire ce que vous pensez que cela signifie ? »

Il acquiesça encore. « Je pense que nous avons déjà vu un peu de cette prophétie dans les étoiles et dans nos prévisions. Mais ce sont des fragments. Peut-être que tu vas m'aider à trouver un sens à ces fragments. »

« Bien. » dit-il, se sentant bizarre à l'idée de pouvoir aider les centaures alors qu'il était venu les chercher pour se faire aider. « Cela commence comme cela : »

Dans les temps à venir la chute du Seigneur des Ténèbres

Est séparée par l'argent comme l'or.

Un triangle, à chaque fois, sera sa perte.

"In days to come the Dark Lord's fall

Is split by silver into gold.

A Triangle, each time, his bane..."

« Ah ! » fit le centaure, l'air mécontent. « Bane est dans la prophétie. Dommage. »

« Qu'est-ce que cela veut dire ? » lui demanda Bill perplexe. A moins qu'il ne plaisante, ce que Bill réalisa qu'il faisait sans doute. Il aurait ri poliment, juste pour faire voir qu'il avait compris la plaisanterie, mais c'était un peu tard maintenant.

« Donne-moi le reste. Laisse-moi y réfléchir. »

« D'accord. » Bill continua.

Dans un coin est un grand Lion,

Aux bonnes intentions, nommé d'après le charbon.

Deux fois caché, à la fois bête et homme.

Un coin vient du sang d'antan,

Enfant de la lune d'argent si froide,

Serviteur du Seigneur des Ténèbres et ami du Lion.

En dernier vient la Fille de la Guerre aux cheveux de feu,

Prise entre l'argent et l'or ;

Une parmi deux et une parmi beaucoup.

Le Lion aime la lumière de la fille

Comme l'Enfant de la lune d'argent ;

Mais le serviteur du Seigneur des Ténèbres devra trahir.

Et même s'ils fuient devant leur destin,

Trois devraient donner naissance aux jours de damnation,

Et l'Amour devrait mettre fin au règne du Seigneur des Ténèbres

Bill regarda Firenze avec expectation. Le centaure fixait le ciel et fronçait les sourcils, se caressant le menton. Après avoir attendu plusieurs minutes, Bill s'éclaircit la gorge.

« Bien ? » demanda-t-il « Une idée ? »

Le centaure acquiesça, mais avait l'air un peu distrait. « Cela expliquerait certaines choses que nous avons vu esdans le ciel. Il y a eu de très nombreux augures dernièrement concernant les chutes du Seigneur des Ténèbres. »

« La chute. » le corrigea automatiquement Bill. Puis il se mordit la langue, mais cela ne sembla pas déranger le centaure.

« Les chutes. » dit-il encore, imperturbable malgré l'interruption de Bill. « Le premier verset indique que le Seigneur des Ténèbres chutera deux fois. »

Bill repensa encore aux mots. « Vraiment ? » il fronça les sourcils, se questionnant à se sujet. Puis il pensa aux mots 'un triangle à chaque fois sa perte'. « Alors trois personnes en seront responsables à chaque fois ? Est-ce ce que cela signifie ? »

« Je le crois. Les Trois peuvent être décrits de la même manière à chaque fois, si je juge correctement de la Prophétie. »

Bill fronçait encore les sourcils. « Mais qu'est-ce que 'Est séparée par l'argent comme l'or.' Veut dire ? »

Firenze fit un signe de la main comme si cela allait de soi-même. « Ce que cela veut dire. La chute du Seigneur des Ténèbres est séparée par l'argent comme l'or. »

Bill secoua la tête. « Quoi ? »

« Les deux fois sont séparées comme l'or par l'argent. » répéta le centaure, comme si Bill allait mieux comprendre cette fois. Le garçon secoua la tête, toujours abasourdi.

« Peut-être que nous devrions passer à autre chose. » dit Bill. « Et pour 'Dans un coin est un grand Lion,

Aux bonnes intentions, nommé d'après le charbon. Deux fois caché, à la fois bête et homme.' »

Firenze acquiesça, regardant le ciel. « Il y a bien sûr deux lions. Ou il y aura. Nous avons vu les signes. Un sera comme un père pour l'autre. »

Bill loucha. « L'un d'eux n'est pas encore né ? »

« Oui. Et son ami. Son chiffre est le cinq. » Il regarda une fois de plus le ciel. Bill le regarda aussi. Il devenait sombre. Il vit Venus scintiller dans le ciel du crépuscule. « Le chiffre du lion est onze. » ajouta le centaure d'un air rêveur.

« Onze ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Quel Lion ? »

« Les deux. » dit-il négligemment. Qu'est-ce que cela veut dire ? se demanda Bill. Que veut dire Lion ? C'était un Griffondor, et ils étaient appelés les lions. Si cela signifiait quelqu'un de Griffondor, cela rétrécissait pas beaucoup le champ des possibilités. Cela couvrait environ vingt-cinq pour cent de la population des sorciers. Le pronom semblait indiquer qu'il s'agissait d'un homme, mais il restait encore douze ou treize pour cent des sorciers.

Bill ne savait que faire du 'onze'. « Et pour la dernière partie ? » demanda-t-il à Firenze. « Un coin vient du sang d'antan, Enfant de la lune d'argent si froide, Serviteur du Seigneur des Ténèbres et ami du Lion. »

« L'enfant de la lune. » dit Firenze d'une voix mystérieuse, rappelant à Bill le professeur Trelawney. Puis il eut une idée soudaine. Il se souvint des nombreuses heures passées à travailler sur son propre horoscope et sur ses diagrammes stellaires pour Trelawney.

« Attendez. » dit-il dans un souffle, essayant de formuler ses pensées aussi vite qu'il les avait. « Est-ce que l'on n'appelle pas les enfants nés sous le signe du cancer les enfants de la lune ? » il regarda le centaure qui acquiesça avec un sourire. Bill sentait qu'il était vraiment sur quelque chose. « Et le lion… Et si c'était aussi un signe du zodiaque ? Et si c'était quelqu'un né dans la maison du lion ? »

« C'est quelqu'un… Deux personnes… Nées sous le signe du lion. » dit-il placidement. A quel point est-ce différent de ce que je viens de dire ? se demanda Bill. Cela avait l'air si littéral, comme si la mère de quelqu'un avait un panneau avec un lion pendu au mur au-dessus de l'endroit où elle mettait au monde. « Tu connais et le lion et l'enfant de la lune » lui dit le centaure d'un air détaché.

« Quoi ? » fit Bill, sa voix montant d'un cran. Il s'éclaircit la gorge, embarrassé. « Je les connais ? »

« Et ils se connaissent l'un l'autre. Bien. Ils ont conspiré ensemble. Ils ont été amis. Et ils aiment la même femme. La même chose sera vraie dans le futur. »

Bill secoua la tête. C'était si confus. « Est-ce la femme de la Prophétie ? » Firenze acquiesça encore. « La Fille de la Guerre ? Qui est-elle ? »

« Une parmi deux et une parmi beaucoup » dit le centaure.

« Je sais, c'est ce que dit la Prophétie. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? »

« Il y a deux Filles. » Bill attendit la suite. Qu'est-ce que cela signifiait ? Il haïssait poser deux fois la même question, mais il avait le sentiment que la soi-disant réponse était claire comme du jus de chaussette.

« L'une d'elle est l'une parmi deux, et l'autre est un parmi beaucoup ? » demanda Bill, obtenant un hochement de tête en réponse. Il poussa un soupir de soulagement. Il avait interprété quelque chose correctement. Pas que cela l'avance beaucoup… « Quel est le chiffre de la Fille ? » demanda-t-il maintenant, même s'il n'avait pas encore compris ce que pouvaient signifier les chiffres du lion et de l'enfant de la lune. Firenze consulta encore le ciel.

« Nous avons vu leurs signes. » dit-il doucement. « Nous avons regardé le mouvement de Mars. Rouge est Mars, la couleur de la guerre, la couleur de la discorde. Pourtant, ensemble, les deux filles ne font qu'un. Ensemble, elles vont amener la paix. »

« Quoi ? »

« Elle font un. Les deux filles n'ont pas le même chiffre. Si c'était le cas, le Seigneur des Ténèbres serait complètement défait par le premier triangle, ou ne serait pas complètement défait par le second. La seconde fille de Guerre fait aussi du second triangle un. Les trois de ce groupe font un. Les trois du premier triangle font seulement la moitié d'un tout. »

« La moitié d'un tout… Parce que le travail est seulement à moitié fait ? »

« Et ensemble… Les six personnes font six. »

Bill ne savait pas pourquoi il disait cela. « D'accord… Les six personnes font six. » répéta-t-il. Y avait-il une raison pour dire quelque chose d'aussi évident ?

Mais Firenze acquiesça encore, fixant encore les cieux. Puis soudain, il regarda Bill d'un regard tellement pénétrant qu'il lui coupa le souffle. Le centaure ne l'avait jamais regardé aussi directement avant. « Ta famille… » dit-il lentement, doucement, presque de façon menaçante. « De ta famille viendront beaucoup de ceux qui se battront contre le Seigneur des Ténèbres avant qu'il ne chute. Ton frère le plus jeune marchera aux côtés du second lion. Son nombre est aussi le onze. Un Fille de la guerre viendra de ta famille… »

« Quoi ? » couina encore Bill, mais pas, pour une fois, parce qu'il n'avait pas compris. Il comprenait bien trop bien. Était-ce Peggy ? Ou Annie ? Puis il réalisa qu'il y avait deux filles de la guerre. Était-ce ses deux sœurs ? Est-ce qu'une seule de ses sœurs était la fille de la guerre ?

« Qui ? » demanda-t-il. « Qui est-ce ? »

Le centaure regarda encore le ciel, ne répondant pas. Bill attendit. Mais c'était comme si Firenze avait oublié pourquoi il était dans la clairière, et ce qu'il faisait là. « Curieux. » dit-il doucement maintenant. « Très curieux… »

Sans dire un mot de plus, il se détourna et s'éloigna de la clairière, laissant Bill se tenir seul, le regarder en train de s'éloigner. Et je suis sensé le suivre ? D'une certaine manière, il pensait que non. Il semblait que le temps de sa consultation de Firenze était fini.

Ton frère le plus jeune marchera aux côtés du second lion. La Fille de la Guerre viendra de ta famille…

Son frère le plus jeune ? C'était Fred. George était né juste avant minuit le 17 avril, Fred juste après minuit le 18 avril. Il avait mal au cœur. Les jumeaux n'avaient pas encore un an. Son nombre était aussi onze. Qu'est-ce que ces foutus nombres pouvaient bien vouloir dire ?

Il se tourna pour sortir de la forêt, mais il faisait maintenant très sombre, alors il alluma l'extrémité de sa baguette. Il avança en faisant attention, mais son esprit bouillonnait avec tout ce que le centaure avait dit, et il avait des difficultés à faire attention à l'endroit où il mettait les pieds. Trébuchant quelques fois, il atteignit finalement la lisière de la forêt. Il put ranger sa baguette une fois qu'il fut en dehors. Il y avait encore un peu de lumière à l'ouest, éclairant son chemin jusqu'au château, et sans les arbres noirs autour de lui, il pouvait se repérer. Comme il avançait à grands pas sur l'herbe glissante, il pensait encore à sa famille. Peggy avait donné la Prophétie, il semblait donc plus probable que celle qui était dans la Prophétie soit Annie. Annie avait seulement huit ans ! Elle aurait neuf ans en septembre et commencerait sa sixième année à l'école du village de Pré-au-Lard. Ce n'était pas juste. Ce n'était simplement pas juste.

Il déglutit, se demandant s'il devait parler à Charlie de tout cela. S'il devait le dire à ses parents. Que pouvait-il leur dire ? Fred va être le bras droit d'une des trois personnes qui vont défaire Voldemort. Oh, et Annie sera l'une d'elle aussi. Je pensais juste que vous aimeriez être au courant.

Il secoua la tête. Ils penseraient tous qu'il était fou. Que pouvait-il faire, les traîner à l'école et les prendre dans la forêt pour parler à Firenze, afin qu'ils sachent qu'il n'avait pas perdu la raison ? Il entra dans le château et alla dans la grande salle, s'asseyant au milieu de la table de Griffondor et fixant les bannières sur les hauts murs, et le lion rampant de Griffondor. Il pensa à son petit frère et à sa petite sœur, et se demanda ce qu'il devait faire…

Dans la forêt, Firenze avait été conscient depuis le début qu'il n'avait pas qu'un seul visiteur, mais deux, et il décida qu'il était temps de parler au second. Il s'avança calmement à travers les arbres, s'éloignant de la clairière où Bill l'avait consulté, entendant le bruissement de petites pattes derrière lui, le froissement des feuilles et le frottement sur le sol. Il atteignit une autre clairière, une grande clairière herbeuse qui avait la réputation d'être un rond de fées, et il s'arrêta et se retourna, faisant face à la direction d'où il venait.

« Montre-toi, sorcier. » dit-il sévèrement, regardant avec ses bons yeux à travers les arbres, à l'endroit où il savait que son autre visiteur se cachait. Un petit animal se faufila de derrière la racine d'un arbre, tremblant clairement. C'était un petit rat gris. « Ne me parle pas sinon sous ta vraie forme. » dit le centaure, ses yeux brillants.

En un clin d'œil, le rat se changea en un jeune homme, à peine sorti de l'école. C'était un petit homme avec un ventre rond et des cheveux courts, leur couleur et son nez pointu laissaient penser qu'il avait négligé de complètement quitter sa forme de rat. Le jeune homme tremblait. Le centaure le regarda avec sévérité.

« Pourquoi es-tu ici ? » Sa voix résonna dans la forêt avec autorité, et l'homme sut que lorsqu'il s'était adressé à Bill Weasley, le centaure avait fait un effort pour être doux, gentil et pas menaçant. Il ne le faisait plus maintenant.

Peter trembla violemment. Il avait essayé de s'en tenir à suivre Bill Weasley, vraiment. Il s'était caché à Poudlard depuis des mois, prenant même pour résidence le dortoir des quatrième année de Griffondor. Ce n'était pas trop mal ? Quand il réussissait à éviter le gros chat gris de l'ami de Weasley, Alex Wood. Un garçon maigre du nom de Booth l'avait adopté et pris comme animal de compagnie. Wood et Weasley ne s'entendaient pas bien avec Booth et son meilleur ami. Avoir Booth pour maître avait bien fonctionné pour Peter, comme c'était bien plus facile pour avoir à manger (quand il avait faim, ce qui n'était pas si souvent) et pour avoir quelqu'un pour le protéger du chat de Wood. Et il avait pu découvrir ce que Bill et son frère connaissaient de la Prophétie, comme ils ne faisaient pas attention à ce qu'ils disaient quand il était là. Il pouvait se mettre en boule sur le lit de Booth quand Bill et Charlie étaient dans le dortoir, parlant de la Prophétie, et ils se moquaient qu'il puisse entendre quoique ce soit, parce que c'était simplement un rat.

Il avait un peu paniqué quand Bill lui avait envoyé une lettre sur sa sœur. Bill avait évidemment utilisé une chouette de l'école, dans la volière, et quand il était redescendu dans la tour Griffondor, il avait découvert la même chouette en train de cogner à la fenêtre, essayant de rentrer dans le dortoir. Peter avait frissonné et s'était enfui dans une fissure dans un mur de pierre, d'abord effrayé parce que les chouettes mangent les rats, et puis il avait eu peur pour une raison différente, quand Bill avait ouvert la fenêtre et pris le parchemin de la chouette en disant à son frère, « C'est étrange. La lettre que j'ai écrite à Peter est revenue. Comment crois-tu que cela se fasse ? »

Les yeux marron de Charlie étaient devenus tout ronds, et le deuxième année avait dit avec crainte « J'ai entendu que quand on essayait d'envoyer des hiboux aux morts, ils revenaient simplement. Tu penses que quelqu'un l'a tué ? Parce qu'il a entendu la Prophétie ? Est-ce que tous ceux qui l'ont entendue vont commencer à mourir ? »

Bill Weasley avait vraiment eu l'air paniqué à cette idée pendant une seconde, ses yeux s'écartillant comme il regardait son frère en tenant la chouette sur son bras. Puis l'aîné sembla se secouer. « Ne soit pas idiot. Je vais encore essayer. »

Il s'assura que le parchemin tenait bien à la patte de l'oiseau, et il le lança par la fenêtre. Peter regarda comme la chouette faisait un cercle et revenait vers le dortoir, se perchant sur le rebord de la fenêtre et fixant Bill.

« Malédiction ! » dit Bill, clairement ennuyé. « La lettre pour Lupin n'est pas revenue. » Il se tourna vers la fenêtre. « Es-tu sûre d'être une chouette postale, et pas simplement le vieil animal domestique stupide de quelqu'un ? » lui demanda-t-il. Bill et Charlie essayèrent de faire partir la chouette, de la convaincre de délivrer sa lettre une bonne demi-douzaine de fois supplémentaires avant d'abandonner. Peter continua à regarder avec nervosité, sachant que la chouette savait bien qu'il était ici, quelque part dans la pièce. Bill et Charlie n'avaient jamais suspecté que la chouette faisait précisément la bonne chose tout du long. Elle savait bien où trouver Peter.

Il avait fait très attention en reprenant forme humaine au milieu de la nuit et en sortant le cahier de notes de Bill concernant la Prophétie, en recopiant les mots, puis mettant le parchemin qu'il avait écrit dans la poche de sa robe avant de reprendre sa forme de rat et de retourner dormir dans un vieux pantalon de la garde-robe de Booth qu'il aimait particulièrement. Il avait aussi écrit le nom « Firenze » dans la marge du cahier de Bill, parce qu'il avait visité la forêt en de nombreuses occasions depuis qu'il était revenu à Poudlard, et suivi plusieurs centaures, déterminant que Firenze était le meilleur espoir que Bill pouvait avoir. Il avait attendu encore et encore que Bill aille voir les centaures, mais il ne se décidait pas. Les rêves ne le quittaient pas, et finalement, il s'était tenu au-dessus de Weasley dans sa forme humaine et avait pointé sa baguette sur lui, ne sachant pas s'il pourrait le faire, tremblant en prononçant le mot redouté :

« Imperio. »

Le matin suivant, Bill avait décidé qu'il se rendrait dans la forêt pour voir Firenze le centaure.

« Je vais te dire pourquoi tu es ici, sorcier. » dit le centaure. « Tu es ici parce que tu as entendu ta propre destinée, mais tu souhaites la contester. N'est-ce pas exact ? »

Peter osa lever les yeux vers l'énorme créature qui lui parlait. « M-Ma destinée ? Comment ? » bégaya-t-il. Il n'aimait pas comment cela sonnait.

« Quand tu as entendu la Prophétie, ce n'était pas la première fois que tu entendait ta destinée, n'est-ce pas ? Tu savais avant, et tu es venu à moi dans l'espoir d'une réponse différente. Je ne peux pas te la donner. Et maintenant que tu as montré ta vraie forme, je peux t'appeler par ton vrai nom. » dit le centaure, plus sur le ton de la conversation maintenant.

« Mon vrai nom ? » il n'avait pas donné au centaure le nom de Queudver, plutôt que Peter Pettigrew, alors il ne savait pas trop ce qu'il voulait dire.

« Oui, ton vrai nom, enfant de la lune. »

Le petit homme trembla encore plus et tomba à genoux. « Non, non, non… » fit-il d'une voix plaintive, se souvenant à nouveau de ses rêves.

« Si. » dit le centaure. « Tu l'as nié, tu n'as pas voulu le croire, mais quand tu as entendu la Prophétie, tu savais qu'elle disait ta destinée. »

Non, non, non, cria-t-il en son sein intérieur. Les rêves remplirent son esprit…

« Mais… » bégaya-t-il, « cela signifie… »

« Cela signifie que tu sais qui est la fille de la guerre. »

Peter s'effondra encore plus. Non, non, pas elle…

Une partie de la Prophétie avait été d'une clarté terrifiante pour lui depuis la début :

Le Lion aime la lumière de la fille, Comme l'Enfant de la lune d'argent…

« Tu sais qui tu aimes. Cela ne peut pas être remis en question… »

Et le lion. James, pensa-t-il. Qui d'autre cela pouvait être ? James qui avait été responsable que Peter soit toujours inclus, depuis le début de leur première année à l'école. James qui allait épouser Lily, se rappela-t-il avec colère.

Il leva les yeux vers le centaure. « Êtes-vous sûr ? »

Firenze acquiesça. « Tout cela fait partie du plan. Les étoiles et les planètes font leur danse et ne se soucient pas des préoccupations humaines. Ceci a été écrit dès l'aube des temps, avant même que les hommes et les centaures ne regardent le ciel et n'y voient leur propre destin. Le tien n'est pas plaisant, c'est vrai, mais il est nécessaire. Il n'est pas pour les faibles de cœur. »

Peter essaya de réfléchir. Je suis un Griffondor. Je peux faire cela. Seulement…

« Les gens vont me haïr. Je vais probablement me haïr… » sa lèvre trembla.

« Sans doute. S'ils découvrent… »

Exact, pensa-t-il. Peut-être que personne ne saura jamais.

« Tu sais ce que tu dois faire. »

Ce que tu dois faire.

« Oui. » Il fixa le sol, sentant qu'il avait envie de vomir, mais il n'avait rien mangé récemment, alors il n'avait rien dans l'estomac. Il avait encore eu les cauchemars la nuit précédente, après avoir lancé le sort d'Imperius sur Weasley afin qu'il aille finalement dans la forêt. Il leva encore les yeux, mais le centaure avait mystérieusement disparu. Il déglutit, puis se retransforma en rat pour se déplacer dans la forêt, indétectable par les créatures qui auraient bien aimé avoir un humain à dîner.

Il savait qu'il ne pouvait pas éviter son destin. Sa mère lui avait appris cela. Il savait que lorsque l'on est né pour faire quelque chose, on le fait. Il s'était souvent demandé pourquoi il avait été réparti à Griffondor, mais maintenant, il avait arrêté de se demander. Quand il avait été à l'école, il avait tiqué quand ils avaient du faire face à de nombreuses choses diaboliques en défense contre les forces du mal. Il avait craint de monter sur un balai la première fois qu'ils avaient appris. En cinquième année, il avait tremblé et s'était caché derrière ses amis quand Remus Lupin se transformait en loup-garou, et ses amis avaient été étonnamment tolérants avec lui. C'est lui qui avait crié le plus fort à cause de la douleur de la métamorphose d'animagus. Maintenant, il devait être plus brave qu'il ne l'avait jamais été. Il avait besoin de faire deux choses qui étaient contre tout ce en quoi il croyait, et ce à quoi il tenait chèrement.

Peter Pettigrew devait trahir la femme qu'il aimait.

Et il devait approcher Vous-Savez-Qui en personne et le convaincre qu'il voulait vraiment être un Mangemort.