La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre treize

Les bras d'une mère

Lundi 20 août 1979

Les deux silhouettes basses courraient rapidement à travers les hautes herbes autour du lac. Bien que son espèce ait depuis longtemps disparue d'Écosse, la plus grosse était un loup gris. Il ralentit et s'approcha du lac, haletant et assoiffé, puis il commença à laper l'eau du lac. L'autre animal était un chien noir hirsute presque aussi gros que le loup. Il suivit quelques instants plus tard, accueillant avec plaisir l'eau fraîche. Il étancha sa soif en regardant le loup du coin de l'œil, sachant que c'était toujours le but du loup de le secouer et de chercher une proie. Il ne pouvait pas permettre que cela arrive, il le savait. C'était son travail d'empêcher cela à n'importe quel prix.

Mais ensuite, comme le loup continuait à boire, un changement commença à intervenir en lui. Le chien n'avait pas réalisé à quel point le coucher de la lune était proche, et il fut pris par surprise. Le loup s'arrêta de boire, et se tint immobile, frissonnant. Puis sa voix s'éleva en un hurlement à déchirer les tympans, et il s'effondra sur le sil terreux de la berge, roulant sur son dos. Dans cette position vulnérable, avec ses pattes en l'air et son ventre exposé, il se tordait et continuait à hurler comme, petite à petit, sa truffe se changeait en un nez sans poil, la queue disparaissait, les oreilles reprenaient une petite forme arrondie contre la tête, et la fourrure devenait une robe en lambeaux. Finalement, les pattes courbes et lisses qui avaient été un moyen efficace pour tuer perdirent leur fourrure, les griffes aiguisées sortant entre les orteils disparurent, et à la place, ce furent des doigts qui se cramponnaient d'agonie sur le sol humide et souple. Les yeux ne changeaient jamais. Il y avait toujours un mélange de vert-brun et d'ambre, avec parfois une étrange lueur rouge.

Remus n'avait pas moins mal quand ce changement se produisait que quand il devenait un loup au lever de lune. Dans les deux sens, il avait l'impression que ses os étaient arrachés et que des parties de son esprit se fermaient à lui, lui étaient inaccessibles. Il éprouvait l'étrange sensation, le matin après la pleine lune, d'avoir ses sens atténués, comme il n'avait pas la même conscience dans son enveloppe humaine qu'il pouvait avoir comme loup. Il avait encore une audition et un odorat plus précis, et une manière différente de voir les choses par rapport aux humains ordinaires, mais d'une manière ou d'une autre, quand il était un loup, il se souvenait être tellement plus conscient de tout, jusque dans sa moelle. Ses instinct étaient aiguisés comme des lames de rasoir d'une manière comme ils ne l'étaient jamais quand il était en humain. Bien sûr, il s'inquiétait qu'un jour, ces instincts soient assez forts pour lui permettre de se débarrasser de Sirius et de faire quelque chose de terrible. Quand il était humain, lui aussi était de l'avis que cela ne devait jamais arriver.

Le chien s'avança vers Remus, et il mit sa tête hirsute sur son bras, ses grands yeux noirs compatissant. Remus sourit et se le gratta faiblement derrière les oreilles. « Pourrais-tu m'aider à rentrer, Patmol ? Je suis complètement HS ? » grogna-t-il, ses bras retombant. Le chien se recula, et en un clin d'œil, son meilleur ami se tenait devant lui.

« Tu vas t'en tirer mon ami. » Dit Sirius de cette vois gentille que Remus ne l'entendait jamais utiliser avec personne d'autre que Lily, sa sœur Ursula et sa mère. Il aida Remus à se lever, faisant passer le bras sans énergie de son ami par-dessus son épaule afin de pouvoir virtuellement le traîner au cottage qui servait d'entrée discrète au château d'Ascog, qui apparaissait comme une ruine inhabitée aux moldus. Une fois à l'intérieur du cottage, ils passèrent devant la moto de Sirius, posée en pièce sur le sol sale parce qu'il essayait encore déterminer quelles parties devaient recevoir les sorts de vols sur elles. Il avait prétendu à Remus depuis plus d'un mois qu'il allait la mettre au point « D'une jour à l'autre maintenant ». Remus suspectait que Sirius faisait vraiment cela pour lui comme il ne pouvait pas transplaner. Sirius lui avait aussi dit à quel point une moto était spécialement attirante pour les filles moldues, suggérant fortement qu'il pourrait avoir une petite amie s'il voulait l'utiliser comme appât. Remus avait réussi à changer de sujet à ces moments là.

Ils descendirent les escaliers jusqu'au tunnel qui conduisait au donjon du château, puis il grimpèrent l'escalier en spirale jusqu'au hall d'entrée. Après avoir déboulé ensemble dans la cuisine, Remus s'effondra à la longue table de réfectoire. Sirius mit la bouilloire sur la cuisinière et prit des mugs. Après un thé dangereusement chaud, Remus se sentit un peu mieux. Sirius l'aida à monter les escaliers jusqu'à sa chambre, et Remus s'effondra sur le vieux lit de James pendant que Sirius se douchait.

Quand il émergea de la salle de bain, s'essuyant les cheveux avec une serviette et en portant une autre autour de la taille, Sirius dit « Alors… Qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui, Lunard ? »

Remus le regarda avec lassitude. « Pas grand chose. On ne m'attend pas à l'entrepôt avant mercredi. Je vais probablement me doucher après ton départ, puis dormir pour un bon moment. » Il avait eu une relation sexuelle avec Emil avant de venir à Ascog. D'une manière ou Remus ne pouvait pas considérer cela comme 'faire l'amour'. Emil avait utilisé un sort pour le restreindre, à sa propre demande, afin de rendre moins probable le risque de blesser Emil. La précaution avait été couronnée de succès, bien que Remus soit moins que satisfait par cette rencontre, qui semblait mécanique. Normalement, il aimait beaucoup toucher Emil quand ils étaient au lit. Mais, par nécessité, il n'y avait pas eu de cela. Remus avait dû admettre que cela avait marché. Être avec Emil l'avait empêché d'être terriblement anxieux de se retrouver près de Sirius en attendant la pleine lune. Il se souvenait des nombreuses fois où il attendait avec ses amis, quand ils étaient à l'école, et que leurs odeurs se glissaient dans son nez, l'intoxiquant, le faisant frissonner de désir.

Cependant, coucher avec Emil ne faisait rien au fait que comme il avait décidé d'être honnête avec lui-même sur le fait qu'il aimait les hommes et les femmes, c'était bien plus difficile d'être à proximité d'un Sirius dénudé que lorsqu'il était à l'école (quand Remus continuait à nier). Sirius se tenait maintenant devant sa garde-robe ouverte, choisissant une robe d'été légère, ne portant encore que la serviette autour de ses hanches.

Arrête ça, se gronda sévèrement Remus, regardant les muscles de Sirius se fléchir comme il soulevait le bras en prenant des pantalons pliés sur une étagère. Tu ne devrais pas avoir de telles pensées avec ton meilleur ami. Ce fut encore plus difficile de garder sa tête froide quand Sirius prit un caleçon propre et laissa tomber la serviette. Remus ferma les yeux, étouffant un gémissement dans le fond de sa gorge.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? » Remus ouvrit un œil en hésitant, puis l'autre. Sirius avait enfilé le caleçon, mais Remus ferma à nouveau les yeux pour éviter de voir le torse de Sirius.

« Mes os me font mal, c'est tout. » dit-il faiblement, pensant 'Oui, un os en particulier.', puis écrasant rapidement cette pensée.

« Oh, désolé. » dit Sirius. « Je n'avais pas réalisé. » Il semblait très peu enthousiaste maintenant. Remus l'entendit bouger, le tissus faisant du bruit pendant qu'il s'habillait. Quand il osa à nouveau ouvrir ses yeux, Sirius allait partir. « Je vais dire au revoir à maman, et lui dire de m'assurer que tu n'oublies pas de manger. » Il alla ouvrir la porte, puis se tourna vers Remus, souriant à nouveau. « Oh, et au fait… Je connais ton secret. » Remus déglutit, pensant que son cœur s'était arrêté (Ou peut-être avait-il juste espéré que son cœur s'était arrêté).

« Tu… tu… vraiment ? » Pourquoi est-ce que Sirius avait l'air si réjoui ? Oh, était-ce trop espérer qu'il le prenne vraiment bien ? Remus lutta pour ne pas croiser les doigts comme un petit enfant.

« Oui. Lily me l'a dit l'autre jour. Je déjeunais au Chaudron Baveur, et elle retrouvait James là-bas. Je pensais te l'avoir dit. En tous cas, elle m'a dit ton secret. »

Remus fronça les sourcils maintenant. Comment Lily avait trouvé ? Est-ce qu'elle l'avait suivi avec Emil ? Emil était un employé du ministère. Peut-être que quelqu'un avait un dossier sur sa vie privée ? Si l'on travaillait pour le ministère, avait-on le droit d'avoir une vie privée ?

« Heu, j'allais te le dire, mais ce n'était pas facile de choisir le bon moment. »

« Tu allais me le dire ! Depuis combien de temps cela dure ? »

« Bien, heu, nous nous sommes rencontrés au Chaudron Baveur, en fait, après que je sois allé à ce match de Quidditch avec Peter, en Novembre dernier. »

« Tout cela ? » Sirius avait l'air très énervé maintenant, et Remus grimaça. Il savait qu'il aurait simplement dû le dire à ses amis. Il avait le sentiment que cela allait être encore pire que de révéler sa lycanthropie. « Alors, quand allons-nous tous la rencontrer ? »

« Bien, peut-être… » Il s'arrêta, confus, ayant vraiment entendu ce que Sirius avait dit. La. « Cela dépend. Lily ne t'a donné aucun détail ? » demanda-t-il, se demandant ce qu'elle avait dit.

« Pas vraiment. Elle a juste dit que tu lui avais dit que tu voyais quelqu'un. »

Oh. Il se souvenait maintenant. Au mariage, il avait dit cela à Lily pour la rassurer. Quand Lily avait pensé, comme Sirius, que c'était une fille, il avait évité d'en dire plus. Cependant, il ne pouvait pas dire maintenant « Oh, j'essayais juste de m'assurer que Lily ne se sentirait pas coupable pour moi, ou quoique ce soit. » comme il avait déjà dit à Sirius qu'il voyait quelqu'un depuis novembre dernier. « Bien, je vois quelqu'un. Il n'y a pas grand chose à dire. »

« Pas grand chose à dire ? Qui est la femme mystère que tu as cachée pendant neuf mois ? »

Remus referma ses yeux. « Tu devrais aller travailler. Je dois dormir un peu. » Là. Il venait encore d'éviter de dire la vérité. Un autre type de négation.

« Je trouverai, tu sais. Finalement. »

Remus acquiesça, ses yeux fermés. Il ne pouvait pas continuer à regarder Sirius dans les yeux. « Je sais que tu trouveras. Laisse-moi m'amuser comme cela maintenant. » Là. Laisse-lui penser que c'est un jeu.

Sirius rit. « D'accord mon ami. Repose-toi bien. »

Quand il fut parti, Remus rouvrit les yeux, regardant le baldaquin du lit. Repose-toi. Bien, pensa-t-il. Il n'y a pas de repos pour ceux qui font des choses épouvantables comme celle-là. Mais qu'est-ce qui serait le plus épouvantable ? Être honnête avec ses amis et révéler non seulement son secret mais celui d'Emil ? Ou continuer à mentir et à masquer la vérité avec zèle ? Il marchait sur la corde raide, et en-dessous, il y avait de longues piques en argent aiguisées. Il ferma les yeux, mais ne réussit pas à dormir.

Pas de repos pour ceux qui font des choses épouvantables.

Remus leva sa main comme Emil entrait dans le pub. Emil lui adressa un sourire à brise le cœur en traversant la salle bruyante. Dès qu'il fut assis avec Remus, le garçon s'approcha et prit leur commande. Quand il partit, Emil se tourna pour regarder Remus avec joie.

« C'est tellement mieux que de manger seul à la cantine du ministère. Te voir au milieu de la journée est un énorme progrès sur devoir attendre. »

Remus rit. « Le travail est si terrible ? » Le pub était très bruyant, on ne risquait pas de surprendre leur conversation.

Emil grogna. « Voyons… un rapport sur le diamètre des brindilles des balais importés. Un rapport pesant le pour et le contre de la question Est-ce que les balais pourront continuer d'être importés ou est-ce que le marché doit être réduit aux balais domestiques ? A suivre, un rapport répondant à la question Si nous restreignons les importations et que les gens commencent à faire du trafic avec les balais étrangers illégaux, quelles doivent être les sanctions ? » Il grogna. « Mon travail devrait être dix fois plus intéressant pour pouvoir être simplement considéré comme ennuyeux. »

Remus rit encore, regardant avec joie Emil. « En fait, tu ne le fais pas sembler si terrible. »

« Alors je ne fais pas un très bon travail en le décrivant. »

« Je suis désolé qu'il ne te plaise pas davantage. » lui dit Remus, lui souriant avec compassion.

Emil haussa les épaules. « Bien, au moins, je n'ai pas encore été envoyé au bureau des centaures. »

Remus haussa les épaules. « Qu'est-ce qui serait si terrible en cela ? »

Emil sourit. « Oh, tu ne connais pas ! Les Liaisons avec les Centaures, dans la division Bêtes du département pour la régulation et le contrôle des créatures magiques. »

Remus fronça les sourcils. « Pourquoi la division Bêtes ? Est-ce que les centaures ne sont pas considérés comme des 'êtres' ? »

« Bien, ils peuvent comprendre la loi magique, mais il refusent le statut d'être parce qu'ils se moquent des quelques autres créatures qui sont aussi classées ainsi, comme les vampires et les harpies. Les Sirènes ont fait de même parce qu'ils préfèrent se gérer seuls. Alors même s'il y a un bureau de liaison avec les Centaure dans la division Bêtes, aucun centaure ne l'a jamais utilisé. Si tu es transféré dans ce bureau, tu sais que tu es vraiment sur le chemin de la sortie. »

« Tu es viré. » dit Remus, en hochant la tête.

« Exact. » une adolescente s'approcha, portant les tourtes et les boissons qu'ils avaient commandées, et ils commencèrent à manger. Remus regarda qu'elle les observait tous les deux.

Entre deux bouchées, Remus dit. « Je ne sais pas si je suis considéré comme un être ou une bête. L'unité de capture et d'enregistrement des loups-garous est dans la division Bêtes, mais les services de support au loups-garous sont dans la division des Êtres. C'est comme cela que j'ai entendu parler de ce pub de loup-garous, et ils supervisent aussi le cellules du ministère. »

« Je ne suis pas encore sûr qu'ils auraient dû classifier les vampires et les harpies en tant qu'êtres. » dit Emil. « Oui, je sais que les vampires ont leur libre arbitre. Mais beaucoup d'entre eux utilisent ce libre arbitre pour se comporter comme des bêtes. Quand c'est la pleine lune, tu n'as pas le choix. Eux si. » Remus regarda qu'il regardait de l'autre côté du pub bruyant, ses yeux ronds comme des soucoupes. « Et en parlant de vampires, regarde qui vient d'entrer. »

Remus tourna la tête en direction de gens jouant aux fléchettes, et il vit Severus Rogue entrant dans le pub avec un garçon pâle et blond. « Il vit au nord d'ici, à Dunoon. » dit Remus à Emil. « Rogue et son oncle naviguent pas mal. Sirius et James les ont trouvé à quai une fois. »

Les sourcils d'Emil dansèrent. « Bien, bien, bien. Nous pourrions avoir un petit quelque chose de commun avec ce vieux Rogue, eh ? » dit-il suggestivement, prenant sa boisson et montrant de la tête Rogue et le garçon. « Peut-être que si Rogue ne t'avais pas autant haïs, il aurait voulu te sauter dessus. »

Remus resta bouche bée. « Non ! Rogue ? » il regarda Severus Rogue conduire le garçon à une table sur le côté de la pièce. Ils étaient tous les deux habillés pour naviguer. Les garçon regarda malicieusement quelqu'un et dit quelque chose à Rogue dont les lèvres se retroussèrent de façon peu plaisante en un sourire sarcastique. « Tu penses ? » dit-il maintenant. Il n'avait jamais considéré cela. « Mais… lui et Lily étaient… »

« Et toi aussi. Cela ne veut rien dire. Peut-être qu'il aime les deux, comme toi. »

Remus fronça le front. Il ne savait pas qui était le garçon blond. Il avait l'impression que c'était un élève de Poudlard, mais il savait qu'il n'était pas de leur année. Il ne semblait même pas être sorti de l'école. « Avec qui est-il ? » demanda Remus à Emil.

« Je ne suis pas sûr. Un Serdaigle je crois. Une paire d'année derrière nous. »

« Hmm. Pas un Serpentard alors. »

Emil secoua la tête. « Non. On dirait que Rogue les aime jeunes aussi. »

Remus grimaça et baissa la tête. « Arrête s'il-te-plaît. Je n'aimerais pas que quelqu'un d'autre parle de nous ainsi. »

Emil acquiesça et reposa son verre. « Désolé. Je pensais que tu ne l'aimais pas. »

« C'est le cas. Mais s'il est… S'il est similaire à nous, de cette façon, cela n'a probablement pas été plus facile pour lui que pour nous. En fait, il serait probablement autant gêné que moi s'il savait que nous les avions vu ici. Finissons et sortons. Je te ferai voir le lac. »

Emil haussa les épaules. « D'accord. Si tu le dis. »

Ils se glissèrent dehors après avoir payé leur repas sans que Rogue et le garçon aient remarqué. Après avoir brièvement marché le long du quai, ils se dirigèrent vers l'intérieur des terres et le Loch Ascog. La promenade autour du lac était relaxante, le temps parfait. Remus sentait une légèreté dans son cœur lui faisant penser Peut-être que nous pourrons bientôt le dire aux gens. Cela devrait, cependant, être une décision commune. Il ne pouvait pas le dire à ses amis si Emil avait une objection. Il ne voulait pas de dispute.

Emil devait bientôt partir, mais il ne pouvait pas transplaner dehors, au vu et au su de tous. Ils allèrent au cottage où Remus montra à Emil la moto. « Heu. Est-ce que les morceaux sont sensés êtres disposées comme cela ? »

Remus rit. « Pas vraiment. Quand Sirius a essayé pour la première fois de leur lancer des sorts dessus, cela a commencé à faire des choses terrifiantes. Cela a prit vie tout seul et ne voulait pas obéir. Alors pour régler le problème, il l'a toute démontée, a lancé un Finite Incantatem sur chaque pièce séparément, et a tout recommencé, essayant de déterminer quelles parties devaient être enchantées. Il a reconnu que lancer un sort sur toute la moto était de trop, et que c'était pourquoi elle avait développé une personnalité. Au fait, tu ne peux dire cela à personne. Sirius pourrait perdre son boulot. »

Emil sourit. « Ne t'inquiète pas. J'ai beau travailler au ministère, je pense qu'ils ont de plus gros soucis que la moto de Sirius. » Il fit ensuite une pause, comme s'il allait dire autre chose. « Pourquoi es-tu venu ici pour la pleine lune ? Au lieu d'aller au ministère ? » demanda-t-il soudain, un ton urgent dans sa voix. Remus déglutit. C'était une chose que de montrer à Emil la moto de Sirius, qu'il pourrait de toutes façons ne pas réussit à enchanter. C'en était une autre que de révéler que Sirius était un animagus illégal.

« J'ai été bouclé dans une cellule ici. C'est assez sûr. Ce matin, j'étais déjà dans la maison. Sirius m'a aidé à monter et j'ai pu prendre une douche chaude et un vrai petit déjeuner préparé par la mère de Sirius, au lieu d'être rejeté dans Londres, et de devoir rentrer seul à la maison à ce moment-là. C'est beaucoup plus agréable. Sirius s'est excusé de ne pas l'avoir proposé plus tôt, mais maintenant que nous faisons cela depuis une paire de mois, cela semble être une assez bonne solution. »

Emil acquiesça. « Mais tu es encore… Je veux dire, pendant la pleine lune, tu es tout seul ? »

Remus frissonna. « Oui. » mentit-il. « Si je ne l'étais pas… »

« Et s'il y avait un autre loup-garou ? » dit soudain Emil.

Remus fit un pas en arrière, se renfrognant. « Quoi ? »

« J'ai dit… »

« J'ai entendu ce que tu as dit. Où veux-tu en venir ? » mais Remus avait le sentiment de savoir.

« Ecoute-moi. Je sais que cela va te sembler fou, mais… »

« Je crois que je vois où tu veux en venir avec cela… »

« Je veux devenir un loup-garou. »

Le silence dura entre eux. Et il continua de durer. Remus ne pouvait pas bouger. Puis Emil s'avança et essaya de lui toucher le bras, et Remus découvrit qu'il pouvait bouger après tout. Il recula au contact d'Emil, les larmes piquant derrière ses yeux. « Tu ne sais pas ce que tu suggères. » dit-il avec tristesse. « Oui, cela semble fou. Parce que ça l'est. On ne décide pas simplement de devenir un loup-garou, une créature qui peut égorger quelqu'un en une fraction de seconde, et y prendre du plaisir. On ne fait simplement pas cela. »

« Remus… » commença-t-il, tendant sa main, implorant. « Je veux être là pour toi. »

Remus recula, horrifié. « Non ! Tu n'as aucune idée… devenir une bête affamée et meurtrière comme cela… le faire à dessein… » il pouvait à peine continuer. « Ce doit être la pire chose que j'ai jamais entendue. » dit-il doucement en regardant Emil dans les yeux, sachant qu'il le perdait, qu'il l'avait en fait déjà perdu.

Emil donna l'impression d'avoir été frappé par Remus. « Je veux faire cela parce que je t'aime ! »

« Non ! Tu veux faire cela parce que tu es ignorant ! Si tu savais… » Remus s'effondra sur ses hanches, son visage dans ses mains. Il entendit Emil se mettre à genoux à côté de lui.

« Alors dis-moi. » lui chuchota Emil. Remus leva la tête, déglutissant.

« Tu es sûr de vouloir savoir ? »

Emil mit sa main sur le bras de Remus. Cette fois, il ne recula pas au contact. « Oui. »

Remus s'installa mieux sur le sol sale du cottage. « Je suis devenu un loup-garou alors que je n'avais pas tout à fait trois ans. Je vivais dans une belle petite maison à l'orée de la forêt avec mon père, ma mère, et mon frère, mon jumeau. Son nom était Romulus. »

Emil eut l'air d'avoir envie de rire, alors Remus, se coin de ses lèvres se tordant, dit « Vas y. On sait que tu t'amuses avec les noms. Mon père trouve qu'il a un nom banal. John. Ma mère, ce n'est pas mieux : Mary. Ave le nom de Lupin, et leurs premiers enfants étant des jumeaux, ils décidèrent de s'amuser et de nous donner des prénoms intéressants. Romulus et Remus. Bien sûr, plus tard, j'en suis venu à haïr mon nom… »

Emil toucha son bras en hésitant. « Alors… Tu as un frère jumeau aussi. » dit-il doucement. « Quelque chose d'autre que nous avons en commun. Pourquoi n'ai-je jamais entendu parler de ton frère avant ? » Mais à la seconde où il posait la question, Remus put voir qu'Emil venait de trouver la réponse. Il eut l'air horrifié par sa bourde. « Oh bon sang. Je suis désolé Remus. »

Remus croisa son regard. « J'aurais donné n'importe quoi pour vraiment connaître mon frère de la façon dont tu connais Claudine. Même si nous ne nous étions pas mieux entendus que vous deux. »

Emil haussa les épaules. « Nous aurions pu être dans des maisons différentes, mais elle aurait pu être à Poufsouffle. Ok, peu être qu'elle n'est pas si travailleuse que cela, et un peu trop ambitieuse. Mais elle est très, très loyale. Pas un seul Serpentard ne s'est éloigné en insultant un Poufsouffle quand elle était là. Ils ont assez rapidement appris qu'elle était très rapide avec sa baguette. » Il sourit.

Remus lui sourit. « Tu vois ? C'est ce que je n'ai jamais eu. Ce style de lien. » Il prit une clé que Sirius avait laissé traîner sur le sol, à côté de la moto, jouant avec elle pendant qu'il parlait. « Quand j'ai été prêt à partir pour Poudlard, j'ai demandé à maman comment j'avais été mordu. Je lui avais demandé pendant des années. Cette fois-là, elle me l'a dit. »

« Peu de temps avant mon troisième anniversaire… Notre troisième anniversaire en fait… les moldus vivant près de chez nous, qui étaient bergers pour la plupart, avaient des problèmes avec un maraudeur. Tous les matins plusieurs jours d'affilée, des moutons étaient trouvés morts dans presque chaque ferme du district. Ils n'étaient pas mangés pourtant. C'était comme si le tueur faisait cela pour le sport. Il ne semblait en fait pas manger les moutons… Il semblait juste aimer les tuer. Ou il aimait juste tuer. »

« Cependant, on a finalement découvert ce que le maraudeur aiment vraiment manger quand un pauvre vieil homme a été retrouvé mort dans son jardin un matin. Les empreintes de ce qui semblait être un gros chien étaient tout autour de lui. Sa gorge était ouverte, et… Et d'autres parties de son corps avaient aussi été dévorées. L'état du corps était sensé avoir rendu malade des hommes qui travaillaient tous les jours à abattre les moutons, plongeant leurs bras jusqu'au coude dans le sang et les viscères. »

« La porte de sa maison avait été laissée ouverte, comme s'il était simplement sorti un instant. On a retrouvé des empreintes digitales qui n'étaient pas les siennes dans la maison, et ses papiers avaient disparu, ainsi qu'un peu d'argent qu'un ami proche savait qu'il cachait dans une boîte de conserve dans la cuisine. On décidé que le voleur devait s'être introduit dans la maison du pauvre homme après qu'il se soit fait tuer par la bête. Mais comment le voleur savait où chercher l'argent caché et comment réussir à ne pas être malade à la vue du corps de l'homme, personne ne le savait. »

« Il avait été tué après plusieurs mois de morts de moutons. Quelques habitants remarquèrent finalement que les attaques avaient toujours leur les trois nuits de plaine lune. C'était un coin très provincial. La plupart des moldus considèreraient les gens là-bas comme superstitieux, parce qu'ils croyaient encore aux fantômes, aux sorcières, à la magie, aux bons et aux mauvais signes, et toutes ces choses là. Maman disait qu'elle et papa devaient tout le temps faire attention avec ses voisins parce qu'ils croyaient en la magie. S'ils voyaient accidentellement mes parents faire quelque chose, ils ne hausseraient pas simplement les épaules, comme la plupart des moldus qui n'ont même pas besoin de sort de mémoire quand ils voient de la magie… ils passent juste en mode dénégation automatique. Mais en plus de croire à la magie, les villageois ne l'aimaient pas, pas du tout. Une sorcière avait aménagé dans le village une fois et avait ouvert une boutique de diseuse de bonne aventure. Des tonnes de moldus le font après tout. Ils l'ont chassée. La foule est venue devant sa maison et lui a demandé de partir. Elle n'a pas eu le choix. Oh, tu pourrais dire qu'elle aurait pu leur lancer un sort. Mais le ministère aurait été là en un clin d'œil. Alors elle avait déménagé.

« Alors, ils ont analysé l'angle de la pleine lune, et réalisé que le maraudeur n'était un chien de berger qui était redevenu sauvage, comme certains pensaient. Cela était arrivé avant. Les chiens en avaient assez de pousser les moutons ou quelque chose comme cela. Un vrai loup n'était pas une possibilité. Les loups ont disparu de Grande-Bretagne depuis un certain temps. Non, ils n'avaient pas d'idées modernes quant à l'impossibilité de certaines choses, ou de certains mythes. Ils savaient ce qu'était le coupable : un loup-garou. Cela avait du sens. Les moutons ne sont pas la nourriture préférée d'un loup-garou. Mais quand un loup-garou est affecté par la pleine lune, il est violent et affamé, et s'il n'y a aucun humain alentour, quelque chose comme un mouton… lent, stupide, sans réelle défense… va être un peu de sport pour un loup-garou. Cela ne va pas être un long combat. S'il y a jamais un combat. Plusieurs des personnes les plus âgées du village disaient que dans leur jeunesse, ils avaient vu des morts comme celle du vieil homme. Personne n'avait jamais été attrapé. »

« Mon père avait participé aux réunions du village à ce sujet, alors lui et ma mère savaient ce qui se passait. Personne ne savait qu'il était sorcier. Mais il ne put pas se joindre à l'équipe chassant le loup-garou. Il fut appelé ailleurs parce que son père mourrait. Mon père est né de moldu. Lui et maman devinrent préoccupés par ce voyage, et la possibilité qu'ils doivent prévoir des funérailles. Es loup-garou semblait être la dernière de leurs inquiétudes. »

« Les villageois avaient des pistolets chargés avec des balles en argent, des faux et des sabres pour décapiter la tête. Le vieil homme avait été assassiné la première nuit de pleine lune. Quand la pleine lune se leva à nouveau la troisième nuit, ils décidèrent de tuer le loup-garou. » Remus soupira. « J'ai vécu dans la peur de cela toute ma vie. Une foule s'en prenant à moi. Et pourtant… Je pense que je pourrais y trouver un soulagement. Une fin à tout cela… »

« Non » dit soudain Emil, se cramponnant au bras de Remus. « Ne parle pas comme cela. » Remus regarda son visage, ces yeux sombres si soucieux, ces lèvres pleines tremblant légèrement qu'il voulait embrasser… Cependant, il savait qu'il devait tout dire à Emil pour qu'il comprenne.

« Bien, ils avaient des chiens avec eux. Des chiens de chasse plutôt que des chiens de berger, et les chiens trouvèrent l'odeur du loup dès que le soleil se coucha et que la lune se leva. Ils le trouvèrent dans le square du village. Ils tirèrent dessus et le manquèrent. Ils essayèrent de le décapiter, mais ne purent que le blesser. Le loup s'enfuit devant la foule, reconnaissant peut-être qu'ils étaient trop bien armés pour être des proies, et ils le suivirent à la lisière de la forêt, près de notre maison. Plus tard, quand ma mère revint à notre maison pour quelques choses qui avaient été laissées derrière, elle trouva cette histoire dans le journal local, même si le maraudeur chassé était décrit comme un gros chien. Je pense que les villageois étaient inquiets que des étrangers lisent cette feuille de choux et pensent que tout le monde dans le village était bon pour l'asile, si le coupable avait été appelé un loup-garou.

« Pendant que tout cela se passait, c'était en fait très paisible dans notre maison. C'était l'heure d'aller au lit pour mon frère et moi. Maman pouvait encore nous porter tous les deux à la fois, un sur chaque hanche. Nous avions un chat, et tous les soirs, papa mettait le chat dehors pour la nuit et maman nous donnait un bain. Puis elle nous bordait dans nos berceaux. Comme papa rendait visite à son père mourant, maman nous portait en mettant le chat dehors. Elle ouvrit la porte et la poussa avec le pied. »

« Cependant, quand ma mère ouvrit la porte, le loup était évidemment assez près pour sentir les proies. La foule n'était pas encore très proche. Peut-être a-t-il pensé qu'il avait le temps pour un vrai repas. Le loup fut rapide. Avant que maman ait eu une chance de fermer la porte, il avait bondi et enfoncé ses dents dans le cou de mon frère. Il l'arracha à ma mère et son cou se brisa. Mais le loup ne voulait pas qu'un repas. Dès qu'il réalisa que mon frère ne se battrait pas, il s'en prit à moi. Ma mère s'est maudite pendant des années parce qu'elle s'est bêtement tenue là au lieu de fermer la porte. Mais elle était en état de choc. Elle ne pouvait simplement pas croire ce qui venait de se passer. Un de ses fils venait de disparaître, le temps d'un battement de cils. Il était mort. »

« Elle le vit se préparer à bondir encore et elle se réveilla enfin, essayant de fermer la porte. Trop tard. Le corps du loup en força l'ouverture et il enfonça ses dents dans mon bras. Puis elle entendit un son étrange, un fort bruit sec, et le loup s'effondra sur nous, se changeant instantanément en vieille femme. »

« La foule était finalement arrivé. Un homme en particulier la conduisait. C'était celui qui avait repéré que le loup m'avait attaqué avec ma mère. Il avait tiré le coup de feu qui l'avait tué. Morts, les loups-garous reprennent forme humaine. »

« Ma mère s'assit sur le sol, juste à l'intérieur de notre maison, la porte ouverte, tandis que ces étrangers rentraient et examinaient le corps, comme si ma mère et moi n'étions pas là. Je saignais gravement. Ma mère soigna ma blessure avec un sort, très silencieusement, tandis qu'ils parlaient la vieille femme. »

« Il s'avéra que c'était l'épouse du vieil homme qui avait été tué. Elle l'avait quitté il y a des années. C'était quand les premières morts de moutons s'étaient arrêtées. Elle était revenue, mais il ne voulait plus la voir. Personne ne savait si sa mort était intentionnelle. S'il savait ce qu'elle était, il n'aurait pas dû marcher dehors une nuit de pleine lune, n'est-ce pas ? A moins que ce soit… un suicide. »

« Ils sortirent le corps de notre maison, et l'homme qui avait tué la vieille femme se tourna vers ma mère, encore assise sur le sol en train de me bercer, et il dit. 'Je hais devoir faire cela, mais je le dois.' Il pointa son pistolet vers ma tête et se prépara à pousser la gâchette. Cependant, il ne savait pas que ma mère était une sorcière. Elle le désarma en une seconde, sans sa baguette, et l'assomma. Elle alla à la porte et assomma aussi ceux qui étaient dehors, aussi rapidement que possible. Elle n'avait jamais fait beaucoup de magie sans baguette, mais soudain, elle en avait besoin et pouvait le faire. Je n'ai jamais compris, mais bon, je ne serai jamais une mère. Je pense que c'est comme quand on entend parler de moldus qui ont une poussée d'adrénaline dans des situations d'urgence, et peuvent faire des choses étonnantes, comme soulever des voitures. Elle savait qu'elle devait me protéger. Elle avait déjà perdu un fils. »

« Elle me mit dans mon berceau après m'avoir lancé un sort pour sur je dorme, et puis elle se mit au travail. Maman trouva le portefeuille du vieil homme et ses économies sur la vieille femme. Elle les prit. La vieille femme n'en avait plus besoin maintenant. Nous devions nous enfuir et avions besoin d'argent moldu. Elle enterra la vieille femme et ramena Romulus dedans, le langea avec précaution dans un linceul puis l'enterra aussi. Elle transporta les moldus assommés dans la forêt, loin de la maison, un à la fois, et leur lança de nombreux sorts de mémoire dessus. Elle se cacha derrière un arbre pour les ranimer, puis transplana jusqu'à la maison. Ils ne surent jamais qu'ils avaient tué le loup, bien que l'homme avec le pistolet ait pu remarquer qu'il lui manquait une balle… mais plus important, ils ne savaient pas que j'avais été mordu, et ils ne me couraient pas après. Si ma mère avait agi une seconde plus tard, j'aurais eu une balle en argent dans la tête. L'homme qu'il m'avait sauvé était aussi prêt à me tuer. Et pourtant… S'il n'avait pas abattu le loup, je serais déjà mort. Et ma mère aussi probablement. »

« Il aurait été possible que nous restions, mais maman avait peur que si un seul des sorts de mémoire soit déficient, quelqu'un puisse savoir pour moi et essaye de me tuer. Heureusement, il n'allait pas y avoir de nouvelle pleine lune avant vingt-six jours. Il y avait un peu de temps pour prévoir que faire pendant ce temps. Nous sommes arrivés à la maison de mes grands parents avec quelques affaires de notre maison que maman avait rétrécies afin de pouvoir les porter, et les habits que nous avions sur le dos. Maman a dit qu'il lui restait exactement une livre en monnaie moldue. »

« Mon père pleura et pleura mon frère, mais ensuite, il devint vite comme ma mère, déterminer à ma protéger à tout prix. Maman ne m'a jamais dit où nous vivions quand le loup m'a mordu. Je ne sais pas pourquoi elle ne veut pas que je sache, mais elle refuse de me le dire. Je reconnais que cela importe peu. Nous avons fini par déménager beaucoup parce que mois après mois, les voisins se plaignaient du bruit que je faisais comme je luttais pour sortir de ma cage. Et comme je devenais de plus en plus fort, ils durent trouver de meilleurs moyens pour me retenir. Ils ne pouvaient pas prendre le risque que je m'échappe. »

Remus mit sa main sur le bras de Remus. « Tu ne peux simplement pas prévoir de devenir un loup-garou. Si tu es avec un loup pendant la pleine lune, tu ne peux pas le convaincre de simplement te mordre et t'en aller, afin de faire partie du 'club'. Être mordu signifie habituellement être tué, de façon pure et simple. Je suis en vie seulement parce qu'il a manqué au loup dix secondes de plus pour finir son œuvre. C'est ce que cela lui aurait pris. Tu ne peux pas contrôler le loup, Emil. Cela ne peut simplement pas être fait. »

Emil mit sa main sur la joue de Remus. « Pourquoi ne m'as-tu jamais raconté cela avant ? »

« Pourquoi ? Parce que… » Sa voix se brise. « Je pense que c'est parce que je n'ai jamais raconté cette histoire à quiconque. Jamais. Mes meilleurs amis ne la connaissent pas. » Il déglutit. « Il n'y a pas un jour qui passe sans que j'ai l'impression qu'une partie de moi manque, à cause de la mort de mon jumeau. »

Emil le tint contre lui comme ils étaient assis sur le sol poussiéreux, encerclés par des pièces de moto. « ET moi ? Puis-je t'aider avec cette partie manquante ? Puis-je remplir ce vide pour toi ? »

Remus le regarda dans les yeux. « Tu le fais. Tu sais que tu le fais. » Quelque chose l'ennuyait. Il se leva et découvrit qu'il s'était assis sur ce qui ressemblait à un carburateur. Il sourit à Emil à travers ses larmes. « En parlant de partie manquante… »

Emil rit. « Et en parlant de manquer, je ferais mieux de retourner au travail avant qu'il y ait une autre histoire sur moi dans la Gazette du Sorcier, avec ma description. »

Remus passa ses bras autour de sa taille, souriant. « Vu pour la dernière fois avec son amant loup-garou...»

Emil l'embrassa rapidement, grognant une seconde. « Aussi tentant que cela semble, je dois filer. »

« Est-ce que c'est bon maintenant ? Tu comprends pourquoi je t'ai dis comment je suis devenu un loup-garou ? »

Emil l'embrassa une fois de plus. « Merci pour cela. Je suis vraiment désolé pour ton frère. »

Remus arrêta. « Merci. »

« Je t'aime. »

« Je t'ai… »

Mais avec in POP, Emil était parti.

Vendredi 7 septembre 1979

Bill Weasley avançait à grand pas dans un couloir du château, sa nouvelle robe gonflant derrière lui, son badge de préfet en argent brillant sur son torse. Il arborait l'expression grave d'une personne plus âgée. En fait, il semblait avoir tout le poids du monde sur ses épaules. Il s'arrêta net quand il vit une jolie fille aux cheveux sombres émerger d'une niche dans le mur de pierre. Son but, de toute évidence, était de lui tendre une embuscade, et il se figea quand il la vit, déglutissant.

Elle mit ses mains sur ses hanches et le foudroya du regard. Elle aussi portait un badge de préfet. « Bill Weasley ! Est-ce que tu cherches à m'éviter ? Nous sommes de retour à l'école depuis presque une semaine, et d'une manière ou d'une autre, je ne semble jamais pouvoir te trouver seul pour te parler ! » Cela n'avait pas été facile d'éviter Juliet comme elle avait les mêmes classes que Bill, sauf pour la divination, mais il ne traînait pas entre les cours et n'avait passé aucun moment dans la salle commune depuis son retour à l'école. Il s'était assis dans le coin opposé de la pièce quand ils avaient pris part à leur première réunion de préfet le premier dimanche. Il l'avait évitée parce qu'il savait précisément ce qu'elle avait à lui dire, et que ce n'était probablement pas différent de chacune des lettres qu'elle lui avait écrites cet été, ou de presque chaque confrontation qu'ils avaient eues le trimestre précédent, après qu'il ait rompu avec elle.

Il contracta sa mâchoire. Il devait être fort. Il regarda ses grands yeux gris-bleus, ses cheveux bruns ondulés, son visage mince qui avait des fossettes quand elle souriait… Il pensa à son rire, et à comment cela avait été de l'embrasser pour la première fois, l'impression enivrante qui lui avait donné l'impression d'avoir bu du champagne. Il ne la méritait pas, pas du tout, et il devait la laisser partir. Il l'avait laissé partir, mais elle ne l'avait pas accepté, évidemment. Il lui avait dit qu'elle devrait être avec quelqu'un de valable pour elle. Elle avait acquiescé et dit que c'était lui. Il avait refusé cela.

Il la regarda maintenant. « Je n'ai pas changé d'avis. » lui dit-il doucement.

Elle eut l'air à deux doigts de pleure. Elle tordit sa robe dans ses mains et déglutit, n'étant pas préparée à faire face à cela. S'il-te-plaît, ne pleure pas, pensa-t-il, désespéré. S'il-te plaît, s'il-te plaît, s'il-te plaît.

« Tu ne voulais pas rompre avec moi. » insista-t-elle, comme s'il n'avait simplement pas utilisé le bon sort en

sortilèges. « Je sais que c'est le cas. »

« Je t'ai dis que tu pouvais dire aux gens que c'était toi qui avait rompu avec moi. Peu m'importe. »

Malédiction. Les larmes avaient commencé à couler sur ses joues. Elle tapa du pied, ses lèvres tremblant. « Hé c'est sacrément sensé t'importer ! Pourquoi tu ne te soucies plus de moi ? de nous ? »

Il déglutit encore, essayant de retenir ses propres larmes. Dieu, oui, je me soucie de toi, pensa-t-il, voulant la prendre dans ses bras. « Je devais te laisser partir. » dit-il, essayant d'empêcher sa voix de trembler. « afin que tu puisses être avec quelqu'un de valable pour toi… » Il répéta les mêmes mots qu'il avait dit avant, incapable de parler de cela sans un script.

« Je suis lasse de t'entendre dire cela. Tu es valable ! » cria-t-elle, s'avançant vers lui. Elle eut l'air très blessée quand il fit un pas en arrière, comme si l'idée qu'elle le touche le répugnait.

« Non, je ne le suis pas. »

Elle ouvrit sa bouche et la referma, sans ouvrir un mot, comme si elle ne savait pas quoi dire pour le convaincre. « Pourquoi n'as tu pas répondu à mes hiboux cet été ? »

« Bien heu… »

Elle s'avança vers lui trop rapidement pour qu'il ait le temps de reculer cette fois, jetant ses bras autour de son cou et lui chuchotant. « Je le ferai. Je coucherai avec toi. »

« Quoi ? » essaya-t-il de dire, mais ensuite elle pressa ses lèvres contre les siennes, les ouvrant légèrement, et Bill goûta sa douce langue chaude qui jouait contre la sienne, il sentit sa poitrine pressée contre son torse. Il voulait la tenir tout contre lui, explorer sa bouche, faire glisser ses lèvres le long de son cou… Mais il recula son visage du sien et enleva ses bras d'autour de son cou, faisant encore un pas en arrière. « Juliet », dit-il incapable cette fois d'empêcher sa voix de trembler. « je ne veux pas que tu couches avec moi. » Menteur, pensa-t-il immédiatement. Il ne put résister à jeter un coup d'œil à sa poitrine. Il l'avait en fait déjà vue, deux fois. La première fois avait été au printemps précédent, après être rentré des vacances de Pâques. Il se souvenait nettement d'à quel point cela avait été adorable de la voir ainsi, et ce à quoi cela avait conduit…

Quand il était rentré de ses vacances, il avait été quasiment catatonique, allant de cours en cours dans un état de zombie. Juliet l'avait pris au sommet de la tour d'astronomie un après-midi, et essayé de lui parler, mais il ne voulait pas parler. Une fois seul avec elle, il avait décidé qu'il voulait seulement oublier. Qu'il voulait faire quelque chose de complètement fou, quelque chose qui demanderait de penser si peu qu'il n'y aurait aucun danger que ces pensées reviennent à ses sœurs disparues. Il avait commencé à l'embrasser goulûment, essayant d'enfouir ses sentiments, d'oublier à quel point il été peu valable. Elle avait été emportée dans son élan, avant qu'ils réalisent ce qui se produisait, il lui avait ouvert son soutien-gorge regardait sa poitrine avec admiration ? Il avait adoré les bruits qu'elle avait fait quand il lui avait touché les seins, ne sachant pas vraiment ce qu'il faisait, et essayant en hésitant une chose et une autre, mais elle l'avait arrêté quand il avait essayé de lui enlever d'autres vêtements.

« Ce n'est pas que je ne veux pas. » avait-elle dit à bout de souffle. « C'est juste que… Je n'ai pas pris cette potion. J'ai pensé à aller la prendre. Mais… je n'ai pas eu le courage. Je veux dire, je suis sûre que Madame Pomfresh est très compréhensive sur ce point, et out, et j'ai eu quinze ans l'an dernier, et toi il y a des mois, mais… Je n'ai pas pu me décider à aller la voir comme cela et lui demander carrément la potion… Je suis désolée Bill. »

Il s'était reculé en disant « C'est bon. » très doucement, essayant de faire ralentir son pouls. Il avait l'impression que son cœur s'emballait, et ses pantalons étaient devenus très inconfortables.

« Non, ça ne l'est pas. » avait-elle répondu en se mordant la langue. « Là, je viens de te mettre le feu, et tu est juste sensé l'oublier ? Je ne suis pas une allumeuse, Bill Weasley. » Elle avança sa main et commença à lui déboutonner le pantalon. Il la regarda, incrédule, n'ayant pas la force de repousser ses mains.

« Que fais-tu ? » couina-t-il presque mais elle avait réussi à ouvrir son pantalon alors, et ne perdit pas beaucoup de temps pour lui montrer ce qu'elle voulait faire. Il haleta et lui agrippa le bras. Elle arrêta de bouger sa main. « Juliet… »

« Ce n'est pas comme cela que tu fais ? Ne mens pas… Tous les garçons le font. Constamment. Tu veux me montrer ? »

« Non ! » cria-t-il immédiatement, devenant rouge vif.

« Qu'est-ce qui ne va pas Bill ? Je pensais juste… Peut-être que si je m'habitue à l'idée petit à petit, cela ne me semblera pas si effrayant. Je veux dire, oui, d'un côté, c'est quelque chose que je veux faire. » dit-elle, le rendant très conscient que sa main était encore sur lui. « Mais d'un autre côté, c'est… intimidant. A la fois le faire et demander la potion à Madame Pomfresh. Je sais que je suis une Griffondor, mais peut-être que cela signifie juste que je veux courir dans les bâtiments en flamme et sauver les bébés. » dit-elle avec un petit sourire. « Peut-être que cela n'a rien à voir avec cette sorte de courage. » dit-elle, donnant une petite pression qui le fit à nouveau haleter.

« Heu » avait-il dit d'une voix étranglée. « Pourrais-tu ne pas serrer quand tu parles ? C'est… assez distrayant. » réussit-il à dire. Cela n'avait pas aidé, non plus, qu'elle soit assise devant lui sans rien au-dessus de la taille. Jamais dans sa vie il n'avait imaginé se retrouver dans une telle situation. Quand il pensait à coucher avec une fille pour la première fois, c'était beaucoup plus abstrait. Il avait même pensé à le faire avec Juliet, mais c'était encore un cague fantasme, n'impliquant pas des choses spécifiques comme qui enlevait ses habits en premier, si elle avait pris la potion, si quelqu'un risquait de leur tomber dessus, s'ils savaient même quoi faire…

« Considère cela comme quelque chose que tu fais pour moi, Bill. Me laisser m'habituer aux choses en rapport avec le sexe petit à petit. Nous commencerons avec cela… »

Et après cela, il n'avait plus eu assez de volonté pour repousser sa main. Elle avait été fascinée par ses réactions, spécialement la façon dont il l'avait amenée à lui après, et embrassée profondément avec une immense gratitude. Plus tard, il s'était senti coupable pour de multiples raisons. Oui, il s'était senti bien (très, très bien), mais elle n'en avait pas reçu une satisfaction similaire. Il se sentait vaguement sale, et comme s'il avait tiré avantage d'elle.

Il avait commencé à l'éviter le plus possible après cela, donnant pour excuse qu'il aidait Geoff, Alex et Jack à faire leurs devoirs. Elle ne lui avait demandé qu'une fois à participer. Bill avait inventé quelque chose d'inepte sur la timidité des autres garçons envers les filles, et comment ils ne pourraient rien faire si elle se joignait à eux. Elle avait réussi à le coincer deux autres fois avant que le trimestre ne finisse, et Bill avait eu honte d'avoir été aussi faible, s'abandonnant immédiatement à la caresser et à l'embrasser. La seconde fois, cela n'avait été que cela, et ils n'avaient pas quittés leurs habits, mais la troisième fois, elle avait trouvé le courage de déboutonner son pantalon à nouveau, et il avait accepté, sachant à quel point il se sentirait coupable après, et sachant aussi qu'il devrait essayer de découvrir comment la combler (mais n'ayant aucune idée de comment obtenir cette information).

La dernière fois qu'elle l'avait coincé, environ une quinzaine de jours avant la fin du trimestre, il avait commencé à parler en premier, avant qu'elle ne puisse l'embrasser ou lui enlever ses habits (ou les siens… elle l'avait laissé à nouveau toucher ses sein la fois d'avant). Il avait rompu avec elle très rapidement, sans avertissement, ne donnant aucune explication. Il était juste parti très vite après cela. Elle ne l'avait pas poursuivi, mais s'était tenue là, complètement sonnée par le choc. Il le savait à cause des choses qu'il avait entendues dire par les autres filles de leur année, racontant que c'était une véritable épave après cela, pleurant constamment, et qu'elle avait reçu de mauvaise notes à ses examens de juin parce qu'elle n'avait pas pris la peine d'étudier et ne pouvait pas se concentrer. Bill avait envie de se donner des claques quand il entendit cela. Il ne pouvait rien faire de bon ! Maintenant, c'était sa faute si elle avait eu de mauvaises notes.

Il avait jeté un rapide coup d'œil aux premières lettres qu'elle lui avait écrites cet été avant de les jeter. Elles disaient toutes la même chose. Après cela, il les jeta toutes dans les lire. Il ne voulait pas être tenté de céder. Qui suis-je pour vouloir être heureux ? Je suis le sale con qui a laissé mes sœurs disparaître, voilà qui je suis. Tous les jours de cet été, il entendit sa mère pleurer dans la chambre de ses parents. Tous les jours, quand son père rentrait du travail, il secouait tristement la tête en direction de leur mère. Rien de nouveau n'avait été découvert sur ce qui était arrivé à Annie et Peggy.

Lui et Charlie manquaient d'entrain cet été, aidant leur mère avec Percy et les jumeaux. Ils n'allèrent pas plus loin de la maison que la haie, et même cela rendait leur mère très nerveuse. Elle fit planter à leur père une haute haie autour du jardin, comme un mur défensif.

Leur père descendit du grenier l'horloge que le vieux Maugrey Fol Œil lui avait offerte, quand Bill était né, et qui n'avait jamais été utilisée. Il lut les instructions pour activer l'horloge, et lança le sort de liaison sur chaque enfant. Après cela, leurs parents se lancèrent le sort l'un sur l'autre, afin de pouvoir être suivis par l'horloge. Après cela, elle donnerait l'emplacement de tous les membres de la famille tout le temps. Des étiquettes comme « Au travail », « En voyage », « A l'école », « A l'hôpital », « En prison » et « En danger mortel » diraient ce que chacun d'eux faisait à n'importe quel moment.

Après que le sort ait été lancé, Bill se trouva à fixer intensément l'horloge quand son père était au travail. L'aiguille de son père était habituellement sur « Au travail », mais quelques fois durant l'été, Bill l'avait vue pointer sur « En danger mortel ». Il l'avait fixée constamment à ces moments là, le cœur dans sa gorge, jusqu'à ce qu'elle revienne sur « En voyage », puis « A la maison », suivie par le con de son père transplanant dans la cuisine. Quand Bill avait essayé de lui soutirer des informations, pour découvrir ce que le danger avait été, son père avait changé de sujet. Bill se souvenait de quand son père avait tué un homme en self-défense, et il se demanda combien d'autres dangereux sorciers il avait rencontré. Cela semblait être bien trop, au goût de Bill.

Une fois, quand il avait formulé le vœu que son père ait un travail différent, sa mère était devenue très défensive et avait pris la mouche en disant que leur père faisait de son mieux, et qu'ils n'avaient pas besoin de manières et d'un manoir pour vivre. Bill s'était excusé, n'expliquant pas qu'il avait en fait voulu dire qu'il souhaitait que son père ait un travail qui ne soit pas dangereux. Il pensait qu'avoir l'horloge le rendait encore plus nerveux quand à la sécurité de son père, au lieu d'être rassuré. Quel bien cela faisait de savoir que son père était en danger mortel s'il ne pouvait rien y faire ?

Il avait grogné en lisant sa lettre de Poudlard cet été, qui disait qu'il avait été nommé préfet de Griffondor. L'autre préfet de Griffondor était Juliet Hathaway. Tout ce dont il avait besoin. La fille qu'il essayait d'éviter allait être son binôme pour les trois prochaines années.

« Que veux-tu dire, 'Je ne veux pas coucher avec toi ?' » demanda-t-elle, incrédule. Puis elle se colora. « Mon Dieu. Je dois avoir l'air tellement suffisante. Je veux dire… »

« C'est un mensonge. » dit-il immédiatement. « Bien sûr que je veux coucher avec toi. » dit-il, sa voix se cassant. Puis il paniqua, au cas où elle ne comprendrait pas. « Mais pas maintenant ! » dit-il rapidement. « Je veux dire… Ce n'est pas pour cela que j'ai rompu avec toi. Je suis la dernière personne au monde qu ite mérite. Peu importe ce que je veux ou pas. Tu… Tu dois trouver quelqu'un d'autre. » dit-il doucement, pleurant maintenant, mais il s'en moquait.

« Pourquoi ? » chuchota-t-elle, secouant la tête. « Pourquoi veux-tu être malheureux ? Pourquoi te hais tu autant ? »

Il s'effondra sur le sol, s'appuyant contre le mur. « Parce que tout est de ma faute. Si j'avais fais plus attention… »

« Bill ! Ce n'était pas ta faute ! »

« Si ! Ca l'était ! » rugit-il, la faisant reculer. Il s'habituait encore à sa voix plus basse et forte. « C'était tout de ma foutue faute ! Pourquoi aurais-je le droit d'être heureux maintenant dans ma vie ? Est-ce que mes sœurs sont heureuses ? Qui sait ? On ne pas vraiment leur demander, n'est-ce pas ? Ce qui est tout de ma faute ! » dit-il encore, sa voix résonnant dans le haut couloir de pierre. Il respirait très vite. Juliet le contempla avec tristesse. L'écho mourut et il leva les yeux vers elle, son visage traversé par les larmes. « Peggy savait. » chuchota-t-il.

Elle s'accroupit à côté de lui. « Quoi ? »

« Peggy savait ce qui allait se passer. Elle ne voulait pas partir. Elle a supplié maman de ne pas la faire partir. Mais nous y sommes quand même allés… »

Elle fronça les sourcils. « Est-ce que tu dis… »

« Oui. » acquiesça-t-il. « Peggy avait le Don. »

Juliet le fixa. « Tu plaisantes. »

Bill secoua la tête. « J'aurais dû savoir qu'elle avait de bonnes raison pour ne pas vouloir y aller. Mais notre mère perdait la tête, en essayant de s'occuper des jumeaux. Je pensais que Charlie et moi l'aidions, en prenant les filles avec nous pour la journée… »

« Tu vois ? » dit doucement Juliet. Il la fixa.

« Je vois quoi ? »

« Ce n'est pas ta faute. Ou celle de ta mère. C'était simplement sensé arriver. Cela a l'air terrible, je suppose, mais comment peux-tu te blâmer pour quelque chose qui est du ressort du destin ? »

Bill fixa le mur opposé, essayant de penser à cela. « Mais si c'était le destin… Pourquoi est-ce que Peggy a supplié d'être autorisée à rester à la maison ? Est-ce qu'elle n'aurait pas dû juste accepter son destin ? »

« Elle avait… quoi ? Six ans ? »

« Elle en aurait eu sept en novembre. Le premier. » Il lui fit un petit sourire. « Son anniversaire est le lendemain du tien. »

« Exact. Bien, a quoi t'attends-tu d'une fillette de six ans qui a le Don ? Simplement parce qu'elle peut voir ce qui va arriver ne signifie pas qu'elle doit l'aimer. Et peut-être qu'elle n'était pas sûre de ne pas pouvoir le changer. Peut-être qu'elle pensait que c'était seulement une sorte d'avertissement. Tu sais… Si elle allait au village… bien, quoiqu'il doive arriver arriverait. Si elle ne le faisait pas, cela ne se produirait pas. Bien sûr, cela ne marche probablement pas ainsi… »

Bill secoua la tête. Il redressa ses genoux et posa ses avants-bras dessus. « Non, je ne pense pas. » Juliet s'assit à côté de lui, sa tête contre son épaule. Il ne l'empêcha pas. C'était vraiment réconfortant de lui parler. Il n'avait jamais trouvé quiconque avec qui il pouvait parler ainsi avant elle. Ce n'était pas vraiment pareil qu'avec ces amis. Jack était peut-être le plus près avec qui il pouvait avoir des conversations sérieuses, après la mort d'Orville. Orville…

« Le fait est… J'ai aussi l'impression que c'était ma faute pour Orville. » chuchota-t-il. Elle acquiesça, sa tête encore sur son épaule.

« Je sais. » chuchota-t-elle aussi. Puis elle releva la tête et le regarda pensivement. « Alors, ce que tu dis est que tu te soucies de moi, trop pour que je sois avec une horrible bête comme toi, qui devrait être bouclée à Azkaban ? »

Il grimaça. « Ne te moques pas. »

« Désolée. » s'excusa-t-elle. « Tu penses que tu finiras par changer d'avis ? » demanda-t-elle doucement. Il se tourna pour la regarder. Elle était si proche, et tout ce qu'il voulait vraiment était de passer ses doigts dans ses cheveux, et d'amener ses lèvres contre les siennes, de sentir son corps contre le sien. Mais il ne pouvait pas se débarrasser du sentiment collant que ce serait un bonheur qu'il ne méritait pas.

« Peut-être. » dit-il doucement avant de pouvoir s'arrêter. Elle était simplement trop tentante. Elle sourit.

« Mais pas encore ? » demanda-t-elle. Il acquiesça avec gravité. Elle eut l'air de comprendre ce qui se passait maintenant. Elle essuya se yeux et devint très professionnelle. C'était davantage la Juliet qu'il connaissait. « D'accord alors. Voilà ce que nous allons faire. Pour mon seizième anniversaire…la veille du septième pour Peggy, tu me donneras un baiser en cadeau. Le dernier jour du trimestre avant que nous rentrions à la maison pour les vacances, tu me donneras un baiser comme cadeau de Noël. Et après que nous soyons de retour de vacances, pour ton seizième anniversaire, je te donnerai un baiser. Voilà. C'est tout. C'est juste ? »

Il se renfrogna. « Pas pour toi. » il fit la tête. « Dieu. Maintenant, c'est moi qui ai l'air vaniteux. Tu sais ce que je veux dire. C'est pour cela que je t'ai dit… »

« … de trouver quelqu'un de valable. Bla, bla, bla. » ajouta-t-elle, comme s'il babillait. « Tu veux dire sortir ave l'un des autres gars ici ? Tu es fou ? Non, je préfère t'attendre. Peu importe ce que cela prendra. Ca m'ira. » Elle se pencha vers lui, et traça légèrement le contour de sa mâchoire avec son doigt. « Tu vaux cette attente, Bill Weasley. Quand tu auras changé d'avis, tu sauras où me trouver. » chuchota-t-elle, son souffle chaud sur le visage de Bill le faisant frissonner. Il déglutit, essayant de ne pas faiblir.

« Si tu changes d'avis et ne veux plus attendre, je le comprendrai complètement. » dit-il, sa voix croassant. Elle se recula et rit, ses yeux étincelant de cette manière qu'il adorait.

« Pas à moins d'avoir décidé de me faire une lobotomie frontale… »

« Une quoi frontale ? »

« C'est une opération. Pour enlever une partie de ton cerveau. » Elle rit quand il fit une tête terrible à cette pensée. « Désolée. Je suis bête. Je suppose que les sorciers ne disent jamais cela ? »

« Jamais. » Ils se levèrent tous les deux. Il la regarda, souhaitant que les choses soient différentes. Il ne la blâmerait pas vraiment si elle n'attendait pas, mais au moins, il n'aurait plus à se disputer avec elle, ou à l'éviter. Il souhaitait simplement pouvoir être avec elle sans que la culpabilité le ronge, mais c'était trop tôt.

« Bien, je dois aller… »

« … retrouver les autres. » dit-elle, complétant sa phrase en souriant. « Vas-y alors. Je suis contente que nous ayons parlé. »

Il la regarda avec gratitude. « Moi aussi. » Il l'avait évité, mais maintenant que c'était fini, c'était un énorme soulagement. Et ils pourraient échanger un baiser (ou même deux) pour Halloween, lors de son anniversaire, et un autre à Noël. C'était quelque chose qui lui tardait, en tous cas, sans que cela lui donne le sentiment d'oublier ses sœurs complètement, et de simplement constamment poursuivre son plaisir égoïste.

Ils descendirent le couloir dans des directions opposées.

Mercredi 31 octobre 1979

« Mmm... »

Lily murmura de contentement comme elle devenait vaguement consciente des caresses de James. Elle adorait se réveiller ainsi, les doigts sensibles de James courant paresseusement sur sa peau. Elle se demanda combien de temps les jeunes mariés étaient sensés faire cela, mais elle décidé qu'elle s'en moquait s'ils enfreignaient quelque règle non-écrite disant qu'ils devaient devenir un vieux couple marié ennuyeux qui ne faisait plus l'amour que le samedi soir. Elle se mordit l'intérieur de la joue comme il faisait courir son doigt sur l'arrière de sa cuisse, puis encore sur l'arrière de son genou. Il me cherche, pensa-t-elle. Ce n'était pas une pensée déplaisante cependant. En fait, elle aimait ce jeu. Elle restait allongée dans le lit, prétendant être encore endormie, pendant qu'il essayait de l'éveiller, et puis ensuite il prétendrait être surpris par à quel point elle serait excitée en se réveillant, comme si cela n'avait absolument aucun lien avec toutes les réponses qu'il essayait d'obtenir de sa part avec ses gentilles caresses et ses baisers.

Elle sentit ses lèvres sur sa nuque maintenant, son souffle chaud contre sa peau. Sa poitrine était gonflée de désir, et elle essaya d'être patiente. Il la toucherait partout finalement, elle le avait. Il négligeait rarement d'explorer une partie d'elle…

Ouvrant ses yeux une fraction de seconde, elle vit qu'elle ne portait rien. C'est mon mari si efficace, pensa-t-elle en ricanant. Il a déjà fait disparaître mes vêtements. Son torse était pressé contre son dos, et elle essaya de rester passive, feignant de dormir, mais cela devenait très difficile comme il faisait glisser ses doigts et l'embrassait le long du cou en direction des épaules, puis dans son dos.

Oh, comme j'aime quand il fait ça…

James regardait Lily avec attention, sachant qu'elle était réveillée, mais jouant avec la prétention qu'elle ne l'était pas. Il adorait les petits tics par lesquels elle se trahissait, la façon dont sa poitrine hoquetait quand il faisait remonter ses doigts le long de ses cuisses et puis s'arrêtait juste avant l'endroit où elle les voulait, les faisant redescendre à ses chevilles. Il adorait la façon dont elle se mettait à ronronner quand il arrêtait de l'exciter et la touchait finalement là où il lui tardait de sentir ses doigts, la façon dont elle se lâchait finalement et gémissait « Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu » dans l'oreiller. Il adorait la façon dont son corps se tendait, puis devenait complètement rigide, comme elle criait son nom, puis se relaxait ensuite, peu à peu, comme elle s'étirait languidement, sa libération lui donnant l'impression qu'elle n'avait plus d'os quand il la tenait dans ses bras.

Il la fit rouler par-dessus lui. Il l'entoura de ses bras, l'embrassant profondément, alors qu'elle haletait encore contre sa langue, n'ayant pas encore repris son souffle. Elle sembla alors complètement s'éveille, se propulsant au-dessus de lui sur ses bras et rompant le baiser, le regardant avec un sourire malicieux tandis que ses cheveux tombaient en cascade autour d'eux.

« Bien, bonjour à toi aussi. » dit-elle avec cet aspect un peu guttural dans sa voix, qu'il n'entendait qu'au lit, à des moments comme celui-là. Cette seule voix était assez pour le faire se sentir prêt à sa propre libération. (En fait, la regarder répondre à ce qu'il venait de lui faire était assez pour le faire se sentir prêt. C'était sa vision favorite au monde.)

Il se moqua d'elle. « Vous êtes une femme très lubrique. »

Elle prit un air presque offensé et haussa les sourcils. « Oh, et de qui serait-ce la faute, je me demande ? »

« LA faute ? On dirait que c'est une mauvaise chose. »

Elle sourit et se pencha sur lui pour lécher un délicieux chemin sur son torse jusqu'à ses tétons. « Je n'ai jamais dit que c'était une mauvaise chose. » murmura-t-elle, entre deux utilisations de sa bouche pour autre chose. Il ferma les yeux, un grognement coincé dans sa gorge. Il la regarda comme elle descendait, puis posa sa main sur sa tête pour l'arrêter.

« Si tu fais cela, je ne serai pas responsable pour ce qui va arriver. Nous ne pouvons pas nous permettre de… »

« Ah, » dit-elle, acquiesçant comme elle comprenait. Elle s'allongea à côté de lui, et se saisit de lui. « tu ne peux pas attendre, eh ? » il glissa entre ses jambes. Elle les enroula autour de la taille de James, le tirant en elle. « Tu n'as pas à attendre. » chuchota-t-elle, sentant un contentement indescriptible quand il fut à sa place. Elle leva es yeux vers lui. Il avait fermé les yeux, et elle ne pouvait pas dire s'il était content ou avait mal. « Ca va James ? »

Il rouvrit ses yeux et lui sourit, ne bougeant toujours pas, puis il l'embrassa rapidement, sa langue pointant une seconde avec qu'il n'incline sa tête pour saisir un mamelon durcit de Lily entre ses dent. Quand il lui eut soutiré plusieurs minutes de gémissements gutturaux de cette façon, il leva la tête pour lui sourire. « J'essaye juste de m'exercer à avoir un peu de self-contrôle. Tu ne facilites pas les choses, tu sais, quand tu as… tant de répondant… »

Elle bougea ses hanches contre lui en guise de réponse, ne souriant plus, mais ayant l'air très, très sérieuse. Il réclama encore sa bouche, et la langue de Lily était chaude et vivante contre la sienne comme ils bougeaient de plus en plus vite. Finalement, il dut rompre le baiser, ses yeux se levant au ciel. Les mains de Lily s'agrippèrent convulsivement sur ses avants-bras, le pressant, accompagnant chacun de ses mouvements en levant les hanches, chuchotant un doux « Ouiiii » quand il relâcha son souffle et qu'elle su qu'il avait fini. Elle lui sourit tendrement, le tenant encore en elle, ses longues jambes l'emprisonnant. Il se pencha pour l'embrasser, souriant.

« Heu, » fit-il, hésitant, « tu as… ? »

« Encore ? Non, pas cette fois. Je suppose que j'ai été un peu distraite par notre but. Ne t'inquiète pas pour moi, James. Tu as déjà pris soin de moi. Je suis comblée, je t'assure. » Elle embrassa affectueusement son nez. Il se sépara d'elle et s'effondra, épuisé, contre elle, mais elle garda ses jambes en l'air. Il regarda.

« Est-ce vraiment nécessaire ? »

Elle haussa les sourcils et haussa les épaules. « Peut-être pas. Si je tombe enceinte, je tombe enceinte. Mais j'ai entendu que cela ne pouvait pas faire de mal. Tu sais, l'aide de la gravité et tout. Il faut tirer parti de tout. »

Il acquiesça, pensant à l'idée d'être père. Il avait seulement dix-neuf ans, mais ils avaient décidé a deux mois plus tôt d'essayer d'avoir un enfant alors que la santé de la mère de Lily déclinait à nouveau. Elle avait pleuré contre lui, après avoir quitté l'hôpital, convaincue que c'était différent cette fois. Sa mère luttait contre le cancer depuis des années maintenant. A la longue, il semblait que ce soit le cancer qui allait gagner. Lily ne pouvait pas supporter la pensée que sa mère ne la voit pas devenir mère aussi, et James avait approuvé qu'ils abandonnent leur plan original d'attendre quelques années.

Lily n'avait jamais été ce que l'on pourrait appeler 'inhibée' au lit, mais maintenant qu'ils essayaient d'avoir un bébé, elle était carrément terrible. Il en profitait complètement, et pensait avec un peu d'anxiété aux changements éventuels de leur relation physique qui se produiraient pendant qu'elle serait enceinte, et une fois qu'elle aurait accouché. Cependant, jusque là, il y avait amplement la possibilité de prendre du plaisir…

« Alors, voyons, quel jour sommes-nous ? »

James loucha sur le calendrier sur son bureau, de l'autre côté de la chambre. C'était désespérant, aussi, il prit ses lunettes afin de bien pouvoir le voir. « Le trente et un octobre. Halloween. »

« C'est vrai. Alors… si nous avons un bébé dans exactement neuf mois, il naîtra le… trente et un juillet. C'est près de ton anniversaire, James. »

Il haussa les épaules, l'embrassant. « Ce serait bien. »

« Un cadeau d'anniversaire en avance. »

Elle posa sa tête contre son torse et il passa ses bras autour d'elle, caressant doucement son dos. « Bien, peut-être que nous aurons de la chance cette dois. Un jour magique pour une conception magique. » dit-il en lui souriant.

Lily rit, ses yeux verts remplis d'amusement. « Bien sûr, ce sera absolument impossible de garder un visage imperturbable quand on parlera d'Halloween, si c'est en ce jour que nous avons conçu notre premier enfant. »

« Vrai. Quand nos enfants grandirons, ce sera, 'Que faisons-nous pour célébrer Halloween cette année, maman et papa ? Et pourquoi souriez-vous comme des idiots ?' »

Lily rit encore et James se joignit à elle, la tenant encore plus étroitement, espérant qu'ils réussiraient. Mais si cela ne marche pas, nous pourrons toujours essayer plus tard, pensa-t-il joyeusement… »

Il embrassa doucement son front. « Tu feras une mère merveilleuse, tu sais… »

Elle lui sourit avec adoration. « J'espère bien. » chuchota-t-elle, regardant dans le vide, vers le futur, incapable de s'imaginer étant la mère de quelqu'un, et espérant qu'elle ne serait pas trop horrible. Et que sa propre mère continuerait d'être la pour elle, avec ses conseils et ses encouragements.

« Tu devras demander à Sam de te donner un travail de bureau à nouveau. Jusqu'à ce que tu puisses faire le test demain. »

Elle soupira, acquiesçant. « Exact. Bien, je pourrai tenir compagnie à Gemma. Elle est assez grosse maintenant. »

« Pour quand l'attend-elle ? »

« Fin février, début mars. Elle n'en est qu'au cinquième mois, mais on dirait qu'elle est au neuvième. Je hais penser à comment elle sera dans quatre mois de plus. »

« Pourquoi ont-ils finalement changé d'avis ? »

« Je pense que c'est quand Franck et Gemma ont gardé le bébé de Sam et Trina, vers Pâques. Elle a eu envie de bébé en s'occupant de Katie. Je pouvais le voir sur son visage le lendemain. » dit-elle en souriant.

« Bien, si nous réussissons ce coup-ci, nos enfants serons à l'école dans la même année. Ce serait bien. Ils pourraient devenir meilleurs amis. »

Lily fit la tête. « Je 'aime pas l'idée d'essayer de rendre les enfants amis à leur place, et encore moins avant qu'ils ne soient nés. Si l'un d'eux est un garçon et l'autre une fille, que vas-tu faire ensuite ? Essayer de les marier ? »

Il rejeta sa tête sur l'oreiller. « Désolé. Je pensais juste… »

« En tous cas, la mère de Franck a déjà plein de plans pour ce pauvre enfant. Elle et son beau-frère et sa femme sont passés l'autre jour, pour prendre Franck et Gemma déjeuner. Je pouvais à peine en croire mes oreilles ! La mère de Franck est… heu, quelque chose d'autre. »

James rit. « Que veux tu dire par là ? »

« Bien, disons que cela commence par S comme sorcière. »

« Lily ! » dit-il choqué « Gemma doit vivre un enfer avec elle pour belle-mère. »

« C'est là que tu te trompes. C'est Franck qui doit faire attention avec elle. Elle adore Gemma. Elle semble penser que c'est étonnant que Franck puisse lui-même faire les lacets de ses chaussures. Et elle est aussi mauvaise avec son beau-frère, l'oncle Algernon de Franck. Bien que sa femme Enid ne soit pas si mal. Le pauvre Algie est un petit peu maladroit, et dans la seconde d'après, Verity,… c'est la mère de Franck, nous dit à tous 'Oh, cela vient du côté Londubat de la famille, vous savez. C'est ce qu'a amené mon mari.' Tu peux croire qu'elle dise cela ? Elle pourrait aussi bien dire 'Si mon mari n'avait pas été d'une maladresse incurable, il serait encore en vie.' »

James hésita avant de dire. « Bien, cela pourrait être vrai, Lily. »

« Cela ne signifie pas qu'elle doive le dire ! Quoiqu'il se soit passé, on ne dit pas du mal des morts. »

Il lui sourit. « Je ne pense pas que ce soit la priorité de Mrs Londubat dans la vie. »

Elle secoua la tête. « En tous cas, je plains ce pauvre enfant et j'espère juste qu'ils vont réussir à le garder aussi loin d'elle que possible. Elle aurait une influence redoutable sur lui. »

« Franck semble être bien. »

« Oui, étrangement, c'est le cas jusqu'à ce que sa maman soit par là. Dès lors, il part en pièces. Je n'ai jamais rien vu de tel. C'est un auror parfaitement compétent jusqu'à ce que maman rentre dans la pièce… »

James referma ses bras sur elle. « Bien, nous devrons juste nous assurer que tu ne suivras pas son exemple en tant que mère. » dit-il en plaisantant.

Lily rit. « Absolument. »

« Maggie ! Tu vas être en retard pour l'école ! »

Le fantôme de Valerie Dougherty regarda Maggie grogner et rouler sur le côté, le soleil matinal sur son visage.

« Tu as eu un autre rêve ? » lui demanda gentiment Valerie. Maggie ne répondit pas, mais fronça les sourcils dans son oreiller, essayant de s'en souvenir. Dans le rêve, elle avait vu quelque chose qu'elle avait aperçu une fois ou deux à la télé, avant que ses parents ne la fassent partir de la pièce. Pas que cela la dérange qu'ils la fassent partit, comme c'étaient des choses à l'eau de rose. Du flirt, comme elle savait que les autres enfants l'appelait, avant de pouffer de rire. Dans son rêve, un grand garçon avec des cheveux roux flirtait avec une jolie fille aux cheveux sombres, qui semblait avoir envie qu'il le fasse. Elle semblait même en avoir beaucoup envie. Maggie s'assit dans son lit et cligna des yeux à cause du soleil. Pourquoi rêvait-elle de cela ? Pour quelque raison, le garçon avait l'air familier, mais elle ne pouvait pas dire pourquoi. Dans son rêve, la fille l'appelait 'Bill'.

« Maggie ! » cria encore sa mère, commençant à être exaspérée.

« J'arrive maman ! » dit-elle, sa voix croassant parce qu'elle n'était pas encore complètement réveillée. Elle désobéissait rarement volontairement à son père et à sa mère, ou même leur faisait lui demander de faire quelque chose avant qu'elle pense à le faire elle-même. Elle était tellement contente d'être avec eux qu'elle ne voulait rien faire qui aurait pu qu'ils veuillent la renvoyer à l'orphelinat. Pas qu'ils l'auraient fait, elle le savait, mais bon… Elle ne voulait pas qu'ils pensent, ne serait-ce qu'à un moment 'Oh, pourquoi avons-nous choisi celle-ci ?'

Elle savait pourquoi elle avait été choisie. Elle avait les cheveux roux et un visage très similaire à celui de leur fille, Valerie. Valerie était morte du cancer. Ils n'avaient pas été effarouchés de lui dire cela. Elle leur rappelait Valerie, et ils sentaient que Valerie ne pouvait pas leur avoir été prise sans raison. Après beaucoup de questionnement sur le problème, ses parents avaient décidés que Valerie devait être morte pour les inciter à prendre un autre enfant sous leur toit, un enfant qui n'avait pas de parents. Ils n'avaient plus de fille. Maggie n'avait pas de parents. Ils semblaient faits l'un pour l'autre.

La chose agréable pour Maggie était qu'elle savait que Valerie approuvait tout cet arrangement. Maggie sourit au spectre de son prédécesseur maintenant, se levant pour aller dans la salle de bain, se brosser les dents.

Valerie la regarda avec tendresse, la lumière matinale brillant à travers elle. Elle aimait cette petite fille qui rendait son papa et sa maman heureux. Quelque chose que ses parents ne savaient pas était que quand Valerie était morte dans l'hôpital de Londres, elle était retournée dans la maison du Leicestershire de ses parents, prendre place dans son ancienne chambre, attendant le jour où une autre petite fille viendrait y vivre. D'une manière ou d'une autre, elle savait que cela arriverait.

Et puis le jour était venu, le printemps précédent, quand l'étrange petit homme s'était montré sur le pas de leur porte, et qu'il leur avait dit qu'il y avait deux petites filles à l'orphelinat d'Exeter, deux petites filles qui avaient besoin d'un foyer, et il espérait qu'ils leur fourniraient ce foyer. Valerie avait été fascinée par lui. Il n'était pas comme le gens qu'elle avait connu quand elle était vivante. Maintenant qu'elle était morte, elle savait bien plus de choses qu'avant. Elle savait pour les sorcières et les sorciers, par exemple. Elle savait que cet homme était un sorcier comme il était simplement apparu du néant dans le jardin de devant de Dougherty. Il avait aussi sorti ce qu'elle pensait être une baguette magique de sa poche, et regardé par l'une des fenêtres de devant, marmonnant quelque chose. La dernière chose qu'il fit avant d'appuyer sur la sonnette avait été d'agiter sa baguette encore, transformant l'étrange manteau long qu'il portait en une veste courte.

Il leur avait dit qu'il avait entendu dire par une connaissance commune qu'ils avaient perdu leur fille, et il leur avait présenté ses condoléances. Il leur avait demandé s'ils avaient jamais considéré d'adopter un enfant, ou deux, qui avait besoin d'un foyer.

Tous les trois ne discutèrent pas très longtemps. Ses parents étaient sceptiques d'abord, qu'on les autorise à adopter, comme ils avaient tous les deux plus de cinquante ans, et avaient demandé à de nombreuses agences qui les avaient toutes refusés à cause de leur âge. Bien sûr, ils avaient essayé d'adopter des bébés, pas des petites filles. Cela ne leur était pas d'essayer cela.

« Je ne sais pas pourquoi nous n'y avons jamais pensé. » avait-elle dit à son mari. « Pourquoi n'y avons nous jamais pensé, Sean ? »

Le père de Valerie avait haussé les épaules. « Je ne sais pas. Est-ce que les enfants comme cela ne viennent pas de maisonnées dont les parents ne se sont jamais mariés, qui vivaient juste sous le même toit ? Ou des drogués ? Voulons-nous un enfant qui a la moitié du cerveau en moins parce que ses parents étaient des drogués ? »

Le petit homme avait bégayé. « Ces… Ces filles ne sont pas comme cela. Un terrible accident les a laissé orphelines. S'il-vous-plaît… il ne leur reste personne. Deux sœurs, de six et huit ans. D'adorables petites filles. Aux cheveux roux. » avait-il ajouté, essayant de glisser cela innocemment. Valerie vit le regard que sa mère avait lancé à son père. Comme Valerie semblait-il dire.

Elle ne les suivit pas à l'orphelinat. Elle attendit patiemment dans son ancienne chambre, encore tapissée avec un papier peint blanc et rose de la campagne du dix-huitième siècle avec les gens s'engageant dans des activités campagnardes, comme mettre les vaches et les moutons en pâture, faire des meules de foin, et traverser les ruisseaux sur des ponts tordus mais pittoresques. Elle avait adoré regarder son papier peint quand elle avait été malade dans son lit, s'inventant dans la tête les histoires des gens sur les images. Elle espérait que les petites filles l'aimeraient, qu'elle ne feraient pas repeindre ou mettre un nouveau papier peint par-dessus. D'une manière ou d'une autre, elle savait qu'ils ne pourraient pas résister à deux petites filles rousses.

Quand les papiers furent faits pour qu'ils deviennent des parents adoptifs, et qu'ils revinrent avec juste une petite fille, Valerie fut un peu confuse. Elle n'entendit jamais rien sur le pourquoi ils n'avaient pas ramené les deux filles dont l'homme avait parlé à la maison. Elle avait regardé, invisible, tandis que ses parents bordaient leur nouvelle fille au lit cette nuit. Mrs Dougherty s'était installée pour lire Peter Pan à sa nouvelle fille…

« Tous les enfants, sauf un, grandissent. » commença Mrs Dougherty, rendant Valerie indiciblement triste. Les petites filles qui meurent du cancer ne grandissent pas, pensa-t-elle dans son esprit de fantôme.

Quand Mrs Dougherty eut fini le chapitre et se pencha pour embrasser la petite tête rousse, la petite chose leva regarda sa nouvelle mère avec de grands yeux bleus. « Comme c'est drôle que tu m'aies lu cela ce soir. Je ne me souviens de presque rien, sauf que mon prénom est Margaret, mais je sais que j'ai été amenée à l'orphelinat par Peter. »

Sa mère eut l'air surprise. Elle lissa la couverture au-dessus des jambes de la petite fille. « Allons ma chérie, ne raconte pas d'histoire. Peter Pan ne t'a pas prise à l'orphelinat, même si l'on peut dire que les enfants perdus y vivent, comme ils le font à Neverland… »

« Les enfants perdus ? » demanda la fille, fronçant les sourcils. Valerie réalisa que la fille n'avait jamais entendu parler de Peter Pan avant, et sa mère ne lui en avait pas assez lu pour qu'elle puisse connaître cela.

« Bien, en tous cas, passe une bonne nuit, Margaret. » elle observa la petite fille un moment. « Cela semble assez formel comme prénom pour une si petite fille. Voyons si nous pouvons trouver quelque chose de mieux. Hmmm… Que dirais-tu si nous t'appelions comme cette vieille Thatcher, eh ? » Elle sourit. « Voudrais-tu être notre petite Maggie ? »

La petite fille lui sourit. « Oui. Mais…tu peux m'en lire un peu plus, maman ? »

Mrs Dougherty regarda les grands yeux bleus, et Valerie put dire que c'était le mot 'maman' qui lui était allé droit au cœur. « Bien sûr mon amour. » dit-elle, des larmes dans la voix. Mais c'étaient des larmes de bonheur, Valerie pouvait le voir, comme sa mère en essuyait un qui s'était égarée sur sa joue, et se rasseyait à nouveau à côté de la petite fille pour continuer à lire l'histoire des enfants qui avaient laissé leurs parents le cœur brisé quand ils s'étaient enfuis avec Peter Pan.

Valerie vit que Maggie écoutait très attentivement quand Mrs Dougherty lisait l'explication de Peter à Wendy sur qui étaient les enfants perdus.

« 'Ce sont les enfants qui tombent de leurs landaus quand la nounou regarde ailleurs. S'il ne sont pas réclamés dans les sept jours, ils sont envoyés loin, à Neverland pour rembourser les dépenses. Je suis capitaine.'

'Comme ce doit être drôle !'

'Oui', dit le rusé Peter, 'mais nous sommes assez seuls. Tu vous, nous n'avons pas de compagnie féminine.'

'Est-ce qu'aucun des autres n'est une fille ?'

'Oh, non. Tu sais, les filles sont bien trop intelligentes pour tomber de leurs landaus.' »

« Je ne dois pas être très intelligente alors. Bien que je ne pense pas être tombée d'un berceau. » dit doucement Maggie. Mrs Dougherty la serra étroitement dans ses bras et l'embrassa sur la tête un moment.

« Écoute simplement, ma chérie. » dit-elle avant de continuer. Finalement, Valerie remarqua que la tête de Maggie acquiesçait. Sa mère continua à lire, oublieuse.

« 'Ne prend aucune lettre.' Dit-il avec mépris.

'Mais ta mère reçoit des lettre ?'

'J'ai pas de mère', dit-il. Non seulement, il n'avait pas de mère, mais il n'avait pas le moindre désir d'en avoir une. Il considérait qu'elles étaient surestimées. Wendy, cependant, sentit tout de suite qu'elle était en présence d'une tragédie.

'Oh, Peter, pas étonnant que tu aies pleuré.' Dit-elle, et elle sortit du lit et courut vers lui.

'Je ne pleurais pas à cause des mères.' Dit-il avec indignation. »

La mère de Valerie regarda Maggie, qui respirait calmement, sa tête contre le bras de sa nouvelle maman. Elle était presque endormie, ses pâles cils roux sur ses joues couvertes de tâches de rousseur, sa bouche rose légèrement ouverte. Mrs Dougherty se pencha et embrassa le front de l'enfant en lui chuchotant « Je ne sais pas de quel berceau tu es tombée, ma petite Maggie, mais j'espère que tu aimes ta nouvelle maison. »

Valerie avait regardé la fille dormir cette nuit là, et décidé de se présenter à elle le lendemain matin. Si cette petite fille devait prendre sa place, elle devait lui parler. En espérant que ce ne serait pas un problème.

Étrangement, ce n'en fut pas un. Quand Maggie se réveilla le matin suivant, s'étirant et se frottant les yeux, endormie, Valerie était perchée dans les airs à côté du lit, comme si elle était dans une chaise invisible, et quand Maggie la vit, elle eut l'air momentanément surprise, et puis fascinée.

« Heu, » avait-elle dit en hésitant. « Salut. »

« Salut » lui avait répondu Valerie de la même façon. « N'aie pas peur. Je suis Valerie. Je voulais t'accueillir dans mon ancienne chambre. »

Le soleil passait à travers elle et Maggie avait louché comme si elle n'était pas certaine d'être encore réveillée. « Ton ancienne chambre ? Alors… tu es un fantôme ? »

Valerie acquiesça. « Je veux juste m'assurer que papa et maman sont heureux. Je suis si contente que tu sois venue pour rester. Ce sont de bons parents. Je pense que tu va les aimer. »

Maggie acquiesça. « Je les aime déjà. Je ne savais pas que ma nouvelle chambre avait un fantôme cependant ! » dit-elle en souriant. « C'est adorable ! »

Valerie lui sourit. « Tu trouves ? »

« Oh oui. D'autant plus que c'est toi. Je veux dire, tu pourras me dire des choses. Sur ton papa et ta maman. »

Valerie acquiesça. « Tout ce que tu veux savoir. » Elle avait tenu sa promesse.

Maggie revint rapidement de la salle de bain, et enfila rapidement son uniforme, boutonnant mal son chemisier. Quand elle arriva dans la grande cuisine pour prendre son petit déjeuner, sa mère fit claquer sa langue et remit en place le problème de bouton, puis boutonna le gilet marine par-dessus le chemisier et redressa le col rond du chemisier.

Elle sourit à sa mère qui aimait clairement faire cela. Elle semblait voir une autre femme aux cheveux roux dans le fond de son esprit, d'une manière très floue, s'occupant d'elle d'une manière similaire, mais c'était dans une cuisine plus sombre, avec plus de désordre. Elle se questionnait parfois sur ces petites images mentales, se demandait si elle se rappellerait jamais ce qui lui était arrivé avant qu'elle n'arrive à l'orphelinat. Mais si, comme sa maman l'avait dit, elle n'avait plus personne, se souvenir de sa vraie famille la rendrait seulement malheureuse. Elle avait une adorable maison maintenant, et deux parents aimants. Elle savait qu'elle était une petite fille très chanceuse. Elle avait aussi une amie fantôme pour l'empêcher de se sentir seule, bien que Valerie l'ait avertie de ne le dire à personne.

« Ils penseraient que tu es folle. » avait-elle prévenu. Maggie avait été d'accord. C'était mieux de garder Valerie secrète.

Sa mère était sur le point de verser de l'eau chaude dans la théière alors que Maggie mangeait son porridge. Soudain Maggie leva le nez, sentant la panique monter dans sa poitrine. « Ne touche pas la bouilloire maman ! » cria-t-elle.

Sa mère la regarda étrangement, sa mère sur sa poitrine. « De quoi parles-tu Maggie ? »

« La poignée… »

Sa mère se pencha en avant et observa la poignée de la bouilloire. Puis elle essaya de la soulever très lentement, et un bout de la poignée se détacha du reste, la faisant retomber lourdement sur la plaque chauffante. Heureusement, comme elle l'avait soulevée très lentement, au lieu de la manière brusque qu'elle adoptait habituellement, la bouilloire ne laissa sortir que quelques gouttes d'eau sur la plaque, où elles se mirent à tournoyer et s'évaporèrent rapidement. Elle se tourna et regarda Maggie, qui mangeait paisiblement son porridge, avec attention.

Valerie regardait aussi, invisible maintenant qu'elle était dans la même pièce que sa mère. Elle avait remarqué que Maggie faisait de nombreuses choses intéressantes depuis qu'elle était arrivée vivre avec son papa et sa maman. Elle semblait savoir certaines choses avant qu'elle ne se produisent pour quelque raison que Valerie n'avait pas encore déterminée.

Quand il fut temps pour Maggie de sortir pour prendre le bus scolaire, Mrs Dougherty prit la petite fille dans ses bras, répugnant à la laisser partir. Valerie regarda Maggie partir, et elle regarda sa mère observer Maggie partir, et elle sut que sa mère oubliait finalement sa mort. Elle ne l'avait pas encore complètement oublié, mais Valerie savait que le jour viendrait où elle pourrait quitter ses parents pour de bon, quand elle saurait qu'ils seraient heureux et que Maggie serait installée. Ce jour n'était pas encore venu, mais elle pouvait espérer.

« Comment avez-vous osé nous envoyer cette enfant du démon ! » cria Mrs Ferris, poussant la petite fille rousse loin d'elle, puis se blottissant contre son mari, qui passa un bras protecteur sur ses épaules. La révérende mère prit le petite fille contre elle. Les frêles épaules tremblaient, et bien n'importe quel autre enfant aurait pleuré d'entendre un adulte parler de lui ainsi, la fillette foudroyait du regard le couple par-dessus son épaule.

« Allons dans mon bureau, » dit la mère Crispin avec son léger accent irlandais, « nous pourrons nous asseoir et… »

« … et en parler ? Foutuement hors de question. » l'interrompit Mr Ferris, ne se souciant de toute évidence pas de surveiller son vocabulaire devant la révérende mère. « Qu'y a-t-il à dire quand on a vu notre déjeuner, nos plats, nos couteaux, nos fourchettes, nos cueilleres et tout le reste s'envoler et se mettre à tourner dans la pièce ? Qu'y a-t-il à dire quand les chaînes de télévision changent toute les secondes ? Avec la télé éteinte ? » rugit-il. Il frissonnait en tenant sa femme, et c'était difficile de dire lequel avait le plus peur de la petite fille.

Les lèvres de Mère Crispin étaient très tirées. Sa foi avait toujours été forte, mais elle devait admettre que quand elle entendait parler de miracles, elle était sceptique. Elle avait vu bien trop de personnes en ce monde bénéficier financièrement d'avoir des tâches de plâtre dans le hall d'entrée qui ressemblaient remarquablement à la vierge Marie, ou un ombre projetée sur le côté de la maison qui ressemblait au Christ sur la croix. Quand elle entendait parler de phénomènes comme ceux-là, elle ne les créditait pas automatiquement, mais raisonnait qu'il devait y avoir quelque explication pour que cela arrive, une raison autre que le miracle ou que l'intervention divine. (Son sentiment habituel était le la raison était l'avarice) Sûrement que les événements ne pouvaient pas s'être passés exactement comme les Ferris les avaient décrits, se dit-elle. Cela défiait la logique. C'était une femme très logique. Bien sûr, elle s'était dit exactement la même chose la dernière fois.

Elle soupira. Peu importait l'explication, elle devait accepter que Mr et Mrs Ferrus n'allaient pas donner à Anna un foyer, et qu'ils n'allaient probablement considérer aucun autre enfant de l'orphelinat à ce rythme. Ils ne voudraient pas prendre un autre risque après cela. Elle leva son menton et leur lança un regard d'acier elle aussi, tout comme l'enfant.

« Bien. Partez alors. Abandonnez la fillette et inventez des histoires sur pourquoi vous ne la prendrez pas. Être parent n'est pas pour tout le monde, vous savez. » dit-elle acidement. « Vous pourriez vouloir un chien. Un mieux encore, un chat, comme on n'a pas besoin de les promener. Ou peut-être que vous devriez complètement reconsidérer tout autre être vivant devant compter sur vos soins et votre bonne volonté ! Bonne journée ! » dit-elle sèchement, se tournant, la fille encore dans le cercle protecteur de ses bras, comme elles rentraient dans le vieux bâtiment de brique, laissant Mr et Mrs Ferris sur les marches de devant.

Elle tremblait de rage, mais à ce point, elle était plus en colère avec elle-même d'avoir laissé la fille la voir perdre son calme. Ce n'était pas la meilleure façon de rester un symbole d'autorité. Mais en baissant les yeux, elle put voir que Anna la regardait avec un sourire au coin des lèvres, ses grands yeux bleus brillant d'admiration. Elle accorda à la fillette un de ses rares sourires.

« Viens dans mon bureau, nous prendrons du thé. »

Anna acquiesça et sourit à la révérende mère. Ce n'avait pas été simple de se considérer comme 'Anna' au début, mais elle avait appris. Quand la révérende mère lui avait parlé pour la première fois, elle lui avait demandé son nom.

« Annie. » avait-elle automatiquement dit, avant de réaliser qu'elle aurait dû feindre une perte de mémoire à ce sujet aussi. Elle avait déjà dit que son entière famille était morte dans un incendie et qu'elle en était la seule survivante. Elle n'était pas certaine qu'on l'avait crue, mais elle se concentrait très fort et répétait son histoire encore et encore, et on semblait graduellement l'accepter. Elle sentait une poussée de pouvoir quand cela arrivait. Est-ce que j'ai fait de la magie ? se demandait-elle. Ce n'aurait pas été la première fois, bien que son frère Bill ait été celui dans la famille qui était connu pour la magie sans baguette, spécialement en sortilège. Ensuite, elle essaya de ne pas penser à sa famille…

« Annie ? » avait dit la révérende mère, sa bouche se tordant. « Ce n'est pas un vrai prénom. Anna. Ca c'est un vrai prénom. Tu dois t'appeler Anna. »

Un regard sur son visage fit demander à la nouvellement baptisée Anna « C'était votre nom, n'est-ce pas ? »

La révérende mère s'était figée et avait examiné l'enfant avant de répondre « Oui. Oui si je veux être sincère. Comme on doit toujours être sincère. » avait-elle ajouté en lançant à la fillette un regard significatif.

« Pourquoi avez-vous changé ? »

La révérende mère croisa ses mains sur ses cuisses et referma un peu ses yeux, essayent de jauger la fillette devant elle. Si elle voulait poser les questions, qu'il en soit ainsi. Elle savait que les questions que choisissait de poser un enfant pouvaient révéler autant que les réponses qu'ils pouvaient donner aux questions, sinon plus.

« Quand j'ai fait mes vœux, j'ai commencé une nouvelle vie. Alors je suis devenue Sœur Crispin, d'après St Crispin. Tu te souviens de ton nom ? »

La fille avait hésité. C'était subtil, mais la révérende mère le saisit. « Je ne m'en souviens pas. Je… Je dois m'être cognée sur la tête. Je ne me souviens même pas de l'endroit où je vivais. Juste qu'un feu a tué ma famille. »

L'ancienne Anna Garrison acquiesça, ce qui démentait le fait qu'elle ne croyait pas un instant l'enfant. Elle trouva aussi très étrange que Anna ressemble autant à l'autre petite fille qui était apparue, même si la famille de cette fille était morte dans un accident de voiture. C'était très étrange.

Elle avait mené une enquête sur la question, et découvert que personne dans tout le pays, ni en Écosse ou au Pays de Gales, n'avait rapporté deux petites filles disparues de leur âge. Cependant, il ne semblait pas non plus y avoir de cas de familles entière périssant dans des accidents de voiture ou des incendies de maison. C'était très, très étrange, mais étant donné que les filles n'avaient aucun toit où aller (et la plus jeune semblait très désorientée), la mère Crispin considérait que c'était son devoir de prendre bien soin d'elles et de les aider à trouver un nouveau foyer. Elle soupira en servant le thé pour elle-même et la jeune Anna. Elle avait eu de grands espoirs que les Ferris l'aiment, mais la visite de un jour n'avait même pas atteint la moitié quand ils l'avaient ramenée à l'orphelinat.

La fille ajouta de la crème dans son thé, mais pas de sucre, soufflant délicatement à la surface avant d'en prendre une gorgée. Soudain, Anna posa sa tasse et sa sous-tasse sur le bureau qui était entre elle et la révérende mère et dit. « Est-ce que vous aimez être sœur ? »

La mère Crispin fut surpris, mais elle aurait dû mieux savoir. Contrairement aux autres enfants sous sa responsabilité, Anna disait habituellement ce qu'elle pensait. « Oui. » dit-elle sans hésiter, avant de prendre une gorgée de thé.

« Pourquoi ? »

Maintenant, elle hésita. « Bien, à l'origine, j'ai étudié pour être infirmière. Je voulais être utile. Et je me sentais utile. Pour la plus grande partie. Je sentais qu'il manquait toujours quelque chose dans ma vie. Et assez étrangement, ce fut le fait d'être appelé 'ma sœur' jour après jour qui m'a finalement révélé ma vraie vocation. Je savais que j'étais sensée faire les deux, être une sœur et une infirmière. Après avoir fait mes vœux, je suis venu travailler ici avec les autres sœurs de mon ordre, au lieu de rester à l'hôpital où j'avais été formée. Je savais que j'avais fait la bonne chose. »

Anna acquiesça. « Mais vous n'êtes plus une infirmière. »

« Ah, ce n'est pas vrai. Je suis finalement devenue infirmière-chef. Puis quand la révérende mère qui dirigeait l'ordre quand je suis arrivée a décidée de prendre sa retraite, elle a recommandé au Père MacAninley que je prenne sa suite, en m'occupant de l'orphelinat. Je suis et resterai toujours une infirmière. Il se trouve que je gère l'orphelinat maintenant. Mais par-dessus tout, chaque jour de ma vie, je suis une servante de Dieu. »

« Avez-vous jamais voulu être docteur plutôt qu'infirmière ? »

Les lèvres de la Mère Crispin devinrent très fines. L'enfant était vraiment trop bonne pour ressentir ces choses là. « En ce temps-là, très peu de femmes faisaient cela. » dit-elle, ce qui n'était pas une vraie réponse, mais pas un mensonge non plus. Cela impliquait aussi qu'elle était bien plus vieille qu'en réalité. Elle venait juste d'avoir cinquante-cinq ans.

« Vous auriez voulu être prêtre au lieu de sœur ? »

La révérende mère se figea. « Tu n'es pas catholique, n'est-ce pas ? » elle demanda à l'enfant.

« Je ne pense pas que je l'étais. »

« Moi non plus. » confirma-t-elle en reniflant. « Si tu l'avais été, tu ne demanderais pas cela. »

Quand la fillette eut fini son thé, la Mère Crispin la libéra et elle quitta le bureau pour retourner dans son dortoir. Comme elle refermait doucement la porte, Anna poussa un soupir de soulagement. Elle avait évité d'être adoptée. Elle regarda à travers la vitre de la porte du bureau de la révérende mère. Elle était dépolie, mais à travers, elle pouvoir l'ombre de la révérende mère assise à son bureau.

Elle se souvint de la première fois où elle s'était éveillée et où elle avait trouvé cette vieille femme assise dans une chaise à son chevet, alors qu'elle était encore à l'hôpital. Elles avaient eu une conversation sur son nom, suivie par un repas chaud. Plus tard, la révérende mère était venue au moment d'aller au lit pour voir si 'Anna' n'avait pas peur de dormir dans un endroit étrange. Elle avait regardé son voile et demandé « De quelle couleur sont vos cheveux ? »

Elle avait pu dire que cela avait surpris la mère Crispin. Regardant autour d'elle furtivement (il n'y avait pas d'autres sœurs à proximité, et les autres enfants étaient déjà endormis.) Elle dit « Tu voudrais voir ? »

Elle s'était redressée avec anxiété, acquiesçant. Le voile avait été enlevé avec soin, puis les épingles extraites de la pile de cheveux compliquée, avant que la cascade de tresse pâle tombe. C'était un très beau blanc, doux et chaud. Elle pensa voir quelques mèches d'une autre couleur cependant.

« Ils étaient blonds, n'est-ce pas ? »

La révérende mère avait hésité avant d'acquiescer. « Oui. » avait-elle dit avec sincérité. « Ils étaient blonds. »

Anna appréciait le fait que jusqu'ici, la révérende mère ne semblait lui avoir menti sur rien. Elle avait même essayé de lui poser des questions personnelles, et elle avait reçu ce qui semblait être des réponses honnêtes. C'était un tel contraste par rapport aux autres adultes de sa vie précédente, et même l'étrange sorcier qui les avait amené, elle et Peggy, à Exeter, aussi, elle avait ressenti un attachement immédiat pour la révérende mère, et elle savait qu'elle devait faire tout son possible pour éviter de partir.

Elle avait gardé son oreille contre le sol et appris qu'un couple allait venir les prendre, elle et sa sœur (qu'elle n'avait pas reconnue comme sa sœur) parce qu'ils pourraient être intéressés par les adopter toutes les deux. Le police n'avait rien découvert sur elles, et elles avaient besoin d'un toit.

Elle avait écouté aux portes quand les Dougherty étaient venus rendre visite à Peggy, pour la rencontrer pour la première fois. Elle avait entendu la femme dire au mari, quand Peggy était partit aux toilettes « Elle est adorable, mais pour l'autre fille ? Si nous devons les prendre toutes les deux ? »

Bien avait pensé Anna. Si elle ne me veut pas, je ne la veux pas non plus. J'en ai déjà assez de cela.

Quand la révérende mère était venue la chercher, afin qu'elle puisse rencontrer les Dougherty, elle s'était cachée jusqu'à ce qu'ils partent. Elle n'avait pas émergé jusqu'après le dîner, et était allée au lit le ventre vide. Elle s'était réveillée au milieu de la nuit, quand quelqu'un s'était assis sur son lit. C'était la révérende mère, qui mit immédiatement son doigt sur ses lèvres.

« Où étais-tu plus tôt mon enfant ? Il y avait quelqu'un qui voulait te rencontrer. »

« Je sais. »

« Alors pourquoi… »

« Ils n'en veulent qu'une. »

La révérende mère hésita. « Vraiment. » Ce n'était pas une question.

« Je les ai entendu parler. Ce n'aurait pas vraiment valu la peine, n'est-ce pas ? »

la Mère Crispin prit un air grave. « Peut-être pas. »

« Elle peut les avoir. C'est bon. » mais soudain, sa gorge se serra à la pensée de ne plus revoir Peggy. Elle s'était glissée dans sa chambre pour la regarder dormir, se souvenant de la façon dont elle avait pleuré pour que leur mère ne les envoient pas au parc…

« Tu es sûre ? » la révérende mère lissa les couvertures sur le lit d'une manière très professionnelle.

« Oui. » dit-elle, acquiesça, se forçant à ne pas pleurer. Peggy, pensa-t-elle. Tu vas me manquer.

Elle avait regardé quand les Dougherty étaient venus prendre Peggy, ou 'Margaret', comme ils l'appelaient, pour vivre avec eux. Le jour suivant, elle avait été transférée à l'orphelinat, comme il n'y avait aucune raison réelle de la garder plus longtemps à l'hôpital. Les docteurs ne pouvaient pas trouver de raison physique à son manque de souvenirs. Elle avait caressé l'idée de faire quelque chose pour se faire une blessure à la tête, mais l'avait écartée car elle était trop terrifiante. (Elle aurait vraiment pu se faire mal).

Cela faisait presque six mois maintenant, et les Ferris étaient la seconde famille à être intéressée par elle. La première, les Trents, avait eu une réaction similaire pour elle (parce qu'elle avait eu une réaction similaire avec eux). La révérende mère leur avait donné le même regard pénétrant, et la même défense d'acier. Ce n'était pas la faute d'Anna. Elle était juste une enfant.

La révérende mère venaient toujours éteindre les lumières dans les dortoirs, qui n'étaient pas notablement différents de ceux de l'hôpital. Le dortoir avait les mêmes lits en métal peint en blanc, alignés de façon militaire. Dix-sept filles de l'âge de huit ans (Anna) à celui de quinze, vivaient dans le même dortoir. Seulement onze garçons de dix à quinze ans vivaient dans le dortoir des garçons. (Les garçons semblaient avoir plus de facilité à séduire les parents adoptifs.) C'était un petit orphelinat, ce qui permettait aux sœurs de l'ordre de donner plein d'attention aux enfants, mais il y avait assez d'enfant pour que lorsque quelqu'un comme Anna voulait être seul, il le pouvait.

Quand la Mère Crispin vint à la porte du dortoir des filles et leur souhaita bonne nuit, et que Dieu les bénisse, Anna était allongée dans son lit, feignant de dormir. La lumière pressant contre ses paupières closes disparut, et quand elle les entrouvrit, elle vit que les lumières avaient été éteintes. Une minute plus tard, cependant, elle sentit son lit pencher sur le côté comme quelqu'un s'asseyait dessus, et elle sentit une main douce sur son front, poussant ses cheveux de devant ses yeux.

« Dors bien, ma petite Anna. » entendit-elle la douce voix de la révérende mère dire. « Je suis désolée pour les Ferris. » ajouta-t-elle. D'une manière ou d'une autre, Anna ne pensait pas qu'elle voulait dire qu'elle était désolée qu'ils n'aient pas voulu d'elle. Elle semblait plutôt s'excuser d'avoir laissé Anna avec eux pendant autant de temps. La main douce continua à caresser ses cheveux et Anna déglutit, espérant que la révérende mère ne remarquerait pas. C'était si bon d'avoir une mère au-dessus d'elle, qui prenne soin d'elle. Elle ne pouvait pas se souvenir de la dernière fois où sa propre mère avait fait cela. Elle avait été tellement occupée avec tous ces bébés pendant tout ce temps…

« Ah, ma petite. Est-ce que nous devons t'exorciser ou te canoniser ? » fit la voix amusée de la révérende mère. Anna ne connaissait aucun de ces termes. Elle s'assura que ses yeux étaient bien fermés, mais son jeu ne marcha pas.

« Anna ? » fit doucement la révérende mère. « Tu es éveillée, n'est-ce pas ? »

Elle ouvrit lentement ses yeux, puis acquiesça inutilement. La mère Crispin lui sourit.

« Assied-toi mon enfant. »

Anna se redressa et s'assit, attendant, se demandant si elle aurait une explication sur les étranges mots que la révérende mère avait utilisés.

« Ils étaient si terribles ? »

Anna hésita. « Je n'aurais jamais pu vivre avec eux. »

La mère Crispin acquiesça. « Tu n'avais pas à le faire. » Elle mit sa main sous le menton de Anna et souleva légèrement son visage. « Mais tu veux quand même un foyer, oui ? »

Anna hésita avant d'acquiescer. L'acquiescement était un mensonge. Elle ne voulait jamais quitter l'orphelinat. Cela signifierait quitter la révérende mère.

La révérende mère pouvait dire que Anna mentait. Et comme quelque chose dans le fond de son esprit lui en chuchotait la raison, elle repoussa cela, ne voulant pas nourrir son ego. Malheureusement, une fois encore l'enfant saisit quelque chose et dit ce qu'elle avait en tête.

« Avez-vous jamais voulu être mère ? » lui demanda doucement Anna.

Après une seconde, elle dit « Je suis une mère, mon enfant. Pour vous tous. »

« Je veux dire… une vraie mère. »

Elle se mordit les lèvres. « Est-ce que je ne te semble pas réelle ? »

Anna lui sourit, et elle put dire que c'était un sourire authentique. Elle voyait rarement cette expression sur ce petit visage. Elle savait en profiter tant qu'elle pouvait. « Si. »

Elle prit l'enfant contre elle, et Anna passa ses bras autour de la taille de la révérende mère, appuyant sa tête sur sa poitrine.

Elle n'avait pas besoin d'une autre mère parce qu'elle en avait déjà une.

Sans réfléchir, la mère Crispin embrassa Anna sur le dessus de la tête et la borda à nouveau dans son lit. Quand elle fut à nouveau dans le couloir, elle pensa qu'elle n'aurait pas dû faire cela. Mais c'était trop tard maintenant. Elle avait le sentiment que donner des baisers n'était pas une bonne idée. Elle ne devait pas avoir de favoris. Et elle ne devait certainement pas s'attacher autant à une enfant. Il n'y avait rien à dire quand la bonne famille viendrait pour l'un d'entre eux. Elle avait fait cette erreur une fois, avec un petit garçon galois nommé David, et cela avait été très dur de se remettre de son adoption, même si c'était une famille adorable. Elle avait pleuré pendant une semaine après son départ, sachant à quel point c'était irrationnel, sachant qu'elle n'était pas vraiment sa mère.

Elle avait été beaucoup plus jeune alors, et avait depuis lors réussi à garder ses distance avec les enfants. D'une manière ou d'une autre, Anna avait brisé ses défenses et avait atteint son cœur, avec ses questions sans détours et son regard honnête. Elle était si directe la plupart du temps. Quand elle mentait, cela semblait à peine compter tellement elle était transparente, et la révérende mère pouvait le dire tout de suite. Il semblait que Anna pouvait dire qu'elle savait aussi, alors c'était dur de dire si elle mentait réellement quand on considérait cela. Elle était à peu près certaine que la famille de la fillette n'était pas morte dans un incendie, mais si l'enfant faisait de tels détours pour éviter que l'on retrouve sa famille, et s'ils n'avaient fait aucun effort pour la retrouver, alors, en ce qui concernait l'ancienne Anna Garrison, ils ne la méritaient pas et l'enfant ne devrait pas leur revenir.

Et puis, il y avait encore la question de ce que les Trent et les Ferris avaient dit quand ils l'avaient ramenée à l'orphelinat. Des objets volant dans les airs. Des appareils électroménagers se comportant bizarrement. A la fois les familles et Anna étaient soulagées que les expériences soient finies. La mère Crispin se posait encore des questions sur la fillette, pensant encore une fois aux paroles qu'elle avait dites à son chevet.

Est-ce que nous devons t'exorciser ou te canoniser ?

Notes de l'auteur: Les citations de Peter Pan viennent directement des deux premiers chapitres de Peter Pan by J.M. Barrie, publié pour la première fois en 1911 sous le titre de Peter et Wendy, et en 1921 sous le titre de Peter Pan et Wendy.