La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre quatorze

Suspect

Jeudi 15 Novembre 1979

Sirius ouvrit les yeux, les clignant dans la lumière précédant l'aube, essayant de se souvenir où il était. Il tourna sa tête vers sa gauche et vit Cecilia Ratkowski allongée sur le ventre à côté de lui. Les draps étaient remontés jusqu'à sa taille, et elle ne portait rien d'autre. Ses cheveux blonds habituellement bien peignés étaient en désordre, et elle faisait face à Sirius, l'air paisible, ronflant très doucement.

Flûte, pensa-t-il. J'allais juste fermer les yeux un moment, et c'est déjà pratiquement le matin. Après avoir fait l'amour, elle l'avait imploré de rester la nuit au lieu de s'enfuir comme il faisait habituellement. Il avait quelque peu renâclé, et était resté un peu plus longtemps, se rallongeant après avoir commencé à s'habiller. Elle s'était blottie contre lui, passant son bras au-dessus de son estomac, comme une lourde corde. Il l'avait regardée dormir d'abord, ayant l'impression de ne pas pouvoir respirer, comme si c'était un câble en acier qui lui comprimait la poitrine en lieu et place d'un bras passé par-dessus lui. Finalement, ses paupières s'étaient trouvées trop lourdes pour rester ouvertes…

Crotte. Où étaient ses chaussettes ? Il farfouilla dans la pièce en désordre, essayant de distinguer ses vêtements de ceux de Cecilia. Elle n'était pas exactement la fille la plus rangée qu'il avait connue. La semaine d'avant, il avait découché avec une femme moldue d'au moins six ans son aînée qui avait été obsédée par l'endroit où il posait son verre avant qu'ils n'atteignent la chambre à coucher. Elle avait été un peu maniaque aussi pour les choses dans sa chambre, ce qui était une raison pour laquelle il avait recontacté Cecilia.

Ils n'étaient pas techniquement un couple, mais ils revenaient sans arrêt l'un vers l'autre depuis le mariage de Lily et James en juin. Il avait dit de nombreuses fois à Cecilia que cela ne le dérangeait pas si elle voyait d'autres hommes, et elle lui avait dit, d'une manière très peu convaincue, qu'il était libre d'aller voir d'autres femmes aussi. Il suspectait fortement qu'elle n'exerçait pas cette liberté autant que lui (si elle l'exerçait jamais). Il n'avait jamais de preuves qu'un autre homme était venu dans son appartement en désordre. (Une fois, quand elle était allée se changer pour une sortie, il s'était changé en chien et avait reniflé un peu partout, bien qu'il se sente un peu idiot après cela, d'autant qu'il n'avait rien trouvé à part un bol de lait caillé qui avait été laissé sous une chaise pour le chat.) Il n'était pas certain d'être soulagé qu'elle ne semble voir personne d'autre, ou de souhaiter qu'elle le fasse.

Il trouva finalement tous ses habits et allait transplaner pour le château d'Ascog. Cependant, il attendit une fraction de seconde de trop, et l'instant d'après, Cecilia se retournait et s'étirait, le regardant avec ses yeux adorables. Il adorait ses yeux, il devait l'admettre. C'était très facile de se perdre en eux, et d'être attirée à elle, mais quand il essayait de faire tout le contraire. Et le fait qu'elle se redresse et s'étire en ne portant rien maintenant, ne lui donnait pas particulièrement envie de partir.

« Où vas-tu alors ? »

Bonjour à toi aussi, pensa-t-il. « Je n'avais pas prévu de passer la nuit ici, » expliqua-t-il. « Je pense que je devais être plus épuisé que ce que je pensais. Nous avons une réunion de bonne heure au bureau, et j'ai besoin de prendre une douche. J'allais juste filer à la maison. »

Elle se renfrogna, s'asseyant complètement, ne se couvrant pas. « Tu aurais au moins pu me réveiller pour me dire au revoir. Ce n'est pas très gentil de filer à l'anglaise. Je suis surprise que tu sois resté tout ce temps cette nuit. Habituellement, c'est manger, baiser et partir. »

Sirius se renfrogna. Peut-être qu'elle était honnête parce qu'elle n'était pas encore complètement réveillée. « Cecilia, je… Je resterai toute la nuit à un moment ou l'autre dans le futur. Très probablement. » ajouta-t-il pour se protéger. « Mais… bien, nous ne sommes pas vraiment sérieux, n'est-ce pas ? C'est drôle, mais nous… nous sommes de vieux amis de l'école. Nous ne sommes pas… » il s'arrêta, ayant été sur le point de dire Lily et James. Il soupira. Cela avait été très dur de la regarder épouser son meilleur ami. Il avait sauvegardé les apparences, mais il avait été tout aussi heureux que Peter, Remus et lui aient dû quitter la réception à cause de la pleine lune. Il ne pensait pas qu'il aurait été capable de les regarder monter jusqu'à leur suite pour la lune de miel… Revenir à l'auberge le lendemain matin pour le petit déjeuner avait été une torture, en les voyant si heureux alors qu'il avait une impression mordante de vide dans le creux de son estomac que la nourriture ne faisait pas passer. Il savait qu'elle et James étaient faits l'un pour l'autre. C'était encore trop dur de laisser partir l'idée d'elle, alors qu'il avait chéri cette idée pendant si longtemps.

Voir Cecilia au petit déjeuner du mariage avait été sa bouée de sauvetage. Il avait parlé et rit avec elle, essayant même d'éviter de regarder dans la direction de Lily, et ils étaient partis et avaient passé la journée ensemble après cela. A l'approche du coucher du soleil, il s'était tenu prêt à s'enfuir pour à nouveau être avec Remus, mais elle l'avait surpris en le séduisant (il n'avait pas pensé être présomptueux au point de commencer à la séduire dès leur première sortie). Il avait dû s'enfuir après cela, bien sûr, comme la lune devait se lever quarante-huit minutes après le coucher du soleil. Et pourtant, le motif de leur 'relation' s'était établi dès le début.

Manger, baiser et partir.

« Très probablement ? Oh, c'est encourageant. » acquiesça-t-elle sarcastiquement. « Cela ne te tuerait pas de rester, tu sais. Tu es resté presque toute cette nuit, et tu n'es pas mourrant, n'est-ce pas ? »

Je meurs seulement d'envie de partir, pensa-t-il avec irritation.

« Reste ce soir. Cela vaudra le coup quand… »

Sirius fit la tête. « Cecilia, je ne viens pas ici seulement pour le sexe… » Ok, s'admit-il, c'est habituellement pour cela…

« Je ne parlais pas de cela ! » dit-elle en riant. « Je voulais dire que je te préparerais le petit déjeuner. Et de toutes façons, je ne considère pas le sexe comme quelque chose que je te donne. C'est un cadeau que nous nous faisons l'un à l'autre. »

Sirius crut qu'il allait vomir.

« Tu as lu cela quelque part ? » demanda-t-il, faisant la tête, n'osant pas lui dire ce qu'il pensait vraiment de telles platitudes.

Elle eut l'air un peu embarrassée. « Peut-être. » admit-elle doucement. « Oh, allez, Sirius. » dit-elle repassant en mode cajoleries. « Reste ce soir. Ou bien as-tu encore une autre réunion matinale au bureau demain ? »

Non, mais ce soir, je suis sensé tenir compagnie à mon ami le loup-garou pour la pleine lune.

Il la regarda pensivement et décida qu'elle ne semblait pas prête à se faire à l'idée qu'il était un animagus illégal, et qu'il était devenu un animagus illégal pour tenir compagnie à son ami loup-garou les nuits de pleine lune. Le truc drôle était que, sur nombre de filles avec lesquelles il était sorti à l'école, aucune n'avait posé de questions sur ses disparitions lors de la pleine lune. Il n'avait été constant avec aucune d'elles, et peut-être qu'elles pensaient simplement qu'il était avec une autre fille à ces moments là. Maintenant, il voyait un inconvénient à voir quelqu'un de façon assez régulière… garder un certain secret mensuel était plus difficile quand il y avait quelqu'un comme Cecilia dans sa vie. Elle le regardait avec suspicion maintenant, comme si elle savait qu'il allait la supplier et qu'il n'allait pas lui donner la raison.

« Désolé. Je ne peux pas te voir ce soir. Remus et moi avons des plans. C'est prévu depuis longtemps. Je ne peux pas les changer. Pour les trois prochaines nuits en fait. » ajouta-t-il, avant qu'elle ne puisse suggérer la nuit suivante, ou celle d'après. Cecilia referma un peu ses yeux comme il la regardait. Il réalisa qu'il avait vraiment réussi à oublier qu'elle était assise dans son lit sans rien sur elle. Sauf que… il venait juste de la remarquer à nouveau. Crotte.

« Remus Lupin ? Ces trois prochaines nuits ? Tu n'en a pas parlé avant. »

Cela démangeait Sirius de partir maintenant. « Désolé. Je le voulais. Je l'ai juste… pas fait. » finit-il lamentablement, lui souriant faiblement. Elle se renfrogna.

« Bien alors, je vais devoir trouver quelqu'un d'autre pour passer les trois prochaines nuits. » dit-elle avec un reniflement. Sirius referma légèrement ses propres yeux, observant son corps avec plus d'intensité qu'il ne voulait se l'admettre.

« Qu'est-ce sensé signifier ? » dit-il, conscient en même temps qu'elle voulait qu'il réagisse ainsi. Et zut, pensa-t-il. Ca marche.

« Cela veut dire ce que cela veut dire. » dit-elle négligemment, comme elle se levait du lit et commençait à fouiller dans les piles d'habits, encore nue. Sirius commençait à hésiter à partir.

« Écoute, peut-être que je peux voir si Peter ou James peuvent tenir compagnie à Remus ce soir… »

Elle fit une pause, se tenant devant lui comme une nymphe venant de se réveiller, si les nymphes fréquentaient normalement les paniers de linges venant d'exploser.

« Lui tenir compagnie ? Est-ce tout ce que tu vas faire… Lui tenir compagnie ? »

« Heu, non, pas tout. C'est une longue histoire. Écoute, je vais leur en parler et te dire, d'accord ? C'est tout ce que je peux te promettre. » Il déglutit, essayant très fort de ne pas la ramener au lit. Elle continua à chercher dans différentes piles d'affaires dans la chambre jusqu'à ce qu'elle trouve finalement une vieille robe de chambre vert chenille, qui la transforma en être asexué dès qu'elle l'eut enfilée et serré la ceinture. Sirius était certain d'avoir vu la même nuance glauque de vert dans son chaudron, en potions, quand ils étaient encore à l'école. Il commençait à regretter d'avoir promis de demander à Peter ou James d'aller avec Remus.

« Alors, dis-moi ce que tu auras décidé. » dit-elle négligemment, comme si elle ne venait pas de le supplier de rester pour la nuit. « Je pourrais ne plus être ici si tu attends trop longtemps. » Elle semblait essayer de paraître insouciante, mais échouait lamentablement.

« Je pourrais te le dire avant midi normalement. » dit-il, essayant d'ignorer la menace à peine masquée dans ses mots. Il le pensait vraiment quand il lui avait dit qu'elle pouvait voir d'autres hommes… n'est-ce pas ? « Et maintenant, je dois filer à la maison pour me doucher et me changer avant d'être en retard à cette réunion. »

« D'accord. » dit-elle, soudainement agréable. Elle alla vers lui dans sa terrible robe de chambre verte et se mit sur la pointe des pieds pour lui embrasser sa joue piquante, avec autant de devoir que n'importe quelle épouse. Non, pensa-t-il avec colère. Pas comme une épouse, tout sauf une épouse…

Il lui dit au revoir et transplana hors de son appartement, se sentant comme un criminel s'échappant… et pas un instant trop tôt.

Remus tira Emil à lui en passant sa main gauche autour de sa taille, pressant ses lèvres contre sa nuque. Emil tourna sa tête pour sourire à Remus par-dessus son épaule, et Remus ne pouvait non plus s'empêcher de sourire. Après avoir fait l'amour chez Remus la veille (ses parents étaient sortis), avec des entraves pour éviter à Remus de blesser Emil, ils avaient pris le réseau de cheminette jusque chez les Gaillard, où ils avaient passé la nuit. (Le lit d'Emil était plus grand et plus confortable pour dormir à deux.) Juste avant l'aube, Remus avait senti les mains d'Emil passer à nouveau sur lui, et cela avait été adorable de pouvoir proprement lui répondre cette fois, au lieu d'être empêché de le toucher aussi. Maintenant que sa folie l'avait quitté, grâce au moment qu'ils avaient passé chez lui, il se sentait à nouveau presque normal, se délectant en faisant soupirer, ou grogner Emil, ou en lui faisant crier son nom. Ce n'était pas pareil que lorsque cela n'allait que dans un sens.

Remus respira son odeur, se sentant très paisible, content d'avoir dit à Emil qu'il était un loup-garou, et même content de lui avoir dit comment il avait été mordu quand il était petit, bien que cela ait été en réponse à l'idée stupide d'Emil de devenir lui-même un loup-garou. Il passa avec affection ses doigts dans les courts cheveux ondulés d'Emil, pensant à quel point il l'aimait, à quel point il n'avait jamais pensé pouvoir aimer quelqu'un après Lily. On peut être très bête et mélodramatique quand on est jeune, pensa-t-il, comme si à dix-neuf ans, on n'était pas encore 'jeune'. Il continua à caresser les cheveux d'Emil avec adoration, profitant de l'instant présent, de ce moment paisible.

« Alors, que fais-tu ce soir ? » dit soudain Emil, sa voix basse dans le calme du matin.

« Je retrouve Sirius au Château d'Ascog. Le donjon. Comme d'habitude. » Il n'avait pas encore dit à Emil que ses amis les plus proches étaient devenus des animagi illégaux pour pouvoir être avec lui. « Et Sirius a dit que sa sœur prépare le petit déjeuner demain. Celle qui est gentille. » ajouta-t-il avec un sourire que Emil ne vit pas.

« Ah. » fit Emil, faisant se renfrogner Remus. Emil avait décidément l'air étrange. Remus lutta contre sa curiosité naturelle de demander pourquoi. Il y avait une sensation d'avertissement dans son cerveau, son instinct de loup lui disant de ne pas le faire. Tu ne vas pas aimer la réponse, disait une partie de son cerveau. Mais je veux vraiment la connaître, répondait une autre.

« Pourquoi ? » dit-il sur un ton normal, qui sembla soudain absurdement fort.

Emil s'assit et se tourna pour regarder Remus. « Aucune raison. Bien, » admit-il, « oui, il y a une raison. J'espérais que tu n'irais pas dans les cellules du ministère, c'est tout. Je suis content que la sœur de Sirius s'occupe de toi le matin… » D'une manière ou d'une autre, Remus ne trouvait pas qu'il avait l'air terriblement content. Il écartilla les yeux en réalisant la raison de cela.

« Oh, mon Dieu. Emil. Tu ne pense pas… Tu ne penses pas qu'elle me plaît, n'est-ce pas ? »

Emil haussa les épaules, l'air un peu délaissé. « Bien, parfois, je me demande quand tu vas décider que tu es fatigué de moi, et que tu veux retourner avec une femme. Et elle est la sœur de ton meilleur ami. Ce genre de chose arrive assez souvent. »

Remus rit. « Pour commencer… Ursula était sortie de l'école avant que nous commencions à Poudlard. Je n'ai rien contre les femmes plus âgées, mais d'une manière ou d'une autre, même si elle est très jolie, j'ai toujours trouvé Ursula très maternelle. Pas du tout pareil que… »

« Lily ? »

Remus perdit son sourire. « Oui. Et deuxièmement… Ursula est mariée. Peut-être que je ne l'avais pas dit. Son mari est vraiment quelqu'un de gentil. Je ne penserais même pas à faire des avances à son épouse, même si elle ne me donnait pas envie de l'appeler 'maman' à chaque fois que je la voie. »

Emil sourit à cela, Remus se pencha en avant pour l'embrasser doucement sur les lèvres. Il appuya sa tête contre l'épaule d'Emil après cela, et demanda. « Satisfait ? »

Mais alors… il eut soudain besoin de redresser sa tête et tendre son oreille vers la porte. Quelqu'un était de l'autre côté. Il déglutit, fixant la porte, souhaitant pouvoir voir à travers. Il se faufila hors du lit et enfila son caleçon, puis commença à s'avancer vers la porte très, très lentement, essayant de distinguer à qui appartenait cette odeur, et d'entendre ce que la personne pouvait faire. Il avait presque oublié Emil jusqu'à ce qu'il dise « Que diable fais-tu, Remus ? Encore un rituel de loup-garou avant la pleine lune dont tu ne m'aurais pas parlé ? »

Il avait parlé d'une voix normale, et l'estomac de Remus se contracta. Soudain, il voulait frapper Emil très fort, ce qu'il savait être une très mauvaise chose à faire à la personne qu'il aimait. Il ignora Emil et quand il atteignit la porte, il inspira profondément, reconnaissant immédiatement l'odeur de l'autre côté. Il tourna rapidement la poignée, et ouvrit brusquement la porte. Elle tomba dans la chambre, l'air à la fois coupable et triomphante, bien qu'elle les regarde tous les deux depuis une position peu digne sur le plancher.

« Un loup-garou ! » cria la sœur jumelle d'Emil, ses yeux leur lançant des éclairs. « Un loup-garou ! » répéta-t-elle, étonnée, sa voix plus douce. Puis Claudine vit son frère dans le lit, ne portant rien (il posa rapidement un oreiller sur ses cuisses). Remus se maudit d'avoir oublié qu'Emil était nu. Elle déglutit, regardant Remus se tenir au-dessus d'elle, simplement en caleçon. « Et… Et… » bégaya-t-elle. « vous êtes… vous êtes… »

Remus ferma doucement la porte et la remit sur ses pieds, la traînant à moitié vers le lit, répétant dans sa tête, 'tu ne vas pas lui mettre une raclée, tu ne vas pas lui mettre une raclée…'

« Assis. » dit-il brusquement, la plantant sur le matelas, ne lui laissant pas d'autre choix. Remus serrait douloureusement les dents. Il respirait rapidement par les narines, ne sachant pas comment gérer cela. Malédiction, pensa-t-il. Elle sait que nous sommes amants, et que je suis un loup-garou.

Elle les regarda alternativement tous les deux. « Depuis… Depuis combien… »

« Silence. » dit soudain Emil, prenant sa baguette de sur sa table de chevet et la pointant vers elle, la menace implicite dans sa voix et sa posture, malgré le fait que seul un oreiller cachait sa nudité. « Tu vas m'écouter. Tu ne parleras pas. Oui, Remus est un loup-garou. Oui, nous sommes ensemble. Mais tu ne diras rien de cela à quiconque. » Il pointa sa baguette, et dit « Stupefix ! » juste comme elle allait ouvrir la bouche.

Elle tomba sur le lit. « Emil ! » cria Remus, choqué. « Que fais-tu ? »

« Elle ne doit pas parler, » dit gravement Emil, « Et elle ne le fera pas. J'y veillerai. »

« Quoi ? » fit Remus consterné. « C'est ta sœur jumelle ! Tu ne peux simplement pas… »

« Calme-toi Remus. Je ne vais pas tuer ma propre sœur. Accorde moi un peu de crédit. Nous allons tous les deux nous habiller, je vais la porter dans le couloir, la ranimer et lui lancer un sort de mémoire. Elle ne se souviendra de rien de cela, ni de ce qu'elle a entendu. »

Remus n'aimait pas cela. « C'est ta sœur, Emil. Pense à ce que tu dis… »

Emil acquiesça. « Oui, c'est ma sœur. Et je sais bien mieux que toi ce que cela signifie, si tu veux bien me croire. Je sais ce dont elle est capable. Fais-moi confiance, c'est le seul moyen. » Remus se recula à contrecœur, souhaitant pouvoir proposer une alternative, mais n'en ayant aucune. Il regarda Emil faire tout ce qu'il avait dit, se demandant qui était cette personne sévère et pragmatique. Cet Emil était comme un étranger pour lui.

Plus tard, au petit déjeuner ,Claudine avait clairement l'air désorientée et dérangée. Emil avait l'air, en apparence, très soucieux quand il lui demanda si elle se sentait bien.

« Bien, je ne suis pas sûre, » dit-elle, le regardant, ainsi que Remus, avec une complète confusion sur le visage. « Je… J'étais allé au toilettes quand je me suis réveillé, mais sur le chemin du retour à ma chambre… J'ai perdu connaissance pendant un petit moment. Je pense. Quand je me suis réveillé, j'étais dans le couloir en dehors de votre chambre, sur le sol, et selon ma montre, quinze minutes étaient passées… »

Remus se sentit rougir. Il baissa les yeux dans son assiette et enfourna les œufs dans sa bouche, convaincu que s'il regardait Claudine Gaillard, elle verrait la vérité dans ses yeux. Il ne voulait pas non plus regarder Emil. Il n'était pas convaincu que ce dernier avait fait la bonne chose, et cela le rendait très mal à l'aise. Mais il ne pouvait rien dire. Emil avait essayé de protéger son secret de loup-garou, et le secret qu'ils partageaient, leur relation. Il ne considérait de toute évidence pas qu'on puisse avoir confiance en sa sœur pour un des ces secrets, et peut-être qu'il avait raison.

Quand Remus partit, la dernière chose qu'il vit avant de disparaître par le réseau de cheminette était Emil, debout les bras autour de sa sœur, qui le regardait à travers la fente de ses yeux. C'était soit un message crypté, pensa Remus comme il virevoltait dans le réseau, soit le début de la fin.

Dimanche 18 Novembre 1979

Remus s'étira et bailla. Il souleva sa chemise et regarda son estomac et les blessures fraîches qu'il s'était infligées lui-même la nuit précédente. Bien, pensa-t-il. Au moins, je n'aurais pas à me soucier de cela pour un autre moi. Il sortit sa baguette et essaya de penser aux sorts de premier secours, mais son esprit était trop endormi pour faire de la magie. Il baissa à nouveau sa chemise, tressaillant, et mit la main dans la poche de sa robe en lambeaux pour trouver la clé de la cellule. Quand il l'eut placée dans la serrure et l'eut faite tourner, il était à nouveau un homme libre.

Son estomac lui semblait bien vide, mais il y avait autre chose qu'il devait faire avant le petit déjeuner. Il longea le couloir du donjon conduisant à la grotte souterraine où se trouvait la piscine. Personne ne serait là à cette heure, alors il se déshabilla complètement et alla dans l'eau chaude, soupirant de contentement. Après avoir fait quelques brasses paresseuses, il s'appuya simplement contre le bord de la piscine, regardant les créatures qui peuplaient le jardin mural. Il baissa les yeux, voyant que sa capacité naturelle à guérir rapidement était déjà prouvée. Sa nouvelle blessure cicatrisait déjà, et il n'aurait rien de plus qu'une cicatrice blanche dans quelques jours. Les sorts de guérison magiques étaient encore plus rapides, et produisaient des résultats à l'aspect meilleur, mais en tant que loup-garou, le temps était habituellement tout ce qui lui était nécessaire pour guérir.

Comme il se séchait et s'habillait, il laissa échapper un soupir esseulé. C'était bien qu'il puisse passer les nuits de pleine lune dans les donjons du château d'Ascog, et de piquer une tête dans la piscine après cela, mais il avait espéré avoir la compagnie de ses amis ces trois dernières nuits. La première nuit, Sirius lui avait laissé un mot : Désolé, je ne peux pas être là ce soir mon vieux. J'ai dit à James de t'appeler. A la prochaine fois, peut-être. Sirius. James n'avait jamais appelé. Remus ne savait même pas s'il avait reçu le message… Ou si Sirius avait seulement pris la peine de l'appeler. Remus n'avait aucune idée de l'endroit où était Peter. Les deux nuits suivantes, Sirius avait aussi été occupé. La veille, Remus avait finalement contacté James, mais quand sa tête était apparue dans la cheminée de ses parents, il était vraiment pressé de partir.

« Ce soir ? La pleine lune ? Oh, Remus, mon ami, je suis désolé. J'aurais aimé t'aider, mais j'ai un match ce soir. Nous jouons contre les Pride of Portree. Sirius n'est pas disponible ? »

« Non. » dit Remus, essayant de sourire et de ne pas se sentir abandonné. « Ne t'inquiète pas pour moi James. Ca ira. Fais un bon match. » Il avait oublié que de nombreux matchs de Quidditch se déroulaient la nuit pour des raisons de sécurité. Bien sûr que James ne pouvait pas être avec lui. La tête de James avait disparu de la cheminée avant que Remus ne puisse lui demander où il avait été les deux précédentes nuits, si Sirius l'avait contacté, ou s'il savait où était Peter, même si Remus n'avait pas particulièrement envie d'avoir un rat pour compagnon.

Remus monta les escaliers jusqu'au hall d'entrée et prit à gauche pour entrer dans la cuisine. Ursula se tenait à côté de la cuisinière, agitant doucement sa main au-dessus de plusieurs poêles ou le bacon se retournait, les œufs se brouillaient, et les saucisses rôtissaient. Elle se tourna et lui sourit. Son mari, Alan, était assis à la longue table, lisant la Gazette du Sorcier.

« Bonjour ! » dit-il. « Je ne t'ai pas entendu descendre de la chambre de Sirius. Bien dormi ? »

Il acquiesça et s'assit en face d'Alan, qui poussa le journal en sa direction, pour le cas où il voudrait en lire une partie. Remus tendit sa main pour lui dire que c'était bon, mais alors quelque chose sur la page de une lui accrocha le regard et il le tira à lui.

LE CORPS DÉCHIQUETÉ D'UN EMPLOYÉ DU MINISTÈRE RETROUVÉ DANS UN ÉTABLISSEMENT POUR LOUP-GAROU

Par Rita Skeeter

Londres. Les restes sanglants et déchiquetés d'Emil Gaillard, assistant du responsable de la Coopération Magique Internationale ont été retrouvé hier matin par un employé du « Loup hurleur », un établissement de l'East End réunissant une clientèle de loups-garous. Les enquêteurs ont déterminé que le meurtre s'était produit au moins trente-six heures plus tôt, peu de temps après que le lune se soit levée le 15 novembre. Gaillard avait dix-neuf ans et avait fini sa formation à Poudlard l'an dernier. Il était à Poufsouffle.

Les restes pratiquement inreconnaissables, trouvés dans une sale privée au-dessus du pub, on été identifiés par la sœur jumelle de la victime, Claudine Gaillard, comme ses parents étaient trop secoué pour l'identifier eux-mêmes. Il n'y a aucun suspect pour le moment, bien que tous les employés et les clients habituels de l'établissement, moldus et sorciers compris, soient questionnés par le ministère. Il est certain pour les enquêteurs que la mort a été due à une attaque de loup-garou, mais aucun autre détail sur la scène du crime n'a été donné à ce moment pour des raisons de sécurité.

« Le loup hurleur » est l'un des nombreux pub de loup-garou surveillé par le ministère. Les pubs sont des lieux populaires de réunion et de socialisation des loup-garous, spécialement juste avant la pleine lune, mais il ne sont pas conçus pour détenir des loup-garous pendant la pleine lune. Pendant qu'une enquête est en cours pour savoir si le propriétaire du pub violait volontairement la loi en fournissant des dispositifs inadéquats pour la pleine lune, le pub s'est vu suspendre sa licence.

« Je ne sais pas pourquoi ces endroits existent de toutes façons. » a dit Miss Gaillard, anéantie par la mort de son frère jumeau. « Ils se rassemblent probablement juste pour sceller leur allégeance à Vous-Savez-Qui. Si nous les laissons tous allez et venir libres comme cela, mon frère ne sera définitivement pas la dernière victime d'un loup-garou. »

Remus ne réalisa pas qu'il pleurait jusqu'à ce qu'Ursula le regarde consternée et dise « Remus ! Tu vas bien ? »

Il secoua la tête sans dire un mot à la sœur de Sirius ou à son mari. Il quitta la pièce en portant le journal, se déplaçant en aveugle vers le salon, son petit déjeuner restant intact sur la table. Il avança jusqu'à la cheminée et jeta un peu de poudre de cheminette dans le feu, espérant qu'il pourrait parler de manière cohérente. Il trébucha en dehors de feu de ses parents, ne recherchant que le confort de son propre lit, l'ombre, l'obscurité et la solitude nécessaires à son deuil. Le monde était flou pour ses yeux.

A la place, il fut accueilli par trois sorcière et un sorcier, en plus de ses parents. Sa mère et son père était assis sur le sofa, se tenant la main. Il ne pouvait déchiffrer leur expression à travers ses larmes. Remus déglutit, les regardant tous. Claudine Gaillard était l'une des sorcières. Elle lui lançait des dagues avec le regard. Et puis il réalisa que les trois autres tâches portaient des robes d'aurors, et que celle avec les longs cheveux roux était…

« Lily ! »

Elle le regarda gravement, et il se sentit frissonner. Il ne reconnaissait pas les deux autres aurors. S'ils étaient des amis de Lily, ils n'avaient pas été présentés.

« Bonjour Remus. » dit-elle doucement. Ses collègues étaient un homme à l'air sérieux et rasé de près d'une trentaine d'année, et une jolie femme aux cheveux courts et auburn, du même âge et de toute évidence enceinte.

« Je suppose que je n'ai pas à demander ce qui se passe ? » réussit-il à articuler.

Lily se mordit les lèvres. « Alors tu vas venir de ton plein gré ? » Sa voix trembla.

Remus se renfrogna. « Bien sûr. Je veux en finir avec cela aussi vite que tout le monde. » dit-il, ayant encore envie de pleure, mais d'une manière ou d'une autre ses yeux s'étaient asséchés. Lily acquiesça, ayant l'air d'être sur le point de pleurer pour lui. Elle dit. « Tourne toi et fait face au feu. » d'une voix assez dure. C'était étrange de l'entendre lui parler de cette façon, mais il pensa qu'elle devait maintenir une certaine attitude professionnelle. Il pensa qu'ils allaient utiliser le feu pour aller jusqu'au ministère, comme il avait dit qu'il le ferait, en se tournant lentement. Il fut surpris de soudain sentir de menottes magiques autour de ses poignets. Il virevolta, fixant Lily dont la baguette était encore dehors. C'était elle qui avait conjuré les liens.

« Lily ! que se passe-t-il ? » il sentit une peur germer dans le creux de son estomac. Tirant légèrement sur ses liens, il les sentit céder. Il put à nouveau bouger librement ses bras. Bien que magiques, ces menottes n'étaient pas conçues pour résister à la force d'un loup-garou.

« Il s'est libéré ! » cria l'homme, comme si Remus était un hippogriffe fou.

L'autre femme pointa sa baguette sur lui, criant « Stupefix ! »

Remus Lupin tomba sur le sol de son salon, devant ses parents, Claudine Gaillard, et trois aurors, parmi lesquels son premier amour, Lily.

Le monde avait disparu pour lui et il ne savait plus rien.

« Enervatus ! »

Le mot flotta à lui comme dans de la ouate, comme si c'était quelque chose d'avant sa naissance dont il essayait de se souvenir. Il cligna des yeux, sentant le sang couler à nouveau dans ses membres comme il s'asseyait et se frottait la nuque. Il avait mal là où il avait cogné le sol quand les aurors l'avaient assommé chez ses parents. Il découvrit qu'il était allongé sur une paillasse basse dans ce qu'il reconnaissait être une cellule du ministère. Il n'était pas seul. Lily se tenait à côté de la paillasse. Elle devait avoir lancé le sort pour le réanimer.

Il la regarda. Ses collègues n'étaient pas visibles. Elle s'accroupit à côté de lui, sa main sur son bras, une expression soucieuse dans ses yeux. « Tu vas bien Remus ? »

Il acquiesça, puis réfléchit un peu mieux et secoua la tête. « Non. Je… Je ne peux pas croire qu'il soit parti… »

Ses lèvres étaient tirées en une ligne droite, et elle demanda doucement. « Y a-t-il quelque chose que tu aimerais me dire ? »

Il la regarda, acquiesçant. « Mais d'abord… Combien de temps ai-je passé ici ? Tu sais quelque chose d'autre sur ce qui lui est arrivé ? »

Elle eut l'air à nouveau grave. « Es-tu prêt à répondre à quelques questions, Remus ? »

Il déglutit et acquiesça de nouveau. « Je te dirai tout ce que tu as besoin de savoir. Si je peux aider… »

Elle hésita. « Tu comprends que… Que tu es le suspect numéro un ? »

Comment vais-je me sortir de cela ? se demanda-t-il. « Mais je n'ai pas vu Emil depuis des jours ! Je n'aurais jamais… »

« Chut, chut… » murmura-t-elle doucement. « Coopère s'il-te-plaît. Sinon cela pourrait aller très mal. Bientôt, deux autres aurors vont venir ici. Frank et Gemma Londubat. Je suis sûre que nous résoudrons tout cela. Cependant, tu dois comprendre… Maintenant, il n'y a aucun autre suspect. Même si… »

Sa respiration s'accéléra, et il lui semblait que son cœur allait sortir de sa poitrine. Il essaya de repousser sa panique, mais cela ne marchait pas. « Mais… Mais… Je…Je ne comprends pas comment tout cela est arrivé… »

Elle soupira et eut l'air un peu moins sévère. « Bien… Je ne devrais probablement pas te dire cela… »

« Quoi ? »

« Il a laissé un mot. Pour toi. » Elle le retira de sa poche et le lui tendit.

Très cher Remus,

J'espère sincèrement que tu ne liras jamais cela, mais si tu le lis, cela signifie que j'ai échoué. Je voulais simplement être avec toi tout le temps, peu importe ce qu'il m'en coûtait. Sache que j'ai tenté d'être comme toi parce que je t'aime. Oui, tu as essayé de me dire que c'était une mauvaise idée, mais je me suis efforcé de prendre toutes les précautions pour éviter que cela se passe mal.

Si j'ai échoué, pardonne-moi, je t'en prie, et souviens-toi toujours de moi comme de ton Emil bien aimé.

Emil

Il commença à nouveau à pleurer, les larmes tombant sur la lettre et faisant baver l'encre. Lily la lui reprit et la fourra dans sa poche, passant ses bras autour de lui et le berçant, donnant l'impression qu'elle essayait elle-même de ne pas pleurer. Soudain, ils entendirent le verrou bouger dans la porte, et Lily se sépara hâtivement de lui, se remettant debout. Quand la porte s'ouvrit, les aurors qui étaient venus chez les parents de Remus étaient à nouveau là, avec un détraqueur dont la présence glaça Remus. Il pouvait voir Lily frissonner, posant sa main contre sa tête comme si elle avait soudain une migraine. Les dents de Remus claquaient d'une manière incontrôlable. Le froid en lui grandissait encore et encore…

Le grognement sourd d'un animal. Une femme hurlant « Noooon ! Mon bébé ! » puis le son d'un coup de feu, et davantage de pleurs de la femme. Un bébé qui pleurait.

Lui. Il était le bébé.

« Maman ! Maman ! Maman ! »

« Je hais devoir faire cela, madame… »

« Stupefix ! »

Les voix résonnaient dans sa tête. Il se mit en boule sur la paillasse, incapable d'arrêter le froid, d'arrêter les voix…

« Sortez cette chose de là ! » cria Lily aux Londubat.

« Mais… » commença l'homme.

Lily mit son autre main tremblante contre sa tête maintenant. « S'il-te-plaît Franck ! Avant que ma tête n'explose… »

Il acquiesça, l'air lui-même un peu vert. La femme était très pâle et tremblante, sa main sur son ventre arrondi comme le détraqueur glissait devant elle et ressortait dans le couloir. Ils refermèrent la porte, l'air rassurés, à leur manière, et Remus poussa un soupir de gratitude.

Auparavant, il ne s'était jamais souvenu de comment cela avait été d'être mordu, soit parce qu'il était très jeune, soit parce qu'il avait été traumatisé, il ne le savait pas. Il ne connaissait que l'histoire que lui avait racontée sa mère. Je l'ai entendue assommer l'homme qui voulait me tuer, parce que j'avais été mordu par le loup et que je vivais…

Maman, pensa-t-il, commençant à nouveau à pleurer. Je suis désolé maman. Je sais que ce n'est pas pour cela que tu m'as sauvé, pas pour que je te brise le cœur en allant en prison…

« Oh, arrêtez vos simagrées. » dit Gemma Londubat avec irritation. Remus leva la tête et renifla l'air. Il y avait quelque chose avec elle… En voyant son ventre bouger, ils réalisa quelle était l'odeur qu'il avait saisie. C'est parce qu'elle est enceinte, pensa-t-il. Mais cette odeur ne venait pas seulement d'elle. Il se tourna vers Lily, son nez tremblant. Lily est enceinte aussi, réalisa-t-il, même si on ne le voyait pas encore.

Il déglutit, cette réalité le lessivant. Pourtant, il fut pris au dépourvu quand l'homme arrivé vers lui avec ce qui ressemblait à une petite cuillère.

« Assis et fais attention, loup-garou ! » grogna-t-il à Remus, mettant la cuillère contre sa gorge. Immédiatement, une douleur électrisa Remus, commençant à sa paume d'Adam, et il sentit l'odeur de sa propre chair brûlée. Il ne put retenir le cri qui déchira ses poumons.

« Franck ! Non ! Accio cuillère en argent ! »

Lily avait extirpé la cuillère de son emprise sans utiliser de baguette. Remus se tint la gorge, essayant de reprendre son souffle. Lily regardait son collègue d'un œil mauvais.

« Que penses-tu être en train de faire au juste ? » demanda-t-elle, sa voix s'élevant. « Tu aurais pu le tuer ! »

Frank Londubat renifla en direction de Remus. « Rien de moins que ce qu'il mérite, Lily. Tu as vu ce pauvre garçon au pub. »

Remus tourna la tête. Lily avait vu Emil. Elle eut l'air de se rappeler de cela maintenant, et cela ne semblait pas être un très bon souvenir. Elle tordit sa robe dans ses mains.

« Oui, Frank. Et Remus est l'un de mes plus vieux et plus chers amis. Nous allons conduire cet interrogatoire dans les règles, tu as compris ? »

Il s'avança vers elle, la défiant. « Dois-je te rappeler qui est ton tuteur ? J'ai deux fois ton âge, ma fille. J'ai vu plus d'animaux de sa sorte que tu ne pourrais les compter. Ne me dis pas comment nous allons mener cet interrogatoire. »

Elle se tint pied à pied avec lui. « Je te l'ai dit, et je te le redirai. » dit elle, sa voix basse et dangereuse. Il y avait dans ses yeux verts une lueur que Remus ne pensait pas avoir vu avant. « J'irais tout droit en haut pour te faire dessaisir de l'affaire si je dois. Toi et Gemma. Je connais remus. Laisse-moi lui parler, découvrir exactement ce qui est arrivé. Ne peux-tu pas voir à quel point il est brisé par cela ? Est-ce que tu penses qu'un loup-garou peut vouloir qu'une telle chose arrive ? Tu penses que c'est fait volontairement ? Les détails sortiront. Ne t'inquiète pas. Mais ne pose pas la main sur lui… ou une baguette, ou une cueillere. Si tu le fais, tu devras en répondre devant moi. »

Sa voix était maintenant si douce que Remus n'aurait pas pu l'entendre, imagina-t-il, s'il n'avait pas eu son audition de loup. Elle se tourna vers Remus. « Où étais-tu la nuit du 15 Novembre ? » dit-elle, essayant de paraître professionnelle.

Il s'éclaircit la gorge, qu'il avait maintenant complètement asséchée. « Je… J'étais dans une cellule des donjons du château d'Ascog, sur l'île de Bute. »

« Pourquoi n'êtes-vous pas venu au ministère pour être proprement enfermé ? » voulut savoir Londubat. Lily lui lança un regard noir, et il battit en retraite. Elle se mit à marcher en parlant, poignardant ses collègues du regard, les menaçant sans un mot. « Est-ce que quelqu'un t'a enfermé ? »

Remus fut tenté de mentir d'abord, mais il décida finalement que ce ne serait pas une bonne idée. « Non. Personne ne m'a enfermé. Je l'ai fait moi-même. Sirius le fait habituellement, mais il n'était pas là. Sirius Black, en fait. Le château d'Ascog est sa demeure familiale. Il a dit qu'il allait faire venir James, mais il ne s'est pas montré, alors je l'ai fait moi-même, comme il se faisait tard. »

« James… » lui demanda Franck Londubat.

« James Potter. » dit-il, aussi calmement qu'il le pouvait. Il montra Lily de la tête. « Le mari de Lily. »

Elle eut l'air légèrement embarrassée par cela. « Tu es certain que la porte était complètement sécurisée ? » dit-elle maintenant, comme s'il ne venait pas de parler de son mari.

Il acquiesça. « Oui. Après l'avoir fermée, j'ai mis la clé dans ma robe. Quand je me transforme, elle se transforme avec moi, comme pour les vêtements d'un animagus. Et quand je me suis réveillé le lendemain, j'ai sorti la clé de ma robe et j'ai rouvert. »

« Est-ce que quelqu'un t'a vu entre dans la cellule le quinze ? »

Il déglutit. Il avait réussi à éviter tout contact avec les membres de la famille de Sirius. A ce moment là, cela avait semblé être une bonne chose. « Non. » chuchota-t-il.

Lily avait les lèvres très fines. « Bien, est-ce que quelqu'un t'as vu sortir le lendemain ? »

Il soupira. « Pas ce matin là. Je suis remonté dans le salon et j'ai utilisé le réseau de cheminette pour rentrer chez mes parents. J'avais prévu de prendre le petit déjeuner au château, mais j'ai changé d'avis. »

Frank le montra du doigt, criant triomphalement « Aha ! »

Remus le regarda, décontenancé. « Aha ? » répéta-t-il.

« Oui. » répliqua l'auror. C'était le 'oui' le plus narquois que Remus avait jamais entendu. « Voulez-vous me dire ce que vous faisiez vraiment la première nuit de la pleine lune ? Je vais vous dire ce que faisiez. Vous étiez au Loup Hurleur, dans l'East End. Vous avez pris votre victime là, cet Emil Gaillard, un employé du ministère avec lequel vous avez été vu à l'occasion dans un certain pub de sorcier de Brighton. » Remus frissonna. Le pub de Brighton était probablement sous surveillance. « Vous avez loué une chambre pour une heure. Vous et Emil Gaillard êtes montés dans la chambre, au-dessus du bar. Vous vous êtes fait attacher par Gaillard au montant en laiton du lit… » Remus s'étouffa, incrédule, en entendant ce qui était arrivé dans le pub. « … et puis pendant que votre victime innocente se déshabillait, ne réalisant pas que la pleine lune allait bientôt se lever, vous avez ôté vos bras des liens, quelque chose qu'il n'a pas remarqué. Et puis quand la lune s'est levé et que vous êtes devenu un animal meurtrier, vous l'avez attaqué. » Frank Londubat avait levé sa main et il pointait un doigt tremblant et accusateur vers Remus maintenant.

Remus secoua la tête, pleurant à nouveau. « Non, non, non. » était tout ce qu'il pouvait dire, les larmes coulant sur son visage, mouillant ses habits.

« Et ensuite ! » cria Frank Londubat, continuant avec sa voix tremblant d'indignation. « Ensuite, le lendemain matin, vous avez eu les nerfs pour vous couvrir pour ce que vous aviez fait ! Vous avez écrit ce mot… » Il tendit sa main à Lily qui lui sortit à contrecœur le mot d'Emil de sa poche et le lui tendit. « … pour essayer de faire croire qu'il voulait devenir un loup-garou, comme vous, comme si quelqu'un de sensé le ferait ! »

Il continua à se balancer d'avant en arrière, ses bras autour de ses jambes, appuyées contre sa poitrine. « Oh mon Dieu, mon Dieu, c'est ma faute. » sanglota-t-il. « Tout est de ma faute… »

« Une confession ! » cria Gemma Londubat, sortant un parchemin et une plume.

« Non ! » cria Lily, regardant tristement Remus. « Remus, dis-moi que ce n'est pas vrai… »

Oh mon Dieu, elle pense que je me confesse. Il leva les yeux vers les aurors. « S'il-vous-plaît… Donnez le parchemin et la plume à Lily. Est-ce que… Est-ce que je peux lui parler. Seul ? » chuchota-t-il. Il n'avait aucun espoir que tout cela soit redressé tant que les Londubat étaient là.

Les Londubat ne bougèrent pas. Finalement, Lily tendit sa main à Gemma qui lui donna à contrecœur le parchemin et la plume. Lily la remercia, et les deux se tournèrent pour partir, Frank Londubat la regardant par-dessus son épaule, comme s'il était profondément convaincu que ce n'était pas une bonne idée. Quand ils eurent disparu, Lily mit la plume et le parchemin dans sa poche et tira une chaise vers la paillasse, s'asseyant. Remus tenait encore ses jambes contre sa poitrine, pleurant, se blâmant.

« Remus ! » dit-elle, peut-être plusieurs fois, il n'en était pas certain. Il n'avait pas fait attention. « S'il-te-plaît, Remus. Je… Il y a des choses dont j'ai besoin de parler avec toi. »

Il déglutit et essaya de se recomposer. Il réussit finalement à s'asseoir au bord de la paillasse, comme une personne civilisée, au lieu d'un homme fou qui devrait être bouclé à Sainte Mangouste. « Oui Lily. » dit-il finalement, essayant de garder sa voix calme.

Elle avait l'air d'avoir de la peine à commencer. « Bien, d'abord, » dit-elle doucement, « Il y a ce mot. L'as-tu écrit ? »

Il secoua vigoureusement la tête. « Non Lily. Je n'ai pas écrit ce mot. »

Elle le regarda à travers la fente de ses yeux. Puis elle les rouvrit en grand et le tapota sur la main. « Je te crois. » lui dit-elle, sa voix bien plus chaude maintenant qu'elle ne l'avait été.

« Alors… Alors tu ne penses pas que je me confessais ? » demanda-t-il plein d'espoir.

« Non, Remus. Je sais que tu es anéanti. » Elle se tut à nouveau une minute. « Alors… Cela signifierait que c'est Emil Gaillard qui l'a écrit. Qu'il voulait essayer de devenir un loup-garou. Parce que… Parce qu'il t'aimait. » dit-elle doucement. Remus déglutit et se mordit les lèvres, acquiesçant. « Alors… se faisait-il des illusions ? Ou est-ce que ce mot signifie… » Elle ne put pas continuer, sa voix l'abandonnant.

« Nous étions amants. »

Elle eut l'air très bizarre maintenant, se levant et se mettant à marcher. « Je vois. Alors… Tu es un… un… »

« Bien en fait, Lily, je ne suis pas homosexuel, » dit-il, lui fournissant le terme technique qu'elle ne pouvait pas dire. « bien que Emil le fut. » le fut. Temps du passé. « En fait, je suis bisexuel. »

« Oh. » dit-elle sans expression, ne s'attendant de toute évidence pas à cela.

« Tu sais ce qu'il y a dans ce pub de sorciers de Brighton, n'est-ce pas ? »

Elle acquiesça, un peu coupablement. « Ce n'est pas que je te juges, Remus. Je suis juste… Je pensais que si tu… Si tu aimais les hommes, cela pouvait expliquer pourquoi tu ne pouvais pas m'aimer… Oh Dieu, ça c'est professionnel de ma part, pas vrai ? » dit-elle en reniflant doucement.

« Je suis désolé, Lily. Mais… Je peux aussi bien te le dire maintenant… Je t'aimais. Beaucoup. »

Elle eut l'air choquée, se tenant figée. « Quoi ? Je veux dire… Je l'avais certainement espéré. Je le suspectais, bien que j'ai aussi suspecté que ce soit juste un souhait de ma part… Et dans le train, tu as dit… »

« Je sais ce que j'ai dit. Je devais te repousser parce que je pensais que je ne te méritais pas. Le fait que je sois un loup-garou et tout. De plus… Bien, j'étais conscient d'être parfois attiré par les gars, bien qu'en ce temps là, je pensais que cela arrivait simplement parce que c'était autour du moment de la pleine lune. Je n'ai pas réalisé que ce n'était pas cela, pas entièrement. Je pensais que c'était juste le syndrome d'avant la pleine-lune que j'avais toujours eu. Je veux dire, j'avais tout le temps l'impression de vouloir sauter sur n'importe quoi avant la pleine lune… » Il vit l'air que prenait le visage de Lily et il haleta. « Oh ! Lily ! Je… Je ne voulais pas dire.. » Il se leva finalement et alla vers elle, posant ses mains sur ses bras. « Ce que tu ne comprends pas Lily, est que jusqu'à toi, j'avais toujours réussi à m'empêcher d'agir sous ces impulsions, que l'attirance soit pour un homme ou une femme. Je m'enfuyais, ou je prenais quelque chose chez Madame Pomfresh pour m'aider à dormir. Quand tu as offert de m'aider, toi, la fille que j'aimais… » Elle leva la tête et il haleta, « … je n'ai plus eu la force de résister. Mais je n'ai jamais vraiment eu l'impression de te mériter non plus. J'avais l'impression d'être un monstre anormal, et j'avais l'impression de prendre avantage sur toi. »

Elle déglutit et baissa aussi les yeux. « Pas plus que ce que je prenais avantage de toi, probablement. » dit-elle doucement.

« Quand j'ai rencontré Emil, » continua-t-il sur sa lancée, décidé à tout déballer, « j'avais finalement pu admettre que lorsque j'avais pensé aux garçons pendant que j'étais à l'école, ce n'était pas seulement avant la pleine lune. Ce n'était pas simplement parce que j'étais un loup-garou. C'est qui je suis, Lily. Et je sais que j'ai tout foutu en l'air avec toi, je sais que je t'ai blessée. Je suis tellement désolé pour cela. » Il tint son cher visage entre ses mains. « Mais fais face à cela : tu es bien plus heureuse avec James que tu ne l'aurais jamais été avec moi. Vous êtes faits pour être ensemble. »

Elle lui sourit tristement. « Oui. C'est juste… Parfois je me sens coupable pour toi. Comme si… Comme si je t'avais oublié trop facilement. Comme si je t'avais abandonné. Tu as une vie tellement dure. Tu as tellement de soucis qui seraient plus légers, partagés avec quelqu'un d'autre. J'avais espéré, quand tu m'as dit que tu voyais quelqu'un, que tu avais trouvé quelqu'un avec qui partager ces fardeaux… »

Il acquiesça. « J'avais pensé qu'Emil était cette personne… »

« Alors, » dit-elle, réfléchissant clairement très fort, essayant de tout comprendre, « Tu lui as dit que tu étais un loup-garou. Il savait clairement. » Remus acquiesça. « Mais tu ne pouvais pas me le dire, » ajouta-t-elle, l'air très blessée. Il plaida de son seul regard.

« Lily, j'étais jeune et stupide. Oui, j'aurais dû te le dire. C'est pour cela que je l'ai dit à Emil. J'ai appris ma leçon. Seulement… Lui dire a produit un problème entièrement nouveau. Il s'est mis en tête de devenir un loup-garou. Il m'a dit son idée, et je lui ai dit qu'il était fou, qu'il risquait d'en mourir. Il a de toute évidence décidé de ne pas faire attention à ce que je lui avais dit… »

« Que lui as-tu dit précisément ? » Elle croisa les bras, comme si elle avait froid.

« Je lui ai dit comment j'ai été mordu, » chuchota-t-il les yeux fermés. « Ma mère m'a raconté. Et puis quand cette… Cette chose était là… » il ne pouvait pas supporter de prononcer le nom du détraqueur.

« Oh mon Dieu, Remus ! » cria-t-elle, lançant ses bras autour de lui. « C'est ce que tu as entendu ! Tu as entendu… »

« Oui. » confirma-t-il, se cramponnant à elle. « J'ai entendu le loup qui m'a mordu, la voix de ma mère, la voix de l'homme qui a tué le loup, qui allait me tuer… »

Elle s'écarta de lui, le tenant par les bras. « Quoi ? »

Il acquiesça, les mots s'échappant de lui. « Un chasseur de loup-garou a tué le loup qui m'a mordu, quelques instants après cela. C'est la seule raison pour laquelle ma mère et moi sommes encore en vie. Et il m'aurait aussi tué si ma mère ne l'avait pas empêché. » D'une manière ou d'une autre, il ne pouvait pas mentionner son frère.

Elle déglutit, sa main couvrant tendrement sa joue, puis montant jusqu'à son front pour écarter ses cheveux prématurément gris de dessus. « C'est ce pour quoi sont faites les mères. » dit-elle doucement. « Pour protéger leurs enfants. »

Il voulait lui demander ce qu'elle avait entendu quand les détraqueurs avaient été dans la pièce, pourquoi elle se tenait la tête de cette façon. A la place, il força un sourire, posant doucement sa main sur le ventre de Lily et demandant « Pour quand l'attends-tu, Lily ? »

Elle eut l'air choquée maintenant. « Comment… ? »

« Il y a une odeur distincte. » Elle acquiesça, comprenant.

« Alors. » dit-elle, essayant elle-même de sourire, « Je ne t'ai pas dégoûté des femmes ? »

Il rit. « Non, lily. Tu m'as seulement dégoûté d'être malhonnête avec quelqu'un que j'aime. » Il soupira. « Que vais-je faire ? Je n'ai tué personne. Je ne voulais pas que Emil soit un loup-garou, qu'il souffre autant que moi. J l'aimais. Je l'aime encore. » il s'étouffa, les larmes s'écoulant sur ses joues. Le visage de Lily était trouble à travers ses larmes.

Elle acquiesça. « Laisse-moi faire. La seule chose pour laquelle tu pourrais m'aider est la sœur. Quand on a trouvé le mot, avec ton nom dessus, et qu'on lui a dit, ses yeux se sont comme éclairés. Cette révélation à cassé un sort de mémoire hâtif qui lui avait été lancé dessus. Elle a dit qu'elle t'avait trouvé avec son frère ensemble dans sa chambre, et elle avait entendu Emil mentionner le fait que tu étais un loup-garou. Elle a dit que c'était son frère qui lui avait lancé le sort de mémoire dessus. »

Remus acquiesça. « C'est vrai. Je n'aimais pas cela, mais Emil n' pas voulu m'écouter. Pourquoi est-ce gênant ? Elle dit la vérité. Maintenant, si elle disait que j'étais celui à lui avoir lancé le sort dessus, cela n'aurait très certainement pas été à mon avantage… »

Lily eut l'air pensive. « Tu as peut-être raison. Et nous avons les empreintes de plusieurs autres loups-garous qui ont été dans la pièce en question. » Remus frissonna, se souvenant avoir été photographié et ayant dû laisser ses empreintes digitales tous les deux ans comme il grandissait. Un loup-garou devait garder son dossier à jour. Quand il avait sa forme de loup, les coussinets du loup-garou avaient exactement les mêmes motifs que ses pieds et ses mains.

« Mais est-ce les autres aurors ne pensent pas que tu es en train d'écrire ma confession ? »

Elle lui fit un petit demi-sourire ironique. « Probablement. Comme je disais, je vais m'en occuper. Quelque chose qu'ils ne t'ont pas mentionné est que le loup-garou qui est monté avec Emil a clairement été vu par plusieurs clients du bar. Il semble qu'ils se trouvaient là parce qu'ils voulaient aussi prendre des chambres pour la nuit… Le ministère a eu raison de fermer cet endroit. Ils n'avaient pas le droit de faire un tel commerce. Leurs témoignages ont été ignorés par Frank et Gemma parce qu'ils pensaient que les autres loups-garous étaient tes amis et qu'ils te couvraient. Cependant, ils ont tous donné des descriptions consistantes de l'autre homme. Je pense que si nous faisons vraiment un effort pour recouper les empreintes de la pièce avec les informations du fichier des loups-garous, et que nous faisons attention aux autres clients du pub, je pourrai les convaincre que tu n'es pas à blâmer. » Elle se mit à parler plus bas, regardant la porte. « Il sont un peu biaisé par rapport à toi parce que… bien à cause de l'homosexualité, par-dessus le marché. Ce sont pas les personnes à l'esprit le plus ouvert, Frank et Gemma. »

« Bisexualité. » lui rappela-t-il.

« Ils ne connaissent pas cela. Et je ne pense pas que cela aiderait. Je ne te conseille pas de les mettre au jus. » Elle sourit alors. « Pour parler ainsi. »

« Alors, ils ne savent pas que toi et moi… » il haussa les sourcils de manière suggestive.

« Oh, Dieu non. C'est assez gênant qu'ils sachent que tu es mon ami et celui de James. S'ils savaient cela… Ils ne m'auraient jamais laissée rester seule ici avec toi. »

Il fronça les sourcils. « Quoi… Pensaient-ils que nous aurions fait l'amour ? »

Elle rougit. « Non, bien sûr que non. Mais ils doutent déjà de mon objectivité. Cela les aurait complètement convaincu que je ne pouvais pas approcher toute l'affaire avec ce qu'il considèrent être une attitude 'adaptée'. » Elle avait de l'ironie dans la voix, et il tressaillit à son comportement. Remus n'avait aucun doute que si Lily pensait vraiment qu'il était coupable, elle l'aurait traité comme n'importe quel autre criminel. Il pensait aussi qu'un autre loup-garou n'aurait pas été torturé avec de l'argent en sa présence, même si ce n'était pas un vieil ami. Lily aurait objecté comme elle l'a fait quand Frank Londubat avait mis sa cueillere contre sa gorge.

Il la regarda. Son rougissement partait, après qu'il eut suggéré que les Londubat puissent penser qu'ils faisaient l'amour. « Je prendrais toujours soin de soin Lily, mais j'espère que tu comprends… Je ne suis plus amoureux de toi maintenant. J'étais très amoureux d'Emil… » il se tut, essayant de ne pas pleurer à nouveau. Elle lui sourit avec amour… mais cela lui semblait être maintenant l'amour d'une sœur… et elle mit ses mains sur celles de Remus.

« Bien. Et je peux sincèrement dire que je prendrais toujours soin de toi, mais je suis très amoureuse de james. » dit-elle fermement. Il regarda à nouveau son ventre.

« Alors ?… »

« Oh, exact ! Je l'attend vers l'anniversaire de James. Nous pensons à Harry pour un garçon, Rose pour une fille. Gemma doit accoucher en février, c'est un garçon, alors nos enfant seront à l'école la même année. »

« Ah, elle attend un garçon. Alors je pense que toi aussi tu vas avoir un garçon. »

« Pourquoi ? »

« C'est la même odeur. » dit-il laconiquement. Elle acquiesça.

Puis il pensa encore à la mort d'Emil dans cette chambre de ce pub parce qu'il l'aimait. « Était-ce… Était-ce si terrible Lily ? » chuchota-t-elle. Il se cramponna à sa main, et elle lui rendit la pression.

« Tu ne veux pas savoir. » lui dit-elle, et il la crut.

Elle le conduisit à la porte, lui tenant encore sa main. « Viens, Remus. Ca va aller. Nous allons trouver qui a vraiment fait cela. »

Avant qu'elle ne puisse ouvrir la porte, il l'arrêta et dit. « Merci Lily. Pour… tout. Mais il y a encore une chose… »

« Quoi ? »

« Peux-tu… Peux-tu ne rien dire aux gars sur… »

Elle fronça les sourcils, puis écartilla les yeux quand elle comprit. « Je vois. Bien sûr. Je te laisserai faire cela toi-même. »

« Oui, bien, c'est le sujet. Je… Je ne me sens pas prêt à leur dire encore. Je veux dire, j'ai vécu avec eux pendant sept ans. Je pense que cela les mettrait mal à l'aise maintenant. Peut-être que lorsque nous aurons été en dehors de l'école pour quelques années de plus… » Lily rit doucement un moment, et Remus fut décontenancé qu'elle fasse cela. « Quoi ? » lui demanda-t-il.

« Bien… Quand nous étions à l'école, ton grand secret était que tu étais un loup-garou, et les gars le savaient tous mais pas moi. Maintenant, voici ton grand secret, et je le connais mais pas eux. C'est tout. C'est idiot, vraiment. »

Il lui sourit. « C'est un peu drôle, je le reconnais. Alors tu promets… que tu ne le diras même pas à James ? »

Elle lui prit ses deux mains dans la siennes et le regarda sérieusement dans les yeux. « Je le promet. Comme James m'a dit une fois… Ce n'est pas mon secret. »

Il la regarda, déglutissant, la douleur le parcourant encore. « Et… Et ne leur parle pas de tout cela, si possible. Je… Je ne veux pas qu'ils se sentent coupables de… de ne pas avoir été avec moi. Si l'un d'eux avait été avec moi, il aurait pu se savoir qu'ils sont… bien, tu sais. »

Elle acquiesça, sachant qu'il parlait du fait qu'il étaient des animagi illégaux. Y compris son mari. Elle mit encore sa main sur sa joue. « Je suis tellement désolée, Remus… »

Il couvrit sa main avec la sienne. « Merci, Lily. »

« Je ne parle pas simplement d'Emil… Bien que je sois aussi désolée pour cela. Je suis désolée d'avoir douté de toi. Te voilà à t'inquiéter de poser des problèmes à tes amis, et… et je pensais vraiment que ce soit possible que tu… que tu aies… »

« Que j'ai pu tuer Emil. » finit-il pour elle. Elle acquiesça coupablement.

« Oui. J'aurais dû mieux savoir… »

Elle le prit doucement dans ses bras, et quand elle fit cela, il sentit à nouveau les digues se rompre, et les sanglots s'échappèrent à nouveau de lui, comme il pleurait pour son amour, le premier amour qui savait le monstre qu'il était vraiment et qui l'aimait en dépit de cela. Elle le tint et le berça, et il se cramponna à elle, pensant au bébé grandissant en elle. Tu seras une bonne mère, Lily, pensa-t-il, comme il continuait à pleurer sur elle. Et elle pleurait avec lui maintenant, lui fournissant encore le réconfort dont il avait besoin quand il en avait besoin, exactement sous la bonne forme, juste comme quand ils avaient été à l'école. Ce réconfort était d'une nature complètement différente, et pour une raison différente, mais il s'autorisa une fois de plus à oublier et à ne rien connaître d'autre que le sanctuaire qu'était Lily.

Jeudi 15 Mai 1980

« C'est un garçon ! »

Arthur Weasley sourit à sa belle-sœur, et elle le serra chaleureusement dans ses bras. C'était une accolade légèrement maladroite comme elle était sur le sol et qu'il était une marche plus haut, venant juste de descendre de l'étage de la maison.

« Oh, Arthur, félicitations ! Je peux aller voir Molly ? »

« Bien sûr, Meg, bien sûr. Monte maintenant. Je surveille les garçons. »

Il finit de descendre l'escalier branlant et se poussa du passage pour qu'elle puisse monter. Il déboula dans le salon, sa robe usée flottant derrière lui, et il s'assit sans plus de cérémonie sur le tapis., où ses trois plus jeunes fils jouaient… à part le garçon nouveau né à l'étage qui venait juste de venir au monde. Il arrangea sa robe autour de lui et prit les petits contre lui. A plus de trois ans et demie, Percy était déjà un grand garçon efflanqué, et les jumeaux étaient deux garçons malicieux de deux ans, légèrement plus costauds que ne l'avait été Percy à leur âge, avec encore des visages ronds de bébé.

« Venez les garçons, venez. J'ai de bonnes nouvelles ! Votre maman a eu le bébé ! Vous avez un nouveau petit frère appelé Ron. N'est-ce pas joli ? » Les jumeaux s'assirent chacun sur une de ses jambes, et Percy se tint contre son épaule. Ses yeux bleus semblaient très grands dans son visage pâle et fin, et Arthur Weasley fut surpris, se souvenant soudain de sa fille Annie. Il déglutit, pensant à quel point Molly avait voulu une autre fille. Cela faisait plus d'un an que les filles avaient disparu. Elle avait eu l'air tellement déçue quand la sage-femme lui avait dit que c'était un garçon. (La sage-femme avait essayé de lui dire il y a des mois, ayant lancé le sort approprié, mais Molly avait refusé avec entêtement de croire que ce n'était pas une erreur.) Molly avait essayé de cacher sa déception, mais il avait vu son expression avant qu'elle fige un sourire inamovible sur son visage. Arthur ne savait pas que faire. Depuis que les filles avaient disparu, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Il avait espéré que le nouveau bébé ferait une différence, mais… pas de fille.

« Nous avons une belle collection de garçons, n'est-ce pas ? » leur dit-il avec plus de jovialité qu'il n'en avait. Fred (il pensait que c'était Fred en tous cas), tendit la main et essaya d'enlever les lunettes du visage de son père, rigolant joyeusement quand il y parvint. Arthur passa sa main dans ses cheveux et réclama ses lunettes.

Les petits n'avaient pas vraiment idée de ce qui arrivait, il le savait. Meg s'était occupée d'eux pendant le travail de Molly, et quand Arthur redescendait pour informer sa belle-sœur sur les progrès du travail, les garçons disaient sans arrêt « Maman, maman, ou est maman ? »

« Maman est en haut, mes trésors, elle aide votre nouveau petit frère ou petite sœur à venir à vous voir. » l'avait-il entendu dire alors qu'il était en haut des marches, regardant ses tout petits garçons et leur tante.

« Dis à maman de descendre. » avait dit Percy, son doigt dans sa bouche comme le faisait Peggy.

Arthur regarda à nouveau Percy. C'était parfois insupportable à quel point Percy pouvait lui rappeler les filles parfois. Le garçon n'en avait aucune idée…

« Je peux aller jouer dans le jardin papa ? » demanda maintenant Percy.

« Nous pouvons tous y aller. Venez, Fred et George. » dit-il, grognant en hissant les marmots sur ses hanches. « Allons faire peur aux gnomes. » dit-il en souriant.

Arthur Weasley ne remarqua pas Percy piquant un peu de nourriture du buffet de la cuisine avant qu'ils sorte par la porte de derrière dans le jardin domestique désordonné. Percy serra le bout de pain dans sa main de telle sorte que son père ne puisse pas le voir. C'était un bon gros morceau, et Percy pensait que cela ferait un bon repas pour son rat domestique.

Personne ne savait qu'il avait un rat de compagnie. Il l'avait trouvé dans le jardin il y a des mois, et plutôt que d'avoir eu peur, il avait été fasciné que l'animal timide vienne lentement à lui pour prendre un bout de pain qu'il lui proposait. Percy avait regardé avec ce calme particulier qu'il avait, si insolite pour un enfant de trois ans, pendant que le rat se mettait sur ses pattes de derrière et tenait le pain dans ses pattes de devant, le mordant délicatement, léchant le beurre fondu de ses moustaches et mâchant tout cela avec une satisfaction évidente. Percy avait été ravi. Le rat gris brun était tellement comme une personne miniature pendant qu'il prenait son repas. Percy l'avait appelé Twitchers et décidé de le garder secret, son propre secret.

Pendant que son père prenait les jumeaux pour les aider à trouver es gnomes dans le carré de haricots, Percy se mit à genoux et parla dans l'un des trou de gnome du carré d'oignons. « Twitchers ! Viens Twitchers ! Du pain ! Un beau morceau de pain ! » Il tendit le bout de pain légèrement au-dessus du trou, tournant le dos à son père et à ses frères. Bientôt, il vit des yeux noirs brillants et un petit nez nerveux flanqué de moustaches tremblantes. Twitchers savait qu'il y avait du repas dans l'air.

Peter Pettigrew avait été nerveux d'abord, quand le petit garçon avait commencé à se comporter comme s'il était son animal domestique. Mais l'arrangement avait ses avantages. Un ou deux fois, quand il s'était aventuré trop près de la maison, Molly Weasley l'avait renvoyé à coups de balai, le faisant voler. Percy était intervenu en pleurant « Maman ! Ne lui fais pas mal ! »

Elle s'était immédiatement arrêtée, se mettant à genoux comme Percy commençait à pleurer. « Oh, mon petit, ne pleure pas. » l'avait-elle consolé. « Maman ne veut simplement pas que le méchant rat rentre dans la maison, c'est tout. Les rats ne sont pas propres. »

« Et… Et s'il reste dans le jardin ? » avait dit Percy de sa voix zézayant légèrement. Sa mère s'était levée avec difficulté, son gros ventre s'étendant bien en avant de son corps.

« Ce serait bien, mon chéri. Bon sang ! » avait-elle dit, mettant sa main sur son ventre. « Quelle acrobate est ta sœur ? Touche. »

Percy avait mis sa main sur le ventre de sa mère. Même depuis son abri dans un trou de gnome, Peter pouvait voir les mouvements sous le tissu du tablier à fleur qu'elle avait mis par-dessus sa robe. Depuis qu'il avait appris, pendant une visite de routine chez les Weasley cet automne, que Mrs Weasley attendait un autre bébé, il avait été très, très nerveux. Et si c'était une autre fille ? avait-il pensé, inquiet de devoir à nouveau disposer d'une autre fille Weasley.

Après avoir rendu visite aux Dougherty, à Appleby Magna, et les avoir convaincu d'aller à l'orphelinat d'Exeter pour adopter les filles Weasley, il s'était senti bien mieux d'avoir volé Annie et Peggy à leurs parents. Au moins, jusqu'à ce qu'il revienne voir la famille Weasley pendant l'été. Il y avait trouvé une femme qui regardait dans le vide, pendant que ses garçons les plus âgés s'occupaient des plus jeunes toute la journée, même si les garçons étaient de toute évidence très abattus et se sentaient responsables de la disparition de leurs sœurs. C'était une famille explosée, et l'instinct de Peter avait été de s'enfuir, n'aimant pas les émotions qui le déchiraient, mais il se força à rester un peu plus longtemps. Quand les plus jeunes étaient mis dans leurs lits pour la sieste, les grands garçons sortaient dans le jardin et jetaient des gnomes par-dessus la haie. En faisant cela, ils se parlaient de leurs sœurs. Peter était assis dans un trou, écoutant. Il avait le sentiment qu'ils ne diraient jamais cela devant leur mère. Cela se terminait toujours par les deux fondant en larmes, s'asseyant par terre, tandis que les gnomes revenaient en se faufilant par les trous de la haie, secouant leur tête.

Peter voulait dire aux garçons que c'était pour les protéger ! Qu'elles seraient mortes s'il ne les avait pas enlevées… Mais il savait que même s'ils savaient la vérité, ce ne serait d'aucun réconfort. Il se rappela quand il avait fait croire à James, Sirius et Remus que Bill Weasley les avait vendu. Bill ne s'était pas effondré. Il s'était tenu droit, et les garçon avaient encore du respect pour lui. Peter ne savait pas comment être cette personne. Il pouvait le souhaiter, mais cela ne faisait rien à l'affaire. Il haïssait Bill Weasley. Cette haine l'aidait à faire avec sa culpabilité d'avoir enlevé les filles. Sachant que cela rendait Bill Weasley misérable était définitivement un bonus.

Percy se pencha en avant avec avidité, un sourire sur son visage innocent comme il regardait le rat mordiller le délicieux bout de pain. « Tu sais quoi, Twitchers ? » dit-il de sa voix aiguë. Il fit une pause, comme s'il s'attendait vraiment à ce que le rat réponde. Peter continua à manger. C'était délicieux. Il avait mangé bien trop d'oignons en vivant sous le carré des oignons. Les carottes étaient trop jeunes, il n'aimait pas les haricots, et il n'y aurait pas de laitue avant un bout de temps. « Ma maman au eu le bébé. » lui dit doucement Percy, comme s'il partageait une confidence.

Peter redressa ses oreilles et arrêta de manger. Qu'est-ce que c'est ? pensa-t-il avec anxiété, ayant peur de l'apprendre. Il savait que Mrs Weasley voulait une fille. Elle avait appelé son bébé la 'nouvelle petite sœur des garçons' pendant des mois. De l'autre côté du jardin, il pouvait entendre les jumeaux crier de plaisir comme leur père leur faisait faire des cabrioles.

« Nous avons un nouveau frère, Twitchers. » chuchota Percy au rat. « Il s'appelle Ron. »

Peter Pettigrew poussa un petit soupir de soulagement de rat. Un garçon. Molly Weasley avait eu un autre garçon. Bien cela avait du sens, n'est-ce pas ? Certaines familles ne font que des filles, et d'autres, comme les Weasley, ne font que des garçons. Peut-être qu'ils avaient déjà eu leur quota de fille. Peter l'espérait en tous cas.

Bien. Maintenant qu'il savait, cela signifiait qu'il pouvait quitter les Weasley et revenir à Cardiff, pour aider à nouveau Lily. Il avait été avec eux plus tôt dans l'année, comme Lily attendait aussi un bébé. Il essaya très fort de ne pas penser au fait que James en était le père. Lily était absolument rayonnante quand il les avait quittés, il y a environ six semaines. Elle était alors enceinte de cinq mois, et elle faisait son nid comme une folle. Peter l'avait aidé à décorer la chambre de bébé dans le petit appartement. Il la peignait pendant qu'elle était au travail, et il avait réparé le vieux berceau que ses parents lui avaient donné. Ils l'avaient d'abord proposé à sa sœur, qui attendait aussi un bébé, mais la sœur de Lily refusait tout ce qui était vieux. Ciel ! Son enfant devait avoir le meilleur de tout, les choses les plus modernes et les plus récentes imaginables.

Peter avait écouté avec attention et compassion quand elle avait dit. « Écoute ce que Petunia a écrit ! Ce me met en boule ! » Puis elle s'était lancée dans la lecture d'une lettre racontant comment Lily essayait de détourner l'attention de sur Petunia en ayant un bébé la même année que sa sœur plus âgée. Elle aurait dû avoir la décence d'attendre, et tout le reste était du même acabit. Lily avait fulminé, faisant les cent pas dans la petite chambre de son bébé. Peter chérissait ces moments. Il mettait ses bras sur ses épaules et la dirigeait dans le petit selon où une table et des chaises placées dans le coin servaient à manger. Il préparé du thé dans la petite kitchenette, et s'asseyait à table avec elle, acquiesçant quoiqu'elle dise. Elle lui disait souvent à quel point il écoutait bien. Il ne l'écoutait pas toujours autant que ce qu'il la contemplait, imaginant qu'ils étaient assis et prenaient du thé dans leur propre petit appartement, que le bébé qu'elle attendait était le sien. Il avait haleté au contact physique inattendu la première fois qu'elle lui avait pris la main et l'avait posée contre son ventre, en disant. « Le bébé donne des coups ! Oh, tu dois sentir cela, Peter ! »

Le visage de Lily était rayonnant et la nouvelle vie bougeait sous sa main. Il ne pouvait ôter ses yeux de son visage enchanté. La main de Lily était sur la sienne, là où elle l'avait placé sur son ventre, par-dessus sa robe. Ils étaient comme cela quand, une minute plus tard, James avait transplané dans l'appartement depuis son entraînement de Quidditch, fatigué et en sueur. James lança un regard noir à Peter qui retira immédiatement sa main de sur Lily coupablement. Peter savait que James le considérait comme un parasite, mais Lily se sentait très fatiguée la plupart du temps, et était contente d'avoir de l'aide et de la compagnie, alors il ne demandait pas à Peter de partir. Peter campait sur le petit canapé inconfortable du salon, coincé entre un porte-revue et la table basse. Peu importait du moment qu'il était près de sa Lily.

Il essayait de la rassurer sur la naissance qui se rapprochait, bien qu'il n'y connaisse en fait rien. « Gemma m'a dit que le pire c'était le placenta en fait… » avait-elle dit avec un frisson, en prenant le thé. Gemma Londubat avait déjà eu son bébé en février, et avait rapidement commencé à terroriser Lily avec les descriptions de son travail et de sa délivrance. « Elle voulait juste tenir Neville pour le voir pour la première fois, et la sage-femme lui donnait des coups de poings dans l'estomac. Bien, pas vraiment des coups de poings. Mais c'est comme cela que Gemma le ressentait… »

Finalement, après un regard noir de trop de la part de James, Peter avait décidé de partir un moment, avant que ce ne soit James qui le mette dehors. Il pensait aller voir les Weasley, pour voir si Mrs Weasley allait bientôt donner naissance à son bébé. Peter n'était pas certain de ce qu'il ferait si elle avait une autre fille. Il espérait que personne d'autre ne savait qu'elle était enceinte.

Cependant, le lendemain de son retour dans le jardin du Terrier, il reniflait du côté des poubelles pour trouver quelque chose à manger, peu de temps avant l'aube, et sa patte commença à lui faire mal d'une manière qu'il n'avait senti qu'une ou deux fois auparavant. Il avait reçu sa Marque des Ténèbres l'automne précédent, et la douloureuse marque lui disait qu'il était appelé. La douleur devint assez forte pour le contraindre à reprendre forme humaine. Il se tortilla sur le sol à côté des poubelles des Weasley, se tenant le bras gauche dans la main droite, se mordant la langue pour ne pas crier, espérant qu'il ne serait pas découvert.

Le cimetière de Little Hangleton, dit une voix dans sa tête. Il déglutit. Il avait été là-bas une fois avant. C'était l'un des lieux favoris du Seigneur des Ténèbres. La douleur dans son bras disparut, et Peter se leva, haletant. L'aube n'était probablement pas avant une heure. Il sortit sa baguette et ferma les yeux, pensant au cimetière de Little Hangleton… Quand il arriva, il n'y avait là que deux autres personnes, le Seigneur des Ténèbres, et le Mangemort qui l'avait initialement torturé et recruté. Peter ne connaissait pas le nom de l'homme, ni n'avait vu son visage, mais il reconnut sa voix. Eux, en retour, l'appelaient seulement Queudver, et il ne leur avait pas encore révélé qu'il était un animagus rat.

Cela avait commencé de la même manière que toutes les rencontres avec lui. Le Mangemort avait commencé à rire et à plaisanter, puis il avait soudain lancé le Cruciatus sur Peter. Après que Peter se soit roulé de douleur sur le sol pendant un moment, il avait reçu ses instruction, qu'il s'était empressé d'accepter pour éviter d'avoir davantage mal. Cette fois-là, on lui avait ordonné d'en découvrir plus sur la Prophétie. Il acquiesça, disant qu'il allait essayer. C'était difficile. La divination n'avait pas été son point fort à l'école. Le Seigneur des Ténèbres l'avait regardé dans les yeux, disant d'une voix de soie, « Mais je suis certain qu'un garçon intelligent pourrait le faire, n'est-ce pas ? Avec la bonne… motivation. » Ses yeux avaient glissé sur le Mangemort à nouveau, debout, sans visage, sans expression, sa baguette sortie. Peter avait déglutit.

« O—Oui, mon Seigneur. Je ferai comme vous dites. »

Quand il était rentré au Terrier, il avait réfléchi à comment faire ce qu'on lui avait dit. Quand Bill et Charlie revinrent à la maison pour les vacances de Pâques, Peter décida que, comme Bill avait Divination (Peter le savait comme il avait vécu dans son dortoir un temps), il devait probablement avoir le livre de divination standard. De plus, Peter se demandait si Bill aurait pu tirer davantage d'informations de la Prophétie de lui-même. Peut-être avait-il un livre de notes où il aurait écrit ses idées, et que Peter pourrait utiliser. Il devrait s'introduire dans la maison pendant que Bill était en vacances à la maison, et chercher dans ses affaires. Cela rendait Peter nerveux, comme il devrait s'assurer de ne pas être pris. L'aîné des Weasley le reconnaîtrait sous sa forme humaine, comme ils avaient été à l'école en même temps, et Molly Weasley serait tout à fait capable de le tuer dans sa forme de rat.

Par chance pour lui, ils partirent chez un ami de Bill pour le repas pascal, lui donnant l'opportunité parfaite de se glisser dans la maison et de grimper les escaliers sous sa forme humaine, trouvant facilement la chambre partagée par les deux grands garçons. Malheureusement, il n'avait pas pensé à l'attirance que pouvait avoir une maison vide pour quatre adolescents, et pendant qu'il fouillait encore dans les affaires de Bill, il entendit des rires provenir de la cuisine comme les quatre garçons déboulaient de la cheminée. Pendant qu'ils montaient, il remit rapidement les cahiers et les papiers de Bill dans la boîte qui était sous son lit, et après avoir repoussé la boîte sous le sommier, il se changea en rat et courut sous le lit, entre la boîte et le mur. Son petit cœur tapait très fort dans sa poitrine comme grand pieds se rapprochaient. Il espérait que Bill ne remarquerait pas que ses affaires avaient bougé.

Leur démarche avait été très bruyante dans les escaliers, et quand les quatre garçons entrèrent dans la chambre, leurs pieds produisirent comme un tremblement de terre sous les petites pattes de Peter. C'était comme s'ils allaient secouer le monde. Deux garçons se laissèrent tomber sur les lits brinquebalants, faisant protester les ressorts, et les deux autre se mirent eux-mêmes par terre, entre les lits, faisant encore vibrer les lames du plancher. Peter se mit le plus possible dans l'ombre du lit de Bill.

« Alors ? » dit Alex Wood, frappant des mains. Il était assis sur le lit de Charlie. « Comment se déroulent nos plans ? »

Peter pouvait voir que les garçons avaient significativement grandi depuis qu'il avait vécu dans le dortoir des Griffondors de quatrième année. Wood avait fait une pousse, et il était évident qu'il se rasait. Sa voix était plus grave, et il avait l'air fort et capable. Il mit une grande main sur l'épaule de Bill Weasley. Bill était assis sur le plancher, appuyé contre le lit sur lequel Wood était assis. Peter était confus pour les deux autres garçons. Sûrement que ce n'était pas Booth et Leonard ? Cependant, il ne se souciait pas des autres garçons. Ils n'importaient pas. Weasley était celui qui était allé dans la forêt pour comprendre la Prophétie que sa sœur avait donnée. Il semblait qu'il avait grandi plus que les autres. Peter savait qu'il était devenu très grand pace qu'il l'avait vu traîner dans le jardin la semaine précédente, et c'était évident même quand il était assis par terre. Ses cheveux roux vifs étaient un peu long au-dessus de son col (Peter avait vu sa mère commencer à agiter sa baguette dans leur direction, car cela lui démangeait de les couper) et il s'était laissé pousser des favoris que sa mère voulait aussi enlever. (Elle se plaignait de cela aux poulets quand elle leur lançait leur nourriture le matin, que Peter chipait quand il avait particulièrement faim).

Il y avait une maturité et une tristesse dans les yeux bleus brillants de Bill qui le faisaient paraître bien plus vieux que les autres garçons, et même si ses épaules n'étaient pas aussi larges que celles d'Alex Wood, il avait une grâce dans sa finesse qui le faisait paraître totalement à l'aise avec son 'nouveau' corps, alors que les autres garçons semblaient surpris de ne plus avoir onze-douze ans, comme si quelqu'un leur avait fait une plaisanterie et qu'ils attendaient qu'elle arrive à son terme.

« Bien, » dit l'un des garçons inconnus, en réponse à Wood, « ils ne marchent pas. Au moins en métamorphose et en sortilège. En Défense contre les Forces du Mal, nous pourrons peut-être trouver quelques amulettes qui t'aideront à tenir à distance quelques unes des créatures qui feront partie de l'examen pratique. Nous devons nous concentrer là-dessus. Geoff a seulement besoin d'une BUSE sur ces trois matières, et il semble vraiment improbable que nous puissions jeter assez de poudre aux yeux de Flitwick et de MacGonagall. » Geoff ? pensa Peter. Qui c'est ?

« MacGonagall suspecte déjà quelque chose je pense. » fit une voix misérable depuis le lit au-dessus de Peter. Il pensa que ce devait être Geoff. « Pendant le dernier cours avant les vacances, elle vérifiait mon travail et trouvait 'intéressant' à quel point mon étui à couteau métamorphosé et celui de Jack étaient similaires. Les chatons avaient exactement les mêmes marques. »

Le garçon qui avait parlé avant « Geoff » tapa le sol de frustration. « Malédiction ! J'ai essayé de les rendre différent. Je suis désolé vieux. » Ah, pensa Peter. C'est Jack.

Geoff balança ses jambes. Elles ne touchaient pas le sol. « C'est bon Jack. Elle a de sacré bons yeux MacGonagall. Quand Bill m'a donné le crapaud métamorphosé et que je l'ai échangé, elle a juste fait 'Hmmm' et dit 'C'est drôle à quel point le sucrier de Weasley avait le même motif ce matin. Et il croasse ?' Je m'attendais presque à ce qu'elle soulève le couvercle et trouve à l'intérieur le crapaud que j'étais sensé avoir métamorphosé… »

Jack renifla, puis étouffa son rire rapidement. « Désolé, vieux. Je sais que c'est sérieux… »

« Tu as sacrément raison, c'est sérieux. » dit Weasley en soupirant, ses bras appuyés sur ses genoux. « La sécurité sera très stricte pour les BUSEs. Nous allons avoir besoin d'amulettes vraiment très efficaces pour l'examen de défense contre les forces du mal, sinon Geoff va être jeté dehors. » Ils se turent tous à cela, et bill Weasley grimaça. « Désolé de le dire comme cela, Geoff, mais je ne veux pas te créer de faux espoirs. » dit-il doucement. Peter arrivait à peine à en croire ses oreilles. Weasley et ses amis aidaient celui appelé Geoff à tricher dans son travail scolaire ! Mais pourquoi ?

Alex Wood remit sa main sur l'épaule de Bill, lui donnant une légère pression. « Bill ! Pourquoi tu parles comme cela ? Tu es celui qui a trouvé la plupart des techniques pour faire passer à Geoff ces deux dernières années et demie. »

Bill avait les lèvres droites. « Troisième et quatrième année. Facile. Du gâteau. Pas vraiment pareil que les BUSEs. »

« MacGonagall suspecte définitivement quelque chose. » dit encore Geoff, encore plus morose. « C'est seulement une question de temps avant que… » il ne termina pas sa phrase. Soudain, Peter réalisa. Un cracmol. Le garçon était un cracmol ! Peter se souvenait maintenant du début de sa cinquième année, le garçon qui n'avait pas été appelé lors de la Répartition… C'était lui, et c'était pourquoi son nom n'avait pas été appelé… Son cœur battait encore plus vite maintenant que quand il avait peur que l'un de ces grands lourdauds de garçons ne lu marche dessus sans même le remarquer. Je peux me servir de cela, pensa Peter.

Les garçons avaient tous perdu leur entrain, mais ils continuèrent à parler doucement pendant un moment, passant au Quidditch, et puis à qui aimait qui à l'école. « Alors, » dit Jack, le tapant légèrement sur le bras, « raconte-nous. Est ce que-toi et Juliet… ? » Il haussa les sourcils de manière significative, ayant l'air, selon Peter, assez idiot.

Bill Weasley s'empourpra et se renfrogna, grognon. « Je n'aurais jamais dû vous parler de cette fois… »

Peter remarqua que pour quelque raison, La main Alex Wood était encore sur l'épaule de Bill. Il semblait la serrer assez fort maintenant. Weasley la fit partir avec la sienne. « Aïe ! Je ne dirai rien d'autre, Alex ! Me faire mal ne t'amènera nulle part. » Mais aux yeux de Peter, Alex Wood ne regardait as Bill comme s'il voulait qu'il leur parle de sa petite amie. Il y avait quelque chose d'autre là. Peter n'arrivait pas à y mettre un nom. Le regard de Wood perçait avec intensité la nuque de Bill Weasley, mais Weasley n'y prêtait pas attention.

A la longue, les garçons avaient décidé de revenir chez Jack. Peter découvrit à travers d'autres conversation que c'était là où les autres familles s'étaient rassemblées pour le repas pascal. Ils redescendirent bruyamment les escaliers et il les entendit crier comme il prononçaient très fort le nom de la maison de Jack avant de s'avancer dans le feu. Peter avait attendu quelques minutes avant d'émerger, puis il avait repris forme humaine et continué à chercher quoique ce soit que Bill aurait pu écrire sur la Prophétie. Il ne trouva rien d'intéressant, cependant, et décida finalement qu'il n'était pas sûr de rester plus longtemps dans la maison.

Peter s'assit dans son trou de gnome, mordillant son croûton de pain, regardant maintenant Percy. Percy avait le menton posé sur ses poings, il était allongé sur la terre en train de regarder 'Twitchers' pendant qu'il mangeait. Percy était un gentil garçon, et solitaire. La personne idéale pour Peter pour s'incruster au Terrier. Grâce à lui, il n'avait pas besoin de subir grand chose pour savoir si Molly Weasley avait eu une fille ou un garçon. Grâce à lui, il avait un approvisionnement régulier et il n'y avait pas de danger que quelqu'un mette des pièges à rat.

Toi et moi, pensa Peter en direction du garçonnet pendant qu'il mangeait son croûton, nous ferons de grandes choses ensemble. Attend, et tu verras.

Vendredi 20 juin 1980

« Weasley et Wood, le directeur aimerait vous voir dans son bureau. » dit le professeur MacGonagall, debout à côté de la table de Griffondor. Bill et Alex échangèrent un regard plein d'appréhension. Bill vit que Geoff et Jack se tenait juste derrière MacGonagall comme s'ils attendaient de se joindre à une fête. Il déglutit. En face de lui, de l'autre côté de la table, Juliet bougea ses lèvres en silence, lui demandant ce qu'il y avait. Bill haussa les épaules, bien qu'il ait une assez bonne idée de ce que cela pouvait être. Mary Ann Boxwood essayait aussi de faire dire à Alex ce qui se passait, mais il lui secoua la tête. Bill suivit ses amis et le professeur MacGonagall, pensant qu'il était un échec complet et fini.

Les autres n'avaient aucune idée qu'il pensait cela et auraient été assez surpris s'ils avaient su. Pour eux, Bill était un prodige qui avait reçu douze BUSEs. Alex en avait eu huit, et Jack neuf. C'était des résultats parfaitement respectables mais bien pâles au regard de ceux de Bill. Geoff n'avait pas réussi à passer les tests des BUSEs pour la métamorphose, les sortilèges ou la défense contre les forces du mal. Il en avait eu en Potions, Histoire de la magie, même en divination (il était très bon dans la lecture des tarots), ainsi qu'en astronomie et en soins aux créatures magiques. Mais ce n'était pas assez. Un élève devait en avoir un dans un examen vraiment pratique qui nécessitait de lancer des sorts, et il avait échoué dans chacun d'eux.

Bill avait vu son visage quand ils avaient reçu les lettres pendant le petit déjeuner, la veille. La plupart des cinquième année sautait sur place comme les chouettes délivraient leurs missives. Quelques personnes avaient l'air un peu désappointées, ou marmonnaient des choses sur le motif 'Ma mère va me tuer…' Seul Geoff était resté assis à fixer sa lettre, comme si c'était la fin du monde.

Et pour lui, cela l'était.

Pas qu'ils n'aient pas eu une bonne idée de ce à quoi il fallait s'attendre. A chaque journée où il échouait à ses examens, il était douloureusement clair qu'aucun de leurs subterfuges n'allait marcher. En désespoir de cause, Geoff essayait de temps en temps de faire faire quelque chose à sa baguette (l'ancienne baguette de sa mère en vérité). Sans succès. Geoff était définitivement et irrévocablement un cracmol.

Le banquet de départ était largement fini et la plupart des élèves disaient au revoir à leurs amis pour l'été, ou continuaient à discuter une dernière fois dans la grande salle, comme ils l'avaient fait avant que MacGonagall ne les prenne. Bill, Alex, Jack et Geoff suivirent en silence sa silhouette rigide jusqu'au bureau de Dumbledore. Quand elle se retournait de temps en temps pour leur jeter un coup d'œil, s'assurant qu'ils suivaient, sa bouche était très fine, et Bill commençait à avoir une drôle d'impression au creux de l'estomac. Peut-être qu'ils allaient tous être expulsés ! Le cœur de Bill battait à tout rompre comme ils montaient l'étrange escalier en spirale conduisant au bureau du directeur, où MacGonagall les laissa avec une expression distincte de désapprobation sur le visage qui donnait à Bill l'impression de ne mesurer qu'un pouce de haut. Le directeur leur demanda d'entrer et les fit s'asseoir dans les quatre sièges devant son bureau, ayant l'air, selon Bill, assez jovial pour quelqu'un qui allait expulser quatre garçons.

« Bien ! » dit-il, ses yeux étincelants. « J'imagine que vous êtes tous soulagés d'avoir les résultats de vos BUSEs ? » Il les regarda par-dessus ses demies-lunes, les sourcils interrogateurs, et les quatre balayèrent le sol de leurs pieds en restant assis. Son regard se porta su Geoff. « Tous sauf toi, j'imagine. » dit-il gentiment. Bill jeta un coup d'œil à Geoff, qui semblait avoir envie de pleurer, mais essayait courageusement de garder ses yeux secs.

Geoff déglutit. « Oui, sir. » chuchota-t-il, ses lèvres tremblant.

Dumbledore soupira et joignit pensivement les pointes de ses doigts, s'enfonçant dans son fauteuil. « J'espère que tu pourras me pardonner d'avoir engager une petite expérience. Je savais, quand tu es arrivé il y a presque cinq ans, que tu ne portais pas ta lettre mais celle de ta mère. Je pensais… peut-être que ta magie se manifesterait un jour ou l'autre. Peut-être qu'en te mettant dans la maison Poufsouffle, avec les travailleurs les plus vaillants, tes capacités magiques apparaîtraient… » Il soupira encore et regarda les autres garçons. « Vous êtes vraiment de bons amis, et bien que vous aidiez un autre élève à tricher… » Jack commença à ouvrir sa bouche pour protester, mais Dumbledore leva la main pour l'arrêter. « Non, ne niez pas Mr Richards. Ce n'est pas la peine. Comme je disais, bien que vous aidiez un autre élève à tricher, vous faisiez essentiellement la même chose que moi : vous donniez à votre ami une chance de rester à Poudlard en espérant que sa magie se manifesterait. Alors j'ai fermé les yeux, même si le professeur MacGonagall m'a fait part de ses premières suspicions il y a deux ans. Elle ne pensait pas nécessairement que je faisais la bonne chose en vous admettant, » dit-il à Geoff. « Et peut-être qu'elle avait raison. Mais j'ai horreur de tuer l'espoir. » Il sourit tristement au pauvre garçon.

Bill déglutit maintenant. « Alors, que va-t-il se passer maintenant, sir ? »

« Bien, Mr Weasley, s'il le veut, j'aimerais proposer à Mr Rottenham un poste ici. »

Bill, Alex et Jack se regardèrent les uns les autres, surpris. « Qui ? »

« Ce serait moi, » dit doucement Geoff. « Davies est le nom de jeune fille de ma mère, vous vous souvenez ? Mon père s'appelle Rottenham. Cela fait un moment que j'en avais parlé. » Il regarda gravement Dumbledore. « Un travail ? Vous voulez dire comme… Comme Rusard ? Ou Hagrid ? »

Dumbledore acquiesça, souriant génialement. « Assistant d'Hagrid, en fait. C'est ainsi qu'il a commencé, il y a des années, comme assistant d'Ogg, notre ancien garde-chasse. Hagrid dit que tu es très bon avec les animaux. Et le professeur Chourave pourrait aussi avoir besoin d'aide dans les serres. Elle dit que tu es très capable en herbologie aussi. En tant que responsable de maison, elle est très désolée de te voir partir. Elle a suggéré ce travail dans les serres. »

Geoff déglutit et regarda ses mains. « Je ne sais pas. Je ne pense pas… Je ne pense pas que je voudrais rester ici et ne plus être élève. » Il leva les yeux vers Dumbledore. « J'espère que vous comprenez. J'ai voulu être à Poudlard toute ma vie. Je ne pouvais pas croire que j'avais enfin reçu ma lettre… Et pour une bonne raison. Rester… Mais ainsi… » Il s'étrangla. « Je ne pense pas que je pourrai le supporter. Merci quand même, sir. » dit-il doucement.

Les lèvres de Dumbledore étaient très fines. « Ah, bien, je comprends. » Il soupira, comme s'il s'était peut-être attendu à la réponse de Geoff, et il se tourna vers les autres garçons. « Pour vous trois. » dit-il, l'ai un peu plus sévère, « D'abord… Je ne suis pas d'avis que vos parents aient besoin de savoir quoique ce soit de cela. » Les coins de sa bouche se relevèrent légèrement, et ses yeux scintillèrent. « Cependant… Je vous donne un peu de travail supplémentaire à faire pendant les vacances, et s'il n'est pas fait, je pourrais changer d'avis. JE veux un devoir de deux pieds de long sur l'amitié et la loyauté. J'aimerais y lire les raisons exactes derrière ce que vous avez fait. Parfois, les règles sont enfreintes pour de très bonnes raisons. » dit-il, l'air encore plus amical maintenant. « Je ne pense pas que c'est déplacé de demander que ces raisons soient écrites, afin qu'elles puissent être complètement comprises. Vous devrez me rendre ces devoirs le premier jour de l'an prochain. Est-ce compris ? »

« Oui sir. » marmonnèrent les trois autres. Il leur fit un signe de la tête. « Les autres vont bientôt partir pour la gare. Vous devriez y aller. Faites bon voyage, et passez de bonnes vacances. » Il se leva et tendit sa main à Geoff, qui se leva et serra la main du directeur. « Et bonne chance à vous, Mr Rottenham. Je pense qu'il est déjà évident que vous êtes capable de d'obtenir des autres une loyauté que peu arrivent jamais à obtenir de leurs amis. Peu importe où vous irez dans ce monde, je crois que cela vous aidera. Vous étiez aussi un bon membre de la maison Poufsouffle, et un parangon des traditions de Poufsouffle de loyauté de travail. Envoyez-nous nous s'il-vous-plaît une chouette de temps en temps pour nous faire savoir ce que vous faites. » Geoff avait l'air de perdre la bataille contre ses larmes. Bill fut le dernier à passer la porte, et comme il allait le faire, Dumbledore dit. « Félicitations pour vos douze BUSEs, Mr Weasley. Bon travail alors que vous aidiez aussi Mr Rottenham. »

Bill rougit. « Oui, sir. Merci. »

Quand ils furent dans le train tanguant légèrement, le vert vif de l'été écossais passant derrière les fenêtres, ils s'assirent dans leur compartiment assez silencieusement, avec Juliet Hathaway et Mary Ann Boxwood, qui était maintenant la petite amie d'Alex. Alex et Mary Ann étaient assis à côté de Geoff, se tenant la main, tandis que Bill était assis en face d'eux, son bras autour des épaules de Juliet, et Jack de l'autre côté. Ils dirent finalement aux filles ce qu'ils avaient fait, que Geoff était un cracmol, et qu'il allait quitter Poudlard.

« Oh non ! » cria Mary Ann, mettant sa main sur celle de Geoff. « C'est terrible ! »

Mais Geoff semblait s'être fait à cette idée maintenant. « Pas plus terrible que de vivre dans un mensonge pendant ces cinq dernières années. » Il essaya de hausser négligemment les épaules. « Je suppose que l'école moldue ne doit pas être si mauvaise. Plein de gens font avec, après tout. Et puis j'ai seize ans, maintenant. Peut-être que je pourrais me trouver un boulot et rester au même endroit au lieu de voyager avec papa et maman. »

Jack rit. « Tu chantes bien. Peut-être que tu pourrais voyager avec eux et piquer le boulot de ton père dans ces productions de Gilbert et Sullivan. »

Geoff renifla et roula les yeux. « Seulement si je veux perdre la tête. Non, merci. » Il soupira. « Je trouverai quelque chose. Cela a été génial d'être avec vous tous à Poudlard, mais je suppose que je savais que cela devait finir à un moment ou à un autre. » Il regarda ses amis avec gratitude. « Merci pour toute votre aide. Vous devriez l'avoir plus facile maintenant, les gars, comme vous n'aurez plus à vous préoccuper que de votre propre travail. »

« Mais qui va m'aider avec mes devoirs d'Astronomie ? » dit Alex, lui donnant un petit coup pour jouer. Geoff rougit. Il avait vraiment été meilleur pour certaines que ses amis sorciers.

« Bill, je suppose. Mr-Le-Préfet-Avec-Douze-BUSEs-Qui-Va-Devenir-Préfet-En-Chef. » dit Jack avec confiance. Bill lui donna un coup de coude dans les côtes.

« Oui. Aider quelqu'un à tricher pendant des années est ce qui est requis pour être préfet en chef. »

« Personne ne le sait. » dit raisonnablement Jack. « Je veux dire, bien sûr que MacGonagall sait. Et Dumbledore. Ok, et probablement Chourave. Mais les autres préfets ne savent pas. »

Juliet fit un sourire coquin à Bill. « Je sais, et je suis préfète. »

Bill lui fit un sourire en coin. « Je vais juste devoir trouver un moyen pour que tu tiennes ta bouches fermée alors. » dit-il, se penchant pour l'embrasser.

« Je pense que la dernière chose que tu veux maintenant est qu'elle garde sa bouche fermée ! » croassa Jack, tandis que les autres éclataient de rire. Bill et Juliet refirent surface, riant aussi. Les yeux bleus de Juliet pétillaient d'amusement comme elle lui souriait, et sa main était posée tranquillement sur le genou de Bill. Comme le voyage continuait, et que la conversation prenait un tour différent, sa main faisait de petits cercles qui semblaient électrifier toutes les terminaisons nerveuses de Bill. Lui, en retour, caressait doucement son cou et regardait son profil quand il pensait que les autres ne regardaient pas.

Ils atteignirent finalement King's Cross et Bill vit Mary Ann tirer Alex dans un coin du quai, où il semblait qu'elle voulait lui dire au revoir. Juliet ne semblait pas avoir besoin de tant d'intimité. Elle le contemplait avec joie, et il la tint contre lui, les bras de Juliet passé autour de son cou. Il appuya légèrement ses lèvres contre celles de Juliet, puis il sentit qu'elle passait sa langue entre ses lèvres. Il ouvrit grand sa bouche, un gémissement dans le fond de sa gorge, et elle répondit de la même sorte, son corps se pressant contre celui de Bill. Il la tint serrée, essayant de prolonger ce moment. Il tremblait quand ils se séparèrent, souhaitant qu'ils aient trouvé un endroit plus privé pour leur au revoir. Elle le regardait de cette manière qui le faisait se sentir être la personne la plus chanceuse de la terre, et il continua à la regarder aussi, la mémorisant. Soudain, quelqu'un le tapa sur le bras. C'était Alex.

« Hé ! Réveille-toi Bill ! Où est Geoff ? Je n'ai pas pu lui dire au revoir. »

Bill se tourna, leur ami n'était visible nulle part. Jack chargeait sa malle sur un chariot à côté de Charlie qui faisait de même. « Où est Geoff ? » demanda Bill à Jack.

Charlie répondit « Il est déjà passé de l'autre côté. N'as-tu pas remarqué ? Ou étais-tu trop occupé à flirter avec ta petite amie ? » Juliet rougit à cela. « Il a pratiquement jailli du train. » Bill lâcha la main de Juliet et, avec Jack et Alex, ils franchirent la barrière, ne se souciant pas de combien de moldus il pourraient alarmer en faisant cela. Du côté moldu de la carrière, ils recherchèrent désespérément Geoff parmi la foule dense des banlieusards attendant leur train sur les quais neuf et dix. Mais il semblait que les trois avaient manqué leur dernière chance de dire au revoir à leur ami.

Il était parti.

Bill soupira, passant sa main dans ses cheveux. Soudain, Charlie passa par la barrière et lui rentra dedans, le renversant. « Bill ! Ne reste pas là ! Qu'est-ce que tu veux ? Que tous les moldus voient ce qu'il se passe ? »

« Chut ! » fit Bill à son frère. « Arrête d'employer le mot M ici, idiot. »

Soudain, un autre élève sortit du passage. C'était un grand sixième année que Bill savait être à Serdaigle. Il était aussi préfet, et Bill le voyait aux réunions de préfets. Il s'arrêta juste à temps pour ne pas marcher sur Bill.

« Ouille ! C'est pas passé loin. Tu ne peux pas faire attention, Weasley ? »

Bill grimaça. « Désolé, Faulkner. Je me sors de là. »

Mary Ann sortit ensuite, avec son chariot et celui d'Alex. « Tu as oublié cela. » informa-t-elle Alex. Il la remercia et le prit. Bill leur dit a revoir et regarda Alex et Mary Ann s'éloigner vers le parking, où le père de Mary Ann était sensé les attendre avec sa voiture. Bill et Charlie sortirent pour retrouver leur père en dehors de la gare, où ils allaient prendre un taxi, et Jack alla avec eux.

Dans le parking, Alex et Mary Ann se tinrent un assez long moment à côté d'une longue voiture marron, attendant encore et encore, regardant les autres élèves partir avec leurs parents dans des voitures et des taxis. Ils s'appuyèrent contre la voiture, se tenant la main, Alex commençant à se sentir de plus en plus anxieux. Il pouvait encore voir Jack, Bill, Charlie et Mr Weasley. Un taxi s'arrêta finalement et ils montèrent dedans, faisant pousser à Alex un soupir de soulagement, et lui faisant lâcher la main de Mary Ann.

Il mit son visage dans ses mains, secouant sa tête. « Merci mon Dieu, c'est fini. » Il leva les yeux vers elle. « Je ne sais pas combien j'aurais encore pu supporter. Comment est-ce que je vais cacher cela pour encore deux ans ? Les mensonges, les escapades… »

Elle lui tapota le bras avec compassion. « Ne t'inquiète pas. L'été vient juste de commencer et vous allez tous les deux avoir beaucoup de temps à passer ensemble. Tu n'as pas à rentrer chez toi avant Juillet ! De plus, maintenant que Geoff est parti, cela te fait un secret de moins à garder. Je ne peux pas croire que tu ne me l'aies pas dit. Je n'aurais pas fait la balance ! » Elle le tapa légèrement sur le bras. Il haussa les épaules.

« Nous avions fait un marché. C'était juste entre nous quatre. Bien que nous aurions peut-être pu utiliser davantage d'aide. Considère-toi comme heureuse de ne pas nous avoir aidé. Tu aurais un devoir de plus à faire cet été si tu avais été dans le coup. C'est ce dont nous parlait Dumbledore avec notre… devoir 'spécial' à faire, pour avoir aidé Geoff à tricher. »

Elle renifla. « Cela aurait pu être bien pire. » Elle secoua sa tête. « C'est trop dommage qu'il doive partir, mais il sera sûrement plus heureux ailleurs ? Il ne peut pas faire de magie, pas vrai ? »

Alex se mordit les lèvres. Est-ce que les gens diront cela de moi un jour ou l'autre ? Il sera sûrement plus heureux ailleurs ? Un endroit où les hommes ne sont pas sensés être attirés par les femmes au lieu des hommes. Où que ce soit.

Il força un sourire et lui reprit la main. « Est-ce que je t'ai dis à quel point tu étais une bonne amie, Mary Ann ? » dit-il, changeant de sujet. Penser à la situation de Geoff qui se terminait si mal le rendait trop morose, et lui faisait se demander ce qui pourrait lui arriver.

Elle lui serra la main et sourit. « Tu as l'air si heureux, tu sais. Depuis que tu as commencé à le voir. Tu avais toujours l'air inquiet. »

« Oui, bien… » commença-t-il à dire, se taisant quand il vit la grande silhouette traverser le parking dans leur direction. Il sentit sa gorge se serrer en le regardant. Tu as l'air heureux. Il voulait rire. Tu n'as pas idée, Mary Ann.

Il savait vraiment ce que voulait dire être heureux maintenant. Il savait ce que c'était que d'être amoureux, même s'il ne savait pas encore ce que c'était que de faire l'amour. Il savait ce que c'était d'être complètement immergé dans l'âme de quelqu'un et de souffrir quand il n'était pas là. Mary Ann les avait aidé à s'embrasser sur le quai, les cachant dans les toilettes. Techniquement, cela n'avait pas été un baiser d'au revoir, parce qu'il allait aller chez Lowell passer le premier mois de vacances. Il avait sauté au plafond quand il avait appris que les deux familles étaient d'accord pour l'arrangement. C'était presque trop beau pour être vrai.

Bien sûr, il ne pouvait pas dire à Bill comment lui et Lowell avaient d'abord fait connaissance, même dans ce futur lointain où Alex pourrait dire à Bill qu'il était gay, comme c'était parce qu'il avait maté Bill dans la bibliothèque… une fois encore. Il ne savait pas pourquoi il le faisait. Il était juste tellement souvent près de Bill. Booth et Leonard n'avaient certainement rien à faire voir. Mais Bill… Il avait beaucoup changé. Ce n'était pas simplement Alex… De nombreuses paires d'yeux étaient attirées par Bill, la plupart féminines, mais Alex avait vu d'autres yeux de garçons, bien qu'il ne sache pas si c'était par désir ou par envie.

Un jour après le retour des vacances de Pâques, ils faisaient des révisions pour les BUSEs dans la bibliothèque, et Bill avait enlevé sa robe déboutonné le haut de sa chemise, comme c'était une chaude journée. Il avait remonté les manches de sa chemise, et soudain, Alex s'était retrouvé hypnotisé par ces avant-bras. Après une minute, il s'était retrouvé en train de penser, les avants-bras ? Je mate les avants-bras de Weasley ? Mon Dieu, je suis pathétique. Et pourtant, il le faisait encore. Quelque chose dans la façon dont les muscles bougeaient sous la peau pâle et couverte de tâches de rousseur, avec son duvet de fins poils roux, quand Bill écrivait avec sa plume ou soulevait les lourds grimoires… La façon dont sa gorge exposée était entourée par son col, dont sa pomme d'Adam bougeait quand il déglutissait…

Quand Bill se leva pour aller chercher un autre livre, Alex le suivit des yeux, et fut surpris quand une bouche très près de son oreille lui dit soudain, « Oui, n'est-il pas adorable ? Je parie que tu en as bien plus vu de lui que la plupart des gens aussi, comme tu vis avec lui. » Les yeux d'Alex s'étaient écartillés, mais il avait été trop alarmé pour regarder derrière lui qui avait parlé. Geoff et Jack étaient en classe avec les autres Poufsouffles, grâce au ciel. La voix était profonde, le souffle près de son oreille intoxiquant, et son sang semblait pulser dans ses veines d'une manière vitale et excitante qui devenait rapidement si importante qu'il avait peur de s'évanouir. Il osa finalement lever les yeux et vit un garçon avec des cheveux bruns qui avaient à la fois l'air désordonnés et soigneusement arrangés. Il était perché sur la table où Alex était assis, et le regardait avec un sourire sardonique. Ses yeux n'étaient ni verts, ni gris mais d'un étrange mélange des deux, et ils le couvait littéralement du regard comme il regardait Alex. Alex soutint hardiment ce regard, bien qu'il se sente mis à nu d'être ainsi observé.

Il déglutit, attendant, et bientôt, sa patience fut récompensée, car l'autre garçon parla à nouveau. « Alors… Tu ne le nies pas ? » dit-il d'une voix basse qui était à peine un murmure. Il avait l'air légèrement surpris. « Tu le regardais ? » Il avait l'air assez content d'avoir eu raison. « Tu n'es certainement pas le seul. Bien que la rumeur dise que Weasley saute cette Hathaway. Ah, bien. Tout le monde ne peut pas l'avoir. » Il haussa les épaules, résigné.

« Non. » dit rapidement Alex, incapable de s'arrêter. La bouche de l'autre garçon se tordit.

« Vraiment ? Elle est son alibi ? Oh, au fait, bien joué avec cela. Tu as un bon alibi. » dit-il doucement, regardant autour pour voir s'il y avait quelqu'un d'autre à proximité. « Est-ce qu'elle aime une fille ? Peut-être que je peux prétendre que la fille qu'elle aime est ma petite amie… »

Alex fronça les sourcils. Est-ce qu'il dit ce que je pense qu'il dit ? « Un alibi ? »

« Oui. Boxwood. Qui aime-t-elle ? »

« Elle… Elle n'aime pas les filles. Je ne pense pas. » ajouta-t-il, confus. C'est le cas ? Il n'en était pas vraiment certain. Ils n'en avaient pas parlé. Tout ce qu'il savait était qu'elle l'aimait bien avant qu'ils deviennent bons amis. Il n'avait eu aucun signe qu'elle aimait les filles.

« En tous cas, » dit l'autre garçon, se penchant en avant dans un chuchotement de conspirateur, « Est-ce que Hathaway est l'alibi de Weasley ? S'ils ne baisent pas. »

« Heu, non. Ils… Ils ont fait quelques choses. Mais pas… Tu sais… Pas encore. »

L'autre garçon acquiesça. « Ah. Cela semblait être un trop bel espoir. Dommage. » dit-il tristement, regardant Bill se pencher pour prendre un grimoire sur un rayonnage bas. Alex frissonna.

Le garçon sourit à nouveau à Alex, le regardant avec appréciation, ses yeux ayant l'air plus verts que gris maintenant. « En tous cas, si jamais tu te lasses de simplement regarder ce que tu ne peux pas avoir, fais le moi savoir. Si tu es intéressé, retrouve-moi cet après-midi derrière la serre numéro six. » Le garçon se leva et s'éloigna, sa robe flottant derrière lui, et Alex le regarda, la bouche ouverte d'étonnement. Il ne connaissait même pas son nom.

Bill revenait à la table avec un énorme livre et le posa avec un bruit sourd qui fit trembler les lampes. Madame Pince fronça les sourcils et leur secoua la tête. Comme il s'asseyait à nouveau de l'autre côté de la table, il dit à Alex « Alors. Qu'est-ce que voulait Faulkner ? » Bill ouvrit l'énorme livre et commença à parcourir de son doigt la table des matières.

« Faulkner? »

« Oui. Lowell Faulkner. Sixième année à Serdaigle. Tu lui parlais. Est-ce que tu as fait trop de révisions ? Tu as l'air un peu dans la lune. »

Alex avait la tête qui lui tournait. Il y a quelqu'un d'autre comme moi ici, pensa-t-il. Quelqu'un d'autre, quelqu'un d'autre ! Les mots résonnaient dans sa tête. Oh, le sentiment de ne plus être seul ! C'était intoxiquant ! Il leva les yeux vers Bill. « Je vais bien. » dit-il, la voix prise un court instant. « Tu as trouvé ce que tu cherchais ? »

Ils recommencèrent à réviser, mais l'esprit d'Alex était tout dirigé vers la fin de l'après-midi, vers un rendez-vous qu'il prévoyait d'honorer derrière la serre numéro six…

Quand il arriva, il n'y avait personne là. Alex commença à se demander si c'était juste un tour qu'on lui faisait. Mais peu après, il vit le garçon de la bibliothèque émerger de l'allée de chênes et se diriger vers Alex, ne souriant ni ne fronçant les sourcils, mais l'air assez sérieux, avant qu'Alex ne dise finalement « Je n'étais pas sûr que tu viendrais. »

Faulkner grimaça, ayant l'air bien mois sûr de lui que plus tôt, où il était la hardiesse incarnée. « Oui, bien je n'étais moi-même pas sûr que j'allais venir. » dit-il, surprenant Alex avec son honnêteté. Il regarda maintenant Alex dans les yeux, déglutissant. Il lui tendit la main, le surprenant encore. « Lowell Faulkner. J'aurais du me présenter avant. Désolé. »

« Alex Wood. »

« Je sais. » dit-il laconiquement. Alex lui serra fermement la main, mais ils se la lâchèrent vite, se sentant un peu exposés. Faulkner enfouit ses mains profondément dans les poches de son pantalon, sa robe repoussée derrière ses bras comme un blazer. Il oscillait d'avant en arrière sur ses talons, se mordant les lèvres. « Alors, » dit-il finalement, hésitant. « Depuis combien de temps tu sais ? »

Il l'avait dit très vite, et Alex avait dû se concentrer très fort pour arriver à comprendre ce qu'il avait dit. Puis il avait dû comprendre ce qu'il voulait dire. Une minute plus tard, il avait saisi. « Oh ! » dit-il, se sentant assez bête. « Hum… depuis un moment. J'étais assez jeune je pense. Et toi ? »

Faulkner acquiesça. « Oui. Pareil. »

Alex se sentait assez mal à l'aise, comme s'il avait trop de bras ou de jambes. Il montra le sol d'un geste de la main. « Pourquoi ne pas nous asseoir ? »

Faulkner acquiesça et se baissa gracieusement, ses jambes se pliant proprement. Alex se sentait comme un gros balourd, grognant comme il arrivait au sol, posant ses bras sur ses genoux. « Alors, » dit soudain Faulkner. « Pour toi c'est Weasley ? »

Alex déglutit. « Heu, non, pas vraiment. Je veux dire, c'est sûr que Bill est agréable à regarder. Mais il est vraiment juste un ami. En fait… J'ai été amoureux de quelqu'un d'autre quand j'étais plus jeune. Tu te souviens de… de l'explosion chez Honeydukes ? » La voix d'Alex était devenue très douce, il n'aimait pas parler de comment Orville était mort. Faulkner acquiesça.

« Oui, je me souviens. C'était horrible. » dit-il avec conviction, secouant la tête.

Alex acquiesça. « Oui. L'un de mes meilleurs amis a été tué… Orville Simpson. Seulement… Je ne l'aimais pas simplement comme un ami… »

Faulkner acquiesça, comprenant. « Je vois… »

Alex grimaça, et commença arracher des touffes d'herbe. « J'étais seulement en deuxième année. Et… Et ce n'était même pas physique vraiment. Simplement, il… » Alex ferma les yeux et s'imagina Orville très clairement « Il avait ce superbe sourire. Et je voulais juste le rendre heureux, le voir me regarder avec un de ses sourires. » Il ouvrit les yeux et se sentit rougir. « Cela doit te sembler stupide, je suppose… »

A sa surprise, Lowell Faulkner rit. « Non, c'est pas le cas. Tu aurais probablement ri si tu avais su de qui je suis tombé amoureux en premier. »

Alex sourit, l'encourageant. « Qui ? »

Faulkner regarda autour de lui, comme si quelqu'un aurait pu les entendre. « Tu te souviens d'un Serpentard qui a fini l'école il y a une paire d'années… »

« Un Serpentard ! » dit Alex avec surprise. Faulkner rougit et dit à Alex « Désolé. Continue. »

« Oui, bien, il sortait avec cette préfète en chef qui était de ta maison, mais ensuite, il a rompu avec elle… »

Alex ouvrit de grands yeux. « Rogue ? tu es tombé amoureux de Rogue ? »

« Chut ! » lui dit rapidement Faulkner, dominant les paroles d'Alex. « Tu veux que tout le château t'entende ? » dit-il d'un chuchotement fort, même s'il n'y avait personne d'autre visible sur le domaine. « Oui, c'était Rogue. Je suppose que sa rupture avec Evans a alimenté mes fantasmes, tu sais ? Comme s'il rejetait toutes les femmes. Et puis quelque chose est arrivé qui a rendu les choses encore pire… »

« Quoi ? »

Faulkner eut l'air triomphant. « J'ai découvert qu'il était comme nous. » Alex resta bouche bée. « Non, tu plaisantes ! »

Faulkner leva la mains, comme s'il prêtait serment. « Je te le jure. Tu connais Barty Croupton en septième année ? Le don de Dieu aux préfets ? » Alex rit à cela. Croupton était une malédiction pour tout le monde, un préfet qui pensait qui pensait être destiné à être préfet en chef mais qui avait dû voir quelqu'un d'autre recevoir ce titre (dans ce cas, un Poufsouffle costaud et diligent). Croupton était connu pour enlever des points de maison à la moindre provocation (ou même sans provocation) pour qui n'était pas à Serdaigle, pour dire à tort et à travers le nom de son père, et pour avoir donné envie à tout le monde de le tuer quand il avait reçu ses douze BUSEs deux années auparavant. Il avait été complètement insupportable avec cela.

« Bien, l'an dernier, Rogue est venu le chercher à la gare à la fin du trimestre, en juin. Et il allait passer l'été avec Rogue et son oncle. Je les ai entendu parler à la gare. » Il secoua la tête. « Je ne pouvais pas y croire. Ce doit être pour cela que Croupton est si grognon cette année. En plus de ne pas être préfet en chef, son petit ami lui manque. »

Alex était coi. « Waou. » dit-il finalement. « Je 'en avais aucune idée. »

Faulkner secoua la tête. « Je doute que quiconque sache. Pense à ce que ferait le père de Croupton si cela venait à se savoir ! » Il soupira. « C'est le genre de chose qui me donne presque envie de faire du chantage… »

Alex rit à cela. « Bien, quelqu'un pourrait nous faire chanter tout aussi aisément… »

Faulkner haussa les épaules. « Non. Techniquement, nous n'avons rien fait. Encore. »

Alex resta suspendu au mot 'Encore'. C'était un mot plein d'espoir. Il regarda Lowell Faulkner, le cœur dans la gorge, réalisant que malgré toutes ses bravades, et son année supplémentaire, cet autre garçon était aussi inexpérimenté que lui…

Les trois marchaient maintenant vers la rue, pour héler un taxi pour Mary Ann, et puis un pour eux. Quand la voiture s'arrêta et qu'il chargèrent sa malle dans le coffre, elle jeta ses bras autour d'Alex, le serrant très fort. « J'attend beaucoup de chouettes de ta part, tu entends ? »

Il lui sourit. « Bien sûr. Et toi, passe un bon moment sur l'île de Wight. »

Elle se tourna vers Lowell et lui fit un signe de la tête. « Prend bien soin de lui maintenant. Je te fais confiance. »

Il rit. « Bien, je m'assurerai que ta confiance n'est pas mal placée. »

Quand ils furent finalement confortablement installés dans le siège arrière de leur propre taxi, filant dans Londres, et finalement vers la maison de Faulkner à Mayfair, Alex prit la main de Lowell et la serra. Il voulait l'embrasser, comme il l'avait aussi embrassé à la gare, le désir brûlant dans ses veines, et la menace imminente de la découverte le rendant faisant se sentir encore plus énergique. Le chauffeur les regarda brièvement dans le miroir et Alex fut content qu'il ne puisse pas voir leurs mains. C'était déjà assez chaud de prendre des taxis moldus. Les chauffeurs avaient beaucoup de questions curieuses sur les chouettes des élèves de Poudlard, ou leurs grandes malles, et quelques élèves ne pensaient pas non plus à enlever leurs robes de sorcier avant de sortir du quai neuf trois quarts (ce n'était pas le cas de Lowell et Alex).

Mais pour le moment, personne ne pouvait voir leurs mains jointes. Se tenir les mains était tout ce qu'ils avaient fait pendant un moment, et le premier jour, derrière les serres, ils n'avaient pas fait beaucoup cela après leur poignée de main initiale. Si l'on ne pouvait pas voir les mains, il n'y avait rien pour suggérer qu'ils étaient autre chose que des amis. Le chauffeur, de son côté, ne savait pas qu'ils étaient un couple, ni qu'ils étaient sorciers. « Alors, » lui demanda doucement Lowell, « Est-ce que l'un d'eux a des suspicions ? A part Mary Ann, bien sûr. »

Alex secoua la tête, confiant en cela au moins. « Pas la moindre once. Ils pensent que Mary Ann et moi sommes un couple parfaitement heureux. » Il sentit le doigt de Lowell bouger légèrement, dessinant un cercla dans la paume de sa main, et Alex déglutit, Se figeant un instant comme il pensait au stade suivant de leur relation. Il avait seize ans, il avait finalement un petit ami, et il semblait même possible qu'il puisse avoir une relation physique avec son petit ami qui aille au-delà d'un baiser. C'était à la fois excitant et terrifiant. Alex ne savait pas s'il voulait dire au chauffeur de se presser, ou de retourner à la gare.

Lowell avait l'air d'avoir peur aussi, mais il acquiesça, serrant la main d'Alex, regardant devant comme le chauffeur se glissait dans le trafic chaotique de Londres. Il dit doucement.

Personne ne suspecte rien non plus de mon côté. »