La génération perdue
(1975-1982)
Chapitre quinze
Triangles
Lundi 14 Juillet 1980
Severus Rogue parcourut du regard le hall d'entrée caverneux du manoir Malfoy. La collection d'armure sur le mur opposé donnait au visiteur l'impression qu'il n'était pas tant accueilli que tenu au loin jusqu'à ce que l'on détermine s'il était ami ou ennemi. Severus déglutit, attendant d'être remarqué, passant la boîte de taille moyenne qu'il portait d'une main à l'autre. Il était très content de pouvoir transplaner d'un intérieur (celui de son oncle à Dunoon) à au autre, sans avoir à sortir dehors sous le chaud soleil de juillet. Le halle d'entrée en pierre était haut et frais, spécialement comparé à l'appartement poussiéreux et exigu au dessus de l'apothicaire de son oncle, mais en dépit de l'environnement agréable (à l'exception des armures menaçantes), il voulait juste en finir avec cela.
Finalement, un fort crac ! résonnant dans le hall, et un elfe de maison apparut. Il avait de grands yeux verts et un long nez pointu, et portait ce qui semblait être une taie d'oreiller. Severus s'éloigna de la créature. Il n'était pas habitué aux elfes de maison. Il avait entendu parler d'eux à Poudlard, mais il ne les avait jamais vus. Ils restaient trop bien cachés.
« Vous être à me suivre, sir. » couina l'elfe, se tournant le conduisant dans les larges escaliers. Severus hésita d'abord, puis il suivit l'elfe, restant quelques pas derrière. Il se retrouva finalement dans un couloir à l'étage aux proportions généreuses, couvert de portraits de ce qui semblait être la famille Malfoy. De nombreux membres semblaient tout aussi déplaisant que Lucius. Plus d'un ancêtre Malfoy renifla au passage de Severus vers la pièce où l'elfe le menait, et même quelques dames Malfoy roulèrent les yeux et levèrent les yeux quand il passa.
« Vous être à entre ici, sir. » lui couina l'elfe, ouvrant une double porte qui conduisait dans un gracieux salon qui dominait l'allée de devant. La pièce au haut plafond était vide de tout être humain, mais pas vide en tant que telle. Severus résista à l'envie de tourner en rond et de regarder les détails des dorures, les tapisseries élaborées, les meubles sculptés et les chandeliers en cristal. L'elfe partit sans demander son reste, comme Severus savait qu'il ne devait pas être pris en train de remercier un elfe.
Il posa le cadeau sur une chaise avec de délicats pieds courbés et s'avança vers la fenêtre, regardant la généreuse pelouse verte devant la maison, qui était proprement divisée en deux par une allée d'arbres formant une voûte au-dessus de la route conduisant à la court en gravier devant la porte d'entrée. En baissant les yeux, il put voir que les marches de devant étaient flanquées par d'énormes buis taillés en forme de dragons verts gallois (plus petits que nature). Si ce n'était ces dragons, cela aurait pu être n'importe quel domaine moldu n'importe où en Grande-Bretagne. Mais ce n'était pas le cas. C'était la demeure d'un très puissant mage noir et de sa famille, et Severus avait l'impression de marcher sur des œufs tout le temps qu'il passait dans cette maison. Il n'était même pas sûr qu'il était seul quand il semblait l'être, et il ne pensait pas que c'était un signe de paranoïa de penser qu'il était regardé et de se comporter en conséquences.
Severus se tourna avec surprise quand les portes de la pièce s'ouvrirent violemment et que Lucius Malfoy entra à grandes enjambées dans la pièce. Il vit une expression satisfaite sur le visage de Malfoy quand ce dernier vit que son entrée l'avait surpris. Il n'était pas habillé comme s'il attendait des visiteurs. Il semblait avoir fait du cheval, ses longs cheveux clairs tirés en arrière sur sa nuque et le col de sa chemise déboutonné à cause de la chaude journée d'automne. Il portait une cravache sous son bras droit, que Severus avait sur l'instant prise pour une baguette. Un sourire tordu sur son visage encore pâle en dépit du fait qu'il avait fait du cheval sous le soleil, Lucius Malfoy se dirigea lentement vers Severus Rogue avec les mains dans les poches de sa veste de jockey, la cravache encore entre son bras droit et son torse.
« Bien Severus. Il est temps que vous veniez me présenter vos respects. » dit-il, se balançant d'avant en arrière sur les talons et le devant des ses bottes luisantes. Il garda les mains dans ses poches et ne fit aucun geste pour prendre le cadeau de son hôte. Severus avait été sur le point de tendre sa main à Malfoy, mais il y réfléchit mieux, sachant qu'il aurait l'air d'un grand imbécile si Malfoy ne répondait pas. « Mon fils a une semaine aujourd'hui. » continua Lucius Malfoy. « Je m'attendais à ce que vous vous manifestiez plus tôt que cela. A la place, vous avez choisi de me rendre visite un jour terrible pour l'histoire de ma famille. Savez-vous combien de Malfoy ont été tués pendant la Révolution, pendant que ces animaux détruisaient la Bastille ce jour-là, il y a presque deux-cent ans ? tout les Malfoy n'ont pas été tués, évidemment, mais s'il n'y avait pas eu cette branche de la famille qui était venue ici avec Guillaume le Conquérant, il n'y aurait pas eu de Malfoy pour revenir en France et réclamer les terres de nos ancêtres après la restauration de la monarchie… »
« Quoi ? » fit Severus dans un simulacre de surprise, haussant les sourcils. « Est-ce qu'une bande de moldus était trop à gérer ? »
Lucius Malfoy renifla. « Non. C'étaient des sorciers aimant les moldus, des traites à leur espèce, qui les ont assassinés. Quelques uns s'appelaient… Prud'homme. »
Rogue déglutit, n'aimant pas le tour que la conversation prenait. « Comme c'est intéressant. » dit-il, essayant d'empêcher sa voix de trembler. Il fit une tentative pour avoir l'air plus négligeant, mais il n'était pas certain que cela marche. « Comme c'est drôle que cela puisse être vrai, quand vous avez dit que nous étions tous les deux du clan Campbell du côté de nos mère, mais mère ayant été une MacDermid et tout. »
Lucius acquiesça, lançant un coup d'œil au petit paquet maladroitement emballé sur la chaise avec un reniflement dédaigneux. « Vrai. Et ceci est à votre crédit, même si elle était une Serdaigle. Je dirais qu'après les Serpentards, les Serdaigles sont ce qu'il y a de mieux. Cette intelligence a souvent été assez utile pour garder les nés de moldus et les amoureux de moldus à leurs places. Après tout, notre jeune Mr Croupton est un Serdaigle. »
« Etait. Il vient de finir sa septième année. » dit automatiquement Severus.
Lucius s'arrêta à cela, l'air plus que moyennement ennuyé d'être corrigé. « Il est encore un Serdaigle comme vous et moi serons toujours des Serpentards. Vous avez fini l'école il y a deux ans, et je l'ai finie il y a huit ans, mais nous serons toujours des Serpentards. » Sa voix était très dure, et ne supportait aucune contradiction. Severus acquiesça brièvement, ne voulant pas le contrarier davantage. Momentanément, Le visage de Lucius Malfoy se relaxa. Il prit la cravache de sous son bras et se jeta dans un fauteuil en cuir noir avec des gros accoudoirs, commençant à se frapper les cuisses avec la cravache, une sorte d'habitude nerveuse, de toute évidence. « En tous cas, nous reviendrons au sujet du jeune Croupton dans un moment. Je parlais de votre famille, avant d'être interrompu. »
Non, vous parliez de Barty avant d'être interrompu, mais j'aurais dû vous interrompre encore pour vous le dire, pensa rebellement Severus.
« Ah bon ? » dit-il innocemment, s'asseyant sur un canapé en velours vert sombre à côté du fauteuil de Malfoy.
Malfoy ricana. « Vous savez très bien ce dont nous discutions. La famille Prud'homme. J'ai fait quelques recherches sur vos antécédents. Je ne connaissais auparavant que vos parents. Il s'est avéré que votre grand-mère était une Prud'homme, entre toutes choses. » dit-il, comme si cela la rendait d'une manière ou d'une autre sous-humaine. « Je la blâme d'avoir forcé votre grand-père à devenir auror. Les MacDermid avaient été une branche de sang pur du clan Campbell parfaitement respectable jusqu'à ce qu'elle les joigne. » Severus essaya de ne trahir aucune émotion en réponse à cette affirmation.
Lucius Malfoy secoua la tête, souriant, l'air presque authentiquement amical. « Et vous avez été assez humble quant à l'histoire de la famille de votre père, mon garçon. Pourquoi ne m'avez-vous jamais dit que vous étiez de ces Rogue ? Rogue Bridge, au-dessus de la rivière Alde, était la seule route vers le nord depuis Londres pendant des lustres, et votre famille collectait une taxe sur quiconque qui devait y passer dessus, sorcier ou moldu ! La ville a été nommée 'Rogue'. Et les légendes sur les sorts dont souffraient de la main de vos ancêtres les personnes qui ne payaient pas la taxe… » Il jubilait presque. « Vous savez, vous devriez vraiment faire des recherches dans l'histoire de votre propre famille. Il y a quelques bonnes choses. Quel dommage que votre grand-père MacDermid ne se soit pas soucié de maintenir l'honneur du Clan Campbell, ni votre grand-mère. C'est un miracle que leur fille ait eu le bon sens d'épouser un Rogue. Au moins, ils ne troublent plus ce de notre espèce… » Severus serra le bord du canapé fort, se forçant à ne pas lancer un maléfice sur Malfoy. « Quel nom complètement stupide aussi que Prud'homme. Comme c'est simpliste. L'homme prude. » renifla Malfoy avec dérision. Son obsession pour les lignées commençait définitivement à ennuyer Severus.
« Oui. » dit Severus, bien qu'il sache que cela ne sonnait pas nécessairement comme s'il était d'accord. « Mauvaise foi, d'un autre côté, est bien plus dur à expliquer. Est-ce que cela signifie que les Malfoy ne croyaient pas dans les autres, croyaient dans la 'mauvaise' chose, comme les hérétiques, ou que ce n'était pas prudent d'avoir confiance en eux ? » Il haussa les sourcils dans l'attente d'une réponse.
Le rictus de Malfoy grandissait sur son visage. « Laisse les deviner aurait peut-être dû être la devise familiale. » dit-il d'une voix soyeuse. « Au moins vos parents ont aidé à racheter vos amoureux de moldus et amis de Dumbledore de grands-parents. Tués par des aurors ! » Il se pencha avidement en avant, ses yeux brillants. « Dites-moi, qu'allaient-ils faire à ce moment-là ? Le Seigneur des Ténèbres m'a dit qu'ils n'étaient pas ses serviteurs, à sa connaissance, mais qu'ils devaient avoir travaillé avec d'autres mangemorts si des aurors avaient trouvé si important de les tuer… »
Severus le regarda sans cligner des yeux. « Du shopping. » dit-il laconiquement, sa mâchoire serrée si fort qu'elle lui faisait mal.
« Eh ? » dit Malfoy, se renfrognant, baissant les yeux pour regarder une tâche sur ses jodhpurs. »
« Ils faisaient du shopping quand ils ont été tués. » répéta Severus, sentant encore l'envie irrésistible de lui lancer un maléfice. « Vous êtes très intéressé par l'histoire de ma famille. » dit-il en rétrécissant ses yeux comme il scrutait Malfoy.
Lucius Malfoy croisa son regard, ne cillant pas. Rogue eut envie de frissonner en regardant les yeux gris froids à travers l'espace vide. « Le sang est très important pour moi. Le bon sang. Quand tout et dit et tout est fait, même les Prud'homme ont une lignée impeccable. Une disgrâce au nom des sorciers en leur temps, mais au moins, il ne semble pas y avoir de trace de cela en toi. Les Prud'homme sont des descendants des fondateurs de Beauxbatons, saviez-vous cela ? »
Avant que Severus ne puisse répondre, Narcissa Malfoy apparut dans l'entrée de la porte, portant un paquet enveloppé dans une couverture. Elle avait l'air fatiguée, des cernes noires sous les yeux, et ses habits étaient légèrement en désordre. Il y avait un morceau de tissu décoloré sur chaque épaule de sa robe d'été légère, et comme elle traversait la pièce, remontant le bébé à son épaule et lui tapant dans le dos, Severus apprit la raison de cela. L'enfant, mit en position vertical, vomit promptement sur l'épaule de sa mère. C'était juste une petite décharge, et elle fut immédiatement absorbée par le tissu déjà tâché, mais cela fait grimacer Severus et il détourna le regard. Il n'était pas habitué aux bébés. De toute évidence, Lucius ne trouva pas cela plus attirant que lui.
« Ne peux-tu pas laisser la nourrice le prendre quand il fait cela ? » dit Lucius Malfoy avec dégoût. Sa femme se comporta comme si il n'avait rien dit.
« Je comprends que nous avons un visiteur qui vient apporter ses respects à notre petit Dragon. » dit Narcissa, faisait sauter le bébé, même si cela semblait faire empirer les émissions. Elle dévisagea Severus Rogue de haut en bas, le faisant se sentir aussi nu qu'il l'avait été dans la piscine au château d'Ascog. Il trouva soudain très dur d'oublier ce à quoi elle ressemblait sans aucun de ses habits aussi. Son visage se réchauffa, et elle se détourna d'elle, essayant de trouver une raison de regarder ailleurs. C'était bien plus gênant que ce qu'il avait prévu. Il n'avait pas pensé à la possibilité de rencontrer Narcissa, bien qu'il aurait sûrement du.
« J'ai amené un cadeau. » dit maladroitement Severus, prenant la boîte et la lui présentant. Elle ne la prit pas mais s'assit sur un fauteuil, tenant le bébé contre sa poitrine.
« Ouvre-le Lucius. Je ne peux paS. » Elle ne regarda pas Severus. Il était passé de l'impression qu'elle le déshabillait du regard à celle d'être invisible pour elle.
Son époux ne bougea pas d'abord. Severus tendit la boîte gauchement emballée à Malfoy, attendant. Il le fit se tenir là comme un idiot pendant une bonne minute, tendant la boîte pendant que Malfoy la fixait, avant qu'il ne la prenne rapidement des mains de Severus et ne commence impatiemment à déchirer le papier.
A l'intérieur se trouvaient quelques blocs de bois, ainsi qu'un petit objet gélatineux dont le but mystifia clairement Lucius Malfoy… Au début.
« Ce sont des blocs Froebel. » essaya d'expliquer Severus. « Inventés il y a quelques temps par un sorcier allemand. »
Lucius haussa les sourcils et leva l'objet gélatineux comme s'il n'avait jamais été plus offensé dans sa vie.
« Est-ce ce que je pense que c'est ? » chuchota-t-il.
Severus déglutit avant de répondre. « C'est en fait une invention de mon oncle. Il en a donné une à mes parents quand je suis né. Elle est imprégnée d'une réserve permanente d'anti-douleur local qui prend effet quand un enfant la suce. Elle est très efficace quand les dents percent, de telle sorte que votre femme n'aura pas besoin de se lever la nuit quand il fera ses dents. Ce ne sera pas avant cinq ou six mois, bien sûr, mais il vaut mieux être préparé… »
Cependant, Severus n'était pas du tout préparé à ce que Lucius Malfoy aille à la fenêtre avec l'offensant objet et le jette par l'ouverture avec de rapidement sortir sa baguette de sa botte droite et de faire exploser la chose en débris infinitésimaux, qui devaient maintenant probablement pleuvoir sur le marches de l'entrée de la maison.
Severus déglutit. Oh, ne me laisse pas t'arrêter de sur-réagir, pensa-t-il amèrement.
Malfoy se tourna vers son hôte et sa femme en disant. « Et je ne veux plus jamais voir une de ces choses dans ma maison. Mon fils connaîtra ce qu'est la douleur aussi jeune que possible. Il saura ce qu'est souffrir, et quand je lui dirai de l'endurer, il dira 'Merci père', et il me sera vraiment reconnaissant de ne pas l'avoir autorisé à grandir en étant faible et doux. Il ne roulera pas joyeusement dans son berceau en suçant la-dessus, comme s'il avait tout le temps les seins de ma femme avec lui. Et pour ce qui est d'épargner à ma femme de se lever la nuit pour s'en occuper… C'est ce pourquoi nous payons la nurse. »
Il lança un regard noir à Severus qui le soutint avec résolution, déglutissant. « Bien, » dit-il doucement. « Vous savez ce qui est bon pour votre fils. » Il n'avait jamais vu une réaction si impolie à un cadeau de toute sa vie. Malfoy était la pire espèce d'aristocrate égocentrique et pourri selon lui. Malheureusement, il était aussi le principal contact de Severus parmi les Mangemorts, et il devait rester du bon côté vis-à-vis de Malfoy. Cela ne le ferait pas de montrer de la faiblesse ou de la rébellion.
Mais Lucius Malfoy, en pleine démonstration de ses prouesses de saute d'humeur, se comportait maintenant comme si rien en dehors de l'ordinaire ne s'était produit. Il revint à grand pas vers le fauteuil où il était assis et prit la boîte de blocs de bois. « Alors, » dit-il avec entrain, « que font ces choses ? »
Severus se sentait plus en sécurité. Il pouvait expliquer ce qu'étaient les blocs Froeble sans qu'il y ait une explosion… Il espérait. « Bien, Froebel les a conçu pour des enfants de sorciers, quelque chose qui peut mettre en évidence la nature magique d'un enfant et l'augmente sans l'aide d'une baguette, pour aider l'enfant à construire ce qu'il veut. Sa volonté contrôle la structure. Si un moldu leur met la main dessus… Et des moldus en ont, évidemment, ils se comportent simplement comme des blocs de bois ordinaires. Ils ne sont pas vraiment ce que l'on appellerait magiques, mais enchantés. Comme un balai. La personne qui les manipule doit être magique pour qu'ils répondent. »Il passa sa main au-dessus des blocs et pensa intensément à sa maison d'enfance à Oxford. Les blocs se ré-arrangèrent en une bonne approximation d'elle. Cela aidait que lui et ses parents aient vécu dans une maison très cubique. Severus leva les yeux pour voir si les Malfoy appréciaient le cadeau de ces blocs. A ce point, il était assez préparé à ce qu'ils soient incendiés. « Bien sûr, il les mettra probablement à la bouche pour un moment encore, » dit Severus, montrant le bébé de la tête, « mais ils ne sont pas abîmés par l'humidité. » ajouta-t-il, pensa avec dégoût à l'enfant vomissant sur les blocs.
Cependant, au moment ou il recherchait son approbation, Narcissa choisit d'ouvrir le devant de sa robe, exposant complètement toute sa poitrine, qui était bien plus grosse qu'il ne s'en souvenait (Le lait, réalisa-t-il), et mettant le bébé pleurnichant contre l'un de ses seins. Elle ne se recouvrit pas l'autre sein comme elle nourrissait son fils. Sa petite main reposait contre la chair courbe comme il buvait avec contentement. Son sein exposé semblait être comme un autre œil, le fixant, et il le fixai stupidement.
Soudain, il y eut une voix dans son oreille. « Des réminiscences, Rogue ? Vous revenez à quand vous l'aviez, à la fête de Black et Potter ? » Il se tourna alarmé. Lucius Malfoy était a peu près aussi proche de lui que Narcissa l'avait été quand ils baisaient. Il pouvait sentir le souffle chaud de Malfoy sur son visage. « Vous auriez dû me le dire vous-même, au moins… »
Et soudain, sa baguette volait en dehors de la poche de sa robe, et il était projeté en travers de la pièce. Il semblait que son cerveau soit ne traitait pas les informations dans le bon ordre, soit qu'il était simplement confus. Après les faits, il réalisa que Malfoy avait crié « Expelliarmus ! », sa baguette pointée sur Severus dans sa main droite tandis qu'il avait utilisé sa main gauche pour attraper la baguette de Severus qui avait volé de la poche de sa robe. Severus frappa fort le mur, mais l'impact fut heureusement amorti par une lourde tapisserie pendue là. Il était certain que s'il y avait réfléchi, Lucius Malfoy se serait arrangé pour qu'il vole dans quelque chose de bien moins confortable, mais cela ne semblait pas avoir été planifié.
« C'était… C'était il y a plus de deux ans. » dit Severus, titubant, essayant d'empêcher sa voix de monter dans les aigus. Il se pressa contre la tapisserie et essaya de reprendre son souffle. « Vous… Vous n'étiez pas mariés… Et nous… ? Nous n'avons pas… »
« … fini ? » dit Malfoy, un sourire tordu apparaissant au coin de sa bouche comme il se promenait tranquillement en direction de Severus. « C'est ce que Narcissa m'a dit. Elle pensait que c'était assez drôle, vraiment. Et votre ancienne petite amie vous a surpris tous les deux ensemble. J'aurais aimé être là ! » croassa-t-il, faisant se renfrogner Severus. Il avait été assez alarmé par le comportement sexuel affiché par ses camarades de Serpentard à cette fête. Il commençait à penser qu'il devait faire une sortie très rapide avant de risquer de se retrouver pris dans quelque chose de similaire. En dépit du fait que cela avait été le dernier contact sexuel qu'il avait eu avec quiconque, il se sentait plus alarmé qu'excité par la suggestivité de la voix de Lucius Malfoy. Il me faut sortir de là, pensa-t-il, désespéré. Malheureusement, il n'avait jamais pu jusqu'à présent décider quand ses rencontres ave Malfoy étaient finies. Malfoy lui permettait de quitter sa présence quand il en tournait, et généralement longtemps après que Severus soit passé en-deça de son niveau de confort.
« Tracheo suo passus est ! » cria soudain Lucius Malfoy, pointant sa baguette. Les yeux de Severus s'ouvrirent en grand et il se tint la gorge à deux mains, tombant à genoux, convaincu qu'il mourrait. Puis la douleur disparut abruptement. C'était comme si on l'avait poignardé à la gorge, mais qu'après que le sort se soit fini, il n'y en ait aucune trace. Cependant, pensa Severus, pendant un moment la douleur a été bien réelle.
Malfoy se tenait au-dessus de lui maintenant, avec encore un sourire dément. « Cela vous apprendra à ne la toucher qu'à mon expresse permission. » dit-il doucement, tendant une main pour aider Severus à se lever. Il prit la main, sentant qu'il était prudent de le faire, mais la lâcha dès qu'il fut de nouveau sur ses pieds. Narcissa nourrissait encore le bébé, cette fois-ci à l'autre sein. Celui que le bébé venait de téter avait un téton rouge foncé étiré qui capturait encore le regard de Severus. Lucius Malfoy se tourna pour regarder ce que le jeune homme regardait, et il aboya à sa femme « Je ne crois pas l'avoir entendu pleurer pour être nourri, n'est-ce pas ? Tu vas attendre qu'il te fasse savoir qu'il a faim, tu entends ? Et puis tu vas le laisser pleurer pendant un bon moment. S'il pense que tu vas le nourrir avant même qu'il ne demande, il n'apprendra jamais à ouvrir sa bouche et à demander ce qu'il veut. »
A l'immense soulagement de Severus, elle enleva le bébé de sur sa poitrine et referma sa robe, croisant son regard avec un clin d'œil lascif. Laisse-moi partir, laisse-moi partir… pensait-il désespérément. Il ne s'était jamais senti aussi mal à l'aise de toute sa vie.
Comme s'il lisait ses pensées, Lucius Malfoy lui fit négligemment un signe de baguette maintenant. « Vous pouvez y aller, Rogue. Vous avez fait votre devoir. Dans le futur, essayez d'être un peu plus rapide pour cela. »
Severus déglutit, se demandant si cela devait être pris pour un 'merci'.
« Vien sûr, sir. Je dois vraiment repartir… »
« Souvenez-vous. » dit Malfoy, se tournant et haussant un sourcil. « La semaine prochaine, vous et votre protégé serez… bien, vous savez ? J'attends que vous le prépariez pour cela. Et s'il vous donne quelque problème que ce soit, Je peux vous faire confiance pour traiter le problème… ? »
Severus acquiesça, déglutissant. « Bien sûr. » Qu'est-ce que cela signifiait ? Il aurait peut-être à tuer le fils du chef du département des forces de l'ordre magiques ? Il n'aimait pas l'idée de devoir tuer quiconque. Il y avait beaucoup de choses qu'il n'aimait pas faire qu'il serait forcé de faire, pensa-t-il avec appréhension. Mais il s'attaquerait à ce problème quand il se présenterait à lui.
« Bonne journée, Rogue. Vous entendrez bientôt de mes nouvelles. » ajouta Malfoy, comme s'il ne venait pas de désarmer et de lancer un maléfice sur son hôte. Severus soupira. Il était libéré. Cela lui allait. Son épreuve était finalement terminée. Malfoy lui tendit sa baguette.
« Au revoir, sir. Madame. » ajouta-t-il, avec une petite courbette démodée à l'attention de Narcissa. Cela lui semblait étrange comme il faisait cela, et pourtant, il n'avait jamais eu l'impression que quoique ce soit qu'il faisait autour d'eux était complètement naturel. C'était comme s'il jouait un rôle tout le temps, le rôle de Severus Rogue, Mangemort.
Avec un geste de sa baguette, il transplana hors du manoir Malfoy, rempli de soulagement.
Jeudi 31 Juillet 1980
Peter tressaillit comme Lily lui serra fort la main. Quand la douleur de la contraction s'atténua, sa prise se relâcha, mais elle ne libéra pas ses doigts. Peter écarta quelques cheveux de son front et la scruta. Il ne pouvait pas supporter l'idée qu'elle souffre. Les yeux de Lily ne semblaient plus verts, mais noirs de douleurs, seulement une petite couronne de couleur visible autour de ses pupilles dilatées. Elle posa sa main gauche au-dessus des mains de Peter refermées sur sa main droite.
« Oh, Peter, Je suis si contente que tu sois là ! » s'étrangla-t-elle.
Son cœur chavira comme il la regardait. « Là, allez Lily. Tu es une brave fille. Ce n'était pas si terrible, n'est-ce pas ? » Il ne croyait pas un mot de ce qu'il venait de dire. Oh, il pensait qu'elle était brave, mais il ne pensait pas un instant que la douleur n'était pas terrible. Il pensa à combien de fois il avait supporté le sort de Cruciatus, et tandis que ce ne devait sûrement pas être pire que cela, la plupart des gens n'étaient pas volontaires pour se voir le Cruciatus lancé dessus.
Elle lui sourit avec gratitude. « Non, Peter. Tu as raison. Ce n'est pas si terrible. » Il avait le sentiment qu'elle mentait aussi, mais c'était un mensonge nécessaire. Elle devait mentir, plus pour elle-même, afin de pouvoir continuer.
« Quand est-ce que James va arriver ici ? » Il y avait une trace de tristesse dans sa voix.
« Je ne sais pas. Je suis désolé de ne pas avoir pu transplaner pour le faire venir ici. Je ne suis pas familier de Montrose, et encore moins de l'endroit où les Magpies s'entraînent. J'aurais fini désartibulé. Ta chouette est assez rapide, n'est-ce pas ? Elle va aller à lui et il va apprendre ce qui se passer et il sera là en un instant, tu verras. »
Elle acquiesça, commençant à serrer à nouveau sa main. Puis elle haleta et Peter du lui rendre sa pression pour éviter d'avoir ses doigts écrasés. Elle respira par petits à coups comme elle regardait dans le vide, les yeux grands ouverts. Peter reprit le décompte qu'il avait tenu pour elle avant.
« Un, deux, trois, quatre… »
Quand cette contraction fut passée, elle relâcha sa main et se reposa sur son oreiller, fermant les yeux. « Oh, je ne sais pas combien de cela je pourrais supporter Peter… » Elle mit une main sur son ventre très Ron. Peter lui lança un regard noir, haïssant le bébé, haïssant n'importe quoi ou n'importe qui faisant souffrir Lily. Stupide bébé ! Stupide James qui a engendré ce stupide bébé !
« Peter? »
« Hmm ? Quoi ? »
« Je répétais ton nom. Tu regardais dans le vide. Mon Dieu, tu dois être épuisé ! D'abord en étant avec moi dans l'appartement pendant que nous déterminions si c'était bien mon travail qui commençait, puis en envoyant Calliope à James, en appelant le taxi, et puis maintenant en étant à mon chevet maintenant que j'essaye de te casser la main. Quand James arrivera, tu devras définitivement aller te reposer… »
Peter se rassembla, essayant de ne pas avoir l'air aussi fatigué qu'il l'était. « Ne dis pas de bêtises, Lily. Je vais bien. Mais je suis inquiet pour toi. Es-tu certaine de ne pas vouloir aller chez une sorcière sage-femme ? Pourquoi dois-tu faire cela dans un hôpital moldu ? » Il regarda autour de lui la pièce blanche stérile, les chromes brillants et les technologies à l'air étranger. Il ne comprenait même pas comme fonctionnaient les cordes pour ouvrir et refermer les stores et les rideaux. Une infirmière avait dû venir les fermer quand Lily s'était plainte d'avoir la lumière dans les yeux, après qu'il les ai mises en vrac.
Elle secoua la tête avec vigueur. « A un moment comme celui-là… J'ai besoin de ce qui m'est familier, Peter. Et les choses que Gemma m'a racontées… Bien, j'ai juste le sentiment que la magie ne devrait pas intervenir dans quelque chose comme la naissance d'un enfant. C'est ce que je ressens, et je ne changerai pas d'avis. J'ai vu le docteur VanDyke pendant toute ma grossesse et il me connaît. Je me sens à l'aise avec lui, et à l'aise ici. Peut-être… Peut-être que le prochaine fois j'envisagerai une naissance à la mode des sorciers. Mais maintenant, c'est ici que je veux être. »
Le prochaine fois ? Pensa Peter avec inquiétude. Il n'aimait pas ce à quoi cela ressemblait. Bien sûr, il n'aimait pas du tout contempler Lily et James coucher ensemble, mais cela avait parfois été assez difficile d'éviter de reconnaître qu'ils faisaient cela pendant qu'il vivait avec eux. Cela avait été très dur de vivre dans la négation de leur relation physique tard dans la grossesse de Lily. Bien sûr, la grossesse elle-même était un rappel quotidien évident de ce qu'ils avaient fait ensemble, mais il avait aussi espéré que cela signifierait que pendant les mois conduisant à la naissance, Lily et James cesseraient d'avoir des contacts sexuels. C'était une pensée réconfortante. Malheureusement, il s'était complètement mépris à ce sujet.
Un matin, juste après l'aube, il avait entendu de l'agitation provenir de derrière la porte de la chambre de Lily et James. Elle riait hystériquement.
« Oh, James ! » l'avait-il entendue dire. « Tu devrais voir ta tête ! Ne t'inquiète pas, viens là… Il y a des moyens d'éviter de me secouer, et tu n'as pas à te faire du souci… »
Le reste de la phrase resta inaudible pour Peter. Il entendit la voix de James répondant « Oh, continue de faire comme cela… » Il y avait un halètement dans la voix de James, et puis il fut réduit à un gémissement inarticulé.
Un rire dément émergea de derrière la porte. « Maintenant n'es-tu pas content que toutes ces hormones de la grosses me rendent si excitée tout le temps ? »
Peter s'était retiré sur son canapé et s'était enfoncé les doigts dans les oreilles, chantant la première musique qui lui était venue à l'esprit. (Tout ce à quoi il pouvait penser était 'Greensleeves', dont les paroles n'étaient pas exactement réconfortantes.). Elle était enceinte de presque neuf mois, et ils y allaient encore ! Il voulait jeter quelque chose, ou lancer un maléfice sur quelque chose. Surtout, il voulait jeter James Potter ou lui lancer un maléfice.
Mais James Potter n'était pas ici maintenant. Il n'était pas celui qui tenait la main de Lily et la réconfortait. Il était celui qui lui causait la douleur. Peter utilisa un pour de tissu doux pour essuyer la transpiration de sur son front, souriant gentiment. Quand une autre contraction s'empara d'elle, il mit sa main dans la sienne et rendit la pression quand elle la serra. Je suis là et pas lui. Peter avait pensé ne pas envoyer la chouette, ou ne pas écrire le bon message dans la lettre, mais il avait eu peur que plus tard, on s'aperçoive qu'il avait fait ces choses là. A la place, il avait fait exactement comme il avait dit qu'il ferait.
Alors ce n'était pas sa faute si James Potter ne s'était pas encore montré au chevet de sa femme, n'est-ce pas ? Peter savait que James devrait trouvait un point de transplanage approuvé près de l'aile de l'hôpital où était la maternité, mais James pouvait toujours transplaner dans leur appartement et prendre un taxi de là. Peter commençait à se sentir de plus en plus content de lui. Pas si fiable que ça maintenant, ton précieux mari ? Pensa-t-il en direction de Lily. Je suis là. Je ne te quitterai jamais.
Mais il n'avait pas plus tôt pensé cela que nul autre que James Potter en personne rentrait dans la chambre à grandes enjambées. Il ne portait plus sa robe de Quidditch, mais il avait encore ses pantalons crottés et le pull qu'il portait habituellement sous son uniforme des Montrose Magpies. Il alla vers le lit, et Peter sentit les doigts de Lily quitter les siens comme James lui prenait la main à sa place, au moment où une autre contraction commençait à la parcourir.
Peter se mit de côté, se sentant soudain inutile et rejeté. James compta et respira avec Lily, comme Peter avait fait, et quand la douleur fut passée, James lui sourit et lui donna un baiser sur les lèvres. « Tu pensais que je n'allais pas réussir à arriver à temps, n'est-ce pas ? » lui dit-il doucement.
Elle sourit à son mari, tout son amour pour James Potter visible dans ses yeux. « J'avais la fois que tu allais arriver. » dit-elle, et Peter pu dire qu'elle ne disait pas simplement des mots creux.
Il fut pris par surprise quand James se tourna soudain vers lui, croassant « Nous allons avoir un bébé ! » Il lança ses bras autour de Peter dans une accolade exubérante, et Peter lui tapota maladroitement le dos, forçant un sourire sur son visage. James le tint au bout des bras, lui souriant. « Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans toi, Peter. Tu es géant parmi les hommes ! » Il rit à sa propre plaisanterie. Peter arrivait à peine à sa clavicule.
Lily prit la main de Peter à nouveau, et il la lui céda volontiers. « Plaisanteries mises à part, Peter, je suis vraiment pleine de gratitude que tu sois là. » dit-elle doucement. Peter pouvait voir l'affection dans ses yeux et il sentit une boule monter dans sa gorge. Elle le pensait, elle le pensait vraiment. Il avait été là pour elle, son pilier de force, quelqu'un sur qui elle pouvait compter. James ne l'était pas, Sirius ne l'était pas, Remus ne l'était pas, son amie Cecilia ne l'était pas, ses camarades aurors ne l'étaient pas, Certainement que sa famille non plus ne l'était pas, bien qu'il sache qu'ils étaient tous dans une chambre d'hôpital à Londres au chevet de la mère de Lily. Sa mère était très malade à nouveau, et cela avait été quelque chose d'autre qui l'avait mise en détresse dans les derniers jours conduisant à son accouchement. Non, toutes ces personnes avaient mieux à faire. Il était celui à on côté, celui sur qui Lily pouvait compter, et elle le savait. Il sentit sa poitrine se gonfler un peu de fierté.
James tira la chaise que Peter avait occupée. C'était la seule de la pièce. Il s'assit à son côté et prit sa main dans la sienne à nouveau, se tournant vers Peter. « Tu devrais prendre un peu de repos maintenant, Peter. Ou à manger. Tu as besoin d'un peu d'argent moldu ? » son expression retomba soudain. « Ah, attends… J'ai utilisé mon dernier billet pour le taxi. Tu as quelque chose Lily ? »
Elle acquiesça. « Dans mon sac à main, là… »
« Je reviendrai. » lui dit Peter, une fois qu'il eut un billet de dix livres en poche. Il commença à partir, mais Lily ne le laissa pas faire.
« Oh, toi non. Reviens ici, Peter Pettigrew. »
Il s'approcha du lit et fut choqué quand elle tira sa tête vers la sienne et la tourna, embrassant sa joue. Il savait qu'il était probablement totalement écarlate quand il se remit debout. « Merci pour tout. » dit-elle encore, lui donnant, selon lui, le sourire le plus doux. Il lutta pour ne pas poser sa main sur sa jour, pour protéger et préserver l'endroit où elle l'avait embrassé.
« A quoi serviraient les amis ? » dit-il, essayant de paraître plus nonchalant qu'il ne l'était. Quand il quitta la pièce, James se penchait pour embrasser sa femme, transformant le sourire de Peter en un froncement de sourcil. Peter descendit à grands pas le couloir de l'hôpital en direction des ascenseurs, un tourbillon d'émotions contradictoires lui contractant l'estomac. Il pensa d'abord qu'il allait chercher une boulangerie et pendre une bonne tarte, mais à la place, il décidé de chercher le pub le plus proche. Après avoir vu cela, il avait définitivement besoin de prendre un verre.
Après avoir quitté le pub, Peter avait décidé de revenir dans l'appartement de James et Lily au lieu de retourner dans la chambre d'hôpital de Lily et de devoir la voir avec James. Il se jeta sur le canapé, se sentant très déprimé. Il espérait d'un côté qu'elle n'aurait pas le bébé jusqu'au lendemain, mais d'un autre côté, cela signifiait qu'elle souffre plus longtemps, et il ne voulait pas cela non plus.
Il jeta un coup d'œil sur les étagères. Il avait pu faire des recherches bien plus avancées sur la Prophétie chez James et Lily que chez les Weasley. Lily avait eu une BUSE en Arithmancie en cinquième année, et elle avait d'autres livres associés à la divination aussi. Peter avait découvert que si Lily avait le bébé le premier jour d'août, cette date de naissance lui donnerait neuf comme chiffre, ce qui signifie 'la complétude' en arithmancie, tandis que si le bébé naissait le dernier jour de juillet, son nombre serait le onze, le nombre du Lion de la Prophétie, selon le centaure que Bill Weasley avait consulté. (Le mangemort qui avait recruté Peter lui avait déjà extirpé cela par la torture).
Peter avait déjà déterminé que le nombre du petit Ron Weasley était aussi onze, mais comme le centaure avait dit à Bill Weasley que son frère le plus jeune marcherait aux côtés du Lion, Peter n'avait pas rapporté cela au Seigneur des Ténèbres. Il pouvait être le lion, Peter le reconnaissait, si Molly avait un autre garçon, qui serait alors celui qui marcherait au côté du Lion, son frère Ron. De plus les membres de la famille semblaient avoir l'habitude d'être répartis à Griffondor. (Peter avait entendu Arthur et Molly Weasley parler de leurs jours dans la tour Griffondor.) Cependant, si tous les Griffondors étaient considérés comme des Lions potentiels, A ce rythme là, Peter pouvait lui-même être considéré comme le Lion, et il savait avec certitude qu'il ne l'était pas. Il savait qui il était.
L'enfant de la lune.
Et à cause de cela, il savait qui était la Fille de la Guerre. Lily. Elle était celle qu'il aimait. Cela ne pouvait pas être autrement. Il ne voulait bien sûr pas que le Seigneur des Ténèbres sache cela. Il était allé au ministère chercher les certificats de naissance des autres personnes qui pouvaient être des candidats probables. Le 'patron' de Peter, le Mangemort qui l'avait toujours torturé quand il était appelé par Voldemort, lui avait dit de chercher seulement les candidates au rang de Fille de Guerre nées soit en mars, soit sous le signe du bélier, comme il était allé chez un voyant qui lui avait recommandé cela. Cela avait au moins quelque peu réduit son champ de recherche, bien qu'il incluse encore Lily.
Il avait trouvé une autre sorcière avec une date de naissance plausible : le deux avril 1954. Son chiffre était le sept, comme celui de Lily. Il avait donné son nom en revenant du ministère. Quand il avait lu l'histoire dans la Gazette avec son nom en grandes lettres au-dessus d'une photographie d'elle, de son mari et de ses enfants, montrés à côté de sa maison dévastée, la Marque des Ténèbres flottant au-dessus, il avait ressenti une forte vague de culpabilité dans le creux de l'estomac. Cette femme est morte à cause de moi, avait-il pensé. Son mari aussi, comme il essayait de la défendre et s'était retrouvé sur la route. Les enfants étaient maintenant orphelins, deux garçons, tous deux de moins de six ans. Parce que j'ai conduit Voldemort à elle, et qu'elle n'était même pas la bonne…
Malheureusement, le Seigneur des Ténèbres avait vu en rêve que ce meurtre avait été une erreur. Il donnait une grande importance à ses rêves. Il avait convoqué Peter et lui avait dit de continuer à chercher les trois personnes à la fois. Le Lion et l'Enfant de la lune devaient avoir une relation entre eux et la Fille de Guerre. Peter avait obéi après avoir subi le Cruciatus, bien sûr. Après cela, il avait fait une liste des sorcières en commençant par celles nées en 1959 et en revenant vers le début du siècle. Quand il eut fini cela, il fouilla les registres de mariage, essayant de retrouver les noms de ces sorcières. C'était un travail fastidieux. Lily n'avait aucune idée de pourquoi cela lui prenait tant de temps d'aller faire les courses pour elle. Elle ne savait pas qu'il s'éclipsait pour faire des recherches dans les archives du ministère. Il avait essayé d'utiliser des sorts d'attraction pour trouver les registres qu'il voulait, sans succès. On ne pouvait appeler quelque chose que si on savait ce que c'était vraiment et où c'était. Il avait dû trier les registres à la main.
Finalement, il découvrit une sorcière née le dernier jour de mars 1944, et elle avait un mari né le dix-huit avril 1942. Son nombre était le onze, et il avait été à Griffondor à l'école. (Peter avait dû regarder les vieux registres des BUSEs pour découvrir cela.) Ce qui manquait toutefois à Peter était l'Enfant de la lune. Le couple avait trois enfants, deux garçons et une fille. Leur fils aîné venait juste de finir sa troisième année à Poudlard, à Griffondor. Ce qui le faisait plus ressembler à un Lion qu'à un Enfant de la Lune, mais Peter avait regardé son certificat de naissance et découvert… Que les chiffres ne marchaient pas. Le garçon était né le 10 avril 1966. Son chiffre était le neuf. Qu'est-ce qu'il y a avec cette famille et les naissances au printemps ? avait pensé Peter. Tout ce dont Peter avait besoin était que la date de naissance du garçon soit légèrement différente, et il pourrait le livrer au Seigneur des Ténèbres. Il pourrait livrer toute la famille. Ce serait plausible. Cela marcherait. Quand il avait altéré la date de naissance du garçon afin qu'elle soit au quinze avril, (c'était une chose simple que de changer un zéro en cinq aux archives du ministère), il avait essayé de ne pas penser à la sorcière et à son mari qui avaient été tués, à leurs enfants orphelins. Avec sa nouvelle date d'anniversaire, le chiffre du garçon était cinq. Mais Peter devait encore expliquer pourquoi il était un Enfant de la Lune.
Plus tard cette nuit-là, quand il prenait un repas sur le pouce dans la cuisine de James et Lily, il avait remarqué que sur le calendrier que Lily avait pendu à la porte du frigo, les phases de la lune étaient notées. Le lendemain, il était allé chez Flourish et Blotts pour trouver un almanach donnant les phases de la lune de nombreuses années en arrière, et il avait découvert que ce quinze avril 1966, la lune avait été pleine. C'était une grande chance. En changeant la date du naissance du garçon, il lui avait donné le bon chiffre et une raison d'être appelé Enfant de la Lune.
Il n'avait cependant pas voulu se porter volontaire pour donner l'information. Il avait attendu d'être à nouveau appelé par Voldemort. Il avait donné le nom de la famille, les dates de naissance, et les raisons pour lesquelles la mère était la Fille de Guerre, le père le Lion, et le fils l'Enfant de la Lune. Voldemort avait été content, très content. Et comme c'étaient les vacances d'été, le garçon n'était pas à Poudlard, où il aurait été inaccessible et en sécurité. Quand Lily eut lu la nouvelle des morts dans le journal, elle avait pleuré. Il y avait eu un autre grondement, des doigts pointés sur le ministère, une enquête simplement pour déterminer pourquoi la famille avait été prise pour cible. Cela semblait complètement sans but et aléatoire. Personne ne connaissait une raison pour que Voldemort veuille les voir tous morts.
Mais Peter savait.
Et puis… Une semaine avant que Lily commence son travail, il avait été rappelé. On lui avait dit que Voldemort avait encore fait un rêve. Les membres de la famille assassinée n'étaient pas les personnes de la Prophétie. Les recherche de Peter devaient continuer.
Je n'ai pas besoin de chercher, pensait-il. Je sais déjà qui sont l'Enfant de Lune et la Fille de Guerre.
Comme il tenait la main de Lily et comptait avec elle, pendant qu'ils attendaient le taxi, il était très, très content d'avoir déjà pris des dispositions pour se mettre en sûreté avec Lily. Le lendemain de sa convocation, il était allé au ministère et avait altéré son registre de naissance et celui de Lily, de telle sorte que si Voldemort avait quelqu'un d'autre à la recherche des candidats possibles, lui et Lily ne ressortiraient pas. Il avait considéré de donner James, comme il était lion et que sa date d'anniversaire lui donnait le bon nombre (onze), mais comme il était marié à Lily, Peter avait peur qu'elle soit considérée comme une candidate viable pour la Fille de Guerre, malgré sa date de naissance modifiée. Est-ce que James est le Lion ? se demandait Peter. Peut-être que si le triangle du Lion, de la Fille de Guerre et de l'Enfant de la Lune doit abattre Voldemort, je devrais le dire à James et Lily, et nous pourrions vraiment faire… quelque chose… pour l'obtenir. Alors que cela semblait romantique et osé d'abord, Peter n'avait pu s'empêcher de poursuivre le train de ses pensées par 'Mais quoi ?' et l'avait ainsi fait déraillé.
Comme il devait établir une relation entre les trois personnes du triangle, son 'patron' savait que la recherche demandait plus de temps que pour trouver une seule personne, et on lui avait donné jusqu'à l'équinoxe de printemps pour trouver les bons. Peter avait poussé un soupir de soulagement quand il avait entendu cela, mais avait essayé de ne pas paraître trop rassuré. Ils voulaient qu'il ne se trompe pas cette fois. Bien que Voldemort n'ait rien contre tuer des gens qui pourraient être ceux de la Prophétie, chaque autre acte de violence dénué de sens commis rendait le ministère plus déterminé à éradiquer Voldemort et ses partisans. Peter se demandait quand le Seigneur des Ténèbres se lasserait de ses tentatives foireuses et confierait le travail à quelqu'un d'autre. Et bien qu'il ait déjà changé sa date de naissance et celle de Lily des registres, il avait le mauvais pressentiment que ce n'était pas assez. Il faisait les cent pas, réfléchissant.
Soudain, il sut ce qu'il devait faire ensuite. Il devait revenir à l'hôpital. Il devait altérer la mémoire de Lily afin qu'elle croie qu'elle avait la nouvelle date de naissance. La mémoire de James devrait aussi être altérée. Il pourrait s'occuper de la famille moldue de Lily une autre fois. Il devait la modifier sur tous les autres documents associés à elle, tant qu'il y était. Son dossier scolaire, ses résultats des BUSEs, ses dossiers professionnels avec le ministère. Ce ne serait pas facile, mais c'était tout vraiment nécessaire.
Quand il revint à l'hôpital dans la chambre de Lily, Remus et Sirius étaient déjà là, et Lily tenait un petit bout de chou dans ses bras.
« Peter ! C'est un garçon ! » cria James, l'embrassant dès qu'il rentra dans la pièce. Peter donna des tapes dans le dos de James et fit un signe de la tête à Sirius et Remus, souriant.
« Salut vous deux ! » dit-il avec entrain. Remus avait l'air vraiment content pour le bébé, remarqua Peter, ce qui le surprenait assez, étant donné son ancienne relation avec Lily. Sirius avait un sourire d'une oreille à l'autre.
« Félicite-moi Peter. Je suis parrain ! »
Peter s'arrêta net. Sirius ? Sirius est le parrain. Oh, il doit plaisanter…
Mais il regarda tour à tour Sirius et James et se souvint à quel point ils étaient proches. Bien, Lily et moi sommes proches. Est-ce que quelqu'un a pris la peine de lui parler du choix du parrain ?
« Bien, » dit Peter, la gorge prise. « Qui est la marraine ? » si c'est cette sorcière de Cecilia Ratkowski qui saute Sirius, je vais vomir, pensa-t-il…
Lily eut l'air un peu embarrassée. « J'ai écrit une lettre à ma sœur la semaine dernière, mais je n'ai pas encore reçu de réponse de sa part. Je veux dire, elle a récemment eu un bébé elle-même. Et avec maman qui est encore à l'hôpital, elle est probablement assez occupée… »
Peter acquiesça. Il avait oublié que Lily avait parlé de tendre un rameau d'olivier à sa sœur moldue. Elle voulait qu'elle soit d'accord pour être pour être la marraine de son fils. Peter n'avait jamais rencontré Petunia Dursley. Il l'avait brièvement aperçue au mariage, avant qu'elle ne file. Il pensait qu'elle avait l'air très désagréable.
« Peu importe. Harry n'a pas besoin de marraine. En plus de Sirius pour parrain, il a deux oncles honoraires ! De quoi d'autre a-t-il besoin ? » dit James en souriant.
Lily leva les yeux vers Peter, son visage lumineux. « Tu veux le tenir, Peter ? » dit-elle doucement.
Ha ! Toi, Sirius Black, pensa Peter. Tu peux être le parrain, mais elle ne te demande pas de tenir son enfant. Elle me le demande à moi. Bien sûr, il ne savait pas si Sirius avait tenu Harry avant qu'il ne revienne, mais il repoussa cette pensée de son esprit comme il s'avançait et soulevait doucement le bébé des bras de Lily. Elle regardait tendrement son fils, pressant ses lèvres contre sa petite joue ronde. Peter tint le petit paquet avec soin, essayant de l'aimer pour l'amour de Lily. Malheureusement, le petit Harry Potter était l'image crachée de son père, et Peter ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir. C'est trop dommage que je ne puisse pas donner ton nom à Voldemort sans impliquer Lily, pensa-t-il.
Alors il tint le bébé et sourit à Lily, et elle regarda le visage de son cher ami et lui rendit son sourire.
Vendredi 31 Octobre 1980
« Oh, je ne peux pas prendre une bouchée de plus. » grogna Bill Weasley, mettant sa main sur son estomac. Comme d'habitude, la fête d'Halloween avait été brillante, toutes les tables des maisons débordant des nourritures les moins bonnes pour la santé possibles, et des citrouilles artistiquement creusées flottant au-dessus d'eux à la place des chandelles, donnant une apparence merveilleusement étrange à la grande salle. Le plafond enchanté était noir de nuages, bien que la pluie qui tombait dehors n'était pas reproduite dedans. Les éclairs étaient reproduits cependant. Tout le plafond de la salle s'éclairait d'un brusque flash au moment même où le ciel visible par les fenêtres était illuminé. Quelques secondes plus tard, le grondement du tonnerre était entendu comme si les monts Grampians tout proches étaient pris et déplacés par les dieux.
Bill sourit à Juliet Hathaway, qui avait ses doigts dans ses oreilles (le tonnerre était très fort). Il montra le plafond avec une grenouille en chocolat dans sa main (même s'il ne pouvait pas en prendre une bouchée de plus) disant « Maintenant c'est ce que j'appelle un temps parfait pour Halloween. »
Elle rit, lui prenant la grenouille en chocolat de la main et la mordant elle-même. « Tu sais, je pensais toujours que j'étais bizarre parce quand j'étais petite, mes vacances favorites étaient celles d'Halloween, et toutes mes histoires favorites étaient sur les sorcières et la magie. Je suppose que ce n'était pas si étrange après tout. »
De l'autre côté de la table, Peregrin Booth et Rembert Leonard prenaient d'autres bonbons dans un grand saladier qui semblait ne jamais se vider, peu importe combien ils en prenaient. « Mon grand-père pensait que ma m-re était une cracmol jusqu'à ce qu'elle soit presque prête à aller à Poudlard. » dit Booth du côté gauche de sa bouche comme il mâchait une dragée surprise de Bertie Crochue du côté droit. Soudain il fit une tête terrible. « Zut ! Bert ! Je pense que j'en ai une… parfumée au fumier ! »
Il cracha tout ce qu'il avait dans la bouche dans un mouchoir, faisant crier à quelques filles de deuxième année 'Beurk ! » tandis que son meilleur ami roulait les yeux.
« Je t'ai dit, Perry. Toi et ces dragées, c'est les ingrédients pour un désastre. Tu as un talent pour trouver les pire goûts. Est-ce que tu en as déjà mangé une qui ne te donne pas envie de vomir ? »
« Arrête de dire des choses comme ça ! » lui ordonna une des filles qui avait crié.
« En parlant de Cracmols, » continua Leonard, comme si la fille plus jeune n'avait rien dit, « vous savez ce que j'ai entendu sur Davies ? Sur pourquoi il a dû quitter l'école ? »
Bill et Juliet se figèrent, se regardant nerveusement. Juste à ce moment, pour faire empirer les choses, Jack Richards apparut au côté de Bill, l'air aussi replet avec le repas d'Halloween.
« Salut vous deux, » dit-il à Bill et à Juliet. « Cela vous dérange si je me joins un peu à vous ? »
Bill et Juliet ne répondirent pas, mais Juliet se déplaça de telle sorte que Bill puisse s'asseoir plus près d'elle, faisant un peu de place pour Jack de son autre côté. Il y eut un silence gné dans leur partie de la table.
« Comme je disais… » recommença soudain à dire Leonard, « J'ai entendu quelque chose. Sur pourquoi votre ami Richards de Poufsouffle a été expulsé. » ajouta-t-il, faisant un signe de la tête à Jack.
Jack regarda Bill et Juliet, déglutissant. Est-ce que quelqu'un d'autre avait découvert qu'ils avaient aidé Geoff avec son travail en sortilèges, entre autres choses ? se demanda Bill.
« Qu'as-tu entendu ? » demanda Bill à Leonard, le regardant aussi calmement qu'il pouvait, déterminé à ne pas détourner le regard le premier. Leonard haussa les épaules.
« Bien, tu sais. Juste que c'était un cracmol. Tu te souviens quand il était en première année ? Comment son nom n'était pas sur la liste de la répartition ? Et de Dumbledore parlant au Choixpeau ? J'ai entendu que le conseil des gouverneurs n'est pas content. Ils regardent s'il devrait encore rester directeur. Ils pourraient demander un examen surprise des capacités magiques de tous les élèves de l'école. » ajouta-t-il sinistrement.
Bill n'arrivait pas à croire que l'on puisse remettre en question le rang de Dumbledore pour une position basée sur un acte de compassion, aussi déplacé qu'il puisse paraître. Geoff aurait pu montrer de la magie finalement. Malheureusement, pensa Bill, il n'avait pas montré de magie avant de passer ses BUSEs.
« Dumbledore lui a donné une chance. Il n'y a rien de mal à cela. » dit une voix juste derrière Juliet. Bill se pencha pour regarder le visage de son frère. Charlie regardait son assiette, lourdement chargée de bonbons et de tarte à la citrouille. Il ne semblait pas en avoir mangé. « Nous avons de la chance d'avoir Dumbledore ici. C'est un des seuls endroits sûrs qui reste dans le monde de la sorcellerie. Si Craig avait été ici au lieu de chez lui, il ne serait pas mort. »
Juliet se détourna de Bill et passa son bras autour de Charlie, amenant sa tête contre son épaule. Charlie avait été assez morose depuis que la nouvelle était arrivée cet été que son meilleur ami, Craig Carmichael, avait été tué par Voldemort lui-même avec ses parents. Pour quelque raison, la sœur de Craig et son frère benjamin n'avaient pas été blessés, à part de se retrouver orphelins. « Un jour où l'autre, ils auront Tu-sais-qui. » dit fermement Juliet à Charlie.
Sa tête encore contre son épaule, Charlie dit « Cela ne ramènera pas Craig. »
Bill grimaça. Presque personne à l'école ne pouvait proclamer être complètement indemne des choses que Voldemort et ses mangemorts avaient faites depuis dix ans maintenant. Ils avaient vécu avec cela pendant si longtemps, presque toute leur vie, que l'idée que cela puisse jamais être différent était une platitude complète. « Un jour » aurait aussi bien pu être un siècle dans le futur. Cela ne leur rendrait pas leur enfance pas plus que cela ne ramènerait Craig Carmichael et ses parents. Pas plus que cela ne ramènerait Orville Simpson ou Peggy, ou Annie.
Bill avait espéré que Charlie retrouverait son habituelle bonne humeur quand le nouveau trimestre commencerait. Durant l'été, il avait montré par quelques signes qu'il était un garçon de treize ans normal, s'entraînant au Quidditch dans le verger à la maison. Bill lui jetait des pommes en l'air, et Charlie les attrapait toutes avant qu'une seule d'entre elle touche le sol. Quand il jouait au Quidditch, il avait à nouveau l'air heureux selon Bill. Pas que Bill ait oublié ses sœurs, ou se soit attendu à ce que Charlie les oublie. Mais ils avaient dû trouver un moyen de continuer, à la fois pour respecter la mémoire de leurs sœurs, et pour ne pas sacrifier leurs vies à cette mémoire. Il avait laissé Juliet se rapprocher très près de lui, et il en était venu à lui faire confiance et à compter beaucoup sur elle. Elle l'empêchait de devenir mélancolique, même si c'était les vacances d'été et qu'elle devait lui écrire des lettres pour arriver à cela. L'été heureux de Bill et Charlie s'était toutefois évaporé avec la nouvelle concernant les Carmichael.
« Pourquoi ne montons-nous pas dans la salle commune ? » suggérait maintenant Bill. « Ce n'est pas très tard, Jack, tu peux venir aussi. » Bill était aussi soucieux pour Jack, maintenant que Geoff avait été expulsé. Il n'était vraiment proche d'aucun autre garçon de Poufsouffle de son année.
« Merci, je pense que je vais venir. » dit Jack, l'air reconnaissant. Un des inconvénients à la loyauté de Poufsouffle avait découvert Bill, était qu'ils étaient un peu renfermés. Et en tant qu'ami de quelqu'un qui avait été expulsé comme il était cracmol, ce que tout le monde semblait savoir, Jack n'avait pas exactement à repousser les nouveaux amis avec un bâton.
Bill, Juliet, Charlie et Jack sortirent de la grande salle, et Bill vit à son grand ennui que Booth et Leonard les suivaient. Et encore plus ennuyeux, Booth recommençait à lui parler.
« Ho, Bill, Où est Wood au fait ? Il n'est pas descendu à la fête. »
« Ou une meilleure question serait, où sont Wood et Boxwood ? » dit suggestivement Leonard, rentrant son coude dans les côtes de Booth. « Avez-vous déjà remarqué que 'Wood' est déjà dans 'Boxwood' ? » railla-t-il. Bill avait en fait entendu ces deux-là faire de nombreuses fois cette plaisanterie. Les deux eurent un rire de conspirateurs, et les lèvres de Bill perdirent tout sourire. Il avait remarqué que Alex et Mary Ann n'étaient pas à la table Griffondor, mais ne l'avait pas mentionné à dessein. S'ils utilisaient ce temps pour être seuls dans la tour Griffondor, il ne voulait pas que les autres caquètent là-dessus. Il ne voulait pas trop y penser lui-même comme il n'était toujours pas allé aussi loin avec Juliet. Il n'était pas sûr de pourquoi il se retenait. Cela le rendait juste un peu appréhensif. Les choses changeraient entre eux. Il aimait tout de la façon dont c'était maintenant. Le changement le rendait nerveux. En fait, dans son expérience limitée, le changement n'était habituellement pas pour le mieux.
Il ne fit pas de commentaire sur ce qu'avaient dit Booth et Leonard, et il demanda à la place à Charlie comment s'était passé l'entraînement de Quidditch. Il avait juste commencé à travailler avec le restant de l'équipe les mercredi et vendredi après-midi et le samedi matin. Il semblait que Griffondor avait d'excellentes chances pour la coupe de Quidditch, ave Charlie en tant qu'attrapeur. Bill réussit à conserver la conversation sur le Quidditch tout le chemin jusqu'au portrait de la grosse dame à la robe rose. Elle était appuyée contre le côté de son cadre. Ses joues étaient couperosées, et Bill vit un verre de vin vide à côté de ses pieds, dans le portrait. Son amie Violet a dû lui rendre visite pour Halloween, réalisa Bill, et elles avaient un peu trop bu. Ses paupières tombaient de fatigue.
« Glumbumble. » dit Bill à la grosse dame, aussi distinctement qu'il pouvait.
« Mumble mumble à vous. » répondit-elle, baillant grandement, et ouvrant le trou du portrait pour les laisser rentrer dans la salle commune de Griffondor.
La grande pièce était vide, mais le feu était allumé, éclairant d'une lueur accueillante les fauteuils rouges mous éparpillés sur les tapis orientaux usés. Comme la tempête faisait rage dehors, cela semblait être un endroit particulièrement agréable pour une soirée automnale. Charlie et Jack s'assirent devant le feu où le jeu d'échec de Charlie attendait (en fait, quelques unes de ses pièces le grondaient de les avoir laissées là toute la soirée sans rien à faire). Lui et Jack commencèrent à jouer une partie, bavardant amicalement entre eux et avec les pièces. Juliet et Bill regardaient. Il s'assit dans un grand fauteuil confortable avec elle en travers de ses cuisses, se sentant très satisfait.
En entrant dans la salle commune, Booth et Leonard avaient filé dans l'escalier des garçons. Bill n'était pas désolé de les voir partir. Comme il traçait de paresseux cercles sur les jambes de Juliet et sentait la chaleur du corps de celle-ci contre le sien, il se sentait très content de lui. Juliet essayait depuis des lustres maintenant de le convaincre qu'il n'avait pas à souffrir pour le restant de ses jours à cause de ce qui était arrivé à ses sœurs, et il commençait petit à petit à penser comme elle. Il regardait maintenant son cou comme elle tournait sa tête pour regarder la partie de Charlie et Jack. (Un cri s'était élevé d'un pion de Charlie qui capturait un cavalier de Jack). Se sentant malicieux, il sortit sa langue et en donna un petit cou sur son cou, savourant la saveur salée de sa peau. Elle se tourna et lui sourit un moment avant de se pencher et de poser ses lèvres contre celles Bill, et d'ouvrir lentement sa bouche. Bill ouvrit ses propres lèvres, approfondissant le baiser, pensant que la vie ne pouvait probablement pas être meilleure que cela, en flirtant avec sa jolie petite amie dans un fauteuil près du feu, même avec son frère et son meilleur à proximité. En général, il devait l'admettre, la vie était bien.
Mary Ann se sécha les mains dans une serviette et quitta la salle de bain commune, sautillant presque dans les escaliers jusqu'à la salle commune, où elle avait lu au lieu de participer à la fête d'Halloween. Cela ne la dérangeait pas, ou du moins pas beaucoup. Alex et Lowell étaient en haut dans le dortoir des sixième année, ayant leur moment d'intimité, et elle aidait cela à se produire. Elle se sentait parfois un peu seule, maintenant que Alex avait Lowell, et comme Juliet et Bill était tellement ensemble, mais cela ne lui disait rien de prendre Wallis comme meilleure amie. Elle lui tapait sur les nerfs tellement que c'était indescriptible, et tout ce dont elle voulait jamais parler était à quel point Juliet ne méritait pas Bill. Mary Ann pouvait à peine supporter d'être assise avec elle en métamorphose et en sortilège. Un peu plus que cela, et elle devrait se lancer un sort temporaire dans les oreilles pour éviter d'entendre la voix constamment irritante de Wallis.
Des voix. Il y avait des voix provenant de la salle commune. Avant d'atteindre le bas des escaliers, Mary Ann pouvait les entendre, et elle se figea. Elle n'avait pas réalisé que les élèves allaient commencer à remonter si tôt de la fête. Et s'ils montaient au dortoir et trouvaient Alex et Lowell ensemble ? Son cœur bondit dans sa gorge. Je suis juste allée aux toilettes un instant, se dit-elle dans la tête, comme pour répéter ce qu'elle avait dit à Alex. Oh, Seigneur, pensa-t-elle maintenant, son cœur battant très vite. Je suis la pire amie imaginable.
Elle descendit en courant le restant de l'escalier des filles et trouva Bill et Juliet dans un fauteuil près du feu, s'embrassant, et le frère de Bill, Charlie, jouant aux échecs avec Jack Richards de Poufsouffle. Personne d'autre n'était dans la pièce et elle poussa un soupir de soulagement. Bill et Juliet levèrent les yeux vers elle, et elle leur sourit, essayant de reprendre son souffle, mais ne voulant pas donner l'impression qu'elle venait de courir.
« Ne vous arrêtez pas pour moi. Continuez. » dit-elle avec un sourire. Elle se pencha pour prendre son livre, qu'elle avait laissé sur le sol à côté du fauteuil où étaient maintenant Bill et Juliet. Ils ne semblaient pas l'avoir remarqué.
Juliet lui sourit. « Pour quelqu'un qui a manqué la fête pour être ici avec ton petit ami, tu es, bien… très habillée et tout. Pourquoi descendais-tu ? Où est Alex ? »
Oh Seigneur, pensa-t-elle encore. Comment allons-nous nous en tirer maintenant ? Il n'y a aucune chance que Lowell puisse revenir à Serdaigle sans être vu…
« Bien, heu, » bégaya-t-elle. Et puis dut bouger et se tourna pour la regarder, curieux de ce qui se passait. Son estomac se contracta quand elle croisa le regard bleu-gris de Jack, la lumière du feu l'illuminant de derrière. Elle avait l'impression de ne pas pouvoir respirer. Oh, Jack, pensa-t-elle, souhaitant pour la centième fois ne pas s'être engagée à prétendre être la petite amie d'Alex, sentant encore la douleur de la solitude. Et pourquoi est-ce que Jack la regardait comme cela ? Comme s'il la haïssait ? Et pourtant, aussi, comme si… il ne la haïssait pas.
Elle n'avait pas été capable de formuler un bon mensonge quand un cri parvint de l'escalier des garçons. Elle se sentit défaillir. Oh, c'était pire que ce qu'elle pensait. « Quelqu'un d'autre est en haut ? » couina-t-elle, regardant nerveusement le passage conduisant à l'escalier des garçons. Elle bondit maintenant dans cet escalier, suivie de près par tous les autres. Quand les cinq arrivèrent dans le dortoir des sixième année, ils trouvèrent Booth et Leonard debout dans un coin de la pièce, frappés de stupeur, tandis que Alex Wood et Lowell Faulkner se démenaient maladroitement, enfilant leurs habits. Faulkner avait déjà ses pantalons attachés et enfilait un pull, tandis que Alex trébuchait encore, avec juste une jambe dans le pantalon et pas de chemise.
Bill prit son frère Charlie et lui mit la main devant les yeux. Charlie se débarrassa de lui. « Je ne suis pas un bébé, Bill ! J'ai quand même treize ans, idiot !' Bill le relâcha, rougissant.
« Bon sang ! » cria Alex. « Que font les filles ici ? » cria-t-il avec irritation. Mary Ann et Juliet se tournèrent obligeamment pour le laisser finir de s'habiller.
« Je suis désolée, Alex. » dit Mary Ann, face à la porte, les larmes coulant maintenant sur son visage. « Je… Je suis juste allée aux toilettes. » Elle se sentait affreuse, et incompétente, et espérait qu'il ne la haïrait pas maintenant.
Alex ne lui répondit pas, mais elle sentit une main sur son épaule et leva les yeux avec surprise, en voyant Jack la regarder avec un air compréhensif. Et quelque chose d'autre.
« Ce n'est pas ta faute, » lui dit-il doucement. « Tu as été une bonne amie. »
D'une manière ou d'une autre, elle ne voulait pas qu'il enlève sa main de sur son épaule, elle ne voulait pas qu'il s'éloigne d'elle. En même temps qu'elle se sentait aussi bien que si elle avait trahi Alex, elle sentait aussi une exaltation coupable la parcourir. Jack sait que je ne suis pas prise maintenant. Elle déglutit, regardant Jack avec gratitude, avec un petit sourire.
A la fin, même Booth et Leonard n'étaient pas dérangés par cela, bien qu'ils persistent à poser beaucoup de questions stupides, y compris si Alex les avait jamais regarda dans les douches. Alex éclata de rire, ce qui n'était peut-être pas la réaction la plus sage, mais il se calma assez longtemps pour leur dire qu'ils ne l'intéressaient pas le moins du monde. Il avait un petit ami.
Ils s'assirent dans le dortoir un moment, pour parler, et Mary Ann vit Alex lui sourire avec un signe de la tête. Il ne la blâmait pas. Maintenant qu'il n'avait plus rien à cacher, ses amis, et même ceux qu'il n'aurait pas comptés parmi ses amis, Booth et Leonard, considéraient toute la chose comme plus normale qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Elle était contente pour lui et pour Lowell, qui semblait encore mal à l'aise, comme s'il attendait encore que son autre pied retrouve le sol.
« Je dois dire… Les Serdaigles n'auraient probablement pas réagi comme vous tous. Ce qui me rappelle… Cela ne quitte pas cette pièce, compris ? » Lowell leur lança à tous un regard noir.
Bill rit. « D'accord, Mr le préfet en chef, sir. Pas de problème. Nous savons garder les secrets par ici. »
Faulkner regarda à dessein Booth et Leonard. Peut-être que Alex lui avait dit quelque chose sur eux. « Est-ce que nous sommes tous d'accord ? »
Ils eurent l'air un peu intimidés, mais pas trop. Mary Ann se demanda s'ils seraient un problème. Mais ils acquiescèrent tous les deux et dirent qu'ils avaient compris.
Quand Faulkner décida qu'il était temps pour lui de partir, ils descendirent tous avec lui, sauf Booth et Leonard. Il y avait d'autres élèves dans la salle commune à ce moment, mais quand il la traversa, même s'il était à Serdaigle, le fait que le badge de préfet en chef brille sur son torse semblait être assez pour que les autres Griffondors retiennent toute question. Il devait y avoir une bonne raison pour qu'il soit dans la tour Griffondor après tout, et pour qu'un groupe de sept personnes, y compris deux filles, descende de l'escalier des garçons.
Jack allait partir aussi, comme il était tard, et qu'il devait retourner à la maison Poufsouffle. Il se tourna pour partir, puis s'arrêta et contempla Mary Ann, l'air très sérieux comme il lui dit doucement. « Alors. Je peux conclure que tout cela signifie qu'Alex n'est pas ton petit ami ? »
Elle fit un petit sourire. « Oui. Tu peux conclure cela. »
Son visage ne changea pas d'expression. « Bien. » fut sa seule réponse, avant qu'il ne fasse demi-tour et suive le préfet en chef par le trou du portrait.
Bill, Charlie, Juliet, Mary Ann et Alex se tenaient ensemble près de la sortie, et Mary Ann vit Bill scruter Alex maintenant. Alex semblait plus détendu qu'il ne l'avait jamais été, mais aussi plus vulnérable, plus nu. Il avait un secret, et maintenant des gens le connaissaient.
Bill semblait penser la même chose. Il donna un petit coup sur le torse de son ami et dit « Tu n'as pas été très brillant ce soir, tu sais. Ce dont tu as vraiment besoin, c'est d'un système alerte préventive, un moyen de savoir quand quelqu'un pourrait te tomber dessus, même si tu ne sais pas ce qu'il va faire. Ne le prends pas pour toi, Mary Ann. Tu as fait tout ce que tu pouvais. Mais on doit aller aux toilettes parfois. On a besoin de quelques chose qui n'ait pas de besoins humains… »
« Tu veux dire quelque chose que toi et Juliet pourriez utiliser aussi. » dit Charlie en roulant les yeux, tapant Bill sur le bras. Bill le lui rendit. Alex, souriant tapa aussi Bill. Il semblait que les garçons allaient faire escalader cela, et Mary Ann se prépara à quitter la proximité, pour leur permettre de se comporter comme de petits enfants tous seuls, mais quelque chose dans l'expression de Bill la fit s'arrêter.
« Oui. » dit-il lentement, arrêtant sa main au milieu d'un coup (encore Alex). « C'est vrai. Cela pourrait être utile pour nous tous… » Mary Ann pouvait voir les engrenages tourner dans sa tête. Bill Weasley réfléchissait à quelque chose, mais elle ne savait pas quoi. Un sourire secret s'afficha sur le visage de Bill comme il vit que les trois étaient mystifiés par ce qu'il racontait.
« Demain, je vais écrire une lettre à Sirius Black. »
Les quatre autres se regardèrent en fronçant les sourcils. Cela devenait de moins en moins clair. Mais ce fut Alex qui parla, comme c'était en grand partie de sa protection dont on parlait. « D'accord. J'abandonne. Pourquoi diable vas-tu écrire à Sirius Black ? »
Bill leur sourit à tous, de toute évidence pas encore prêt à tout leur révéler.
« Je vais lui écrire au sujet… d'une carte. »
Samedi 14 Février 1981
Bill fixait le dessous du baldaquin de son lit, souriant. Juliet roula sur lui, embrassant son torse, l'air assez contente d'elle, le faisant frissonner à la sensation de son corps pressé contre lui sans aucun habit nulle part. Il passa ses doigts sur le côté de son visage, la regardant amoureusement et se demandant maintenant ce dont il avait peur, pourquoi il était si superstitieux quant à être heureux. Elle était belle et libérée en ce moment, et bien que ses cheveux soient en désordre, c'était le plus beau désordre possible. Il avait l'impression qu'il ne se lasserait jamais de la regarder.
« Tu as l'air heureux. » chuchota-t-elle, avant de continuer à embrasser son torse. Il la fit remonter à hauteur de son visage, la regardant tout du long. »
« Tu ne devineras jamais pourquoi… »
Elle roula ses yeux en direction du plafond et se mordit la lèvre. « Hum… Avoir eu douze BUSEs ? »
Il sourit au jeu qu'elle jouait. « Essaye encore. »
Elle fit à nouveau semblant de réfléchir très fort. « D'être devenu préfet ? »
Il secoua vigoureusement la tête, retenant à peine son rire.
« Serait-ce… finalement faire l'amour à ta petite amie, et réussir à le faire de manière absolument brillante ? »
Il essaya d'avoir l'air pensif. « Non, en fait, je pense que c'est plutôt les BUSEs après tout… »
Elle lui sourit pendant qu'il mettait ses main sur sa nuque et la guidait encore vers ses lèvres. Il ouvrit sa bouche sous la sienne avec un grognement, presque incapable de croire que cela arrivait, et que c'était si parfait. Elle se mit maintenant au-dessus de lui, avec un bras de chaque côté de lui, et il fit lentement descendre ses mains le long de son dos, la caressant légèrement, puis passa devant, frottant doucement ses pouces contre le bout de ses seins encore durs de telle sorte qu'elle fit un merveilleux bruit dans le fond de sa gorge.
Des coups soudain sur la porte du dortoir les firent sursauter tous les deux.
« Ho là-dedans ! » fit la vois d'Alex de l'autre côté de la porte. « Booth et Leonard font des histoires parce qu'ils doivent prendre des affaires dans leurs malles. Je peux leur lancer un maléfice ? S'il-vous-plaît ? »
Bill rit. « Non, tu ne peux pas leur lancer de sort. » dit-il. « Donne-nous une minute, nous allons sortir. » Alex avait été leur sentinelle. Bill savait qu'il pouvait lui faire confiance pour ne pas essayer d'écouter ce qu'ils faisaient et disaient. C'était assez sûr de dire que ce qui se passait dans la chambre entre Bill et Juliet était d'un intérêt absolument nul pour Alex.
Julie fit la moue et reposa encore sa tête contre son torse. « Oh zut. On nous met dehors. »
Il lui sourit. « J'en ai bien peur, mon amour. »
Quand ils émergèrent du dortoir complètement habillés, Booth et Leonard attendaient sur le pallier. Ils passèrent Bill et Juliet tandis qu'Alex secouait la tête et roulait les yeux. Tous les trois descendirent dans la salle commune et s'assirent à une table près des fenêtres, leurs pieds sur les chaises. Il y avait une nouvelle chute de neige dehors, et de nombreux élèves étaient sur le lac, faisant du patin.
« Alors, » dit Bill à Alex, prenant la main de Juliet dans la sienne. « Comment ça va ? »
« Bien jusqu'ici. Depuis la fenêtre du pallier, je ne pouvais voir qu'un bout du lac cependant. Il est tombé deux fois. Il n'a pas autant d'expérience. Après cela, ils ont maintenu beaucoup de contact, pour essayer de l'empêcher de tomber je suppose. Ils avaient l'air très proches la dernière fois que j'ai regardé. » Il montra la fenêtre de la tête et Juliet et Bill allèrent vers la verrière, regardant le lac gelé et localisant facilement Jack et Mary Ann, avec leurs écharpes respectivement de Poufsouffle et Griffondor. Jack avait le bras droit sur les épaules de Mary Ann, et elle avait son corps près du sien, leurs capes se gonflant derrière eux comme ils glissaient sur la glace avec les autres élèves faisant un peu de patinage avant le repas du soir. Comme le soleil se couchait tôt à cette période de l'année, Dumbledore avait mis en place de merveilleuses lanternes enchantées qui étaient suspendues sur des poteaux sur le périmètre du lac. En l'honneur du jour, les lumières projetées sur la glace étaient en forme de cœurs roses.
Bill tenait Juliet tout près de lui comme ils regardaient les autres élèves. Il était plus satisfait qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Alex vint se tenir près d'eux, regardant un peu tristement la scène. Bill grimaça.
« Alors… Quand toi et Faulkner allez fêter la Saint Valentin ? »
Alex haussa les épaules. « Probablement pas avant un jour ou deux. Je n'ose pas sortir ce soir. Tu sais comment est Rusard pour la Saint Valentin. Il va patrouiller toute la nuit pour attraper les gens des différentes maisons qui essayent de se rencontrer. Et Miss Teigne lui fera savoir quand elle trouvera quelqu'un aussi. » Alex soupira. « Trop bête qu'écrire à Black n'ait pas abouti. A quoi servait la carte au fait ? »
Bill secoua la tête. « Elle était absolument brillante. Un carte de tout le château et du domaine, et elle montrait où les gens étaient. Où ils sont plutôt. Vous voyez ce que je veux dire. Ils l'activaient en disant 'Je jure solennellement que ce que je vais faire n'est pas bien.', et quand ils avaient fini, il disaient 'méfait accompli'. Ils devaient avoir travaillé des années sur cette carte… »
« … Et avoir parcouru tous les livres de la section interdite pour trouver comment la faire. » dit Juliet, haussant ses sourcils. « Qu'est-ce que Sirius Black a dit quand tu lui as écrit ? »
« Bien, il a pris longtemps pour me répondre, et quand il l'a fait, ce n'était pas bon. Il disait qu'il ne l'avait plus, que Rusard la lui avait confisquée en septième année. Il essayait de revenir à la tour Griffondor après avoir rencontré une fille, et Rusard l'a piégé dans un couloir près de la bibliothèque. Ce n'était pas comme s'il ne savait pas qu'il arrivait. Mais il ne pouvait rien y faire. Il n'y avait pas d'issue. Alors il avait désactivé la carte et quand Rusard l'avait pris, il lui avait réquisitionné le parchemin et tout ce qu'il avait sur lui. Soit c'est encore dans le bureau de Rusard, soit elle est partie à la poubelle depuis longtemps. Quand elle est désactivée, elle ressemble simplement à un parchemin vierge. Il n'a au premier abord rien d'intéressant. »
« Peut-être que Rusard l'a utilisée pour écrire une lettre à sa maman. » dit Alex en riant. « Chère maman, je terrorise toujours les élèves et je réussi à garder toutes les femmes au loin à part Miss Teigne, qui a aujourd'hui recraché une boule de poil qui s'est avéré être le chapeau du professeur MacGonagall. Elle est la lumière de ma vie après toi. Ton fils aimant, Rusard. »
Ils rirent avec lui. « A ce sujet, » dit soudain Juliet, « comment va ta mère Bill ? N'as-tu pas reçu une autre lettre d'elle ce matin ? »
« Si. Pour Charlie et moi en fait. Juste quelques suggestions de noms de fille pour le bébé. » Il soupira. « Honnêtement, je ne pouvais pas le croire quand papa et maman ont dit qu'ils allaient encore essayer d'avoir une fille. Elle était tellement déçue quand Ron est né. Ce n'est pas un mauvais petit gars non plus. Fred et George me font tourner en bourrique. Bien sûr, quand il parlera et marchera, et tout, je pourrai changer d'avis. Je ne vois pas comment elle va éviter de perdre la tête elle-même en ayant deux enfants la même année. Et elle doit déjà s'occuper de Percy et des jumeaux. Quand nous étions à la maison pour Noël, c'était déjà la folie. »
Juliet secoua la tête. « Je ne suis pas sûre de jamais vouloir d'enfant. » Elle frissonna et se tourna pour regarder à nouveau par la fenêtre.
Bill n'enleva pas son bras de ses épaules, mais il la regard avec inquiétude. « Pou-Pourquoi dis-tu cela ? »
Elle ne le regarda pas. « Le monde est déjà assez peuplé. Et regarde tout ce qui se passe, avec Tu-Sais-Qui qui répand le chaos, qui tue des familles entières, comme celle de Craig, l'ami de Charlie. Et tes propres s… » Elle s'arrêta, se mordant les lèvres.
Bill déglutit. Il avait un étrange sentiment au creux de l'estomac. « Tout la famille de Craig n'a pas été tuée. Son petit frère et sa petite sœur ne l'ont pas été… » dit-il doucement.
Elle leva les mains au ciel. « Exactement ! Ces pauvres enfant sont orphelins maintenant. J'ai commencé à développer une assez bonne idée de ce que je veux faire quand j'aurai fini l'école, et faire des orphelins n'en fait pas partie. »
« Simplement parce que tu as des enfants ne signifie pas que tu vas mourir pendant qu'il sont encore petits. » contra Bill, levant lui même ses mains au ciel. Alex s'éloigna des deux.
« Hum, » dit-il mal à l'aise, « Je pense que je vais voir si je peux faire un peu de patin avant le dîner. A tout à l'heure dans la grande salle. » ajouta-t-il, avant de pratiquement foncer hors de la pièce.
« Et que veux-tu dire par tu as une assez bonne idée de ce que tu veux faire ? Pour vivre ? Quelle est l'idée ? » voulut savoir Bill. A la façon dont Alex s'était enfui, il savait que leur dispute entrait en terrain miné, mais c'était comme un train lancé à toute allure et Bill n'avait aucune idée de comment l'arrêter.
Juliet déglutit. « Je veux être comme Lily Evans. » dit-elle résolument. « Je veux être auror. »
« Lily Potter. » la corrigea Bill. « Et la dernière fois que j'en ai entendu parler, en plus d'être mariée, elle avait un petit. Sirius Black l'a mentionné dans sa lettre. »
« Bien, voilà un point sur lequel je ne veux pas faire comme elle, je pense. Si quelque chose lui arrive, que va faire ce pauvre bébé ? Tu penses honnêtement que son père obsédé de Quidditch va savoir par où s'y prendre pour s'occuper de lui ? »
Bill se renfrogna. « Qu'est-ce que tu viens de dire ? Tu es folle ? Quoi, tu penses qu'un père ne change pas les couches, ne prépare pas les repas ou ne fais pas autre chose ? Parce que je peux te dire que mon père ne laisse pas ma mère tout faire. Elle ne pourrait pas, ce serait trop. Il y est tous les jours, et c'est après avoir travaillé au bureau toute la journée, ou avoir fit des raids la nuit. »
« Et tu ne m'as pas dit que tu avais eu peur qu'il aille en prison il y a une paire d'années ? Et si cela avait été le cas ? Où est-ce que vous seriez avec ta mère et tes frères ? Écoute, ce n'est pas que j'ai quelque chose contre avoir des enfants en général, mais je pense que si l'on est attiré par une profession dangereuse, on a une obligation de ne pas faire d'enfants, parce que si quelque chose vous arrive… »
« Les Carmichael n'avaient pas un travail dangereux ! » lui grogna-t-il. « Ils s'occupaient du bureau de poste du chemin de Traverse ! Ils s'occupaient de leurs propres affaires, jour après jour, et personne ne sait pourquoi ils ont été tués ! » Bill avait la gorge serrée.
Juliet le regarda, se yeux brillants. « Bill, je ne voulais pas me disputer avec toi, ce jour-ci entre tous. » Elle glissa ses bras autour de son cou et pressa son corps contre celui de Bill. Il se souvint qu'il était avec elle il y a moins d'une heure, sa peau était douce, elle faisait des bruits dont il était responsable, il était fier du résultat. Maintenant, il devait se forcer pour passer ses bras autour d'elle, quand tout ce qu'il voulait vraiment était de la repousser.
« C'est juste que… Nous avons seulement dix-sept ans. Nous avons des années pour penser à… certaines choses. » bafouilla-t-il. Elle acquiesça.
« Oui. Des années. »
Mais comme ils se tenaient l'un l'autre et regardaient par la fenêtre leurs amis faisant du patin sur le lac, Bill sentit qu'il y avait eu un changement entre eux, et pas pour le meilleur. Il la tint étroitement, et sentit son cœur contre le sien, mais d'une manière ou d'une autre, il avait maintenant le sentiment que c'était une étrangère, une étrangère avec laquelle il avait partagé son lit.
Il avait soudain l'impression de ne jamais l'avoir connue du tout.
Severus avait le cœur qui battait à cent à l'heure. Il s'appuya contre le mur du Chaudron Baveur, reprenant son souffle, tandis que Barty hélait un taxi moldu. Quand un s'arrêta, Barty ouvrit la porte et fit signe à Severus d'entrer le premier dans la voiture. Il le fit à contrecœur. Quand le chauffeur refit démarrer la voiture, et leur demanda où ils allaient, Barty mit sa baguette sur la nuque grasse de l'homme et dit « Conduisez simplement si vous savez ce qui est bon pour vous. » Il garda sa baguette là, et l'homme terrifié fit seulement cela.
Severus lui chuchota « Pourquoi faisons-nous cela au lieu de transplaner ? »
Barty Croupton lui sourit. « Je veux m'amuser, voilà pourquoi. » Il scruta Severus critiquement. « Tu sais, pour le gars qui m'a recruté, tu n'es sacrément pas marrant parfois. »
Severus se renfrogna comme le chauffeur se déplaçait dans le trafic londonien, des perles de sueur gouttant sur son front. Nuisance au moldu sans but, pensa-t-il. Il avait une idée générale de ce qui allait arriver.
Au moins, c'était mieux que de commettre un meurtre.
Il avait encore des cauchemars, et il imaginait qu'il en aurait sans doute pour le restant de sa vie, à cause de la première chose qu'on leur avait dit de faire après avoir reçu leurs Marques des Ténèbres l'été précédent. Un autre mangemort qui faisait des investigations sur une Prophétie concernant le Seigneur des Ténèbres avait appris que les personnes impliquées dans cet oracle et qui pouvaient mettre en danger le Seigneur des Ténèbres s'ils vivaient, étaient trois membres d'une même famille. La famille s'appelait Carmichael, et les parents tenaient le bureau de poste du Chemin de Traverse. Ils avaient trois enfants, et l'aîné était sensé être la troisième personne de la Prophétie.
Severus et Barty avaient été envoyés chez les Carmichael, juste en dehors d'Édimbourg. Le Seigneur des Ténèbres avait cependant pas voulu simplement les éliminer. Il leur avait auparavant envoyé Lucius Malfoy leur demander qu'ils déclarent officiellement leur allégeance à Voldemort. Il était prudent quant à simplement éliminer les personnes qui étaient sensées être un danger pour lui. Quand c'était possible, il voulait contrôler ses ennemis. Les Carmichael n'avaient pas bien répondus, et en fait, ils semblaient faire leurs paquets pour déménager quand Severus et Barty s'étaient montrés à leur porte. Le hall d'entrée était plein de cartons.
Barty avait été allègre quand ils avaient riposté. Severus avait reçu une mauvaise brûlure sur son bras de Mr Carmichael, après quoi Barty l'avait avec succès frappé avec le sortilège mortel.
Severus avait regardé l'éclair vert foncer vers l'homme. Il avait à peu près le même âge que le père de Severus quand il avait été tué. Comme il était étendu sur le tapis usé de son propre hall d'entrée, il avait l'air totalement surpris. Mrs Carmichael était en haut de l'escalier, en robe de chambre, leur lançant des maléfices. Elle atteignit Barty sur la jambe quand il lui tournait le dos, alors qu'il se penchait au-dessus du corps de son mari, admirant sa propre œuvre. Barty se tourna pour la regarder, son visage assombri par la fureur.
« Attaquer quelqu'un qui vous tourne le dos n'est pas bien. » rugit-il. Severus la vit reculer face à la colère de Barty. Il lui lança un sort, mais elle s'enfuit dans le couloir de l'étage. Les deux furent à l'étage en un instant, la poursuivant. Severus sentit le sang pulser dans son corps comme il suivait le jeune garçon. Barty avait clairement une poussée d'adrénaline, un énorme sentiment de pouvoir. Severus, pour sa part, avait la bile qui lui remontait dans la gorge, mais il essayait de ne pas le faire voir.
Ils trouvèrent la mère dans la chambre de sa fille, prenant la petite fille qui était encore engourdie de sommeil.
« Maman ? » marmonna-t-elle.
Severus se figea. Maman. L'enfant n'avait plus qu'une mère maintenant. S'ils tuaient sa mère, elle serait orpheline. Il savait ce que c'était d'être orphelin. Il ne pouvait pas faire cela, il ne pouvait simplement pas. Voldemort devrait le tuer. Il ne pouvait pas être un mangemort. Pas s'il devait faire des enfants des orphelins.
Mais avant qu'il ne réalise ce qui se passait, Barty pointa sa baguette vers la mère en criant « Avada Kedavra ! »
Severus sursauta comme l'éclair vert frappait la mère et qu'elle s'affaissait lentement, sa fille échappant à sa prise.
« Mamaaaaaaaaan ! » Le cri de l'enfant sembla durer une éternité, et Severus ne put pas croire que c'était arrivé, que la femme était allongée là, morte, avec sa petite fille fixant les yeux ouverts de sa mère et hurlant.
Soudain, une éclair rouge frappa le mur au-dessus de leurs têtes et ils se tournèrent pour voir les deux garçons dans le cadre de la porte de la chambre de leur sœur. Ils n'avaient pas attaché leurs robes de chambre, et leur pyjamas avaient l'air assez vieux et usés. Le plus âgé semblait avoir environ treize ans. Il poussa son frère cadet derrière lui avec sa main gauche, tenant encore sa baguette dans la droite.
Severus avait l'impression d'être dans un rêve quand il regarda Barty lentement se tourner, la furie naissant à nouveau sur son visage. « Viens-tu de m'attaquer de derrière ? » demanda-t-il d'une voix froide. « Bien, ce n'est pas comme si je ne savais pas d'où cela te vient. J'ai dû enseigner une leçon à ta mère à ce sujet. Je pense qu'elle a compris qu'elle ne devait pas faire cela maintenant. » ajouta-t-il, montrant de sa tête le corps de la mère. A son crédit, l'aîné leva son menton et pointa sa baguette sur Barty.
« Je n'ai pas peur de toi. Je n'attaquais pas. J'attirais ton attention. » dit-il. Malheureusement, sa voix n'avait pas fini de muer, et son timbre était encore assez haut. Sa voix craqua plus d'une fois pendant qu'il parlait, et Severus pensa 'Il a l'air familier…'.
Le garçon sembla avoir la même pensée. « Hey, je te connais. » dit-il à Barty. « Tu étais préfet à Serdaigle, pas vrai ? Tu m'as enlevé des points une fois. Et ton père n'est pas… ? »
« Avada Kedavra ! » cria encore Barty, sans avertissement. Severus lutta pour ne pas se couvrir les oreilles comme le sort touchait sa cible que le brave garçon qui avait fait face à son assassin s'effondrait d'un bloc, son jeune frère le regardant avec incrédulité.
Barty Croupton regarda le frère, un sourire maniaque tordant ses lèvres. « Je me souviens que ton frère était à Griffondor. Ils sont braves ces Griffondors. Ton frère est mort d'une belle manière. » Le jeune garçon pleurait, un flot de larmes constant coulant sur son visage. La fille avait pleuré quand sa mère avait été assassinée. Elle était encore accroupie à côté du corps de sa mère, pleurant convulsivement. « Toi et ta sœur êtes trop jeunes pour avoir été répartis. Nous allons faire notre propre répartition ici. Si tu meurs bravement, nous pourrons dire que tu aurais été à Griffondor, comme ton frère… »
Severus ne put plus en supporter davantage. « Je vais m'occuper d'eux. » dit-il bourrument, s'avançant entre Barty et le garçon, sa baguette dehors. Il fit un signe de la tête à Croupton. « Pars. Tu pourras en prendre tout le crédit. Tu as fait tout le vrai travail. Je te suis. »
« Et pour la Marque ? » demanda Barty avec un sourcil levé.
« Je sais comment la conjurer. Je vais aussi m'en occuper. »
Barty lui fit un signe de la tête, et d'un geste de sa baguette, il transplana.
Severus poussa un soupir de soulagement, mais ensuite il vit les visages de la fille et du garçon, le regardant avec crainte. Il était un mangemort, son camarade avait assassiné leurs parents et leur frère aîné, et ils s'attendaient à ce qu'il en finisse avec eux maintenant.
Il déglutit comme il les regardait. « Va par là. » indiqua-t-il à la fille, lui faisant signe avec sa baguette de se lever et d'aller se mettre avec son frère. Elle se leva en tremblant, et Severus ne put s'empêcher de penser que la répartition était déjà faite. Tous les deux à Griffondor. Ils se tenaient la main, le regardant avec le menton haut comme ils attendaient leur mort.
« C'est mieux ainsi. » dit-il doucement avant de pointer sa baguette sur chacun d'eux. « Oubliette ! Oubliette ! » Comme les sorts de mémoire les frappaient, ils tombèrent à la renverse. Il ferma les yeux pour se concentrer et fit un geste de la baguette, transplanant dans le jardin au dehors de la maison. Il ne se souvenait pas de la mort de ses propres parents, n'ayant pas été présent. Il ne pensait pas que c'était un souvenir qu'il voudrait avoir. Et de cette façon, ils ne se souviendraient plus de son visage, ni de celui de Barty. Il pensa aux deux enfants, n'ayant plus qu'eux l'un pour l'autre comme il pointa sa baguette vers le ciel et cria une autre incantation. Ses pensées étaient aussi sombres qu'elles l'avaient toujours été quand il se souvenait de la peine et de l'angoisse qu'il avait d'abord ressenties en apprenant qu'il était orphelin parce que des aurors avaient tué ses parents.
« Morsmordre! »
La lumière jaillit de sa baguette, et une forme verte fantomatique s'éleva au-dessus de la maison : un énorme crâne avec un serpent en guise de langue, sortant lentement de la bouche. Il le fixa, frissonnant malgré la chaleur du soir d'été. Il avait dit qu'il s'occuperait des enfants les plus jeunes, et il l'avait fait. Il les avait empêché de pouvoir identifier les mangemorts qui étaient entrés dans leur maison. Il n'avait pas dit ce qu'il entendait par 's'occuper d'eux'.
Quand il était arrivé chez les parents de Barty, où ils avaient convenu de se retrouver, il avait trouvé Barty assis dehors dans le jardin, jouant tranquillement avec sa baguette à faire flotter des bulles au-dessus de la mare qui décorait le centrer d'un paysage assez formel. Il était allongé sur un bout de pelouse pour faire cela, l'air assez content de lui. Severus avait envie de vomir, mais il ne pouvait pas se le permettre. Il se jeta lui-même dans l'herbe, à côté de son partenaire dans le crime, et fixa les étoiles indifférentes, espérant qu'il pourrait maintenir sa façade au moins un peu plus longtemps.
« Alors. Tout est fait ? »
Severus fit un grognement affirmatif. « J'ai aussi conjuré un belle Marque des Ténèbres, je dirais. »
« Bien alors, » dit Barty après un moment. « Nous devrions aller faire notre rapport. »
Severus leva la tête, ayant regardé Londres défiler par les fenêtres du taxi tandis que Barty tenait encore sa baguette dans le cou du chauffeur. D'une manière ou d'une autre, ce qu'avait dit Barty la nuit où les Carmichael avaient été tués et ce qu'il racontait dans le taxi maintenant s'était mélangé, rendant Severus confus.
« Qu'as-tu dis ? »
« J'ai dit que après que nous nous soyons amusés avec ce gars, nous devrons aller faire notre rapport. »
Severus déglutit. « Quelle sorte d'amusement ? » demanda-t-il nerveusement. La raison pour laquelle ils avaient jailli du Chaudron Baveur était qu'ils venaient de détruire la boutique d'un éditeur du Chemin de Traverse qui travaillait sur un livre sur leur maître. Une telle chose ne pouvait être permise, bien sûr. Severus était content qu'ils aient fait cela la nuit, un samedi, et que personne n'ait été blessé. L'homme n'aurait plus de moyen de gagner sa vie, bien sûr, mais cela valait sûrement mieux que d'être mort ? Severus avait regardé Barty lancer la Marque des Ténèbres au-dessus du bâtiment détruit et les deux avaient transplané dans une pièce qu'ils avaient déjà payée au-dessus du bar du Chaudron Baveur. Ils s'étaient éclipsés par les escaliers, puis vers la porte conduisant au Londres Moldu quand les clients du pub s'étaient tous dirigés vers l'arrière du pub, se précipitant pour voir ce qui avait causé ce bruit. Personne ne les avait remarqué sortir. Barty rigolait comme ils faisaient cela.
« Pourquoi ne pouvons nous pas aller au rapport maintenant ? » demanda sèchement Severus, souhaitant que Barty n'aime pas autant le chaos.
« Parce que nous nous amusons foutument, voilà pourquoi ! » l'informa Barty, mettant sa baguette sous le nez assez grand de Severus, le regardant sombrement. Au moment où le chauffeur sentit la baguette quitter son cou, il tourna brusquement sur le droite et fit monter la voiture sur le trottoir, de telle sorte qu'elle n'avait plus que deux roues sur la route. « Bon sang ! » cria Barty comme le chauffeur ouvrait la porte et bondissait de son taxi, commençant à courir aussi vite qu'il le pouvait. Il y avait un homme à proximité, assis dans un passade de porte, ayant l'air d'être très ivre et qui passerait sans doute sa nuit là. Impatient parce qu'il avait perdu sa proie, Barty pointé sa baguette vers lui, outré. Severus tourna la tête, n'étant pas préparé à la réaction véhémente de Barty, et une seconde plus tard, il ne voyait plus l'homme ivre qui se tenait là, mais un furet beige sale. Barty ricana.
« File maintenant, toi, » dit-il au furet. « Voyons combien de temps tu vas survivre avec les chats sauvages de Londres aux trousses. » L'animal les regarda tous les deux pendant une fraction de seconde avant de déguerpir aussi vite qu'il pouvait. Severus avait croisa les bras et lança un regard noir à Barty.
« Quand tu auras fini de te comporter comme un gosse de douze ans… »
« Quelqu'un de douze ans ne pourrait pas faire cette sorte de métamorphose, Sev. J'aime beaucoup celle-là. Et les gens aiment les furets. Peut-être qu'un petit garçon va en faire son animal domestique. Un amateur de furet pourrait le mettre dans une belle cage et le nourrir avec les restes de la table. Une meilleure vie que celle qu'il avait sûrement. » Barty le regarda avec suspicion. « Tu ne protège pas les moldus, n'est-ce pas Sev ? »
Severus Rogue renifla. « Bien sûr que non. Tu me connais mieux que cela. »
Barty le regarda critiquement. « Oui. Je pensais que je te connaissais. Puis il s'est avéré que tu as lancé un sort de mémoire sur ces enfants au lieu de les tuer proprement. »
Severus se sentait très irrité. « C'était l'été dernier ! Ca te travaille encore ? D'abord, ils n'étaient pas moldus. Ensuite, j'ai dit que j'allais m'en charger. C'est ce que je voulais dire. De telle sorte qu'ils ne puissent pas nous identifier. Nous avons exactement fait ce que nous avions été envoyés faire… Éliminer les parents et le fils aîné. Le Seigneur des Ténèbres attend que ses ordres soient suivis à la lettre. Je n'avais pas le désir de me voir réprimandé pour avoir été au-delà. Après tout, il ne nous a pas mis à la faute comme les plus jeunes enfants étaient restés en vie, n'est-ce pas ? Crois-moi, s'il avait eut l'impression que nous avions fait une faute ou que nous n'avions pas suivi ses ordres, nous l'aurions su. »
Lui, en fait, n'avait pas su cela quand il avait décidé de lancer un sort de mémoire sur les enfants, mais après les faits, il avait eu une audience privée avec Voldemort qu'il n'avait pas envie de divulguer à Barty Croupton. Severus avait pensé qu'il allait être torturé, ou pire, tué, pour avoir échoué à lancer le sortilège mortel sur les benjamins des Carmichael, mais à la place, Voldemort l'avait approuvé d'avoir exécuté ses ordres exactement comme il les leur avait donnés.
« Je n'avais pas réfléchi à savoir s'il fallait épargner les autres, » avait-il reconnu de sa voix étrangement hypnotique, faisant un geste négligeant vers des enfants invisibles et leur lançant un maléfice invisible. « Mais j'aime assez l'idée d'une famille brisée. C'est bien plus efficace que de s'être débarrassé d'eux tous. C'est un terreau pour l'oubli. Tout cela aurait pu simplement être oublié s'ils avaient tous été tués. De cette manière, avec des survivant, ce n'est plus possible. Ils sont des rappels constants pour tout le monde autour d'eux. Et même si les enfants ne se souvienne de rien, ils savent ce qui est arrivé. Il savent que je voulais que leurs parents et leur frère soient tués et qu'il a été ainsi fait. Ils savent me craindre, craindre de dire mon simple nom, de peur de me faire venir. » Il rit, c'était un son affreux. « Les gens pensaient cela du diable. Et ils pensaient qu'ils étaient intelligents 'Bien, nous devrions l'appeler Old Nick, comme cela il ne saura jamais que nous parlons de lui.' » Encore un rire inquiétant. « Et maintenant je suis 'Vous-savez-qui'. Et 'Celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom'. »Il sourit à Severus, quelque chose d'épouvantable. « Tu as aidé à maintenir cette mystique, Rogue. Tu es un bon et loyal serviteur. » Il fit une pause, scrutant de près Severus. « Malheureusement, j'ai vu en rêve que cette famille n'était pas la bonne. » Il haussa les épaules. « Je vais devoir faire travailler Queudver plus dur pour qu'il détermine qui sont les membres du Triangle. Tu m'as bien servi. Tu peux partir. »
Severus avait transplané jusqu'à l'appartement de son oncle cette nuit-là, s'effondrant d'abord sur le lit, puis courant dans la salle de bain pour vomir dans les toilettes.
La mauvaise famille.
Son estomac s'était tordu en lui, et puis finalement c'était arrivé, la libération, et il rejetait tout ce qu'il avait mangé ce jour là dans les toilettes.
La mauvaise famille.
Il ne pouvait pas croire que cela arrivait. Il était complice d'un meurtre, et ce n'était même pas la bonne famille ! Il avait continué à vomir et à peine remarqué quand son oncle était apparut dans le cadre de la porte, le regardant avec dégoût.
« Je te l'ai déjà dit, Severus. Si tu ne peux pas supporter l'alcool, tu ne devrais même pas essayer. » Son oncle était parti en secouant la tête, dégoûté. Severus lui avait laissé penser qu'il avait bu. S'il avait des question sur où il état allé, il aurait un semblant d'alibi. L'été précédent, il avait fait croire à son oncle qu'il sortait pour boire assez souvent. Parfois, il était vraiment allé boire après avoir fait ses tâches de mangemort. Cela aidait à chasser la culpabilité… Pour un petit moment.
Mais il ne pensait pas qu'il aurait besoin de boire un coup ce soir. Tout ce qu'ils avaient fait été de détruire l'éditeur et de transformer un sans-abri en furet. Lui et Barty regardèrent le petit animal disparaître, courant rapidement loin d'eux. Severus se tourna vers Barty. « Je suis fatigué. J'ai fait croire à mon oncle que je suis allé au lit il y a des heures. Je dois transplaner dans ma chambre afin qu'il ne suspecte pas que j'ai quitté l'appartement. Je te retrouve dans quelques jours. »
Barty acquiesça. « Bon travail ce soir, Severus. » dit-il avec un sourire. Il donna une tape dans le dos de Severus. « Prends du repos. Tu l'as mérité. »
Avec un pop !, il transplana. Severus regarda avec soin autour de lui, puis grimpa dans la taxi pour transplaner de là. Quand il arriva dans sa petite chambre, dans l'appartement de son oncle, il se sentait émotionnellement lessivé, et pourtant trop énervé pour dormir. Il s'allongea sur les couvertures, encore habillé, regardant le plafond obscur, se demandant comment diable il pourrait continuer comme cela. Combien de temps pourrait-il encore éviter de vraiment blesser quelqu'un ou même de tuer ? Jusque là, il avait réussi à satisfaire Voldemort, mais combien de temps cela demeurerait-il vrai ?
Comme depuis plus de six mois, il revoyait les visages des enfants Carmichael, stoïques, le moment avant que le sort de mémoire les touche, alors qu'ils s'attendaient à recevoir le sort mortel. Ils avaient montré de la bravoure malgré leur âge. Pourquoi ne pouvait-il pas être comme eux et se dresser contre Barty, se dresser contre Voldemort ?
Pourquoi ? Parce qu'il serait mort la seconde d'après, voilà pourquoi.
Voldemort avait parlé de qui était dans le 'Triangle'. Severus ne comprenait pas, mais cela semblait avoir quelque chose à voir avec la Prophétie dont il se souciait tant. Pour quelques raisons, le nom 'Queudver' lui était familier, mais il ne pouvait pas dire pourquoi. Il savait que qui que ce soit, il haïssait avec passion ce Queudver. Était-il juste incompétent, ou avait-il fait tuer les mauvaises personnes à dessein ? Est-ce qu'il utilisait le Seigneur des Ténèbres pour accomplir une vendetta personnelle ? Severus ne savait pas s'il espérait ou pas que les vrais personnes du triangle soient trouvées et tuées, pour y mettre un terme. Finalement, plus personne ne serait tué par erreur.
Qui que vous soyez, vous tous dans ce Triangle, pensa-t-il, j'espère sacrément que vous allez bientôt vous occuper de Voldemort. Avant que je ne sois envoyé pour m'occuper de vous.
