La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre Seize

Rédemption

Mardi 7 Avril 1981

Ils se faufilaient à l'orée de la Forêt Interdite, espérant que le chien de garde géant de Harry, Crocdur, ne les entendrait ou ne les verrait pas. Mais dans la main, ils trouvèrent le sentier qu'ils avaient utilisé avant, enjambant avec légèreté les racines tordues des arbres et évitant les petites branches. La forêt sentait le printemps, de petites fleurs blanches éclosaient même dans l'ombre profonde sous la canopée, tandis que l'herbe dans la grande clairière ronde qu'ils aimaient débordait positivement de fleurs sauvages, s'étalant jusqu'à la limite de ce que le soleil atteignait comme un tapis. Ils placèrent une de leurs couvertures sur le sol en plein centre de la clairière, puis en étalèrent une autre par-dessus, se glissant en dessous pour enlever leurs habits au cas où il y aurait des yeux curieux à proximité.

Après cela, il s'allongea sur le dos, regardant le ciel, la couverture de dessus lui donnant presque chaud après son effort, d'autant que c'était un jour d'une chaleur peu commune pour la saison. Une paix langoureuse s'empara de lui, et il fit passer sa main dans son dos, la peau soyeuse sous ses doigts, demandant à son visage de descendre à nouveau à la rencontre du sien. Ses lèvres brossèrent celles de Bill, et elle ouvrit sa bouche, sa poitrine chatouillant terriblement son torse comme il écartait ses lèvres et enfouissait ses mains dans sa fine chevelure blonde.

Elle rompit lentement le baiser, puis posa son coude sur la hache de Bill, se tenant négligemment la tête sur la main. Elle le regardait avec un peu d'amusement dans ses yeux bleus glacés, traçant les poils roux autour de ses tétons avec un doigt fin et habile. Il fit glisser ses propres doigts le long de sa gorge jusqu'à sa poitrine, aimant ses inspirations rapides, et lui faisant un sourire en coin malicieux. Ils ne parlaient généralement pas beaucoup ces fois-là. Ils ne parlaient pas beaucoup en général, et cela lui allait.

Mais soudain, ses yeux s'ouvrirent en grand et Roxanne Maine-Thorpe resta bouche bée comme elle regardait par-dessus sa tête. Normalement, c'était une vue qui lui plaisait assez, mais ensuite, il entendit un lent bruit de sabot régulier derrière lui. Quelqu'un était entré dans la clairière. Il se redressa brusquement, se tournant pour trouver un visage familier le regardant.

« Bonjour, Bill Weasley. J'ai senti que tu étais ici, mais je vois que tu es occupé à procréer, alors je vais te laisser… Après t'avoir adressé mes sincères félicitations… »

Bill tira la couverture sur laquelle il était assis afin que Roxanne soit couverte, et il tira la couverture du dessus sur ses propres cuisses. « Heu, bonjour, » dit-il au centaure. « Nous… nous ne procréions pas, alors les félicitations ne sont pas nécessaires. » bégaya-t-il.

« Oh ? Je pensais que c'était le cas, » répondit placidement le centaure. « J'ai assez bien vu. » Le visage de Roxanne perdit toutes ses couleurs. Bill ne sentit pas que c'était le moment rêvé pour se lancer dans une explication sur la potion de Prophylaxie, et sur la différence entre procréer et ce qu'ils venaient de faire.

« Bien, techniquement, oui, mais techniquement non aussi. » dit-il, réalisant à quel point cela devait sembler fou. Il essayait aussi de ne pas penser au centaure qui les regardait ensemble. « De toutes façons… »

« Je suis désolé. Je ne voulais pas vous déranger. Je vais simplement de présenter mes félicitations et partir. Félicitations. » Firenze inclina un petit peut la tête, se tourna et commença lentement à s'éloigner de la clairière, son pas lent en calme.

« J'ai dit qu'il n'y avait aucune raison de féliciter quiconque. » dit Bill avec irritation comme le centaure partait. Il ne trouvait pas Firenze plus facile à appréhender maintenant que quand il était plus jeune. Le centaure se tourna. Il haussa un sourcil et regarda Bill en connaissance de cause.

« Je ne te félicitait pas parce que tu as engendré un enfant. Je te félicite parce que tu as une nouvelle sœur. Nous avons tous vu cela dans les étoiles. » dit-il, regardant le ciel clair. « Mars était très brillante la nuit dernière, spécialement entre l'heure la plus sombre et l'aube… »

Bill resta bouche bée. « Vous êtes sûr que j'ai une nouvelle sœur ? » Ce serait génial pensa-t-il. Sa mère serait contente !

« Bien sûr. » répliqua calmement Firenze. Bill fronça les sourcils.

« Vous… vous le dites à tout le monde à l'école quand la maman de quelqu'un a un bébé ? », demanda-t-il, confus.

Firenze était encore parfaitement imperturbable. « Bien sûr que non, Bill Weasley. » Ce fut tout.

Bill le regarda se retourner et revenir dans la forêt sans un au revoir, et ce ne fut qu'une question de quelques instants avant qu'il n'ait disparu de sa vue. Bill regarda l'endroit où il avait été jusqu'à ce que tout ce qu'il puisse voir fut les branches encore vibrantes qu'il avait poussées sur son chemin. Bill regarda furtivement Roxanne. Il pouvait dire que cela la démangeait de poser des questions (il avait plutôt l'impression qu'elle n'avait jamais vu un centaure en personne avant), mais cela ne faisait pas partie de leurs habitudes, et elle se contint soigneusement. Ne se souciant plus de qui d'autre pourrait le voir, il se leva et s'habilla rapidement, pressant Roxanne de faire de même. Il avait appris qu'elle était très douée dans tous les aspects des relations clandestines, le début, le milieu et la fin. Ils se faufilaient bientôt à nouveau dans la forêt.

Aucun d'eux n'aimait l'idée que quelqu'un de Griffondor ou de Serpentard ne découvre qu'ils couchaient ensemble. Ils s'embrassèrent brièvement, et partirent dans des directions opposées quand ils s'approchèrent de la rive du lac. Bill retourna au château par la rive ouest, longeant les serres, tandis qu'il voyait une silhouette blonde distante sur les bords est. Il avait le chemin le plus court, alors il atteignit la porte de chêne du château en premier, la poussant avec hâte et courant à l'intérieur, essayant de déterminer où Charlie avait le plus de chances d'être afin qu'il puisse entendre les bonnes nouvelles. Roxanne était déjà un souvenir distant, bien que plaisant.

Il ne devait pas s'inquiéter de trouver son frère. Il n'était pas plus tôt entré dans le château que Charlie déboulait des escaliers de marbres, s'arrêtant net quand il vit Bill. « Te voilà ! » cria Charlie, souriant. Il fronça les sourcils seulement un instant en voyant les couvertures que son frère portait, puis il regarda à nouveau le visage de Bill, refusant d'être distrait.

« Bonne nouvelle ! » dit Charlie, agitant une enveloppe. « Maman a écrit pour qu'elle avait eu le bébé. »

Bill acquiesça. « Oui, je sais. Je venais justement te chercher. »

Charlie s'arrêta. « Comment aurais-tu su ? Le professeur MacGonagall vient de me donner la lettre de maman. Elle ne voulait pas l'envoyer à juste l'un d'entre nous, alors elle lui a envoyé Errol. Je suppose que maman était épuisée après tout cela, ou elle nous l'aurait dit plus tôt, et tu sais comment est papa, de plus, il devait probablement être occupé avec Percy, Ron, et les jumeaux. »

Bill fronça les sourcils. « Nous le dire plus tôt ? Plus tôt qu'en vingt-quatre heures ? »

Maintenant, Charlie lui fronçait aussi les sourcils. « De quoi parles-tu ? Le bébé a six jours maintenant. »

Bill prit la lettre à Charlie et lut, écrit de la main de sa mère, que sa sœur était née le premier avril à trois heures du matin. « Alors pourquoi ?… » commença-t-il à dire, mais en voyant l'expression sur le visage de son frère, il s'arrêta net.

« Pourquoi quoi ? »

« Heu. » fit Bill, ne voulant pas dire à son frère qu'il avait été dans la Forêt Interdite. Il voudrait probablement savoir pourquoi. La question trottait cependant dans sa tête, il ne pouvait l'ignorer. Pourquoi est-ce que le centaure se comportait comme si sa sœur venait de naître ?

« Elle dit qu'ils l'ont appelée Virginia mais qu'ils l'appellent déjà Ginny. » continua Charlie. « C'est typique. Je suppose qu'ils ont besoin de nous donner des surnoms de façon à ce que nous sachions quand nous avons franchi la ligne. Je ne pense pas avoir été jamais appelé Charles, ou t'avoir entendu appelé William à part quand nous avions des problèmes. »

« Exact, exact. » marmonna Bill, fixant la lettre. La chose vraiment étrange dans la lettre de sa mère était qu'elle donnait vraiment l'impression qu'elle venait d'avoir le bébé. Avait-elle écrit le mot et oublié de l'envoyer avec une chouette pendant presque une semaine ? Mais non. 07/04/81 était dans le coin en haut. Elle l'avait écrite le sept avril. Aujourd'hui.

Charlie lui sourit. « N'est-ce pas génial ? Une autre fille ! Peut-être que maman ira mieux maintenant. Elle aura à s'occuper d'une petite Ginny. »

Bill acquiesça, essayant encore de déterminer ce qui le dérangeait. « Hmm, oui, super. » dit-il, distrait. Il fut tiré de ses pensées quand Charlie le tapa dans le bras.

« Hey… ! »

« Je viens de comprendre pourquoi tu avais ces couvertures. Qui était-ce cette fois ? » Charlie le foudroyait pratiquement du regard, et il y avait de la rancœur dans la voix.

« Quoi ? »

« J'ai dit qui était-ce cette fois ? Je devrais vraiment dire à maman ce que tu es devenu, vraiment. Elle pense toujours que tu es si parfait. Sauter une fille différente toutes les semaines ! Pourquoi tu as rompu avec Juliette de toutes façons ? Elle était gentille. » sa voix s'éteint sur un gémissement.

Bill grimaça. Il n'avait en fait été qu'avec Roxanne depuis as rupture avec Juliette, mais il avait laissé Charlie pensé autre chose. « Si tu es tellement amoureux d'elle, demande-lui d'être ta petite amie. » dit-il avec irritation, pensant à Juliette avec coup au cœur. Elle lui manquait, vraiment, mais la dispute qu'ils avaient eue avait conduit à leur rupture… Il ne supportait pas d'y penser. Il avait suspecté que Charlie l'aimait un peu aussi et avait vécu cela un peu à travers lui. Leur rupture avait gâché cela. Charlie rougissait maintenant furieusement.

« Comme si elle allait regarder un quatrième année. » murmura-t-il, baissant la tête, de telle sorte qu'il était presque impossible de l'entendre. « Sans parler du fait qu'elle t'aime encore, » ajouta-t-il, plus fort, « bien que je ne puisse pas comprendre pourquoi. »

Bill plia la lettre de sa mère. « La ferme. » dit-il à son frère sans rancœur. Il voulait trouver ce qui le dérangeait avec la lettre de leur mère, et il n'écouta pas vraiment tout le reste de ce que Charlie lui dit comme il remontait les escaliers de la tour Griffondor.

Il y pensa encore et encore. Durant tout le dîner, Alex essaya d'attirer son attention pour lui parler du devoir de potions, et Bill continua à ne répondre que par des grognements et des monosyllabes, mâchant pensivement sa nourriture et regardant dans le vide. Alors qu'ils revenaient en parlant vers la tour Griffondor, Alex lui dit « Tu aimerais venir voir la prochaine fois que Lowell et moi faisons l'amour ? Je sais que tu en meurs d'envie… »

« Hmm. » fit Bill, les yeux inexpressifs. « Oh oui, bien sûr. Ce que tu veux… »

Alex croisa les bras et se tint sur le passage de Bill. « D'accord. Si tu m'écoutais vraiment, tu n'auras jamais accepté cela. Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? »

« Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ? Je suis désolé, Alex. C'est juste… Quelque chose d'étrange au sujet de la lettre que maman a envoyée pour le bébé… »

« Oh, exact. Encore mes félicitations. Cela devrait faire plaisir à ta mère. »

Bill acquiesça. « Oui. C'est ce que Charlie a dit. »

« Alors qu'est-ce qui ne va pas ? Tu peux le dire. Tu sais où tous les corps sont enterrés. Je ne le dirai jamais. » dit-il avec un sourire.

Bill le regarda vraiment cette fois, lui souriant, reconnaissant pour son amitié. « Je sais, mon gars. C'est juste… »

D'une traite, il raconta à Alex comment il était allé dans la forêt et avait parlé au centaure. Il n'avait pas identifié la fille avec laquelle il était. Alex siffla entre les dents.

« La forêt, eh ? Assez chaud, spécialement quand il commence à faire nuit. Et encore plus après. » Bill trouva qu'il donnait l'impression d'avoir lui-même essayé. « En tous cas, écoute : est –ce que le centaure a vraiment dit que ta sœur était née juste la nuit dernière ? »

Bill se renfrogna, pensant très fort. « Non, pas dans ces mots. Cela ressemblait juste à… Oh, je ne sais pas. Quand je lui ai parlé avant, rien de ce qu'il n'a dit n'a été clair comme de l'eau de roche… »

Alex se recula et le fixa. « Hum… Tu passes beaucoup de temps à parler avec les centaures, n'est-ce pas ? » dit-il en déglutissant.

« C'est une longue histoire murmura Bill, se remettant en marche. « Et je ne peux simplement pas voir ma mère attendre six jours pour nous écrire. »

Alex haussa les épaules. « Elle doit déjà s'occuper de quatre enfants de moins de cinq ans. Ma mère y arrivait tout juste avec Oliver, et c'était le seul dont elle devait s'occuper. Il vole constamment dans la maison sur son balai, en renversant des choses. Pendant un moment, elle était convaincue qu'il avait oublié de marcher. En fait, je ne suis même pas sûr de l'avoir vu vraiment marcher pendant que j'étais à la maison pour Noël. Il a pu le faire, mais la plupart du temps, il était sur son balai. Il en est fou. »

Bill rit comme ils continuaient à monter. « Percy lit déjà et il a tout le temps le nez dans les livres. Tu ne pourrais pas croire la façon dont tout ce qui est sur les étagères du salon lui passe dans les mains. Papa a même dit qu'il l'avait pris en train d'essayant de calmer les jumeaux en leur faisant de la lecture. Les jumeaux, bien sûr sont probablement la vrai raison pour laquelle personne n'a pu écrire à Charlie ou à moi pendant presque une semaine. Ils sont toujours dans tous les coups. Ron n' a pas encore un an. Il commence juste à marcher, mais papa dit que c'est un gentil petit garçon. De plus, le jumeaux ne s'en prennent jamais à lui. Enfin, presque pas en tous cas. Ils s'en prennent à Percy en général. C'est probablement pour cela qu'il s'isole. »

Ils traînèrent dans la salle commune jusque assez tard, et pendant que Bill se préparait à aller au lit, il eut une pensée soudaine et alla à sa malle. Il sortit la pile des lettres que sa mère lui avait envoyées ce trimestre. Ils les gardait attachées en tas à côté de son livre de sort et de ses parchemins. A mi-chemin dans son déshabillage, portant une étrange combinaison de pantalon de pyjama et de chemise déboutonnée, il s'assit sur le lit en les triant, arrivant finalement à celle que sa mère lui avait envoyé le plus récemment.

Cher Bill,

D'abord, je voudrais te dire que je n'ai pas encore eu le bébé, au cas où ce soit ce que tu penses que j'écrivais. Ne t'inquiète pas ! Dès qu'elle arrivera, ton père et moi écrirons à Charlie et à toi. J'aimerais beaucoup que cela arrive maintenant, mais je n'ai jamais vraiment bien supporté l'attente pour aucun d'entre vous.

Est-ce que tu donnes de nombreuses retenues en tant que préfet ? Je me souviens, quand j'étais à l'école…

Et elle ressassait quelques souvenirs d'école après cela. Bill n'y fit pas vraiment attention. En fait, il se souvint que dès qu'il avait lu que le bébé n'était pas encore né, il l'avait fourrée avec les autres lettres, ne réfléchissant pas vraiment. Il regarda maintenant avec soin le début de la lettre. Je n'ai pas encore eu le bébé… Pourquoi disait-elle qu'elle allait leur écrire dès que le bébé serait né et puis qu'elle avait attendu six jours ?

Il regarda la lettre encore et encore, essayant de déterminer ce qui le dérangeait vraiment, et puis, abandonnant et commençant à la plier à nouveau, il le remarqua finalement. Dans le coin en haut à droite du parchemin, sa mère avait gribouillé très légèrement la date. C'était dur à lire, mais Bill pouvait lire 04/04/81.

Maintenant, il savait ce qui le tracassait.

Mercredi 20 Mai 1981

Sam Bell reposa sa fourchette et se tapota l'estomac. « Oh, la tourte à la viande de Tom rentre tout juste. Tu vas devoir me faire rouler pour me ramener au bureau, Lily. » ajouta-t-il, fermant les yeux.

Lily Potter reposa sa serviette sur la petite table du pub en riant. « Tu ne devrais pas tant manger pour déjeuner, Sam. Tu vas t'endormir cet après-midi, et tu n'as pas traité la moitié des dossiers que tu as sur ton bureau ce matin. » Elle prit une gorgée de thé et le regarda avec un air un peu supérieur. « J'ai rendu tous mes rapports et j'ai commencé à aider Gemma avec les siens. Elle est claquée. Neville ne fait pas ses nuits comme il fait ses dents. J'ai de la chance avec Harry. Il a quatre dents maintenant, deux en haut et deux en bas, mais il mâche simplement son Eeyore en peluche, il ne pleurniche jamais. Bien » s'amenda-t-elle, presque jamais presque jamais. Pas pour les dents en tous cas. En fait, si nous quittons la pièce avant qu'il soit endormi, il se met terriblement en colère. Je sais que nous devrions le laisser tout seul, mais… »

Sam acquiesça, vidant son propre mug de thé sans saveur. « Katie faisait cela aussi. »

« Mas elle ne le fait plus ? Comment avez-vous fait ? On ne peut simplement pas supporter de le laisser dans son berceau, à pleurer parce qu'il ne veut pas être seul… »

Il haussa les épaules et secoua la tête. « Elle a essayé de nous faire venir une paire de fois après la première fois, mais elle a pleuré de moins en moins de temps chaque nuit jusqu'à ce qu'elle arrête complètement. La première fois, ce n'était pas vraiment intentionnel. Une nuit, il y a un peu plus d'un an, Trina et moi avons juste atteint nos limites. Nous étions à la maison, elle était encore éveillée et a commencé à brailler, et aucun de nous n'arrivait à s'extraire du lit. Trina disait sans arrêt 'Et si quelque chose ne va vraiment pas ?' Et je lui ai dit qu'elle pleurait différemment quand c'était vrai, et que si elle pleurait encore une demi-heure après avoir commencé, j'irais la voir. »

Lily haussa les sourcils. « Alors ? Combien de temps cela a pris ? »

« Exactement vingt-huit minutes avant d'être muette comme une carpe. La balle est vraiment passée au-dessus de ma tête. »

Elle rit. « Vraiment. Et tu sais, j'ai exactement utilisé cette expression avant hier avec Gemma, et elle a commencé à sauter partout en voulant savoir 'Quelle balle ?' et 'Comment diable un moldu armé a pu rentrer dans nos bureaux ? » Lily roula les yeux.

« Nous, nés de moldus devrons simplement continuer à confondre les autres, je suppose. » dit-il en riant. « Je ne vais pas changer ma façon de parler, alors ils vont juste devoir saisir. »

« Moi non plus, » dit Lily, levant son menton. « Je souhaite qu'il y ait plus d'aurors nés de moldus comme toi. J'ai un peu l'impression de passer la moitié de mes journées à expliquer le monde et les expressions moldues aux autres aurors. La semaine dernière, Fife voulait que je lui explique comment fonctionnait une 'télébison'. Comme si je savais ! »

« Que lui as-tu dit ? »

« Je lui ai dit, d'abord, on va dans un magasin qui vend des 'télébisons', on en paye une en argent moldu, on la ramène dans un chez soi ou il y a de l'électricité, ou la branche, on l'allume, et elle transforme ton cerveau en éponge. Il m'a demandé, parfaitement sérieusement, si la partie concernant la transformation du cerveau en éponge était absolument nécessaire pour se servir d'une 'télébison', et je lui ai dit que non, ce n'était pas absolument nécessaire, mais que cela aidait certainement. »

Sam agita son index devant elle. « Tu ne devrais pas embêté les sangs purs, Lily. Ce n'est pas gentil. » Mais il souriait.

« Oh, mais c'est si facile, Sam. » répondit-elle, prenant de l'argent dans sa poche. Il leva la main.

« C'est bon Lily. C'est pour moi aujourd'hui, tu te souviens ? »

Elle haussa un sourcil. « Non, tu as payé la dernière fois que nous étions ensemble. Tu dois penser à quelqu'un d'autre. »

Il eut l'air étonné un instant, puis dit, en faisant la tête, « Oh, c'est vrai. Quand j'étais en service avec Ward samedi, j'ai payé le déjeuner… » Sa voix s'éteignit, et les deux regardèrent la table. Sam se jura qu'il ne pleurerai pas, même si cela ne l'aurait moins dérangé que Lily le voit pleurer plutôt que d'autres personnes. Depuis qu'elle avait commencé à être auror, elle était presque devenue comme une petite sœur pour lui, et lui et Trina s'entendaient très bien avec elle et James en tant que couple aussi.

« Est-ce que tu es de service pour les funérailles ? » demanda-t-elle doucement, leva les yeux vers ceux de Sam. Il secoua la tête.

« Non. Je porterai le cercueil. Ils ont besoin de beaucoup d'aide après tout. Il y a trois cercueils. »

Elle acquiesça. « Je suis de service avec Dedalus Diggle. Mon Dieu, j'aurais souhaité n'importe qui d'autre. J4ai peur qu'il me fasse trop rire. Ses vêtements sont simplement trop pittoresques. Et ce ne sera pas une occasion pour le rire. » dit-elle doucement, sa voix un peu plus épaisse maintenant. Sam acquiesça. « Cela devient très… menaçant. Trois aurors disparus en trois mois, et leurs familles complètement décimées… »

Sam soupira. « Cela fait comprendre pourquoi Maugrey est si paranoïaque, pas vrai ? »

« Clair. J'essaye de ne pas faire voir à James à quel point je suis inquiète, mais parfois je… Je me réveille avec ces cauchemars et je dois me lever et aller jeter un œil sur Harry. Il y a une paire de nuits, j'ai fini par m'endormir dans la chaise à bascule à côté de son berceau, avec mon visage contre les barreau. James m'a trouvé comme cela le matin. C'était juste la nuit avant cela, tu sais, que nous avons appris que… »

Sam mit sa main sur celle de Lily, là où elle l'avait posée sur la table. « Là, là, Lily. Oui, c'est plus qu'un peu éprouvant pour les nerfs. Mais nous prenons des précautions, et nous essayons de trouver ce qu'ils avaient en commun, pourquoi ils étaient visés… »

Elle grimaça. « Gemma, Doris et moi avons passé au peigne fin leurs dossiers, les cas sur lesquels ils étaient, qui ils ont arrêté, et il n'y a aucun motif. Et nous avons tous travaillé avec tous les trois… Ward, Harris et Johanssen, alors si c'est une question d'affaire, nous les avons toutes travaillées avec eux. Pourquoi étaient-ils visés, personne d'autre ? »

Sam prit un air grave. « C'est pas pour être pessimiste, mais qui dit que personne d'autre ne sera visé ? Il y a beaucoup plus que trois aurors dans le département. Peut-être que ce n'est pas un cas particulier, mais une question de temps pour que les aurors soient systématiquement pris pour cible. » dit-il doucement.

« Par Voldemort ? » dit-elle, encore plus doucement.

« Oui. Et tuer les familles après cela est juste sa manière de saler la terre en quelque sorte. »

Elle mit son autre main sur celle de Sam, de telle sorte qu'il avait sa main en sandwich entre les siennes. « Ou peut-être qu'ils n'essayent pas de se débarrasser de nous tous, comme ce serait beaucoup de travail, mais de convaincre quelque uns d'entre nous de démissionner, pour la survie de nos familles. » chuchota-t-elle, puis elle le regarda. Il vit à quel point il était troublé. « Je veux dire… Si tu pensais que Trina et Katie étaient en danger à cause de cela, que ferais-tu ? »

Ses lèvres étaient droites. « Je… Je ne sais pas. J'essayerai de les mettre en lieu sûr, je suppose… Mais on ne peut pas vivre sous terre, et je ne veux pas vivre sans ma famille… »

« Moi non plus ! » dit-elle avec sentiment. « Et James ne peux simplement pas partir et se cacher. Il a sa carrière. Bien que maintenant, à chaque fois qu'il a un match, je pense à quelle belle cible il ferait, en volant au-dessus d'un terrain, avec des centaines de personnes qui regardent… »

« Bien, même si ce n'est pas aussi important que de jouer au Quidditch. » dit Sam, un sourire commençant à tordre ses lèvres, « Trina aime son boulot. On peut penser qu'une barmaid n'est pas très importante, mais elle a ses clients fidèles, et ils lui donnent de bons pourboires… »

Lily acquiesça. « Je serais la dernière à dire que ce n'est pas un travail important. D'autant que c'est au Maxwell, le pub sorcier le plus important de Birmingham. »

« Et c'est dire quelque chose. » dit-il en souriant. Il pressa la main de Lily puis retira sa main. « Allons, à moins que tu aies une superstition sur le fait que la dernière personne à qui j'ai payé le repas disparaisse, laisse moi offrir celui-là, Lily. D'accord ? »

Elle se renfrogna. « Je ne suis pas superstitieuse, tu le sais Sam. » Elle leva ses mains. « Bien. Je ne vais pas refuser un déjeuner offert. »

Il acquiesça et alla payer Tom, voyant que son dos disparaissait dans un couloir conduisant dans les parloirs privés. Il décida de le suivre plutôt que d'attendre qu'il revienne, mais soudain, une main le tira dans une porte avant qu'il ne puisse atteindre la pièce où Tom avait disparu, et quand la porte eut claqué derrière lui, il se retrouva avec bout d'une baguette pressé contre sa gorge. Elle était longue, aussi longue que l'avant-bras de Sam, faite d'un bois brun rouge brillant qui reflétait la lumière des chandelles.

Il était encerclé par quatre personnes portant des capes à capuches et des masques. Le plus grand était celui qui lui tenait encore le haut du bras, et il fit un signe de la tête à un homme plus petit et athlétique qui prit la baguette de Sam de la poche de sa robe et, la pointant vers la jambes de Sam, cria « Locomotor mortis ! »

La main lâcha son bras. Sam avait perdu toutes les sensations dans ses jambes et il tomba à la renverse, essayant de faire tourner son corps afin de ne pas se casser le nez. Il se cogna la pommette contre le dur plancher à la place. Il était aussi conscient de se cogner la hanche sur le sol, mais il n'y avait pas de sensation là, alors cela importait peu pour le moment. D'un autre côté, là où sa pommette était rentrée en contact avec le sol, la douleur le lançait et il savait qu'il aurait un bleu à guérir plus tard. S'il devait y avoir un plus tard.

Il les regarda, déglutissant, essayant de déterminer comment il allait s'en sortir avec quatre personnes contre lui, alors qu'il n'avait pas de baguettes, des jambes inutilisables, et que tout ce à quoi il pouvait penser était 'C'est moi. Et ensuite, ils vont tuer Trina et Katie…'

« Que voulez-vous ? » croassa-t-il, souhaitant pouvoir sentir quelque chose en dessous de la taille.

L'homme qui l'avait tiré dans la pièce s'accroupit à côté de lui et lui dit « Tu le verra. C'est juste l'introduction. Nous te retrouverons quand ce sera le moment. Jusque là… pense à ta réponse. » siffla-t-il à Sam, qui remarqua qu'un long cheveu blond s'était échappé de la capuche de l'homme. Il détourna ses yeux du cheveux de l'homme au profit de ses yeux, qui étaient difficiles à voir derrière le masque, mais semblaient être de couleur claire. Ses mains étaient d'une propreté méticuleuse, douce et lisses. Les ongles étaient parfaitement manucurés et n'avaient absolument aucune saleté derrière.

« Comment puis-je réfléchir à mes réponses si je ne connais pas la foutue question ? » grogna-t-il, regardant par-dessus l'épaule de l'homme le sorcier qui lui avait pris sa baguette.

L'homme blond rit. « La vraie question ne compte pas vraiment maintenant, n'est-ce pas ? » dit-il soyeusement, amusé. Presque paresseusement, il pointa sa baguette vers Sam et dit « Imperio ! »

Sam sentit un sentiment de paix complète s'emparer de lui, il se sentit léger et content, sans aucun souci au monde. Il était vaguement conscient que le sorcier qui lui avait lancé le sort disait quelque chose, quelque chose sur Lily, mais une autre partie de son cerveau répondait 'Non. Pourquoi le ferais-je ? Je ne veux pas. Vous n'avez pas le bon homme.'

Sam se secoua et le brouillard sembla se lever de son cerveau. Le sorcier tenait sa baguette sur son côté, la serrant très fort, si fort que ses jointures étaient blanches. Il pouvait dire que le sort n'avait pas marché sur Sam. Il l'avait combattu avec succès.

Juste au moment où Sam décida de se jeter sur lui, le sorcier blond leva soudain sa baguette noire et disparut avec un pop ! L'homme qui avait tenu la baguette de Sam la lança et leva sa propre baguette en même temps que les deux autres hommes. Ils disparurent avec un triple pop ! Sam se traîna à l'endroit où se trouvait sa baguette, et il enleva le sort lui bloquant les jambes, jurant comme il s'était fait prendre par surprise. Il aurait déjà pu être mort maintenant si ce n'était le fait qu'ils semblaient avoir l'intention de jouer avec lui… pour le moment. Si seulement il pouvait se souvenir de ce que le sorcier lui avait dit de faire, quelque chose au sujet de Lily…

Il entendit un bruit de pas dans le couloir, et Lily appela « Sam ? Sam, où es-tu ? » Il entendit une note de panique dans sa voix. Il se remit debout, ses pieds comme pleins d'aiguilles, et il rangea sa baguette.

« Par ici, Lily » appela-t-il, pas trop fort. Il pouvait entendre qu'elle n'était pas très loin.

Tandis qu'il se brossait la robe, elle ouvrit la porte de la pièce, fronçant les sourcils. « Que fais-tu ici ? Tom est revenu au bar et quand il m'a vu me tenir là, t'attendant, il a demandé si je payais pour nous aujourd'hui. Je lui ai dit que tu étais allé le payer, et il a dit qu'il ne t'avait pas vu… »

Sam pouvait voir qu'elle respirait assez rapidement. Il s'avança et posa sa main sur le bras de Lily. « Je vais bien. C'est juste… » Il ne savait pas comment présenter cela, et une partie de lui ne voulait pas admettre qu'il avait été surpris par ce qui était de toute évidence quatre mangemorts. Il avait sa fierté.

« Quoi ? »

Il mordit ses lèvres. « Peut-être, juste par précaution, je vais faire partir Trina et Katie ailleurs pendant un moment. Quelques vacances. Peut-être en Amérique. Trina a des parents là-bas. Elle a aussi une tante à Pré-au-Lard. Peut-être qu'elles pourraient rester avec elle quelques temps… »

Lily posa sa main sur l'épaule de Sam. « Qu'est-ce qui se passe, Sam ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »

Elle était bonne, mais il l'avait su avant qu'elle ne commence sa formation d'auror. Elle voyait à travers lui. Il déglutit encore.

« J'ai été pris en embuscade. » admit-il. « Quatre personnes. Des mangemorts. Ils veulent que je réfléchisse à ma réponse. »

« A quelle question ? »

Il leva les yeux vers elle. « Ils ne me l'ont pas dit. Mais… Je pense que je sais. »

Elle se couvrit la bouche avec la main. « Oh mon Dieu, Sam. Si c'est vrai… Tu devrais aussi partir. Mais… » Elle s'arrêta, clairement très perplexe.

Sam attendit, mais comme elle ne poursuivait pas, il demanda « Quoi ? »

« Bien, » dit-elle lentement, regardant dans le vide, réfléchissant de toute évidence très fort. « C'est juste que tu es né de moldu, comme moi. Depuis quand Voldemort, qui hait les moldus et les nés de moldus, recrute des gens comme toi ? »

Sam secoua la tête. « Je ne sais pas. Cela ne m'est même pas venu à l'esprit. Peut-être qu'il ne sait pas. Ou peut-être que c'est parce que je suis un auror, et qu'il veut avoir quelqu'un de son côté au ministère. »

Lily déglutit et eut l'air très inquiète. « Nous devrions faire une réunion cet après-midi. C'est sérieux. Ward, Harris et Johanssen n'ont rien dit avant de disparaître, et regarde ce qui est arrivé… »

Sam était grave. « Tu penses que nous devrions ? Et q'il y a déjà quelqu'un de son côté dans le département ? Cela pourrait remonter à ces gars qui se tenaient là, et qui sait ce qu'ils feront alors ? Simplement parce que nous ne le savons pas, ne signifie pas qu'ils n'ont pas parlé avant de disparaître. Peut-être que c'est pour cela qu'ils ont disparu, et que leurs familles ont été tuées, parce qu'ils ont parlé. » Bien sûr, pensa Sam, il parlait déjà à Lily…

Elle fit quelques pas, ses mains ensemble devant sa bouche comme elle se concentrait. « Alors nous allons simplement voir ce qu'en pense Alastor. C'est le plus ancien. Il saura quoi faire. Tu as raison. Il se peut qu'il y ait quelqu'un dans le département qui soit un espion. »

Ils payèrent le déjeuner au bar, puis revinrent au ministère en transplanant. Ils atterrirent dans un grand espace souterrain circulaire qui était ceint sur son périmètre de portails conduisant aux différents départements. Dans la climat actuel, Lily était d'autant plus content que pour la sécurité, entre autres raisons, les bureaux du ministère soient éparpillés dans les stations de métro inutilisées de Londres qui étaient inaccessibles par des moyens non magiques. A moins, personne ne pouvait attaquer le ministère de la magie d'un seul coup. C'était un petit confort, cependant, quand elle pensait à ses camarades disparus, et maintenant à Sam.

Ils passèrent par le portail du département des forces de l'ordre magiques, et devant le clerc qui était assis dans un bureau à l'extérieur. Il sourit et les laissa passer. Tobias était vieux et presque sans dents. Il leur fit un signe de la tête comme ils passaient devant son bureau. Mais maintenant, ayant une raison de suspecter tout le monde, Sam le regarda avec méfiance, et il vit que Lily le scrutait aussi.

Le cœur de Sam battait assez rapidement dans sa poitrine comme il atteignit le bureau de Maugrey. La vieille fripouille écrivait un rapport, sa plume grattant le parchemin comme s'il était aussi irrité que son air en donnait l'impression. Il marmonnait dans sa barbe en écrivant, et Sam tira Lily à part, remarquant que les autres aurors du bureau, travaillant aussi à leur poste, avaient remarqué leur approche de Maugrey.

« Nous ne pouvons pas le faire comme cela. Nous ne savons pas si nous pouvons avoir confiance en quiconque ici. » chuchota-t-il. « Suis ma piste. » Lily acquiesça comme Sam s'écartait d'elle et disait plus fort « Non ! Je t'ai dit Lily ! Je ne veux pas en parler. » Il alla à son bureau avec colère et s'assit, tirant une pile de dossiers vers lui et enfonçant sa plume dans sa bouteille d'encre. Lily alla à son propre bureau et s'assit, grognonne, sortant un bout de parchemin et commençant à écrire quelque chose dessus. Le problème maintenant était qu'il ne savait pas comment il allait attirer l'attention de Maugrey. Il n'y avait pas complètement pensé.

Sam pensa que Lily allait sursauter jusqu'au plafond quand Maugrey dit soudain « Potter ! Venez ici. Je veux que vous jetiez un œil à ce rapport. Je crois que vous étiez impliquée dans cette arrestation… ? »

Sam ne la regarda pas aller vers le bureau de Maugrey, mais il était conscient de ses mouvements pendant qu'il écrivait. Du coin de l'œil, il la vit se pencher sur le bureau, lisant quelque chose.

« Bien, je ne peux pas vraiment dire pour cela comme Sam interrogeait le prisonnier à ce moment. J'étais allée vérifier que la preuve était proprement cataloguée. » entendit-il dire.

« Bell ! » beugla maintenant Maugrey.

Sam composa son visage soigneusement avec une expression de colère. « Quoi maintenant ? »

« Il y a quelque chose de drôle dans votre rapport ! » ironisa Maugrey. « Vous essayez d'envoyer les mangemorts à Azkaban ou de les faire sortir ? » demanda-t-il.

Sam se leva, écrasant son poing sur le bureau. « Et cela vous plaît de me battre comme une carpette devant tout le département ? » Tous les yeux étaient maintenant sur eux.

« D'accord ! » grogna Maugrey. « J'ai besoin de grignoter un petit quelque chose de toutes façons. Nous allons aller à la cantine pour parler de cela. Je ne suis pas content. » avertit-il Sam, commençant à aller vers le portail, portant le parchemin. Quand Sam ne sembla pas aller assez vite pour lui, il regarda par-dessus son épaule et cria « Bougez ! » Sam et Lily accélérèrent, le suivant devant le bureau de Tobias, puis ressortant dans la grande pièce circulaire. Ils continuèrent à suivre Maugrey à la cantine du ministère, qui était vide. Comme les aurors, la plupart des autres employés du ministère n'utilisaient la cantine qu'en tout dernier ressort comme il était plus agréable de sortir du bureau pour déjeuner.

Maugrey se tourna vers eux. « D'accord. Qu'est-ce que cela veut dire ? » Il tendit le parchemin sur lequel il avait travaillé sur son bureau. Dessus se trouvait un rapport sur son arrestation la plus récente, et très grosses lettre, et avec une écriture que Sam reconnut comme étant celle de Lily se trouvait écrit « URGENT : Sam et moi devons vous parler sans que les autres pensent que c'est notre idée. »

Sam la regarda. « Quand as-tu écrit cela ? Je ne t'ai pas vu utiliser une plume au bureau de Maugrey… »

Lily haussa les épaules. « Simple sort de transfert. J'écrivais les mots sur le parchemin sur mon bureau, mais j'ai fait en sorte qu'ils apparaissent en fait sur celui d'Alastor. Je devais trouver quelque moyen de lu communiquer ce que nous voulions sans que quiconque d'autre soit autour. »

Maugrey lui fit un signe de la tête, et sa bouche aurait pu former un sourire, c'était dur à dire pour Sam. « quelle fille intelligente. » lâcha-t-il, puis il regarda furtivement autour de lui. « Écoutez. Je ne me sens pas à l'aise de faire cela ici… Quel est ce sort de transfert, Potter ? » Elle lui enseigna le sort et il acquiesça. « Bien. Revenons au bureau et parlons de cela là-bas… séparément, à nos bureau, sur du parchemin vierge. » Il passa sa baguette sur le parchemin qu'il avait en main et fit disparaître les mots de Lily. « Maintenant. Nous sommes partis assez longtemps. Revenons rapidement afin que personne ne pense qu'il manque quelque chose. » Il fit un signe de la tête à Sam. « Tu avais raison de suspecter un espion dans le département. Je ne dirai rien d'autre pour le moment. Je n'ai pas encore la preuve dont j'ai besoin, mais laissez-moi du temps… »

Ils retournèrent à leur bureau, lançant discrètement les sorts de transfert sur leurs parchemins, et commençant à tenir leur réunion au nez et à la barbe de tout le monde. Sam gribouilla sur son parchemin. « Nous avons un problème. »

Une écriture désordonnée apparut en dessous de cela. « C'est évident Bell. Allez à l'essentiel. »

Il hésita un moment avant de tremper sa plume dans l'encre et d'écrire. « Je pense que je suis recruté pour être un MM. »

« Vous pensez ? » fit la réponse. « Vous ne savez pas ? »

« C'est compliqué. On m'a dit de réfléchir à ma réponse. »

« A quelle question. »

« C'est ce que j'ai dit. » écrivit Lily.

« Il ne l'a pas dites. Elle était implicite. »

« Dumbledore. »

« Quoi ? » écrivit Sam en se renfrognant

« Nous devons parler à Dumbledore. Après le travail. Vous irez tous les deux à Poudlard, séparément, en partant à des moments différents. Je vais y aller maintenant et lui parler. Potter, vous attendrez la fin de la journée. Bell, partez deux heures avant la fin de la journée. Vous avez un bon balai ? »

« Oui. Celui que j'utilisais à l'école pour le Quidditch. Je ne l'utilise plus beaucoup. »

« Cela fera. Potter, vous pouvez y aller ? »

« Je ne pense pas. Je dois m'occuper de Harry. Notre ami Peter n'est pas là, et James s'occupait de lui aujourd'hui, mais il a un match ce soir et il doit partir dès que je serai à la maison. »

« Ne t'inquiète pas, Lily. Je ne veux pas te mêler à tout cela. » écrivit Sam. Il pensa au sorcier qui avait essayé de le mettre sous Imperius, souhaitant pouvoir se souvenir… Il avait dit quelque chose au sujet de Lily…

« Si tu es sûr. » écrivit Lily. Il vit qu'il y avait une double ligne entre ses sourcils. Elle n'apparaissait que lorsqu'elle était très inquiète.

« Je te tiendrai au courant plus tard. » promit Sam.

Sam regarda Maugrey sortir du bureau, et il continua à trier ses dossiers en gardant subrepticement un œil sur sa montre. Il était content que Frank Londubat soit en service sur le terrain avec Fife. Il était aussi content que la femme de Frank, Gemma, soit rentrée plus tôt chez elle pour remplacer sa belle-mère qui s'occupait de leur fils. Frank et Gemma auraient probablement détecté que quelque chose n'allait pas, et Sam ne voulait impliquer personne d'autre, spécialement quelqu'un avec un enfant. Lily avait traversé la pièce et aidait Doris Crockford avec quelques dossiers pendant qu'il continuait à travailler. Cinq minute avant trois heures, il repoussa son travail et dit à Lily. « Je pars. »

Lily lui lança un regard coléreux. « Certains parmi nous vont encore travailler deux heures. »

Il lui rendit son regard. « A ta guise. Moi, je pars. » luttant contre l'envie de regarder dans la pièce et de voir qui était présent, il espérait que qui que soit l'espion, il croyait leur petite scène de discorde.

Sam s'avança vers la porte et transplana après avoir passé le portail. Il alla dans son appartement à Birmingham d'abord, pour prendre son balai, et quand il arriva à Pré-au-Lard, il visa la zone juste derrière la confiserie Honeydukes. Il descendit High Street jusqu'au Trois Balais, ayant décidé qu'il avait besoin de boire avant de faire cette réunion. Il tremblait de la tête au pieds quand il prit la poignée de la porte du pub, puis il se figea quand il entendit une voix familière parlant fortement de l'autre côté.

« Ce que tu veux faire importe peu maintenant, n'est-ce pas ? » fit la voix traînante remplie de supériorité.

C'est lui, pensa Sam. C'est le sale crétin qui était au Chaudron Baveur…

Son cœur battait douloureusement. Sam regardait comme la porte s'ouvrit et que le propriétaire de la voix émergea de l'entrée étroite du pub. Il pensa qu'il allait s'évanouir quand il vit le sorcier en question, mais une fraction de seconde plus tard, il ne pouvait plus penser que 'Non. Ce n'est pas un choc. J'aurais dû savoir.'

Lucius Malfoy regarda de haut Sam Bell. « Bien ! » dit-il à ses compagnons, qui n'étaient plus que deux maintenant. Sam reconnut Crabbe et Goyle, qui avaient été à Serpentard quelques années derrière Malfoy. Ils avaient une taille assez imposante et pouvaient être deux des trois autres sorciers masqués du pub. « Regardez donc ce que le vent nous a amené. » dit-il, un sourire en coin sur le visage.

Sam se força à prétendre qu'il était amusé. « Cela fait longtemps Malfoy. » dit-il après une courte hésitation. Je ne dois pas lui faire pense que je sais que c'est lui.

Il vit Malfoy ciller et hésiter lui-même un instant. « Oui, oui. « dit-il très rapidement après cela, comme s'il essayait de se convaincre qu'il n'avait pas eu sa baguette pointée contre la gorge de Sam il y a juste deux heures. « Cela remonte, n'est-ce pas ? Il me semble que c'est seulement hier que je te battais pour la coupe des maisons, n'est-ce pas ? Sans parler de ma nomination de préfet en chef… »

« C'était il y a neuf ans, » lui rappela Sam en opinant du chef, « et j'avais dit aux autres préfet que je ne voulais pas être préfet en chef. Je me demande encore comment je suis devenu préfet. »

Le rictus de Malfoy devint plus prononcé. Sam voulait l'en débarrasser d'un bon maléfice. « Moi aussi, mon vieux, moi aussi… »

Sam essaya de garder sa respiration calme. « Tu te souviendras cependant que si Griffondor n'a pas gagné la coupe des maisons en dernière année, nous avons gagné la coupe de Quidditch. »

Malfoy pencha la tête en arrière, évaluant Sam de derrière ses paupières mi-closes. « Oui, oui… Un adversaire valeureux. De nombreuses manières, tu portais l'équipe, je dirais. Le reste d'entre eux n'était pas vraiment au niveau de leur capitaine. Mais, mes joueurs non plus ne l'étaient pas. » renifla-t-il. « Au fait, tu peux arrêter de te promener avec ton balai. Tu n'es plus capitaine de Griffondor. » ajouta-t-il sa bouche se tordant en un sourire sarcastique, en montrant de la tête le vœux balai à l'air usé de Sam.

Sam déglutit, en fait content du fait que Malfoy soit revenu à l'aiguillonner, comme il s'était tendu et était devenu suspicieux à cause de son bref compliment. Ne lui fais pas confiance, ne lui fais pas lui criait son cerveau en arrière-plan.

« Alors » dit Malfoy en croisant ses bras et en restant planté devant la porte du pub, comme pour bloquer le passage à Sam. « Qu'est-ce qui t'amène à Pré-au-Lard ? »

Sam montra le pub de la tête. « Je viens boire. J'ai eu une longue journée. »

Malfoy jeta un coup d'œil à la grande horloge visible au sommet de l'hôtel de ville, plus bas dans High Street. « Plutôt courte, je dirais en fait. »

Sam grimaça. « Assez longue pour moi. Et j'ai encore eu Maugrey sur le dos. Fallais que je m'en débarrasse. Il me rendait fou. Il voit des mages noirs partout. » Il scruta soigneusement le visage de Malfoy quand il dit cela. Il souhaitait à moitié que Maugrey apparaisse maintenant et se mette à lancer des maléfices, mais il savait qu'il était déjà parti à Poudlard pour parler à Dumbledore.

Lucius Malfoy ricana, et Sam souhaita oser lui envoyer un bon maléfice. Espèce de saleté de foutu mangemort, pensa-t-il, essayant de maintenir quelque chose de proche d'une attitude plaisante. Je ne vais pas te laisser détruire ma famille.

Je ne vais pas te laisser faire.

Peter fit une pause, pétrifié. Il pouvait entendre des voix de l'autre côté de la porte des Trois Balais, le ton montant et descendant familier de la voix de Sam Bell, la lenteur supérieure de Lucius Malfoy. Il ne pouvait pas se permettre que Sam le voit avec Malfoy. Même si Bell n'était pas conscient du fait que Lucius était un mangemort (quelque chose dont Peter doutait), Sam avait confiance en Peter, et Peter ne pouvait pas se permettre que cela change, même si il en venait à haïr Sam encore plus que James.

Il s'était occupé du petit Harry et de la petite Katie tandis que Lily, James, Sam et Trina étaient sortis ensemble, plus d'une fois. Il souriait et acquiesçait quand ils embrassaient leurs précieux petits pour leur dire au revoir. Il avait pratiquement du les chasser de l'appartement. Et cela lui était allé d'abord, à part de marmonner « Qu'est-ce que je suis, Mary Poppins ? » comme il nettoyait leurs mentons et les murs du porridge.

Ce qui avait été pire que d'être laissé derrière était d'être inclus. Tous les sept étaient allés pique-niquer dans le parc, et Peter avait essayé de faire parler James de Quidditch (James faisait le plus gros de la conversation), tandis que Trina jouait avec les bébés et que Sam et Lily étaient assis à part, parlant travail.

Peter avait regardé son visage, à quel point il était animé quand elle parlait à Sam, la façon dont elle riait et posait sa main sur son bras, la façon dont il répondait avec un sourire malicieux où lui tirait les cheveux pour jouer.

James avait remarqué aussi, alors Peter savait que ce n'était pas son imagination qui s'était emballée. De retour dans leur appartement ce soir-là, pendant qu'il se blottissait dans le sofa, essayant de dormir, Peter les avait entendu se disputer à ce sujet. C'était impossible de ne pas entendre à travers la porte fermée de la chambre.

« Tu es ridicule, James ! » insista-t-elle.

« Je suis ridicule ? Tu as vu comment tu le regardes… Et ici, c'est toujours 'Sam a dit ceci' et 'Sam a dit cela'. On dirait que c'est le seul autre auror du ministère ! Tu ne parles jamais de Frank Londubat comme cela, ou de Maugrey ou de n'importe quelle autre femme. J'en ai ras le bol d'entendre parler de SamSamSamSamSam ! »

« Bien peut-être que si tu consentais jamais à avoir une conversation sur autre chose que le Quidditch, je n'aurais pas besoin de tant parler à Sam. »

« Aha ! » s'écria James, triomphant.

« Quoi, 'aha' ? J'ai dit que je parlais. C'est tout ce que nous faisons… parler. Est-ce que tu sous-entends que nous faisons autre chose ? »

« Tu as commencé en parlant à Remus et Rogue aussi. » déclara-t-il.

Il y eut une longue pause, puis Peter put à nouveau entendre la voix de Lily, basse et dangereuse. Peter, pour une fois, n'aurait pour rien au monde été à la place de James à ce moment. « Comment oses-tu… »

Sans avertissement, la porte de la chambre s'ouvrit. Peter fit semblant de dormir, son cœur battant à cent à l'heure. Elle traversa le petit salon, ouvrant la porte de l'appartement.

« Lily ! » l'appela James. « Où vas-tu ? » Il avait l'air moins antagoniste maintenant, et un peu effrayé.

« Marcher. J'ai besoin de… de sortir d'ici un moment. Avant que je ne dise ou que je ne fasse quelque chose que je regretterai. » Elle claqua la porte, le bruit réveillant le petit Harry, qui commença à pleurer dans son berceau. Peter continua à prétendre de dormir malgré le bruit. James alla s'occuper de Harry.

« Ssh, Ssh, Harry. Tout va bien se passer. Maman est juste un peu énervée maintenant. Elle va revenir, ne t'inquiète pas. Ssh, Ssh… »

Mais Peter trouvait qu'il n'avait pas trop confiance en cela. Et si James avait raison ? Et s'il y avait quelque chose entre Lily et Sam ?

Peter fulminait. Ne la touche pas, Sam Bell.

Entre-temps, il avait continué à donner à Voldemort les noms de personnes qui pourraient être impliquées dans la Prophétie, mais le Seigneur des Ténèbres faisait maintenant tout vérifier par des voyants, humains ou autres. Après que quatre mangemorts aient été capturés par le ministère pendant qu'ils s'en prenaient à des candidats plus tard identifiés comme incorrects, Voldemort avait expliqué à Peter « Mes serviteurs ont de meilleures choses à faire de leur temps. Il y a de meilleures manières pour eux de me servir plutôt que d'aller en prison. » Il avait dit cela après avoir encore une fois réprimandé Peter pour les informations incorrectes, la réprimande étant de devoir à nouveau subir le Cruciatus.

De nombreux voyants ne savaient même pas qu'ils travaillaient pour le Seigneur des Ténèbres, comme il envoyait ses hommes de main plutôt que d'y aller lui-même. Finalement, Peter avait mis le doigt sur quelque chose. La date de naissance de Draco Malfoy faisait de lui un candidat à l'enfant de la lune, et selon quelqu'un que Voldemort considérait comme un voyant fiable, il était l'enfant de la lune. Le seul hic était que son père était Lucius Malfoy, mangemort. Le Seigneur des Ténèbres ne prit pas à la légère que le fils de son serviteur puisse contribuer à sa chute, et il ne le cacha pas à Malfoy.

Cela avait été la première fois qu'il avait vu Malfoy depuis qu'il était un premier année terrorisé et que Malfoy était préfet en chef. Il essaya de cacher son tremblement et s'assit à droite de Voldemort, tandis que le Seigneur des Ténèbres parlait à Malfoy de la destinée de son fils.

Le tremblement de Malfoy était à peine visible. Peter dut fixer sa main droite sur le pommeau en forme de serpent de sa canne pour le voir. Quand il leva les yeux, il vit que Malfoy lui lançait un regard noir et venimeux.

« Oh, ne blâme pas Queudver. » dit le Seigneur des Ténèbres, apaisant. « Il a entendu la Prophétie quand elle a été donnée, et il a identifié ton fils comme l'un des acteurs qui y participent, mais je ne me fie pas qu'à sa parole. J'ai fait tracer un digramme stellaire pour ton fils pas un voyant et astrologue très compétent. Il est vraiment le bon… Parmi les trois en tous cas. Il n'y a aucun doute à cela. »

La sueur perlait sur le visage pâle et pointu de Malfoy « S'il vous plaît, Mon Seigneur. J'entends élever mon fils pour qu'il soit votre loyal serviteur… »

Les yeux de Voldemort ne quittèrent jamais Malfoy. « Tu peux dire tout ce que tu veux, mais à un certain moment de sa vie, il fera comme il lui plaira, et pas comme tu aimerais qu'il fasse. Il pourrait se rebeller contre tout ce que tu fais et défends. Je me rebelle contre mon père de toute les fibres de mon être tous les jours de ma vie.

« Non, je ne vais pas simplement prendre ta parole comme telle, Malfoy. J'ai besoin d'un plus grande garantie si je dois épargner ton fils. Après tout, il y a deux autres personnes dans la Prophétie, et elles doivent agir de concert. Si une seule quitte ce monde, la Prophétie ne sera pas réalisée. Cela n'a pas à être ton fils qui meure. J'épargnerai ton fils à une condition… »

« Oui, Mon Seigneur. Tout ce que vous voulez, Mon Seigneur… »

« Je vais lancer un sort d'Obéissance sur lui. Un peu de mon pouvoir sera transféré en lui pour résultat. Cependant, quand il sera plus âgé, si je lui donne un ordre direct, et qu'il consent à le faire, il le fera si c'est possible. Et s'il refuse… Il mourra. Alors élève bien ton enfant, Malfoy. Tu ne veux pas qu'il remette mon autorité en question quand il sera plus âgé, n'est-ce pas ? »

« Non Mon Seigneur. Merci, Mon Seigneur. » répondit-il en s'inclinant, sa voix tremblant. Du coin de l'œil, il regarda Peter. La haine était presque palpable.

« Sage choix, Malfoy. Allons nous en occuper. »

« M-Maintenant ? Mon Seigneur. » ajouta-t-il à la hâte.

« Le plus tôt sera le mieux. » avait entonné Voldemort.

Peter avait été quelque peu rassuré par tout cela. Il n'aurait pas à nommer l'autre enfant de la lune (d'autant que c'était lui). C'était alors qu'i lavait commencé à former dans son esprit la possibilité de donner le nom de Harry à Voldemort, ce qu'il avait fait depuis. Si Lily et James pouvaient être convaincus de l'élever en tant que serviteur de Voldemort, Harry recevrait aussi le sort d'Obéissance, et Peter pourrait dire à Lily comment cela avait été son idée pour sauver Harry de cette manière (sans révéler qu'il était celui qui avait donné le nom de Harry à Voldemort en premier). Lily lui serait tellement reconnaissante… Oui. Ce serait un moyen pour lui d'être son héros, de sauver son fils. Et elle l'aimerait pour cela…

Le problème était que Peter était un peu inquiet d'être celui qui devrait en parler à Lily. Et s'il y avait un retour de flamme ? Cela devait être quelqu'un d'autre, avait-il décidé à regret, quelqu'un de très près d'elle…

Sam.

Sam pourrait la convaincre, Peter était sûr de cela. Mais Peter savait qu'il devait le persuader avant. Si d'autres aurors semblaient disparaître au hasard, et que leurs familles étaient tuées… Sam verrait plus probablement la sagesse de coopérer. Ainsi, Lucius Malfoy, en tant que Père de l'enfant de la lune, se vit confier la tâche de mettre Sam Bell sous Imperius, et Peter fut sensé vérifier ses progrès. Sam irait ensuite demander à Lily d'élever Harry comme un fidèle serviteur de Voldemort, et Harry recevrait aussi le sort d'Obéissance. C'était mieux ainsi, pensa Peter. Après tout, si Peter demandait et qu'elle refusait, elle ne serait plus vraiment bien disposée envers lui, d'autant moins si elle apprenait que c'était son idée.

Sam Bell était la clé.

« Bien, aussi plaisant que cela fut, je suis attendu à l'école, je suis au conseil des gouverneurs, tu sais. » l'informa rigidement Malfoy.

« A ton âge ! » s'exclama Sam avant de pouvoir se contenir. Ils avaient le même âge après tout, vingt-sept ans.

« Oui, bien, je viens d'acheter pour plus de mille galions de livres très rares pour la bibliothèque de l'école, ainsi que de re-meubler le donjon de potions et la salle commune de Serpentard… » il fit une pause dans sa vantardise, et regarda ses pieds, puis se tourna à gauche et à droite, regardant le sol comme s'il avait laissé tomber quelque chose par un trou dans sa poche. Cependant, contre toute attente de Sam, il dit « Où diable est-il ? » Il se tourna et rouvrit la porte du pub, comme s'il ne venait pas de parler à Sam, mais il n'y avait personne de l'autre côté très proche de la porte.

Sam prit la porte ouverte en main et entra dans le pub. « Bien, si tu veux m'excuser, Malfoy, je suis venu boire un coup. »

Lucius Malfoy opina du chef et regarda Sam entrer dans le pub, ses yeux froids comme la glace. « Bien sûr, cher camarade. » répliqua-t-il avec un intonation joviale et moqueuse dans sa voix. « Profite bien de ta boisson. » ajouta-t-il, l'air un peu plus sinistre maintenant, comme s'il voulait empoisonner la boisson de Sam à distance.

Sam s'avança vers le bar, commandant une pinte à Madame Rosmerta, pressant sa main contre le comptoir afin qu'elle arrête de trembler. Qu'est-ce que Malfoy allait essayer de lui faire faire ? se demanda-t-il. Et Malfoy allait aller à l'école, alors il ne pouvait pas y rejoindre Malfoy maintenant, pour parler à Dumbledore. Pour monter à l'école à découvert comme il était, Malfoy devait avoir des affaires légitimes pensa Sam. Il devait jubiler intérieurement, Sam en était sûr, après ce qu'il lui avait fait au Chaudron Baveur, et rire à se plier en quatre à la façon dont Sam avait eu à venir boire un coup des heures avant qu'il ne soit sensé quitter son travail.

Sam portant son verre à ses lèvres et but, pensant à sa femme et à sa fille. Comment allait il se sortir de là ? Il devait y avoir un moyen…

Mais comme il buvait et fixait ses propres yeux hantés dans le miroir du bar, il ne pouvait pas voir quel il était.

« Je ne te blâme pas, » lui dit le miroir d'une voix sombre. « Si j'avais l'air aussi misérable que toi, je noierai mon chagrin aussi. »

Mardi 16 Juin 1981

« Sam! »

Lily déboula dans la petite cellule et s'arrêta net. Sam Bell était assis sur le bord de la paillasse, fixant ses mains. Il ne leva pas les yeux vers elle.

« Bonjour Lily. » dit-il en regardant le sol.

Elle traversa le petit espace et s'accroupit à côté de lui prenant ses mains dans les siennes. « Qu'est-ce qui est arrivé, Sam ? »

Il enleva ses mains de celles de Lily, levant finalement les yeux vers elle. « Cela a déjà causé assez de problèmes, Lily. » dit-il d'une voix rauque.

« Quoi donc ? » demanda-t-elle, bougeant pour s'asseoir à côté de lui sur la paillasse. Il se décala un peu de façon à ce que leurs jambes ne se touchent plus.

« Nous tenir les mains. »

« Quoi ? » répéta-t-elle. « Sam, je ne comprends pas. Ils… Ils disent que… Que tu as tué Trina. »

Sam déglutit, revoyant le visage de Trina, le choc s'affichant sur ses traits comme elle volait en arrière, à travers les portes-fenêtres ; par-dessus le garde-fou du balcon, emportant les pots de fleur avec elle…

« Je l'ai désarmée, mais je… Je n'ai pas réfléchi à l'endroit où elle se tenait, et elle… Elle a volé par la fenêtre… »

Il s'étrangla, incapable de continuer. Lily laissa un petit cri lui échapper et elle passa son bras sur ses épaules, mais il se dégagea, et elle se retira au bout de la paillasse, l'air blessée.

« Mais pourquoi l'as-tu désarmée ? »

Il leva les yeux vers elle. « Elle a lancé le Cruciatus sur Katie. »

Lily haleta. « Quoi ? Sûrement pas ! Pourquoi diable… ? »

« Elle était sous Imperius. »

Lily se figea, le regardant, choquée. « Elle était sous Imperius ? Comment tu sais ? Qui l'a fait ? »

« Lucius Malfoy. »

Sam se souvint de Malfoy, juste quelques heures avant, essayant encore de le mettre sous Imperius en dehors de l'immeuble de Birmingham où les Bell vivaient au dernier étage.

« Tu dois convaincre Lily Potter d'élever son fils pour qu'il serve le Seigneur des Ténèbres. » avait entonné la voix soyeuse.

Sam se sentait léger comme l'air, insouciant et terriblement joyeux. Mais une voix dans le fond de son esprit lui avait dit 'Non, Lily ne ferait jamais cela. C'est une chose stupide à lui demander.'.

« Tu m'as entendu ? Tu dois convaincre Lily Potter… »

Oui. Comme si elle n'allait pas foutre dehors…

« … d'élever son fils… »

« NON ! » rugit-il, se libérant du sort.

Il avait fixé les yeux derrière le masque que portait Malfoy. Malfoy était de toute évidence encore ignorant du fait que Sam savait qui il était. Les yeux se rétrécirent.

« Que m'as-tu dit ? »

« J'ai dit non ! Je ne demanderai jamais à Lily une telle chose. Et… Et je sais… » mais il s'arrêta. Non. Ne l'avertit pas. Ne lui dis pas. Laisse-lui découvrir quand nous ferons un raid sur le manoir Malfoy…

Le mangemort rit brièvement. « Bien. Nous allons le faire à la dure. Tu es son ami le plus proche, tu travailles avec elle fréquemment. Si tu ne veux pas m'écouter, peut-être que je peux te le faire demander par quelqu'un à qui tu feras attention… »

Sam voulut prendre sa baguette, mais Malfoy avait déjà disparu avec un pop ! Sam tourna la tête tout autour de lui, espérant qu'aucun moldu n'avait vu cela. Il rangea sa baguette, espérant que personne ne voyait cela non plus. Passant sa main dans ses cheveux, il grimpa les marches de la porte d'entrée, assez las. Pourquoi diable Malfoy pensait que Lily serait jamais d'accord pour élever Harry pour qu'il devienne un mangemort ? C'était absurde. Et il n'était qu'un bébé ! Pourquoi lui ? Pourquoi Harry ?

Faiblement, il grimpa les escaliers jusqu'à son appartement. Il aurait pu transplaner jusqu'au couloir devant leur porte, mais leur voisine d'en-dessous, Mrs Farley, montait parfois pour leur demander de donner à manger aux chats, et il ne voulait pas prendre le risque. Il ne pouvait pas non plus transplaner dans son appartement comme il avait mit des sorts anti-transplanage dessus, pour des raisons de sécurité. Et le feu ne permettait que les communications et pas le transport pour les mêmes raisons. Comme il levait avec lassitude les pieds pour monter les escaliers, il pensait maintenant à quel point il se sentirait content de lui en faisant un raid sur la maison de Malfoy le lendemain. Il dirait au département du détournement de l'artisanat moldu qu'il y avait là-bas quelque chose qui pourrait les intéresser, comme excuse pour entrer, et puis il l'auraient. Il sourit en grimpant les escaliers, imaginant Lucius Malfoy à Azkaban…

Avant de tourner pour commencer à monter la dernière volée de marche, il entendit un étrange bruit creux au-dessus de lui, et quand il atteignit la porte de leur appartement, il découvrit qu'elle n'était pas complètement fermée. Il ne l'avait pas plutôt ouverte et était entré chez lui que sa femme lui jetait des photographies et criait hystériquement « Qu'est-ce que tout cela signifie ? »

« Qu.. Quoi ? » bégaya-t-il, essayant de fermer la porte et de déterminer ce qui se passait. Trina se tenait dans l'entrée, les bras croisés, tapant du pied, tandis qu'il tournait les photographies pour mieux les voir.

Toutes étaient avec lui et Lily. Ils étaient assis à une table de pub (cela ressemblait au Chaudron Baveur) et sa main était prise en sandwich entre celles de Lily et il la regardait dans les yeux. Elle le regardait aussi, et puis il soulevait sa main libre pour repousser une mèche errante de cheveux roux derrière l'oreille de Lily, serrant sa main quand il eut fini cela. Il regarda l'image suivante. Lui et Lily étaient dans un passage de porte, leurs baguettes sorties, et son bras était autour d'elle, la tenant serrée contre lui. Ils regardaient furtivement quelque chose en dehors de l'image. Une autre photo les montrait se tenant la main étroitement, et pleurant. Sam lissait ses cheveux brillants, les bras de Lily autour de sa taille. Il regarda sa femme.

« Où as-tu eu cela ? »

« Peu importe où je les ai eues. Je veux savoir ce que cela signifie ! » Ses yeux étaient agités, mais étrangement, ils ne croisaient pas son regard. Il essayait de la regarder dans les yeux, mais son regard ne cessait de glisser ailleurs.

« Ce qui signifie quoi ? Nous avons déjeuné dans un pub, nous nous cachions de suspect sous un passage de porte, attendant d'avoir la possibilité de frapper, et la dernière… Cela pourrait être n'importe laquelle de funérailles que nous avons eues ces derniers mois. Tu sais comment c'est. Terrible. Rien qu'avant-hier, j'ai porté le cercueil d'un garçon de dix-sept ans… Mais tu sais cela. Pourquoi diable est-ce que des gens prennent des photos de moi et Lily et essayent de… »

Il remarqua alors une grosse malle dans le couloir. « Trina… C'est pour quoi faire ? »

« Je pars ! » cria-t-elle, sa voix s'élevant, hystérique.

« Tu pars ? Pourquoi ? »

« Tu as vu les foutues photos ! Tu dois demander pourquoi ? »

Sam déglutit et se passa la main dans les cheveux. « Ils n'y a rien entre Lily et moi. Nous sommes juste amis. Ces photos ont toutes une explication parfaitement innocente… »

« Oh, je suis sûre que oui. » renifla-t-elle, « Je suis sûre que oui. »

« Trina ! » plaida-t-il. « Regarde-moi, s'il-te-plaît. Je t'aime, et j'aime Katie, et je ne fais rien avec Lily Potter. »

Elle croisa les bras et se détourna de lui. « Je resterai à une condition. »

« Ce que tu veux. Absolument tout ce que tu veux ma chérie… »

« Tu dois convaincre Lily Potter d'élever son fils pour qu'il serve le Seigneur des Ténèbres. » dit-elle mécaniquement, d'une voix sans relief qui fit se renfrogner Sam.

« Trina ? Oh mon Dieu, Trina ! Écoute moi ! Combats-le, tu dois le combattre ! Malfoy était là, n'est-ce pas ? Il t'as donné ces photos… »

« Tu dois convaincre Lily Potter d'élever son fils pour qu'il serve le Seigneur des Ténèbres… » fit-elle d'une voix chantante.

Il secoua la tête, même si elle lui tournait le dos. « Non, Trina. Lily ne ferait jamais cela, et je ne lui demanderai jamais. Ce qui ne signifie pas que nous faisons quoique ce soit. Elle est mon amie, c'est tout. S'il-te-plaît, Trina. Combats-le » dit-il doucement, avec désespoir, la retournant et la prenant par les épaules.

Elle se dégagea de lui et sortit sa baguette, revenant dans le salon, où Katie roulait sur le tapis, jouant joyeusement avec une poupée de chiffon. Trina leva maintenant ses grands yeux noirs vers lui maintenant, mais c'était comme s'il n'y avait plus rien. Ils étaient inexpressifs et aveugles.

« Fais-le. » dit-elle, avec sa voix normale.

« Non ! Combats-le, Trina ! Je t'aime ! Tu dois te battre ! »

Katie gazouillait de joie, oublieuse de l'étrange comportement de ses parents. Trina baissa les yeux vers elle et un sourire dérangeant se glissa sur son visage. Sans regarder son mari, elle dit « Fais-le si tu veux que Katie soit en sécurité. »

Sam resta bouche bée. « Quoi ? Ce fou t'as dit qu'il s'en prendrait à notre fille ? »

« Fais-le ! »

« NON ! »

Il n'était pas préparé à cela à ce moment. Elle pointa sa baguette sur Katie, sa précieuse petite Katie, criant le mot redouté « Crucio ! »

Un cri à glacer le sang jaillit de l'enfant pendant une seconde d'éternité. Sam implosa, et sans même envisagé une autre action, il sortit sa baguette et la pointa sur sa femme, criant « Expelliarmus ! »

Sam se pencha, la tête entre les mains, sa propre voix résonnant dedans, souhaitant que Lily le laisse seul avec son chagrin, sa honte et sa culpabilité. Il ne pouvait pas lui dire ce qui s'était vraiment passé, il ne le pouvait simplement pas. Elle se blâmerait alors, et ce n'était pas sa faute. Ce n'était la faute de personne d'autre que Voldemort et ses Mangemorts.

Lily demeura silencieuse un moment. Finalement, elle dit « Alors, Lucius Malfoy est juste allé… »

« Non. Je n'ai jamais vu son visage, mais je sais que c'était lui. »

« Que veux-tu dire par jamais vu son visage ? »

« Il portait un masque. »

Lily soupira puis se leva et commença à marcher, se tordant les mains. « Sam… Cela ne tiendra pas devant la cour. Nous avons besoin de quelque chose de plus solide sur la personne qui a fait que Trina a torturé Katie… Bien que je témoignerai de ton comportement, comme de nombreux autres, en tant de témoin de moralité. Tu as un excellent dossier dans la département. Au procès… »

Sam secoua la tête. « Pas de procès. »

Elle s'arrêta brusquement. « Que veux-tu dire, 'Pas de procès ?' »

Il la regarda. « Tu… Tu as un parchemin avec toi ? Et une plume ? »

Elle hésita puis sortit ce dont il avait besoin de sa poche. Il se mit à genoux, étalant le parchemin sur le sol de pierre, la plume le grattant déjà comme Lily faisait les cent pas et marmonnait les noms des personnes qui pourraient témoigner en sa faveur. Sûrement qu'il allait avoir un procès… Ils n'avaient jamais envoyé un auror à Azkaban sans un procès.

Mais ensuite, Lily vit qu'il n'écrivait pas la liste des noms qu'elle récitait. « Accio parchemin ! » cria-t-elle, le faisant voler en travers de la cellule jusque dans ses mains. Elle y jeta un coup d'œil, horrifiée.

« Sam ! c'est une confession ! »

Il acquiesça. « Oui. On n'a pas besoin de procès quand il y a une confession signée. J'ai déjà mis ma signature. »

Elle y jeta un œil, l'air très confuse. « Mais… Mais tu ne veux pas… »

« Tu connais la loi aussi bien que moi, Lily. Il y a des tonnes de sorts en plus du sortilège mortel qui peuvent causer la mort. Si on lance un sort qui a pour résultat la mort de quelqu'un… »

« Mais et pour Katie ? »

Il soupira. « Nous avions déjà pris des dispositions. Nous l'avons fait dès après sa naissance. Nous avons pris la tante de Trina comme gardienne, au cas où aucun de nous ne serait en position de l'élever. Elle divise son temps entre Londres et Pré-au-Lard. Elle monte dans le nord en été en général. Il y fait beau et plus frais la plupart du temps… » Il ne pouvait pas croire qu'il parlait de la pluie et du beau temps. Sa Trina était morte, et il l'avait tuée.

« Sam…Tu… Tu dois avoir un procès… »

« Pas si je ne veux pas. Pas si je signe une confession. » Il montra le parchemin qu'elle avait dans la main. Elle le brandit avec colère.

« Je le déchirerai ! » déclara-t-elle. Il émit un petit rire triste.

« Vas-y Lily. J'en écrirait une autre. Et encore une autre… »

Il ferma les yeux, encore accroupi au sol. Comment tout cela avait-il pu arriver ? Qu'est-ce qui se passait ?

Elle s'accroupit à côté de lui. « Sam. Tu ne peux pas faire cela. Est-ce que cela a quelque chose à voir avec… »

« Non. » dit-il rapidement, sa voix dure. Elle ne peut pas savoir à quel point elle est impliquée dans cela. « Simplement… Simplement, fais-moi une faveur, Lily. »

« Quoi ? »

« Élève Harry pour que ce soit quelqu'un de bien. Comme James. Oh, je sais que c'était un garnement à l'école, mais… »

Elle acquiesça. « Oui. Bien sûr. Pourquoi me dis-tu cela maintenant ? »

Il se mordit les lèvres. « C'est important. Promet-moi, Lily. S'il-te-plaît. »

Elle acquiesça encore. « D'accord. Je te le promets. » dit-elle doucement.

Il montra le parchemin. « Enregistre ma confession s'il te plaît. » demanda-t-il maintenant, sentant sa gorge complètement desséchée. Il pouvait à peine parler. Elle acquiesça encore, et elle partit sans un autre mot, tandis qu'il se mettait en boule sur le sol et pleurait pour la vie qu'il avait prise, la vie qu'il avaient perdue, et la vie que sa fille aurait sans ses parents, tout cela grâce à Lucius Malfoy.

« Oh, James ! »

Elle venait juste de transplaner dans le salon, et en le voyant assis sur le canapé, elle courut à lui et lança ses bras autour de lui, pleurant inconsolablement.

« Comment… Comment as Sam ? » demanda-t-il, hésitant, peu confiant en une réponse réjouissante. Elle lui avait parlé par cheminette de ce qui s'était passé avant qu'elle n'aille parler à Sam. Il était content que Peter soit en visite chez sa mère. Ils pouvaient parler plus librement que quand il était dans l'appartement.

« Ils lui ont mis dix ans. » dit-elle en reniflant, la voix chargée de tristesse.

« Déjà ! Comme ont-ils organisé un procès, et les témoins… »

« Il n'y a pas eu de procès. »

« Pas de procès ! » Il la fixa. « Pourquoi donc ? »

« Il a signé une confession. »

Ils se turent tous les deux un moment. « Un famille d'auror après l'autre… dévastées. Que va-t-il advenir de nous tous ? » chuchota mélancoliquement Lily, la tête appuyée sur l'épaule de James. Il lui caressa les cheveux, frissonnant.

« Je ne sais pas. » admit-il, la regardant dans les yeux, le cœur dans sa gorge. Il voulait lui demander d'arrêter, de partir, de faire n'importe quoi d'autre sauf auror… Mais il n'osait pas. La décision devait venir d'elle. Il ne dit rien parce qu'il pensait qu'elle n'était pas loin de prendre une telle décision, et s'il lui indiquait qu'il était en faveur qu'elle démissionne, il avait peur qu'elle décide de simplement faire le contraire…

Ils se préparèrent à aller au lit en silence, mas quand il eut éteint les lumières, James trouva Lily le recherchant avec un désespoir auquel il ne s'était pas attendu. Ils restèrent allongés ensemble après cela, la tête de Lily sur son torse comme c'était leur habitude, tandis qu'il traçait des cercles sur son épaule.

« Peut-être que nous allons avoir un autre bébé. » chuchota-t-elle dans le noir. « Une petite sœur pour Harry peut-être. » James acquiesça par un grognement. Il avait encore peur de parler, peur de ce qui sortirait de ses lèvres. Elle se tut un moment avant de dire « Je t'aime James. »

Il l'embrassa sur le front, essayant de cacher son soulagement qu'ils ne s'embarquent pas dans une conversation sur sa carrière. Il lui répondit en chuchotant aussi. « Je sais, mon amour. Et je t'aime aussi. »

« Tu sais ? Je veux dire… Oui, je suis bouleversée pour Sam. Mais tu réalises que Harry et toi comptez pour moi plus que n'importe quel ami pourrait jamais ? Tu sais cela, j'espère ? »

Elle se redressa et s'assit, le regardant avec intensité. Il ne pouvait pas voir son visage dans l'obscurité, mais il pouvait entendre l'émotion dans sa voix. Il prit sa joue dans sa main.

« Je suis désolé d'avoir été jaloux de Sam, Lily. Sincèrement. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'est juste… Je me demande parfois comment cela se fait que tu sois avec moi, et puis je ne me sens pas en sécurité, je suppose, comme si je risquais de cligner des yeux et de découvrir que tout cela n'était qu'un rêve… »

Elle se pencha pour l'embrasser, puis chuchota près de ses lèvres. « Je suis celle qui devrait se demander pourquoi tu es avec moi, idiot… »

Il rapprocha à nouveau les lèvres de Lily des siennes, l'embrassant profondément, sentant son désir pour elle commencer à nouveau à se répandre en lui, mais une fraction de seconde plus tard, Harry commença à s'agiter dans son berceau, et elle se retira à contrecœur. Elle se glissa dans une robe de chambre et alla voir le bébé, roucoulant comme elle lui changeait la couche, puis s'installant confortablement avec lui dans le fauteuil à bascule, comme il tirait sur son sein et qu'elle regardait son visage contenté. James les regardait tous les deux, sentant la fragilité de la vie qu'ils partageaient, et pensant au pauvre Sam Bell, qui allait passer dix ans à Azkaban, à sa femme morte, et à sa fille qui était comme orpheline.

Rien ne nous séparera jamais, se jura-t-il, regardant Lily et le bébé.

Rien.

Mercredi 1 Juillet 1981

Severus repoussa ses cheveux gras de devant son visage et il continua à mesurer la poudre d'écaille de dragon pour Madame Marsh. Il pensait avec envie à être sur le pont du Patricia, comme il l'avait été la nuit dernière. L'apothicaire étroite était étouffante, toutes les fenêtres fermées et l'odeur émanant des ingrédients de potions combinés formait un miasme assez puissant pour que Severus ait dû se résoudre à respirer par la bouche après avoir lancé un sort sur son nez pour le boucher.

Seulement une minute après avoir souhaité à Madame Marsh une bonne journée, la porte de la boutique s'ouvrit à nouveau, laissant rentrer un nouveau rayon de lumière aveuglant dans la pièce ténébreuse. La silhouette d'un grand sorcier au chapeau pointu se découpait dans la lumière. De ce que Severus pouvait voir, il avait une barbe et des cheveux assez longs et blancs. Severus eut le souffle coupé quand il réalisa qui était le nouveau client.

Albus Dumbledore s'avança lentement vers le comptoir, traçant sa route entre les tonneaux d'yeux de scarabées, les ailes de chauves-souris et les cornes de bicorne. Il sourit gentiment au jeune homme qu'il était venu voir.

« Bonjour Severus. J'ai reçu ta chouette. Je suis désolé de ne pas avoir été au bureau quand tu es passé me voir. J'avais des affaires urgentes au ministère. »

Severus déglutit, ses yeux regardant nerveusement la porte. Il ne s'était pas attendu à ce que Dumbledore vienne à Dunoon. Il avait espéré recevoir une réponse par chouette.

« Ah, inquiet que quelqu'un nous voie ensemble ? Je comprends assez. » Il fit un geste de la main en direction de la fenêtre crasseuse, et la pancarte qui montrait au public que la boutique était ouverte se retourna, et Severus entendit le verrou prendre place dans la porte, la fermant.

« Où est ton oncle ? »

« Sur les docks, il vérifie… De nombreuses choses. Je ne m'attends pas à ce qu'il rentre bientôt. Je devais m'occuper de sa boutique cet après-midi. »

Dumbledore acquiesça. « Très bien. Est-ce que nous montons dans l'appartement afin de nous asseoir et d'avoir une conversation civilisée ? »

Severus acquiesça et ouvrit la route vers la porte qui dissimulait l'escalier. Dans l'appartement, il indiqua à son ancien directeur un fauteuil confortable et lui demanda s'il voulait un peu de thé.

« Laisse, Severus. Je vais m'en occuper. » D'un geste de la main, il service à thé apparut dans les airs devant lui. Quand ils eurent chacun une tasse dans la main, Dumbledore regarda le jeune homme devant lui avec sérieux.

« Alors. Quel est ce problème dans lequel tu te trouves Severus ? Tu n'étais pas très spécifique dans ta lettre. »

« Je… Je suis désolé, Sir. Je ne sais pas par où commencer… »

Dumbledore acquiesça et lui fit un petit sourire. « Essayons donc par le début. »dit-il doucement, ses yeux bleus scintillant gentiment derrière ses demi-lunes

Severus déglutit, puis commença lentement. « En… En septième année, j'ai été recruté pour être mangemort. »

Dumbledore acquiesça et le regarda calmement. « Qui a fait cela ? »

Severus se mordit la lèvre. Le croirait-il ? « Lucius Malfoy. »

Dumbledore acquiesça à nouveau, comme si cela n'était pas une surprise. « Continue. »

« Je… Je n'avais rien à faire d'abord. Juste être disponible. » mentit-il, de peur que son ancien directeur cesse de le croire s'il lui disait que son travail était de recruter le fils de Barty Croupton pour qu'il devienne mangemort aussi.

« Je suppose que cela a changé, ou nous n'aurions pas cette conversation. » dit doucement Dumbledore.

Severus se mordit les lèvres et acquiesça. « Le Seigneur des Ténèbres a eu vent d'une… D'une prophétie. Le concernant. »

Les yeux de Dumbledore s'allumèrent. « Ah, alors il est courant de cela, n'est-ce pas ? »

Les yeux de Severus s'écartillèrent. « Vous la connaissez ? »

« La personne qui a donné la Prophétie… Elle était à Poudlard, tu sais. Quand elle a été donnée. »

Maintenant, Severus avait aussi la bouche ouverte. « Non… Je ne savais pas. » Ils demeurèrent silencieux quelques instants. « La chose est… Il a essayé de découvrir qui sont les personnes de la Prophétie. Il a mis ce mangemort au travail pour le trouver pour lui… Mais il a nommé de nombreuses mauvaises personnes. Beaucoup sont morts dont vous avez probablement entendu parler… » Il déglutit. Dumbledore se pencha en avant.

« Tu es parfaitement en sécurité ici, Severus. Je te le promets. »

Il secoua la tête. « Je… Je n'ai tué personne. Pas… Personnellement. Mais … Mais j'étais là… Et j'ai lancé la Marque des Ténèbres dans le ciel au-dessus des maisons après cela… »

Dumbledore avait l'air de choisir très soigneusement ses mots. « Peux-tu me dire qui les a tué, Severus ? »

Il regarda le vieil homme, son cœur dans la gorge. « Je pourrais. » dit-il lentement. « Mais je serais tué. »

Dumbledore acquiesça. « Je suis bien sûr prêt à t'offrir l'abri à Poudlard… »

Severus hocha légèrement la tête. « Et… Et je pourrais vous prendre au mot, finalement. Mais… Il y a quelque chose d'un peu plus important dont j'ai besoin de vous parler. Ce n'est pas sur les gens qui sont déjà morts, et pour lesquels on ne peut rien. C'est pour quelqu'un dont la mort peut être empêchée… »

Dumbledore redressa son assise, clairement très intéressé. « Poursuis. » dit-il avec urgence.

« C'est… C'est le fils de Lily. Lily Evans. Potter. » dit-il rapidement, haïssant le nom. « Le fils de Lily Potter. Le Seigneur des Ténèbres croit que c'est l'une des personnes de la Prophétie. »

Dumbledore eut l'air de tout comprendre et de ne pas avoir besoin de davantage. « Ah. Je vois. »

« Lily et son fils… Et Potter aussi, je suppose… devraient être mis à l'abri quelque part. Ils devraient aussi savoir… que l'un de leurs ami est un traître. L'un d'eux travaille pour le Seigneur des Ténèbres. »

Il n'avait jamais vu le directeur de Poudlard si intéressé par quoique ce soit qu'il avait eu à dire. « Qui est-ce ? »

Severus secoua la tête. « Je ne sais pas. Je ne devrais même pas savoir cela. Si seulement j'avais un moyen d'être dans la pièce quand le Seigneur des Ténèbres parle avec lui, sans qu'il sache que je suis là… »

Dumbledore secoua la tête. « Non. Tu ne veux pas être dans la pièce. Tu veux pouvoir suivre le traître quand il part. Voldemort… » Severus grimaça à ce nom, mais le directeur continua « il a des moyens de sentir que des personnes sont présentes… » Il eut l'air pensif.

Severus eut une idée soudaine. « La cape d'invisibilité de Potter ! »

Dumbledore fronça les sourcils. « Quoi ? »

« Potter a une cape d'invisibilité. Je l'ai vu… Je l'ai vu l'enlever une fois. C'est pour protéger sa famille. Sûrement qu'il me laissera l'emprunter ? »

Dumbledore eut l'air très grave. « Je ferais mieux de lui faire part de ces soucis et de lui demander de l'utiliser. Ne t'inquiète pas, » ajouta-t-il, levant la main pour prévenir une objection de Severus. « Je la prendrai en fait pour que tu puisses l'utiliser. Mais James n'a pas besoin de savoir cela. Tu penses vraiment qu'il te laisserait emprunter sa cape d'invisibilité, toi entre tous ? Toutefois… » ajouta-t-il pensivement, « cela explique de nombreuses grandes choses qu'il a pu arriver à faire quand il était à l'école… »

« Certainement, sir. » Dit Severus, déglutissant, croyant à grand peine qu'il consentait à être un espion. Mais quand il avait entendu parler du fils de Lily… Quand il avait pensé au fait qu'ils s'en prennent à elle aussi… Et si on lui demandait de le faire ? Et si on lui demandait de lancer le sortilège mortel sur elle, ou son fils ? Si c'était Potter, il pensait qu'il pourrait y arriver… Mais là encore, James Potter avait sauvé sa vie. C'était une dette qui courait. Bien, pensait-il avec entêtement, après cela, la dette sera payée, Potter. Tu m'as sauvé la vie, je ferai ce que je peux pour sauver ta vie sans valeur, et Lily et son fils.

« Quand penses-tu que tu auras besoin de la cape, Severus ? »

Il y réfléchit. « Je ne sais jamais quand je vais être invoqué. Le plus tôt sera le mieux. »

Dumbledore acquiesça. « Je vais aller voir James. Je crois que les Montrose Magpies jouent ce soir contre les Wigtown Wanderers. Ce n'est pas le Puddlemere United, bien sûr, mais on ne peut pas tout avoir… »

Severus se leva, ne sachant pas quoi faire. Le directeur se leva aussi. « Merci sir. Merci de me croire. Je ne vous laisserai pas tomber. »

Dumbledore lui fit un signe de la tête. « Je le vois. » dit-il, surprenant Severus. Le vieil homme lui tendit la main et Severus la prit. Quand il la relâcha, Dumbledore dit « Je vais repartir. Je n'aime pas transplaner chez quelqu'un. C'est terriblement impoli, je trouve. Mais transplaner pour partir me semble parfaitement civilisé, tu ne penses pas ? » dit-il avec légèreté, comme s'ils ne venaient pas de parler de Severus qui allait espionner Voldemort.

« Oui, sir. Je vois ce que vous… »

Et, sans faire de bruit, Dumbledore avait disparu.

Mardi 27 Juillet 1981

Severus Rogue apparut sur le versant vert vif d'une colline dans la campagne galloise. Un peu plus bas, il vit le cottage. Il était en pierre, avec un toit en chaume. Comme il se rapprochait, il vit qu'il avait des fenêtres pittoresques avec des panneaux de verre en losanges avec des rideaux à fleurs et des pots rouges débordants de plantes. Il déglutit, se souvenant de ses phantasmes de mariage avec Lily, essayant de ne pas penser à James Potter vivant avec la femme qu'il pensait qu'il aurait dû avoir. Il mit sa main sur la poignée de la porte du jardin, hésitant. Une allée de dalles de pierres divisait le jardin du cottage, conduisant du portail jusqu'à la porte d'entrée rouge. Elle avait une tête de lion dorée en guise de heurtoir, remarqua-t-il. Comme c'est Griffondor, pensa-t-il, puis il essaya de mettre cette idée de côté. Nous ne sommes pas à l'école. Nous sommes adultes. Nous pouvons parler comme des adultes. Mais soudain, tout ce à quoi il put penser fut 'Lily est derrière cette porte'. Il ouvrit le portail, et s'avança lentement vers la porte, soulevant le heurtoir une première fois, puis une deuxième, et puis attendant patiemment. Quand la porte s'ouvrit, Severus n'était pas préparé à la vue de Lily se tenant devant lui, ressemblant trait pour trait à la Lily de l'école, tenant sur sa hanche un bébé qui avait une malheureuse ressemblance avec James Potter, à part les yeux verts vifs de Lily.

Lily eut l'air surprise de la voir. « Severus ! Je… Que fais-tu ici ? »

Son visage était très sérieux. « Je dois te parler, Lily. C'est très important. »

Elle resta où elle était, silencieuse, faisant sauter le bébé pour le calmer. Il bougeait ses bras et gazouillait, puis il commença à se débattre.

« Pose ! » dit-il, se débattant encore. « Pose pose pose pose pose… »

Elle abandonna, le plaçant soigneusement sur les dalles lisses du sol, pieds nus, et il alla courir dans le cottage, oscillant d'avant en arrière. Elle portait une robe d'été et Severus essaya de ne pas la fixer. Les souvenirs de leurs moments ensemble dans les donjons revenaient, le souvenir de sa peau sous ses mains…

Il se secoua mentalement, essayant de se concentrer sur le présent. L'enfant marchait déjà. Il n'avait pas réalisé qu'il pourrait être déjà si avancé. Severus n'avait aucune idée de ce que les bébés étaient sensés faire aux divers moments de leur développement. Comme il regardait Lily, l'unique petite amie qu'il avait jamais eue, il se demanda s'il apprendrait jamais cela de première main.

« Severus, je ne pense pas que tu devrais être ici. » Elle ne dit pas qu'ils fuyaient quoique ce soit, mais il savait que jusque récemment, ils vivaient dans un appartement à Cardiff. Dumbledore avait dit qu'il leur recommanderait de déménager dans le vieux cottage des Potter, leur résidence d'été avant qu'ils ne soient tués durant la cinquième année de James. Il savait que Dumbledore leur avait dit qu'ils étaient en danger, mais il ne leur avait pas dit la vraie raison. Lily avait dit à Dumbledore que parce qu'elle était auror, elle était inquiète que sa famille et elle soient prises pour cible. Alors elle avait pris un congé du travail, et Potter participait à moins d'entraînements, en tous cas à ceux qu'il ne pouvait pas éviter, et ils avaient déménagé à la campagne avec leur fils. James Potter participait à un entraînement des Montrose aujourd'hui cependant, et cela signifiait que Lily était seule chez elle.

« S'il-te-plaît Lily, écoute moi. Puis-je entrer ? » Il espérer qu'il pourrait empêcher sa voix de trembler.

Elle eut l'ait de la faire à contrecœur, mais finalement elle fit un pas de côté et l'autorisa à rentrer. Le cottage était divisé en deux, grossièrement, avec la salle à manger prenant une moitié, et les chambres, vues par les portes ouvertes, dans l'autre. Un passage à l'arrière de la salle à manger révélait une cuisine. Lily s'assit sur le canapé qui était perpendiculaire à la cheminée vide. Severus s'installa en hésitant sur une chaise de l'autre côté du foyer, tandis que le bébé grimpait sur le canapé à côté de Lily et commençait à toucher ses boucles d'oreilles avec ses doigts.

« Ouch ! Arrête Harry. Va jouer. Maman doit parler à son ami. »

Son ami. En espérant qu'elle croyait vraiment qu'il était son ami. Il se souvint de la manière dont il avait déchiré la lettre qu'elle lui avait écrite. Pas pour la première fois, il se demandait 'Aurions nous pu oublier cela ? Est-ce que je devais vraiment être si fier et si têtu ?'

Mais le petit enfant ne descendit pas du canapé. Il s'assit à côté de sa mère, faisant la moue en faisant ressortir sa lèvre inférieure. Soudain, ils entendirent ce qui était sans erreur possible le bruit d'une voiture. Ils se redressèrent tous les deux sur leur siège et regardèrent la porte, et seulement au moment où le heurtoir rentra en contact avec le bois peint, Severus réalisa que les mangemorts ne frappaient pas à la porte, ou ne conduisaient pas de voiture. Il n'avait pas à s'inquiéter.

Lily avait l'air d'avoir aussi été un peu nerveuse quand elle avait entendu la voiture aussi. Elle soupira et se leva pour répondre, disant « Excuse-moi une minute, Severus. » Elle le laissa seul avec le bébé. Severus le scruta avec suspicion, ne sachant pas à quoi s'attendre de sa part. Il n'était pas accoutumé à être en présence de bébés. Il essaya de penser à un sort qui aiderait si l'enfant devenait… trop amical.

Lily se tenait dans la porte d'entrée ouverte, en tenant le bord fermement, ses jointures blanches, comme si elle allait la claquer d'une seconde à l'autre. Une voix quelque peu aiguë transperça l'épaisse chaleur estivale, le faisant frissonner.

« Lily, maman a besoin que tu fasses cela ! Je me moque que ce soit légal ou pas ! N'est-ce pas assez que papa soit mort dans cet accident de voiture l'an dernier ? Elle est tout ce qui nous reste ! »

Il réalisa que c'était la sœur de Lily. Son père était mort l'an dernier ? Elle n'avait rien dit… Puis elle réalisa qu'elle ne s'était pas confiée à lui depuis très longtemps. Elle avait eu pour habitude de lui parler beaucoup du cancer de sa mère. Il semblait que sa sœur essayait de faire en sorte que Lily la guérisse.

Il pouvait apercevoir la sœur en se penchant un petit peu pour voir derrière Lily, debout dans la porte. Il savait que Petunia Dursley avait une demie-douzaine d'années de plus que Lily, et qu'elle avait été au mariage (bien que la seule personne qu'il ait vu ce jour là fut Lily, alors il n'avait pas de réel souvenir de sa sœur). Elle avait l'air un peu plus chevaline que ce à quoi il s'attendait, et bien plus vieille que ses vingt-sept ans. Lily avait l'air d'avoir eu cette conversation avec sa sœur avant, et cela n'avait visiblement pas trouvé écho en cette dernière.

« Petunia, il y a une raison à pourquoi la communauté magique essaye d'empêcher les moldus de savoir ce que nous pouvons faire. Et je ne suis même pas sûre que je pourrais aider maman, même si je ne me souciais pas d'enfreindre la loi ! Quand les sorciers et les sorcières ont le cancer, ils enlèvent habituellement les cellules cancéreuses par magie, ou les métamorphosent, mais tu as dit que maman l'a partout ! Comment pourrais-je l'enlever sans la tuer ? Et je ne suis pas autorisée, de toutes façons. Petunia, nous ne pouvons nous préparer qu'à l'inévitable… »

La voix de la sœur de Lily trembla. « Je vais me préparer. Tu peux rester ici. Ne te dérange pas pour venir aux funérailles. Tu ne seras pas la bienvenue. Pas quand tu aurais pu la sauver et que tu as refusé. A quoi cela sert-il d'être une sorcière si tu ne la sauves pas ? Tu sais ce que vous êtes, toi et ton mari ? Des monstres. Des aberrations. Comment ne peux-tu pas sauver ta propre mère ? C'est juste… » Mais la femme à l'air sévère ne put continuer. Elle enfouit son visage dans un mouchoir et tourna le dos à la porte du cottage.

« Petunia… » supplia Lily, mais Severus entendit le bruit sec des talons sur les dalles s'éloigner, le portail du jardin se refermer brusquement, et la voiture redémarrer. Lily retourna sur le canapé après avoir lentement et silencieusement refermé la porte.

Elle leva les yeux vers Severus quand il dit « Je suis désolée si c'est le mauvais moment, Lily, mais… »

« Ma mère se meurt et je ne peux rien y faire, et ma sœur me hais à cause de cela. Est-ce que c'est ta définition d'un mauvais moment, Severus ? Parce que c'est ma définition pour un moment totalement merdique, merci beaucoup. » Severus ne sut pas quoi dire. D'abord, elle avait peur que sa famille soit prise pour cible, alors elle avait déménagé à la campagne et aussi mit son travail entre parenthèses, et maintenant elle découvrait que se cacher l'empêchait d'être au chevet de sa mère. Les larmes coulaient en silence sur ses joues. L'enfant était parti dans sa chambre. Il jouait sur le sol avec des blocs et des jouets en peluche.

Severus et Lily étaient assis l'un en face de l'autre, baissant les yeux, ne parlant pas. Finalement, il dit doucement. « Je suis venu ici pour… Pour t'avertir que le Seigneur des Ténèbres va venir pour toi. Bien, en fait, pour Harry… »

Elle le regarda, perplexe. « De quoi parles-tu ? Harry ? Que pourrait-il vouloir de Harry ? » Il savait qu'elle était confuse parce que Dumbledore avait seulement mentionné le fait qu'ils étaient en danger parce qu'elle était auror. C'était la première fois qu'elle apprenait que son fils était en danger.

Severus lança un coup d'œil vers la chambre du bébé, se renfrognant. L'enfant arrangeait des peluches en rang, une parade impromptue. Il regarda à nouveau Lily.

« Le Seigneur des Ténèbres fait très attention aux oracles et aux signes. Une voyante a prévu sa chute… Elle a donné une Prophétie que quelques centaures ont aidé à interpréter. Les centaures ont trouvé deux des trois personnes impliquées… »

« Severus ! Ce que tu dis n'a aucun sens. Quelle est cette Prophétie ? »

Il se renfrogna. « Voyons si je me souviens de tout. Le Seigneur des Ténèbres sera défait par un triangle : un lion, un enfant de la lune et un fille de la guerre aux cheveux de feu… »

« Et Harry est… ? »

« Évidemment, il est le lion. Il est lion, n'est-ce pas. »

« Oui, mais James aussi. Harry est né une semaine avant son anniversaire. James l'a appelé son cadeau d'anniversaire en avance. » elle sourit faiblement. « Qui est sensé être l'enfant de la lune ? »

« Une famille du nom de Malfoy a eu un fils l'an dernier, quelques semaines avant la naissance de Harry. » Il se mordit la langue un moment avant de révéler que Malfoy était un mangemort. Cela la distrairait simplement. « Le sept juillet. Ce qui fait de lui un cancer. Ceux qui sont nés sous ce signe sont aussi appelés enfants de la lune. Je le sais parce que je suis aussi cancer. »

« Et la fille de la guerre aux cheveux de feu ? »

« Les centaures travaillent encore sur celle-là. La chose troublante est que certains centaures pensent qu'il y a un doublon pour chacune des personnes de la Prophétie. Ils pensent que le Seigneur des Ténèbres sera défait deux fois, qu'il y a deux ensembles de personnes qui vont remplir la Prophétie… »

« Défait deux fois ? Défait veut dire défait, n'est-ce pas ? »

« C'est là où c'est troublant… Mais les Malfoy ont passé un marché. Ils ont promis d'élever leur fils pour qu'il soit un serviteur du Seigneur des Ténèbres. Il a promis de ne pas tuer leur enfant, pour le moment. Je suis venu te supplier Lily. Passe un marché. Sauve-toi et sauve Harry. N'essaye pas de te battre… Tu ne peux pas gagner. » Il s'étranglait presque en disant cela, inquiet sur les risques du plan de Dumbledore. Faire croire au Seigneur des Ténèbres qu'il ferait de Harry Potter son serviteur, puis lui tendre une embuscade… Mais Lily et James ne pouvaient pas savoir que c'était le but, ou Voldemort pourrait dire qu'ils mentaient. C'était un jeu risqué.

« Quoi ? C'est pour cela que tu es venu ici ? Pour me dire d'élever mon fils pour qu'il soit le serviteur de Voldemort ? » Severus retint son souffle au nom. « Comment sais-tu toutes ces choses, Severus ? Je pensais que tu travaillais dans une apothicaire à Dunoon. Comment es-tu au courant pour la Prophétie, et pour Voldemort qui en a après nous ? Comment ? » Elle s'était levée et faisait nerveusement les cent pas dans la pièce. Elle lança un coup d'œil dans la chambre de Harry. Il s'était endormi sur le tapis, sa tête appuyée contre un ours en peluche. Elle alla à lui et le prit afin de pouvoir le mettre dans son ber veau, mais les mouvements l'avaient réveillé et il s'agitait. Elle le calma, le posant, lui donnant son ours, et puis elle lui chanta :

Sleep, my baby, on my bosom,

Warm and cozy, it will prove,

Round thee mother's arms are folding,

In her heart a mother's love.

There shall no one come to harm thee,

Naught shall ever break thy rest;

Sleep, my darling babe, in quiet,

Sleep on mother's gentle breast.

Sleep serenely, baby, slumber,

Lovely baby, gently sleep;

Tell me wherefore art thou smiling,

Smiling sweetly in thy sleep?

Do the angels smile in heaven

When thy happy smile they see?

Dost thou on them smile while slumb'ring

On my bosom peacefully.

Severus l'écouta, essayant de chasser de son esprit l'image qu'il s'était faite de Lily plus jeune, en train de bercer leur enfant…Quand la berceuse fut finie, elle referma doucement la porte de la chambre, et il fut surpris de la voir se tourner et lui faire face avec des yeux qui lançaient des éclairs.

« Tu es l'un d'eux, n'est-ce pas ? Tu es un mangemort. » Sa voix était froide et sûre. Il essaya de ne pas ouvrir sa bouche sous l'effet du choc, mais il pensa que son visage l'avait déjà donné de toutes façons. Pense-t-elle que je suis venu la tuer ? se demanda-t-il. Il savait qu'il devait lui dire la vérité.

« Je l'étais… Mais je ne le suis plus maintenant, Lily. Tu dois me croire ! J'ai été recruté à la fin de ma septième année à Poudlard, et pendant deux ans, j'ai… cultivé le fils d'un officiel haut placé au ministère de la magie…é Elle eut l'air choquée. Il déglutit. Il n'avait même pas dit cela à Dumbledore. « Mais ensuite, j'ai entendu parler de cette Prophétie, et que toi, James et Harry étiez pris pour cible. Je suis allé voir Dumbledore, et il… Il a compris pourquoi j'avais fait ce que j'avais fait , et il m'a promis que je ne serais pas puni, et il m'a dit que je pourrais être un espion, que je pourrais être utile. » Il sentait que ce n'était pas la peine de mentionner que la première fois qu'il avait été voir Dumbledore, il n'avait pas été à Poudlard. « Je n'ai fait de mal à personne, Lily. » Mais j'étais au côté du jeune Barty Croupton quand il tuait cependant… « J'ai recruté un jeune homme qui était en colère contre son père, et si cela n'avait pas été moi, il y aurait eu quelqu'un d'autre pour le recruter. S'il-te-plaît… Promets-moi que tu diras que tu élèveras Harry pour qu'il serve le Seigneur des Ténèbres. Tu n'as pas à la penser. Juste à le dire ! Sauve ta vie… Celle de Harry… Celle de James. Fais ce qui est nécessaire… » Comme il continuait, il commença à réaliser que tout cela tombait dans des oreilles sourdes. Elle ne ferait jamais rien de ce qu'il suggérait.

Elle lui lança un regard noir rempli de haine.

« Sors. »

« Lily… »

« Sors maintenant ! Avant que je ne m'occupe sérieusement de toi… »

Severus déglutit. « Si tu ne veux pas coopérer, promets-moi au moins que vous allez vous cacher. Trouver un endroit sûr. »

« Oh, nous allons nous cacher, d'accord. Tu penses que nous resterions ici, où tu sais où nous trouver ? Je ne peux pas croire que toi et moi ayons jamais… jamais… » Elle s'étrangla, l'air malade.

Il déglutit en la voyant si repoussée par lui. Pourquoi t'ai-je jamais laissé partir ? Comment ai-je pu laisser ma fierté être si importante ? « S'il-te-plaît Lily. Ne me repousse pas. Je veux aider. »

Mais il était la dernière personne dont elle allait accepter l'aide. Maintenant, elle avait sa baguette dans sa main. Elle avait l'air assez en colère pour lancer le sortilège mortel. « J'ai dit sors. Tant que tu as encore deux bras et deux jambes. » Severus ne considéra pas cela comme une menace en l'air. Elle était devenue une auror et une sorcière formidable.

Il se leva et partit à contrecœur, attendant d'être dans le jardin pour transplaner, la regardant se tenir dans l'entrée du pittoresque petit cottage.

Elle ne baissa jamais sa baguette.

Severus était assis au bar du Chaudron Baveur, tenant un verra avec un tout petit peu de firewhisky au fond. Soudain, la porte de derrière donnant sur le chemin de Traverse s'ouvrit, et Albus Dumbledore entra. Il portait une cape de voyage grise sur une robe noire. La capuche de la cape était relevée de telle sorte que tout ce que l'on pouvait voir de sa tête était un bout de son visage, pas le moins du monde reconnaissable. Ses lunettes brillaient à la lueur des chandelles et du feu du pub. Severus ne pouvait pas voir ses yeux.

Le signe de tête de Dumbledore au vieux Tom derrière le bar fut presque imperceptible. Tom lui en rendit un tout aussi infinitésimal, et Dumbledore se dirigea rapidement dans le couloir vers l'une des salle à manger privées. Severus posa une mornille d'argent sur le bar et, prenant son verre, il descendit en silence le même couloir. Il alla dans la même pièce que Dumbledore, espérant que personne dans le bar n'avait remarqué cela.

Le directeur était assis à une table dans la pièce. Il avait enlevé sa capuche, révélant une expression grave. Severus s'assit à côté de lui mais ne regarda pas le vieil homme. Il contempla le verre qu'il avait pris avec lui pendant un moment avant de vider le restant de firewhisky, incapable de retenir un petit gémissement de franchir ses lèvres qui se retroussèrent sur ses dents en réponse à la façon dont l'alcool lui avait brûlé la gorge. Il reposa le verre avec un bruit sourd, ne regardant toujours pas Dumbledore. Un autre silence suivit.

« Devrais-tu boire cela ? » lui demanda soudain Dumbledore.

Severus fit bouger ses yeux en direction de Dumbledore, mais il ne tourna pas du tout sa tête. « Non. C'est mauvais pour mon foie. » Il traça le contour du verre avec un long doigt pâle.

Dumbledore rompit finalement son silence. « Commet ça c'est passé ? »

Severus pencha le verre, regardant dedans et souhaitant qu'il y en ait encore. « Pas bien. » Il fixa un point sur le mur. « Je lui ai parlé de la Prophétie. » dit-il doucement. « Elle ne m'a pas cru. Mais elle a compris que le Seigneur des Ténèbres y croit, qu'ils sont en danger. Je pense qu'ils vont se cacher. Elle… ait que j'ai été recruté. J'ai essayé de lui dire que je n'étais plus du mauvais côté, mais elle m'a chassé… »

Dumbledore mit sa main sur le bras de Rogue. « Je sais que tu es quelqu'un de bien Severus. Je te soutiendrai contre quiconque qui doute de cela. Il y a un sort qui pourra la aider à se cacher… Le sort de Fidelius. Je vais contacter Sirius Black à ce sujet. Il devra y prendre part. Il sont plus proches de lui que de Pettigrew. Et de Remus… »

« C'est un loup-garou ! Vous savez combien de loups-garous sont à son service maintenant ? Ils s'agglutinent à lui. »

Dumbledore soupira. « J'aimerais croire que Remus ne va pas faire cela… » commença-t-il, mais il eut l'air d'en douter. « Retourne à Dunoon, Severus. Tu as fait ce que tu pouvais. Si tu entends quoique ce soit, tu sais où me trouver. »

Il se leva brusquement et transplana sans un bruit.

Mercredi 29 Septembre 1981

Lily regardait le jardin par la fenêtre, sa main sur son ventre. Elle regarda Dumbledore transplaner en silence, souhaitant pouvoir déjà sentir le bébé bouger en elle. C'était tellement réconfortant quand elle pouvait sentir bouger Harry. Il faisait de telles acrobaties en elle qu'elle avait été convaincue qu'elle avait un autre joueur de Quidditch entre ses mains, et qu'il s'entraînait déjà à voler. James avait ri à cette idée.

Elle regardait le jardin maintenant vide. Elle ne pouvait pas se réhabituer à vivre à la campagne, si loin des commodités de Cardiff. Godric's Hollow était beau, mais parfois elle devait sortir du cottage et marcher dans les bois. Quelque chose dans la petite maison lui donnait un étrange pressentiment, lui faisait se dresser les cheveux sur la nuque. Elle n'arrivait pas à y mettre le doigt dessus.

Sans se tourner pour regarder son mari, elle dit « Tu crois qu'il l'a bien pris ? Que nous disions que nous ne voulons pas qu'il soit notre gardien du secret ? C'était assez gentil de sa part de le proposer… »

James était assis sur le canapé, chatouillant Harry qui riait de manière incontrôlable. « Il était d'accord avec nous. Comme son espion lui a dit que l'on de nos amis est un traître, si nous ne demandions à aucun d'eux d'être le gardien du secret, cela aurait l'air suspect. En tous cas, nous l'avons remercié pour nous avoir parlé du sort de Fidelius. Et il a même dit qu'il gardait son oreille sur le sol… »

« … Ou que son espion le faisait. » dit-elle, se posant des questions à ce sujet.

« Oui. Son espion. Et il nous dira quand nous aurons vraiment besoin de paniquer et de lancer le sortilège. Il dit que nous ne sommes pas en danger immédiat, que comme Harry est un bébé, Tu-sais-qui n'est pas particulièrement pressé. »

« Mais il voudra le faire bientôt. » dit-elle en se tournant vers lui. « Pendant qu'il est encore inoffensif. » dit-elle avec sa voix prise, comme elle regardait James jouer avec Harry. La pièce était remplie de la musique du rire du bébé, et elle ne put s'empêcher de sourire, spécialement quand Harry prenait une poignée de cheveux de son père, et que le visage de ce dernier se tordait en une combinaison bizarre de douleur et de plaisir, comme il ne voulait pas faire peur à Harry en criant de douleur.

« Tu as besoin d'aide ? » lui demanda-t-elle en riant, mais avant qu'il prenne la peine de répondre, elle traversa la pièce et détacha les petits doigts potelés des cheveux de James, exactement comme ceux de Harry, mais encore plus abondants.

James poussa un soupir de soulagement, mais un instant plus tard, il fit une grimace terrible. « Beurk. Tu pues Harry. » dit-il en tenant l'enfant qui riait à bout de bras. « Peut-être que maman peut s'occuper de cela… ? » dit-il, regardant avec espoir Lily. Elle roula les yeux et lui prit Harry.

Pendant qu'elle le nettoyait, il poussa plusieurs gros bâillements et se frotta les yeux avec ses petits poings, lui renversant le cœur. Quand elle eut fini, elle le tint et le berça pour l'endormir pour sa sieste, même s'ils avaient finalement réussi à l'entraîner pour qu'il s'endorme tout seul. Elle voulait juste le tenir, sentir le petit corps chaud contre le sien, entendre la respiration douce et regarder monter et descendre la petite poitrine. Quand elle pensait à ce qui était arrivé à Sam et à sa famille, elle avait d'une manière ou d'une autre le sentiment que tout ce à quoi elle tenait était indiciblement fragile, et que chaque moment qu'elle pouvait passer avec James ou Harry devait être savouré. Tu dois vivre pour voir ta nouvelle petite sœur, lui dit-elle silencieusement.

Après l'avoir mis dans son berceau, lui enlevant doucement le pouce de la bouche, elle refermant en silence la porte de la chambre et alla dans la cuisine où James avait préparé du thé. Comme il lui en servait, elle murmura « Merci. », tenant sa tasse chaude entre ses mains tremblantes, la chaleur la réconfortant et la calmant. Elle pensa à nouveau aux nouvelles que Dumbledore leur avait apportées, et puis elle regarda James, qui semblait soudain y penser aussi. Son visage était très blanc. Comment est-ce que l'un de nos amis peut être un traître ? pensa-t-elle. Cela ne remontait qu'à une semaine qu'ils s'étaient retrouvés rassemblés dans le cottage pour fêter l'anniversaire de Sirius, seulement une semaine plus tôt, ils ne savaient pas qu'ils avaient un traître sous leur toit. Lily fouillait dans son cerveau, essayant de se souvenir si le comportement de quelqu'un avait semblé un peu incongru, ou déplacé.

Lily avait été contente de voir Remus, et avait voulu avoir du temps pour lui parler, pour voir comme il était. A chaque fois qu'elle l'avait vu depuis le meurtre d'Emil, il avait l'air si mélancolique. Elle était très inquiète à son sujet. Mais Cecilia ne lui avait pas laissé le temps de parler à Remus. Elle avait coincé Lily dans la cuisine, avec pour but, il lui semblait, d'avoir une dispute. Cecilia était venue avec Sirius, comme ils se voyaient à nouveau après une séparation de plusieurs mois. Cecilia avait dit à Lily que Sirius l'aimait encore, comme si c'était une accusation et que Lily avait en fait fait quoique ce soit pour le conduire à cela, ce qu'elle avait démenti à Cecilia. Cela n'avait pas semblé satisfaire Cecilia, et elle avait même suggéré que peut-être qu'il n'y avait pas que Harry qui était en danger… Peut-être que James l'était aussi, parce que si tous les deux venaient à disparaître, Lily se retrouverait seule.

« James en danger ? De Sirius ? » avait-elle dit à son ancienne meilleure amie, incrédule. « Si c'est ce que tu penses de lui, pourquoi est-ce que tu le revoies à nouveau ? »

Les yeux de Cecilia s'élargirent à cela. « Oh, tu essayes de me dire d'arrêter de le voir pour quelque raison ? » dit-elle suspicieusement, faisant lever les mains de Lily au ciel. Elle ne semblait vraiment pas arriver à louer une amitié avec une femme. La perte de Sam lui avait soudain semblé encore plus douloureuse, et elle était déterminée à redoubler ses efforts pour se dégager et parler à Remus.

« De Sirius quoi ? » fit une voix sardonique depuis la porte de la cuisine. Sirius se tenait à là, les scrutant toutes les deux avec intérêt, comme s'il était assez amusé que les deux parlent de lui. Lily et Cecilia refermèrent toutes deux la bouche, mais en dépit d'avoir asséné à Cecilia que l'idée que Sirius puisse être un traître était complètement ridicule, elle ne pouvait pas nier qu'elle regardait Sirius avec beaucoup d'attention, spécialement après qu'il soit parti et que Cecilia lui ai dit quelques choses suspicieuses qu'il avait faites, des choses qui l'avaient convaincue qu'il aimait encore Lily profondément… y compris quelque chose sur à quel point dérangeant était Harry, comme il monopolisait tant l'attention de Lily.

Nous devrions laisser Harry avec quelqu'un en qui nous avons confiance, comme tante Othalie, et partir, prétendre que nous le prenons avec nous… D'un autre côté, si nous faisons cela et que quelqu'un découvre où il est vraiment, et s'ils pensent que nous l'avons et qu'ils nous tuent… Lily croisa le regard de son mari, son cœur dans la gorge.

« Oh, mon Dieu. » dit-elle. « Harry. Si quelque chose nous arrive… Harry… »

James acquiesça. « Oui. C'est vrai. Je veux dire, qui nous dit que nous pouvons avoir confiance en cet espion ? Et si l'espion soit ment à Dumbledore, en étant abreuvé de mauvaises informations parce que Tu-sais-qui sait qu'il est un espion, soit parce qu'il est mauvais ? Et si nous sommes les cibles, et non Harry ? Nous devons nous assurer de prendre soin de tout. Nous irons chez le vieux notaire de mon père dès demain matin. Il est âgé, mais c'est la raison pour laquelle il est bon. Il a été formé par un sorcier qui connaissait la loi moldu et celle des sorciers, et lui même l'enseigne, et cela dure depuis des générations. Nous devrions déjà avoir fait cela, nous assurer de laisser des traces écrites à ce sujet, mais c'est si dur de penser à … à la possibilité de… »

Lily acquiesça. « Oui, bien sûr que ça l'est. Mais que dira-t-il quand nous lui diront qu'il n'est pas celui nommé dans les papiers ? Tu ne penseras pas qu'il va savoir que nous le suspectons qu'il soit le traître ? »

James lui fronça les sourcils. « Pourquoi devrait-il s'attendre à être nommé gardien de Harry ? »

« Pourquoi ? Parce que même si tu n'as pas pris la peine de me consulter à ce sujet, Sirius est le parrain. C'est ce qui se fait habituellement, non ? »

James rest abouche bée. « Tu penses que le traître est Sirius ? »

Elle se mordit les lèvres. « De qui parlais-tu quand tu as dit 'Pourquoi devrait-il s'attendre à être nommé gardien de Harry ?'. Tu ne parlais sûrement pas de Peter… »

James bafouilla. « Peter ? Un mangemort ? Seulement s'il était moins mou peut-être. Je parlais de Remus, bien sûr. Qui d'autre ? »

« Remus ! » s'exclama-t-elle. « Oh, allons. Tu ne peux pas vraiment croire… »

« Pourquoi pas ? Tu as lu la Gazette ? Sur tous les loups-garous qui se regroupent pour servir Voldemort maintenant ? »

Elle lança un regard noir à son mari, les dents serrées. « Tu veux dire ce torchon écrit par cette Skeeter ? Il ne ferait jamais cela et tu le sais. C'est des bêtises. C'est l'un de tes meilleurs amis au monde ! Comment peux-tu penser qu'il ferait une telle chose ? »

« Comment peux-tu penser que c'est Sirius ? Il est comme un frère pour moi ! Remus, d'un autre côté… »

Elle lui lança un regard noir. « Quoi ? » lui grogna-t-elle pratiquement, se sentant très protectrice de Remus, comme si elle était de retour dans la cellule du ministère, et que Frank Londubat, et non pas son mari, était celui contre lequel elle criait.

James déglutit, voyant à quel point elle avait l'air féroce. Bien, il savait qu'elle était têtue, et en général, il trouvait cela attirant, cette force d'esprit. Mais en ce moment…

« Bien, je dois admettre que nous trois, Sirius, Peter et moi, aurions pu être de meilleurs amis pour lui depuis que nous avons quitté l'école. Nous aurions pu passer plus de pleines lunes avec lui. Il semble si distant de nous tous maintenant. Peut-être que c'est notre faute. Peter a vécu avec nous par moment, mais pas depuis que nous avons aménagé ici, et nous voyons Sirius assez souvent… Mais jusqu'à la fête de la semaine dernière, je ne peux même pas te dire à quand remonte la dernière fois que j'ai vu Remus. Et… Je ne veux pas t'alarmer Lily, mais savais-tu qu'il a été accusé de meurtre ? Peut-être que le cas n'a pas atterri sur ton bureau parce qu'ils savaient que tu étais, hum, liée à lui… »

Lily se mordit la langue, voulant savoir comment James avait entendu parler de cela. Mais elle n'osa pas demander. « J'ai déjeuner avec Remus environ une fois par mois parce que j'ai fait l'effort de le contacter. Et oui, j'ai entendu parler des charges contre lui, » dit-elle, « et les preuves ont désigné quelqu'un d'autre qui a été arrêté suite à cela. Il connaissait la victime, et il était évident que c'était un meurtre de loup-garou, alors Remus a été amené pour être questionné. Cela l'a beaucoup cassé, tu sais. Son ami a été tué et on a dit de lui que c'était un meurtrier ! Pas que tu en saches beaucoup sur les amis que s'est fait Remus depuis que nous avons quitté l'école. » ajouta-t-elle, trouvait très dur à ce moment de la conversation de ne pas révéler le secret de Remus.

James se passa la main dans les cheveux, qui étaient déjà redressés, comme d'habitude. Il n'y avait pas de différence visible. « Je sais que tu penses que c'est notre faute, Lily, que nous devrions tous les trois nous libérer du temps pour lui pendant la pleine lune. Je ne nie pas cela. C'est vrai. Mais ce n'est pas non plus comme s'il venait souvent nous demander de le rejoindre ces nuits là. Il semble être devenu assez autonome. » James ne pouvait nier qu'il se sentait coupable. Ils avaient tant fait de choses pour être animagi. A quoi cela servait-il maintenant ?

« Il ne veut pas s'imposer ! » dit-elle, frustrée par ce raisonnement. « Et il t'a demandé de venir la nuit où son ami a été tué. Ou la nuit après plutôt. Ce n'était pas ta faute comme tu avais un match, mais bon… Tu penses honnêtement qu'il préfère les cellules du ministère ? Ou se retrouver tout seul dans un donjon chez Sirius ? Je lui tiendrai compagnie si je pouvais… » Puis elle souhaita pouvoir retirer cela. Cela semblait être quelque chose que James pourrait trop facilement prendre de la mauvaise façon.

James examina son visage, se demandant ce qu'elle voulait dire par cela. « Lily, admet-le… tu n'es pas vraiment capable d'être rationnelle à son sujet. Et tu sais quels étaient ses sentiments pour toi, et quels ils pourraient encore être. Je l'ai entendu dire qu'il t'aimait quand tu étais à l'hôpital. Je pouvais voir qu'il le pensait vraiment.

« C'était il y a des années ! » le coupa-t-elle, frustrée.

Il ignora son intervention. « Remus t'a abandonné parce qu'il pensait qu'il ne te méritait pas, mais tu aurais dû le voir à chaque minute que tu as passée avec Rogue. Je pouvais voir que cela le dévorait de l'intérieur. Il regrettait de toute évidence de t'avoir repoussé… »

Elle resta bouche bée. « Est-ce que tu dis que tu penses qu'il m'aime encore ? James, je peux te dire avec certitude que ce n'est pas la cas. Oui, il se soucie de moi, et je me soucie de lui, mais pas comme cela. Il sera toujours un très, très cher ami. Ces jours-ci, je pense être pour lui une meilleure amie que n'importe lequel de vous trois. »

Il tremblait, essayant de ne pas frapper ou jeter quelque chose. « Pas comme quoi ? Quand tous les deux étiez sensé être amis, vous baisiez dans la salle commune ! » éclata-t-il, sa voix s'élevant. Il faillit presque ajouter 'comme des bêtes'. Il pouvait à peine se contrôler maintenant. « Et il t'a cassé la jambe ! »

Elle se leva et reposa la tasse de thé à laquelle elle n'avait pas touché sur la table avec un bruit sourd et elle lui lança un regard noir, secouant la tête avec incrédulité. Il commençait maintenant à lui faire un peu peur, malgré son entraînement d'auror. « Je ne peux pas croire que tu ramènes cela sur le tapis maintenant. Combien de temps as-tu retenu cela ? Depuis combien de temps tu voulais le mentionner ? »

Il se leva et alla vers elle, sentant qu'ils s'engageaient sur un territoire très dangereux. Il mit ses mains sur ses bras, essayant d'être aussi doux que possible. « Lily, je voulais juste dire… Je pense qu'il a nié pendant longtemps ce qu'il ressentait pour toi. Chaque fois que Sirius essaye de lui arranger un rendez-vous avec une gentille fille, il réussit à trouver quelque chose d'autre à faire. A la fête, Sirius m'a dit qu'il avait finalement été d'accord pour sortir avec la vieille amie de Poufsouffle de Cecilia, Arlene, et tout ce que Remus a fait a été de parler de toi toute la nuit. »

Lily avait l'air un peu coupable maintenant, pensa-t-il. « Il… Il a fait cela ? »

« Oui. Assez bizarrement, ils ne sont pas ressortis. » ajouta-t-ils sarcastiquement. « Et il y a d'autres fois où il ment sur l'endroit où il est allé et avec qui il est allé. J'ai essayé d'être son ami récemment, pour ton information. A chaque fois que je suggère que nous nous voyons, il est déjà occupé, et c'est une excuse ridicule et différente à chaque fois. Il m'a menti, Lily. Je peux le dire. J'ai été assez longtemps ami avec Remus pour le savoir. Alors… Il ne veux pas dire avec qui il s'associe, il t'aime encore clairement, et l'un de nos amis est sensé être un traître qui essaye de faire tuer Harry, et de ce que nous savons, peut-être moi aussi. Pourquoi ? Bien, peut-être que cela pourrait être parce que notre ami loup-garou est devenu un mangemort, et il pense que s'il livre notre fils à Voldemort, et que si je suis tué en guise de récompense pour lui tu lui seras donnée… »

« Non ! » cria-t-elle de rage. « Remus ne ferait jamais cela ! Et la raison pour laquelle il sort parfois avec des gens que tu ne connais pas est… » Elle se figea. Elle avait presque révélé le secret de Remus. Cela devenait de plus en plus difficile de le garder. Son mari la regarda, attendant la suite.

« Bien ? » lui demanda James. Quand elle referma obstinément sa bouche, il leva ses mains au ciel. « Oh, c'est super. Alors, l'un de mes meilleurs amis est devenu mangemort, il aime encore a femme, et il semble qu'elle l'aime encore aussi. »

Elle était tellement en colère avec lui qu'elle pouvait à peine voir. « Ne parle pas de moi à la troisième personne comme si je n'étais même pas là ! » dit-elle, les dents serrées. « Je n'aime pas Remus. Je t'aime, espèce d'idiot ! » lui cracha-t-elle.

« Oh, vraiment ? C'était ton premier après tout ? Je me souviens vous avoir vu tous les deux, baisant sur le tapis de la salle commune. Je me souviens de la façon dont tu… » Sa voix fut prise, revoyant à quel point elle était belle à ce moment, même si elle avait des cernes sous les yeux à cause de sa nouvelle grossesse, les nausées matinales arrivant bien avant l'aube et interrompant son sommeil. Soudain, il ne put se résoudre à le dire, dire qu'il se souvenait de comment elle était avec Remus Lupin, le laissant lui embrasser le cou, rejetant avec abandon sa tête en arrière, si libre et passionnée. Remus était le premier à lui avoir fait perdre son contrôle de cette façon, pensa-t-il, son estomac se serrant à cette pensée jalouse. J'aurais aimé que ce soit moi. J'aurais aimé qu'elle n'aie jamais été avec quelqu'un d'autre, qu'elle n'ait jamais embrassé quelqu'un d'autre que moi.

« Quoi ? » dit finalement Lily, ses yeux lançant des éclairs. Il se sentit vidé, vidé de toute combativité. Ses bras balans sur son côté, il secoua la tête, les yeux fermés.

« Nous ne pouvons pas laisser cela nous déchirer, Lily. » chuchota-t-il. Il se sentait à bout de souffle, comme s'il avait couru un marathon. Il leva les yeux vers elle. Elle était debout, le regardant, désespérée.

« Non. Nous ne pouvons pas. » acquiesça-t-elle, ayant envie de pleurer. « Mais je n'accepterai pas que Remus est devenu un mangemort, qu'il nous trahirait. » Elle parla doucement, espérant qu'il se sentait plus calme. « Tu vois, la raison pour laquelle j'ai commencé à penser que c'était Sirius est que quand Cecilia est venue à la fête, mercredi dernier, nous avons eu une petite dispute. » Elle fit une pause. « Elle est convaincue que Sirius est encore amoureux de moi. »

James fit la tête. « Quoi ? C'est ridicule. Il était notre témoin ! »

« Cela ne veut rien dire ! » dit-elle avec impatience. « Toutes les choses que tu as dites sur Remus essayant de se débarrasser de toi et de Harry pour m'avoir pour lui… Et si c'était Sirius à la place ? Selon Cecilia… » Elle hésita. Devait-elle révéler cela ? C'était assez privé.

« Bien, vas-y. » intima-t-il, les bras croisés sur sa poitrine maintenant.

« Elle a dit qu'il disait mon nom en dormant. » dit-elle doucement. « Et plusieurs fois, alors qu'ils dînaient ou qu'ils traînaient dans son appartement, il l'a simplement appelée Lily, sans même le remarquer ou y faire attention. Une paire de fois, il lui a demandé ce qu'il avait fait de mal, comme il n'avait aucune idée, et elle ne lui a pas dit. Il n'a même pas remarqué. » dit-elle à nouveau.

James ouvrit de grands yeux. Il n'en avait eu aucune idée. Lily opina du chef.

« Et Cecilia pourrait jurer qu'il a dit quelque chose sur se débarrasser de Harry. Elle était terrifiée à l'idée de dire ce qu'elle avait entendu, au cas où il essaye de se débarrasser d'elle, parce qu'elle en savait trop. » Lily déglutit.

James la prit dans la ses bras, la tenant étroitement. « Nous trouverons qui c'est, mon amour, ne t'inquiète pas. » lui chuchota-t-il. Une voix ennuyeuse dans le fond de son esprit disait 'Et ce n'est pas comme s'il se souciait d'enfreindre la loi, avec sa moto volante. Ni de tuer quelqu'un. Il avait presque tué Rogue quand nous étions à l'école.' Et s'il y avait de nombreuses autres raisons en plus de Lily qui avaient fait faire cela à Sirius, y compris le danger de révéler le secret de Remus, Lily avait compté pour beaucoup là dedans. En fait, se rappelait James, Sirius pétait complètement les plombs quand il voyait Lily et Severus Rogue ensemble. Il avait été furieux à cause de leur relation dès le début. Pas de mal au cœur, comme Remus. De la fureur. James hésitait, doutant soudain de son meilleur ami, la chose la plus proche au monde qu'il avait d'un frère. Est-ce que ce pouvait être Sirius ? se demanda-t-il.

« Merci mon Dieu, il y a Peter. » dit-elle avec force. James acquiesça.

« C'est vrai. » approuva-t-il. « Je ne sais pas ce que nous ferions sans Peter. »

Il la tint étroitement comme leur thé refroidissait, se sentant tous les deux contents d'avoir au moins un ami autre que Dumbledore sur lequel ils savaient pouvoir toujours compter :

Peter Pettigrew.