La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre dix-huit

Sanctuaire

Samedi 31 Octobre 1981

« Tiens-toi bien ! »

Cecilia tremblait de tout son corps en montant à l'arrière de la moto de Sirius, et elle passa ses bras autour de sa taille. Maintenant, elle se cramponnait compulsivement à lui comme il lui souriait par-dessus son épaule. Elle frissonna dans l'air de la nuit, ne s'étant pas attendu à cela. Ils transplanaient habituellement quand ils sortaient, mais Sirius avait dit qu'il avait un rendez-vous plus tard, et que c'était à un endroit où ils ne pouvaient pas transplaner, et comme il prenait la moto, il pensait que ce serait bien qu'ils volent ensemble, au lieu d'y aller séparément, l'un en volant, l'autre en transplanant.

Il démarra le moteur et le laissa chauffer un petit peu, respirant les lourdes fumées qui lui rappelaient pourquoi il aimait la moto.

« Ne devrions-nous pas porter des casques ? » cria-t-elle dans son oreille, par-dessus le bruit du moteur.

« Pas besoin ! » répondit-il en criant. « J'ai lancé un sort d'attache sur nous deux. Nous sommes liés l'un à l'autre et à la moto. Nous ne pouvons pas tomber. Pas d'inquiétude. »

Pas d'inquiétude, qu'il dit, pensa-t-elle, se renfrognant. Et si cette foutue moto tombe du ciel alors ? Elle n'était pas encore convaincue que quoique ce soit d'autre qu'un balai devrait être enchanté pour voler, et elle n'aimait même pas beaucoup les balais, bien que Sirius adore l'inviter sur la zone de test dans le Northumberland où sa compagnie essayait ses prototypes. Elle avait essayé de monter sur un nouveau modèle la semaine précédente, à sa demande pressante, et elle avait rapidement vomi quand elle avait atterri et qu'elle était descendu de la chose après une virée cauchemardesque, faisant des loopings dans le ciel. Sirius avait ri, et après quelques minutes, elle avait ri aussi, mais c'était forcé. Il semblait juste ne pas réaliser qu'elle n'aimait pas autant voler que lui.

Et maintenant, elle volait sur une moto ! Elle essaya de transformer son anxiété en une plaisanterie. « Es-tu sûr que tu veux être liée à moi ? » dit-elle en battant des yeux comme il continuait à la regarder par-dessus son épaule. Soudain, l'air de ses yeux presque noirs lui coupa le souffle comme il lui sourit chaleureusement.

« Il n'y a rien que j'aimerais plus. »

Comme il se tournait à nouveau vers l'avant, elle eut l'impression que son cœur avait oublié de battre l'espace d'un instant. Est-ce qu'il pensait vraiment cela ? Elle se gronda mentalement, rappelant à son côté plus pratique que c'était Sirius Black. D'un autre côté, elle rappela à ce côté pratique rigide qu'il avait passé beaucoup plus de temps avec elle depuis que Lily et James s'étaient cachés… Comme la moto décollait, elle ne put s'empêcher de penser à eux, et au fait que Sirius seul savait où ils étaient. Comment savait-il qu'ils ne seraient pas attaqués par des mangemorts en plein air ? Comment réussissait-il toujours à se sentir en sécurité ?

« Et si quelqu'un nous voie ? » cria-t-elle dans son oreille, au-dessus du vacarme de l'engin.

« J'ai lancé une métamorphose caméléon. » répondit-il en tournant sa tête. « Nous ressemblerons simplement au ciel étoilé de la nuit si quelqu'un lève les yeux. »

Elle se sentit impressionnée en dépit d'elle-même. Sirius avait toujours largement dominé tout le monde à part James Potter en métamorphoses. Elle aurait dû savoir qu'il aurait continué à travailler ces capacités après avoir fini Poudlard et appris un sort difficile comme celui-là. D'après ce qu'elle savait, il l'avait appris avant de quitter l'école. Cela lui ressemblait bien.

Ils filaient dans le ciel bleu d'encre parsemé d'étoiles, arrivant finalement à l'auberge où Sirius avait réservé. Ils n'étaient jamais allé dans celle-là avant, mais il disait qu'il avait entendu dire que c'était un très joli endroit pour les occasions spéciales. Elle lui avait demandé quelle était l'occasion spéciale, et il avait refermé la bouche, comme s'il en avait trop dit. Cecilia avait l'estomac qui papillonnait comme elle considérait l'éventail limité des choses que Sirius pourrait considérer comme des 'occasions spéciales'. L'anniversaire de Sirius était le mois d'avant, et ils l'avaient déjà fêté. Son anniversaire à elle n'était pas avant trois mois…

Mais ses spéculations arrivèrent brutalement à terme quand Sirius posa la moto dans un parking à l'extérieur d'une auberge de campagne à l'air médiéval, et quand il éteignit le moteur, le monde semblait être absurdement silencieux et sans entrain.

Malgré l'air légèrement minable à l'extérieur du bâtiment en chaume et en torchis, c'était un très joli endroit à l'intérieur, Cecilia devait en convenir, et la nourriture et le vin étaient fabuleux. Sirius se tapota l'estomac avec révérence après avoir fini son agneau, l'air délirant de bonheur. Elle revint à spéculer sur ce qui rendait cette soirée 'spéciale'. Il ne l'avait jamais prise dans un endroit qui soit si agréable… ou cher. Que fêtaient-il avec un dîner si somptueux, du vin parfaitement adapté à la nourriture, et une mousse au chocolat divine arrivant pour le dessert ?

Sirius la regardait, voyant qu'elle essayait clairement de deviner ce qu'il avait en tête. Il avait presque envie de rire, mais cela ne semblait pas vraiment approprié d'une manière ou d'une autre. Il se pencha en arrière dans sa chaise et la scruta. Comme elle était jolie quand elle était perplexe. Il lui sourit et elle le lui rendit. Il savait que pour réparer l'impatience qu'il lui causait et son attente, il devrait être très, très gentil avec elle au lit plus tard, après être revenu de voir Peter, et cette perspective ne le dérangeait pas du tout. Il entendait bien prendre du plaisir à lui faire plaisir. (C'était toujours le cas.)

Il rendit ses mains pour prendre celles de Cecilia dans les siennes et continua à lui sourire, et le souffle de Cecilia trembla quand elle réalisa ce qui se passait. Oh, mon Dieu, pensa-t-il. Est-ce qu'il… ? Va-t-il vraiment… ? Elle avait l'impression de ne plus pouvoir respirer. Il ne détourna pas son regard d'elle mais continua à la regarder sans faiblir, avec une chaleur et un amour qui lui coupaient le souffle. Était-il possible de dompter Sirius Black ? se demanda-t-elle, puis elle pensa à quel point elle aimerait le savoir…

Cependant, juste comme il ouvrait la bouche, il la referma, déglutissant. Il se sentit pris de vertiges pendant un instant, et pour quelque raison, l'image de la maison de James et Lily à Godric's Hollow jaillit dans son cerveau, et l'endroit où se situait cette maison aussi.

Il cligna des yeux, choqué, et vit que Cecilia se sentait dans le même état, se cramponnant au bord de la table, ses jointure blanches. Il la fixa.

« Est-ce que… Est-ce que tu la vois aussi ? La maison ? Leur maison ? » demanda-t-il. Elle acquiesça, pâle comme un fantôme, ne sachant clairement pas ce qui était arrivé.

Mais Sirius savait exactement ce qui était arrivé.

Il se leva brusquement et renversa presque la table en faisant cela. « Désolé, chérie, je dois y aller. Je… Je dois aller voir Lily et James. » Et Peter, ajouta-t-il pour lui-même. Qu'est-ce qui avait fait dire à Peter le secret à quelqu'un ? se demanda-t-il. Et à qui l'avait-il dit ?

« Tu penses qu'ils vont bien ? » dit-elle nerveusement, puis elle réalisa à quel point sa question était stupide. Il ne partirait pas s'il pensait qu'ils allaient bien. Il ne répondit pas à sa question.

« Je… Je suis désolé. Écoute, je te retrouverai à ton appartement plus tard, d'accord ? Je te le ferai… »

Et avant qu'elle réalise ce qui se passait, il était parti et elle entendit le son de sa moto redémarrer. Elle fixa son assiette, les restes de son repas, voulant être soucieuse, mais se retrouvant à avoir des pensées horribles sur Lily à la place.

Il était sur le point de lui demander sa main ! Elle le savait. Et 'grâce' à Lily, il avait du filer. Bien, pensa-t-elle amèrement, j'espère que tout ne va pas bien. J'espère que c'est aussi mauvais que cela peut l'être… » puis elle se secoua, furieuse que sa bête jalousie puisse la rendre si peu généreuse. Alors il va demander ma main plus tard. Une fois qu'il saura qu'ils vont bien, il n'y aura rien d'autre pour nous interrompre…

Elle paya l'addition, comme Sirius n'avait rien laissé pour cela, et quitta l'auberge, allant dans quelques arbres à proximité pour trouver un bon endroit discret où transplaner. Une fois qu'elle fut dans son appartement, elle s'effondra sur son canapé en pleurant, sanglotant jusqu'à ce qu'elle soit complètement épuisée.

Maudissant encore Lily, elle s'installa pour attendre que Sirius revienne, mais elle n'était plus certaine que s'il lui demandait de l'épouser, elle accepterait de la faire. D'une manière ou d'une autre, elle n'était simplement pas convaincue qu'elle voulait toute une vie jouer le rôle d'un second choix à Lily.

Cela ne lui vint pas à l'esprit ce soir là que si Lily et James étaient en danger, c'était parce que Sirius, leur gardien de secret, les avait trahi.

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Sirius vit finalement les lumières de Poudlard et descendit droit dessus, atterrissant sur la pelouse près des portes d'entrée du château. Il ne ralentit pas cependant et descendit jusqu'à la cabane de Hagrid, ses pneus laissant de larges traces dans le sol humide.

Une lueur dorée accueillante émanait de la petite fenêtre, et Sirius se demanda ce qu'il ferait si Peter était en sûreté. Le problème était que Harry ne savait pas que Peter était là. Peter était sensé se cacher chez Hagrid sous sa forme de rat.

Sirius avait été sur le point de frapper à la porte, mais à la place, il ferma sa main en un poing et se retint de frapper. A la place, il ferma ses yeux et prit sa forme de chien, reniflant autour des fondations de la cabane de Hagrid, essayant de trouver des traces de l'odeur de Peter.

Il ne trouva rien.

C'était mauvais. Très mauvais. Il n'y avait aucun signe de lutte dans le fond du jardin, ou nulle part ailleurs dans la cabane, et aucun signe que Peter, sous sa forme humaine et ou rat, ne s'était approché de la cabane de Hagrid. Son odeur aurait été quelque part près des portes s'il était entré ou sorti de la petite maison, comme le transplanage n'était pas possible dans l'enceinte de Poudlard. Peter n'était pas du tout venu chez Hagrid de ce que pouvait dire Sirius.

Il reprit sa forme humaine et revint à sa moto, l'enfourchant et redémarrant le moteur au moment où Hagrid ouvrait la porte de sa cabane.

« Qui est là ? » demanda Hagrid dans la nuit, louchant dans les ténèbres. Sirius coupa à nouveau le moteur, soupirant profondément.

« C'est moi… Sirius Black. »

Hagrid sourit à travers son énorme barbe frisée, et s'avança à grands pas vers Sirius, une grosse bonbonne à la main. « Quelle surprise, Sirius Black ! Qu'est-ce qui t'amène à Poudlard en cette belle soirée d'Halloween ? »

Sirius montra le château de la tête. « Est-ce que Dumbledore est encore à la fête ? »

« La fête ? Non, elle a fini il y a un moment. Il est probablement de retour dans son bureau maintenant. »

« Hagrid… est-ce que tu as jamais été chez Lily et James ? Avant… Avant qu'ils n'aillent se cacher ? »

« Non, jamais. Pourquoi ? »

Sirius soupira encore. « Aucune raison. Écoute, je dois partir. Je dois aller voir quelqu'un… »

« Tu ne peux pas rester pour un petit verre ? » demanda Hagrid de façon attirante, levant suggestivement sa bobonne.

Sirius secoua la tête. « Une autre fois peut-être. » Il démarra bruyamment le moteur à nouveau et leva la main en direction de Hagrid avant de s'élancer une fois de plus dans le ciel. Comme il volait par-dessus le château, il pensa voir quelque chose qui ressemblait à une espèce d'oiseau de fumée blanche émerger d'une fenêtre d'une tour et filer en direction de la cabane de Hagrid. Mais n'avait pas le temps de s'attarder là-dessus. Il devait se rendre au Pays de Gales très rapidement. Si Peter avait livré son secret, on ne pouvait pas dire avant combien de temps l'information serait prise en compte…

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Albus Dumbledore roula le bout de parchemin qui était arrivé par sa fenêtre il n'y a pas cinq minutes. Il n'avait aucune idée de qui l'avait envoyé, ni s'il devait le croire. Il n'y avait pas de salutations, aucune indication que c'était pour lui autre que son nom griffonné sur l'extérieur du parchemin. La chouette ne lui était même pas familière. Il le fixa encore.

Le Seigneur des Ténèbres est parti, la Prophétie est accomplie. Il a tué James et Lily Potter, mais il n'a pas pu tuer Harry Potter et il a perdu son pouvoir. Harry Potter vit… Il a survécu au Sortilège Mortel. J'écris cela en tant que témoin : le Seigneur des Ténèbres est parti et c'est Harry Potter qui l'a vaincu.

C'était tout ce qui était écrit.

Dumbledore le retourna, mais le dos du parchemin ne révélait aucune information sur l'expéditeur. … il n'a pas pu tuer Harry Potter et il a perdu son pouvoir…

Dumbledore était déjà allé se coucher pour la nuit, fatigué et repus après une autre splendide fête d'Halloween. Il avait dormi paisiblement quand, soudain, son esprit avait été envahi de souvenirs de l'endroit où James et Lily vivaient, le faisant s'asseoir dans son lit. Cela n'avait pas été clair pour lui s'il s'agissait d'un rêve ou de la réalité, mais il s'était levé et rhabillé avec l'intention d'aller à Godric's Hollow, où il se souvenait maintenant qu'ils habitaient, pour s'assurer que tout allait bien. Il essaya de se rassurer en pensant qu'il trouverait tout en ordre. Si le sort de Fidelius avait été rompu, ce n'était pas nécessairement Voldemort qui avait appris le secret. Cela pouvait être quelqu'un d'autre. Il se maudit d'avoir suggéré que Sirius Black soit gardien du secret. Il avait probablement parlé de la maison à sa petite amie ou quelque chose comme cela. Du moins, c'est ce que Dumbledore avait pensé jusqu'à ce que la chouette arrive à sa fenêtre.

Il a tué James et Lily Potter…

Il frissonna en pensant au jeune couple mort et à leur fils orphelin. Et si cette lettre était correcte, alors les partisans du Seigneur des Ténèbres auraient bientôt vent de cela et essayeraient de se venger. De nombreux seraient probablement démotivés sans leur meneur, mais d'autres…

Heureusement, il y avait un moyen facile de vérifier si James et Lily étaient en vie. Il écrivit un mot sur un bout de parchemin traînant sur le bureau : 'Pour vérifier'. Il écrivit au dos : James et Lily Potter. Le roulant, il l'enroula à la patte de la chouette qui avait apporté le mot anonyme. Il lança l'oiseau par la fenêtre en disant « C'est pour James et Lily Potter. » juste pour s'assurer que la chouette connaissait son travail. Cependant, la chouette tourna dans le ciel en dehors de la tour et revint se poser sur la margelle de pierre, inclinant sa tête sur le côté, le regardant d'un air perplexe. Il essaya encore, lançant l'oiseau en l'air et proclamant encore les noms des récipiendaires. Si même un seul d'entre eux était encore en vie, la chouette devrait partir, battre ses ailes pour files jusqu'au Pays de Gales…

Mais elle revint une fois de plus, et encore une autre fois. Finalement, Dumbledore soupira et enleva le parchemin de la patte de l'oiseau, le froissant dans sa main comme une larme solitaire coulait le long de son long nez.

Il a tué James et Lily Potter, mais il n'a pas pu tuer Harry Potter et il a perdu son pouvoir.

Pourquoi est-ce que Lord Voldemort n'aurait pas pu tuer un bébé ? se demanda-t-il. Et comment protéger au mieux l'enfant de ceux qui pourraient lui faire du mal, parce que, d'une manière ou d'une autre, il avait fait quelque chose ou été quelque chose qui avait indirectement conduit à la chute de Voldemort, et que de la notoriété qui allait accompagner la nouvelle qu'il avait survécu à ce qui aurait sûrement dû être une attaque fatale ? Dumbledore invoqua un parchemin d'une pile de lettres roulés posées dans un panier sur son bureau, et il la déroula soigneusement. Elle était de Lily, lui demandant s'il pourrait aller voir sa sœur de temps en temps, discrètement l'observer, pour s'assurer que tout allait bien. Lily avait expliqué qu'il y avait un gouffre entre elles, encore plus grand depuis que leur mère était morte, et qu'elle n'aurait pas beaucoup d'espoir de pouvoir furtivement veiller sur sa sœur en personne une fois qu'elle serait sous la protection du sort de Fidelius. Dumbledore avait répondu à Lily en disant qu'il essayerait de voir Petunia Dursley de temps en temps, puis il dirait à Lily comment sa sœur se portait.

Maintenant, il se demanda… est-ce que cela pourrait marcher ? Est-ce que la relation entre Lily et sa sœur pourrait fournir au petit Harry la protection dont il avait besoin ? Fixant le parchemin avec la très ordinaire adresse moldue quatre Privet Drive, Little Whinging, Surrey, il décida qu'il n'avait pas beaucoup de choix. Harry avait besoin d'un foyer et sûrement que gouffre ou pas, sa tante lui fournirait une telle chose chez elle ?

Mais d'abord… Il savait que James et Lily étaient vraiment morts, mais il ne savait pas si le pouvoir de Voldemort avait vraiment été brisé. La lettre anonyme ne disait pas que Voldemort était mort. Curieux…

Il écrivit une autre mot 'Pour vérifier' et l'adressa à 'Lord Voldemort'. Après l'avoir attaché à la patte de la chouette à la place de celui qu'il avait essayé d'envoyer à Lily et James, la chouette commença à s'éloigner de la tour, puis commença à faire des cercle à environ cinquante pieds, l'air hésitante. Dumbledore fronça les sourcils. Pourquoi est-ce que la chouette ne tentait pas soit de délivrer la lettre , soit de la lui rendre ? mais non. Elle volait en rond, d'abord dans une direction, puis l'autre. Albus Dumbledore n'avait jamais vu une chouette postale affectée d'une telle manière. C'était comme si Lord Voldemort était vivant et mort.

Finalement, il décidé d'avoir pitié du pauvre oiseau avant qu'il ne s'épuise. Il l'invoqua dans ses mains et enleva la lettre de sa patte. Il la fixa, essayant de déterminer la signification de tout cela. Comment pouvait-il véritablement dire si Voldemort était mort ? se demanda-t-il.

La cicatrice.

Il frissonna, en se souvenant de la dernière fois où il avait utilisé la cicatrice à dessein, il y a plus de trente-cinq ans. La cicatrice de Tom. Dumbledore soupira. Il avait seulement voulu aider Tom, il avait seulement tenté d'empêcher une jeune homme confus et anéanti de sombrer plus loin dans les ténèbres qui l'avaient finalement englouti et donné naissance à Lord Voldemort. Si seulement il avait su alors…

Et il n'avait certainement pas voulu blesser le garçon. Le garçon. Il avait été un simple garçon quand il avait reçu sa cicatrice de Dumbledore. Est-ce qu'il l'avait encore ? se demanda Voldemort. C'était la seule issue qui lui restait ouverte. Si Voldemort existait encore, sa cicatrice existerait encore aussi. Dumbledore devait essayer, apprendre ce qu'il était advenu de son ancien élève. Il ferma ses yeux et envoya son esprit à la recherche de Tom Jedusor, de l'homme que Tom était devenu, de Lord Voldemort…

Est-ce que tu vas bien, Tom ? Je me fais du souci pour toi… Quelqu'un m'a dit que tu as tué les Potter, et essayé de tuer le petit Harry, et que cela t'a blessé… Est-ce que tu vas bien ? Dis-moi Tom…

A réponse à ses soucis, il ressentit un picotement de rage et d'angoisse traverser brièvement son cerveau. C'était très dur de comprendre ce qui était communiqué. De brèves phrases comme pas de corps et moins qu'un esprit allaient et venaient avant que Dumbledore ne soupire et de rompe la connexion. Il s'assit à son bureau, tapotant les extrémités de ses doigts les unes contre les autres. Tom avait été vaincu, à ce qu'il semblait, mais les expériences dont Dumbledore avait entendu parler, ses tentatives pour atteindre l'immortalité, semblaient avoir altéré son être au point qu'il ne pouvait pas vraiment être tué proprement, et il était maintenant de toute évidence quelque chose de ni vivant, ni mort, ni fantôme, ni humain.

Dumbledore savait que cela signifiait qu'il pourrait finalement trouver un moyen de revenir. Lord Voldemort essayerait. Et on ne pouvait pas dire quand il réussirait.

Entre-temps, son test de l'esprit de Voldemort, ou de ce qu'il en restait, le convainquit que pour les temps à venir, il n'était pas une menace. Il sourit. Le monde magique devait savoir cela, décida-t-il. On devait le savoir et le fêter. Alors, il y avait le problème de diffuser la nouvelle. Il n'avait pas été content du tout de la manière dont le ministère avait traité la montée en puissance de Voldemort. Le ministère avait été bien trop lent à en reconnaître la menace, à agir pour garantir la sécurité des sorciers et des sorcières de Grande-Bretagne. Le 'nouveau Seigneur des Ténèbres' avait été considéré comme un mythe pendant un temps, jusqu'à ce que finalement un désastre de trop fasse venir le chef du département des forces de l'ordre magiques et le ministre.

Maintenant, à moins que quelque chose ne soit fait pour répandre la nouvelle de la chute de Voldemort, le ministère avait à nouveau peu de chances de croire la vérité. Dumbledore savait ce qu'il avait à faire pour contourner la tendance innée du ministère à ne pas croire ce type de nouvelles…

Mais d'abord, il devait s'assurer de garantir la sécurité de Harry. Il ne connaissait qu'une personne en qui il avait assez confiance pour lui donner la tâche d'amener Harry à Surrey. S'avançant vers sa fenêtre ouverte, il posa sa baguette sur sa tempe et puis ouvrit les yeux, dirigent sa baguette vers le ciel nocturne, et un oiseau blanc-gris vaporeux sortit du bout de sa baguette et fila à travers le domaine.

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Severus Rogue entendit un étrange craquement, et il regarda autour de lui, paniqué, se souvenant soudain de Barty Croupton et du fait que Barty savait qu'il n'était pas un serviteur loyal au Seigneur des Ténèbres, qu'il avait essayé d'avertir Lily. Il reposa doucement son corps sur le sol et sortit sa baguette, s'avançant en silence et avec précaution au coin de la maison encore en feu, prêt à se défendre. Harry s'était endormi il y a un moment, en s'appuyant contre Severus, respirant profondément, et il ne fut pas dérangé par Severus quittant son côté, car il se tourna et mit son pouce dans sa bouche. Le sang sur son front avait déjà séché et Severus pouvait voir que la blessure avait la forme d'un éclair.

Il poussa un soupir de soulagement quand, du coin opposé de la maison, s'avança Rubeus Hagrid, le garde chasse de Poudlard, portant un parapluie rose incongru. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : Dumbledore savait ce qui se passait ici. Dumbledore avait toujours semblé savoir ce qui se passait partout. Severus regarda Hagrid marcher lourdement vers l'endroit où Harry était allongé au côté de Lily, oublieux du fait que sa mère était morte.

« Oh, Dumbledore avait raison. » sanglota-t-il en voyant Lily. Harry sortit un grand mouchoir à pois et s'essuya les yeux avant de s'accroupir à côté de Harry, son parapluie sur ses cuisses. Il prit le bébé endormi dans ses bras, ses yeux coulant encore. « Pauvre petit gars. Le vieil Hagrid est là maintenant, n'aie pas peur. Tu vas juste continuer à dormir, et nous allons attendre de recevoir nos instructions de Dumbledore. Ne t'inquiète pas Harry… » dit Hagrid d'une voix bourrue à travers ses larmes. Mais un moment plus tard, le son d'une sirène retentit dans l'atmosphère nocturne… un camion de pompier moldu. Severus leva les yeux. La Marque des Ténèbres flottait encore au-dessus de la maison. Il pensa à la marque correspondante sur son bras et frissonna. Qui croirait que lui, un mangemort, traînant en dehors de la maison détruite des Potter, n'avait rien à voir avec cette attaque ? Seulement une personne : Dumbledore.

Il lança un autre coup d'œil à Hagrid qui se redressait, portant encore Harry et parlant à l'enfant endormi comme s'il comprenait ce que l'énorme homme disait. « Bien, petit Harry, il semble que les moldus viennent voir ce qui s'est passé. Les gens du village ont dû sentir la fumée. Nous allons simplement nous occuper de ceci en premier… » Severus écartilla ses yeux quand Hagrid brandit son parapluie vers le ciel et cria d'une voix retentissante « Deletrius ! » La Marque des Ténèbres se dissipa et le ciel au-dessus de la maison n'avait plus qu'un nuage sombre de fumée provenant des flammes qui brûlaient entre les murs. Hagrid se pencha sur l'enfant endormi, disant « Maintenant, j'apprécierais si tu ne disais cela à personne, Harry. D'accord ? D'accord ? » dit-il encore, acquiesçant. « En ce qui nous concerne, cela n'est pas arrivé… »

Comme les pompiers arrivaient au-dessus de la colline, Hagrid se faufila par la porte du jardin de devant et dans les arbres. Severus s'accroupit derrière une buisson afin que Hagrid ne le voie pas. Puis Hagrid lui fit penser à Poudlard où il savait qu'il serait en sûreté… Après avoir traqué Sirius Black, le traître qui avait vendu Lily au Seigneur des Ténèbres. Les paroles de Barty Croupton traînaient dans sa tête : Oh, tu n'as pas entendu ? Les Potter ont essayé de se cacher en utilisant le sort de Fidelius, mais il s'est avéré que leur gardien du secret était un mangemort ! Tu parles d'une chance !

Il pouvait à peine voir à cause de sa rage. Black n'avait même pas pris la peine de taire le fait qu'il était le gardien du secret. Tout le monde le savait à ce qu'il semblait. Et Severus n'avait aucune raison de croire que Barty avait menti sur Black. S'il disait que Black était un mangemort, alors Sirius Black était un mangemort. Après tout, Barty n'avait eu aucune raison de croire que Severus était tout sauf un loyal serviteur du Seigneur des Ténèbres… Il avait même semblé authentiquement surpris que Severus ait essayé d'avertir Lily…

Le camion avec la sirène hurlante s'arrêta devant la maison et Severus leva sa baguette, transplanant avec un petit pop ! qui ne fut pas remarqué par Hagrid, se cachant maintenant dans les arbres avec Harry. Il ne fut pas non plus remarqué par les moldus qui faisaient parti de la brigade des sapeurs volontaires de Godric's Hollow. Il ne les vit jamais éteindre le feu et enlever les corps de Lily et James Potter, et les moldus ne surent jamais qu'il y aurait dû y avoir une troisième personne présente, un bébé de quinze mois qui était maintenant orphelin.

Hagrid regarda les moldus travailler depuis l'abri des arbres, sentant la chaleur réconfortante du bébé dormant dans ses bras. Il ne pouvait se retenir de pleurer à nouveau en regardant les corps de Lily et James être emportés. Cela ne prit pas longtemps au pompiers pour faire leur travail. Il éteignirent le feu, qui diminuait déjà, et emportèrent les corps. Ils se préparaient à partir de nouveau, secouant leurs têtes, et Hagrid entendit quelques bribes de ce que les hommes et les femmes disaient :

« Une lampe à pétrole, on dirait. Renversée. C'est ce qui a mis le feu. » dit une grosse femme autoritaire aux cheveux gris.

« Quel dommage. Cette vieille maison était vide depuis des années, et j'avais même oublié qu'elle existait, mais pour quelque raison, je m'en suis souvenu ce soir de nouveau. Je ne sais pas pourquoi. Mais je ne savais pas que quelqu'un y vivait de nouveau. Le vieil Ed l'a remarqué en premier… Ils n'ont jamais pris la peine d'installer l'électricité, je suppose… Quel dommage… » dit le vieil homme avec elle, qui semblait être son mari.

« Mais de quoi est-elle morte ? Sacrément étrange. Lui, c'est évident vu comment il est brûlé. Mon Dieu, quelle affreuse façon de partir. Mais qu'est-ce qui l'a emporté elle ? » dit un homme plus jeune avec une barbe noire. Il semblait porter les morceaux de la lampe à pétrole dont la femme avait parlé.

« Je sais pas. Il va y avoir une autopsie. » répondit la femme avant de grimper dans le camion.

« Et le toit a explosé comme cela. Franchement étrange. »

« Bon sang, quel dommage… » marmonna le vieil homme la suivant.

Hagrid regarda les moldus repartir. La maison sentait à la fois la fumée et l'humidité maintenant, ce qui lui chatouillait le nez. Il souhaitait savoir combien de temps il devrait attendre avant que Dumbledore ne le contacte avec d'autres instructions. Puis il entendit un autre bruit, et c'était un bruit familier et bienvenu, un bruit qu'il avait entendu il n'y a pas longtemps. C'était une moto, et Hagrid su que Sirius Black arrivait. La pensée le fit sourire, et il chuchota à Harry. « Ton parrain arrive, Harry. Probablement que c'est ce que Dumbledore va me dire de faire, te donner à ton parrain. Alors nous allons pouvoir nous installer tous les trois et attendre ensemble. » La pensée était réconfortante. Il commençait à se sentir seul et à avoir un peu peur, son imagination galopant à force d'attendre. Il se souvenait de l'image au-dessus de la maison, la terrible Marque des Ténèbres qui état la carte de visite du Seigneur des Ténèbres et de ses serviteurs…

Finalement, le bruit de la moto devint très fort et Hagrid l'entendit se poser. Une voix dit Finite Incantatem, et soudain, Sirius Black apparut devant lui sur sa moto, regardant autour de lui, semblant mystifié de ne trouver personne présent de une maison en ruine, fumante et détrempée.

Hagrid sortit des arbres en portant Harry et parla en chuchotant assez fort. « Sirius ! Par ici ! Dumbledore m'a envoyé pour m'assurer que Harry allait bien. Je dois attendre d'autres instructions de sa part. Est-ce que tu es les instructions ? Comme tu es le parrain de Harry, je suppose qu'il va aller avec toi… »

« Heu, non. Je n'ai pas parlé à Dumbledore. » dit Sirius en hésitant, descendant de la moto. « Est-ce que… Est-ce que je peux voir Harry ? » s'étrangla-t-il. Il s'approcha de Hagrid, et l'énorme homme se pencha en avant et plaça l'enfant endormi dans les bras de Sirius. Sirius ne put retenir les larmes qui coulèrent sur son visage, ni les sanglots qui s'échappèrent de lui quand il regarda le visage paisible de Harry, altéré à jamais par la blessure en forme d'éclair.

« Rassemble-toi, mon grand ! » tonna Hagrid, tapant si fort sur le dos de Sirius qu'il le renversa presque, bébé compris. Mais Hagrid n'était pas vraiment 'rassemblé' lui-même. Il avait à nouveau commencé à pleurer, cédant à l'exemple de Sirius.

« Mais… Mais Hagrid… » sanglota Sirius, en regardant Harry, « tu ne comprends pas. C'est… c'est de ma faute… » Il pensa à l'air que Peter avait pris quand il avait accepté d'être le gardien du secret. Il avait semblé résigné, et pourtant… Est-ce que Peter masquait ses vrais sentiments ? Avait-il prévu tout du long que Sirius change d'avis et suggère que Peter soit le gardien du secret ? Ou est-ce que cela a été parfaitement innocent, est-ce que Peter a vraiment eu l'intention de protéger Lily et James ? Est-ce que quelqu'un a compris que Peter était le gardien du secret ? A-t-il été torturé pour le dire ? Sirius ne saurait pas avant d'être remonté à lui. Il n'y avait aucun moyen de savoir d'ici là. Cela aurait dû être moi, pensa Sirius avec angoisse. Peter n'était pas assez fort. Je ne l'aurais pas dit. Je serais mort plutôt que de le dire…

« Là, là,… » dit Hagrid, tapant encore assez douloureusement Sirius sur le dos comme ce dernier continuait à pleurer sur Harry. Sirius ne savait pas combien de réconfort de Hagrid il pourrait supporter en plus avant de devoir se rendre à Ste Mangouste pour se faire réparer les os. Reniflant fortement, il tendit Harry à Hagrid très soigneusement afin que le bébé ne soit pas dérangé.

« Écoute Hagrid, il y a quelque chose que je dois faire. Je ne peux pas attendre les instructions avec toi. Avant que la piste ne refroidisse… » Si Peter était encore en vie, pensa Sirius avec chagrin. Il aurait pu être tué dès lors qu'il aurait avoué son secret. J'espère qu'il a été tué, pensa amèrement Sirius un instant, avant de se secouer. Non, non. Tout le monde ne peut pas supporter la torture… Il a peut-être essayé très fort de ne pas parler… Il continua à tergiverser là-dessus. Il n'avait jamais été torturé lui-même. Il pouvait se dire à lui-même qu'il n'aurait pas cédé, mais il n'avait jamais été testé. J'aurais dû être le gardien du secret, pensa-t-il pour la millionième fois. Si quelqu'un devait être torturé à mort, cela aurait dû être moi…

« La piste ? Quelle piste ? Mais tu vas devoir savoir où aller pour chercher Harry ! Attends un peu. C'est presque minuit. Je suis sûr que le professeur Dumbledore va bien tôt m'envoyer des instructions… » Sirius acquiesça et s'assit pour attendre avec Hagrid. Ce qu'il ne savait pas était que de l'autre côté du champ, caché dans le bosquet, Peter le vit se retirer dans les arbres et il s'assit pour attendre aussi.

Peter attendait le moment où il conduirait Sirius à se mettre en chasse de lui.

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Dimanche 1° Novembre 1981

Un vieil homme avec une cape de voyage grise entra dans le pub magique crasseux juste après minuit. L'établissement tournait encore à plein grâce aux fêtards d'Halloween. Une longue barbe blanche sortait sur le devant de l'homme, et son visage était perdu dans l'ombre de sa capuche. Il s'avança au bar, commandant un FireWhisky. Tandis qu'il attendait, il parla au sorcier à côté de lui sans vraiment le regarder.

« Je vous paye à boire ? Il faut fêter ça. »

Le sorcier était en train de flirter avec une jolie sorcière au cheveux noir d'environ quarante ans, et il fut surpris de se voir adresser la parole par cet étranger.

« Eh ? Et que fêterions-nous ? J'aime Halloween, comme n'importe quel sorcier, mais… »

« Pas pour fêter Halloween. Pour fêter la chute du Seigneur des Ténèbres. »

« La quoi ? » couina pratiquement l'homme.

« La nuit dernière, Vous-savez-qui est allé à Godric's Hollow pour essayer de tuer les Potter. Vous savez… James Potter jouait pour les Montrose Magpies, et pour l'Angleterre aussi. Et sa femme Lily était une auror. Bien, Vous-savez-qui a effectivement tué James et Lily, mais quand le moment est venu de tuer leur petit Harry,… Il n'a pas pu. Quelque chose l'a empêché. Il a perdu ses pouvoirs. Maintenant, il est parti et nous devons remercier Harry Potter pour cela, même si ce n'est qu'un bébé… »

Le sorcier s'était retourné et faisait maintenant face au vieil homme, le regardant si fort que l'on aurait dit que ses yeux allaient sortir de sa tête. « Qu'est-ce que vous voulez dire par il n'a pas pu tuer Harry Potter ? »

« Il a essayé de lui lancer le sortilège mortel. Et c'est ce qui l'a expédié. »

« Bien, bien sûr que cela l'a expédié ! C'est le sortilège mortel après tout ! » dit l'homme avec frustration.

« Non, ça n'a pas expédié Harry ! Ca a expédié Vous-savez-qui. »

« Mais vous venez de dire que c'est lui qui a lancé le sort. » persista l'homme, ne saisissant pas.

A l'intérieur de sa cape, Albus Dumbledore soupira. Cela allait être plus difficile que ce qu'il pensait…

Mais juste à ce moment là, la sorcière intervint. « Est-ce que vous dites que Celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom est parti ? » cria-t-elle. Le pub fut soudain complètement silencieux. « Et… qui a fait cela dites-vous ? » demanda-t-elle.

« Harry Potter » dit clairement Dumbledore dans la silence, ne s'encombrant plus d'un accent cette fois. La foule recommença à faire du bruit encore, un mélange de murmures parcourant les fêtards d'Halloween.

« Vous-savez-qui est PARTI ? »

« Harry Potter ? N'y a-t-il pas un James Potter qui joue au Quidditch pour l'Angleterre ? »

« Il a survécu au SORTILEGE MORTEL ? Personne n'avait jamais fait cela avant ! »

« Harry Potter... »

« Harry Potter... »

« Harry Potter... »

Dumbledore sourit et acquiesça, se glissant discrètement en dehors du pub par la porte de derrière, après avoir mis deux galions sur le comptoir, bien plus qu'il ne devait pour son Firewhisky, qui avait à peine été touché. Il avait initié la rumeur. Il devait écrire à Hagrid avec ses instructions avant que beaucoup plus de temps ne s'écoule, bien qu'il doive s'assurer que Hagrid n'aille pas trop rapidement à Surrey. Il avait d'autres arrêts à faire avant de pouvoir se rendre à Surrey en personne. Il devait créer une lame de fond, suivie par des informations concrètes. Il connaissait justement le reporter à qui écrire l'histoire. Au plus elle la trouverait exotique et sans substance, au plus elle l'aimerait. C'était une chose très délicate de créer une rumeur, et elle nécessitait d'être soigneusement plantée et nourrie, encore plus soigneusement que les plantes les plus difficiles du professeur Chourave…

Il transplana dans la petite cour derrière le Chaudron Baveur et entra dans son intérieur sombre, alla à une table dans un coin et sortant de sa cape un parchemin et une plume auto-encrante pour écrire à Hagrid.

Cher Hagrid,

Je suis désolé d'avoir pris si longtemps à te donner tes instructions. Mardi soir à onze heures trente, je te retrouverai avec Harry au quatre Privet Drive, à Little Whinging, Surrey. Jusque là, je sais que tu t'occuperas bien de lui. Fais ce qui est nécessaire… Je crois que tu as ton parapluie avec toi. La ville de Cardiff est aussi un bon endroit pour acheter les divers articles dont tu auras besoin pour t'occuper de lui.

Je vais avoir besoin de temps pour faire les préparations nécessaires. Je sais que je peux compter sur toi pour accomplir cette tâche, mais n'hésite pas à me contacter si tu viens à trouver le moindre problème. C'est de la plus grande importance, Hagrid. Garde ton parapluie sous la main et la tête froide. Ce parchemin est enchanté pour que toi seul puisse le lire, mais tu devrais mémoriser l'adresse à Surrey et le brûler dès que tu l'auras en mémoire.

Humblement, ton ami,

Albus Dumbledore

Il s'approcha en silence du vieux Tom, le barman, et lui demanda s'il pouvait utiliser une des chouettes postales du pub pour envoyer une lettre. Elles étaient habituellement à disposition de clients qui demeuraient dans les chambres à l'étage, mais Dumbledore posa sept mornilles sur le bar et fit un clin d'œil à Tom, te ce dernier acquiesça, prenant le parchemin et disparaissant dans une arrière-salle. Dumbledore savait qu'il s'en occuperait bien.

Il se retira à sa table dans le coin, mordillant le bout de sa plume et regardant dans le vide, réfléchissant. Cette lettre était plus délicate et difficile. Elle requérait beaucoup de finesse.

Finalement, il posa sa plume sur le parchemin et commença :

Chère Madame Dursley, écrivit-il, C'est mon triste devoir de vous informer de la mort de votre sœur et de son époux…

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« Bien, je les ai. » dit Hagrid, roulant le parchemin, puis le lançant dans le feu qu'il avait allumé dans une clairière d'où il avait soigneusement enlevé les brindilles et les feuilles sèches.

« Tu as quoi Hagrid ? » voulut savoir Sirius, accroupit à côté du feu, poussant négligemment le bois avec un bâton. Il se sentait comme un ressort comprimé, prêt à se détendre, mais il n'avait aucune cible, aucun but, et un sentiment de vide dans son estomac le rendait mécontent et grognon. Il voulait faire quelque chose au lieu de garder Harry et Hagrid.

« Je dois le prendre au quatre Privet Drive dans un village appelé Little Whinging, dans le Surrey. Je ne sais pas pourquoi. »

Sirius fronça le front. « Je pense me souvenir que Lily a dit que sa sœur vivait dans le Surrey. Elles n'étaient pas exactement proches cependant… »

« Quand même, » dit Hagrid avec confiance. « Elle est sa tante. Comment pourrait-elle ne pas le prendre ? »

Sirius pensa au visage grimaçant de Petunia et frissonna. Comment pouvait-il confier Harry à cette femme ? Il n'avait jamais vraiment sérieusement à ce que cela signifiait qu'il soit le parrain de Harry, et pourtant le premier instinct de Hagrid avait été de penser que Dumbledore avait envoyé Sirius pour s'occuper de Harry. C'était ce qu'un parrain était sensé faire. Comment pouvait-il laisser la vengeance le consumer au point de négliger son devoir envers Harry ?

« Hagrid, je suis son parrain. Je veillerai sur lui… » Il déglutit. Il ne connaissait rien de ce qu'il fallait faire pour garder un bébé, mais peut-être que Cecilia…

Cecilia ! Il l'avait complètement oublié ! Elle ne voudrait probablement plus jamais qu'il approche à moins d'un mile d'elle après la façon dont il était parti. Et elle serait très probablement assez vexée si elle avait l'impression qu'il comptait sur elle pour l'aider avec Harry…

Mais Hagrid ne prenait pas son offre au sérieux. « Non. » dit-il à contrecœur, secouant la tête. « Cette lettre dit qu'il doit aller chez sa tante et son oncle. »

Sirius sentit qu'il était de son devoir d'insister. « Mais Hagrid… » Il savait qu'il avait probablement l'air peu convaincu à ce sujet.

« Non. » dit Hagrid plus fort. « Dumbledore l'a dit et c'est comme ça. »

Sirius acquiesça à contrecœur. Il pensa encore à la sœur de Lily, et il ne pensa pas qu'elle serait ravie du plan. Mais dans une certaine limite, il pouvait voir pourquoi Dumbledore faisait cela. Elle ne pouvait pas très bien refuser un bébé, son propre neveu, et elle avait très peu de chance de considérer Sirius Black comme une personne adaptée pour élever… quiconque. Et s'il était libre de chercher Peter, il pourrait s'assurer qu'il serait amené devant la justice. Si le ministère ne punissait pas proprement Peter, Sirius le ferait lui-même. « Comment vas-tu l'amener là-bas ? » demanda-t-il avec résignation à Hagrid.

« Oh, heu, hem, » dit nerveusement Hagrid. « Je n'avais pas pensé à cela. J'ai une paire de jours cependant. Dumbledore dit qu'il doit s'occuper d'autres choses avant. »

« Pourquoi ne prends-tu pas ma moto ? » dit Sirius, montrant l'endroit où elle était garée, au bord de la clairière. « Je n'en aurais pas besoin. » La moto serait encombrante pour suivre la trace de Peter. Ce serait mieux de se changer en chien et de suivre son odeur, et sans la moto, il pouvait transplaner quand il voulait sans laisser son véhicule adoré au milieu de nulle part.

« Tu es sûr ? » dit Hagrid, la regardant avec admiration. « Mais… Est-ce qu'elle n'est pas un peu petite pour moi ? »

Sirius regarda Hagrid et sa moto pensivement. « Tu marques un point. Mais je ne pense pas qu'un sort d'engorgement ou deux va affecter la manière dont elle fonctionne. Elle devrait bien tourner… Elle sera juste plus grosse. Allons. »

Il alla à grands pas vers la moto et sortit sa baguette. « Engorgio ! » cria-t-il, la pointant sur la moto. Elle sembla briller et vibrer, puis elle sembla s'étirer de toute part, jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau immobile, considérablement plus grande que d'habitude. Mais quand Hagrid lui tendit Harry et se mit à côté, elle ressemblait encore à un jouet à côté de lui. Sirius lui rendit Harry et ajouta deux autres sorts d'engorgement. Ils obtinrent finalement quelque chose qui avait l'air d'aller. Hagrid s'assit à cheval sur la selle, sautant un peu, tandis que Sirius se tenait à côté, tenant Harry dans ses bras, le berçant gentiment pendant que Harry faisait de petits bruits de contentement dans son sommeil.

Sirius lui montra comment manœuvrer la moto, comment monter et descendre, accélérer et ralentir. « Et n'oublie pas… Tu auras besoin de faire beaucoup d'arrêts pour changer les couches de Harry, le nourrir et aussi le laisser courir pour se dégourdir les jambes. Il marche depuis des mois, tu sais. » ajouta Sirius avec la voix prise, essayant de ne pas recommencer à pleurer.

« Je partirai environ deux heures avant l'aube. » dit Hagrid. « Je vais le laisser dormir jusque là. Je connais un endroit où je pourrai le prendre et où nous pourrons passer la journée. Nous repartirons de nuit. » Sirius acquiesça et tendit la main pour la serrer à Hagrid, mais comme il faisait cela, Hagrid dit « Tu t'enfuis maintenant ? »

« Je dois vraiment Hagrid. Je ne peux pas attendre plus longtemps. Je sais où Harry sera. Je pourrai aller le chercher quand je serai libre de le faire… »

« Bien, si Dumbledore dit que tu peux. » l'avertit Hagrid.

« Bien sûr, bien sûr. » dit rapidement Sirius.

Hagrid acquiesça. « D'accord alors. Bonne chance et tout ça. »

Sirius acquiesça. « Merci. A toi aussi. » Il transplana hors de la clairière, mais il n'alla pas loin, arrivant sur le côté opposé du cottage carbonisé afin que Hagrid ne puisse plus le voir. Il se changea immédiatement en chien et commença à renifler autour, ne s'attendant pas à grand chose, mais…

Elle était là.

L'odeur de Peter. Sirius s'arrêta et y réfléchit un long moment. Oui. Aucun doute. C'était Peter. La haine le submergea. Est-ce que Peter avait été là cette nuit ? Avait-il donné Lily et James pour sauver sa peau, et puis était-il venu inspecter les dommages ? Sirius courut vers le bosquet, sa truffe au sol, toute pensée sur Cecilia ayant depuis longtemps fui son cerveau.

Se cachant dans les arbres, Peter fut soudain alerte, en voyant un gros chien noir se dirigeant droit sur lui. Il se changea dans sa forme de rat et commença à filer entre les arbres, changeant fréquemment de direction, son petit cœur tambourinant dans sa poitrine. Il redoutait le moment où ils auraient une vraie confrontation, bien qu'il sache que c'était inévitable. En fait, il leur avait prévu une confrontation, et une terrible.

La chasse commençait.

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Maggie Dougherty se réveilla en sursaut, s'asseyant dans son lit. Valerie était perchée sur le montant de son lit, attendant qu'elle se réveille, le soleil matinal brillant à travers son corps transparent. Maggie n'était pas du tout surprise de voir le fantôme de la petite fille.

« Que… Quelque chose est arrivé, Valerie. » dit doucement Maggie. « Et j'ai l'étrange sensation que cela à quelque chose à voir avec moi… »

Valerie vint s'asseoir à côté d'elle sur le matelas, faisant frissonner de froid Maggie, bien qu'elle ne lui demande pas de se retirer. Elle souriait largement. « Quelque chose est arrivé. » dit-elle à Maggie. « Quelque chose de merveilleux. J'ai parlé à d'autres fantômes toute la nuit… »

Maggie se renfrogna. « Ah bon ? Mais je croyais que tu restais dans la maison habituellement. »

« Pas pour Halloween » dit Valerie en haussant les épaules, comme si Maggie aurait dû savoir cela. « C'est quand les esprits voyagent. J'ai été dans tout le pays la nuit dernière. »

« Oh, » dit simplement Maggie. Bien sûr, j'aurais dû réaliser. « J'ai eu un rêve très étrange la nuit dernière… » dit-elle en hésitant. « J'ai vu un homme avec de longs cheveux noirs et un gros nez tenir une femme avec de longs cheveux roux. Il pleurait sur elle. Je pense qu'elle était morte. Tu as croisé des fantômes comme ça ? » Valerie secoua la tête, bien qu'elle semble aussi se retenir de dire quoique ce soit sur le rêve de Maggie. « Mais ce n'était pas tout. Après que l'homme qui pleurait sur la femme rousse ai disparu, le rêve a changé. Ce n'était plus l'un de ces rêves où je regarde d'autres personnes faire des choses, comme à la télé. J'étais dedans aussi, mais je nageais dans de l'eau très froide, avec mes habits sur moi, et le même homme était encore là. Il était sur le pont d'un navire et essayait de me tirer de l'eau, en me disant que tout irait bien… »

Elle regarda Valerie. « Qu'est-ce que tu penses que cela veut dire ? » Maggie avait l'habitude de faire des rêves sur les autres, et de découvrir que ces rêves se réalisaient. Elle n'était pas souvent dans ses propres rêves, et quand elle y était, elle ne comprenait jamais ce qu'ils signifiaient. Valerie revint au fond du lit.

« Je ne sais pas, » dit-elle finalement. « Cela pourrait vouloir dire n'importe quoi.

Maggie lui fronça les sourcils. Valerie semblait cacher quelque chose… mais quoi ?

Soudain, un ombre passa rapidement devant sa fenêtre. Quelque chose fit se lever Maggie et elle courut jusqu'à la vitre, pressant son visage tout contre. Elle regarda l'oiseau s'éloigner vers l'école. C'était une chouette ! Et elle volait en plein jour !

« Comme c'est curieux ! » chuchota-t-elle.

Elle alla voir le calendrier qui était posé sur son bureau et tourna les pages jusqu'à ce que le mois de novembre apparaisse. Elle fixa le premier carré. Il y avait écrit Toussaint. Elle le fixa encore et encore, se souvenant qu'elle avait eu une étrange impression sur ce jour l'année d'avant, et encore celle d'avant. Il y avait quelque chose sur ce jour…

Mais un moment plus tard, sa mère l'appela pour s'assurer qu'elle s'habillait pour l'église, et toute pensée de ce que ce jour signifiait s'envola de son esprit comme elle regardait sur ses collants favoris avaient un trou aux orteils et si son gilet bleu avait tous ses boutons.

Si on ne lui avait pas enlevé ses souvenirs de son ancienne vie, sa vie en tant que Peggy Weasley, elle se serait souvenue que ce jour était son neuvième anniversaire.

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Severus Rogue faisait les cent pas dans le bureau de Minerva MacGonagall, attendant son retour. Il avait essayé de l'accoster comme elle rentrait dans la grande salle pour le petit déjeuner, mais elle s'était reculée, lui faisant la tête et lui disant de l'attendre dans son bureau. D'un geste de la baguette, elle avait déclaré que de la nourriture l'y attendrait s'il n'avait pas encore déjeuné. Puis elle s'était brusquement détournée de lui et était entrée dans la grande salle, prenant sa place habituelle à la table des professeurs, à côté de la chaise vide de Dumbledore.

Il grimpa les escaliers de son bureau lentement, se demandant où était Dumbledore. Il semblait que MacGonagall ne voulait pas que à la fois le directeur et la directrice adjointe manquent un repas dans la grande salle. Quand il arriva dans son bureau, il trouvait effectivement une théière et un plateau de nourriture l'attendant, mais il n'avait aucun appétit et il laissa le thé et les viennoiseries refroidir, et le jus de fruit frais se réchauffer sans y toucher.

Quand le professeur MacGonagall entra finalement dans la pièce, elle le scruta d'un regard dégoûté. Il n'avait jamais été un de ses élèves préférés, et alors qu'elle savait qu'Albus avait été quelque peu indulgent envers lui à cause de ses difficultés médicales, quand il avait lancé des représailles à d'autres élèves qui l'avaient cherché, elle avait été sévère et inflexible avec lui. Pour elle, il n'y avait aucune excuse à lancer des maléfices aux autres élèves dans les couloirs. C'était explicitement contraire aux règles, même si l'on avait été aiguillonné. C'était ce pourquoi étaient les préfets, sans parler les professeurs. Les élèves ne devaient pas gérer eux-mêmes ces problèmes.

Elle lui avait fait la morale plus d'une fois sur ce point, lui disant que si tout la monde faisait comme lui, l'école tomberait dans le chaos absolu. Elle ne l'avait jamais trouvé être le moins contrit du monde, mais il avait aussi accepté ses retenues sans protestation verbale. Sa protestation était toujours dans la contraction de sa mâchoire quand il astiquait les montants des lits dans l'aile de l'hôpital, ou quand il écrivait ligne après ligne disant « Je ne dois pas lancer de maléfice sur les autres élèves dans les couloirs. » Mais contrairement à quelques élèves, il ne se plaignait jamais à son oncle, et son oncle n'était jamais venu au château pour se plaindre que son neveu avait été victime d'une injustice. Et pourtant… Pendant tout le temps qu'il faisait sa punition, il était clair que le garçon pensait qu'il était celui qui était victime de l'injustice, bien qu'il le supporte en silence. Il était étrange, Severus Rogue.

Severus vit l'expression dans les yeux de MacGonagall quand elle entra dans la pièce, celle qui disait, je pensais que j'étais débarrassée de lui. Non, il ne s'attendait pas à être accueilli à bras ouverts à Poudlard par MacGonagall. Mais malheureusement, le professeur Dumbledore n'était pas présent.

« Qu'est-ce qui vous amène ici ce matin, Severus ? » demanda-t-elle fraîchement, croisant ses mains sur son bureau. Il put la voir lancer un coup d'œil au plateau de nourriture intouché, et cela sembla lui demander un effort de ne faire aucun commentaire.

« Je voulais voir le professeur Dumbledore. C'est une affaire de la plus haute importance… »

Elle acquiesça. « Je vois. Bien, le directeur n'est pas présent ici. Il m'a laissé un mot la nuit dernière, quand il a quitté le château. » elle renifla, clairement vexée de ne pas avoir été réveillée pour qu'il lui dise pourquoi il avait été appelé ailleurs. « Vous devrez vous contenter de moi. »

« Oui. Bien, » commença-t-il à dire, ne sachant pas si Dumbledore s'était confié à elle. Connaissait-elle son rôle d'espion ? Savait-elle pour le sort de Fidelius et Sirius Black ? Black avait été dans sa propre maison, et bien qu'il ait essayé de tuer Severus, ce pour quoi ce dernier était certain que Black aurait dû être exclu, MacGonagall avait toujours favorisé Black (et Potter) en cours de métamorphose, et Severus n'avait habituellement reçu que des notes adéquates. Ses louanges avaient toujours été réservées pour Black et Potter, et il était surpris de réaliser que cela l'énervait encore.

« Je… Je crois que je serai bientôt en grave danger. » dit-il rapidement, avant de perdre son sang-froid.

Elle l'observa sceptiquement depuis ses paupières mi-close. « Et pourquoi donc ? »

Ses lèvres étaient très fines. Il devait le faire. Il devait le lui révéler… « A cause de cela… » Il remonta sa manche gauche et montra la peau à cet endroit, mais à sa surprise, la Marque était presque transparente. C'était comme si un tampon de la forme de la Marque des Ténèbres avait été pressé sur sa peau et qu'il s'effaçait avec le temps.

« A cause de votre bras ? Allons, Mr Rogue, qu'est-ce que cela veut dire ? »

D'une manière ou d'une autre, la vue de l'effacement de la marque lui mettait du baume au cœur. Cela lui donna le courage de continuer. « Ce que je pensais vous montrer semble s'être effacé, professeur. Vous voyez, je portais la Marque des Ténèbres… »

Elle siffla entre ses dents et se recula dans sa chaise. Il leva ses mains pour la supplier.

« S'il-vous-plaît ! Écoutez moi ! J'ai déjà dit tout cela au professeur Dumbledore. Il sait cela… que j'ai été recruté pour être mangemort quand j'étais en septième année ici, et quand je lui ai dit que je ne pouvais pas continuer, que je ne pouvais plus prétendre être un serviteur loyal du Seigneur des Ténèbres… Je suis devenu l'espion du professeur Dumbledore… »

Elle se pencha en avant maintenant, observant le jeune homme torturé devant elle. « Vous… quoi ? Vous avez espionné Vous-savez-qui ? »

Il acquiesça. « J'ai découvert que James, Lily Potter et leur fils étaient visés par le Seigneur des Ténèbres. Le professeur Dumbledore leur a conseillé d'utiliser le sort de Fidelius, mais… mais ils ont été trahis. Ils sont morts. Sauf le bébé… »

Elle se leva et fit les cent pas comme Severus avait fait. « Comment savez-vous cela ? » Severus avait les lèvres droite et il ne voulait pas répondre, regardant juste le sol. Elle n'attendit pas de réponse. « C'est pour cela qu'Hagrid est parti… » dit-elle dans sa barbe, ne réalisant pas que Severus pouvait l'entendre. Elle leva soudain les yeux vers lui. « Pourquoi êtes-vous venu ici ? »

« Je… Je vais avoir besoin de m'abriter ici. Il y a un autre mangemort qui sait que je n'étais pas loyal au Seigneur des Ténèbres. Ma tête est probablement mise à prix maintenant. Je ne voyais pas d'autre endroit où aller… »

Elle le scruta à nouveau avec scepticisme. « Bien… Jusqu'à ce que le professeur Dumbledore puisse confirmer votre histoire d'espion, j'ai peur de ne pas pouvoir simplement vous autoriser à aller n'importe où dans le château. Vous comprendrez, j'espère, pourquoi j'ai besoin de vous boucler ici ? » Elle tendit sa main, et il sortit à contrecœur sa baguette et la lui donna.

« Oui professeur, je comprends. » s'étrangla-t-il, son visage rouge de honte. Je n'aurais jamais dû laisser Malfoy me convaincre de devenir un mangemort.

Elle acquiesça d'une manière professionnelle et fit à nouveau un geste de sa baguette sur le plateau, qui contint maintenant des sandwichs et une carafe de jus de citrouille. « Cependant, il n'y aucune raison pour que vous mourriez de faim. Peut-être que cette sélection serait plus à votre goût ? J'ai peur de ne pas savoir de combien de temps j'aurai besoin. Je dois m'assurer que votre histoire est vraie, et je dois aussi trouver et parler au professeur Dumbledore. » Elle fit à nouveau un geste de la main, faisant apparaître de nulle part un lit de camp avec un pot de chambre en-dessous. « Je dirais à Mr Rusard que vous m'attendez ici et de ne pas vous déranger. Je contacterai aussi un ami personnel du directeur qui se trouve être auror, pour monter la garde dans le couloir. Si vous êtes innocent, vous n'avez bien sûr aucune raison de vous inquiéter… »

Un auror ! « Mais… » bégaya-t-il. Comment allait-il partir à la poursuite de Sirius Black s'il était coincé dans le bureau de MacGonagall et surveillé par un auror ?

« Quoi, Mr Rogue ? » dit-elle, le poignardant du regard. Il se calma et contracta ses lèvres.

« Rien professeur, » dit-il doucement. « Ce serait adéquat jusqu'à votre retour. Je peux vous garantir que vous trouverez que ce que je vous ai dit est la vérité. »

Elle lui fit un signe de la tête avant de refermer la porte, bien qu'elle n'ait pas l'air convaincue. Ce fut seulement après qu'elle soit à nouveau dans le couloir que ses paroles eurent leur vrai impact sur elle. James et Lily étaient morts ! Elle sentit les larmes remplir ses yeux. Pauvres petits ! Et maintenant leur petit garçon était orphelin…

Essuyant avec colère le coin de ses yeux, elle descendit à grands pas le couloir vers le bureau du directeur, où elle avait l'intention d'écrire une lettre à Alastor Maugrey, l'appelant pour garder Rogue. Elle était assez certaine qu'il sauterait sur l'occasion. Elle doutait, par exemple, qu'il donnerait beaucoup de crédit aux rumeurs sur James et Lily jusqu'à ce qu'il ait des preuves tangibles devant lui. Il considèrerait que garder un mangemort potentiel est bien plus important que d'écouter des ragots. Cependant, elle comptait bien passer un peu de temps à en écouter elle-même. Ce n'était pas toujours mauvais.

Et puis… Elle était déterminée à aller au fond des choses qui étaient arrivées à Godric's Hollow.

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Lundi 2 Novembre 1981

« As-tu vu la une de la Gazette du Sorcier ? » demanda Alex Wood à Bill Weasley, la bouche pleine de rosbif. Il fit passer le journal de l'autre côté de la table de Griffondor à son meilleur ami. Le badge de préfet en chef de Bill brillait à la lueur des bougies comme il prit le journal et lu le titre en lettres énormes de la une :

Les Potter tués par le Seigneur des Ténèbres, mais où est-il maintenant ?

Harry Potter survit mystérieusement à une attaque qui aurait dû être fatale.

« Ouah. » dit-il simplement, en y jetant un coup d'œil. Il pensa à la pauvre Lily et au pauvre James, morts, et inexplicablement, son nez commença à couler et il dut sortir un mouchoir et se moucher. « Salement terrible. » dit-il tristement, manquant de mots.

« Ouais. » acquiesça son frère Charlie, assis à côté de lui, engloutissant de grandes quantités de tourte à la viande dans la bouche. « Potter était un joueur de Quidditch étonnant… »

« Est-ce tout ce qui t'importe ? » dit Bill avec colère, lançant un regard noir à son frère.

« Je ne voulais pas le dire comme ça. Je voulais juste dire… Il était si jeune, il avait tant de temps devant lui… Et maintenant, leur pauvre petit est orphelin aussi. Enfer. »

Bill se retira, opinant du chef, fixant l'image qui était avec l'article. Elle montrait une jeune famille heureuse, le père, la mère, le bébé, souriant tous les trois et oublieux du sort qui les attendait. Lily et James se tournaient fréquemment et lançaient un sourire rayonnant à leur petit fils, et puis Lily se penchait légèrement et posait ses lèvres sur le haut de sa tête, qui avait les mêmes cheveux désordonnés que James.

Bill avait encore le nez qui coulait, et il se moucha encore, irrité. « C'est pas juste. »

Charlie acquiesça. « Cela semble juste ne jamais devoir s'arrêter. Mais qu'est-ce que c'est que ce morceau sur le fait qu'ils ne savent pas où est Tu-sais-qui ? Qui se soucie de l'endroit où il est ? Le moins on le voit, le mieux c'est, selon moi. »

Mais ensuite quelque chose dans l'article fit s'arrêter net Bill. Il avala un morceau de nourriture à moitié mâché, et fixa les mots :

Que le Seigneur des Ténèbres est allé à Godric's Hollow à cause d'une mystérieuse Prophétie prédisant sa chute est simplement une rumeur pour le moment, mais les spéculations liées à sa mystérieuse disparition signifieraient que la Prophétie a en fait été accomplie…

Une Prophétie. Une foutue Prophétie. Il pensa à la petite Peggy, qu'il n'avait pas vu depuis plus de deux ans. La Prophétie de Peggy. C'était réel. Ce devait être cela. Il regarda le journal, mais il était maintenant flou, à cause de ses larmes. Charlie le regardait d'une drôle de façon, mais Bill lui mit le journal sur le nez et il lui montra l'emplacement général du mot Prophétie.

Charlie en resta bouche bée. C'était malvenu, comme elle était pleine de tourte à moitié mâchée à ce moment-là. Quelques filles de l'autre côté de la table couinèrent. « Beeeh ! Ferme ta bouche, Charlie, Weasley ! » Charlie le fit, d'un coup sec, regardant son frère, ses yeux bruns écartillés comme Bill acquiesçait.

Quand il eut déglutit, Charlie chuchota, « Peggy… »

« … l'avait prévu, oui. » finit Bill. « C'était pas du flan, Charlie. Une vraie voyante. Et si Tu-sais-qui n'avait pas essayé d'empêcher sa propre mort… »

« Oui, » dit doucement Charlie, pensant à ses petites sœurs. Il essayait de ne pas penser beaucoup à elle ces temps-ci, et il avait plein d'occasions de s'occuper en étant le capitaine de l'équipe de Quidditch maintenant (bien que sa mère ait été déçue qu'il n'ait pas eu l'insigne de préfet). Mais parfois, quand il voyait les première année se déplacer dans les couloirs et traîner ensemble dans la salle commune de Griffondor, il pensait 'Annie devrait être avec eux. Elle aurait dû commencer à l'école ce trimestre.'. C'était dur de voir les autres élèves de onze ans et de penser qu'Annie les aurait sans doute utilisés comme carpettes. Elle aurait été la première dans toutes les matières, probablement.

Autant Annie et lui s'étaient battus, autant il y avait des fois où elle lui manquait terriblement. Quand ils étaient plus jeunes, il aurait particulièrement voulu entendre ses réactions à quelques uns des professeurs de Poudlard quand elle serait rentrée à l'école. Il était certain qu'elle aurait eu beaucoup à dire sur le professeur Binns, ainsi que sur Brûlopot qui se faisait souvent aider de Charlie pour manipuler les animaux qu'ils étudiaient en soins aux créatures magiques. Le pauvre vieil homme ne semblait plus vouloir toucher la plupart d'entre elles, et il avait des bandages sur tous les doigts en permanence (Il y avait des rumeurs qui disaient que deux de ses 'doigts' n'étaient en fait constitués que de bandages). Annie avait toujours su le faire rire avec ses observations sans complaisance, et quand lui et Bill étaient à la maison avec leurs parents et leurs frères et sœur cadets dernièrement, les rires semblaient être particulièrement rares (bien que les jumeaux montrent des signes prometteurs).

Bill regarda encore l'article, secouant la tête. « Et si Tu-sais-qui était vraiment parti ? Et si tout cela… Tout cela était fini ? »

Charlie s'éclaira. « Le travail de papa ne sera plus aussi dangereux. Si le ministère arrête tous les supporteurs de Tu-sais-qui, la plupart des gens qui lance illégalement des sorts sur les objets moldus doivent en faire partie. »

« Exact. » dit Bill en hochant la tête. Et peut-être que l'un d'eux confesse… quoique ce soit qu'il a fait à nos sœurs, nous saurons au moins… Nous pourrons au moins faire une cérémonie ou quelque chose…

Il ne dit pas cela à Charlie. La position officielle chez les Weasley, bien que jamais dite, semblait être q'un jour ou l'autre, Annie et Peggy allaient revenir. C'était vrai que sa mère avait donné leur chambre aux jumeaux, maintenant qu'ils ne dormaient plus dans les berceaux dans la grande chambre, avec les parents. Ron et Ginny les y remplaçaient, et bientôt ses parents devrait considérer d'agrandir la maison pour créer davantage de chambres. Il y en avait quatre, et Percy avait pris la dernière restante quand il avait quitté la chambre des parents après l'arrivée des jumeaux.

Comme Bill fixait le journal, il sentit une étrange sorte de fierté monter en lui. Si Vous-savez-qui est parti, c'est ma petite sœur qui l'a prédit, et cette prédiction semble avoir conduit à cela. C'était quelque chose au moins. Sa vie avait un sens, aussi brève qu'elle fut. Car d'une manière ou d'une autre, malgré l'assurance de ses parents que ses sœurs réapparaîtraient un jour ou l'autre, il n'était pas convaincu.

Tu as fait plus que la plupart des gens ne fait dans une vie vingt fois plus longue, Peggy, pensa-t-il, se l'imaginant comme elle était le dernier jour où il l'avait vu. Il ne pouvait dire cela à personne, pas même Charlie, mais comme il écoutait les conversation sur l'attaque de Godric's Hollow virevolter autour de lui, il se sentit conforté dans la fierté qu'il pouvait puiser dans sa sœur, sachant qu'à sa manière, elle avait changé le monde.

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Peter se glissa dans le Chaudron Baveur, sa capuche masquant son visage. Il avait repris a forme humaine dans la cour arrière d'abord, sachant que Sirius n'oserait pas entrer dans le pub sous sa forme de chien. Et contrairement, quand il avait sa forme humaine, il n'avait pas le même sens de l'odorat amélioré qu'il avait sous sa forme canine. Peter fit de son mieux pour disparaître dans la foule autour du bar, où il commanda rapidement et doucement une pinte et un gâteau à la citrouille. Les deux arrivèrent rapidement, et il commença à manger très vite.

Cela faisait plus de vingt-quatre heures qu'il était poursuivi par Sirius. Plusieurs fois, il avait presque laissé la lassitude le ralentir, mais il n'était pas encore prêt à abandonner. Il avait besoin que Sirius soit épuisé par la poursuite aussi, il avait besoin qu'il soit fatigué et irrationnel. Il avait besoin qu'il manque les petits détails. Et il avait aussi besoin d'assez de temps pour contacter quelqu'un du ministère pour s'assurer qu'ils seraient sur la scène très rapidement quand lui et Sirius auraient leur confrontation, pas immédiatement, mais peu après que tout soit fini. Peter avait soigneusement planifié ce qu'il allait faire pendant qu'il attendait dans le bosquet que Sirius commence la chasse. Il avait fatigué Sirius, mais il avait besoin que la poursuite continue. Maintenant, tout ce dont il avait besoin était que les officiels du ministère arrivent pile-poil au bon moment.

Il en était arrivé à la conclusion que simplement posséder la baguette de Voldemort ne le protégerait pas nécessairement des autres mangemorts. Et livrer Sirius en pâture aux autorités en ayant tant de gens à qui l'on avait dit que Sirius était le gardien du secret ne fonctionnement non plus si, devant le tribunal, Sirius racontait toute l'histoire sur comment cela était fait pour dévier les gens de sur Peter. Si Sirius était cru devant le tribunal, Peter irait à Azkaban en tant que mangemort et que complice dans les meurtres de Lily et James (et son rôle dans les morts des autres personnes pourrait aussi percer au grand jour). Non, Peter en était arrivé à la conclusion qu'il ne devait pas simplement faire en sorte que Sirius le suive pour que le ministère puisse facilement l'attraper. Il devait piéger Sirius pour encore un crime : le meurtre de Peter. Il devait mettre en scène sa propre mort, et puis disparaître. Puis, même si le ministère et les mangemorts voulaient s'en prendre à lui, ils penseraient que c'est sans intérêt. Et tout cela devait être fait avec plein de témoins, en pleine lumière. Alors seulement Peter serait en sécurité.

Et je mérite d'être en sécurité, pensa-t-il. Si ce n'était pas moi, le Seigneur des Ténèbres serait encore là. Il essaya de ne pas penser à Lily, allongée sur le sol, ses yeux vidés de toute vie…

Il entendit une conversation autour de lui, parler des Potter, et il tendit l'oreille.

« C'est vrai. J'ai entendu que Voldemort a découvert que le petit Harry Potter allait être un Seigneur de Ténèbres encore plus grand que lui, alors il s'est mis en tête de le tuer alors qu'il n'était qu'un bébé. Et regarde ce qui est arrivé ! Harry Potter a survécu au sortilège mortel ! Personne n'a jamais fait cela ! » L'homme frissonna et rit une autre gorgée de son verre. « Je dirais que quelqu'un devrait essayer de disposer du garçon maintenant, avant qu'à son tour il devienne le nouveau Seigneur des Ténèbres, mais qui sera capable de le faire sans se faire tuer lui-même ? Si Tu-sais-qui n'a même pu… »

« Oh, allons ! Tu parles de tuer un bébé innocent ! Je ne crois pas que Tu-sais-qui n'a pas pu le tuer parce qu'il était encore plus maléfique. Je pense que c'était parce que Harry Potter était un sorcier encore plus grand que Tu-sais-qui, par un plus grand mage noir. Je veux dire, regarde Dumbledore. Tout le monde dit que c'est le seul dont Tu-sais-qui avait peur, et tu sais que ce n'est pas parce qu'il est diabolique ! Plutôt le contraire. Ce que nous pouvons avoir entre les mains est quelqu'un qui est encore meilleur que Dumbledore. Ce serait quelque chose, eh ? »

« Réfléchissez un peu ! » déclara un troisième sorcier. « Harry Potter est la seule personne qui ait jamais survécue au sortilège mortel. Il est le garçon qui a survécu ! »

Le cri fut repris et répété jusque partout dans tout le pub, les gens lèvent leurs verres en déclarant « A Harry Potter ! Le garçon qui a survécu ! »

Soudain, de l'autre côté de la pièce, Peter vit quelqu'un de familier, une grande sorcière aux cheveux noirs rassemblés en chignon, des lunettes carrées et une cape vert émeraude. Que fait MacGonagall loin de Poudlard en plein milieu du trimestre ? se demanda-t-il. Elle semblait parcourir la foule du regard aussi, par-dessus le bord de son verre de vin, enregistrant tout avec un éclat métallique dans les yeux mais ne se joignant pas aux toasts bruyants ou aux commérages sur les Potter. A la place, elle semblait absorber tout se ce qui se passait autour d'elle avec beaucoup d'intérêt. Il n'aimait pas l'idée qu'elle puisse le reconnaître, alors il se dirigea vers la porte qui donnait sur la rue moldue, son cœur s'accélérant douloureusement quand elle regarda dans sa direction au moment où il ouvrit la porte. Il la referma rapidement, s'appuyant contre elle, essayant de maîtriser sa respiration. Il rouvrit à nouveau la porte, juste un peu, et il vit, à sa détresse que Sirius Black traversait le pub juste dans sa direction, le regardant dans les yeux.

Avec un couinement alarmé, Peter s'enfuit vers la station de métro, ne prenant pas la peine de refermer la porte du pub, et il entendit les pas lourds de Sirius le poursuivre, bien qu'il n'ose pas se retourner. Peter s'arrêta seulement un instant pour se changer en rat, et puis il continua vers la station, et puis en-dessous la rue, trottant au milieu des usagers du métro qui criaient « Un rat ! Un rat ! »

Peter continua à courir, bondissant du quai et trottant à côté des rails, dans l'obscurité du tunnel entre les stations. Il regarda par-dessus son épaule avant que la plate-forme soit hors de sa vue, voyant Sirius le fixer avec un regard meurtrier. Peter savait qu'il n'oserait pas se métamorphoser ou sortir sa baguette pour faire de la magie avec tant de moldus à proximité. Peter était en sécurité pour le moment.

Et puis il réalisa que s'enfuir dans le métro était probablement la chose la plus intelligente qu'il pouvait faire. Il pouvait aller jusqu'à la station de Westminster par les tunnels, et atteindre directement le ministère, donc plus besoin de s'embêter à trouver une chouette pour envoyer un message. D'abord, toutefois, il devait réfléchir au meilleur endroit pour sa confrontation avec Sirius. Une fois qu'il saurait cela, il pourrait dire au ministère où et quand chercher Sirius, et il pourrait aller au bureau de poste du Chemin de Traverse pour envoyer un mot à Sirius pour le faire venir à l'endroit voulu. Tant que Sirius venait seul, et sans personne d'autre, comme Remus Lupin, Peter irait bien.

Les petites pattes de Peter coururent encore en encore dans le métro londonien.

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Minerva MacGonagall scrutait avec fatigue les gens du pub. Toute la journée, chaque personne qu'elle avait vue disait la même chose, que les Potter avaient été tués et que Harry Potter avait survécu. Comme c'est extraordinaire ! pensa-t-elle, sirotant son vin. Elle n'avait jamais entendu une telle chose. Elle comprenait maintenant, ou elle pensait comprendre, pourquoi Dumbledore était parti et l'avait laissé avec la responsabilité de l'école sans un au revoir. Bien sûr, elle avait quitté son poste, mais l'école irait bien. Elle avait donné ses instructions à l'un des préfets pour qu'il mette un mot sur la porte de sa classe disant que les cours de métamorphose allaient être annulés jusqu'à nouvel ordre. Ils allaient probablement penser que cela faisait partie des célébrations de la défaite de Vous-savez-qui.

Bien sûr, des gens fêtaient bien trop cela selon elle. Depuis qu'elle avait quitté Poudlard, elle avait vu de nombreuses personnes magiques se promener dans les rues moldues, félicitant de parfaits étrangers (des étrangers moldus !) avec forces signes et poignées de main, déclarant que c'était un jour merveilleux comme Vous-savez-qui était parti ! Elle avait été déguisée sous sa forme de chat quand elle avait vu ces choses là, et avait eu une féroce envie de griffer les jambes des décérébrés qui étalaient ainsi leur joie en public.

Elle souhaitait juste savoir où se trouvait Dumbledore, et si le petit Harry était en sûreté. Juste au moment où elle se demandait comment savoir (d'expérience, elle savait que Dumbledore ne lui dirait sûrement pas s'il ne voulait pas qu'elle sache), elle pensa à Hagrid, et elle su qu'il le lui dirait. Hagrid ne valait rien pour garder des secrets. Elle souhaitait souvent que Dumbledore puisse voir cela, mais cette fois, elle en était contente comme cela servirait ses desseins.

Un petit homme avec une cape à capuche fila rapidement à travers la pièce et partit par la porte vers la rue moldue. Il jeta un coup d'œil dans le pub un instant et Minerva fronça les sourcils. Il y avait quelque chose de familier dans ces petits yeux de fouine…

Elle haussa les épaules et se leva pour partir, juste comme un sorcier aux cheveux noirs se frayait un chemin dans la foule et se dirigeait vers la porte. Au premier coup d'œil, il avait aussi l'air familier, mais elle avait déjà fait un geste de sa baguette et avait disparu du pub avec un petit pop !

Elle arriva au bureau de poste du Chemin de Traverse l'instant d'après, sortant un bout de parchemin et une plume, puis griffonnant un très court mot : Où puis-je trouver le professeur Dumbledore ? Elle le signa et l'attacha à la patte de la chouette. Elle paya ensuite pour que la chouette la livre et attende une réponse. Sûrement que Hagrid saurait. Elle avait l'intention de creuser tout cela.

Entre-temps, cependant, elle transplana depuis le bureau de poste et alla dans un autre pub de sorcier qu'elle connaissait. Bien que quelques personnes soit extrêmement imprudentes sur ce qu'elle disaient avec des moldus alentours, elle commençait vraiment à saisir un peu de l'excitation du monde de la sorcellerie en mode célébration, et elle trouvait assez fascinant d'écouter les rumeurs en route et d'essayer de remonter une séquence plausible des événements à partir de ce qu'elle entendait. Elle espérait sincèrement toutefois, que certaines de ces rumeurs n'étaient pas fondées, et que James et Lily allaient bien. Quand elle pensait que ses anciens préfet et préfète en chef étaient mort, elle devait s'essuyer les yeux et se moucher.

Cependant, partout où elle allait, les rumeurs persistaient sur la mort des Potter, la disparition de Voldemort, et le fait que c'était Harry Potter qui l'avait vaincu…

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Mardi 3 Novembre 1981

Minerva MacGonagall arriva à Privet Drive avec un petit pop ! Elle regarda autour d'elle les maisons identiques, les voitures presque identiques (pour elle en tous cas), et les pelouses proprement bordées, frissonnant légèrement. Elle avait été d'un endroit à l'autre toute la nuit, allant d'une fête à l'autre. Partout où elle allait, les rumeurs étaient les mêmes : la nuit dernière, Vous-savez-qui est allé à Godric's Hollow et…

Elle fit la moue, sortant une carte de sa poche et y jetant un coup d'œil, puis releva le nez en direction de la rue de banlieue proprette, se demandant pourquoi Hagrid lui avait répondu que Dumbledore serait ici. Malheureusement, elle avait négligé de demander à Hagrid quand Dumbledore allait être à cet endroit particulier et donc, bien sûr, Hagrid n'avait donné aucune heure dans sa réponse. Le ciel commençait à s'éclairer à l'est, et Minerva posa la carte sur un muret de brique à proximité. Puis elle ferma les yeux, sentant la métamorphose s'opérer rapidement en elle comme elle se changeait en une élégante chatte tigrée avec des marques autour des yeux qui avaient décidément une ressemblance avec ses lunettes carrées. Elle renifla l'air, ne détectant pas l'odeur de Dumbledore… Ni beaucoup d'autres odeurs, à part une sorte d'odeur de propre et d'antiseptique moldu. Elle retroussa son petit museau rose avec dégoût et bondit sur le mur de brique pour attendre, poussant un petit soupir félin. On ne pouvait pas savoir quand Dumbledore se montrerait… Il semblait fonctionner sur un emploi du temps différent de tout le monde. Elle aurait juste à l'attendre.

Le ciel était gris et nuageux ce matin, ce qui n'avait rien d'inhabituel pour novembre. Minerva commença à voir les lumières s'allumer dans les maisons moldues, bien que la lueur des lampadaires commence à faiblir comme le ciel muet et rempli de nuages devenait encore plus clair. Elle entendit les pleurs d'un bébé émaner du numéro quatre, et elle baissa instinctivement la tête, posant l'une de ses pattes sur ses oreilles pour bloquer le bruit. Le pleur continua, fort et strident. Elle soupira encore, espérant que Dumbledore arriverait bientôt. Elle s'ennuyait déjà. La chose la plus intéressante qui était arrivée était qu'un autre chat, un gros matou gris, avait essayé de passer devant elle, et elle avait fait le dos rond et sifflé dessus si férocement qu'il ne lui avait lancé un regard noir qu'un court instant avec des yeux jaunes alarmés avant de s'enfuir de Privet Drive. Elle se réinstalla pour attendre après cela, soupirant un peu.

Ce n'était pas que les moldus la dérangeait en général, et en fait, elle aimait bien les observer parfois. Elle aimait spécialement rendre visite aux sorciers et aux sorcières nés de moldus pour leur présenter le monde magique pour la première fois.

Un laitier arriva au coin de la rue, les bouteilles de verre dans son petit véhicule se cognant bruyamment avant qu'il ne se gare et commence à livrer le lait aux maisons de Privet Drive. Minerva était plus proche du numéro un, et quand le laitier s'avança vers cette maison, du lait et des œufs dans la main, il s'arrêta pour la remarquer. « Là, donc, mon petit chat, soit gentil et ne renverse pas ces bouteilles, et je te donnerai une récompense avant de repartir. »

Elle le regarda impassiblement, ne clignant pas des yeux, mais il n'avait rien remarqué d'inhabituel avec elle, et il était allé jusqu'à la porte d'entrée, posant sa livraison et puis allant en cherchant une autre en sifflant joyeusement.

Quand il eut fini son travail sur Privet Drive, il revint à Minerva et plaça devant elle une petite coupe avec une odeur délectable qui en montait . Du yaourt.

« Tien, minou. T'es un bon garçon. Tu vas laisser ces bouteilles de lait tranquille maintenant, pas vrai ? » il la gratta derrière les oreilles, et elle ronronna un instant avant de se reprendre , pensant que c'était un peu inconvenant. Elle s'avança cependant, et lécha en hésitant le bord de la coupelle de yaourt, le crémeux piquant enchantant ses sens de chat.

Le laitier était déjà reparti quand elle mit de bon cœur sa tête dans la coupelle, léchant avec envie tout ce qu'il y avait de yaourt. Quel homme gentil, pensa-t-elle comme elle mangeait. Quelques moldus sont vraiment bien.

Ce n'était pas qu'elle haïssait activement les moldus ou les regardait de haut, mais elle les voyait comme une menace pour le monde magique et pensait qu'il était mieux d'éviter d'être en contact avec eux autant que possible. Ce n'était pas une haine violente des moldus, comme elle savait que certains sorciers et sorcières avaient. C'était simplement de la prudence, de l'auto préservation. Elle détestait le harcèlement des moldus, ou n'importe quelle suggestion selon laquelle les sorciers et sorcières nés de moldus n'étaient pas aussi bons que les autres personnes magiques. Pourquoi, pensa-t-elle comme elle mangeait, il suffit de regarder Lily, une des sorcières les plus intelligentes et les plus talentueuses qui ait jamais…

Elle arrêta de manger et regarda les maisons autour d'elle, se souvenant pourquoi elle était venue ici. S'il-vous-plaît, pourvu que ce ne soit pas vrai, pensa-t-elle désespérément. Pourvu qu'ils aillent bien…

Quand elle eut léché son yaourt jusqu'à la dernière goutte, elle s'attela à la tâche de se laver le museau. Soudain, la porte du numéro un s'ouvrit. Un femme avec une jolie tenue marine se pencha pour prendre le lait tandis qu'un homme avec un porte-document passait devant elle en disant. « Je vais démarrer. Assure-toi de laisser ce mot pour Mrs Thompson… Je ne pense pas que notre aspirateur a eu des contacts avec le sol sous notre lit depuis au moins une quinzaine. On pourrait faire huit chatons rien qu'avec la poussière là-dessous. Pour quoi la payons-nous sinon ? »

Minerva s'était installée pleinement sur la carte tandis que l'homme parlait à sa femme, afin qu'il ne la voie pas. Cependant, il la vit elle, et la coupelle de yaourt.

« Bien, bien, bien ! » dit-il en s'approchant d'elle. « En parlant de chatons, regarde ce que nous avons là ! Tu as l'air assez content. » lui dit-il, se penchant pour prendre la coupelle. « Nous avons un laitier intelligent. Je suppose que c'est la raison pour laquelle nos bouteilles n'ont pas été renversées ce matin, eh ? C'est toi qui faisait cela ? »

Minerva lui adressa son meilleur regard de chat indigné. Ce n'était certainement pas moi, pensa-t-elle, lui lançant un regard noir.

Il fit le tour par le côté de la maison et plaça la coupelle dans une poubelle, puis alla à sa voiture et grimpa dans le siège du chauffeur. Bientôt, le moteur ronronnait, faisant à nouveau retrousser son nez à Minerva, à cause des fumées d'échappement. Finalement, la femme émergea du numéro un, portant aussi un porte-document, ainsi qu'un récipient à l'air particulier. L'odeur de café flotta jusqu'à Minerva, et elle approuva celle-là. Elle aimait assez le café moldu et le trouvait habituellement préférable au café magique. Les sorciers faisaient bien le thé, pensait-elle, mais beaucoup, d'une manière ou d'une autre, ne maîtrisaient pas bien le café selon elle.

La voiture sortit de l'allée et partit en direction du village, rejointe par d'autres voiture au carrefour. Bien, c'était quelque chose. Ils étaient probablement parti pour la journée, et avec un peu de chance, Dumbledore se montrerait avant qu'ils ne reviennent, afin qu'ils ne la trouvent pas encore en train de traîner.

Les hurlements au numéro quatre avaient encore commencé, la faisant à la fois tressaillir et penser 'crétin gâté'.

Puis elle pensa que son cœur allait bondir dans sa gorge quand une grande chouette fauve descendit la rue en volant à hauteur des yeux (pour les humains, pas pour les chats). Nom de Merlin, pensa-t-elle. Les gens devaient faire plus attention. Les chouettes postales arrivaient habituellement à Poudlard pendant le petit déjeuner afin que les chouettes puissent faire la majeure partie de leur vol de nuit. Ce n'était pas interdit de faire partir des chouettes en pleine journée, mais la plupart des gens avait le bon sens d'attendre la nuit, spécialement quand la chouette allait dans une zone où il y avait beaucoup de moldus.

Elle sortit de sur la carte et la regarda encore. Était-t-elle venue au bon endroit ? se demanda-t-elle. Sûrement que Dumbledore n'avait rien à faire ici, où il se serait montré maintenant ?

La porte du numéro quatre s'ouvrit à la longue, et un homme costaud et sans cou avec une assez grosse moustache émergea, portant un porte-document très similaire à ceux du couple du numéro un. Les hurlements semblèrent doubler en volume quand la porte s'ouvrit et Minerva tressaillit à nouveau. Elle s'était presque habituée au son quand il avait été étouffé dans les murs de la maison.

L'homme démarra sa voiture et commença à sortir de l'allée. Minerva se remit à consulter la carte. Peut-être qu'elle était sensée être une rue plus loin…

Quelque instinct lui fit soudain lever les yeux, et elle trouva l'homme du numéro quatre en train de la regarder par la vitre de sa voiture. Elle se figea, mais quand il regarda ailleurs pour une fraction de seconde, elle s'assit rapidement sur la carte, afin qu'elle ne soit plus visible. L'homme regarda à nouveau rapidement et Minerva croisa son regard, sans ciller. Il eut l'air très dérangé.

Comme il s'éloignait, elle regarda la pancarte au bout de l'allée conduisant au numéro un. Assez sûrement, elle disait Privet Drive. Elle était au bon endroit. S'il lui était venu à l'esprit que l'homme pouvait la voir dans son rétroviseur, elle aurait attendu avant de regarder le panneau de la rue, mais elle n'était pas habituée à penser à des choses comme celle-là.

Elle regarda les autres résidents de Privet Drive quitter leurs maisons pour la journée. Les hommes et les femmes grimpèrent dans leurs voitures et partirent au travail. Les enfants quittèrent leurs maisons en portant des sacs à dos, allant vers le centre du village, probablement à l'école. Une femme âgée émergea du numéro cinq avec trois bassets en laisse. Minerva se raidit comme ils approchaient. Les chiens commencèrent à tirer sur leur laisse, tirant leur maîtresse avec eux, plutôt contre sa volonté, mais dès qu'ils furent à un jet de pierre de Minerva, elle fit le dos rond de façon menaçante et siffla, lançant un regard noir aux chiens. Les trois bassets eurent l'air très alarmés et commencèrent à aboyer avec excitation, tirant la vieille dame devant elle aussi vite qu'ils pouvaient. Elle les regarda partir avec une certaine satisfaction de soi.

A la longue, une femme blonde osseuse émergea du numéro quatre, poussant un poussette sur le chemin. Dans la poussette se trouvait la source des hurlements que Minerva avait entendus plus tôt. Le bébé était très rond et sa bouche était ouverte et hurlait une fois de plus.

« Calme-toi, mon amour, nous allons au parc afin que tu puisses jouer avec tes petits amis et que maman puisse voir les siennes. » fit la blonde au gamin hurlant.

Minerva renifla avec dédain. Qui est donc responsable ici ? se demanda-t-elle.

Mais encore plus dérangeante que l'interaction entre la femme et son fils était le fait que de plus en plus de chouettes passaient dans le ciel, bien trop pour que Minerva se sente à l'aise.

Quand la mère et l'enfin revinrent au numéro quatre, le bambin marchait derrière sa mère tandis qu'elle poussait le landau vide. A chaque pas, le gamin obèse et court sur pattes donnait un coup dans les tibias de sa mère en hurlant « Je veux des bonbons ! Je veux des bonbons ! »

Minerva avait une forte envie de donner un bon coup de griffe au gamin, mais ils étaient revenus par l'autre bout de la rue et ils ne passèrent pas par le numéro un avant d'arriver au numéro quatre. Minerva tressaillit (elle tressaillait beaucoup ce matin, à cause des résidents du numéro quatre) comme la mère tentait de calmer le morveux.

« Allons, allons, Diddy chéri ,Aïe ! Maman n'a pas de bonbons avec elle ouille ! Mais dès que nous serons dedans, mon poupon pourra avoir ouf ! tous les bonbons qu'il veut aille ! S'il-te-plaît, calme-toi… »

« Guimauve ! », cria-t-il, « Guimauve ! Guimauve ! Guimauve ! »

Elle rayonna en le regardant. « Oh ! Tu as appris un nouveau mot ! C'est mon petit garçon intelligent ouaille ! »

L'enfant la frappa encore une fois avant qu'elle ne puisse réussir à rentrer avec la poussette. Après que la porte soit refermée, Minerva secoua la tête, dégoûtée. Ce n'était certainement pas un mystère que l'enfant soit si gros s'il avait tous les bonbons qu'il voulait en étant si jeune (bien que Minerva ne puisse pas se hasarder à deviner son âge car il pouvait avoir n'importe quoi entre un et trois ans).

La rue fut relativement calme pendant la première moitié de l'après-midi (peut-être que le garnement faisait la sieste). Puis, tout d'un coup, les résidents de Privet Drive commencèrent à rentrer chez eux. L'homme du numéro quatre rentra avant le couple du un. Minerva en avait eu assez de s'asseoir sur le mur à côté du numéro un si longtemps. Elle avait caché sa carte sous un buisson, et était allée s'asseoir sur le mur du jardin en dehors du numéro quatre de telle sorte qu'elle pouvait entendre la femme blonde et son fils gâté. Elle avait une sorte de fascination morbide pour eux tellement ils étaient terribles.

Cependant, cela voulait dire que l'homme qui l'avait vu regarder la carte ce matin la remarqua dès qu'il rentra dans l'allée du numéro quatre. Il semblait distinctement dérangé de la voir à nouveau. Elle n'avait aucun moyen de savoir qu'il avait été accosté par des sorciers au village, quand il était allé acheter son déjeuner, ou qu'il savait même que les sorciers existaient. Elle pensa qu'il avait l'air remarquablement suspicieux pour un moldu typique (la sorte de moldu qui ne remarque jamais rien). Alors qu'il rejoignait la porte d'entrée, il se renfrogna et lui cria « Ouste ! » . Minerva lui lança un regard sévère.

Comme il se faisait plus tard, Minerva se rapprocha de la fenêtre de devant. Elle fut momentanément surprise quand elle fut soudain ouverte, juste au-dessus de sa tête.

« Il fait plutôt chaud pour novembre » Minerva entendit la blonde dire.

« Silence, s'il-te-plaît, Petunia. Je ne peux pas entendre le journal… »

Mais Minerva pouvait, ses oreilles de chat alertes pivotant pour tout saisir, maintenant que la fenêtre était ouverte. Et elle n'aimait du tout pas ce qu'elle entendait.

« Les experts sont incapables d'expliquer pourquoi les chouettes ont soudain modifié leur cycle de sommeil » fit une voix onctueuse provenant du salon du numéro quatre. Minerva ferma les yeux. Des gens manquaient de bon sens, ou n'en avaient pas du tout. Et puis une voix d'homme différente commença à parler du temps, en disant qu'une 'pluie d'étoiles filantes' avait été reportée dans le Kent, le Yorkshire et le Dundee. Le Kent, pensa-t-elle. Probablement ce Dedalus Diggle. Minerva l'aurait réprimandé si elle avait pu. Elle comprenait que les gens veuillent faire la fête, mais cela était hors de contrôle. Et cet idiot de moldu ne savait même pas quand le jour férié moldu de Bonfire Night allait arriver. Il clamait que c'était la 'semaine prochaine' alors que même Minerva savait que ce serait le jeudi.

Elle alla au bout de l'allée, où elle ne pouvait plus entendre les informations moldus. Elle regarda Privet Drive, se demandant où donc était Dumbledore. Si Hagrid l'avait lancé dans une chasse au dahu, elle lui passerait un sacré savon quand elle reviendrait à Poudlard !

La fenêtre du devant du numéro quatre fut refermée, et les lumières du rez-de-chaussée s'éteignirent. Bientôt cependant, celle du haut s'allumèrent et Minerva fut surprises de voir que l'homme costaud la regardait encore. Elle se tourna et regarda Privet Drive une fois de plus. Elle n'aimait pas l'homme du numéro quatre. Il remarquait les choses. Les moldus n'étaient pas sensés remarquer les choses. Elle espérait que Dumbledore allait bientôt arriver.

Finalement, les lumières furent éteintes, et une à une, les lumières des autres maisons de Privet Drive s'éteignirent aussi, ne laissant pour illuminer la calme rue de banlieue que la lune et les réverbères.

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Peter avait réussi. Il s'était glissé dans le ministère et avait discrètement écrit un message pour le chef du département des forces de l'ordre magiques en personne, Barty Croupton, lui disant où et quand trouver Sirius. Et puis il avait envoyé un mot à Sirius lui disant qu'il voulait parler, et d'être à l'endroit voulu une demie-heure avant que Croupton n'arrive. C'était parfait. Et il ne pensait pas qu'il avait à s'inquiéter que Sirius essaye de le livrer au ministère. S'il connaissait Sirius, il prévoyait de tuer Peter personnellement. Et même si Sirius pensait à dire à quiconque que Peter était celui qui avait dit au Seigneur des Ténèbres où étaient James et Lily, Peter avait déjà dit à Croupton exactement la même chose de Sirius dans sa lettre. Et par-dessus le marché, il y avait tous les gens à qui Sirius avait dit être le gardien du secret… Ce pourquoi, même Dumbledore devait probablement penser que Sirius était le gardien du secret.

Peter leva sa baguette pour transplaner depuis le ministère jusqu'au Terrier. Son cœur battait très vite quand il arriva et il déglutit nerveusement. Il avait déjà choisi son refuge. Il n'aimait pas l'idée de passer l'hiver dans le jardin des Weasley, mais avec de la chance, il pourrait se faire à nouveau connaître de Percy, et le garçon pourrait lui apporter quelques miettes pour manger.

Peter s'avança vers la cuisine chaudement éclairée, demeurant caché derrière les rideaux. C'était une nuit où il faisait une chaleur peu de saison, alors le montant était légèrement ouvert, et il pouvait entendre les voix à l'intérieur.

« Oh, Molly ! Tu peux le croire ? Tu-sais-qui est finalement parti ! »

« Chut Arthur ! Je viens juste de la faire s'endormir ! Merci mon Dieu, Ron dort bien. Je doute que dorme jamais aussi bien… »

Peter pencha très légèrement sa tête de façon à pouvoir voir Molly Weasley assise dans un confortable fauteuil à bascule près du feu, berçant un petit bout aux cheveux roux contre sa poitrine. Aucune autre enfant n'était visible, mais il était assez tard.

« Je suis désolé, Molly. J'ai juste envie de fêter cela ! » Arthur Weasley sautillait dans la cuisine, levant une bouteille de ce qui semblait être de la bièraubeurre en un toast silencieux à une foule inexistante. Sa femme lui sourit avec indulgence.

« Je sais, Arthur, je sais. » dit-elle gentiment, se penchant pour déposer un baiser sur le front du bébé.

Peter la fixa. Elle va bien, pensa-t-il. Et cela va continuer grâce à moi. Il s'éloigna de la fenêtre de la maison, poussant un soupir de soulagement et fermant ses yeux. La Prophétie avait été accomplie…

La Prophétie. Ses yeux se rouvrirent comme il se souvint du Centaure parlant de la Prophétie. Il avait parlé des chutes du Seigneur des Ténèbres, et du premier lion, du deuxième, de la première filles de guerre, et de la deuxième…

Peter déglutit. Non, ce n'était pas fini. Mais quand le serait-ce ? Il pensa à Harry, et à l'enfant des Malfoy, et à la petite Ginny Weasley et il sut… Ce ne serait pas jusqu'à ce qu'ils soient assez âgés pour prendre ces responsabilités. Ce qui signifiait…

A un moment ou l'autre, le Seigneur des Ténèbres reviendrait.

Peter frissonna. Quand cela arriverait, sûrement qu'il trouverait un moyen de localiser Potter et de le punir pour ce qu'il avait fait. La respiration de Peter s'accéléra encore comme il paniquait, en pensant au Seigneur des Ténèbres qui pourrait apparaître dans le jardin des Weasley d'un moment à l'autre. Bien, pensa-t-il, si je l'aide, si je fais des choses pour lui, peut-être qu'il me pardonnera… et puis, quand il sera vraiment de retour, ils pourront se débarrasser de lui une bonne fois pour toutes…

Il avait du mal à imaginer le fils de Lucius Malfoy en train d'aider à défaire le Seigneur des Ténèbres, mais bon, réfléchit-il, s'il y a cinq ans quelqu'un avait dit à Peter qu'il deviendrait un mangemort et serait une instrument de la chute de Vous-savez-qui, il lui aurait ri au nez…

Peter se changea rapidement en rat et courut dans un trou de gnome pour dormir. Il avait une longue journée devant lui demain. Il devait mettre en scène son propre meurtre et piéger un de ses meilleurs mais restant pour cela. Peter soupira. Personne ne saurait jamais que si ce n'était lui, le Seigneur des Ténèbres répandrait encore le chaos. En vérité, on ne punit pas les gentils, pensa-t-il, comme il s'installait pour dormir.

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Dumbledore se retint de soupirer comme le professeur MacGonagall continuait sa tirade. Elle lâchait de très larges indices sur les rumeurs qui circulaient… Les rumeurs qu'il avait aidé à démarrer. Elle voulait des confirmations de sa part, des indications pour savoir si ces rumeurs avaient une once de vérité. Elle était aussi très remontée par le manque de bon sens dont faisaient preuve les gens. Dumbledore se blâma pour cela. Quand on commence à répandre une rumeur, on a de bonnes chances d'avoir des gens dans un état d'excitation tel qu'ils oublient complètement de ne pas se montrer aux moldus.

Pour la faire changer de sujet, il lui offrit un bonbon, mais la professeur MacGonagall ne fut pas distraite par cela. Finalement, elle l'irrita en disant « Vous-savez-qui » une fois de trop.

« Mon cher professeur, sûrement qu'une personne aussi sensée que vous pourriez l'appeler par son nom ? » Quand il dit Voldemort, elle tressaillit visiblement. Il fit mine de ne pas remarquer.

Elle essaya de le flatter ensuite, mais il n'allait pas tomber pour cela. Elle lui demanda finalement carrément pour les rumeurs. Elle était tellement énervée qu'elle dit « La nuit dernière » au lieu de « la nuit de Samedi », mais il pouvait comprendre cela. Deux jours après que cela se soit produit, les gens répétaient encore les rumeurs en disant la phrase « La nuit dernière » quand ils décrivaient ce qui était arrivé. Dumbledore s'assurerait que la vraie date irait dans les livres d'histoire cependant. Il s'assurer qu'un certain nombre de choses iraient dans les livres d'histoire.

Quand il lui confirma finalement que les rumeurs étaient vraies, elle haleta et il lui posa la main sur l'épaule pour la réconforter. C'était le contact le plus physique qu'il avait jamais eu avec elle, pensa-t-il. C'était une femme très rigide. Sa voix trembla comme elle continuait à poser des questions sur Harry, et il la regarda solennellement. Pourquoi est-ce que la Minerva MacGonagall normalement stoïque était si bouleversée par tout cela. Il supposa que c'était parce qu'elle aimait davantage les anciens préfet et préfète en chef qu'il ne l'avait réalisé.

Et puis il dut admettre qu'il ne savait pas non plus comment Harry avait été sauvé. Il avait cependant une forte suspicion, qu'il préférait encore ne pas révéler au professeur MacGonagall en ce moment.

Dumbledore fut assez amusé, cependant (et il eu des difficultés à le cacher) quand il lui expliqua pourquoi ils étaient à Privet Drive. « Je suis venu amener Harry à sa tante et son oncle. Ils sont le seule famille qu'il lui reste maintenant. »

Elle explosa alors simplement, en lui parlant des gens horribles qui vivaient au numéro quatre. Mais il savait qu'il faisait ce qui était bon, bien que le professeur MacGonagall doute que tout ce que Harry aurait besoin de savoir puisse être communiqué dans une lettre. Elle pointa, avec beaucoup de raison selon lui, le fait que Harry serait très célèbre. Il accepta cela et le retourna en en faisant une autre excellente raison pour Harry de grandir loin du monde magique. Elle semblait assez mécontente de faire cela, mais elle tomba finalement d'accord à contrecœur.

Il commençait à se faire un peu de souci comme Hagrid était en retard. Il n'était pas très en retard, mais bientôt, ce serait minuit passé…

Et puis, bien sûr, le professeur MacGonagall du demander si c'était sage de faire confiance à Hagrid pour une chose si importante. Dumbledore le défendit, mais il fut très content quand une grosse moto bruyante descendit du ciel quelques minutes plus tard, portant Hagrid qui tenait un tas de couvertures. Dumbledore ne fut pas surpris d'apprendre qu'il avait emprunté la moto à Sirius Black. Oui, pensa-t-il. Sirius Black. Je pense que Sirius Black et moi devrions avoir une longue conversation…

Mais il ne dit pas cela à Hagrid. « Pas de problème alors ? »

« Non sir. La maison était presque détruite, mais je l'ai pris avant que les moldus n'arrivent… »

Dumbledore et MacGonagall écoutèrent Hagrid parler brièvement se son vol, et puis se penchèrent au-dessus du couffin pour regarder Harry Potter. Quand Dumbledore vit la coupure en forme d'éclair, il retint son souffle un instant. Tom lui a fait une cicatrice. Tout comme j'en ai faite une à Tom…

« Est-ce là où… ? » chuchota le professeur MacGonagall.

« Oui. » dit Dumbledore. « Il aura cette cicatrice à jamais. » Il espérait que le dire le convaincrait qu'il devait en être ainsi. Personne ne devait faire disparaître cette cicatrice. Pas tant que Tom n'était pas vraiment parti…

Il balaya rapidement l'idée de MacGonagall de faire quelque chose pour cela. Il aurait pu, mais il ne voulait pas. Dumbledore voulait juste en finir avec cela.

Après que Hagrid ai donné à Harry un gros baiser à travers les poils de sa barbe, il commença à pleurnicher comme un chien blessé, faisant s'énerver MacGonagall après lui comme si elle avait encore sa forme de chat. Elle commença à parler des moldus.

Hagrid pleura encore un peu, ce dont Dumbledore ne le blâmait pas. Il était orphelin lui-même, Hagrid, et il avait son cœur au bon endroit. Même MacGonagall était quelque peu remuée et elle lui tapota sur le bras pour le réconforter.

Dumbledore franchit le muret du jardin et alla vers la porte d'entrée, posant doucement Harry sur le pallier et sortant une lettre de sa cape qu'il glissa dans les couvertures de Harry. Quand il revint sur la chaussée, le professeur MacGonagall avait quelque chose dans l'œil, et les épaules de Hagrid tremblaient. Albus Dumbledore se sentait aussi quelque peu démotivé et fatigué, se sentant vieux. Il suggéra qu'ils partent et se joignent à une fête. Il devait certainement y en avoir de nombreuses, et cela faisait des jours qu'il n'avait pas fermé l'œil déjà. En tous cas, il avait encore un autre élément à rajouter aux rumeurs qu'il avait soigneusement répandues :

Le garçon qui avait survécu avait une cicatrice

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