Titre : Hex, l'autre sorcière

Auteur : C'est marqué juste au-dessus

Disclaimer : Hex : la Malédiction appartient à Brian Grant et à sa société de production. Arrangez-vous avec eux. Par contre, Azel Nox est à moi, aucune preview là-dessus. De toute façon, je n'ai jamais vu que les 2 premiers épisodes de cette série.

Rating : K+. Sans doute. Peut-être. Si vous avez des réclamations, envoyez-les moi.

Résumé : Ahah ! Eh bien non, pas de résumé. Voyez vous-mêmes.


Chapitre 8 : Révélations

« ne… faire… ne… laisse pas… ne… »

Cassandra Hugues se réveilla en sursaut. Une sueur glacée coulait le long de sa colonne vertébrale. Sa chambre d'interne à Medenham Hall n'inspirait pourtant aucune crainte : haut plafond, vaste baies néogothiques, meubles en chêne massif, tapis anciens ; tout rappelait la sécurité des meilleures écoles privées.

Mais Cassie se souvenait à peine du luxe de cet univers. Ses récents dons de sorcellerie l'avait transportée dans un autre monde. Le snobisme de son école était devenu le cadet de ses soucis.

Rejetant violemment ses draps, elle sortit de son lit et fit quelques pas. Elle venait, encore une fois, de voir le fantôme Rachel MacBain. L'ancienne propriétaire de Medenham Hall l'exhortait… Mais à quoi ?

Azazel, le démon Néphélim qui avait donné ses pouvoirs à Cassandra, avait provoqué la mort de cette Rachel. Le spectre de la châtelaine, sans doute plein de rancœur, avertissait la jeune fille du danger qui la menaçait aussi. Cassie n'avait pas du tout l'intention de se laisser détruire. Elle se méfiait du démon. Mais… les choses s'étaient enchaînées d'elle-même et Cassandra se sentait de moins en moins maîtresse de ses décisions. Sans bien s'en rendre compte, elle s'était retrouvée sous la coupe d'une sorcière sadique, Azel Nox. Elle avait commencé à apprendre la magie. Et voilà qu'Azazel, ce vil séducteur de femmes, cherchait à l'embrasser.

Cassandra se mordit les lèvres et enroula ses bras autour d'elle, cherchant instinctivement à se protéger. Quand elle réfléchissait de cette façon, en mettant les choses à plat, elle voyait bien ce que sa situation avait de périlleux. Mais quand elle était face à Azel, elle ressentait à nouveau l'irrépressible envie d'en savoir plus. Et quand c'était Azazel qui posait ses yeux sur elle…

Le fantôme de Rachel l'avait peut-être senti. Avant ces derniers évènements, elle avait presque disparu des rêves de Cassie. Mais depuis qu'Azazel avait commencé son drôle de manège, la pauvre femme était revenue, plus pressante que jamais. Pourtant, c'était à peine si Cassandra entendait sa voix, entrevoyait sa silhouette. Peut-être que Rachel cherchait à persécuter la nouvelle sorcière ? Mais Cassie ne pouvait se défaire d'un sentiment de peur.

La jeune fille haussa les épaules et poussa un gros soupir. Elle avait besoin de recul. En regagnant l'abri de son lit, elle décida qu'une visite à sa mère s'imposait.

§§§

Cassandra frappa doucement à la porte. N'entendant pas de réponse, elle abaissa la clenche avec un maximum de précaution et poussa le battant. A travers l'entrebâillement, elle aperçut une femme. Tranquillement assise dans un fauteuil à bascule, elle était tournée vers la fenêtre opposée à la porte.

« Maman ? » appela Cassie.

Mais elle n'obtint aucune réponse. La jeune fille ouvrit alors complètement la porte et pénétra dans la chambre.

Cassandra était légèrement inquiète. Depuis son entrée à Medenham Hall, elle avait eu peu de temps à consacrer à sa mère. Les infirmières le lui avaient reprochés à demi-mot. Lilith était une femme fragile, victime d'une sensibilité aiguë. Il semblait que le monde fut pour elle une agression perpétuelle. Cette fêlure de sa personnalité s'accordait mal avec son statut de mère ; Cassandra avait souvent dû se débrouiller seule. Déjà, durant son enfance, sa mère avait subi plusieurs hospitalisations. Lilith était un peu schizophrène. Parfois, ses démons la tourmentaient plus violemment ; elle sombrait alors dans le silence. C'était les moments où son médecin disait qu'elle 'se réfugiait dans son monde intérieur'. C'était les moments où Lilith était emmenée dans des maisons de repos et où la nourrice de Cassandra l'emmenait chez elle pour quelques jours.

La situation de Lilith s'était lentement détériorée. Cassandra était devenue interne, puis pensionnaire des écoles dans lesquelles le tuteur de sa mère la plaçait. Cassandra aimait Lilith, mais quand elle avait appris son inscription à Medenham Hall, elle n'avait pas protesté. Deux semaines plus tard, Lilith était définitivement internée dans un établissement discret.

« Maman ? » demanda Cassandra en traversant la pièce.

La femme ne bougeait toujours pas. Ni jeune ni vieille, elle portait peu de rides, mais ses cheveux étaient gris. Les mains sagement posées sur les accoudoirs du fauteuil montraient une kyrielle de petites égratignures. Les deux yeux étaient soulignés de cernes profonds. Cassandra s'en inquiéta. Les infirmières lui avaient appris que sa mère, d'ordinaire si calme, s'était montrée agressive au cours des derniers jours. Il avait fallu plusieurs minutes pour que Cassandra les convainque qu'elle pouvait rentrer seule dans la chambre de sa mère. Depuis qu'elle y était, la jeune fille devait convenir qu'elle ne se sentait pas rassurée.

« Maman ? » interrogea-t-elle une dernière fois, en posant sa main sur l'épaule de Lilith.

Celle-ci se détourna enfin de la fenêtre pour regarder sa fille.

« Qu'es-tu devenue ? » demanda-t-elle.

« Hein ? » s'écria Cassie. Puis elle se tut et rougit. Sa mère ne pouvait pas être au courant ! Si Cassandra réagissait ainsi, la pauvre Lilith allait imaginer que sa fille était victime de toutes sortes d'horreur. Mais Lilith avait reporté son attention sur le vide derrière l'épaule de Cassandra.

« Sorcière. » Lâcha-t-elle avec rancœur.

Cassandra sursauta violemment. Elle porta la main à son médaillon, comme pour parer un coup.

« Quel joli bijou tu as là ! » s'exclama Lilith, semblant pour la première fois réellement remarquer sa fille. « Dis-moi, est-ce celui que je t'ai donné, ma chérie ? » ajouta-t-elle en levant un regard brillant sur Cassie.

« Oui, maman. » répondit timidement la jeune fille.

« Ah ! » s'exclama sa mère, visiblement heureuse. « Il te va très bien. Tu sais que je le portais, moi aussi ? » dit-elle avec un sourire malicieux, en regardant Cassandra dans les yeux. « Je suis bien contente de te l'avoir donné. » Puis elle baissa les paupières et le son de sa voix, comme si elle parlait à quelqu'un d'autre : « Peut-être cela t'aidera-t-il à me comprendre… »

« Pardon, maman ? » interrogea Cassie, le cœur serré.

« Comment, ma petite fille ? » demanda Lilith, de nouveau toute à sa bonne humeur.

« Tu… » hésita Cassandra. « Tu as dit que je ne te comprenais pas ? »

« Oh, ma petite chérie ! » répondit Lilith d'un air peiné. « Ne t'afflige pas comme ça ! C'est normal que tu ne me comprennes pas. Tu es si jeune ! Comment pourrais-tu savoir ce qu'a vécu une femme de mon âge ? Il te reste tant à découvrir… Et à ce propos, dis-moi, as-tu un ami ? »

« Je… » commença Cassandra. Mais elle ne savait trop quoi dire et baissa les yeux. Comme à chaque fois qu'elle était nerveuse, elle se mit à tripoter son médaillon. La prévenance de sa mère lui faisait mal – d'autant plus qu'elle ne savait plus du tout comment gérer sa vie amoureuse.

« Allons, ma toute petite. » dit Lilith avec sollicitude. « Il n'y a personne qui te plaise, dans ta nouvelle école ? »

« Tu te souviens que j'ai changé d'école ? » demanda Cassie, surprise.

« Bien entendu ! » rétorqua sa mère. « Je ne suis pas folle, tu sais ! C'est moi-même qui t'y ais inscrite. »

« Ah bon ? » interrogea Cassie, désarçonnée. « Mais pourquoi ? »

« Parce qu'on me l'a demandé. » répondit tout simplement Lilith. « Quand j'habitais là-bas, » ajouta-t-elle pour elle-même « le propriétaire était particulièrement désagréable. Comme je déteste les petites cuillères ! »

« Maman ? » supplia Cassie. « Maman ? Maman, dis-moi, qui t'as demandé de m'envoyer là-bas ? »

« C'est un démon ! » cria Lilith en se jetant sur Cassie. Cassandra se mit à crier. « Un démon ! » répéta encore Lilith, secouant sa fille par les épaules.

La porte de la chambre s'ouvrit à la volée sur une femme en blouse blanche qui se précipita.

« Du calme, madame Hugues, du calme ! » ordonna-t-elle, en forçant sa patiente à se rasseoir. « Enid ! » cria-t-elle à l'attention du couloir.

L'Enid en question arriva prestement, munie d'une petite seringue. Elle repoussa gentiment Cassandra et les deux infirmières s'occupèrent à rassurer la malade, tandis qu'elles lui faisaient l'injection.

Cassandra avait les larmes aux yeux. Mais surtout, elle ne savait pas quoi penser. Est-ce que sa mère délirait ? Cassandra y trouvait un sens affreusement clair, mais les propos de Lilith ne semblaient pas, de prime abord, plus cohérents qu'à l'ordinaire.

« Tout va bien, maintenant. »fit une des infirmières, ramenant Cassie à la réalité. « Vous pouvez lui parler encore un petit peu. Elle ne va pas tarder à s'endormir, » ajouta-t-elle « mais avant cela, elle devrait être assez lucide. »

« Je vais quand même rester avec vous pendant ce temps-là » fit l'autre, celle qui avait appelé Enid « on ne sait jamais. » continua-t-elle d'un ton sans appel.

Cassandra acquiesça, comme une bonne fille obéissante. Elle n'était pas trop sûre de vouloir rester plus longtemps.

« Alors, madame Hugues ! » reprit l'infirmière en parlant fort et en articulant exagérément, comme si elle s'adressait à un enfant débile ou sourd, « qu'est-ce que votre fille vous racontait de beau ? Vous vous en souvenez ? »

« Euh… » fit Lilith, d'une voix haut perchée, « Cass me parlait de euh… son amoureux ? » termina-t-elle en levant un regard candide sur sa fille.

Incapable de parler, Cassandra fit oui de la tête.

« Et alors, il est comment, cet amoureux ? » ré-attaqua l'infirmière, toujours à l'adresse de Lilith.

« Et alors, comment est-il, cet amoureux ? » répéta placidement Lilith, à l'attention de sa fille, cette fois.

« Eh bien… » commença douloureusement Cassandra, « en fait, ce n'est pas vraiment mon amoureux… »

« Mais c'est l'être que tu aimes, non ? » interrogea Lilith, toujours sur le même ton enfantin.

« Je ne suis pas sûre qu'aimer soit le terme exact… » se défendit Cassie.

« Mais c'est par lui que tu es attirée ? Quand il est près, ton cœur bat fort ? » continua Lilith.

« Oui… Oui, on peut dire ça. » répondit Cassie. « C'est vrai que quand je le vois, je me sens toute… toute… enfin, bizarre, quoi ! » termina la jeune fille dans un éclat de rire nerveux. Elle n'avait aucune envie de parler de son attirance pour Azazel à sa mère, et encore moins à son garde-chiourme ! Mais c'était exactement ce qu'elle était en train de faire. Comment aurait-elle eu le cœur de rembarrer Lilith, alors qu'elle semblait si malade ?

« Mais alors, pourquoi n'es-tu pas avec lui ? » interrogeait toujours Lilith.

« Je… je ne sais pas trop ce qu'il attends de moi. » répondit doucement Cassie.

« Il ne s'intéresse pas à toi ? » demanda Lilith avec compassion.

« Non, ce n'est pas… Non… » s'embrouilla Cassie. « En fait, » reprit-elle en inspirant fortement, « il a même essayé de m'embrasser. »

« Ah oui ? » demanda avidement Lilith.

« Oui ! » répondit Cassie en riant, pour masquer sa gêne. « Mais je ne l'ai pas laissé faire ! »

« Pourquoi donc ? » reprit Lilith avec un air affreusement désappointé.

« Euh… » fit Cassandra. Elle était paniquée par le guêpier dans lequel elle s'enfonçait. « Euh, parce que… Parce que quelqu'un me l'a déconseillé… » En disant cela, elle revoyait la forme vague du spectre de Rachel MacBain. Quand donc lui expliquerait-on les règles de ce jeu de pouvoirs où Casssandra était prise malgré elle ?

« Mais, ma chérie, il ne faut pas écouter cette personne ! » s'insurgeait Lilith. « C'est à toi de décider ce que tu veux faire ! Tu m'entends, ma chérie ? » continua-t-elle, quêtant l'attention de Cassandra. « C'est à toi de décider ce que tu veux ! Et si tu veux ce garçon… ma foi… »

Lilith commença à dodeliner de la tête. L'infirmière sortit du dos du fauteuil, où elle s'était retranchée durant la conversation entre les deux femmes, et aida Lilith Hugues à se lever.

Cassandra recula de quelques pas. Elle cherchait quelques mots d'au revoir, mais restait hypnotisée par le spectacle de sa mère qu'on allongeait sur son lit.

« Promets-moi… » dit encore Lilith, les yeux à demi clôts, « promets-moi, ma petite fille… Que tu iras au bout de ce que tu veux… avec ce garçon. »

Elle eut un soupir et ferma totalement les paupières. L'infirmière sortit une longue chemise de nuit d'un placard.

« Et promets-moi aussi… » ajouta la mère de Cassandra dans un souffle « …que tu continueras à porter le médaillon… »

La respiration de Lilith se fit plus apaisée et profonde. L'infirmière penchée sur elle congédia Cassandra d'un geste impérieux de la main.

§§§

« Où suis-je ? » demanda Azel.

Paupières closes, Cassandra se concentra.

« Près du piano… Non ! A côté de la fenêtre, au fond à droite. Il y a un halo rouge autour de t… »

« Et le Livre ? » reprit Azel.

« Euh… »

Cassandra mis ses poings sur ses yeux, comme pour mieux se plonger dans le noir.

« Sur le guéridon… contre la porte du grenier… »

« Ton empathie magique augmente. » déclara Azel d'un ton satisfait. « Tu commences à mieux distinguer les auras et les nœuds de pouvoir, c'est bien. Tu peux ouvrir les yeux ! »

Cassandra obéit. Azel Nox était assise à côté du piano, le Livre posé sur ses genoux.

« Quand tu sauras localiser les sources de magie et les flux, tu auras fait le plus dur… » continua Azel.

« J'avais faux ! » s'exclama Cassie. Elle avait l'air consterné.

« C'est ce que tu crois ? » interrogea Azel avec candeur.

« Eh bien… » hésita Cassandra. Elle voyait clairement Azel, assise en face d'elle.

« A quoi fais-tu confiance ? Tes sens, ou ta magie ? » reprit malicieusement Azel.

Cassandra ferma à nouveau les yeux. Elle expira lentement et tâcha de faire le vide en elle. Puis, elle laissa affluer les sensations. Une forte accumulation de puissance drainait l'énergie de la pièce. Elle semblait déformer l'espace, comme les représentations de trous noirs que Cassie avait vues en cours. Une lueur rouge en auréolait vaguement les contours. Tout autour, les contours de la pièce prenaient vaguement consistance. Cassandra les visualisait comme des lignes grises, flottant à travers un brouillard.

« Je te vois devant la fenêtre. » affirma Cassandra en ouvrant les yeux.

« Parce que c'est là que je suis. » dit simplement Azel.

Elle était debout devant la croisée. Le Livre était sur le guéridon. Cassandra sourit.

« Négliger sa magie à cause de ses sens… » commença-t-elle.

« … c'est lâcher la vérité pour l'illusion. » compléta Azel.

Les deux jeunes filles échangèrent un sourire complice.

Depuis que Cassandra avait accepté d'être soumise au bon vouloir d'Azel, leurs relations s'étaient grandement améliorées. Cassandra comprenait vite et Azel trouvait toujours un moyen de rendre ses leçons abordables. Cette satisfaction mutuelle les avait rapprochées. Leur faible différence d'âge avait comblé les derniers fossés entre le maître et l'élève.

« Soulève ce tabouret… encore un peu… Maintenant, fais-le tourner… »

Un bras passé sur les épaules de Cassandra, Azel lui murmurait ses instructions à l'oreille. Les yeux plissés, les doigts accrochés aux accoudoirs de son siège, Cassandra s'efforçait de les suivre à la lettre.

« Pas mal ! » fit enfin Azel. Cassandra 'reposa' délicatement le dernier meuble. « Tu progresses dans ta perception du monde extérieur et dans la maîtrise de ton propre pouvoir… » ajouta Azel.

« Il ne me reste plus qu'à mieux comprendre mon Néphélim ! » conclut Cassandra en riant.

Azel se figea, toute expression joyeuse l'ayant désertée.

« Il te reste encore beaucoup à apprendre dans les deux premiers domaines… » commença-t-elle d'un ton grave.

« Azel… » coupa Cassandra. « Azel, s'il te plaît…»La jeune sorcière s'humecta les lèvres. « Pourquoi tu ne veux jamais parler d'Azazel ? »

Azel fixa Cassandra pendant un moment, une expression indéchiffrable sur le visage. Puis, elle se détourna, poussa un gros soupir et s'assit.

« Chaque relation entre une sorcière et son Néphélim est unique… » commença-t-elle doucement.

« Mais ? » interrogea Cassie.

Azel releva la tête, une lueur amusée dans le regard.

« Tu deviens maligne, toi ? »

Cassandra se contenta de sourire.

« Dans votre cas, » reprit Azel avec sérieux, « ce qui paraît étrange, c'est qu'Azazel adopte deux attitudes contradictoires envers toi. Je m'explique, » continua-t-elle en remarquant la surprise de Cassie, « ton maître t'apparaît souvent, il te parle, il est d'une patience à toute épreuve… »

Cassie étouffa une exclamation.

« … à toute épreuve, je maintiens, » continua Azel avec un rien de reproche dans la voix, « il te confie à mes soins pour faire ton éducation… » Azel se tut, cherchant l'inspiration dans le spectacle du jardin au-dehors.

« Mais ? » la relança Cassie.

« Mais » reprit Azel à contre-cœur, « il ne fait pas de toi une sorcière à part entière. » Et elle se tut, laissant planer un silence seulement rompu par le bruit de ses talons frappant les pieds du tabouret où elle était assise.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda enfin Cassie, le cœur un peu serré.

« Vois-tu, » commença Azel en écartant largement les bras, « les Néphélims ont été déchus de tous leurs pouvoirs et sont devenus des démons parce qu'ils avaient abusé des femmes mortelles. Aussi, » ajouta-t-elle en brandissant un index docte, « leur punition est de dépendre à jamais des femmes. Quand … tu as, disons, reçu tes pouvoirs, c'était grâce à un accord tacite entre Azazel et toi. Mettons qu'il t'a mis dans une situation telle qu'à un moment donné, vos désirs, décisions, volontés, ce que tu voudras, » asséna Azel à toute allure, « allaient dans le même sens. »

Cassandra resta silencieuse. Puis elle hocha la tête. Aussi horrible que cela paraisse, au moment où Azazel menaçait de sacrifier Thelma, Cassandra n'était pas convaincue de vouloir mourir à sa place. Après… Tout de suite après, il était trop tard. Thelma s'était jeté sur le démon et Cassandra n'avait plus de choix à faire.

« Bref, il y eu un lien entre vous. Mais c'est lui qui t'as donné quelque chose, » continua Azel à voix basse, « pas toi. Il a recouvré du pouvoir, mais c'est uniquement parce que ton amie a… lui a donné sa vie. »

Azel ausculta Cassie d'un regard compatissant avant de continuer.

« Il n'y a qu'un échange équivalent qui puisse vraiment lier une femme à un Néphélim. »

« C'est à dire ? » demanda Cassie d'une voix calme.

« Les Néphélims tentent de séduire les femmes humaines, mais ils leurs paraissent toujours vaguement répugnants. Crois-moi, en matière de punition, les anges ne sont pas des rigolos ! » s'exclama Azel pour tenter de dédramatiser. « Quand un Néphélim réussit son coup, il propose un pacte à la future sorcière. Pour qu'il soit valide, il faut qu'elle l'accepte librement. Sans contrainte. Le Néphélim et la sorcière sont alors liés pour la vie. Ils puisent leur force l'un dans l'autre. » conclut Azel avec un recueillement solennel. « Pour une raison ou une autre, » ajouta-t-elle cependant, « Azazel ne t'a toujours pas proposé ce pacte. »

« C'est quelque chose de dangereux ? » hasarda Cassie.

« Tout acte de sorcellerie est dangereux. » répondit Azel, revenant à son attitude professorale.

« Ca consiste en quoi, au juste ? » poursuivit Cassie.

« Il y a différente possibilités… » commença Azel, avec une visible répugnance.

« La plupart du temps ? » la poussa Cassie.

« Echange de sang. » lâcha Azel en observant le bouquet de roses rouges posé sur le piano.

Une fois de plus, le silence revint planer sur le salon de musique. Se fut Azel qui s'arracha la première à ses pensées.

« Allez, maintenant, suffit de glander ! » tonna-t-elle en se levant d'un bond. « Où est le Livre ? »

Mais Cassandra était troublée par ce qu'elle venait d'entendre. Durant tout le reste de la séance, elle ne cessait de se questionner : pourquoi Azazel refusait de la transformer en véritable sorcière ?

Quand Azel la libéra, Cassandra aborda enfin le problème qui lui tenait à cœur.

« Azel ? » interrogea-t-elle timidement.

« Quoi donc ? » s'étonna Azel.

« Est-ce que… est-ce qu'Azazel ne me propose pas… enfin, est-ce que tu crois qu'il pourrait faire ça pour me protéger ? » lança finalement Cassie.

« Qu'est-ce que tu entends par là ? » demanda Azel, au comble de la surprise.

« Est-ce que… Est-ce que… » Cassandra se tortillait en fixant le sol, gênée. « Est-ce qu'il pourrait penser… vu qu'il y a un danger… Est-ce qu'il ne veut pas que nous concluons le 'pacte' parce qu'il aurait peur… pour moi ? »

« Tu ne peux pas le reformuler moins clairement ? » fit Azel avec mépris.

« Mais c'est pourtant simple ! » s'emporta Cassie. « Pardon, » rectifia-t-elle aussitôt devant la mine courroucée d'Azel « j'ai du mal… »

« Et si tu me disais juste ce qui te tracasse, hein ? » demanda gentiment Azel.

« Je… » commença Cassie, rougissante. « Je me demande si Azazel … éprouve des sentiments pour moi. »

« Ah, ça c'est sûr, il éprouve quelque chose ! » s'exclama Azel avec malice. « Par exemple, je suis certaine qu'il éprouve régulièrement de l'agacement ! »

« Ne te moque pas de moi » répliqua Cassie dans un sourire contrit, « c'est pas facile à dire… »

« Tu te demandes si ton maître est amoureux de toi ? » résuma Azel.

« En quelques sorte… » admit Cassandra.

« Et qu'est-ce qui te fais dire ça ? » demanda Azel, intriguée.

« Il…euh… » bredouilla Cassie, « il a essayé de m'embrasser. »

« Ah. » fut le seul commentaire d'Azel.

« Alors ? » questionna Cassie, pleine d'espoir.

Azel haussa deux épaules fatalistes.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dises ? Je n'ai pas la moindre idée de ce que ça signifie. »

La consternation envahit les trais de Cassandra.

« Mais, mais… » bégaya-t-elle, « tu ne peux pas me faire ça ! Qu'est-ce que je vais devenir ? Comment… Comment je vais savoir quoi faire ? » cria-t-elle d'une voix affolée.

« Eh ! Moins fort ! » rugit Azel. « Comment veux-tu que je te répondes ? C'est toi qui sais ce que tu veux, personne d'autre ! »

« Ce que je veux ? » répéta Cassie.

« Eh bien oui, tête de linotte ! » la gronda Azel. « Tu veux qu'il t'embrasse ? Ou pas ? »

Cassandra regarda ses mains. Voulait-elle céder à l'attrait qu'elle éprouvait ? Voulait-elle suivre les conseils étouffés de Rachel ? Elle n'était plus sûre de rien.

« Je ne sais pas. » répondit-elle dans un souffle. Elle se sentait au bord des larmes.

« Ca va aller. » dit Azel en posant une main consolatrice sur le bras de son élève. « Ca va aller. » répéta-t-elle. « Tu veux un conseil ? » ajouta-t-elle encore.

Cassandra se contenta de hocher la tête.

Azel prit une grande inspiration avant de répondre.

« A ta place, » murmura-t-elle avec douceur, « je le laisserai faire. » Après une pause, elle ajouta : « Je ne sais pas pourquoi, mais Azazel voit un lien particulier entre vous. Si vous vous embrassez, peut-être pourras-tu enfin le comprendre. » Azel pressa un peu plus le bras de Cassie. « Fais-lui confiance. » conclut-elle dans un souffle.

§§§

« Avec ça, si elle résiste encore, c'est qu'elle est définitivement perdue pour la science ! » lança la voix d'Azel à travers le grenier.

« Cesse donc de t'énerver. » répondit Azazel avec une pointe d'amusement. « Ce qui doit arriver arrivera. »

« Comment peux-tu rester tranquillement vautré ? » interrogea Azel, en se plantant devant le grand fauteuil où Azazel s'était installé. « Zaz, » ajouta-t-elle sans attendre, en le menaçant du doigt, « la chance, ça se provoque. »

« Tu trouves que je ne tiens pas assez compte de tes précieux avis ? » contra le démon, goguenard.

« Je ne vois pas comment tu comptes provoquer quoi que ce soit en restant planqué au fond d'un rocking-chair ! » s'exclama la jeune fille en levant les bras au ciel.

« Cesse donc de t'énerver. » répéta Azazel distraitement. Une poigne puissante le saisit aussitôt par le col de sa chemise. Le démon se retrouva nez à nez avec la sorcière. Un mince sourire se dessina aux commissures des ses lèvres séduisantes.

« Encore un soucis métaphysique, Az ? » demanda-t-il.

« Cesse de jouer au plus con. » gronda Azel. « Tu as misé beaucoup trop gros sur ce coup. Imagine que ça foire… »

« Je pourrais toujours changer mon fusil d'épaule. » rétorqua le démon. « Faire dans la reconversion. Comme avec la précédente… »

« Je n'en suis pas sûr. » coupa Azel. Mais elle relâcha son interlocuteur. « Je trouve que ta relation avec cette nouvelle sorcière est des plus douteuses… »

« Parce que tu te trouves mieux ? » cracha Azazel en rajustant ses vêtements.

« Tu oublies le respect que tu me dois ? » énonça distinctement Azel d'une voix glaciale.

Azazel se passa une main sur les yeux.

« Excuse-moi » dit-il en abaissant un regard de sincère contrition sur la fine adolescente. « Je ne prends pas ça à la légère » continua-t-il sur un ton las, « je t'assure. Ca ne sert à rien de me mettre la pression. » Comme Azel arborait une moue dubitative, il ajouta : « De toute façon ça marchera. Il le faut. »

Azel laissa échapper un gros soupir. Puis, elle se jeta dans le fauteuil.

« Rappelle-moi pourquoi je me suis embarqué dans cette galère ? » demanda-t-elle à la fenêtre.

« Parce que je suis ton meilleur ami ? » répondit Azazel en plaquant sur ses lèvres un sourire exagérément idiot. Azel lui jeta un œil plein de commisération outrée. Le démon tint la pose jusqu'à ce que la jeune fille sourit. Pour masquer sa défaite, elle se releva d'un bond et gagna la croisée. Le soleil mit le feu à sa chevelure.

« Rappelle-moi de ne plus jamais me faire d'ami. » dit-elle d'un ton dépité.

Regagnant son siège, Azazel lui accorda un long regard. Son sourire était devenu pâle et désabusé. L'inquiétude lui arrondit d'abord la bouche, mais il ne parla qu'après de longues secondes de réflexion.

« Az ? »

Azel se détourna de la fenêtre et vint s'agenouiller au pied du démon. Elle levait vers lui un regard concerné.

« Oh, » dit le démon, « cela, ce sont les yeux du cœur… »

« Je suis inquiète. » dit la jeune fille de sa voix flûtée. « Pour vous… et pour mon maître aussi. »

§§§

« C'est à n'y rien comprendre ! » s'insurgeait Cassandra Hugues.

Une rébellion mezzo vocce agitait la chambre de la jeune fille. Il était plus de onze heures, un soir de semaine, et ses condisciples aurait sûrement trouvé à redire si elles l'avaient trouvée en train hurler toute seule en prenant le vide à témoin. Le volume sonore suffisait cependant au fantôme de feu Thelma Bates qui, depuis une demi-heure, essuyait malgré elle les courroux de la demoiselle Hugues.

« Rachel me dit de me méfier, mais Azel me dit de l'embrasser, tu me dis de l'embrasser, même ma mère a voulu me faire promettre de l'embrasser ! Tout le monde est devenu dingue, ou quoi ? Depuis quand est-il recommandé de folâtrer avec des démons psychopathes ? Enfin, ce type a beau être séduisant, c'est un meurtrier, tout de… »

« JE SAIS ! » hurla Thelma, tentant vaillamment d'interrompre la logorrhée. « C'est tout de même moi qu'il a tuée. » ajouta-t-elle avec une pondération inattendue. « Et je dois ajouter, » dit-elle en profitant du choc salutaire qui clouait le bec de son amie, « que je ne t'ai JAMAIS conseillé d'embrasser ce… ce sale truc. » conclut-elle avec un bel aplomb. « Hum » continua-t-elle, bras croisés, mine réfléchie, « j'ai effectivement sous-entendu –sur un mode humoristique, au cas où tu n'aurais pas remarqué- que tu récoltais peu d'avantages à une compagnie si encombrante. Mais à ta place, » reprit-elle en haussant à nouveau le ton, « je préfèrerais me faire couper la langue plutôt que d'embrasser cette erreur de la nature ! »

« Mais alors, qu'est-ce que je dois faire ? » demanda plaintivement Cassie.

Thelma leva les yeux au ciel en joignant les mains, image même du désespoir.

« Mais combien de fois faudra-t-il te le dire ? Fuis ! Voilà ce que tu dois faire ! Renonce à tes pouvoirs et cours le plus loin possible ! C'est tout de même pas compliqué ! »

Mais visiblement, c'était pourtant le cas. Cassandra traînait une figure de condamné en serrant son oreiller contre elle. Désespérée par tant de mauvaise volonté, mais néanmoins amie fidèle, Thelma vint tout contre Cassie. En lui tapotant les cheveux d'une main translucide, elle demanda gentiment :

« Qu'est-ce que tu veux entendre ? »

« Je veux garder mes pouvoirs. » répondit Cassie, en enfouissant son visage dans les plumes comme une gamine capricieuse. « Mais je ne sais pas si je dois me laisser embrasser ou pas. »

« De quoi tu as envie ? » demanda Thelma, encore plus doucement.

« Je… je crois que j'en ai un peu envie. » avoua Cassie à travers l'oreiller.

« Dans ce cas, » murmura Thelma en se penchant sur les cheveux de son amie, « ne laisse pas passer ta chance. »

« Tu crois ? » demanda Cassie en émergeant de son oreiller, deux grosses larmes luisant aux coins de ses yeux.

Thelma eut un regard peiné. Puis elle se redressa, afficha son air le plus gaillard, croisa les bras et dit :

« Ta mère est embastillée chez les-messieurs-en-blanc, ta meilleure copine –et quelle copine !- est morte, tes camarades de classe ne peuvent pas t'encadrer, tu es l'élève d'une dingo, alors fais-moi confiance, si tu refuses ce baiser, ta seule alternative, c'est le suicide ! »

§§§

Bien qu'atroces, les paroles de Thelma avaient réconforté Cassie. Comme d'habitude, son amie l'avait fait rire aux larmes et Cassandra s'était enfin endormie, guère plus décidée quant à sa relation avec Azazel, mais néanmoins bien plus sereine.

L'équilibre avait perduré toute la journée suivante. Cassie avait résolument éloigné le problème de sa pensée, décidant qu'elle aviserait le moment venu – si tant est que la situation qu'elle avait vécu dusse se répéter un jour. Soulagement supplémentaire, elle avait passé une nuit sans rêve ; Cassie n'osait pas espérer être débarrassée du spectre de Rachel MacBain, mais se réjouissait profondément de ce répit.

C'était donc dans un état d'esprit détendu et dispos qu'elle avait découvert la robe. En regagnant sa chambre à la fin de la journée, Cassie avait trouvé une superbe robe ivoire, soigneusement déposée sur son lit. Le tissu soyeux et lourd, l'abondance de dentelles, une légère odeur de renfermé suggérait un vêtement ancien. Cassandra n'était pas une experte, mais les manches longues, la taille haute et cintrée, lui rappelait les silhouettes du siècle précédent. Elle considéra l'objet sous toute ses coutures, se demandant si c'était un cadeau et si oui, qui pouvait le lui avoir adressé. L'espace de quelques instants, un espoir jaillit en elle : et si Thimothy … ? Mais il n'y avait ni mot, ni emballage d'aucune sorte.

Décidant sagement d'attendre quelques jours –c'était peut-être une erreur ?- avant d'essayer ce somptueux vêtement, Cassandra le suspendit soigneusement. Mais elle ne pouvait se lasser de sa vision. Elle ressortit donc le cintre et l'accrocha à une étagère, en face de son lit. Elle s'installa alors commodément, pour contempler sa découverte.

Une sorte de motif, à peine visible, parcourait toute la robe. De loin, Cassandra avait l'impression de petites tâches, comme de toutes petites fleurs rondes. De près, elle ne distinguait plus rien. Intriguée par ce décor secret, Cassandra ne pouvait détacher ses yeux de l'habit. Et finalement, n'y tenant plus, elle s'en revêtit.

L'effet en était des plus agréable. Le tissu avait la douceur du velours et le glissant de la soie. Son poids accentuait sa matérialité sans être désagréable. Les dentelles ressemblaient, en fait, à des broderies ou du crochet et n'étaient nullement irritantes. La jupe tombait bas et formait une petite traîne. Quand Cassandra tournait sur elle-même, elle prenait un joli volume qui allongeait sa silhouette.

Prise d'une humeur romantique à porter pareille robe, Cassandra ressentit bientôt l'irrépressible envie de parcourir le château. Hésitant à peine, elle parcourut bientôt les couloirs les moins fréquentés de Medenham Hall, s'enivrant du plaisir de sentir sa jupe frôler les tapis et glisser sur les escaliers. Par chance, l'école semblait déserte : Cassie ne croisa personne. Mais en fait, peu de pièces gardaient un cachet véritablement ancien. Pour les besoins de l'enseignement, beaucoup de choses avaient été modernisées. Le plaisir de Cassie était sans cesse gâché par un poste de télévision ou un tableau de cours.

C'est donc tout naturellement qu'elle se dirigea vers le salon de musique.

Le lieu où elle avait rencontré Azazel pour la première fois.

Tous les meubles de la pièces croulaient sous les roses rouges. Cassie courut d'un bouquet à l'autre, enchantée. Un rien de changé dans l'atmosphère, derrière elle, la fit se retourner.

« Félicitations. » lui murmura Azazel, dangereusement près, « Ta perception s'accroît de jour en jour… »

Cassandra fut à peine surprise de trouver le démon, et quasiment pas d'entendre une musique s'élever du piano déserté. Quand les mains du démons se posèrent sur elle, elle se sentit distinctement frissonner. Quand ses bras se resserrent pour chercher ses épaules, elle sentit la chaleur l'inonder. Quand leurs poitrine se touchèrent, elle sentit le tissu, pourtant si doux, écorcher l'extrémité de ses seins à vifs.

Et Azazel se pencha sur elle… De plus en plus bas… pour aller embrasser son médaillon. La jeune fille en aurait hurlé de frustration. Mais aussitôt après, des lèvres chaudes comme la braise se refermèrent sur la bouche de Cassandra.

Et alors, l'Enfer s'abattit sur elle.


Kikoo ! Et oui, je vous lâche comme ça sur une fin stressante, comme une méchante fille que je suis !

Bon, je ne suis pas si mauvaise, la preuve : j'ai attendu d'avoir bien entamé le chapitre suivant pour poster celui-ci. Il n'y aura donc (normalement, si Dieu le veut et ses anges me prêtent vie) (et zaussi si mon chef arrête de me stresser à mort en accumulant les conneries TT ) pas trop de temps à attendre avant la prochaine publication. Bon, que ça ne vous empêche pas de laisser une petite review ! Ca me donne mauvaise conscience et me force à bosser.

Bisous à tous ! Merci de m'avoir lu, et un double merci-bisous spécial pour MAX sans qui, il faut le reconnaître, j'aurais peut-être laissé tomber en cours de route.

A peluche !

Cat'