Titre : Hex, l'autre sorcière

Auteur : Vous devinez ? C'est moi !

Disclaimer : Ah, flûte ! C'est comme d'hab' !

Rating : Beaucoup. Ch'tite n'enfants qui lisez ces lignes, je vous conseille de vous arrêter là. La suite est vraiment très vilaine.

Résumé : Cassandra vient de commettre une énorme bétise. Quelles seront les conséquences de son geste ?

Note : MAX, désolée pour t'avoir fait attendre ce chapitre si longtemps ! Cette fois-ci, je n'ai aucune excuse liée au boulot (c'est au contraire très calme), surtout que ce qui suit a été commencé bien avant les vacances ! Mais voilà, je n'étais pas contente de ma formulation, alors il a fallut attendre aujourd'hui pour que je réécrive entièrement ce passage-clef de mon histoire ! J'espère que le résultat sera à la mesure de tes attentes et de la joie que j'ai toujours à lire tes (très) gentilles reviews. Merchi !


Chapitre 9 : Trahisons

Brusquement, le démon relâcha Cassie. La jeune fille tomba sur le sol et vomit aussitôt.

« Eh ben ! » piailla une voix aiguë « Qu'est-ce qu'il aura fallu comme temps pour en arriver là ! »

Un nouveau spasme secoua Cassandra et la bile brûla ses voies respiratoires.

« Il fallait qu'elle soit réellement libre de son choix. » répondit une voix grave.

De longs frissons incoercibles saisirent Cassie. Son corps semblait parcouru de décharges électriques et frappait durement le sol.

« Et elle a librement choisi de s'abandonner à toi. » ajouta une voix aérienne.

Le tremblement finit par s'atténuer et Cassandra se recroquevilla en hoquetant.

Quand le démon s'était emparé d'elle, la jeune fille avait d'abord cru qu'elle s'embrasait. Chacun de ses nerfs, chacune de ses cellules semblait en feu. Elle avait voulu hurler, mais Azazel tenait fermement ses lèvres entre les siennes et emplissait sa bouche d'une chose languide et pâteuse, vaguement écoeurante. Cassie avait été obligée de déglutir, sa terreur avait atteint un nouveau sommet quand elle avait réalisé qu'elle avalait la 'chose' et qu'il s'agissait d'un poison. En vain, elle s'était contorsionnée dans tous les sens, autant pour échapper à la poigne du démon qu'à la douleur que provoquait la substance. Petit à petit, le poison s'était déversé dans ses veines, faisant courir des arcs de souffrance le long des nerfs de Cassandra, jusqu'à ce que toute perception lui échappe. La jeune fille s'était écroulée, pantelante. Mais Azazel n'avait pas desserré son étreinte. Et alors, Cassandra avait vu, ou plutôt, elle avait senti que le démon avait repris sa véritable apparence, son enveloppe maléfique et hideuse, celle qu'il avait lors du meurtre de Thelma Bates. Et alors, ce concentré d'horreur en provenance des enfers avait enlacé sa proie encore plus étroitement et s'était insinué en elle. La pensée du démon s'était faufilée le long de chaque muscle, de chaque nerf, de chaque sensation, mettant à nu le corps de Cassandra plus sûrement qu'en lui arrachant la peau. Ensuite, il était lentement remonté dans son esprit, infiltrant d'abord sa conscience immédiate, puis violant un à un tous ses souvenirs, ses fantasmes inconscients et ses désirs inavoués. Cassandra avait sombré dans la terreur pure.

« C'est qu'elle n'a pas l'air de s'en remettre ! » s'étonna la voix aiguë.

Toujours repliée sur elle-même, Cassandra commença à sangloter.

« Est-ce un effet du médaillon des possessions ? » demanda la voix aérienne.

Les sensations revenaient petit à petit dans le corps de la jeune fille. Elle s'aperçut que quelques longues échardes s'étaient plantées dans ses bras.

« Oui. » répondit la voix grave. « Quand un sujet porte le médaillon, il devient plus perméable à la possession. Celle-ci est plus complète. Donc plus difficile à supporter. »

Cassandra fit péniblement la mise au point. Elle était prostrée sur le plancher du grenier. Le grenier ?

La jeune fille entendit un bruit de pas s'éloigner d'elle et un souffle d'air froid la frôler. Ce simple contact lui fit une fois de plus rejeter de la bile, mais Cassandra recouvra suffisamment d'empire sur elle-même pour tenter de se redresser.

Son regard croisa celui d'une jeune fille en train de l'observer, accroupie à quelques mètres, un sourire mauvais sur les lèvres. Un gémissement incontrôlable monta de la gorge douloureuse de Cassie.

« Bienvenue dans le monde des sorcières ! » répondit Azel Nox en dévoilant ses canines.

Cassandra se mit à hurler et tenta de ramper vers la porte. Mais elle dut s'arrêter presque aussitôt.

« Tu ne peux pas partir. » lui déclara doucement le fantôme de Thelma, en lui barrant le chemin, « maître Azazel veut te parler. »

Cassandra se mit à pleurer, avec des grosses larmes d'enfant. Elle se retourna pesamment vers le fond du grenier. Azazel, revenu à une forme humaine, s'appuyait nonchalamment contre une poutre.

« Est-ce que tu es capable de comprendre ce que je dis ? » demanda-t-il d'un ton indifférent.

Cassandra se mit à pleurer de plus belle, enfouissant son visage dans sa belle robe toute souillée et poussant des cris de désespoir inarticulés.

« Vraiment rien à en tirer. » conclut Azel avec dégoût. Elle se releva en s'époussetant les genoux.

« C'est peut-être le choc ? » suggéra Thelma en se rapprochant de Cassie, pour lui jeter un coup d'œil critique.

« Choc ou pas, elle n'a jamais été très satisfaisante ! » contra Azel. « Honnêtement, Zaz, je ne vois pas pourquoi tu t'es obstiné. A quoi pourrait-elle bien te servir ! »

« C'est une MacBain, » se défendit Azazel, « j'étais obligé de tenter quelque chose. Si elle avait eu les pouvoirs de Rachel ? »

« Hum… » acquiesça Azel à contrecoeur. « Encore que Rachel t'as désobéi, à la fin. Et qu'elle est allée jusqu'à hanter cette pauvre loque, pour la détourner de toi ! »

« Au moins, » dit Thelma, toujours avec une réserve inhabituelle, « Cassandra aura vraiment eu le choix. Rachel et moi avons tout fait pour la détourner de la sorcellerie. »

« C'est bien, fantôme. » répondit Azazel avec gratitude. « Tu as bien rempli la mission pour laquelle je t'ai crée. »

« Le cas Hugues est une réussite d'équipe ! » s'exclama Azel, soudainement très amusée. « Zaz, quand même, ça n'est pas raisonnable. » ajouta-t-elle. « Tu te rends compte de l'énergie que tu as dépensé pour parvenir à tes fins, avec celle-là ? Bon sang, tu es allé jusqu'à impliquer sa mère ! »

« Lilith est une sorcière à moi, » répondit placidement le démon, « je ne vois pas ce que ça me coûtait de lui faire donner le médaillon des possessions à sa fille. »

Les pleurs et les cris de Cassie augmentèrent de plus belle. Alors, non seulement Thelma l'avait trahie, mais sa propre mère également ? Cassandra aurait voulu mourir immédiatement. Toutes les souffrances qu'elle avait subit entre les bras d'Azazel lui semblaient peu de choses, comparé aux douloureuses révélations qu'elle endurait depuis quelques minutes.

« Elle n'a pas l'air d'être plus docile. » constata timidement Thelma.

« On ne va quand même pas l'attendre cent sept ans ! » tempêta Azel.

« Mais, maître Azazel doit lui donner ses ordres… » commença Thelma.

« C'est une raison pour supporter ce boucan ? » cracha Azel.

« Tu es toi-même assez bruyant, quand tu t'emportes… » remarqua Azazel, avec une nonchalance amusée.

« Et tu préfères la stéréo ? » railla Azel. « Le spectre a raison, cette idiote n'a pas l'air près de se calmer. Tu pourrais la maîtriser et lui balancer les consignes, qu'on en finisse ! »

Azazel eut un haussement d'épaule fataliste. Mais au même instant, Cassandra sentit tout son corps se tendre, tandis que le démon en prenait le contrôle. Le sentiment d'être irrémédiablement marquée, salie, déchue, s'imposa à elle. Azazel avait de la jeune sorcière un être à sa ressemblance. Cassandra comprit soudain pourquoi les femmes qui se livraient aux Néphélims devaient le faire de leur plein gré : de même que ces anciens anges avaient eu le choix entre l'enfer et le paradis, une femme ne pouvait devenir sorcière que si elle choisissait volontairement la damnation. Deux lourdes larmes piquantes perlèrent aux coins des yeux de Cassie, malgré la main de fer qui contraignait sa chair.

Mais il n'y eut rien de plus. Cassie était assise, bien droite, les mains à plat sur ses cuisses et fixait Azazel sans bouger d'un cil. Le démon s'éclaircit la gorge, s'installa confortablement dans le grand fauteuil qui trônait au milieu de la pièce et débuta une histoire tout en fixant ses ongles, avec sa langueur habituelle.

« Il existe un ange… Il se nomme Sidriel. C'est… » le démon soupira « … enfin, peu importe. Il change d'apparence aussi bien que n'importe qui. Sidriel vit parmi les hommes, en ce moment. Ce qui me convient tout à fait. » Azazel cueillit une rose rouge dans un repli de son siège et en huma le parfum. « Je souhaite que tu le tue. » conclut-il avec un geste négligent.

La pression exercée sur Cassandra disparu, faisant chanceler la jeune fille. Mais Cassie resta muette, les pupilles dilatées, stupéfaite. Azazel voulait qu'elle… ? Incapable de se représenter la portée d'un tel crime, la personne sur laquelle il devait s'exercer, ou encore le moyen de le perpétrer, le cerveau de Cassandra se refusait à admettre l'information qu'on venait de lui fournir.

Azel poussa un lourd soupir.

« Elle n'y arrivera pas. » déclara-t-elle avec une sobriété inattendue.

« Tu n'en sais rien. » répondit simplement Azazel.

« Tu sais à qui tu parles ? » répondit Azel avec colère. « Et quand bien même ! Il n'y a pas besoin de connaître l'avenir pour voir qu'elle est incapable d'égratigner Sidriel ! »

« Elle est relativement puissante, non ? » interrogea Azazel avec détachement.

« Aucun rapport ! » hurla Azel. « J'ai peur qu'elle ne vous mette en danger. » ajouta-t-elle sur un ton contenu.

« Je tiens trop aux plaisirs de la vie pour risquer quoi que ce soit. » dit Azazel, le regard perdu dans la contemplation de sa rose.

« Ah oui ? Et qu'est-ce que tu vas faire, Zaz, quand Sidriel se rendra compte qu'une sorcière à toi lui courre après ? » répliqua Azel, d'un air menaçant. « Tu lui expliqueras calmement que tu n'es au courant de rien ? »

« Pourquoi veux-tu qu'une telle chose arrive ? » demanda Azazel avec douceur.

« Il est impossible qu'une sorcière aussi inexpérimentée ne se fasse pas repérer… » commença timidement Azel, les yeux baissés. « C'est de la folie, un point c'est tout ! » reprit-elle en criant et en ouvrant les bras, dans un geste théâtral.

« Peut-être… » dit timidement Thelma.

« Oh, toi, la marionnette, tu la boucles ! » la rembarra Azel. « Tu n'existes pas vraiment, alors c'est pas la peine d'essayer de faire comme les vivants ! » Sans prendre le temps de souffler, elle se retourna vers le démon, joignant les mains en un geste inquiet. « Maître Azazel… »

« Il ne faut pas… » commença celui-ci avec un geste las.

« Zaz ! » le coupa Azel en rugissant. « Tu ne peux pas… »

« CA SUFFIT, MAINTENANT ! » tonna Azazel en sautant de son fauteuil. « On ne s'entend plus penser, ici ! »

Azel eut un geste de dépit, mais n'ajouta rien. Elle se contenta de traverser le grenier. Cassandra aperçut l'éclat de lumière d'un miroir poussiéreux juste avant qu'Azel ne pose ses mains dessus. L'adolescente paraissait très contrariée, mais elle ferma les yeux et posa son front sur le verre, le corps détendu, comme pour retrouver son maîtrise d'elle-même. Puis elle expira lentement et fortement, avant de se détacher du miroir. Cassandra sursauta. Aussi sûrement qu'Azel avait les cheveux sombres, ceux de son reflet étaient blonds ! Mais Cassandra n'eut pas le temps de se remettre de son émotion car, tandis qu'Azel reculait toujours, face au verre, son reflet sortit du miroir ! Et quand Azel et le reflet revinrent vers le centre de la pièce, Cassandra sentit son cœur se figer comme une pierre dans sa poitrine : le reflet n'était autre que Thimothy.

Mais un Thimothy version 3.1, un Thimothy boosté aux hormones, un Thymothy branché sur centrale nucléaire ! Un rien plus petit que le garçon qu'elle avait connu, les cheveux aussi blonds que les foins d'août, les muscles roulant souplement sous la peau, les yeux verts si brillants que Cassandra les distinguaient à dix mètres, ce nouveau personnage irradiait littéralement. Au point que la jeune fille n'était plus certaine de le reconnaître. Une réflexion ridicule – et si le soleil était soudainement apparu dans le grenier ? – lui traversa l'esprit une seconde. Elle se retourna immédiatement vers Azazel. Elle avait senti le démon sourire. Et le sourire d'Azazel s'élargit un peu plus à la réaction de Cassandra.

« Il ressent ce que je ressent » se dit la jeune fille, « et moi aussi ! Et le pire, c'est qu'il sait que je suis en train de penser CA ! »

Azazel fronça le nez en une moue espiègle, mais il se contenta de désigner de la main le compagnon d'Azel.

« Mon camarade, Azraël » le présenta-t-il, « le maître d'Azel. Depuis qu'elle est sa sorcière, ils passent beaucoup de temps ensemble. » ajouta-t-il sobrement.

Cassandra sentit un cri incontrôlable monter en elle. Mais Azazel verrouilla ses cordes vocales, avant de se désintéresser d'elle.

« Ne change pas de sujet, Zaz » commenta Azraël d'une voix de ténor grondante. Azel restait sagement en retrait derrière lui, une expression distante sur le visage. Comme Azazel ne répondait rien, Azraël fourragea dans ses boucles avec nervosité. Azel posa une main apaisante sur son épaule et le démon l'enlaça de son bras libre, d'un geste automatique, sans la regarder.

« Zaz. » reprit encore Azraël sur un ton plus bas et menaçant. « Ne fais pas une connerie pareille. N'envoie pas cette fille à Sigriel. » Azel leva un regard triste sur Azazel. Mais le démon ne répondait toujours pas, se contentant de fixer dans les yeux son 'camarade'.

« Zaz ! » cria ce dernier, en repoussant Azel. « Zaz, bon sang ! » continua-t-il, fonçant sur Azazel pour l'attraper par les revers de sa veste. Thelma cacha sa tête dans ses mains, tandis qu'Azel suivait son Néphélim à quelques pas, comme une ombre soumise. Azazel laissa planer quelques secondes de silence supplémentaires, puis il se passa une main sur les yeux et se mit à rire. Ce rire soudain claqua comme un coup de fouet aux oreilles de Cassandra, qui sursauta violemment.

« Az, mon belliqueux ami, » répondit enfin Azazel tout en se dégageant, avant de se laisser retomber dans son fauteuil, « je ferais très exactement comme je l'ai décidé. Et grâce à ton aide, » ajouta-t-il un peu plus fort, en levant une main pour prévenir l'interruption d'Azraël et d'Azel, « je suis tout à fait persuadé que Cassandra saura exécuter mes ordres. »

Azraël et Azel retournèrent un même regard méprisant à la jeune sorcière. Cassie sentit à nouveau des larmes dérouler leurs arabesques sur ses joues.

« N'est-ce pas, Cassandra ? » ajouta Azazel avec un sourire plein de tendresse hypocrite.

Cassandra ne voulait plus rien entendre, plus rien savoir. Elle ne voulait plus que quiconque entende ses pensées ou muselle sa voix. Elle voulait dormir, ou se tuer, au choix. Elle acquiesça douloureusement de la tête, uniquement préoccupée par le moyen de s'enfuir le plus vite possible.

« C'est bien. » murmura Azazel.

Azraël sembla sur le point d'ajouter quelque chose. Mais il se retint et se contenta de hausser dédaigneusement les épaules, avant de retourner enlacer Azel dans un geste plein de sensualité – une sensualité que Cassandra avait la désagréable impression de reconnaître. Mais ça même la révélation de cette nouvelle tromperie lui importait peu. Elle voulait partir. Elle sentait qu'ils allaient la laisser partir. Peut-être devait-elle partir d'elle-même ? Mais, avant qu'elle ait esquissé un geste, une volonté extérieure la cloua sur place.

« Pas encore. » sussura Azazel. « Il faut encore que tu saches que, pour mener à bien ta mission, tu pourras compter sur le fantôme que je t'ai crée, ainsi que sur… »

« Il n'en est question ! » hurla Azraël, tandis qu'Azel répondait ombrageusement : « Cela ne me parait pas possible… »

« Du calme, du calme » psalmodia Azazel avec un geste d'apaisement en direction du démon et de la sorcière nichée contre son épaule. « Az, tu ne vas pas me laisser tomber maintenant… »

« Il ferait beau voir ! » cracha Azraël, tout en remontant une main sur les seins d'Azel, « C'est toi qui cherches les emmerdes, mais c'est moi qui devrait essuyer les plâtres ? On lui a payé une formation, à ta sorcière ! Qu'elle se débrouille ! »

« Maître Azazel, » ajouta doucement Azel de sa voix cristalline, en glissant une paume protectrice sur la poitrine de son Néphélim, « vous ne pouvez pas mettre en danger maître Azraël de cette façon. »

« Depuis quand » répondit Azazel d'une voix unie, « vous privez-vous du plaisir… » Le démon laissa s'installer un blanc, le dernier mot résonnant dans l'air paisible du grenier, « … du plaisir de vaincre l'un de ces blancs emplumés ? »

Azraël et Azel laissèrent passer un silence gêné. Cette gêne cadrait formait un contraste surprenant avec leur attitude : ils ne cessaient de s'écraser l'un contre l'autre. Mais, au-delà des voiles que la douleur et l'ahurissement imposaient entre sa conscience et le monde, Cassandra percevait que l'esprit du démon et de la sorcière étaient focalisés sur leur conversation avec Azazel. Les marques de tendresse et de désirs qu'ils échangeaient avec la dernière impudeur ne paraissaient les concerner en rien. Ainsi, quand le démon enfouit sa bouche dans le cou de la sorcière, sa réponse resta extrêmement claire.

« Si c'est réellement nécessaire, elle pourra toujours venir nous voir » lâcha-t-il, tandis qu'Azel s'accrochait à ses épaules. « Mais elle a sérieusement intérêt à cravacher. » conclut-il sur un ton dégoûté, avant qu'Azel ne passe les mains sous son pull.

« Bien, bien. » répondit Azazel en quittant son fauteuil pour se diriger vers la porte.

Mais les deux amants avaient succombés et ne l'écoutaient plus, occupés uniquement d'eux-mêmes. Au moment où Cassie se sentait rougir, son corps se leva brutalement et la dirigea rapidement vers la porte. La jeune fille n'eut que le temps de voir le fantôme de Thelma traverser le mur avant de se retrouver derrière le battant, vivement refermé sur la scène du grenier.

« Il faut leur pardonner, » chuchota Azazel dans son oreille, sur un ton légèrement coquin, « ils n'ont pas souvent l'occasion de se voir face à face. »

Et l'instant suivant, Cassandra se retrouva dans le salon de musique, seule.

§§§

Les rayons obliques de l'aube faisaient jaillir des carreaux du grenier de grandes éclaboussures iridescentes. La journée s'annonçait magnifique, sur Medenham Hall. Appuyé sur l'une des fenêtres et scrutant l'extérieur avec son détachement habituel le Néphélim Azazel tournait le dos à la sorcière Azel Nox, écroulée dans le fauteuil d'une manière fort peu élégante.

« Alors, Az, qu'en penses-tu ? » demanda Azazel. « Jusque-là, mon stratagème fonctionne comme prévu, n'est-ce pas ? »

Azel Nox poussa un profond soupir.

« Je sais, Zaz. Je sais. » acquiesça-t-elle avec la voix du démon Azraël. « Mais je te répondrai la même chose que la dernière fois : je n'aime pas ton plan. »

« Je ne l'aime pas du tout. » ajouta-t-elle encore, après un moment de silence.


Voilà ! Fin de ce neuvième chapitre, qui marque le tournant de mon histoire – je ne sais pas encore combien de pages il me reste à écrire, mais on se rapproche rapidement du dénouement.

Enjoy !

Catyline