Disclaimer : Tout est à JKR bien sur...
Voilà mon premier chapitre, j'éspère qu'il vous plaira !
J'ai eu trop de mal à le mettre, le site beuguait comme chais pas quoi, mais maintenant il est là, c'est le principal !
Bonne lecture...
Chapitre 1 : Le début Petite chronologie des personnages de ce chapitre – année 1970
Première année : Lily Evans, Eileen Adams, James Potter, Sirius Black, Peter Pettigrow, Remus Lupin, Vera Owen, Severus Rogue
Deuxième année : Alice Grant, Erin Patil
Quatrième année : Clare Adams
Cinquième année : Narcissa Black
Septième année : Andromeda Black
Journal de Lily Evans
2 juillet 1970
Cette nuit, un hibou est venu sonner à notre porte. Et je crois que c'est la chose la plus insolite que j'ai jamais écrit de ma vie. Toujours est-il que cette nuit, à l'heure où tout le méridien de Greenwich passait de du 1er au 2 juillet 1970, la sonnette a retenti chez les Evans. Et elle ne s'est pas arrêté. Après un grognement de frustration général, mon père (ce héros !) s'est levé pour ouvrir. Et il est revenu avec, sur son bras hyper-crispé, un gigantesque hibou avec une lettre plantée dans ses serres. What's the point ???
Ma sœur : « AAAAAAAAAaaaaaaaaaahhhh !!! Mon Dieu mais c'est QUOI, ce truc ???? »
Ma mère : « Inspire, respire, inspire, respire… »
Mon père : « Je sens plus mon bras. »
3 heures plus tard, on avait arraché sa lettre à l'oiseau pourtant pas franchement enthousiaste au début, et on avait foutu l'intrus dehors à grands renforts de coups de poêle à frire. Et là, que vois-je ?
Sur l'enveloppe, écrit à l'encre verte d'une écriture pointue et allongée, Lily Evans eut la surprise de lire son propre nom. Et son adresse.
Miss Lily Evans
6, Preston Ave
Yawnington
West Sussez
Elle regarda tous les membres de sa famille les uns après les autres, attendant leur consentement. Sur le visage de sa sœur, Pétunia, elle ne lut que la surprise, l'étonnement le plus sincère. Sur celui de son père, la douleur (sans doute causée par son bras un peu entaillé), mais aussi l'excitation. Toutefois, ce fut l'expression de curiosité, de douceur et d'encouragement de sa mère qui décida Lily Evans à ouvrir cette maudite lettre. Et à lire du début à la fin ce qu'il y avait écrit, de la même écriture aiguisée que celle de l'enveloppe, du même encre émeraude.
Je n'en croyait pas mes yeux. D'ailleurs, je n'y croyait pas tout court. J'ai éclaté de rire en renversant la tête en arrière, d'un rire hystérique que bientôt je ne contrôlai plus. Ma voix dérailla et s'envola haut, très haut. Quand enfin elle se décida à revenir sur Terre, ce fut pour me laisser admirer la magnifique expression qu'affichaient les membres de ma famille. Ils semblaient tous se dire : « Cinglée, elle est définitivement cinglée. On lui saute dessus ou on va chercher la camisole de force ? ».
« Tu vas nous la lire cette foutue lettre ou il va falloir te l'arracher des mains ? »
Mais, visiblement, Lily Evans n'était pas disposée à déclamer la prose qui lui avait été destinée puisqu'elle se laissa prendre des mains la précieuse missive. Ce fut Pétunia qui la lut. Pétunia dont les yeux s'agrandirent au fur et à mesure que sa voix se brisait, pour finalement ne laisser entendre qu'un murmure : « Ce n'est pas vrai, n'est-ce pas ? » La lettre passa des mains de Pétunia à celles de sa mère, qui elle-même, la donna à son mari. Celui-ci pâlit. Verdit. Rougit. Bleuit.
Papa m'a rendu la lettre. Ils avaient tous l'air stupéfait – il y avait de quoi ! – et abattu. Aucun ne me regardait en face. A les voir, on aurait dit que tout ça était vrai. J'ai décidé de lire la lettre avec un accent comique ou quelque chose comme ça pour les ramener à la réalité. Ce truc ne pouvait être qu'un vaseux canular.
COLLEGE POUDLARD, ECOLE DE SORCELLERIEDirecteur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la confédération internationale des Mages et Sorciers.
Chère Miss Evans,
Nous avons le plaisir de vous informer de votre statut de tout nouveau membre de la Communauté Sorcière de Grande-Bretagne. Vous bénéficiez donc d'une inscription au collège de Sorcellerie Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité et une explication détaillée de l'accès au Chemin de Traverse ainsi qu'au Quai 9 ¾.
La rentrée est fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, chère Miss Evans en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe
« Vous voyez, ce n'est qu'une blague, un canular, une mauvaise farce… Vous m'entendez ou quoi ? »
Silence.
« Pétunia ? Pétunia, tu ne crois quand même pas ce que cette prétendue bonne femme raconte ? Ce n'est qu'un ramassis de bêtises. »
Silence.
« Pétunia ? »
« Ne me touche plus jamais. Je ne veux plus jamais avoir affaire à toi. Tu n'es plus ma sœur. »
Pétunia est sortie de la salle à manger. Je n'ai même pas entendu sa porte claquer, je ne l'ai même pas entendu pleurer quand je suis retournée dans ma chambre après que mes parents m'ai conseillé d'aller me coucher. Non. Elle n'a pas versé une larme. Elle m'a juste effacé de sa vie, comme ça, d'un claquement de doigts. Je ne suis plus sa sœur. Elle n'a plus de sœur.
Je suis une sorcière.
Journal de Eileen Adams
2 juillet 1970
Ca y'est ! Je l'ai reçu ! J'ai reçu ma lettre pour Poudlard ! Je suis si heureuse ! C'est pour de bon, moi, Eileen Adams, je suis une sorcière ! Maman et Clare ne voulaient pas le croire au début, elles avaient toujours pensé que j'étais une Cracmol. Mais non ! Je suis une sorcière, une vraie, et je serais à Gryffondor ! Pourtant, quelque chose gâche mon bonheur…
Eileen Adams était la cadette d'une fratrie très hétérogène. Son demi-frère, Andrew, âgé d'au moins 30 ans et qu'elle ne voyait qu'une fois par an car il habitait à Pétaouchnok, en était l'aîné. Suivaient une sœur adoptive avec une case en moins, un chien de berger que ses parents considéraient comme leur troisième enfant, et Clare. Clare, la belle Clare, la brillante Clare. Clare qui avait trois ans de plus qu'elle, qui réussissait tout trois fois mieux qu'elle et que ses parents aimaient trois fois plus. Clare et ses longs cheveux bruns, Clare et son corps de déesse, Clare et ses sortilèges parfaits. Clare qu'elle adulait mais qui la méprisait. Clare.
Et puis il y avait elle, Eileen, la petite dernière, très enrobée, ne montrant aucun signe de magie jusqu'à ce jour – sauf si on compte la fois où elle avait accidentellement casser le vase du salon alors qu'elle prenait son bain cinq étages au dessus.
Mais je ne suis pas importante, alors pas la peine de parler de moi pendant trois heures. De toute façon, en général, les gens ne me voient pas. Je suis transparente. Enfin la plupart du temps…Parce que ce matin, ça ne m'aurait pas déplu d'être transparente ! Pas que je ne m'y attendait pas, mais bon, quand ça arrive…
Ce matin, Eileen Adams avait reçu sa lettre de Poudlard. Mais cela n'avait pas fait le bonheur de toute la famille.
Quand Clare a vu le hibou grand-duc du collège arriver elle a tout de suite sauté de joie. Forcément, c'était pour elle. Mes pires craintes semblaient alors se confirmer : j'étais la seule Cracmol depuis des générations dans ma famille. Même Debtiba est une sorcière, et elle n'est pas allée à Poudlard qu'à cause de son cerveau détraqué. Mais moi, non. J'étais condamnée à regarder Debby faire cuire des pâtes sans avoir besoin de gazinière et Clare transformer des sofas en mammouth à poil dur d'un coup de baguette magique pour le restant de mes jours, et sans jamais pouvoir en faire autant. Du moins c'est ce que je croyais jusqu'à ce matin, jusqu'à ce que la lettre arrive.
Clare s'était ruée vers la fenêtre et avait quasiment arraché la missive des serres de l'oiseau, qu'elle avait, après cela, jeté du cinquième étage comme une vulgaire chaussette sale (Nda : bon ok, vous jetez pas des chaussettes du 5ème étage et les oiseaux ça vole ! mais quand même rooo) et avait ouvert l'enveloppe avec une expression avide sur le visage. Mais dès le premier mot, elle grognait en direction de sa mère :
« Je n'y croit pas ! Ils se sont trompés de nom ! Comme si on pouvait m'abaisser à me comparer à…elle ! »
Mais comme Maman ne répondait rien, Clare a claqué des doigts et notre vieil elfe de maison, Honny, apparut.
« Que vois-tu d'écrit ici, Honny ? » a demandé Clare.
Honny a répondu qu'il lisait mon nom, mais en voyant l'air menaçant de ma sœur, il s'est vite rattrapé en disant : « Mais ma vue est mauvaise, Miss, il est possible que je me trompe. »
Le flot d'espoir qui était né au fond de mon ventre disparut.
C'est à ce moment là que Maman s'est manifestée. Elle s'est levée du canapé noir d'un gracieux mouvement et s'est dirigé vers nous dans un claquement de talons hauts, toujours de son pas élégant. Ma mère est très belle. Elle a beau me faire peur, je l'admire. Elle a de très long cheveux bruns et bouclés, de grands yeux noirs, des jambes fines et une taille de guêpe. Clare en est sa réplique parfaite.
Circée Adams passa devant sa cadette sans lui accorder un regard, se saisit de la lettre officielle et la parcourue du regard.
« Et bien, il semblerait que je n'aurais plus à supporter cette plaie. C'est une sorcière finalement. »
La voix dure de sa mère blessa plus Eileen que le contenu de ses paroles. Elle était une sorcière, mais sa mère s'en fichait. Petite fille, elle avait toujours été complexée par son manque d'aptitude magique. Mais depuis quelques années elle s'était raccrochée à l'espoir que, si un jour elle entrait à Poudlard, sa famille serait fière d'elle. Apparemment elle s'était trompée.
Clare s'est mise à pleurer nerveusement et à crier : « Je ne veux pas d'elle avec moi ! Je ne veux pas qu'elle entre à Poudlard ! »
Je ne lui en veux pas. Après tout, ça ne doit pas être drôle d'être ma sœur. Je sais parfaitement que je lui fait honte.
Maman l'a rassuré en lui disant que, de toute façon, je ne serais pas à Gryffondor, comme elle, je n'étais vraiment pas courageuse. Clare n'aurait qu'à prétendre que j'étais sa cousine germaine, ou quelque chose comme ça, et elle n'aurait pas trop de mal à m'évincer.
Je me suis doucement approchée d'elle, pour lui dire que je ne dirais rien, je pourrais même faire semblant de ne pas la connaître. Mais elle ne m'a pas répondu. Je ne sais pas si j'ai très envie d'aller à Poudlard finalement…
Le 10 juillet 1970
Chère Olga,
J'ai reçu ma lettre pour Poudlard. Je ne sais pas si je dois être heureuse ou pas. Tante Abigail va m'emmener sur le Chemin de Traverse le 1er Août. Ou plutôt, elle va me faire emmener par un de ses gardes du corps, comme d'habitude. Pas question de se risquer dehors, elle pourrait se faire repérer par un de nos anciens « amis » et être découpé à la scie à bois, puis être jetée dans un marécage enfermée dans un coffre à jouet. Elle pourrait, c'est sur.
Je ne sais pas trop quoi penser. Est-ce une bonne nouvelle d'aller à Poudlard ? Surtout que j'ai un an de retard, et ce, dès la première année ! Tout ça parce que ma tante avait peur que j'y entre l'année dernière. Quelle idée ! Poudlard est l'endroit le plus sur du monde ! Remarque, c'est sans doute à cause de mes parents qu'elle ne voulait pas : on ne peut pas dire qu'ils étaient de grands amis de Dumbledore…
J'ai mis un an à convaincre Tante Abby que je POUVAIT aller à Poudlard. Pas question de reculer maintenant. Comme disait l'autre, quand la potion est tirée, il faut la boire ! Je t'écrirais lorsque je serais là-bas.
Amitiés,
Vera.
Le 25 juillet 1970
Chère Grand-Mère,
Comment vas-tu ? Moi je vais très bien, j'ai reçu ma lettre pour Poudlard. Je serais bien sur à Gryffondor, la meilleure des maisons comme tu le sais. J'irais sur le Chemin de Traverse dans environ 15 jours, et Maman te demandes si tu pourras être là : elle a à te parler mais elle ne peut pas le faire n'importe où ( ???). Comment va Grand-Père ? Papa va bien, il me dit de te dire qu'il sera là aussi pour aller à Londres.
Grosses Bises,
James.
p.s. Merci pour ton cadeau d'anniversaire, les Chocogrenouilles étaient très bons. Par contre, Maman n'a pas apprécié le Souaffle rebondissant et te conseille de garder pour toi des cadeaux « dans ce genre là » si tu ne tiens pas à la voir « péter les plombs avant l'âge ».
Le 7 août 1970
Cher Monsieur Edman,
Je vous écris dans l'intention de réserver votre chambre double la moins chère du 15 août au 1er septembre. Cette réservation s'effectuera au nom de Mrs Ethel Lupin. En vous adressant mes plus sincères remerciements,
Ethel Lupin.
Severus Rogue était assis sur son lit, sa baguette tout neuve à la main. Erable, 25 centimètres, garnie d'un nerf de Dragon des Crêtes Blanches à Neuf Langues. Baguette excellente pour l'ancienne et puissante magie. Son possesseur en dépendra sûrement très vite après avoir commencé à l'utiliser. En tout cas, c'est ce que lui avait affirmé Mr Ollivander, chez qui il avait acheté cette petite merveille. Car oui, sa baguette était magnifique. D'un bois roux et brillant, lisse, qui frémissait presque sous ses doigts. Il était réellement fou de sa baguette et brûlait de l'utiliser. Mais de là à en devenir dépendant…Lui, Severus Rogue, aimer quelque chose au point de ne pas pouvoir s'en passer ? Jamais ! Il n'appartenait à personne, et surtout pas à un bout de bois, aussi joli et attirant fut-il. Jamais il ne serais esclave de quelqu'un. Mais il n'empêchait que cette baguette pourrait se révéler bien utile…
Severus se doutait bien qu'il ne serait pas aimé à Poudlard. Son apparence était plutôt repoussante avec ses longs cheveux noirs, ternes, sans saveur, sa petite taille, son dos courbé, sa démarche peu élégante. Son intelligence ne rattraperait pas ses penchants maléfiques, et son goût pour la magie noire risquerait d'en repousser plus d'un. Mais Severus s'en fichait. Il se moquait éperdument d'être rejeté parce que ses livres de chevet s'appelaient plus volontiers Exploiter votre côté le plus sombre à des fins maléfiques (en 7 volumes) que Apprivoiser son rat à pois pourpres en quatre leçons et demi. Il n'avait que faire d'être persécuté par ses camarades parce qu'il savait qu'il saurait se défendre et les faire payer. Etre seul en permanence le laissait indifférent. Il aimait la solitude.
Sa mère était si fière qu'il aille à Poudlard ! Quelle stupidité. Poudlard ne lui servirait à rien, à part à avoir des diplômes et à se ramollir la cervelle. Mais Poudlard était également le seul moyen d'obtenir légalement une baguette magique quand on n'était qu'un sorcier de Premier Cycle. C'est grâce à ce collège pour Sang-de-Bourbe qu'il avait obtenu ce merveilleux instrument. Merci Poudlard…
Et il mourrait d'envie de s'en servir…D'ailleurs la baguette aussi désirait fonctionner, il le sentait en la caressant de ses longs doigts noueux.
« Courage ma belle, dans deux semaines, tu pourras t'en donner à cœur joie… »
Le 16 août 1970
Cher Druella,
Je me dois de t'annoncer que Sirius est accepté à Poudlard, il a reçu sa lettre il y a environ un mois.
Evidemment, il ira à Serpentard, comme toute la famille avant lui. Depuis que le vieux Dumbledore est arrivé à la tête de cette école, être envoyé dans la plus noble maison est non seulement un honneur mais aussi une chance : la seule de résister à l'influence de cet amoureux de modus, Sang-de-Bourbe et compagnie.
Je comptais faire emmener ton neveu sur le Chemin de Traverse dans la semaine, mais je suis invitée à un congrès sur le dressage des elfes de maisons. Tu ne sais que trop bien comme je chéris ce genre de rendez-vous, qui, qui plus est, n'arrive qu'une fois tous les 7 ans et 3 mois. Je crois savoir que Narcissa et Andromeda ne s'y sont pas encore rendues non plus. Accepterais-tu de leur confier Sirius ?
Mes amitiés à Cygnus, tu lui diras de ma part que j'approuve entièrement son choix concernant Alphard.
Walburga Black.
Le 18 août 1970
Mon Erin,
Comment vas-tu ? De mon côté, tout va pour le mieux. Papa en bien meilleure santé depuis lundi dernier, il ne tousse presque plus. Il m'a promis qu'il m'emmènerait au magasin de Quidditch dimanche, après être allés acheter mes fournitures scolaires ! J'aimerais également me rendre chez le coiffeur, mais je ne peux pas y aller avec lui…en tout cas, c'est ce que je lui ai fait croire ! Ainsi, nous pourrons nous voir sans problème et choisir également nos robes ensemble. N'est-ce pas une bonne idée ? Je te propose de nous retrouver samedi prochain devant le salon de coiffure de Mrs McMillan aux alentours de trois heures de l'après-midi. Qu'en penses-tu ? J'attends Mimbulus avec ta réponse. Je t'embrasse,
Alice, ton amie pour toujours.
Peter Pettigrow n'arrivait pas à dormir. Il était maintenant plus de minuit et cela faisait des heures et des heures qu'il se retournait dans son lit sans pouvoir trouver le sommeil. Il transpirait à grosses gouttes, emmitouflé dans des dizaines de couvertures en plein été et son angoisse croissant au fur et à mesure que les minutes passaient. Le tic-tac de son réveil devenait de plus en plus oppressant, les bruits de la ville, dehors, semblaient se faire plus discrets, et le silence le terrifiait. Il aurait tant voulu dormir, dormir et ne plus se réveiller, par pitié. Il aurait presque souhaité mourir, mais la mort lui faisait trop peur pour qu'il désire l'affronter. Penser à demain lui compressait l'estomac, coupait sa respiration, engourdissait ses membres et le faisait trembler de la tête aux pieds. C'est pourquoi il ne voulait pas penser à demain. Sa mère lui avait pourtant dit qu'il n'y avait rien à craindre, que tout se passerait bien, qu'il se ferait très vite des amis, charmant comme il était. A chacun de ses arguments, tous plus pessimistes les uns que les autres, elle avait trouvé des réponses, et cela pendant tout l'été. Elle s'était cependant agacée, il y a trois jours, lorsque Peter s'était lamenté une fois de plus sur son admission à l'école de Sorcellerie la plus réputée du monde.
« Bon sang, Peter, avait-elle dit, tu es un sorcier, et cet Albus Dumbledore te donne la possibilité d'exploiter ce don ! Il y a des centaines d'enfants qui vendraient père et mère pour être à ta place ! Alors fait honneur à cette faveur que l'on t'accorde, et remue-toi mon garçon ! »
Quand il avait prétexté que son statut de sorcier ne s'était jamais manifesté, et que, par conséquent, il était tout à fait possible que ce Mr Dumbledore ce soit trompé sur son compte, elle n'avait pas répondu. Elle s'était contenté de hausser les épaules avec un air dédaigneux, et, tournant les talons, était retournée à ses occupations.
Pourtant, Peter savait que sa mère aussi avait peur. Peur de le perdre, peur de le voir partir, mais aussi peur de ce monde, de son monde désormais. Cet avenir incertain allait-il les séparer ? Tout comme lui, Mrs Pettigrow le craignait. Il avait bien remarqué qu'elle tiquait quand il abordait le sujet de Poudlard, chose qui arrivait de plus en plus souvent au fur et à mesure que la date du 1er septembre approchait.
Peter sursauta. On était le 1er septembre : son réveil indiquait 4h01 ! Dans sept heures, il serait à bord du Poudlard Express. Dans sept heures, il ne pourrait plus reculer. Il serait définitivement un sorcier.
Chez Cygnus et Druella Black, la tension était à son comble. Enfin, à la façon Black bien entendu, car si une famille était célèbre pour son sang-froid, c'était bien celle là. Dans le hall de l'immense et très ancienne maison de famille, un nombre impressionnant de malles, de cages à oiseaux et d'étuis à balai s'entassaient. A côté de cet ensemble de bagages hétéroclites, sur les marches du grand escalier de marbre, trois jeunes filles étaient assises. L'une était brune, avait des traits d'une grande beauté; elle portait une robe noire qui lui seyait parfaitement. Elle ne semblait pas avoir plus de vingt ans. La seconde, adossée à la rampe de l'escalier, avait de longs cheveux aussi noirs que ses yeux, mais, contrairement à sa sœur aînée, il dégageait de sa personne une chaleur et une joie de vivre puissantes. Elle était vêtue d'un simple corsage jaune et d'une jupe assortie, mais la simplicité de cet ensemble lui donnait l'air encore plus sympathique et chaleureux. La troisième des sœurs était agenouillée aux pieds de la plus âgée et ses grands yeux bleus semblaient perdus dans un monde où aucune autre d'entre elles n'avaient accès. Ses cheveux étaient soyeux et d'un blond presque blanc, si clair et uniforme qu'il en paraissait surnaturel. Elle ne devait pas avoir moins de quinze ans, pourtant, on ne lui en aurait pas donné douze, peut-être à cause de son visage de poupée, de sa petite taille, ou encore de sa silhouette gracile et fragile, ou bien était-ce tout simplement l'impression que les deux sœurs aînées, d'un accord tacite, veillaient plus sur leur petite sœur et protégeaient davantage son âme fragile que celle de n'importe qui d'autre. Il y a tant d'horreurs dans le monde qu'un être aussi pur et beau que celui-ci ne devait pas être gâché.
Il régnait dans ce hall d'entrée un sentiment de tristesse et de nostalgie, partagé et compris par chacun des membres de la fratrie. Mais cette impression fut démentie au moment même où l'une d'elle ouvrit la bouche.
« Ne dit rien Andromeda, je ne veux pas t'entendre une fois de plus dire combien tu es heureuse de quitter la maison. Je crois que cette fois ci, je ne le supporterais pas.
- Crois-moi Bella, cela fait bien longtemps que j'ai cessé de prêter attention à ce que tu penses, siffla la dénommée Andromeda, depuis sa rampe d'escalier.
- Oh, mais je sais parfaitement ceci, et sache que c'est réciproque ! Je pense juste qu'il serais dommage de gâcher ton beau visage par une poussée de pustule le jour même de la rentrée…Je dis cela dans ton intérêt.
- Tu sais parfaitement que je serais capable de me défendre, et peut-être même mieux que ce que tu ne t'imagines. Alors je te conseille de t'abstenir.
Si le ton de Bellatrix Black s'était voulu dur et menaçant, celui de sa cadette était désinvolte et totalement désintéressé. Apparemment, ces petites joutes verbales étaient fréquentes entre les deux sœurs, et la vainqueur était souvent la plus jeune.
- Vois-tu, Cissy, reprit la plus âgée, ce avec quoi tu vas aller à Poudlard cette année ? Remarque, ça ne changera pas de l'année passée, sinon que cette année-là sera la dernière…
Narcissa, la petite poupée blonde, poussa un léger soupir avant de répondre, sans se tourner vers sa sœur aînée :
- Je sais, Bella, je sais. Et je t'ai déjà dis qu'elle ne me dérangeait pas. On ne se parle pas, c'est tout.
- Et je le déplore. J'aimerais qu'on soit plus proche Cissy, et tu le sais.
- Ne l'appelle pas Cissy ! glapit Bellatrix, outrée. Il n'y a que les gens dignes de l'approcher qui peuvent s'octroyer le droit de l'appeler comme ça ! Il n'y a que moi ! Tu entends ? »
Mais Andromeda se contenta de la regarder d'un air affligé. Devrait-elle longtemps renoncer à sa plus jeune sœur pour éviter de subir les foudres de son aînée ? Ce qui lui faisait le plus mal était le fait que Narcissa ne se défende pas, ne la défende pas. Ne voyait-elle donc pas l'influence que Bellatrix exerçait sur elle ? Un long silence s'installa, et ne fut brisé qu'avec l'arrivée de leur père, Cygnus Black, un homme chevelu au traits marqués, et de plusieurs elfes de maisons qui entreprirent de transporter le fatras qui s'empilait aux pieds des trois jeunes filles jusque dans la voiture, achetée pour l'occasion. Cependant, Andromeda remarqua que personne ne s'occupaient de ses propres malles. Lorsqu'elle eut finit de les ranger dans le coffre – agrandit magiquement bien évidemment – dans l'indifférence la plus totale, elle rentra dans le hall une dernière fois pour s'imprégner de l'odeur de la maison, maison qu'elle avait tant détesté mais qui avait tout de même été son foyer pendant dix-sept ans. Sa mère passa devant elle sans la voir. Sa sœur ne détourna même pas les yeux quand elle voulut lui dire au revoir. Elle était une étrangère ici désormais. Il était temps qu'elle parte, inutile de faire attendre le chauffeur et Cissy davantage. Elle n'avait plus rien à faire ici.
« Adieu… »
Voilà pour le premier chapitre...Le deuxième est en cours d'écriture, donc il ne devrais pas tarder à arriver !
