Et voici Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, le seul, l'unique, le merveilleus, le splendide (ferme-la Dub) second chapitre !!!!!!!
Malheureusement, JKR ne m'a pas gracieusement fait cadeau de ses personnages depuis le premier, donc ils sont toujours à elle...
Bonne lecture.
Chapitre 2 : Une année qui s'annonce…
Petite chronologie des personnages de ce chapitre – année 1970
Première année : Lily Evans, Eileen Adams, James Potter, Sirius Black, Peter Pettigrow, Vera Owen, Severus Rogue, Remus Lupin, Buckley Cooper, Cuthbert Dingle, Edwina Quirke, Faith Irexton, Chad Wilkes, Evan Rosier, Willow Thickey, Seragy Reginald
Deuxième année : Alice Grant, Erin Patil
Troisième année : Franck Londubat, Bertram Smith
Quatrième année : Clare Adams
Cinquième année : Narcissa Black
Sixième année : Lucius Malfoy
Septième année : Sol Clamerana, Walter Shingleton, Ivory Pilliwickle
Au cœur de la foule compacte qui se massait sur la voie 9 3/4, une petite fille avait du mal à retenir ses larmes. Sa sœur l'avait laissé seule aussitôt la barrière magique passée, et ne lui avait glissé qu'un mot avant d'aller rejoindre ses amis de quatrième année : « Dégage ! » Mais comment faire pour « dégager » alors qu'elle était prise au piège au milieu des centaines d'enfants et d'adultes qui la bousculaient, lui marchaient sur les pieds, l'empêchaient de rejoindre les portes coulissantes du beau train rouge, dont les vapeurs de la locomotive resplendissante l'étouffaient à moitié et lui piquaient les yeux. Elle était toute seule au milieu de tout ce monde grouillant et aveugle et commençait à regretter de ne pas avoir plus insisté pour rester avec sa sœur et ses amis. Alors, comme souvent, Eileen Adams, la douce Eileen, petite fille rondouillarde et un peu boudinée dans des habits moldus qu'elle n'avait pas l'habitude de porter, Eileen Adams pleurait. Elle pleurait en silence, baissant la tête pour cacher les larmes qui roulaient sur ses joues potelées, larmes qu'elle s'empressait d'essuyer de la paume de la main mais qui se faisaient de plus en plus abondantes à couler de ses beaux yeux dorés. Où était Clare ? Elle avait tant besoin d'elle !
« Clare… »
Soudain, une main lui agrippa l'épaule doucement, ce qui la fit sursauter. Une petite fille se tenait devant elle, un chaton dans les bras et une malle à ses pieds.
« Ca ne va pas ? »
Eileen fit signe que si, hochant courageusement la tête, essuya prestement les dernières larmes sur son visage, puis se présenta.
« Enchantée Eileen, répondit la fille avec un sourire resplendissant, moi c'est Lily, Lily Evans. »
Eileen lui serra la main, puis examina plus attentivement sa camarade. Elle était à peine grande qu'elle mais beaucoup plus mince. Ses cheveux roux et flamboyants descendaient jusqu'à sa taille et reflétaient le soleil au moindre mouvement qu'elle faisait. Eileen se fascina aussitôt pour ces cheveux aux couleurs changeantes, épais et bouclés. Rien que par cette chevelure improbable, l'apparence de la jeune fille était peu ordinaire. Mais lorsque Eileen osa plonger ses yeux dans les siens, elle remarqua que la beauté de sa camarade ne s'arrêtait pas au dessus de sa tête. Son regard était vif et d'un vert profond, souligné par de longs cils bruns en éventail autour des ses yeux en amande. Quelques tâches de rousseurs sur les pommettes achevaient de rendre cette fille hors du commun, et Eileen remarqua qu'elle n'était pas la seule à être subjuguée par son apparence : plusieurs personnes autour d'elles regardaient Lily Evans sans paraître pouvoir détacher leur regard d'elle.
«- On devrait peut-être monter dans le train, qu'est-ce que tu en penses ?
- Pardon ?
Absorbée par la contemplation de son interlocutrice, Eileen avait complètement oublié d'écouter ce qu'elle lui disait.
-Je disais qu'il faudrait penser à trouver un compartiment, il n'y aura bientôt plus de place sinon.
- Oh, oui, bien sur. Allons-y.
Et c'est en traînant cahin-caha leurs lourdes malles que les deux jeunes filles se frayèrent un chemin parmi la multitude d'élèves excités et de parents inquiets, pour finalement monter à bord du Poudlard Express, les pieds engourdis d'avoir tant été écrasés, les cheveux ébouriffés et les habits froissés, mais écroulées de rire et leur toute nouvelle amitié scellées pour l'année à venir.
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«-Salut, euh, est-ce qu'il reste de la place ?
Sirius Black haussa les sourcils et ses yeux firent le tour du compartiment. Il y était entièrement seul.
-Je crois qu'il n'y a personne caché sous les banquettes.
Devant l'air interloqué du jeune garçon qui avait posé la question et qui se tenait toujours sur le pas de la porte, il ajouta :
-Donc, oui, il reste de la place.
L'autre poussa un soupir on ne peut plus soulagé et s'expliqua en bredouillant et en rougissant fortement.
-J'ai cru qu'il n'y avait plus aucun compartiment !
-Et bien il faut croire que si. Je m'appelle Sirius Black et toi ?
-Pe…Peter...Pet…Pettigrow, haleta Peter tandis qu'il tentait de hisser sa malle sur le filet à bagages. Et apparemment n'y parvenait pas. Sirius décida d'attendre qu'il devienne plus blanc que son t-shirt pour l'aider, mais comme celui-ci jaunissait au fur et à mesure que le garçon commençait à suer – visiblement, Peter transpirait beaucoup – il se demanda si cette mesure serait très fiable. Cependant, quand la respiration de Peter se coupa brutalement et que le pauvre garçon se mit à avoir des spasmes violents, Sirius se leva de son siège, soupira, agacé, attrapa la malle au moment même où son camarade s'effondrait en toussant et crachant, et, prenant appui sur la banquette, plaça sans mal le bagage dans le filet prévu à cet effet. Puis il se frotta les mains, se rassit, et sans accorder un regard à Peter, sortit un paquet de cartes explosives et entreprit de construire un château. Malheureusement, ce moment de répit de dura que peu de temps car Peter, qui commençait à se remettre difficilement de sa crise – il crachait toujours du sang et sa peau avait viré au blanc verdâtre, mais il semblait aller déjà beaucoup mieux – entreprit de s'excuser de lui avoir montré cette facette de lui-même alors qu'ils venaient juste de faire connaissance.
«-Tu comprends, je n'ai pas beaucoup de force, mais je mange beaucoup de fer et de vitamines pour compenser. Le problème c'est que je suis asthmatique, et quand je fais des gros efforts, j'ai des crises. Quand j'avais sept ans, je faisais du sport à l'école. Normalement je n'avais pas le droit, mais ma maîtresse – Mrs Foxton – m'avais obligé. J'ai fais une crise tellement horrible qu'on a du m'emmener à l'hôpital ! »
Sirius bailla bruyamment. Fit craquer ses jointures. Fit même mine de s'en aller. Mais rien ne semblait vouloir faire renoncer Peter à lui répéter mot pour mot le long et ennuyeux diagnostic du médecin - qu'est-ce que c'était que ça au fait ?
«-Et maintenant je n'ai plus le droit de faire de sport ! termina triomphalement le jeune garçon.
-Et ça se voit. »
Peter eut alors une réaction étrange : il baissa la tête – sans doute pour cacher son violent rougissement – et se gratta vivement sous l'aisselle. Puis il releva la tête vers la fenêtre et, feignant de se passionner pour le paysage, se tut enfin. Pendant au moins deux heures, seuls quelques reniflements discrets témoignèrent de la présence de Peter Pettigrow dans le compartiment de Sirius Black.
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Alice et Erin papotaient joyeusement dans leur compartiment, lorsque la tête brune et bouclée de Franck Londubat apparut à la porte. Franck était un garçon de Gryffondor qui entrait en troisième année après les avoir tous impressionné en juin dernier par ses résultats aux examens. Alice l'aimait bien, il était toujours près à aider les autres, qu'ils fussent dans sa maison ou non, et avait toujours été très gentil avec elle. Erin, elle, l'appréciait beaucoup moins, mais les raisons de cette mésestime restaient inconnues à sa meilleure amie. Quand Franck eut pris place à leurs côtés, elle engagea gaiement la conversation. Où avait-il passé ses vacances ? Comment allait sa mère ? Son frère ? Où était donc ses amis ? Bertram avait raté le train ? Mais comment s'était-il débrouillé ? Puis Franck lui fit remarquer en riant qu'elle ne lui laissait pas le temps de lui retourner ses questions, et commença alors l'interrogatoire inversé.
« -J'ai passé toutes les vacances à la maison, soupira la jeune fille. Heureusement que j'ai eu l'occasion de sortir au mois d'août sur le Chemin de Traverse avec Erin ! Nous sommes allées nous faire coiffer chez Mrs McMillan. C'est une femme charmante ! Tu la connais ?
Franck ne répondit pas mais fixa son attention sur la soyeuse chevelure dorée d'Alice. En effet, elle avait raccourci d'une bonne trentaine de centimètres. La jeune fille n'en était que plus jolie.
-Erin aussi s'est faite coiffer ! Montre-lui Erin !
Franck sourit de bon cœur devant l'enthousiasme débordant d'Alice pour une simple coupe de cheveux. C'était une chose qu'il aimait chez elle, cette énergie qu'elle déployait pour l'événement le plus insignifiant. Erin, en revanche, ne semblait pas partager cette caractéristique :
-Je ne veux pas lui montrer. Je me fiche de ce qu'il pense.
Devant l'air déçu de son amie, elle se contenta de se prendre de passion pour ses ongles.
-Ne t'inquiètes pas Alice, je verrais ça une autre fois. Je vais devoir y aller, on se verra à Poudlard.
Le jeune garçon avait dit ça pour la rassurer, mais son départ n'eut pas l'effet escompté sur l'adolescente : elle afficha une mine encore plus démesurément déçu qu'une minute auparavant.
-Oh, tu ne restes pas ? Bon, et bien…à ce soir alors, je suppose. »
Et pendant qu'Erin s'efforçait de ne pas laisser transparaître sa satisfaction, Franck sortit, aussi désappointé qu'Alice, si c'était possible.
Une fois dans le couloir, il se dirigea en flânant vers son compartiment, sans se rendre compte toutefois que celui-ci se trouvait à l'exact opposé de la direction qu'il avait pris. Tout à ses pensées, il ne vit pas la jeune fille qui se dirigeait vers lui.
«-Oh, pardon ! je ne t'ai pas fait mal j'espère ? s'exclama-t-il, contrit – et le torse passablement endolori.
Cependant, son repentir disparut aussitôt qu'il était venu quand il reconnu la personne contre laquelle il s'était cogné : c'était Clare Adams. La jeune fille s'était amouraché de lui dès qu'il était entré en première année, il y avait deux ans de cela. D'une grande beauté, elle n'avait pas douté un seul instant qu'il lui résisterait. Mais c'était compter, bien sur, sans l'entêtement de Franck et son désir d'indépendance qui le firent la détester dès qu'il avait compris qu'il n'était qu'un défi pour elle, juste un nom de plus au palmarès de ses conquêtes. Néanmoins Clare avait persisté – à croire qu'elle était aussi entêtée que lui ! – et continuait de lui faire ouvertement du charme dès qu'il passait à moins de dix mètres d'elle, chose qu'il subissait en fait tous les soirs étant donné qu'ils étaient tous deux à Gryffondor. Et que Alice – entre autre – n'appréciait pas énormément.
-Franck ! Mon Franck ! Comment ça va mon chou ? Tu as passé de bonnes vacances ? Tu ne m'as pas remplacé j'espère ?
-Je ne suis pas ton Franck…marmonna le chou tandis qu'elle se hissait sur la pointes des orteils pour combler les vingt bons centimètres qui séparaient sa bouche de la joue du jeune homme.
Tous les efforts que fit Franck pour la repousser restèrent vains, et il fut bientôt traîné de force jusqu'au compartiment de la jeune fille. Les yeux de Franck s'agrandirent d'horreur quand il réalisa que ce compartiment était aussi son compartiment ! Mais à quoi pensaient donc ses amis en l'invitant à partager leur espace vital avec eux ? Préfèreraient-ils donc loucher sur la plantureuse poitrine de Miss Clare Adams plutôt que de sauver leur meilleur ami des griffes de cette folle ?
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« -Et celle-là, James, tu l'as ?
-Laquelle ? Andros l'Invincible ? Evidemment, c'est une des plus répandues. Je l'ai en quatre exemplaires.
-Andros ? Le type grec au Patronus géant ? Je l'ai pas moi ! Tu m'en file une ?
-Ca dépend, t'as quoi en éch…Franck ?
-Potter ? »
Franck Londubat, le dernier né de la longue lignée des Londubat - et que James connaissait pour être plus ou moins parent avec lui - venait d'entrer dans le compartiment ou il s'était installé. En fait, n'ayant trouvé personne de sa connaissance dans les premiers wagons et n'ayant pas la moindre envie de traîner sa lourde malle et sa cage à hibou jusqu'à l'autre bout du train, James avait demandé à des troisième année de l'héberger le temps du voyage. Ils étaient en plein échange de cartes Chocogrenouille quand Franck était entré dans le compartiment, traîné apparemment contre son gré par une très jolie fille dont le visage lui rappelait vaguement quelque chose.
« -Vous connaissez James Potter ? fit Franck en se tournant vers les occupants du compartiment.
-En fait, non, répondit le James en question. Je ne trouvais pas de compartiment alors je leur ai demandé si je pouvais m'installer ici…Mais je peux m'en aller. »
Pour une raison que James ignorait complètement, le jeune Londubat n'avait jamais été sympathique avec sa famille, et il se montrait presque méprisant avec lui. Petit, profitant d'être de deux ans son aîné, il s'était toujours comporté avec condescendance, allant jusqu'à l'ignorer en présence d'autres enfants. James n'avait jamais compris cette attitude, tout à fait injustifiée selon lui. Toutefois, il ne voulait pas s'imposer dans le groupe de quelqu'un qui ne l'appréciait pas, et commença donc à rassembler ses affaires pour quitter le compartiment. Malheureusement, ses cartes Chocogrenouille s'étaient éparpillées jusque sous les banquettes – James en retrouva même une logée dans l'interstice entre la fenêtre et son siège – et pas un des amis de Franck ne remuaient le petit doigt pour l'aider. Au bout de ce qui lui semblèrent être des heures, il put enfin sortir dans le silence le plus complet de ses camarades. Lui-même ne dit rien. Règle numéro un, lui avait dit son père, ne jamais s'écraser devant qui que ce soit. Les conseils de Caedmon Potter modelaient la vie de James depuis qu'il était en âge de les suivre. Pourtant, à peine en route pour Poudlard, il se faisait déjà marcher sur les pieds. James fulminait, il avait complètement oublié que Franck était aussi à Poudlard et viendrait probablement bouleverser tous ses plans !
Allez, un grand coup de poing dans le mur, ça soulage toujours ! Et accompagné d'un hurlement de bête, c'est encore plus bienfaisant. Cependant, lorsque l'on est hors de soi comme James Potter l'était à ce moment précis, il faut mieux éviter de prendre des vitres simple-vitrage d'un compartiment pour les murs de granit du Castel Potter…
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« -Et alors, tu lui as dit quoi à Pétunia quand elle t'as menacé ?
-Je lui ai répondu qu'elle n'avait qu'à aller se faire voiiii-aaaaaaaaaaaaarrrrrrrggggggg !!!!!! »
Le hurlement de Lily Evans se mêla bientôt à celui, beaucoup moins strident, d'un James Potter à la main ensanglantée, piquetée d'éclats de vers dégoulinant d'hémoglobine, et encore prise dans le carreau de la porte du compartiment. Seule Eileen Adams parut garder son calme. Malheureusement, son manque de sens pratique choisit cet instant pour se manifester et elle ouvrit violemment la porte coulissante dans l'intention de voir qui était coincé derrière. Bien évidemment, cela ne fait qu'enfoncer plus profondément les résidus de verre dans la peau de la victime qui se mit à beugler de plus belle, tandis que Lily se cachait les yeux et pâlissait à la vue du sang.
« -Par pitié, Eileen, referme cette porte, tu va lui couper le bras !
-Oh, oui, bien sur ! »
Quelques minutes plus tard, alors que tous les élèves ameutés par les cris rentraient dans leurs compartiment respectifs, Lily Evans pu enfin examiner de plus près celui-qu'elle-ne-détestait-pas-encore-mais-qui-n'allait-pas-tarder-à-l'exaspérer.
« -Et bien , tu n'y est pas allé de main morte ! Qu'est-ce qui t'as pris de cogner dans la vitre comme ça d'abord ?
-J'étais un peu énervé…marmonna son interlocuteur, la tête baissée.
-Un peu énervé ? »
Pendant que James lui expliquait vaguement pourquoi il s'était à ce point emporté, Eileen resta pensive. Où avait-elle déjà vu ce garçon ? Peut-être faisait-il partie du clubs de Bavboules de Debby ? Non, ce n'était pas le genre. Ce ne pouvait être non plus à un de ces rallyes que fréquentaient sa mère et sa sœur, elle n'y allait jamais. Pourtant, elle était persuadée qu'il faisait partie d'une famille de « Sang-Pur ». Alors qui…
« -C'est comme ça que j'ai décidé que ça pourrait me soulager de taper dans quelque chose.
-Tu trouves ça intelligent de régler tes problèmes par la violence ?
-Ecoute, je sais que les filles peuvent difficilement comprendre ces choses-là, mais je t'assure que ça soulage ! »
Lily, qui s'était tendue en entendant l'expression limite machiste de son congénère, ne répondit rien, et termina de fixer le pansement qu'elle avait entreprit d'enrouler autour du bras de son camarade. James ne sembla pas se formaliser outre mesure de son silence blessé et continua de monologuer sur sa passion pour le Quidditch et autres performances sportives sans se rendre compte qu'aucune des deux filles ne l'écoutait. Lily n'avait aucune idée de ce qu'était le Quidditch et n'osait pas le demander ; Eileen, elle, mobilisait toute sa concentration pour essayer de se souvenir où elle avait déjà rencontré le jeune homme. Soudain, ce fut le déclic :
« -James Potter !
-Oui ?
Coupé dans sa tirade passionnée, James se tourna vers Eileen, et, paraissant la voir pour la première fois depuis qu'il était entré dans le compartiment, s'écria :
-Eileen Adams ! J'ai vu ta sœur tout à l'heure ! Je me disais bien qu'elle me disait quelque chose, mais je ne pensais pas que tu étais aussi à Poudlard !
La jeune fille rosit, et, contrainte de mentir, détourna les yeux.
-Ce n'est pas ma sœur. On est que des cousines éloignées, on se connaît à peine.
James afficha un air plus que surpris.
-Je pensais réellement que vous étiez sœurs. Mais on s'est déjà vu, n'est-ce pas ? Il y a longtemps, mais je suis sure de t'avoir déjà rencontré… »
Tous deux réfléchirent un moment, mais sans parvenir à se rappeler cet épisode.
« -J'écrirais à ma mère pour lui demander si tu veux. Elle a une mémoire infaillible…Pas comme mon père. Lui, il est incapable de se rappeler quoi que ce soit ! L'autre jour…
-Non ! coupa Eileen. Non, ce ne sera pas nécessaire, je, euh, j'écrirais moi-même à mes parents pour leur poser la question. Si tu es d'accord bien sur. »
Si la mémoire de Mrs Potter était aussi admirable que voulait bien le dire son fils, mieux valait éviter de la solliciter, elle se souviendrait sans doute aisément des liens qu'elle-même entretenait avec Clare. Or, personne ne devait savoir : on lui avait juré que, dans le cas contraire, elle aurait toutes les occasions de le regretter. Cela l'embêtait de mentir dès le premier jour d'école à ses nouveaux amis, mais elle n'avait pas le choix. Sa sœur ne lui pardonnerait jamais si elle dévoilait la nature de leur liens familiaux, ne fusse qu'à deux insignifiants première année. Une fois de plus, les larmes lui montèrent aux cils. Sa famille avait-elle à ce point honte d'elle, pour aller jusqu'à la renier, la méconnaître ? Qu'avait-elle donc fait ? Etait-ce à cause de sa timidité, de ses lacunes magiques, de sa silhouette enrobée ? Eileen respira un grand coup pour desserrer l'étau qui lui tenaillait les côtes et résolut de commencer un régime draconien dès le lendemain.
Heureusement, Potter accepta sa proposition de la laisser écrire à ses parents, même s'il afficha clairement sa surprise dans un premier temps. Eileen – pour la trois cent millième fois depuis le début du voyage – rougit. Qu'il était désagréable d'être observée ainsi ! Et on ne pouvait dire que les regards de James Potter se voulaient discrets : il la fixa littéralement pendant pas moins d'un quart d'heure, et ce avec une curiosité à peine dissimulée. Il l'examinait avec tant d'insistance que la jeune fille, complètement bouleversée, finit par sortir en courant du compartiment, bafouillant un vague mot d'excuse vers Lily. Celle-ci, totalement prise au dépourvu, ne songea même pas à chercher à la rattraper. Elle regarda partir sa nouvelle amie sans un mot, hébétée.
« Tant mieux, pensa Eileen, au moins je n'aurais pas à mentir de nouveau. Qu'elle reste avec James Potter. Il est beaucoup plus intéressant que moi. »
Toute à ses pensées et à sa recherche des toilettes, Eileen, comme Franck Londubat avant elle, ne vit pas que Clare se dirigeait droit sur elle.
« -Que fais-tu là créature de Lucifer ? Tu fais exprès de te mettre sur mon chemin pour que l'on nous voit ensemble, n'est-ce pas ? Etre diabolique ! Je ne veux plus jamais que tu ne t'approches de ma personne, as-tu compris, sœur abjecte ? Hors de ma vue à présent ! » murmura-t-elle sans desserrer les dents.
Clare disparut rapidement à l'extrémité du wagon pour s'engloutir dans le suivant, sans autre mot pour celle qu'elle faisait passer pour sa lointaine parente. Celle-ci n'eut pas le temps de verser la moindre larme supplémentaire – et ce n'est pas l'envie qui lui manquait - car déjà un groupe de garçons déboulait dans le couloir, la bousculant sans lui jeter un regard. Eileen, perdant l'équilibre, tomba à la renverse contre une porte entrouverte, qui, sous son poids, s'ouvrit entièrement. Regardant autour d'elle, la jeune fille s'aperçut qu'elle avait, bien malgré elle, découvert les toilettes, et elle soupira de soulagement. Enfin un endroit où on la laisserait tranquille ! Le clic-clac du verrou insuffla en elle un sentiment de sécurité qu'elle ressentait souvent en cet endroit. Ici, personne ne chercherait à connaître ses secrets, personne ne lui voudrait du mal, car ici, il n'y avait personne. Son ventre grondait, ses joues portaient encore les traînées noircies que les larmes qui avaient coulé avaient laissé sur leur passage. Mais Eileen se sentait bien, elle était toute seule. Enfin.
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Le professeur McGonagall regarda les dix élèves qui se trouvaient devant elle par dessus ses lunettes. Tous lui rendirent son regard avec plus ou moins d'effronterie. Elle inspira légèrement et commença :
« -Si nous vous avons choisit l'année passée, c'est que nous avons eu confiance en vous. En conséquence, j'attends de vous un sérieux, un zèle et une impartialité égaux, et même supérieurs à ceux de l'année dernière. Ne me décevez pas.
Minerva McGonagall se tourna ensuite vers Narcissa Black.
-Miss Black, vous savez que votre nomination était imprévue, la disparition de Miss Goldblatt nous a tous pris par surprise. Vous étiez selon nous la plus apte de votre maison à la remplacer.
Narcissa acquiesça d'un simple hochement de tête. Elle savait parfaitement ce qui était arrivé à Wendy Goldblatt.
-Vous pouvez bien entendu compter sur votre homologue masculin, Mr Malfoy ici présent, pour vous guider dans votre tâche. Lui et Miss Goldblatt avaient accomplit un travail formidable l'année dernière, nous espérons que vous serez à sa hauteur.
Lucius, jusqu'ici enfoncé dans l'ombre d'un recoin du compartiment, rassura son professeur d'un sourire ironique.
-Ne vous inquiétez pas tant Professeur, Narcissa sera largement à la hauteur, ricana-t-il. Ce ne sera pas bien difficile, ajouta-t-il plus bas à l'intention de la nouvelle préfète de Serpentard.
-Bien. Je vous attends tous demain, dans mon bureau, à 10h tapantes. Jusque là, votre travail consistera à patrouiller dans les couloirs du train afin de prévenir les éventuels incidents, à guider les premières années de votre maison jusqu'à leur dortoir après le Festin dans la Grande Salle, et à veiller au bon déroulement de l'installation de chacun. Miss Pilliwickle et Mr Shingleton superviseront l'ensemble de ces opérations. A demain. »
Sur une vague réponse de la dizaine de préfets et préfet en chefs qui se trouvaient là, elle disparut. Chacun vaqua alors à ses occupations, soient faire semblant de surveiller les passagers du train, taquiner la vendeuse ambulante de confiseries, ou tout simplement rentrer dans son compartiment et passer le reste du voyage avec ses amis. Lucius et Narcissa restèrent un peu en arrière pour discuter tranquillement – ou plutôt Lucius força Narcissa à ralentir le pas pour lui parler en tête à tête.
« -Tu sais ce qui s'est passé pour Goldblatt, n'est-ce pas. Mais sais-tu pourquoi ? Et bien, elle m'avait insulté. C'est très grave d'insulter quelqu'un de mon rang, tu le sais Narcissa ? Alors, prend garde à ce que tu vas dire avant d'ouvrir ta charmante petite bouche.
La propriétaire de la charmante petite bouche se dégagea vivement de l'emprise de Malfoy sur son bras, avant de répondre froidement :
-Tu oublies que mon rang est au moins aussi élevé que le tien, Malfoy, et que les membres de nos familles sont quasiment aussi corrompus les uns que les autres dans cette affaire. Tu ne me fais pas peur.
Le sourire de Malfoy s'élargit. Apparemment, son nouvel homologue avait plus de caractère que la précédente.
-Tant mieux, on ne s'amusera que plus, tous les deux, tu verras. »
Narcissa n'eut pas le temps de répliquer qu'elle n'avait pas la moindre intention de s'amuser avec lui que déjà il avait accéléré le pas et s'était introduit dans un compartiment voisin. La jeune fille regagna alors le sien seule, réprimandant du bout les lèvres les élèves qui passaient par là. Un petit garçon lui demanda quelque chose sur son passage, mais elle fit pas attention à lui. Ses pensées étaient fixées sur un certain Serpentard aux cheveux aussi blonds que les siens, au visage aussi froid que le sien, au cœur aussi sec que le sien. Lucius Malfoy et Narcissa Black se ressemblaient par bien des côtés. De vrais Serpentards, dignes de leur maison. Ah, il la croyait fade et passive ! Et bien il découvrirait vite que sous son beau masque de petite fille froide, se cachait un caractère de feu. Il allait voir. Elle allait lui montrer.
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« Les première année, par ici ! Suivez-moi s'il vous plaît ! »
Si la puissante voix de Rubeus n'avait aucun mal à dominer le brouhaha de la foule, elle en effrayait plus d'un. Les plus jeunes ne semblaient pas très enthousiastes à l'idée de suivre un géant barbu à travers un lac qui, selon les dires des plus âgés, était habité par une créature quatre fois plus effrayante que le monstre du Loch Ness. Mais Remus Lupin n'accordait aucun crédit à ces rumeurs. Il était habitué aux tentatives d'intimidation. Et de toute façon, si par le plus grand des hasards cette histoire de créature sous-marine était vraie, il n'avait pas peur. Les monstres ça le connaissait : après tout, lui-même en était un. Quand Remus avait appris qu'il était accepté à Poudlard, la plus grande école de sorcellerie du monde, il n'y avait d'abord pas cru. Puis, sa mère avait éclaté en sanglots, sa tante avait dangereusement vacillé, même son père avait paru ému. Mais, pour la première fois depuis ce jour qui avait transformé leurs vies, ce n'étaient pas des larmes de détresse, d'angoisse, que sa famille versait. Non, ils pleuraient tous de joie. C'est au moment où Remus prit conscience de ceci qu'il laissa la joie l'envahire. Le bonheur dévora son ventre, puis étreint ses poumons, illumina son visage, avant de s'éteindre doucement pour laisser l'inquiétude prendre le dessus. Comment ferait-il contrôler sa « tare » ? Que se passerait-il s'il mordait un autre élève ? La semaine qui suivit la nouvelle se déroula dans une angoisse perpétuelle face à ces questions sans réponses. Mais la rencontre avec le directeur de l'école calma son tourment. Tout un dispositif avait été mis en place pour que rien ne soit su des autres élèves. Seuls quelques professeurs seraient tenus au courant de son « problème ». Tout le monde, lui y compris, serait en sécurité. Remus Lupin avait accordé une confiance sans limite à Albus Dumbledore dès l'instant où il l'avait connu. Si le vieil homme décrétait que danger il n'y avait pas, Remus vivrait en paix. Et aujourd'hui, jour de sa rentrée à Poudlard, le jeune garçon était presque serein. Seule le tourmentait encore la peur d'être écarté, seul, abandonné de ses camarades de classe.
« Mais pour le moment, ce n'est pas le plus grave. »
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« -Adams, Eileen. »
Eileen s'avança en tremblant vers le tabouret que lui désignait le professeur McGonagall, une grande femme dont l'apparence totale reflétait la sévérité, du bout de son chignon serré à la pointe de ses bottines pointues. La petite fille enfonça le chapeau sur sa tête. Elle sursauta quand il commença à lui parler.
« -Tu sais que j'ai vu passer ta sœur il y a exactement trois ans. Intelligente, mais une vraie tête de mule, capricieuse, trop sûre d'elle. Chez les Serpentard, elle aurait fait des dégâts. Alors je l'ai envoyé à Gryffondor, et elle a l'air de s'y plaire…
Le Choixpeau fit une pause pendant laquelle Eileen eut l'impression d'être sondée jusqu'au plus profond de son âme. Puis la relique reprit la parole :
-Mais tu n'es pas comme elle, oooh non, tu possèdes un grand potentiel, seulement elle l'a écrasé, forcé à se camouflé, presque à disparaître pendant toutes ces années. T'éloigner d'elle ne serait pas suffisant pour t'en détacher, il faut que tu apprennes à l'affronter. Oui, c'est la meilleure solution…Je vais donc t'envoyer à GRYFFONDOR !
Le dernier mot retentit dans toute la salle dans un tonnerre d'applaudissements de la part de la table la plus éloignée, table vers laquelle Eileen se dirigea en titubant. Elle n'osa pas relever la tête, sachant à l'avance quelle serait la première personne dont elle verrait l'expression au milieu de toutes ces mines réjouies. Sa sœur n'était, elle, sûrement pas heureuse du choix du Choixpeau.
« -Black, Sirius. »
Un jeune homme élégant dans sa robe de Poudlard s'assit négligemment sur le tabouret et sourit quand le vieux chapeau noir se fendit pour s'écrier « GRYFFONDOR ! ».
Buckley Cooper et Cuthbert Dingle, deux garçons joufflus et de petite taille, furent envoyés à Poufsouffle. Puis vint le tour de :
« -Evans, Lily. »
La jeune fille attira plus d'un regard sur sa chevelure, et celui de James plus que les autres. Le Choixpeau ne mit que peu de temps à se décider. Pourtant, plus tard, Lily avouera à Eileen qu'il avait songé un moment à l'envoyer à Serdaigle.
« -Mais il a pensé que je serais plus à ma place à Gryffondor, ne me demande pas pourquoi ! »
Une certaine Hornby, Prune, se retrouva à Gryffondor et prit place à côté de Lily. Les élèves de Serpentard et de Serdaigle commençaient visiblement à s'impatienter, quand enfin Irexton, Faith fut envoyé à Serdaigle. Faith était une grande fille au cheveux bruns et frisés. Elle était très maigre, et ses yeux immenses lui mangeaient la moitié du visage. Ils n'avaient pas réellement de couleur bien définie, mais donnaient à son visage une expression de tristesse infinie. Quand elle s'assit à la table des Serdaigle, un garçon la prit par les épaules et commença à lui parler à l'oreille. Lily supposa que ce devait être son frère. Se tournant de nouveau vers le Choixpeau, elle accueillit avec joie le jeune garçon qui s'installait à sa table et disait s'appeler Remus Lupin. Plusieurs élèves furent encore répartis avant que quelqu'un d'autre soit appelé à la table des Gryffondor. En fait, ils furent deux à se diriger successivement vers le fond de la salle et à s'asseoir près de Remus. Le premier était Peter Pettigrow, ce qui déclencha un concert de soupirs exaspérés chez Sirius Black, le second était James Potter, et cette fois, ce fut Lily qui afficha un air fortement contrarié. Leurs deux visages, à ce moment précis, affichaient la même expression :
« Ne me dites pas que je vais devoir supporter cet abruti sept ans de suite ! »
Une fois qu'Edwina Quirke eut été envoyée à Serdaigle, une vague de Serpentard déferla sur le tabouret à trois pieds : Severus Rogue, Evan Rosier, Seragy Reginald, Willow Thickey, et enfin Chad Wilkes - qui clôt cette répartition - furent tous les cinq envoyés à Serpentard.
Alors, dans un brouhaha général, commença le Festin, marquant ainsi le début de l'année scolaire 1970-1971, année qui promettait d'être riche en événements…
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Le 1er septembre 1970
Chère Olga,
Je suis à Poufsouffle. Suis-je déçue ? Je ne sais pas. Après tout je n'avis rien prévu, rien espéré, donc il n'y a pas lieu d'être déçue. De plus les camarades de ma maison ont l'air très sympathiques : un fille en particulier, de septième année. Je crois qu'elle s'appelle Sol, Sol Clamerana. Elle a la peau très bronzée et les cheveux très blonds. Ses yeux sont immenses et elle porte des montres à gousset en boucle d'oreille. Elle a l'air bizarre, et autour d'elle règne une aura étrange, mais c'est une aura positive, je le sens. Nous verrons bien. De toute façon, personne ne pourra jamais te remplacer mon Olga, tu es trop précieuse à mes yeux. Ce soir, je me suis couchée sans regarder les autres filles, j'ai peur de voir le mépris dans leurs yeux. Elles savent qui est ma famille, j'en suis sûre. Tout le monde sait qui sont les Owen, et j'en ai honte. Demain, nous n'avons pas encore cours, c'est dimanche. Ils ne commencent que lundi. J'ai hâte d'y être, si tu savais ! Comme ça, je n'aurais plus à regarder les autres gens, juste mes parchemins, mes grimoires, mes devoirs, et toi bien sur, ma chère Olga. Je vais aller dormir, il est temps. A bientôt,
Ta très chère,
Vera.
Voili voilou !!!!!! J'éspère (evidemment) que ça vous à plu, à bientôt !
Bisous tout le monde,
Dub Citron
