Épilogue :

« Je m'attends déjà à me faire refouler à ta porte d'entrée. Tu dors, c'est l'excuse qui viendra, j'en suis certain. Et je sais même que la vraie raison est que tu ne veux pas me voir. Peut-être est-ce normal. Après, de qui viendra ouvrir la porte, je n'en sais rien. Je verrais bien. Reste à savoir ce que cette personne fera de ce bout de papier. J'espère qu'il te reviendra.

Je ne sais pas par où commencer. Je n'écris jamais. Je ne suis pas très diplomate non plus, et tu as dû t'en rendre compte par le passé, mais… Eh ! Je suis un mec !

Je pensais que Duo savait pour tes bras. C'est pour ça que je n'ai pas essayé d'en parler avec toi. Au cours des deux mois que nous avons passés ensemble, les traces semblaient s'estomper. Du moins, le premier mois. Elles se faisaient moins fraîches. J'ai alors pensé que j'étais arrivé après la « phase ». Ou du moins, après la plus grosse partie. Et c'est là que j'ai fait une erreur. Ton pote au courant ou non, la phase terminée ou pas, je n'aurais pas dû fermer les yeux. Et surtout, j'aurais dû faire plus attention.

Les choses allaient s'arrêter avec les vacances. Tu t'en doutais sur la fin et je n'ai pas essayé de t'en dissuader. Je dois t'avouer quelque chose : je n'avais pas prévu de tout arrêter avec Septembre. Mais les deux dernières semaines avec toi m'ont foutu les boules. Ton attitude. Tu t'accrochais et je me sentais incapable d'y faire face. Certaines cicatrices apparaissaient et je ne me sentais pas capable de me remettre en question à chaque fois : ma faute ? Pas ma faute ?

Tes bras sont redevenus douloureux et tu redevenais sombre. Non, je ne te donne pas tout le blâme. J'ai aussi ma part. j'aurais dû te le dire au début. Je ne suis pas du genre à m'attacher. J'en ai l'air, mais je ne m'attache pas. Et j'aime l'exclusivité. Ton ami aussi, apparemment.

Je vais un peu dans tous les sens et du coup j'ai l'impression de me contredire. Je ne sais pas si tu ressens la même chose.

Je ne sais pas si ces mots serviront à quelque chose. Mais j'avais l'impression que la fin n'était pas correcte. Je ne sais pas si elle l'est plus maintenant. Et encore moins s'il existe une fin « correcte ».

Je ne sais pas non plus comment finir. Si un jour, il y a des choses que tu veux savoir… Des choses que tu veux mettre au clair, tu as mon numéro, fais-en bon usage… Si bon te semble bien évidemment. Je serais toujours content d'avoir de tes nouvelles.

Zechs ».

Heero replia la lettre et fixa ses mains tremblantes. À son retour d'Espagne avec Noin, il avait entrepris beaucoup de démarches pour se faire embaucher quelque part, et s'était immergé dans son travail pour oublier cette lettre qui était dans une boîte sous son lit et qu'il n'avait toujours pas ouverte. Et finalement, il l'avait oubliée. Il avait même oublié cette boîte sous son lit qui renfermait beaucoup de souvenirs divers. Et s'il n'avait pas croisé Zechs dans la matinée, peut-être ne se serait-il pas souvenu de ce 'bout de papier', dans le même état que la fois où il l'avait reçu : plié, non scellé. Il fixa ses bras. Ses cicatrices blanches étaient toujours apparentes. Même après plus d'un an. Le point positif de la journée, était que Zechs, lui, ne l'avait pas vu. Il été de l'autre côté de la rue, bavardant avec un autre garçon. Il ne l'avait pas vue et il s'en sentait soulagé en même temps que… Il ne savait pas. Il aurait aimé qu'il le voit et qu'il vienne vers lui… Ou alors qu'il le voit et l'ignore, pour bien clôturer le chapitre… Il ne savait pas vraiment. Heero regarda encore une fois la feuille pliée entre ses doigts. « Tu as mon numéro, fais-en bon usage »… Il était gonflé, mais il allait l'écouter, il allait en faire bon usage et tout de suite.

Il attrapa son portable et dans son répertoire, supprima la seule fiche existante à la lettre 'Z'. Au moins, si la tentation revenait, il ne pourrait plus rien faire. Il se sentait comme soulagé alors qu'il n'avait plus qu'une envie : Pleurer. Évacuer la douleur qui le prenait aux tripes. Pourquoi certains sentiments étaient-ils si tenaces ?

Fin

Voilà, j'avais oublié de le poster. Merci à Vanille de m'avoir rappelée à l'ordre. J'espère que ça t'aura plus.

Merci à ceux qui me lisent !

Bisous les gens

Dstine