-Dépêchez-vous ! hurla Mme Weasley dans les escaliers.
Harry était déjà en bas, assis dans un fauteuil à observer une photo de ses deux meilleurs amis et lui devant un grand chêne. C'était pendant leur troisième année, Ron et Hermione se s'étaient pas encore découvert un amour réciproque et inavoué alors. Ils semblaient heureux sur cette photo, tous les trois réunis. Harry respira un grand coup, ce n'était pas ni le moment, ni l'endroit pour commencer à devenir nostalgique. Mme Weasley continuait de crier dans les escaliers et Harry mit un moment avant de s'apercevoir que Ginny le regardait sans bouger. Il cligna des yeux et croisa son regard. Il haussa les sourcils en signe d'interrogation et pour toute réponse, il eut droit à un magnifique baisser enflammé. Mme Weasley cessa de crier et regarda sa fille, étonnée. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ne trouvant rien, elle la referma. Ron et Hermione choisirent cet instant pour descendre. Tous deux étaient échevelés et débraillés. Mme Weasley se retourna vers eux comme si elle avait complètement oublié la scène à laquelle elle venait d'assister.
-Ron, qu'as-tu donc fait pour être aussi débraillé ? demanda t-elle.
Ron se mit à rougir, mais ce ne fut rien comparé à Hermione qui choisit de sortir du Terrier pour cacher son embarra. Après quelques tentatives de Mme Weasley pour rendre son fils présentable, elle décida qu'il était temps de sortir.
Dans le jardin, un homme et deux femmes les attendaient sans ciller. Quand il furent tous dehors, les inconnus les encadrèrent comme si leurs vies en dépendaient. Une voiture les attendait à l'entrée de la propriété, près du petit panneau de bois indiquant : « Le Terrier ».

Harry et Ron entrèrent en premier, ils s'installèrent pendant que Mme Weasley, Hermione et Ginny discutaient encore dehors.
-Alors ? Qu'est-ce que vous faisiez, en haut ? demanda Harry avec un mélange de curiosité et d'ironie.
Ron rougit instantanément.
-Nous… euh… nous… enfin… on a…
-Houla ! J'ai rien compris !
-On s'embrassait, répondit Ron.
-Hum hum.
Ron tourna le dos à Harry et regarda obstinément vers l'horizon. Les trois « filles » entrèrent dans la voiture agrandie magiquement. Les deux inconnus montèrent à l'avant.
-Ron, ça va ? demanda Mme Weasley en le voyant bouder.
Ron marmonna un « ouais » peu audible avant de retourner à la contemplation du décor qui défilait. Hermione se rapprocha de lui et il se tendit.
-Mme Weasley, pourquoi n'a t-on pas pris la poudre de cheminette comme d'habitude ? demanda Hermione.
-En ce moment, la poudre de cheminette est très peu sûr. Vous-savez-qui a déjà réussit à détourner des cheminée du ministère lui-même qui ne s'en est aperçu qu'après six disparitions…
Harry réalisa qu'il l'avait utilisé pour « fuir ». Il s'était mis en danger mais pire que ça, il avait mis Mme Weasley en danger. Il se rassura tout de même en pensant que peu de monde devait connaître le Square Grimmault.
-Harry ? Harry ?
Harry sortit de ses pensées et s'aperçu qu'on lui parlait.
-Désolé, j'étais ailleurs…
-Oui-oui, c'est pas grave. Tu as besoin de quoi ?
-Euh… de…
-De matériel de potion, des livres de sortilèges, des livres de métamorphose et d'une tenue de soirée, récita Hermione.
-Euh… oui, ça doit-être ça, dit Harry.
-Bon, je m'occupe des livres, reprit Mme Weasley, vous vous allez acheter le matériel de potion et vos robes de soirée.
-Toi, Hermione, je crois qu'il te faut en plus les livres d'arthimentie, c'est ça ?
-Oui, c'est ça.
-Bien.

La voiture s'arrêta en face d'une boutique assez délabrée, sans vitrine, avec pour seule preuve qu'il s'agissait bien d'une boutique, une enseigne où on pouvait lire : « Chaudron baveur ».
Les courses avaient été rapides. Malgré les empressements de Mme Weasley, ils étaient parvenus à faire un tour chez Fred et George.
-Je peux prendre un autre boursouflé, s'il te plaît, maman ?
-Je sais pas si c'est un bonne idée, Ginny.
-Ô maman, divine des divines maman, pitié…
Harry resta bouche bée devant un tel spectacle. Si Mme Weasley cédait c'est qu'un mangemort avait pris sa place.
-Ça ne suffit pas, Ginny.
Ha, quand même…
-Mais il s'ennuie tout seul le mien…
Elle fit un petit air triste, qui lui allait à ravir, nota Harry.
-Bon… d'accord, mais tu t'en occuperas !
-Promis.
Harry se jura intérieurement de ne pas se faire avoir si un jour Ginny commençait comme ça… et aussi de vérifier le bras gauche de Mme Weasley…
-Harry ? demanda George, le voyant fixer le vague au milieu du magasin alors que tout le monde sortait.
-Euh… oui, j'étais perdu dans mes pensées…
-J'ai vu. Tu devrais te dépêcher si tu veux pas te faire engueuler par ma mère.
-Oui-oui, j'y vais.

Harry sortit de la boutique des jumeaux, il rejoignit rapidement la « tribut » Weasley (plus Hermione). Ron et Hermione se tenaient la main. Si Hermione avait l'air détendu et semblait profiter de cette sortie, il n'en était rien pour Ron qui semblait stressait et qui n'arrêtait pas de lancer des regards discrets (ou qu'il croyait discrets) à Hermione. Ginny vint se placer à côté d'Harry et se serra contre lui.
-T'as pas une idée de nom ? lui demanda t-elle.
-Une idée de nom ?
-Oui, pour mon boursoufflet.
Elle lui mit une espèce de boule de poils sous le nez.
-Ronald…
-Quoi ? demanda Ron en se retournant vers Harry.
-Rien, je donnais juste une idée de nom à Ginny pour son boursoufflet… il te ressemble tellement.
Ginny et Hermione éclatèrent de rire mais Ron lui lança un regard destructeur à Harry.
-Ouais, c'est une bonne idée, répondit Ginny, mais c'est une fille…
-Pourquoi pas Violette ? proposa Hermione.
-C'est nul comme nom, dit Ron.
Hermione lâcha sa main et le regarda droit dans les yeux.
-Je prends… Elle s'appellera Violette !
Ron voulu reprendre la main d'Hermione, mais celle-ci marcha un peu devant et refusa de lui donner la sienne.
-Ben quoi ? C'est vrai que c'est nul comme nom Violette. T'es pas d'accord, Harry ?
Ginny était toujours contre le torse d'Harry et bien que ne trouvant pas ce nom extra, il ne voulait pas se mettre Ginny à dos.
-Non, je trouve ça pas mal…
-Bien sûr…

L'heure du déjeuner étant proche, Mme Weasley décida qu'il serait plus sage de manger au Chaudron Baveur (peut-être n'avait-elle pas envie de faire à manger aussi…). Ils s'installèrent à une table dans le fond de la salle, un peu à l'écart. Harry se trouvait entre Ginny et Ron. Hermione, elle s'installa à côté de Ginny (donc pas à côté de Ron).
Le repas se passa sans fait notable, mis à part le fait que Ron est renversé (sans le faire exprès) de la soupe sur Hermione en prenant le sel. Le trajet du retours fut plus court que celui de l'allé du fait de peu de circulation.
Mme Weasley fut la première à entrer dans le Terrier. Ginny ayant voulu aller faire un tour avec Harry et Ron et Hermione se… se disputant dans le jardin.
Ginny s'était confortablement calée sur Harry, la tête sur son épaule et les fesses sur ses jambes. Harry, lui, souffrait le martyr. Non pas que Ginny soit lourde, mais l'endroit où il s'était assis n'était pas plat, mais alors vraiment pas plat. Une branche lui rentrait dans le dos et une pierre (très très) pointu lui rentait dans l'arrière-train. Ainsi, profita t-il de la première occasion qui se présenta pour se relever et retourner au Terrier, le courrier en l'occurrence.
Deux hiboux entrèrent par la fenêtre (l'un d'eux du s'y reprendre à deux fois) et posèrent quatre lettres sur la table de la cuisine.
Ron se précipita, il balança la première à Harry, il ouvrit la deuxième et constatant que la troisième était pour Hermione, il… commença à l'ouvrir (quoi de plus normal ?).
-Ronald ! Tu n'ouvres pas mon courrier !
Elle lui prit la lettre des mains et finit de l'ouvrir. Harry lut sa lettre.

Cher Monsieur Harry Potter,
Les épreuves pour passer le permis de transplanage auront lieux demain à 17H, dans le cas où vous ne sauriez pas disponible, sachez que les prochaines dates pour passe le permis n'auront pas lieu avant les vacances de Noël.
Toutes nos salutations distinguées et bonne chance pour le permis.
Monsieur Hugue Louis, directeur de l'intendance du courrier.

P.S. : Monsieur le Ministre en personne voudrait vous parler ce jour, merci de vous rendre à son bureau à la fin de vos épreuves.

Le Ministre voulait le voir ? Sans doute pour qu'il « soutienne » le ministère. Harry leva la tête pour parler, mais ses paroles restèrent au fond de sa gorge. Hermione lisait sa lettre. Plus elle lisait et plus son visage se décomposait. Elle releva les yeux et Harry y vu des larmes. Des larmes de tristesse. Une tristesse absolue, ainsi qu'un appel à l'aide.
-Hermione, ça va ? demanda Harry.
-Je… je… oui… c'est… je…
Une larme tomba de ses yeux et s'écrasa lourdement sur la lettre. Elle serra les mains sur la lettre, releva la tête et parla d'une voix à la limite des pleurs.
-Je suis désolée.
Elle se leva et monta dans sa chambre, la lettre toujours serrait dans ses mains.Tous se regardèrent visiblement tous aussi étonné. Ginny fut la première à réagir, elle se leva et partit à la suite d'Hermione.
-Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Ron.
-Je sais pas…
-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Mme Weasley en entrant dans la pièce. On dirait qu'il s'est passé un drame.
Ron leva les épaules et se leva.
-Où tu vas ? lui demanda Harry.
-Je vais essayer de comprendre.
-Je viens avec toi.
Harry et Ron montèrent donc jusque devant la porte de la chambre de Ginny (celle où dormait Hermione). Ginny était devant la porte, fermée. Elle semblait attendre.
-Elle refuse de m'ouvrir, leur dit-elle. On dirait qu'elle pleure.
Ron tapa à la porte.
-Hermione, ouvre !
-Non, laissez-moi tranquille, hurla t-elle.
-Hermione, qu'est-ce qui t'arrive ?
Il n'y eut pas de réponse. Ron colla son oreille à la porte.
-Elle lance des sorts, commenta t-il.
La porte s'ouvrit et Ron tomba dans la chambre. Hermione, un sac sur l'épaule, les yeux rougis par les larmes, enjamba Ron sans le calculer puis elle descendit les escaliers en passant devant Harry et Ginny qui n'avaient pas bougé, figé par son comportement.
Ils réagirent finalement et descendirent, après avoir aidé Ron. Mme Weasley était devant la porte et regardait le jardin.
-Mme Weasley, où est Hermione ? demanda Harry.
Elle ne répondit pas.
-Maman ! crièrent Ron et Ginny.
Elle se retourna.
-Hermione est partie, elle m'a dit qu'elle vous reverrait à la gare King Cross, pour prendre le Poudlard Express… Elle a rajouté qu'il ne fallait pas que vous vous en fassiez.
-Elle n'a pas dit ce qu'elle avait ? s'étonna Ron.
-Non.
-Et tu lui as pas demandé ? s'offusqua Ginny.
-Non.

La veille, Hermione était partie, Ron en avait été dépité. Lui et Harry devaient passer le permis de transplaner aujourd'hui, mais Ron n'avait pas le moral. Harry, Ginny et Mme Weasley avaient tout fait pour lui remettre un peu le moral, mais rien n'y faisait, il restait immuablement morose. Il était 16H50 et ils devaient partir. Harry et Ron étaient tous les deux dans la chambre orange.
-Elle est où ? demanda Ron pour la énième fois de la journée.
-Je sais pas, Ron. Mais je suis sûr qu'elle va bien. Il faut qu'on y aille, viens !
-Non, j'ai pas envie de passer ce foutu permis.
-Pff…
Un bruit attira l'attention de Harry. Un hibou était à la fenêtre, il tenait une lettre dans son bec. Harry alla lui ouvrir la fenêtre et prit la lettre sur laquelle était inscrit : « Ron et Harry ».
Harry ouvrit la lettre et commença à lire à voix haute :

Cher Harry et très cher Ron,
Je dois tout d'abord m'excuser de mon comportement de la veille. Je suis partie parce qu'il fallait à tout prix que j'aille quelque part… Mais je vous rassure, je vais bien… ou presque. Je serais sur la voie 9¾ le 1er septembre, je dois encore régler quelques détails.
Ron, je tiens à te dire qu'il faut vraiment que tu passes ton permis de transplaner, si tu l'as, je te promets une… récompense, comme tu les aimes. J'espère que tu comprendras (je suis presque sûre que Harry aussi).
Rassurez tout le monde et bonne chance à tous les deux.

Bisous (très gros pour Ron),
Hermione.

Quand il eut finit de lire, Harry leva la tête. Ron avait pris une jolie couleur rouge et semblait rasséréné. Il se leva d'un bond se prépara à sortir.
-Ron…
-Oui ?
Un large sourire se dessina sur le visage d'Harry.
-Tu y vas pour la « récompense » ?
La couleur rouge se fonça un peu plus sur le visage de Ron.
-Euh… si tu… euh… si tu pouvais éviter de parler de ça… surtout aux jumeaux…
-Hum… verra bien…
Ils descendirent tous les deux pour partir direction le ministère de la magie. Mr et Mme Weasley les attendaient pour les faire transplaner avec eux. Ginny attendait, elle aussi, en bas des escaliers pour souhaiter une bonne chance à « l'amour de sa vie »…
-Tu t'es enfin décidé à aller passe ton permis ? demanda Ginny.
-Oui…
-… on a reçu une lettre d'Hermione, coupa Harry, elle nous dit notamment qu'elle va bien.
-Je peux la voir ? demanda Ginny.
Harry sortit la lettre de sa poche et la tendit à Ginny mais Ron fut plus rapide et se jeta dans un plaquage digne du plus beau match de rugby (« C'est quoi le rugby ? »).
-Ça va pas bien, Ron ? demanda Mme Weasley croyant sans doute qu'il était tombé.
-Oui. On y va ? répondit-il en se relevant.
Il rangea la lettre dans la poche arrière de son jeans.
-Oui, on y va, répondit Mr Weasley, Harry, viens. Tu transplanes avec moi.
Ginny le prit dans ses bras.
-Bonne chance Harry.
Elle se dirigea ensuite vers son frère et l'enlaça. Harry sourit devant l'habileté de Ginny. Puis ils transplanèrent au ministère de la magie.
-Dépêchez-vous, dirent Mr et Mme Weasley, vous allez être en retard.
Harry et Ron se précipitèrent vers l'étage où ils devaient passer le permis.
-Tu devrais vérifier tes poches, dit Harry à Ron une fois qu'ils furent dans l'ascenseur.
-Hein ?
-Tes poches… surtout la poche arrière, rajouta Harry en riant.
Ron mit les mains dans ses poches.
-Et ben ?
-Y a rien qui t'étonne ?
-Non-non, elles sont vides.
Harry éclata de rire.
-Oui, elles sont vides
Ron blêmit.
-GINNY ! hurla Ron. JE VAIS LA TUER !
-Alors, ça je te l'interdis.

Le test de transplanage dura en tout et pour tout dix minutes. Harry et Ron ressortirent un grand sourire au lèvres.
-Bon, on rentre et on se fait un Quidditch, déclara Ron.
-Ouais, bonne idée… sauf que… Le ministre m'a demandé de passer le voir.
-T'es pas obligé.
-Non, on dirait pas. Bien que ça ressemblait à une convocation, je crois pas qu'il puisse m'y obliger… mais je pense qu'on peut y gagner à aller le voir…
-T'as une idée ?
-Une ou deux…
-Ha !

Le bureau du ministre était au rez-de-chaussée et ils durent remonter par l'ascenseur.
-Tu me le dis ton plan ? demanda Ron.
-Pas encore, je suis même pas sûr que ça puisse marcher…
-On entre pas !
Deux gardes du corps empêchaient l'entrer du bureau.
-Le ministre m'attend !
-Vous êtes ?
-Harry Potter…
-Ha… Bon, vous allez devoir l'attendre, il est en réunion.
-Non, j'ai pas que ça à faire… soit il nous reçoit de suite, soit il se gratte !
-Euh… je…

Le garde ayant parlé depuis le début sembla réfléchir un moment puis tourna les talons et entra.
-On dirait que ton assurance l'a troublé, rigola Ron.
-Je crois plutôt qu'il a reçu l'ordre de ne pas nous laisser entrer de suite, mais le ministre tient absolument à me voir…
-Pourquoi il ferait ça ?
-Pour me montrer que je suis pas indispensable…
Le garde revint, ce qui coupa court à l'explication.
-Vous pouvez entrer.
Harry et Ron avancèrent.
-Non, vous mais pas lui !
-Ce sera nous deux ou rien !
-Bon… ben… allez-y ! Laissez vos baguettes à l'entrée, c'est l'usage.
-Et bien, il va falloir changer l'usage car on rentre avec nos baguettes !

Harry entra n'attendant même pas la réponse du garde, aussitôt suivi de Ron. Le ministre était assis à son bureau. Harry remarqua presque immédiatement un tableau d'un ancien directeur de Poudlard, avec son occupant.
-On peut discuter dans un endroit sans oreilles indiscrètes ? demanda Harry sans détour.
-Des oreilles indiscrètes ? s'étonna le ministre.
-Oui, je dirais dans un endroit moldu, ce serait préférable…
-Hum… je vois, vous allez une idée ?
-Oui, au zoo…
-Au zoo ?
-C'est ce que j'ai ! Vous répétez toujours ce qu'on vous dit ?
Ron assista abasourdi à la discussion. Où était passé le Harry timide et réservé qu'il connaissait si bien ?
-Allons-y alors. Je crois que vous avez passé votre permis de transplanage, répondit le ministre.

Il ne fit pas attention à l'insolence d'Harry. Il avait besoin de lui, il ne pouvait pas se permettre de lui envoyer des réponses cinglantes au visage. Il devait aussi faire en sorte qu'Harry ne se sente pas lésé dans leur futur « accord ».
Ils se retrouvèrent devant la grille d'un zoo, entre la cage des singes et celle des autruches.
-Alors ? commença Harry.
-Alors ?
-Vous recommencez à me répéter, mon cher Ministre.
-Je voudrais que vous appréciez régulièrement au ministère de la magie et peut-être que vous laissiez accidentellement échapper que vous soutenez le ministère et le Ministre, moi.
-Hum… et en échange, que me proposeriez-vous ?
-Je pensais à l'acquittement du jeune homme que vous défendiez tant l'été dernier…
-Hum… C'est loin, très loin d'être suffisant.
Décidément ce jeune Harry était dur en affaire, mais le Ministre en avait maté des plus dur.
-Peut-être que vous avez une idée ?
-Je voudrais avoir accès à vos archives secrètes et…
-Aux archives secrètes ?
-Hum hum…

Ron suivait la discussion comme un match de Quidditch, pour le moment, c'était Harry qui avait le souafle et il n'était pas loin de marquer.
-Non, ça n'en faut pas la peine, les archives sont secrètes et je ne tiens pas à ce que n'importe qui, même pas un soit disant élu ou je ne sais trop quoi…
Harry venait de se prendre un cognard bien envoyé par le Ministre. Ron, se sentant inutile depuis le début de la conversation, décida de prendre le souafle.
-Alors, on s'en va, dit-il.
Ron attrapa le bras de Harry et commença à avancer en direction de la sortie.
-Qu'est-ce que tu fais ? chuchota Harry à son oreille.
-Laisse faire…
Ils continuèrent à avancer, jusqu'à ce que le Ministre les apostrophe.
-Très bien, vous avez gagné. Les archives vous sont ouvertes. J'espère que ce sera tout ?
-Pour le moment…
-Alors marché conclu ? demanda le Ministre.
Harry serra la main qu'il lui tendait.
-Marché conclu…
-Vous étiez où ? enquit Mme Weasley, les mains sur les hanches.
-Au zoo, répondit Ron machinalement.
-RON ! TU TE FOUS DE MOI EN PLUS ? hurla Mme Weasley.
-Non, je…
-DANS TA CHAMBRE !

Ron monta en courant sans demander son reste. Harry se retrouva seul en bas dans la cuisine, avec Mme Weasley. Il s'approcha lentement, prudemment. Il hésita un moment. Le voyant ainsi hésiter, Mme Weasley intervint.
-Qu'est-ce qui t'arrive, Harry ? Tu veux me demander quelque chose ?
-Oui, en fait je… Je voudrais savoir si l'ordre est toujours actif ?
-Euh…
Elle rougit subitement, ce qui étonna Harry. Jamais il ne se serait imaginé la « terrible » Molly Weasley rougissante.
-Non… l'ordre s'est dissout avec la mort de Dumbledore… On a bien essayé de continuer, mais la plupart des membres y était car ils avaient confiance en Dumbledore… et avec sa mort… La plus grande partie a pris peur… Je dois même avouer que j'ai de moins en moins d'espoir… Il ne reste presque plus rien à quoi se raccrocher…

Harry acquiesça et tourna les talons. Mme Weasley avait raison, avec la perte de Dumbledore, tous les espoirs du monde de la magie partaient en fumée. Il ne restait plus que lui. Lui, un jeune adulte. Non, même pas encore adulte. Tout se poids sur ses épaules. Avec Dumbledore ça allait, mais seul…
Tellement perdu dans ses pensées, Harry ne s'aperçut pas que Ginny était descendu et qu'elle lui parlait en ce moment. Il passa à côté d'elle sans même la calculer et monta machinalement.