Une gigantesque étendu d'herbe se dressait sous ses pieds. Il avançait lentement sans vraiment s'occuper de l'endroit où il se trouvait. Un petit homme, assez enveloppé, le crane dégarni, des mains aux longs ongles, une moustache faisant penser à celle d'un rat lui parlait en faisant sans cesse des révérences.
-Maître, tout est presque près… Il ne manque plus que votre accord…
-Pas encore… pas encore… A la rentrée. Quand il y aura tous les élèves…
Un rire glacial et atrocement aigu s'éleva sur la vallée. L'homme trembla de la tête aux pieds.
-Mais… mais… ce ne sont… que des enfants… tenta l'homme-rat.
-Des enfants qui deviendront adultes et qui se battront, comme les autres ! Ceux qui ne veulent pas rentrer dans les rangs seront tuer. Je tiens à m'occuper personnellement de l'entourage de Potter.
-Mais… mais…
-Plus de mais ! Tu discutes mes ordres, maintenant Queudver ?
-Non, maître, non… je…
Une baguette de bois foncé se tendit vers l'homme maintenant agenouillé, face au sol.
-…pitié, maître… pardonnez-moi…
-C'est bien Queudver, tu comprends vite. Endoloris.
Un cri retentit dans toute la maisonnée. Un cri à réveiller un mort. Il y eut des bruits de pas précipités. Puis un autre cri, encore plus atroce que le précédent. Une porte s'ouvrit. La lumière s'alluma. Une silhouette se dessina dans l'ouverture de la porte. Harry se leva d'un bond. Baguette en avant. Un filet de sueur froide coula le long de la tempe. A qui appartenait ce cri ? La silhouette avança prudemment. Harry envoya un sort. Sans s'en rendre compte. Il poussa l'homme. Passa la porte. Il courut comme jamais il n'avait couru. Une deuxième personne arriva dans le couloir. Une femme. Une petite femme rousse. Harry la repoussa d'un sort. Il enjamba son corps. Il repartit en courant. Toujours plus vite. Harry vit les escaliers. Une porte s'ouvrit. Harry fit un sort informulé, comme il ne pensait pas pouvoir en faire. La porte vola en éclat. Un homme plus grand que lui se tenait face à lui. Roux. Lui aussi, décidément. Le garçon lui envoya un sort. Un « stupefix ». Harry le reçu en pleine poitrine. Il décolla, tapa le plafond et s'écrasa au sol. Harry se releva. Une lueur rouge apparut dans ses yeux. Le roux recula d'un pas. Harry sentit la peur en lui. Il repartit en courant. Le garçon semblait décidé à l'arrêter. Harry tendit sa baguette en avant.
-ENDOLORIS !
Ron tomba au sol et se tordit d'une douleur tellement aiguë qu'elle lui arracha un cri pire que les deux précédents. Harry le regarda se tordre au sol. Le sourire qui était apparu sur son visage disparu. Il releva la tête, cherchant qui avait bien pu faire envoyer ce sort. Personne. Ni d'un côté, ni de l'autre du couloir. Ginny arriva par les escaliers. Harry avait toujours sa baguette dans les mains, mais tendu vers le sol. Ginny le mit en joue. Des larmes coulèrent sur ses si belles joues.
-Harry, je ne veux pas mais si tu m'y obliges, j'hésiterais pas !
Harry fronça les sourcils qu'est-ce qui lui prenait ? Il esquissa un geste et reçu un « expeliarmus » dans les côtes. Il s'envola et atterrit, sonné, sur le parterre. Sa baguette était à un petit mètre de lui. Harry réfléchit très vite. Pourquoi Ginny l'aurait-elle attaqué ? Ce n'était pas Ginny. C'est la seule explication qui lui vint. Il sauta en direction de sa baguette, mais il reçut un deuxième sort droit dans le visage cette fois. Il tenta de se redresser, y parvint un court instant puis s'étala de tout son long sur le sol froid.
Harry ouvrit les yeux, un mal de tête atroce lui arracha une grimace. Il essaya de se relever mais des liens invisibles l'en empêchaient. Il était dans un lit. Ses poignés et ses chevilles étaient fixés.
-Y a quelqu'un ? demanda Harry.
Il entendit un gémissement, quelqu'un pleurait. Harry déplaça la tête dans une position inconfortable de manière à voir la personne présente.
-Ginny ?
Elle renifla et s'approcha.
-Qu'est-ce qui ce passe ? Pourquoi tu pleures ? Et pourquoi je suis attaché ?
Elle éclata en sanglot. Elle appuya sa tête sur son torse.
-Je suis désolée…
-Pourquoi ? Qu'est-ce qui est arrivé ?
La porte s'ouvrit. Elle lui lança un dernier regard et sortit. Le Ministre s'approcha du lit.
-Monsieur le Ministre. Excusez-moi si je ne me lève pas.
-Harry. Pourquoi ?
-Parce que je suis attaché, répondit ironiquement Harry.
-Non, pourquoi tu as fait ça ?
-Si vous me disiez de quoi il s'agit ?
-Tu as attaqué Mr puis Mme Weasley, avant de faire subir un sortilège doloris à Ronald Weasley…
-Mais… je… je ne m'en rappelle même plus…
-Nous avons réussit à étouffer l'affaire pour le moment… et je pense que c'est le moment de renégocier notre arrangement…
-Vous ne perdez pas de temps !
-Non, je suis un homme pressé ! Donc, je pense qu'on va remplacer l'accès aux archives par la levée de toutes accusations… Et si l'affaire venait à s'ébruiter, nous dirons que tu étais sous l'emprise d'un impero…
-Hum… je crois que je n'ais pas le choix…
-En effet…
Il fit demi-tour.
-Et si vous me libériez ?
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée pour le moment…
-Quand voulez-vous que je fasse une déclaration ?
-Je vois que vous comprenez vite monsieur Potter, répondit le Ministre avec un petit sourire. On va dire pour votre anniversaire…
Harry eut un rire-faux. Le Ministre leva sa baguette et Harry sentit ses mains et ses jambes se libérer. Il se leva et avança vers la porte. Puis il se retourna rapidement.
-J'arriverai à voir les archives…
-Mais oui ! En attendant, je vous propose d'aller faire vos excuses aux Weasley.
-Où sont-ils ?
-Dans la cuisine de cette… charmante maison.
-Je crois savoir que vous êtes un homme pressé, alors je suppose que maintenant que cette affaire et réglée vous n'allez pas nous imposer votre présence plus longtemps !
Le Ministre transplana après avoir jeté un regard dédaigneux à Harry.
-Je voudrais m'excuser, commença Harry face aux Weasley, je… j'étais comme dans un rêve, je réalisais mes mouvements, mais j'étais incapable de les contrôler…
Harry vit que Ron avait sa baguette fermement serrée dans sa main.
-Je sortais d'un rêve où Voldemort torturait Queudever et après à mon réveil… en fait, non je ne me suis pas réveillé… Je me rappelle d'une grande vallée, avec un château au fond…
Harry inspira fortement. Il retint difficilement les larmes.
-Je… non… c'est… pas possible… veux pas… croire...
Les paroles d'Harry devinrent incohérente. Ron baissa légèrement sa baguette. Harry tomba à genou et les larmes commencèrent à ruisseler sur son visage. Ginny fut la première à se lever. Elle s'approcha d'Harry, le prit dans ses bras et commença à le bercer. Mme Weasley se leva elle aussi et rejoint sa fille.
-Harry, je suis désolée de t'avoir cru capable d'une telle chose, dit-elle.
Mr Weasley avança à son tour et aida Harry à se relever.
-C'est bon, Harry, on est toujours avec toi. Je t'ais toujours considéré comme un de mes fils et… enfin… bon retour chez nous.
Ron hésita un instant, se leva, s'approcha d'Harry et lui balança un coup de poing dans le nez. Harry vacilla sur quelques pas.
-RON ! s'indigna Mme Weasley.
-Non, c'est normal, la coupa Harry.
Ron le regarda dans les yeux. Il s'avança encore, arma le poing et finalement lui prit la main.
-On est quitte, dit-il.
Harry lui tira le bras et il se firent l'accolade.
-Il faut que je te parle, lui dit Harry à l'oreille.
Les jours qui suivirent, Harry n'était jamais seul, il dormait maintenant dans l'ancienne chambre des jumeaux et la nuit, quand elle pensait que Harry dormait, Mme Weasley entrait dans sa chambre, prenait sa baguette et ferma la porte d'un sortilège. Harry remarqua que tous les matins, elle se levait avant lui car sa baguette avait retrouvé sa place à son réveil. Durant ces jours, il ne put pas parler à Ron en privé. Malgré de nombreuses tentatives où Harry essayait de s'éclipser avec Ron, Mme Weasley se débrouillait pour que Ron ait une corvée ou une occupation plus importante.
Le matin de son anniversaire, Harry se réveilla très tard. Il se souvint d'avoir fait le même rêve que la nuit où il avait… « déraillé », mais en moins clair, en moins saisissant comme s'il s'agissait maintenant d'un souvenir. Comme si la première fois et il avait été le témoin en directe de la scène.
-Harry ? appela Mme Weasley d'en bas.
Harry se leva, enfila un pantalon et un t-shirt et descendit. Dans la cuisine, assis à la table, savourant de délicieux biscuits, le Ministre en personne l'attendait.
-Harrr… Ha…rry… dit-il la bouche pleine.
-Qu'est-ce que vous voulez ?
-Simplement te souhaiter un joyeux anniversaire, répondit-il en se levant.
Il le prit dans ses bras. Harry surpris ne réagit pas.
-Tu te rappelles de notre « contrat » ? lui chuchota t-il à l'oreille.
-Comment oublier ? répondit Harry toujours dans les bras du Ministre.
-Et bien, on commence maintenant, j'ai laissé des journalistes me filer « discrètement »…
Le Ministre relâche Harry.
-Tiens, voilà ton cadeau, rajouta t-il en lui tendant un paquet de manière ostensible.
-Merci…
-Bon, je dois y aller, j'ai beaucoup de travaille… Ho ! Et Harry, tu devrais sourire, ça te rendrait plus photogénique…
Le Ministre sortit, accompagné de Mme Weasley et transplana. Comme par hasard, un journaliste et son photographe sortirent des buissons et s'approchèrent de la maisonnée. Harry les vit s'approcher et se décida à intervenir. Il sortit dans le jardin comme si de rien était avec un sourire forcé.
-Bonjours, je peux faire quelque chose pour vous ? demanda Harry avec une voix faussement polie.
-Euh… Oui, figurez-vous que mon photographe et moi passions dans le coin, par hasard, bien sûr…
-Bien sûr…
-… et nous avons, inconsciemment, jeté un coup d'œil sur ce magnifique jardin. Et là, qu'elle ne fut pas notre surprise de voir le Ministre en personne sortir de la maison où loge le célèbre Harry Potter. Le survivant, l'élu, le dernier espoir du monde sorcier… Qu'elle surnom préférez-vous ?
-Harry Potter…
-Bien, moi je trouve que l'élu vous va mieux.
Le flash aveugla Harry.
-Que faisait le Ministre chez vous ?
-Il était là pour me passer le bonjour et me souhaiter mon anniversaire… nous sommes très amis et j'ai une confiance aveugle en lui…
-Très bien, très bien… ça fera un article super… Et qu'elle était le cadeau qu'il vous a offert ?
Harry réalisa qu'il ne l'avait pas ouvert. Il s'était contenté de le jeter négligemment sur la table.
-Un… un secret entre lui et moi…
-Que de mystère… Le Ministre formerait-il le jeune Elu à sa destinée ?
-Euh… oui-oui, vous avez percé le mystère, mentit Harry. Si ça ne vous gène pas, je vais prendre mon petit déjeuner maintenant, ce fut un plaisir, à une prochaine fois.
Le journaliste et le photographe ne prirent pas la peine de répondre et transplanèrent.
Harry allait entamer sa dixième crêpe quand un hibou apporta le journal. Ron le prit et commença à le lire.
-Tu fais la une, lui dit-il comme si s'était normal.
-J'imagine…
Un deuxième hibou entra par la fenêtre et se posa sur la crêpe d'Harry.
-Ho non !
Harry prit la lettre que le hibou lui tendait.
Cher Harry,
Tout d'abord, laisse moi te souhaiter un joyeux anniversaire. Je suis désolée, mais pour le cadeau il faudra que tu attendes un peu, je n'ai pas eu le temps de t'en trouver un… j'espère que tu ne m'en veux pas.
Ensuite, je viens de lire la gazette. C'est quoi cette histoire avec le Ministre ? Il n'a jamais fait que nous mettre des bâtons dans les roues et voilà que tu l'idolâtre ! En plus, il te forme ? Non, mais vraiment ! Pourquoi tu as dit tous ces mensonges, parce que c'est ce que c'est, ne nies pas ! J'en suis sûre, je te connais depuis suffisamment longtemps maintenant pour en être sûre.
Comme je suis sûre que tu vas me poser la question dans ta prochaine lettre, et pour ne pas avoir à répondre, je suis chez moi… enfin, chez mes… non, chez moi. J'ai eu quelques problèmes familiaux et c'est pour ça que j'ai du m'absenter. S'il n'est pas en train de lire par-dessus ton épaule, évite de le dire à Ron, s'il te plait.
Je t'embrasse fort et te souhaite, encore une fois, un joyeux anniversaire.
Hermione.
Harry plia la lettre.
-C'est qui ? demanda Ron.
-Hermione elle…
-Elle va bien ? Où est-elle ? Pourquoi est-elle partie ? Qu'est-ce qu'elle te dit ?
-Du calme Ron, du calme. Elle ne dit rien de bien précis, juste qu'elle va bien.
-Ha…
Harry avait reçu pour son anniversaire, un objet en forme de carotte, qu'on lui avait présenté comme étant un « dirigeur » et un livre sur les phénomènes magique inexplicables. Il ne mit d'ailleurs pas longtemps, à se rendre compte qu'il était un de ses phénomènes. Harry remercia tout le monde puis monta dans la chambre de Ron dans l'espoir de se détendre. Il fut cependant intercepté par un Ginny habillé d'une jolie jupe noire et d'un chemisier de la même couleur. Elle le tira par le bras jusqu'à sa propre chambre. Une fois qu'elle eut fermé la porte (avec un sort, mais Harry ne s'en rendit pas compte), elle se retourna vers lui une lueur inquiétante dans ses yeux.
-Ginny ? Qu'est-ce que tu as ?
-Comment tu me trouves ?
-Euh… très jolie, comme d'habitude, pourquoi ?
-Et mes habits ?
-Tu es parfaite, mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu me fais un peu peur…
-Je voulais simplement t'offrir ton cadeau...
