Auteur : Sladana

Disclaimer : je ne tire aucun profit financier de ce texte et tout appartient à JK Rowling si ce n'est Katiouchka Majarski.

Note : c'est un chapitre un peu long mais plein de rebondissement, je n'ai pas eu le cœur à le séparer en plusieurs petites parties (elles auraient été tristes toutes seules)

Chapitre 5

Quelques jours plus tard les deux sorciers se trouvaient au Canada. Pour changer ils avaient opté pour un pays plus froid mais après les chaleurs étouffantes cela leur convenait. Ils visitèrent Ottawa, appréciant l'architecture et les musées, Harry toujours rivé à son appareil photo. La nuit était tombée depuis déjà un moment quand ils sortirent du théâtre. Katiouchka le regretta, la nuit était maîtresse du mal et gardienne de ses serviteurs. Dans cette ville ces mêmes serviteurs pouvaient être présents. Harry par contre ne s'en souciait pas le moins du monde. Dans un bavardage incessant il parlait de la pièce qu'ils avaient vu et qu'il avait beaucoup aimé.

- Don Juan me fait pensé à Malfoy, avoua t-il.

- Pourquoi ?

- Il a toujours tout un tas de filles autours de lui, il se pavane comme un prince.

- Il sort avec beaucoup de ces filles ?

- Bizarrement non. Mais il aime se montrer avec elle, ce qui lui vaut une réputation de coureur de jupon. Et il entretient cette…

Harry ne termina pas. La sorcière l'entraîna dans une ruelle sombre sans autre explication qu'un « chut » net et précis. Ils parcoururent quelques dizaines de mètres dans des petites rues plus louches les unes que les autres. Katiouchka voulait retrouver une grande rue, où ils pourraient se fondre dans la foule mais la chance ne semblait pas de leur côté ce soir là. Elle jetait de fréquents regards derrière elle, constatant avec soulagement qu'il n'y avait personne.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda finalement le jeune homme ne pouvant se taire plus longtemps.

- Mangemorts, répondit simplement la sorcière.

- Tu en es sûre ?

- Disons que j'ai vu des hommes vêtus de grandes capes noires, leurs visages cachés par leurs capuchons, mais si tu veux t'assurer de leur identité on peut faire demi-tour et aller leur demander.

Harry ne dit rien et pressa le pas, guidé par la sorcière. S'enfonçant dans les rues tortueuses et souvent peu éclairées ils débouchèrent finalement dans un grand parc. Avec un soupire de soulagement Katiouchka reconnu l'endroit et ils regagnèrent rapidement le break bleu. Ne voulant attendre le lendemain pour repartir la sorcière prit le volant et s'engagea sur une autoroute en direction des Etats Unis. Ils ne s'y arrêteraient pas, pas aujourd'hui. C'était bien trop près de là où on les avait aperçu. Pour peux que les hommes encapuchonnés soient des Mangemorts. Non, ils allaient rouler jusqu'à New York, peut-être Denver et là seulement ils s'envoleraient. Ils ignoraient qu'ils voyageaient en voiture volante, pas la peine de le leur apprendre.

Et leur périple continua. Harry fêta son anniversaire à Tokyo. Ils dînèrent tout deux tranquillement les spécialités du pays puis la sorcière l'entraîna dans une boite de nuit branchée. Après tout le jeune homme avait seize ans, il était temps qu'il apprenne à s'amuser. Et Harry s'amusa follement ce soir là. Katiouchka, sirotant un grand verre de vodka citron au bar, veillait sur le jeune homme sur la piste de danse, repoussant les quelques hommes qui tentaient de approcher d'elle. Elle n'allait pas se laisser distraire dans sa mission ! Et elle n'avait pas vraiment la tête à ça. Tous ces hommes lui semblaient si fades, si inintéressants. Elle devait avouer qu'elle avait des goûts très spéciaux qu'elle ne comprenait pas, qu'elle regrettait souvent, particulièrement un homme. Un homme qu'elle avait haï probablement autant qu'elle l'avait aimé. Elle interrompit ses pensées, pourquoi songeait-elle à lui maintenant ? Elle voulait s'amuser, pas replonger dans ses remords. A trois heures du matin la sorcière réussit à décrocher son protéger de la piste de danse et des jeunes gens qui l'entouraient. Une fois de retour dans la voiture ils ne tardèrent pas à s'endormir.

La matinée avait laissé place à un après-midi radieux quand Harry se réveilla enfin. Il sourit en repensant à la veille. C'était sans nul doute le plus fantastique anniversaire qu'il avait eu de toute sa courte vie. Il se souvenait du merveilleux match de Quidditch opposants les Dragons d'Osaka aux Fureurs de Minsk qui avait été suivi d'un repas copieux où il s'était tout simplement régalé. Et pour couronner le tout Katiouchka l'avait emmené en boite de nuit ! Quand il dirait ça à Ron ! Il avait dansé toute la nuit avec de multiples partenaires dont il avait oublié le visage. Katiouchka avait aussi dansé un peu et le jeune homme devait avouer qu'elle avait un bon déhanché, pour…il devait le dire…pour son âge. Autant elle semblait parfois très sérieuse, comme lorsqu'ils avaient fui du Canada, autant il lui arrivait d'être complètement délurée. Et il la préférait comme ça. Il aimait son caractère vif et son air de 'bonne copine' qu'elle prenait souvent. Il lui arrivait même d'oublier leur différence d'âge et de se confier à elle comme à une amie ou à une grande sœur. Elle était déjà levée, comme tout les matin, et préparait son café. Harry se leva, lui dit bonjour et prit les céréales dans l'étagère jaune recouverte de tournesols, décidément tout ici donnait envie de rire et de croquer la vie à pleines dents. Katiouchka sourit en voyant Harry se lever enfin. Elle avait veillé à ce qu'il ne boive pas d'alcool sinon il aurait eu une gueule de bois d'enfer et elle les reproches imaginaires des parents décédés, ce qui ne l'aurait pas empêché d'avoir des remords, loin de là. En seulement deux semaines il semblait déjà un peu moins chétif et maladif. Le soleil brûlant des pays tropicaux lui avait donné un bronzage non négligeable mais bien loin d'égaler celui de la sorcière. A défaut d'être la plus grande elle était encore la plus bronzée et elle ne comptait pas perdre son titre.

Quelques heures plus tard ils quittaient le Japon pour l'Egypte qu'Harry rêvait de visiter depuis que Ron lui avait parlé de son propre voyage. Ils passèrent le reste des vacances au pays de pharaons, découvrant la beauté de ce pays à travers son histoire, son peuple et ses paysages. Tant de facettes différentes et multiples qu'ils pensaient en avoir manqué beaucoup quand, à deux jours de la rentrée scolaire, ils prirent le chemin du retour. Ils étaient partis tôt pour profiter une dernière fois du soleil rouge se levant derrière les pyramides majestueuses. Harry ne pensa pas à prendre des photos tant cela le subjuguait.

- Alors ça t'a plus ? demanda la sorcière alors qu'ils survolaient la méditerranée.

- Et pas qu'un peu !

- Tu as fini de lire le journal intime de ta mère ?

- Presque. Mais une chose me tracasse, c'est assez indiscret.

- Dis toujours.

- Maman dit que tu es amoureuse d'un garçon mais qu'elle ne l'aime pas du tout et…jamais elle ne mentionne son nom.

- Je crains de ne pouvoir te répondre, ça remonte à si longtemps, ma mémoire me fait défaut.

Katiouchka mentait délibérément et Harry le savait. Jusqu'à présent elle lui avait tout dit, du moins lui semblait-il.

- Que dirais-tu de conduire ? lui proposa la sorcière pour changer de sujet.

- Quoi ! Mais je ne sais pas…

- Ce n'est pas si difficile.

Katiouchka pressa un bouton et elle se retrouva à la place du passager avant. Harry attrapa le volant et y resta crispé un moment avant de se rendre compte qu'effectivement ce n'était pas si dur qu'il le croyait, d'autant plus que la voiture était déjà stabilisé dans les airs. Prenant peu à peu de l'assurance il parvint en abordant les côtes françaises à effectuer de surprenants loopings. Katiouchka souriait mais le jeune homme la sentait tendue et se calma un peu, après quelques dernières acrobaties.

- Harry, je dois t'avouer un truc.

- Oui ?

- J'ignore comment mon appartement réagira à tes cascades.

- Tu veux dire que tout peut être par terre en ce moment ?

- C'est l'idée, oui.

- Je suis désolé, surtout qu'avec toutes tes babioles on va en avoir pour un moment avant de tout remettre en place.

- Hé ! J'adore mes babioles, ce sont des souvenirs de voyages et j'y tiens beaucoup.

- Tu pourrais aller voir ton appartement pendant que je conduis.

- Impossible, la porte ne s'ouvre qu'à l'arrêt. C'est con je sais mais c'est comme ça. On verra ça en arrivant.

Ils avaient prit de quoi grignoter pendant le voyage pour ne pas avoir à s'arrêter et arriver plus vite. Ainsi en fin d'après-midi ils atteignirent les côtes anglaises.

- Tu te sens prêt pour l'atterrissage ? demanda la sorcière.

- Quoi ! Mais je ne sais pas…

- Tu ne savais pas non plus conduire mais ton numéro de voltige a été très réussi. C'est simple, tu m'as vu faire ?

- Oui, tu appuies là, dit le jeune homme en effectuant la manœuvre, puis tu descends le levier là…

- Tu vois, un vrai pro !

Ils se posèrent sans encombre sur le parking isolé d'où ils avaient prit leur envol. Ils s'arrêtèrent quelques instants pour voir dans quel état était la maison et il s'avéra que la chance était de leur côté et que les cabrioles de Harry n'avaient en rien modifié l'aspect de l'appartement. La sorcière reprit le volant, il ne fallait pas oublier que Harry n'avait pas le permis de conduire et que les contrôles au sol étaient bien plus importants que ceux dans les airs.

A dix-neuf heures ils étaient au manoir Black, entourés de leurs amis. Harry n'en finissait pas de leur parler de son anniversaire, de ce qu'il avait vu et vécu et surtout de leur montrer toutes les photos qu'il avait prise. Les quatre plus jeunes Weasley et Hermione entouraient Harry, lui posant des tonnes de questions dans un brouhaha d'enfer. Pendant que les adolescents s'extasiaient sur les beautés de l'Egypte, du Japon au encore du Pérou, Remus avait emmené Katiouchka à l'écart.

- Vous avez rencontré des problèmes ? demanda t-il inquiet.

- Oui, à Ottawa. Il me semble que deux Mangemorts nous suivaient mais je ne peux l'affirmer. C'était peut-être simplement deux hommes en capes noires. Nous les avons semés.

- C'est tout ?

- Oui. Que se passe t-il ? Tu me sembles particulièrement inquiet.

- J'ai de quoi, pendant votre absence Tu-sais-qui a redoublé d'efforts pour former son armée. Il recrute à nouveau, parmi les sorciers mais aussi les vampires…

- Quoi !

- Le pire c'est que c'est Snape qui va être envoyé en ambassadeur du Dark Lord, s'il refuse d'y aller sa couverture est foutue. Et comme il ne sera pas seul l'autre Mangemort va veiller à ce qu'il les convainque.

- Quand doit-il partir ?

- Demain, ce soir ils ont une réunion importante mais nous ne savons pas pour quoi.

- Entre nous Remus, tu fais confiance à Snape ? Tu crois vraiment qu'il est de notre côté ?

- Dumbledore l'affirme et je le crois. Je n'ai pas besoin de plus de preuves.

- Mais on ne change pas comme ça, pas aussi radicalement.

- Parce que tu penses qu'il a changé ? sourit Remus. Moi je le trouve toujours aussi irritant et désagréable.

- Tu sais ce que je veux dire, on ne passe pas du mal au bien comme ça.

- Mais tout n'est pas noir ou blanc, Katy, il y a des nuances. Des nuances chez Snape que nous ne connaissons pas. Regarde, toi c'est pareil…

- Ce n'est pas pareil, non ! J'ai commis des erreurs et tu sais ce que cela m'a coûté mais ce n'était pas pareil.

- Katy…

Mais il fut interrompu par une porte d'entrée qui s'ouvrait à la volée. Remus et Katiouchka s'en approchèrent en même temps que déboulaient de la cuisine Mr et Mme Weasley et les six adolescents. Ils observèrent les nouveaux venus, ne pouvant y croire. Ginny étouffa un petit cri et sa mère se retint de faire la même chose. Hermione se recula instinctivement, se plaçant derrière un Ron abasourdi.

- Severus ! s'écria Katiouchka mais se rendit compte qu'elle ne savait pas quoi dire d'autre.

- Je vais vous expliquer, dit calmement le professeur.

- Je l'espère, intervint Dumbledore.

Katiouchka remarqua qu'une fois de plus le directeur faisait une entrée théâtrale, à croire qu'il aimait ça. Mais pour une fois son entrée était bien moins surprenante que celle de Severus.

- Nous allons tous dans le salon, reprit Dumbledore, nous devons discuter de l'arrivée inattendue de Mr Malfoy junior.

C'est ainsi que les treize sorciers se retrouvèrent dans un vaste salon au vert sombre dominant. Mme Weasley, Ginny et Hermione étaient assises sur un sofa, Mr Weasley tenant l'épaule de sa femme en un geste rassurant. Remus et Severus étaient assis sur deux fauteuils face au sofa. Harry, Ron et Katiouchka se tenaient debout, à plus ou moins grande distance de ce même canapé. Dumbledore était tranquillement assis dans un fauteuil qui tournait le dos à une grande cheminée de marbre noir. A sa droite se tenaient Fred et Georges Weasley très calmes pour une fois. Et Drago était demeuré debout, fermant le cercle qu'ils formaient, tentant de dissimulée sa gêne et son appréhension. Harry remarqua que malgré le fait qu'il soit entouré d'ennemis il gardait un sourire en coin moqueur et arrogant qui avait le don de l'énerver.

- Severus, commença Dumbledore rompant ainsi un silence lourd, nous sommes ravis de vous revoir mais nous ne nous attendions pas à recevoir de la visite. Que s'est-il passé ?

- L'importante réunion de ce soir avait pour but de faire accéder Drago Malfoy au titre de Mangemort. Il s'y est opposé alors…ils ont commencé à le torturer, je suis intervenu quand ils ont utilisé le 'doloris', je ne pouvais plus supporter sa souffrance…

- Tu faisais moins cas de ça de par le passé, l'interrompit Katiouchka avec hargne.

- Katiouchka, il ne me semble que ce n'est pas le bon moment pour parler de ça, coupa Remus.

- Oh si, c'est le moment idéal. Dumbledore, nous sommes tous très curieux de la raison qui vous fait faire confiance à Snape.

- Ce n'est pas à moi de vous répondre, expliqua Dumbledore d'une voix calme mais ferme, si Severus veut un jour vous en parler il le ferra. Mais je vous assure que je ne suis pas du tout bien placé pour vous le dire.

Harry avait espéré connaître la raison du changement de camp de son professeur mais visiblement ça n'était pas pour aujourd'hui. Hermione et Ron semblait tout aussi déçu que lui. Snape avait écouté Katiouchka avec attention mais avait gardé son masque froid ne trahissant aucune émotion. Drago avait suivi l'échange sans aucune réaction, comme s'il était ailleurs.

- Pouvons-nous nous occuper de notre problème ? demanda le directeur pour la forme. Mr Malfoy, qu'avez-vous ressenti ce soir ?

- A quel moment, professeur ?

- Lorsque vous avez refusé de recevoir la marque des Mangemorts.

- J'ai…, il hésita puis reprit, j'ai eu peur, monsieur. Je savais ce que mon refus entraînerait mais je ne voulais pas…finir comme mon père… Je ne veux servir personne, je veux être mon propre maître.

- Et que penses-tu des idées de Voldemort ?

- Je vous mentirais si je vous disais que je n'en partageais pas certaines.

Harry et Ron serrèrent les poings de rage, Hermione agrippa fermement l'accoudoir du sofa pour se calmer, Katiouchka ne pouvait que plus détester le garçon qui ressemblait trop à son père.

- Je pense que certains sorciers sont…inférieurs à d'autres, reprit Drago ne se laissant pas démonter par les regards haineux de certains. Mais je ne pense pas qu'il faille obligatoirement les supprimer. Je pense que nous pouvons vivre avec.

- Nous ne te ferrons pas changer d'avis ce soir, dit Dumbledore, mais que penses-tu des méthodes employées par Voldemort ?

- Après ce soir je ne peux que les condamner, monsieur. J'ai eu l'impression que…non, c'est trop dur à dire. Il n'y a qu'en la ressentant qu'on comprend le sens du mot 'douleur'.

- Et si tu te retrouvais face à ton père, que ferrais-tu ?

- Je ne sais pas, honnêtement je ne sais pas. C'est mon père mais il n'a jamais vraiment joué son rôle et il chercherait probablement à me tuer.

- Bien, merci. Molly vous voulez bien l'emmener à la cuisine, je suppose qu'il doit avoir faim. Nous devons parler. Les enfants, suivez-là.

Les jumeaux s'indignèrent mais finirent par regagner la cuisine. Harry eut l'autorisation de rester grâce à Katiouchka qui refusa catégoriquement qu'il se retrouve avec un Malfoy sans sa présence.

- Bon, commença Dumbledore, il m'a l'air sincère. Nous devrions envisager de la garder avec nous.

- Le loup dans la bergerie, murmura Katiouchka à Harry qui sourit.

- Katiouchka ? Un problème ?

- Si vous voulez mon avis je pense que c'est un piège, professeur. Il va nous espionner sans problème s'il reste ici. Qui sait s'il ne va pas dévoiler l'emplacement du quartier général…

- Tu n'y étais pas, coupa Snape, tu n'as pas vu ce qu'ils lui ont fait. Je t'assure que sa souffrance était bien réelle.

- Mais peut-être que cela a été fait exprès, pour que tu tombes dans le piège et nous aussi. Personne de sensé ne peut accuser un torturé de l'avoir voulu. Et c'est sur ce point qu'ils comptent nous avoir.

- Tu penses donc ne pas être sensé ? sourit Remus.

- Bien moins que vous tous, c'est sûr. Mais regardons un peu au-delà des faits les plus évidents. Peut-être qu'il est sincère et j'en serait la première réjouie mais s'il se joue de nous, nous allons nous en mordre les doigts.

- Nous ne pouvons le renvoyer, reprit Dumbledore, non seulement il connaît l'emplacement de l'Ordre mais peut-être est-il en danger de mort s'il retourne chez lui. Ici nous l'avons sous les yeux, nous pouvons le surveiller.

- Et quand il sera à Poudlard ? demanda timidement Harry.

- J'ai ma petite idée là-dessus, sourit le vieil homme. Nous sommes donc d'accord pour qu'il reste ?

Les cinq sorciers acquiescèrent.

Dans la cuisine l'ambiance était plutôt tendue. Ils mangeaient silencieusement, sur le qui-vive. Molly avait renoncé à faire la conversation et c'est avec joie qu'elle vit entrer Dumbledore et les autres.

- Drago peut rester avec nous, dit Dumbledore avant de s'excuser et de partir pour un travail urgent comme il en avait si souvent en ce moment.

- Aller ! A table ! s'écria Molly. J'espère que vous ferrez tous honneur à mon pot-au-feu.

Le repas fut loin d'être bruyant. Les jumeaux se levèrent et gagnèrent leur chambre sous le regard suspicieux de leur mère, suivit de Remus qui ne se sentait pas bien ce soir là. Katiouchka s'inquiéta pour son ami qui tenta de la rassurer, affirmant que ce n'était que de la fatigue.

- Où va dormir Malfoy ? demanda soudainement Ron.

- Il reste un lit dans votre chambre, commença Molly.

- Il n'en est pas question ! s'écria Katiouchka. Il aura une chambre à part, que nous fermeront la nuit et rouvriront le matin.

- Ca c'est une cage, dit froidement Severus.

- Et alors ? Il reste ici mais il n'en est pas pour autant moins dangereux.

- Katiouchka, dit doucement Molly, ce n'est qu'un enfant…

- Je ne dormirais pas dans la même chambre que Malfoy ! s'emporta Ron.

La situation s'envenima quelques temps puis un accord fut conclu. Drago aurait une chambre pour lui mais elle ne serrait pas fermée et il devait éviter d'en sortir avant le matin. Ils se levèrent pour aller se coucher. Mais deux gémissements de douleurs se firent entendre, faiblement certes mais ils n'échappèrent pas aux oreilles de Molly Weasley.

- Severus ? Drago ? Ca ne va pas ?

- Pas vraiment, avoua péniblement le jeune homme.

Comprenant soudainement elle souleva la chemise de Drago, laissant apparaître de grandes griffures et hématomes rouges et violacés.

- Par Merlin, souffla Molly, tu dois souffrir atrocement. Severus, vous avez les mêmes marques ?

Le sorcier acquiesça. Mme Weasley s'empara de deux tubes de pommade dans un tiroir et en tendit un à Katiouchka, surprise.

- Que voulez-vous que je fasse avec ça ?

- Je m'occupe déjà de Drago, Severus a besoin d'aide.

- Je n'ai pas besoin d'aide !

- Allons, votre dos est dans un sale état, laissez Katiouchka vous soigner.

- Je…je ne vais pas…

- Ne faites pas l'enfant Katiouchka !

Severus et Katiouchka rejoignirent la chambre de Snape plus tranquille et loin des adolescents. Katiouchka savait qu'il y dormait relativement souvent, malgré cela il n'avait absolument rien apporté à la décoration. Il n'y avait aucun objet personnel, simplement une perturbante neutralité. Il retira sa chemise avec peine, laissant apparaître un dos blanc couvert d'écorchures rouges mais aussi certaines refermées qui devaient dater de plusieurs années. Katiouchka frissonna, ceux qui lui avaient fait ça n'y étaient pas allés de main morte. Elle lui appliqua le baume qui s'infiltrait doucement à travers les plaies.

- Pourquoi nous avoir rejoint ? demanda t-elle soudain.

- Pardon ?

- Pourquoi as-tu quitté Voldemort ? Dumbledore n'a rien voulu dire.

- Je ne pense pas que ce soit le moment, dit-il froidement.

- Mais ça ne sera jamais le moment ! Et je ne te ferrais pas confiance sans raison valable.

- Parce que tu crois que la confiance s'acquière ainsi ? Dumbledore t'a fait confiance, malgré tout, sache juste que pour moi ce fut à peu près la même chose.

- Toi ? J'ai du mal à l'imaginer. Bon, j'ai fini le dos, je pense que tu es capable de faire le devant. Bonne nuit Severus.

- Bonne nuit.

Dans la cuisine Mme Weasley passait avec soin le baume aux senteurs de pin et de rose dans le dos tout aussi blanc de Drago. Mais il souffrait malgré tout, même s'il tentait de le cacher Harry le voyait parfaitement. Après toutes ses années il avait su comprendre et lire au-delà des apparences qu'il se donnait les sentiments et les émotions de son ennemi. Parfois un simple regard furtif lui indiquait qu'il était triste ou irrité. Le Serpentard pensait duper tout le monde mais il se trompait. Hermione, Ron et Ginny se demandaient à voix basse s'ils devaient avoir confiance en Drago. Ron était furieusement contre, le blond ne sera jamais de leur côté, ce n'était qu'une ruse. Hermione était plus partagée, elle faisait confiance à Dumbledore mais il fallait avouer que garder le jeune homme ici était peut-être inconsidéré. Ginny voulait lui laisser sa chance, elle avait vu le pouvoir de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et admettait qu'on pouvait être tenté de le suivre. Et elle pensait que si Drago avait su renoncer au pouvoir peut-être valait-il la peine de réfléchir à son sort. Mais elle admettait qu'il pouvait aussi les mener en bateau. Harry lui ne savait que penser. Il détestait le Serpentard ce qui ne l'aidait pas à émettre un jugement objectif. De plus il sentait sa souffrance et elle n'était pas fictive. Il s'approcha de Drago, le fixant droit dans les yeux d'un air grave.

- Si tu te paie notre tête, commença t-il.

- Je ne…

- Laisse-moi finir !

- Si tu te fous de nous, je te jure que tu le regretteras. Est-ce bien clair ?

Le Serpentard acquiesça. Molly Weasley n'intervint pas, elle savait qu'Harry devait mettre les choses au clair. Plus tôt ce serait fait, plus tôt elle aurait la paix, du moins l'espérait-elle.

- Le moindre mot de travers et tu regretteras que les amis de ton père ne t'aient pas tué.

- Parce que tu crois que ça me plait d'être ici ?

- Malfoy ! Je t'ai dit de te taire !

- Non je ne vais pas me taire. Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi. Je n'ai pas choisi de venir ici.

- Rassure-toi nous ne voulions pas de toi non plus. Mais si nous sommes tous d'accord pourquoi ne pas dégager tout de suite ? Tu connais la sortie.

- Personne ne sort d'ici ! s'écria Molly Weasley. Vous n'avez que demain à passer ensemble avant la rentrée, vous pouvez faire un effort.

- C'est elle qui dit ça, murmura Ron à son ami.

- Ron ! Pour ta peine tu montreras à Drago sa chambre.

- Mais…

- Il n'y a pas de 'mais' ! C'est un ordre.

- Je vais accompagner Ron, proposa Harry pour aider son ami.

- Merci Harry, les filles vous m'aider à débarrasser ?

Les trois garçons se retrouvèrent devant la chambre qui avait été attribué à Drago, ne sachant pas quoi dire. Harry se décida à faire un effort comme l'avait demandé la mère de son ami.

- Voilà ta chambre Malfoy. La notre est au bout du couloir et celle de Snape…

Il ne finit pas car la porte qu'il allait désigner s'ouvrit, laissant apparaître Katiouchka. Jetant un rapide coup d'œil Harry vit Snape dans la pièce, remettant une chemise noire. La sorcière s'approcha du trio.

- Ca va ? demanda t-elle à Harry.

- Oui, et toi ?

- C'est passé. Vous alliez vous coucher ?

- Oui, nous montrions à Malfoy sa chambre.

- Malfoy, dit-elle d'un ton doucereux, je te préviens, s'il arrive quelque chose à Harry ou à ses amis alors que tu es dans cette maison, tu le regretteras amèrement…Allez vous coucher les garçons, il est l'heure.

Ils souhaitèrent bonne nuit à la sorcière et chacun regagna sa chambre. Katiouchka fit quelques allers-retours dans la chambre de Harry cette nuit là, terrifiée à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose. Mais non, à chaque fois la pièce était calme, troublée seulement par la respiration des deux garçons. Elle se faisait beaucoup trop de soucis, si elle continuait comme ça elle allait tomber malade.

C'est donc les yeux entourés de grosses cernes que la sorcière se leva le lendemain matin, la nuit avait été longue mais son anxiété avait finalement été vaincue par la fatigue. Pour la première fois Harry était déjà levé quand elle parvint à la cuisine après une douche froide qui l'avait à peine réveillé. Les adolescents lui offrirent de grands sourires quand elle entra dans la pièce. Drago, la tête dans son café, semblait vouloir se faire le plus discret possible. La sorcière observa un instant le blond, il semblait bien moins sûr de lui, bien différent de celui que Harry lui avait décrit, il était presque touchant. Elle lui adressa un sourire franc et il lui répondit plus timidement, étonné par ce comportement.

- Bon, aujourd'hui vous devez préparer vos bagages pour Poudlard, annonça Molly puis s'adressant à Harry et Drago, on vous a acheté vos affaires.

- Bonjour, dit froidement Severus qui semblait levé depuis longtemps et revenait probablement déjà de mission.

- Bonjour Severus, salua Molly, vous voulez manger quelque chose ?

Le sorcier se servit et se tourna vers Katiouchka.

- Dumbledore te propose un poste à Poudlard, dit-il.

- Vraiment ? s'étonna la sorcière sortie depuis peu de son état vaseux. Quel poste ?

- Un poste créé juste pour toi, tu dois…assister Rusard…

- Pardon ? Tu plaisantes ?

- Est-ce que j'ai l'habitude de plaisanter ? Le but est surtout de veiller sur Potter et Malfoy, tu auras tes propres appartements et pour couronner le tout ton cher ami Lupin sera professeur de défense contre les forces du mal.

- Vraiment ! s'écria Harry en se tournant vers la sorcière. C'est super ! Tu vas accepter ?

- Comment puis-je refuser devant un tel enthousiasme ?

- Très bien, conclu Snape avant de partir, tu prendras le train demain avec les élèves.