Note : j'ai beaucoup aimé écrire ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira aussi. Bonne lecture et n'hésitez pas à m'envoyer de reviews. J'en profite pour remercier ceux qui m'en envoient, ça me fait très plaisir.
Chapitre 8
Quand Harry s'éveilla la première chose qu'il vit était que Malfoy était toujours à ses côtés. Il semblait si différent, innocent, bien loin du masque de froideur qu'il se donnait lorsqu'il était éveillé. Snape était attablé et lisait un journal qui n'était probablement pas du jour. Le professeur buvait un café bien noir, attendant le départ. Harry fonça s'habiller dans la salle de bain et revint quelques minutes plus tard, parfaitement ragaillardi. Katiouchka dormait encore et ça n'était pas étonnant, la route l'avait beaucoup fatiguée. Puis Drago s'éveilla à son tour. Harry sourit en voyant la mine étonnée du Serpentard ne sachant plus très bien où il était. Ils déjeunèrent en silence, n'ayant rien à se dire et ne le souhaitant pas non plus. Quand Katiouchka les rejoignit les douze coups de midi sonnèrent.
- Bonjour, les salua t-elle avec un grand sourire. Bien dormi ?
Des grognements lui répondirent et cela la fit rire. Elle se servit un café et s'attabla avec eux.
- Melle Majarski, commença Drago.
- Appelle-moi Katiouchka, le coupa la sorcière.
- Katiouchka, qu'y a-t-il…entre mon père et vous ?
- Je…heu.
- Malfoy ! Comment peux-tu poser une question aussi stupide ? Il n'y a aucun lien entre eux !
- J'ai plutôt eu l'impression qu'ils se connaissaient, Potter !
- Ca suffit vous deux, soupira Katiouchka.
- Mais tu ne peux pas le laisser dire des choses comme ça !
- Hé bien…en réalité j'ai…eu une aventure avec son père.
- Quoi ! s'écrièrent les deux garçons d'une seule voix.
- Tu m'as menti ! s'écria harry.
- Je ne t'ai pas menti, il y a certaines choses que je t'ai cachées mais je ne t'ai pas menti.
- C'est pareil !
- Mr Potter, dit froidement Snape, laissez Katiouchka s'expliquer et ensuite vous donnerez votre opinion.
Harry regarda avec méprit son professeur. De quel droit se mêlait-il de la conversation ? Cela ne le regardait pas.
- J'étais amoureuse de Lucius à l'école, expliqua la sorcière. C'était mon premier amour, il avait deux ans de plus que moi, il était terriblement séduisant et Lily le détestait. Je n'ai jamais souhaité l'aimer mais c'est arrivé. Bien sûr je n'ai jamais eu aucune chance avec lui. J'avais fini par l'oublier quand a débuté la guerre. J'ai suivi sans hésiter mes amis contre Tu-sais-qui. Mais il est un jour venu me trouver, je savais qu'il était Mangemort et ne s'en est jamais caché. Je me suis laissée entraîner car il disait m'aimer, j'étais trop naïve. J'espérais même le changer ! Il cherchait à me soutirer des informations sur l'Ordre et sur tes parents mais je peux te jurer que je n'ai jamais rien dit. Jamais je n'ai été déloyale envers eux. Lucius a dû fini par l'admettre et a cherché un véritable traître, Pettigrow. Je l'ignorais à l'époque bien sûr sinon j'aurais agit. Puis un jour mes parents se sont fait tués par un Mangemort, Lucius m'a affirmé que c'était Severus et (elle se tourna vers le sorcier) si tu t'étais trouvé sur mon chemin je t'aurais tué. Mais ça n'est pas arrivé. Contre toute logique j'ai continué à le voir, je le devais à l'adolescente que j'était, qui l'avait tant voulu. Enfin, le dernier chapitre de cette sinistre histoire…
Katiouchka s'arrêta un instant. Tous ses souvenirs douloureux lui revenaient plus horribles que jamais à avouer au fils de sa meilleure amie. Severus ne regardait pas la sorcière, cela semblait aussi dur pour lui, cela lui rappelait tant de ses erreurs et ses souffrances passées.
- C'était le 31 octobre, le soir où…Tu-sais-qui t'a fait cette cicatrice. J'avais rendez-vous avec Lucius et j'étais bien décidée à mettre fin à notre relation. Quand je suis arrivée je l'ai trouvé très… joyeux, c'était étonnant. Il m'expliqua la raison de cela, sans le moindre regret et même avec un large sourire il m'avoua avoir tué mes parents. J'allais le tuer quand il m'a dit que si je perdais du temps à ça je n'arriverais pas à temps pour sauver Lily et James. Je n'ai pas hésité et je suis partie mais il était trop tard... Sirius était là, aussi anéanti que moi. Hagrid disparaissait à l'horizon avec toi. Alors je l'ai suivi et Sirius est parti poursuivre Pettigrow. Je savais qu'il était innocent car Lucius m'avait donné le vrai nom du traître mais quand j'ai rejoint Dumbledore il ne m'a pas cru. Personne ne me croyait. Comme tu le sais Sirius a été enfermé. J'ai tout tenté pour le sortir de là…légalement… mais ma relation avec Lucius n'est pas restée secrète. Je n'avais plus aucune chance de libérer mon ami ou d'avoir ta garde. Alors j'ai fait la seule chose qui semblait sensée : quitter le pays.
Un lourd silence s'installa. Harry ne savait pas quoi dire après une telle déclaration.
- Est-ce que…est-ce que ma mère était au courant ? demanda d'une voix blanche Drago.
- Je ne sais pas, avoua Katiouchka.
- Elle était au courant, assura Snape d'une voix glacée. La plupart des notre étaient au courant.
Il y eu de nouveau un pesant silence. Katiouchka commença à débarrasser silencieusement la table. Elle se sentait terriblement coupable. Toute la distance qu'elle avait mise entre elle et l'Angleterre n'avait pas suffit à apaiser ses remords. A jamais elle se sentirait comme 'celle qui avait trahie'. Harry n'en voulait pas à Katiouchka mais c'était dur de penser qu'elle avait fréquenté un mangemort, surtout Lucius Malfoy.
- Et ma baguette ? demanda soudainement Drago.
- Pardon ?
- J'ai besoin d'une baguette, mon père est parti avec la mienne.
- Je dois en avoir une quelque part, dit distraitement Katiouchka. De toute façon tu n'en auras pas besoin en dehors de tes leçons avec Severus.
- Quoi ! Mais je ne peux pas vivre comme un vulgaire moldu, sans baguette !
- Pauvre Malfoy, on va te plaindre !
- La ferme Potter, tu es peut-être habitué à vivre misérablement mais pas moi. Et il est hors de question que cela arrive. D'ailleurs il serait temps d'appeler les elfes de maison pour qu'ils rangent un peu.
- Les quoi ! s'exclama Katiouchka. Parce que tu crois qu'il y a la moindre place pour un elfe ici ? Mais puisque tu abordes le thème des taches ménagères, parlons-en. Il va falloir se relayer pour faire les courses et le ménage.
- Et puis quoi encore ! Jamais un Malfoy ne s'abaissera à ça.
- Je vois que Drago se porte volontaire pour faire les courses avec moi, sourit la sorcière. Harry tu remettras un peu d'ordre ici avec Severus.
Le professeur ne répondit pas mais il était clair qu'il ne prenait pas cette nouvelle de bon cœur et qu'il trouverait le moyen de ne rien faire le moment venu. Faire les commissions avec Drago s'avéra plus compliqué que prévu, outre le fait qu'il n'ouvrait la bouche que pour râler il employait aussi ouvertement des mots typiquement sorciers.
- Drago ! Fait attention à ton vocabulaire. Je ne pense qu'il est vraiment utile d'appeler cette vendeuse 'stupide moldue qui mériterait un sort de taillelangue ', sort qui je te le rappelle au passage est condamné. De plus nous sommes recherchés alors je te prierais d'agir comme un simple moldu, aussi stupide que tu les trouves.
- Et pourquoi suis-je obligé de pousser le chariot ?
- Arrête de râler, il y a des tas d'enfants qui aiment pousser les caddies.
- Je ne suis pas un enfant ! Je déteste les moldus, les supermarchés et la Belgique.
- Et je suppose que tu me détestes aussi. Si tu crois pouvoir échapper à la prochaine corvée de courses tu te trompes. Ca ne prend pas avec moi, je croyais que tu avais mieux été élevé que ça.
Ils finirent leurs achats dans un silence froid mais qui ne déplaisait pas à la sorcière, au moins il ne bougonnait pas sur le chemin du retour que les sacs étaient lourds ou qu'il aurait mieux fallu avoir des elfes de maisons qu'un 'rifrigirateur'. Quand ils regagnèrent la voiture ils trouvèrent Harry passant l'aspirateur et Snape plongé dans un gros livre d'histoire de la magie concernant le Moyen Age. Drago ne fit pas de remarque désobligeante au Gryffondor puisque lui aussi trimait comme un elfe de maison. Katiouchka foudroya du regard Severus qui ne vit rien, elle se calma pour ne pas faire une scène mais se promit de lui en parler dès qu'ils seraient seuls. Harry rangea rapidement l'aspirateur et aida Katiouchka à déballer les provisions. Drago s'assit dans un fauteuil, semblant épuisé comme s'il avait courut un marathon.
- Me demande comment font les moldus sans magie, grommela t-il, pas croyable… complètement fous…
- Vous n'avez fait que les courses ? demanda Harry à la sorcière.
- Oui mais ce sont ses protestations qui ont dû le fatiguer. D'ailleurs il m'a aussi fatiguée.
- Quand partons-nous ?
- Je ne sais pas. Severus ?
- Je ne tiens pas à m'attarder, dit le sorcier sans même se retourner, nous partons dès que possible.
- Alors en route, tout le monde dehors !
Ils se retrouvèrent tous à l'extérieur. Le soleil était masqué par de gros nuages annonçant la pluie.
- Harry, tu montes devant, annonça Katiouchka.
- Quoi ! s'exclama Severus.
- Tu ne sers à rien devant, tu ne sais pas conduire et je sais que Harry est un très bon copilote.
- Il ne sait même pas où on va ! s'écria Drago.
- Personne ne le sait, répondit Katiouchka. Et avouez que le voyage sera plus agréable si il reste près de moi.
Severus se laissa convaincre mais s'assit à l'arrière avec un air encore plus froid et mauvais que d'habitude. Katiouchka et Harry ne se laissèrent pas démonter par cette mauvaise humeur. Le Gryffondor alluma la radio et ils se mirent à chanter joyeusement. Drago lisait un livre d'histoire et posaient parfois quelques questions à Snape qui lui répondait succinctement.
A la nuit tombée Katiouchka arrêta la voiture dans une petite ville de Bulgarie, elle comptait rejoindre l'Afrique par la Grèce puis ils réfléchiraient à une destination plus sûre. Katiouchka et Harry préparèrent le dîner, leurs 'compagnons d'infortune' ayant décider de ne rien faire pour le moment. Ils mangèrent tranquillement puis chacun regagna son lit non sans quelques protestations pour la forme. Katiouchka entamait le troisième chapitre de 'Dragons et Licornes : des animaux aux pouvoirs extraordinaires' quand elle entendit qu'on frappait à la porte.
- Entre, dit-elle supposant qu'Harry avait quelque chose à lui dire avant de dormir.
- Désolé de te déranger, commença Severus à sa grande surprise, mais je pense que nous devons parler.
- Tu n'aurais pas pu le faire tout à l'heure ?
- Non, cela concerne ce que nous allons faire pour leur sécurité.
- Déjà il faut trouver un pays tranquille où nous puissions rester cacher et où l'on puisse recevoir régulièrement des nouvelles d'Angleterre.
- Un pays où on ne viendra pas nous chercher…Que dirais-tu de l'Inde ?
- Ca me parait bien, répondit la sorcière après quelques secondes de réflexion. Dumbledore veut aussi que tu leur donnes des cours, non ?
- Oui, je vais les faire travailler principalement la défense contre les forces du mal mais il y aura aussi les autres matières. Il faut mettre en place une certaine discipline dans leur emploi du temps, ne pas les laisser se coucher tard et se lever tôt. Ils ne sont pas en vacances.
- C'est pourtant ce que je croyais, sourit Katiouchka. Ecoute, je suis d'accord avec toi. Ils doivent travailler et maintenir le rythme de l'école seulement il ne faut pas oublier qu'ils sont en danger de mort. Ils doivent…non, pas se sentir en sécurité…mais entourés. Nous sommes là pour les protéger, pas faire de leur vie un emploi du temps bien réglé. Ne commençons rien avant d'être en Inde.
- Cela me convient.
Dans le salon…
- Pousse-toi Malefoy !
- Non, je vais tomber !
- Alors arrête de me coller !
- Je ne te colle pas Potter ! Dois-je te rappeler que c'est ta faute si nous en sommes là !
- Pardon !En quoi ce serait ma faute ?
- Si tu étais mort avec tes parents tout irait bien mieux !
Harry se releva et envoya un coup de coude au visage de Drago. Il reçut en retour un coup de poing et débuta alors un corps à corps enragé. Alertés par les cris et les bruits sourds les deux sorciers sortirent en trombe de la chambre.
- Potter ! Lâchez Drago ! hurla Snape.
- Drago ! Lâche Harry ! Immédiatement !
Les deux sorciers séparèrent les combattants du mieux qu'ils purent. Katiouchka eut particulièrement du mal à retenir Harry. Les deux adolescents étaient dans un sale état, recouverts de griffures et de bleus. Drago avait un œil au beurre noir et Harry une large entaille sur la joue.
- Je peux savoir à quoi vous jouez ? s'écria Katiouchka d'une voix forte. Vous êtes inconscients ?
- Il a dit qu'il aurait préféré que je meure avec mes parents, souffla Harry sa voix déformée par le rage.
- Non mais regardez-vous ! Vous agissez comme des gamins !
- Drago tu n'avais pas à dire de telles choses, intervint Severus d'une voix froide de colère.
- Nous sommes tous dans la même galère, reprit Katiouchka, alors pas la peine d'en rajouter ! Et dans quel état êtes vous !
- Vous croyez que nous n'avons que ça à faire vous surveiller ? s'exclama Severus. Vous croyez que le monde tourne autour de vous ?
- Je suis extrêmement déçue par votre comportement !
Harry se mit à rire. Katiouchka et Severus lui lancèrent des regards noirs mais cela ne le calma pas. Drago ne comprenait pas ce qui lui prenait, peut-être un mauvais coup reçu sur la tête.
- Peut-on savoir ce qu'il te fait rire ? demanda la sorcière au bord de la crise de nerf.
- Vous vous êtes vu ? parvint-il a articuler entre deux fous rires.
- Potter cessez de glousser !
- Vous agissez comme si vous étiez nos parents, s'exclama le Gryffondor.
Katiouchka et Severus se regardèrent un instant, étonnés par cette déclaration.
- Mais…mais non, tenta Katiouchka. Pas du tout.
- Il n'a pas tord, reconnu Drago.
- Ne changez pas de sujet ! Vous dites n'importe quoi Potter, comme toujours.
- Severus ne t'en prends pas à Harry ! Bon, vous me fatiguez. Harry, Drago, vous ferrez la cuisine pendant une semaine. D'autres surprises dans le genre et préparer les repas vous semblera une partie de plaisir. Est-ce bien clair ? Maintenant tous au lit et en silence. Demain on s'envole pour l'Inde.
Quand Katiouchka rejoignit la cuisine au matin seul Snape était déjà levé. Les deux adolescents, aux bouts les plus opposés possible du lit, dormaient encore profondément.
- Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ? demanda la sorcière à voix basse.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ils se détestent. Comment va-t-on gérer ça ?
- Les punitions m'ont l'air efficaces. Le temps ferra le reste.
- Dis-moi, hier nous ne nous comportions pas comme si nous étions leurs parents ?
- Non ! Bien sûr que non. Nous étions autoritaires, voilà tout.
- Tant mieux, ça m'inquiétait un peu. Je ne voulais pas…enfin…
- Prendre la place de Lily ? Personne ne la remplacera et Potter le sait. Il cherchait juste à nous décontenancer avec sa remarque.
- Je trouve que tu as une très mauvaise opinion de lui. Je te serais reconnaissante d'arrêter de le rabaisser constamment.
- Tu as aussi des préjugés sur Drago, remarqua Severus.
- Effectivement mais j'essaye de ne pas le lui montrer et d'être aussi juste que possible. De toute façon s'ils étaient nos enfants Harry serait mon préféré !
Severus ne répondit pas. Katiouchka était comme lors de leurs dernières années à Poudlard, lorsqu'elle fréquentait Sirius et sa bande. La même joie de vivre, le même espoir qui guidait chacun de ses pas et surtout le même rire. Severus avait cru qu'elle ne rirait jamais plus après ce qui était arrivé à ses proches. Tant de morts et de souffrances. Mais il avait sous estimé la sorcière. Il aurait dû se douter que Katiouchka rebondirait, cela faisait partie de sa personnalité.
Ils atteignirent la pointe sud de l'Inde en fin d'après-midi, Harry et Katiouchka s'étaient relayés au volant, toujours à vitesse maximale. Severus et Drago s'étonnèrent de leur complicité. Eux-mêmes étaient proches mais pas à ce point là. On aurait presque dit qu'ils se connaissaient depuis toujours. Ils s'installèrent au bord de l'océan, dans une ville touristique où ils pourraient plus facilement se fondre parmi les étrangers.
- Qui vient se dégourdir les jambes avec moi ? demanda Katiouchka. Il n'y a rien de tel qu'une petite ballade sur la plage avant de manger.
- Je viens, dit aussitôt Harry.
- Qu'est-ce qu'on mange ? demanda Drago.
- Ce que vous nous préparerez, sourit la sorcière. Alors tu viens où tu préfères commencer à cuisiner ?
Drago bougonna mais fini par suivre Katiouchka et Harry sur la plage, le soleil commençant à disparaître à l'horizon. Severus ne les accompagna pas et cela n'étonna pas la sorcière. Le jour où elle verrait Severus courant sur la plage en maillot de bain serait à marquer d'une pierre blanche et annoncerait probablement l'apocalypse. Elle sourit à cette idée. Drago et Harry marchaient à ses côtés en silence.
- Alors comment trouvez vous l'Inde ?
- Il y fait trop chaud, grogna Drago.
- Tu te plains toujours ou c'est juste pour moi ? J'essaie de me montrer gentille mais avoue que tu ne fais pas beaucoup d'efforts. Demain si tu veux on ira t'acheter des vêtements plus adaptés au climat.
- Pourquoi faites vous ça ?
- Quoi ?
- Pourquoi vous montrez vous gentille avec moi, après tout ce que je fais et...tout ce que mon père vous a fait ?
- Parce que tu n'es pas ton père. Tu sais parfaitement combien je le déteste mais tu n'es pas responsable de ses actes. Toi et Harry êtes embarqués dans une guerre qui n'aurait pas dû vous toucher. Vous n'avez aucune réelle raison de vous haïr, surtout maintenant que tu as décidé de renier le camp de ton père.
- On va en trouver une raison, intervint Harry, quand il nous aura empoisonné avec sa cuisine !
- Hé ! Il n'est pas question que je cuisine seul ! Tu as intérêt à m'aider !
- Bien sûr que je vais t'aider, je ne tiens pas à me faire faire un lavage d'estomac !
- Du calme, sourit Katiouchka, de toute façon Severus sera le premier à goûter, vu qu'il n'a rien fait ses derniers jours !
- Ca ne sent pas le brûlé ? demanda Katiouchka en levant les yeux de son livre.
- Malfoy ! Surveille la poêle !
- C'était à toi de le faire !
- Je lavais la salade ! Je ne peux pas être partout ! Tu n'avais qu'à surveiller le feu !
- J'n'ai pas l'habitude de faire le larbin Potter !
- C'est pas compliqué ! C'est une simple omelette !
- On se calme les garçons ! C'est pas en vous disputant qu'on va manger.
Une heure plus tard, et deux omelettes brûlées dans la poubelle, ils se mirent à table et constataient avec soulagement que le repas, bien que simple, était mangeable. Drago était un peu plus ouvert à la sorcière. Il s'était résigné au fait qu'il allait passer du temps avec elle et qu'il valait mieux être de son côté. Après tout ce qu'elle cuisinait n'était pas si mauvais, ça valait me coup de se tenir à carreaux. Et s'il continuait à ne pas parler à Harry il pouvait par contre faire un effort pour discuter avec la sorcière. Severus par contre restait à l'écart. La vie en collectivité n'avait jamais été son fort et la présence de Katiouchka ne suffirait pas à le faire changer. Elle savait depuis longtemps que s'il montrait le moins possible de lui ce n'était que pour mieux se protéger. Comme si se dévoiler aux autres était une faiblesse. Puis chacun regagna son lit. Une nouvelle fois Severus vint frapper à la porte de Katiouchka. Elle lui dit d'entrer et lui fit signe de s'asseoir sur la chauffeuse devant la coiffeuse de bois clair.
- Ca devient une habitude, sourit la sorcière.
- Si cela te dérange…
- Mais non, au contraire. Qu'est-ce qui t'amène ?
- Vu que tu a créé tout cet…endroit, je me demandais s'il n'y avait pas moyen de créer une nouvelle pièce.
- Tu veux une chambre, c'est ça ?
- C'est exact. Je ne peux continuer de dormir avec deux adolescents.
- Tu dois savoir qu'il m'a été très dur de créer ces seules trois pièces, j'y ai passé un temps fou. Je ne suis pas sûre d'y arriver à nouveau. L'autre solution serait…que tu dormes ici.
Le visage de Severus resta imperturbable. Katiouchka détestait ne pas voir les sentiments des gens. Elle ne pouvait absolument pas connaître ses émotions mais à ce moment là, elle se promit d'y arriver un jour et de percer à jour le cœur de ce sinistre professeur de potions.
- Si je pousse mon lit, continua la sorcière, nous pourrons glisser le tien par là. Mais…est-il sage de laisser Harry et Drago seuls ?
- Tu crains qu'ils ne s'entretuent ?
- Oui, ils sont tellement imprévisibles. Un mot de travers, souvent volontaire, et c'est la guerre ouverte.
- Ils n'auront plus le temps de se battre, dès demain je les mets au travail.
- Qu'est-ce qui t'a poussé à devenir professeur ?
- C'est une manière détournée de me demander pourquoi j'ai rejoint Dumbledore, non ?
- Oui. Ecoute, je te connais. Je sais comment tu étais à l'école et ce que tu as fait. Tout est très logique jusqu'au jour où tu as décidé de quitter Tu-sais-qui. Là, il y a quelque chose qui m'échappe. Il semble que tu ai changé. Nous ne sommes pas amis mais tu m'as sauvé la vie, je ne te demanderais donc pas pourquoi. Mais je ne peux m'empêcher de me poser des questions.
- Je sais, c'est tout à fait normal. Mais comprends que je ne peux rien te dire.
Severus installa son lit dans la chambre et bientôt on n'entendit plus que les faibles respirations des sorciers. Drago et Harry furent réveillés en fanfare par leur professeur afin qu'ils soient prêts à huit heure pour leur premier cours. Les deux adolescents grommelèrent un peu mais se préparèrent rapidement. Severus avait prévu un programme chargé pour leur matinée, à commencer par quelques sorts de défenses et de métamorphose. Katiouchka en profita pour faire quelques courses et acheter des vêtements à Harry et Drago. Ainsi le Serpentard cesserait de se plaindre de la chaleur et Harry pourrait renouveler sa garde robe.
Plusieurs semaines se passèrent ainsi, sans accident majeur. Harry et Drago faisaient tant d'efforts pour leurs études qu'ils ne trouvaient plus vraiment le temps et la force de se battre. Ils prirent l'habitude de faire une promenade sur la plage chaque soir afin de rejoindre un rocher proche d'où le coucher de soleil était magnifique. Ils ne se parlaient pas, ils marchaient juste côte à côte. Etre deux, c'était la condition sine qua non qu'avait instauré Katiouchka pour qu'ils puissent sortir sans un adulte. Ils avaient rechigné mais finalement la présence de l'autre faisait partie de l'habitude et puisque aucun ne parlait cela ne posait plus problème. C'était une étrange promenade, un moment de solitude accompagnée où ils réfléchissaient beaucoup. Katiouchka et Severus restaient seuls à ce moment là. Ils s'installaient sur la plage devant la voiture et suivaient des yeux leurs protégés puis entamaient une discussion calme et réfléchie qu'ils finissaient la plupart du temps dans leurs lits. Ils avaient beaucoup de choses à régler, de précautions à prendre et de nouvelles de leur monde à se procurer. Et les nouvelles n'étaient pas des plus réjouissantes.
